[Concours - Terminé] Le voyage

Dans cette arène intemporelle et hors du monde, les plus talentueux écrivains peuvent se mesurer entre eux, pour leur gloire personnelle, ou par vengeance....

[Destiné aux joutes de RP]

Modérateur : Equipe MJ

Sondage : Désignez vos favoris !

Morwen Nidariel
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Christer
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Lucretia Von Shwitzerhaüm
4
17%
Piero Orson
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Alicia
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[MJ] Le Grand Duc
Warfo Award 2018 du meilleur MJ - RP
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[Concours - Terminé] Le voyage

Message par [MJ] Le Grand Duc » 03 juil. 2018, 22:03

Le nom de la Forge Qui Fume pouvait induire en erreur, car c’est bien d’une auberge dont il s’agissait là. Sise contre les falaises d’un col montagneux non loin de Karak Nirn, elle était un lieu de passage privilégié pour les voyageurs. Elle les protégeait derrière ses murs épais et les réchauffait grâce au brasier qui brûlait dans l’âtre. La chaleur inondait la grande salle commune et l’on pouvait alors enlever ses bottes de marche et se détendre, une pinte de bière naine à la main et une assiette de brouet fumant face à soi.

Mais ce qui faisait la notoriété de l’auberge n’était ni son menu ni ses lits douillets. C’était son patron, Tormund le Borgne. Voilà un personnage ! Aventurier à la retraite, il avait tout vu, tout entendu. Et lorsque le soir venait, il pliait son torchon, quittait son comptoir, se faisait couler une bonne mousse et se joignait à ses clients devant l’âtre. Il ne fallait pas attendre longtemps pour qu’il se mette à raconter des anecdotes qui lui étaient arrivées, anecdotes qui se transformaient invariablement en récits fleuves.

Il s’était perdu dans les jungles de Lustrie et avait survécu deux mois en mangeant des limaces. Il avait tenu un kazad des Montagnes Grises à dix nains contre trois cents peaux-vertes. Il avait connu personnellement Borgio « Casse-Muraille » et était là le jour où un boulet avait frappé le prince de Miragliano en pleine poitrine sans le tuer. Il avait tenu une taverne aux Sentinelles jusqu’à ce que sa clientèle ogre ne dévore tout son personnel. Après le naufrage de son navire (il avait aussi été pirate, et capitaine de surcroît), il avait vécu un temps chez les hommes-lézards primitifs des Îles du Dragon, lesquels l’avaient considéré comme l’un des leurs. C’est sur le chemin du retour qu’il avait été poursuivi par la totalité d’un clan skaven après leur avoir dérobé un puissant artefact dans les tunnels de l’Empire Souterrain. Il avait mangé aux tables de l’Empereur Karl Frantz, du Roy Louen Cœur-de-Lion et du Tsar Boris « le Rouge » Bokha. Il prétendait même être la seule créature à avoir fait sourire Kragg le Sévère, et ce simplement en le chatouillant sous le menton.

Histoires vraies ou balivernes ? Qu’importe, au fond. Son auditoire était pendu à ses lèvres, et c’est là, devant le feu réconfortant, écoutant la grosse voix de Tormund le Borgne, que le voyageur rêvassait et oubliait la longue route qu’il lui restait à parcourir.


- "... et c'est comme ça que je suis devenu roi des snotlings de la Montagne-Jaune !" Il rote. "Teh et je vous ai raconté la fois où je suis rentré dans le Temple du Phénix chez ces lopettes d'elfes ?"



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Mesdames et messieurs, bienvenue à ce nouveau concours ayant pour thème le voyage et l’aventure !

Les règles sont très simples : vous devez poster un texte relatif aux aventures du Voyageur. Le terme « relatif » est à entendre au sens large, c’est-à-dire que votre texte doit faire référence à l’une des interventions du Voyageur. Ce peut être la suite de l’une d’elles, ou au contraire votre texte peut relater des évènements qui se passent avant, ou même pendant l’action décrite. Vous pouvez librement mettre en scène un ou plusieurs de ces personnages, créer les vôtres, développer l’intrigue qui est introduite, etc. En soi vous faites ce que vous voulez, tant que votre production a un lien étroit avec l’un des récits du Voyageur.

Voici la liste de ces derniers, avec le lieux où ils se déroulent :
- Meurtre à Altdorf, Altdorf
- WAAAAAAAGH ! , Terres Arides
- Menace, Karaz-A-Karak
- L'enlèvement de Jeanne De Belloy, l'Anguille
- La Dernière Scène avant le Grand Acte, Skarogne
- Destinée, Lustrie
- L'aube d'une nouvelle ère, Numas
- Traîtresses brumes, Yvresse
- Insulte et châtiment, Désolations d'Azgorh
- Invasion, Montagnes du Bord du Monde
- Au fond des marais, Moussillon
- Le secret du Père Siegfried, Estalie
- Le destin d'Alynd, Principautés Frontalières
- De la mort des héros, Nippon
- Le verre de trop, le Moot
- Le Charnier, Ostermark
- VII le justicier, Altdorf
- La fin d'un monde, Norsca
- La Fille des Dieux, Lustrie
- Le prix à payer, Montagnes des Larmes
- Un matin normal au Zoo d'Altdorf, Altdorf
- Le seigneur des chevaux, Ellyrion
- Là où les ténèbres naissent, Sudenland

N’hésitez pas à faire preuve d’originalité, appropriez-vous ce coin du Vieux Monde et faites y ce que vous voulez. Vous pouvez agrémenter votre texte d’images, de musiques, de sons … la forme est totalement libre.

Vous avez jusqu’au 3 août pour proposer votre texte. Après cette date, les votes seront ouverts à tous pour désigner nos gagnants. Ces derniers se verront remettre les prix ci-dessous en fonction de leur classement.


Image Coffre mystérieux
Trouvé dans une ancienne crypte sur les rives du Golfe Noir, on dit qu'il renferme un véritable trésor. (1er prix)

Image Bottes du voyageur
On raconte qu'elles appartenaient à Filin le Marcheur, célèbre explorateur halfling. (2ème prix, +1 Hab ou +1 Ini - au choix)

ImageImage Or ou Expérience
25 pièces d'or ou 20 points d'expérience (3ème prix, au choix)

Veuillez proposer votre texte à la suite de ce sujet. Pour toutes questions, contactez-moi par MP. Si certaines questions sont récurrentes, je tâcherai d’éclaircir en postant ici.

A vos plumes. Faites nous voyager, et que le meilleur gagne !
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Morwen Nidariel
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Re: [Concours] Le voyage

Message par Morwen Nidariel » 04 juil. 2018, 04:57

Suite de WAAAAAAGH !
Lorsqu'un chamane orque, Ozog l'Gran'Rouj, réunit une Waaagh qui unifie les tribus


Il régnait une atmosphère de mort sous la tente aux rabats agités par la morne brise du soir. Les quelques bougies disposées çà et là dans des coupelles tachées de cire dispensaient une lumière tremblante qui faisait danser sur le visage des guerriers rassemblés autour de la table des ombres bien commodes : elles dissimulaient leurs traits hâves et les cernes profondes creusées sous leurs yeux éteints. Quelque part dans la nuit s'éleva le hurlement d'un loup, ce qui n'était pas chose inhabituelle dans l'Averland. Qu'il fut bientôt repris par des milliers d'autres dans un chœur à vous glacer le sang et à faire vibrer les étoiles, ça l'était déjà beaucoup plus.
L'armée avait été rassemblée comme on l'avait pu. C'était un attroupement disparate de régiments rappelés en hâte des quatre coins de l'Empire, les comtes électeurs ayant fait de leur mieux pour concilier célérité et préparation. Les recrues fraîchement engagées côtoyaient les vétérans de plusieurs campagnes, ce qui n'était pas sans causer des frictions chaque jour ; on avait vidé les armureries et réquisitionné d'Altdorf et d'ailleurs tout un bataillon de forgerons, de tanneurs, de médecins et des représentants reconnus de dizaines d'autres corporations d'artisans pour soutenir l'énorme empreinte logistique de l'ost nouvellement formé. À certains égards l'impossible avait été fait, mais rien ne disait que ce serait suffisant...

C'était la plus formidable force de frappe qu'on eût vu de mémoire d'homme ! Cette idée pourtant, loin d'emplir de fierté ses capitaines et son général en la personne du Reiksmarshall, ne faisait que les vider de tout sentiment à l'exception d'une terrifiante incertitude. S'ils échouaient, il n'y aurait plus rien pour préserver le Vieux Monde et leur peuple. Les enfants de Sigmar, leur civilisation et tout ce qui avait été accompli jusqu'alors... disparaîtraient purement et simplement. Tous ces stratèges assis sans formalité, tenant l'un une assiette aux reliefs de repas à peine entamés, l'autre un verre de mauvais vin, partageaient la même étrange sensation d'avoir le devenir de l'humanité entre leurs mains.

Ils sursautèrent dans un commun réflexe lorsqu'une trompe retentit, à la note incroyablement grave et bien trop longue pour provenir d'une gorge humaine. Le son semblait faire doucement vibrer la terre même, son écho éminemment métallique se propageant à tout le camp étendu pourtant sur des lieues à la ronde.
Il ne fallut pas plus de quelques minutes pour que le lourd rabat de la tente ne soit rejeté d'un côté, laissant apparaître deux soldats dans l'uniforme bariolé des régiments de la capitale. Ils étaient essoufflés comme s'ils avaient couru depuis l'Ostland, mais de larges sourires leur fendaient la figure et leurs yeux brillaient de joie.

« Les Nains ! Les Nains sont arrivés ! »

Les Nains étaient descendus de leurs montagnes, après avoir répondu trop longtemps par le silence aux pressantes demandes d'assistance des hommes. Ils n'avaient jamais oublié les anciennes alliances qui les liaient aux Umgi ; simplement ils avaient attendu d'être sûrs du lieu où se tiendrait la bataille, n'ayant guère confiance en la perspicacité des impériaux sur le sujet. Il s'était avéré qu'ils avaient raison, pour une fois, et les seigneurs de la pierre s'étaient révélés inarrêtables une fois qu'ils avaient su où était leur devoir, et leur honneur. Ils s'étaient solidement engoncés dans leurs armures d'acier et de gromril, ils avaient saisi leurs haches qui, grâce au savoir-faire de leurs maîtres des runes, avaient gardé leur fil affûté pendant des millénaires. Avec la lenteur d'un fleuve rutilant qui déborde paresseusement de son lit, le peuple de Grimnir s'était uni pour rejoindre leurs amis de toujours.
Maintenant que la trompe avait attiré l'attention, on pouvait entendre leur chant rauque. Les hommes n'en comprenaient pas les paroles, mais ils pouvaient en percevoir le sens parce que leur cœur vibrait en l'entendant : il parlait de la dignité qu'il y avait à mourir pour les autres, et de celle qu'il y avait à continuer de vivre pour ceux qui étaient tombés. Et ce soir-là ils furent plusieurs, même parmi les pires soudards de l'armée impériale, à verser une larme sur le passage de la colonne naine pareille à une longue procession de petites statues d'acier. Ils savaient que les Dawi marchaient vers leur fin, et ils regrettaient déjà que cet énième combat à leurs côtés allait précipiter la fin de cette noble race.

*
Musique d'ambiance
Les montagnes tremblaient. Ou elles en donnaient l'impression.

Les peaux-vertes étaient si nombreux que leur marée créait l'illusion que la pierre fourmillait voire vacillait par endroits. Et ce n'était rien en comparaison de ce qu'il se passait dans le passage concassé entre les deux rangées de pics qui dessinaient le col du Feu Noir : c'était un flot, ininterrompu, large d'une lieue au moins, constitué de brutes épaisses aux gueules ouvertes pour mieux goûter l'air sec de l'Averland, et le moment où il s'humidifierait du sang versé. Ils avançaient sans ordre aucun, se chahutant, se bousculant, les lames grossières de leurs armes ripant sur le cuir du voisin et n'y laissant que des estafilades blanchâtres là où la peau d'un humain se serait fendue en deux. Des beuglements sourds résonnaient dans la passe et seule l'imagination pouvait donner une estimation de leur nombre réel : la horde était si imposante qu'on n'en voyait pas le bout, et pour la dixième fois depuis le lever du soleil le Reiksmarshall damna les montagnards et les princes frontaliers pour n'avoir pu donner l'alerte plus tôt. Ils auraient pu faire face aux orques à l'entrée du canyon au lieu de sa sortie et jouer, comme naguère, de la hauteur pour faire pleuvoir la mort et faire parler la poudre : mais entre le moment où l'information leur était parvenue, et celui où l'artillerie et les francs-tireurs avaient été fins prêts, bien trop de temps s'était écoulé. Et l'ennemi avait déjà franchi plus de la moitié du col.

Il n'avait plus resté qu'à former bon ordre à l'issue du défilé et s'apprêter à défendre l'Empire, vaille que vaille.

Il y eu un moment de flottement tandis que la gigantesque légion trépignait dans l'ombre des montagnes, masse indistincte de sauvages peinturlurés et de colosses bardés de pièces de fer martelées autour de leur silhouette trapue. Un œil aiguisé aurait vu le véritable tapis de gobelins qui s'agitaient entre les jambes épaisses des orques, enserrant fiévreusement des poignards qu'ils avaient hâte de plonger dans la chair tendre des humains et caquetant dans leur langage nasillard.
C'est alors qu'un petit groupe apparut derrière les premiers rangs : d'autres monstres, plus grands encore que les autres, musculeux comme des taureaux, avec un hâle sombre. Ils se frayaient un chemin de leurs poings gantés ou d'un coup de casque si nécessaire sans se soucier le moins du monde des plaintes animales qu'ils arrachaient, jusqu'à faire quelques pas dans la poussière de roche que nul de leur race n'avait encore foulé depuis tant d'années. Ils tenaient tous ensemble, avec des respirations humides de sanglier, un énorme rocher qu'ils lâchèrent en soulevant un petit nuage : un énième peau-verte y grimpa et s'y dressa de toute sa hauteur.

Il était entièrement nu, le corps couturé de cicatrices de lames ou de crocs. Des motifs rouges, incompréhensibles, lui sabraient la gueule et les épaules ; son halètement d'excitation était audible à des dizaines de mètres à la ronde, et lui soulevait puissamment le poitrail. Ses yeux ondoyaient d'une lumière surnaturelle. Verte.
Une sorte de rire rocailleux le prit tandis qu'il toisait l'ost impérial, et le chaman qu'il était leva un poing fermé en l'air. De sa gorge aux veines distendues un long hurlement, semblable au magma d'un volcan trop longtemps retenu, explosa dans l'air surchargé :

« WAAAAAAAAAAAAAAGH ! »
Ce fut à partir de cet instant que l'enfer se déchaîna.

De sa position privilégiée le Reiksmarshall eu le loisir de voir bien des choses. Pas les premiers instants, car la poussière soulevée par les milliers de pieds lui voila la ligne des combats ; mais le sang gicla tant et si bien qu'il la fit retomber.
Il vit les nains de l'avant-garde voler dans les airs, soulevés par les gigantesques revers de lames des orques hystériques qui menèrent la charge. Il vit les marteaux des Dawi s'écraser sur les faciès couverts de bave de leurs adversaires, fracassant os et défenses proéminentes avec une égale indifférence. Il vit les gobelins se ruer entre les combattants, se faire piétiner en criant comme des nourrissons tout en mordant les chevilles et en lacérant les jarrets de leurs couteaux en silex. Il vit le 2ème régiment du Stirland s'avancer au contact de l'ennemi et glisser, déjà, sur la boue de tripailles qui se répandait. Leurs hallebardes ne firent que rendre le carnage plus généralisé encore, frappant au-delà des épaules rougies des nains qui, après avoir reculé devant l'impact initial, reprenaient lentement et avec obstination la position leur ayant été dévoyée.

Les canons rugirent, les tirs directs allant frapper les cols lointains recouverts de peaux-vertes ; quant aux mortiers, ils tonnaient à un rythme absurde, faisant tomber sur l'arrière des obus qui déchiquetaient les corps avec une efficacité connue depuis des décennies. Bien que pas un nuage ne soit présent dans le ciel ce jour-là, une ombre planait souvent au-dessus de la mêlée car les flèches et les carreaux pleuvaient à verse.
Et puis il y avait les corbeaux, bien sûr. Ils obscurcissaient les hauteurs, avides et malins petits charognards qui avaient appris à suivre les soldats.

*
Jour 3
Mon nom est Sigismund Hart. Ça fait 8 ans que je me suis engagé. C'est pas rien quand même, 8 ans, hein ? On commence à connaître les ficelles. On sait comment se passent les choses, on devient capable d'anticiper la suite. De deviner de quoi demain sera fait. Bordel de foutre, demain s'est bien foutu de ma gueule ! La boucherie ne s'arrête jamais : quand on fait revenir les premiers rangs pour envoyer les réserves, eux ils continuent de se battre. Ils crèvent du coup, bien d'accord, mais ils avancent aussi. Et plus ils avancent plus le terrain s'élargit. Et plus le terrain s'élargit plus ils nous contournent. Et là ça devient vraiment, mais alors vraiment mal barré.
Les odeurs sont immondes, c'est incroyable. J'ai jamais senti ça. Même dans les marais du Sud ça empeste pas comme ça. Là les corps s'entassent et se font piétiner, et avec toutes les gerbes de sang et de chiasse et de Sigmar sait quoi d'autre qu'il y a dans un cadavre ça fait des flaques énormes d'une sorte de mélasse putride. Tu sais plus trop à l’œil si tu patauges dans des restes d'humains ou d'orques, sauf au moment où tu marches sur un os. Les nôtres se cassent, pas les leurs. D'ailleurs c'est chiant, j'ai failli me ramasser ce matin. Une fois par terre tu te relèves pas, même si tu respires encore.
Les capitaines ont pendu plus de quinze gars aujourd'hui. C'était leur tour d'aller au charbon mais ils voulaient pas. Y avait pas que des mômes dans le tas, il faut pas croire. Forcément les mieux lotis, ce sont les archers, mais même chez eux y a des blessés. Le chef des chasseurs les forçait à tirer même quand leur bras tenait plus, si bien qu'il y a eu pas mal de camarades qu'ont reçu une flèche dans le dos. Enfin, il a été lynché quelques instants avant la fin de la dernière grosse mêlée, alors ça devrait aller mieux demain.
Ça devrait aller mieux demain.

Jour 4
Ça allait mieux aujourd'hui. J'ai rencontré Piero, un Estalien. Ou un Tiléen je sais pas trop, c'est pas facile d'être sûr quand il parle. Sacré gaillard, plus chanceux qu'un cocu si j'en juge au nombre de fois qu'il a failli se faire couper chapeau, gueule et moustache comprises pendant les échauffourées. D'ailleurs des cocus, il a dû en faire le salaud ! On a causé un peu pendant le repas. Après comme il est du Sud, faut sûrement se dire que la moitié de ce qu'il raconte est faux et que le reste est largement exagéré, mais même...
Les nains sont en train de craquer par contre. Pas au mental, ça non, ça rigole tous les soirs autour de leurs tonneaux. Mais déjà qu'ils étaient pas nombreux, là ça devient franchement inquiétant. Ils ont perdu un de leurs seigneurs ou quelque chose comme ça dans l'après-midi. C'était un fichu spectacle. Il s'est fait attraper par tout un tas de sauvages qui se sont jetés par dessus son mur de boucliers, et traîner dans la horde tout en ramassant des coups de hache au passage. Il avait rien le gnome, que dalle avec son armure magique : je le sais il continuait de leur gueuler des insanités tout du long. Il a disparu parmi les peaux-vertes, et tu sais ce qu'on fait ses gardes ? Ils y sont allés, sacré foutre. Ils ont avancé, au même pas, le pavois au-dessus de la tête, et ils sont allés le chercher. Ils l'ont récupéré, en quelque sorte, et ont tenu leur position comme ça, au milieu des orques. Pendant des foutredieu d'heures.
Ils sont tous morts, et quand le dernier est tombé on a fait parler les canons. On a réduit en charpie tout ce qu'il y avait dans ce secteur et d'autres nains ont cavalé vite fait bien fait pour récupérer le corps de l'aristo'. Réduit en pulpe dans son armure, mais la cuirasse ? À peine roussie.
Et ils veulent même pas l'enfiler, les cons. Il parait que c'est réservé aux seigneurs et c'est tout, que les autres en sont pas dignes. Mais ils commencent à avoir plus d'armures que de mecs à mettre dedans.

Jour 5
La magie c'est vraiment de la saloperie.
Ca s'est mal passé aujourd'hui. Au début c'était correct, on a même réussi à regagner quelques dizaines de mètres dans la passe. On leur en a fait bouffer de l'acier, à ces pisseuses. Y avait le lieutenant tout devant, il s'est emballé, il a gueulé : « Jusqu'au fondement les gars, on se les fait jusqu'au fondement ! » et il a avancé. C'était pas la chose à faire : faut jamais quitter les rangs, gamin, jamais.
Et juste après ça y a un orque maboule qui s'est ramené. Il racontait des trucs, je sais pas quoi, ça avait encore moins de sens que leurs gueuleries habituelles. J'ai cru qu'il s'apprêtait à s'enfuir quand il nous a tourné le dos mais en fait il commençait à faire une danse bizarre. Il a sautillé comme ça pendant qu'on se battait, à grogner et à beugler et puis d'un coup tout est devenu vert autour de lui. Pas vert d'orques, non : comme si l'air était vert, la terre était verte, le sang était vert. Ça a brillé, brillé comme un foutu soleil dans les mirettes, et y a eu un bruit vraiment atroce qui m'a détruit les tympans. Et sa tête aussi. Elle a éclaté, on aurait juré une prune trop mûre que t'envoies pleine bille sur un mur.
Et tout ce qui était autour a fondu. C'est pas une expression : le sol s'est calciné, les autres orques et les petits jeunes du 5ème d'Averland aussi. Ils se sont liquéfiés sur place. Ça m'a rappelé les poignées de neige qu'on mettait devant la cheminée avec Emma quand on était gosses, sauf que c'était des gens.
J'espère qu'ils en ont pas d'autres des comme ça, parce que ce qui se passe ici est déjà assez moche sans que les sorciers s'y mettent.

*
Sigismund Hart n'était pas un chic type. Ce n'était pas non plus un mauvais bougre : c'était un homme, tout simplement, pas bien différents des milliers qui se battaient avec lui. Il avait un fils et une femme, des gens pour l'aimer, d'autres pour trouver qu'il n'était qu'un soudard de plus dans un monde qui en supportait déjà bien assez. Mais il avait une chose immensément, infiniment précieuse, du moins à ses yeux. Sa vie.
Et en ce sixième jour de bataille, il avait l'intime certitude qu'il allait la perdre.

Il songea bien un instant à s'enfuir, mais il savait que la tentative était vouée à l'échec. Bien conscients de l'horreur de la situation dans laquelle ils étaient plongés, les capitaines avaient mis sur pied des patrouilles entières à l'arrière dont la mission était d'attraper les déserteurs, et trop contents d'échapper aux combats ces soldats se pliaient de bonne grâce à leur devoir. Ils l'accomplissaient avec un zèle remarquable.
Alors finalement, entre la corde et son odieuse agonie ou un coup de hache dans le visage qui le plongerait instantanément dans le noir, Sigismund avait fait son choix. Il avait même prévenu son camarade Piero, lui demandant de lui mettre une balle dans la tête s'il se retrouvait à terre et tardait à mourir.

Et tandis qu'il luttait comme un forcené face à l'orque en face de lui, il sentait que sa dernière heure était arrivée. C'était pour bientôt, songeait-il en levant son épée et en l'abattant, encore et encore. Pour bientôt, songeait-il toujours en se ratatinant derrière son bouclier, ébranlé par les coups de boutoir qui l'ébréchaient.
Après une semaine de lutte enragée la horde était étonnamment vigoureuse, quoique bien entamée par la résistance acharnée des impériaux et des nains, desquels il ne restait guère qu'une poignée. Mais il savait que la balance penchait inéluctablement en la faveur des monstres. Il aurait suffi d'un peu plus, pensait-il au comble du désespoir. Rien qu'un peu plus de force. Peut-être que si l'Ostland avait pu envoyer plusieurs centaines de tireurs supplémentaires... peut-être que si le Nordland avait pu apprêter davantage de guerriers...

Toute la ligne impériale faiblissait. Les Dawi encore présents ne formaient plus leur mur de boucliers : ils étaient disséminés parmi les humains, grommelant sous leurs casques complets, valant dix soldats chacun. Mais l'ennemi, toujours féroce, l'emportait malgré la stupidité bestiale dont il avait fait preuve tout au long des affrontements.

C'est alors qu'un cor résonna au-dessus de la mêlée.

C'était une note farouche et menaçante comme le cri de triomphe ou d'avertissement d'un oiseau de proie, le moment précédant celui où le rapace fond sur la créature qu'il a décidé de tuer. Tous les belligérants échangèrent quelques derniers coups furieux avant de se séparer, hagards et méfiants dans le charnier, incapables de comprendre ce qui était en train de se passer mais pressentant que le cours de la bataille allait se renverser sous peu.
Des hululements sauvages, vibrants de colère et de moquerie s'élevèrent aux alentours, sans pour autant parvenir à recouvrir l'appel du cor. L'appel de la chasse.

Alors ils surgirent, invisibles jusque là, de derrière les rochers et les fourrés. Des créatures presque humaines mais plus hautes et élancées, aux visages finement dessinés mais que des peintures guerrières rendaient sinistres ; ils portaient de courtes cuirasses d'écorce ou pas du tout, quelques-uns arborant de minces plastrons d'un métal chatoyant qui aveuglait quiconque les regardait. Ils portaient de grandes épées qui fendaient l'air dans leur course bondissante, ou des haches au long manche et au fer en croissant de lune, ou des lances à la pointe d'argent effilé.
L'une d'elle passa justement à côté de Sigismund : elle le dominait de deux têtes et ne portait que des haillons de cuir qui lui barraient chastement la poitrine et lui ceignaient la taille. Elle courrait les pieds nus et sa peau était pâle, incrustée d'un nombre impressionnants de tatouages qui s'entrelaçaient avec grâce en arabesques bleutées : son corps musclé se mouvait de telle sorte que l'ensemble des motifs donnait l'impression de danser sur sa chair.

Elle lui jeta un regard pénétrant en le dépassant, qui le fit s'accrocher à son bouclier et à son épée. C'était là les yeux d'une bête sauvage plutôt que d'une elfe, sombres et dépourvus de la moindre considération. Il se fit l'intime conviction qu'un prédateur scrutant une proie de moindre importance par rapport à celle qu'il a choisie ne devait pas avoir des iris bien différents de ceux qui le toisaient.
Et l'instant passa : la guerrière se jeta sur les orques avec une férocité saisissante, ses longs cheveux couleur de sang virevoltant au-dessus de ses épaules menues. Sa vive lance frappa cruellement à la gorge et un hurlement âpre, barbare, s'envola de ses lèvres bordées de noir. Sigismund ne connaissait, comme tous les hommes, pas le moindre mot elfique mais il savait que celui qu'elle cria était une promesse de mort.

*
Jour 7
On est sauvé. Bordel de foutre, on est sauvé.
Morwen Nidariel, Voie du Danseur de Guerre
Profil: For 8 | End 7 | Hab 12 | Cha 9 | Int 9 | Ini 10 | Att 9 | Par 9 | Tir 10 | NA 1 | PV 55
Lien Fiche personnage: wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_morwen_nidariel

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Christer
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Re: [Concours] Le voyage

Message par Christer » 08 juil. 2018, 21:49

Pendant le Charnier, en Ostermark

Une clameur furibonde parvint à la cabane depuis le village en contrebas, et Annaliese se leva. Elle tira les lourds rideaux pleins de poussière pour voir ce qui causait ce raffut. Protégeant ses yeux de la brusque luminosité du soleil, elle vit un groupe d’hommes, dont certains portaient les uniformes officiels rouge et jaune des soldats de la province d’Ostermark, marchant d’un pas lourd dans la boue. Certains brandissaient des armes, des hallebardes, des fourches et des gourdins, et leurs cris faisaient sortir d’autres badauds de leurs maisons.

Une curiosité morbide la poussa à observer la procession et, finalement, elle ouvrit la porte de la cabane et sortit. Elle vit des hommes bousculer et donner des coups au prisonnier ligoté qui marchait devant eux. L’un des soldats frappa de son gourdin la silhouette attachée, projetant le prisonnier au sol où il fut brutalement roué de coups de pieds par au moins trois hommes avant d’être relevé de force. Certains hommes portaient des torches enflammées et on entendait des cris de colère et des appels au meurtre. Une grande foule s’était rassemblée sur la grand-place. Annaliese s’approcha de Léonard Horst, un corpulent villageois aux grosses bajoues.

« Qu’est-ce qui se passe ? » demanda-t-elle discrètement à Léonard. C’était l’aubergiste chez qui elle travaillait et elle le connaissait depuis qu’elle était petite fille.

« L’inquisiteur lui a tout fait avouer, c’est lui qui empoisonne les puits et fait mourrir le bétail. » dit-il en désignant "celui de la Tour".

Le chagrin et l’horreur submergèrent Annaliese et l’aubergiste enroula un bras paternel autour de ses épaules. Les hommes traînèrent le rebouteux au centre de la grand-place. En plus du solide et antique gibet qui s’y dressait depuis d’innombrables décennies - et dont la cage de métal noirci qui y était suspendue accueillait actuellement un voleur qu’on y avait placé en guise d’avertissement - la foule y avait dressé un bûcher. Elle avait toujours éprouvé une profonde répugnance pour ces mise à mort, et quand elle était petite, elle était toujours restée à l’écart quand les enfants jetaient des pierres aux condamnés.

On y ligota le rebouteux qui poussa des gémissements de douleur, couvert par l’acclamation de la foule. L’inquisiteur, qui se déplaçait avec la raideur et la prudence d’un échassier en quête d’une proie, monta au sommet de l’estrade et agita la main pour obtenir le silence. Il commença l’énumération de la liste des crimes reproché à "celui de la Tour".

« À mort ! » cria un homme auquel répondirent des cris d’assentiment.

« Brûlez-le vif ! » rugit un autre, dont le verdict fut accueilli par une nouvelle ovation.

La voix de l’Inquisiteur monta dans les aigus tandis qu’il se lançait dans une diatribe enflammée et un énorme rugissement s’éleva de la foule. Annaliese fut choquée de voir ses voisins, des gens bienveillants et vertueux, aboyer et réclamer du sang, le visage mué en un masque de haine. Elle réalisa que c’étaient la peur et le desespoir qui les transfiguraient de la sorte, et qu’ils avaient besoin de rejeter sur quelqu’un la faute de leurs horribles et insolubles problèmes. Les pierres et les morceaux de nourriture pourrie se mirent à pleuvoir. Ne voulant pas en voir plus, Annaliese se fraya un chemin dans la foule. La panique lui retournait l’estomac, terrifiée qu’elle était par la haine, la peur et l’envie de meurtre qu’elle voyait sur tous les visages autour d’elle. Les yeux emplis de larmes, elle se dégagea de la foule en délire et se dirigea vers sa cabane.

Elle n’avait pas fait plus d’une trentaine de pas lorsqu’elle entendit les premiers hurlements. Elle se retourna pour être témoin d’une scène bien différente de celle qu’elle venait de quitter. Des gens couraient en tous sens et le sol était éclaboussée de sang. Elle entendait des cris et des hurlements, et sa première pensée fut que le rebouteux avait réussi à s’échapper ou que des complices étaient venus à sa rescousse. Tel n’était pas le cas : elle voyait encore sa silhouette au centre de l’incendie, au-dessus du massacre qui se déroulait en contrebas. Elle vit un guerrier portant la livrée rouge et jaune des soldats de métier engagés par l’électeur d’Ostermark rouler dans la boue, aux prises avec un villageois aux vêtements ternes. Deux hommes vêtus d’habits grossiers en plaquaient un autre au sol, les mains serrées sur sa gorge. D’autres encore étaient jetés à terre par la foule qui cherchait à s’échapper. Que se passait-il donc ? De quelle nouvelle folie s’agissait-il ?

Et c’est là qu’elle réalisa. Les habitants les plus proches du bûcher s’étaient transformés en monstre et se tournaient vers leurs proches pour leur sauter dessus et les égorger à mains nues. La folie s’était emparée des hommes et se propageait à tout le village comme un feu de forêt.

Choquée, Annaliese voulu s’enfuir, remarquant que des gens se mouvaient tout autour d’elle, mais elle tomba à genoux en trébuchant sur quelque chose, un cadavre. Elle se remit sur pied d’un bond en poussant un gémissement horrifié, parcourue par des poussées d’adrénaline. Des gens couraient en hurlant, serrant leurs enfants contre eux pour les protéger et fuyant en tous sens. C’était une fuite désordonnée, car la terreur et la panique les rendaient tous fous, et ils se battaient entre eux dans leur hâte de s’échapper.

Annaliese fut jetée à terre par un villageois d’âge mûr qu’elle connaissait, bien qu’elle ne lui eût jamais vu cette expression d’horreur abjecte. Il ne montra en aucune façon qu’il l’avait reconnue et ne lui fit aucune excuse en s’enfuyant au hasard. Le sol était jonché de cadavres et éclaboussé de sang qui se mêlait à la boue. On entendait partout des hurlements de peur et de douleur. Annaliese jeta des regards de tous côtés, s’efforçant de distinguer l’ennemi ou de découvrir un chemin sûr par lequel s’enfuir. Certains se défendaient avec des armes, et elle eut un hoquet d’horreur en voyant un villageois qui gesticulait furieusement s’empaler sur une lance. Il ne s’arrêta pourtant pas de se battre, mais continua à avancer le long de l’arme, impatient qu’il était de sauter à la gorge du guerrier qui la tenait. Une femme poussa un cri quand une silhouette surgit derrière elle et la saisit. Elle eut la gorge déchirée par les dents de son assaillant et une gerbe écarlate jaillit de la blessure fatale, éclaboussant les alentours. Elle aperçut une silhouette décharnée accroupie auprès d’un corps de femme. Elle commença à reculer, mais comme si elle avait senti son regard, la créature efflanquée leva la tête. Ses yeux étaient deux orbes de feu noir et du sang dégoulinait de sa bouche, inondant son menton. De toute évidence, la chose était en train de se nourrir, mais elle abandonna son festin et commença à s’avancer vers elle d’un pas raide et maladroit dans l’intention manifeste de la tuer. N’ayant aucune arme sous la main, elle savait qu’elle ne faisait pas le poids face à la créature. Elle se retourna et courut au milieu de la pagaille. Elle vit un vieillard crier et se débattre de toutes ses forces tandis que deux autres victimes de la malédiction le plaquaient au sol, le regard brûlant d’une intensité morbide, et elle eut un moment de faiblesse en voyant les yeux suppliants du vieil homme. Mais l’instant d’après, il fut réduit au silence quand l’une des créatures lui fracassa le crâne au sol dans un craquement atroce.

Un soldat à l’air terrorisé frappait en tous sens, la longue pointe de sa hallebarde pointant vers elle. Sa culotte souillée indiquait qu’il avait de toute évidence perdu le contrôle de son corps, et Annaliese tendit les mains pour lui montrer qu’elle ne lui voulait aucun mal. La pointe de la hallebarde oscillait dangereusement devant elle et elle jeta un coup d’oeil par-dessus son épaule pour voir la chose qui titubait sur ses talons.

« Je ne suis pas des leurs, » dit-elle en lui tournant le dos, mais elle aurait aussi bien pu lui parler dans une langue étrangère. Le soldat se contenta de s’écarter d’elle, son arme toujours abaissée dans sa direction et les yeux écarquillés d’horreur. Il trébucha sur un bras coupé et tomba à la renverse dans la boue. Elle passa à côté de lui en courant et l’entendit ensuite pousser un pathétique gémissement. Elle ne regarda pas en arrière. La seule chose qu’elle avait désormais à l’esprit était la fuite.

Annaliese finit par se retrouver à courir dans la direction de la grand-place. Désorientée qu’elle était au milieu de cette foule psychotique, sa fuite éperdue l’avait amenée là et elle poussa un grondement de peur. Le combat faisait rage. La cage de fer était toujours suspendue au gibet et le voleur observait la scène démente qui se déroulait sous lui avec de grands yeux. Il avait beau secouer la porte de la cage comme un diable, le cadenas rouillé tenait bon.

Annaliese vit sa chance : un mince passage entre les échoppes des bouchers et le Blé Doré, l’auberge où elle travaillait. Il menait aux champs et au-delà, aux bois. N’y voyant personne, elle courut, se faufilant entre les combattants qui roulaient au sol et les mains avides des victimes de la malédiction. Le robuste forgeron défendait sa vie contre deux des monstres à l’aide d’un marteau à deux mains. Il en abattit un en lui portant un coup d’une sauvage brutalité à la tête, mais l’autre tendait les mains vers son visage. Il recula en chancelant pour avoir un peu d’espace et leva son arme par-dessus son épaule. Dans sa trajectoire, la masse du marteau toucha le mécanisme qui maintenait la cage en l’air, libérant la chaîne et laissant tomber l’engin au sol. L’arme échappa au forgeron et la créature fut sur lui en un instant, déchirant sa peau et sa chair avec des mains squelettiques recourbées comme les serres d’un oiseau de proie. Sous ses cris d’horreur et de souffrance, la cage de fer noir du gibet s’écrasa au sol dans un vacarme métallique et bascula sur le côté. Plusieurs victimes de la malédiction tournèrent leur tête engourdie en direction de ce bruit et interrompirent leur festin pour tituber vers la cage.

Annaliese vit le voleur secouer frénétiquement les barreaux, mais le verrou tenait bon. Elle s’arrêta net en se mordant les lèvres, les yeux fixés sur l’homme qui se débattait dans sa prison. Il lui semblait qu’il s’agissait là d’une façon de mourir inutilement cruelle, même pour quelqu’un qui avait commis des vols. En se maudissant, elle retourna précipitamment au milieu du chaos, courant d’un pas léger vers le gibet. Plusieurs créatures étaient maintenant tout près, et elle entendit un flot de paroles impies qui se déversait de leurs bouches immondes. Elle se pencha pour ramasser le marteau du forgeron qui était en train de se faire dévorer vif au pied du gibet et la leva au-dessus de son épaule avant de cavaler vers la cage. De toutes ses forces, poussant un cri de rage et de terreur, elle abattit le marteau sur la tête d’une des victimes de la malédiction qui tentait de saisir le voleur à travers les barreaux. La masse nimbé de flammes dorées - même si ce détail échappa à Annaliese - éclata le crâne de la créature, éclaboussant de sang la robe de la jeune fille et le visage blême du prisonnier.

Le monstre s’effondra. Le voleur supplia Annaliese de l’aider à sortir de là. Priant pour ne pas commettre une erreur, elle abattit de nouveau le marteau sur le cadenas rouillé qui le maintenait prisonnier, et il éclata sous le choc. Sans attendre de voir le prisonnier s’échapper, elle fit volte-face et s’enfuit en courant. Elle avait donné sa chance au voleur : c’était à lui qu’il appartenait désormais de la saisir ou non.

Sans s’arrêter cette fois, elle fonça dans le passage étroit et remonta le mince couloir jusqu’aux champs et aux bois qui lui tendaient les bras. Son pied se prit dans quelque chose et elle tomba lourdement à terre, le souffle coupé. Elle n’avait même pas eu le temps de mettre les mains devant elle pour amortir sa chute et elle lutta pour reprendre son souffle, face contre terre dans la neige. Quelque chose s’accrochait à sa cheville et elle donna de furieux coups de pied pour se dégager. Luttant toujours pour reprendre son souffle, elle haleta quand une atroce douleur fulgura dans sa jambe. Roulant dans la neige boueuse et glacée, elle vit une main refermée sur sa cheville et des ongles noircis qui s’enfonçaient dans ses cuissardes de cuir. Les doigts avaient la couleur d’une ecchymose rougeâtre, car le sang avait coagulé dans leurs veines quand le coeur de la victime de la malédiction s’était arrêté de battre. Elle donna un coup de pied à la main de sa jambe libre et sentit les os des doigts se briser sous son talon, mais la créature ne lâcha pas prise. Elle voyait le visage du monstre maintenant, et ce spectacle l’emplit d’une indicible épouvante. C’étaient les traits d’une amie, Ilsa, serveuse au Blé doré, mais son visage rond était désormais immonde et crispé. Ses lèvres étaient enflées et sa peau si tirée et pâle qu’on voyait le réseau de veines rouge en dessous. Les os de son crâne étaient hideusement déformés et distordus, et une masse de protubérances osseuses qui ressemblait à une branche bombait sa tempe droite. Alors qu’Annaliese l’observait, paralysée par la peur, les extrémités en forme de brindilles de la protubérance ondulèrent et se tendirent vers elle comme si elles avaient senti son énergie vitale. Les flammes noires étincelèrent dans les orbites de la fille et elle ouvrit une bouche béante, exhibant des dents noires.

Annaliese se débattit de toutes ses forces contre la prise de l’ignoble créature, la frappant du pied sans discontinuer. Le monstre ne lâchait pas prise et commençait à remonter le long de ses jambes. Par-dessus l’épaule de la créature, elle perçut un mouvement précipité et leva les yeux. Paniquée, elle vit le voleur qui se précipitait dans sa direction, le marteau du forgeron à la main. Il le leva au-dessus de sa tête et le projeta brutalement. Annaliese poussa un hurlement quand le marteau fendit les airs en tournoyant. Sa masse fracassa la nuque de la fille mutante avec un craquement répugnant. Annaliese cria de nouveau en repoussant le corps désormais flasque, ruant de toutes ses forces et reculant frénétiquement. L’instant d’après, le voleur était près d’elle et la remettait sur pied. Elle ramassa le marteau à deux mains et les deux compère parvinrent enfin à quitter Nachtdorf, laissant derrière eux une scène de totale dévastation…
Modifié en dernier par Christer le 09 juil. 2018, 08:50, modifié 2 fois.
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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Concours] Le voyage

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 13 juil. 2018, 19:28

Puisqu’il s’agit là de raconter une histoire
Je devrais, pour une fois, pas saouler l’auditoire
En écrivant un récit, ma foi, assez court
A la manière des rhapsodes et des troubadours

J’y ai toutefois glissé une subtilité
Sur la nouvelle du Prix à Payer
Afin de réfréner ma volubilité
J’espère que vous finirez bien par la trouver
Et que personne ne viendra la désapprouver.

Courez vers la chute, je l’attire au goulet
Houspilla Orrik à l’attention d’Augustine
Ajustant son tromblon, bombardant de boulets
Scrutant le mastauroc de sa sombre rétine.
Saisie par le sacrifice de son ami
Elle sursauta, sentant son faciès qui blêmit.
Zigzagant au sein des méandres de sa vie

La duchesse songea à ses journées d’antan
Epars de celles qu’elle vivait maintenant.

Nantie plus que tout, elle morguait la misère
Amignardant Fifi, son caniche royal
Toutou idolâtré qu’à ses yeux rien n’égale
Unifiés dans une paresse coutumière.
Reculant au milieu du Cimetière des Brumes
Elle considéra l’ensemble de ses options ;
Larder le monstre et être celle que l’on inhume,

Immigrer au loin et jouir de ses passions.
La lâcheté qu’elle avait toujours occultée

Revint au galop, la frappant comme jamais
Elle ne connaissait que quelques simples envies
Vétiller, dépenser, et asseoir sa survie.
Invoquant le droit du sang et de sa naissance
Elle usa d’avarice et de condescendance
Nain, ton piètre sacrifice est des plus normaux
Toi l’animal grossier ayant tout du pourceau.

Augustine, après avoir ramassé par terre
Un amas de pierres qui ferait son affaire,

Galopa bien loin de ce triste cimetière.
Augustine oublia, usant comme remède
Les écus d’or qu’elle gaspilla sans compter
Orrik chargea la bête et se fit démonter
Pour une noble, creva bien comme une merde.
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Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises (lvl 1):
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Érudition
- Intimidation
- Alphabétisation
- Sens Accrus
- Vision nocturne
- Connaissance des démons
- Comédie
- Force accrue
- Esquive
- Monte - chevaux
- Coup précis lvl 3
- Arme de prédilection - épée à une main
- Escalade
- Coriace
- Chance
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 2
- Etiquette
- Intrigue de cour
- Littérature
- Réflexes éclairs
- Linguistique

Dons du Sang:
- Défi de l'Aube
- Innocence Perdue
- Domination
- Ame Profane
- Forme de Familier : Corneille
- Régénération Impie
- Sang argenté
- Sang vif

Escorte :
- 10 hommes d'armes
- un carrosse tiré par quatre chevaux
- Hans le cocher
- Marcus le capitaine de la garde
- Une petite bestiole attachante nommée Dokhara.

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Piero Orson
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Re: [Concours] Le voyage

Message par Piero Orson » 26 juil. 2018, 16:11

Tant d'eau...Et uniquement du vin à boire, si ça aurait pu faire rêver tous les ivrognes ; dans la situation de ces deux malheureux cela risquait de les envoyer six pieds sous terre ou plutôt six pieds sous la surface.
Le soleil tonnait en effet, réfléchissant sa lumière dans l'eau salée de l'océan en d'autant de facettes qu'il y avait d'ondulations marines. Cuisant sous cet impitoyable compagnon, le pauvre marin faisait les cents pas sur sa frêle esquif. L'autre était nonchalamment en train d'attendre qu'un frétillant repas s'accroche à sa ligne, tout en déplorant de n'avoir aucun hameçon.
Le plus mouvementé des deux finit par se laisser retomber sur le pont et râla de désespoir.
Quatre jours...Quatre jours qu'il était à la dérive sur un débris.

Pourtant tout avait commencé normalement pour ce pauvre Rudolf : Il était à bord d'un navire marienburgeois armé par un notable ayant voulu conserver anonymat et discrétion.
L'objectif : Arraisonner un transporteur de vins de Bilbali en toute légalité.
Si les marins engagés étaient pour certains de vieux briscards qui avaient connus toutes les mers et tous les bordels lui était une bleusaille descendu de l'Ostland qui n'avait fait ses marques sur un rafiot qu'il y a deux ans.
On avait pisté le navire estalien bien au large des côtes bretonnes et un « Ma qué ?! » général avait retentit lorsque le premier boulet avait frappé la cabine supérieure. L'abordage avait été une boucherie. Rudolf tirait au mousquet, descendant des Hombres bien plus courageux qu'il ne l'avait été. Alors que forbans et marineros s’entre-tuaient un anonyme avait mis le feu à la Sainte-Barbe.
L'explosion dévora les deux navires dans une gerbe qui avait dû être visible jusqu'en Ulthuan. Rudolf avait été propulsé dans l'eau chargée de cadavres et de planches alors que ses vêtements étaient en train de flamber.
Quand il rouvrit les yeux, ce n'était pas Morr qui l'accueillit dans l'après-vie, mais Franco un marinero tanné par le soleil et l'explosion qui le fixait.
Il avait traîné l'inconscient sur son débris d'épave en constatant qu'il respirait encore.
Hélas de tout ce qui pouvait se trouver sur un navire le seul tonneau qu'ils avaient trouvé flottant négligemment au rythme de la houle contenait du rouge estalien.

Quatre jours à carburer au grand cru n'avait pas fait avancer leur esquif. Sans autre moyen de se repérer que les étoiles ils étaient condamnés à attendre le salut ou la fin.
Les dieux devaient être d'humeur taquine car ils avaient mélangé les deux issues sous la forme d'une flottille qui avançait dans leur direction.
Rudolf et Franco se soulevèrent d'un seul tenant et agitèrent leurs haillons pour capter l'attention des navires.
Ivre de vin comme de bonheur, Rudolf déchanta en voyant se détailler les embarcations :
La proue de la première était un dragon rugissant et la figure était un véritable chevalier suspendu par les quatre membres comme un pantin écartelé. Des boucliers ornés de toutes sortes de symboles funestes bordaient le pont du drakkar.
Les deux naufragés s'attrapèrent en hurlant alors que les premiers visages hirsutes dépassèrent du bastingage. Les colosses blonds du nord ne déméritaient pas de leur réputation de bêtes humaines.
La plupart s'était peinturluré le visage...De carmin épais et coagulé.
Si le premier navire les dépassa sans plus d'attention que la curiosité des rameurs , sur le troisième ils virent deux norses se quereller dans un concours de cris puis de poings. Lorsque le plus fort des deux eut fini de fracasser le crâne de l'autre contre le rebord de pin boréal il lança une corde.
Franco l'attrapa et tourna la tête vers son compagnon d'infortune :
« Je n'y vais pas si tu n'y vas pas.
-Que les Dieux nous gardent pour ce que nous allons faire.
-Sur ces navires ce ne seront plus les même dieux. »

Rudolf se hissa avec la corde de l'eau salée jusqu'au pont poisseux de sang dans lequel il embourba ses orteils nus. Le vaincu rampait misérablement avant qu'un coup de hache de leur sauveur ne l'envoie dans l'autre monde.
Il s'approcha d'eux, baissant les yeux sur l'estalien bistré qui ne pipait pas un mot puis sur son compère ostlander et commença à leur parler d'une voix rauque de prédateur, teinté d'un accent nordique à couper au couteau :
« Nom d'une hache rouillée, qu'est ce que vous foutiez sur cette planche les ventres mous?
-Naufrage...
-Stromfels devait vouloir vous inviter à sa table, quoi qu'il en soit mon nom est Bjornar Sigurdarson ,et si vous voulez rester en vie emmerdez personne, pas comme lui »
La brute blonde désigna le corps encore chaud que deux malabars firent basculer par dessus bord.
Rudolf sentait qu'ils n'allaient pas recevoir un traitement de faveur mais au moins il n'était pas encore ligoté à un poteau sacrificiel. C'est là qu'il remarqua les captifs :
Massés autour du mat unique comme des rats craignant la tempête , enchaînés les uns aux autres. Des paysans bretonniens, esquintés par le pillage dont ils avaient fait les frais, terrifiés et sans une lueur d'espoir dans le regard.
Il s'approcha d'eux et s'assit sur une caisse, suivi de Franco qui avait fini de s'entretenir avec le Nordique. Il remarqua qu'entre les gueules de gueux tous plus résignés il y avait cette gamine, douze ans à vu d’œil, des habits un peu plus coloré et digne que la populace. Les Norses s'étaient de nouveau affairés à ramer pour rattraper le cortège il pouvait donc s'approcher de la petite. Après l'avoir rassuré en prouvant qu'il n'était pas un enfant de la Norsca et échangé quelques phrases il apprit qu'elle s'appelait Jeanne, Jeanne de Belloy. La rejetonne d'un seigneur qui avait été capturée la première avant que les hommes du Nord ne pillent allègrement la région, elle était terrifiée mais elle gardait une dignité hors du commun, elle ne comptait pas se laisser mener comme une chèvre par ces barbares.
Rudolf lui intima de ne pas agir imprudemment car ils étaient prompts à sortir la hache et mourir par témérité aurait été inutile.

Le temps s'écoulait de façon monotone, les hommes du nord ramaient, les esclaves geignaient, Franco Diego Carlos Salvadore sifflait en regardant la ligne d'horizon et Rudolf discutait avec Jeanne.
Alors que l'Estalien regardait les drakkars derrière leur poupe il entendit sonner un cor. Haussant les sourcils il sursauta en voyant bien derrière eux, grand comme une maquette d'armateur, fuser un grand galion bretonnien.
Les Norses se mirent au branle-bas de combat en manquant de piétiner le Bilbalien.
« Ma qué ?! Bjornar, pourquoi vous n'essayez pas de le distancer ?
-Tu as déjà distancé un Galion de l'Anguille le Brun ? Il n'y a que deux options : Se battre et gagner ou mourir en se battant ! »
Très vite les ponts vibraient sous les clameurs des maraudeurs et bien que le vent gonflait les voiles zébrées et que les rames crevaient l'écume, le Galion ne faisait que se rapprocher.
Les premiers tirs de semonce ne furent qu'à cent pieds des drakkars de queues et à chaque fois qu'un canon crachait le feu en véritable ogre nourri aux piments les norses hurlaient de plus belle.
Un boulet explosa la coque ornée du bateau le plus lent et des hommes se tordaient comme des vers de farine, criblés d'éclats effilés comme des pioches naines. Le pilonnage commença alors ; Rudolf et Franco regardaient l'eau se charger de planches brisées alors que se soulevaient les coques des drakkars en perdition. Des survivants se hissaient sur des épaves ou attrapaient les cordes jetées par leurs frères de pillage. Des malchanceux flottaient déjà dos au soleil mais ce qui retourna les tripes de l'Ostlander étaient les esclaves qui hurlaient alors que leurs chaînes les entraînaient vers leur fin au cœur du royaume de Manann.
Le Galion aux voiles blanches et bleues avançait maintenant dans la Flotte démembrée , tirant des bordées sur des coquilles de noix qui n'avaient que des flèches et des haches pour riposter.
Mais elles étaient nombreuses ces coquilles et grouillaient de fous assoiffés de guerre et alors que des panaches de fumée s'échappaient de la bouche des canons de fer noir, les norses jetaient leurs grappins sur les bastingages du navire. Tels des loups attaquant un Aurochs, les pillards mordaient de toutes parts la Bête. Les marins bretonniens tiraient au mousquet, envoyant plonger des assaillants avant qu'ils ne puissent poser la main sur le chêne de leur Joyau.

Rudolf regardait des rameurs de son propre drakkar s'élancer à l'ascension du bateau alors que la pauvre Jeanne se pressait contre lui, assourdie par les détonations et les hurlements.
Un rouquin torse nue s'effondra face contre bois quand une balle le faucha en plein cœur mais sa hache fut ramassé par un petit bistré.
« Mais qu'est ce que tu fous ? Hurla Rudolf sous le capharnaüm total.
-Ils nous tueront si on ne gagne pas leur confiance !
-C'est des bretonniens en face ! Ils sont nos alliés !
-Si ce drakkar coule on y passe tous ! J'assure notre peau ! Proclama Franco d'un air vide tout en courant vers les cordes.
-Putain d'estingouin il va y passer ! »
Franco grimpait à la corde rêche en serrant la hache entre ses dents jusqu'à sentir les échardes plantées dans sa langue. Il tanguait comme un gyrocoptère après un tir de lanceur gobelin et l'océan bouillonnant était prêt à l'engloutir. Ce fut un miracle qu'aucun tir ne le toucha et quand il posa le pied sur le Galion , le pont était un champs de bataille monstrueux. Il n'eut pas le temps de bailler qu'un bretonnien en chemise blanche essaya de le pourfendre avec son sabre. Il bloqua la lame effilée avec le creux de sa hache avant de lui envoyer un coup de pied dans le ventre. Le moussaillon se plia en deux en sentant remonter ses viscères. Franco lui enfonça son fer dans le dos. Il ne s'en relèverait pas. Il dû pousser le corps avec le pied pour détacher la hache. Quelque chose se brisa dans son esprit et il poussa un cri. Il se jeta en compagnie des brutes du nord dans la mêlée avec les hommes d'équipage. Donnant de la hache à bras raccourcis , tranchant dans le gras , la viande ou le cartilage. Il brisait des os et charcutait des visages. Dans son sillage s'empilait les mourants. Bjornar l'acclama quand il fendit le crâne chauve du marinier qui était en train de l'affronter. Son visage était figé à jamais dans une expression béate suite à cette attaque en traître.

Franco regarda alors le pont où les combats semblaient ne jamais finir. Il vit alors un guerrier brun avec une natte lui tombant jusqu'aux reins qui s'effondra dans les escaliers , fauché par le pistolet du Capitaine. Il se rua et en enjambant le corps se retrouva nez à nez avec l'admirable amiral :
« -Qu'estoit donc un Estalien ici ?
-Tu as vraiment des dernières paroles miteuses. »
Le bretonnien mit la main à sa ceinture dégainant son sabre d'acier miné dans les Montagnes grises.
Il n'avait pas d'armure mais au moins il avait une botte de plus que son adversaire. L'acier crissa sous la morsure du fer , les yeux bleus du bretonnien croisèrent ceux de l'Estalien mais ces derniers luisaient d'une lueur anormale...Une lueur de haine.
Il recula pour faire basculer le sauvage vers l'avant , lui cinglant le poitrail et l'épaule d'une longue estafilade. Seulement ce noiraud n'avait pas dit son dernier mot et il lui sauta dessus, multipliant les assauts effrénés jusqu'à tordre le fil de sa hache.
Les bras du capitaine commençaient à faiblir et un coup de taille lui disjoint la main gauche en deux. Il rugit alors que son adversaire récupéra son sabre et le renversa au sol.
« Puisse les dieux avoir pitié de votre âme estalien !
-C'est déjà fait , mais pas ceux que vous espérez » vociféra Franco en lui enfonçant la lame dans la gorge.
Les Marins pâlirent d'effroi en regardant perché sur la rambarde face au gouvernail un homme aux vêtements déchirés et encroûtés de sang qui agitait la tête de leur capitaine. Ils se battirent comme des braves mais en vain, bientôt seuls des nordiques se tenaient encore sur le pont. Le Galion était à eux et de tous les drakkars restant s’élevèrent des cris de réjouissances.

Rudolf était effaré, les bretonniens avaient perdus et avec eux s'évanouissait leur seul espoir de ne pas voir leurs carcasses traînées jusqu'en Norsca. La partie de l'équipage qui s'était précipitée sur le galion redescendit par les cordes , en nombre réduit mais chargés de tout ce qu'ils avaient pu récupérer sur le fleuron des hommes à la Dame. Franco fut acclamé, il était devenu le « trancheur d'anguilles » , et Rudolf devinait aisément quelles horreurs il avait dû commettre pour décrocher un si beau titre.
« Maintenant je nous ai assuré la vie sauve. Déclara le méridionale en se rasseyant près de son compagnon d'infortune.
-À quel prix... »
Les drakkars continuèrent leur route vers le nord, laissant dans leur sillage des épaves brisées et un galion désossé qui commençait à sombrer.

Seconde Partie

Le barbu était agenouillé dans l'épaisse couche d'humus de laquelle il retirait des tubercules bruns et écailleux. Ses vêtements en peau de phoques et de loups le protégeaient des rigueurs du climat malgré que nous étions en plein sommerzeit. Enfin il en était presque sûr. C'était la période de l'année où la Norsca se réchauffait légèrement, où tout n'était pas couvert de six bon mètres de neige. Il leva la tête vers l'autre homme en train d'arracher du champs leur pitance, lui aussi avait laissé pousser ses cheveux et sa barbe.
Se relevant, il pensa à cette ancienne vie où il se nommait Rudolf , né à Wolfenburg et où l'autre était Franco de Bilbali.

Quatre années...Comment quatre années avaient pu les changer à ce point ?
Ils avaient construit leur cabane de leurs propres mains après avoir débarqué au village norse qui était devenu leur foyer. Chassant le gibier le plus féroce du vieux monde pour se vêtir , dévorant le lard des baleines et pour celui qu'on appelait Frøn Carlosson, participant aux pillages des villages des côtes impériales, bretoniennes, voir de régions plus abscons.
Il était l'un des leurs dans toute leur mentalité désormais, un survivant enhardi par la traque des monstres des montagnes, le pillage et les alcools forts.
Rulf Freidrichtson lui essayait de se persuader qu'il conservait sa dignité d'homme du vieux monde mais il avait été irrémédiablement changé par la vie du nord. Ici il était libre, vivant âprement mais sans petit chef pour lui donner des ordres.

Il n'avait que deux préoccupations : Sa ferme et la petite Jeanne.
Depuis son arrivée il n'avait pas manqué une occasion de la voir pour s'assurer de son bien. Elle servait directement le Jarl car sachant lire et écrire les deux langues majeures du vieux monde elle était une esclave précieuse pour tout ce qui traitait du commerce.
Elle disposait donc d'un traitement bien meilleur que les malheureux qui s'échinaient dans les mines , les champs ou qui attendaient qu'un Oracle ne les sacrifie.
Seulement en quatre ans elle commençait à devenir une femme. Une femme qui serait le bout de viande d'un des guerriers du clan.
Il ressassait ça nuit et jour, alors que Frøn dépeçait un cerf à coté de lui ou quand arpentant les ruisseaux de Norsca il attrapait des truites.
Il ressassait ça sous la longère de Bjornar alors que tous levaient leurs chopes à la gloire , au combat ou aux pillages. Il n'en dormait plus la nuit alors que surplombant les frondaisons des sapins fusaient des aurores boréales chargées de magie.
Tandis que Frøn et lui descendaient jusqu'au village, sa décision fut prise.
Rulf aiderait Jeanne à fuir, mais traverser le pays des trolls serait un suicide, comme tenter la traversée de la mer des griffes à deux.
Il restait une option, dangereuse comme les autres mais plus pertinente :
Rallier les forteresses des nains norses. Hors de la portée des pillards du nord.
« Peut être même qu'après le prochain pillage d'automne je prendrais femme, et...Rulf ? Rulf tu m'écoutes ?
-Pardon Frøn, j'étais pensif.
-Tu sais quoi, un bon pillage ça devrait te tirer de cette humeur morose mon vinr. Déclara le Maraudeur aux longs cheveux noirs.
-Tu te souviens du Rosemary et de ta Belleza de Bilbali ?
-Comment oublier. Je rêve encore de cette explosion, de la cendre et des corps carbonisés. De quand je traînais ta carcasse hors de l'eau. Et de la peur bleue que j'ai eu en te voyant tousser.
-Autre temps autre vie hein ?
-Oui, autre vie... »

Après avoir fait ses obligations il s'empressa d'aller voir Jeanne , cette dernière s'affairait à brosser les peaux de bête du Jarl.
Il prit les précautions pour lui en parler. Sa témérité avait été ternie par le temps et la captivité. Mais l'espoir de redevenir libre était plus fort que tout. L'expédition serait risquée entre la traque par les guerriers de leur propre clan, les maraudeurs, les monstres de tous poils et toutes écailles ou tout simplement se perdre dans quelques ravines qui sillonnaient la Norsca.
Cependant elle accepta et ils fixèrent bientôt la nuit où ils s'enfuiraient pour leur salut.

Ce soir là, tenant sa hache d'une main et maintenant la sangle de sa besace chargée de provisions de l'autre il jeta un dernier coup d’œil au village, avant de disparaître avec Jeanne dans les bois.
A chaque pas de leur lente procession sur le podzol elle semblait recouvrer un peu de prestige et de bonheur.
En toute honnêteté Rudolf arrivait pas à supporter les grands airs des bretonniens qui montaient jusqu'en Ostland pour leur quête de chevaliers mais cette gamine, elle, elle avait sûrement survécu à pire que la moitié de ces endimanchés. Elle lui parlait des soirs en compagnie du Jarl , écrivant des lettres de ses mains autrefois si belles pour les adresser à quelques marchands marinburgeois ou tiléens. Des traversées en drakkar en compagnie des norses , non pour piller mais pour écouler la peau , l'ambre et les pierres précieuses sur des quais brumeux.
Ils bivouaquaient dans des abris sous roche , sur des sapins haut comme des clochers de chapelles.
Le Barbu glanait dans les bois de quoi ajouter un peu de nourriture fraîche à leur menu. Ils voyaient parfois passer au loin, dissimulés par la nuit et la nature, des cohortes de maraudeurs norses farouches et hirsutes.
Au bout de plusieurs jours ils virent enfin se dessiner au loin les montagnes des Nains. Des fortins de bois et de pierres émergeant à flanc de roche, dissimulant la majorité de leurs domaines, enfouis dans les profondeurs du monde.
Redoublant d'énergie ils avancèrent dans la forêt, exultant d'une joie digne des plus grandes réussites.
Ils seraient bientôt en sécurité, bientôt ils pourraient quitter la Norsca, retrouver leur monde.

« Rulf ! Espèce de traître ! »
Cette voix lui tordit les tripes , le stoppant dans son élan, alors que le salut était tout proche. Jeanne se retourna vers lui, son visage devenu pâle comme la neige des glaciers.
Il pivota lui aussi, regardant alors Frøn le trancheur d'anguilles qui marchait vers lui, armé d'une hache de guerre.
Jamais il n'avait remarqué à quel point il était devenu un homme du nord. Ses muscles s'étaient développés, sa poitrine à nue montrait les tatouages de dragon dissimulés en partie par sa crinière noire. Son visage était déchiré par la rage mais aussi par le chagrin, des larmes dévalaient de ses yeux d’onyx pour disparaître dans sa barbe.
« Rulf , tu étais un Brodir pour moi, nous avons vécus ici ensemble. Nous avons chassé ensemble , ripaillé ensemble !
-JEANNE ! COURS ! Hurla l'impérial à l'esclave en fuite qui se hâta de disparaître vers la montagne des Dawi.
-Je t'avais sauvé la vie lors de cette nuit au large de la Bretonnie. Je voulais que tu sois de ma famille ici à défaut de ne pas être né des mêmes parents que moi ! Rulf pourquoi avoir fait ça ?
-Je l'ai fait pour cette fille Franco, je l'ai fait pour qu'elle puisse vivre libre ! Qu'elle ne soit pas l'esclave d'un quelconque barbare ! Et j'en payerai les conséquences sans aucune hésitation !
-Soit, Brodir, sache que je ne fais pas ça par plaisir, je fais ça pour le Clan. »
Il s'avançait lentement vers son ami, ce dernier serrait fermement sa hache contre son torse.
Il fallait gagner du temps pour qu'elle vive, puisse Jeanne de Belloy retourner chez elle. Il s'en assurerait au prix de sa vie.
Rudolf poussa un cri de désespoir et chargea Franco.

Pour elle
Piero Orsone da Trantio, explorateur
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"Ma qué ?!"

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Raël Khem
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Re: [Concours] Le voyage

Message par Raël Khem » 01 août 2018, 01:33

Une suite de: Le verre de trop, où tout n'est pas si simple qu'on ne le croit.
La décuvée de Pieter Ventrelarge fût des plus difficiles. Toute la nuit précédente avait été consacrée à la fête et à la boisson, il avait ingurgité une quantité ahurissante de boudins aux pommes, ravioles d’oignons frits, tartes à la citrouille et autres mets de Grunhugel ainsi qu’éclusé un nombre indécent de choppes de bière.
Et le voilà le matin, à l’agonie. Ses longs cheveux bruns avaient presque virés au blanc sous les douleurs folles qui lui traversaient le corps et sa carrure imposante convulsait sur son lit de mort. La plupart des survivants du massacre de la veille étaient à son chevet, priant tous les dieux du petit peuple d’accorder la vie sauve au mourant. Car Pieter Ventrelarge n’était pas n’importe qui : sous l’allure qui lui donnait son nom et sa tignasse brune se cachait un des piliers de la défense du Moot. Et voilà que ce défenseur invincible qui avait mis à mal moult animaux sauvages et zombies esseulés se retrouvait à l’article de la mort!

Son épouse, qui s’occupait de leur septième enfant la veille, n’avait pas bu et se trouvait ainsi à son chevet accompagnée des invités, des curieux et de la descendance Ventrelarge. Pieter appela à lui son troisième fils, Gunther, celui qui lui ressemblait le plus. C’était un halfing large d’épaule et d’estomac, portant avec fierté la même chevelure indomptable que son père et le même caractère intrépide. Il étaiit de corvée de patrouille toute la nuit de la fête pour avoir joué au lancer de fer à cheval sur les lampes à huile de la mairie, échappant par miracle au massacre.
Utilisant ses rares forces ; il lui dit :


-«Gunther, Esmeralda et Morr m’appellent, je les entends. Tu me succèderas Gunther car c’est pour cela que les dieux t’ont fait. »

Quelques jours plus tard la délégation d’Averheim arriva et commença son enquête. Gunther était méfiant sur la compétence des impériaux au départ mais cinq jours plus tard ils avaient trouvés le coupable. Au sixième jour, malheureusement, Pieter Ventrelarge s’éteignit, son corps trop affaibli par les douleurs multiples, les vomissements et les tremblements. C’est avec horreur qu’on dût enterrer le défenseur du Mootland non loin de son meurtrier, mais ainsi fût-il fait pour le repos de leurs âmes. Dans la même journée, alors que le corps de son père était encore chaud, son troisième fils se saisit de son grand poignard d’acier couvert d’argent, de son bouclier de bois cerclé de fer et de sa cuirasse de cuir renforcée. Il devait tenir son rôle de nouveau chef de la brigade des sentinelles de Grunhugel.

Le lendemain, une caravane de Stryganys s’arrêta en ville.

Ces gens, qu’on soupçonnait d’être en accointance avec la Sylvanie toute proche, n’étaient jamais vraiment appréciés. Mais ceux-là étaient encore plus étranges que les autres. Au lieu de venir ensemble commercer et acheter des denrées alimentaires ils se contentaient d’envoyer deux ou trois de leurs membres à cette tâche. De plus, au lieu d’un village actif de tentes il n’y avait presque rien, comme s’ils ne comptaient pas rester. Gunther, interrogé par leur attitude, décida de se percher à un arbre non loin et d’observer la nuit durant leur campement. Il manqua de s’endormir à plusieurs reprises sur sa branche quand, vers une heure du matin, à la lumière de Morrslieb, trois formes quittèrent le convoi en direction du village, emmenant dans le même temps une petite charrette à mains.

Faisant une moue suspicieuse, notre halfing descendit de sa cachette et suivi les importuns. Il remarqua qu’un d’entre eux était bien plus grand que les deux autres mais qu’il était voûté, comme bossus et son visage complètement caché par un large capuchon.

Ils se dirigeaient vers le cimetière à grands pas, marchant quand ils le pouvaient dans l’herbe pour couvrir le bruit de leur avancée. Le défenseur halfing leva un sourcil, vérifia son arme ainsi que son bouclier puis s’élança derrière eux. A peine arrivé au lieu du repos des morts il constata que les deux acolytes semblaient bouger vivement. Curieux et souhaitant avoir le cœur net de ce qui se tramait avant d’appeler du renfort, notre héros s’approcha encore, allant jusqu’à se cacher derrière une imposante pierre tombale vierge. Il manqua d’ailleurs de tomber : devant elle était un trou profond, sans doute creusé en prévision d’un énième décès. Avec impatience le jeune homme jeta un coup d’œil par-dessus sa planque. Les deux acolytes plus petits creusaient les tombes avec des pelles, tandis que le plus grand attendait à côté d’eux, se frottant les mains. Mais de mains, d’ailleurs, il n’y en avait pas réellement ; plutôt deux assemblages difformes aux doigts pourvus de griffes longues comme des couteaux et qui reflétaient aussi bien les rayons de la lune.
Gunther ne put s’empêcher d’avoir un hoquet. La chose sembla relever la tête. La figure sombre souffla une fumée épaisse et la sentinelle du Mootland vit distinctement quelque chose de pointu bouger sur la tête de la chose : une oreille. Il se cacha derechef derrière sa pierre, se plaquant contre elle. Le monstre lâcha un grognement et ses pas avancèrent vers l’épitaphe. La créature se pencha par-dessus la pierre, permettant au soldat d’entendre distinctement ses grondements sinistres et sa voix basse alors que les griffes rayaient le calcaire avec un bruie de craie sur un tableau noir. Il observait les environs, cherchant l’origine du bruit, quand une voix s’éleva, presque chuchotée :

-«Seigneur! Nous en avons un… »

Aussitôt, à la vitesse de l’éclair, la bête noire se retourna et récupéra ce qu’ils étaient venus chercher : un cadavre frais. A la grande horreur de Gunther qui osa à peine regarder, la chose attrapa le corps à la gorge et y mordit profondément. Sa voix s’éleva ensuite, ténébreuse, profonde et basse alors des gouttes de sang perlaient de la pointe de chitine qui lui servait de menton.

-«Encore frais, l’arsenic et le roseau ont fait effet, Roulebaie n’avait pas menti… Récupérez-en dix autres. »

La sombre entreprise continua alors. Les corps furent désacralisés et embarqués dans la charrette. Il devait être un peu plus de deux heures quand ils finirent. Pendant tout ce temps la sentinelle était restée prostrée, aux pieds de sa tombe. Bientôt, le halfing entendit la charrette s’éloigner, ses roues cognant sur les cailloux et les graviers. Pâle comme un linge, Gunther se leva et s’apprêter à courir vers le village pour chercher du renfort. Il fit trois pas qu’une grande ombre se dressa devant lui. Il leva les yeux et voulut hurler en apercevant ce corps décharné, rose et violet, cette face monstrueuse et déformé et ces crocs gigantesques d’un beige jaunâtre… Les mains se refermèrent alors sur lui.
A son réveil Gunther était dans une cellule.

Noire et sombre, seule une meurtrière en hauteur laissait passer un mince fil de lumière. Un instant il imagina s’accrocher au mur et escalader jusqu’à la sortie mais le mur était trop lisse et son nom de famille par trop mérité. Las, le halfing observa sa geôle. Un endroit exiguë et sale où un lit de paille sale et une gamelle de bois moisi non loin, quelques chaînes aux murs et un os à moelle sans doute apporté là par les rats. La porte était massive, lourde, dans un bois noir. Evidemment, aucune trace de son équipement de soldat dans les environs.
Désemparé, la sentinelle du Mootland posa son fessier sur la paille et réfléchit à un moyen de s’en sortir. Il resta là un long moment à réfléchir sur ses options quand des pas retentirent dans le couloir. La porte s’ouvrir et deux humains larges d’épaule apparurent dans l’encadrement. Ils portaient de lourds gourdins de bois renforcés de métal et ne prirent même pas la peine de se présenter.

-«Ramène toi, le maître veut te parler. »

Gunther serra les dents, conscients de son infériorité. Sans chercher à provoquer plus avant la colère de ses bourreaux, il passa dans un couloir sombre, tout en pierre. Les gardes l’entourèrent pour l’emmener plus loin. Des escaliers permirent d’atteindre l’étage supérieur. Il devait s’agir d’un manoir fortifié à la mode impériale abandonné. Les pièces s’enchaînaient, les rideaux étaient fermés à toutes les fenêtres et sans quelques lumières de lampes à bougies nul n’aurait pu avancer. Les murs de bois et de pierre étaient gris et sales, le mobilier poussiéreux, de-ci, de-là, on voyait des fissures pour parachever le tableau.

Alors qu’ils avançaient, des cris de douleur et des bruits indescriptibles tapèrent aux oreilles de Gunther. Des sons répugnants, évoquant les os brisés et la chair tranchée. Mais quand il passa une large porte, laquelle avait dû être richement décorée il y a bien longtemps.
La pièce était grande, totalement fermée, éclairée uniquement par un gigantesque lustre bardé de centaines de bougies, pendant au-dessus d’une tablée carrée très longue. Deux chaises seulement été placées, chacune à un bout de la table. L’une était vide mais devant se trouvait une assiette pleine de viande saignante, un couteau de repas et un verre en bois. De l’autre, une créature horrible, difforme, qui se servait de l’épée de Gunther pour couper sa viande rouge! Son visage était terrible, grêlé de crevasses et de moisi, de grands crocs dépassaient allègrement de sa bouche et ses oreilles pointues et ne détournaient pas l’attention de sa peau grise.
Les gardes poussèrent la sentinelle vers sa place et le firent s’asseoir avant de quitter la pièce. Les cris et les bruits extérieurs étaient devenus omniprésents. Des sons de mastication, de morsures, des hurlements désespérés et des rires fous. Tout cela venait d’une porte latérale en bois cerclé d’acier.

-«Tout cela était mon idée, vous savez, messire Ventrelarge? »

Gunther leva les yeux de son assiette vers la créature. Il n’osait pas manger, l’appétit coupé par la situation. Le sang et la chair coulaient des lèvres décharnées de son hôte, lequel affichait un large rictus plein de haine. Mais… Cette chose connaissait son nom?! Un des stryganys avait dû le reconnaître…

-«J’avais voulu donner à mes gens un festin de choix… Et j’ai pensé que le halfing accompagné d’humains serait une idée excellente… Saviez-vous que le sang halfing possédait un goût de chair grasse à tomber? Et la chair de commerçant, plein d’épices et de parfums… Je vous en prie, goûter donc…»

Les yeux du captif se révulsèrent d’horreur devant la viande qu’on lui avait servi. Avec mille efforts il articula :

-« Sans… Sans façon… »

Le vampire eut un petit rire de gorge rauque.

-« Je vois, quel dommage… Sans importance toutefois, je ne vous ai pas fait venir ici pour vos capacités gustatives mais pour un ingrédient que vous avez en vous et un autre que je vais vous rajouter… »

La monstruosité coupa un dernier morceau de son plat et l’enfourna avec la gueule grande ouverte. Après quoi il se leva, tout en majesté et se dirigea à pas de loups vers le halfing, laissant traîner ses griffes sur la table et provoquant un son strident.

-«La vie… Et la peur… »

Ecoutant ses instincts, Gunther se saisit d’un couteau et se précipita sur la table. Avec un hoquet d’amusement, le stryge se lança à sa poursuite. Trop grand pour faire de même, il le cherchait avec son bras puissant, seulement pour se le faire percer par le coutelet du halfing. La chose le retira alors avec fureur et, de rage, saisit la table entière à deux mains et la retourna, laissant notre héros coi et perdu.
Lâchant un cri de rage, le stryge fonça droit sur le nabot, qui eut à peine le temps de se saisir d’une chaise renversée et de la pointer devant lui. Le mobilier ne fit pas long feu et retourna à l’état de brindilles en deux coups de griffes. Gunther fût ensuite cueillit par un coup de pied au ventre qui le propulsa contre un mur de la pièce, à côté de l’épée de son père. Le monstre rugit de sa victoire proche.


-« Contemple ta fin et satisfait ma soif! »

Le reste se passa en une fraction de secondes. La sentinelle du Mootland saisit dans sa main la lame bénie. Malgré tout, il était conscient qu’il ne tiendrait pas contre le monstre. Il se releva péniblement, la chose en fit de même et prit ses proportions les plus terrifiantes. Alors, Gunther se souvint de sa passion : le lancer de fer à cheval. Avec l’énergie du désespoir il lança l’épée à l’horizontal sur la chaise du lustre, le décrochant. Le vampire leva les yeux, paralysé par la masse qui tombait puis l’engloutit.
Gunther se leva, récupéra son arme et se dirigea à pas traînant vers la sortie. De lourds coups jaillirent alors :


-«Seigneur, tout va bien? Seigneur! »

Comme si cela ne suffisait pas, un grognement sourd se fit entendre et un bras brisé émergea de sous la lampe et pour couronner le tout la table semblait prendre feu sous les bougies non-éteintes par le souffle... Le soldat du Moot réfléchit à toute allure : à ce rythme il serait pris entre le marteau et l’enclume. Serrant les dents, il ouvrit la porte attenante à la pièce grâce à la clé situé de ce côté de la pièce. Les sons cessèrent quand il ouvrit et des pas hésitants puis des bruits de bouches alléchées retentirent. Les stryganys entrèrent juste après. Saisissant sa chance, notre héros courut entre leurs jambes alors que les goules se jetèrent sur les gardes pour les dévorer. Dans sa fuite, alors que les flammes commençaient à s’emparer de toute la pièce Gunther entendit la voix du vampire hurler de détresse :

-« Non! Vous ne pouvez pas faire ça! Je vous votre maître! Obéissez je vous l’ordonne! Non, pitié! NOOOOOOOOOoooooooooooon!!... »

Personne ne faisait plus attention à la petite forme qui s’échappait dans le dédale des couloirs. Le héros y allait à plein poumon alors que des stryganys commençaient à former une chaîne de seau pour éteindre l’incendie naissant. Une fois dehors, le soldat impérial aperçut le puits utilisé, des femmes prenaient la tête de la file, un rôle primordial. Alors, utilisant sa rage jusque là contenue, Gunther se jeta sur elles et, de la pointe de sa lame, leur perça le ventre, brisant les espoirs des locaux de contenir le feu au sein du château en ruine.
Des cris s’élevèrent, des pierres volèrent dans sa direction alors que des serviteurs du monstre commençaient sa poursuite.
Quelques heures plus tard, Gunther était enfin seul, ayant échappé à ses poursuivants et détruit la demeure de la bête. Seul sur une souche, il reprit son souffle. Baissant son regard, il trouva son arme à sa ceinture.

Il se releva, il avait encore du chemin à faire. Mais nul ne l’arrêterait, car en cette nuit il était devenu Gunther Ventrelarge, défenseur du Mootland et tueur de vampires!
Raël Khem, Maître-d'armes Scythien
Profil: For 12 | End 12 | Hab 9 | Cha 8 | Int 10 | Ini 15 | Att 16 | Par 16 | Tir 8 | NA 3 | PV 100/100
Lien Fiche personnage:

http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... _rael_khem
Equipement:

Compétences:
Compagnon : Aziz, voleur
Profil : For 6 | End 6 | Hab 11 | Cha 7 | Int 8 | Ini 10 | Att 8 | Par 9 | Tir 9 | NA 1 | PV 40/40
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Alicia
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Re: [Concours] Le voyage

Message par Alicia » 01 août 2018, 18:13

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Le Raj de Muraboya.

Il était assis sur une chaise empaillée, à la terrasse, face à la mer, à observer le ciel. C'était peut être sa dernière occasion. Il ne s'était jamais laissé aller à la résignation. Jamais. Mais au vu de ses 80 étés.... Peut être avait il fait son temps. C'est dans le silence qu'il observa le coucher de soleil. L'astre déclinait au dessus de la cité et, à l'extrémité Sud du bazar, le vieillard avait sous les yeux un océan de toits. La cité suivait la courbe de la baie d'un côté de l'estuaire et de l'autre, si bien qu'au delà des maisons, à l'Est, il pouvait voir la mer, la vraie, un mince ruban d'eau bleu sur l'horizon.

Le soleil déclina davantage, une boule orange partiellement masquée par une brume nocturne qui s'était levée sur la mer. Les nuages noirs se paraient d'or et d'argent, de rose et d'orange dans un ciel strié de rouges et d'ors.

L'astre continua de dériver jusqu'à disparaître. Mais au dernier instant, Pratji aperçut un éclair vert. Il sourit. C'était le second qu'il voyait au cours de toute une vie.

Il avait regardé de nombreux couchers de soleil sur la mer pour en voir un à nouveau. Un elfe lui avait apprit qu'il fallait que les nuages soient dans une certaine position dans le ciel et que des conditions climatiques soient réunies. Et même alors, on était pas certain de le voir. Mais ça valait le coup. Et il avait partagé ce dernier secret en bonne compagnie.

Pratj. Un simple artisan qui désirait une vie simple. Aujourd'hui souverain de l'une des plus grandes principautés des frontalières. Craint par ses ennemis, aimé et respecté par ses sujets. Puissant comme nul autre. Resplendissant de gloire. Riche, si ce n'est plus, que les nains les plus prospères. Il avait tout. Et pourtant il souffrait. Le travail de tout une vie, qui lui survivrait des générations après lui, il en était certain. Des incompétents pouvaient prendre sa place, des idiots lui succéder, des intrigants l'assassiner.... Mais son royaume ne reposait pas que sur son souverain. Il l'avait bâti ainsi.

Mais alors, pourquoi malgré cette superbe réussite, dans le tas de fumier qu'étaient les frontalières, pourquoi, sur son trône, devant mille hommes prêts à mourir pour lui, pourquoi son cœur lui était si lourd ? Pourquoi pareille tristesse ? Il n'avait pas toujours réussit, il avait connu l'échec, la honte, le désespoir.... toutes les facettes de l'âme humaine, il les avait connues. Même la mort lui était familière. Tant de fois où il aurait pu mourir. Tant de fois où il a vu ceux qui l'entouraient retourner à la terre. La maladie qui le rongeait depuis des années. Le chagrin qui le suivait depuis le début. Tout ceci lui était connu. Il avait réussi à le surmonter, jour après jour, un pas après l'autre. Mais là... C'était différent. Oui. C'était la fin.

Il regarda le reflet que lui renvoyait le vin dans son verre. C'était celui d'un vieil homme, rongé par la maladie, affaibli, sur le déclin. Il était le plus âgé des lions, mais ses crocs étaient gâtés, ses os pourris et ses yeux lents. Son corps l'abandonnait alors que son esprit tenait. Cruel tour du destin que celui joué à l'homme qui ne pouvait plus se battre alors que son esprit restait celui d'un jeune lion. Était ce ceci que sa fin ? Mourir comme un déchet dans son lit ? Il avait tant accompli. Peut être était il temps de laisser la place à d'autres. Oui. Il devait mourir. Il devait lâcher prise. Se laisser submerger par les sentiments tant refoulés, tenus à l'écart. Il était temps. Cette vieille compagne qui le suivait partout comme son ombre.... Il était temps de l'embrasser. La rejoindre. Il ne l'avait fait que trop attendre. Cette vieille amie qu'est la mort.... Elle lui soufflait à l'oreille...

Grand père ! C'était magnifique !

Sa petite fille l’interpellait. La petite futée avait devinée qu'il ruminait encore de bien noires pensées et faisait semblant d'avoir besoin de ses conseils sur une affaire lointaine. Oui. Une petite futée. Avec elle comme héritière, il pouvait partir le cœur léger. Mais.... De quoi lui parlait elle déjà, avant de venir sur la terrasse ? Ah oui. Le village d'Alynd. Ils y avaient envoyé un marchand. Ou bien était ce un espion ? A moins qu'il ne s'agisse d'un diplomate. Sans doute un peu des trois. Mais pourquoi lui avait elle parlé de ça ? Il avait renoncé à intégrer ce bourg assez prospère à son royaume. Les autres princes de la région auraient été inquiétés qu'il mette la main sur ce hameau stratégique. Donc il s'était contenté de le place dans sa sphère d'influence. Si personne ne mettait la main dessus, tout le monde était content. Et il dirigeait le lieu en sous main. Gagnant gagnant. Mais de quoi parlait elle déjà ?

L'esprit affaibli du vieillard mit un moment à comprendre. Apparemment la bourgade avait été rasée entièrement. Pas de survivants, pas d'esclaves sur les marchés de la région. Que des ruines et une absence de corps. Pas de bâtiments intacts.
Pas des orcs ou des nains. Ils auraient laissés un avertissement. Pas un coup de quelque prince local, sinon son réseau d'espions le leur en aurait averti. Non. Ça devait être un coup d'hommes bêtes. Sauf que l'absence de traces gênait cette possibilité.

Se levant avec difficulté, faisant grincer ses articulations comme les rouages d'une vieille horloge rouillée n'ayant pas été graissée depuis longtemps, et soutenu par sa petite fille qui s'était levée avec précipitation, le vestige de ce qu'il était se faisait traîner plus qu'autre chose, vers la balustrade. Là, en silence, il observa en contrebas son joyau. Muraboya. Il lui avait fallu 10 longues années pour bâtir cette cité. Un bel endroit. Un port bien organisé. Des murs solides. Des aqueducs. Des fontaines publiques. Mais surtout, le bonheur. Il pouvait voir en contrebas le marché de nuit, qui commençait à s'animer, quelques stryganis débutant un spectacle aux côtés de marchands arabéens. Des citoyens qui se joignaient à la fête. Des marchands qui mettaient de nouvelles marchandises sur leurs étaux.... Un clair contraste en comparaison de l'époque où la ville avait été construite, chaque voisin se méfiant d'autrui, armes aux mains, regards furtifs, gardes du corps.... La ville de l'époque était plus proche du camp retranché que de l’Éden qu'elle était aujourd'hui. Même en comparaison des villes impériales les plus prospères, Muraboya ressemblait à un joyau... Une larme de fierté s'écoula d'ailleurs de son œil en repensant à tous ces efforts déployés pour bâtir cette ville.

Des colonnes de marbre, importées des carrières régionales ou de Tilée, des architectes arabéen, elfes ou cathayens, pour bâtir le palais, le parc, les bains, les halles des marchés, les entrepôts, les digues face à la mer, les Zaouïas, les Merdarsas et les nombreux quais... Et puis les ingénieurs nains, venus de Barak Varr pour faire des murs solides, des égouts efficaces et des aqueducs qui tiendraient dans le temps... Heureusement, la plupart d'entre eux travaillaient à prix cassés. Leurs idées étaient trop « nouvelles » pour leurs pairs et ils se faisaient une joie de travailler pour presque rien pourvu qu'ils puissent mettre en pratique leurs idées. Ça a encore plus participé au succès de la ville. 13 000 habitants au dernier recensement, sans compter les paysans des villages alentours.

Les lueurs des patrouilles permettaient également de deviner, dans le lointain, l'un des aqueducs de la ville. Et les moulins dans les campagnes. Oui. Tout ceci était un franc succès. Mais ce village détruit... ça lui rappelait quelque chose.... Harihara lui parlait de patrouilles qui disparaissaient sans laisser de traces. Et leurs équipements ne se retrouvaient pas sur le marché noir. Pas plus que ses espions ne trouvaient les déserteurs. Chaque disparition était un grain de sable qui ne l'inquiétait pas trop mais.... Qu'était il lui même a ses débuts, sinon qu'un grain de sable ? Cessant d'admirer en contrebas le travail de tant d'années, Pratji se fit porter à sa chambre où il congédia ensuite ses serviteurs et la gamine, au visage inquiet. Elle manquait d'expérience, mais elle apprendrait, comme il avait appris.

Se dirigeant avec peine à son bureau, il s'empara d'un nécessaire d'écriture, puis sorti du faux fond d'un tiroir son testament. Il n'avait fait aucun secret sur la personne qu'il avait choisit pour lui succéder, mais on était jamais trop prudent. Il relu le morceau de papier, corrigea quelques passages, hésita un moment, puis apposa son sceau au document. Cela ne lui avait pris que peu de temps, mais c'était fait. Il se sentait étrangement léger maintenant que cette tâche avait été définitivement remplie. Il avait mis sa vie en ordre. Il s'était assuré que tout soit là où il le fallait. Rangea son nécessaire d'écriture. Puis s'empara de sa canne pour aller s'assoupir dans son lit. Un dernier regard au balcon pour observer les lumières de la ville, puis il se retourna et.... Minute !? C'était bien une silhouette qu'il avait vue près des rideaux !? Un assassin ? C'était.... Malvenu. Il s'était imaginé mourir tranquillement. Pas égorgé comme un mouton dans un abattoir.

Je sais que vous êtes là. Montrez vous. ordonna-t-il d'un ton ferme en regardant vers le balcon.
Puis il sentit quelque chose se glisser sous sa gorge.

Bonsoir monseigneur. Je suis la mort et je suis venu vous emmener....

Me tuer au couteau... C'est tellement surfait. Que diriez vous de donner dans l'originalité plutôt ? Je vous défie aux échecs !

La spadassine a un regard amusé. Pourquoi pas ? J'ai tout mon temps. Même si ce n'est qu'une manière pour vous de retarder l'inéluctable, puisque c'est l'évidence que vous allez perdre.

Elle s'installe dans le fauteuil en face de lui et pose le poignard sur la table. Pratj prit les noirs, la couleur favorite de son adversaire, mais tant pis pour elle. En réfléchissant bien à ses coups, le vieillard réussit à prendre une pièce lors de l'ouverture, malgré le fait que son adversaire semble jouer régulièrement à ce type de jeu. Cependant, elle lui lance un regard de mauvais auspice.

La partie se poursuit en silence, tandis que les deux adversaires réfléchissent à leur prochain coup. La partie semblait égale... Ou du moins c'était ce que pensait Pratji, qui ne réalisa qu'un coup moyen à ce moment là. Et ils continuèrent de s'échanger des pièces à un rythme bien lent pendant une heure. Voyant qu'il n'allaient nul part, Pratji commença à se vanter auprès de sa Némésis du nombre d'adversaires de qualité qu'il avait vaincu à ce jeu au cours des années précédentes, ce qui porta ses fruits puisque dans les minutes qui suivirent, sa partenaire de jeu semblait déstabilisée et accumulait les mauvais coups. Tout en prenant l'avantage, Pratji proposa, en cette heure tardive, quelques verres de vin à son invitée. Il n'était pas un grand buveur, mais il avait pour habitude de boire plusieurs verres avant de se coucher, le sommeil devenant parfois difficile avec l'âge.

La proposition fut un autre bon coup puisque l'assassine ne semblait pas tenir le jus de raisin fermenté et, même si elle continuait à lui mener la vie dure, ses coups perdaient en pertinence. Plus tard dans la soirée, elle proposa au souverain de lui accorder sa fille, en échange de quoi elle lui donnerait sa dame qu'elle avait réussie jusque là à garder. Mais un tel marché était tout à fait hors de question, surtout qu'il menait la danse depuis un petit moment. Une heure plus tard, Pratji l'avait à sa merci. Son ennemie n'avait plus que quelques pions en réserve, son roi et une tour. En 3 rotations, il pouvait la vaincre. Il était temps d'en finir. Jouant son roi, il avança celui ci vers son double blanc. Mettant ainsi son propre roi échec et mat.

La spadassine regarda furieusement son adversaire. Quel est le sens de ceci ? Ton cerveau serait il pourri au point de ne plus savoir jouer vieillard !? lui cracha-t-elle au visage avant de, rageuse, faire reculer son roi.

Je te remercie jeune fille. Je sais quelle genre de personne tu es maintenant. Et il est temps pour toi de recevoir ton prix. lui dit il, un sourire énigmatique au visage.

Tu te moques. Que prépares tu ?

Il n'y a aucun piège. Je suis vieux. Faible. Fatigué. rajouta-t-il avec un sourire peiné, laissant transparaître, pour une fois, sa réelle fatigue, celle qu'il avait caché à tous, y compris sa propre famille. Le sang de son sang. Ta lame est pour moi une délivrance. Cependant. Il semblerait que vous aimiez les défis. Alors je vous en donne un autre, à la hauteur de vos talents. Passer mes gardes et pièges sur la façade que vous avez escaladée n'était pas simple. Mais encore plus ardu... Garder en vie la personne que j'ai choisie pour me succéder sera bien plus difficile. Qu'en dis tu, elfe ?

La spadassine retira lentement sa capuche pour révéler son visage au vieillard puis opina de la tête, acceptant les termes de ce vieux fou qui pensait qu'elle allait lui donner une mort facile. Ou du moins c'est ce qu'elle pensait, avant qu'il ne boive un verre de vin et ne lui adresse un sourire étrangement figé. Se rapprochant avec prudence, elle prit le pouls de l'homme. Mort. Il s'était empoisonné lui même et était mort sous ses yeux. Le chien ! Il l'avait eue. Et par deux fois !Elle allait soutenir le défi de cette vermine et lui montrer que rien ne pouvait résister aux sylvains. Nul ne peux se soustraire à leur justice. Surtout lorsque l'on nuit à leurs forêts comme ce vieux schnock...



Dix ans déjà.... Le temps filait comme la pluie pour les elfes, mais ça... Lorsqu'elle avait acceptée, par pur défi, de protéger la rani succédant à ce vieux salopard de Pratji, elle n'avait eu aucune idée de ce dans quoi elle mettait les pieds. Certes, ses débuts avaient été difficiles. Travailler avec une personne qui avait été, en effet, chargée de tuer votre grand père adoré, c'était pas simple. Mais le pire avait été à venir. La gamine était un vrai aimant à emmerdes. Tout ce que les frontalières comptaient de mouches s'était soudainement mis à voler autour de la souveraine et, bien qu'elle soit capable, la spadassine avait de plus en plus de travail avec les années. Elle avait même manqué de mourir plus d'une fois ! Mais elle tenait le coup. Sa fierté était trop grande pour qu'elle lâche l'affaire. La rani mourra dans son lit, à un âge avancé, avec sa famille pour la pleurer. Mais pas avant. Oui. Il n'était pas dit qu'elle allait perdre son « pari » avec un hum. Elle en serait déshonorée.

C'était vraiment une sylvaine particulière que celle ci. Haïssant les autres races plus que tout autre, mais prête à mourir par fierté pour sauver le cul d'une fiente d'oiseau juste pour prouver qu'elle était la meilleure. Était ce cela l'orgueil ? Ci c'était le cas, elle en était un véritable parangon.

Chefs mercenaires, comptables, balayeurs, rats, chats, mouches.... Le danger était partout. En seulement dix ans, elle avait eu à tuer plus que durant ses dernières 300 années. D'abord il y avait eu ses employeurs qui avaient exigés la tête de la rani. Ça lui avait coûté de mettre en rogne des gens puissants. Mais ce n'était que des hums. D'ici un ou deux siècles ils l'auraient oubliée. Non, par contre les rats qu'elle tuait sur le pas de la porte, presque un par mois, étaient usants. Ces vermines étaient comme le miel. On adore les tuer, mais quand on en prend trop, on s'en lasse et ça devient écœurant. Mais le pire était que le rythme s'accélérait. Depuis que la nouvelle suzeraine avait nettoyée par le feu et le fer la ruine qu'était ce bubon dans la pampa de village d'Alyn. Ça grouillait de rats. Les mercenaires embauchés pour l'occasion avaient été décimés et il avait fallu littéralement couvrir d'or les princes de la région pour les convaincre d'aller au casse pipe avec la rani. Puis il avait fallu casser du peau verte juste après. Puis du rat l'année suivante. Et encore du rat. Et encore. Et encore. Et encore.... Les rongeurs avaient fait une fixette sur la zone. A cause de cette saloperie de minerais qu'est la malepierre. Apparemment il y en avait plein dans les environs des ruines. Et ça attisait les envies. Orks, princes pouilleux, rats, non morts... Toutes les saloperies que les frontalières accueillaient avaient tournées leur regard vers l'ancien bourg...

Regardant le coucher de soleil, la spadassine admirait la vue. Des dizaines... Non. Des centaines d'embarcations brûlaient dans la baie. La fumée des incendies était balayée par les vents vers le large tandis que les milliers de corps bectés par les mouettes, boursouflés qu'ils étaient par l'eau, se déversaient sur les docks et les plages. Il y allait avoir de nombreux feux ce soir. Les murs avaient tenus bon, les digues et brises lames avaient été meurtriers, les mines s'étaient révélées être de vrais engins de mort... Oui. Ç'avait été un beau feu d'artifice que cette flotte d'hommes rats. On avait même presque pas eu à les combattre sur les rivages. Massacrer leurs copains peaux vertes sous les murs avait été un poil plus compliqué. Puis les mercenaires norses qui avaient tournés leur veste en plein combat aussi. Il y avait eu ce norse couvert d'écailles là... Elle s'était bien amusée avec lui, et elle aurait pu continuer s'il ne s'était pas fait exploser avec son explosif nain là... En tout cas, cette ville.... Muraboya... Était très intéressante. Chaque jour était différent, et, bien que les rats soient écœurants tant ils étaient devenus communs, l'endroit ne perdait pas de son charme. Juste un peu moins de vermine humaine, plus d'arbres, et il pourrait être parfait. Mais elle interrompit ses pensées, Khaine allait être honoré encore de nombreuses fois cette nuit, et elle avait une personne à maintenir en vie.....
Alicia, voie du répurgateur

L’innocence ne prouve rien.

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Re: [Concours] Le voyage

Message par Mélétê » 02 août 2018, 00:59

Pendant Invasion, Montagnes du Bord du Monde.

Le fortin du capitaine Gylfi Arekson gardait la passe des Pics Jumeaux depuis des millénaires avec la même imperturbable majesté. Edifice de pierre brune bâti à flanc de montagne, surplombant le défilé en dessous barré par deux murailles consécutives espacées de cinquante-trois coudées exactement selon les savants calculs de Badrak Hidrisson qui, en son temps, avait estimé cette distance comme la plus adéquate à l'érection de cette singulière fortification, le Kazad s'était couvert d'un épais manteau blanc ces derniers jours. « Plus tôt que prévu... » avait-on dit avec une lueur d'inquiétude dans les yeux. En effet, tout un chacun savait qu'un hiver précoce poussait les hordes de peaux-vertes à de plus lointaines excursions, n'hésitant pas à investir le pré carré des nains des Montagnes du Bord du Monde, quand ce n'était pas les Ogres affamés en maraude qui tentaient de trouver de quoi subsister jusqu'à la saison nouvelle. Pourtant, on comptait sur les doigts d'une seule main les fois où le fortin avait failli à sa mission de sauvegarde de la passe depuis les débuts de la Reconquête et Gylfi Arekson pouvait s'enorgueillir que ce ne soit même jamais arrivé sous son commandement.

En chemin pour prévenir le roi Kazador Cordetonnerre, le ranger Bedrid avait fait une halte aux Pics Jumeaux la veille au matin avant de poursuivre sa route dans les montagnes, désolé de constater qu'ici aussi l'Ungdrin Ankor n'était plus praticable. Les nains de Gylfi avait bien tenté, des décennies durant, de remettre en état les voies secondaires à leur charge mais il était toujours resté une portion impraticable du fait de l'apparition d'une série de crevasses infranchissables sur plusieurs centaines de mètres. Alors, peu à peu, ils abandonnèrent l'idée de restaurer les galeries vers le « Pic de Fer ».

Bien sûr, aucun nain n'attendait de renforts pour la bataille qui s'annonçait. Les autres fortins étaient bien trop éloignés et le temps qu'ils soient prévenus et viennent prêter main forte, les Urks et les Grobis auront été massacrés... ou ils auront eu raison de la farouche résistance du Kazad. On savait pertinemment que le rôle du fortin était de contenir les Peaux-vertes le temps de permettre à Karak Azul de se préparer à repousser la menace quand elle serait à ses portes. La survie des cités du sud en dépendait peut-être et la liste des outrages que le peuple nain avait subis ne devaient pas être allongée par la perte de Karak Azul ; l'honneur était en jeu !

Pourtant, il fallait bien avouer que l'inquiétude était palpable : les conditions climatiques n'étaient pas bonnes et il faudrait des jours à Bedrid avant de parvenir à son but... si tant était qu'il y parvienne. En effet, on avait entendu les aboiements gutturaux des Urks et les ricanements inquiétants des Grobis pendant des heures tout autour du Kazad ; nul doute qu'ils avaient repéré sa piste et envoyé certains des leurs à sa poursuite pendant que les autres s'affairaient à préparer l'assaut de la forteresse qui les empêchait encore d'accéder plus loin.

Imperturbable dans le vent glacé qui balayait les environs depuis des heures, Gylfi Arekson se dressait sur les remparts qui barraient la passe, fouillant du regard les pentes en contrebas, inquiet de voir s'assombrir la neige immaculée de dizaines puis de centaines et enfin de milliers de petites formes noires qui montaient vers eux.


- Nous y voilà, Turok... Encore une fois, nous y voilà. souffla le capitaine au longue-barbe qui se tenait à ses côtés dans la même posture que la sienne, pareil à une majestueuse statue.
- Oui, capitaine. Nous y voilà. Mais ils sont plus nombreux que jamais ; au moins à un contre dix, m'est avis.
- Réunis tes nains, mon ami, et soyons prêts,
se contenta de répondre Gylfi.

Il savait que Turok Lourdmarteau avait volontairement fait une estimation optimiste des forces en présence et il n'ignorait pas que les nains seraient plus proches d'un affrontement à un contre vingt qu'à un contre dix. Malgré la situation, qui en aurait affolé plus d'un, Gylfi Arekson restait stoïque face au déchaînement des Peaux-Vertes qui s'agglutinaient de plus en plus nombreux au bas de la passe faisant résonner les Pics Jumeaux de leurs cris rauques exhortés en cela par leurs chamans en transe.


-----
Tout était perdu, Gylfi Arekson le savait aussi bien que la poignée de survivants affairés à défendre encore et toujours la passe face à la marée verte qui remontait inlassablement vers eux depuis deux jours. Ils n'étaient plus à un contre dix maintenant, ou un contre vingt mais bien à un contre cent et ça, même pour des nains aguerris comme ceux du Kazad des Pics Jumeaux, c'était par trop déséquilibré. Beaucoup avait péri pour défendre les royaumes nains des Montagnes du Bord du Monde, massacrés par les Urks et les Grobis pour que perdure la nation naine, foulés au pied par des hordes sauvages infatigables pour offrir le temps nécessaire à la riposte de Karak Azul et du Throng de Kazador Cordetonnerre. Ils avaient offert deux jours de répit supplémentaires aux leurs pour que cette immonde Waaagh! puisse être contrée et mâtée ; il en allait de l'honneur des Nains. Le « Dammaz Kron » était déjà bien trop garni pour y ajouter une rancune de plus : cette fois, les Nains dans leur ensemble devraient vaincre ou périr.
A la pensée de tout ce bon sang nain versé ces derniers jours et de tout celui qui coulerait dans les jours à venir, les yeux du capitaine Arekson s'embuèrent pour la première fois de son existence ; il craignait qu'après lui ne disparaisse son peuple.
Le vieux nain serra les poings ; il n'avait pas dit son dernier mot.
La tristesse se mua en colère.
Il lui restait encore une carte à abattre avant de trépasser avec les siens.
La colère devint rage.
Il existait dans les méandres souterrains du fortin un secret qui ne se transmettait que de capitaine à capitaine.
La rage amena la détermination.
Un secret si jalousement et bien gardé que même les rois de Karak Azul l'avait toujours ignoré. Aujourd'hui ce secret allait se révéler au monde et réduire à néant les ardeurs peaux-vertes. Il aurait un si grand retentissement que tous les royaumes nains, même les plus lointains, chanteraient son histoire pour les siècles des siècles.


- Tenir et périr, mes frères ! hurla Gylfi Arekson en levant sa hache au-dessus de la mêlée depuis le second rempart toujours debout.

Son appel trouva un écho grondant de la part des nains massés en dessous acculés à la muraille par la masse d'Urks et de Grobis déchaînés. Le premier rempart avait cédé une heure auparavant sous les assauts répétés de kamikazes Grobis possédés par la puissance de la Waaagh! et se jetant contre la pierre dans une série d'explosions sourdes, de gerbes d'étincelles crépitantes et de flammes phosphorescentes. Quand la brèche avait été ouverte, les Nains n'étaient plus qu'une centaine à tenir la passe. Ils étaient moins de quarante, maintenant, et il en tombait un à la minute ; dans quelques instants ce serait la fin du Kazad des Pics Jumeaux. Gylfi devait agir au plus vite...

Le vieux nain courait à perdre haleine dans les salles du fortin, cherchant mentalement le chemin le plus rapide pour atteindre la pièce secrète où il pourrait déclencher le piège qui dormait depuis des siècles attendant ce jour où il n'y aurait plus que ce dernier recours pour sauvegarder le peu qui restait encore à sauver. Essoufflé comme rarement il l'avait été durant sa longue vie, Gylfi ne s'arrêta pas plus de quelques secondes face à la porte de bois à toutes les autres pareille afin de ne point éveiller les curiosités. Il tira de ses vêtements une clé d'argent et actionna le verrou qui émit un claquement sonore angoissant. Le capitaine Arekson était déjà venu plusieurs fois ici admirer la belle mécanique et s'assurer du parfait état de la machinerie, allant jusqu'à graisser et dégripper le plus petit des rouages car trop conscient qu'il était de la lourde tâche qui risquait de lui incomber un jour tout en espérant que ce dernier n'arrivât jamais.

Et pourtant, ce jour tant redouté s'était levé sous sa gouvernance et il s'apprêtait, maintenant, à faire son devoir : il n'y avait plus d'autre alternative. Gylfi Arekson posa sa main gantée sur le levier qui actionnerait tous les engrenages dans un ballet savamment orchestré par son concepteur de génie, et hésita. Il n'y avait, à cet instant, plus rien pour le retenir mais il hésita comme arrêté dans son élan par le poids immense des responsabilités qui s'abattait sur ses épaules en ce funeste moment. Un lourd soupir plus tard, il abaissa la manette et les engrenages s'activèrent : le dernier coup de Gylfi Arekson venait d'être joué.

Il eut une pensée pour tous ces courageux nains qui se battaient encore au dehors et son cœur se gonfla de fierté : il mourrait à leur côté !
Rebroussant chemin vers la surface aussi vite qu'il était descendu dans les souterrains, le capitaine de ce qui avait été le Kazad des Pics Jumeaux courait au devant d'une mort certaine le sourire aux lèvres et les yeux pétillants. Arrivé sur la muraille, il constata avec effroi que ses frères n'étaient plus qu'une vingtaine adossés les uns aux autres et encerclés de toute part par une véritable marée verte. Alors, hurlant à gorge déployée, le vieux nain bondit dans la mêlée depuis le rempart abattant sa hache sur ses ennemis à peine conscient de sa présence. Son action fut accueillie par des hourras et redonna du baume au cœur des derniers combattants. Comme un seul nain, ils se jetèrent avec la force du désespoir sur les Urks et les Grobis qui passaient à leur portée conscients qu'il s'agissait certainement de leurs derniers moments sur les terres du Vieux Monde.

Au cœur de la montagne, une série de détonations sourdes suivies d'un grondement rauque se firent entendre et le sol en fut ébranlé. Cet événement inattendu stoppa la ruée des peaux-vertes soudain inquiets. Déjà, les plus clairvoyants et les moins courageux détallaient sur les pentes enneigées. Quelques instants plus tard, le sommet d'un des deux Pics Jumeaux se détacha dans une volute de neige et dégringola de toute sa hauteur sur la passe en dessous, la seconde suivante ce fut l'autre pic qui s'effondra dans un vacarme assourdissant.


- Tenir et périr, mes frères !

Les derniers mots du capitaine Gylfi Arekson ne furent jamais entendus car, immédiatement après, une avalanche de roche, de terre et de neige comme jamais les Montagnes du Bord du Monde n'en avait connue depuis le Temps du Malheur s'abattit sur le Kazad des Pics Jumeaux et la passe qu'il défendait, engloutissant à tout jamais les nains qui y avaient vécu et combattu, ainsi que les hordes d'Urks et de Grobis venus les défier sur la route de Karak Azul, jusque au bas des vallées encaissées qui disparurent en quelques minutes.

Le lendemain, les Pics Jumeaux n'étaient plus, le Kazad et la passe avaient disparus et les vallées en contrebas n'étaient qu'un amas de roche et de terre. Déjà la neige recouvrait tout de son blanc manteau... et Bedrid, le ranger, atteignait enfin Karak Azul.
Mélétê, bandit de grand chemin.
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Re: [Concours] Le voyage

Message par Cedrec Wartz » 02 août 2018, 19:02

Point du vue d'un collègue de Vil durant :viewtopic.php?t=6338

On disait qu’il y avait en ces lieux tout le futur d’Altdorf et je le voyais de mes yeux.
En des circonstances ordinaires, je pense que je n’aurais pas pu m’empêcher d’être flatté de côtoyer le « gratin » de l’Empire.
Mais voilà, nous n’étions pas dans des « circonstances ordinaires », et si seulement la moitié des rumeurs que l’on pouvait entendre des commères étaient vraies, ma présence ce soir était indispensable et je n’allais pas refuser au chef mon aide.

Le chef, ça faisait déjà des années qu’on bourlinguait, qu’on accomplissait les missions sans pitié ni morale. On a bien tenté de nous menacer, de nous acheter lorsque nos cibles se retrouvaient en pleine lumière et qu’elles ne pouvaient nier leur allégeance, tentant n’importe quel moyen de s’en sortir. D’autres se rebiffent et tentent de s’échapper ou de nous combattre. Mais, quelle que soit la façon dont ils réagissaient, nous avions toujours la même attitude : un mépris total envers ses demandes, car nous servions quelque chose de supérieur à tout bien matériel.
Je commence à réciter mentalement mon mantra :

« Nous sommes les Protecteurs de l’Empire, ceux qui l’empêchent de succomber aux Puissances de la Ruine et à ses serviteurs cachés au sein de l’Empire, qui l’affaiblissent avant de lui porter un coup fatal. »

La menace rampante, insidieuse du Chaos, voilà ce que nous traquons. Les maisons, les caves, les salles secrètes sont nos champs de bataille, les chuintements de nos lames sont nos chants de guerre, s’infiltrer chez nos cibles est notre plan de bataille, frapper quand ces dernières s’y attendent le moins est notre stratégie.

Et ce soir, nous sommes réunis en cette salle, grimés sous l’apparence de domestiques, avec de sublimes masques, comme tous ceux présents, afin que personne ne puisse voir le visage des invités, excepté celui du sculpteur et du pourvoyeur de vin.
Depuis les années où nous travaillons ensemble, on connait parfaitement la façon dont on doit s’organiser. Lui à l’entrée, l’un de nous à l’extérieur pour rameuter la garde qui réalisera son coup de filet et le reste sera réparti dans la salle où tout allait se jouer.
Chacun disposait de son équipement habituel, je visualisais où Vil avait mis ses pistolets et sa traditionnelle dague dans sa gaine de botte. Je n’appréciais pas cette méthode pour cacher son arme, mais il s’avère que c’est la plus discrète.

Vil nous fit alors un signe pour que tout le monde aille à son poste. Je sentais le poids des pistolets contre mon corps et m’approchai lentement de mon point d’observation. D’ici, je pouvais voir la fête et ses participants.
Enfin, si l’on pouvait considérer cela comme une fête puisque personnellement, je n’y voyais que débauche. Les libations coulaient à flots, les invités se tournaient autour comme une bande de loups autour d’un troupeau et, en plus de ça, l’on pouvait voir les domestiques apporter des verres qui, à mon avis, ne contenaient pas seulement du vin. C’était surtout une impression, mais il fallait attendre que Vil donne le signal, pour le moment, ce n’était après tout qu’une bande de jeunes s’amusant. Une bande de jeunes qui bientôt, aurait le sort de l’ Empire entre leurs mains, mais une bande de jeunes tout de même.

Il me faut me ressaisir, je ne suis pas là pour penser à leur futur. Ils sont prêts à trahir l’Empire simplement pour une gorgée de vin doux, un furtif baiser ou quelques miettes de gloriole, et ce en toute insouciance. Qu’ils le veuillent ou non, ils ont déjà fait leur choix et l’ignorance n’est pas une excuse, jamais, et encore moins en ces périodes troublées. Qu’ils le sachent ou non, leur mort est déjà actée.
Vil serait d’accord avec mes réflexions, c’est lui qui nous a appris ce mode de pensée, depuis nos premières missions et nos hésitations. Nous faisons ce qu’il y a à faire pour la survie de l’Empire, quelles que soient les cibles, paysan et mendiant ou Comte Electeur, nul n’échappera à sa sentence.

Je continue à observer les cibles échangeant quelques pas de danse, les jeunes femmes, derrière leurs masques évoquant des oiseaux exotiques, les jeunes hommes cachés sous des masques de prédateurs. Certains convives se rapprochaient d’un tonnelet de vin, proche de ma position, suffisamment proche pour que je puisse surprendre des bribes de conversation.
Ils évoquaient un vin exquis, auquel, lorsqu’était mélangé certains ingrédients, rendaient le cocktail et la soirée bien plus intéressants. Ils s’éloignèrent, m’apprenant rapidement l’arrivée d’un colis envoyé par une certaine « Red Karla » et qu’ils avaient hâte de prendre connaissance de son contenu.

Les danseurs tournoyaient tandis que j’attendais toujours le signal. Mais que fabriquait donc Vil ? Il était clair qu’il y avait des choses troublantes dans cette soirée et qu’il fallait immédiatement y mettre un terme. Cette attente m’était insupportable, mais il fallait attendre, absolument. Après tout, Vil savait ce qu’il faisait. Mais attendre en contemplant cette danse et cet amusement insouciant me rendait irritable.
Ronger son frein, attendre à tel point que les danseurs finirent leurs derniers pas et se dirigent vers les tonnelets de vin, les voir se diriger vers une porte au fond, au point de rester seuls dans la salle, avec mes collègues et mon chef.

Soudain, je vis Vil s’avancer au centre de la pièce, pour que nous puissions le voir et il fit un signe que nous étions désormais habitués à voir. Le tranchant de la main droite au niveau du cœur, son majeur plié vers le sol.
Nous nous sommes approchés de lui et il nous indiqua alors pourquoi il avait attendu aussi longtemps.

« Ils étaient situés dans plusieurs salles, celle-là étant désormais déserte, ils auront moins de chances de nous échapper. Les salles restantes sont sans échappatoire et la surprise les empêchera de se frayer un chemin vers la sortie. Dans le cas où certains y parviendraient, ils tomberaient sur la garde a à l’extérieur.
Vous connaissez les ordres. Puissent l’Empereur et Sigmar veiller sur nous. »


Enfin, l’ordre était donné. Le juste châtiment de l’Empereur tomberait sur ces pauvres ignorants. Mais nous n’avons pas le choix, il nous faut être inflexibles pour que l’Empire survive. Une fois cet épisode passé, il n’y a que peu de doutes que les nobles pleureront leurs héritiers décédés, mais ils n’oseront rien faire contre nos mandataires. Trop lâches pour risquer de perdre leurs privilèges, trop honteux de savoir que la chair de leur chair avait embrassé la cause de la Ruine.

« Nous sommes les Protecteurs de l’Empire, ceux qui l’empêchent de succomber aux Puissances de la Ruine et à ses serviteurs cachés au sein de l’Empire, qui l’affaiblissent avant de lui porter un coup fatal. »

Nous nous avançons vers la porte, de laquelle certains bruits étouffés nous parviennent. Tout notre groupe commence à sortir ses pistolets, les soupeser et a vérifié leur fonctionnement. Chacun regarde les autres, tentant de visualiser où se trouvent les yeux sous les différents masques. Puis, Vil ouvrit la porte et la vision qui s’ensuivit nous emplit d’horreur.

C’était indescriptible, les corps se mélangeaient les uns aux autres, on ne pouvait distinguer quels membres appartenaient à quels corps. Les bruits auparavant étouffés nous frappèrent et je pouvais déjà sentir mes camarades ainsi que Vil réprimer la vague de dégout qui les envahissaient. On distinguait au loin un tas amorphe de vêtements. Chaque visage avait, détail effrayant, gardé son masque, semblant vouloir masquer à tout pris son humanité.

Quelques personnes observaient la scène, en échangeant des commentaires moqueurs ou, pis encore, qui semblaient être affamés, assoiffés et voulaient se repaître du spectacle sous leurs yeux.
Au fond de la salle, l’on distinguait deux portes qui semblaient fermées.

Nul ne nous avait remarqués, tous étant concentrés sur l’horrible spectacle qui se déroulait sous nos yeux. Je vis Vil lever son pistolet et tirer.
Un coup assourdissant, réduisant pendant quelques secondes les bruits abjects au silence, silence suivi d’un bruit de chute.

La purification avait commencé. Nous avons levé nos pistolets et l’avons dirigée vers la masse grouillante qui nous faisait face. Des hurlements de douleur, de terreur se firent entendre, cette orgie démoniaque s’interrompant et chacun tenta de s’échapper dans l’espoir de sauver sa vie. La masse grouillante se réduisit petit à petit et le sol, devenu écarlate à cause du sang libéré, fut petit à petit caché par les corps désormais sans vie.
Les hurlements furent peu à peu remplacés par des pleurs, des menaces et des vaines tentatives de nous acheter. L’un nous proposait de multiples bourses remplies de couronnes d’or, l’autre nous proposait des terres et des domestiques, le dernier nous menaça de nous faire écarteler. À chaque fois, notre réponse fut limpide et un nouveau corps rejoignait ceux présents à terre, un trou sanglant entre les deux yeux.
Tout était désormais fini, mais, par précaution, il nous fallait inspecter les portes fermées au fond. L’une dut être brisée pour nous laisser voir quelques tonnelets appartenant au Héron d’or, comme le laissait entendre le sigle dessus. L’autre porte s’ouvrit facilement et rien d’important ne fut remarqué.

Tandis que les autres commençaient à se rassembler, j’entendis au loin un bruit indistinct, une sorte de pleurs ou de rire. Visiblement, certains nous avaient échappés et j’étais décidé à purger cet endroit, malgré la pénurie de balles dans mes pistolets.
Je me dirigeais dans un couloir où le bruit semblait provenir de partout autour de moi et sortis finalement mon couteau. Soudain, je sentis une présence derrière moi et au même moment, une main se posa sur mon épaule. Je réagis immédiatement et ma lame se posa sur le cou de celui qui m’avait surpris … de Vil. Il m’avait vu m’éloigner et visiblement, il souhaitait également régler cette histoire définitivement.

Il commença à scruter minutieusement les murs du couloir et s’arrêta au bout de quelques minutes devant un pan de mur en tout point semblable aux autres. Il s’accroupit devant et me cacha ce qu’il fit. J’avais entière confiance en lui, mais cet endroit ne m’inspirait guère confiance. Il se releva et le pan se déroba, nous dévoilant un passage suffisant pour permettre le passage.
Une fois arrivés au bout, nous fûmes stoppés par une porte, qui s’ouvrit en douceur, non fermée. Le bruit était bien plus sonore et provenait sans contestation possible de cet endroit.

« Nous sommes les Protecteurs de l’Empire, ceux qui l’empêchent de succomber aux Puissances de la Ruine et à ses serviteurs cachés au sein de l’Empire, qui l’affaiblissent avant de lui porter un coup fatal. »

Nous vîmes alors un spectacle terrifiant. Si l’orgie précédente nous avait dégoûtés, il nous fallut toute notre volonté pour ne pas vomir.
La pièce était vide, le parquet d’une couleur rougeâtre, à l’exception d’un lit, sur lequel se trouvait une personne, sans son masque qui riait à gorge déployée ou pleurait, il était impossible de le définir, ses yeux étaient grand ouverts et nous fixaient sans nous voir. Autour s’étaient réunies quatre personnes, penchées sur lui, nous empêchant de voir à partir de son sternum et ces quatre personnes, dénudées, portaient chacune un signe hérétique.
Et, en regardant le sol, je me dis soudainement que le bois du parquet n’était pas aussi rouge à cause d’un simple bois exotique, mais à cause de quelque chose de bien plus sinistre.
Au moment où je me faisais cette réflexion, les individus se tournèrent vers nous, nous dévoilant l’atroce image des entrailles vidées de celui présent sur le lit, de morceaux de chair ôtés de ses jambes et les tâches sanglantes autour de leur bouche. Visiblement, le fou avait été drogué pour qu’ils puissent réaliser leurs sinistres besognes.


Ils se ruèrent sur nous et tentèrent de nous mordre. Le combat dans cette petite pièce allait être complexe, mais nous avions l’habitude de ce genre d’exercice. Vil partit vers la droite tandis que je retenais les deux autres adversaires, faisant des feintes, leur infligeant des estafilades sanglantes qui venaient-elles aussi abreuver le parquet, les bruits du fou ponctuant notre combat
Vil s’en sortaient magnifiquement, de mon côté, c’était moins glorieux. J’arrivais à leur infliger de petites blessures, mais cela ne suffirait pas. Soudain, l’un d’eux me mordit à pleines dents au bras gauche. Hurlant de douleur, je parvins à lui plonger le couteau dans la gorge.
Il s’effondra alors, emportant mon couteau avec lui, me laissant seul et sans arme contre la seconde abomination qui fonça sur moi. Je parvins à l’éviter, mais je savais pertinemment que je ne tiendrais pas suffisamment longtemps. Je jetai un rapide coup d’œil à Vil qui avait également abattu l’un de ses assaillants, mais lui, contrairement à moi, avait toujours son couteau.
Il me fallait gagner du temps.
J’esquivais, préférant garder mon énergie pour gagner le plus de temps possible que pour tenter un corps à corps qui était clairement à mon désavantage. Le sang de ma blessure coulait suffisamment pour rendre le sol glissant et je faillis plus d’une fois trébucher, ce qui aurait signé mon arrêt de mort.
Vil venait de finir son assaillant, mais il devrait reprendre son souffle avant de m’aider et, voulant tenter une nouvelle esquive, mon pied glissa sur l’adversaire terrassé auparavant. L’abomination se jeta sur moi et je parvins à mettre in extremis mon bras entre sa gueule et mon visage. Hurlant de douleur tandis qu’il me broyait l’os, je sentis soudain une résistance moindre de sa gueule puis sentit un poids supplémentaire. Je vis ensuite Vil qui, son masque enlevé me fit un sourire et m’aida à me relever, tout en reprenant mon couteau. IL jeta un regard au fou sur le lit, se dirigea vers lui et lui trancha la gorge. Son gloussement, ou ses pleurs s’éteignirent.

Nous retrouvâmes les autres puis, une fois réunis, Vil me fit prendre rendez-vous chez le médecin le plus proche, tout en nous félicitant pour la mission accomplie sans heurts.

Je me répétais une dernière fois mon mantra :

« Nous sommes les Protecteurs de l’Empire, ceux qui l’empêchent de succomber aux Puissances de la Ruine et à ses serviteurs cachés au sein de l’Empire, qui l’affaiblissent avant de lui porter un coup fatal. »

Lorsque soudain, une petite voix toucha mon esprit :
« Un nouveau culte en moins. Félicitations, tes chefs seront fiers, mais Ton Maître l’est encore davantage. »
Cedrec Wartz, Voie du Serviteur de Nurgle
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Re: [Concours] Le voyage

Message par Goraxul » 02 août 2018, 21:52

Ceci est une histoire qui m'a été inspiré par La fin d'un monde, un texte de la Norsca.
Certaine note seront inséré dans le texte afin d’être lu au bon rythme pour aller avec la musique d’ambiance.
Bon voyage

------======MUSIQUE D'AMBIANCE (TRÈS IMPORTANTE)=====-----




Une grande plaine poussiéreuse défilant à toute vitesse. Des cavaliers chevauchant l’inconnue vers l’Avenir. Le lourd bruit des sabots frappant le sol de granit sous un ciel menaçant d’éclater dans cette tempête divine. Les maîtres arrivent sur le dos de leurs monstres cauchemardesque. Fuyez, fuyez! FUYEZ! PRIEZ LES SEIGNEURS! Armes tranchantes et esprit sanguinaire! Ils veulent votre chaire! J’AI DIT FUYEZ!!!




-------------------------------------------------------Guitare-------------------------------------------------------




Loin du sol, filant à toute allure, une chose anciennement humaine vêtue d’une grande toge nacrée reflète le ciel et observe le défilé devant ces yeux. Debout, contre le vent, navigant sur les courant magique et les vagues éthearétique, le cataclyste effervescent surf les désolations sur le dos de sa créature maudite aplatie tel un disque céleste et surplombe l’amas informe de suivants du chaos se dirigeant dans la même direction. L’Empire. Le destin de l’Architecte est clair, les jours qui s’en viennent seront les nôtres, il ne restera plus qu’un monde en cendre et les Dieux en seront ravis. PRIEZ, PRIEZ MES FRÈRES!





/////////////////////////////////////SLIDE DE GUITARE////////////////////////////////////////////////




Devant lui, une marée du guerrier, de muscles et de fer. Les hurlements des hommes chantent en canon asynchrone la tombée du Vieux Monde, les cavaliers noirs tentant de retenir leurs bêtes frénétiques pour ne pas se retrouver seuls au front. Les rugissements des créatures ailées virevoltantes dans les cieux. Chariots pointus tirés par chevaux noirs laissant dans leur sillage sang et terreur. Le chemin est tracé, les démons sont avec nous, aucune chance que cette guerre n’échoue. Il nous faut courage et VIOLENCE! C’est avec le SANG et les CRÂNES que nous répandrons la bonne nouvelle, les Dieux de la ruine sont MAGNIFIQUES! ET ILS NOUS AIMENT! Que le ciel soit rouge ce soir, car nous mangerons de l’impériale! AVEC MOI MES FRÈRES, AVANCERONS ET DÉTRUISONS CES INFIDÈLES! DU SANG POUR LE DIEU DU SANG, DES CRÂNES POUR LE TRÔNE DE CRÂNES!



-------------------------------------------------------SOLO-------------------------------------------------------




Derrière lui, les aberrations, les mutants, les choses sans nom. Pourvoyeur de frayeur et glaceur de sang. Buveur de rêves et mangeurs d’âmes répondaient à l’appel sacré de la RUINE. Chitine et carapace, pince et mâchoire mortelle. Les mortels pleuraient leur défaite future devant l’avancement de cette armée. Les enfants bénits rejoignaient enfin le convoi. Sans savoir comment ni pourquoi, tous étaient en marches dans ce désert épineux et voyaient la fin des temps approchés!





-------------------------------------------------------SUR LES PAROLES-------------------------------------------------------




Haut dans les cieux,

les grand et majestueux,

les enfants du grand et sacré Galrauch.

Voguant entre les nuages

Répandant la mort

Leur esprit est vil et dan-ge-reux.




-------------------------------------------------------Guitare-------------------------------------------------------

Sortis des forêts corrompues, les hommes bêtes menaient les troupes. Animales et sauvage, sanguinaire et sans pitié, armée de branche et d’acier, commissure aux lèvres et yeux injectés de sang, les troupes parfaites pour tuer. Il n’attendait que le signal des dieux pour ouvrir le chemin dans les contrées civilisée, remplie de païens et d’hérétique. Le sang serait répandu ce soir. LE SANG DES FOUS, LE SANG DES SOTS! N’ATTENDEZ PAS LE DESTIN, CAR IL VOUS OUBLIERA DANS LA BOUE!

-------------------------------------------------------Slide de guitare-------------------------------------------------------

Des milliers d’hommes, des marées de troupe, une vague de corruption et une éternité devant nous. Mais pas pour eux. Pour eux la mort.

-------------------------------------------------------Sur les paroles-------------------------------------------------------

PERSONNE NE NOUS PRENDRA VIVANT

LE TEMPS EST VENU POUR TUER

NOUS ALLONS NOUS BATTRE POUR LES DIEUX

NOUS ALLONS NOUS BATTRE POUR NOUS!!!!!




PERSONNE NE RESTERA VIVANT!!!

LE TEMPS EST VENU POUR TUER

NOUS ALLONS NOUS BATTRE POUR LES CIEUX

NOUS ALLONS NOUS BATTRE POUR NOUS

-------------------------------------------------------GUITARE-------------------------------------------------------




Les coups de canon de métal hurlant déchiraient la nuit sous les fouets du seigneur des ténèbres Hashut. Consumant esclave après esclave, propulsant amas corrosif contre les murs de la cité, Erengrad ne résistera pas cette fois, tel que prévu. Explosion sans cesse, mutation pour tout le monde, la résistance ne servira a rien pauvre mortel, vous serez des nos que vous le souhaitiez ou non! Vos mutants seront nos enfants, nous les aimerons et leur destin sera grand, participer au grand dessein et soyer éternel! DU SANG POUR LE DIEU DU SANG, DES CRÂNES POUR LE TRÔNE DE CRÂNES!




-------------------------------------------------------Sur les paroles-------------------------------------------------------

PERSONNE NE RESTERA VIVANT

LE TEMPS EST VENU POUR TUER

L’EMPIRE TOMBERA COMME PRÉVU

TEL SERA LA FIN DES TEMPS

-------------------------------------------------------finale-------------------------------------------------------

Vision divine ou malédiction, le pauvre homme a la foi brisée se releva de sa sieste agitée et repris son chemin vers le nord. Épuisé, Kastner était perdu, sa foi derrière lui, il ne restait plus qu’une carapace du templier, maintenant habité par moult tourment et soupir destructeurs. Il suivait l’appel, l’appel des dieux. L’appel du chaos. Celui qui autrefois aurait donné sa vie pour sauver son prochain se retrouvait maintenant à juger le fondement de l’humanité, le mensonge sur lequel était bâti le vieux monde. Il ne restait plus rien de lui, il ne resterait plus rien d’eux. Ceci est la dernière guerre, ceci est la fin pour tous, les dieux l’avaient planifié. Celui qui rampait vers le nord serait connu à jamais comme le seigneur de la fin des temps, l’élu éternel des dieux.


Modifié en dernier par Goraxul le 02 août 2018, 22:32, modifié 2 fois.
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Goraxul , Aspirant Champion du Chaos Universel

Fiche Wiki

FOR 10 / END 10 / HAB 8 / CHAR 9 / INT 9 / INI 9 / ATT 10 / PAR 9 / TIR 8 / MAG 0 / NA 1 / PV 10/75
Compétence
  • Ambidexterie : Utilisation sans malus de deux armes à la fois
  • Chasse : Bonus de 1 lors de tentative de chasse
  • Langue Noir : Permer de parler et de comprendre la langue des monstruosité du Chaos
  • Parade : La valeur de parade des armes et bouclier est doublée
  • Résistance Accrue : Bonus de 1 sur tout ses jets d'endurances
  • Sang Froid : Ne subit pas de malus en cas de situations stressantes
  • Sixieme sens : Bonus de 1 lors qu'il se sent traqué pour découvrir la source
  • Survie en milieux hostile : Bonus de 1 lors de tentative de survie en milieux dangereux.
Expérience
  • XP 28/153
Armement
  • 2 x Hache Chaotique : 18+1d8 ; 8(16) PAR ; Percutante : 2 jet de dégât, garder le meilleur. Manier deux haches chaotiques en même temps permet de faire deux attaques.
  • Bouclier du chaos : 6+1d6 ; 16(32) PAR ; Déstabilisant : +2 à tout test visant à pousser/renverser ou à résister. Bouclier : relance automatique de la première parade ratée au cours d'un round.
Armure
  • Harnois du cultiste de Khorne : 10 points de protection partout sauf la tête.
  • Camail : 6 points de protection sur la tête ; Protection de maille à laquelle peut s'ajouter un casque.
  • Capuchon en cuir : 3 points de protection sur la tête.
Mutation 1/8
  • Peau écailleuse : Armure naturelle de 4 sur le bras droit.
Argent
  • Couronne : 7
  • Pistole : 0
RP
Kill List
  • Goblin x 1
  • Skaven x 2
  • Homme-bête x 1
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