[Faust] Cinq nuits chez Frauke

Le Reikland est une province vaste, populeuse et prospère. Sa couleur est le blanc, mais certains régiments, comme les célèbres Joueurs d'Epées de Carroburg, ont leur propre héraldique. C'est l'Empereur Karl Franz Ier, Comte Electeur du Reikland, qui dirige cette province, depuis la plus riche cité de l'Empire, Altdorf.

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Re: [Faust] Cinq nuits chez Frauke

Message par [MJ] Le Djinn » 27 nov. 2018, 15:40

La maisonnée était aussi silencieuse qu'à l'accoutumée à cette heure de la journée. La plupart des serviteurs étaient tout entiers à leur tâche, concentrés sur la ou les missions du jour. Ici la jeune Yvonne travaillait à faire reluire la vaisselle du midi, par là le cuisinier faisait le tri entre le bon et le gâté afin de préparer la liste des repas des prochains jours, puis de ce côté quelques secrétaires besogneux encastrés dans des bureaux exiguës travaillaient d'arrache pied. Evidemment quand ils voyaient l'héritier passer la plupart s'inclinaient bien volontiers avec une expression de déférence. C'était là la chance d'être né noble: tout à chacun respectait le sang bleu même quand celui-ci n'avait fait montre d'aucune qualité particulière.

En raison de son état de santé préoccupant le père Valdorf avait été placé au rez-de-chaussée dans ce qui était auparavant une chambre d'ami. Bien située avec une vue sur le Reik et des jardins elle était idéale pour plaire à un vieillard malade. De plus sa proximité avec la rue permettait au malade d'ouvrir la fenêtre pour discuter avec d'éventuelles connaissances qui passeraient par là. Il avait bien besoin de ça, le noble sire, pour se changer les idées. Notre héros le trouva sur son fauteuil favori, très rembourré et de couleur écarlate. Son occupant était en peignoir gris, une lourde couverture sur les genoux et une tasse de tisane à l'écorce de chêne dans les mains. Ses traits, longs et tirés, prouvaient une grande fatigue. Il regardait par la fenêtre en face de lui d'un air absent, ses yeux comme vitreux. Une épaisse barbe blanche mangeait son visage et des cheveux rares bien que rebelles lui faisaient comme un bonnet. Son corps était très frêle, comme affamé et lever la main pour saluer son fils lui parut un effort considérable dont il fût essoufflé.


-"Ah Faust, mon enfant… Te voir me réchauffe le cœur. Comment vas-tu?"

Il ne sembla pas écouter la réponse, ses yeux ne quittant pas leur position mi-close et fixée dans le vide des berges.

-"Bien, bien… Tu suis bien tes leçons? Tu apprends bien? Cette maison a besoin d'un homme capable..."

En prononçant ces mots il semblait que sa silhouette s'était affaissée dans son support. Une titanesque lassitude s'échappait de son être, comme si l'esprit, toujours fin et affûté, cherchait à s'extirper de l'enveloppe charnelle rabougrie. Johan Valdorf but ensuite une grande gorgée de son breuvage médicamenteux, la chaleur dût lui rendre quelque énergie car il trouva la force de sourire.

-"Tu te souviens de ce que je t'ai dit, Faust? Toute la maisonnée a de grands espoirs en toi… Quand je… Quand je ne serai plus là ce sera toi leur protecteur. A toi de leur donner à manger, à boire, de quoi se vêtir ainsi qu'un salaire… Tu dois les préserver de la rue, ce sera ton rôle en tant que nouveau patriarche..."

Sa tête tomba vers Faust et des yeux presqu'aveugles cherchèrent avec attention le dernier porteur du nom.

-"Mais ton vieux père radote, hein mon petit? Tu seras là quand ils auront besoin, tu les préserveras de la rue après moi, j'ai confiance..."

Dans un effort surhumain, la silhouette grisâtre se replaça droite en face de la fenêtre, essayant de garder une certaine dignité dans la faiblesse.
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Re: [Faust] Cinq nuits chez Frauke

Message par Faust Valdorf » 02 déc. 2018, 03:06

Ce fut une bien étrange sensation que perçut Faust lorsqu'il pénétra dans la chambre de son père. Lui-même n'aurait à vrai dire pas vraiment sût expliquer de quoi il en retournait. C'était comme si, à cet instant précis, et ce malgré les années entières passées en sa compagnie, il apercevait pour la première fois le patriarche des lieux pour ce qu'il était réellement devenu. Ce vieil homme affalé dans son fauteuil, affaibli par le temps, semblant pouvoir succomber à chaque instant sous le poids de l'âge. Cet érudit autrefois vif d'esprit et de corps, aux traits désormais tirés par la fatigue, qui semblait ne pouvoir ne serait-ce que se déplacer sans l'aide d'un tiers. Oui. Le vieillard rabougri, qu'il avait à présent en face de lui. C'était bel et bien son père.

Comment avait-il pût ne pas le remarquer avant ? Comment avait-il pu se convaincre que la situation n'était pas aussi grave qu'elle pouvait le laisser penser ? Durant des mois, il avait essayé de se voiler la face sur l'état de l'homme à qui il devait tout, mais la réalité semblait aujourd'hui lui revenir en plein visage, apportant avec elle de bien tristes nouvelles. Johan Valdorf allait mourir. C'était aussi simple que ça. Il ne savait pas quand, ni comment, mais c'était le constat que Faust était désormais bien obligé d'accepter. Dans quelques années, au mieux, son père ne serait plus de ce monde. Et il ne pouvait rien faire pour l'empêcher.

Instinctivement, il s'avança de quelques pas, une expression aussi rassurante que possible peinte sur son visage juvénile. La situation ne prêtait pas à sourire, mais il s'y efforça tout de même. S'il n'éprouvait désormais que l'envie de se morfondre aux pieds de son géniteur, il préférait autant ne pas ajouter sa propre peine au fardeau déjà lourd qui devait peser sur les épaules du vieillard. Cacher ses émotions, mentir pour ne pas blesser. C'était ce qu'il avait toujours fait, hier comme aujourd'hui.

- Je vais bien, papa. C'est toujours un plaisir de pouvoir être avec toi.

Chacun de ces mots lui brûla la gorge, comme si l'emprunte du mensonge était désormais à jamais marquée sur son être. Comment pouvait-il aller bien ? Comment aurait-il pu être heureux alors qu'il assistait impuissant à l'agonie de celui qui représentait son idéal ? Son attitude sereine, ses paroles mielleuses et presque enjouées. Tout ça n'était qu'un voile, une illusion dont il se couvrait pour ne pas faire plus souffrir celui qu'il aimait. Des paroles vaines, qui ne semblèrent de toute manière pas arrivées aux oreilles de son paternel, comme pour atténuer sa culpabilité d'avoir proféré de telles inepties.

Le vieux sage enchaîna aussitôt sur des interrogations diverses, questionnant notamment son fils sur l'avancée de son apprentissage. De par sa nature assidu, Faust ne s'inquiétait pas de décevoir son père sur ce point, mais les dernières paroles de l'érudit résonnèrent tout de même plus profondément dans son esprit. Un homme capable de mener cette maison… pouvait-il réellement espérer le devenir ?

- Bien sûr, je suis toujours mes leçons, comme tu me l'as demandé. Pour tout dire, je viens à peine de terminer le chapitre sur l'histoire du clergé vérénéen, que j'avais démarré il y a peu. Un peu longuet, mais tout de même intéressant.

Autres paroles, autres mensonges. Il n'avait éprouvé aucun intérêt, et encore moins de plaisir à terminer cet ouvrage. Mais si cela pouvait aider à donner l'impression qu'il poursuivait ses études avec enthousiasme, alors c'était toujours ça de pris. Que son père puisse être fière de lui, et vivre serein ses dernières années, c'était bien là la seule chose qui préoccupait le jeune bourgeois.

Le maître du domaine, désormais l'ombre de ce qu'il avait jadis été, tentait pourtant tant bien que mal de garder un semblait de dignité. S'il souhaitait sans doute se montrer réconfortant, le bourgeois ne pût s'empêcher de penser que le rapide discours qu'il déblatéra avait autant pour but de le rassurer lui, que de rassurer son adolescent de fils. Le doute auquel Faust était si coutumier continuait à se propager en lui comme un poison mortel, polluant ses pensées de son filtre néfaste. Du jeune homme qui avait cherché à dissimuler sa peine, il ne restait désormais qu'un enfant apeuré par ses responsabilités futurs, ne cherchant qu'à être rassuré. Que ce soit son regard tourné vers le sol, ou encore ses mains jointes derrière le dos, tout chez lui traduisait désormais l'émoi qui l'habitait. Tout, si l'on faisait abstraction de son visage doux, à l'expression aussi paisible que mélancolique, comme à son habitude.

- Je ferai du mieux que je peux, je peux te le promettre… Mais… penses-tu réellement que je serais à la hauteur ?

L'Altdorfer marqua une pause, avant de redresser légèrement la tête. La gêne autant que la honte pouvaient se lire dans son regard, mais il continua malgré tout.

- J'ai toujours été formé dans cette optique. Depuis que je suis né, tu n'as cessé de faire de ton mieux pour me préparer à reprendre le flambeau familial. Mais pourtant, pas un jour ne passe sans que je ne doute de moi. Je n'ai pas le charisme des courtisans, ni ton érudition. Alors, si tu venais à disparaître… je me demande si tout cela est bien fait pour... quelqu'un comme moi. Souhaitez-vous réellement me confier tout ce que vous avez pris tant d'années à bâtir, père ?
Modifié en dernier par Faust Valdorf le 17 févr. 2019, 19:50, modifié 2 fois.
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Licht und Schatten : https://www.youtube.com/watch?v=3S1NmtWDVYk
Compétences :

Sens de la Magie (E) : Votre personnage est capable de ressentir certaines altérations faites aux vents de magie dans son environnement immédiat : sans précision aucune, il sait que quelque chose ou quelqu'un concentre ou manie de la magie dans un périmètre proche. Ce “sixième sens” se manifeste de différentes manières selon le type de magie et la race du personnage ; certains la sentent -littéralement-, d'autres la perçoivent dans leur esprit, l'associent à un frisson bizarre ou ont l'intime conviction de sa présence, d'autres encore voient leur comportement s'altérer, en lien avec le vent sollicité. C'est au MJ de décider de la manière dont cette présence magique se révèle au personnage. Pour posséder cette compétence, le PJ doit avoir eu dans son passé des éléments solides qui lui permettent de faire le lien entre ses intuitions et l'usage de la magie proprement dit ; faute de quoi, malgré son ultra-sensibilité, il ne prêtera aucune attention à ce “sixième sens” magique et à ses manifestations. De plus, votre personnage peut dorénavant gagner des “points d’expérience magique” (xPm) selon les différentes méthodes de gain d’expérience magique décrites dans la section Magie des règles.

Conscience de la Magie (E) : Votre personnage est doté d'un sens plus acerbe de la magie. Non seulement il prend conscience de sa présence, mais il est capable de déterminer sa nature et son origine avec plus de certitude. Au toucher, il détermine avec exactitude si un objet est magique ou non ou si un individu est doté de pouvoirs magiques ou non. Enfin, si il se concentre et réussit un test d'intelligence, il voit littéralement les différents courant de magie et leur nature. Cette dernière action nécessite une concentration totale: se battre, courir ou réaliser toute action annule immédiatement l'effet. En revanche, le personnage peut se déplacer doucement.

Incantation - domaine de l'ombre (E) : Votre personnage sait utiliser et plier la magie selon sa forme particulière relative au domaine choisit. En terme de règles, il: - gagne 7 points dans la caractéristique Magie si il n'en a pas déjà - peut effectuer les actions “incanter” et “dissiper” sous cette caractéristique Magie - peut dépenser des points d’expérience magique pour apprendre des sorts du domaine choisit et du domaine commun (Magie primaire).

Empathie (E) : Votre personnage a aiguisé ce sentiment naturel commun à toute personne douée de conscience. Ce sentiment lui permet, sur un test réussi, de détecter des émotions normalement imperceptibles : peur, haine, mensonge, etc. Il arrive aussi à savoir si une personne ment ou si elle dit la vérité, si ses intentions sont bonnes ou mauvaises etc.,

Alphabétisation (E) : Votre personnage est capable de lire et d'écrire les langages utilisant l'alphabet du vieux monde (Bretonnien, Tiléen, Estalien, etc.,) si bien entendu il comprend ce langage (pour cela, il devra posséder la compétence «langue étrangère» pour ce langage. A l'inverse, s'il ne possède que la compétence «langue étrangère» il le comprendra, le parlera mais ne sera ni capable de le lire ni de l'écrire). Dans le RP, pour des raisons purement pratiques on considère que l'occidental est le langage partagé par toutes les races, mais dans certaines situations, le MJ pourra tenir compte de ces différences de langage.

Langue Hermetique - Magikane (E) : Votre personnage sait parler, écrire et lire le magikane. Le magikane est le langage hermétique usuel utilisé dans le vieux monde. La plupart des parchemins sont écrits en magikane et tous les sorciers ainsi que quelques personnages privilégiés peuvent l’utiliser.

Equipement :

Bâton des collèges : 6+1d6 dégats / parade 6 / +1 PAR
Pistolet : 50+1d8 dégât / Percutante et Perforante (4) / malus de -2 au TIR tous les 8 mètres
Dague : 12+1D6 dégâts / 6 parade / peut-être utilisé comme arme de jet

Chaperon
Doublet
Accessoire de Calligraphie
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Sacoche (Grande)
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Rations

Sorts :

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Re: [Faust] Cinq nuits chez Frauke

Message par [MJ] Le Djinn » 06 déc. 2018, 17:40

Pour une fois les mots de Faust semblèrent trouver leur chemin dans l'esprit épuisé de son père. Le patriarche balaya ses objections d'un revers de la main, faisant peu de cas des inquiétudes ou des incertitudes de son fils. A l'expression de ses doutes, il se contenta d'afficher un visage neutre, un très léger sourire naissant au coin des lèvres, fixant pourtant l'horizon.

-"Tes doutes sont justifiés, mon fils, en effet. J'avais les mêmes à ton âge. Pourrais-je faire mieux que mes aïeux? Pourrais-je réussir là où tant d'autres avaient échoués, certains bien plus doués, riches ou les deux, que moi? Pour autant regarde où j'en suis aujourd'hui. Dans un fauteuil confortable, dans un beau manoir d'un quartier côté d'Altdorf, avec mon fils à mes côtés..."

Il se passa une main dans ses cheveux devenus rares et ferma doucement les yeux, rassemblant ses forces en même temps que ses pensées. Il respira longuement, si longuement qu'on aurait pu le croire endormi. Finalement il enchaîna:

-"Je ne t'ai pas éduqué pour que tu me suives, Faust, ce n'était pas ma pensée première. Tu ne dois pas m'imiter, tu dois me dépasser, il n'est qu'ainsi que tu honoreras ton nom et ta famille. Le charisme se travaille, l'érudition s'apprend. Et puis je sens que tu as quelque chose de plus, quelque chose de rare, qu'on ne trouve pas souvent chez les hommes."

Il posa sa tasse de thé sur une table de chevet à sa gauche et tenta de se lever. Il eut quelques gémissements de douleurs en se redressant mais passa finalement outre pour aller ouvrir la fenêtre et s'y pencher.

-"Le monde est un endroit vaste, si vaste... Je regrette de n'avoir pu le visiter autant que je l'aurais voulu. Je te souhaite plus de réussite que moi dans ce domaine... Altdorf est un monde à elle seule, avec ses lieux de vie, ses lieux de morts, ses secrets et ses passions... Mais elle n'est pas l'Empire. Le simple fait de savoir ça te donnera un avantage sur les courtisans aux basses-vues..."

En se retournant pour retourner à son siège, le vieil homme trébucha et chuta lourdement au sol. Un bruit sourd de choc et de craquement retentit. Le père de Faust était étendu au sol, son corps figé pour toujours dans un angle impossible à décrire. Face contre terre il avait les yeux grands ouverts, vitreux. Au niveau de son pieds droit une bosse était remontée dans le parquet, trop petite pour être aperçue aisément, trop haute pour qu'on puisse marcher à côté sans tomber. Le choc suivit de la douleur avaient eu raison du cœur fragile du malade. Une fin tristement banale pour les anciens, nobles ou non.
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Re: [Faust] Cinq nuits chez Frauke

Message par Faust Valdorf » 28 déc. 2018, 19:26

Il était toujours fascinant de voir à quel point quelques mots bien choisis pouvaient influencer le moral d'une personne. De nature plutôt solitaire, Faust n'avait jamais vraiment été friand des longues conversations et des palabre à rallonges. S'il demeurait toujours aussi poli que possible dans ses rapports aux autres, les petites discussions autant que les formules plus sophistiquées avaient tendance à facilement l'ennuyer, ce qui pouvait, bien sûr, parfois poser quelques problèmes compte tenu de son rang et du rôle social que l'on attendait de lui. Bien loin des courtisans charismatiques ayant un bon mot pour chaque situation, il savait néanmoins reconnaître chez autrui ce talent qu'il estimait lui-même ne pas posséder. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que les quelques phrases du vieillard suffirent bien vite à dissiper tout doute dans son esprit.

Pendant un instant, il lui sembla apercevoir à travers le spectre de ce discours aussi rassurant qu'éloquent l'homme qui l'avait élevé et pour qui il avait toujours eu un si grand respect. Si l'âge pouvait ensevelir bien des éléments sous son funeste poids, certaines choses, elles, ne changeaient jamais. Les traits pouvaient se rider, la vue se perdre, les pensées se brouiller, mais l'âme de l'individu, ce qui le définissait au plus profond de lui, ça, ne changeait pas : tout restait en place. Son père pouvait peut-être se dire fier de lui, mais l'inverse n'avait également jamais été aussi vrai. Avec l'air innocent d'un enfant que l'on vient de féliciter, l'adolescent à la chevelure de jais se surpris à sourire timidement, s'abreuvant de chacune des réflexions qui lui parvenaient de son paternel, sans pour autant oser l'interrompre.

Naturellement amené à douter de lui-même, le nobliau ne se faisait pas d'illusions quand au fait que ses doutes finiraient par refaire surface, mais peu lui importait. Son père était heureux. Satisfait de l'avoir comme fils, sincèrement convaincu qu'il pourrait un jour le dépasser, mais avant tout, heureux. Autant dire que s'en était là largement assez pour combler Faust de bonheur !

L'effort qu'il fallut au vieil homme pour se lever, lui arracha néanmoins un rictus de malaise, lui rappelant par le fait même la réalité quant à l'état de son aïeul. Il aurait sans doute pu rester figé dans cette expression de semi-colère froide à l'encontre du temps pendant un long moment, si un courant d'air frais bienvenue ne l'avait pas pris par surprise, provenant de cette fenêtre ouverte comme un portail ouvert sur le monde.

- Voyager...

D'une certaine manière, Faust avait toujours apprécié voyager. Enfin, peut-être pas physiquement oui, mais par le biais de son imaginaire et de ses connaissances. S'évader par la lecture, en apprendre plus sur des contrées qu'il n'aurait peut-être jamais l'occasion de voir : c'était cela, les expéditions auxquels il était habitué. Rien de comparable à de véritables aventures, évidemment, fut-il bien obliger de constater avec un rougissement prononcé. C'est sûr que dit comme ça, cela ne faisait qu'accentuer son côté rat de bibliothèques… mais après tout, n'y trouvait-on pas les mêmes racines ? La curiosité et surtout, l'envie de découvrir de nouveaux horizons. La base restait au final la même, peu importe le format. Étais-ce ça, l'existence à laquelle on l'avait finalement destiné ? Une vie passée à voyager entre les cours de l'Empire, à utiliser la richesse de sa maison pour faire le bien autour de lui et aider les plus démunies là où s'arrêterait son convoi. C'était étrange à dire, mais bien qu'un peu fantasque, l'idée lui paraissait plutôt séduisante. Une existence où il ne serait pas condamné à rester cloîtrer avec les courtisans en tout genre, mais où il ferait néanmoins la fierté de son père et de son nom… Étais-ce si simple ?




Puis en un instant, tout vola en éclat. Comme dans un songe duquel il serait demeuré prisonnier. Ou plutôt, un cauchemar. Tout défila devant ses yeux, à la fois si rapidement et si lentement, comme si le temps lui-même ne savait trop quel rythme adopter. Le bruit de la chute, aussi sourd qu'inattendu. Le tremblement qu'il put ressentir à travers tout son être lorsqu'il le vit s'écrouler. Et le courant de la brise hivernal, toujours si calme en cette matinée. Ou bien, étais-ce juste le souffle de Morr, qu'il pouvait sentir expirer sur le long de sa nuque ?

BOUM

Le corps tomba au sol, inerte. Plus un bruit, pas un mot. Seulement le silence des défunts.

Et au milieu de la salle, restait Faust. Il demeura là pendant quelques secondes, la bouche entrouverte, les yeux mi-clos, observant d'un œil désolé le spectacle qui se déroulait devant lui. Aucune émotion ne paressait sur son visage, ni même dans son esprit.

Tout cela n'était qu'un rêve, pas vrai ? Ça ne pouvait pas être réel.

Pas de dernière volonté sur son lit de mort. Pas de discours émouvant, marquant la fin d'une époque et le passage du flambeau à sa descendance. Pas de dernier sacrement et de pleures familiaux.

Juste un bruit.

Le jeune homme ploya le genou, presque aussi brutalement que son père avant lui. D'une main hésitante, il lui agrippa l'épaule avant de le placer sur le dos, relevant doucement le corps du défunt, comme l'on berce un enfant endormi. Il passa sa main sur son cou, en désespoir de cause. Une fois. Deux fois. Trois fois. Mais rien n'y fit. Aucun pouls ne battait plus dans cette carcasse inerte. Johan Valdorf était mort.

Mort.

La mâchoire serrée, Faust passa sa main sur les yeux de l'érudit, afin d'en fermer machinalement les paupières. Il le savait. Il savait que ça finirait par arriver. Il s'en était rendu compte dès que son pied s'était posé dans cette salle, dès que son regard s'était porté sur l'enveloppe effritée qu'était devenu son modèle, son mentor. Son père. Une à une, les gouttes commencèrent à s'écouler le long de ses joues. Certaines s'écrasaient sur le parquet de bois, tandis que d'autres trouvaient leur chemin jusqu'au corps sans vie du patriarche, comme dans une tentative désespérée de lui redonner la vie. S'il le savait, s'il l'avait déjà prévu. Alors pourquoi est-ce que ça lui faisait si mal ?

Les larmes tombèrent au sol, dans un clapotis devenu régulier. En cet instant, le manoir entier semblait avoir perdu le droit de parole. Plus un bruit, pas un mot. Seulement un cri ascendant, couvrant de son désespoir la totalité du domaine familial, surgissant du cœur de celui qui venait de perdre l'homme qu'il aimait plus que tout au monde.
Modifié en dernier par Faust Valdorf le 17 févr. 2019, 19:49, modifié 1 fois.
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Alphabétisation (E) : Votre personnage est capable de lire et d'écrire les langages utilisant l'alphabet du vieux monde (Bretonnien, Tiléen, Estalien, etc.,) si bien entendu il comprend ce langage (pour cela, il devra posséder la compétence «langue étrangère» pour ce langage. A l'inverse, s'il ne possède que la compétence «langue étrangère» il le comprendra, le parlera mais ne sera ni capable de le lire ni de l'écrire). Dans le RP, pour des raisons purement pratiques on considère que l'occidental est le langage partagé par toutes les races, mais dans certaines situations, le MJ pourra tenir compte de ces différences de langage.

Langue Hermetique - Magikane (E) : Votre personnage sait parler, écrire et lire le magikane. Le magikane est le langage hermétique usuel utilisé dans le vieux monde. La plupart des parchemins sont écrits en magikane et tous les sorciers ainsi que quelques personnages privilégiés peuvent l’utiliser.

Equipement :

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Re: [Faust] Cinq nuits chez Frauke

Message par [MJ] Le Djinn » 28 déc. 2018, 20:34

Faust s'éveilla dans la douceur habituelle de la literie de luxe. Encore ensommeillé de sa nuit agitée il s'ingénia à ouvrir les rideaux qui donnaient directement sur le fleuve Reik. Il était encore bientôt et seuls déambulaient sur l'Oberreik District les nobles les plus sportifs qui faisaient leur promenade hygiénique du matin. Le jeune noble étouffa un bâillement et franchit les lourdes portes qui séparaient sa chambre du dédale de couloirs du manoir Valdorf. Les premiers rayons du soleil perçaient à travers les lucarnes, faisant baigner l'environnement dans une obscurité timorée. Quelques pas se firent entendre distinctement, venant de l'étage d'en dessous, de la salle à manger. A n'en pas douter les domestiques, l'intendant Ausprat en tête, étaient en train de préparer le couvert pour les membres du personnel qui se levaient tôt. C'était que la cour arrière, le jardin et plus généralement la poussière ne se faisaient pas tout seul! La grande Hilberta, épouse du premier domestique, tenait d'ailleurs particulièrement à ce que la maison rutile. Les particules en suspension, en effet, semblaient fortement indisposer Monsieur de Valdorf père, notamment depuis que sa santé avait étrangement déclinée.

Les marches de l'escalier principal grincèrent quand Faust les descendit pour aller voler un petit déjeuner aux cuisines. Il mit un tel boucan que les serviteurs, alertés du réveil d'un des propriétaires, préparèrent en un temps record un gruau de blé accompagné de pain blanc. L'héritier eut à peine le temps de descendre quinze marche et de faire quelques mètres pour pousser la porte du lieu de repas que déjà ses serfs étaient en rang pour le saluer d'une même voix:


-"Bon matin messire!"

Il était rare que les valets soient aussi obséquieux envers la noblesse dont il connaissait souvent tous les petits secrets honteux, mais la maladie de Johan Valdorf les avait secoué au point qu'ils se plient en quatre pour que rien ne lui déplaise. A vrai dire le concerné s'en amusait plus qu'autre chose, trouvant qu'ils en faisaient tous un peu trop.
Le repas fût plus calme. Les serviteurs vaquaient pour la plupart à leur fin de table ou au début de leurs occupations. Pieter, le jardinier qu'on soupçonnait d'être un ovate tant il avait la main verte, avait annoncé en grande pompe qu'il allait tailler le rosier d'une façon si artistique que le valet-fleuriste des voisins d'à côté en rejoindrait Morr de jalousie! Chacun avait bien ri et avait pensé en son fort intérieur qu'il était probablement parfaitement sérieux!
Son plat achevé en vitesse, Faust se leva pour rejoindre la bibliothèque, il fallait absolument qu'il termine ce chapitre sur l'histoire du clergé vérénéen au XXIIème siècle. C'était éminemment barbant, longuet, plein d'anecdotes sans humour et de renvoi aux pages précédentes ou à d'autres ouvrages mais un tel savoir historique était nécessaire dans la haute société reiklandaise. Le livre n'avait pas bougé depuis hier, laissé sur la table d'étude de la collection littéraire privée, le marque page en bois brut toujours à sa place entre les pages jaunies. Au passage, et comme toujours, le fils prodige se heurta la cheville contre une table portant une large horloge. Il lâcha un cri de douleur. Ce meuble était une malédiction des dieux! Tout le monde, sans exception, se cognait dedans. On avait beau l'injurier, le pousser, le repousser, menacer de le retirer, rien à faire: il exerçait toujours sa tyrannie sur les tibias, les chevilles et les gros orteils des locaux.

S'asseyant pour faire passer la souffrance, notre héros se posa sur sa chaise et entama sa lecture. Allez, c'était parti pour une bonne heure d'ennui. La première page donnait d'ailleurs le ton: l'évolution de la reliure du livre à Middenheim entre 2133 et 2197, sublime...
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Re: [Faust] Cinq nuits chez Frauke

Message par Faust Valdorf » 16 janv. 2019, 22:35

C’est au final dans un sursaut que Faust se réveilla, avec le même cri bref que celui qui l’avait auparavant plongé dans le sommeil. Si la panique aurait pu bien vite lui monter à la tête, le jeune homme constata rapidement que la scène qui se déroulait sous ses yeux n’était en rien semblable à celle qu’il venait de quitter. Loin de la chambre qu’occupait son père, il se trouvait désormais dans son lit, seul, tandis que l’aurore ascendante indiquait de sa lueur une heure matinale. Mais qu’est-ce qu’il pouvait bien faire là ? Les nerfs encore à vif et le moral chancelant, il se contenta de rester adossé pendant quelques minutes, tandis qu’il s’attelait non sans mal à reprendre ses esprits.

Dans sa tête, tout repassait en boucle. Son arrivée sur les lieux, la discussion qui s’en était suivit, et bien sûr, la chute tant redoutée. Cela lui avait pourtant paru si vrai... il pouvait encore presque sentir l’emprunte froide du cadavre sur sa paume, et le regard sans vie de son père posé sur lui. Et malgré tout, après ça, plus rien. Le néant. Le vide complet. Voilà qu’il passait d’une scène crime à son oreiller sans avoir aucun moyen de relier les deux entre eux. Étais-ce réel ? Ou son imagination avait-elle à nouveau simplement pris le pas sur sa mémoire ? Il était pour le moins déroutant de se réveiller un matin en ayant l’impression que des pans entiers de souvenirs avaient disparus, surtout concernant un évènement aussi grave, et c’est pourtant précisément ce qui était en train de lui arriver.


Le souffle court, il passa à nouveau son regard sur la pièce, cherchant à se rassurer une bonne fois pour toute sur l’état de la situation, avant que l’évidence ne le frappe finalement… directement suivit par le choc de sa propre paume contre son visage exaspéré. Un simple cauchemar. Elle était là, la solution. Tout ça n’étais qu’un horrible cauchemar. Il était beau le fils « prodige » - bien qu’ayant lui-même toujours détesté ce qualificatif, aussi pompeux que prétentieux -, à se morfondre comme un enfant pour un simple mauvais rêve ! Morr semblait, de fait, avoir décidé de lui jouer quelques tours, d’autant plus que le message délivré par ce songe n’était pas franchement de bonne augure. Sans doute, irait-il au temple de l’Oberhausen District dans la journée, afin que ce mauvais rêve ne se concrétise pas. En fervent dévot du dieu des songes et des prophéties, il ne pouvait après tout décemment pas prendre un tel avertissement à la légère. Mais en l’instant, l’Altdorfer était déjà bien assez satisfait par son retour dans le monde des vivants pour ne pas se presser outre-mesure. Il s’était déjà suffisamment inquiété comme ça pour au final bien peu, alors autant ne pas se rajouter une pression supplémentaire, ce qu’il ne nota pas sans un brin d’ironie : c’était tout lui ça, partir au quart de tour sans chercher à plus en comprendre dès qu’il était sujet de quelqu’un à qui il tenait ... Et puis il se disait qu’un surplus d’anxiété pouvait accélérer le blanchissement des cheveux, ce qui assurément, ne lui irait pas au teint.

Rassuré par son anodine réalisation, Faust se redressa sereinement, faisant tomber dans le même temps le drap qui le recouvrait jusqu’alors. Décidément, il avait beaucoup trop traîné. Sans plus attendre, le jeune homme commença calmement à se préparer, répétant ce rituel quotidien et monotone qu’il accomplissait depuis quelques années maintenant. Et, se rendu-il compte bien assez vite, qu’il aurait peut-être à répéter quelques dizaines de fois encore.

Ses premiers soupçons apparurent presque aussitôt après son réveil mouvementé. Ce furent les promenades des nobles locaux qui attirèrent tout d’abord sa suspicion, sans qu’il n’y prête plus d’attention que cela. S’il éprouvait bien une étrange sensation de déjà vu en les observant, quoi de plus normal alors qu’il pouvait les voir courir en bas de sa fenêtre, suivant chaque matin le même parcours depuis plusieurs années maintenant ? Non, il n’y avait décidément pas matière à s’inquiéter pour ça. Ou du moins, c’est ce qui trotta dans son esprit jusqu’à ce qu’il arrive à l’étage inférieur, avant qu’il ne doive finalement se rendre à l’évidence. L’amusante ambition de Pieter à surpasser le voisinage, la minutieuse préparation d’Ausprat, ce chapitre ennuyant qu’il lui restait à apprendre et dont il se souvenait pourtant des moindres détails : tout cela, Faust l’avait déjà vécu. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, ce cauchemar étrange duquel il croyait s’être échappé ne semblait finalement pas près de se terminer. La journée se répétait inlassablement, cyclique, exactement comme elle l’avait déjà fait auparavant. Mais comment cela était-il simplement possible ?! Blêmissant à mesure qu’il découvrait l’ampleur de la situation, le nobliau prétexta rapidement une révision diligente pour s’éclipser dans le seul endroit où il se savait toujours en sécurité : sa bibliothèque, là où il put enfin se poser pour réfléchir seul avec lui-même.

Ce n’était pas tout les jours que l’on était confronté à une situation aussi surréaliste, mais étrangement, accepter la situation ne fut pas la partie la plus difficile pour Faust. Devant le fait accomplie, il ne pouvait de toute manière pas nier la nature fantastique de cet évènement, et pour une raison obscure, il s’y accommoda somme toute assez facilement. La magie – car il n’y avait pas d’autre mot pour décrire ce qui était ici a l'œuvre – était pourtant une chose étrange et légitimement crainte par beaucoup. Le fait de vivre à Altdorf, la cité abritant en son sein les collèges de magie devait certainement l'aider dans cette accoutumance, mais le jeune homme semblait bien qu'il y avait quelque chose de plus, sans pour autant réussir à mettre la main dessus... Étrange, mais de toute manière, là n'était pas sa préoccupation principale. Plus il y réfléchissait, plus la clé de ce mystère semblait se dévoiler devant ses yeux : ce jour sans fin, il s'y était retrouvé piégé à la minute où il avait vu son père trépasser. Pourquoi et comment, il l'ignorait encore, mais il avait la certitude absolue que son emprisonnement dans cette boucle était intimement lié au décès entrevu de son paternel. Alors maintenant, quoi faire ? Sortir immédiatement avertir son père était tentant, mais il ne put finalement s'y résoudre. Le souvenir de sa mort, réelle ou non, était encore bien présent, et il n'était pas sur de pouvoir supporter de le voir une seconde fois quitter ce monde sans qu'il ne puisse rien y faire. Aussi, après mûre réflexion, le jeune homme décida finalement, plus que sérieux, de tenter la chose la plus contre-intuitive qu'il ait eu l'occasion de faire jusqu'à maintenant : rien du tout.

De fait, à bien y réfléchir, rien de tout cela ne serait arrivé s'il s'était contenté de rester réviser au lieu d'aller rendre visite au vieil homme malade. Sans son intervention, pas de discussion, pas de déconcentration, son père ne se serait pas levé, et au final, pas de chute. En un sens, et bien qu'il eu lui même beaucoup de mal à l'avouer, il était indirectement le propre responsable de cet accident. Et bien plus que les circonstances exceptionnelles auquel il faisait face, c'était bien là l'élément qui le déroulait le plus dans toute cette histoire... S'il y avait bien un côté positif à tout ça, c'est qu'il avait désormais au moins la chance de réparer son erreur et de changer pour le mieux cette journée.
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Sens de la Magie (E) : Votre personnage est capable de ressentir certaines altérations faites aux vents de magie dans son environnement immédiat : sans précision aucune, il sait que quelque chose ou quelqu'un concentre ou manie de la magie dans un périmètre proche. Ce “sixième sens” se manifeste de différentes manières selon le type de magie et la race du personnage ; certains la sentent -littéralement-, d'autres la perçoivent dans leur esprit, l'associent à un frisson bizarre ou ont l'intime conviction de sa présence, d'autres encore voient leur comportement s'altérer, en lien avec le vent sollicité. C'est au MJ de décider de la manière dont cette présence magique se révèle au personnage. Pour posséder cette compétence, le PJ doit avoir eu dans son passé des éléments solides qui lui permettent de faire le lien entre ses intuitions et l'usage de la magie proprement dit ; faute de quoi, malgré son ultra-sensibilité, il ne prêtera aucune attention à ce “sixième sens” magique et à ses manifestations. De plus, votre personnage peut dorénavant gagner des “points d’expérience magique” (xPm) selon les différentes méthodes de gain d’expérience magique décrites dans la section Magie des règles.

Conscience de la Magie (E) : Votre personnage est doté d'un sens plus acerbe de la magie. Non seulement il prend conscience de sa présence, mais il est capable de déterminer sa nature et son origine avec plus de certitude. Au toucher, il détermine avec exactitude si un objet est magique ou non ou si un individu est doté de pouvoirs magiques ou non. Enfin, si il se concentre et réussit un test d'intelligence, il voit littéralement les différents courant de magie et leur nature. Cette dernière action nécessite une concentration totale: se battre, courir ou réaliser toute action annule immédiatement l'effet. En revanche, le personnage peut se déplacer doucement.

Incantation - domaine de l'ombre (E) : Votre personnage sait utiliser et plier la magie selon sa forme particulière relative au domaine choisit. En terme de règles, il: - gagne 7 points dans la caractéristique Magie si il n'en a pas déjà - peut effectuer les actions “incanter” et “dissiper” sous cette caractéristique Magie - peut dépenser des points d’expérience magique pour apprendre des sorts du domaine choisit et du domaine commun (Magie primaire).

Empathie (E) : Votre personnage a aiguisé ce sentiment naturel commun à toute personne douée de conscience. Ce sentiment lui permet, sur un test réussi, de détecter des émotions normalement imperceptibles : peur, haine, mensonge, etc. Il arrive aussi à savoir si une personne ment ou si elle dit la vérité, si ses intentions sont bonnes ou mauvaises etc.,

Alphabétisation (E) : Votre personnage est capable de lire et d'écrire les langages utilisant l'alphabet du vieux monde (Bretonnien, Tiléen, Estalien, etc.,) si bien entendu il comprend ce langage (pour cela, il devra posséder la compétence «langue étrangère» pour ce langage. A l'inverse, s'il ne possède que la compétence «langue étrangère» il le comprendra, le parlera mais ne sera ni capable de le lire ni de l'écrire). Dans le RP, pour des raisons purement pratiques on considère que l'occidental est le langage partagé par toutes les races, mais dans certaines situations, le MJ pourra tenir compte de ces différences de langage.

Langue Hermetique - Magikane (E) : Votre personnage sait parler, écrire et lire le magikane. Le magikane est le langage hermétique usuel utilisé dans le vieux monde. La plupart des parchemins sont écrits en magikane et tous les sorciers ainsi que quelques personnages privilégiés peuvent l’utiliser.

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Bâton des collèges : 6+1d6 dégats / parade 6 / +1 PAR
Pistolet : 50+1d8 dégât / Percutante et Perforante (4) / malus de -2 au TIR tous les 8 mètres
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Re: [Faust] Cinq nuits chez Frauke

Message par [MJ] Le Djinn » 22 janv. 2019, 13:33

L'attente commença ainsi. Seul dans sa bibliothèque, furetant à travers des pages qu'il ne lisait pas, Faust patientait comme il pouvait, envahis par l'angoisse de l'inconnu. Qu'allait-il se passer alors qu'il avait fait le choix de ne pas agir, de ne pas choisir? Son inaction signerait-elle une nouvelle fois la perte de son père ou le sauverait-il? Les moutons de poussière et les araignées qui déambulaient dans les rayons aux allures de murs géants ne pouvaient pas lui répondre. Le silence ne porta pas non plus d'importance à ces considérations matérielles. On entendait que les craquements du bois qui travaille et les bruits de pas des domestiques qui s'affairaient dans toute la maisonnée. Une petite dispute sembla d'ailleurs éclater entre plusieurs serviteurs, leurs voix étouffées étaient incompréhensibles mais l'interaction semblait vive.

C'est deux heures plus tard qu'un grand cri retentit dans le manoir. Une agitation de ruche tombée envahit l'atmosphère. On appelait des noms au hasard, on demandait le prêtre, le médecin, le mage. Il y eut des bruits de vaisselle cassée, de meubles renversés, puis un hurlement autoritaire qui dépassa tout le brouhaha qui fût remplacé d'un coup par un calme absolu. C'était la voix de Mark Speal, le majordome que son charisme et une prestance naturelle avaient fait chef officieux de tous les domestiques sur lesquels il régnait sans partage, juste après ses maîtres. Ce fût sa silhouette longue et forte qui toqua à la porte de la bibliothèque personnelle de Messire Valdorf. Son visage carré et énergique était tiraillé entre plusieurs émotions et ne maintenait une neutralité que de façade, il était clair qu'il était chamboulé. D'une voix cassée par l'hésitation et un puissant choc, il essaya de parler:


-"M...Messire, il est arrivé quelque chose à Messire..."

Le spectacle était étonnant. Le majordome lui toujours si sûr et fier se tortillait maintenant comme un damné pour ne pas s'effondrer! Rapidement il emmena un Faust anxieux jusqu'à la salle de repos habituelle de Johan Valdorf. Les valets s'étaient déjà rassemblée autour et certains d'entre eux, notamment Pieter et Hilberta qui se tenaient à genoux juste à côté d'une masse étendue. Cette masse était leur maître. Son corps inerte gisait à gauche de sont fauteuil favori, le crâne ouvert au niveau de la tempe droite. Un silence de mort régnait dans la pièce, personne n'osait parler. Quelques domestiques demandèrent à ce qu'on éloigne Faust de l'horrible scène afin de lui épargner des années de cauchemars mais nul ne fit rien. Johan avait encore les yeux grands ouverts, immobiles et une expression de grande peur sur le visage. Tous les domestiques autour se répandirent bientôt en condoléances sourdes que Mark fit taire d'un geste. L'heure n'était pas aux lamentations mais à la prise de décisions. On était déjà parti chercher un prêtre de Morr, restait donc à disposer du cadavre et à faire prendre ses fonctions au jeune maître. A moins que...
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Re: [Faust] Cinq nuits chez Frauke

Message par Faust Valdorf » 31 janv. 2019, 21:15

De tous les moments qu'il eut à supporter durant cette journée aussi cyclique que mouvementée, l'attente fut, surprenamment, l'un des plus éprouvants. Ce châtiment qu'il s'infligeait lui-même, désireux de voir comment pouvait évoluer les événements sans sa présence perturbatrice, était au final aussi anodin qu'il en demeurait stressant. Il n'y avait après tout rien de bien compliqué à rester seul dans une pièce pendant quelques temps, surtout quand on connaissait son caractère solitaire et renfermé. En théorie du moins, car dans ce genre de situation, le doute et l'appréhension ne tardaient généralement pas à combler le vide laissé par l'ennui.

C'était bien simple : chaque bruit de pas, chaque son lui parvenant depuis le reste de la maisonnée, chaque crissement réverbéré sur le parquet ; tout devenait propice à la paranoïa, libérant sans vergogne un flot d'anxiété dans sa petite boite crânienne. Et si son idée se révélait fausse ? Si son père venait à succomber à nouveau ? Que faire ? Ce genre de réflexions lui vinrent sans cesse à l'esprit durant ces longues heures de patience, sans qu'il ne sache vraiment comment y remédier.

Dans la précipitation, il avait été attiré par l'idée comme un moustique par la lumière, y voyant là l'opportunité de fuir et peut-être même de résoudre tous ses problèmes d'un seul et unique geste, en réussissant du même coup à ne pas trop s'impliquer dans l'affaire. Mais maintenant que le calme était retombé, qu'il pouvait peser pleinement le pour et le contre de ses actions, il s'en voulait presque d'avoir laissé son père ainsi, sans même l'avoir informé de la situation, sans même lui laisser une chance de l'aider à résoudre ensemble le problème. Il avait été égoïste, croyant qu'il pourrait trouver une solution seul, sans imaginer un instant qu'il aurait tout simplement pu demander de l'aide à ceux qui avaient toujours été là pour lui...

Mais après tout, pouvait-il réellement s'en vouloir pour cela ? Celui-ci ne l'aurait probablement jamais cru s'il lui avait dit la vérité et la situation n'en aurait pas été débloqué plus que ça. Au moins pouvait-il se consoler en repensant au garde-fou qui le maintenait ici : tant que le temps continuait à boucler comme il l'imaginait, alors cela préservait-il, en tout cas pour le moment, son paternel d'une disparition définitive. Il n'était pas sûr de supporter voir son modèle disparaître à nouveau, oui, mais pourtant, au fond de lui, une partie de sa personnalité, il le savait bien, était déjà prête à envisager le pire. Si Johan Valdorf devait mourir une autre dizaine de fois avant qu'il ne puisse enfin le sauver, si Faust lui-même devait rester à jamais marqué par cette expérience, alors c'était là un prix qu'il était prêt à accepter, qu'il l'admette ou non.

Malgré ses doutes, la situation resta en fait plutôt calme pendant une bonne partie de la journée. Mis à part quelques disputes qu'il crut entendre venir de l'extérieur et auquel il ne prêta nullement attention (sans doute trop occupé à se noyer dans son anxiété), rien de particulier ne vint le déranger durant l'après-midi. Emporté par l'optimisme, il se mit même à espérer que son idée ce soit réellement montrée efficace, mais un tel soulagement ne pouvait décidément être que temporaire, et son espérance fut bien vite brisée lorsque le vacarme ambiant refit surface. Des hurlements, des bruits de vaisselles cassées, des appels à l'aide vains : tout ce mêlait et ce bousculait dans une cacophonie assourdissante. Ça recommençait encore...

Ainsi, avant même que Speal ne se montre dans la bibliothèque, Faust avait d'ors et déjà compris de quoi il en retournait. Il n'y avait qu'un événement d'une telle gravité pour ainsi déclencher la frénésie des servants et la mine décomposée de Mark, pourtant reconnu pour sa prestance à travers toute la capitale, ne fit que confirmer ses soupçons. Ce grand homme si charismatique d'ordinaire semblait à présent totalement désemparé, prêt à s'effondrer en excuse. Le Valdorf aurait bien aimé pouvoir en dire autant, mais seul demeurait chez lui la frustration d'avoir à nouveau échoué : il se serait bien permis un juron s'il avait été de nature plus impulsive, mais c'est avec un air aussi froid que résigné qu'il se contenta d'accueillir le majordome.

- Amenez-moi jusqu'à lui, je vous prie.


Autour de la salle de repos de son père, les domestiques avaient déjà commencé à affluer et le nobliau eut lui-même quelques difficultés, malgré son statut, à parvenir jusqu'à l'objet de son attention. Il faut dire que d'ordinaire déjà, avec sa petite taille et sa carrure passe partout, traverser une foule compacte sans se faire broyer pouvait se révéler être un véritable défi. Alors quand en plus de cela, certains servants semblant s'être mit en tête de le protéger d'une telle vision d'horreur lui obstruaient la route, le passage en force devenait vite compliqué. Il était touchant, en un sens, qu'ils accordent un tel intérêt à sa santé… mais la chose était peine perdue et il ne fallut pas beaucoup plus de temps pour qu'il ne réussisse finalement à trouver son chemin.

Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il ne fut pas déçu. En toute vérité, c'était … étrange. L'effroi qui s'empara de lui quand il aperçut à nouveau le corps était toujours là, oui, mais il y avait quelque chose de différent. La première fois, c'est la tristesse qui avait naturellement pris le pas sur tout le reste. Mais cette fois là, il était en colère. Pas une colère aveugle et frénétique comme on pouvait en voir chez des esprits trop sanguins, mais une rage calme et analytique qui ne laissait transparaître qu'un masque de dégoût sur son visage. Contrairement à la dernière fois, la boucle avait changé, et ce qu'il avait sous les yeux, il en était sûr, était tout sauf un hasard : on pouvait mourir accidentellement d'une chute, surtout à cet âge là, mais il semblait tout de suite beaucoup plus compliqué de s'ouvrir la tempe en trébuchant. Et ce regard, par Morr, ce regard… c'était effroyable. On pouvait sentir toute la peur qui l'avait habité juste en plongeant ses yeux dans les siens. Imaginer qu'on avait ainsi pu attaquer un vieil homme sans défense, dans sa propre maison, alors qu'il était déjà faiblissant. C'était juste dégoûtant.

Le poing fermé et le visage grave, le nobliau se releva, non sans avoir au préalable fermé les yeux de son paternel : il n'aurait tout simplement pas pu garder son calme plus longtemps s'il avait continué à sentir leurs présences sur lui... Mais maintenant, encore fallait-il qu'il décide de la suite des événements. Le seul moment où il avait pu observer la boucle se réinitialiser, son père venait également de trépasser. Il ne lui restait peut-être plus beaucoup de temps avant qu'il ne doive encore une fois recommencer cette journée (si la mort du patriarche était bien, comme il l'imaginait, l'élément déclencheur de tout ceci), aussi fallait-il qu'il parvienne à en tirer le maximum d'informations.

Sans plus attendre, le jeune homme se retourna, toisant de son regard l'entièreté des domestiques amassés autour de lui. C'était difficile à imaginer, mais parmi tous ces gens demeurés longtemps fidèles à sa famille, parmi tous ceux qui étaient présents ici, se trouvait peut-être l'assassin de Johan Valdorf. Pourquoi trahir, pourquoi tuer un vieillard déjà malade et affaibli ? Cela, Faust l'ignorait. Mais il ne comptait clairement pas laisser cette question en suspens. Posant finalement son regard sur Mark, le nobliau s'adressa à lui, dans le ton glaçant qu'il adoptait si tôt que la colère lui montait à la tête.

- Monsieur Speal, je pense que vous n'avez pas manqué de remarquer que la mort de mon père semble tout sauf naturelle. Sa blessure et la terreur que l'on pouvait lire dans ses yeux… j'ai du mal à admettre qu'un être humain puisse commettre un crime aussi odieux, mais tout semble indiquer qu'il ait été victime d'une attaque. Je n'étais moi même pas disponible durant les dernières heures, aussi vous demanderais-je de bien vouloir m'informer sur la nature des derniers événements. Dites-moi tout ce que vous avez vu, même si l'information vous sembles dérisoire. Chaque élément est utile, à présent. Par exemple, j'ai cru entendre une dispute tout à l'heure, s'est-il passé quelque chose ?

Cela fait, il tourna la tête vers l'ensemble des serviteurs, continuant rapidement sur lancer.

- Lequel d'entre vous a trouvé mon père en premier, je vous prie ? Son témoignage nous serais, je n'en doute pas, d'une aide précieuse pour comprendre comment cela a pu se produire.

Bien sûr, il n'était pas impossible, si la thèse de l'assassinat se révélait juste, que l'ennemi vienne d'ailleurs. La fenêtre grande ouverte de la chambre permettait après tout, théoriquement, à n'importe qui d'entrer dans la demeure sans trop de problèmes. C'est d'ailleurs pour cette raison que Faust se décida à y jeter un œil, par mesure de sécurité. Il n'y trouverait probablement rien, mais mieux valait prévenir que guérir. Il n'avait plus de temps à perdre en pleure et en lamentation : en l'état actuel, le sang avait déjà assez coulé pour qu'il puisse se passer des larmes pour un temps.
Modifié en dernier par Faust Valdorf le 17 févr. 2019, 19:49, modifié 1 fois.
Faust Valdorf, Voie du sorcier des collèges de magie
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Conscience de la Magie (E) : Votre personnage est doté d'un sens plus acerbe de la magie. Non seulement il prend conscience de sa présence, mais il est capable de déterminer sa nature et son origine avec plus de certitude. Au toucher, il détermine avec exactitude si un objet est magique ou non ou si un individu est doté de pouvoirs magiques ou non. Enfin, si il se concentre et réussit un test d'intelligence, il voit littéralement les différents courant de magie et leur nature. Cette dernière action nécessite une concentration totale: se battre, courir ou réaliser toute action annule immédiatement l'effet. En revanche, le personnage peut se déplacer doucement.

Incantation - domaine de l'ombre (E) : Votre personnage sait utiliser et plier la magie selon sa forme particulière relative au domaine choisit. En terme de règles, il: - gagne 7 points dans la caractéristique Magie si il n'en a pas déjà - peut effectuer les actions “incanter” et “dissiper” sous cette caractéristique Magie - peut dépenser des points d’expérience magique pour apprendre des sorts du domaine choisit et du domaine commun (Magie primaire).

Empathie (E) : Votre personnage a aiguisé ce sentiment naturel commun à toute personne douée de conscience. Ce sentiment lui permet, sur un test réussi, de détecter des émotions normalement imperceptibles : peur, haine, mensonge, etc. Il arrive aussi à savoir si une personne ment ou si elle dit la vérité, si ses intentions sont bonnes ou mauvaises etc.,

Alphabétisation (E) : Votre personnage est capable de lire et d'écrire les langages utilisant l'alphabet du vieux monde (Bretonnien, Tiléen, Estalien, etc.,) si bien entendu il comprend ce langage (pour cela, il devra posséder la compétence «langue étrangère» pour ce langage. A l'inverse, s'il ne possède que la compétence «langue étrangère» il le comprendra, le parlera mais ne sera ni capable de le lire ni de l'écrire). Dans le RP, pour des raisons purement pratiques on considère que l'occidental est le langage partagé par toutes les races, mais dans certaines situations, le MJ pourra tenir compte de ces différences de langage.

Langue Hermetique - Magikane (E) : Votre personnage sait parler, écrire et lire le magikane. Le magikane est le langage hermétique usuel utilisé dans le vieux monde. La plupart des parchemins sont écrits en magikane et tous les sorciers ainsi que quelques personnages privilégiés peuvent l’utiliser.

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Bâton des collèges : 6+1d6 dégats / parade 6 / +1 PAR
Pistolet : 50+1d8 dégât / Percutante et Perforante (4) / malus de -2 au TIR tous les 8 mètres
Dague : 12+1D6 dégâts / 6 parade / peut-être utilisé comme arme de jet

Chaperon
Doublet
Accessoire de Calligraphie
Grimoire
Sacoche (Grande)
Couverture
Rations

Sorts :

Domaine de l'Ombre :

Aire de Camouflage
Incognito
Masque d'Ulgu
Action secrète
Les nuages et l'obscurité l'environnent, La justice et l'équité sont la base de son trône.

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[MJ] Le Djinn
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Re: [Faust] Cinq nuits chez Frauke

Message par [MJ] Le Djinn » 04 févr. 2019, 18:15

Le domestique Speal hésita l'espace d'une seconde. Il remua sur ses pieds, visiblement très mal à l'aise. Il inspecta bien trop longuement ses chaussures à son propre goût et s'éclaircit la gorge plusieurs fois avant de répondre:

-"Je ne saurais croire une seule seconde qu'un de vos serviteurs ait pu faire une chose pareille! C'est bien trop horrible à penser! Pour la dispute par contre j'ai honte de vous répondre qu'elle ait… De mon fait… Je me suis agacé de l'état d'Hilberta qui était tellement hystérique qu'elle ne parvenait pas à articuler deux mots… "

En effet, la servante était au-dessus du corps, les yeux embués de larmes. Puis vint la question sans équivoque du jeune nobliau sur laquelle les domestiques marquèrent un temps d'arrêt. Chacun regarda son voisin dans une ambiance de mort. Il y eut quelques doutes, des hésitations, des questions rhétoriques.

-"C'était toi non?"

-"Non c'est moi…"

-"Mais si c'était lui…"

Il y eut une profonde confusion qui fût finalement stoppée par un avis émergeant, des doigts pointèrent un homme: Ausprat, l'intendant de la maison. Celui-ci vira au rouge le plus vif et bafouilla quelques excuses sur son incapacité à trouver l'assassin de son maître.

-"Je... N'entendais plus rien dans la pièce, même pas de la toux… Je me suis inquiété et… Et je suis entré pour voir s'il était endormi… Et là… Là j'ai trouvé votre père, par terre… J'ai couru, j'ai prévenu tout le monde… La suite vous l'avez..."

Aucun des présents n'osait regarder Faust en face, se sentant sans doute tous coupables de n'avoir pu sauver de Valdorf père. Mark Speal finit par reprendre un peu de son sang froid:

-"Messire, je n'ai pas de mots pour vous décrire ma peine et je n'imagine pas la vôtre, mais ne devrions-nous pas... Disposer du corps afin de lui rendre le salut à son âme? Tout le monde ne souhaite que le repos de Morr à feu notre maître, désormais..."

Pieter approuva du chef, en bon impérial supersticieux et pieux. Ausprat et Hilberta n'en pensaient sans doute pas moins mais n'osèrent rien dire, encore sous le choc de la découverte. Les quelques serviteurs qui écoutaient aux portes reculèrent pour partir sans demander leur reste. Tout le monde était pendu aux lèvres de Faust pour les instructions suivantes.
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Re: [Faust] Cinq nuits chez Frauke

Message par Faust Valdorf » 17 févr. 2019, 19:47

S'il ne s'était pas attendu à des révélations fulgurantes sur la nature des événements qui se déroulaient ici, Faust dut néanmoins avouer être quelque peu déçu par les explications de ses domestiques. Leurs réponses étaient confuses, brouillonnes et ne lui apportèrent au final que peu d'éléments supplémentaires. Il semblait décidément qu'il n'était pas le seul à être totalement perdu dans cette histoire. Tout cela était frustrant, c'était le moins qu'on puisse dire… mais le nobliau se voyait mal faire la morale à ces pauvres hères. Il n'était de toute manière lui-même pas exempte de fautes dans cette affaire et il aurait été bien cruel de rajouter une pression supplémentaire à des domestiques aussi attristés que lui, si bien que si sa colère ne disparu pas de suite, elle laissa plutôt la place à un léger agacement, moins violent, qu'il se garda bien de dévoiler. Comme quoi, il pouvait se montrer aussi froid qu'il le souhaitait, mais quelques larmes bien placées suffisaient toujours à le faire baisser d'un ton ! Dure épreuve que d'être empathique.

Une fois sa petite colère passée, le jeune homme se retourna, s'abaissant lui-même au niveau d'hilberta, avant de poser une main discrète sur l'épaule de la servante, tentant tant bien que mal d'afficher un léger sourire compatissant. Être réconfortant n'avait jamais été son fort, ou tout simplement parler a autrui d'ailleurs, et la situation présente n'arrangeait rien. Mais il devait bien avouer être touché plus qu'il ne l'aurait souhaité par la détresse de ces gens. À les voir ainsi pleurer, se lamenter, trop honteux pour même oser le regarder, pouvait-on réellement imaginer qu'un assassin se cachait peut-être parmi eux ?

- Séchez donc ces larmes, Hilberta. Vous connaissiez père aussi bien que moi, il aurait été d'autant plus affligé de vous voir dans cet état.

Que ses paroles aient été efficace ou non, il l'ignorait. Mais la seule chose dont il pouvait être sûr, c'est qu'il allait désormais devoir prendre une décision au plus vite. Les informations recueillies, tous étaient à présent tournés vers lui, dans l'attente du verdict final du dernier maître des lieux. De l'avis général, faire appel à un prêtre de morr, ou au moins prendre soin du corps, semblait être la chose là plus naturelle à réaliser, et en son fort intérieur, Faust ne pouvait qu'approuver cette décision. Il ne put néanmoins s'empêcher de remarquer, non sans cynisme, qu'une telle démonstration de foi était bien inutile si le temps venait à se réinitialiser comme il l'avait déjà fait. Ce qui n'était évidemment pas une raison de bâcler la chose : aussi étrange que soi cette journée, c'était bien de son père dont il était question, et il était hors de question de ne pas respecter sa dépouille sous ce simple prétexte. Néanmoins, il lui restait encore une dernière interrogation à poser avant de donner son ordre définitif. La remarque de Speal sur la cause de la mystérieuse dispute n'avait en effet pas manquée de faire réagir le jeune homme. Reprenant une posture qui se voulait plus digne après avoir aidé du mieux qu'il le pouvait sa domestique, le jeune homme engagea donc la discussion.

- Je ne peux qu'approuver votre suggestion, Monsieur Spear. Que mon père puisse trouver la paix aux côtés de Morr est, et je pense pouvoir parler au nom de toutes les personnes présentes ici, notre souhait le plus cher. Cela, je n'en doute pas, et croyez bien que nous lui administrerons les derniers sacrements dans les plus brefs délais. Néanmoins, j'ai une dernière question à vous poser. Encore une fois, cela peut vous paraître totalement dérisoire au vu de la gravité de la situation actuelle, mais je vous prierais néanmoins d'y répondre. Concernant cette fameuse dispute, êtes-vous sûr que nous parlons bien de la même ? Sans remettre en cause votre version des faits, il m'avait en effet semblé qu'elle était subvenue bien plus tôt dans la journée. Une ou deux heures avant que vous ne me préveniez, si mes souvenirs sont bons. J'étais alors dans la bibliothèque et je n'ai pas réellement cherché à comprendre de quoi il en retournait, mais l'interaction semblait assez vive. Or, si l'échange dont nous parlons est effectivement le même, et qu'il a été causé par l'hystérie d'Hilberta à la vue du corps, alors cela voudrait dire que vous avez tout de même mis un certain temps avant de m'avertir. Est-ce que je me trompe ?

Si ses propos pouvaient peut-être laisser penser le contraire, le ton qu'adopta le Valdorf était loin d'être accusateur, mais il n'était pas difficile de sentir la curiosité dans la voix du jeune homme. Il avait simplement posé sa question avec l'air neutre pour lequel on le connaissait si bien, sans arrière pensée particulière, cherchant simplement à éclaircir ce point d'ombre qu'il avait cru entrevoir. De toute manière, quel que soit la réponse du majordome, cela ne changerait sans doute pas grand chose à la suite : le Valdorf comptait bien après cela prendre les disposions adéquates pour que son père puisse reposer en paix, comme il l'avait déclaré... à moins bien sûr que les étranges lois qui semblaient régir les dernières heures n'en décident autrement. Si le décès était bien de nature criminelle, peut-être qu'une inspection plus approfondie du cadavre permettrait d'en apprendre plus sur les circonstances de sa mort, aussi le jeune homme décida t-il également de jeter un œil plus attentif à la blessure qu'il avait cru apercevoir sur la tempe de son père, avant de laisser ce dernier quitter une autre fois.
Faust Valdorf, Voie du sorcier des collèges de magie
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Lien de la fiche wiki : wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_faust
Licht und Schatten : https://www.youtube.com/watch?v=3S1NmtWDVYk
Compétences :

Sens de la Magie (E) : Votre personnage est capable de ressentir certaines altérations faites aux vents de magie dans son environnement immédiat : sans précision aucune, il sait que quelque chose ou quelqu'un concentre ou manie de la magie dans un périmètre proche. Ce “sixième sens” se manifeste de différentes manières selon le type de magie et la race du personnage ; certains la sentent -littéralement-, d'autres la perçoivent dans leur esprit, l'associent à un frisson bizarre ou ont l'intime conviction de sa présence, d'autres encore voient leur comportement s'altérer, en lien avec le vent sollicité. C'est au MJ de décider de la manière dont cette présence magique se révèle au personnage. Pour posséder cette compétence, le PJ doit avoir eu dans son passé des éléments solides qui lui permettent de faire le lien entre ses intuitions et l'usage de la magie proprement dit ; faute de quoi, malgré son ultra-sensibilité, il ne prêtera aucune attention à ce “sixième sens” magique et à ses manifestations. De plus, votre personnage peut dorénavant gagner des “points d’expérience magique” (xPm) selon les différentes méthodes de gain d’expérience magique décrites dans la section Magie des règles.

Conscience de la Magie (E) : Votre personnage est doté d'un sens plus acerbe de la magie. Non seulement il prend conscience de sa présence, mais il est capable de déterminer sa nature et son origine avec plus de certitude. Au toucher, il détermine avec exactitude si un objet est magique ou non ou si un individu est doté de pouvoirs magiques ou non. Enfin, si il se concentre et réussit un test d'intelligence, il voit littéralement les différents courant de magie et leur nature. Cette dernière action nécessite une concentration totale: se battre, courir ou réaliser toute action annule immédiatement l'effet. En revanche, le personnage peut se déplacer doucement.

Incantation - domaine de l'ombre (E) : Votre personnage sait utiliser et plier la magie selon sa forme particulière relative au domaine choisit. En terme de règles, il: - gagne 7 points dans la caractéristique Magie si il n'en a pas déjà - peut effectuer les actions “incanter” et “dissiper” sous cette caractéristique Magie - peut dépenser des points d’expérience magique pour apprendre des sorts du domaine choisit et du domaine commun (Magie primaire).

Empathie (E) : Votre personnage a aiguisé ce sentiment naturel commun à toute personne douée de conscience. Ce sentiment lui permet, sur un test réussi, de détecter des émotions normalement imperceptibles : peur, haine, mensonge, etc. Il arrive aussi à savoir si une personne ment ou si elle dit la vérité, si ses intentions sont bonnes ou mauvaises etc.,

Alphabétisation (E) : Votre personnage est capable de lire et d'écrire les langages utilisant l'alphabet du vieux monde (Bretonnien, Tiléen, Estalien, etc.,) si bien entendu il comprend ce langage (pour cela, il devra posséder la compétence «langue étrangère» pour ce langage. A l'inverse, s'il ne possède que la compétence «langue étrangère» il le comprendra, le parlera mais ne sera ni capable de le lire ni de l'écrire). Dans le RP, pour des raisons purement pratiques on considère que l'occidental est le langage partagé par toutes les races, mais dans certaines situations, le MJ pourra tenir compte de ces différences de langage.

Langue Hermetique - Magikane (E) : Votre personnage sait parler, écrire et lire le magikane. Le magikane est le langage hermétique usuel utilisé dans le vieux monde. La plupart des parchemins sont écrits en magikane et tous les sorciers ainsi que quelques personnages privilégiés peuvent l’utiliser.

Equipement :

Bâton des collèges : 6+1d6 dégats / parade 6 / +1 PAR
Pistolet : 50+1d8 dégât / Percutante et Perforante (4) / malus de -2 au TIR tous les 8 mètres
Dague : 12+1D6 dégâts / 6 parade / peut-être utilisé comme arme de jet

Chaperon
Doublet
Accessoire de Calligraphie
Grimoire
Sacoche (Grande)
Couverture
Rations

Sorts :

Domaine de l'Ombre :

Aire de Camouflage
Incognito
Masque d'Ulgu
Action secrète
Les nuages et l'obscurité l'environnent, La justice et l'équité sont la base de son trône.

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