[Dwimir] Le bastion du Lac Noir

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Les Montagnes sont depuis l'aube des temps le domaine des Nains : c'est là, parmi les pics colossaux et les précipices vertigineux, qu'ils bâtirent jadis d'immenses forteresses souterraines.

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[MJ] Le Grand Duc
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Re: [Dwimir] Le bastion du Lac Noir

Message par [MJ] Le Grand Duc » 28 sept. 2018, 13:55

En face de Dwimir, Thork fulminait, sa longue barbe rousse et blanche parcourue de soubresauts:

-Le problème de la chaudière? Elle est retapée comme si elle sortait de la forge et elle brille comme un sou neuf, mais tu as oublié un détail... La livrer. C'est bien beau de bosser dans son coin pour se défouler après le service mais faut finir le boulot d’abord, petit !

Le départ de quelques uns de ses jeunes apprentis le mettait particulièrement en rogne et après cette invective, il grommela dans sa barbe encore quelques secondes, comme quoi de son temps ce ne serait jamais arrivé. Toujours en grognant, le maître ingénieur s’était approché du travail de Dumrolsson. Ses lunettes sur les yeux lui permettaient de déchiffrer sans le moindre problème les runes du rapports de Barak-Varr et celles, plus proche de pattes de mouche du jeune apprenti qui mentionnait la possibilité d’une utilisation sur un prototype. Mais avant qu’il n’ait pût faire le moindre commentaire, un des jeunes dawis partis à l’aventure arriva en trombe.

- « Maître, maître, le dragon, on l’a trouvé ! Il est dans le lac et il est mort. Alors avec les gars on s’est dit qu’on pourrait se partager le corps. Mais Mundarsson voulait plus faire un partage équitable comme convenu mais par un concours. On a pas oublié que c’est lui le meilleur du groupe, du coup, avec l’aide des autres, j’ai filé en courant pendant la préparation des épreuves, et…

-Silence ! » le coupa Thork

Le maître ingénieur bouillait mais pour le noble qui le connaissait de longue date, on pouvait voir les rouages de son esprit tourner à pleine vitesse. D’un mouvement leste de ses deux énormes mains, il saisit Dwimir et le revenant, aboyant au second d’aller quérir de l’encre, du papier et une plume tandis qu’il ordonnait à notre héros de faire préparer deux gyrocoptères au plus vite, maintenant que la menace aérienne s’était évanouie, et d’attendre qu’il le rejoigne.

Grimpant quatre à quatre les six étages menant aux grands halls de lancement, Dwimir pénétra dans le royaume des pilotes. Ces nains étaient tous des ingénieurs chevronnés, sans doute les dawis les plus proches de leurs congénères de l’Empire en terme de création débridée, bien que les règles soient tout de même très strictes. Cette baie de lancement était creusée à même la roche, à flanc de montagne, sur un versant tellement escarpé qu’il en était infranchissable sans pouvoir voler, mais cela n’empêchait pas la sortie d’être solidement gardée et pourvue d’une imposante porte coulissante de gromril et d’acier. Dumrolsson n’était jamais monter jusqu’ici, et il ne pouvait que le regretter: deux quais longs d’environ deux cents coudées et large de presque trente. Ils étaient séparés par une tranchée de six pieds de haut, dans laquelle quatre nains pouvaient progresser de front, et de plus, elle était ponctuée tout les dix mètres d’escaliers menant aux aires de décollage et de repos de la flotte aérienne de Zhufbar, du moins les gyrocoptères, les bombardiers ayant leur hangar dédié.

Chaque accès menait à six gyrocoptères et leurs alcôves d’outils et de pièces détachées, et même si la majorité des places restaient vide, le spectacle était impressionnant, sur la centaine véhicules volant pouvant être logés, seuls quarante-deux étaient présents. Malgré tout, le bruit des pales et des rotors emplissait la pièce au même titre que l’odeur d’huile et de charbon. Oui Dwimir était dans son élément, entouré d’engrenages, et ayant demandé respectueusement à deux pilotes de se tenir prêt, il se laissa aller à contempler les armes et machineries de ces créations du génie nain.

Puis Thork revint en trombe après quelques minutes, lui ordonnant de monter dans l’engin plutôt que de le regarder et d’aller fissa empêcher ces imbéciles d’abîmer le corps du dragon, pendant que lui même irait discuter avec le Thane.
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Re: [Dwimir] Le bastion du Lac Noir

Message par Dwimir » 07 oct. 2018, 19:02

L’action avait pris Dwimir au dépourvu: voilà qu’il se retrouvait dans le cockpit d’un gyrocoptère à essayer désespérément de se remémorer les quelques cours de pilotage qu’il avait reçu durant sa formation. Il jeta un oeil aux commandes, et les souvenirs lui revinrent. Il devrait pouvoir le faire décoller et, il l’espérait, atterrir. Pour avoir travaillé sur certaines de ces pièces d’ingénierie il en connaissait le fonctionnement théorique, mais les schémas se mélangeaient dans son esprit et il sentait la panique monter.

Un ronronnement sourd lui rappella que le temps lui manquait: Thork avait commencé à mettre en mouvement ses rotors, et équipait son casque et ses lunettes.
Dwimir empoigna alors la lourde roue qui permettait le démarrage du mécanisme. Il lui fit faire un tour, puis deux. Tous l’assemblage se mit alors en branle sous le mouvement ronronnant des engrenages que le moteur mettait en action. Il se coiffa ensuite des lunettes que son maître lui avait laissé au sol, avant de retourner à l’habitacle pour enfin décoller. Le gyrocoptère de Thork s’éleva le premier, dans un mouvement qui, loin d’être gracieux, impressionna néanmoins l’apprenti. Après que l’aéronef ait disparu derrière un escarpement rocheux, Dwimir tira sur le manche pour permettre à son appareil de quitter le sol. Il y mit probablement un peu trop d'entrain puisqu’il s’éleva brusquement, manquant de percuter le plafond sous le regard amusé des quelques pilotes et mécaniciens qui se trouvaient dans le hangar. L’appareil se stabilisa avant de s’élancer au travers de l’ouverture taillée à flanc de montagne.

Une fois dehors, Dwimir pris un peu d’altitude, dépassant ainsi les pics les plus haut où se trouvaient les hangars. Un froid mordant le saisit, mais il n’y prêta guère d’attention: le paysage était trop magnifique, et sa mission trop importante pour qu’il se préocupe de ces petis désagréments. Repérer le Lac Noir ne fut pas difficile: la grande masse d’eau sombre s'étalait sur une bonne partie de son champ de vision. Trouver le dragon fut presque aussi simple, son cadavre écarlate gisait à quelques mètres de la rive. Au prix de laborieuses manœuvres, il prit la direction du lac. Une chose l’inquiétait: qui -ou quoi- avait bien pu tuer ce monstre? Il était fort peu probable que ce soit les guerriers de Zhufbar, et encore moins la bande de novices qui s’agitait désormais autour de la bête.
Dans tous les cas la priorité était d’empêcher ces têtes brûlées de saccager la précieuse dépouille. Dwimir réussi à faire atterrir l’appareil presque sans accrocs sur la rive, non loin du groupe qui, intrigué, s’était tourné vers lui.

Après avoir arrêté le moteur, l'ingénieur sauta de l’habitacle et tout en retirant ses lunettes, s'approcha d’eux. Ils étaient une petite dizaine d’apprentis. Dwimir reconnut immédiatement Omnir Forgefroide, le nain qui avait conduit tous ces imbéciles ici. Son apparence juvénile frappa tout de suite Dwimir: il croyait se souvenir que Forgefroide avait seulement quelques années de moins que lui. Or on pouvait lui donner tout au plus trente ans. Un rapide coup d’oeil à l’assemblé lui apprit qu’aucun n’était beaucoup plus agé. La majorité des apprentis étaient ingénieurs, mais il remarqua également un forgeron et un joaillier. Tous étaient tournés vers lui, attendant visiblement de savoir quelles étaient ses intentions. Rassemblant tout son courage et en essayant de mettre le plus d’assurance possible dans sa voix, Dwimir pris la parole:


“Camarades, je sais que le butin est attirant, mais en allant à l’encontre des ordres du thane vous vous déshonorez vous et votre clan.” Il désigna la dépouille immergée: “Ce qu’il arrivera aux restes de ce dragon doit être déterminé par les anciens, mais je suis persuadé que chaque guilde en aura une part équitable, et que tous profiteront de ces précieuses resources. J’ai été envoyé par Thork, le maître ingénieur. Si vous abandonnez l’idée de prendre sur la dépouille, vos courtes barbes excuserons probablement votre empressement, et les longues barbes se montreront cléments.”

Aussitôt ces mots prononcés, Dwimir les regretta. Les insulter sur la longueur de leur barbe n’était clairement pas une bonne idée, et les regards courroucés que lui lançaient les apprentis vinrent le confirmer. Il espérait tout de même avoir semé le doute, de manière à laisser le temps à son maître de le rejoindre...
Dwimir Dumrolsson, Etude de l'ingénierie (Armement)
Profil: For 8 | End 9 | Hab 7 | Cha 8 | Int 8 | Ini 6 | Att 9 | Par 9 | Tir 11 | Foi | Mag | NA 1 | PV 70/70
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Re: [Dwimir] Le bastion du Lac Noir

Message par [MJ] Le Grand Duc » 14 oct. 2018, 23:42

Alors que Dwimir atterrissait globalement sans accroc, il songeait à comment empêcher les jeunes apprentis d’endommager la cadavre du dragon. Une bête magnifique, à n’en point douter, et celui-ci devait mesurer dans les cent-cinquante pieds, avec des pattes assez large pour écraser sans coup férir les nains assez courageux, ou assez fous, pour s’en prendre à lui. Mais notre jeune ingénieur était bien incapable de dire quelle partie était la plus impressionnante, entre la gueule, immense et bardée de crocs de ce monstre, et le chatoiement des écailles carmines et rubis de ce géant du ciel jouant sur les reflets irisés du Lac Noir.
Mais sa préoccupation du moment se présenta bientôt à lui, sous la forme d’un petit groupe d’une dizaine de nains, auquel notre dawi adressa ces mots…

-“Camarades, je sais que le butin est attirant, mais en allant à l’encontre des ordres du thane vous vous déshonorez vous et votre clan. Ce qu’il arrivera aux restes de ce dragon doit être déterminé par les anciens, mais je suis persuadé que chaque guilde en aura une part équitable, et que tous profiteront de ces précieuses ressources. J’ai été envoyé par Thork, le maître ingénieur. Si vous abandonnez l’idée de prendre sur la dépouille, vos courtes barbes excuserons probablement votre empressement, et les longues barbes se montreront cléments.” 

(*)… maladroits. Mais quelque chose clochait chez eux, dans leur manière de l’entourer lui semblait étrange. (*) C’était cela, deux groupes convergeait vers lui, pas un seul uni contrairement à ce qu’il avait cru de prime abord. Forgefroide et Mundarsson avançait avec deux autres jeunes alors que le reste suivait plutôt le forgeron au solides épaules. Omnir ne le laissa pas le temps de s’y pencher plus avant en l’apostrophant de fort froide façon :

- « Et bien, v’là le toutou qui se ramène. Écoute, on est pas contre l’idée que toi tu touches la part du mioche qui s’est barré, mais ce sera à la loyale, parce que c’est notttttttttttre trophée ! On va négocier avec la guilde notre réintégration contre un morceau d’la bête. Mais au moins, on a de l’honneur, si tu veux tenter. Les règles sont simples le vainqueur choisit en premier ce qu’il veut. On va bien voir si tu fais autant le malin avec ta barbe après ! »

Les soutiens du jeune Forgefroide devaient sans doute être les meilleurs ingénieurs du groupe. Et avec ça, les arguments des têtes brûlées se tenaient, selon les traditions naines. Quant à Thork, il tardait toujours...


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