[Martin] Case départ...

La province du Nordland est peu peuplée et ses régiments passent l'essentiel de leur temps à patrouiller le long des côtes pour les protéger des pillards du nord. Le Comte Electeur Theodric Gausser siège à Salzenmund.

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[MJ] The Puppet Master
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[Martin] Case départ...

Message par [MJ] The Puppet Master » 28 août 2018, 10:46

>> épisode précédent...

Combien de temps s'était-il écoulé ? Une heure ? Une journée ? Une semaine ? Un mois ? Plus ? Moins ?

Le jeune chasseur était resté à écouter Letraedrael lui raconter Athel Loren, la plus ancienne forêt du Vieux Monde, ses mystères et sa magie, le Chêne des Ages, cet arbre merveilleux dont les fruits poussent en quelques secondes seulement, la longévité des elfes et leur rapport au temps que Martin avait toujours autant de mal à comprendre ; comment, dans leurs forêts, ils pouvaient traverser des centaines de lieues en quelques heures ou faire que certaines clairières restassent à jamais dans l'obscurité de la nuit. Elle raconta également toute une foule d'anecdotes visant à lui faire prendre conscience de l'étroitesse de sa pensée quand il croyait que le Bois aux Daims et, plus largement, la forêt de Laurelorn n'étaient pas en danger.


- Tu minimises les menaces qui pèsent sur nous, Martin, car tu ne les vois pas comme nous les voyons. Si tu raisonnais à l'échelle d'une vie d'elfe, tu comprendrais à quel point la Laurelorn d'aujourd'hui n'est que l'ombre de celle qu'elle a été. Et tu saurais que ces dernières décennies ne sont qu'une petite pause dans le processus de sa disparition. avait-elle annoncé avec un sourire triste.

Le chasseur, désormais pleinement investi de sa mission de Gardien du Bois aux Daims, restait charmé, au sens magique du terme, par le charisme et la prestance de la prêtresse elfe et il gardait un souvenir vivace de cette rencontre. Avec Aalcaas, ils avaient quitté Latraedrael en direction de l'orée de la forêt de Laurelorn sans que Martin ne fusse capable de se repérer totalement. Il lui avait bien semblé reconnaître un chemin ou deux, et certains endroits familiers mais, si son guide l'abandonnait maintenant, le jeune homme serait incapable de retrouver son chemin que ce fusse pour retourner sur ses pas ou parvenir à quitter la forêt.

Martin acceptait de poursuivre son combat en allant s'assurer que le démon avait bel et bien quitté les bois, et, le cas échéant, il continuerait la traque. Pour l'appuyer, et compenser la perte de son arme, Aalcaas lui avait fourni un arc elfe de belle facture et de nombreuses flèches pour garnir son carquois. C'était bien la moindre des choses pour gratifier un tel investissement.
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Le temps, devenu si relatif désormais, semblait s'être arrêté en son absence et Martin pouvait constater que l'automne était toujours bien présent. Sûrement qu'il ne s'était écoulé que quelques heures, une journée tout au plus... mais peut-être qu'une année entière avait disparu, voire plusieurs années même.
Les frondaisons arboraient peu de feuillage mais les couleurs restaient chatoyantes, l'air était humide et relativement frais sans être pour autant froid, et les sous-bois étaient couverts d'un tapis de feuilles fraîchement tombées.


- Nous y sommes, commença Aalcaas, voilà ton village, humain.

Malgré tout ce qu'ils venaient de vivre ensemble, l'elfe ne semblait toujours pas apprécier son compagnon. On aurait dit qu'il se contentait d'obéir à des ordres contraires à ses convictions. Les expressions de son visage restaient dures et sa voix glacée.

Hagendorf était en pleine ébullition à cette heure où le soleil déclinait. Les bergers rentraient leurs cheptels, des champs revenaient ceux qui avaient semé les blés, le froment et l'orge. Dans les jardins proches des habitations, on voyait certains autres semer des fèves, des graines de lin et la laitue à transplanter dans quelques mois. Les charrues revenaient des labours et de nombreux villageois portaient sur l'épaule un fagot de bois.
En approchant, les odeurs de salaisons parvinrent aux narines du chasseur qui sentit son estomac réclamer. A y réfléchir, il ne savait plus quand il avait fait son dernier repas, et il salivait à l'idée de tous ses jambons et tout ce lard préparés au gros sel récoltait dans les salins de la Mer des Griffes.
Dans les taillis et les plants d'arbustes féconds en baies, on pouvait apercevoir des pièges dressés pour y prendre les grives.

Toujours sur la colline qui dominait le village, le château du Duc étendait son ombre jusqu'aux premières masures. Ses cheminées crachaient leur fumée âcre et chargée de nombreuses odeurs de cuisine.
A première vue, rien de spécial ou inquiétant.
Le planton de garde à la grille du rempart baillait à s'en décrocher la mâchoire et jetait des coups d’œil vers l'intérieur de l'enceinte, visiblement impatient de voir arriver les deux miliciens chargés de la ronde de nuit... Martin l'avait déjà croisé à plusieurs reprises et se rappelait son nom : Ralf. S'il s'agissait bien de lui, l'homme était un brave gars du cru dont les aïeux avaient toujours vécu à l'ombre du château des Von Austrog.
Les Péjis sont là comme des marionnettes qui, dans l'atmosphère brûlante de leur Erpé,
oublient qu'elles n'ont que l'illusion de la liberté...

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Martin
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Re: [Martin] Case départ...

Message par Martin » 09 sept. 2018, 23:03

"Effectivement.... si on regarde la longue période... Sur plusieurs siècles.... La situation a dut se dégrader pour eux. Avec les guerres civiles et les maladies qui ont ravagées l'empire pendant un moment... Il faudrait que j'en apprenne plus sur le passé de la région, voir de l'empire, pour mieux comprendre ce que la prêtresse m'a dit, mais je crois que j'ai saisi l'idée générale...."

Je crois que... Je comprends ce que vous dites. Un peu. Ça doit être terrifiant de le savoir, mais aussi de le vivre... dit il à l'elfe, vaguement atterré par sa répartie.

Il aurait pu poser d'autres questions mais il devina qu'il était temps de partir. Le retour jusqu'à Hargendorf eut été très difficile pour le jeune chasseur, sans les connaissances de son guide. Les frondaisons luxuriantes ne laissaient filtrer les rayons du soleil qu'avec parcimonie et la cime des arbres semblait être inatteignable. Comment le bois faisait il pour ne pas mourir ? Le peu de soleil offert aux jeunes pousses devaient les tuer avant qu'elles ne grandissent trop, et les vieux arbres, bien qu'imposants, devaient être bien faibles lors des tempêtes hivernales. Ce poumon du nord devrait être visité par les bûcherons pour l'éclaircir, le rajeunir, sinon, aux premiers vents un tant soit peu violents, doublés d'une grande couche de neige, on courrait à la catastrophe. Des acres et des acres de forêts détruites, moult troncs déracinés.... Des pertes colossales en bois en quelques jours.
Les habitants du lieu devaient avoir leur manière d'y faire face efficacement imaginait Martin. Ou du moins, ils avaient intérêt, car si cela faisait des siècles qu'ils subissaient les mêmes affres de la part de dame nature et ne bronchaient pas.... Ils devaient être bien courageux. Mais bien plus stupides encore !
Plusieurs fois dans leur trajet vers le duché, son guide lui faisait signe de s'arrêter soudainement pendant de longues minutes sans que Martin n'en comprenne la raison. Demander des explications eut été sa première réaction, des années plus tôt, mais quelque chose lui disait qu'il n'avait pas intérêt à briser le silence surnaturel qui régnait dans le bois à ces moments là. D'autres fois, ils faisaient de larges détours pour ne pas entrer dans des clairières assez vastes, lumineuses et accueillantes d'aspects. Du moins quand on ne faisait pas attention à quelques détails... Des objets de fer rouillés traînant prêt de monticules de terre curieux par exemple....

Finalement, ils arrivèrent à l'orée d'un bois, pour découvrir sous leurs yeux Hargendorff. Les paroles de son guide, en revanche, ne laissaient que peu de mystère sur ce qu'il pensait de l'agglomération.
Pourtant, si le duché n'était pas extrêmement riche, comme Altdorf, que les quelques rares bardes reiklanders de passage s'échinaient à décrire comme ''pavée d'or'', le lieu avait son charme. Personne ne mourait de faim, les maladies sérieuses étaient rares, les commerçants honnêtes, la nourriture correcte, le cidre pétillant et les eaux riches en poissons et crevettes, sans parler des plages qui, les temps de disette, regorgeaient de coquillages. La nourriture du pauvre, comme disent les nobliaux du Sud ou des grandes villes, mais quelque chose d'assurément bon, parfois comestible, mais très rarement toxique.
On ne craignait pas non plus les voleurs, les charrues pouvant dormir dans les champs les journées d'été, les pommeraies donnaient chaque année leur lot de fruits et on s'empressait de les stocker pour l'hiver ou les presser pour en faire de cette boisson délicieuse qu'était le cidre. Bien meilleure que cette piquette qu'on appelait ''vin''.
Sans parler des délicieuses galettes de froment, dans lesquelles on faisait fondre du fromage puis un œuf avec une tranche de lard de baleine, si on en avait les moyens, ou du jambon et parfois un peu de miel.... Rien que d'y penser, Martin salivait déjà.

Nous n'avons pas à être amis pour travailler ensemble. dit-il à Alcaas. Mais se haïr copieusement n'aidera aucun d'entre nous. Le mieux serait sans doute que nous discutions autour d'une ou deux bouteilles de cidre. termina Martin avant de lui proposer, si Alcaas n'avait rien à ajouter, son avant bras, à la Nordlander, pour un au revoir. Que ton bras soit fort... lança-t-il, attendant la suite du dicton taalite de la part de l'elfe.

Après ça, le jeune chasseur se dirigea d'un pas tranquille vers Ralf pour partir à la chasse aux nouvelles. Il devait voir le duc car les nouvelles que lui avait amené Jurgen n'étaient pas pour le rassurer. Cette folie... Martin espérait que celle ci ne serait que temporaire, ou qu'au moins le Duc pouvait reprendre ses esprits par moment. Et si ce n'était pas le cas... Devrait il faire son rapport à Arutha ? Ou Lyam ? Les deux ? Et qu'en était il de la cadette ? Est ce qu'il devait leur livrer un mensonge...

"Non. Toute vérité n'est pas bonne à dire, mais ce sont ces vérités là que l'on a le plus intérêt à connaître. Mais il faudra poser les choses en douceur. Et serrer les fesses pour ne pas finir la tête sur une pique, ou au cachot, de crainte qu'ils ne croient que je sois moi aussi fou. Non... Peut être que mettre la main sur Ottmar serait... Non. Jurgen. Réfléchis Martin, réfléchis... Est ce qu'à cette heure il est aux cuisines ou bien au bourg...."

Martin observait au loin le village à la recherche de Jurgen. C'était peut être un brin paranoïaque mais prudence est mère de sureté comme on dit. Mais s'il ne pouvait le voir, à cause, déjà, du soleil couchant qui risquait de l'aveugler dans un moment, alors il irait tout simplement voir Ralf et tant pis. Après tout, on allait pas lui tirer dessus à vue parce qu'il avait disparu depuis quelques jours..... N'est ce pas ?

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Gamin, un jour ou l'autre tes plans foireux feront de nous des morues salées. Et tu sais quoi ? Je regretterais même pas car je me serais sans doute amusé comme un fou avant d'y passer.


Martin, Voie de la chasse
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