[Lucrétia et Dokhara] Les chemins de la renaissance

Les gens du Hochland sont célébres pour leurs talents de chasseurs et les denses forêts de leur province. Une bonne partie de leurs armées est composée d'habiles arquebusiers. Le Comte Ludenhof tient sa cour à Hergig.

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[MJ] Le Grand Duc
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[Lucrétia et Dokhara] Les chemins de la renaissance

Message par [MJ] Le Grand Duc » 30 mai 2018, 21:56

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Dépenses
 
Achats à Ravenstein
 - Tente x2 = 5 co
- Capes longues/manteaux/écharpes = 3 co 8 pa
- Couchage portatif x4 = 3 co 5 pa
- Ration de voyage x25 = 2 co 5 pa
- Carte rudimentaire de la Drakwald = 2 co
- Couverture x4 = 1 co 6 pa
- Torche traitée x10 = 1 co
- 3m de corde = 8 pa
- Tonnelet de bière = 8 pa
- Sac à dos = 6 pa
- Marmite en fer = 5 pa
 
Tarif du bac illegal : 15 co.
   
Total : 37 co 2 pa
 
Forêt mise à jour.
 
 
 
Hans Zimmer, palefrenier de profession, allumait un feu dans le cercle de galets. Ce n’était pas le bois mort qui manquait dans la Drakwald, ce qui évitait d’avoir à s’éloigner un peu trop de la piste. Pendant ce temps, Marcus Freeh, le soldat de la troupe, montait les tentes achetées parmi d’autres fournitures à Ravenstein. Les chevaux et les mules renâclaient à quelques mètres de là, attachés aux grosses branches d’un tronc couché près du ruisseau.
 
Il avait été décidé de monter le camp avant que la nuit ne tombe, comme tous les soirs depuis que les aventuriers avaient discrètement quitté le Weiler. C’était déjà leur septième jour de voyage à travers les étendues sauvages de l’Empire mais les problèmes n’avaient pas attendus cette nuit-là pour se présenter.
 
Au moment de récupérer les chevaux, tout d’abord. Après avoir débarqué de la barge de Maître Bornoff, les baronnes et leurs deux fidèles s’étaient rendus au domaine de Dorfmark pour tenter de s’y faire offrir des montures en payement d’une ancienne dette contractée envers la famille De Soya. La route des fugitifs croisa alors celle d’un escadron monté des Patrouilleurs Ruraux et les quatre larrons eurent à peine le temps de se jeter dans des buissons en bord de chemin tandis que les cavaliers de la patrouille déboulaient en grand galop en passant à moins de quelques mètres d’eux. Étaient-ils à leur recherche ? Était-ce un simple hasard ? Impossible à dire.
 
Le voyage faillit à nouveau en rester là lorsque le bac illégal qui leur permit de rejoindre la rive nord du Talabec manqua de sombrer dans les eaux profondes du fleuve. Le passeur, un contrebandier à l’air filou, attendit la nuit et chargea les fuyards, les trois chevaux et les deux mules sur son embarcation de fortune qu’il gardait cachée sous des branchages. Arrivés au milieu du fleuve, l’un des chevaux paniqua soudainement et se mit à ruer et à hennir. Il s’agita tant que la barque fragile se mit à tanguer dangereusement et seuls les mots doux de Hans permirent à l’animal de retrouver son calme.
 
La veille de passer de l’autre côté du Talabec, Lucrétia avait ordonné à Marcus et Hans de se rendre au bourg le plus proche afin d’y acheter des vivres et du matériel pour leur vadrouille. Les deux hommes revinrent de Ravenstein avec des tentes, couchages, couvertures et vêtements chauds pour faire face aux nuits froides de la Drakwald. Le palefrenier ne manqua pas de souligner que "le froid" semblait être le danger le plus doux que cette forêt pouvait bien renfermer. En guise de provision, ils achetèrent du porc salé, des biscuits épais et peu ragoutants ainsi que des fruits secs, suffisamment pour nourrir la troupe pendant une semaine au moins. Là encore, Hans justifia l’achat d’un tonnelet de bière par les risques qu’il y avait à boire l’eau des rivières. Qui sait si un cadavre ne traînait pas en amont, ou pire, une tanière de monstre. Mieux valait-il prévenir que guérir : vu leur situation, ils ne pouvaient se permettre d’être ralentis par quelqu’un tombé malade. Ils ramenèrent aussi une marmite, de la corde, des torches et même une carte approximative des sentiers de la forêt, qu’ils avaient achetée à un charbonnier ivre.
 
A peine débarquée au nord du fleuve, la troupe s’engagea dans les bois épais de la Drakwald. L’ordre fut d’éviter les routes principales taillées dans la végétation par la hache, le feu et les siècles, et d’emprunter les pistes discrètes indiquées par la carte achetée à Ravenstein.  Marcus et Hans étaient des talabeclanders pur-sang et étaient tout à fait à l’aise en milieu sylvestre, mais cette forêt de légende dégageait une aura prodigieuse et inquiétante qui forçait à l’humilité et la prudence.
 
La Drakwald était le cœur sauvage de l’Empire, courant des marches marécageuses de l’ouest jusqu’aux Monts du Milieu. Ce labyrinthe inextricable semblait ancien comme le monde tant les arbres tordus qui s’y serraient étaient vieux et épais. C’était une mer aux vagues vert sombre, ponctuée de clairières, de vallons et de collines. Seules quelques routes sabraient fébrilement ce paysage primitif, qui avait un jour été le domaine des dragons. Les profondeurs obscures de ces bois abritaient désormais des hardes d’Hommes-Bêtes assoiffés de sang, des tribus de Peaux-Vertes en guerre perpétuelle, des monstres indénombrables, des ruines hantées, des tumulus oubliés et autres joyeusetés que les gens du cru préféraient ne pas évoquer à voix haute. Les quelques communautés qui vivaient en lisière de la Drakwald étaient solidement protégées, mais il n’était pas rare que l’une d’entre elle disparaisse du jour au lendemain. Combien d’armées avaient été englouties dans ces forêts épaisses sans jamais en ressortir ? Les chroniqueurs de l’Empire avaient perdu le compte. Toutes les tentatives de purge s’étaient révélées des échecs et les ombres rampantes ne tardaient jamais à reconquérir les terres perdues au profit des Hommes.

Par quelque miracle, les quatre voyageurs avaient jusqu'ici été épargnés par les malheurs qui s'abattaient d'ordinaire sur quiconque osait s'aventurer dans la forêt. Ils avaient pourtant entendu des brames lointains et inquiétants à plusieurs reprise, à peut-être des dizaines de lieues de distance. Des couinements et des chuintements étranges, aussi, qui rendaient les chevaux et les mules nerveux. Les nuits étaient mouvementées, et on entendant continuellement des craquements de branches et de brindilles dans le sous-bois tandis que des loups hurlaient parfois, quelque part dans l'obscurité. Monstres avides de chair fraîche ou simple fourmillement de la vie nocturne et forestière ? Difficile à dire. Toujours est-il que la troupe ne croisa aucune autre créature, sinon quelques lièvres, biches aux abois ou sangliers peu amènes. Les bêtes féroces qui rôdaient dans ces bois sentaient peut-être l'aura puissante et malsaine qui se dégageait de Lucrétia et préféraient s'en tenir à distance, se contentant d'observer ces voyageurs inconscients depuis les ombres de leurs tanières en attendant le moment opportun pour frapper.

Le choix avait été fait d'éviter la route qui ralliait Hergig, capitale du Hochland, pourtant bien garnie en auberges fortifiées et relais de coches, et de lui préférer les sentiers qui sillonnaient la forêt en parallèle. Ces derniers n'étaient rien d'autres que des pistes, pour la plupart anciennes, tracées principalement par les activités humaines des communautés qui vivaient en lisière des bois : bûcherons, charbonniers, chasseurs, patrouilleurs, mais aussi renégats comme les bandits ou les cultistes … Ces chemins sillonnaient à travers la végétation et étaient fréquemment recouverts d'herbes ou de cailloux. Ils se scindaient souvent, et s'enfonçaient parfois si profondément dans les bosquets sombres et les combes qu'ils y disparaissaient, laissant le voyageur soudainement désorienté et inquiet. C'est ce qu'il arriva plusieurs fois à la troupe de Lucrétia et Dokhara, qui suivait le tracé parfois approximatif de la carte achetée à Ravenstein. La lahmiane se changeait alors en corneille pour prendre de l'altitude et informait ses coéquipiers de la bonne voie à prendre pour récupérer le cap. Certaines pistes étaient marquées de colifichets et d'amulettes ou de marques faites au couteau dans l'écorce des arbres. Ces signes indiquaient une source, un terrier de renard ou une direction, comme le village le plus proche, ou à l'inverse une portion de forêt particulièrement dangereuse et à éviter absolument. Quelques uns faisaient office d'autels ou d'oratoire dédiés aux dieux, le plus souvent Taal et Rhya, ou encore Karnos, protecteur des chasseurs, à l'image de cette pierre dressée gravée de symboles et couverte de mousse devant laquelle la troupe était passée le matin même. Un crâne de cerf ornait son sommet tandis que d'autres crânes plus petits et des offrandes étaient déposés à sa base. Lucrétia, que sa nature vampirique rendait extrêmement sensible aux symboles religieux, ne pu retenir un frisson tandis que son cheval passait non loin de ce temple sauvage.


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Leur route ne croisa celle d'autres gens qu'à deux reprises, et à chaque fois la plus grande surprise pouvait se lire sur les visages. Un chasseur, tout d'abord, qui marchait en sens inverse sur l'étroit chemin, les plumes de plusieurs faisans dépassant de sa gibecière. L'homme s'arrêta net, ahuri devant deux dames à cheval accompagnées de leur escorte. Son chien hirsute commença à grogner mais cessa rapidement et couina en allant se réfugier derrière les jambes de son maître. Avait-il sentit quelque chose que le chasseur ne pouvait pas percevoir ? Toujours est-il que ce dernier s'écarta du chemin pour laisser passer la troupe et baissa même la tête sur le passage de Lucrétia et Dokhara, comme par réflexe face au port naturellement altier et noble des deux baronnes.

Le lendemain, sur le sentier qui passait au sud de Barwedel, les voyageurs chevauchèrent non loin d'un campement de charbonniers, établi près d'une petite rivière. L'un des hommes à la face noircie les héla, mais personne ne répondit. A la seconde invitation, Marcus tira sur les rennes de sa monture et fit un geste négatif de la main en regardant le travailleur, lui lançant un vague « pas intéressés, pressés, route est longue, Sigmar vous garde » avant de rattraper les autres au trot.

Et voilà désormais deux jours qu'ils progressaient dans la Drakwald sans avoir croisé âme qui vive, sinon des animaux de la forêt. Les bois ici étaient plus sombre qu'aux abords du Talabec, et les signes de présence humaine se faisaient de plus en plus rares, voir inexistants. On apercevait parfois les fondations d'une ancienne ferme ou maison, dévorées par la végétation. Les voyageurs virent plusieurs camps de bûcherons abandonnés dans des clairières en bordure du chemin. Dans l'un d'entre eux, certains arbres attendaient encore d'être débités, comme si le temps s'était soudainement arrêté.

Le paysage changeait au fil de la marche. Les troncs étaient plus haut et plus resserrés, les taillis plus touffus. De larges ronciers apparaissaient ça et là, piqués de fleurs pâles. L'épaisse canopée retenait la lumière du soleil et obscurcissait le tapis de la forêt, où la brume semblait stagnante. C'était assurément le genre d'endroit que l'on décrivait lorsqu'on voulait persuader quelqu'un de ne pas pénétrer dans la Drakwald. Le hululement d'un grand duc, perché quelque part, soulignait ce décor lugubre.

Lorsque le soleil commençait à se coucher et qu'il était temps de faire halte, les quatre aventuriers suivaient une routine désormais bien rodée. Ils cherchaient un endroit sûr, c'est à dire le renfoncement d'un talus ou un enchevêtrement de grandes racines, parfois même le creux d'un tronc géant dans lequel on pouvait se tenir debout sans problème. Puis Hans se mettait à la recherche d'un ruisseau ou d'une mare à proximité pour faire boire les montures tandis que Marcus montait le camp. On distribuait les rations et on mangeait autour d'un feu allumé pour se réchauffer, l'oreille attentive aux bruits environnants. Le palefrenier s'entraînait un peu avec l'arbalète achetée sur le Weiler et Marcus vérifiait les équipements et les sangles ou aiguisait sa lame. Puis quand il était temps de dormir, Lucrétia montait la garde tandis que les autres regagnaient les tentes et les couchages. La vampire n'avait nul besoin de se reposer physiquement, aussi assurait-elle la garde du groupe pendant leur sommeil. Elle du intervenir plusieurs fois car une meute de loups venait rôder autour des mules, réveillant ses coéquipiers, mais les prédateurs furent facilement mis en déroute avec quelques coups de torche.
 
Ce soir-là, Hans remontait du ruisseau forestier à côté duquel la troupe avait monté son campement. Il tenait les brides des chevaux dans une main et un curieux objet dans l'autre, qu'il montra à ses camarades.


- "Regardez c'que j'ai trouvé pendu à une branche, en bas. Il y avait quelques plumes et des crânes d'oiseau et d’écureuils accrochés avec. Une idée de ce que c'est ?"

- "Un jour tu apprendras qu'il vaut mieux pas s'occuper de ce qui nous regarde pas. Je crois qu'on a assez d'ennuis comme ça, Sigmar m'en soit témoin. Va remettre ça où tu l'as trouvé avant que ça nous porte malheur." lui lança Marcus sur un ton aigre avant de déchirer un morceau de viande séchée dur comme du cuir.

Dans la main du palefrenier, une petite effigie d'araignée taillée dans le bois. Il était connu de tous que la Grande Forêt de l'Empire, et plus encore la Drakwald, abritaient une belle tripotée d'espèces d'araignées dont la taille allait d'un ongle de pouce à un petit château. La plupart étaient venimeuses et carnivores, et représentaient une menace de plus avec laquelle les hommes des bois devaient compter. Cette statuette servait peut-être de charme pour apaiser une divinité mineure vénérée -ou crainte- par les habitants du coin, ou bien de mise en garde à l'entrée d'une portion de forêt infestée par les créatures à huit pattes.



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- 7x3 = 21 Rations de voyage. Il en reste 4.
 
 Lucré, Dokha et Marcus utilisent un cheval. Hans utilise une mule (il préfère selon ses propres mots) et la deuxième mule sert de bât.
Pour ce qui est des chevaux, je vous laisse les personnaliser si vous le voulez (nom, robe, caractère).

 
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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