[Morwen Nidariel & Piero Orson] Quand les Hommes redeviendront des Bêtes

La province du Nordland est peu peuplée et ses régiments passent l'essentiel de leur temps à patrouiller le long des côtes pour les protéger des pillards du nord. Le Comte Electeur Theodric Gausser siège à Salzenmund.

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Re: [Morwen Nidariel] Quand les Hommes redeviendront des Bêtes

Message par [MJ] Ombre de la Mort » 07 oct. 2018, 09:08

Contrairement aux précédents humains qui avaient rencontrés Morwen, Boerich Wiehler ne parût nullement décontenancé ou pris de court par l'attitude de l'elfe sylvaine. Il la regarda alors qu'elle parlait, qu'elle s'égarait dans les méandres de son esprit et des événements passés qu'elle y revivait. Cela ne le perturbait en rien. Il comprit le message hautain caché entre les lignes, derrière les mots de l'Asrai. Mais, s'il en fut offusqué d'une quelconque façon, il n'en montra en tout cas aucun signe.
« Je dois vous avertir : mon rôle consiste à débusquer ces monstres, à les traquer le cas échéant ou à faire appel à vous pour les tuer si la partie est trop forte. J'espère que Beeckerhoven est prêt pour ça. »
Un sourire moqueur se dessina sur l'un des visages des interlocuteurs présents. Néanmoins, à contrario des précédentes fois, ce ne fut pas sur celui de Morwen qu'il apparut mais bien sur celui du trappeur. Ce dernier fixa l'elfe avant d'aller s'asseoir sur un tabouret en bois, non loin, en y amenant l'une des carcasses de renard qu'il avait ramené de sa sanglante récolte. Empoignant un couteau de dépeçage, il s'attela à la tâche tout en laissant échapper un long soupir.
ImageBoerich Wiehler: Dites-moi, Asrai. J'entends bien vos propos. Je les comprend pleinement. Mais j'aimerai que vous répondiez à cette question : que croyez-vous que nous ayons fait vis-à-vis de ce problème, jusqu'à présent ? Jusqu'à votre arrivée à Beeckerhoven, aujourd'hui ? Parlez franchement.
Le jeune garde était comme figé, les yeux écarquillés à l'entente du ton employé par le trappeur ; ce dernier, d'apparence si calme, laissait clairement transparaître un agacement dans sa voix. Voire peut-être... de l'amertume ?
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Re: [Morwen Nidariel] Quand les Hommes redeviendront des Bêtes

Message par Morwen Nidariel » 21 oct. 2018, 01:44

Musique d'ambiance

« Qu’est-ce que je crois ? »

Les mots étaient sortis avec spontanéité, leur ton aussi peu amène qu’on aurait pu s’y attendre de la part de Morwen. Elle savait être en train de s’engager dans un bras-de-fer stérile avec le trappeur ; elle percevait instinctivement qu’elle l’avait agacé, et qu’il n’entendait pas laisser l’Asrai impunie pour le comportement qu’elle se plaisait à adopter envers les humains. Des personnes plus sages qu’elle auraient probablement fait le choix de la conciliation ou de la tempérance, mais c’était une voie dont elle s’était détournée depuis bien longtemps dans maints des aspects de son existence.

« Je crois qu’une fois de plus les hommes ne sont pas à la hauteur, et qu’une fois de plus, d’autres doivent payer le prix de leur faiblesse ! »

Ses lèvres sombres se pliaient sur des rictus mauvais, ses yeux noirs brillaient d’une hostilité à laquelle on avait enfin offert la chance de se manifester.

« Ne croyez certainement pas, Wiehler, » et elle n’oublia pas le jeune garde à leurs côtés dans sa diatribe, lui dédiant un regard dépourvu de la moindre once de chaleur, « que je ne serais pas ailleurs si le choix m’avait été laissé. Vous pensez peut-être que votre race a ses mérites, que ce monde lui doit quelque chose en vertu des quelques villes que vous avez su édifier dans la poussière et parce que vous avez, à l’occasion, enlevé la victoire face à quelques-uns des périls qui nous guettent tous. Vous croyez peut-être que vous, les humains, vous pouvez vous tenir ici, égaux sinon supérieurs aux autres races, et que ce qui vit de toute éternité sur ces terres doit respecter votre volonté… »

Sa voix était dangereusement basse alors même que l’elfe s’exprimait avec un débit que la colère rendait rapide. L’accent des Asrai n’en ressortait que davantage, déformant les sons comme les fortes bourrasques déformaient le cri des rapaces. Elle commença à faire les cent pas sur le ponton de bois, ses sandales y claquant sèchement tandis qu’elle illustrait son propos à grands gestes lui ménageant de l’espace :

« Quatre ans se sont écoulés depuis que la Tempête est passée. Presque rien à mes yeux, mais est-ce un temps si court aux vôtres ? Je ne crois pas » persiffla-t-elle entre ses dents, « et pourtant, votre voisinage grouille encore de vos ennemis. Qu’est-ce que vous avez bien pu faire pendant ces années, Wiehler ? Pourquoi laissez-vous encore les vôtres se faire massacrer sur la route qui va à Erengrad ? »

Elle n’en savait rien. Une part d’elle-même lui soufflait que peut-être les humains avaient lutté autant qu’ils l’avaient pu face aux hommes-bêtes, mais que tous leurs efforts n’avaient su compenser la ruse bestiale de leurs adversaires ; peut-être d’ailleurs que le trappeur avait lui-même perdu des êtres chers dans ce combat et qu’elle était en train d’enfoncer le couteau dans la plaie.

Mais les âmes amères se moquaient bien de la douleur des autres et à certains égards, la trahison et la guerre avaient fait de Morwen un être amer.

« Mais ne vous inquiétez surtout pas… » ricana-t-elle de telle sorte que le propos sonna éminemment faux, se rapprochant du chasseur à l’ouvrage. « Je vais vous aider à les débusquer et à les détruire. Je vais même y mettre tout mon cœur, sachez-le. Ainsi lorsque je partirai au plus tôt de cet endroit misérable, vous pourrez vous souvenir pour le restant de votre existence, qu’il aura fallu attendre l’Asrai avant de vous débarrasser de vos ennemis ! »
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Re: [Morwen Nidariel] Quand les Hommes redeviendront des Bêtes

Message par [MJ] Ombre de la Mort » 25 oct. 2018, 14:26

Boerich Wiehler resta de marbre pendant la diatribe acerbe de l'Elfe Sylvaine. Alors que le jeune garde perdait le peu de couleurs restantes sur son visage en entendant les propos de Morwen sur l'inutilité flagrante de son peuple. Alors que le sacrifie de bien des représentants de la nation impériale était bafoué, balayé tel un élément insignifiant de l'histoire récente du Vieux Monde. Morwen n'avait aucune pitié dans son discours, n'ayant cure des sentiments des êtres qui l'entouraient. Inconsciente, sans aucun doute, des épreuves que tout un chacun avait du traverser non seulement durant la Tempête, mais également pendant les années qui suivirent...

« Quatre ans se sont écoulés depuis que la Tempête est passée. Presque rien à mes yeux, mais est-ce un temps si court aux vôtres ? Je ne crois pas, et pourtant, votre voisinage grouille encore de vos ennemis. Qu’est-ce que vous avez bien pu faire pendant ces années, Wiehler ? Pourquoi laissez-vous encore les vôtres se faire massacrer sur la route qui va à Erengrad ? Mais ne vous inquiétez surtout pas… Je vais vous aider à les débusquer et à les détruire. Je vais même y mettre tout mon cœur, sachez-le. Ainsi lorsque je partirai au plus tôt de cet endroit misérable, vous pourrez vous souvenir pour le restant de votre existence, qu’il aura fallu attendre l’Asrai avant de vous débarrasser de vos ennemis ! »

C'en fut trop pour le jeune Karl qui cracha aux pieds de Morwen en jurant des insultes en Reikspiel. Son visage était furibond, teinté de sang. Ses yeux jetaient des éclairs de haine envers cette étrangère qui se permettait de fouler du pieds tout ce qui avait pu être accompli ou entrepris, au prix de trop nombreuses vies humaines. Le jeune garde, d'apparence si calme et penaude jusqu'ici, semblait avoir transcendé sa personnalité, changé du tout au tout.

Que les corbeau se posent sur vous, foutue Sylvaine ! Puissiez-vous échouer et rejoindre les bien trop nombreux trépassés dans l'au-delà, afin de faire face à ceux que, par vos propos, vous venez d'insulter ! Vous ne méritez même pas notre aide.

Et ce fut sur ces mots qu'il partît d'un pas vif et décidé, s'éloignant de la maison du trappeur vers le village. À mi-distance, Karl se retourna; Morwen put distinguer des fins liserés de larmes sur les joues du jeune homme, juste avant qu'il ne s'en aille définitivement vers le village.

Où étiez-vous, vous ? Que faisiez-vous pendant les années qui ont suivi la Tempête ?! Mon père, avant de mourir avec d'autres pour sauver Beeckerhoven, avait coutume de dire: "Quand un homme a honte de lui, il est impitoyable pour les autres". À voir votre rancœur, vous devez avoir sacrément honte.

Boerich Wiehler, lui, continuait de dépiauter ses prises, sans un mot. Ce ne fut que lorsque la scène fut passée et qu'un silence pesant s'installa qu'il ouvrit la bouche.
ImageBoerich Wiehler: Fière de vous ? Votre égo d'Asrai est satisfait, votre sentiment de supériorité étanché ?


  • Quelques minutes plus tard, dans le poste de garde de Beeckerhoven...
Image Karl Lulz entra comme une furie dans le poste de garde et hurla de rage en envoyant son point valser dans un sac de vêtements de rechange non loin de l'entrée. Inspirant et expirant profondément à plusieurs reprises pour se calmer, il se retourna et dévisagea le dernier arrivant en date dans la geôle. Un gars du sud de l'Empire au vu de sa peau tannée par le soleil, portant une moustache entretenue et aux cheveux noirs coiffés en catogan. Ses vêtements, excentriques et colorés, ainsi que que son chapeau àp plumes tranchaient avec les habits dépenaillés des autres occupants de la geôle, pour la plupart des ivrognes locaux et des voleurs de tout genre.

Qu'allons-nous bien pouvoir faire de vous, Herr.. Herr... Orsone da Trantio, c'est bien ça ? Vous n'êtes clairement pas du coin. Que faites-vous ici ? Vous êtes la deuxième personne que je rencontre aujourd'hui et qui n'est pas citoyenne de notre Empire bien-aimé; j'espère que vous n'êtes pas faites du même bois que l'autre Elfe, là, dehors...
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Re: [Morwen Nidariel] Quand les Hommes redeviendront des Bêtes

Message par Piero Orson » 25 oct. 2018, 15:28

C'est oune ingiustizia ! Oune ingiustizia ! Oune méprise des plous grossières ! Et ié-aaaah ! Mis nueces !

Ces propos résonnaient encore dans la tête endolorie de Piero Orsone Salvadore Manicha Enrico de Riviera di Cruz da Trantio alors qu'il partageait un angle de geôle, joue contre la pierre, avec Hank' un redoutable voleur de poules. Pourquoi tout dégénérait tellement vite en allant dans l'Empire ?
Son âne s'était fait la belle dans le wissenland et lui s'était fait une moins belle à Nuln. Par contre qu'elle était fille d'un important ça n'il avait pas pu le deviner avant de découvrir les joies de la course matinale avec un chenil lâché aux basques. Dannazione ! De là il avait fallu remonter jusqu'à Altdorf...Rien ne s'était passé comme prévu. Le contractuel était au Kislev ! Au Kislev ! Il fait froid et c'est plein de bestiaux à peine plus velus que des ostlanders et encore moins sympathiques. Et puis les routes de l'Empire madre de myrmidia ! Il y avait laissé trois paires de bottes et un cordonnier dévalisé sur ces maudites routes.
Et maintenant qu'il touchait tout près du but...Le voilà comme un perroquet de lustrie encagé avec des pigeons. Il se redressa en essayant d'adopter la posture la plus digne possible, chose peu évidente vu la nuit qu'il avait passé avant de parler d'une voix pâteuse au garde :

-Signore Piero Orsone Salvadore Manicha Enrico de Riviera di Cruz da Trantio pour être plous exact. Et cé qué ié fais ici ? Ié dirais qué ié souis en cattività dépouis six bonnes heures pour une tragique histoire impliquant deux clients dé la taverne, oune lavandera ma foi fort affriolante et ma personne. Hors il semblerait qué défendre son honneur soit mal vou par ici...Elfo ? Par les nichons dé la Virgen qué fait oune elfe par ici ?

Par une sorcellerie dont seuls les Salvadore avaient le secret, une bagarre de taverne, une correction par la milice locale et une matinée à croupir dans un cul de basse-fosse avec ce qui se faisait de plus minable dans le nordland n'étaient pas suffisant pour faire taire le jeune baroudeur aux plumes chatoyantes. Sa lèvre fendue et les hématomes sur le visage et les bras confirmaient que la soirée n'avait pas été de tout repos.
Il regarda alors le garde avec une curiosité grandissante, comme un enfant découvrant quelque chose d'inédit. Beeckerhoven pourrait-elle se remettre d'autant d'hurluberlus dans un laps de temps si court ?
Modifié en dernier par [MJ] Ombre de la Mort le 07 nov. 2018, 09:02, modifié 1 fois.
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Re: [Morwen Nidariel] Quand les Hommes redeviendront des Bêtes

Message par Morwen Nidariel » 27 oct. 2018, 07:29

Les yeux de l'elfe s'étrécirent lorsque après avoir longuement fixé le dos du jeune soldat ils revinrent au trappeur, comme pour lui renvoyer l'accusation qu'il venait de formuler. Un flot de sentiments contradictoires assaillait l'elfe, car les Asrai étaient ainsi faits qu'ils ressentaient souvent les choses avec plus de diversité que leurs cousins : de l'embarras, une sorte de joie mauvaise et par-dessus tout, une colère à lui en bouffer les tripes. N'était-ce pas Boerich qui le premier l'avait encouragée à exprimer le fond de sa pensée ? S'ils n'étaient pas capables d'entendre la vérité alors qu'ils ne l'exigent pas, aucun d'entre eux ! Elle ne leur devait rien et surtout pas la moindre compassion !

Et pourtant. La part la plus sage de Morwen savait que les paroles ayant quitté sa bouche n'auraient jamais dû être entendues, encore moins par ceux qui l'avaient écoutée. Pendant un bref instant elle se mit malgré elle à la place de Karl, et elle ne sut plus si la fureur qui faisait bouillir son sang était dirigée contre les humains, contre elle-même ou contre le monde en général. Les mots rapportés du paternel Lulz résonnèrent dans son esprit avec la voix retentissante de son enfant : Quand un homme a honte de lui, il est impitoyable pour les autres !

Y avait-il encore un peu de pitié dans le cœur de la sylvaine ? Elle ferma ses yeux quelques secondes et le sonda : parmi toutes les choses qui s'y tapissaient elle ne fut pas sûre d'en trouver, et pour la première fois depuis bien longtemps elle douta d'elle-même. Avait-elle erré trop longtemps hors de la réalité de l'espace et du temps telle qu'on la connaissait, de sorte qu'elle serait devenue par trop à l'image des esprits de Loren : trop sauvage pour être digne de confiance ? Il était vrai qu'un lien profond s'était noué entre elle et la nature, plus fusionnel encore que chez la plupart de ceux de sa race. Cela s'était fait au détriment, semblait-il, de sa sophistication toute elfique.
Rouvrant les paupières Morwen eut un sursaut de lucidité qui lui fit comprendre combien elle était dévorée par son passé. La rancœur d'avoir été trahie et jetée dans un monde qui avait trop changé, où elle était une inconnue pour tous les siens. Et la honte, d'avoir été dupée, et vaincue, et puis d'être aussi diminuée qu'elle l'était aujourd'hui... Quand un homme a honte de lui, il est impitoyable pour les autres...

Elle jeta un énième regard mauvais au chasseur qui, stoïque, la dévisageait sans céder. Cette fois cependant le trouble se mêlait à l'hostilité. La guerrière ouvrit la bouche pour lui lancer une répartie mordante mais se retint au dernier moment et, au lieu de ça, elle s'assit sans mot dire sur les planches surplombant la rivière indifférente à toute cette agitation. Ses jambes se balancèrent dans le vide, sa longue lance à la pointe effilée reposant sur ses cuisses.

L'éclat du garde l'avait quelque peu douchée. À la vérité elle n'aurait jamais pu prévoir une telle réaction, mais l'Asrai comprenait - lorsqu'elle se donnait la peine d'y réfléchir un instant - que Boerich et Karl partageaient certainement les mêmes sentiments à son égard. Ils avaient une façon bien différente de les gérer, pour l'instant, néanmoins elle commençait à prendre en considération que les humains n'étaient peut-être pas tous si... semblables. Et prévisibles. Pourraient-ils encore la surprendre ?
Ces questions qui l'envahissaient étaient le pâle reflet de sa curiosité de naguère. Jadis, Morwen avait été une elfe rieuse et volontaire, certes impulsive, mais ouverte sur le monde. Ouverte aux autres. Son errance involontaire, son exil périlleux, l'avait amputée de tous ses sourires radieux. Le réaliser, s'en souvenir, était peut-être un premier pas pour les retrouver.

« Dépêchez-vous un peu, Wiehler. J'ai quelque chose à vous montrer et il y a du travail qui n'attend pas. J'aurai peut-être besoin de vous à côté de moi » lança-t-elle soudain, le regard porté vers le lointain.

Elle ne s'embarrassa pas de s'expliquer et attendit que le trappeur achève son ouvrage, une part d'elle-même s'amusant de l'image complexe et difficile à comprendre qu'elle devait renvoyer aux yeux des hommes. Entre ses lèvres closes vint résonner un air lent et étonnamment doux, l'écho d'un chant dont elle avait oublié la majeure partie des paroles mais qui était demeuré cher à son cœur à travers les années. Elle se rappelait partiellement l'avoir souvent fredonné avec Eril, son frère d'armes d'antan, tandis qu'ils marchaient côte à côte vers la bataille le long des sentiers obscurs d'Athel Loren.
Penser à son défunt compagnon fit passer une ombre sur son visage, et le chant ne tarda pas à mourir dans sa gorge. Il n'avait subsisté qu'un trop bref instant, à l'instar de bien d'autres belles choses de ce monde tourmenté.

De nature impatiente, elle finit par tapoter sur la hampe de son arme en jetant de fréquents coups d’œil au traqueur, n'ayant cure du fait qu'il puisse juger son comportement malvenu. Elle n'était plus à ça près, et de toute façon elle s'en moquait pas mal.
Ce n'est que lorsqu'il eût fini de dépecer la dernière de ses prises qu'elle bondit presque sur ses pieds et prit derechef la direction de l'orée des bois. Elle adopta la démarche vive qu'on lui connaissait et ne fut même pas certaine que Boerich était sur ses talons car elle alla sans un regard en arrière, fixant résolument la forêt comme pour en percer tous les horribles secrets.

Elle n'avait pas d'abord escompté se mettre à la tâche dès ce soir, ayant secrètement espéré bénéficier d'un repas et d'un bon repos avant de plonger dans la chasse qui la conduirait aux hommes-bêtes : mais Karl avait changé son point de vue sur la question. Elle n'aurait trop su dire comment, d'ailleurs : quelque part elle essayait de se convaincre que, si elle souhaitait déjà s'employer à trouver les monstres, c'était pour au plus vite se gausser des humains lorsqu'elle les corps de leurs ennemis s'étendraient à ses pieds. Mais la véritable raison était quelque peu différente.
Elle avait été sensible à la détresse du jeune homme. Elle lui rappelait la sienne et elle voulait lui faire le plus beau cadeau qu'on puisse faire aux âmes en peine : la vengeance.

Elle se jura que ça n'avait rien à voir avec la moindre pitié.

Il ne fallut pas plus de quelques minutes pour que Morwen atteigne la lisière, où elle se tint un instant sans rien dire. Elle était trop fière à cet instant pour se retourner et vérifier que Wiehler l'avait suivie : si c'était bien le cas, elle ne souhaitait pas qu'il puisse voir que ça comptait pour elle. Certainement pas pour le plaisir de sa compagnie, non - quoiqu'elle l'aurait apprécié s'il n'avait été humain - mais plutôt parce qu'elle lui faisait en quelque sorte confiance pour garder ses arrières si un danger devait survenir, et qu'elle devait bien admettre n'avoir que lui sous la main à ce moment précis.

Là, à quelques mètres à peine des premiers fourrés, elle ficha sa lance dans la terre grasse et s'assit sur les genoux. Ses paupières se fermèrent à moitié, ne laissant filtrer que deux moitié d’agate dans la lumière mourante du crépuscule. Il fallait un peu de courage pour se tenir ainsi devant l'inconnu, vulnérable, sachant que les hommes-bêtes avaient trouvé refuge quelque part dans la sylve : la possibilité du danger, d'être peut-être épiée en cet instant même, faisait naître un frisson d'excitation le long de ses bras.

« Naguère une amie qui m'était chère m'a enseigné à demander leur aide aux esprits qui vivent dans tout ce qui germe et pousse. » Elle grinça quelque peu des dents en le disant : elle ne précisa pas que cette même amie l'avait trahie, avait manqué la tuer et était responsable de tous ses malheurs. Tout ça en vertu d'une jalousie qui n'avait jamais eu lieu d'être : si elle avait aimé Eril, c'était à la manière d'une sœur. « Mais c'est un processus incertain et peut-être dangereux. Pour l'heure j'aimerais écouter... ce que certains ont à dire... »

Sa voix allait en s'atténuant au fil des mots, jusqu'à ne devenir qu'un inaudible filet de sons. Il devint alors difficile de dire si l'Asrai continua à parler, à murmurer peut-être, ou simplement à respirer par la bouche : son souffle se fit régulier et un peu trop long, rappelant en miniature la brise parmi les branches.
Et elle oublia ce qui l'entourait. Ce maudit village, le garde en colère, le chasseur imperturbable. Elle ne se concentra que sur les arbres, ces êtres séculaires qui s'amassaient là devant elle, et qui étaient les premiers témoins du mal que Morwen cherchait à éradiquer. Ils avaient une mémoire et un esprit pour la comprendre, ils avaient des sentiments et un langage pour les exprimer : il fallait simplement... les écouter.

Ce n'était pas le cas de tous les Asrai, loin s'en fallait, mais Morwen connaissait les arcanes des arbres. Elle avait appris leur langue durant sa perdition, lorsque sur les chemins les plus noirs de la vieille Loren elle y avait trouvé autant d'ennemis mortels que d'alliés précieux : il n'était plus en ce monde de forêt qu'elle ne saurait comprendre. Pas si elle s'en donnait le temps.
Et ici, quasiment immobile dans l'herbe et oublieuse de presque tout ce qui l'entourait, l'elfe communiquait. Elle questionnait, sans paroles qu'on puisse réellement prononcer, sur le mal qui rongeait ces lieux boisés ; elle voulait savoir où résidait la corruption, où elle était la plus forte, là où les sabots-fourchus se rassemblaient avec leurs haches et leurs brames contre-nature. Elle voulait savoir où persistait l'odeur âcre du sang et des sacrifices, des excréments et de toutes les sanies qu'ils avaient coutume de laisser là où ils bivouaquaient ; elle voulait savoir où la peur et la colère de la forêt naissait, car les arbres étaient des créatures bavardes qui avaient tendance à relayer leur détresse.

Et elle était bien décidée à y mettre un terme...






@Medenor : dis-moi si ce passage te convient, sachant que j'évite de donner des certitudes sur les réactions de Wiehler mais que je laisse entendre quand même qu'il agit d'une façon plutôt que d'une autre (en suivant Morwen). Et comme tu l'auras peut-être deviné j'aimerais utiliser ce passage pour justifier l'acquisition de la compétence LANGUE HERMETIQUE – ARCANE DES ARBRES. J'espère que ça te convient, autrement j'éditerai.
Modifié en dernier par [MJ] Ombre de la Mort le 07 nov. 2018, 09:01, modifié 1 fois.
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Re: [Morwen Nidariel] Quand les Hommes redeviendront des Bêtes

Message par [MJ] Ombre de la Mort » 10 nov. 2018, 10:49

Tout en s'asseyant sur une chaise, Karl sortit une bouteille du bureau adjacent et se versa une rasade de liquide en bouche. Posant la bouteille, le jeune garde soupira en hochant la tête d'un air las lors du discours haut en couleurs du Tiléen.
C'est oune ingiustizia ! Oune ingiustizia ! Oune méprise des plous grossières ! Et ié-aaaah ! Mis nueces !
ImageKarl Lulz: Vous m'en direz tant. Le fait est que nous ne sommes pas en Tilée, Herr, ou dans une quelconque terre du sud aux lois précaires. Ici, c'est l'Empire. L'ordre, la stabilité, le respect des lois. Vous avez engendré des troubles dans Beeckerhoven et il est normal que, ce faisant, vous vous retrouviez ici. Ce n'est que justice. Toute la question qui nous occupe dès à présent est : qu'allons-nous bien pouvoir faire de vous ? De l'intérêt général semble le plus approprié vu la gravité toute relative de vos errances civiques dans notre village...

Elfo ? Par les nichons dé la Virgen qué fait oune elfe par ici ?

Karl renâcla à la mention de cette Elfe Sylvaine qui troublait le devoir de mémoire de leurs morts.
ImageKarl Lulz: J'ai justement une idée. Herr ... Herr da Trantio, savez-vous vous battre ? Nous avons retrouvé un sabre et un pistolet dans vos effets confisqués ; savez-vous vous en servir ou est-ce pour l’apparat, le paraître comme le reste de votre allure ?


  • Pendant ce temps, au dehors...
« Dépêchez-vous un peu, Wiehler. J'ai quelque chose à vous montrer et il y a du travail qui n'attend pas. J'aurai peut-être besoin de vous à côté de moi »

Boerich Wiehler ne se pressa aucunement. Il vit très bien l'impatience de l'elfe, la nervosité bouillir en elle, tout en contraste avec le profond calme qui habitait le trappeur, fruit de ses nombreuses heures et journées de chasse où ce genre de comportement troublé l'aurait empêché de mener à bien sa tâche. Ce ne fut que lorsqu'il eut pleinement terminé de dépecer son butin de chasse et soigneusement rangé le tout qu'il ramena pleinement son attention vers Morwen qui, déjà, s'élançait vers la forêt et exposant son projet de communion avec cette dernière.
« Mais c'est un processus incertain et peut-être dangereux. Pour l'heure j'aimerais écouter... ce que certains ont à dire... »

ImageBoerich Wiehler: Faites ce que vous jugerez utile.
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Apprentissage de la compétence LANGUE HERMETIQUE – ARCANE DES ARBRES
0/5 tests réussis

1d20, basé sur INT
Bonus de -2 au résultat des jets de dés car compétence Acuité auditive niveau 1 et personnage de race Elfe Sylvain

Obt.: 7-2 -> 5, réussite

1/5 tests réussis
Boerich observa Morwen durant le cabalistique processus de communion qu'elle réalisait devant lui, au plus près du sol, ne faisant plus qu'un avec lui. Il vit les paupières et les lèvres de l'elfe remuer, silencieuse, des tressaillements parcourant certaines régions de son corps par brefs moments. Il sursauta presque lorsque Morwen poussa un petit souffle en se relevant en un clin d’œil, l'air hagard alors qu'elle assimilait les informations qu'elle venait de dénicher...
Une route, sinueuse, tantôt riche de vies humaines, tantôt imprégnée de sang et de cris. La forêt, les ombres. Une Noirceur, dans sa plus pure expression, ancienne. Des secrets autrefois cachés. Une arme qui n'aurait jamais du être retrouvée. Le Chaos, en toile de fond...
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Re: [Morwen Nidariel] Quand les Hommes redeviendront des Bêtes

Message par Piero Orson » 10 nov. 2018, 15:02

Piero fulminait...Précaires ? Précaires ?! Ah cette rigidité impériale, toujours à s'enliser dans des codex épais comme les murs de Magritta ! On n'était pas capable de parler la langue de son voisin mais on pouvait lui demander assez de justificatifs, de frais de douane et autres taxes plus ou moins légitimes pour détrousser le plus opulent marchand miraglianais de ses derniers miras d'or. Et oser parler de justice. Corriger un homme qui insulte votre honneur c'était ça la justice ! On pouvait le traiter de bandit, de truand, d'escroc, de coureur de jupons ou de délégué syndicale mais qualifier cela de justice ! Baste, dans l'Empire fait donc comme les Impériaux. Il se rapprocha des barreaux de la cellule pour scruter le garde et son alcool de son regard charbonneux avant de reprendre la parole :

-Si ié n'étais pas dans oune sitouation légèrement...Étroite ié vous expliquérais dé façon explicite qué ié né souis pas oune cuistre plein dé paraître et d'apparat. Ma, déià qué vous n'avez pas répondou à ma domanda su l'elfe, ié peux mé montrer plous poli qué vous en vous répondant : Cé pistolet et cé sabre sont bien des armes dé combat. Ié déià doû mé battre plous d'oune fois dans cé monde impitoyable...Le Sabre est même oune récompense dé mon triomphe d'oune âpre duel dans la ville de Los Cabos.

Alors que l'aventurier se remémorait ses pérégrinations dans les Royaumes Estaliens, l'une des premières phrases du garde sembla remonter jusqu'à son encéphale.

-Attendez ! Si ié mé salit les bottes pour lé village ié pourrai sortir de cette cage ? Ié mé porte volontaire Herrrrr....Garde.

Retrouver sa liberté, s'éloigner le plus loin possible de ce village, de ses lavandières et de ses gardes qui n'étaient pas très affable ! Enfin une bonne nouvelle qui se profilait.
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Re: [Morwen Nidariel & Piero Orson] Quand les Hommes redeviendront des Bêtes

Message par Morwen Nidariel » 11 nov. 2018, 03:55

Des avertissements ! Ils n'avaient donc que ça à lui offrir ?

« Soyez maudits » marmonna l'elfe en battant rapidement des paupières pour revenir à ses sens troubles, laissant s'éteindre à ses oreilles percées de boucles en bois poli les derniers murmures lancinants de la forêt. Ce qu'elle avait appris, selon des procédés très différents des perceptions communes, venait de laisser une impression marquée de peur sur son esprit. Elle n'était pas sûre de ne pas en faire de mauvais rêves la nuit prochaine.

« Ce n'est pas ce que je voulais savoir ! »

Elle avait craché ces mots avec un dépit sincère. Morwen était une guerrière dans l’âme, elle trouvait son plus grand courage dans l’adversité : et les arbres n’avaient fait que la mettre en garde. Elle se moquait bien du comment et du pourquoi, et même du qui ! Ce qui lui importait, c’était le; trouver l’ennemi, lui tendre un piège, le frapper dans le défaut de la cuirasse. Ces questions étaient demeurées sans réponse et, impulsive comme elle l’était l’elfe n’en concevait qu’une énième irritation de la journée.

Elle se tourna vers le chasseur en le fixant les yeux étrécis comme s’il était le responsable de tous ses malheurs.

« Ce n’était pas tout à fait inutile mais j’espérais mieux. Vous voulez une mauvaise nouvelle, j’en ai une : les choses sont pires que je le craignais, et je suis prête à parier qu’elles le sont davantage que ce que vous craigniez aussi. »

Elle lui décocha un sourire sarcastique : c’était ce qui se rapprochait le plus de l’humour chez l’Asrai. À l’image du dieu farceur des danseurs de guerre elle savait rire des choses cruelles. Elle ne riait d'ailleurs quasiment plus que de ça.

« Quand le sénéchal Albrecht m’a expliqué la situation j’ai supposé que les maux de cet endroit n’étaient liés qu’à une bande d’hommes-bêtes s’étant regroupés ici après la Tempête d’il y a quatre ans. Mais il semble qu’il y a davantage à l’œuvre » confia-t-elle les sourcils froncés, son regard s’évadant quelque part au-dessus de l’épaule de Boerich.

Tout ceci la ramenait autant de temps en arrière. Les combats passés avaient failli la briser ; d’ailleurs, à y bien réfléchir, c’était ce qui s’était passé. Elle n’était qu’une lame cassée en comparaison de la combattante d’autrefois, et si elle rechignait à quêter l’aide des esprits des bois c’était parce qu’à l’heure d’aujourd’hui elle n’était aucunement certaine d’avoir le dessus en cas de problème. Ils étaient, à l’image des elfes, aussi prompts à dispenser leur aide que leur colère.
La morsure de l’amertume se fit à nouveau ressentir cruellement sur son âme, et Morwen en frissonna.

Haussant les épaules pour se débarrasser de cette sensation désagréable elle prit lentement le chemin du retour, à la fois hâtive de retrouver la sécurité toute relative du village et renâclant de s’enfermer dans une communauté humaine.

« Vous êtes un traqueur, Wiehler. Vous savez comme moi qu’il n’y a pas énormément de façons différentes d’attraper une proie. » Son ton avait un peu perdu de sa suffisance tandis qu’elle se rendait compte du peu d’options qu’il lui restait pour mener à bien sa tâche. Deux, en totalité, et elle savait d’avance que l’homme en refuserait catégoriquement une. « Aller la chercher dans sa tanière ou lui tendre un piège lorsqu’elle va se nourrir. Je sais laquelle vous préférez… j’ai vu vos prises. Et vous n’êtes pas un imbécile, pour un humain. »

Venue de quelqu’un d’autre la pique aurait pu être amicale. Dans la situation présente, rien n’était moins sûr.

« Je pourrais vous dire que les hommes-bêtes ne sont pas si difficiles à appâter, en dépit de leur ruse innée. Ils n’ont pas eu la vie très éprouvante par ici – en tous cas pas assez pour partir – et la confiance est la première ennemie de la prudence. Ce sont des créatures avides par nature : nous pourrions très bien leur présenter de quoi les faire saliver, telle qu’une fausse cérémonie avec une foule, une procession ou que sais-je, et les attendre à proximité avec toutes nos armes. Mais quelque chose me dit que vous ne risqueriez pas les vies de vos concitoyens sur mon seul conseil » ironisa Morwen en marquant une halte, la lance reposant entre ses épaules tatouées de bleu. « Aussi si vous préférez la manière forte et que vous n’avez pas peur du noir, nous pourrions nous mettre à leur recherche la nuit prochaine, et celles d’après, jusqu’à les débusquer pour de bon. Il sera alors temps de rassembler nos… alliés… et de les affronter sur leur terrain. Je n’ai pas besoin de souligner que c’est la possibilité la plus stupide, n’est-ce pas ? »

Elle pouvait presque entendre Athras, le guérisseur de Laurelorn à qui elle devait sa survie, la sermonner vertement pour son discours. Penser à un visage amical lui réchauffa le cœur et c’est des yeux adoucis qu’elle releva vers Boerich en attendant sa réaction.
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Re: [Morwen Nidariel & Piero Orson] Quand les Hommes redeviendront des Bêtes

Message par [MJ] Ombre de la Mort » 13 nov. 2018, 15:12

Karl parut satisfait en entendant la réponse du Tiléen sur ses aptitudes martiales. Faisant fi des petites piques lancées par ce dernier, Karl se leva et alla se poster devant la fenêtre la plus proche, semblant regarder quelque chose qui se déroulait au loin. Il croisa les mains derrière son dos, restant silencieux.
-Attendez ! Si ié mé salit les bottes pour lé village ié pourrai sortir de cette cage ? Ié mé porte volontaire Herrrrr....Garde.
Se retournant vers la geôle, Karl considéra Piero.
ImageKarl Lulz: Cela va de soi. Un service rendu en échange des troubles que vous avez généré. Soit. Vous allez venir avec moi, nous aider à régler un épineux problème pour le compte de Beeckerhoven. Ou nous mourrons dans la tentative. Mais j’ose espérer que nous n’en arriverons pas jusque-là. Nous comptons tous sur vos compétences au sabre, Herr da Trantio…

Je me dois de souligner qu’il s’agira d’une tâche dangereuse. Dans la forêt, sans aides hormis le groupe qui sera détaché à la résolution du problème, dont nous ferons partie. Je veillerai personnellement à ce que vous accomplissiez votre tâche et vous pourrez vous considérer comme blanchi de vos actes aux yeux de notre communauté et des lois du Nordland.

Acceptez-vous le marché ?
Karl sortit le trousseau de clés et le fit tourner dans ses mains en fixant Piero. L’heure du choix pour l’explorateur du sud…

  • Pendant ce temps, au dehors...
« Ce n’était pas tout à fait inutile mais j’espérais mieux. Vous voulez une mauvaise nouvelle, j’en ai une : les choses sont pires que je le craignais, et je suis prête à parier qu’elles le sont davantage que ce que vous craigniez aussi. »
À vrai dire, Boerich Wiehler se doutait depuis quelques temps déjà que quelque chose, en fond, clochait. Il avait vu certains signes et, à défaut de parler aux arbres, sa longue carrière de trappeur nordlander lui permettait d’en tirer certaines conclusions.
Il écouta ce que Morwen avait à lui dire de ses visions sylvestres. Il écouta ses premières ébauches de plan, empreintes de la fougue guerrière qui transparaissait tant dans le comportement et les propos de l’elfe depuis qu’ils s’étaient rencontrées un peu plus tôt dans la journée. Un sourire sardonique passa furtivement sur le visage du trappeur en entendant l’idée de la procession. Effectivement, ce n’était pas envisageable. Moralement inconcevable. La ville avait de toute façon déjà suffisamment souffert.
« Aussi si vous préférez la manière forte et que vous n’avez pas peur du noir, nous pourrions nous mettre à leur recherche la nuit prochaine, et celles d’après, jusqu’à les débusquer pour de bon. Il sera alors temps de rassembler nos… alliés… et de les affronter sur leur terrain. Je n’ai pas besoin de souligner que c’est la possibilité la plus stupide, n’est-ce pas ? »
ImageBoerich Wiehler: Cela dépendra de la façon dont nous aborderons la situation le moment venu. Je pense que nous pourrions, dans un premier temps, partir à leur recherche et, dans un second temps, décider de la meilleure façon pour procéder à leur éradication. Une fois que nous aurons tous les paramètres en tête. Nous ne savons pas, pour l’heure, où ces abominations se terrent, l’environnement de leur cachette, la facilité d’accès, etc.

Je suppose que Karl ne devrait plus trop trainer à revenir. Il doit être calmé, à l’heure qu’il est. Je vous demanderai néanmoins d’éviter d’en revenir à la situation de tout à l’heure, pénible pour nous tous. Modérez vos propos, tant est que cela soit possible. Nous semblons tous œuvrer à la même chose, tendre vers le même but, des terres et forêts plus sûres dans le Nordland. Inutile d’instiller la rancœur au sein du groupe.
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Re: [Morwen Nidariel & Piero Orson] Quand les Hommes redeviendront des Bêtes

Message par Piero Orson » 14 nov. 2018, 21:53

"Acceptez-vous le marché ? "

Libertààààààà ! Sortir de cette cage aux barreaux tout sauf dorés était un tel soulagement. Glissant sa main droite et son avant-bras entre lesdits barreaux, l'Estalien de Tilée adressa un regard plein de bravoure à Karl.

I'accepte ! Ié vous l'assure Signore Guardia, vous né regretterez pas dé m'avoir engagé pour combattre lé mal ! Sur mon honneur et lé nom dé mon père ! Moi Piero Orsone Salvadore Manicha Enrico de Riviera di Cruz da Trantio m'engage auprès dé Beeckerhoven jusqu'à la rémission de mes forfaits !
Si son chapeau n'avait pas été négligemment jeté sur un dossier de chaise par un autre garde il aurait fait une révérence avec. L'Honneur c'est sacré, surtout chez un brigand, pas comme ces satanés pirates ! Mais ses pensées s'égaraient. Après tout, ce n'était l'affaire que d'accompagner la milice d'un village impérial paumé dans sa folle mission que de purger les bois maudits qui semblaient infester l'empire comme les champignons le con d'une catin bon marché. Aider son prochain, c'est ce qu'il aurait voulu faire si il n'avait pas trouvé la bouteille et l'aventure dans sa vie. Quoi qu'il y avait le projet de créer une religion dans les cartons aussi. Mais de toute façon pour tout ça il fallait être libre...Et ça allait bientôt être à nouveau le cas !
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