[Snorri] Rester c'est exister. Voyager c'est vivre.

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Les Montagnes sont depuis l'aube des temps le domaine des Nains : c'est là, parmi les pics colossaux et les précipices vertigineux, qu'ils bâtirent jadis d'immenses forteresses souterraines.

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[MJ] Le Djinn
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Re: [Snorri] Rester c'est exister. Voyager c'est vivre.

Message par [MJ] Le Djinn »

Le fait de répéter les mêmes questions qu'il avait déjà posé à ses Aînés laissa un blanc. On aurait pu, à leur table, entendre une mouche voler tellement le silence se faisait lourd à mesure que les petits yeux de dawis aigris se portaient dans sa direction. Il faut bien préciser "à leur table", car juste à côté des guerriers-mercenaires jouaient une partie enflammée d'osselets bretonniens et les invectives volaient bas au même titre que les paris et encouragement, le tout au rythme des chopes de bière s'entrechoquant. On savait s'amuser quand on le voulait chez le peuple de la montagne.

Revenons-en à Snorri qui observait, crispé sur son siège, que les vieux montraient les dents. Comme il était attendu, Durin Coffre-Diamant lui aboya au visage:


-"Ah c'est comme ça! On prend ses Aînés pour des imbéciles, n'est-ce pas? On répète la même chose parce qu'on croit que leurs vieilles oreilles n'ont pas entendues, qu'ils sont séniles! Ca a à peine un peu de barbe au menton et déjà ça se croit tout permis! Les jeunes de nos jours par Grimnir! Ils étaient plus sages de mon temps!"

Morlin Vestes-Mailles, sensiblement plus compréhensif que ses compères, chercha quand même à répondre:

-"Ce qu'il faut comprendre avant tout sur les cités tiléennes, mais aussi estaliennes, c'est qu'elles cumulent à la fois toutes les richesses et toutes les convoitises tout en ayant une armée de métier mercenaire. Ca n'a l'air de rien comme ça, mais le fait que la quasi-totalité de leurs troupes soient des lames à vendre a permis un nombre de renversement d'alliance impressionnant. Ajoute à ça le fait qu'être roi (ou prince, ou je ne sais quoi!) d'une cité équivaut à pouvoir s'accaparer ses richesses..."

Ce fût le moment choisi par Rhodur Pierre-Forte pour donner du poing sur la table.

-"L'or des étrangers et le sentiment de pouvoir, voilà tout ce que recherchent ces umgis, tous autant qu'ils sont! Avec le commerce ils attirent des richesses considérables, tout ça pour dépenser l'argent en tueurs et en mercenaires avant d'aller se faire des petites guerres en rase campagne, insupportable! Vous savez quoi? Je pense que quand Thorgrim (l'ancien, pas le jeune actuel) a décidé d'interdire aux dawis de financer un prince de Tilée ou d'Estalie, il a fait une fleur immense à notre peuple. Combien de banquiers, de maîtres de guilde et de marchands s'étaient perdus dans l'aventure tiléenne avant? Hum?"

Un ricanement émergea de la gorge de Durin.

-"Tu n'y es pas, Rhodur. Cette loi, cette coutume... Elle n'a jamais rien changé, et tu le sais. On ne finance plus directement les armées des princes oui, mais on finance des monuments que la corruption fera couler jusque dans la poche des capitaines mercenaires. Et le plus beau? C'est que nous n'y mettons que des pièces impériales ou marienburgeoises, aucun or dawi n'a jamais touché une poche tiléenne! Et quand les fruits sont mûrs, on peut récupérer notre dû... "

Intervention directe de Morlin.

-"La question n'est pas là! Ca fait des siècles que cette terre existe et elle n'a quasiment jamais connue la paix! La guerre c'est très bien quand Karak Hirn veut leur vendre des armes ou qu'ils passent des commandes à Zhufbarr, mais pour tous les autres?"

Durin encore.

-"Les autres? La Guilde des Maçons étaient bien contents quand Miragliano a demandé à faire refaire sa muraille. La Guilde des Tanneurs s'est frottée les mains durant la guerre Sartosia-Luccini, et la Guilde des Architectes Navals de Barak Varr a bien ri également! Et puis tant qu'ils se tapent dessus les uns les autres, ils ne viennent pas nous ennuyer dans nos montagnes, c'est dit!"

Il y eut des hochements de tête et Rhodur reprit le flambeau:

-"Je suis d'accord avec ça, mais ça signifie qu'ils ne peuvent pas nous aider non plus. Je ne suis pas sûr de la meilleure méthode... Mais tant que la marchandise passera par eux pour se déverser dans le reste du Vieux Monde, la situation continuera. Et il ne faudra pas compter sur les dawis pour venir les sortir du pétrin! Ils n'ont aucun pacte d'alliance avec nous, en y repensant..."

Et ainsi continua le train pendant qu'ils devisaient sur la Tilée et ses mystères. Une terre instable, pleine d'umgis tantôt fourbes, tantôt insouciants... Mais pleine de promesses, également.
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Snorri Sturillson
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Re: [Snorri] Rester c'est exister. Voyager c'est vivre.

Message par Snorri Sturillson »

Bon, eh bien visiblement, ils ne sont pas sourds mais simplement incapables de répondre à plusieurs questions à la suite. Tel est le fardeau des orfèvres et des banquiers de cet âge, sans doute. Il est vrai que, maintenant que j'y pense, les banquiers et usuriers ne sont pas les métiers où l'on a la plus longue espérance de vie, même en tant que Dawi. Je ne sais pas si cela veut dire que ces gens-là sont plus endurants que la moyenne ou plus lents à l'ouvrage, mais quoi qu'il en soit, ils sont là.

La Tilée est donc intégralement régie par des grandes villes, centre du pouvoir et des finances régionales qui sont pourtant incapables de stimuler un sentiment suffisant chez ses soldats et ses défenseurs sans un grand apport d'argent préalable - il n'est pas né celui qui voudrait me faire croire qu'un mercenaire se bat gratuitement. Et ensuite, le pouvoir déjà centralisé est une nouvelle fois centralisé autour de ou en la personne du "prince", qui, si j'ai bonne mémoire, dirige la Cité et sert de bouc-émissaire lorsque rien ne va - c'est très proche de Nuln en somme, et très ressemblant à ce que j'avais pu glaner dans les ruelles bariolées du Petit Sud. Mais alors, qu'en est-il de cette idée de "République" que j'entendais si souvent là-bas ?

...

Ainsi les finances tiléennes seraient régies de manière relâchée par l'or d'autres nations Umgis, mais par le biais des Dawis de ce côté des Voûtes. Étonnant. Cela fait tout de même une masse de travail gigantesque et une probabilité de recouvrement bien plus faible que de l'Empire, vu que chaque changement de dirigeant ou de conseillers annule certainement les devis et dettes en cours - ce serait là une démarche logique de leur part, bien que terriblement insultante du point de vue des Fortins. Et donc, lorsque les têtes grondent et que vient le temps de sonner le glas de toute cette comptabilité délirante, lesdites têtes envoient... Ce genre de personnel. Un cabot dur de front comme de nez, têtu bien que peu apte à l'écoute, prêt à faire sauter marins, marraines et marchés si la somme n'arrive pas assez vite.

Hm.

En soi, l'idée est intéressante, remarquable en tant que telle, mais... Il m'est d'avis sur l'instant que... Il serait plus avisé de domiciler - domicilier ? - des gens de la sorte au sein de chaque cité tiléenne endettée, et non en tant que dogue itinérant - même si je devine que toutes les cités sont endettées auprès d'une ou de plusieurs forteresses, et que ces belles villes ensoleillées ne subsistent actuellement que parce que la très grande majorité des conseils royaux n'ont que faire des peuplades au Sud des Montagnes Noires, puisqu'aucune ne prie le bon "ancêtre" ou "allié". Je me demande à quel niveau est-ce que la connaissance de toutes ces dettes s'arrête, tiens. Est-ce que cela se limite aux dignitaires itinérants ? Aux conseillers de quartiers ? Aux guildes financières ? Peut-être aurais-je le temps d'en toucher deux mots à ces parents lointains que je n'ai jamais connus, hé. Ils seront sans doute ravis de savoir que moi, l'inconnu, soit au courant.

Maintenant me vient une autre question : ai-je vraiment envie de continuer mes recherches grâce à la conversation ou non ? Enfin, plutôt : est-ce que j'ai vraiment envie de me répéter et de me faire rabrouer à chaque tentative d'intéressement de ma part ? Surtout que mon intérêt porte directement sur les connaissances de mes interlocuteurs, et non leur statut ou leurs fausses amitiés. Peut-être qu'ils me pensent bien impoli et impudent avec mes questions et mes vêtements, mais je n'estime pas avoir ni l'envie ni le besoin de me justifier auprès de qui que ce soit à propos de ma personne. J'avais été le seul de toute ma famille à bien recevoir notre exclusion de la Colline en automne 2528, et je pense que cela suffit à présenter qui je suis.

C'est dommage d'ailleurs, la Comtesse m'avait offert - pas personellement, mais presque - une place à l'École Impériale d'Artillerie, et je ne serai resté là-bas que... Eh bien, cinq ou six semaines, non ? Tout ce raffut pour au final finir avec cet ineffable Mornin et ses farces. J'espère qu'il est encore en vie, lui et les deux autres apprentis dont il a arrêté l'ascension. J'espère aussi qu'il sait que son humour malencontreux m'a propulsé à la plus haute place d'érudition et d'ingénierie, et que mon "exil forcé" n'en a eu que le nom. Ah, c'est triste tout de même, ce que la fierté et l'ego vous pousse à faire...

Enfin bref. Trèves de baratin et d'écoute. J'aurais bien besoin de plus de réponses, mais si je me répète encor, c'est moi que l'on va jeter sous le train et non les rails. Puisqu'ils n'arrivent pas à me répondre, et puisque je me dirige vers ma lointaine et inconnue famille, autant m'intéresser à cela.

- "Eh bien, que d'histoires curieuses ! Je vous remercie tous amplement pour tout cela, vraiment. Néanmoins, j'ai d'autres devoirs propres à ma caste, c'est pourquoi je suis dans l'obligation étrange de m'absenter quelque temps. Dans tous les cas, et quoi qu'il advienne, si jamais à la fin du prochain mois il manquait à l'un d'entre vous un ingénieur afin de parfaire votre cortège, cherchez moi à Karak Hirn, vous connaissez mon nom.

Sur ce, messieurs, bonne continuation, et bonne journée."



On salue proprement, et on s'en va.

Bon, si j'étais honnête et direct, je leur dirais que ma seule envie dans le siècle à venir est de voir le moins de Dawi possible, mais bon, ils ne sont ni directs ni modestes, alors cela suffira.

Qui plus est, j'ai justement un ouvrage familial en ma possession, alors autant l'entamer. Je me demande ce que Père a pu marquer dans ce... Ah, quel était le nom déjà ?

Récits de voyages, observations et autres aventures, écrit par Sturill Noradson. Un truc de ce genre.
Snorri Sturillson
Voie de l'étude de l'ingénierie - Apprenti
Profil: For 8 | End 10 | Hab 8 | Cha 8 | Int 10 | Ini 7 | Att 9 | Par 9 | Tir 9 | Foi | Mag | NA 1 | PV 70/70

"Vous n’avez pas le droit d’avoir votre opinion. Vous avez le droit d’avoir votre opinion renseignée.
Personne n’a le droit d’être ignare.
"
Snorri dans un univers parallèle très mignon et propre :
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Fiche personnage wiki : wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_snorri_sturillson

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