[Tétradie Gondeghissel] Chemins & Travers

Cette province désolée au climat inhospitalier est en partie couverte par la forêt de Drakwald. Les soldats de la région vénèrent davantage Ulric que Sigmar. La capitale du Graf Tobringer n'est autre que Middenheim, la Cité du Loup Blanc.

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[MJ] Le Faussaire
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Message par [MJ] Le Faussaire »

L'aube arriva bien plus vite que prévu, avec ses lueurs blêmes qui réveillent souvent les stigmates de la veille. De ces stigmates, la fenêtre avait en effet quelques marques de givre et quelque buée qui s'était étendue sur le centre des carreaux, en prenant bien soin de ne pas toucher la structure en bois qui maintenait l'ensemble. Ainsi, au réveil de chacun, la chambre était tiède, sinon un peu froide. Rien d'extraordinaire pour le marchand aux cheveux ras, mais c'était un tout autre monde pour l'initiée - qui dans ce cas était indubitablement une non-initiée. Georgius se leva donc sans un bruit, empoignant ses vêtements et ses surcouches avant de les enfiler d'une traite. Il passa ses mains sur son visage, rabattit ses manches et ses braies un peu rebelles avant de s'avancer calmement vers la sortie - et le repas matinal. En vérité, si l'on omettait deux trois traits grisonnants sur le crâne et quelques plis du visage, le middenlandais était encore jeune d'aspect et de corps, et visiblement assez vif.

Il ne s'occupa point de l'état de la scribe, et ne dit aucun mot - à moins que celle-ci ne lui adresse la parole. Lorsqu'il fut sorti, il prit bien soin de refermer la chambre derrière lui, ce qui laissa encore quelques minutes à Tétradie pour sortir la tête hors du brouillard. Lorsqu'elle daigna rejoindre la grande salle, la majorité des occupants étaient déjà présents, encore que certains - sans doute les plus grincheux - retournaient déjà à leurs chambres respectives.

Les cochers étaient étalés sur une table, en train de maugréer entre eux ou d'adresser quelques mots à la coursière que Tétradie avait légèrement côtoyée. De fait, seul le plus jeune des deux semblait s'intéresser réellement à Ursula, pour des raisons actuellement inconnues. Ans et son "valet" étaient aussi là, face à face, bien qu'isolés du reste de la diligence. La messagère se contenta d'un signe de tête lorsqu'elle découvrit l'initiée, puis elle se mit à sourire, sans doute à cause d'une question de son interlocuteur mal rasé. Elle avait toujours son espèce de chignon bâclé, son chapeau large et sombre, et ce regard incisif qu'ont tous ces gens de forte tête.

Le repas fut assez simple mais copieux, et puisque personne ne fit la moindre critique aux garçons de salle, cela devait sans doute être la norme en ces lieux : une pâte molle et blanchâtre, formée à base de seigle, de lait et de miel, que l'on déversait dans un bol selon les goûts de chacun. À cela s'ajoutait du pain noir, craquant et parfois chaud. Enfin, selon les goûts et privilèges de chacun, il était possible d'avoir de l'eau, du vin ou de l'alé pour accompagner cet épais gruau, ou bien de compléter celui-ci avec des noix, de la viande fumée ou encore d'autres céréales saisonnières - mais là, on rentrait dans les listes de denrées marquées à la craie sur les écriteaux en ardoise du comptoir, alors le prix n'était plus vraiment équivalent.
Choix du joueur : Garder les yeux sur la pierre si possible

De l'autre côté de la salle, Georgius passa la majorité de son repas à discuter avec les mercenaires dégarnis. Il y eut moult gestes et intonations, et parfois même une sorte de tension entre les deux camps. Cette friction monta à un point tel que Tétradie crut qu'ils allaient en venir aux mains, mais finalement, non. Lorsque le chef se leva, suivi de peu par le marchand, ce fut pour cracher dans sa propre main et empoigner celle du rouquin - concluant ainsi le marché.

Soudain, un nain fit irruption à la table des négociations, mais il fut reçu aussi vivement qu'il était apparu. En un éclair, les kossars s'étaient opposés à lui, mains à la ceinture ou au fourreau - que ceux-ci soient vides ou non. Devant cet élan d'hostilité, le karaki aux mèches violettes n'eut aucune autre issue que de s'excuser et s'éloigner de la table. Un claquement de langue plus tard, tous les humains étaient assis à nouveau, fredonnant une mélodie étrangère qu'eux seuls reconnaissaient. Une fois son repas terminé, Georgius se leva à nouveau, et s'éclipsa jusqu'à ses quartiers. Il n'en redescendit que lorsque les cochers sortirent de la bâtisse, désormais armé de ses bagages et de son manteau encore plié de la veille.


***


Une fois dehors, tous les passagers purent remarquer le changement d'environnement : des poches blanches s'étaient formées à différents endroits de l'entrée et de l'enceinte du relais de coche. Et vu l'empressement des cochers, cela n'était pas un phénomène à négliger.

- "Allez grand, fais monter m'sieurs-dames. Vérifie l'paqu'tage et on décolle. M'occupe des ch'vaux"

Les deux portes de la cabine s'ouvrirent d'une traite, claquant le bois et les rideaux ainsi libérés. Le jeune cocher se dirigea ensuite vers les bagages à l'arrière et sur le toit, tandis que son ainé reprit de vive voix :

- "M'sieurs-dames, la neige est là, et si vous voulez manger chaud ce soir, j'vous conseille d'attacher vos sièges ou vos doigts d'pieds."

Et puis l'ainé de la diligence sauta sur le banc en hauteur, enroulant les rênes autour de son bras une fois qu'il fut assis-perché.

- "La neige va tenir longtemps ?

- Ooooh, oooh, c'est ben qu'oui, m'sieur. Si on traîne et qu'le vent nous chope, on est bons pour pousser des congères et des glaçons. C'est qu'ici l'hiver est frais quand il commence, et froid quand il fait nuit. Et qu'avec ces satanés-futés, la nuit arrive vite ! Allez, tas d'feignants, hoooo !"

L'ultime remarque, qui était évidemment dirigée envers l'attelage de la diligence, suffit à faire bondir Klosel. Ni une ni deux, son acolyte ou maître lui emboîta le pas, et bientôt tout le monde fut à l'intérieur de la voiture.

Enfin, la diligence se mit en branle, et l'on prit de l'allure progressivement, jusqu'à ce que la route se discerne dans le paysage. Là, les fouets claquèrent, et l'on entendit un cliquetis en provenance des fenêtres. Les milles se mirent à dévaler à nouveau, et bientôt l'on retrouva les ambiances et les coutumes d'hier, la chaleur d'Altdorf en moins. Ah, si seulement il n'y avait pas ce satané courant d'air...

Vu le visage ébahi de Klosel, il devait certainement se demander si les gens du Nord n'avaient pas laissé un sens caché dans l'adage : << Vive le vent, vive le vent d'hiver >>.
<< Bah alors, qu'est-ce que tu cherches mon gars ? L'or, les femmes, le pouvoir ?
J'ai tout et plus encore dans ma baraque, viens jeter un œil !
Oh non, ce n'est pas loin, c'est au coin de la rue là-bas.
Mais attends, t'as les moyens j'espère ?

...

Oh, tu sais, on peut toujours s'arranger... >>

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Tétradie Gondeghissel
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Re: [Tétradie Gondeghissel] Chemins & Travers

Message par Tétradie Gondeghissel »

Rien du tout.

Une douleur sur l'arête du nez.

Rien du tout.

Toujours rien.

Une chatouille dans la narine. Deux chatouilles. Trois chatouilles.

Rien.

Un reniflement.

RIen.


-"Aatchaaaaa!"

L'éternuement était arrivé à l'improviste, pas invité et franchement désagréable. Fâchée, Tétradie attrapa un mouchoir en tissu dans sa poche et se cura le nez quelques secondes en essayant de se cacher au maximum, bien qu'elle ne trompa personne. Le froid du carrosse, s'incrustant par la fenêtre au courant d'air, se fit plus pénétrant, plus agressif. Il se glissait maintenant sous les vêtements, venait caresser la peau et chatouiller la gorge, comme la main froide d'un meurtrier. Elle se souvenait des histoires de son enfance, celles que les prêtres d'Ulric racontaient sur les places ou que les bateleurs faisaient vivre dans les rues. Les histoires sur le monde blanc, sur le manteau du dieu des loups. Sur les étrangers qui se perdaient dans des forêts nues, errant pour l'éternité à traves les congères et les pins. Sur les récits de meutes héroïques traquant les cerfs ou, au contraire, de vaillants herbivores échappant aux meutes. L'hiver est là et le printemps ne tardera pas, les deux idées se mêlaient constamment. Il y eut un caillou qui fit trembler l'habitacle dans une lourde secousse et le vent entra un peu plus en avant. Alors, autant pour effacer sa douleur que pour réchauffer les cœurs, Tétradie murmura quelques paroles:

-"Le berger souffle dans ses doigts,
Les glaçons pendent, le lait gèle;
La neige est comme une dentelle,
Près du feu s'amasse le bois.

Partout l'eau se fige captive,
Restez chez vous, l'hiver arrive,
Alors la chouette là-haut
Chante to-ho, chante to-ho.
Et c'est bon de l'entendre au chaud."


Quand elle termina, la jeune nonne se tût, perdue dans le silence. Personne ne parlait, comme toujours. C'était le moment parfait pour lancer une conversation à voix basse avec Ursula, qui intriguait Tétradie depuis quelques temps déjà. Elle avait cet air revêche, rebelle et dur de ceux qui ont tout vu et tout fait. En un mot comme en cent, elle impressionnait. La conversation commença dès lors que l'initiée s'approcha et se pencha, parlant à voix basse.
Conversation tenue sur Discord.
-"Vous avez déjà fait ce voyage?"

- "Quelques fois oui. Ce n'est pas aussi long qu'on le croit, vous savez."

D'un coup, Tétradie prit son air le plus ingénu.

-"Vraiment? J'ai l'impression que cela fait une éternité que l'on roule, j'ai les mains toutes gelées... En revanche c'est bien calme! A Altdorf on dit qu'entrer dans la Drakwald est synonyme de mort horrible..."

-" C'est à cause du vent, ça. C'est la neige qui vient, ça ira mieux quand elle sera posée."

Elle eut un sourire en réponse à la dernière phrase, puis tourna la tête vers Tétradie avant de reprendre à mi-voix après avoir jeté un œil vers les hommes dans la diligence :

-" C'est très dangereux d'y entrer seul, et encore plus si vous êtes une femme. Mais par chance, nous voyageons accompagnées, hm ?"

-"Les hommes d'hier auraient été plus à même de nous protéger je crois. Nous aurions dû leur demander de venir avec nous. Vous saviez ce qu'ils voulaient d'ailleurs? Ils ne m'ont rien dit."

La pic était sévère mais les crissements du chariot, les bruits de la route et la voix basse suffirent à ce que nul n'entende ces mots. Ursula haussa quand même un sourcil.

-"Une histoire de fugitif, selon l'officier. Ils étaient sur les nerfs en tout cas. Mais ce n'était pas l'un des leurs."

Un hoquet de surprise prit la gorge de la religieuse avant qu'elle ne se recompose dans une expression neutre.

-"Oh! Enfin je veux dire... J'espère qu'ils le trouveront! Ca a l'air bien dangereux tout ça!"

- "Je l'espère aussi, je l'espère aussi. Mais attendez-vous à en croiser d'autres comme eux, et ce durant tout l'hiver. C'est leur saison de labeur par ici."

Après avoir approuvé en hochant de la tête, Tétradie se repositionna sur son siège, essayant de faire le vide et de se concentrer sur ce qui comptait: la mission et Sigmar. Une seule pensée tourna en boucle dans sa caboche: "Le fugitif, l'affaire de l'auberge, la pierre... Et si tout était lié?"
Je suis le métal, Sigmar est le marteau.
--------------------------------------- Tétradie Gondeghissel, Voie de l'Exorciste
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Equipement:
Arme:

Marteau à deux mains / 24 + 1d10 dégâts / 10 parade / Assommante, Lente, Percutante.

Armure:

Haubert: 11 armures, torse et bras / -2 ATT, PAR et HAB

Autres:

Bible de Sigmar
Fouet de pénitence
Médaillon à l'effigie de la Comète
Rations
Petite tente
Couverture
Miracles:
Mineurs:

Imposition des mains:
Portée : Soi-même ou Contact
Durée: Instantanée
Effet: L'exorciste rend 1D10 PV à la cible du sort. Il peut se soigner lui-même. Attention, cette prière ne peut soigner une personne qu'une fois jusqu'au prochain lever du soleil.

Pavois divin:
Portée : Soi-même
Durée : 2 tours
Effet : Se concentrant pour vider son esprit de toutes pensées autres que celles de piété, l'exorciste crée autour de lui un bouclier saint le protégeant des attaques des serviteurs des Dieux Sombres. L'exorciste augmente ses points d'armure de 2D6+1 points contre une attaque portée par un démon, une attaque portée avec une mutation, un sort offensif chaotique ou une créature chaotique.

Regard pesant:
Portée : Soi-même
Durée : 1D6+1 minutes
Effet : Le regard de l'exorciste devient noir et lourd à supporter, intimidant ses adversaires. Il obtient +2 à ses jets d’intimidation.


Moyens:

"Silence, démon!":
Portée : Contact
Durée : 1 minute
Effet : Il n'est pas rare que les démons ayant pris possession d'un être humain tentent par des paroles insidieuses et corrompues de déstabiliser ceux qui veulent les exorciser. L'exorciseur peut alors, en apposant ses mains sur les tempes du possédé, ordonner au démon de se taire. L'exorciseur impose le silence à tout démon circonscrit en un possédé. Le démon ne pourra plus prononcer le moindre mot à moins de réussir un test sous INT avec un malus égal au degré de réussite de la prière.

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[MJ] Le Faussaire
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Re: [Tétradie Gondeghissel] Chemins & Travers

Message par [MJ] Le Faussaire »

Après cette courte discussion, Ursula était retournée à sa posture habituelle, les bras croisés, le dos collé contre le coin de la cabine, avec pour seul appui-tête son chapeau incurvé et usé. Malgré les sursauts de la route et le bruit de l'endroit, elle avait l'air calme en ce moment. Klosel et Ans chuchotaient entre eux, les yeux de l'un rivés sur le paysage qui défilait, ceux de l'autre sur le rideau qui ne cessait de se replier. Nyse essayait tant bien que mal de rester calme elle aussi, mais entre les coudes mal placés de ses voisins et l'étroitesse de son siège, elle arrivait juste à alterner entre l'agacement et la perplexité.

Les heures passèrent sans ordre précis, la lumière du jour s'étant lancée dans un cache-cache étourdissant, et ce que l'on ferme les rideaux ou non. En effet, même si la végétation ne disparaissait jamais, elle ne cessait de se clairsemer ou se densifier à chaque tournant ou à chaque bosse. L'air, bien que frais de prime abord, avait tourné à l'humide dans la matinée, et les nuages étaient apparus quelque temps plus tard, rajoutant une couche de flou et de ténèbres au paysage déjà bien embrumé. Ainsi, lorsque les environs le permettaient, l'environnement autour de la diligence se parait d'un voile huileux, presque perlé et tiède, avant de retomber vers l'obscurité glaçante au prochain bosquet. Chaque période de ténèbres suffisait amplement à relancer l'imagination des passagers, tant et si bien que Klosel, le soi-disant valet, se tendît au détour d'une futaie, pour finalement se crisper à chaque fois que la lumière disparut de nouveau.

S'il y avait eu de la brume dans la matinée, alors l'après-midi amena avec lui de la poussière, et la soirée de la fumée froide et râpeuse pour le nez. On ne fit aucune pause à la mi-journée, et aucune autre pour quoi que ce soit d'autre. Lorsque la calèche s'arrêta enfin, ce fut simplement pour signaler le prochain arrêt. À l'œil nu, ce n'était qu'une autre auberge, dissimulée derrière de hauts murs cimentés et entourée de sous-bois presque vides.

Une fois le pied à terre, le bâtiment se révéla être un relais fortifié, globalement similaire à l'auberge précédente, bien que différent sur certains points - l'écurie était un peu plus en retrait, le préau un peu plus avancé, le toit un peu plus pentu, mais rien de bien palpitant à signaler. Par chance, l'intérieur était aussi chaud que dans l'autre refuge, et la nourriture tout aussi alléchante. Cette fois, l'on servait du porc fumé, des endives, quelque purée de légumes et de noix variées, et sinon une soupe brûlante et vaporeuse, que l'on amenait à l'aide de grandes casseroles en fonte, et qui faisait rougir les mains de ceux qui la transportaient. La salle centrale était un peu plus longue et étroite que l'autre, mais elle était surtout moins peuplée. Enfin, pour couronner le tout, il n'y avait aucune autorité présente dans l'auberge, sinon les garçons de salle et les quelques costauds qui alternaient entre le rôle de portier et de porte-soupière.

Vu les accoutrements, les autres clients de la salle étaient tantôt bretonniens - des saltimbanques peut-être -, tantôt halfelins, bien qu'il y ait tout de même une demi-douzaine d'impériaux tout à fait anodins à la table principale - des bûcherons ou des artisans, ce genre de personnage dur et dru d'aspect. A les entendre, ils étaient des gens du coin, sans doute issus d'un village voisin.
Test d'END : 19, ah.
Test secret : 10, raté.

Alors qu'elle arrivait au comptoir, Tétradie éternua soudainement, et le triplet qui suivit suffit à lui donner quelque sueur.

- " Je vous conseille la soupe, si vous n'y voyez pas d'inconvénient. Hm ?"

Une fois servi, Georgius se dirigea tranquillement vers les habitants du coin, emboîtant le pas des cochers, sans se préoccuper de la température de son plateau ou de son contenu. Ans et Klosel prirent à nouveau une table esseulée, tandis que les autres femmes du convoi se mêlèrent aux étrangers.

A priori, les soirées de ce genre allaient se répéter, avec des moments de discussion on-ne-peut-plus sérieuse entre Tétradie et son employeur - que ce soit sur le contrat à proprement parler, des calculs à faire, ou simplement des tableaux à recopier. Ensuite, il y aurait les éclats de voyageurs qui ne se connaissaient que depuis une heure, les chants au coin du feu, la nourriture grasse, le vent glacé...

D'après les cochers, l'hiver était très proche. D'une manière ou d'une autre, Tétradie devra s'y acclimater.
<< Bah alors, qu'est-ce que tu cherches mon gars ? L'or, les femmes, le pouvoir ?
J'ai tout et plus encore dans ma baraque, viens jeter un œil !
Oh non, ce n'est pas loin, c'est au coin de la rue là-bas.
Mais attends, t'as les moyens j'espère ?

...

Oh, tu sais, on peut toujours s'arranger... >>

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Tétradie Gondeghissel
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Re: [Tétradie Gondeghissel] Chemins & Travers

Message par Tétradie Gondeghissel »

Pour la septième fois, Tétradie reprit la vérification de son calcul. A bout de nerf elle lâcha:

-"Pour l'amour de Sigmar, je vous dis que j'ai bien calculé! Vous allez devoir vingt-neuf pistoles précisément à la douane! Arrêtez de me demander de refaire cette addition!"

Pour bien ponctuer sa phrase elle éternua violemment, projetant du mucus jusqu'à l'autre bout de la salle sur un groupe de halfling qui essayait de profiter de sa soupe aux légumes. Toujours furieuse, elle claqua la couverture du livre de compte et le tendit sèchement à son employeur avec lequel elle se battait depuis une heure sur une opération de taxes concernant de la cire à bougie. Lui était persuadé qu'une addition sans parenthèse était prioritaire sur la multiplication sous certaines conditions, alors que Tétradie soutenait qu'elle ne l'était jamais. Finalement un accord avait été trouvé sur une faute de frappes et une forme de réconciliation s'était établie, facilitée par l'état de santé déplorable de la jeune femme. Le froid mordant du Nord l'avait rattrapé et la fièvre la guettait. Elle éternua encore alors qu'un serveur lui amenait son potage, au point qu'elle manqua de renverser son bol. L'homme qui lui tendait son plat l'ayant pris en pitié lui apporta un bout de pain en plus.

Le reste de la soirée se constitua surtout de petites discussions ici et là avec d'autres voyageurs, de la calèche ou pas d'ailleurs. Rien de trop formel ni de trop approfondi. On ronchonnait sur le manque de confort du voyage et sur les douleurs aux fesses et aux hanches qui résultaient des chocs sur la mauvaise route, on pestait sur le froid qui gobait tout, on râlait sur ce mince filet d'air, totalement insupportable, qui avait réussi à rendre malade Tétradie. Avec un peu d'aigreur, on discutait également du chemin restant, car ils n'en avaient pas encore fait la majorité, ainsi que les difficultés à venir. Plus ils avançaient dans la Drakwald et plus les risques d'attaque se faisaient élevés, jusqu'aux alentours des auberges-relais qui constituaient des îlots de sécurité dans les bois endormis. Avec un peu de chance également ils trouveraient des patrouilleurs comme au dernier arrêt qui pourraient les escorter sur une partie du chemin, mais rien n'était moins sûr. "Au moins on avance un peu. Par contre j'espère que ce rhume va me passer quand on arrivera à destination, parce que là je vais pas être bonne à renifler les preuves, ça oui..."


-"Je crois que je vais aller dormir, je me sens toute fourbue..."

Il semblait en effet que Tétradie était à bout de souffle. Ses yeux étaient tout petits dans leurs orbites et sa voix sonnait ensommeillée, comme si sa propriétaire dormait déjà. Georgius, pas mauvais bougre, la laissa passer devant pendant qu'il terminait sa discussion avec un voyageur du Stirland. Seulement, là où eux ne voyaient qu'une jeune femme fatiguée par le voyage et injustement frappée par une petite grippe hivernale, la concernée s'inquiétait bien plus. Les maladies, en effet, se trouvaient être les malédictions envoyées sur le monde par le Seigneur de la Pestilence lui-même pour affaiblir les mortels et prospérer sur leurs miasmes. Comment alors croire au hasard? Le Maître des Mouches, sur la piste de la sainte agente de Sigmar, lui avait envoyé une de ses pestes pour émousser son corps et son esprit! A elle-même, la nonne murmura:

-"Je dois me purifier, vite! Une idée, une idée..."

Tant qu'elle partagerait la même chambre que Georgius, impossible de préparer les effets nécessaires à l'accomplissement du saint rituel de mortification des chairs par le fouet. Heureusement, elle avait un plan pour convaincre le marchand de la laisser faire chambre à part... Faisant mine d'être toute penaude, elle avança vers lui en catimini.

-"Euh... Herr? C'est, hum... C'est le moment du mois pour une femme où... Où les dieux nous rappellent notre devoir en ce monde... J'aurais besoin d'être toute seule cette nuit pour m'occuper de ça... Et j'aurais besoin d'eau aussi! Alors est-ce que ça vous ennuierait de me laisser... Vous savez... Une chambre?"
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Arme:

Marteau à deux mains / 24 + 1d10 dégâts / 10 parade / Assommante, Lente, Percutante.

Armure:

Haubert: 11 armures, torse et bras / -2 ATT, PAR et HAB

Autres:

Bible de Sigmar
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Rations
Petite tente
Couverture
Miracles:
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Durée: Instantanée
Effet: L'exorciste rend 1D10 PV à la cible du sort. Il peut se soigner lui-même. Attention, cette prière ne peut soigner une personne qu'une fois jusqu'au prochain lever du soleil.

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Durée : 2 tours
Effet : Se concentrant pour vider son esprit de toutes pensées autres que celles de piété, l'exorciste crée autour de lui un bouclier saint le protégeant des attaques des serviteurs des Dieux Sombres. L'exorciste augmente ses points d'armure de 2D6+1 points contre une attaque portée par un démon, une attaque portée avec une mutation, un sort offensif chaotique ou une créature chaotique.

Regard pesant:
Portée : Soi-même
Durée : 1D6+1 minutes
Effet : Le regard de l'exorciste devient noir et lourd à supporter, intimidant ses adversaires. Il obtient +2 à ses jets d’intimidation.


Moyens:

"Silence, démon!":
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Durée : 1 minute
Effet : Il n'est pas rare que les démons ayant pris possession d'un être humain tentent par des paroles insidieuses et corrompues de déstabiliser ceux qui veulent les exorciser. L'exorciseur peut alors, en apposant ses mains sur les tempes du possédé, ordonner au démon de se taire. L'exorciseur impose le silence à tout démon circonscrit en un possédé. Le démon ne pourra plus prononcer le moindre mot à moins de réussir un test sous INT avec un malus égal au degré de réussite de la prière.

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Re: [Tétradie Gondeghissel] Chemins & Travers

Message par [MJ] Le Faussaire »

Test de CHA opposé vu le caractère imminent : 11v14, Tétradie l'emporte dans tous les cas.
Choix du joueur : Le reste de la soirée, je regarde ce qu'il se passe, je joue aux cartes si l'on m'y invite, mais pas au-delà d'une pistole par mise.

Moult jets secrets inutiles.

L'argument, bien que grossier aux oreilles les plus délicates, eut un effet latent sur le visage du négociant. D'abord très sérieux, il mit quelques secondes avant de laisser apparaître la surprise, comme s'il mesurait ses émotions et ses pensées avant de les vivre.

- "Ah, vous êtes... De demi-lune. Je comprends. Ne vous inquiétez pas, ma femme est de nouvelle-lune, c'est bien pire, il paraît. Enfin, si cela peut justifier mes trajets, hm ?"

Pour la première fois depuis le départ, Georgius esquissait un sourire qui n'était pas crispé. A priori, les voyages dans le froid saisonnier et la torpeur des auberges n'avaient pas écrasé le tempérament naturel du rouquin - au contraire, cela avait l'air de le révéler. Malgré le dialogue d'arithmétique assez chaud qui précédait cette interrogation, Georgius avait retrouvé un ton plus léger, tentant sans doute de badigeonner d'humour une situation qu'il ne connaissait qu'en tant que spectateur.

- "Vous ne paierez que la moitié pour ce soir. Si jamais cela devait traîner, vous vous débrouillerez, ou bien je le retirerai de votre solde. Et tâchez de ne pas prendre froid."

En ces quelques mots, le visage grisonnant avait retrouvé son calme et sa froideur. Le reste de la conversation déviant sur des banalités sans rapport avec les précédents sujets, il était visiblement temps pour l'initiée de négocier son logis avec le tenancier. Ce dernier ne posa pratiquement aucune question, se contentant de demander la taille du lit, le nombre de sacs d'affaires, et s'il devait y ajouter une bassine ou non. Une fois ceci fait, il annonça les tarifs - deux pistoles et quatre sous la nuit en chambre seule, avec neuf sous le coffre supplémentaire et/ou la bassine d'eau.

Une fois que Tétradie eut réglé ses comptes journaliers, elle put retourner avec les autres occupants de l'auberge, qui s'étaient visiblement répartis en petits groupes afin de continuer les commérages ou les discussions autour de jeux. Vu la faible présence, il n'y avait que trois tables à observer, encore que celle d'Ans et Klosel était à moitié vide - ou à moitié pleine, selon l'angle que l'on prenait. A priori les parties venaient de commencer, mais lorsque Tétradie s'assit pour inspecter la passe en cours, la mise était déjà montée au gris-sou par personne. Ainsi, les gens d'ici ne jouaient pas uniquement pour passer le temps, mais aussi pour renflouer quelque tracas journalier, à moins que cela ne soit un appât du gain.

Les premières mises allèrent à Fraulein Fallenbatter, mais très vite, le vent et la chance tourna, et les gains se répartirent entre plusieurs têtes. La seule éruption de ce côté de la salle survint lorsqu'un des cochers, non-content de voir ses gains s'effondrer à vue d’œil, se leva d'un bond et, animé par le sang et l'alcool, jeta ses cartes en grognant, avant de finalement disparaître dans le dortoir, pour ne jamais en revenir. Sans une seule once de doute, son collègue récupéra les miettes qui traînaient, et le rejoignit après quelques autres mises et un dernier verre de liqueur.

Ce petit manège marqua un temps de pause dans la partie, ce qui permit à Tétradie de s'éclipser, et à d'autres d'échanger ragots, sièges et autres fonds de gobelets.

***
Déroulement de ta flagellation : Je te laisse innover de ton coté, je vais juste résumer cela à l'avance avec quelques jets qui me semble logiques à première vue.

Hab - 8, ok
End - 8, ok.
VOL - 8, facile.
Test d'INT - extérieur de la chambre : 19.

Ça saignera au bout d'un moment, mais pas de fausse manip en vue, ni de crise soudaine. En plus, personne ne viendra te déranger.

C'est le moment de faire une blague à base de "J'aime quand ça claque". A toi l'honneur.
Une fois que Tétradie eut terminé son exutoire, ses sens à vif lui permirent d'observer attentivement son nouveau logis. Bien qu'un peu étroite par endroit, la chambre était assez coquette, avec une décoration simple, des draps aux couleurs uniformes, une étagère au-dessus d'un petit bureau sans tiroirs ainsi qu'une malle, et enfin un rideau pour obstruer une fenêtre actuellement opaque. En guise de lumière, il n'y avait qu'un porte-bougie et un quart de cierge, avec quelques amadous sur l'étagère.

Lorsqu'elle se mit au lit, elle put alors entendre quelques bruissements derrière sa tête, comme si le vent venait chatouiller la paroi qui touchait la tête du lit. C'était là le gros défaut de cette chambre : le lit était collé à l'un des murs extérieurs. Il y avait bien la possibilité de le déplacer pour être au calme, mais cela aurait certainement attiré l'attention de quelqu'un vers la chambre, et... Et même si ses vêtements épais pourraient sans doute dissimuler les blessures, quelqu'un poserait sans aucun doute une question à propos des "outils de prière" que Tétradie venait d'utiliser.

Ainsi, il faudrait accepter le bruit du vent, tandis que le froid serait repoussé par les épaisses couvertures.

***
Évolution du petit coup de froid : 3, ça vaaaa
Test secret : 2, facile.
Test d'INT : 15, moins facile.

Au petit matin, c'est un bruit de tambour qui réveilla la jeune femme. Alors fermement dorlotée par Morr, elle en fut arrachée par quelque sauvage qui tocsinait à sa porte.

- "Fraulein, on décolle dans une demi-heure ! Ulric nous colle au train on dirait, alors on prend toute l'avance qui nous est donnée. Allez !"

La voix masculine était visiblement bien agitée, et bien plus réveillée que Tétradie. Mais lorsqu'elle sortit la tête de son cocon de crin, deux autres choses firent irruption dans la tête de la demoiselle : déjà, elle avait le nez bouché, et ensuite, elle eut la sensation de ne pas être seule. Au fur et à mesure que le brouillard s'effaçait de son champ de vision, ces sensations commencèrent à se cristalliser plus amplement : elle avait bien le nez bouché, mais elle n'avait pas l'impression d'être accompagnée.

Elle avait cette impression étrange, nouvelle en quelque sorte, d'avoir été observée. À la fenêtre, il n'y avait évidemment personne, sinon des taches de buée sur un face de la fenêtre, et du givre de l'autre côté. Tétradie discerna tout de même quelques points blancs à travers le verre troublé, et une lueur céleste plutôt haute pour la saison. Ainsi démarrait donc un autre jour. Ainsi commençait un autre voyage, dans le froid, la cabine branlante, le vent mordant.
On passe à une partie à la fois plus rapide et plus usante.

En gros, je vais fast-forward un jour ou même plusieurs jusqu'à ce que la neige vous rattrape (ou pas), parce que si la neige vous rattrape, vous pouvez vous retrouver bloqué sur place. C'est comme ça. C'est le Nooooord.

Musique !
<< Bah alors, qu'est-ce que tu cherches mon gars ? L'or, les femmes, le pouvoir ?
J'ai tout et plus encore dans ma baraque, viens jeter un œil !
Oh non, ce n'est pas loin, c'est au coin de la rue là-bas.
Mais attends, t'as les moyens j'espère ?

...

Oh, tu sais, on peut toujours s'arranger... >>

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Message par Tétradie Gondeghissel »

Au temple, jamais Tétradie n'avait assisté à une partie de cartes avec une véritable mise. Couramment on voyait les apprenties sœurs (accompagnées parfois des frères disciples) s'adonner à des jeux d'osselets ou de Tercio Tiléen dans les salles communes à la nuit tombée, quand les surveillants dormaient à poings fermés... Mais jamais pour de l'argent! En fait, ces parties étaient davantage l'occasion de discuter en-dehors de la législation officielle, de gouailler sur les uns et les autres et de refaire le monde entre deux pairs d'as. Voir les pistoles claquer sur la table, les yeux s'allumer de la flamme de l'avidité, observer les muscles du visage se tordre en des parodies d'humains quand l'argent filait dans les poches d'un autre... "On dira ce qu'on voudra mais quand même c'est totalement immoral!"
Sans se l'avouer elle aurait apprécié se joindre à eux. Laisser quelques piècettes à Ranald, ce suppôt de Sigmar indigne de son maître, et en remporter d'autres dans des éclats de rire. Sa bonne conscience l'empêchait pourtant de s'acoquiner avec les joueurs: son or ne lui appartenait pas et elle en aurait bien besoin pour la suite des événements. Ce qui l'empêcha pas, néanmoins, d'observer en spectatrice et de commenter la partie avec les autres voyeurs.


-"Oh, Fraü, je n'aurais pas fait comme ça."

-"C'est une action manquée, vous auriez pu finir la manche!"

-"Quand même, en jouant un peu plus agressif, Herr, vous auriez pu..."

Une choppe vola dans sa direction, elle battit en retraite vers sa chambre sous les rires de la foule et les quolibets des joueurs vexés par ses conseils. "Hé ben qu'ils aillent se faire enfourrer par un prêtre d'Ursun!"
Heureusement sa chambre, bien loin du tumulte faiblissant de la salle commune, lui offrait un isoloir très pratique. La décoration, chatoyante sans être chargée, correspondait parfaitement à ses goûts au point qu'elle se jura que le jour où elle prendrait un ministère au temple de Sigmar, sa piaule ressemblerait à cette chambre d'auberge. Avec plus de symboles sigmarites sur les murs et sans doute une fresque relatant les Testaments au plafond. Elle appréciait les fresques au plafond. Cette remarque mise de côté, Tétradie songea qu'était venue l'heure de purger cette mauvaise maladie hors de son corps par la foi et le sang.


-"Alors... La bassine, j'ai. L'eau, j'ai. Le fouet, j'ai. Des serviettes? Ah j'ai oublié mes se... Ah non, j'ai. Au travail, ma grande!"

On ne se flagellait pourtant pas comme on allait pisser: un certain décorum était nécessaire. Pour commencer elle plaça son amulette de Sigmar sur le lit, étalant bien le drap pour que le bijou soit confortablement installé, après tout il serait le vaisseau au travers duquel le divin la pénétrerait. Deuxième étape: se sortir de sa pèlerine, ce qui n'était pas des plus simple tant elle était espèce et, il fallait le dire, mal fichue. La haut du corps nu, elle relâcha sa crinière en une cascade de cheveux, éteignit toutes les bougies sauf une, vérifia que le loquet de la porte était bien fermé et alla se mettre à genoux sur le parquet face au lit. Par prudence elle posa également sa serviette au sol: il ne manquerait plus que quelqu'un voit du sang par terre.
Le moment enfin venue, elle attrape le chat à sept queue dans sa main droite, prit une grande inspiration puis attendit. Attendit. Attendit.


-"Ca vient, oui?"

Fâchée, elle tourna la tête à droite puis à gauche et constata qu'il n'y avait personne. Instantanément elle se sentit idiote; pas de maître de cérémonie ou de supérieur pour la guider cette fois, elle était seule avec ses propres fautes devant Sigmar. Après une grande bouffée d'air, l'exorciste se lança à elle-même:

-"J'ai laissé parier des joueurs. Faute mineure."

Le coup vola vers son dos et l'acier lécha la chair. Un hoquet de surprise la saisit devant le froid du métal plus que la douleur. Le coup n'avait pourtant pas porté bien profondément et elle était plus que capable de continuer.

-"Je ne leur ai pas prêché Sigmar. Faute mineure."

Nouveau claquement, plus près des hanches celui-là. En un autre temps elle aurait considérée la faute comme majeure, mais en mission d'infiltration il fallait bien faire quelques concessions. Et puis les Ulricains ne perdaient rien pour attendre.

-"J'ai menti pour la cause. Faute... ? Disons... Faute mineure?"

Cette fois-ci, le fouet frappa sans grande conviction. Ses actes, bien que nécessaires, lui restaient avec le recul en travers de la gorge. En tant que Sœur son devoir n'était rien d'autre que l'exemplarité et le mensonge n'en faisait pas partie. Pourtant, sans mentir et tromper il lui serait bien difficile d'avancer dans sa quête... La douleur de la pénitence lui accorderait le repos et le pardon du seul dieu qui comptait, elle voulait s'en convaincre.

Ne trouvant rien d'autre à se reprocher, elle passa consciencieusement le chiffon humidifié sur le chat et le sécha rapidement, afin d'éviter qu'il ne rouille. Il ne manquerait plus qu'une infection sur ses plaies comme cela arrivait déjà si souvent à d'autres. Pour panser ses blessures situées dans son dos, elle avait comme technique d'enrouler des bandages autour de son corps comme pour les momies du Musée Impérial des Curiosités. Un coup d'une face, un coup de l'autre... Le problème étant que quand elle se blessait trop haut, elle se compressait la poitrine par ricochet. Ses seins n'avaient beau pas être aussi gros que ceux de Sœur Carolina, ce n'était tout de même pas une expérience agréable.
Chose dites, chose faites, il ne restait plus qu'à finir de ranger son fatras, de récupérer son amulette et d'aller dormir profondément sur un bon lit...



-"Fraulein, on décolle dans une demi-heure ! Ulric nous colle au train on dirait, alors on prend toute l'avance qui nous est donnée. Allez !"

-"M'enfin!"

Elle manqua d'en tomber du lit: qui était l'imbécile qui frappait comme un ulricain?! Fâchée, elle se leva pour aller lui dire deux mots mais se rappela bien vite qu'à moitié nue et avec des bandages rouges dans le dos ce serait une très mauvaise idée. Avec une moue bougonne accrochée au visage, elle ouvrit grand les volets et frissonna quand le souffle froid de la Drakwald vint lui chatouiller la peau. Il ne faisait pas très beau et la neige tombait à gros flocons, la route serait bientôt impraticable.

-"J'arrive! J'arrive!"

Qu'y avait-il de plus à dire, en réalité? Elle se dépêcha avec les autres d'avaler un bol de bouillon, vérifia que ses plaies lavées à l'eau lui faisaient moins mal, balança la bassine remplie du liquide souillé par la fenêtre et passa un coup de chiffon sur le parquet avant de filer dans la diligence. Les journées
à ne rien faire recommençaient et, franchement, elle n'en avait pas hâte.
Je suis le métal, Sigmar est le marteau.
--------------------------------------- Tétradie Gondeghissel, Voie de l'Exorciste
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Equipement:
Arme:

Marteau à deux mains / 24 + 1d10 dégâts / 10 parade / Assommante, Lente, Percutante.

Armure:

Haubert: 11 armures, torse et bras / -2 ATT, PAR et HAB

Autres:

Bible de Sigmar
Fouet de pénitence
Médaillon à l'effigie de la Comète
Rations
Petite tente
Couverture
Miracles:
Mineurs:

Imposition des mains:
Portée : Soi-même ou Contact
Durée: Instantanée
Effet: L'exorciste rend 1D10 PV à la cible du sort. Il peut se soigner lui-même. Attention, cette prière ne peut soigner une personne qu'une fois jusqu'au prochain lever du soleil.

Pavois divin:
Portée : Soi-même
Durée : 2 tours
Effet : Se concentrant pour vider son esprit de toutes pensées autres que celles de piété, l'exorciste crée autour de lui un bouclier saint le protégeant des attaques des serviteurs des Dieux Sombres. L'exorciste augmente ses points d'armure de 2D6+1 points contre une attaque portée par un démon, une attaque portée avec une mutation, un sort offensif chaotique ou une créature chaotique.

Regard pesant:
Portée : Soi-même
Durée : 1D6+1 minutes
Effet : Le regard de l'exorciste devient noir et lourd à supporter, intimidant ses adversaires. Il obtient +2 à ses jets d’intimidation.


Moyens:

"Silence, démon!":
Portée : Contact
Durée : 1 minute
Effet : Il n'est pas rare que les démons ayant pris possession d'un être humain tentent par des paroles insidieuses et corrompues de déstabiliser ceux qui veulent les exorciser. L'exorciseur peut alors, en apposant ses mains sur les tempes du possédé, ordonner au démon de se taire. L'exorciseur impose le silence à tout démon circonscrit en un possédé. Le démon ne pourra plus prononcer le moindre mot à moins de réussir un test sous INT avec un malus égal au degré de réussite de la prière.

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[MJ] Le Faussaire
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Re: [Tétradie Gondeghissel] Chemins & Travers

Message par [MJ] Le Faussaire »

Un autre jour, un autre voyage... Ou pas.

Les chevaux démarrèrent à la seconde où Tétradie posa les pieds dans la cabine. Les cochers, bien que plus renfrognés qu'à l'accoutumée, étaient surtout plus impatients. La journée défila dans un brouhaha de secousses, de grincements, d'injures toutes plus imagées et crues que les précédentes. L'équipage se contentait de tenir le coup et d'amortir le relief de la route au travers de leurs sièges, et parfois, ils arrivaient à plaquer quelque tissu contre les fenêtres pour étouffer les courants d'air.

Il y eut quelques tentatives de conversation, et toutes ne furent pas infructueuses, mais elles étaient si brèves que nul n'en recueillit beaucoup d'informations ou de secrets. La météo elle aussi se mit à remuer, lançant par moments quelques traits de lumière pâle, quelques bourrasques poudrées, quand ce n'était pas tout simplement le froid qui se déversait dans la calèche. Par chance, tout ce remue-ménage ambulant permit à Tétradie de ne pas subir ni sentir la moindre toux ou nez qui coule. Lorsque la végétation s'éclaircit - aux alentours de l'après-midi -, Tétradie put apercevoir de lourds nuages qui s'amoncelaient au-dessus d'elle. S'attendant certainement aux mêmes résultats qu'elle, les cochers s'empressèrent de rentrer les chevaux une fois que des murs se distinguèrent. Ce n'est qu'une fois arrivé à l'écurie et sous couvert d'un toit bien pentu que les passagers furent autorisés à poser un pied-à-terre.

Ainsi, ils étaient arrivés dans une bourgade, un village fortifié - en quelque sorte - et relativement bien gardé. A l'intérieur de l'auberge-relais, il y avait même quelque soldatesque locale, entrainés, mais sans réel conflit à proximité. La soirée se déroula sans encombres, sans grandes effusions, pour peu que l'on trouve un moyen de se détendre et de désengourdir toute la chair en dessous du cou.

***
Le lendemain, la neige montra un peu plus le bout de son nez. L'heure n'était plus au doute ou à la question. Désormais, se dépêcher serait l'ordre du jour, et de tous les jours jusqu'à ce que la poudre tienne. Ensuite, l'on se dépêcherait plus encor afin d'éviter les congères, le gel, le verglas, et tout ce que l'hiver garde en réserve. Maugréer ou se plaindre aux cochers n'y ferait rien : malgré leurs airs dociles, les deux employés étaient aussi rugueux et obstinés que possible. Peut-être était-ce pour cela qu'ils portaient tous deux une toison si épaisse, ou une barbe si drue.

Durant le calvaire journalier, on bifurqua entre les carrefours, puis l'on traversa une ville étrangement floue - sans doute à cause de la brume ou de la vitesse de croisière. Enfin, le cortège tomba nez à nez avec ce que tous redoutaient : la neige, la vraie. Le vent s'apaisa quelques heures, pour revenir de plus belle, chargé de flocons et de taches glacées, s'engouffrant partout sur et sous les épaisseurs de la cabine. On se hâta de fermer les écoutilles, mais les rideaux se gonflèrent alors sous l'effet cumulé du vent et de l'eau glacée, claquant aux mains et au visage des passagers les plus maladroits. Le seul avantage de ce torrent blanc fut que nul ne pouvait entendre les odieux jurons des conducteurs, ni les sursauts de leurs fouets.

C'est alors que l'on ralentit soudainement, comme agrippé par un lasso ou un chausse-trappe géant.

- "Ouvrez, tonnerre ! Ouvrez ! Hoooooo !"

La diligence grinça lorsqu'elle s'approcha de l'arrêt complet, et c'est au pas qu'elle s'introduit dans ce qui semblait être une petite enceinte en pierre. La cabine s'arrêta de nouveau, et l'une des portes s'ouvrit d'un coup.


- "Sortez de là, m'sieurs dames - Y'a soupe brûlante et couvertures là-haut !"

Le vieux cocher venait d'ouvrir la diligence, enroulé dans son manteau uniforme, les traits ciselés par les torches et le vent.

Une auberge. Une grande auberge. Une place forte, cossue, aux murs épais et où l'on ne mourrait pas de froid ni de faim.

Georgius sauta dehors, suivi de peu par Ursula, Henning et Frau Fallenbatter. Klosel se contenta de tirer puis de pousser Tétradie hors de cette cabane sur roues, quitte à la bousculer en direction de la bâtisse aux vitres teintées. Des écuries à l'auberge en tant que tel, il n'y avait qu'un petit sentier de terre molle et trempée qui serpentait en direction d'un puits de pierres, avant de tracer vers une large porte de bois ferré. À peine la porte s'ouvrit-elle que l'on entendit une voix forte et grasse :

- "À cette heure ? Ah, entrez ! Entrez, prenez une bûche, et entrez ! J'ai encore de la soupe et du coquelet !"

Le tenancier, qui venait de prononcer ces mots, s'essuyait ardemment les mains dans un chiffon avant de les poser sur son torse tombant. L'homme, qui tendait sérieusement vers le gris du menton aux sourcils, était seul au comptoir, bien qu'une petite femme tout aussi épaisse se tourna vite vers les nouveaux arrivants.

- "Ilsa ? Emarie ?

- On arrive !"


Deux jeunes filles ou femmes se levèrent, tandis que les autres occupants de la grande salle se tournèrent vers l'entrée. Il y avait en tout huit autres clients : Deux hommes d'âge mûr près de la cheminée, vêtus de toisons divers et de bonnet fourrés, une famille de cinq gens dont trois adultes modestement habillés, et enfin une jeune femme, proche de la quinzaine ou vingtaine d'années, qui ne s'était pas levée lors de l'appel de la matrone.


- "Il vous reste des chambres ?

- Ah, oui m'sieur, mais plus qu'une ! Après, j'ai la salle commune, et le chauffage de groupe. C'est qu'il fait froid ces temps-ci, surtout ce soir ! J'pensais pas voir des voyageurs à c't'heure, mais j'ai vu large. Qui veut d'la soupe ?"
<< Bah alors, qu'est-ce que tu cherches mon gars ? L'or, les femmes, le pouvoir ?
J'ai tout et plus encore dans ma baraque, viens jeter un œil !
Oh non, ce n'est pas loin, c'est au coin de la rue là-bas.
Mais attends, t'as les moyens j'espère ?

...

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Re: [Tétradie Gondeghissel] Chemins & Travers

Message par Tétradie Gondeghissel »

Rien de plus que du froid.

De la neige aussi, par moment. Un grand manteau blanc qui vous courrait après à mesure que vous avanciez. Ces longs moments d'ennuis eurent au moins l'avantage de donner à Tétradie matière à réflexion sur les différences de l'influence de l'hiver dans les différentes régions qu'elle traversait. A Altdorf, on ne voyait pas vraiment de neige au niveau du sol, du moins pas très longtemps. Les multiples pieds battaient le pavé tant et si bien qu'à la moitié du jour la fine pellicule blanche s'était transformée en une gelée marronnâtre peu ragoutante, laissant la neige des toits seule immaculée. A Middenheim, pour ce qu'elle s'en souvenait, la chose se déroulait de la même façon, à la différence qu'il neigeait souvent tant et si bien que la boue n'avait pas le temps de se former avant d'être recouverte à nouveau. C'était un peu une lutte sans fin entre la population et Ulric pour savoir qui parviendrait à dépasser l'autre.

Rien de tout ça dans la Drakwald. Ici on se battait pied à pied, chaque tour de roue était un nouveau combat, chaque lieue une épreuve de force. On ne gagnait jamais vraiment contre le froid middenlandais. Au mieux on pouvait le devancer, le faire reculer à l'aide de feu et de fourrures, sans plus. Ces cochers le savaient bien et c'est pour ça qu'ils affichaient cette détermination d'acier à aller de l'avant sans traîner, à avancer malgré tout. "J'espère qu'il y aura de la soupe au prochain arrêt, sinon on va tous finir frigorifiés." songea Tétradie en voyant la carcasse momifiée d'un écureuil traîner contre le tronc d'un arbre.

Heureusement, les espoirs de la novice s'avérèrent justes. Une véritable forteresse de bois et d'acier faisait à présent face à la diligence et après quelques coups de poing bien placés, les portes s'en ouvrirent pour donner vie à une auberge accueillante. Sans demander son reste, la jeune exorciste fila se coller près du feu, tendant ses mains à réchauffer. Elle entendit à peine la question du tavernier et il fallut qu'on lui répète deux fois pour qu'elle comprenne. Ses joues rosirent d'ailleurs quand elle comprit qu'on attendait plus qu'elle pour donner son avis sur la question.


-"Je préfère les chambres individuelles mais ça ne me dérange pas de rester dans le groupe. Vous savez, moi, tant que j'ai chaud..."

Au passage elle en profita pour observer quelque peu les visages autour d'elle. Son entraînement en tant que prêtresse de Sigmar et chasseuse de démons lui donnait cette paranoïa consistant à toujours dévisager tout le monde, un peu en vain il fallait bien le dire. De toute façon elle était trop fatiguée pour faire quoi que ce soit, quand bien même il y aurait eu un crime sous ses yeux. Deux précautions valaient mieux qu'une, tout de même.
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[MJ] Le Faussaire
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Re: [Tétradie Gondeghissel] Chemins & Travers

Message par [MJ] Le Faussaire »

Obnubilée par le bel âtre qui luisait à l'une des extrémités de la pièce, Tétradie se jeta sans crier gare entre les deux briscards vêtu de peaux. La cheminée grondait calmement à cette heure, et la chaleur était palpable des doigts jusqu'au nez... Un peu plus que palpable même, puisqu'on lui lança d'une voix rauque :

- "Va pas t'rôtir les pognes, grande. C'temps là n'en vaut pas l'coup."[/color]

L'individu, coiffé d'une toque en fourrure maigre, s'était à-demi levé de son fauteuil, tendant un long bras emmitouflé afin de tirer la novice en arrière. À cet instant, le-dit barbu coinça sa chique entre deux dents, et le feu eut un craquement.

- " Z'avez croisé la mort qu'vous arrivez à c't'heure, hein ?

- On devrait avoir deux stères de plus là, merde. Trois en s'y mettant -

- Trois et les poches en glace, ouais."


L'autre barbu était pris d'un grand instinct ronchon, enfoncé dans son siège et dans son manteau poilu et molletonné.

- "Tumas. Va t'chercher un boc, et tire-toi un pied d'chaise."

Ainsi, le premier forestier lui tendait une main velue et creuse, cherchant à la saluer et à lui indiquer le bar avec son autre bras. Une fois ceci fait, il se rassit lourdement, et reprit le dialogue avec son collègue. Leur conversation tournait à priori autour du bois, du temps perdu et du temps extérieur. Vêtus comme ils étaient, on les aurait cru perdus, couvert de peaux et de tissus râpeux, velu sur chaque parcelle de peau découverte, comme des sauvages d'un pays isolé. Malgré cela, ils n'avaient rien d'étrange, sinon leur ton et leur âge assumé ou peut-être les haches en fer qu'ils avaient grossièrement calées contre la cheminée. Ni l'un ni l'autre ne provoqua de sensation surnaturelle à Tétradie, hormis celle d'être une enfant face à deux ainés - mais cela n'avait rien d'unique, puisque Georgius provoquait cette même sensation.

Au comptoir, le tenancier s'attelait au service des bières et victuailles, tandis que les deux jeunes femmes nommées plus tôt tentaient tant bien que mal d'harmoniser leurs corvées du moment. Arrivée au bar, Tétradie put y sentir une odeur d'épices, de légumes bouillis et de gras. Cumulé à la chaleur épaisse et à l'habile répartition de lumière des lieux, tout était réuni afin de lui donner appétit. Lorsque l'aubergiste et ses servantes - ou bien ses filles ou bien ses nièces - déposèrent les lourdes coupelles et la marmite sur le comptoir, toute la diligence se rendit compte d'une chose : même face à un cortège d'affamés, le cuistot avait vu large. Rien qu'au son de la fonte qui glougloute, Tétradie sut qu'il y avait là de quoi nourrir une douzaine de personnes, sinon plus.

- " Allez, m'sieurs dames, prenez un bol, posez vos sous et vos sacs, et dites-moi tout ! Ilsa ? Les affaires de Herr Ans dans la chambre, hm ? Alors, ce sera quoi pour vous ?"

Tout le monde fut servi à sa guise, que cela soit en soupe, pain noir, alcools, fruits durs ou questions. Tout le monde fut délesté d'une somme assez forte, mais l'idée de se remplir le ventre avec un bouillon chaud étouffa toute négociation.

- "Et vous m'sieur l'marchand, oû c'est qu'ça file ?

- "Carroburg, par la voie Nord et Endwurtz.

- "Ooooh, c'est qu'c'est bien l'endroit pour faire des affaires, Carroburg. M'est avis qu'faudra attendre la nuit pour déchausser tout ça. Encore qu'Endwurtz, c'est deux relais plus loin, c'est presque la porte d'à côté. Vous voyagez léger ?

- Oui, la saison se termine. Je rentre pour l'hiver, et je clos deux-trois bricoles en passant. Je n'aime pas être en retard.

- Oh ça, j'y crois bien. Les renards s'feraient un plaisir d'piquer dans vot'réserve, croyez-moi. Les loups, sinon les porcs-gris. Et voilà pour m'sieur. 'ttention c'est chaud !

Il y eut un petit laps de temps avant que l'aubergiste ne passe à Tétradie, et lorsqu'il le fit, il eut un large sourire.

- "Et vous, Fraulein, qu'est-ce que ça fait ? Ma ch'minée vous a congédié sans souper, ou bien elle a faim comme vous ? - Grosse portion, ou juste un godet ? - Faites gaffe tout de même, ça a beau être d'la pierre, elle est vorace cette bête-là. Sans ça, elle chauffe rien-rien - un peu de pain avec la soupe ? Des noix ?"

Il donna quelques ordres supplémentaires aux jeunes filles, avant de répondre aux questions de la nonne - ainsi qu'à d'autres qu'elle n'avait pas posé :

- " Ici c'est la Réponse du Nord, Fraulein - c'est c'qu'on dit aux gens du Sud qui gèlent et qui s'affament par un temps pareil : << Mange un peu plus, ça t'f'ra pas d'mal. T'useras ton gras la prochaine fois >>. Z'êtes à deux jours d'Endwurtz, à trois d'Delberz, cinq d'Carroburg et neuf d'Middenheim. - À boire, peut-être ? J'ai cidre-vin-bière-hydromel, ou bien du brave-brun d'ici, mais vous d'vez connaître ça comme du << brandy >>, aye ? Faut juste que j'aille en chercher dans l'cellier, alors faut s'décider."

Une fois servie et délestée de quelques pièces, la jeune femme put enfin s'asseoir où elle voulait - de manière quasiment littérale, puisque les deux-tiers des tables étaient vides, le bar inoccupé, et les quelques bancs remplis n'étaient pas encore complets. Klosel et Henning s'étaient réfugiés près du fourneau, écoutant attentivement les histoires des deux trappeurs, tandis qu'Ursula et Georgius commençaient déjà à hausser le ton à propos de quelque jeu. Nyse, quant à elle, rôda quelques minutes près des fenêtres avant de se mettre à table, le visage troublé par les bourrasques de neige qui se dessinaient dans la nuit.

- "Si c'est la tempête qui vous affole, vous avez du bon mouron. L'vieux Klaus est passé plus tôt, et son genou l'faisait boiter. Il disait qu'ça allait friser, et comme quoi, il a encore joué d'la demi-mesure. Son j'nou est p'têt patraque, mais l'est plus fiable qu'tous les astrologues - Soyez sans crainte, j'ai du feu pour tout l'hiver et des raves et du cochon pour l'année. C'est pas ici qu'vous allez geler, hé !"

Malgré cette promesse, et malgré l'âtre et les murs de pierre, le givre s'était déjà infiltré par endroits, puisqu'il était visible aux abords des lampes à huile ou des fenêtres du rez-de-chaussée. Mais qu'importe, il y avait à boire, à manger, de quoi rire, ou écouter. Les deux trappeurs se révélèrent après quelques histoires comme Tumas et Ianno, des gens du coin qui avaient été surpris par la tempête. Les jeunes femmes de service quant à elles, furent désignées comme les filles du tenancier, et l'épaisse matrone leur mère. La dernière des demoiselles du coin se présenta d'elle-même comme Celli, une amie des filles. La famille modeste resta dans son coin, se contentant d'être polis, amicaux et à l'écart des conversations.

Le couvre-feu fut annoncé quelques heures plus tard, et tous sinon les Altdorfers furent conviés au dortoir commun. Avec la pénombre de la salle, les ronflements des clients et du vent contre les murs, Tétradie avait presque la sensation d'être dans un autre monde. Un monde fait d'ombres et de pâles lumières, de cendres glacées, de neige qui craque sous les pieds...

***

Test secret : 2, réussi.
Était-ce un hurlement qu'elle venait d'écouter ? Un hululement lointain, ou une simple bourrasque qui venait de lui dresser les poils ?


***
Test d'INT : 2, décidément.
D'un coup, d'un seul, Tétradie se réveilla en sursaut. La tête encore lovée par les robes du Veilleur, elle ne distinguait pas le moindre mouvement, ni la moindre lumière...

. Oui, à nouveau, ce bruit soudain. Ce bruit sourd, imprécis, venant de ...
Test opposé - Tétradie vs son ombre (ou pas) : Résultat secret.
Là, encore un ! Sur la gauche, ou bien en dessous ? Comment cela pouvait-il venir d'en dessous, puisqu'elle était couchée au rez-de-chaussée ?

Et encore un bruit ! Venant de la droite cette fois - aucun doute possible.

- "Putain... Si tu r'tournes pas t'pieuter... En fais... affaire..."
<< Bah alors, qu'est-ce que tu cherches mon gars ? L'or, les femmes, le pouvoir ?
J'ai tout et plus encore dans ma baraque, viens jeter un œil !
Oh non, ce n'est pas loin, c'est au coin de la rue là-bas.
Mais attends, t'as les moyens j'espère ?

...

Oh, tu sais, on peut toujours s'arranger... >>

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