VII le justicier

L’Empereur Karl Franz siège à Altdorf, capitale impériale depuis. Altdorf est un carrefour du savoir et son université est l’institution académique la plus respectée de tout l’Empire. Là, les seigneurs et les princes de nombreux pays viennent s’asseoir aux pieds des plus grands penseurs du Vieux Monde. Altdorf est aussi le centre du savoir magique et ses huit collèges de magie sont fort justement réputés bien au-delà du Vieux Monde. Altdorf est une ville affairée, avec un nombre important d’étrangers, de commerçants et d’aventuriers. La cour impériale elle-même engendre une activité économique florissante, qui attire toutes sortes de gens.

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Le Voyageur
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VII le justicier

Message par Le Voyageur » 12 juin 2018, 18:53

Malgré les masques baroques, VII reconnaissait la plupart des convives. Il avait travaillé trop longtemps sur cette enquête pour ne pas être capable de reconnaître ses cibles à leur voix, leur démarche, leur parfum. Trop d’écoutes, trop de filatures, d’espionnages et d’informations qui avaient menés à cette nuit même. Désormais, il s’agissait d’attendre le bon moment pour agir, de ne pas gâcher l’occasion de réaliser l’un des plus gros coups de filet de ces dernières années.

Il y avait la jeune Louise-Marguerite von Eppstein et sa grande amie de toujours, Anna Bruckner, à la beauté insolente. La princesse kislévite Natacha et son garde du corps-jouet sexuel aux muscles huilés étaient venus aussi. Nikolaus, le fils du richissime baron De Ansbach, n’allait pas manquer une pareille fête. Il était présent avec la bande de soudards fortunés qui le suivaient dans tous ses déboires. Parmi les hôtes de marque, on pouvait aussi compter la nièce du vizir de Copher et sa garde d’eunuques, le petit protégé de l’Archidiacre et beaucoup d’autres représentants de la jeunesse dorée d’Altdorf. Mais tous n’avaient pas le sang bleu : Gervais « Goulot », riche héritier de la Compagnie des Cavistes Gasconnais, fournissait la boisson et était invité en qualité de prestataire et ami. Le dernier sculpteur à la mode Aristide était aussi là, car les jeunes nobles aimaient à jouer les mécènes pour se donner des airs importants. L’artiste torturé, que la capitale s’arrachait depuis quelques mois déjà, détonnait avec le reste des fêtards : il était le seul à ne pas masquer son visage à l’air déprimé, avait une longue barbe emmêlée et portait une robe de bure noire.

Ces jeunes gens turbulents se retrouvaient dans des endroits tenus secrets jusqu’au dernier moment, la plupart du temps disséminés dans l’Oberreik District, l’un des quartiers les plus cossus de la ville. La fête battait son plein toute la nuit, le vin coulait à flots et la fumée des narguilés créait une ambiance opaque et cauteleuse dans la salle. Des danseurs sous l’emprise de substances narcotiques agitaient leurs corps nubiles au rythme d’une musique saccadée et exotique. On s’enivrait par le vin et le Baiser de la Courtisane. Certains, s’enlaçaient, s’embrassaient en couple ou à plusieurs, avant de filer dans des recoins sombres en s’esclaffant. Les yeux brillaient d’une lueur excentrique derrière les masques alambiqués, une lueur à laquelle les flammes des braseros étaient étrangères. Des pièces annexes accueillaient d’autres formes de célébration où le vice et la luxure étaient poussés jusqu’à des extrêmes souvent inconsidérés.

Beaucoup de rumeurs courraient sur ces réunions nocturnes. Les plus cléments n’y voyaient qu’une manière de tromper l’ennui pour ces fils d’aristocrates et de bourgeois éduqués dès leur plus jeune âge selon les préceptes austères et conservateurs de la culture impériale. Mais d’autres mentionnaient à mi-mot les scènes de débauche qui s’y déroulaient, l’usage de drogues et de substances interdites, les bizutages indécents voir les rites de passage frisant l’hérésie …

Ce soir, les bacchanales se tenaient dans les caves voûtées qui s’étendaient sous l’auberge de luxe du Héron d’Or. Ces entrepôts désaffectés avaient été reconvertis en club privé où se retrouvait la fine fleur de la capitale. Les gardes filtraient l’entrée –qui ne se faisait que sur présentation d’une plume de paon, distribuée en secret aux invités le matin même- et les salles interconnectées résonnaient déjà des rires et de la musique.

VII et son équipe avaient réussi à infiltrer le service de sécurité. Cela n’avait pas été une mince affaire car les organisateurs avaient pour habitude d’engager des agents de confiance pour s’assurer la plus entière discrétion sur leurs agissements. Mais le travail de longue haleine mené par VII lui avait permis d’entrer dans leurs bonnes grâces sous une identité d’emprunt.

Il était positionné à l’entrée, visage dissimulé derrière un masque blanc au sourire sordide, et cachait sous son pourpoint une paire de pistolets chargés tandis qu’une dague attendait patiemment dans la gaine de sa botte droite. Ses hommes, au nombre de sept, étaient disposés de part et d’autre des caves, à des points stratégique permettant une vue d’ensemble sur cette fête débridée. Un huitième était posté dans la rue donnant sur le Héron, prêt à rameuter la garnison de la caserne la plus proche en cas de besoin sitôt le signal lancé par son supérieur.

VII avait entièrement confiance en ses coéquipiers, avec la plupart desquels il travaillait depuis plusieurs années maintenant. Ensemble, ils avaient mis à jour un nombre impressionnant de cellules d’hérétiques et de traîtres, taisant leurs noms et laissant toute la gloire aux autorités qu’ils servaient. De vrais héros, anonymes et dévoués, auréolés par leur foi en Sigmar.

Le plan était simple : donner le change, faire profil bas, patrouiller les caves et observer cette foule lubrique. Et à la première preuve de corruption, déchaîner l’enfer sur ces dépravés. VII avait carte blanche ainsi que la bénédiction du Grand Maître de l’Ordo Fidelis en personne. Il n’y avait nulle pitié pour l’apostat, nulle indulgence pour le blasphémateur. Si les salles souterraines du Héron d’Or étaient le repaire des suppôts de la Ruine, alors elles seraient purifiées par le feu et l’acier. L’élite d’Altdorf pleurerait ses enfants, car nul n’en réchapperait. Pour Sigmar. Pour l’Empire.



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Je ne suis qu'un voyageur
Sous le soleil et la pluie
Je ne suis qu'un voyageur
Et je retourne au pays

Je n'ai plus que mon cheval
Mon cheval et mes habits
Des habits qui me vont mal
Et je retourne au pays

J'ai couru le monde, mais ma raison
M'a dit que le monde, c'était ma maison

Je ne suis qu'un voyageur
Qui chemine dans la nuit
Et je sens battre mon coeur
Car je retourne au pays

J'ai quitté ma blonde, qui m'avait dit
Va courir le monde si c'est ça ta vie

Je ne suis qu'un voyageur
Elle ne m'a jamais écrit
Et maintenant ah j'ai peur
De retourner au pays

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