[Karil Dasmof] Libéré, délivré

L’Empereur Karl Franz siège à Altdorf, capitale impériale depuis. Altdorf est un carrefour du savoir et son université est l’institution académique la plus respectée de tout l’Empire. Là, les seigneurs et les princes de nombreux pays viennent s’asseoir aux pieds des plus grands penseurs du Vieux Monde. Altdorf est aussi le centre du savoir magique et ses huit collèges de magie sont fort justement réputés bien au-delà du Vieux Monde. Altdorf est une ville affairée, avec un nombre important d’étrangers, de commerçants et d’aventuriers. La cour impériale elle-même engendre une activité économique florissante, qui attire toutes sortes de gens.

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[MJ] Le Faussaire
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Re: [Karil Dasmof] Libéré, délivré

Message par [MJ] Le Faussaire »

A nouveau, le temps s'arrêta. L'instant qui suivit - et celui d'après - sembla durer une heure, un jour, ou peut-être même une année. Tout était calme à présent. Le sablier était rompu, bloqué à tout jamais. Aucun grain ne pourrait à nouveau s'écouler. L'autre fois - s'il y en avait eu une autre -, le sablier s'était bloqué. Désormais, il n'était plus. Plus rien n'était, ni la douleur, ni la chaleur, ni la couleur. Tout s'était tout simplement rompu. Rompu à quoi ? Rompu, oui, mais pourquoi ?

Il ne restait que cette pression ténue, cette minuscule friction entre ... Entre deux choses. Il n'y avait plus de mot pour décrire cela. Dans un autre temps, cela se serait appelé "mou", "tiède", "apaisant". Là, ce n'était rien. Rien qu'une ... Chose, passagère et fébrile.

Soudain, de nulle part, la pression se troubla. L'un et l'autre, précédemment séparés, se mélangèrent. Pendant un instant, des ridules apparurent à la surface, à la frontière. Qui avait provoqué ce sursaut ? Qu'est-ce qui avait provoqué ce trouble ? Il n'y eut ni question ni réponse. Il était là, quelque part, quelque part entre le ciel, la terre et le fond de l'eau. Pas de lumière, pas de son, pas d'odeur, pas de voix. Juste une ... chose, qui en séparait d'autres. Et encore, même cela il n'en était pas sûr. Il en avait juste une impression, une sensation infime. A un moment, il perdit pied, sans pied ni main ni rien pour s'en rendre compte.

...
...
...

Où était-il ? Combien de temps était-il resté là ? Que s'était-il passé ?

...
...
...


Tant de questions, tant d'idées folles, et aucune réponse. Aucune sensation, sinon le vide absolu, l'absence de tout, la neutralité la plus abjecte et la plus brute. Rien. Rien que lui. Rien, pas même lui. Il n'avait rien. Il n'était rien. Il ne sentait rien. Il ne savait rien.

Il n'était rien. Rien qu'un rejet, une folie, une crasse de plus entre l'eau et les Attrapeurs. Une masse osseuse, tachetée de bleu et d'hématomes, qui tousse et qui grelotte. Un objet dont personne ne veut, que personne ne voit, sauf quand on en a plus besoin.

"Comment vous êtes entré ici ? Qui êtes vous ?"

"Non m'sieur l'sergent, s'pas mon gamin ça. Jamais vu, j'sais même pas son nom, m'sieur l'sergent."

"Allez, n'aie pas peur, petit. Tu veux une pomme ? Regarde, tu veux laquelle ? La rouge ou la verte ?"

"Voyez cet objet, Karil. Est-ce que c'est une pomme selon vous ?"

" Hélo vêrr'tchapss' - ouèït', ouaddou-oui-aveu-hirr' ? Hoy, quidd ! Ouaddyia-ou-hante ?"

" Putain d'putain, tu vas voir si - Merde, des blauesblut ! AUX ARMES !"

" Et maintenant, est-ce que c'est toujours une pomme ? Ah ? Et ce morceau qui manque, qu'est-ce que tu en dis ? C'est aussi une pomme ?"

" Iourr'ah-goude-quidd, quidd. Comme ouiff'mi, the lédize houil'elp iou. Hey, no !"

"Friedrich. Qu'y a-t-il ?"

"Bravo. C'est un enfant. Qu'est-ce qu'il fait là ?"
Image



***

- "Karil ? Karil, tu m'entends ?"

Il y eut quelque brouhaha, et puis des couleurs mornes, troubles.

- "Dame Friedberg ! Dame Friedberg, il s'éveille !"

La voix tremblait, faisant vibrer sa tête comme un tonneau d'anguilles.

- "Allez vous-en... Laissez-moi...

- Karil ? Karil !

- LACHEZ-MOI ! ALLEZ VOUS-EN !"

Une silhouette haute et obscure apparut dans l'embrasure de la porte. Elle agrippa la jeune fille, avant que les ténèbres n'engloutissent tous les sons et lumières. Ce sursaut d'arrogance l'avait exténué. Sans raison, l'élan soudain venait de s'envoler, ne laissant qu'une bourrasque aux proportions immenses, surréalistes. Il se sentait fatigué à présent. Exténué, desséché, proche de la rupture, et pourtant, il devait tenir. Il était obligé de supporter la chaleur étouffante, le siège dur et usé, l'odeur de la pierre taillée, du sable...

***
Il cligna des yeux. Devant lui, une fosse rectangulaire s'étendait. Assis sur un fauteuil verni et constellé de perles, il attendait que le duel commence. En bas, prêt à se battre, deux femmes s'échangeaient des regards assassins. Les deux vipères se tournaient autour, pieds nus, prêtes à bondir sous un soleil de plomb.

L'une était couverte d'un diadème en éventail épousant le crâne, de longues bandes d'or et de cuir couleur turquoise. Armée d'une lance en or à deux pointes et de deux dagues incisives sur ses hanches, elle faisait face à une sublime créature parée d'une robe pourpre avec toge de nacre nouée autour du cou et des côtes par deux arceaux en argent, soulignant l'abondance de ses formes et la grandeur de sa personne, tout comme l'éclat du sabre dans sa main droite l'indiquait. Toutes deux étaient parées de paupières d'encre, de pupilles pastels.

- "Moi, Grande-Reine de Lybaras la Magnifique qui veille sur la Grande Mer de Carcosa, j'accuse la Reine de Lahmia la Vertigineuse qui appelle-

- Moi, de Lahmia, j'accuse et te condamne à mort, traîtresse !"

Un déchirement survint, déchirant ciel, terre et lumière en une fraction de seconde.

PAS UN MOT DE PLUS.

Et ce fut fait de tout.

***
A son réveil, Karil comprit qu'il était allité. Il était dans une chambre poussiéreuse, sous un drap de crin grossier, avec un simple meuble à coté de lui, et une bougie éteinte pas plus haute qu'un pouce. Au moins, il n'avait plus chaud. En fait, il n'avait ni chaud ni froid. Enfin, posé contre une porte usée et entrouverte, une longue tige de bois noir rainuré l'attendait.

Vous vous êtes assez reposé et je vous ai rendu assez de services. Agissez maintenant.
Première étape -
Test opposé, René vs Karil : R 6 vs 15 K, ah.

Deuxième étape -
Moult jets cachés.

Troisième étape -
Test de SAN : 36, à 1% près. Dommage.
Test d'INT, normal cette fois : 9, réussi.

Tu passe à 32 de SAN. Pas d'autres effets méta.

Quatrième étape -
Test de CHA : 5, bien. Tu reprends conscience. Tu sais qui tu es et où tu es.
Test d'END : 5, pas mal. Tu remontes à 49 PV
Test d'INT : 15, c'est pas encore la pleine forme. T'as du mal à te concentrer ou à réfléchir sans aide.
<< Bah alors, qu'est-ce que tu cherches mon gars ? L'or, les femmes, le pouvoir ?
J'ai tout et plus encore dans ma baraque, viens jeter un œil !
Oh non, ce n'est pas loin, c'est au coin de la rue là-bas.
Mais attends, t'as les moyens j'espère ?

...

Oh, tu sais, on peut toujours s'arranger... >>

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Karil Dasmof
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Re: [Karil Dasmof] Libéré, délivré

Message par Karil Dasmof »

Un calme total, un silence de mort et il était au milieu de nulle part ? Ou d'un endroit qui ne ressemblait à rien de ce qu'il connaissait, voire même rien de visible.

Il ne sentait plus rien de son corps mais il avait ressenti une étrange sensation, comme s'il chutait.

Oui, il ne voyait rien mais il ressentait. Il ressentait les petites vibrations lors de sa chute, les mêmes que celle qu'il avait pu voir, tant de fois, lorsque quelqu'un finissait dans le Reik par accident, véritable ou non. Les petites bulles qui suivaient et se faisaient de plus en plus rare, jusqu'à ce que le calme absolu revienne là où l'eau avait été troublée, engloutissant le malheureux à jamais.

Il avait l'impression d'être celui qui venait de chuter dans le reik, mais il n'éprouvait pas de difficulté particulière à respirer. Il avait simplement chuté dans le néant.

Et alors que sa chute semblait infinie, il entendit des voix. Il n'y a toujours rien à voir cependant, personne n'était seulement discernable. Mais des voix l'entouraient lors de sa chute. Emmelées au début, elles se faisaient de plus en plus clair et parfois, un souvenir remplaçait le néant qui l'entourait. Mais était-ce vraiment ses souvenirs ?


Il voyait un enfant, jeune, pas plus de cinq années, totalement sale et, à côté deux adultes, en vêtement de cuirs, l'un qui semblait plus qu'agacé et assez agé, l'autre assez jeune et tenant la main de l'enfant, discutaient. Le jeune apprenti voyait ça de loin.

"Bravo. C'est un enfant. Qu'est-ce qu'il fait là ?"
"Sergent, je l'ai trouvé seul durant ma patrouille avec les autres et il n'a pas arrêté de nous coller depuis. Il a l'air d'avoir personne. Il s'est peut-être perdu"
"Helmut, ça fait quelques jours seulement que vous êtes parmi nous. Vous pensez vraiment qu'on a le temps de s'occuper de tous les gamins abandonnés de la ville ? "
"Mais sergent ..."
"Ecoutez moi ! On a pas mal d'affaires et on entend pas mal de rumeurs en ce moment. Vous avez jusqu'à ce soir pour retrouver son éventuelle famille. Sinon, vous le laissez dans la rue ou vas l'amenez à un orphelinat. Si je le revois avec vous demain, ça va très mal finir pour vous. C'est clair ?
"Oui, sergent."

Le jeune s'en alla, à pas vifs, toujours trainant l'enfant par la main, ce dernier parvenant difficilement à le suivre, ne sachant pas ce qui l'attendait et qui n'avait d'ailleurs pas compris grand chose de la discussion. Peut-être qu'il allait lui donner à manger ? De toute façon, sa poigne était trop forte pour qu'il puisse partir. Et puis, il n'allait pas refuser un bon repas.

L'apprenti mage soupira en voyant le garde partir. Il savait très bien comment cela allait finir mais il se sentait obligé de suivre ces deux personnes. Le garde interrompit d'ailleurs une femme afin de discuter

"Madame, cet enfant est-il à vous ?"
"Non m'sieur le garde, s'pas mon gamin ça. Jamais vu, j'sais même pas son nom, m'sieur."
"Ah, merci pour votre réponse"

Et ce même interrogatoire envers plusieurs personnes continua tout l'après-midi, jusqu'à la tombée de la nuit, sans cesse avec le même résultat.
Personne ne reconnaissait l'enfant.

"Désolé petit gars, mais va falloir que tu te débrouilles tout seul"
L'enfant ne comprit qu'un seul mot. "Seul' et il s'accrocha davantage à l'homme qu'il avait suivi toute la journée.

"Lâches-moi, et survis si les dieux le désirent.

Mais l'enfant s'accrocha davantage. Et quelques instant après, l'enfant lâcha, quelque peu étourdi par la puissante baffe que l'homme venait de lui mettre. avant de partir à pas rapides, et que l'enfant ne pourrait pas rattraper.

Les larmes lui montèrent aux yeux, la morve commença à couler et il pleura. Dans son esprit un seul mot résonnait encore : "Seul".

Puis tout s'effaça, l'enfant pleurant étant la dernière chose à disparaître.

Pas étonnant que le jeune homme n'ait jamais eu confiance dans les vestes de cuir plus tard. C'était cependant plus que perturbant de revoir des souvenirs enfouis, qu'il avait quasiment oubliés.

Puis de nouvelles phrases l'entourèrent et le décor changea à nouveau.

Cette fois, un jeune adolescent, débraillé, mince faisait face à plusieurs hommes couturés de cicatrice et dont l'un d'eux, leur chef chauve visiblement, le tenait par le col.

"J'espère que t'as ce que j'ai demandé"
"Oui, oui, j'ai le coffret mais faut aller autre part pour l'échange, ils sont à mes trousses !"
"Mais bien sûr. Tu vas tout de suite me le montrer"
"D'accord, calmez vous ! Mais rapidement"

Il parvient à sortir un petit coffret, pour le montrer.

"Enfin. Donnes-le moi, putain"
"A l'abri pour l'échange, on avait un accord"
"Putain d'putain, tu vas voir si - Merde, des blauesblut ! AUX ARMES !"

Le jeune homme avait pourtant prévenu qu'il avait été suivi. Des homme armés déboulèrent en vitesse tandis que l'adolescent sentit la prise se relâcher, l'homme le tenant sortant deux dagues, ses hommes sortant eux aussi des instruments de morts.
Après quelques instants, les deux groupes se percutèrent et l'adolescent, embarquant le coffret, s'éloigna en courant, suffisamment pour ne pas être pris dans la bagarre.
Après plusieurs minutes, les poursuivant du jeune homme s'enfuyaient, tandis que certains hommes étaient poursuivis par des membres de groupe du chauve. Ce dernier pissait le sang mais semblait encore en vie. Intéressant.
Le jeune homme hésita à s'enfuir avec le coffret mais après réflexion, préféra s'abstenir. Il ne savait pas ce que contenait ce coffret mais ça valait moins que sa vie et s'il l'embarquait, il ne serait jamais plus tranquille.

Il sortit de sa cachette avec le coffret sous le bras, tandis que le chauve le regardait.
"Je pensais que t'allais te barrer avec le coffret comme je t'ai pas vu dans la mêlée. Mais mes gars ont l'occasion de faire de la chasse à courre avec des gars des blauesblut et en plus, tu reviens honorer l'accord. On avait dit la protection sur le territoire et une dizaine de pistoles et en échange, tu peux bosser pour nous de temps en temps, c'est ça ?"
"12 pistoles pour être précis et c'est les termes"
"On a un accord"

Et la vision s'effaça sur une poignée de mains.
L'accord n'avait pas tenu bien longtemps, Karil s'en souvenait désormais. Les boulots étaient faits mais la protection avait volé en éclat au bout d'à peine deux boulots. Il ne savait même pas ce qu'était devenu ces gens et en réalité, il s'en fichait quelque peu.

Dans le néant, une lumière faisait sa place, des couleurs apparaissaient peu à peu également
Puis de nouvelles voix l'entourèrent, bien plus familières cette fois. Et il sentait qu'il ne s'enfonçait plus désormais, non il semblait ... s'élever. Mais plus il s'élevait, plus les voix étaient stridentes, douloureuses.

Il tenta de les faire taire par la pensée, puis en tentant de les faire fuir, qu'elles le laissent tranquilles, qu'elles cessent de lui infliger cette douleur. La première fois, il ne sentit qu'un faible murmure qu'il venait d'exprimer mais cela avait eu l'air de faire son effet. Il dut cependant recommencer, aussi fort que possible. La voix lui sembla un peu plus forte que précédemment mais cela eut le mérite de faire place au silence. Puis, dans la lumière, une silhouette se dessina, agrippant une autre avant de laisser la place aux ténèbres reposantes.

Mais la lumière se fit plus forte et lorsqu'il cligna des yeux, il était aveuglé par un soleil éblouissant et assis sur un fauteuil garni de parures, regardant vers le bas et il aperçut deux femmes, l'une armée d'une lance brillante avec deux pointes, deux dagues et la seconde armée d'une épée étrange qu'il ne connaissait pas. Etait-ce un autre de ses souvenirs ? Peut-être un très bien enfoui, mais dont il ne se souvenait pas.

Et lorsqu'elles parlèrent, il entendit des noms qui lui semblaient presque inconnus. Lybaras la Magnifique ? La grande mer de Carcosa ? Lahmia la Vertigineuse ? Il avait déja entendu ces termes, ils lui semblaient familiers. Mais où les avait-il entendus ? Quand ?
Alors qu'il était à ses pensées, une voix bien connue s'éleva, déchirant tout autour d'elle.

Et lorsqu'il rouvrit les yeux, il se trouvait finalement dans son lit, la voix de l'esprit indiquant qu'il s'était assez reposé et qu'il lui faudrait agir maintenant.

Agir, comme il l'avait indiqué durant son interaction avec l'esprit, se débarrasser des chaînes qu'il allait devoir porter pour toute sa vie. Il avait toujours évité de faire partie d'un gang dans sa jeunesse, préférant rester seul, négociant à l'occasion. Mais peu de gangs appréciaient cette initiative, cette liberté dont il avait besoin. A voir comment réagirait le collège lorsqu'il le ferait. Pas très bien, il s'en doutait.

Puis, sortant légèrement de ses pensées, il vit une tige de bois noir rainuré, proche de la porte. Son bâton ? Peut-être. Cela lui semblait faire une éternité depuis qu'il l'avait tenu en mains la dernière fois.
Il tenta de se lever mais cela lui demanda un effort tel qu'il pensait ne pas y arriver. Après plusieurs minutes d'essais infructueux, il parvint enfin difficilement à se lever. Eclatant d'une quinte de toux suite à ce simple geste, il tenta de reprendre son souffle. et se dirigea vers la tige de bois aperçue plus tôt. La prenant en main, il se rendit compte qu'elle était lourde, plus lourde que ce dont il avait l'habitude. Mais au moins cela permettrait peut-être de l'aider à marcher.

Il sortit avec difficulté et lenteur afin d'essayer de trouver Dame Friedberg ou Emelyne. S'il arrivait à avancer et à ne pas se perdre.
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[MJ] Le Faussaire
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Re: [Karil Dasmof] Libéré, délivré

Message par [MJ] Le Faussaire »

Test de FOR effectué pour le post précédent : 13,4 ; C'est difficile de faire quoi que ce soit, mais si tu te concentres dessus, tu y arrives.

Test de Perception : résultat secret

Choix du joueur : J'essaye de ressentir Shyish, pour voir si c'est plus facile.

Test de MAG : résultat secret.
Test de "Mémoire" : 1.
Test d'END : 3, tu encaisses la douleur sans broncher
Vouté sur sa nouvelle canne, Karil avançait pas à pas dans les couloirs du Collège. A priori, il n'avait pas dormi dans les dortoirs, et il n'était pas levé à l'heure habituelle. Comme à chaque fois qu'il errait dans le Collège d'Améthyste, il n'entendait aucun bruit, aucun brouhaha. Il n'y avait que le grincement de ses dents, les à-coups de sa canne, et le frottement de sa robe. Il n'avait pas mal en soi, mais une certaine usure le parcourait de la tête aux pieds, grippant le moindre de ses faits et gestes, sans pour autant provoquer de sueur.

En passant devant une large et basse porte en pierre polie, il eut l'impression de marcher au ralenti, comme si ses yeux filaient plus vite que la musique - mais lorsqu'il passa son bâton dans l'autre main, cette impression disparut aussitôt. Il avança jusqu'à une arche en fer noir, puis un alcôve, puis le couloir bifurqua vers la droite, puis vers la gauche, avant de passer près d'un escalier. Son mollet commençait à le grignoter, et lorsqu'il s'arrêta, la lumière se figea. De manière tout à fait étrange, après avoir passé tous ces vitraux et autres parois translucides, c'était cet escalier en colimaçon qui émettait le plus de lumière.

Là, il s'arrêta quelques instants, en essayant de ressentir ce qui l'entourait. Désormais les yeux fermés, les oreilles aux aguets, il cherchait à faire le vide autour de lui. Ce ne fut pas aussi compliqué qu'il le pensait, sans doute parce qu'il n'y avait rien autour de lui ou presque. Au bout de quelques pulsations, il sentit quelques vibrations, quelques traces de mouvement. Shyish était bien là, aussi lent et imperturbable que d'habitude. Le "vent" comme ils l'appelaient, avait ce caractère calme, cette expression semblable à un être toujours au repos, toujours en attente, jamais turbulent. Pourtant, il avait parfois ressenti des émulsions, des ébullitions ça et là durant ses apprentissages. Cette fois cependant, tout était normal. A un moment, il sentit un filet d'air lui frotter l'oreille, avant de disparaître dans le flou.

Et comme par hasard, alors qu'il se reposait un peu devant la spirale de marches, quelqu'un arrivait justement à son niveau, depuis... Depuis les marches. Il n'arrivait pas à discerner si l'individu en approche descendait ou montait. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il n'était plus seul. Par contre, l'individu avait lui aussi une canne, vu les bruits réguliers et répétés qui se répercutaient dans l'antichambre du thanatomancien, un peu de cette façon :

Toc.

Tap.

Toc. Tap.

Toc. Tap.

Toc. Tap.

Toc-Tap.

Toc.

- "Karil Dasmof. Vous voilà réveillé." fit l'inconnu.

Apparut alors Dame Friedberg, habillée comme à chaque fois, de sa longue et ample coule couleur minuit et de son bâton enveloppé par sa manche.

- "Que cherchez-vous ici ?"

Pendant qu'il préparait sa réponse, elle enchaina :

- "Ceci est l'escalier calendaire de Macadamnus. Je vous conseille de trouver un autre chemin, sauf si vous le désirez."

Il cligna des yeux, et comme par enchantement, il sut ce qu'était cet escalier, et qui était son créateur. Il s'en souvint comme s'il l'avait lu hier, comme s'il l'avait appris par cœur, comme s'il l'avait conçu de ses propres mains : Macadamnus, dit Macadamnus de Greil, était un sorcier d'avant Magnus, connu pour ses nombreux écrits répertoriés sous forme de "Cantos" - un terme classique ou bretonnien typique pour ce genre d'ouvrage - et les prédictions qu'elles contiennent. Cependant, Macadamnus était aussi un savant, qui construisit bon nombre d'objets dont cet escalier. L'escalier en tant que tel contient et contenait 400 marches en pierre, soit autant qu'il y a de jours dans une année - d'où son nom.

Alors, Karil eut une réponse à donner :

- "Je vous cherchais Dame Friedberg. Pour comprendre ce qu'il s est passé. Pour savoir ce qu'était la chose dans la salle. Et pour vous remercier."

- " Me remercier ? Comprendre ?"

Elle marqua une pause, puis elle s'assit sur une des marches.

- "Venez. Asseyez-vous près de moi."

Il tira un pli de sa robe contre ses genoux, et indiqua une place avec son autre main.

- " Ce que vous avez battu, n'est pas mort. Vous l'avez appelé pendant votre apprentissage, et il a répondu. C'est ce qui arrive lorsque vous faites des maladresses en ces lieux. Chaque étage, chaque lieu ou presque est gardé par ces choses. C'est un gage de sécurité si jamais quelque chose devait mal se passer."

Elle marqua une autre pause, où elle posa son bâton sur ses genoux. L'objet était anodin, une longue tige de saule ou de peuplier, incurvée par le dessus afin d'envelopper quelques colifichets. Le bâton en tant que tel n'avait aucune rainure, aucune gravure, aucun défaut. Au sommet de celui-ci, cependant, un fil quasiment invisible se tendait, empêchant quelque minuscule pendule ciselé de vaciller.

- "Vos précédents réveils, c'est une autre sécurité. Vous avez sans doute deviné depuis."

Elle ne prononça pas la suite, mais ses mots résonnèrent tout autant dans les oreilles de l'apprenti.

Il est impossible de mourir ici. Seuls les esprits disparaissent.

Sans lui laisser une seconde, elle surenchérit.

Ce que vous avez vu et vécu, vous seul vous en souviendrez.

Puis, elle tira une manche, et elle montra sa main gauche. Elle avait les doigts fins, élancés, glabres des ongles au poignet, avec quelques traits bruns ou bleus pour désigner les veines. Alors elle retourna, montrant sa paume à l'apprenti. Et là, ce fut une autre histoire : les innombrables sillons sur la paume, les incisions sur chaque phalange, les marques et les dentelures au bout de chaque doigt, les creux anormaux entre l'index et le majeur, l'annulaire tordu, l'intermède entre le pouce et l'index qui était rongé par quelque vermine invisible... Lorsqu'elle étendit toute sa main, une grande ligne se dessina sur sa paume, révélant une vilaine cicatrice qui filait du majeur au poignet. Et puis elle referma la main, et tout reparut normal, sans défaut.

Ceux qui sont morts sous vos yeux et que vous avez dépassé ne pourront que vous hanter, sauf si vous résistez. Sauf si vous tombez à nouveau.

Elle se leva, tendit une main vers lui, et dit :

- "Venez, vous n'avez pas fini."

Elle planta son bâton à la verticale, avant de terminer sur :

- "Pourquoi vouliez-vous me remercier ?"
<< Bah alors, qu'est-ce que tu cherches mon gars ? L'or, les femmes, le pouvoir ?
J'ai tout et plus encore dans ma baraque, viens jeter un œil !
Oh non, ce n'est pas loin, c'est au coin de la rue là-bas.
Mais attends, t'as les moyens j'espère ?

...

Oh, tu sais, on peut toujours s'arranger... >>

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Message par Karil Dasmof »

Ainsi, c'était par sa faute que cette créature était apparue. Il n'avait fait qu'activer une sécurité. Mais le problème, c'est qu'il avait déclenché cette sécurité lors de ses entraînements.

Mais tout était derrière lui, désormais.

Et vu que personne ne pouvait mourir, à l'exception des esprits, cela signifiait que Dirna ... était saine et sauve. Qu'il ne l'avait pas tué. Un véritable soulagement envahit le jeune apprenti.

Puis Dame Friedberg lui posa une question, logique, en quelque sorte. Pourquoi la remerciait-il ?

Après quelques secondes, il prit la parole.

"Lors de ma confrontation avec cette chose, j'ai entendu comme un conseil de bouger, ce qui m'a permis d'éviter quelque chose. Donc c'est pour cela que je souhaitais vous remercier. Ainsi que pour les explications que vous venez de me donner."

Et il pensa quelques secondes. Tout ce qu'il avait vécu, il serait le seul à s'en souvenir. Le passage dans les souterrains, la femme lézarde qui les avait pourchassé. La mort de Dirna. Les rêves qu'il faisait.

Mais il savait que quelqu'un d'autre s'en souviendrait peut-être. L'esprit qui était avec lui en ce moment même. Il ne savait toujours rien de lui, à l'exception qu'il ne connaissait pas l'Empire et parlait parfois une langue incompréhensible. Mais il ne pouvait pas en parler à Dame Friedberg.

Il hésita quelques instants et finalement osa poser une question qui lui trottait dans la tête.

"La porte dans les souterrains que vous m'avez empêché de toucher, qui y-a-t-il derrière ?"
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