Le verre de trop

Le Mootland est le pays des halflings. Il se situe entre les provinces de l’Averland et du Stirland. Le Moot bénéficie de magnifiques paysages et de terrains fertiles, ces derniers compensant largement la paresse de ses habitants.

Modérateur : Equipe MJ

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Le Voyageur
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Le verre de trop

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Les festivités qui marquaient la fin de la Grande Foire de Grunhugel battaient leur plein. Les fêtards étaient venus des quatre coins du Mootland pour célébrer le début de l’été et une masse compacte de halflings surexcités se pressait dans le dédale de pavillons et de stands dressés au pied du grand chêne qui surplombait la place centrale de la bourgade. La bière coulait à flot et les chansons paillardes résonnaient dans la nuit douce, au point de couvrir la fanfare du régiment des Sentinelles, vacarme de tambours et de flûtes qui paradait fièrement le long des allées du marché. L’heure était à la fête et les visages joufflus étaient hilares. L’air était saturé d’odeurs : celles des potages, soupes et autres garbures généreuses, des viandes et poissons grillées et de l’herbe à pipe. Celle aussi, plus âcre, de la poudre noire qui composait les feux d’artifices explosant par moment dans le ciel, toujours accueillis par une ovation admirative poussée par la joyeuse foule. Les enfants courraient entre les pattes de leurs parents, échappant à leur vigilance pour jouer entre eux et chaparder des parts de tourtes aux cerises ou à la poire. L’on se pressait vers un grand espace dégagé et délimité par des lampions colorés, car c’était maintenant l’heure du bal ! Des couples allaient s’avancer un à un pour s’adonner aux chorégraphies enjouées de leur pays, celles que dansaient leurs parents et leurs parents avant eux. Plus loin, on écoutait l’ancien du village qui mâchait le bout de sa pipe en contant l’histoire de temps meilleurs –qui somme toute ressemblaient bien à aujourd’hui- et plus loin encore, les fortes têtes à peine adultes se défiaient entre bandes de village rivaux à des épreuves de force, comme la course en sac de toile, le lancer de fer à cheval ou l’escalade du grand mât de cocagne pour y décrocher à son sommet saucissons fumés et jambons. Les quelques voyageurs humains qui se trouvaient là ne pouvaient que s’émerveiller en assistant à un tel déploiement d’énergie dans le seul et unique but de passer un bon moment et de profiter de la vie. Ces marchands d'Averheim ou Kemperbad étaient d’ailleurs rapidement pris par la main par des halflings remuants et invités à rejoindre la ronde dansante qui se formait autour du grand feu de joie.

Le lendemain matin, tous ceux qui avaient bu de la bière ou du poiré lors des célébrations de la veille étaient morts ou agonisants, c’est-à-dire la grande majorité des fêtards. Tremblement incontrôlables, bouches écumantes, teint violacé, vomissements sanglants, crises de folie et caquètements étranglés, convulsions subites et, peu après, décès violent. Une commission d'enquête d'Averheim, accompagnée d’une prêtresse de Shallya, fut envoyée sur les lieux dès la sinistre nouvelle parvenue en ville. Au vu des symptômes, on conclut à un empoisonnement aux sucs de roseau jaune,  une substance particulièrement virulente que l’on filtrait à partir des rhizomes de cette plante aquatique, abondante sur les berges du bief de l'Aver. Les brasseurs de la région qui fournissaient la foire furent tous arrêtés et certains, visiblement choisis arbitrairement, furent soumis à la question. L'un d'eux, Pierrick Roulebaie, avoua sous la torture. Il prétendit avoir empoisonné sa production pour punir le conseil municipal de Grunhugel de n'avoir commandé que trente de ses barriques de bière, contre le double l'an passé. Le halfling fut pendu haut et court à l'entrée de Eicheschatten après un procès rapide et l'affaire fut classée par la commission d'enquête impériale, qui repartie d'où elle était venue.
Je ne suis qu'un voyageur
Sous le soleil et la pluie
Je ne suis qu'un voyageur
Et je retourne au pays

Je n'ai plus que mon cheval
Mon cheval et mes habits
Des habits qui me vont mal
Et je retourne au pays

J'ai couru le monde, mais ma raison
M'a dit que le monde, c'était ma maison

Je ne suis qu'un voyageur
Qui chemine dans la nuit
Et je sens battre mon coeur
Car je retourne au pays

J'ai quitté ma blonde, qui m'avait dit
Va courir le monde si c'est ça ta vie

Je ne suis qu'un voyageur
Elle ne m'a jamais écrit
Et maintenant ah j'ai peur
De retourner au pays

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