[Lucrétia et Dokhara] Une vie de gitan

Les gens du Hochland sont célébres pour leurs talents de chasseurs et les denses forêts de leur province. Une bonne partie de leurs armées est composée d'habiles arquebusiers. Le Comte Ludenhof tient sa cour à Hergig.

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Re: [Lucrétia et Dokhara] Une vie de gitan

Message par [MJ] Le Grand Duc » 10 févr. 2019, 20:53

Le stryge s'ébroua, la gueule encore dégoulinante de sang, et fixa la lahmiane qui lui faisait face. Il prononça alors une phrase que les baronnes ne comprirent pas, dans une langue étrange et d'une voix profonde aux tons râclés.

Les gitans prostrés se redressèrent d'un même mouvement, certains chancelants, d'autres, blessés, soutenus par un compagnon. Leurs regards étaient creux, leurs visages maculés de larmes, et ils affichaient le visage de ceux qui étaient déjà morts. Tsinep l'Ancienne se releva également, lâchant doucement la main d'une Shanah étendue au sol, un carreau d'arbalète dépassant de sa poitrine. L'aînée avança d'un pas lent sous les yeux de ce qu'il restait de sa communauté et s'approcha du stryge qui lui tournait le dos. Elle se mit à genoux dans l'herbe et joignit ses mains ridées au dessus de sa tête, le menton contre sa poitrine.

Le gigantesque vampire grogna une autre série de syllabes et Tsinep leva les yeux vers Lucrétia, Dokhara et Otto von Falmer. Son visage était gris.

- "Le Roi Sekhemkhet, Maître de l'Encens et du Fleuve, Gardien des Portes, Haut-Prêtre de Strygos, fils d'Ushoran, souhaite connaître la raison du malheur qui s'est abattu aujourd'hui sur son peuple. Et c'est ainsi que je vais le lui révéler." dit-elle en reikspiel d'une voix monotone, comme si elle répétait les paroles d'une prière récitée des milliers de fois auparavant.

Elle continua son oraison dans la langue des khilis, dans une suite de phrases étrangement chantées aux allures de marche funèbre. Le stryge resta immobile, fixant Lucrétia de ses yeux noirs comme la nuit. C'était un colosse, grand comme deux fois un homme, et la puissance brute pulsait en lui comme un battement de cœur. Lorsque Tsinep se tut enfin, il articula à nouveau un borborygme rauque en agitant imperceptiblement ses griffes, sans se retourner vers ses adorateurs pour autant.

Idriss s'avança alors, un bras ensanglanté et boitant. Il poussait Chavo devant lui, la pointe d'un couteau coincée contre ses reins. Le jeune homme marchait comme un automate, le teint livide et le regard écarquillé. Il ne résistait nullement, semblable à un zombie décérébré. Les deux hommes vinrent se placer à côté de Tsinep, dans le dos de leur maître.

Derrière eux, on voyait les stryganis pleurer et lancer des imprécations déchirantes en une démonstration bruyante de désespoir, deux roulottes brûlant en toile de fond.

Nouveau grognement du stryge tandis que son échine épineuse semblait parcourue d'un frisson.

- "Le Roi souhaite savoir si la fille de Lahmia l'a pourchassé jusqu'ici pour ôter sa tête et l'amener à sa maîtresse, vile chose maudite mille fois."

Dans cette scène tragique, personne ne semblait plus alors se préoccuper d'Otto, qui se tenait, pétrifié, au devant de Lucrétia.
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Une vie de gitan

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 11 févr. 2019, 20:37


« … auriez dû écouter nos menaces. Trop tard pour regretter, désormais. Je suis désolée, pour vos hommes, pour vous, pour votre femme, et pour votre fils. »

Telles furent les paroles glaciales que glissa Dokhara à l’oreille d’Otto, tout en passant près de lui. Oh que oui, le hobereau n’avait pas idée. Son destin était déjà tout tracé. La mort l’attendait au bout du chemin, dans cette clairière oubliée jonchée de ruines, de cadavres, et de carcasses de roulotte que les flammes achevaient de consumer. Lucretia y veillerait personnellement, et, à ce moment-là, elle en avait après Otto presque autant qu’elle en avait après Chavo.

Si ce dernier était la cause première de ce carnage, le seigneur ostlandais en était la seconde. Oui, il avait semé la destruction en amenant avec lui ses compagnies de soldats. Oui, il avait mis en péril la vie de Dokhara, et, oui, encore, il avait menacé l’existence de ce peuple qui s’en était volontairement remis à la Lahmiane. Mais, en fin de compte, même si cela comptait énormément, la vampire avait une approche plus personnelle de la chose. Plus que tout, Otto ne l’avait pas respectée, elle. Il ne l’avait pas écoutée, il n’en avait fait qu’à sa tête, et s’était pensé plus fort, plus important que Lucretia. Alors qu’elle avait bien insisté sur le fait que personne ne devait toucher au moindre stryganis sous peine de voir se réaliser la malédiction qu’elle avait lancée sur l’enfant, son père avait décidé de l’ignorer. Et c’était bel et bien pour cela, plus que les morts et les blessures, plus que les combats et les viols, qu’elle allait lui faire payer. Mais pour le moment, il était principalement question de Chavo.

Lucretia ne sut si le stryge réagissait à ses paroles. Il se redressa, la fixa, et prononça une phrase qu’elle ne comprit pas. Si elle se doutait bien qu’il s’agissait du langage ancien et occulte que parlaient les khilis, la Lahmiane n’avait pas passé assez de temps en leur compagnie pour en connaître l’idiome. A dire vrai, elle avait, à plus d’une reprise, cherché à les éviter lors des premières semaines de voyage, alors même qu’ils pensaient qu’elle n’était qu’une simple réfugiée. Ils n’avaient, à cette époque, eu de cesse que de la contraindre à se joindre aux tâches quotidiennes et à toutes ces corvées qui la répugnaient farouchement. Les gitans se souviendraient encore longtemps du linge qu’elle avait lavé, tout comme ils garderaient en tête le repas qu’elle leur avait servi. Et si l’attaque du minotaure avait modifié l’opinion que détenaient les stryganis sur elle, rien n’avait véritablement changé. C’étaient eux, alors, qui l’avaient évitée. Non, même avec son étonnante faculté à mémoriser les sons, les lettres et les mots, ce n’était pas un langage qu’elle pouvait déchiffrer de la sorte. Elle n’en avait jamais ressenti l’envie ; ce n’était pas son peuple, pas ses origines. Ils n’étaient que des gens de passage qu’elle acceptait de côtoyer, de loin, par obligation et commodité plus que par désir.

De leur côté, les gitans, eux, réagirent à ces borborygmes. Comme un seul homme, ils se redressèrent tous, piteusement, se soutenant les uns les autres. Défendre les leurs leur en avait coûté beaucoup, et plus encore, peut-être, l’apparition de ce qu’ils considéraient comme leur seigneur et dieu. Lucretia se demanda ainsi à quel plan elle était désormais reléguée, avec cette apparition. Pour qui connaissait l’Histoire, les gitans tenaient bien évidemment davantage des stryges que de toute autre lignée vampirique, et les principaux concernés, s’ils n’étaient pas trop sots, s’imaginaient bien que Lucretia n’appartenait pas à cette race.

Tsinep ne fit que quelques pas avant de s’écrouler une fois de plus, bien plus proche du stryge qu’elle ne l’avait été auparavant. Elle paraissait à bout, fataliste, comme si sa vie, à présent, ne valait plus rien. Elle s’en remettait complètement à son maître, se prosternant devant lui. Elle jeta un coup d’œil à Dokhara ; heureusement que celle-ci n’avait jamais agi de la sorte, sans quoi aurait-elle perdu tout intérêt pour sa personne.

L’ancienne traduisit les paroles du stryge, qui se dénommait Sekhemkhet, et qui n’était pas autre que Haut-Prêtre de Strygos. Là encore, Lucretia se demanda la signification réelle de ce titre. Mais dans la mesure où il avait effectivement évoqué la région actuellement dévastée plutôt que la ville resplendissante de jadis, Mourkain, la Lahmiane s’arrêta sur l’idée d’un vampire somme toute banal, et non pas millénaire. Ledit Immortel, par ailleurs, souhaitait connaître la raison de tout ce désastre, mais Lucretia n’eut pas à répondre ; Tsinep le fit pour elle.

Ce fut à tout le moins ce qu’elle interpréta, ou tenta de deviner. Une fois de plus, le verbiage de la khilie n’eut aucun sens pour Lucretia, et celle-ci ne sut ce qui se racontait. Parlait-elle de Chavo, ou bien remettait-elle en cause Lucretia aussi bien que Dokhara ? Difficile de savoir qui, aux yeux de Tsinep, portait l’endosse de tout ce massacre. Lucretia remua imperceptiblement. Son amante savait peut-être, elle qui avait à plus d’une reprise partagé le quotidien des stryganis. De jour en jour, elle avait frayé avec cette peuplade, parlant avec chacun de ses membres jusqu’à réussir son intégration avec cette facilité dont elle avait le secret. Cela la rapprochait de sa pauvre condition d’humaine qu’elle ne désirait pas oublier, affirmait-elle. Avec un petit rictus moqueur, Lucretia se tourna vers Dokhara alors que l’échange continuait, et haussa en direction de sa compagne un sourcil interrogateur. Alors, s’accrocher avec tant de hargne à ses médiocres racines en valait-il la peine, pouvait-elle lui servir d’interprète ?

La réponse de sa compagne ne se fit pas attendre. Elle observa Lucretia avec le plus grand sérieux du monde, puis tourna son regard violacé en direction du stryge et de Tsinep. Elle écouta quelque peu, tendant l’oreille, avant de fixer de nouveau ses pupilles dans celle de la Lahmiane, hochant la tête. Elle comprenait et savait lui servir d’interprète ; ce que lui racontait l’ancienne était en phase avec le sens que saisissait Dokhara. Apparemment, se réfugier dans sa vie humaine détenait encore quelque avantage. Désormais agacée, l’Immortelle reporta son attention sur la scène, un poil sèchement.

Quelques instants plus tard, Idriss s’avança, le bras en sang, mais poussant résolument Chavo de la pointe de son couteau. Le jeune homme, lui aussi, semblait être frappé par l’apparition du stryge ; avec un stoïcisme certain, un détachement marqué, il s’avançait vers lui comme un papillon de nuit attiré par la lueur d’une bougie. Coupable, ou bien victime ? Eu égard aux cris de désespoirs qui se faisaient entendre dans les derniers rangs des stryganis agenouillés, l’on eut tôt fait de parier pour le second choix. Cela dit, rien n’était encore fixé, et peut-être était-ce pour le mieux. Car si Chavo devait mourir, alors devait-il passer de vie à trépas par la main de Lucretia. Ou celle de Dokhara.

Une nouvelle interrogation fut levée. Lucretia venait-elle le pourfendre, lui, le Maître de l’Encens et du Fleuve, ainsi que l’exigeait sa maîtresse ? Bien, des deux lignées auxquelles pouvait le plus s’apparenter Lucretia, le stryge avait deviné la bonne. Il ne l’avait ainsi pas considérée comme une von Carstein. Et il la pensait toujours à la botte de Neferata. Elle n’allait pas le détromper, ou, du moins, pas dans l’instant.

« Non, la Reine Eternelle ne m’a nullement demandé ta tête. Tu sais bien que nous laissons généralement les hommes se charger des stryges, » fit-elle en faisant référence à sa propre histoire, avant de songer, pour elle-même : après tout, nous avons coutume de laisser les races inférieures entre elles…. Si elle ne prononça sa pensée à haute voix, l’ombre du petit sourire vaniteux et détestable qui fleurit rapidement sur ses lèvres n’en révéla pas moins.

« Si j’en suis venue à veiller sur ton peuple, ce n’est que par pure coïncidence. Une véritable réussite. Jusqu’à l’énième traîtrise de ce… gadjo… ? osa-t-elle avec une répugnance affirmée. Et quoi que tu dises, quoi tu décrètes, quoi que tu estimes, ou quoi que tu fasses, je le réclame. Car il a déjà laissé mourir un des siens avant d’être sauvé par cette humaine. Il a délibérément amené un minotaure dans le campement, sans songer aux conséquences que cela aurait pu avoir si je n’avais pas été là pour le pourfendre. Et enfin, suite à un chagrin de cœur qu’il n’a su, encore, régler de lui-même, comme un homme, il a décidé de trahir l’intégralité des siens et de les condamner au fer et aux flammes afin de satisfaire sa petite vengeance. Constate le résultat. Alors, oui, je le veux. Vivant. »
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Une vie de gitan

Message par Dokhara de Soya » 12 févr. 2019, 15:40

Dokhara avait bien du mal à détacher son regard de la stryge. Terrifiante et gigantesque - quoique pourtant plus petite que le minotaure affronté un mois plus tôt - le vampire était très différent du référentiel qu'elle en avait, constitué des Von Carstein des livres d'histoire et plus récemment de Lucrétia. Était-ce leur différence de lignée qui expliquait leur dissemblance ? Ou bien voyait-elle là la bête que Lucrétia s’évertuait de cacher ? Quoiqu'il en soit, impossible de ne pas nourrir une curiosité morbide à son encontre.
Pour la première fois, une créature monstrueuse ne montrait pas de signe direct d'hostilité envers elle. C'était une chose que de regarder un cadavre immobile d'homme-taureau, c'en était une autre d'observer une stryge, bien vivante, recouverte du sang et des tripes des ennemis qu'elle venait de massacrer, évoluer et parler à un petit mètre d'elle.
Elle observa ses muscles et ses tendons, ses gigantesques griffes rougies d'hémoglobine, sa grande gueule de laquelle s'échappait encore des morceaux de ses victimes. Mais surtout, la jeune slaaneshie ne put s'empêcher d'observer les très nombreuses scarifications présentes sur tout son corps, hypnotisée par l'oeuvre d'art ambulante qu'était cette monstruosité. Utilisant sa nouvelle connaissance de l'alphabet strygani, Dokhara laissa son regard parcourir les sillons de ces marques, oubliant presque le drame de la situation pour se perdre dans la contemplation d'une véritable peinture ambulante. En cet instant, elle avait envie de franchir les quelques pas la séparant de la bête, et de laisser ses doigts parcourir chaque trace dans cette peau en relief, pour en ressentir toute sa signification. Inconsciemment elle s'était avancée, se retrouvant non plus derrière Lucrétia à ses côtés : mais immédiatement son instinct l'alarma du danger de ce soudain élan de folie, et elle se figea, terrifiée par ce qu'elle avait failli faire.

Choisissant de quitter du regard la stryge pour ne plus céder aux mêmes désirs, Dokhara fit bien malgré elle l'inventaire des pertes stryganies. Si Tsinep et Idriss étaient bien vivants, il en allait autrement de Mingrélie, de Bubba, de Marcus et de Shana. Mais au cours de ce voyage, elle s'était rapprochés de nombreux autres gitans. Elle chercha du regard Yrié, Gouri, Chévardzanné, Isélée, Vingor, Arçil, Karan, Tyra, et tous les autres gitans avec lesquels elle avait crée un lien, même infime.

Lorsque la stryge répondit à Lucrétia, Dokhara tenta d'utiliser sa connaissance rudimentaire de la langue stryganie pour comprendre ses mots, mais en vain. Si les sonorités ressemblaient effectivement à ce qu'elle avait appris, tant la structure des phrases que le vocabulaire utilisé dénotaient des habitudes linguistiques du groupe de gitans. Leur langage a sans doutes évolué à travers le temps, et la stryge en utilisait une version plus ancienne, plus primitive.

Tsinep leur fit donc la traduction, dont Dokhara préféra se méfier. L'avalanche de titres associés à la stryge étaient-elles du fait du vampire qui les avaient prononcés, ou bien la vieille gitane avait choisi de les associer à sa question par marque de politesse ? De ce type d'interprétation toute personnelle, l'on pouvait se retrouver à très mal jauger un interlocuteur, lui associant certains traits de personnalité qui sont à la vérité ceux du traducteur.
Et que signifiait le titre de "Roi" dans ce contexte ? De qui et de quelles terres cette créature était-elle le dirigeant ?
Ce type de question débloqua les pensées de Dokhara qui étaient encore prisonnières de son état de choc.
Comment la stryge avait-elle su que son peuple était en danger ? Elle n'avait pas pu le prédire puisqu'elle était arrivée bien trop tard pour sauver tous les siens. Et malgré tout, son apparition ne pouvait être une coïncidence. Évoluait-elle avec eux depuis le début de leur voyage, restant à distance dans la forêt mais veillant sur eux ? Apparaissait-elle lorsqu'ils étaient en grand danger ? Qu'est-ce que les stryganis lui avaient caché tout ce temps, eux qui se qualifiaient d'abandonnés des dieux ?

Puis elle vit la roulotte de matériel totalement détruite. Lorsqu'elle avait entendu pour la première fois la stryge, à une vingtaine de mètres d'elle, elle avait supposé dans un premier temps que le véhicule à côté d'elle avait essuyé un coup de la stryge pendant qu'elle se battait. Mais maintenant qu'elle se tenait bien plus proche, elle vit un détail qui changeait totalement sa perception de la situation : au vu de la dispersion des débris, la paroi de la roulotte avait été détruite non pas par un coup depuis l'extérieur, mais l'intérieur.

La stryge était dans la roulotte de matériel.

Sans doutes depuis le début de notre voyage.


Elle avait probablement été endormie pendant tout le voyage. Ça expliquerait son absence de réaction lors de l'attaque du minotaure, mais aussi le délai entre le début de l'attaque des ostlanders et son apparition.

Déjà Dokhara revoyait chaque scène de la vie quotidienne vécue ces dernières semaines, et y ajouta mentalement, à chaque instant, la présence d'une stryge endormie à deux pas d'elle.

Elle rejeta ces pensées. Elle ne pouvait pas prendre le temps de conjecturer sur ce sujet. Elle devait écouter la vieille Tsinep, car de la nature de son explication de la situation à la stryge allait se jouer leur future relation avec cette puissante créature.

La vieille gitane entreprit de conter au vampire bestial leur histoire commune, puis le contexte du massacre qui avait eu lieu en ce jour. Si elle aussi utilisait une version déformée de la langue stryganie telle que Dokhara l'avait apprise, elle en saisit néanmoins quelques mots qui la rassurèrent sur le point de vue adopté par Tsinep dans son histoire. Elle semblait se contenter des faits, sans opinion personnelle, expliquant leur rencontre à proximité d'une auberge, et surtout, elle n'oublia pas de conter la victoire sans équivoque de Lucrétia sur le minotaure, protégeant les gitans en choisissant de se battre sans aucune aide de leur part.

La jeune ex-baronne tourna la tête pour regarder Lucrétia. Elle maintenait toujours Otto d'une main de fer, donnant une preuve supplémentaire de son désir, y compris dans ce récent conflit, de protéger les stryganis. La lahmiane leva un sourcil à son attention, apparemment agacée. Dokhara mit une bonne seconde à comprendre la nature de cette interrogation muette, avant que la vérité toute simple ne lui apparaisse comme une évidente fulgurance : sa consœur ne comprenait pas un traître mot de l'échange entre la stryge et Tsinep, et éprouvait la même méfiance que Dokhara envers la version de l'histoire que Tsinep contait. Contrairement à la jeune femme, elle n'avait fait aucun effort pour s'intéresser à la cultrure de leurs hôtes, et ne pouvait donc se rassurer en écoutant leur échange. Et puisque la stryge pouvait être un ennemi des plus dangereux, elle avait besoin de savoir si la situation tendait vers un affrontement ou non.

Dans d'autres situations, Dokhara se serait gargarisée de cet instant. Ce moment où ses décisions s'étaient montrées plus intelligentes que celles de sa consœur, ce fragment d'orgueil de la misérable humaine face à l'implacable vampire.
Mais pas cette fois. Cette fois, elle enviait la lahmiane qui avait eu l'intelligence de rester distante, et qui n'avait en conséquence pas à porter le fardeau d'une quelconque tristesse ou culpabilité devant cette mortelle débâcle.
Elle se contenta de hocher la tête à son attention, opinant imperceptiblement du chef pour rassurer sa consœur : de ce qu'elle en comprenait, Tsinep était objective sur leur rôle parmi eux.

Nouveau borborygme guttural de la stryge. Idriss apparut alors, poussant devant lui un Chavo livide, le regard hagard. L'idiot devait avoir bien du mal à assimiler les conséquences de ses actes.
Sa simple vision suffit à chasser toutes ses pensées parasites : plus de tristesse ou de culpabilité envers les morts, plus de fascination ou de crainte envers la stryge, plus de doutes sur Tsinep. Ne restait qu'une haine vivace envers le gitan responsable de tout ce malheur, couplé au désir brûlant de lui faire payer tout cela au centuple.
Elle avait déjà fait un pas en avant par mégarde lorsqu'elle s'était intéressée à la stryge, aussi cette fois-ci elle sut rester vigilante à ses pulsions. Néanmoins, elle n'eut pas la force d'empêcher ses mains de se resserrer sur le pommeau de ses armes, ses muscles tremblant littéralement de rage. Elle avait beau tenter de garder le contrôle d'elle-même, il lui était impossible de dissimuler toute la haine qu'elle éprouvait envers cet individu.

Lorsqu'elle entendit la requête de Lucrétia, le regard de Dokhara s'assombrit encore en direction du strygani. Les deux amantes avaient visiblement le même objectif, mais la jeune femme craignait désormais la réponse de la stryge. Elle n'était pas certaine de pouvoir contrôler toute l'étendue de sa fureur si cette dernière esquissait ne serait-ce qu'un début de refus.
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Une vie de gitan

Message par [MJ] Le Grand Duc » 13 févr. 2019, 15:08

Tsinep commença à traduire la réponse de Lucrétia mais le stryge l’interrompit net en levant le bras si rapidement que le mouvement était presque invisible à l’œil nu. Le vampire monstrueux s’avança d’un pas lourd vers Lucrétia, et la tension monta d’un cran.

Il s’arrêta à moins de deux mètres de la lahmiane, la dominant de toute sa stature. Il n’avait d’yeux que pour elle, et semblait totalement ignorer Dokhara et Otto, quand bien même ce dernier venait de faire dans ses chausses. On pouvait dès lors sentir l’odeur de mort et de sang qui émanait de Sekhemkhet, voir de plus près encore ses scarifications rituelles et les scènes finement ciselées sur ses épais bracelets en or. Les plaquettes qui pendaient de ses oreilles cliquetaient entre elles tandis qu’il baissait son abominable faciès vers la baronne de Bratian. Il la toisa ainsi, son regard à la pupille fendue vissé dans celui de Lucrétia. Il articula alors une longue phrase de sa voix caverneuse, soufflant son haleine fétide aux relents de charogne.

L’Ancienne, derrière lui, traduisit.


- « Toi, fille de Lahmia, a apporté le malheur sur les khilis. Ta présence et celle de ton esclave apportèrent la mort et le désespoir. C’est vous que les hommes de l’Empire cherchaient, et c’est pour vous trouver qu’ils ont massacré les khilis. Chavo n’a pas trahi la communauté, mais a voulu la purger de votre présence. Se faisant, il a entrainé son anéantissement. Le Roi prendra ma vie pour vous avoir accepté parmi nous. Le Roi prendra la vie de Chavo pour avoir précipité le massacre de son peuple. Les hommes de l’Empire ont fui, mais ils reviendront pour se venger. Les khilis sont désormais souillés et condamnés. Le Roi les abandonnera car ils ne sont plus dignes de lui. Toi, fille de Lahmia, et ton esclave, serez sauves pour avoir protégé les khilis contre le monstre de la forêt. C’est la dette du Roi qui est ainsi payée. Maintenant, vous devez disparaître à tout jamais. Que vos noms s’effacent de l’Histoire et que la malédiction éternelle de Strygos soit sur vous. Ainsi est la loi de Strygos, ainsi en décide le Roi. »

La voix de la vielle femme ne tremblait pas. Son destin s’arrêtait ici. La prophétie qu’elle avait un jour confiée à Lucrétia était sur le point de se réaliser.
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Une vie de gitan

Message par Dokhara de Soya » 14 févr. 2019, 11:18

- Quoi ? s'écria Dokhara, incapable de contenir la rage qui lui tordait le ventre. Non !

Elle refusait ce jugement. Cette conclusion ne pouvait satisfaire toute la colère qu'elle gardait en elle, toute la souffrance qu'elle avait ressenti face au carnage qui avait eu lieu. Elle ne pouvait pas se taire. Elle devait parler à la stryge, la convaincre de revoir sa décision.

Elle n'eut malheureusement pas l'occasion de développer sa pensée. A peine ces deux syllabes avaient franchi ses lèvres que déjà la créature réagit, s'élançant sur elle et levant son énorme patte griffue pour la diriger vers sa gorge.

Dokhara tenta de dégainer ses armes pour bloquer le coup. Mais au fond d'elle, elle savait pertinemment que la créature était trop rapide.
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 14 févr. 2019, 17:34, modifié 1 fois.
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Une vie de gitan

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 14 févr. 2019, 13:28

Les paroles de la Lahmiane ne furent pas du goût de son opposant, bien au contraire. Il ne semblait pas être de ceux qui écoutent, plutôt de ceux qui ordonnent. Aveuglément. Sur les derniers mots de Lucretia, mots que traduisait Tsinep à voix haute, le stryge leva le bras dans un geste aussi imposant que plein d’autorité, et la vieille femme s’interrompit aussitôt. L’Immortelle, elle, continua son discours jusqu’au bout, et cela même alors que la bête s’avançait vers elle dans une attitude menaçante. Cela n’eut de conséquence qu’une diction plus hachée, plus acérée de la part de la baronne de Bratian, laquelle s’était de plus en plus tendue à mesure qu’approchait Sekhemkeht. Elle ne pouvait décemment pas ignorer la taille et la puissance de pareille créature, et s’était parée à toute éventualité.

Mais la chose ne l’attaqua pas. Pas encore. Elle se contenta de continuer de la toiser d’un air peu affable, et, alors même qu’elle commença à proférer ses borborygmes anciens, Lucretia sut qu’il n’était pas d’accord. Tout dans son comportement, dans sa démarche, le signifiait. Et Tsinep traduisit, une fois de plus.

C’était Dokhara et Lucretia qui avaient apporté le malheur sur les gitans, car c’était bien elles que les hommes de l’Empire recherchaient. Chavo, de son côté, n’avait pas trahit la communauté des khilis, non, mais avait tâché de la guérir en supprimant leur présence. A ces simples mots, la Lahmiane retint une flopée de paroles bien senties. Ce qui suivit, en revanche, fut des plus intéressants. Ainsi, parce que Tsinep les avait introduites au sein même de la communauté, elle allait mourir. Lucretia jeta un coup d’œil en direction de l’ancienne. Celle-ci paraissait stoïque, acceptant son sort comme s’il ne s’agissait de rien. Stupidité, ou lassitude ? Aucun des deux, très certainement ; Lucretia y voyait surtout une forme de zélotisme particulièrement poussée, ce qui invitait presque à l’admiration. Mais tout cela, malgré tout, n’était pas autre, pour elle, qu’un véritable gâchis. Et si Tsinep devait être exécuté, quid de Chavo ?

Son destin suivrait celui de l’ancienne, sans distinction aucune, alors que ses torts s’avéraient bien plus importants. Mais le vampire n’en savait rien, n’en avait point conscience. Ou refusait-il simplement d’accepter la vérité parce qu’il s’agissait de ses mortels, à lui, de cette communauté dont il était en partie responsable ? Qu’importait ; ce n’était pas assez au vu des exactions répétées qu’il avait commises. De leur côté, Lucretia comme Dokhara seraient épargnées, pour le moment. En sauvant les gitans du minotaure, les deux jeunes femmes s’étaient vu octroyer une dette avec laquelle elles pouvaient désormais acheter leur sauf-conduit jusqu’au Kislev. Enfin, les stryganis restant, eux, seraient livrés à leur sort ; ils avaient péché, selon les dires de leur roi, et ne méritaient plus sa considération.

Il y avait du bon et du moins bon, dans tout cela. Des inepties datant d’un temps ancien, et un sens de l’honneur et de la probité particulièrement exacerbé, pour certaines choses, à tel point que cela frisait le ridicule et le manque de bon sens. Sekhemkeht devait avoir du sang bretonien dans les veines. Mais, alors que Lucretia pourpensait à tout cela, Dokhara prit les devants.

Avec hargne et irritation, elle se jeta presque en avant, hurlant son refus dans la clairière. Bien qu’elle n’eût pas développé le fil de sa pensée et de sa colère, Lucretia devinait son sentiment, qu’elle partageait totalement : la sensation d’une injustice, quelle qu’elle fût, la sensation d’avoir été volé. Et cela tournait très certainement autour de Chavo, et peut-être également que Tsinep était concernée. Le jeune homme méritait mille morts. L’ancienne, elle, méritait la protection de Lucretia pour les avoir accueillis, elle et les siens, et pour avoir soigné ses gens. Par ailleurs, où diable était donc passé Marcus ? La Lahmiane, avec un temps de retard, venait tout juste de remarquer son absence. Elle s’était bien trop préoccupée de Dokhara pour songer au capitaine de la garde. Mais la fatalité vint rapidement la rattraper sans même qu’elle en souffrît véritablement ; l’homme était mort, très certainement tombé sous les coups des lames des ostlandais. Elle doutait qu’il se fût esbigné dans la forêt, laissant sa maîtresse derrière lui. Non, s’il n’était pas là, c’était qu’il avait tout bonnement été tué.

Cette réflexion manqua de lui faire perdre le fil de la réalité ; à peine Dokhara avait-elle effectué un pas à ses côtés tout en manifestant sa rancœur que le stryge se mut dans sa direction. L’instinct prima sur sa capacité à raisonner ; elle se rua vers l’avant, s’interposant entre la bête et son amante. Dans le même temps, elle avait une fois de plus projeté Otto devant elle tout en dégainant son épée de l’autre. Lucretia n’était pas assez folle pour recevoir gratuitement un coup pouvant décapiter un homme, et point assez sotte pour aller au devant du combat toute désarmée. Elle n’avait pas la moindre idée des intentions du stryge, mais avait pris la décision de lui projeter Otto dans les pattes histoire de l’occuper un moment. Juste assez pour qu’il pût l’écouter.

« N’essaye. Même. Pas. », cracha-t-elle presque à la créature. Le ton était cinglant, menaçant, glacial, et presque distant, à sa manière, mais l’on pouvait y lire, derrière tout cela, toute la fureur qu’avait entraînée l’intention de s’en prendre à Dokhara. Un nouveau pas, un mauvais, et cela pourrait être celui de trop.

« Je ne m’en suis jamais prise aux tiens pendant ces deux mois de voyage, alors respecte cela, et ne t’avise pas de la toucher sans mon accord. J’ai établi avec elle des règles sensiblement différentes de celles que tu imposes à ton peuple. Considère, l’espace de ce simulacre de conversation, qu’elle est mon égale ; si tu t’en prends à elle, c’est moi que tu attaques personnellement. »

Rivant ses prunelles smaragdines dans les pupilles fendues de la stryge, elle n’en détourna jamais le regard, prête à anticiper de nouveau le moindre de ses gestes. Campée sur ses positions, lame à la main, sa posture indiquait sans pouvoir se méprendre que, si affrontement il devait y avoir, elle en serait. Mais elle ne serait pas celle qui porterait le premier coup. Pas dans cet instant présent, à tout le moins. Ainsi que se présentaient les choses, les pourparlers risquaient à tout instant de voler en éclat, laissant place à un terrible combat. La situation était des plus tendues.
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Une vie de gitan

Message par [MJ] Le Grand Duc » 14 févr. 2019, 14:52

Lucretia projeta Otto von Falmer au-devant du stryge, mais la force et la rapidité du coup que l’ostlander reçu de la part du monstre furent tels qu’il sembla ne faire que rebondir sur ce dernier pour aller s’écrouler dans l’herbe grasse avec un fracas métallique. Il y resta immobile, assommé ou préférant faire le mort.

Sekhemkhet réagit immédiatement au geste de Lucrétia : il se campa d’un bond sur ses pattes musculeuses et arqua ses longs bras devant lui, griffes déployées et prêtes à frapper. Sa mâchoire se décrocha alors qu’un feulement grave montait de sa gorge, sa langue noire dépassant sur le côté. L’instant sembla se figer, tandis que le formidable stryge, puissant et bestial, faisait face à la lahmiane. Cette dernière était semblable à la lame de son épée elfique, d’apparence fine et frêle mais terriblement tranchante. Les deux Immortels se fixaient en chiens de faïence, prêts à se jeter l’un sur l’autre en un clin d’œil pour se réduire mutuellement en charpie dans un combat aux proportions titanesques devant les regards abasourdis des vulgaires mortels.

► Afficher le texte
Mais Lucrétia prononça quelque chose qui fit plisser les yeux du Gardien des Portes. C’était l’ennemie héréditaire de sa race, certes, mais c’était aussi une chose de majesté et de grandeur, tout comme lui. Son choix concernant ses possessions était souverain, et cela s’appliquait aussi à cette mortelle dont elle s’était entichée et qu’elle appelait son égale. Le regard reptilien du stryge alla de la baronne, à son épée au fil brillant, à Dokhara. Il claqua sa mâchoire dans le vide et se redressa quelques peu, pointant une griffe acérée vers la forêt, avant de gronder quelques choses dans son langage haché.

- « Disparaissez, désormais. Ceci est le dernier avertissement du magnanime Roi Sekhemkhet. »
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Une vie de gitan

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 17 févr. 2019, 16:33


Lucretia s’était projetée en avant afin de défendre Dokhara, crachant son venin à la face du stryge, et ce dernier n’avait pas apprécié l’affront qui venait de lui être fait. Comme tout roi du Vieux Monde, il se croyait être le seul en mesure d’ordonner, et s’attendait vraisemblablement à ce que la Lahmiane s’exécutât. Il avait tout faux, et la vampire venait de lui démontrer ; lame à la main, elle se tenait prête à découper quelques augustes mais putrescents morceaux de chair. Sekhemkhet réagit à son tour.

A la manière d’un destrier, il se redressa sur ses pattes arrière, ruant, manifestant son endêvement. Ainsi posté il paraissait plus grand et plus puissant encore. Ses intentions étaient claires comme de l’eau de roche ; intimider son adversaire avant d’envoyer le premier coup. Il y aurait donc un affrontement ; Lucretia en était convaincue. Eu égard à la bestiole qu’elle allait défier, ne s’embêterait pas à tenter de parer ses assauts, non. L’esquive, comme d’ordinaire, était tout indiquée. Il fallait que le stryge attaquât le premier afin de tournoyer autour de lui et de le lacérer. Elle attendit une offensive qui ne vint jamais.

A la place, la Lahmiane crut voir de l’hésitation dans le regard de la bête. Ou plutôt de la réflexion, et, alors que ses pupilles n’avaient cessé de la fixer depuis tout ce temps, il défléchit enfin pour aller se poser sur Dokhara. Avait-il compris la nature qui les liait l’une à l’autre ? Les mots prononcés par Lucretia avaient-ils fait leur petit bonhomme de chemin jusque dans l’esprit de l’Immortel ? Oui, car il perdit de son attitude belliqueuse et parut se détendre quelque peu, avant de leur dire de disparaître ; il n’y aurait pas d’autre alternative.

L’espace d’un instant, Lucretia songea à profiter de ce moment pour attaquer la première, ou même pour se ruer sur Chavo afin de l’égorger elle-même. Après tout, si le stryge n’était qu’une montagne de tendons et de chair puissamment reconstituée, elle, de son côté, bénéficiait d’une habileté et d’une promptitude que son adversaire ne parviendrait jamais à égaler. Mais, ce faisant, elle exposerait Dokhara, et la laisserait sans défense. Aussi oublia-t-elle cette idée. Elle se redressa, baissant légèrement sa garde.

Si elle avait pu égorger le jeune homme elle-même, nul doute qu’elle l’eût fait. Mais, désormais, valait-il véritablement la peine qu’elle sacrifiât tout ce qu’elle avait pour lui ? Non pas. Il mourait, et c’était là tout ce qu’il y avait à retenir. Tsinep aussi, mais il s’agissait là presque de son propre choix ; résignée, la vieille femme paraissait accepter son sort, et ne cherchait pas à s’en détourner. Tant pis pour les mille tourments que le gitan méritait, tant pis pour toutes ces souffrances qu’elle désirait lui infliger ; d’autres choses ne tarderaient pas à survenir qui relégueraient Chavo au rang de détail.

A ce propos, le fait que Sekhemkhet décidât d’abandonner son peuple se révélait une bonne chose ; Lucretia aspirait à se rendre à leur fête annuelle afin d’en savoir davantage à leur sujet. Leur « dieu » les ayant délaissés, s’en remettraient-ils à elle ? Par ailleurs, le stryge verrait-il cela du mauvais œil ? Il ne manquerait pas de ridicule si tel était le cas, après l’esclandre qu’il venait de faire. Pourquoi s’en offusquerait-il ? Par simple jalousie, ou bien parce qu’il estimait que les gitans lui appartenaient toujours alors même qu’il venait ouvertement de renoncer à eux ?

« Très bien, dit-elle alors en rengainant son épée. Je me permets toutefois de reprendre mon jouet. Et mes biens dans le campement. »

Se détournant quelque peu du Stryge, elle s’en alla récupérer Otto, lequel gisait à quelques pas de là, sans bouger. Personne n’avait statué sur son sort lors de cette dernière discussion, mais jamais Lucretia ne l’avait oublié. Il méritait, par exemple, bien plus de mourir que Tsinep, selon l’opinion de la Lahmiane. Le hobereau avait délibérément choisi de ne pas écouter les menaces de l’Immortelle, et, pour cela, il allait payer. L’intéressée songeait également à un second point ; Dokhara aurait certainement besoin d’un exutoire après avoir été privée de la géhenne qu’elle comptait donner au jeune gitan. Elle pourrait toujours passer ses nerfs sur le seigneur ostlandait ; n’était-il pas source d’une bonne partie de ses récents maux ?

Après l’avoir attrapé par le col de son armure, elle le traîna tout bonnement sur le sol tandis qu’elle s’en retournait au milieu des roulottes, ignorant ses cris de douleurs alors que quelques-uns de ses os avaient été fissurés, voire potentiellement brisés suite à ses nombreuses chutes.

« Je vous en laisserai un bout, murmura-t-elle à Dokhara tout en désignant Otto, alors qu’elle s’en revenait auprès d’elle. Rassemblons nos affaires, prenons des vivres, des couvertures, des ustensiles et mêmes des montures, s’il en reste, puis partons. »

Farfouillant çà et là, Lucretia parvint à identifier son ancien habitacle et à récupérer le coffret qu’elle avait magiquement scellé. Trouver des sacs de toile ou des fontes de selle fut relativement aisé dans la mesure où les khilis, exclusivement voyageurs, en détenaient à foison. Enfin, elle s’empara de quatre montures, si elle en trouva ; les gitans ne tenteraient certainement rien, ne pouvant plus se défendre. Et ne venaient-ils justement pas de perdre leur maître ? A ce propos, Lucretia leur tint le discours suivant, perchée sur son cheval.

« Je continue ma route en direction de la foire aux bestiaux d’Erengrad. Si d’ordinaire vous vous retrouviez désormais esseulés, sans plus savoir que faire, où aller, ou qui suivre, vous êtes les bienvenus. »
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Une vie de gitan

Message par Dokhara de Soya » 18 févr. 2019, 21:28

Dokhara cligna des yeux à plusieurs reprises, choquée et immobile.
Elle avait vu la stryge lever un bras pour l'attaquer. Elle avait saisi ses armes et les avait instinctivement levées pour tenter d'encaisser l'impact, dans un geste de survie qui n'avait guère de sens lorsqu'on considérait la force brute de la créature. Mais le monstre n'eut pas le temps de la toucher que quelque chose de massif l'avait percuté, interrompant sou mouvement - il fallut un petit délai à la jeune femme pour comprendre que le projectile était le corps d'Otto, et en déduire sa provenance.

Le monstre feula et prit une posture clairement agressive, griffes sorties, prêt à massacrer les deux importunes. A côté d'elle, elle entendit Lucrétia cracher un avertissement à son adversaire avec une froideur glaciale. Dokhara n'osa pas regarder son amante de peur de perdre de vue ne serait-ce qu'une seconde la stryge.

« N’essaye. Même. Pas. »

Alors que sa consœur contenait sa sourde colère pour tenter d'être diplomate avec Sekhemkhet, Dokhara se fit violence pour reprendre ses esprits, débloquant son corps tétanisé pour faire un pas en arrière d'une jambe tremblante.

Tsinep traduisit le dernier borborygme de l'immonde créature. L'ultimatum était clair : soit elles partaient maintenant et acceptaient la situation, soit elles auraient à affronter ce soi-disant roi.

A nouveau, elle avait approché la mort de très près. Pourquoi la stryge l'avait ainsi attaquée, juste pour deux malheureux mots qui s'étaient échappés de sa bouche ? Impossible de le savoir, mais cela n'avait guère d'importance : seule comptait désormais la lucidité nouvelle avec laquelle elle analysait sa situation.

Envolées, ses émotions de tristesse et de haine. Elle n'avait pu supporter la sentence de la stryge, savoir que Chavo aurait une douce mort pour tous ses pêchés, tandis que tous les khilis perdraient leur protecteur au moment précis où ils avaient besoin de lui, nouveaux parias d'un empire qui les brulerait pour avoir osé riposter à l'agression du nobliau.

Elle avait eu peur sur l'instant oui. Mais Lucrétia avait veillé sur elle, et l'avait sauvée. Cela lui permettait non pas de craindre la stryge en cet instant, mais seulement de faire preuve d'une sombre résignation sur ce qui devait désormais être fait.

Elle observa les khilis prostrés, misérables gueux incapables de se libérer de leur soi-disant déité. Comme pour Lucrétia : ils avaient craché sur la jadokari des jours durant, et dès lors qu'elle avait révélé sa nature, ils étaient devenus de silencieux agneaux, incapables d'affirmer la moindre attitude rebelle contre elle. Ils détestaient qui elle était, mais révéraient ce qu'elle était.

Qu'ils crèvent.

Elle croisa le regard de Lucrétia. Le visage de la jeune femme était froid et déterminé, tout autant que celui de son amante qui restait en posture de combat, prête à se défendre. Dokhara lui adressa un autre hochement de tête, avant de rengainer ses propres armes. La signification était claire : elle abandonnait ses prétentions sur Chavo ou les stryganis, et acceptait les conditions de la stryge.

Les gitans n'étaient pas importants. Rien de tout cela ne l'était. Sekhemkhet, les ostlanders, les khilis. Des détails, des cailloux sur sa route. Des distractions qui lui avaient obscurci l'esprit. Chavo n'avait aucune espèce d'importance, pas plus que ce qu'il pourrait advenir de son peuple.

Ce voyage vers le Kislev n'avait jamais eu d'autre objet que Lucrétia et Dokhara. Elles deux, et rien d'autre. C'était tout ce qui comptait.

Lucrétia oublia elle aussi ses velléités pour rengainer son épée, et aller récupérer le noble gémissant dans son armure, le trainant par le col tandis que ses solerets trainaient misérablement contre le sol, raclant la terre. Lorsqu'elle passa devant l'ex-baronne, elle lui chuchota son désir pour elles deux de le torturer. Oui, c'est vrai qu'elle l'avait menacé quelques minutes plus tôt, promettant des conséquences à son précédent refus d'obtempérer. Mais pas plus que pour le reste, Dokhara ne se sentait désormais d'humeur à sourire - Otto n'avait, en définitive, aucune espèce d'importance.

Rien n'en avait, sinon Lucrétia.

Et pourtant, alors qu'elles quittaient le campement avec leurs affaires, un petit détail fit stopper sa progression à la baronne. Ce détail, ce n'était pas les éventuels stryganis qui auraient pu les suivre suite à la proposition de Lucrétia - après tout, il était vrai qu'abandonnés par leur protecteur dans un pays désormais ouvertement hostile, ils feraient des serviteurs dociles pour les deux femmes au Kislev. Non, c'était quelqu'un d'autre, en périphérie de son champ de vision, qui avait sorti Dokhara de sa froide résignation.

Elle agrippa la manche de sa consœur, puis après un court moment d'hésitation face à son regard interrogatif, elle finit par lui oser parler.

- Je... il... je lui en veux. D'être mort. Il n'avait pas le droit de se sacrifier, surtout aussi misérablement, car jamais nous ne lui avions donné la permission de mourir. Mais... il a malgré tout exécuté votre volonté. Je suis vivante grâce à lui. Il... Marcus mérite d'être enterré dignement. Par nous.

Elle détourna les yeux vers son cadavre non loin, afin que Lucrétia suive son regard, et puisse voir par elle-même son dernier fidèle serviteur passé à trépas. Ne lui restait, à elle aussi, plus que Dokhara.
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 18 févr. 2019, 21:30, modifié 1 fois.
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Une vie de gitan

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 20 févr. 2019, 14:04

Avant tout cela, au moment même où Lucretia traînait Otto par son armure en direction du campement, Dokhara vint la rejoindre, l’agrippant par la manche. Lorsqu’elle l’avait croisée, l’ancienne baronne de Soya avait eu le visage dur et les traits déterminés, presque mauvais. Là, son expression était tout autre, penchant plutôt vers l’incertitude et le remords. La Lahmiane suivit le regard de sa consœur, et ses prunelles émeraude distinguèrent sans mal aucun ce corps précis que cette dernière souhaitait lui montrer. Marcus. Ainsi, selon les dires de Dokhara, celui-ci s’était sacrifié pour elle. Il méritait des hommages funèbres. Lucretia hésita, avant d’effleurer la joue de sa compagne, lui offrant un pauvre sourire.

« Mieux vaut lui que vous. Il n’est pas bon de trop s’attacher à tous ces humains qui ne vous suivront pas dans la non-vie. Tôt ou tard, vous les perdrez ; s’accrocher à eux, même légèrement, c’est déjà perdre un peu de son immortalité. »

Ce disant, Lucretia s’était arrêtée au côté de son amante, la regardant longuement, comprenant malgré tout les émotions qui la traversaient.

« Mais… Il est vrai, comme vous dites, qu’il vous a ainsi sauvé la vie, qu’il vous a protégée au détriment de la sienne. Cela signifie beaucoup pour moi. La Lahmiane hocha la tête à petits coups successifs, répétés et amplifiés, comme si elle cherchait à se convaincre elle-même. Entendu ; offrons-lui une sépulture décente. Allons le chercher »

Faisant aussitôt demi-tour, elle lâcha subitement le hobereau ostlandais, lequel s’écroula au sol dans un bruit de ferraille. Mais, tandis qu’elle s’avançait en direction du cadavre de feu le capitaine des gardes de Bratian, elle passa non loin de Sekhemkhet, une fois de plus. Elle s’arrêta face au spectacle qui se préparait, assouvissant sa curiosité morbide.

Tsinep était là, à genoux, devant la bestialité imposante du stryge. Son visage aux paupières closes paraissait serein, ses traits s’étaient adoucis ; seules ses lèvres se mouvaient imperceptiblement. Les deux ou trois sons que Lucretia put entendre, à peine chuchotés, à peine murmurés, ne lui apprirent rien, si ce n’était qu’elle était vraisemblablement en train de prier dans sa langue natale. Mais le stryge ne s’embarrassa pas de telles broutilles ; sans grâce aucune, simplement animé par la violence, le désintérêt, ou encore la lassitude, il décocha à l’ancienne un revers si puissant de ses griffes qu’il la décolla tout bonnement. La tête vola quelques pieds plus loin, et le faciès de sa victime s’immobilisa, les traits en paix. Elle paraissait ne pas avoir souffert, ne pas même avoir eu le temps de prendre conscience de ce qui lui était arrivé.

Chavo, quant à lui, était bien plus nerveux. Il n’avait pas la sapience de la vieille femme, avait encore toute sa vie devant lui, et venait justement d’assister à la brutale exécution. De là où elle se trouvait, Lucretia devina, sans toutefois pouvoir véritablement la ressentir, la respiration hachée et frénétique du jeune homme, et cela tout autant qu’elle pouvait visualiser ses fréquentes déglutitions. Il avait peur, à n’en pas douter. L’espace d’un instant, les yeux du gitan se posèrent sur les deux jeunes femmes, que pour mieux les détourner au loin, tentant de les ignorer. A ce moment précis où leurs regards s’étaient croisés, Lucretia s’était appliquée à faire paraître sur son visage toute la satisfaction, toute la cruauté, et toute la victoire que lui inspirait cette vision. Se rengorgeant, un petit sourire en coin affiché sur ses lèvres, elle assista à cette nouvelle décapitation. Le visage de Chavo, lorsqu’il cessa de rouler dans la poussière, trahit une mort bien plus tumultueuse et crispée que celle de son aînée.

La Lahmiane retira un certain contentement de ce spectacle, et remarqua avec curiosité qu’elle avait tout ce temps durant interrompu son mécanisme naturel de respiration. Lâchant un petit soupir, elle reporta son attention sur la zone où gisait Marcus, avant de percevoir d’autres grincements métalliques. Otto. Le bougre avait profité de cette scène pour ramper au sol avant de se relever un peu plus loin, boitant douloureusement. La souffrance se dégageait de sa démarche, dans cette manière précautionneuse et hâtive qu’il avait de poser le pied droit. Il se bringuebalait de gauche à droite, comme un bossu vacillant, mais Lucretia sentait sa gaillarde détermination. Et comment pouvait-elle ne pas le comprendre ? C’était très certainement maintenant ou jamais, pour lui. Il n’était pas discret, et il le savait, mais, là encore, comment pouvait-il faire autrement, engoncé dans une armure dont il ne pouvait pas se dépêtrer ?

L’espace d’un moment, Lucretia eut l’envie de jouer au chat et à la souris avec lui. De lui laisser un peu d’avance, de lui laisser caresser le doux espoir de la réussite que pour mieux le rattraper par la suite, l’anéantissant par la même occasion. Mais elle avait d’autres chats à fouetter. En quelques rapides enjambées, elle l’attrapa une nouvelle fois.

« Non non non, le gourmanda-t- elle une fois à sa hauteur, avant de le ramener dans la clairière. Tu restes là, avec nous. »

Par la suite, gardant toujours l’ostlandais bien à l’œil, Lucretia porta le corps de Marcus en le prenant par les pieds, tandis que Dokhara le soulevait par les épaules. A deux, elles l’amenèrent à un endroit où la terre paraissait bien plus meuble, plus ductile, non loin des stryganis. Les gitans étaient toujours agenouillés, ne parvenant à prendre conscience de leur défortune. Ils s’en remettaient difficilement, et quelques regards flous se portèrent au loin, dans ce tas de branches et de feuilles au travers duquel leur roi avait disparu à tout jamais. Mais d’autres, au contraire, ne tardèrent pas à remplacer par la colère ce vide nouvellement créé en eux.

Tandis que les deux jeunes femmes déposaient précautionneusement le corps du capitaine des gardes dans les herbes, quelques paroles rauques vinrent chatouiller l’ouïe de la Lahmiane. En relevant les yeux, elle croisa le regard noir de deux khilis. Là où les autres s’abîmaient dans le chagrin et la douleur, eux avaient séché leurs larmes. La dureté de leurs traits soulignait la violence de leurs pensées, et les murmures qui continuaient de s’échapper de leurs lèvres, tordues en des moues dégoûtées, allèrent en ce sens. Lucretia, se redressant, haussa un sourcil interrogateur en direction de sa compagne.

« Des malédictions, n’est-il pas ? demanda-t-elle sur un ton des plus agacés. Encore et toujours. Crétins finis, foutus sots ; ils n’apprendront donc jamais. »

Se retenant tout juste de les égorger sans même leur accorder un regard, l’Immortelle passa momentanément ses nerfs sur Otto. Il fallait qu’elle fît quelque chose, qu’elle usât de sa force, d’une manière comme d’une autre, afin de s’apaiser. Dans un mouvement brusque de la Lahmiane, le seigneur en armure de plate alla s’écraser contre les deux gitans, les envoyant bouler au sol dans des cris de stupéfaction et de douleur. Les doigts de Lucretia se tendirent avant de se refermer, à plusieurs reprises. Puis elle s’adressa à Dokhara.

« Auriez-vous l’obligeance, très chère, d’arpenter le campement afin de me trouver trois pelles pendant que je surveille ces trois déchets que voilà ? »

Elle se planta derrière eux, épée à la main, caressant leur nuque de sa pointe effilée, n’hésitant pas à les reprendre au moindre mouvement qui ne lui plaisait pas.

« Ça reste à genoux », grognait-elle méchamment à l’attention des trois hommes. Ils se tinrent nonobstant à carreau, sentant la présence de la vampire dans leur dos sans qu’ils ne pussent véritablement la regarder directement. Dans cette position, l’appréhension les gagnait, et elle les vit à plus d’une reprise enfoncer la tête dans leurs épaules lorsqu’elle se mouvait légèrement, craignant de recevoir un nouveau coup. Elle s’en amusa sadiquement, feintant çà et là quelques horions.

Lorsque Dokhara revint, elle donna une pelle à chacun de ses trois otages.

« Creusez la tombe de cet homme », ordonna-t-elle aux deux Khilis en désignant Marcus du menton. Puis elle se tourna vers Otto. « Et toi, creuses-en une deuxième. La tienne. »

Il n’en méritait, aucune, non. Pourrir au beau milieu des cadavres, sans rien pour dissimuler l’abject tableau de son corps rongé par les vers, voilà ce qui aurait dû l’attendre. Mais le spectacle des décapitations avait ravivé une certaine flamme de cruauté dans le cœur de l’Immortelle, et, avec la dent qu’elle avait contre lui, la jeune femme avait décidé de le tourmenter jusqu’à la fin. De le confronter à sa mort, de lui faire comprendre à quel point il avait perdu de ne pas l’avoir écoutée. De lui faire prendre conscience que chaque pelletée le rapprocherait inexorablement de sa fin.

Les khilis, en dépit de leurs mauvais regards, se mirent à l’ouvrage, respectant l’autorité de « l’ange de la nuit ». La réaction d’Otto, elle, fut bien différente. Ses mains se posèrent mollement sur le manche de la pelle que la Lahmiane lui colla entre les mains. Il peinait à réaliser, à comprendre ce qu’elle venait de lui dire. Son visage s’était décomposé ; quand bien même l’avait-il certainement toujours su, au fond de lui-même, que le fait de se l’entendre dire, véritablement, l’avait abattu. Ou presque. Car l’instant d’après, il se redressa, oubliant momentanément sa douleur, et ses paumes se refermèrent sur le bois de l’outil.

« Va te faire foutre, salope de sorcière » beugla-t-il avec haine, avec hargne, maniant sa pelle comme s’il s’agissait d’une épée.

C’était que, dans ce sursaut belliqueux de dignité, il avait fière allure, avec son visage ensanglanté et son armure boueuse. Il se dégageait de lui une hardiesse certaine, un refus de la mort, un dédain du sort que lui avait réservé cette femme, pourtant bien plus puissante qu’il ne l’était. Mais il réfutait cette soumission qu’elle lui imposait, cette humiliation de creuser sa propre tombe, littéralement. Quitte à mourir, autant le faire avec honneur. Et pourquoi pas la blesser, lui causer un dernier dommage avant de passer de vie à trépas ? Alors, d’un lourd mouvement de pelle, il s’élança sur sa cible. Mais, à la surprise de celle-ci, l’attaque ne visa pas Lucretia, non. L’homme avait très certainement compris l’ensemble de la situation, saisit le rôle, les forces et faiblesses de chacun. Le bord tranchant et métallique de l’outil fusa vers le crâne de Dokhara.
FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140
Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises (lvl 1):
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Érudition
- Intimidation
- Alphabétisation
- Sens Accrus
- Vision nocturne
- Connaissance des démons
- Comédie
- Force accrue
- Esquive
- Monte - chevaux
- Coup précis lvl 3
- Arme de prédilection - épée à une main
- Escalade
- Coriace
- Chance
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 2
- Etiquette
- Intrigue de cour
- Littérature
- Réflexes éclairs
- Linguistique

Dons du Sang:
- Défi de l'Aube
- Innocence Perdue
- Domination
- Ame Profane
- Forme de Familier : Corneille
- Régénération Impie
- Sang argenté
- Sang vif

Escorte :
- 10 hommes d'armes
- un carrosse tiré par quatre chevaux
- Hans le cocher
- Marcus le capitaine de la garde
- Une petite bestiole attachante nommée Dokhara.

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