[Friedrich] Le Phare dans la Forêt

Les troupes régulières d'Ostland sont parmi les plus robustes et les plus coriaces de l'Empire, d'où la tête de taureau qu'elles ont adoptée pour emblême. Depuis Wolfenburg, le Comte Valmir von Raukov tient les rennes de cette province du nord.

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Re: Le Phare dans la Forêt [Friedrich]

Message par [MJ] Le Djinn » 23 juil. 2018, 21:21

Les ordres étaient passés et Poigno n'avait pas encore émis de jugement définitif sur la question des réussites de Friedrich. Son esprit vagabondait aux tâches plus immédiates, comme inspecter les bâtiments neufs et avertir les ouvriers et formateurs que le travail ne s'arrêtait pas. L'agitation dans la colonie était palpable, les travailleurs et les soldats fonctionnaient à marche forcée et chaque heure qui passait rapprochait les habitants de l'inévitable affrontement. Beaucoup commençaient d'ailleurs à craindre fortement les monstres des forêts et des rumeurs inquiétantes se propageaient aussi bien chez les civils que chez la milice. Les superstitions et les craintes religieuses dictaient les comportements et les pensaient dans la campagne impériale, aussi le fait que la plupart des présents se méfient comme d'une guigne de la sorcière, pâlissent devant des monstres mythifiés des bois et donne des caractéristiques morphologiques improbables aux nains n'était pas étonnant. Poigno lui-même ne semblait pas épargné, au vu des regards bien trop soucieux qu'il jetait constamment vers les bois.

De leur côté, à leur forge, les nains travaillaient durs, ce qui était normal après tout, ils étaient des courtauds! Huit nains faisaient leur possible dans cet atelier improvisé pour subvenir à la fois aux besoins de la colonie et forger les armes des nouveaux soldats ainsi que des outils en un temps record. Leur chef était un longue-barbe. Poilu noir et sel, les yeux ronds et rapprochés, avec un air de taupe, il portait deux petites lunettes qui mettaient en avant son regard un poil globuleux. Pour autant, son corps puissant et ses mains capables de broyer un bloc d'acier faisaient passer toute envie de lui faire des remarques à propos de son visage disgracieux.
Friedrich avait une bonne vingtaine de minutes pour discuter avec ce chef improvisé qui s'était rapproché quand il l'avait vu, le saluant honorablement. Les nains et les hommes étaient depuis longtemps alliés et, très souvent, les membres de la petite race vivant dans l'Empire avaient appris à respecter ceux qu'ils nommaient les umgis, les mauvais artisans.

En plein dans la discussion, des cris retentirent dans le camp.


-"ALERTE! ON NOUS ATTAQUE!"

Des hurlements arrivaient d'en contrebas. Le camp des bûcherons était attaqué par une vingtaine de monstres aux corps d'hommes et aux têtes d'animaux! Ils étaient tous de tailles humains, certains légèrement plus grands et plus épais. Ils fendaient et taillaient dans la masse des ouvriers. Pourtant tout n'était pas aussi simple que les créatures l'auraient pensées: la stratégie d'Hadler avait été respectée et des armes avaient été cachées sur le terrain, permettant aux bûcherons d'organiser la risposte. Poigno, quant à lui, surgit bientôt avec une dizaine de soldats pour foncer à la rencontre des monstres.

Qu'allait faire Friedrich?
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Re: Le Phare dans la Forêt [Friedrich]

Message par Friedrich Hadler » 06 août 2018, 00:13

L’apparence du chef des nains était conforme à l’idée que Friedrich s’en était faite. Les membres de cette race étaient peut-être petits, mais c’étaient des durs à cuire, du genre à ne pas rechigner face au travail et à l’adversité. Evidemment, ils étaient aussi connus pour se plaindre de tout et n’importe quoi, toujours à grommeler au sujet de quelque chose que ces damnés humains avaient mal fait. Mais au fond, les petits êtres appréciaient la race des « umgi », et celle-ci leur rendait bien. Depuis les temps de Sigmar, malgré des hauts et des bas, une forte alliance et une relation de confiance s’était bâtie entre les deux races.

Depuis, ils avançaient main dans la main face aux dangers communs : peaux-vertes, chaos, monstres,… En l’occurrence, le sergent était on ne peut plus heureux d’avoir une petite dizaine de nains s’occupant de la forge qui venait d’être complètement rénovée : leurs talents de forgeron n’étaient plus à démontrer, et ils produiraient sans doute un équipement précieux pour les défenseurs de Col-de-Ferlangen. C’était de cela que Friedrich voulait s’entretenir avec le longue-barbe qui dirigeait le petit groupe. Le nain avait un visage plutôt laid, il fallait l’avouer, avec ses yeux exorbités et trop proches l’un de l’autre, défaut hélas souligné par le port de lunettes grossissantes.

L’humain le salua avec tout le respect dû à un aîné et un allié auquel il n’était en rien supérieur, et prit la parole :


–Bien le bonjour maître forgeron. Permettez moi d’abord de vous remercier, en mon nom et au nom de tous ces gens, pour être restés à nos côtés malgré les temps pour le moins difficiles que nous vivons. Votre soutien est très apprécié.

Comme vous le savez sûrement déjà, je suis le sergent Friedrich Hadler, et moi et mon collègue Poigno Ertezi sommes en charge de la défense de ce village.

Je venais vous voir pour m’assurer que vous ne manquiez de rien. Les villageois de la mine d’Astrona ont sans doute dû vous apporter des métaux pour approvisionner votre forge, et je suppose que la récupération vous en fournit également.

En effet, je compte dès que possible embaucher et former de nouveaux soldats, et ils auront besoin d’un équipement solide. Des armes, des armures, des flèches et carreaux. Avec la rénovation du bâtiment, serez-vous à même de fournir ces matériels en quantité suffisante pour répondre à la demande ?

De même, si cela est possible, pourra-t-on améliorer les armes et armures des soldats déjà présents ? J’imagine que vous ne chômez pas, mais s’il y a la possibilité d’offrir une meilleure protection ou une meilleure attaque à nos hommes, je ne cracherais pas dessus.

Ensuite, j’y repense, mais seriez-vous capables de forger des runes ? Je sais le pouvoir de vos armes runiques, les douze magnifiques épées des Comtes Electeurs ou le Marteau de Sigmar, le légendaire Ghal Maraz, en sont des exemples frappants, et je ne vous cache pas que toute aide nous sera vitale pour lutter et espérer vaincre notre ennemi.

Enfin, lorsque le jour sera arrivé de nous battre, vous joindrez-vous à nous sur le champ d’honneur ?


Le soldat attendit les réponses de son interlocuteur tranquillement. Il n’était pas pressé, ou du moins le pensait-il. Car il ignorait qu’une attaque homme-bête se préparait dans son dos.
***


Lorsque l’alerte retentit, Friedrich réagit au quart de tour. L’adrénaline courait dans ses veines, car il savait qu’en ce moment, des vies se jouaient. Chaque seconde comptait, aussi prit-il sommairement congé du longue barbe d’un bref :


–Excusez-moi, mais je dois y aller tout de suite !

Avant de foncer vers la forêt. Tout en courant, le militaire hurla aux civils qu’il croisait de se mettre à l’abri chez eux, et aux soldats et miliciens de le suivre. A la tête de la patrouille, Poigno rappliquait déjà. Si tout avait été bien mis en place, la force de réaction rapide serait bientôt là également. En tout une vingtaine de réguliers, plus les ouvriers armés. Les autres rappliqueraient ensuite, peu à peu. Mais les monstres étaient nombreux aussi ! Beaucoup plus que le sergent ne l’aurait imaginé : une vingtaine en tout.

Une autre pensée vint à l’esprit de notre héros, vite évacuée cependant par l’urgence « et Ornevin ? » Il était dans la forêt avec des hommes. Si la chance était avec eux, il pourrait rappliquer et prendre les monstres en tenaille, ce qui permettrait de les massacrer en perdant le moins de monde possible, et ce serait un coup dur porté à l’ennemi. Si en revanche ils étaient malchanceux, alors le répurgateur et ses hommes avaient été surpris, tombés nez-à-nez avec cette troupe et étaient tous morts à l’heure qu’il était.

Pour l’instant, Friedrich analysa rapidement la situation en sortant du village, prenant le temps de vérifier visuellement que l’attaque du camp n’était pas qu’une diversion pour permettre à d’autres hommes-bêtes de pénétrer dans le village, sans quoi il tenterait de les intercepter tout en criant pour signaler leur position. Une fois cette précaution prise, il se lança à la charge, l’épée au clair, le bouclier levé. Il était responsable de ces gens, et il ferait tout pour éviter des morts par sa faute. Faisant un moulinet avec son arme, il fonça donc en criant à la fois pour redonner courage aux siens et effrayer l’adversaire :


–PAR MYRMIDIA, RETOURNEZ AUX ENFERS, BETES IMMONDES ! POUR L’EMPIRE, POUR L’OSTLAND, CHARGEZ !
Je tente de les attaquer au corps à corps. 2 attaques 1 parade avec le bouclier pour la manière. Si je peux je me place au premier rang de manière à protéger les bûcherons. J’attaque d’abord les plus forts. S’ils fuient ou qu’on est sur le point de tous les tuer, je tente d’en capturer un vivant.
Lien fiche wiki : http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... ich_hadler

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Compétences :
• Sang-froid : Votre personnage a ce qu'on appelle des «nerfs d'acier». Il sait rester maître de lui-même dans les situations les plus dangereuses. Bonus de +1 sur n'importe laquelle de ses caractéristiques lors de la réalisation d'une action dans un climat de stress et de tension mentale.

• Coups puissants : augmente les dégâts occasionnés à ses adversaires de + 1D3 pts de dégâts.

• Autorité : bonus de +1 lorsque, confronté à des militaires, il essaye de faire prévaloir son autorité, ses ordres etc.,

• Arme de prédilection : épées à une main : Bonus de +1 en ATT lorsqu'il en utilise en combat. Par contre, lorsqu'il utilise une autre arme que son arme de prédilection, il reçoit un malus de -1 en ATT et en PAR pendant les 1D3 premiers combats qu'il livrera avec cette arme, le temps qu'il s'y adapte.

• Alphabétisation : Votre personnage est capable de lire et d'écrire les langages utilisant l'alphabet du vieux monde s'il comprend ce langage.

• Langage secret : jargon de bataille : Votre personnage sait parler le jargon des batailles.

• Anticipation : Votre personnage, au combat, arrive à prévoir les réactions d'un ennemi. Pour analyser le style de combat de son adversaire direct, il lui faudra 2 rounds entiers. A partir du 3ème round, cette compétence lui permet d'avoir un bonus de +1 en ATT et en PAR contre ce seul adversaire. (Pour bénéficier de ce bonus contre un autre adversaire, il lui faudra l'avoir combattu pendant au moins 2 rounds)

• Adresse au tir (arcs) : +1 en TIR avec un arc.

• Volonté de Fer : Votre personnage se révèle être particulièrement très résistants à la peur, aux attaques mentales et à tout ce qui pourrait tenter de briser sa volonté. Il obtient +1 aux tests pour résister à un contrôle mental, à la peur etc…

• Parade : Double les points de parade de l'arme ou du bouclier utilisé.


Equipement de combat : • Devoir (épée à une main) (18 +1D10, 12 Parade) Les morts-vivants, les démons etc… Que la lame touche subissent 1d6 dégâts de plus
• Bouclier d'acier (6+1d6 dégâts, 16 parade)
• Epée à une main (16 +1D8, 12 Parade)
• Cotte de mailles (9 protection, tout sauf tête -1 HAB, ATT et PAR)
• Arc court (26+1D8, -2 TIR/16 m)

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Re: Le Phare dans la Forêt [Friedrich]

Message par [MJ] Le Djinn » 18 août 2018, 16:11

Le vétéran nain avala goulûment une bière brune contenue dans une outre de cuir tout en écoutant les dires de ce jeune sergent qui, quelque part, l'ennuyait dans son travail plus qu'autre chose. Si on rajoutait à cela la tendance de Friedrich à expliquer dans de longs discours des choses qu'il aurait pu demander peu à peu, on comprenait facilement le mal de crâne du forgeron qui tenta tant bien que mal de se souvenir et de répondre à toutes les questions.

-"Ouais ouais... J'sais qui vous êtes, tout le village parle que d'vous et d'votre collègue depuis votre arrivée… Pour répondre, on est comme tout le monde ici: on a besoin de tout en abondance et on manque de tout partout. Pas assez de bois, pas assez de fer, pas assez d'acier… Bon on utilise c'qu'on trouve, on découpe des outils, on fait fondre des chênes et on fait brûler le mobilier, on se débrouille quoi, histoire de pas faire un travail d'umgi, hein."

Les questions concernant directement les soldats posèrent au représentant du petit peuple plus de problèmes. Las, il se tourna vers sa forge et ses aides qui faisaient littéralement feu de tout bois et laissaient à fondre des chaînes et des bêches pour en tirer du métal supplémentaire.

-"Avec c'qu'on a là on devrait pouvoir équiper plus d'hommes sans trop de problème, par contre les équiper de bon matos ça va être problématique. C'est que le métal qu'on a ici est pas d'assez bonne qualité pour faire autre chose que des épées moyennes et des protections de mailles pas géniales? C'est presque honteux en fait, mais on est en guerre hein?

Par contre y'a p'têt une solution. Les saloperies dans ces bois en sont sorties durant la grande guerre d'il y a cinq ans. J'suppose qu'ils ont dû démolir pas mal de bons soldats ou d'preux chevaliers et récupérer leur armement, de bonne qualité celui-là. Si vous en trouvez et que vous me les ramenez, j'saurai équiper quelques hommes avec de belles épées ou de vraies armures bien dures. Par contre y'en aura sans doute pas beaucoup, alors vous d'vrez faire gaffe à qui vous les donnez...

Par contre les runes vous oubliez. J'sais pas faire et personne dans le coin n'est maître des runes et, entre nous, faudra être une sacrée tête de pioche pour qu'un forgeron runique accepte de vous placer une rune sur l'épée..."


------------------------------------------------------------------------------------------------

Le combat faisait rage au pied des bois. Les hommes-bêtes, surpris par les armes cachées des bûcherons, n'étaient pas parvenus à les mettre tous à mort, malgré des pertes notables. Ils furent ainsi cueillis sur leur flanc par Poigno et ses hommes ainsi que Friedrich qui arrivait près d'eux. Un bestigor repéra d'ailleurs le sergent Hadler et, souhaitant sans doute prouver sa valeur au combat, traversa la mêlée pour aller à sa rencontre.
Un bestigor attaque Friedrich. Il est équipé d'une armure de cuir légère et d'une hache à double tranchant.

Round 1:
Le duel commence, Friedrich est plus rapide!

Friedrich attaque: Votre attaque a échoué (16).

Le Bestigor attaque: Votre attaque a échoué (18).

Friedrich attaque: Votre attaque a réussi (4), localisation: tête. La parade de votre adversaire a échoué (20): échec critique! Pas de parade d'action mineure au prochain tour! Vous lui infligez une perte de 38 PV. Il en reste 27 au Bestigor.

Round 2:

Friedrich attaque: Votre attaque a réussi (2), localisation: tête. Vous lui infligez une perte de 32 PV. Le Bestigor est mort!

+2 xps pour ce combat rondement mené.
Le duel fût de très courte durée. Sans doute que cet homme-bête était un jeune voulant prouver sa valeur au reste de la harde, car son assaut irréfléchi sur un adversaire dont il ne connaissait pas la valeur lui fût fatal. Quelques secondes à peine après que le combat eut commencé, le monstre gisait au sol, Devoir à travers le crâne. Un épais sang noir en sortit et les hommes-bêtes commencèrent à refluer vers la forêt, constatant qu'ils n'arrivaient à rien. Friedrich tenta d'en capturer un en se jetant sur lui de façon à le plaquer au sol et l'assommer.
Trois tests de force comparés, tu dois en réussir au moins deux:

Friedrich vs Ungor:

9 vs 19, Friedrich gagne.

19 vs 13, l'Ungor gagne.

12 vs 15, Friedrich gagne.

L'Ungor est capturé.

La manœuvre fonctionna et l'homme-bête fût bientôt à terre, rapidement ficelé par les bûcherons et les soldats avant d'être ramené au campement. Poigno vint faire un rapport: quatre bûcherons et 2 soldats étaient morts contre environ neuf hommes-bêtes. Les blessés s'en remettraient assez aisément pour ne pas être comptabilisés. Pour autant ces chiffres masquaient une réalité plus sombre: ils n'étaient dû qu'à la surprise des attaquants qui n'attendaient aucune résistance et ont commis des imprudences. Ils ne le referaient pas deux fois.
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Re: [Friedrich] Le Phare dans la Forêt

Message par Friedrich Hadler » 23 déc. 2018, 13:36

Les réponses du maître forgeron n’étaient dans l’ensemble guère surprenantes. Comme il fallait s’y attendre, les nains manquaient de tout, mais faisaient de leur mieux avec le peu qu’ils avaient. Ces trésors d’ingéniosité qu’ils déployaient pour faire leur travail envers et contre tout étaient remarquables, et l’opiniâtreté de la petite race se démontrait là encore une fois. Une information, en revanche, parut plus notable que les autres à Friedrich Hadler. Il semblait –et il n’avait aucun mal à le croire- qu’à la suite des combats de la tempête du chaos, de nombreux soldats bien équipés ainsi que de preux chevaliers avaient péri en ces lieux, tués par les hommes-bêtes. Ces derniers auraient récupéré une partie de leur équipement qui se trouverait maintenant dans la forêt. Le nain expliqua que s’ils pouvaient mettre la main dessus à nouveau, lui et ses suivants seraient capables de forger une petite quantité d’armures ou d’armes de meilleure qualité.

Une telle perspective était intéressante, même si elle n’était pas prioritaire. Risquer de perdre des hommes uniquement pour la potentialité hasardeuse de rapporter du matériel lui paraissait une folie. En revanche, Hadler avait prévu dans tous les cas de pousser une reconnaissance dans la forêt, et de profiter de toutes les opportunités qui s’offriraient alors à lui de faire mal aux chaotiques. A cette occasion, ils pourraient peut-être récupérer du matériel en passant. C’est alors qu’il réfléchissait à cela que l’alarme retentit et qu’il dut prendre congé précipitamment.


***


A l’orée de la forêt, la bataille faisait rage. Sanglante, impitoyable, elle opposait les monstrueuses créatures mutantes du chaos aux courageux bûcherons et aux renforts qui affluaient déjà. L’assaut initial semblait avoir causé des dégâts importants parmi les humains. L’effet de surprise avait probablement dû jouer en la faveur des hommes-bêtes, et leur avait permis d’infliger plusieurs pertes. Mais cet effet de surprise s’était retourné contre eux, dans un second temps, grâce aux armes cachées sur place qui avaient permis une riposte aussi prompte qu’inattendue. Les pertes s’équilibraient donc. A cet instant, l’issue paraissait incertaine.

L’arrivée de Friedrich d’un côté, de Poigno et de ses hommes de l’autre déséquilibra complètement la balance. Submergés, surclassés, les monstres ne tirent que quelques dizaines de secondes de plus avant de refluer vers la forêt, reconnaissant leur défaite.

Au cours de l’affrontement, le sergent Hadler combattit contre un ennemi unique, particulièrement puissant. L’adversaire était notablement plus grand et plus costaud que la plupart de ses camarades, dont il partageait pourtant l’allure globale. Pour le peu que Friedrich en savait, il devait sûrement faire partie de l’élite des hommes-bêtes, la catégorie la plus forte des trois types principaux d’humanoïdes, que l’on nommait « bestigors ». L’on racontait que ces monstruosités cherchaient systématiquement à affronter les ennemis les plus forts afin de prouver leur valeur et leur supériorité. Apparemment, à en juger par le comportement de cet individu précis, cela était vrai. Aussi, une sorte de combat singulier s’engagea en marge de la mêlée.

Le bestigor était légèrement protégé, mais maniait avec une facilité déconcertante une lourde hache à deux mains dont les tranchants redoutables étaient menaçants. Il ne faudrait pas le sous-estimer. Sans doute l’homme-bête n’avait-il pas partagé cette analyse. En effet, le bourrin se jeta droit sur lui, dans un premier assaut frontal assez prévisible que le sergent évita d’un pas de côté. Au passage, Friedrich tenta une attaque qui ne trouva pas sa cible. Dommage ! Mais ce n’était que partie remise, car il était maintenant mieux placé, car le monstre, emporté par son élan, était passé devant lui et lui tournait maintenant le dos. Fatale erreur de débutant ! Enchaînant sur sa lancée, notre héros n’eut qu’à pivoter sur lui-même pour frapper d’estoc derrière le crâne déformé et cornu de la créature. L’épée bénie pénétra la chair et frappa l’os qui résista une fraction de secondes. Puis, dégageant son bouclier, le sergent appuya du plat de sa deuxième main sur le pommeau de son épée et le crâne céda avec un bruit de craquement sinistre, tandis que la lame le traversait de part en part.
Devoir avait mis mit fin à l’existence de la bête humanoïde aussi promptement et proprement que possible.

Autour de lui, les hommes-bêtes refluaient partout, pour éviter de tomber sous les coups des soldats plus nombreux. Sans attendre une seconde de plus, le sergent Hadler se précipita sur l’un d’entre eux, l’un des plus petits, afin de l’empêcher s’enfuir. L’humain fonça sur l’ungor qui fuyait et le plaqua au sol avec un cri rauque. S’ensuivit une dure lutte au corps à corps, où l’un luttait pour se dégager, l’autre pour maîtriser son adversaire. L’énergie du désespoir semblait animer l’homme-bête, et pour cause : chaque seconde qu’il passait voyait ses camarades s’éloigner, sans même un regard pour lui, tandis que les compagnons de Friedrich, eux, viendraient l’aider s’il tenait assez longtemps. L’ennemi se débattait, ruait, hurlait comme une bête sauvage prise au piège. Rien n’y fit, le sergent tint bon, non sans efforts.

Couvert de sueur, tous les muscles tendus, le sergent cria :


–J’en tiens un ! Venez m’aider ! Argh… Mais vas-tu cesser de frétiller comme un poisson toi !?

Rapidement, ses hommes convergèrent vers lui, et avec un bon coup de pommeau sur le crâne et quelques cordes autour des poignets et des chevilles, l’affaire fut expédiée en deux temps trois mouvements. Soufflant comme un bœuf, Friedrich roula de côté et resta allongé quelques secondes sur le dos afin de reprendre son souffle. Puis il aperçut son ami qui entra dans son champ de vision et lui tendit la main pour l’aider à se relever. Acceptant volontiers l’aide, notre héros se remis sur ses pieds et épousseta son uniforme pour le débarrasser du gros des feuilles mortes et de la terre qui s’y étaient collés. Puis il s’essuya le front du revers de la manche et essuya sommairement la lame son épée qu’il remit au fourreau.

C’est alors que le sergent Ertezi lui apprit la triste nouvelle. Six hommes en tout étaient décédés lors de l’attaque, quatre bûcherons et deux soldats. C’était beaucoup, mais ce bilan aurait pu être bien pire si les bûcherons n’avaient pas eu d’armes à portée pour se défendre. Du côté des hommes-bêtes, neuf monstres étaient couchés par terre et ne se relèveraient plus, en plus de l’ungor capturé.


–Merde.

S’il n’était pas coutumier des grossièretés, c’était tout ce que Friedrich avait en tête à l’instant T. Chacun des hommes qui étaient mort aujourd’hui était un brave. S’ils avaient fui au lieu de se battre et de riposter, les pertes eussent été bien pires. Mais il n’empêchait qu’il n’était pas agréable de voir mourir des gens sous sa responsabilité. Des gens qui avaient cru en lui, des gens qui avaient compté sur lui pour les défendre, les protéger. Ces gens étaient morts, maintenant, et pas lui.

Cette simple perspective lui fit serrer les dents et les poings, et il dut se retenir pour ne pas que les larmes ne lui montent aux yeux. C’était injuste. Profondément injuste. Pourquoi eux et pas lui ? Sans doute que parmi ces morts, certains avaient une famille, des enfants. Lui n’en avait pas.

Rapidement, Hadler se ressaisit. Il ne devait pas se laisser submerger par ses émotions de la sorte. Il ne pouvait plus rien y faire de toute façon, il devait continuer à assumer ses choix et à minimiser au maximum ses pertes. Il n’avait pas à culpabiliser d’avoir survécu, et il avait fait de son mieux. Les fautifs, c’étaient ces monstres et pas lui ou Poigno. La seule chose qu’il devait faire, c’était se reprendre et défendre ce village, coûte que coûte.

Déterminé, il se tourna vers les bûcherons et les soldats, et les félicita pour leur réaction et intervention rapide.

Puis il s’adressa à Poigno :

–Il va falloir adapter le dispositif maintenant. On ne pourra plus compter sur la surprise, désormais. Ils ne feront pas deux fois la même erreur. Je pense qu’on devrait laisser les armes, mais mettre en plus une garde fixe pour protéger le camp de bûcherons, au moins aux heures de travail, qu’en penses-tu ?
On pourrait également piéger les abords de la forêt avec un pisteur, afin de réserver une bonne surprise à ces monstres s’ils décident de revenir nous faire une visite à l’improviste.


Après avoir pris l’avis de Poigno sur ces deux nouvelles mesures défensives envisagées, Friedrich s’occuperait d’aller annoncer la nouvelle aux familles et aux proches des malheureux. C’était une tâche ingrate, difficile, mais en tant que chef, elle lui incombait. Par ailleurs, pour remonter le moral des villageois tout en montrant aux monstres qu’ils n’avaient pas peur d’eux et en guise d’avertissement, Hadler proposa à son camarade sergent de couper les têtes des hommes-bêtes tués et de les mettre sur des piques à quelques dizaines de mètres de la lisière de la forêt, bien en vue de la ville comme des sous-bois. La situation n’était pas catastrophique : ils avaient tué plus qu’ils n’avaient eu de pertes, et il fallait à tout prix entretenir un climat de confiance, quitte à enjoliver cette victoire.

Ensuite, il faudrait au plus vite interroger l’ungor et attendre le retour d’Ornevin. Les constructions et recrutements divers avançaient bien, et dans les jours à venir, il serait plus que temps de prendre l’initiative et de passer enfin à l’offensive, histoire de montrer aux monstres qu’ils étaient aussi capables de frapper et qu’ils ne les craignaient pas.
Modifié en dernier par [MJ] Le Djinn le 25 déc. 2018, 13:30, modifié 1 fois.
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• Coups puissants : augmente les dégâts occasionnés à ses adversaires de + 1D3 pts de dégâts.

• Autorité : bonus de +1 lorsque, confronté à des militaires, il essaye de faire prévaloir son autorité, ses ordres etc.,

• Arme de prédilection : épées à une main : Bonus de +1 en ATT lorsqu'il en utilise en combat. Par contre, lorsqu'il utilise une autre arme que son arme de prédilection, il reçoit un malus de -1 en ATT et en PAR pendant les 1D3 premiers combats qu'il livrera avec cette arme, le temps qu'il s'y adapte.

• Alphabétisation : Votre personnage est capable de lire et d'écrire les langages utilisant l'alphabet du vieux monde s'il comprend ce langage.

• Langage secret : jargon de bataille : Votre personnage sait parler le jargon des batailles.

• Anticipation : Votre personnage, au combat, arrive à prévoir les réactions d'un ennemi. Pour analyser le style de combat de son adversaire direct, il lui faudra 2 rounds entiers. A partir du 3ème round, cette compétence lui permet d'avoir un bonus de +1 en ATT et en PAR contre ce seul adversaire. (Pour bénéficier de ce bonus contre un autre adversaire, il lui faudra l'avoir combattu pendant au moins 2 rounds)

• Adresse au tir (arcs) : +1 en TIR avec un arc.

• Volonté de Fer : Votre personnage se révèle être particulièrement très résistants à la peur, aux attaques mentales et à tout ce qui pourrait tenter de briser sa volonté. Il obtient +1 aux tests pour résister à un contrôle mental, à la peur etc…

• Parade : Double les points de parade de l'arme ou du bouclier utilisé.


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Re: [Friedrich] Le Phare dans la Forêt

Message par [MJ] Le Djinn » 29 déc. 2018, 11:27

Tu m'excuseras mais comme tu n'as pas décrit beaucoup d'actions au septième jour je vais considérer qu'on passe à la journée suivante, il y a d'ailleurs beaucoup à faire et beaucoup à en dire!
Les mesures de renforcement des effectifs furent évidemment très bien accueillies par les bûcherons présents. Une telle attaque allait mettre les nerfs des ouvriers à bout et les rassurer en leur offrant des bras armés supplémentaires ne pouvait que les ravir. Du côté des soldats on était un peu moins partant pour tenir la garde sur cet abord dangereux mais les hommes comprenaient la nécessité de la tâche. Le fardeau des décapitations et du placement des têtes sur des piques fut par contre entendu de façon mitigée. Bien sûr les ostlandais étaient habitués à bien pire mais cette pratique, bien qu'à l'efficacité prouvée, sonnait un peu barbare. Les hommes ne se firent cependant pas prier longtemps et commencèrent bien vite la besogne à la force de l'épée.

Les annonces aux familles des victimes furent, comme on pouvait s'y attendre, poignantes. La rumeur de l'attaque s'était rapidement répandue dans Col-de-Ferlangen et tout le monde priait les dieux pour qu'un proche ne soit pas emporté par la vague. Pour certains, malheureusement, la journée de travail s'était finie pour l'éternité. De nombreuses larmes coulèrent, des enfants notamment; certaines femmes restèrent vaillantes et courageuses, par pudeur ou par force d'âme. Il y aurait beaucoup de prière à Morr cette nuit là, certains maudiraient le nom d'Hadler, d'autres y placeraient leurs derniers espoirs. Il n'en restait pas moins que cette journée serait marquée par une victoire mineure et que la plupart des habitants en seraient plus qu'heureux.
Une fois que toutes ces tâches furent remplies, les deux sergents purent profiter d'un repos bien mérité sous leur tente.

Aube du septième jour: 23 jours restants.
La mâtinée commençait à peine quand les deux militaires sortirent de leurs quartiers pour l'inspection du jour. Il y avait en effet beaucoup à inspecter aujourd'hui: l'oratoir de Sigmar était finalement achevé, une simple rangée de chaises avec un petit autel derrière lequel on pouvait se positionner pour parler et être entendu de la foule. A côté, une maisonnette avait été construite à la hâte pour la sorcière, laquelle était partie chez elle chercher son chat et ses livres avant d'emménager pour de bon. Enfin, le bordel était préparé et les femmes de petite vertu y affluaient déjà, se préparant à offrir moult services à leurs clients, notamment les soldats. Elles n'étaient toujours pas bien nourries et affichaient ces airs tristes de chien battu mais au moins elles auraient un toit décent où exercer.

Plus inquiétant, en revanche: aucune trace du répurgateur et de sa suite, toujours perdus en forêt. Quelques personnes s'amusaient à dire qu'au vu du lascard il était mieux qu'il reste où il était. Pourtant Ornevin aurait été un allié utile.

C'était après deux heures de son temps que Friedrich qui se promenait seul fût interrompu par un paysan qui le cherchait. Celui-ci paraissait agité, voire apeuré, il s'excusa presque de parler au militaire:


-"Scuzez moi sergent, mais c'matin, alors qu'j'allais chercher d'bois, y'a une voix super bizarre qui m'a parlé… Elle m'a dit qu'elle devait vous parler seul à seul uniquement… Elle a dit qu'elle vous attendrait à midi dans les bosquets derrière l'campement et que c'était très important qu'vous soyiez seul, qu'elle avait un truc important à vous dire..."
Sur le PC que j'utilise en ce moment je n'ai pas la fiche récapitulative du campement, j'essayerai de mettre à jour tout ça quand je la récupérerai, sans doute lundi.
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Re: [Friedrich] Le Phare dans la Forêt

Message par Friedrich Hadler » 05 janv. 2019, 22:48

J’aurais bien questionné l’ungor dans la foulée le 6ème jour quand même, mais tant pis va pour le matin du 7ème.^^
Le matin du septième jour fut assez riche en occupations pour les deux commandants de Col-de-Ferlangen. En premier lieu, il fallut inspecter les différentes constructions terminées. Ne restaient plus en construction qu’un second moulin et surtout l’échoppe du commerçant, qui seraient terminées dès le lendemain matin si tout se passait bien. Le 8ème jour au matin seraient également enfin formés et disponibles les dix ouvriers supplémentaires qu’il avait demandés et qui seraient sans doute très utiles surtout au vu des pertes subies la veille, ainsi que les 4 pisteurs qui viendraient lui fournir un appui et une force de reconnaissance plus importante que celle dont il disposait déjà, très réduite puisque composée uniquement d’un seul forestier.

Concernant l’exécution des travaux, celle-ci était sommaire, mais fonctionnelle. Tant mieux, ils n’étaient pas là pour accomplir du travail de maître architecte, mais des bâtiments simples et robustes, capables de répondre aux besoins de la population.

Pour les soldats qu’il avait employés jusqu’ici à la construction (par roulement certes afin que chacun mette la main à la pâte), et qui étaient maintenant libérés de cette tâche, Hadler ne comptait pas les laisser chômer. Malheureusement, le léger déficit de ressources en bois dû à l’attaque sanglante de la veille l’empêcherait d’employer ses hommes à leur plein potentiel. En conséquence, seuls cinq d’entre eux iraient travailler à établir une nouvelle construction qu’ils connaissaient particulièrement bien, à savoir aménager un terrain d’entraînement pour soldats afin de pouvoir former et recruter d’autres hommes de front. Les autres renforceraient la garde, notamment près des bucherons.

En ce qui avait trait aux ressources dont ils disposaient, Friedrich s’assura de ses yeux que son calcul était exact en allant inspecter les stocks. Le ravitaillement semblait fondre à grande vitesse, cependant, ce fait n’était pas très inquiétant puisqu’ils disposaient de grandes réserves et surtout qu’ils allaient bientôt disposer d’un second moulin et de nombreux ouvriers à y affecter. Cela permettrait de résoudre durablement leurs problèmes de nourriture, et même d’envisager de dégager un petit excédent qui leur serait très utile en vue des développements futurs envisagés, tant en bouches à nourrir supplémentaires qu’en monnaie d’échange. Le bois avait hélas subi une chute de production à cause des tragiques évènements de la veille, mais la casse avait heureusement été limitée : elle n’avait pas été stoppée, et ils disposaient encore d’assez de réserves pour conserver une liberté d’action. Le plus problématique, à court terme, serait l’argent, mais la seule manière d’en gagner serait d’attendre que l’étal du commerçant soit construit et leur permette de vendre leurs ressources excédentaires contre de l’argent sonnant et trébuchant. En effet, construire des infrastructures et nourrir les travailleurs et militaires était important, mais il faudrait aussi recruter en masse en prévision de la bataille à venir, et pour cela, il aurait besoin de davantage de fonds qu’il n’en possédait actuellement.

Rassurés par cette inspection matinale conjointe, les deux sergents se préparèrent ensuite à une tâche plus ingrate : l’interrogatoire de l’ungor capturé la veille. Ils se dirigèrent vers la bâtisse, et c’est à cette occasion, alors que Friedrich avait fait un léger écart seul pour vérifier si on personne n’avait vu Ornevin durant la matinée, qu’il fut abordé par le paysan au message mystérieux. Le militaire ne sut pas trop quoi penser de ce message. Il tenta de questionner l’homme plus avant sur ce qu’il avait vu et entendu, mais n’obtint pas d’avantage d’informations, c’est pourquoi il le remercia et prit congé, puis rejoignit Poigno à l’interrogatoire, pensif.

Une telle proposition n’était à refuser à la légère : dans leur position, les défenseurs de Col-de-Ferlangen avaient besoin de toute l’aide disponible, et ne pouvaient se permettre de refuser quelque chose de potentiellement positif, ou du moins d’important. Mais d’un autre côté, il était très possible qu’il s’agisse d’un piège. Fort heureusement, Friedrich entrevit rapidement une solution qui ménagerait la chèvre et le chou, et c’était tant mieux car il n’aurait pas eu le temps de se prendre la tête à réfléchir longuement sur le sujet.

Ne s’occupant donc plus de cela, il rentra dans la pièce ou l’homme-bête était enfermé. Ils allaient le questionner, du moins à la condition que l’ungor maîtrise un tant soit peu le reikspiel, ce qui était possible, mais pas certain. Rapidement, il fut d’ailleurs clair que ce n’était pas le cas du tout, en l’espèce. Tant pis, en attendant de trouver un interprète, chose qui était sans doute rare, on ne pourrait probablement rien tirer du prisonnier. C’est sur cet amer constat que nos sergents sortirent, dépités, de la prison de l’homme-bête.

Friedrich profita de ces instants pour demander à Poigno de le suivre. On lui avait demandé de venir seul au rendez-vous, pas de ne pas en parler à autrui. Toutefois, il paraissait sage de ne pas ébruiter la nouvelle en la criant sur les toits. En tous cas, notre héros prendrait ses précautions. Pas question pour lui de manquer une opportunité, mais pas question de foncer tête baissée dans un piège sans une solide assurance dans sa manche.

Hadler expliqua donc à Ertezi qu’on lui avait demandé de venir seul à un rendez-vous important et lui en expliqua l’emplacement. Néanmoins, soucieux de ne pas effrayer son interlocuteur potentiel, il demanda à son ami de se placer à bonne distance avec une escouade de soldats, en limite du campement. Ces hommes, pré positionnés à quelques dizaines de mètres, pourraient ainsi intervenir très rapidement en cas de besoin. Mais ils seraient trop loin des lieux pour pouvoir espionner ou surprendre une éventuelle discussion ou intimider la mystérieuse voix. Qui pourrait s’étonner, en effet, de voir des militaires dans leur campement ?

Ainsi, ensemble, ils convinrent d’un signal sonore pour qu’ils agissent, en l’occurrence un cri : « Raukov ». De plus, prudent, le sergent envisagea qu’on lui demande de se déplacer. Dans ce cas, il sèmerait sur sa route des petits cailloux blancs qu’il prendrait soin de ramasser et de fourrer dans ses poches, afin qu’il puisse discrètement baliser son itinéraire éventuel.


Je récapitule les lancements de constructions au début de ce jour :
-1 terrain d’entraînement de soldats, coûtant 10 de bois et qui sera construit dans 2 jours. (5 soldats sont affectés à sa construction selon les mêmes modalités que d’habitude).
-Réaffectation des autres soldats libérés au renforcement de la garde, notamment avec la mise en place de la garde fixe des bûcherons.
Lien fiche wiki : http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... ich_hadler

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Compétences :
• Sang-froid : Votre personnage a ce qu'on appelle des «nerfs d'acier». Il sait rester maître de lui-même dans les situations les plus dangereuses. Bonus de +1 sur n'importe laquelle de ses caractéristiques lors de la réalisation d'une action dans un climat de stress et de tension mentale.

• Coups puissants : augmente les dégâts occasionnés à ses adversaires de + 1D3 pts de dégâts.

• Autorité : bonus de +1 lorsque, confronté à des militaires, il essaye de faire prévaloir son autorité, ses ordres etc.,

• Arme de prédilection : épées à une main : Bonus de +1 en ATT lorsqu'il en utilise en combat. Par contre, lorsqu'il utilise une autre arme que son arme de prédilection, il reçoit un malus de -1 en ATT et en PAR pendant les 1D3 premiers combats qu'il livrera avec cette arme, le temps qu'il s'y adapte.

• Alphabétisation : Votre personnage est capable de lire et d'écrire les langages utilisant l'alphabet du vieux monde s'il comprend ce langage.

• Langage secret : jargon de bataille : Votre personnage sait parler le jargon des batailles.

• Anticipation : Votre personnage, au combat, arrive à prévoir les réactions d'un ennemi. Pour analyser le style de combat de son adversaire direct, il lui faudra 2 rounds entiers. A partir du 3ème round, cette compétence lui permet d'avoir un bonus de +1 en ATT et en PAR contre ce seul adversaire. (Pour bénéficier de ce bonus contre un autre adversaire, il lui faudra l'avoir combattu pendant au moins 2 rounds)

• Adresse au tir (arcs) : +1 en TIR avec un arc.

• Volonté de Fer : Votre personnage se révèle être particulièrement très résistants à la peur, aux attaques mentales et à tout ce qui pourrait tenter de briser sa volonté. Il obtient +1 aux tests pour résister à un contrôle mental, à la peur etc…

• Parade : Double les points de parade de l'arme ou du bouclier utilisé.


Equipement de combat : • Devoir (épée à une main) (18 +1D10, 12 Parade) Les morts-vivants, les démons etc… Que la lame touche subissent 1d6 dégâts de plus
• Bouclier d'acier (6+1d6 dégâts, 16 parade)
• Epée à une main (16 +1D8, 12 Parade)
• Cotte de mailles (9 protection, tout sauf tête -1 HAB, ATT et PAR)
• Arc court (26+1D8, -2 TIR/16 m)

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Re: [Friedrich] Le Phare dans la Forêt

Message par [MJ] Le Djinn » 13 janv. 2019, 19:10

Je regarderai sur les constructions qui se finissent le 7ème jour demain, pour aujourd'hui je vais juste lancer la rencontre avec l'Inconnu.
A la première explication Poigno refusa de façon catégorique: hors de question qu'il laisse son ami aller seul au devant du danger à ce point là: cette rencontre était assurément un piège pour se débarrasser des officiers impériaux et rien n'en sortirai de bon. Finalement l'estalien finit par céder quand on lui offrit de rester en arrière de quelques dizaines de mètres avec des soldats, prêt à réagir à un mot-action. C'est avec le cœur assez lourd et l'attention décuplée qu'Ertezi regarda partir son camarade vers le lieu de destination. Il serra dans sa main son arme, imité en cela par une demi-douzaine de ses meilleurs éléments. Il se fit la promesse de sauver Friedrich, quoi qu'il en coûterait.[

Le sergent se rendit donc à l'heure prévue au lieu de rendez-vous, dans les bosquets qui bordaient la bourgade. Il faisait bien jour et seule la végétation dense obstruait la vision du chaland. Notre héros se tenait là, au milieu d'une quasi-clairière formée par un agglomérat de chênes empêchant tout buisson ou plante grimpante de pousser. Midi frappait au zénith et si l'on ne comptait pas l'attente quasi-mortuaire, on aurait pu penser à une belle journée. Pourtant, entre deux claquements de cils, une forme était apparue face à Friedrich. Une femme en armure noire et or se tenait non-loin de lui, assise sur une souche. Une capuche recouvrait partiellement son visage mais on voyait parfaitement ses traits blafards et ses yeux couleur or. Des traces noirâtres couraient sur ses joues de manière à toujours lui donner un rictus cruel. Son équipement était simple: une longue langue et une épée qu'elle tenait dans son dos, par-dessus des plaques argentées.

Image
Elle n'était même pas vraiment belle quand on la regardait malgré des formes pulpeuses, mais froide comme la mort et tout aussi terrifiante. Face au sergent la dame ne montra aucune émotion et salua mollement de la tête.

-"Bonjour, Friedrich Hadler. Vous rencontrer est une joie: on m'a beaucoup parlé de vous. Mon propre nom ne vous dira rien, mais si l'apprendre peut vos rassurer alors sachez que je me nomme Arianna Strauss. Quant à la raison de cette rencontre, elle est simple: bientôt aura lieu la Nuit des Bêtes. J'y serai et je boirai le sang des chaotiques. Je n'ai qu'une demande: quand ce jour viendra ne vous mettez pas sur mon chemin..."
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Re: [Friedrich] Le Phare dans la Forêt

Message par Friedrich Hadler » 19 janv. 2019, 19:31

L’inquiétude exprimée par Poigno Ertezi à son égard réchauffa le cœur de notre héros. Il était bon, parfois, de se rappeler que l’on comptait pour quelqu’un, non seulement à cause de sa fonction ou de son rôle, mais pour ce que l’on était vraiment. Cependant, même si Friedrich était conscient de la dangerosité de son projet, à force d’insister, il finit par convaincre bon gré mal gré son ami de le laisser prendre ce risque. Car il ne s’agissait pas là d’un coup de poker à l’aveugle dicté par la simple curiosité, mais plutôt d’une prise de risque calculée. Hadler avait exposé qu’il ne pouvait pas décemment, dans la perspective du combat à venir, se permettre d’ignorer une aide potentielle au prétexte que cela pouvait être dangereux pour lui-même. Et de plus, avait-il rajouté, la présence non loin de lui d’un groupe de soldats en armes, sur le qui-vive et prêts à intervenir, limiterait au maximum les possibilités d’embuscade mortelle.

Ces arguments eurent finalement raison des réticences de Poigno, qui maugréa quand même contre la tendance de son collègue à se mettre en danger et se jura de venir à son secours s’il s’avérait que ce dernier s’était jeté dans la gueule du loup et se retrouvait dans de sales draps.

Malgré tout ce que notre sergent ostlander avait pu dire à son ami natif d’Estalie pour le rassurer, il n’en était pas moins lui-même très inquiet au sujet de sa prochaine rencontre à l’orée des bois. L’occasion était trop belle de lui tendre un piège, et il savait s’être fait beaucoup d’ennemis récemment, y compris parmi les habitants de la ville qu’il tentait pourtant de protéger envers et contre tout, au péril de sa vie et de celles de ses hommes. Les précautions qu’il avait prises étaient certes rassurantes, mais elles ne suffisaient pas à exclure totalement la possibilité d’un guet apens ou d’une chausse-trappe mortelle.

Qui savait ? Dix hommes ou plus pouvaient l’attendre là-bas, qu’il s’agisse des sbires du Grand Bolstoï, de mercenaires à la solde d’un ennemi, de chaotiques ou encore de simples citoyens ivres de vengeance envers lui. Tout était possible. Le risque réel était de ne pas pouvoir tenir le temps que les renforts n’arrivent. Une mort rapide, instantanée, qui le saisirait avant qu’il n’ait pu agir.

Alors que l’heure approchait et que la pression montait, Friedrich vérifia son équipement pour tromper sa nervosité. Son bouclier, son armure,
Devoir… Il les nettoya, les entretint avec méticulosité, grattant la rouille, huilant les anneaux, vérifiant la peinture et resserrant les attaches de son écu d’acier. Ce petit rituel n’était pas seulement utile, il l’aidait à décompresser, à penser à autre chose qu’à son appréhension, qui était bien entendue mêlée d’excitation.

Poigno, de son côté, avait aussi ses trucs pour faire passer le temps. Accompagné de ses hommes, il attendrait, prêt à intervenir au moindre signe suspect. Ce genre de mission était éprouvant pour les nerfs, d’autant plus difficile à supporter que l’on devait protéger un autre qui se mettait délibérément en danger. Si en plus cet autre était quelqu’un qu’on connaissait et qu’on appréciait, alors la part de l’émotionnel en était décuplée. Tout l’art du bon soldat consistait alors à se contrôler, se maîtriser, et à transformer en force tout cela.

Voyant qu’il était presque l’heure, Friedrich se mit à genoux devant son épée et adressa à voix basse une courte prière à sa déesse de cœur, Myrmidia :


–Ô Myrmidia, toi qui a partagé le fardeau du commandant, accorde moi la force de faire ce qui est juste, quel qu’en soit le prix.

Que la déesse l’ait entendu ou non, notre sergent s’en sentit raffermi. Il faisait ce qu’il avait à faire, et il ne craignait pas la mort. Le militaire se releva simplement et rengaina son arme. Il fit un signe de tête à Ertezi et ses autres « gardes du corps », autant pour les remercier de leur rôle que pour les rassurer par sa confiance affichée et les prévenir que le moment était arrivé. Puis, bouclier au bras, armure enfilée, mais lame au fourreau, il se mit en marche vers le lieu du rendez-vous, affichant une mine résolue.

L’endroit était une sorte de petite clairière entourée d’une dense chênaie qui empêchait les buissons pourtant nombreux aux alentours de s’y développer. Ce n’étaient là que les premiers arbres de la forêt, mais la beauté du lieu et la qualité des essences représentées ne faisaient aucun doute, et l’on comprenait sans mal à cette vue pourquoi le bûcheronnage était la principale activité industrielle de la ville. C’était un beau bois ostlandais dans toute sa splendeur. Beau, mais, Friedrich ne s’y trompait pas, regorgeant de dangers.

Soudain, alors que l’instant d’avant, l’on aurait juré que le sergent Hadler était seul dans la clairière, une femme en armes fit son apparition. Elle se tenait assise sur une souche, comme si de rien n’était, ne montrant aucune signe d’essoufflement ni d’une quelconque émotion. Comment était-elle arrivée là sans qu’il ne l’ait remarquée plus tôt ? Friedrich l’ignorait, d’autant plus que la femme était lourdement équipée pour la guerre.

Et quel équipement ! Pensa-t-il en examinant sous toutes ses coutures l’inconnue. A n’en point douter, elle était riche ou équipée par des gens très riches. Ou du moins l’avait été, à moins qu’elle n’ait composé son équipement en le ramassant sur ses précédentes victimes. Car l’autre chose qui était évidente en la regardant était que la femme avait bourlingué. S’agissait-il d’une noble en quête de vengeance ?

Son plastron ouvragé était semblable à ceux des chevaliers impériaux, de même que ses brassières et gants. Sous son capuchon noir anthracite, brodé de motifs complexes couleur de jais, aux contours soulignés par un liseré doré et maintenu par une épingle en forme de sceau qui paraissait d’or également, on devinait la présence d’un gorgerin protégeant le cou de l’inconnue. Un second sceau lui aussi doré, plus grand que le précédent et gravé du même symbole de la croix impériale, ornait son plastron juste en dessous de l’épaule droite. Dans la mince faille de l’armure sous l’épaule, ainsi que dans l’interstice entre son gantelet et sa brassière, l’œil expert de Friedrich ne manqua pas de noter la présence d’une fine chemise de mailles, qu’elle portait sans doute par-dessous son armure principale, couvrant tous les minuscules points faibles de sa formidable protection.

Une telle armure, que le cadet Hadler qualifia indéniablement d’armure de plates complètes, valait à n’en point douter une véritable fortune. D’autant plus qu’elle était sobrement décorée de motifs dorés, ça et là, rien d’extravagant, mais tout de même, ce n’était pas là l’armure d’un simple nobliau sans le sou ! Le tout était lustré et brillait de milles reflets argentés du plus bel effet, même si l’on voyait sans peine à certaines éraflures que l’armure avait déjà servie de nombreuses fois en conditions réelles. Une sorte de jupe de tissu de couleur noir magnifiquement cousue d’or et de rouge avec une pointe de blanc et peut-être renforcée de cuir, dépassait de sous son plastron et recouvrait le haut de ses jambes, un peu à la manière de la longue tunique que notre héros portait sous sa côte de mailles et qui lui couvrait les cuisses.

Quant à sa lance, à la hampe de bois noir cerclée de métal brillant (Friedrich n’aurait su dire avec certitude s’il s’agissait de bronze, d’or, de laiton ou d’un autre métal du même ton), l’inconnue y avait attaché un long fanion. Celui-ci était d’un rouge sombre, très peu vif, peut-être délavé par la pluie, et comportait en outre des motifs brodés blancs (ou plutôt rouges blanchâtres ou blancs rougeâtres, à moins que les couleurs n’aient déteint à cause de l’exposition prolongée aux éléments). Ces motifs représentaient un soleil et une croix verticale inscrite dans un losange, dont l’une des bandes continuait jusqu’à l’extrémité du fanion. Ce genre de lances de grande qualité ornées de petites bannières personnelles étaient monnaie courante chez les chevaliers, mais très inhabituelles chez les gens du peuple.

Le reste de l’armement de la femme était du même acabit, quoi qu’il fût plus facile à se procurer pour des mercenaires un tant soit peu doués. Il s’agissait d’une grande épée se maniant à deux mains qu’elle portait dans son dos, la fusée noire de l’arme dépassant derrière son épaule gauche, ainsi que d’une lame plus petite qu’elle portait à la ceinture, du côté gauche également.

Les deux armes, pour autant que Friedrich puisse en juger, paraissaient être l’œuvre du même artisan. Leurs factures étaient pour ainsi dire très semblables. Une garde droite en acier sans grande fioriture, une fusée recouverte de bandes de cuir noir torsadé en très léger double cônes tronqués se réunissant au centre de la fusée à l’endroit le plus épais, endroit marqué par la présence d’un anneau métallique, et enfin, un pommeau identique en forme d’anneau doré. La grande épée avait cependant des particularités : sa gouttière semblait être recouverte d’un métal jaunâtre, et elle comportait un joli aménagement à sa garde, lui aussi fait de métal blond, sans doute pour mieux protéger la main du porteur.

Qu’une femme porte un tel équipement était surprenant. Depuis qu’il avait connu Katja Endrafen, Friedrich Hadler ne doutait plus ni du courage ni du potentiel des femmes au combat. De plus, sa déesse tutélaire, Myrmidia, n’était-elle pas elle-même l’exemple parfait d’une combattante d’exception ? Mais le sous-officier n’ignorait pas que cette opinion personnelle n’était pas majoritaire dans l’Empire ni le Vieux-Monde. Pour beaucoup, la place d’une femme se résumait au foyer ou aux affaires courantes ou même politiques, mais pas à la guerre.

En l’occurrence, la femme en question, à en juger par son apparence, ne paraissait pas novice en la matière. Outre son équipement pourtant assez lourd qu’elle portait visiblement sans difficulté, et qui avait déjà connu la bataille, le visage de la nouvelle venue, la seule partie de peau que l’on pouvait voir d’elle, était lui aussi marqué par les combats, couturé ça et là de cicatrices. Bien qu’elle eut des formes marquées et indéniablement féminines, et un corps parfait taillé par l’exercice, on ne pouvait la qualifier de belle à cause de son visage banal abîmé par les coups et de son teint très pâle. Ses lèvres pulpeuses étaient violacées. Une mince mèche rebelle de cheveux noirs sortait de sous sa capuche et lui barrait le côté gauche du visage. Bizarrement, des traces noirâtres recouvraient ses joues rondes (dont la droite était marquée d’un grain de beauté), comme si elle s’était maquillée les yeux, mais que le maquillage avait coulé. Mais alors, pourquoi prendre la peine de se faire belle pour ensuite laisser son travail être gâché, à moins que cela ne soit volontaire pour se donner un style plus effrayant de veuve vengeresse et cruelle ? Autre particularité de cette bien singulière inconnue, justement, ses yeux. Ceux-ci étaient couleur d’or, à l’instar d’une grande partie des ornements des équipements de la nouvelle venue. Etait-ce naturel ? Friedrich n’aurait su le dire. Beaucoup naissaient avec des particularités physiques étranges, et cela n’en faisait pas forcément des monstres.

L’apparence globale de la femme était très impressionnante. Que cela soit voulu ou non, elle réussit à intimider notre héros et à éveiller sa curiosité. Il y avait quelque chose d’étrange, d’indéfinissable autour de cette personne. Son équipement de chevalier justicière, la froideur et la détermination qui se dégageait de cette personne, ses particularités physiques le fait qu’elle ait pu arriver jusqu’ici si soudainement sans se faire repérer… Mais au moins n’était-elle pas agressive.

Lorsqu’elle s’exprima, ce fut pour présenter une demande bien singulière à notre héros. Celui-ci était concentré sur son interlocutrice, la dévisageant en se demandant quels secrets pouvaient bien être les siens et quel était le but de sa démarche. Il écouta attentivement ce que l’inconnue avait à lui dire en portant la main droite à sa barbe pour la fourrager machinalement.

Lorsque la dame, qui disait se nommer Arianna Strauss, se fut tue, le militaire répondit d’un ton respectueux, persuadé de s’adresser, sinon à une noble (son hypothèse principale), au moins à quelque de puissant :


–De même, je suis enchanté de faire votre connaissance, Dame Arianna Strauss. Vous me voyez ravi d’appendre que vous vous battrez à nos côtés durant la Nuit des Bêtes, je ne vois pas pourquoi je vous en empêcherai. Je ne vous demanderai pas non plus qui vous êtes ni pourquoi vous souhaitez « boire le sang » de nos ennemis, cela ne me regarde pas. Même si soit dit en passant je ne vous recommanderai pas de boire le sang de ces monstres corrompus, il pourrait avoir des effets… Délétères.

Cependant, Friedrich ne pensait pas réellement tout ce qu’il disait. Le fait qu’elle le connaisse ne signifiait rien. Beaucoup de gens dans le coin commençaient à le connaître. Mais il était bien conscient qu’Arianna Strauss ne serait pas venu le voir uniquement pour lui demander la permission de se battre à ses côtés. Son vocabulaire « boire le sang des chaotiques », comme Friedrich l’avait d’ailleurs remarqué, son apparence. Cette entrevue… Peut-être se faisait-il des idées, mais quelque chose lui disait que Dame Strauss n’était pas aussi lisse qu’il aurait aimé l’imaginer. Le mieux serait peut-être d’en savoir le moins possible sur elle, afin de se contenter de la voir comme une alliée et rien de plus, de ne pas se sentir forcé de vouloir l’arrêter, car elle n’aurait pas demandé au sergent de ne pas se mettre sur son chemin s’il n’y avait pas une raison légitime qui la poussait à croire qu’il serait tenté de le faire.
Pour la description je me suis basé sur des éléments donnés par Djinn par discord, l’image étant seulement semi-contractuelle.
Ainsi je ne prends pas en compte la statuette d’ange sur l’image, ni les piercings aux lèvres et au nez, et je rajoute les cicatrices sur son visage qui est moins beau qu’ici et les signes de combats antérieurs sur l’armure. ;)
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• Arme de prédilection : épées à une main : Bonus de +1 en ATT lorsqu'il en utilise en combat. Par contre, lorsqu'il utilise une autre arme que son arme de prédilection, il reçoit un malus de -1 en ATT et en PAR pendant les 1D3 premiers combats qu'il livrera avec cette arme, le temps qu'il s'y adapte.

• Alphabétisation : Votre personnage est capable de lire et d'écrire les langages utilisant l'alphabet du vieux monde s'il comprend ce langage.

• Langage secret : jargon de bataille : Votre personnage sait parler le jargon des batailles.

• Anticipation : Votre personnage, au combat, arrive à prévoir les réactions d'un ennemi. Pour analyser le style de combat de son adversaire direct, il lui faudra 2 rounds entiers. A partir du 3ème round, cette compétence lui permet d'avoir un bonus de +1 en ATT et en PAR contre ce seul adversaire. (Pour bénéficier de ce bonus contre un autre adversaire, il lui faudra l'avoir combattu pendant au moins 2 rounds)

• Adresse au tir (arcs) : +1 en TIR avec un arc.

• Volonté de Fer : Votre personnage se révèle être particulièrement très résistants à la peur, aux attaques mentales et à tout ce qui pourrait tenter de briser sa volonté. Il obtient +1 aux tests pour résister à un contrôle mental, à la peur etc…

• Parade : Double les points de parade de l'arme ou du bouclier utilisé.


Equipement de combat : • Devoir (épée à une main) (18 +1D10, 12 Parade) Les morts-vivants, les démons etc… Que la lame touche subissent 1d6 dégâts de plus
• Bouclier d'acier (6+1d6 dégâts, 16 parade)
• Epée à une main (16 +1D8, 12 Parade)
• Cotte de mailles (9 protection, tout sauf tête -1 HAB, ATT et PAR)
• Arc court (26+1D8, -2 TIR/16 m)

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[MJ] Le Djinn
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Re: [Friedrich] Le Phare dans la Forêt

Message par [MJ] Le Djinn » 24 janv. 2019, 11:32

Que Friedrich ait été sérieux dans son discours ou qu'il ne s'agit que d'une plaisanterie visant à détendre l'atmosphère, la dame ne parut pas bien prendre la remarque. Elle se raidit et son regard se figea droit dans les yeux gris de Friedrich, perçant et sans pitié. D'une démarche décidée, à la limite de l'agressivité, elle avança vers le sergent devant lequel elle planta sa lance. L'arme était belle et ouvragée mais des tâches de rouille et de sang prouvaient qu'elle avait déjà pris de nombreuses vies. Les différentes nuances pouvaient provenir d'humains tués il y a plus ou moins longtemps mais la propreté globale de l'armure laissait à penser que les armes devaient aussi être lavées régulièrement. Ce sang marronâtre, boueux et visqueux se retrouvait le plus souvent chez les hommes-bêtes, notamment les spécimens les plus transformés, les plus violents, qui se nommaient eux-mêmes "les gors". Son visage marqué par les batailles s'étaient transformé et son calme neutre s'était transformé un rictus de fierté blessée.

-"Ne vous moquez pas de moi, Hadler, je pourrais vous éviscérer ici-même avant que vous ayez assez de souffle pour appeler à l'aide! Du reste vous me semblez dans une bien trop mauvaise situation pour vous permettre de moquer vos alliés."

Elle crachait presque ses mots alors que son visage se tordait d'une colère incontrôlée. Des postillons atterrirent sur le visage de l'ostlandais bien dépourvu devant cette éruption irrationnelle. La dame semblait très susceptible ou alors en proie à des terribles accès de rage. Après avoir éructé sa ligne, la guerrière se recula quelque peu, s'éclaircissant la gorge afin de gagner en prestance. Se replaçant droite, Arianna réhaussa ses épaules, époussetant dans le même temps son armure comme si elle s'était soudainement couverte de poussière. En l'observant d'un peu plus près Friedrich put constater que les tâches présentes sur ses armes étaient aussi visibles sur le métal des plates, mais délavées. Soudainement plus calme, Strauss toussota quelques peu avant de continuer, bien plus mielleuse.

-"Cela étant j'ai quelque chose pour prouver ma bonne foi."

Sans tourner le dos à Hadler, la brute recula de trois pas pour sortir d'un fourré un sac de toile. Le fond était mou, tâché de carmin et de saleté. Après l'avoir ouvert, l'interlocutrice en sortit sans ménagement un crâne décapité, le prenant par les cheveux. La scène aurait pu être une peinture hérétique de Myrmidia, la déesse guerrière. Arianna se tenait droite, un rictus mauvais aux lèvres et tenait d'un bras tendu vers Friedrich la tête décapité d'Ornevin. Ses yeux avaient été arrachés et tout son visage n'était plus qu'une plaie. La langue bleue et gonflée avait été coupée et dépassait à présent d'une bouche aux lèvres ouvertes. Même dans la mort le répurgateur semblait fixer le soldat, l'implorant peut-être de faire cesser ces tourments infinis. Un mauvais esprit aurait dit que cette tête de mort avait une expression plus vivante que celle que son ancien propriétaire avait eu toute sa vie. Fière et triomphante, Arianna expliqua:

-"Il s'est fait prendre dans une embuscade. J'ai été récupérer ce que je pouvais. Les autres étaient déjà dévorés quand je suis arrivée. J'espère que cela vous rassure sur mes intentions?"
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Re: [Friedrich] Le Phare dans la Forêt

Message par Friedrich Hadler » 26 janv. 2019, 01:41

La réaction d’Arianna Strauss surprit notre héros. Si ce dernier avait initialement espéré en apprendre un peu plus sur son interlocutrice en lançant sa petite boutade, la remarque eut l’effet inverse de celui escompté. L’atmosphère se refroidit au lieu de se réchauffer, et la guerrière se rapprocha, un air décidé sur le visage. Peut-être manquait-elle d’humour ou d’autodérision, mais en tout cas, elle n’avait guère goûté à la plaisanterie. Nullement impressionnée ou intimidée par le grade, la qualité de militaire ou la réputation du cadet Hadler, la jeune femme prouva une fois encore qu’elle n’avait peur de rien.

Lorsqu’elle planta sa lance devant le sergent, ce fut avec une telle agressivité, une telle violence que celui-ci était prêt à lever son bouclier au cas où l’idée lui prendrait de l’attaquer soudainement. Fort heureusement, Arianna garda un semblant de contrôle d’elle-même, et ne passa pas des mots aux actes.

Cependant, elle bouillait d’une colère noire et froide lorsqu’elle fit part de ses reproches au sergent. Ses mots, ainsi que l’expression de son visage, ne trompaient pas : il semblait que son orgueil avait été froissé. Qui que soit cette personne, elle tenait à ce qu’on la respecte, et plus encore, à ce que l’on se permette aucune remarque à son encontre.

La suite fut non moins déroutante. Aussi brusquement qu’elle s’était fâchée, la Strauss sembla reprendre ses moyens. Elle se recula et ce fut comme si une autre personne se tenait face à Friedrich Hadler. Même son comportement souligna le changement survenu, notamment le geste caractéristique d’épousseter une armure propre, comme pour chasser d’elle une partie de sa personnalité.

Observant cela, le sergent se promit de faire très attention à l’avenir. La femme semblait être une vétérane de nombreux conflits, avoir déjà affronté les forces du mal. C’était probablement une formidable adversaire et sa confiance en elle tendait à le prouver. Mais d’un autre côté, elle semblait avoir une part sombre importante, une part plus ou moins maîtrisée, plus ou moins contrôlable, mais dont elle avait assurément conscience. Etait-elle l’une de ces lunatiques, normale la plupart du temps, mais victime de crises de violence extrême de temps en temps ? Si une simple remarque même pas méchante l’avait mise dans cet état là, Friedrich n’osait imaginer dans quelle furie elle devait être dans la bataille. Oui, mieux vaudrait rester éloigné d’elle dans un combat. A moins que les changements d’humeurs ne soient totalement imprévisibles et qu’il n’ait s’agit que d’une coïncidence, ou encore qu’elle l’ait fait exprès pour l’impressionner. Cela, seul quelqu’un qui la connaîtrait mieux pourrait le dire, et notre héros ne se risqua pas à trancher. Quelle que soit la vérité, il se promit néanmoins de se montrer plus prudent envers Arianna Strauss à l’avenir : il prendrait bien garde à ne plus la vexer. Il s’excusa donc lorsqu’elle lui en laissa le temps, non sans avoir digéré les informations qu’elle venait de lui offrir sur elle. Sur le fond, elle avait raison, il ne pouvait se permettre de se faire une nouvelle ennemie, aussi tenta-t-il de calmer le jeu, de rattraper les choses en faisant son mea culpa :


–Veuillez m’excuser Dame Strauss, j’ai été discourtois. Soyez assurée que je ne souhaitais en rien vous rabaisser ou vous humilier. Bien que ne vous connaisse pas, vous me paraissez être une guerrière d’une grande valeur, de cela je ne doute pas.

Le nouveau comportement de la combattante ne rassura guère Hadler sur la santé mentale de son interlocutrice. Elle paraissait sur le point de faire quelque chose qui lui procurerait beaucoup de plaisir… De plaisir visiblement malsain. Rien que la voix qu’elle employa pour annoncer ensuite qu’elle avait quelque chose pour prouver sa bonne foi –que le sergent n’avait d’ailleurs pas remise en cause- mis Friedrich un peu mal à l’aise. Ce qui se passa juste après lui donna raison. Avec une fierté non dissimulée –décidément tout tournait vraiment autour de l’orgueil pour cette femme- et même une expression de joie triomphante, elle sortit d’un sac taché de sang une tête tranchée et l’exhiba avec panache.

La scène était de très mauvais goût aux yeux du sergent, mais il n’en montra rien. Cependant, son masque de neutralité sévère et sérieuse se brisa et il ne put retenir un petit hoquet de surprise lorsqu’il reconnut la tête affreusement mutilée comme étant celle du père Ornevin d’Oëstrof. La surprise passée, les sourcils de notre héros se froncèrent sous l’effet de la colère froide et contenue. Le « pauvre » répurgateur avait été massacré et mutilé par les hommes-bêtes.

Si l’homme était sans doute borné et aurait probablement causé des problèmes au sergent à l’avenir, s’il avait de plus été assez bête pour prendre l’initiative d’aller en forêt en attendant pas les forestiers demandés par son supérieur théorique, mettant non seulement sa vie, mais aussi celles de ses hommes et par ricochet de tous ceux qu’ils protégeaient en jeu, il n’en restait pas moins qu’il avait eu une mort horrible et que Friedrich avait pitié de lui.

D’après Arianna, lui et ses sbires étaient tombés dans une embuscade et il n’y avait eu aucun survivant, les autres ayant été mangés. Il était mort pour l’Empire, en faisant ce qu’il croyait juste et nécessaire pour sauver Col-de-Ferlangen, il fallait le reconnaître et respecter cela. L’homme n’était probablement pas fondamentalement mauvais, il avait sans doute cru bien faire, mais sa sottise, son aveuglement et surtout son refus de respecter les instructions des sergents par manque de foi en eux l’avaient conduit par un étrange concours de circonstances à obtenir l’exact inverse du résultat qu’il recherchait.

Malgré ses nerfs d’acier, et son habitude de la mort acquise au cours de trop nombreux combats menés, il fallut un certain temps au sergent pour détacher les yeux des restes du mort pour se porter de nouveau sur Arianna. Il la fixa droit dans les yeux, la jaugeant, et décida de la croire, car il ne voyait pas l’intérêt qu’elle aurait eu à mentir. C’est en soupirant qu’il lui répondit :


–Ainsi donc ils sont morts. Je m’en doutais, mais j’espérais encore... Je serais parti cet après-midi avec des forestiers et des hommes pour les retrouver. Morr ait leurs âmes, ils se sont sacrifiés pour l’Empire. Même si la prudence la plus élémentaire leur aurait enjoint de prendre au moins un forestier avec eux pour éviter justement cela.

Leurs morts avaient été pires qu’inutiles : dangereuses. Non seulement elles diminuaient les effectifs d’Hadler et d’Ertezi et les privait d’un bon combattant expert dans la lutte contre le chaos, mais en plus, elles porteraient un coup au moral des villageois et des troupes. A l’avenir, il faudrait à tout prix garder un contrôle plus strict pour éviter que de tels errements ne se reproduisent. D’ailleurs, la contemplation morbide de la tête de celui qui s’était trompé et n’avait probablement compris son erreur que trop tard, mais hélas assez tôt pour en souffrir avant de mourir, fit germer une idée parasite dans la tête du sergent.

Et si c’était lui qui faisait fausse route ? Et si sans le savoir il menait tout le village à sa perte, comme Ornevin avait mené ses troupes à la mort en étant persuadé d’avoir la bonne solution ? Il assumerait son échec, car il aurait fait de son mieux, bien sûr, mais cela ne ramènerait pas à la vie ceux qui seraient morts par sa faute, par son erreur. Après, il n’avait guère le choix, de toute façon. C’était le fardeau du commandant de décider, sa responsabilité, et si elle était lourde, il lui fallait l’endosser que cela lui plaise ou non. Comme en tant que subordonné, d’Oëstrof, qu’il ait cru ou non en Hadler et en son plan, aurait dû lui faire confiance, lui obéir. Friedrich n’était pas sûr qu’il arriverait à sauver la ville, même s’il affichait en public une confiance sans faille dans son plan et ses capacités afin de redonner de l’espoir et de la confiance aux gens, mais en revanche il était sûr d’une chose : si chacun n’en faisait qu’à sa tête, se permettant d’aller contre les ordres et le plan des supérieurs, même avec les meilleures intention, la défaite serait certaine, inéluctable et totale.


Ecartant ces pensées dans un coin de sa tête pour l’instant, le soldat continua, moins sombre, en hochant la tête pour signifier à Arianna qu'il lui accordait sa confiance :


–En tout cas, je dois vous remercier, Dame Arianna Strauss. Vous avez dû prendre tous les risques pour rechercher ces malheureux, je n’en doute pas. Le fait que vous ayez réussie, seule, et qui plus est en en ressortant indemne est impressionnant et prouve votre inestimable valeur. Votre aide sera très appréciée contre ces chaotiques, soyez-en certaine, ma Dame. A vrai dire votre arrivée est peut-être même la meilleure nouvelle du jour.

Comptez-vous rester dans la forêt et agir seule de votre côté en attendant l’engagement final et décisif, ou nous ferez vous l’honneur de vous joindre à vous ? Je suis certain qu’une guerrière de votre trempe aurait sans doute quelques trucs à nous enseigner et nous serait très utile dans nos expéditions prochaines contre les hommes-bêtes, même si à mon grand regret je ne puis vous proposer un grand confort de vie dans la ville.


Il ne faisait aucune doute qu’Arianna était habituée à dormir et à vivre à la dure et Hadler estimait probable qu’elle préfère agir seule. Cependant, par politesse et pour démontrer son respect et sa confiance en sa nouvelle alliée, Friedrich lui proposait, si elle le souhaitait, de rejoindre les militaires. Et s’il ne connaissait pas l’étendue des qualités martiales de son interlocutrice, il avait la faiblesse de penser qu’elles étaient probablement supérieures aux siennes et à celle de n’importe qui d’autre dans le village.
Lien fiche wiki : http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... ich_hadler

Profil : FOR 10 / END 11 / HAB 10 (9*) / CHAR 10 / INT 10 / INI 10 / ATT 13 (12*) / PAR 13 (12*) / TIR 11 / NA 2 / PV 80/80
*: profil avec armure (bonus des compétences non inclus)

Compétences :
• Sang-froid : Votre personnage a ce qu'on appelle des «nerfs d'acier». Il sait rester maître de lui-même dans les situations les plus dangereuses. Bonus de +1 sur n'importe laquelle de ses caractéristiques lors de la réalisation d'une action dans un climat de stress et de tension mentale.

• Coups puissants : augmente les dégâts occasionnés à ses adversaires de + 1D3 pts de dégâts.

• Autorité : bonus de +1 lorsque, confronté à des militaires, il essaye de faire prévaloir son autorité, ses ordres etc.,

• Arme de prédilection : épées à une main : Bonus de +1 en ATT lorsqu'il en utilise en combat. Par contre, lorsqu'il utilise une autre arme que son arme de prédilection, il reçoit un malus de -1 en ATT et en PAR pendant les 1D3 premiers combats qu'il livrera avec cette arme, le temps qu'il s'y adapte.

• Alphabétisation : Votre personnage est capable de lire et d'écrire les langages utilisant l'alphabet du vieux monde s'il comprend ce langage.

• Langage secret : jargon de bataille : Votre personnage sait parler le jargon des batailles.

• Anticipation : Votre personnage, au combat, arrive à prévoir les réactions d'un ennemi. Pour analyser le style de combat de son adversaire direct, il lui faudra 2 rounds entiers. A partir du 3ème round, cette compétence lui permet d'avoir un bonus de +1 en ATT et en PAR contre ce seul adversaire. (Pour bénéficier de ce bonus contre un autre adversaire, il lui faudra l'avoir combattu pendant au moins 2 rounds)

• Adresse au tir (arcs) : +1 en TIR avec un arc.

• Volonté de Fer : Votre personnage se révèle être particulièrement très résistants à la peur, aux attaques mentales et à tout ce qui pourrait tenter de briser sa volonté. Il obtient +1 aux tests pour résister à un contrôle mental, à la peur etc…

• Parade : Double les points de parade de l'arme ou du bouclier utilisé.


Equipement de combat : • Devoir (épée à une main) (18 +1D10, 12 Parade) Les morts-vivants, les démons etc… Que la lame touche subissent 1d6 dégâts de plus
• Bouclier d'acier (6+1d6 dégâts, 16 parade)
• Epée à une main (16 +1D8, 12 Parade)
• Cotte de mailles (9 protection, tout sauf tête -1 HAB, ATT et PAR)
• Arc court (26+1D8, -2 TIR/16 m)

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