[Snorri] Rester c'est exister. Voyager c'est vivre.

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Les Montagnes sont depuis l'aube des temps le domaine des Nains : c'est là, parmi les pics colossaux et les précipices vertigineux, qu'ils bâtirent jadis d'immenses forteresses souterraines.

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[MJ] Le Djinn
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Re: [Snorri] Rester c'est exister. Voyager c'est vivre.

Message par [MJ] Le Djinn »

Enfin, le moment tant attendu arrivait! Dans moins d'une heure Snorri serait convié à la grande salle en compagnie d'autres disciples ayant réussi le passage la veille. On lui ferait alors prêter serment sur son honneur et on lui remettrait la bague l'intronisant à vie comme membre compagnon de la Guilde des Ingénieurs de Zhufbarr! Pour l'occasion il était nécessaire de mettre la traditionnelle Écharpe de Gradation, un lourd vêtement blanc en poil de yack des montagnes qui donnait si chaud à la gorge qu'on pensait s'être coiffé d'un feu de cheminée. Le comparatif était rendu crédible par les démangeaisons terribles qu'engendrait le matériau, faisant bondir d'un pied sur l'autre le porteur. La théorie la plus communément admise quant à l'existence même de ce vêtement était qu'il s'agissait d'une mauvaise blague faite à une promotion il y a quelques millénaires et qui s'était ensuite propagée comme tradition immémoriale.
C'est pendant que Snorri reboutonnait sa chemise qu'une voix bien connue retentit dans le couloir, se répercutant sur les murs de calcaire taillé des étages inférieurs du Hall de Guilde.


-"Pour la dernière fois: NON. Si Dalarson ne me ramène pas les quinze canons en parfait état après la bataille, je fais serment devant les Ancêtres de lui botter le coup à la botte cloutée au point où il chialera comme un umgi en voyant UNE CHAISE!"

Furibard, Maître Olarkson entra dans le dortoir, ses sourcils broussailleux surplombant un regard enragé. Quelques souffles bien profonds le remirent dans un état moins agressif et il vint trouver Snorri, prêt à partir. Un coup d'oeil rapide montra au jeune dawi que son professeur avait mis les petits plats dans les grands: belle tenue de satin, sobre mais efficace, quelques bijoux d'or aux doigts et dans la barbe, quelques fils d'argent dans la moustache. Comme tout bon nain riche il affichait sa fortune avec sobriété mais clarté dans une apparence qui disait "Voilà, je dors sur un matelas fait de pièces d'or mais je la ramène pas, contrairement aux umgis." Chacun jugerait de la pertinence de ce comportement.
Paternellement, il posa sa main sur l'épaule de Snorri qui lui faisait face.


-"Bon, t'y es maintenant, fils de Sturill. T'en auras chié des briques pendant quinze ans mais t'y es arrivé. J'me rappelle quand t'es arrivé, t'avais la tête vide et des idées plein la tête. Bon, t'as toujours des idées, mais au moins j'ai pu te mettre quelque chose d'à peu près consistant dans la caboche! Allez, les autres attendent."

De la même manière qu'hier, une petite file se formait devant les grandes portes de granit franchies la veille par les nouveaux promus. Milwar Cœur-de-Cobalt figurait en bonne tête, secondé par un autre nain arrivé après Snorri et répondant au nom de Zolden Pont-Saphir. Ils seraient donc trois à passer aujourd'hui et on ne tarda d'ailleurs pas à les appeler. Comme la veille les estrades étaient placées de part et d'autre de la salle mais de nouvelles marches s'étaient ajoutées, permettant à un large, très large public d'assister à la cérémonie. Les clans, les familles, les amis: tout le monde pouvait assister à la réunion. Les cinq membres du jury également, droits et fiers, étaient prêts derrière leur pupitre, trois coussins de soie rouge sang placés sur la tribune et sur lesquels reposaient les anneaux sacré.
Les portes de pierre s'ouvrirent en grand et la voix de l'annonceur s'éleva:


-"Milwar Coeur-de-Cobalt, Snorri Sturillson, Zolden Pont-Saphir. Morgrim réclame votre présence devant Lui."

Les apprentis s'avancèrent jusqu'au milieu de la salle, sous les yeux du masque de pierre représentant l'ancêtre de tous les ingénieurs. Le héraut parla encore:

-"Milwar Coeur-de-Cobalt, Snorri Sturillson, Zolden Pont-Saphir, agenouillez-vous."

Ils posèrent tous les deux genoux au sol, comme le voulait la tradition. Grimli Poing-de-Fer, toujours aussi imposant, fit deux pas très exactement en devant de ses collègues. C'est là que l'écharpe commença à gratter furieusement et, évidemment, seuls les apprentis en portaient.

-"Fiers dawis, aujourd'hui vous entrez sous le regard sévère mais bienveillant de Morgrim. Vous consacrerez votre vie à l'augmentation de nos savoirs, au travail pour le bonheur du Peuple de la Montagne et de ses alliés. Vous consacrerez votre vie au châtiment des ennemis de tous les nains et poursuivrez sans relâche de vos rancunes ceux qui feront du tort à notre race. Enfin, vous consacrerez votre vie à la protection de nos traditions, de nos savoir-faire et de nos compétences. Vous ne connaîtrez pas la fainéantise, la peur, la faillite de la Raison ni la témérité. Dawis, prêtez-vous ce serment?"

Chaque nain à promouvoir devait reprononcer ce serment à la première personne, sauf la première phrase évidemment, puis prêter serment. Ensuite un aide apportait un coussin chargé de la bague noire à Grimli qui la passait alors à l'index gauche du nouvel ingénieur. Comme tous les autres, Snorri eut la sienne: une belle bague d'obsidienne la plus pure, minée au cœur de la montagne. Bien entendu codifiée, la bague représentait les arts libéraux nains en une rune de chaque, faisant le tour du doigt et se portant sur la première phalange, la plus épaisse. Une petite amélioration la rendait réglable, afin d'éviter un moment de gêne si un apprenti se trouvait trop bien nourri.

La cérémonie s'acheva rapidement sous l'ovation du public. C'était le moment pour chaque apprenti d'aller embrasser ceux qui l'aimaient, de remercier son maître et éventuellement de lancer une petite allocution flatteuse en faveur des aînés qui lui avaient tout appris. Après quoi la foule se disperserait et sans doute que les deux compètes de Snorri iraient fêter toute la journée ce grand moment avec leurs aimés, alors que lui avait d'autres plans en tête...
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Snorri Sturillson
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Re: [Snorri] Rester c'est exister. Voyager c'est vivre.

Message par Snorri Sturillson »

-"Bon, t'y es maintenant, fils de Sturill. T'en auras chié des briques pendant quinze ans mais t'y es arrivé. J'me rappelle quand t'es arrivé, t'avais la tête vide et des idées plein la tête. Bon, t'as toujours des idées, mais au moins j'ai pu te mettre quelque chose d'à peu près consistant dans la caboche! Allez, les autres attendent."

Eh beh, c'est vraiment un jour pas comme les autres. Aucune remarque sur ma posture, sur ma face ou sur ma barbe pas encore travaillée. On dirait que j'ai enfin le droit à l'autre coté d'Orlakson... Et très franchement, ce coté me plait bien.

- " Maître, avant de passer à la cérémonie, je... J'aimerais vous remercier d'avoir tenu serment. Les tickets pour le Grimgrandel, ça c'est personnel, donc c'est minuscule par rapport à tout le reste et...

Je sais que vous ne m'en avez jamais parlé, et que vous ne l'avez jamais mentionné devant moi ni devant quiconque, mais au bout de quinze hivers à Zhufbar, je devine aisément que ce n'est pas par essor bénévole que vous agissez et que vous êtes arrivé où vous êtes. C'est pourquoi, même si je vous ai déjà laissé un rouleau de parchemin à votre bureau, j'aimerais vous remercier personnellement pour... pour tout.

Je sais que vous auriez préféré avoir un apprenti bâtisseur ou spécialiste du siège ou de la maçonnerie, je sais que j'ai pas été le plus à l'écoute dès mon arrivée, et que j'ai parfois été très avant-gardiste avec mes propos, mais ces quinze années m'ont aussi permis de comprendre que vous, au moins, vous avez quelque chose d'autre qu'une belle barbe ou des gros souliers. J'en suis sûr désormais, que vous êtes différent de tous les autres maîtres, que vous avez quelque chose qui m'a permis d'arriver jusqu'ici et de devenir ce que je suis.

J'aurais sans doute dû vous écouter il y a dix ans, et éviter la catastrophe que fut mon premier passage devant les maîtres; j'aurais aussi dû me taire devant Ureksson et ses bricolages de pneumatique, ou devant Horran et les charpentiers du Secteur 9, il est vrai. Mais en vérité, sans ces erreurs, sans ces travers, je ne pense pas que vous et moi nous en serions arrivés là aujourd'hui.

Je pense que si j'avais été aussi sage qu'autrui, vous auriez sans doute dû m'échanger avec un autre apprenti plus cabochard ou peureux que moi, et ainsi obtenir une lavette ou un de ces rince-godets du second sous-sol. pire encore, vous auriez peut-être dû vous coltiner mon apprentissage pendant cinq ans de plus, ou peut-être même dix !"


On va attendre un peu, j'ai besoin d'air. C'est sans doute à cause de toutes les apnées d'hier soir, ou parce que quelqu'un a laissé un courant d'air entrer. Oui, ce doit être cela, juste un courant d'air. Un courant d'air poussiéreux. Ehm...

- "Enfin bon, je vais pas vous embêter plus que ça, vous avez du travail, et des culottés à botter. Merci infiniment, Maître Orlakson. Je ne vous oublierai pas, et ni mon père ni mon clan ne le fera."

...

Eh bien voilà. Il ne me reste plus que ma barbe à tricoter, y accrocher les pions de cérémonie, et j'y suis. Là, à une soixantaine de pas au-dessus de moi, j'y suis, enfin serais. Ingénieur, et pour de vrai cette fois.


***


Oh non, ça me reprend, j'ai le cuir chevelu qui tire jusqu'à la nuque. Fronce les sourcils, fronce-les-sour-cils... Bon sang, c'est compliqué de tirer sur le visage tout en gardant la mine stoïque. Je savais bien que c'était une mauvaise idée cette histoire de barrique mystère. Allez, plus que quelques minutes.

-"Milwar Coeur-de-Cobalt, Snorri Sturillson, Zolden Pont-Saphir, agenouillez-vous."

On y est. On y est. On y est. Allez, putain, plie le genou g-hhhhh... D'accord, le genou droit, le-genou-droit, haaa...

Je suis le deuxième énoncé, donc il faut que je parle en deuxième. Milwar est premier, faut pas qu'il bave pendant le serment. Si j'avais su que poser un genou à terre me donnerait si chaud, j'aurais mis mes souliers d'été. C'est que c'est épais, cette affaire en yak. Allez, allez, allez...

Là ! Là, il vient de jeter un regard, suivi d'un signe de poignet. Respire Snorri, respire. Huffff.... Pfff... Hufff...

- " Je fais serment devant les Ancêtres de consacrer ma vie à l'augmentation des savoirs, de nos savoirs, au travail pour le bien du Peuple de la Montagne et de tous ses alliés, quels qu'ils soient. Je fais serment devant les Anciens Maîtres de consacrer ma vie au châtiment des ennemis de tous les Nains et de poursuivre sans relâche les rancunes de ma caste et tous ceux qui feront du tort à notre race. Je jure devant mes pairs, mes frères et mes ainés de consacrer ma vie à protéger les traditions, les savoir-faire et les compétences de toutes les guildes, de tous les arts Dawis. Je ne connaîtrai ni la fainéantise, ni la peur, ni la déraison. Je ne faillirai ni devant l'ignorance, ni devant la ruine. Je le jure, que Morgrim m'en soit témoin. Je le promets, et que Morgrim me vienne en aide."

Maintenant, on respire doucement, et on attend que Zolden ait fini sa partie.

...

Et voilà l'aide chargé des bagues et des liserés. Alors, laquelle aura-t-on droit de porter cette année ?

Hmmm... Opale trouble, obsidienne pure, acier-blanc. Crans de réglage amovibles, marquage au triple-poinçon, et forme divisée : le premier rang est heptagonal, le deuxième est circulaire, et le troisième est hexadécagonal. Tant d'efforts pour une si petite chose. C’est une étrange fatalité que nous devions éprouver tant de peur et de doute pour une si petite chose… une si petite chose...

Enfin, voilà mon heure. Baisser la tête une dernière fois devant les maîtres, en signe de respect. Serrer la main tendue qui reçoit l'anneau - la gauche, sauf pour les alchimistes et les vaporistes -, et se relever, tête baissée, sans souffler dans sa barbe. Peuh, cette toison de yak me rentre jusque dans les joues.

Et alors, seulement alors, on relève la tête, les trois en même temps. Sans un mot, sans un regard de travers. Pivoter le troisième rang de l'anneau pour le verrouiller et le maintenir en place. Ensuite...

La famille a le droit de s'avancer. La famille, sinon le clan.

...
Elle est bien loin, ma famille...
...

Le tonnerre d'applaudissement n'y fera rien, je n'ai qu'un sourire crispé à voir tous ces gens se ruer sur mes deux camarades. J'ai rêvé de cet instant pendant une décennie entière sinon plus, et maintenant que j'y suis, la seule chose à laquelle je pense, c'est à... C'est à Thorin.

Je me demande ce qu'il pense de moi, lui le soldat, lui le fils modèle, le fort, le fier, l'autoritaire qui répondait même à l'ainé. C'est à cause de moi qu'il est à Azgal depuis tant de temps, qu'il envoie une lettre par an avec un colis chargé de plomb et de gravures. C'est à cause de moi qu'il est là-bas, et que je suis là. C'est peut-être à lui que je devrais faire des remerciements...

Ici, tout le monde est heureux, rigole, fait la fête.

Je devrais les suivre, non ? Je devrais me mêler à eux, non ? Après tout, j'ai le droit de tout faire désormais, d'agir, de réagir à voix haute, de marcher sur les plates bandes des scribes et des aides, de corriger les apprentis...

Mais aussi de choisir ma destinée. Je perçois Orlakson qui me regarde au loin, sur l'esplanade. Vu ma gestuelle, et vu sa réaction, il sait sans doute ce que je prépare. Il sait aussi qu'il n'est plus responsable de mes erreurs, ni de mes succès.

- "Oyez, messieurs !
Grand-maîtres, fier savants, barbes immaculées, accordez-moi votre oreille si cela vouss est possible, car je dois communiquer une requête à vos illustres personnes. Voilà qu'aujourd'hui même, vous venez de décerner à mes désormais confrères et moi-même l'honneur et le titre d"Ingénieur de la Guilde de Zhufbar". Je souhaite avant tout vous remercier pour cette récompense, et j'espère pouvoir m'en montrer digne lors des décennies à venir - ce que mes confrères feront eux aussi, s'ils sont respectueux envers Morgrim et les Ancêtres.

Et bien que cela m'emplisse de fierté, vénérables maîtres, je dois vous avouer qu'il reste quelque chose que, je ne saurais dire pourquoi, me chagrine encore aujourd'hui : Comme bon nombre d'entre vous le savent, je ne suis malencontreusement pas né ici, dans la Forteresse, mais ailleurs, dans un endroit fort éloigné, juché auprès des Voûtes. Et voyez-vous, comme l'indique mon nom de Sturillson et mon clan des Juste-marteau, j'ai vécu quelques décénnies dans cette étrange et grotesque Cité Umgi que l'on appelle Nuln. Je sais très bien, vénérables maîtres, que cette Cité n'a rien de véritablement resplendissant, étant donné la juste réputation de ville-faussaire, de cité des parias, ou de porte vers le Sud-Umgi.

Mais voyez-vous, messieurs les bâtisseurs et érudits, il y a un souvenir que je n'arrive pas à arracher à ma mémoire, un détail que je ne parviens pas à remplacer par quelque notion plus utile à la sagesse Dawi : La présence à Nuln de tous ces infâmes Tiléens, de toute cette marmaille braillarde et récalcitrante qui colorait les rues de craie et de fanions. En effet, nous le savons tous, Nuln regorge - déborde, même - de Tiléens de tout rang et de tout acabit. Et durant ma jeunesse, lors de mes journées dans cette odieuse et déplorable ville, j'ai ouï maintes fois et de maintes façons les mérites de leurs Cités du Sud, de Remas, de Luccini, mais surtout - et avant tout, de Miragliano.

En effet, honorables maîtres, j'ai trop de fois entendu parler de cette Miragliano débordante d'Umgi, de cette Remas débordante de crasse, de Trantio débordante de fleurs, de Luccini et ses flambeaux, mais surtout... débordante de science. Oui, voilà l'affront que je voudrais enfin communiquer devant vous, vénérables professeurs. Durant mes différentes tâches d'apprentissage, et durant mes trajets dans les Halles supérieurs, je n'ai cessé de croiser des Umgis qui se narraient de telles histoires, entre deux idioties imberbes. Ainsi, Miragliano se prétendrait à l'heure qu'il est "Siège du Savoir du Monde moderne", quoi que cela puisse signifier véritablement. C'est pourquoi, messieurs les aînés, je vous demande en cet instant et dès qu'il vous en sera possible, l'autorisation d'aller élucider cet affront.

Je ne demande aucune aide financière stricte, aucune escorte, et aucun effort ultérieur de votre part, vénérables maîtres. Je ne souhaite que votre aval, et à mon retour, de pouvoir vous présenter mon rapport le plus exhaustif possible sur la situation de ces lieux. Si jamais ces Umgis m'ont mentis ou si les choses venaient à changer, je prolongerais évidemment mon périple afin de mettre au clair les affaires de toutes ces villes bouillonantes de mensonges et de fausse science.

Néanmoins, comme le veut la tradition, j'irais d'abord me recueillir dans les Voûtes, auprès de mes ancêtres personnels, avant de m'enfoncer dans des terres plus septentrionales."


Voilà, je l'ai dit.
Advienne que pourra.

Maître Orlakson me regarde encore, tiens. Il a dû comprendre. Il va sans doute en rire, lui et ses dents briquées au fil. En soi, il n'aurait pas tort, puisqu'il est le seul à en être capable. Me mêler à des Umgis après tant d'années d'isolement et de travaux forcés au sein des Bords du Monde, cela vient comme une idée folle, mais cela me changera les idées. Et j'ai cruellement besoin de me changer les idées, de changer d'air, de paysage,d'entourage, de vie, d'envie, de pensée, de lit, de vêtements, de... J'ai besoin d'autre chose. Quelque chose qu'un canon fileté ou qu'une vanne hydraulique ne peut m'offrir, et qu'aucun maître ne peut me donner en échange de service rendu.

Tous ceux qui ne m'apprécient pas y verront un moyen de m'oublier, ceux qui me jaugent correctement y trouveront un moyen de s'incruster dans un territoire immunisé au dogme de Sigmar.

...

S'il était Umgi, je lui aurais déjà dit, mais Maître Orlakson est une brave personne, plus brave que le meilleur des Umgis.

Alors, de loin, la main levée, les ongles contre la tempe, je lui dirais silencieusement :
Au revoir Monsieur.
Snorri Sturillson
Voie de l'étude de l'ingénierie - Apprenti
Profil: For 8 | End 10 | Hab 8 | Cha 8 | Int 10 | Ini 7 | Att 9 | Par 9 | Tir 9 | Foi | Mag | NA 1 | PV 70/70

"Vous n’avez pas le droit d’avoir votre opinion. Vous avez le droit d’avoir votre opinion renseignée.
Personne n’a le droit d’être ignare.
"
Snorri dans un univers parallèle très mignon et propre :
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Fiche personnage wiki : wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_snorri_sturillson

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Re: [Snorri] Rester c'est exister. Voyager c'est vivre.

Message par [MJ] Le Djinn »

Chez tous les ingénieurs présents dans la pièce il y eut comme un frisson en voyant Snorri se présenter sur l'esplanade, dominant la foule des poivrots gueulards qui s'apprêtaient sans doute à entamer une journée de beuverie après y avoir déjà passé la nuit. Les plus fins perdirent rapidement l'effet de surprise et les anciens claquèrent des dents quand le fil de Sturill pris une grande inspiration pour parler. La nature profondément rebelle, voire subversive, du nouveau diplômé nain était connue de tous et à Zhufbarr son nom était entaché d'une solide réputation d'empêcheur de râler en rond. On se méfiait de son avis et sous le manteau on murmurait qu'il avait passé trop de temps chez les humains et que ça lui avait retourné le cerveau. Beaucoup, et pas forcément chez les plus vieux, espéraient secrètement qu'une fois la reconnaissance de son talent reçue il partirait de lui-même bien loin de la forteresse et de tout foyer des bons dawis traditionnalistes. C'est que, comme l'avait dit un jour Maître Marteau-Flammes:

-"Snorri a de nouvelles idées, et les idées nouvelles attirent les ennuis."

Et effectivement, au sein de la foule, Olarkson qui voyait son élève gravir les marches se flanquant un bon coup de paume sur le front, songeant sans doute que son ancien apprenti allait mettre à l'oral une de ses stupides pensées révolutionnaires, ou peu s'en fallait. En quinze ans il avait bien attendri la couenne de Sturillson et inculqué l'esprit de prudence des nains... Mais ça n'avait pas suffit.

- "Oyez, messieurs !
Grand-maîtres, fier savants, barbes immaculées, accordez-moi votre oreille si cela vouss est possible, car je dois communiquer une requête à vos illustres personnes. Voilà qu'aujourd'hui même, vous venez de décerner à mes désormais confrères et moi-même l'honneur et le titre d"Ingénieur de la Guilde de Zhufbar". Je souhaite avant tout vous remercier pour cette récompense, et j'espère pouvoir m'en montrer digne lors des décennies à venir - ce que mes confrères feront eux aussi, s'ils sont respectueux envers Morgrim et les Ancêtres.

Et bien que cela m'emplisse de fierté, vénérables maîtres, je dois vous avouer qu'il reste quelque chose que, je ne saurais dire pourquoi, me chagrine encore aujourd'hui : Comme bon nombre d'entre vous le savent, je ne suis malencontreusement pas né ici, dans la Forteresse, mais ailleurs, dans un endroit fort éloigné, juché auprès des Voûtes. Et voyez-vous, comme l'indique mon nom de Sturillson et mon clan des Juste-marteau, j'ai vécu quelques décennies dans cette étrange et grotesque Cité Umgi que l'on appelle Nuln. Je sais très bien, vénérables maîtres, que cette Cité n'a rien de véritablement resplendissant, étant donné la juste réputation de ville-faussaire, de cité des parias, ou de porte vers le Sud-Umgi.

Mais voyez-vous, messieurs les bâtisseurs et érudits, il y a un souvenir que je n'arrive pas à arracher à ma mémoire, un détail que je ne parviens pas à remplacer par quelque notion plus utile à la sagesse Dawi : La présence à Nuln de tous ces infâmes Tiléens, de toute cette marmaille braillarde et récalcitrante qui colorait les rues de craie et de fanions. En effet, nous le savons tous, Nuln regorge - déborde, même - de Tiléens de tout rang et de tout acabit. Et durant ma jeunesse, lors de mes journées dans cette odieuse et déplorable ville, j'ai ouï maintes fois et de maintes façons les mérites de leurs Cités du Sud, de Remas, de Luccini, mais surtout - et avant tout, de Miragliano.

En effet, honorables maîtres, j'ai trop de fois entendu parler de cette Miragliano débordante d'Umgi, de cette Remas débordante de crasse, de Trantio débordante de fleurs, de Luccini et ses flambeaux, mais surtout... débordante de science. Oui, voilà l'affront que je voudrais enfin communiquer devant vous, vénérables professeurs. Durant mes différentes tâches d'apprentissage, et durant mes trajets dans les Halles supérieurs, je n'ai cessé de croiser des Umgis qui se narraient de telles histoires, entre deux idioties imberbes. Ainsi, Miragliano se prétendrait à l'heure qu'il est "Siège du Savoir du Monde moderne", quoi que cela puisse signifier véritablement. C'est pourquoi, messieurs les aînés, je vous demande en cet instant et dès qu'il vous en sera possible, l'autorisation d'aller élucider cet affront.

Je ne demande aucune aide financière stricte, aucune escorte, et aucun effort ultérieur de votre part, vénérables maîtres. Je ne souhaite que votre aval, et à mon retour, de pouvoir vous présenter mon rapport le plus exhaustif possible sur la situation de ces lieux. Si jamais ces Umgis m'ont mentis ou si les choses venaient à changer, je prolongerais évidemment mon périple afin de mettre au clair les affaires de toutes ces villes bouillonantes de mensonges et de fausse science.

Néanmoins, comme le veut la tradition, j'irais d'abord me recueillir dans les Voûtes, auprès de mes ancêtres personnels, avant de m'enfoncer dans des terres plus septentrionales."



Et quel discours! A sa fin il y eut des encouragements et des applaudissements, une petite ovation même! Sous le masque de bienséance et de politesse la vérité était pourtant toute autre. Bien sûr il y avait ceux qui étaient véritablement ravis pour lui, que ça soit en raison d'une amitié sincère, d'un progressive scientifique ou juste par envie du voyage, mais d'autres se lancèrent dans des félicitations avec la satisfaction de voir enfin un infâme furoncle détaler à toutes jambes des fesses du Karaz Ankor. Si les maîtres acceptaient, il partirait sans même qu'on ait besoin de l'humilier publiquement, de salir le nom de son clan et de le condamner à prendre la Voie du Tueur. Parfait!
Flatté par les piques envers ces bons à rien d'umgi et pas mécontent non plus à l'idée d'être enfin débarrassé de cet élément perturbateur, le doyen Grimli Poing-de-Fer perça l'assemblée pour monter au niveau de Snorri, lui posant au passage une main sur l'épaule. Notre nain eut d'ailleurs l'impression qu'une presse hydraulique venait d'attraper son omoplate et cherchait à pulvériser ses os.


-"Fort bien, Snorri fils de Sturill et membre du clan Juste-Marteau. Je t'autorise à quitter la Forteresse de Zhufbarr, je te libère de ton serment d'obéissance à la Guilde des Ingénieurs locale et t'ordonne dans mon dernier acte d'autorité à rejoindre la ville de Miragliano, à y incorporer la communauté dawi et à faire resplendir le savoir-faire des nains."

Le ton était formel, le parler solennel mais on murmurerait longtemps dans les rangs des ingénieurs que le vieux Poing-de-Fer avait eu beaucoup, beaucoup trop d'empressement à accéder à la requête d'un nouvellement assermenté. On en rirait quelques temps encore dans les halls de guilde et cette histoire se passerait comme une plaisanterie pour les siècles à venir, une expression en naîtrait même: "Filer à la Sturillson". Pourtant certains parmi les plus finauds des politiciens présents se doutaient que l'ancien Grimli n'agissait pas sur un coup de tête ou sous l'influence d'une émotion quelconque. Ce vieillard plusieurs fois centenaires paraissait toujours tout savoir et devenir les pensées des autres nains avant même que ceux-ci ne les aient eu. Il y avait fort à parier que ce départ était anticipé dans son esprit depuis longtemps.

Plus rien ne retenait Snorri désormais. Il avait été en quelques phrases libéré de son serment envers Zhufbarr et loin d'être un acte anodin cela signifiait que son départ devait être imminent. Pour les plus traditionnalistes, partir ainsi sans raison était non-seulement un acte égoïste mais aussi profondément égocentrique, méritant par cette occasion un exil plus qu'une permission de départ. Dans la Cité du Torrent les ingénieurs ne faisaient pas partie de cette catégorie, mais le départ était rarement retardé très longtemps. Le grimgrandel partirait bientôt, il était temps de faire de même. En définitive Snorri quitta ses pairs dans l'indifférence générale due à la liesse ambiante. Il y en eut bien quelques uns tout de même pour aller le chercher alors qu'il préparait ses affaires, lui souhaiter bon voyage et bonne chance. Aucun ne l'attendrait sur le quai, cependant.



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Ca y est, on y était. Le chef de gare criait à la foule de dawis présente:

-"Grimgrandel! Départ dans trente minutes à destination de Karak Hirn! Il desservira le fortin d'Eau-Noire, la Mine des Huit Émeraudes, la Mine des Umgaks, L'Élevage des Buffles de l'Est, le fortin de Bats-Les-Urkis, la colonie du Sud-Reik, le fortin du Bord-des-Voûts, la Mine Est-Karak-Hirn et finalement Karak Hirn! Allez, on enchaine!"

Sur le quai des dizaines de dawis se pressaient pour entrer dans les wagons et trouver leur place. La plupart étaient des militaies, venant de clans guerriers ou réquisitionnés sur le tas. On vit même quelques brise-fer entrer au niveau de la tête de l'engin, avec leurs grandes armures de gromril et leur peau si pâle qu'elle ferait passer un vampire pour un arabéen!
Et le Grimgrandel lui-même? Magnifique. Une merveille d'ingénierie comme seuls les nains en étaient capables. Imaginez vous un assemblage de wagons d'acier blindé disposés en une vingtaine d'unités et dominée par une tête de Morgrim sculptée qui crachait par trois cheminées une épaisse fumée noire. Et les roues, les roues! Mues par un système de moteur à vapeur unique en son genre, ce fils de Zhubarr se propulsait par la seule alliance du feu et de l'eau à la vitesse d'un cheval au galop, accumulant suffisamment d'énergie cinétique pour briser sans peine les imprudents qui auraient voulu poser des obstacles sur son chemin!

Et encore là on ne parlait que de la partie purement mécanique, purement utilitaire même. Que dire du véritable arsenal roulant situé tout du long de sa coque? Des tourelles à fusils sur le toit, des meurtrières refermables à ne plus savoir qu'en faire, des défenses prédécoupées attachées à chaque wagon et qu'un seul dawi pouvait déployer en moins de deux minutes en prenant son temps! Plus qu'un outil ou qu'un moyen de transport, le Grimgrandel était une forteresse mobile capable de déployer une force conséquente n'importe où en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire. Le calcul était simple en fait: chaque voiture avait deux étages et pouvait contenir une cinquantaine de places assises sur un d'entre eux, soit cent dawis par wagon. Et des wagons il y en avait vingt pile sans compter ceux de réserve ou nécessaires à la marche du train: en tout deux milles dawis pouvaient être transportés entre Karak Hirn et Zhufbarr à la vitesse d'un cheval galopant jour et nuit. Un miracle. Pas pour rien qu'à la Guilde des Ingénieurs de grands travaux étaient en cours pour en construire un second et étendre le réseau à d'autres grandes forteresses! Avec une telle invention, la logistique subissait une véritable révolution.

Mais assez bavassé! Snorri s'était vu attribué une place dans le wagon 18, non-numérotée la place évidemment, et quand il fallait y aller... Alors qu'il se plaçait dans la file se formant devant sa voiture, une voix l'interpella:


-"Snorri! Attend!"

C'était un Olarkson époumoné qui arrivait en courant. A sa main il tenait quelque chose, comme un carnet, un livret pas bien épais - sans doute une centaine de pages sans plus.

-"Avant de te casser, j'te file ça..."

Il lui tendit alors l'ouvrage. Il ne payait pas de mine avec sa reliure en cuir de porc sans titre et ses pages jaunies. C'est en ouvrant la première page qu'une écriture se lisait en khazalide. Des runes claires, quoiqu'un peu précieuses, que Snorri eut du mal à reconnaître immédiatement.
Récits de voyages, observations et autres aventures.

Ecrit par Sturill Stragudsson.


Reprenant son souffle, Olarkson eut un sourire:

-"Il l'a oublié ici après son départ il y a des décennies, j'ai jamais eu à coeur de lui envoyer à Nuln. Lis-ça, ça sera instructif pour toi. Ah et quand tu seras chez les umgis à moustache et au vin pas trop dégueu, montre-leur bien quelle est la race qui domine la technologie."

Un peu maladroitement, s'habituant avec du mal à parler à Snorri comme à un égal, l'ancien maître lui tendit la main à serrer. Il resterait sur le quai jusqu'à voir le train partir, accompagnement les sifflements et les hurlements de la machine avec quelques signes de la main. Ensuite? Ensuite il repartirait dans le Hall de Guilde, dans sa chambre de travail, où il continuerait à mettre au point ses plans pour le futur.
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Snorri Sturillson
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Re: [Snorri] Rester c'est exister. Voyager c'est vivre.

Message par Snorri Sturillson »

Ainsi je suis libre. Je ... Ce fut plus aisé que prévu. Le Grand-maître a accepté sans sourciller, et sans la moindre indication dans sa poigne. Aucune pression nerveuse, aucun choc, claquement ou moue crispée. Étrange...

Enfin, soit. Le sommet de l'échelle m'a donné son accord, plus personne ne peut contredire quoi que ce soit. J'en serais presque à fanfaronner. Oui, j'en serais presque à fanfaronner devant les autres. Mais pour fanfaronner devant quelqu'un, il faut déjà admettre que son avis a de l'importance à vos yeux. T-haha, faudrait que la note quelque part celle-là, elle est bien drôle !

Tssss...

Bon, allez, je ne vais pas attendre la prochaine coulée de boue. J'ai des choses à faire, moi. Quoique, je vais quand même vérifier, on sait jamais, un événement improbable...

...
...
...

Non, visiblement et évidemment que non, Brynnhilde n'est pas présente. Les grisardes l'ont donc encore une fois coincée quelque part à faire des corvées ou à rincer l'esprit des traîne-savates. Hm.

Eh bien tant pis, qu'il en soit ainsi. Je ne vais pas me battre contre des moulins à vent, ou contre les Ordres. Déjà, parce que ce serait une perte de méninges folle, et ensuite parce que cela risque de me faire perdre de l'argent sur le long-terme, même si je réussis. "Et l'important avec l'argent, c'est de ne jamais en perdre sur le long-terme" - parole de Mère celle-là, tiens. Je ne sais pas de quel recoin de ma caboche je sors cela, mais ce rappel me fait l'entendre de sa voix, comme si elle était à nouveau en face de moi, l'index levé vers le ciel. Encore une preuve que ma mémoire est plus compétente que moi-même.

Direction, les chambres, et... C'est bon, le ticket est là.

Ah oui, je peux enlever cette guirlande qui me gratte du col au nombril. Aaaah, ça va mieux...

***
Quarante-quatrième sous-sol, pffff, quarante-quatrième sous-sol et demi, haaaa.... Si je tenais le bonnet-ophage qui a choisi de diviser les étages des Halls Inférieurs en sous-sol et demi-sous-sol au hasard, je jure que je l'étriperais du groin aux rognons, avec les dents s'il le faut... Haaaa, respirer, res-pi-rer, .... Cinquante-cinquième, c'est le prochain... Respirer, c'est la clé. Hufff-pffff, allez, on tient le bon bout, allez !

Cinquante-sixième ! Voilà ! Un coin de mur, vite ! Haaaaa, pétard, j'ai chauuuuud !

Dernière vérification - c'est la troisième du genre, mais tant pis. Sacoche en dur, mes anneaux, mes broques, mes froques, le barda de couchage, les lettres, mes carnets, le - tu m'étonnes que j'ai chaud, ça écrase tout le reste cette caissette ! - coffret, avec les résumés des ouvrages et les plans d'armes. Deuxième épaule : Tempérance, trois capsules en cage, une gourde molle à demi-pleine, triple sachet avec plaquettes d'encre, tabac noir et sable de correction ; la ceinture avec les boucles de support, mon carnet actuel, mon ticket en garde-page, avec ensuite ma bourse, et enfin poche à fusains, compas-sextan-boussole-lunette, boulier pliable, sablier, roulette, et mes accessoires de traçage et d'écriture, et du pain-gris pour la route. On remet tout dans la gibecière de gauche, et on resserre le sac à l'arrière - c'est moi où il sent la sève ce machin ? Bah, il accrochera mieux à mes pognes si on essaye de me le voler. Encore que si on tente de me voler, va y avoir des étincelles.

- " Grimgrandel! Départ dans trente minutes à destination de Karak Hirn! Il desservira le fortin d'Eau-Noire, la Mine des Huit Émeraudes, la Mine des Umgaks, L'Élevage des Buffles de l'Est, le fortin de Bats-Les-Urkis, la colonie du Sud-Reik, le fortin du Bord-des-Voûts, la Mine Est-Karak-Hirn et finalement Karak Hirn! Allez, on enchaine! "

Bon, bah je crois que j'ai tout. Allez, on plie les genoux... Et on rep-p-p-p -! D'accord... Je disais, on se remet les yeux en face des trous, et on rep-p-prend le tout, a-llez...

- "Oui, excusez-moi, pardon, excusez-m-vous pourriez vous décaler ?

- Oui, voilà, pardon, excusez-moi...

- Oh ! Excusez-vous au moins ! J'ai une tête de wagonnet, peut-être ?! Tsss..."


C'est fou ce qu'il y a comme agitation dans ce couloir ! Qu'est-ce qu'ils ont tous à - Oh. Oh....
Ah ouais...
C'est... Merveilleux...

C'est sûr que ça change de l'avoir en plan-bleu dans le dortoir... Bon sang, c'est tellement... Tellement tout ce qu'on rêve d'avoir... C'est grand, c'est lisse, c'est métallique, ça ronronne comme un dragon, ça souffle comme trois thermes, ça sent le chaud, l'eau claire et l'huile de propulsion, c'est si long et lisse que c'en est interminable pour les yeux, c'est solide comme rien d'autre, et ça encaisserait les dettes du Monde avec le sourire et un soupir. Et ce n'est même pas en or, c'est en... Euh... Ça, c'est de l'acier-noir plaqué zinc, ça, c'est de la fonte de support, ça, c'est - les furieux, toutes les tuyères extérieures sont en cuivre-mithril ! Et c'est qu'elle doit en avoir une douzaine, cette machine, et pas des courtes !

Réfléchis, Snorri, réfléchis. Garde ton calme, il ne faut pas perdre de vue son wagon.
Qu'est-ce qu'on a là ? Cinq, neuf, quinze, soixante, ... Cent-soixante-dix roues creuses moulées à la grande presse, deux fois plus de tiges et de ressorts à lames, sans doute une soixantaine de balanciers répartis sur chaque guidage, une centaine d'essieux en comptant ceux de secours, trois foyers à charbon avec cheminée directe, autant de cendriers à étages, six turbines à vapeur réglées, autant de compartiments réfractaires en pierre et plomb, une quinzaine de bougies mécaniques et d'injections air-eau, trois tubes d'échappements par turbine, vingt bielles de transmission et de répartition dynamique (en comptant les pièces de rechange présentes en permanence dans le coffre d'entretien), une quinzaine de pignons d'entrainement - huit pour le fonctionnement complet, sept de secours, toutes ancrées dans l'armature principale -, quatre roues motrices, un double-bogie à l'avant, sur lequel repose une étrave double renforcée au gromril suivi de deux tuyères de répulsion - parce qu'on sait jamais, ça peut toujours être utile de cracher de la vapeur et des sulfures sur quinze mètres à l'avant si on doit forcer le passage.

Le tout couvert d'une gigantesque coque en acier-gris couverte de bois mou pétrifié, d'échappements auxiliaires, de surchauffeurs et de crans sur la locomotive afin de réguler en permanence la pression interne, les chocs, le dénivelé, quelle que soit les conditions ou les incidents de route, avec enfin, quatre renforts avec attaches amovibles en gromril purifié et rainuré, deux ailes en laiton, et une tête de Morgrim ciselée, incrustée d'or et de mithril blanc - parce qu'en plus d'avoir l'air massif, implacable et merveilleux, il faut avoir l'air riche sans se forcer. Ce serait dommage d'abuser des bonnes choses ou de paraître trop luxueux, hein ?

Je... Je n'ai pas de mots pour décrire le degré de violence que dégage une telle machine, même à l'arrêt. Je n'ai pas de chiffres ou assez de connaissances en algèbre pour jauger du prix de l'ensemble, tellement toutes les dimensions, le nombre de pièces, les choix de matériaux et les efforts fournis pour chaque réalisation sont abrutissants. Même les "simples" wagons de transport sont conçus, renforcés et assemblés avec une finesse et une précision qui rendrait fous la moitié des orfèvres du huitième sous-sol.

Cette merveille quasi-mythique existe depuis des décennies voire même des siècles, et je ne vois aucune trace d'âge, d'usure ou d'empâtement dû à la crasse ou au fonctionnement. Tout est neuf d'aspect, prêt à envoyer toute logique et toute retenue dans le fin fond de votre crâne. Et je n'ai même pas regardé les systèmes d'armement qui sont sur chacun des toits !

J'en ai des douleurs derrière les yeux, tellement ce que je regarde me dépasse en tout point. Je... Je dois m'en aller, hein ? Wagon dix-huit... Alors... Euh... Voilà le dixième, onzième, ... Ah non, c'est le neuf ça. Demi-touuur...

...

Le voi-là ... On repose le barda, haaa...

- " Snorri ! Attends ! "

Hein ?

- " Maître Orlakson ? Qu'est-ce que v-?!

- Avant de te casser, j'te file ça ... "

Que-Hein ? Euh, je n'ai pas de main libre pour un autre carnet. Euh...

"Récits de voyages"
"Observ... Observations et... Autres aventures"

- "Qu'est-ce que c'est que ça ?"

"Écrit par..."

...

PARDON ?!

- " Il l'a oublié ici après son départ il y a des décennies, j'ai jamais eu à cœur de lui envoyer à Nuln. Lis-ça, ça sera instructif pour toi. Ah et quand tu seras chez les umgis à moustache et au vin pas trop dégueu, montre-leur bien quelle est la race qui domine la technologie. "

- "Hm? Ah, euh, oui, oui-oui. J'en ferais mon objectif premier."

Il me regarde bizarrement là. On dirait qu'il voit trouble... Il a remis en marche la tireuse-siffleuse de brune ?

- " Je ... Je crois que je dois y aller. Il faut que je coince tout ça en plus de me trouver un siège, alors..."

Il va me... Il...
Il me tend la main.
Il me tend la main ?

...

Faisons de même.


***


Je ne sais pas combien de temps, j'ai passé à lui serrer la main, mais il n'avait visiblement pas envie de me lâcher. Cette fois, je n'ai pas eu l'audace de lui lâcher quelques conseils en retour, ou une dernière aide sur ses projets. Je n'ai pas la tête à ça de toute façon, vu la migraine que je me cogne. Heureusement, j'ai pu prendre une place près d'une écoute.

- "Hé, jeune, tiens-toi droit. Tu vas où comme ça, chargé comme un biquet ?

- "Heu, je... Je...
Je rentre à la maison."
Snorri Sturillson
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Re: [Snorri] Rester c'est exister. Voyager c'est vivre.

Message par [MJ] Le Djinn »

Le cri résonna, suivit du barrissement d'un cor de brume dawi.

-"Grimgrandel! Rentrez les barbes dans les wagons, le train démarre!"

Les lourdes portes d'acier se refermèrent, emprisonnant les passagers dans la bicoque d'acier. Tout autour des nains les tôles de fer, plaques d'acier, essieux et sièges en bois vibrèrent à l'unisson tandis que la tête du train crachait un gigantesque panache de fumée noire et hurlait un râle de fureur et de puissance. Lentement, le monstre sortit de sa torpeur et tourna ses roues sur les rails. Un tour après l'autre, d'abord lentement puis plus vite et encore plus vite. Sur les quais on entendait les exclamations des accompagnateurs, les larmes des épouses, les signes de la main des enfants. Quelques mouchoirs s'échappèrent au vent.

Bien vite l'accélération en ligne droite cloua les nains à leurs bancs. La tête du Grimgrandel franchit les portes intérieures de Zhufbaar et ses terribles canons à flammes, puis les portes extérieures gardées par des brise-fer lourdement armés. Il n'y alors plus rien à l'extérieur, juste un tunnel obscur au sein duquel se distinguait l'étais des mines. Comment croire à la beauté de la construction? Une voie unique, tracée en ligne droite dans la montagne par la sueur des pioches et la puissance des muscles, uniquement dédiée à un unique engin, une seule invention formidable.
Maintenant que le rythme de croisière était atteint, il était enfin devenu possible de se lever et de chercher quelque chose pour s'occuper. Le voyage allait durer plusieurs jours, aussi ne rien faire n'était pas une option valable. Evidemment on parlait d'une invention dawi, aussi tout cela avait-il était pris en compte dès le départ par les cerveaux besogneux de la Guilde des Ingénieurs. Des petites trappes situées à l'avant et l'arrière de chaque wagon donnaient accès à des dés et des osselets ainsi que des cartes permettant de jouer au Tarot Tiléen, une invention humaine de Luccini mais qui fonctionnait à merveille sur les esprits patients et organisés des nains.

Aussi se forma-t-il presque naturellement des tables de jeu dans ce wagon à double étage qui devait contenir, au vu des places vides restantes, environ quatre-vingt nains aux habits et équipements variés. Quand chacun se promenait, allait profiter des latrines de son étage, ou ambitionnait de se rendre dans le wagon-brasserie (car il y en avait un, évidemment), Snorri eut l'occasion de les observer un peu plus, en apprenant davantage sur ses compagnons de fortune.
De tous les clans et de toutes les professions, mais majoritairement des guerriers, voilà le constat final qu'il pouvait faire! On disait que la guerre frappait Karak Hirn, encore une fois, et que les urkis débarquaient en masse pour dévorer du nain. Rien d'étonnant ainsi à voir une majorité de guerriers professionnels ou des levées militaires qui viendraient renforcer les fronts et compléter les pertes. Plus étonnant, des nains à la panse bien rebondie et aux habits très soignés parcouraient aussi les artères du monstre de métal: des banquiers sans doute, partant vers les forteresses extérieures pour récupérer des dettes ou vers les royaumes humains pour en faire contracter aux umgis. L'agitation dans le Wissenland créait des opportunités, notamment dans le salariat mercenaire et les Fils de la Montagne comptaient bien prendre la part du lion dans les conflits à venir. A part ça on pouvait compter quelques joailliers, des commerçants, sans doute un nain diplomate et même un brasseur.

Avec une justesse toute naine les groupes se formaient désormais autour des tables à mesure que les dawis échangeaient les places. Au rez-de-chaussée les tables de jeu où on pariait de l'or et des chopines autour des dés, des osselets ou des cartes. Au premier étage des nains assez âgés parlaient politique des clans et reprochaient au roi Thorgrim de refuser d'exiger le paiement de certaines rancunes vieilles de plusieurs siècles! Celui aux habits roses et rouges que Snorri soupçonnait d'être un diplomate divulgua même que sa destination finale était Trantio, où il se faisait fort d'obtenir pour l'équivalent de dix-sept mille karl d'or en vertu d'un accord passé avec des mercenaires de la cité, ceux-ci s'étant débinés au milieu d'une terrible bataille contre des grobis. Une fois la somme récupérée on pourrait parler des intérêts, cela allait sans dire.
Dans la dernière partie du train, près des latrines au bout du premier étage, un coin plus calme où on lisait, dormait, se reposait ou papotait de sujets plus légers. A Snorri de choisir comment il voulait tuer le temps. Il n'avait que ça ici: du temps.
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Snorri Sturillson
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Re: [Snorri] Rester c'est exister. Voyager c'est vivre.

Message par Snorri Sturillson »

Bon, et bah voilà, on est parti. Cette étape est terminée, enfin j'espère. Maintenant, la prochaine : Du repos, Karak Hirn, et du repos. Je ne sais pas combien de temps je vais y rester, mais j'aviserai en arrivant. Moins d'un mois serait bien, mais avec l'hiver, je n'ai pas vraiment fait de plans. Au moins j'arrive là-bas durant un temps mou, vu que les barrages vont geler, les fortins s’emmurer, et l'esplanade devrait être vide jusqu'au printemps....

Oui, je sais, les gens racontent que la guerre est installée là-bas, mais bon. La guerre dans une Forteresse Naine, c'est un peu le Sigmarzeit dans l'Empire : Ça arrive tout le temps, qu'on le veuille ou non. Je ne m'en fais pas pour le Fort-au-Cor ou pour qui-que-ce-soit. Il faudrait au moins vingt-cinq ans pour affaiblir sérieusement les tunnels souterrains - oui, j'ai dû faire le calcul durant une démonstration algébrique d'essais de structures, et oui, c'est moins long à dire qu'à faire. M'enfin, ce ne sont pas mes affaires dans tous les cas. Au pire, je suis un Nain extrait de Zhufbar et de l'Empire ; Au mieux, je suis un individu de passage, qui ne laissera que peu de marques dans le granit local. Il parait que les grains de là-bas sont très utiles en situation de choc, mais affreux en effort prolongé. C'est peu commun pour de la roche. J'espère qu'ils ne construisent pas les fondations avec ça. Ce serait mieux pour du carrelage, encore que dans ce cas le grès serait plus agréable à l’œil et aux orteils.

Hm...

Bah, ça ferait d'excellents projectiles pour les catapultes. Il suffirait de polir les blocs à l'avance, et de les envoyer rouler à trois-cent pas... Ou de les laisser rouler dans les tunnels larges, afin d'enfoncer les lignes montantes. Heh, j'aimerais bien voir la tête des assaillants s'ils apercevaient cinq-cents livres de roche débouler vers eux au triple-galop dans un couloir souterrain. Aucune armure ni arme ne pourrait encaisser le poids ou l'inertie de l'engin, une fois en route... Mais il faudrait trouver une utilité au rocher une fois arrêté ou arrivé en bas. Hm...

Qu'est-ce qu'il a dit ? "Ça remue encore dans l'Alt-Wissenland" ? Comment ça ?

- "Excusez-moi, vous avez bien mentionné l'Alt-Wissenland ? J'ai de la famille là-bas que je n'ai pas revu depuis des années, vous pourriez m'en dire plus sur la situation ?"

Des Nains qui mentionnent que ça s'agite. C'est vraiment que ça doit s'agiter, vu qu'aucun de nous n'est du genre à tricoter des âneries dès qu'un gamin se la joue cambrioleur fou ou révolutionnaire en herbe. C'était quoi déjà le nom de l'autre poisseux gredin qui s'était proclamé Comte avec ses brigands de bergerie ? Ah oui, c'est vrai, il est mort pendu et écartelé - on ne badine pas avec les principes, et puis ça donne le ton pour le prochain amateur -, donc... C'est sans importance. S'il avait été vraiment important, on l'aurait abattu à la Solde-Rancunes, mais visiblement, il n'en valait pas la poudre ou les plombs. Tant pis pour lui, ça fera deux munitions de plus pour les grobis.

Bon allez, faut que je l'écoute, l'autre bavard. C'est la moindre des politesses.

***
S'il ne m'avait pas proposé son jeu de cartes, je serais resté une paire d'heures de plus à discuter avec lui. Visiblement, s'entendre parler lui a donné soif d'argent plus que soif de bière. Bah, ce n'est pas de sa faute. J'ai toujours été un horrible joueur, car j'ai toujours un œil sur les cartes passées. Ce n'est pas de ma faute, c'est un réflexe inné ! Je compte vite et bien, je ne vais pas m'en plaindre, si ? Et puis, de toute façon, pourquoi est-ce je formule tout cela à l'interrogative, hm ? Ce n'est pas comme si quelqu'un allait s'introduire dans ma tête pour me lire ou me répondre. Ces histoires de partage des méninges, c'est bon pour les mangeurs de cadavres et les apprentis médecins. Et dire qu'il y a des gens qui pensent que l'on devient plus intelligent si l'on mange la cervelle d'un être instruit ou sage. Pfff, si c'était le cas, ça se saurait, et puis l'Averland aurait tout un tas de... Attends. Oui, l'Averland a en effet tout un tas de problèmes en haut-lieu, et ils ont aussi tendances à tourner de travers dans leur tête, et ils adorent leurs bovins.

.
.
.

Bizarre...

- "... m'en vais vers ces filous de Trantio. Dix-sept mille karl qu'ils ont de retard, les corniauds, et..."

Eh-eh-Res...pi.... QUOI ?!
Image
COMBIEN ?!

Gh-aaaah, j'ai de la mousse dans le nez. Inspire.... Encore... Ouah, ça y est, je peux de nouveau sentir mon nez !

D-dix-sept-mille couronnes, comme ça, comme un Marktag ! J'ai sifflé par réflexe, tiens.

Et maintenant il me regarde. Intelligent ce réflexe.

- " Excusez-moi de commenter, mais je me dirige aussi vers la Tilée, et personne ne m'avait informé d'une telle chose. Est-ce qu'il y a d'autres choses à savoir sur ces villes ? Enfin, si je dois apprendre que l'on m'a fait une farce et que toutes ces cités Umgis sont endettées jusqu'aux os, autant que je le sache. Déjà qu'ils changent de dirigeants comme ça les arrange..."

Et puis Trantio, c'est un joli nom pour une ville humaine. Ça sonne beau de loin, ça sent l'audace, les teintures folles, le marbre constellé, et... Et je crois que c'est dans un lieu assez vallonné, non ? Enfin, avec des collines, des pentes praticables, ce genre de choses. Si le soleil est omniprésent, ce serait sans doute un bel endroit pour y trouver des orangers - Quoi ? Vous pensiez vraiment que j'allais oublier ? J'y tiens à ces orangers. J'en ai rêvé, et je les aurais. Plutôt me raser la tête que d'oublier ça, et ... Oh bah tiens, j'ai déjà le crâne rasé.


La belle affaire !
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Re: [Snorri] Rester c'est exister. Voyager c'est vivre.

Message par [MJ] Le Djinn »

- " Excusez-moi de commenter, mais je me dirige aussi vers la Tilée, et personne ne m'avait informé d'une telle chose. Est-ce qu'il y a d'autres choses à savoir sur ces villes ? Enfin, si je dois apprendre que l'on m'a fait une farce et que toutes ces cités Umgis sont endettées jusqu'aux os, autant que je le sache. Déjà qu'ils changent de dirigeants comme ça les arrange..."

En se retournant pour discuter avec ces nains honorables, Snorri s'aperçut qu'il n'y en avait pas deux, mais trois. Tous partageaient le trait d'une barbe longue et blanchie par le temps, symbole de grand âge et signe avant-coureur de lourdes râleries. On comptait évidemment le diplomate en rose et rouge dont l'habit qui moulait ses formes pourtant rebondies lui donnait des air de grosse framboise. Le second était vêtu de jaune pâle, agencé avec un goût certain pour la sobriété et qui avait plus l'air d'un maître-maçon hors de ses fonctions. Le dernier, en gris, était le prototype du commerçant, avec ce front fuyant, cet air mesquin et faussement enjôleur, ce qui n'était pas peu dire pour un nain. Visiblement ravi d'avoir un interlocuteur de plus à qui parler pendant le long voyage qui s'annonçait. Sans en avoir conscience, Snorri venait de mettre un coup dans la fourmilière, ce qui se concrétisa très vite quand le diplomate commença à s'expliquer...

-"Ah, c'est bien de voir des jeunes s'occuper des véritables affaires! De mon temps les jeunes le faisaient tous, hein, on était intéressés par le monde, nous! Mais c'est bien de voir qu'il en reste quelques uns!

Faut pas faire attention à la Tilée en fait, ce sont comme des impériaux, sauf qu'ils ont tous l'intelligence de se laisser pousser la moustache! FAut pas leur parler de barbe par contre, ils n'ont pas encore évolué jusque là, hahaha! Ils font un vin qui est pas mauvais, même si ça vaut pas une bonne bière. Heureusement qu'on trouve des quartiers nains là-bas, hein?
Bon après, les villes. Elles ont toutes des dettes de la taille du Grimgrandel, pour sûr! Faut dire que ces clébards passent leur temps à s'entre-tuer pour un rien et à engager des tombereaux de mercenaires pour se faire la guerre, et les mercenaires ça coûte des couronnes! Comme nous-autres dawis sommes malins on leur vend des armes, du métal, des défenses en pierre et en bois, en quantité monumentale! Ah! Et de temps en temps, un des bâtards refuse de payer, et là, moi, Durin Coffre-Diamant, je me déplace! Et ça va barder!"


Le dawi en jaune ricana dans sa barbe, les yeus soudainement brillant.

-"Comme à Luccini, c'est ça?"

-"Oui comme à Luccini! Ces fils d'urkis avaient refusé de payer la somme de huit mille pistoles due à l'achat de quatre canons, sous prétexte qu'ils n'avaient pas pu les utiliser correctement. Mais est-ce que je vais me plaindre au cordonnier parce que je ne sais pas lacer mes sandales, moi? Non! Les Ancêtres en son témoin, j'ai tenté de négocier, de leur faire entendre raison, rien à faire! Alors on a fait sauter la poudrière du port, pour faire passer le message. Le lendemain j'avais huit mille pièces d'argent entre les mains, aussi vite que ça! Je me fais fort d'avoir le même succès à Trantio, et dans toutes les autres foutues ville de ce pseudo-pays au besoin!"

Le voilà qui s'exaltait, s'agitait sur son siège, faisant rebondir sa panse gâtée par des années de ripaille et de boisson. Le dawi en gris, jusque là resté muet, ne put s'empêcher de commenter.

-"Bah! Ils seraient encore capables de te donner des pièces creuses. Moi je dis qu'on aurait dû couper les ponts avec les estaliens et les tiléens depuis au moins mille ans. Il ne se passe pas un an sans qu'ils n'assassinent un de leurs dirigeants ou que des émeutes aient lieu. La dernière fois que j'y été, il y a à peine quarante ans, il y en avait eu une et ces fous s'étaient jetés dans le quartier nain en pensant qu'on avait pris tout leur or! On avait passé la journée à les chasser dans les rues à coup de fusils, de haches et d'arbalètes. Trois cent vingt trois morts au total, juste chez eux! Et ça ne les a pas assagis, ils ont voulu recommencer trois mois après! Moi je le dis, ils sont tous fous là-bas."

Et ils passèrent une bonne heure à ressasser des souvenirs "récents" qui dataient parfois de cinquante ans. Finalement, après une heure de dialogue aussi creux qu'ininterrompu durant lequel Snorri put apprendre que le gaillard en jaune s'appelait Morlin Veste-Mailles et celui en gris Rhodur du clan Pierre-Forte. Ce fût tout de même Durin qui se tourna pour enfin faire entre l'ingénieur dans la conversation:

-"Et toi jeunot, pourquoi tu vas te perdre chez ces animaux inaptes à comprendre la beauté de la culture naine? Enfin à part les vendettas, ça... Ils ont copié notre système de rancune mais en oubliant d'inventer l'écriture à côté, les corniauds!"
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Snorri Sturillson
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Re: [Snorri] Rester c'est exister. Voyager c'est vivre.

Message par Snorri Sturillson »

Ainsi, toutes les Cités de Tilée ont des dettes colossales, un attrait particulier pour le vin, et elles ont du mal à rembourser quoi que ce soit quand il faut. Hm, je me demande quelles sont les sommes exactes qui sont dues aux Nains, et à quelles forteresses elles sont dues. Connaissant les gredins du Petit-Sud, ils sont allés chercher celles et ceux qui avaient le moins de chance de s'intéresser à eux, ou qu'ils pensaient incapables de venir récupérer leur dû. En plus, voilà que cet ainé s'est justement fait rouler par des irrattrapables déserteurs, donc je ne dois pas être loin de la vérité. Sans doute devrais-je chercher d'autres sons de cloche à propos de cette affaire, mais je n'ai pas vraiment ce luxe ici même, alors l'avis de Durin suffira.

Si seulement j'avais une carte, je pourrais établir à la hâte une direction, ou au moins me faire une idée de la situation géographique de Trantio par rapport à Miragliano et toutes les autres... Enfin, si j'avais eu le culot de demander cela aux maîtres, j'aurais peut-être eu une note supplémentaire à transporter, ou même un devis ou que-sais-je de plus m'obligeant à rapporter l'ouvrage dans le même état qu'on me l'a donné - il m'aurait donc été nécessaire de promettre un retour prochain, chose que je refuse catégoriquement de faire, vu mon apathie progressive dans les Halls du Lac Noir. Bah, je trouverai bien le temps ou l'exemplaire qu'il me faut à Karak Hirn. Il y a forcément une Guilde subalterne, une Guilde de scribes, d'enlumineurs ou quelque chose du genre. Dans le pire des cas, je devrai me référer aux notes de voyage que j'ai accumulé durant mes lectures, qu'il s'agisse du fiévreux Jotunn Marche-Ciel ou des ouvrages que l'on a rattaché à son œuvre.

Quoi qu'il en soit, ces trois compères m'ont l'air d'être de formidables compagnons de voyage, et de superbes sources d'informations, si biaisés soient-ils. Entre le maitre-artisan, le commerçant et le rougeâtre, j'ai l'impression d'avoir devant moi une de ces étranges mais passionnantes scènes d'exposition que l'on présentait à l'Opéra de Nuln. J'espère cependant que l'œuvre dont je fais partie n'est pas une de ces satanées divagations de Deltef Siercke, car je n'ai jamais apprécié son ton lancinant et son attrait presque fanatique pour la tragédie et les aristocrates. Encore que les aristocrates n'étaient que secondaire au problème - j'ai toujours côtoyé des nobles et des gens éduqués -, mais cette tendance mélancolique qui n'en finit pas, pouah, ce sera sans moi !

En plus, voilà que Durin m'annonce avoir déjà saboté des poudrières pour récupérer les sommes voulues ! N'est-ce pas merveilleux ? En voilà une méthode fantastique et expéditive ! Bon, les coupables et commanditaires étaient sans doute sérieusement gardés dans les ghettos propres à notre espèce - ce qui n'est pas encore mon cas, puisque je n'ai pas encore le statut suffisant, bien que cela reste négociable selon mes actions -, mais cela va sans dire. Si je n'avais pas prévenu Mère de mon passage à Karak Hirn dans les prochains jours, j'aurais accompagné ces trois larrons avec joie et beaucoup d'entrain, mais tâchons de ne pas être sot juste après avoir été qualifié par la Guilde.

- "Qu'en est-il de votre périple, Durin ? Êtes-vous accompagné, ou bien est-ce qu'une escorte vous attend à bon port une fois que vous aurez mis les pieds dans la ville ? Comprenez mon intérêt, puisque je n'ai jamais mis les pieds en Tilée et encore moins eu à demander de telles sommes à qui que ce soit... Mais je m'égare.

Mon nom est Snorri Sturillson, du clan Juste-Marteau.

Je me dirige vers Miragliano ou tout autre Cité des environs, afin de trouver un point d'ancrage pour mes études et projets d'ingénierie. Je suis envoyé au nom de la Guilde des Ingénieurs, et même de toutes les Guildes d'Ingénieurs que l'Ankor et les Voûtes contiennent, afin de déceler ce qu'il se trame dans les différentes Cités du Sud qui se proclament "berceau de la science", "lieu de savoirs innovants" ou que-sais-je encore.

Je comprends à vos mots que ces Cités ont toutes un tempérament assez hasardeux, c'est bien cela ? Dans ce cas, comment arrivent-ils à se faire la guerre aussi facilement et régulièrement ? J'espère que ce n'est pas l'or des Dawis qui permet à ces volages de s'entretuer ? Enfin, je veux dire, qui va payer s'ils s'évertuent à mourir avant d'avoir payé ? De plus, il serait bien possible que les deux bélligérants d'un conflit ne soient capables d'alimenter ce dernier uniquement grâce aux emprunts Dawis, et dans ce cas... Eh bien, cela signifie que le conflit appauvrit doublement notre cause et nos coffres dans ces terres.

Enfin, je parle beaucoup à présent, excusez-moi. Qu'en est il des autres Cités, telles que... Remas ? Miragliano ? Verezzo ? Tobaro ?
"
Snorri Sturillson
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Personne n’a le droit d’être ignare.
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Re: [Snorri] Rester c'est exister. Voyager c'est vivre.

Message par [MJ] Le Djinn »

Jamais Snorri n'aurait pu imaginer à quel point il ferait plaisir à ses aînés en posant des questions précises sur leur domaine de compétence ou simplement sur leurs connaissances générales. Il semblait que dans la société naine c'était le privilège des anciens que de pouvoir se gargariser de leur lourde connaissance en l'exposant sans fin et sans répit aux têtes blondes qui se risquaient à leur demander leur avis. En un sens le fils de Sturill savait ce dans quoi il s'engageait, à son grand péril, en interrogeant un vieux nain. Durin Coffre-Diamant prit l'initiative de l'informer sur l'état de la Tilée, un petit sourire de satisfaction aux lèvres quand il parlait. Sa langue râpeuse passa d'ailleurs sur ses grosses lèvres tandis qu'il débutait:

-"Ah les cités-états, ça c'est du sujet, jeune dawi! Ah qu'il y a à en dire! Qu'est-ce qu'on pourrait en dire qui date d'hier? Ah oui! On va commencer par Sartosa tiens, ce repaire de pirates! Ils ont lancé une série de raids victorieux sur les côtes tiléennes, estaliennes, arabéennes et bretonniennes! Ils ont écumé la région pendant cinq ans, ces fumiers! Si je prenais la mer parfois, je leur aurais montré comment je me nomme, ah ça oui!

Bon toujours est-il que ça a bien énervé Tobaro tout ça! Ils auraient bien sévit mais il parait que les skavens, ces foutus charognards, ont harcelé la ville. Ils ont été repoussés ainsi que la flotte de Sartosa, mais à grand prix et la cité se referme maintenant sur elle-même. Quel dommage quand même, pour une fois ils se sont battus comme des nains, des vrais! Pour une fois..."


Rhodur Pierre-Forte le coupa pour placer son propre égo.

-"Ouais et à Luccini ça a pas été la même chanson! Les sartosiens ont coupé le commerce maritime et les guerres avec Pavona et Trantio ont piétiné les cultures. Les mercenaires ogres se sont révoltés quand la nourriture est venue à manquer et la ville a salement douillée. Maintenant y'a plus un ogre dans le coin, par contre bordel qu'est-ce qu'il y a comme goules..."

-"Bien fait pour ces mauvais payeurs."

Morlin Vestes-Mailles tempéra:

-"C'était y'a dix ans, la ville va mieux maintenant... Par contre Pavona c'est pas la même. Y'a un couillon moustachu qui a attiré sur eux une horde d'orcs y'a quelques années, la ville se l'est mangée en plein dans la tête, une horreur. Bon le chef orc a été tué dans un assaut et son successeur a été tailler les croupières du Monte Castello, qui est encore sous siège je crois. Ils achètent toutes les armes qu'ils peuvent sans regarder à la dépense."

Durin repartit de plus belle:

-"Nan puis on en oublie! Y'a Trantio qui est entrée en révolution après la dernière guerre contre Luccini y'a douze ans. Depuis ils font plus qu'une roue du Grimgrantel: cinquante révolutions par secondes, hahaha!"

-"Tu les sous-estimes! Y'a deux ans ils ont changé dix-sept fois de prince en six mois. Ils sont tombés à court après!"

-""Remas c'était pas tellement mieux. Ils ont eu une épidémie y'a sept ans, la petite peste. Ils vont mieux maintenant mais ils était quand même hors-commerce pendant un moment. Je crois qu'aujourd'hui ils sont en train de préparer une nouvelle guerre contre Verezzo. Y'a rien de particulier à Verezzo d'ailleurs, ce sont les seuls qui s'en sont à peu près tirés tranquillement."

-"Ah et Miragliano a récupéré tous les gains en rachetant et revendant le butin de Sartosa. Maintenant la ville est riche comme Thorgrim et les princes se lancent dans le mécénat à grande échelle. Faudra qu'on ouvre un front commercial là-bas."

A présent Snorri savait tout au presque de la situation générale de la Tilée en cette belle année de 2545. Le train continuait de fumer à toute allure en partant droit vers Karak Hirn. Il se faisait tard d'ailleurs et on commençait à sortir les repas du soir, bien sûr savamment arrosés. De la viande, du pain, du fromage de chèvre... Oh et un tonneau de bière par étage, offert par la Forteresse!
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Re: [Snorri] Rester c'est exister. Voyager c'est vivre.

Message par Snorri Sturillson »

Bon, ils ont bel et bien l'air au courant de ce qu'il se passe là-bas. Au moins, cela est rassurant...
Des pirates à Sartosa, des pauvres à Tobaro, Luccini qui reprend de l'allure, Pavona et Monte-chose face aux Grobis, Trantio en plein doute, Remas et Verezzo qui restent en retrait et Miragliano qui se développe. Excellentes nouvelles, en somme.

...

Attends.
Ils ont... Ils ont ignoré tout ce que j'ai dit. Ils sont partis dans leurs monologues interposés et ont ainsi complètement ignoré ce que je leur avais demandé. Tsss... Comme quoi, l'âge ne fait pas que du bien, même aux Dawi. C'est...

C'est triste en fait. Triste et décevant. Oui, c'est décevant de voir des gens de cet âge et de cet acabit, avec leurs costumes, leurs tresses et leurs bagues imposantes être incapables de suivre un enchaînement de plus de cinq phrases. Surtout que ces gens ont l'air d'avoir de fortes responsabilités, vu la tâche et les sommes qui leur sont incombées. Qu'est-ce que ça doit être lorsqu'ils ne sont pas en voyage... Est-ce qu'ils oublient leurs devoirs lorsqu'ils sont au repos, ou qu'au contraire, sont-ils incapables de faire autre chose que la tâche qui leur est incombée ?

A dire vrai, je m'attendais à une discussion incroyable, époustouflante et érudite, et voilà qu'en fait je me retrouve face à des savants qui témoignent d'une incapacité d'écoute propre - oui, une incapacité propre à leur rang. Comme quoi, certaines choses ne changeront jamais. Les Aînés auront toujours des tempéraments d'Aînés. Que disait Herr Hugelstein à ce propos ? Ah, oui : "Les chiens ne font pas des chats. L'éducation corrige les torts, mais ne les efface pas". Je me demande ce qu'il est devenu, ce cher Hugelstein, avec son pas et-demi, son attrait pour les faucons et le vin blanc.

...

Non, ce n'est pas le moment de penser à ça. Je suis là avec mes questions, alors que ces Dawis ne veulent ou n'ont pas compris que j'attends des réponses. Reprenons, la pause fut assez longue.

- "Très bien, très bien, je vois. C'est fou toutes ces histoires que vous avez, on croirait que vous y étiez !

Mais de fait, qu'en est-il de votre périple, Durin ? Êtes-vous accompagné, ou bien est-ce qu'une escorte vous attend à bon port une fois que vous aurez mis les pieds dans la ville ? Comprenez mon intérêt, puisque je n'ai jamais mis les pieds en Tilée et encore moins eu à demander de telles sommes à qui que ce soit... Mais je m'égare.

Je comprends à vos mots que ces Cités ont toutes un tempérament assez hasardeux, c'est bien cela ?
Dans ce cas, comment arrivent-ils à se faire la guerre aussi facilement et régulièrement ?
J'espère que ce n'est pas l'or des Dawis qui permet à ces volages de s'entretuer, hm ?
Enfin, je veux dire, qui va payer s'ils s'évertuent à mourir avant d'avoir payé ?
De plus, il serait bien possible que les deux belligérants d'un conflit ne soient capables d'alimenter ce dernier uniquement grâce aux emprunts Dawis, et dans ce cas... Eh bien, cela signifie que le conflit appauvrit doublement notre cause et nos coffres dans ces terres."


Voilà. Si là ils ne me répondent pas, c'est peine perdue, ils sont officiellement bloqués comme des notes sur du papier à musique. Ce serait vraiment dommage pour eux, d'être réduits à l'état d'automates sans jamais s'en rendre compte. Oui, ce serait dommage, mais terriblement utile pour ceux ou celles qui les dirige, vu qu'ils seraient alors de parfaits pantins que l'on peut délaisser sans risque d'erreur ou de surprise.

Enfin bon, je ne suis ni leur maître ni leur sujet, alors ils ont intérêt à répondre. De toute façon, j'ai tout mon temps. J'ai le siècle prochain s'il le faut, contrairement à eux.
Snorri Sturillson
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"Vous n’avez pas le droit d’avoir votre opinion. Vous avez le droit d’avoir votre opinion renseignée.
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