[Tétradie Gondeghissel] Chemins & Travers

Cette province désolée au climat inhospitalier est en partie couverte par la forêt de Drakwald. Les soldats de la région vénèrent davantage Ulric que Sigmar. La capitale du Graf Tobringer n'est autre que Middenheim, la Cité du Loup Blanc.

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[MJ] Le Faussaire
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Message par [MJ] Le Faussaire »

Test opposé, Herr - 18 vs 12 - Tétradie, qui l'emporte.
Test secret : 9, raté.

- "Ah, eh bien voilà qui est parfait, cela fera moins de choses à enlever de votre affaire. Allons, allons, rangez cela, je ne vais pas vous tester dans l'instant ! Vous serez payée à la semaine, sans compter les voyages et les suffisances. En guise de bienvenue, vous n'avez rien à payer pour ce trajet. Nous règlerons tous les détails écrits une fois arrivé à une auberge digne de ce nom, c'est-à-dire loin d'ici.

- Herr Georgius !

- Oui, ho, ça suffit vos affaires ! On est ni des roublards ni des rustres, on n'a pas à courir après le blizzard, enfin ! Tsss, allez montez, ma petite. L'hiver est déjà là où nous allons.

- Et qui va payer pour sa place ?

- Considérez qu'elle prend la place de l'idiot qui m'a fait faux-bond. J'avais payé pour deux, de toute façon. A moins que vous ne vouliez renégocier...

- Montez, ou je vous sonne.

- Bien, bien !"

Et voilà qu'en un claquement de porte et de fouet, ils furent lancés, dévalant sans doute dans la cohue de la porte Nord, ou entre les travées de boue de l'avenue pavée. De son point de vue, Tétradie avait été cordialement accueillie par les trois autres passagers à l'intérieur de la carriole, puis sèchement reçue par les planches du fond, étant donné le coup-sec du départ. La face quelque peu pliée, un jeune moustachu aux yeux rieurs l'aide à se remettre du choc soudain.

- " Allons, asseyez-vous là, je vais m'écarter. Klosel, tu veux bien ... ?

- " Oui oui, venez donc monsieur."

Désormais assise convenablement, voilà une scène bien plus confortable qui se dessine : L'intérieur du fiacre se décompose en deux bancs molletonnés se faisant face, l'un avec un dossier cloué, tandis que l'autre n'a que deux maigres coussins d'angle pour s'appuyer. Chaque porte du véhicule est parée de rainures pour ne pas se coincer les doigts lors des chocs ou des potentielles fermetures/ouvertures accidentelles, ainsi que d'un petit rideau opaque qui est actuellement tiré à droite de Tétradie.

- " Voilà qui est mieux, hm ? Oh, et appelez-moi Herr Ans, ce sera plus simple. Voilà mon acolyte et camarade Klosel, et puis vous connaissez déjà Monsieur Georgius, votre mécène.

- Employeur, je préfère. Je croyais que vous étiez Herr Henning, jeune homme.

- Oui, c'est bien cela. Henning Ans, c'est mon nom complet. Mais on ne va pas s'appeler comme ça tout le temps, si ? Surtout vu où l'on se dirige, hein ?

- Oui, vous avez raison. Tenez, voilà votre sac, petite.

- Mais du coup, vous êtes ... ?"

La dernière parole était adressée à Tetradie en personne, vu comme il lui faisait désormais face, avec ses cheveux très fin, sa pilosité de paille, et son regard si rond. Dans tout ce cortège, une seule personne n'avait pour l'instant dit mot dans la cabine, soit la seule autre femme du lot. D'un regard, on discernait des bottes hautes et serrées, un pourpoint molletonné et un étrange chapeau incurvé. D'un autre, ou lorsque le rideau brinqueballait sous les coups des essieux, on apercevait un trait ardent en travers de la joue, un chignon brun désordonné, ainsi qu'un pantalon de cuir usé. L'inconnue avait pour l'instant les yeux fermés, les bras croisés, la tête collée contre la paroi de gauche, juste à coté de Tétradie et Georgius.

- "Ma... Madame ? Mademoiselle ? Vous allez bien ?

- Non mais, laissez-la tranquille, le voyage vient à peine de commencer...

- Mademoiselle, oui. Appelez-moi Ursula, ou ne m'appelez pas, merci.

- V'voyez ? Concentrez-vous sur autre chose, au lieu d'embêter autrui."

Il n'y eut plus une parole en l'air pendant quelques minutes, sinon quelques heures, laissant à Tétradie tout le loisir d'observer ses nouveaux compatriotes. Ans - ou était-ce Henning ? - portait ainsi des vêtements assez urbains, avec son gilet à col, son veston court et ces étranges bas bouffants que les gens d'Altdorf portent en toute saison, pour se donner un air altier. Dans le chahut de la diligence, c'était comme s'il portait un braga de marin, tant le tissu se gondolait et se tordait à chaque sursaut. Klosel avait, quant à lui, un visage long, une maigre tignasse auburn, et de longues mains qui paraissaient gigantesques par rapport à ses petites manches de chemise - mains qu'il gardait plaquées contre ses cuisses, comme s'il était crispé ou prostré. En face de lui, le nouvel employeur de Tétradie, "Herr Georgius", portait des habits bourgeois tout ce qu'il y a de plus classique - béret rond, chemise doublée d'un manteau d'hiver et de bottes courtes, noircies par le temps. Il était peut-être le seul de toute la bande à avoir de l'âge, vu ses doigts craquelés et l'usure de sa chemise. Malgré cela, il maintenait une chevelure cramoisie, presque rase, et aucune pilosité. Lorsqu'il croisa le regard de Tétradie, il lui intima à demi-voix :

- "Ne vous inquiétez pas pour le trajet, je m'en charge. Vous n'avez qu'à vous soucier de votre appétit, de votre logis et de vos mains. Je dois me rendre à Mittelweg, Endwurtz et Carroburg avant le solstice. C'est pour cela que je vous ai alpagué si vite. Considérez que vos temps d'auberge seront là pour vous tester. J'ai quelques transactions à recopier.

- Oooooh-Ho !
- Dallé, dallé-oh !

Il y eut trois chocs sourds sur le toit de la cabine, suivi de trois autres, du coté opposé.

- Eh bien ?

- Nous sommes déjà à l'arrêt ? Klosel ?

- On s'est arrêté, oui.

Depuis le plafond, une voix forte mais assourdie par les couches de bois et de tissu tenta de se faire entendre :

- On va faire une ... Dernier arrêt avant -mid.. ! Vous pourrez prier, il y a un ... !

- Devons-nous sortir ?

Un bruit de chute, suivi de deux coups sourds sur la porte de gauche, vinrent stopper l'interrogation. L'un des cochers venait d'ouvrir la porte.

- Si vous avez besoin de prier, faites-le ici, m'sieurs-dames. Ensuite c'est la Drakwald, on s'arrête pas ent'les r'lais ou les bourgs.

Un autre bruit de chute. Georgius profita de la porte ouverte pour prendre l'air. Qui sait combien de temps s'était-il écoulé depuis Altdorf ?

Test d'INT : 5 , réussi.

Depuis l'embrasure de la porte, et grâce aux va-et-vient des passagers, on pouvait y voir différentes tranches du paysage. En effet, il y avait d'un coté de la route, au loin, les hauts-murs jaunâtres de la capitale, avec ses tours éponymes, traversée par un grand fleuve qui semblait affaisser le terrain depuis les deux extrémités de l'horizon. De l'autre, le sol s'élevait doucement, et dès lors on apercevait une myriade de champs désormais boueux, vides, partiellement enneigés ou parsemés de flaques, avec en fond une immense et dense forêt d'épineux, qui s'élevait encore et encore.

Depuis ce point de vue incomplet, Tétradie pouvait aussi deviner la raison de cet arrêt en proche-campagne : Les routes de l'Empire étaient souvent des chemins de pèlerinage importants pour les cultes locaux ou nationaux, et par conséquents ceux-ci étaient pourvus d'oratoires, de statues ou encore de lieux de recueillement spirituels, où l'on trouvait parfois des diacres ou des flagellants s'exerçant à la prêche. Par chance, aucun virulent prophète n'était en vue, et encore moins d'individus braillards ou débraillés.

Rien d'autre que six voyageurs - huit, si l'on comptait les cochers - en route vers le Nord, appréciant leur dernier arrêt avant les terres du Loup.
<< Bah alors, qu'est-ce que tu cherches mon gars ? L'or, les femmes, le pouvoir ?
J'ai tout et plus encore dans ma baraque, viens jeter un œil !
Oh non, ce n'est pas loin, c'est au coin de la rue là-bas.
Mais attends, t'as les moyens j'espère ?

...

Oh, tu sais, on peut toujours s'arranger... >>

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Tétradie Gondeghissel
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Message par Tétradie Gondeghissel »

Au sein de la diligence régnait une atmosphère moite et tiède pourtant pas déplaisante comparée au froid mordant sévissant sans pitié à l'extérieur des murs de bois et de toile. Plusieurs autres passagers étaient là, avec des airs d'importance et des habits qui laissaient deviner une certaine forme d'opulence ou du moins d'aisance. N'en était pas moins que l'absence de savon dans le vocabulaire de ces braves gens permettait à une odeur de transpiration absolument terrifiante de prospérer. A vrai dire la puanteur des gens avait toujours frappé Tétradie, surtout celle des riches plus que des pauvres. Elle ne s'était jamais totalement expliqué pourquoi les premiers puaient davantage que les seconds, par ailleurs. A plusieurs reprises elle en avait débattu avec les autres novices qui partageaient ses vues sur la question mais la réponse demeurait floue. Peut-être que Sigmar aimait la pauvreté comme preuve d'abnégation et avait donc puni les plein-de-karls en les affublant d'une odeur de transpiration? Ou parce que le fait était que les pauvres, mouillés plus souvent sous la pluie, étaient lavés par elle? "Nan je pars sur Sigmar qui inflige l'odeur, cette histoire d'eau qui lave la puanteur c'est ridicule." Toute à ses pensées, la jeune femme se trouva soudainement prise d'un vide, un grand vide, le genre de vide qui vous fait comme un trou au milieu de la poitrine: on passait les défenses lointaines d'Altdorf! C'était fini, terminé, dépassé. La ville s'éloignait à présent et son petit cœur prenait conscience qu'elle ne reverrait pas de sitôt ses amies, ses camarades, son maître et surtout l'encens qu'elle respirait à plein poumons deux fois par jour au point d'en avoir récupéré une forme légère d'addiction. C'était peut-être ça la douleur dans la poitrine, d'ailleurs.

-"...Oui, vous avez raison. Tenez, voilà votre sac, petite."

-"De?"

"Pouf!" fit le sac en lui arrivant dans la figure, produisant un son lourd et sourd alors que le cuir percutait son visage puis retomba lentement sur ses genoux. La douleur lui monta au nez sans lui arracher de cri de douleur, à défaut d'un hoquet de surprise. Elle avait passé des années à se charcuter le grands à coup de lame et de chat, ce n'était pas pour hurler au premier saignement de nez.

-"Mais du coup, vous êtes ... ?"

Cette question, Tétradie l'accueillit avec un air éberlué. "Celle qui vient de se manger son sac dans la tronche, gros ulricain.". L'insulte manqua de lui filtrer entre les lèvres mais elle n'en fit rien, la chose pouvant être complexe à comprendre hors-contexte. Restait à décider si elle donnait son vrai nom ou un nom d'emprunt... A quoi bon cacher son nom, en vrai? Plus d'un âne s'appelait Helmut et peu de gens connaissaient une obscure religieuse d'un temple d'Altdorf.

-"Vous pouvez m'appeler Tétradie. Mais je préfèrerais Fraülein, si ça ne vous gêne pas."

Elle espérait ne pas paraître trop pédante, mais se faire appeler par son prénom par des inconnus, qui plus est des hommes, lui serait difficilement supportable. La mère supérieure Katarin l'avait souvent répété: les hommes c'est tous des porcs, sauf les religieux. Au vu du nombre de soeurs de Shallya qui se plaignait des mains moites de leurs patients, elle avait raison.

Privée de la majorité de la vue par l'absence de fenêtre digne de ce nom, Tétradie se plongea dans l'observation des autres passagers. En cours inquisitoriaux on le disait et le répétait: "Sous chaque honnête homme se cache une canaille!" Tel un mantra, elle se le répéta en dévisageant à moitié ses compagnons de route. Ils n'avaient pas l'air d'hérétiques en puissance, plutôt de bons bourgeois avec fort peu à se reprocher si ce n'était d'avoir confondu le vin avec de l'eau. Difficile en l'état de trouver quelque chose à leur reprocher, à part sans doute leur croyance en plusieurs dieux au lieu de Sigmar, empereur de l'univers. Un peu vexée par son manque de réussite, la novice se replongea dans un mutisme boudeur avant d'être tirée de sa rêverie par une voix encore inconnue.


- Mademoiselle, oui. Appelez-moi Ursula, ou ne m'appelez pas, merci.

Avec un penchement de la tête, l'exorciste observa cette étrange femme à pourpoint, son pantalon de cuir, sa tenue abîmée et son chapeau incurvé. La chevelure, notamment, attira son attention. S'il y avait bien un élément du corps qu'on ne traitait pas à la légère chez les membres du beau sexe, c'était bien cet amas de poils longs qui se situait sur le crâne: leur coiffure et leur entretien étaient primordiaux et lourdement codifiés, autant d'ailleurs par les normes sociales que par le côté pratique. Une femme qui se mettait les cheveux en chignon était une femme qui travaillait, qui bougeait beaucoup et exigeait une mobilité parfaite et un nombre de points d'accroches faibles. Indéniablement, cette Ursula était une femme d'action, peut-être même...

-"Ouaaaaaaah!"

Les trois chocs sur la paroi la firent sursauter, toute perdue qu'elle était dans son esprit! C'était en fait le cocher qui venait prévenir du dernier arrêt avant la Drakwald. La terrible Drakwald, celle dont les mères se servaient pour terrifier les enfants, celle où on disait que les monstres des bois dansaient avec les sorcières à la nuit tombée. Un lieu plein de légendes noires, de mythes effrayants et de disparitions inexpliquées. Le seul chemin vers Middenheim...

-"Si vous avez besoin de prier, faites-le ici, m'sieurs-dames. Ensuite c'est la Drakwald, on s'arrête pas ent'les r'lais ou les bourgs."

Presque par réflexe, Tétradie lança:

-"Oui, j'arrive!"

Ainsi elle suivit l'exemple de Georgius et poussa un peu les autres passagers pour sortir, humant au passage l'air bien plus frais du dehors. Avec un grelottement, elle éjecta une épaisse bouffée de vapeur et se frotta le nez, lequel commençait doucement à couler. Curieuse quand même, la novice laissa son regard vagabonder.

Que le monde était beau, vêtu de blanc. Les plaines autour, composée de champs gelés, luisaient sous le soleil comme un lac d'eau pure. Des arbres nus déployés en vergers étaient les témoins silencieux de la vitalité de la région, quand arriveraient les beaux jours. Elle les imaginait, ces fidèles sujets de l'Empire, travaillant dans ce pays de cocagne à la sueur de leur front, nourrissant la Grande Capitale, déversant dans les rues le produit de leur labeur, arrondissant les ventres des habitants. Ses yeux portèrent alors sur un petit village en contrebas, un lieu simple où les cheminées crachaient paresseusement leur fumée grise de bois sec. Que se racontait-on dans ces maisons calmes et isolées, le soir venu? Parlait-on des exploits des saints? Se chantait-on des épopées de nobles guerriers? Travaillait-on le bois, le tissu et le chanvre en prévision des jours meilleurs? Et ces murs, les parcourait-on l'arme à la main, comme les fils de Sigmar le faisaient depuis deux mille cinq cent ans?
A-côté d'elle, l'oratoire. Une stèle haute jusqu'à son torse, auréolée de petits dessins rappelant plusieurs dieux. Le loup d'Ulric -maudit soit-il-, le marteau de Sigmar -bénit soit-il!-, la colombe de Shallya, bien d'autres encore... Tout était simple, sans fioriture particulière, comme les gens simples du lieu le souhaitaient. Une petite inscription y figurait, gravée dans la roche et éteinte par le temps. Il se lisait "Bénis soient... Car l'Empire de Sig... ...Ppartient."

Doucement, quand elle fût sûre que les autres regardaient ailleurs, Tétradie s'agenouilla, retira ses gants et pria pour l'Empire, pour les hommes, pour son maître qui l'attendait, pour ses sœurs novices patientant au couvent, pour les pauvres âmes qui souffraient du triomphe des ténèbres. Pour conclure, elle posa ses deux mains dans la neige, sentant la brûlure du froid la saisir, la mordre, la déchirer. Sans sourire, les dents jointes et crispées, elle soupira entre ses dents.


-"Sigmar, je souffre et ainsi le monde souffre moins."

Bien vite elle retira ses paluches de la glace: elle ne devait pas être vue. Revenant alors vers la calèche elle leva les yeux vers le lourd fleuve qui charriait des trombes d'eau vers un champ moins propre, retourné et boueux, précédant la forêt. Le Mal se terrait là, ainsi tout ce qu'il touchait devenait moins beau, c'était ainsi qu'allaient les choses. Sans mot dire elle se hâta pour reprendre sa place: mieux valait se faire petit pour le moment, elle ferait connaissance avec ses compagnons en temps utile.
Je suis le métal, Sigmar est le marteau.
--------------------------------------- Tétradie Gondeghissel, Voie de l'Exorciste
Profil: For 8 | End 10 | Hab 8 | Cha 8 | Int 8 | Ini 8 | Att 8 | Par 8 | Tir 8 | FOI 9 | NA 1 | PV 60/60 | SAN 42
Lien vers la fiche: wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_tetradie_gondeghissel

Equipement:
Arme:

Marteau à deux mains / 24 + 1d10 dégâts / 10 parade / Assommante, Lente, Percutante.

Armure:

Haubert: 11 armures, torse et bras / -2 ATT, PAR et HAB

Autres:

Bible de Sigmar
Fouet de pénitence
Médaillon à l'effigie de la Comète
Rations
Petite tente
Couverture
Miracles:
Mineurs:

Imposition des mains:
Portée : Soi-même ou Contact
Durée: Instantanée
Effet: L'exorciste rend 1D10 PV à la cible du sort. Il peut se soigner lui-même. Attention, cette prière ne peut soigner une personne qu'une fois jusqu'au prochain lever du soleil.

Pavois divin:
Portée : Soi-même
Durée : 2 tours
Effet : Se concentrant pour vider son esprit de toutes pensées autres que celles de piété, l'exorciste crée autour de lui un bouclier saint le protégeant des attaques des serviteurs des Dieux Sombres. L'exorciste augmente ses points d'armure de 2D6+1 points contre une attaque portée par un démon, une attaque portée avec une mutation, un sort offensif chaotique ou une créature chaotique.

Regard pesant:
Portée : Soi-même
Durée : 1D6+1 minutes
Effet : Le regard de l'exorciste devient noir et lourd à supporter, intimidant ses adversaires. Il obtient +2 à ses jets d’intimidation.


Moyens:

"Silence, démon!":
Portée : Contact
Durée : 1 minute
Effet : Il n'est pas rare que les démons ayant pris possession d'un être humain tentent par des paroles insidieuses et corrompues de déstabiliser ceux qui veulent les exorciser. L'exorciseur peut alors, en apposant ses mains sur les tempes du possédé, ordonner au démon de se taire. L'exorciseur impose le silence à tout démon circonscrit en un possédé. Le démon ne pourra plus prononcer le moindre mot à moins de réussir un test sous INT avec un malus égal au degré de réussite de la prière.

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Re: [Tétradie Gondeghissel] Chemins & Travers

Message par [MJ] Le Faussaire »

Désormais relevée, personne n'avait fait attention à la petite jeunette qui priait. Chacun s'était recueilli à sa façon, que ce soit en regardant la Cité, la forêt, le ciel, ou simplement leurs pieds. Même l'un des cochers - le plus jeune des deux - avait surpris tout le monde en joignant ses mains en silence, les doigts croisés. Devant ces quelques secondes de prostration, son ainé n'eut qu'une seule réaction : une tape, molle mais vicieuse, à l'arrière de la tête.

- "Va vérifier l'paquets. Faut pas qu'on y r'touche, ou qu'on perde un bout'en ch'min."

Et ainsi il se redressa, dégageant les rênes pour que l'ancien les agrippe fermement, et sautant au sol entre les passagers. Il y eut un bruit mou à l’atterrissage, ainsi qu'un tintement particulier, comme du métal qui s'entrechoque. Depuis son arrivée dans le véhicule, Tétradie n'avait eu que peu de temps pour jauger ses conducteurs, pour ne pas dire aucun, et malgré les préjugés que l'on pouvait se faire à propos des cochers, celui-là était assez jeune. Oui, plutôt jeune, plutôt grand et plutôt velu - mais ce dernier point faisait partie des préjugés sur les cochers, que l'on considérait sans mal comme des "gars mal rasés, mal éduqués, mal léchés" -, bien que légèrement bronzé. Ce gaillard portait à merveille l'uniforme tricolore de sa compagnie, arborant fièrement sur sa chemise leur symbole découpé, remplissant sans problèmes les manches de son accoutrement...
Le symbole découpé de la Compagnie en question :
Image
Alors qu'il resserrait à bout de bras les attaches sur le banc arrière, les autres passagers remontèrent un à un dans la carriole, à l'exception de Herr Henning, qui n'était pas descendu.

Désormais, ils étaient six dans l'habitacle, et Tétradie siégeait désormais en face d'une femme épaisse aux joues tannées qui regardait le vide avec un air assuré. Vu ses longs gants de cuir, celle-ci devait être une forestière, ou une habituée des grandes traversées. À peine tout le monde fut-il installé que le fouet se fit entendre, et le voyage relancé. En quelques minutes, l'air frais se fit sentir dans la cabine, obligeant les gens aux extrémités à resserrer les rideaux courts ou à se recroqueviller contre un coté. Tétradie était à nouveau placée avec Ursula, mais c'était le dénommé Klosel qui complétait l'autre coté. En face, on retrouvait donc Herr Georgius, Herr Henning, et entre les deux la forestière jamais-nommée.

La reprise fut assez peu mouvementée, puisque personne n'avait de mots à dire, et la plupart des conversations ressemblaient plus à une suite d'onomatopées qu'à un quelconque dialogue - suite provoquée par le tracé assez cahoteux et bruyant qu'ils dévalaient. Dans ce remue-ménage irrégulier, le confort n'était pas vraiment de mise, et rester assis à encaisser les secousses devint bientôt une tâche plus proche de la corvée que du plaisir - tâche qui fut fort heureusement partagée, vu les mines agacées qui se dessinaient entre deux mouvements de rideaux. L'on vit quelques fermiers en approche du véhicule, mais le fiacre passa si vite que nul ne se distingua du bas-coté. Le reste de la vue ne se dévoila jamais, puisqu'Ursula écrasa un coin de tissu contre son genou, afin de le coincer pour de bon. Herr Georgius en fit de même, suivi peu après par Herr Henning de l'autre côté.

- Ohhhh .... Ayi-Alli-ohhh, alli...

- Qu'est ce qu'il se passe ?

- Je sais pas ...

- Ah oui, il a pas encore rédigé.


Devant les cris provenant du plafond et la nette baisse d'allure, Herr Georgius tira le rideau à lui, révélant le paysage épais et dé-saturé. Il y eut quelques tics - un sourcil par ci, un soupir par là - devant ce cadre boisé et touffu, mais aucun commentaire ne fut prononcé. Cela faisait peut-être une heure que le voyage avait repris, peut-être deux - selon l'avis de son postérieur, nous en étions autour des quatre heures bien tassées, mais nul individu sensé ne se fie qu'à son fessier - mais déjà le temps avait tourné au crépuscule, la lumière environnante étant si faible que l'on s'eut crû en fin de journée, ou au tout début de la matinée.

Il y eut quelques sifflements, quelques appels sourds de la part des cochers, et la diligence se retrouva pratiquement à l'arrêt.

- Qu'est-ce qu'il y a donc dans cette forêt pour que l'-

- R'gardez vous-même, et vous m'direz.

- Un ch'val, tout vivant, tout entier.


- Ici ?

Quelques secondes calmes passèrent, et en effet, à la fenêtre de droite se présenta un beau coursier brun. La bête était détendue, sellée, harnachée, en train de farfouiller au pied d'un sapin pétrifié. Elle ne présentait à cette distance aucune attache, aucun handicap, et elle avait même une sacoche encore accrochée sur l'autre coté.
Image
Bienvenue dans la Drakwald.

Aucun test révélé pour l'instant.
Tu es juste gênée / dérangée par les soubresauts de la route, l'inconfort de la cabine, la fraîcheur des environs, et le manque de luminosité.


Et comme le veut le dicton : "Quand on s'en vient dans le Nord, on pleure deux fois : Quand on arrive, et quand on meurt."

...

Quoi ? Comment ça c'est pas ça le vrai dicton ?
<< Bah alors, qu'est-ce que tu cherches mon gars ? L'or, les femmes, le pouvoir ?
J'ai tout et plus encore dans ma baraque, viens jeter un œil !
Oh non, ce n'est pas loin, c'est au coin de la rue là-bas.
Mais attends, t'as les moyens j'espère ?

...

Oh, tu sais, on peut toujours s'arranger... >>

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Re: [Tétradie Gondeghissel] Chemins & Travers

Message par Tétradie Gondeghissel »

Dans les forges de Nuln, dans les cerveaux de ses ingénieurs, la rumeur populaire disait qu'il passait "Autant d'idées que de clous à chaussures", sachant qu'une chaussure de très bonne qualité comptait en général une centaine de clous. Des idées, pour y revenir, il y en avait donc beaucoup, vraiment beaucoup, ce qui laissa cette pensée à la jeune nonne qui faisait, devait-on le rappeler, son premier voyage à diligence depuis environ huit ans: "Y'en a pas un pour inventer un truc qui éviterait de se faire tambouriner le cul comme une aube au lavoir?!" La chose était d'autant plus rageante qu'ayant elle-même reçut dans sa jeunesse des coups de battoir quand elle était plus jeune, Tétradie soutiendrait publiquement que l'outil manié par le bras d'une mère supérieure sigmarite se trouvait être moins puissant sur les chairs tendres du fessier. Petite consolation pourtant, la douleur qui viendrait de voir son arrière-train réduit à l'état de compote suffirait sans-doute à compenser le manque de souffrance accumulé durant la journée. C'est que les mains dans la neige c'était bien, mais ça ne valait pas le fouet quand même.

Vint bien le moment où l'exorciste en herbe songea à prier à voix basse afin de ne pas déranger les autres passagers ni éveiller leurs soupçons (même si on pouvait douter qu'une petite prière la fasse passer pour autre chose qu'une prudente), mais elle choisit mal son moment. En effet, la pluie et les racines des arbres bordant la route ayant rendu un passage particulièrement chaotique, la vénération de Sigmar ressembla peu ou prou à ceci:


-"Sigm-aïe, père de l'Emp...Emp...pipipipipire.
Toi qui do-donne Ta force aux hom-hom...
Qui fût le plus -Outch!- d'entre nous.
Prête nou...argh le Marteau et l'Acier en ces temps diffictcheutcheu.
Ta présence nous-nous raïeuh et nous... Peuh!"


Autant laisser tomber, à ce niveau sa prière tenait presque plus de l'offense qu'autre chose. "Oh ben j'espère que Sigmar me pardonnera. Si von Nuln apprenait ça je serais bonne pour trois fautes majeures, tiens... " Ses compagnons de route ne furent pas d'une grande aide: toute communication était rendue impossible par les basculements à droite et à gauche de l'engin, à croire que tout ceci faisait partie d'un plan démoniaque destiné à la contrer!

Après, un plan démoniaque s'étalant sur des décennies, temps nécessaire à ce que les arbres poussent et puissent mettre la forêt dans un état pareil... C'était parfaitement stupide et elle se promit de se couper la main pour simplement y avoir pensé. Après tout, ne méritait-elle pas un châtiment pour avoir ainsi gaspillé un temps précieux durant lequel elle aurait pu songer à sa mission?
L'arrêt pratiquement net de la diligence la rappela à la réalité, notamment quand elle manqua de se faire envoler par l'inertie tandis qu'elle se lever pour baisser les pans de sa robe, un peu trop hauts à son goût. Qu'on se le dise: Tétradie Gondeghissel n'était pas une dévergondée qui montrait ses chevilles ou pire, ses mollets! Ca non! "Et pourquoi on s'arrête? Il n'y a rien à part la forêt et un truc qui bouge. Un truc qui bouge, houla. "


- Qu'est-ce qu'il y a donc dans cette forêt pour que l'-

- R'gardez vous-même, et vous m'direz.

- Un ch'val, tout vivant, tout entier.


- Ici ?

-"Un cheval?"

Et pas juste un cheval sauvage égaré là par accident, attention! Une belle bestiole, harnachée et habillée, avec une sacoche. Oui, une sacoche, comme s'il était normal, classique, anodin de voir un canasson solitaire transporter ses propres affaires. Et pourquoi pas après tout? C'était moderne! Les tallites revenaient dans les villes, les ulricains laissaient tomber la fourrure, le Chaos repartait au Nord, les kislévites devenaient sobres et les chevaux avaient des sacoches. Voilà le XXVIème siècle.
Et tous les zigotos qui restaient là, interdit, sans songer à la seule question qui valait la peine d'être posée: "Que ferait Sigmar?"


La réponse était simple: il irait voir l'animal et le ramènerait à l'Humanité, pour aider à l'effort de guerre, au mépris du danger! Sauf que Tétradie était une donzelle de cinquante kilos toute mouillée et pas un roi-barbare d'un quintal et demi avec un marteau magique. Puis son entrainement comptait aussi, ses maîtres lui avaient répété cent fois: "Méfie toi de tout et de tout le monde, même d'un cheval!". "J'ai inventé la fin je crois..."
Finalement, un peu peureuse mais intriguée, Tétradie osa:[/i]

-"Il faut faire attention non? Et si c'était un piège?"
Je suis le métal, Sigmar est le marteau.
--------------------------------------- Tétradie Gondeghissel, Voie de l'Exorciste
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Equipement:
Arme:

Marteau à deux mains / 24 + 1d10 dégâts / 10 parade / Assommante, Lente, Percutante.

Armure:

Haubert: 11 armures, torse et bras / -2 ATT, PAR et HAB

Autres:

Bible de Sigmar
Fouet de pénitence
Médaillon à l'effigie de la Comète
Rations
Petite tente
Couverture
Miracles:
Mineurs:

Imposition des mains:
Portée : Soi-même ou Contact
Durée: Instantanée
Effet: L'exorciste rend 1D10 PV à la cible du sort. Il peut se soigner lui-même. Attention, cette prière ne peut soigner une personne qu'une fois jusqu'au prochain lever du soleil.

Pavois divin:
Portée : Soi-même
Durée : 2 tours
Effet : Se concentrant pour vider son esprit de toutes pensées autres que celles de piété, l'exorciste crée autour de lui un bouclier saint le protégeant des attaques des serviteurs des Dieux Sombres. L'exorciste augmente ses points d'armure de 2D6+1 points contre une attaque portée par un démon, une attaque portée avec une mutation, un sort offensif chaotique ou une créature chaotique.

Regard pesant:
Portée : Soi-même
Durée : 1D6+1 minutes
Effet : Le regard de l'exorciste devient noir et lourd à supporter, intimidant ses adversaires. Il obtient +2 à ses jets d’intimidation.


Moyens:

"Silence, démon!":
Portée : Contact
Durée : 1 minute
Effet : Il n'est pas rare que les démons ayant pris possession d'un être humain tentent par des paroles insidieuses et corrompues de déstabiliser ceux qui veulent les exorciser. L'exorciseur peut alors, en apposant ses mains sur les tempes du possédé, ordonner au démon de se taire. L'exorciseur impose le silence à tout démon circonscrit en un possédé. Le démon ne pourra plus prononcer le moindre mot à moins de réussir un test sous INT avec un malus égal au degré de réussite de la prière.

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[MJ] Le Faussaire
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Re: [Tétradie Gondeghissel] Chemins & Travers

Message par [MJ] Le Faussaire »

-"Il faut faire attention non? Et si c'était un piège?"

Il y eut une seconde de flottement, oû Tétradie croisa le regard d'Ursula. Elle avait le regard dur, avec son sillon sous l'arcade et sa chevelure mal attachée.

- "Vous avez sans doute raison."

Elle tendit un bras hors de l'habitacle, et tout en pivotant, se mit à siffloter de manière très saccadée.

- "Qu'est-ce que vous faites ?"

Klosel avait été le dernier et quasiment le seul à prononcer un mot. Sur l'autre banc, Herr Georgius et Henning guettaient le ciel, tandis que la forestière jouait des coudes pour mieux observer l'autre coté du paysage. Ainsi, tous avaient eu la même idée que Tétradie, cette impression de piège trop prévisible, d’appât trop alléchant pour être honnête. Le pire, c'est qu'il n'y avait aucun autre signe de vie dans tout le périmètre autour de la calèche : Aucun oiseau, aucun brin de vent, pas même une lueur suspecte ou un reflet malencontreux. Il n'y avait que les arbres, la pénombre et cette terre d'argile qui salissait les bottes dès que vous l'effleuriez.

Test opposé, secret - Ursula : 3, réussi avec brio.
Test du cheval : 9, réussi, mais insuffisant.

En s'écrasant le ventre contre la portière verrouillée, Ursula continua son petit tour de bras, cumulant les sons étranges, tels que des claquements, des sifflements et des cliquetis avec sa bouche. La monture, pourtant bien occupée à racler les mousses, se dirigea vers la calèche, d'un pas décontracté.

- "Qu'est-ce que vous faites, oui ?"

La siffleuse tourna du chef, ne dit aucun mot, et continua sur sa lancée. Le cheval devait être tout proche, vu que l'on entendait son souffle aux abors de l'habitacle.

- "Il n'est même pas blessé.

- Ni fatigué.

- Oh-oh, vous savez qu'on peut pas l'att'ler, hein ?

- On ne va pas le laisser là. Qui sait ce qu'il en restera une fois la nuit tombée...

- On peut l'ramener au prochain r'lais ? C'est qu'c'est pas donné d'perdre une canaille...

- Ben voyons, t'sais monter toi maint'nant ?

- Moi ? Nan...


- Moi, si."

Et la forestière sauta hors de la cabine, après avoir grossièrement ouvert la porte à l'opposé du cheval.

- "Si 'vous arrive des bricoles, la compagnie va pas payer !"

La remarque se perdit dans les fourrés, sans effet ni réponse. Henning referma la porte à la hâte, verrouillant celle-ci juste après.
Test d'INT : 19, raté.

Il y eut quelques mots de plus, que Tétradie mit bien trop de temps à déchiffrer pour qu'ils aient du sens ou une utilité. Il y eut un soupir, puis un craquement mou. Voilà, la monture avait de nouveau un cavalier. Trois chocs retentirent contre la cabine, et les cochers hurlèrent, claquèrent du fouet, lançant l'attelage à toute allure.

Les prochaines heures passèrent aussi vite que les précédentes, si ce n'est qu'il y avait parfois une silhouette équestre qui apparaissait derrière le rideau, filant autant que possible aux cotés de la carriole de bois. Malheureusement pour les passagers les plus sociables de ce lot, Ursula était retournée à son humeur d'origine, lovée dans le coin, la tête contre la paroi de bois. Klosel n'avait pas vraiment bougé de tout le voyage, ni même lors de l'arrêt, gardant sa posture rigide et prostrée. Herr Georgius semblait quant à lui en grande réflexion, vu les grimaces et les contorsions de son visage - à moins qu'il ne soit lui aussi perturbé par les chocs et les soubresauts irréguliers. Et comme si cela ne suffisait pas, un autre passager se mit en tête de remuer l'habitacle : Le vent.

Le vent s'était levé, et avait réussi à s'engouffrer dans l'étroit passage qu'ils empruntaient. Avec la vitesse, la fatigue et la quasi-obscurité, il semblait plus frais que d'habitude, plus ... Agité.

Fort heureusement, il fut de l'avis de tout le monde de tirer les rideaux, d'écraser les coins et de bloquer toute arrivée d'air qui pourrait les importuner.
*** - "HAA..."

On ne comptait plus les heures passées. Comment aurait-pu-t-on le faire, sans horloge, sans sablier ? Quoi qu'il en fût de leur périple, il faudrait bientôt s'arrêter, ou trouver une astuce pour se reposer pendant le trajet nocturne.

- "HAAAAAAALTE ! PAR LES CROCS, HAAAAAAALTE COCHER !"

Toute la structure se mit à grincer, à geindre, les roues se plièrent, le mur du fond s'avança dangereusement tandis que l'avant fuyait. En quelques secondes, la cabine s'éprit d'une grande folie, et puis... Rien.

- " Ma parole, vous avez cherché à m'écraser ?

- Non m'sieur, c'est juste qu'y a qu'un ch'min et vous êtes peu décalé

- Vos noms, vos insignes, et sans bouger.

- 'gidius, cocher des Quat'Saisons. L'jeune c't'un nouveau, Hentschil. Mont' ton plaque, jeune.

Des chevaux s'approchèrent du convoi, au pas.

- Bien, 'pouvez ranger tout ça. Combien de passagers ?

- Six, m'sieur. Trois gusses, trois louves.

- Et celle-là ?

- C't'une des louves. On est d'jà en r'tard m'sieur, alors si vous pouviez...

- On prendra l'temps qu'il faut, s'il le faut.

Un cheval s'avança de chaque coté de la calèche. Sur chacun d'eux, un gaillard couvert de cuir et de boucles, avec des braies bleues, une tête broussailleuse, et un chapeau large de cavalier. L'un d'eux pointa sa lame vers l'intérieur de la cabine, tirant le rideau par la même occasion. De l'autre coté, le cavalier ne s'était pas du tout présenté, et seule son ombre portée signalait son existence.

- "Sortez vos têtes, un par un, et dites d'oû vous venez. Frauen zuerst, évidemment. Les dames d'abord."

La question était étrangement tournée, puisque tel quel, tous auraient dû répondre "Altdorf" après avoir décliné leur identité. Mais ce ne fut pas le cas. Seul Herr Hening et son camarade s'annoncèrent de la capitale, tandis que Georgius et Ursula étaient tous deux Middenlandais, vu que l'un lança "Carroburg" et l'autre "Pritzstock". Quand vint enfin le tour de la forestière et de sa monture esseulée, celle-ci déclina prestemment et à voix haute :

- "Nyse Fallebatter. Je rentre chez moi, à Delberz.

- Et vous prenez un cheval, au lieu d'un siège ?!

- Je préfère l'air pur. J'ai... trouvé ce cheval durant la journée.

- Trouvé ? Et qu'est-ce qu'il lui est arrivé à celui-là ? Il est tombé du ciel ?

- Non, il trainait sur le bas-coté. Les cochers l'ont vu en premier.

- C'est vrai, on s'est même arrêté avant d'se faire remplumer.

- Il avait pas de maître, pas de cavalier ?

- Non m'sieur."

Il y eut un long moment de silence, avant que la voix reprenne à nouveau.

- "Remontez. On vous ramène au relais. Allez-allez ! Loup-hurlant, foncez !

- On est pas d-!"

Le fouet claqua, et la calèche démarra en trombe. Sur toutes les têtes, on oscillait entre la frustration, le doute, et l'impatience de trouver enfin un endroit chaud, un lit douillet... Sauf dans le cas d'Ursula. A la lueur d'une torche passagère, Tétradie ne vit qu'une chose : Elle souriait.
<< Bah alors, qu'est-ce que tu cherches mon gars ? L'or, les femmes, le pouvoir ?
J'ai tout et plus encore dans ma baraque, viens jeter un œil !
Oh non, ce n'est pas loin, c'est au coin de la rue là-bas.
Mais attends, t'as les moyens j'espère ?

...

Oh, tu sais, on peut toujours s'arranger... >>

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Tétradie Gondeghissel
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Re: [Tétradie Gondeghissel] Chemins & Travers

Message par Tétradie Gondeghissel »

Les trajets, c'est long. Que ça soit dans les légendes, dans les contes, dans les pièces de théâtre, dans les anecdotes de frères devenus religieux après mille aventures, cette constante restait, mise en place en des temps immémoriaux par les dieux: voyager ça prend du temps, voyager c'est ennuyeux. Autant dire que cette histoire de cheval abandonné, aussi terrifiante soit-elle avec la perspective d'une embuscade et tout le toutim, était finalement bienvenue. On le lisait sur les visages: l'excitation de l'inconnu, le grand frisson des traversées! "Ah, c'était juste un cheval tout seul!" Mais quand même, c'était curieux de laisser un animal en si bonne santé crapahuter dans la Drakwald. N'étant pas versée de nature ou de métier dans les arcanes du commerce, Tétradie n'était pas la plus calée pour ce qui était de fixer des prix sur des objets, mais même le plus inculte des mendiants savait qu'un cheval représentait une forte somme, surtout dans la fleur de l'âge. Hors de question alors de le laisser partir comme ça. Elle déglutit en voyant l'animal quasiment manger dans la main de la forestière sans que rien autour ne bouge. Si c'était vraiment un piège, tout cela allait mal finir.

Rien ne vint cependant, à tel point que la dite femme des bois sauta sur le canasson. L'action était si belle que la jeune religieuse ne put se retenir de lâcher un compliment en onomatopée:


-"Oooooooh!"

L'enthousiasme devant cette amazone cavalière ne paraissait pas être partagée, vue la célérité d'Henning à fermer derrière lui et à revenir à ses occupations principales, à savoir: rien. "Bon, va falloir trouver le moyen de s'occuper... Je vais compter les boutons." La décision était ainsi prise. Une vieille habitude issue de son adolescence et des cours absolument barbants de la sœur Sylva, notamment sur les matières mathématiques et la théologie officielle du culte de Sigmar appliquée aux autres divinités vénérées. Ce cours en particulier n'avait eu de cesse d'horripiler Tétradie. Qu'est-ce qu'elle en savait, cette grosse poule, de ce que Sigmar pensait des autres dieux, ou de ce que les autres dieux pouvaient avoir à nous dire sur Sigmar? Est-ce qu'elle pouvait appeler la bénédiction de Sigmar, elle? Est-ce qu'elle pouvait communier avec lui par des mots et des gestes? Est-ce qu'elle pouvait faire tomber sa bénédiction sur le monde? Non. Non. Trois fois non!
Sans s'en rendre compte, la jeune fille s'était animée sur son siège au gré de ses souvenirs, au point de quasiment sautiller sur place. Les autres passagers présents lui jetèrent quelques regards médusés avant qu'elle ne dise, toute rouge de gêne:


-"Ah, euh, héhé... Des fourmis dans les jambes, voilà..."

Retour au comptage de boutons. C'était toujours mieux que compter que les arbres. De temps à autre l'ombre de la cavalière sur sa monture passait par les rideaux qui séparaient les voyageurs du froid extérieur, constituant ainsi une trop maigre protection. Quelque part cette silhouette fascinait Tétradie qui se décida à y consacrer quelques regards. Les chevaux n'avaient jamais été chez elle une passion forte, elle avait toujours préféré Sigmar et ses marteaux aux activités équestres. Puis de toute façon, personne n'avait de cheval au couvent, si ce n'étaient les messagers et le vieux Halbert, ancien cheval de trait qui coulait des jours heureux au milieu de nubiles nonnes. Cette pensée lui rappela, avec une honte assez peu commune, le moment où elle avait surpris trois sœurs en train de mesurer les mensurations de la bête et de compar...

- "HAAAAAAALTE ! PAR LES CROCS, HAAAAAAALTE COCHER !"

-"Hiiii!"

Dans la panique et la surprise, un clampin lui avait marché sur le pied! Il y aurait des bûchers pour ça.

- "Sortez vos têtes, un par un, et dites d'oû vous venez. Frauen zuerst, évidemment. Les dames d'abord."

Au moins ils n'étaient pas des bandits, c'était déjà ça.

-"Tétradie Gondeghissel, d'Altdorf."

Si personne ne connaissait son nom à la capitale, il n'y avait pas de raison qu'on le connaisse dans le coin. Puis même si le nom paternel lui revenait à la face, il n'y aurait qu'à sortir l'adage: il y a plus d'un âne qui s'appelle Jakob.
Restait que cette Nyse Fallebatter l'impressionnait toujours, par son assurance naturelle pourtant bien loin de celle à laquelle Tétradie était habituée depuis le temps. Il y avait quelque chose en elle de sauvage mais de respectable à la fois, au moins en apparence. Les patrouilleurs ne devaient pas partager son avis vu qu'ils se décidèrent d'accompagner la diligence, l'air soupçonneux. Ce n'était pas plus mal, au fond. Des fils de l'Empire, furent-ils disciples du Loup, ne seraient pas de refus pour s'éviter des frayeurs. Le sourire d'Ursula la surprit toutefois. La perspective d'arriver enfin à l'auberge lui redonnait foi en la vie? Elle avait l'air si triste durant tout le trajet! Et en parlant de l'auberge, voilà qu'après quelques dizaines de minutes les murs arrivaient en vue! Il était temps de se reposer l'esprit... "Alors, le vieux Halbert..."
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[MJ] Le Faussaire
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Re: [Tétradie Gondeghissel] Chemins & Travers

Message par [MJ] Le Faussaire »

En effet, du coin d'un rideau, on apercevait un relief, une paroi lisse et esseulée. Voilà que la carriole ralentit, mais sans remous cette fois, sans sursaut. Le plan tremble, les rideaux se tendent, mais rien de plus. Hors de la cabine, les chevaux disparaissent, s'arrêtent, sifflent au pas. On claque trois fouets, jure de vive voix, avant de cogner sur le toit.

Un lieu habitable ! Un havre de paix, enfin ! Les rideaux s'écartent, et la scène apparaît : tous les cavaliers sont là, la forestière aussi. Devant eux - ou derrière, selon le point de vue - un haut mur de pierre et de torchis se dresse. Au sommet se trouvent quelques tuiles, peut-être une palissade, bleue et brune, usée. Entre eux tous, deux grands battants de fer et de bois s'entrouvrent, reculent pour laisser passer le cortège. Un portier se présente, s'énerve lorsqu'on le fait se presser. Le fiacre avance, contourne une maison double, à colombages, aux volets lasurés. On s'arrête sous un préau, devant une rangée de vitres jaunes, des tonneaux, un minuscule escalier. Il y a une enseigne en haut de la porte, en cuivre piqué de vert-bleu, en forme de tête d'aigle.

- " Tout le monde descend, sauf les cochers."

Les patrouilleurs s'avancent, ouvrent les portes, lancent les bagages à la hâte, sans s'y intéresser. On entend déjà les chants, les clapotis, la fumée. C'est qu'il fait froid dehors, sitôt que l'on a dégourdi ses pieds ! Georgius n'a qu'un grand sac, Ursula deux besaces, et Klosel... Un coffret ? Oui, un coffret, de bois et de fer, par-dessus son sac à dos. Enfin bref, la faim se fait entendre, et il faut donc rentrer.

Les cochers s'éloignent au pas, derrière l'auberge, tandis que tous les passagers s'insèrent dans la salle commune. Le salon est grand, il y a un étage, une remise - ou bien est-ce un cellier ? La décoration est sobre, mais un peu minable, rien à voir avec un temple ou une salle de banquet. Ça sent le tabac chaud, la viande, les boissons acides, les prunes séchées. Il y a du monde, plus d'une dizaine de tables et seulement trois de libres pour se reposer. Il y a des soldats, des voyageurs, des étrangers : ceux-là ont une natte brune, celui-ci a du mal à se dresser... Beaucoup de têtes dures, crasseuses, renfrognées... Il y a même quelques Nains, et un halfelin qui n'arrête pas de beugler. L'aubergiste s'en mêle, ricane, avant de se tourner vers le groupe fraîchement arrivé.

- "Aaaah, bien le bonsoir m'sieurs-dames, bonne soirée au Griffon-qui-pleure ! L'alcool est à 2 sous, l'vin est à 4, et l'dîner commence à 5 sous. On a du rouge flamboyant de Pritzstock, du long-alé d'Grimminhagen, et même une brune du Valten-marais. Qu'est-ce que ce s'ra pour vous, hé ? L'repas est encore chaud, z'avez pas à vous inquiéter.

Il se tourne vers Ursula, qui rattachait quelques mèches folles sous son chapeau.

- Allons, v'nez donc, faut pas s'effaroucher. Madame, un bon bain, ça vous irait ?

- L'bain t'occupé, chef.

- Comment ça, occupé ? T'aurais pas pu - Enfin bon, m'dame, vot'bain arrive sous peu, allez vous asseoir pour patienter."


S'occupant ainsi de toutes les commandes avant même qu'on ne les ai véritablement formulées, le tenancier s'égare, sort des gobelets, des plateaux, siffle ses employés. Le bruit ambiant est lourd, surtout lorsque l'on n'est pas habitué. Là où les cloîtres et les remises des temples sont toujours calme, là, on ne cesse de s'agiter. Cette table-là discute, les deux derrière se vannent, juste à-côté on gribouille une plaque, tandis que le reste chante, joue aux cartes ou regarde les gens passer.
Test secret : 20.

D'un coup, Tétradie tressaille, a les bras qui tendent, avant de se relaxer. Quelque chose cloche, la fait frissonner.

- "Fraülein ? Prenez votre écuelle, et venez à mes cotés."

Georgius la regarde avec un sourire, et l'instant d'après, il cherche une place sans se faire bousculer. Un nain aux mèches violacées semble guetter le moindre mouvement de foule, lançant ses petits yeux à quiconque ayant besoin de s'approcher. Il lorgne Tétradie avec insistance, tandis que celle-ci a les mains prises par son futur dîner.
Test d'HAB : 20, yes.

Alors qu'elle passait enfin vers une autre table, Tétradie se retrouve prise au dépourvu par le sursaut d'un compteur haut de trois pieds. D'un coup d'un seul, le marmot jaillit de son siège jusque sur la table, cognant ses bras levés et sa tête contre le bol et la boisson de l’initiée. Sans même s'en rendre compte, il renverse la soupe, la cuillère, pousse Tétradie en arrière, qui se retrouve coincée entre les bancs trop rapprochés.

- "Et là, d'un coup, PAF ! La duchesse d'Aquitanie ! Comme ça-aouïlla, pas far-ouch !"

Désormais debout sur la table, le conteur se retourne, les mains sur la tête, en train de frotter ses longues mèches noires.

- " Aïe-oye, ça va pas ? Elle est pas bien mon histoire, dis-donc ? Si tu m'crois pas, t'es pas obligé d'me cogner, qu'est-ce que c'est qu'ces affaires, doudou, hein ?"

Il balaie l'initiée du regard, guette ses pieds, ses hanches, sa tête, et le fatras qui dégouline sur sa veste trempée.

- "Euh, alors, toi... T'en as, attends, juste là, , oui, au-dessus, un bout de fenouil, ..."

Il glisse son doigt sur sa pommette, et fait milles signes de tête pour aider Tétradie à se nettoyer le faciès. Et puis il sursaute à nouveau, pivote en direction du comptoir, et hurle à tue-tête :

- " EEEEEEEH, IL FAUT A BOIRE ET A MANGER POUR LA DAM'ZELLE DU COIN ! C'EST MOI QUI PAYE CETTE FOIS, J'VIENDRAI QUAND IL FAUDRA R'CHARGER !"

L'aubergiste s'énerve devant de telles manières, mais fait mine d'acquiescer. Une fois à la bonne table, Georgius s'écarte, pour qu'elle puisse enfin s'asseoir à ses cotés.

- "Avant d'aller vous rincer, venez ici, s'il vous plaît. J'aimerais vérifier un truc ou deux, vous comprenez..."

Voilà qu'il écarte son plateau de viandes, décale son gobelet, et sort un de ses sacs, qu'il se met à déballer. Il en extirpe un carnet, un fusain, et un boulier. Le carnet est couvert de cuir, avec une petite lanière pour le sceller. Le boulier est presque neuf, pliable, ce qui en fait une rareté.

- "Tenez, prenez ceci. Cherchez la dernière page, et dites moi ce que vous en pensez."

Une fois qu'elle a trouvé la-dite page, il plaque sa main sur un coté. Le livret entre eux deux, il se met à passer le doigt sur les dernières lignes. Sainteté Sigmar, qu'est-ce qu'il y a comme lignes ! Des chiffres, des colonnes, quasiment toutes annotées.

- "Voyez donc ce qu'il y a ici. L'on m'a fait payer vingt-huit sous la livre de porc, prise pour trente livres, et l'on a vendu vingt-et-une livre et demie d'anguilles à onze sous. De l'autre, je dois la rente de mes boutiques, qui s'élève à deux sous sur chaque livre vendue à la ville, ainsi que la taxe bouchère, qui s'élève à neuf sous par livre dès que je dépasse les vingt-et-cinq livres de transaction. En admettant que les prix soient justes, et sachant qu'une livre marinée correspond à une livre et un quart crue...

Est-ce que, selon vous, il serait plus judicieux de vendre les anguilles à Altdorf ou à Carroburg, sachant que le Conseil de la Cité Adroite m'exige deux sous pour chaque livre que je sors de l'eau mais me propose quatorze sous par livre marinée et seulement une taxe de cinq sous par livre dès que je dépasse les quinzes livres de transaction ?

Prenez votre temps, et allez vous rincer au bain quand vous aurez fini de manger. Je ne voudrais pas vous importuner avec des tâches de gras sur vos habits."


Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'avec ses cheveux courts, son ton neutre et sa mine usée, Herr Georgius ne gâchait pas une seconde de son métier. Le repas arriva pendant les calculs, soit une soupe de lentilles grumeleuses, avec du lard bien cuit avec si besoin pour deux sous de plus une sorte de rouleau au miel pour digérer.

Une fois qu'elle eut terminé, Georgius était en train de discuter avec un des voyageurs de la table d'à-coté. Il lui fit un signe de tête, confirmant qu'elle pouvait disposer.

Image


***

Le bain en tant que tel était assez simple : Une grande baignoire en métal, un carrelage grossier, quelques seaux de bois, des paillasses, des crochets pour les vêtements et une cloche pour appeler de l'aide. A son arrivée, l'eau était un peu tiède, plutôt claire, bien que l'endroit soit assez mal éclairé. A priori, elle était seule, libre, mais toujours soumise à cette impression qui la faisait frissonner. On entendait le vent au-dehors, froid, sec, acéré. Sortir juste avant ou après le bain semblait être une très mauvaise idée... Oui, une idée si mauvaise qu'elle sentit les traits sur son dos se réveiller un à un, y compris ceux provoqué durant la matinée.

Une fois qu'elle eut presque fini son affaire, elle entendit quelqu'un toquer. Un bruit sourd et répété semblait résonner dans la baignoire.

- "Frau Gondeghissel ? Frau Gondeghissel ? Quand vous aurez fini, sortez, nous avons à discuter."
Rappel :

1 couronne = 20 pistoles = 240 sous
1 pistole = 12 sous.

La Cité Adroite, c'est Carroburg, évidemment.
Si tu veux un descriptif de tous les gens dans l'auberge, j'en ai un, il suffit de demander.

Dis-toi qu'il y a des gens en habits de voyage, en uniforme militaire, ou habillé avec des vêtements ruraux, communs.

Et trois gugusses avec des nattes et rien d'autre sur le crâne.
<< Bah alors, qu'est-ce que tu cherches mon gars ? L'or, les femmes, le pouvoir ?
J'ai tout et plus encore dans ma baraque, viens jeter un œil !
Oh non, ce n'est pas loin, c'est au coin de la rue là-bas.
Mais attends, t'as les moyens j'espère ?

...

Oh, tu sais, on peut toujours s'arranger... >>

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Re: [Tétradie Gondeghissel] Chemins & Travers

Message par Tétradie Gondeghissel »

Quel plaisir d'apercevoir enfin une auberge! Pas tant pour la chaleur du feu ou la qualité de la nourriture qu'on y trouverait, des années de couvent avaient rendue Tétradie moins bourgeoise, mais plutôt pour l'arrêt des secousses qui transformaient ses fesses en confiture de fraises. Ces patrouilleurs, toujours aussi gentils et avenants que des orques des Voûtes, ordonnaient à présent à tout le monde de décamper. Ou était-ce le cocher? Leurs voix étaient si semblables... "Oh faut sortir les affaires. Allez, à la une, à la deux, à la trois... Dernière fois que je prends un marteau à deux mains."
A défaut d'être belle à l'extérieur, avec ses hauts-murs de protection et ses véritables tourelles de forteresse, l'auber du Griffon-qui-pleure savait accueillir! Pas question de se laisser-aller cependant, par Sigmar on l'avait formé pour être inquisitrice et inquisitrice elle deviendrait! Et que ferait un inquisiteur dans ce cas là? Il analyserait la scène pour y détecter des choses étranges. Toute occupée à sa tâche elle murmura pour elle-même:


-"Les soldats... Vus, ils ont pas l'air d'être autre chose. Les voyageurs... Vus. Les étrangers... Vus, ils sont bizarres mais tous les étrangers sont bizarres. Les nains... Vus. Sigmar a dit que les nains sont nos alliés, donc rien à craindre. Le halfelin... Il est où d'ailleurs?"

Sans s'en rendre compte elle avait récupéré une assiette de victuailles. Rien de bien folichon: de la nourriture simple, commune, qui remplira le ventre et calmera les nerfs. Par contre ce bruit ambiant est extrêmement désagréable. Au Temple quand un élève parlait trop fort il était rapidement rabroué, ou pire. Même si tout n'était pas aussi calme que chez les partisans de Morr, on ne pouvait pas dire que les sigmarites appréciaient la grande ambiance. Dans ces conditions le boxon de la taverne cognait à ses oreilles plus qu'elle ne l'aurait pensé possible.

- "Fraülein ? Prenez votre écuelle, et venez à mes cotés."

-"Aaaah! Houla euh... Oui, oui, j'arrive!"

Elle avait bondi sur ses deux pieds quand Herr Georgius lui avait parlé. Toute perdue dans sa contemplation elle avait complètement oublié son rôle à tenir, celle de la paisible clerc aux écritures qui ne ferait qu'aider sans faire de problème. Mais quelle était cette impression de frisson, pourquoi la chair-de-poule lui faisait dresser les poils? Quand elle était plus petite, ce genre de choses lui arrivait déjà, de temps à autre. C'était annonciateur de problèmes ou de malheur, une sorte de sixième sens qu'elle ne pouvait expliquer. Une fois on lui avait dit qu'il s'agissait de la sagesse de Sigmar qui se manifestait à travers elle, mais sans vouloir remettre en question l'avis de ses professeurs, il devait s'agir d'autre chose. Quelque chose de plus profond, de plus ancré dans son corps.
Ceci étant noté, ça ne répondait pas à sa question: elle entendait une voix criarde et agaçante parler, sans doute celle du halfelin et pas moyen de mettre un visage dessus. "C'est pas possible d'être gourde à ce point. Où se trouve ce..." Et là le drame. Toute absorbée dans sa recherche, elle ne le vit pas juste sous ses yeux et encore moins quand il lui flanqua un tel coup dans l'écuelle que celle-ci vint s'écraser sur elle avec fracas, la laissant mariner dans un mélange de jus de chou, de gras de saucisse et d'une pâte de panais dont elle préférait ne pas connaître l'âge. Si un regard avait pu tuer ce halfelin aurait été transformé en tas de cendres aussi sec. Elle le fixait avec l'intensité de l'inquisiteur venant de trouver un culte chaotique, du répurgateur devant un mutant ou du percepteur d'impôts devant un impayé. Et le pire dans tout ça c'est qu'il la touche. IL ose, le sagouin, essaie de la débarbouiller avec ses gros doigts dégoûtants qui ont sans doute servi à voler d'honnêtes citoyens. On les connaissait, les demi-hommes, toujours à fureter dans les quartiers marchands pour couper des bourses et voler le bien d'autrui. Un souffle de colère siffle entre les dents de l'initiée:


-"Ne me touche pas avec tes sales pattes espèce de..."

- " EEEEEEEH, IL FAUT A BOIRE ET A MANGER POUR LA DAM'ZELLE DU COIN ! C'EST MOI QUI PAYE CETTE FOIS, J'VIENDRAI QUAND IL FAUDRA R'CHARGER !"

-"Oh? Euh..."

Bon.Ils n'étaient pas tous pareils on dirait.
"Toi je te garde à l'oeil" pense-t-elle alors qu'elle s'installe, à peine remise de ses émotions, près de Georgius qui lui pose sous le nez un carnet. Ca elle connaissait, les carnets de compte. L'impérial moyen l'ignorait sans doute mais il existait au sein du clergé sigmarite une branche complète réservée à la gestion des comptes et à l'analyse des chiffres. Bien sûr il ne s'agissait pas des éléments les plus pieux du Temple ou des plus martiaux mais ses maîtres répétaient souvent que des comptes bien tenus étaient les fondations d'une église bien ordonnée. Quelques fois d'ailleurs les apprentis avaient été placés dans cette partie du sanctuaire pour aider à faire les comptes, notamment en automne au moment des récoltes, mais pas que. Un bon moyen de voir qui était à l'aise avec les chiffres et pourrait ainsi rejoindre les rangs des comptables et notaires plus tard. Sauf que voilà le problème.

Sauf que voilà, Tétradie était partie sur la voie de l'exorcisme et pas de la comptabilité.

"Par Sigmar, est-ce qu'il peut y avoir autant de chiffres?" songea-t-elle en déglutissant avec angoisse. Heureusement pour le moment Georgius semblait perdu dans sa propre contemplation et parlait tout seul en agitant son fusain sous des colonnes, des lignes, le tout raturé et annoté sans aucun sens ni logique. Qu'est-ce que c'était que ce bazar? Comment pouvait-il se relire?


-"La Cité Adroite? Ah oui c'est passionnant comme question. Je ferai les calculs après, attendez je note tout ce que vous dites, il faut s'organiser!"

Et hop elle lui sort son fameux tour des grands yeux de chaton qui ont réussi à attendre plus d'une Mère Supérieure! Le tout est qu'il accepte de répéter pour qu'elle ait assez de temps pour tout noter. Au moins il n'est pas mauvais bougre et il la laisse aller se laver avant de lui rendre son rapport, tant mieux elle va en profiter.


----------------------------------------------------------------

Enfin un bon bain chaud! Rien de tel pour se détendre les nerfs! Sauf qu'en l'occurrence le bain n'est pas chaud et qu'il refroidit encore plus vite que les relations entre l'Empire et la Bretonnie après la Tempête du Chaos. En côté positif ses cicatrices la tirent un peu moins depuis qu'elle est dans l'eau, surtout celle du ventre. C'était un conseil qu'on donnait souvent aux flagellants que de se baigner dans une eau ni trop chaude ni trop froide pour que leurs plaies s'assouplissent et puissent guérir plus facilement. Le but était de souffrir pour montrer sa dévotion, pas de s'handicaper à vie.

Le point sur la journée à présent. Rien de notable jusqu'à l'auberge à part ce frisson. A lui seul il vaut toutes les inquiétudes, mais d'où vient-il? Il y avait quelques gaillards avec des nattes qui lui paraissaient étranges, ce genre de coiffure n'étant pas très courant à Altdorf, mais pas de quoi non mettre le feu à l'établissement pour ça. Restait qu'il y avait quelque chose de louche là-dessous. "Je m'occupe des histoires d'argent et je vais pousser l'enquête." Elle se demanda une seconde si elle n'en faisait pas un peu trop, tout de même. Une rafale de vent rabattit les volets. L'hiver se déchainait au-dehors et sortir maintenant la ferait juste se transformer en statue de glace. Non, mieux valait restait bien tranquillement dans le bain et profiter d'un petit moment de détente bien mérité.


- "Frau Gondeghissel ? Frau Gondeghissel ? Quand vous aurez fini, sortez, nous avons à discuter."

La réponse siffla, plus forte que la concernée n'aurait voulu.

-"Oh par Sigmar... ! Oui j'arrive!"

Au temps pour la tranquillité. Un dernier coup de savon sur ses plaies du matin et elle était repartie. Sortir de la baignoire toucha au supplice au point qu'elle songea très sérieusement avoir effectué ses flagellations de la semaine. Le vent frisquet lui caressa les jambes et remonta sur son dos nu, rouvrant quelques vieilles plaies qu'elle aurait préféré laisser dormir. Ses blessures les plus récentes protestèrent d'ailleurs contre ce réveil brutal et le firent savoir. Un peu d'eau sur les quelques gouttes de sang qui s'échappaient, un de serviette de lin et la robe. Elle tenta bien de se lisser les cheveux à la main mais ceux-ci, encore humides, n'acceptaient de prendre forme que pour mieux se rebeller ensuite, lui faisant comme une crinière.

-"J'arrive, j'arrive!"

Qui pouvait bien la demander à cette heure? Il y avait des sans-gênes quand même.
Je suis le métal, Sigmar est le marteau.
--------------------------------------- Tétradie Gondeghissel, Voie de l'Exorciste
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Equipement:
Arme:

Marteau à deux mains / 24 + 1d10 dégâts / 10 parade / Assommante, Lente, Percutante.

Armure:

Haubert: 11 armures, torse et bras / -2 ATT, PAR et HAB

Autres:

Bible de Sigmar
Fouet de pénitence
Médaillon à l'effigie de la Comète
Rations
Petite tente
Couverture
Miracles:
Mineurs:

Imposition des mains:
Portée : Soi-même ou Contact
Durée: Instantanée
Effet: L'exorciste rend 1D10 PV à la cible du sort. Il peut se soigner lui-même. Attention, cette prière ne peut soigner une personne qu'une fois jusqu'au prochain lever du soleil.

Pavois divin:
Portée : Soi-même
Durée : 2 tours
Effet : Se concentrant pour vider son esprit de toutes pensées autres que celles de piété, l'exorciste crée autour de lui un bouclier saint le protégeant des attaques des serviteurs des Dieux Sombres. L'exorciste augmente ses points d'armure de 2D6+1 points contre une attaque portée par un démon, une attaque portée avec une mutation, un sort offensif chaotique ou une créature chaotique.

Regard pesant:
Portée : Soi-même
Durée : 1D6+1 minutes
Effet : Le regard de l'exorciste devient noir et lourd à supporter, intimidant ses adversaires. Il obtient +2 à ses jets d’intimidation.


Moyens:

"Silence, démon!":
Portée : Contact
Durée : 1 minute
Effet : Il n'est pas rare que les démons ayant pris possession d'un être humain tentent par des paroles insidieuses et corrompues de déstabiliser ceux qui veulent les exorciser. L'exorciseur peut alors, en apposant ses mains sur les tempes du possédé, ordonner au démon de se taire. L'exorciseur impose le silence à tout démon circonscrit en un possédé. Le démon ne pourra plus prononcer le moindre mot à moins de réussir un test sous INT avec un malus égal au degré de réussite de la prière.

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[MJ] Le Faussaire
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Re: [Tétradie Gondeghissel] Chemins & Travers

Message par [MJ] Le Faussaire »

Test d'INT : résultat secret
Test d'INT - ??? : 7, réussi.
Ainsi sortie du bain, elle eut quelques secondes de réflexion avant d'arriver jusqu'à la porte où on l'avait interpellée. D'ici, on avait une belle vue sur la fenêtre, sur le petit carré d'ombres virevoltantes au clair de lune et... Tiens, la lune avait-elle tremblé juste un instant ? Ou bien était-ce une chose qui l'avait obscurci une seconde ?
Elle cligna des yeux une seconde, et rien d'anormal n'apparut à cette distance. Ce devait être le vent. Oui, ce devait être le vent.

Désormais en face de la porte, elle put apercevoir une ombre portée entre les planches noircies. Il y eut un pas ou deux, puis elle ouvrit la porte. Quelqu'un - sans doute l'individu qui l'avait appelée depuis la grand-salle - avait le dos tourné, et se retourna brusquement lorsque les gonds grincèrent. Visiblement, l'arrivée de Tétradie l'avait surpris. Peut-être s'attendait-il à ce qu'elle reste encore quelques minutes au bain, ou Sigmar-sait-quoi d'autre.

Dans tous les cas, ce bonhomme ne tressaillit qu'un instant, se tenant très droit, et montrant son visage broussailleux sans honte ni ego. Il avait les cheveux bruns, un gros nez anguleux, le front petit, une barbe relativement bien taillée - relativement étant le mot important ici -, même si l'on voyait quelques points grisonnants çà et là. Les épaules plates, il avait visiblement oublié de décrocher les boucles de sa cape, puisqu'elles lui faisaient office de collier à présent. Quant au reste, eh bien... Rien de bien extraordinaire. De fait, ce gaillard de trente ans ou moins semblait tout à fait commun dans un tel lieu, avec ses bottes de cavalier, sa gambison marquée et limée, ses gants usés qu'il tenait... Qu'il tenait à la ceinture, juste à côté d'un pistolet flambant neuf.

- "Ah, euh, et bien vous voilà. Vous tombez bien, venez Fraulein."

Il tendit une main à l'opposé de lui, comme pour l'inviter dans cette direction. Évidemment, l'auberge n'avait pas changé durant son absence et son temps passé à se rincer. Le halfelin de tout à l'heure était encore là, visiblement plus ivre qu'avant, puisqu'à présent, il dansait sur une table, chope dans une main, flûte dans l'autre. Les quatre gugusses avec leurs nattes brunes ou noires étaient aussi là, en train de commérer à voix basse, leurs têtes penchées sur leur table à-part. Cependant, aucune trace du nain aux mèches violettes.

- " Vous venez d'Altdorf, c'est bien ça ? Qu'est-ce que vous y faisiez ?"

La question était nonchalante, anodine vu le ton utilisé.

- "Ah oui, en effet, je comprends. Venez, asseyez-vous, je vous prie."

Rebelote, ce ton amical, presque chaleureux, sans raison. La table indiquée était un peu à l'écart, loin de la cheminée, mais près d'un des rares candélabres muraux de la salle. Sur la table, trois chapeaux larges étaient disposés, et un seul ne semblait pas avoir de propriétaire. Tous les occupants étaient habillés comme le jeune homme qui l'avait interpellé, bien qu'aucun ne révélait ce qu'il avait à la ceinture ou sous ses gants.

- "Rebonsoir, Fraulein. Vous permettez que je vous appelle Tétradie ?"

Cette fois, le ton était plus rugueux, plus sec, la voix plus âgée. L'homme qui venait de parler avait une tignasse noire et courte, un badge en croix sur son plastron ainsi qu'une large mais courte entaille en biseau à la mâchoire.

- " Dites-moi, est-ce que vous savez lire ?
Aussi, vos cochers nous ont dits que vous vous dirigiez vers Carroburg par voie de terre, est-ce bien cela ? Qu'est-ce qui vous amène à rechigner les voies fluviales en cette saison ?
"


Entre chaque question, il remuait le bord relevé de son chapeau comme s'il essayait de le rouler d'une main. Il lâchait de temps à autre des "Hm-hm" suivant ce que disait Tétradie.

- "Bien bien bien, et si je vous dis Lebedingestein, vous me dites ... ?"
Test d'INT, à -2 : 8, arf.
Test secret : 2, réussi.

Ce mot ne lui était étonnamment pas inconnu. Elle l'avait entendu quelques fois sans doute, entre deux discussions en public ou lorsque son oreille se perdait dans les couloirs. Elle n'avait jamais rencontré cette chose - en admettant que c'était une chose ou une personne -, mais elle pouvait presque imaginer un visage, une forme, une couleur, comme elle l'avait fait tant de fois en rêve ou lors de ses prières.

Lorsqu'elle tenta de se remémorer des détails, elle se surprit à penser trois choses :

Une plume,
Un cygne, et un...
Une...

Un satyre ou une satire ?
<< Bah alors, qu'est-ce que tu cherches mon gars ? L'or, les femmes, le pouvoir ?
J'ai tout et plus encore dans ma baraque, viens jeter un œil !
Oh non, ce n'est pas loin, c'est au coin de la rue là-bas.
Mais attends, t'as les moyens j'espère ?

...

Oh, tu sais, on peut toujours s'arranger... >>

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Tétradie Gondeghissel
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Re: [Tétradie Gondeghissel] Chemins & Travers

Message par Tétradie Gondeghissel »

-"Un jour, Sigmar viendraaaaaa! Un jour il nous sauveraaaa!"

Ainsi chantonnait Tétradie alors qu'elle attrapait une serviette pour se sécher le corps et les cheveux. Ses cicatrices et plaies récentes eurent droit à un massage en règle, tout en douceur pour ne pas les brusquer. Ce froid ne faisait décidément pas du bien à sa chair sensible et elle serait heureuse d'enfiler sa lourde robe de voyage, ce qu'elle fit sans tarder. Seuls ses cheveux, tout de même un peu long, demandèrent un travail plus ambitieux. Une pince en bois dans la bois elle songeait à se faire des tresses à la mode naine: plus pratique et respectueux envers les nains, ces êtres dont Sigma ne cessait de vanter les mérites. Quelle meilleure combinaison?

Plongée dans sa réflexion (et dans sa lutte contre les mèches rebelles), la nonne porta son regard par la fenêtre. Les deux lunes rayonnaient doucement dans le ciel nocturne, uniquement transpercée par les silhouettes des oiseaux de la Drakwald. "Ah, que la nuit est belle!" Une ombre plus large que les autres passa. Pas un oiseau, ça c'était sûr, mais quoi alors? Peut-être un tas de feuilles embarqué par une bourrasque? Ca arrivait parfois, les branches qui volent...


-"Je sors, ne restez pas devant la porte!"

La chevelure était disciplinée, la robe était enfilée, il était l'heure de sortir. Précautionneusement, avec une certaine méfiance, Tétradie entrouvrit la porte pour découvrir le visage typique d'un baroudeur. Le genre de brute mal rasée et excessivement virile qui parcourait les routes de l'Empire autant dans un rôle de justicier que de brigand. Elle n'en avait vu jusque là que dans les gravures sur papier ciré que Sœur Ascelina cachait sous son matelas et qu'elle sortait de temps à autre, même s'ils étaient beaucoup plus dénudés et velus sur le torse que celui qui se trouvait là. Un peu déçue, elle descendit son regard vers les jambes. "Il n'a pas de renflement en bas! Bizarre ça..."

Et puisqu'il lui demandait de le suivre, autant le faire. Au fond elle espérait juste que sa couverture n'était pas déjà grillée, ça serait mauvais pour l'image du Temple de Sigmar! Alors qu'elle passait dans la salle commune de l'auberge elle fit un petit signe au halfelin qui décédait d'ivresse sur une table, bien occupé également qu'il était à frotter son gros nez contre le bois pendant que ses lèvres pendaient.


- " Vous venez d'Altdorf, c'est bien ça ? Qu'est-ce que vous y faisiez ?"

A ce moment, Tétradie songea: "Allez ma grosse, au travail."

-"Je faisais les écritures de différents marchands."

- "Ah oui, en effet, je comprends. Venez, asseyez-vous, je vous prie."

Un haussement d'épaules lui répondit. Peut-être ne cherchait-il rien de particulier si ce n'était quelques informations basiques? Mieux valait obéir dans un premier temps, au pire elle pourrait toujours faire valoir son statut plus tard. Le fait d'être amenée au fond de la salle, seule entre quatre gaillards, l'inquiéta un peu plus. Elle avait reçu une petite formation au combat, comme il sied à un croyant de Sigmar, mais elle doutait de pouvoir faire face à ces robustes gaillards sans aide si les choses tournaient mal. "Du calme, ils ne veulent sans doute rien, du calme..." La nonne se surprit néanmoins à souffler un peu vite.

- "Rebonsoir, Fraulein. Vous permettez que je vous appelle Tétradie ?"

La concernée se pinça les lèvres.

-"Fraulein ira très bien, Herr. Gondeghissel si vous voulez."

C'était vrai quoi! Depuis quand était-il convenable pour une jeune fille d'être appelée par son prénom? Les bonnes mœurs se perdaient, vraiment. Cet homme-là était d'une autre trempe que celui qui était venue la sortir de son bain. Peut-être le chef, à l'insigne qu'il portait?

- " Dites-moi, est-ce que vous savez lire ?
Aussi, vos cochers nous ont dits que vous vous dirigiez vers Carroburg par voie de terre, est-ce bien cela ? Qu'est-ce qui vous amène à rechigner les voies fluviales en cette saison ?
"


-"Oui je sais lire et même écrire. Et à Altdorf on m'a dit que les voies fluviales étaient souvent gelées en cette saison et que j'avais autant prendre la terre."

Nul besoin de mentir, tout le monde savait qu'en hiver les rivières avaient tendance à geler. Dans son rôle de bonne citadine, Tétradie n'avait nul besoin de divulguer les détails sur le processus ou l'entretien des voiries navales, qu'elle ne connaissait pas de toute façon.

- "Bien bien bien, et si je vous dis Lebedingestein, vous me dites ... ?"

Tétradie s'arrêta, coi. Qu'est-ce qu'elle en savait? Bon le mot avait dû passer une fois ou deux, peut-être dans une blague racontée entre marchands d'Altdorf, murmuré lors d'un cancanage entre commères ou prononcé avec les yeux plissés dans un groupe de prêtres. Un cygne peut-être? Une plume également... Puis un dernier mot, peut-être un satyre ou une satire? La nuance était d'importance! Bon, autant jouer franc-jeu, de toute façon si elle ne savais pas, elle ne savait pas. Et puis s'il demandait c'est que lui savait, il pourrait peut-être l'éclairer?

-"Aucune idée. Je crois que ça a un rapport avec une satire avec un cygne? Quelque chose comme ça? Pourquoi, qu'est-ce que c'est?"

Elle tenta évidemment de prendre la pose la plus ingénue possible ainsi que le ton le plus naïf. Elle n'était qu'une petite citadine qui débarquait de son quartier, pas plus, pas moins!
Je suis le métal, Sigmar est le marteau.
--------------------------------------- Tétradie Gondeghissel, Voie de l'Exorciste
Profil: For 8 | End 10 | Hab 8 | Cha 8 | Int 8 | Ini 8 | Att 8 | Par 8 | Tir 8 | FOI 9 | NA 1 | PV 60/60 | SAN 42
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Equipement:
Arme:

Marteau à deux mains / 24 + 1d10 dégâts / 10 parade / Assommante, Lente, Percutante.

Armure:

Haubert: 11 armures, torse et bras / -2 ATT, PAR et HAB

Autres:

Bible de Sigmar
Fouet de pénitence
Médaillon à l'effigie de la Comète
Rations
Petite tente
Couverture
Miracles:
Mineurs:

Imposition des mains:
Portée : Soi-même ou Contact
Durée: Instantanée
Effet: L'exorciste rend 1D10 PV à la cible du sort. Il peut se soigner lui-même. Attention, cette prière ne peut soigner une personne qu'une fois jusqu'au prochain lever du soleil.

Pavois divin:
Portée : Soi-même
Durée : 2 tours
Effet : Se concentrant pour vider son esprit de toutes pensées autres que celles de piété, l'exorciste crée autour de lui un bouclier saint le protégeant des attaques des serviteurs des Dieux Sombres. L'exorciste augmente ses points d'armure de 2D6+1 points contre une attaque portée par un démon, une attaque portée avec une mutation, un sort offensif chaotique ou une créature chaotique.

Regard pesant:
Portée : Soi-même
Durée : 1D6+1 minutes
Effet : Le regard de l'exorciste devient noir et lourd à supporter, intimidant ses adversaires. Il obtient +2 à ses jets d’intimidation.


Moyens:

"Silence, démon!":
Portée : Contact
Durée : 1 minute
Effet : Il n'est pas rare que les démons ayant pris possession d'un être humain tentent par des paroles insidieuses et corrompues de déstabiliser ceux qui veulent les exorciser. L'exorciseur peut alors, en apposant ses mains sur les tempes du possédé, ordonner au démon de se taire. L'exorciseur impose le silence à tout démon circonscrit en un possédé. Le démon ne pourra plus prononcer le moindre mot à moins de réussir un test sous INT avec un malus égal au degré de réussite de la prière.

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