[Dwimir] Le bastion du Lac Noir

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Les Montagnes sont depuis l'aube des temps le domaine des Nains : c'est là, parmi les pics colossaux et les précipices vertigineux, qu'ils bâtirent jadis d'immenses forteresses souterraines.

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Re: [Dwimir] Le bastion du Lac Noir

Message par [MJ] Le Grand Duc » 28 sept. 2018, 13:55

En face de Dwimir, Thork fulminait, sa longue barbe rousse et blanche parcourue de soubresauts:

-Le problème de la chaudière? Elle est retapée comme si elle sortait de la forge et elle brille comme un sou neuf, mais tu as oublié un détail... La livrer. C'est bien beau de bosser dans son coin pour se défouler après le service mais faut finir le boulot d’abord, petit !

Le départ de quelques uns de ses jeunes apprentis le mettait particulièrement en rogne et après cette invective, il grommela dans sa barbe encore quelques secondes, comme quoi de son temps ce ne serait jamais arrivé. Toujours en grognant, le maître ingénieur s’était approché du travail de Dumrolsson. Ses lunettes sur les yeux lui permettaient de déchiffrer sans le moindre problème les runes du rapports de Barak-Varr et celles, plus proche de pattes de mouche du jeune apprenti qui mentionnait la possibilité d’une utilisation sur un prototype. Mais avant qu’il n’ait pût faire le moindre commentaire, un des jeunes dawis partis à l’aventure arriva en trombe.

- « Maître, maître, le dragon, on l’a trouvé ! Il est dans le lac et il est mort. Alors avec les gars on s’est dit qu’on pourrait se partager le corps. Mais Mundarsson voulait plus faire un partage équitable comme convenu mais par un concours. On a pas oublié que c’est lui le meilleur du groupe, du coup, avec l’aide des autres, j’ai filé en courant pendant la préparation des épreuves, et…

-Silence ! » le coupa Thork

Le maître ingénieur bouillait mais pour le noble qui le connaissait de longue date, on pouvait voir les rouages de son esprit tourner à pleine vitesse. D’un mouvement leste de ses deux énormes mains, il saisit Dwimir et le revenant, aboyant au second d’aller quérir de l’encre, du papier et une plume tandis qu’il ordonnait à notre héros de faire préparer deux gyrocoptères au plus vite, maintenant que la menace aérienne s’était évanouie, et d’attendre qu’il le rejoigne.

Grimpant quatre à quatre les six étages menant aux grands halls de lancement, Dwimir pénétra dans le royaume des pilotes. Ces nains étaient tous des ingénieurs chevronnés, sans doute les dawis les plus proches de leurs congénères de l’Empire en terme de création débridée, bien que les règles soient tout de même très strictes. Cette baie de lancement était creusée à même la roche, à flanc de montagne, sur un versant tellement escarpé qu’il en était infranchissable sans pouvoir voler, mais cela n’empêchait pas la sortie d’être solidement gardée et pourvue d’une imposante porte coulissante de gromril et d’acier. Dumrolsson n’était jamais monter jusqu’ici, et il ne pouvait que le regretter: deux quais longs d’environ deux cents coudées et large de presque trente. Ils étaient séparés par une tranchée de six pieds de haut, dans laquelle quatre nains pouvaient progresser de front, et de plus, elle était ponctuée tout les dix mètres d’escaliers menant aux aires de décollage et de repos de la flotte aérienne de Zhufbar, du moins les gyrocoptères, les bombardiers ayant leur hangar dédié.

Chaque accès menait à six gyrocoptères et leurs alcôves d’outils et de pièces détachées, et même si la majorité des places restaient vide, le spectacle était impressionnant, sur la centaine véhicules volant pouvant être logés, seuls quarante-deux étaient présents. Malgré tout, le bruit des pales et des rotors emplissait la pièce au même titre que l’odeur d’huile et de charbon. Oui Dwimir était dans son élément, entouré d’engrenages, et ayant demandé respectueusement à deux pilotes de se tenir prêt, il se laissa aller à contempler les armes et machineries de ces créations du génie nain.

Puis Thork revint en trombe après quelques minutes, lui ordonnant de monter dans l’engin plutôt que de le regarder et d’aller fissa empêcher ces imbéciles d’abîmer le corps du dragon, pendant que lui même irait discuter avec le Thane.
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Re: [Dwimir] Le bastion du Lac Noir

Message par Dwimir » 07 oct. 2018, 19:02

L’action avait pris Dwimir au dépourvu: voilà qu’il se retrouvait dans le cockpit d’un gyrocoptère à essayer désespérément de se remémorer les quelques cours de pilotage qu’il avait reçu durant sa formation. Il jeta un oeil aux commandes, et les souvenirs lui revinrent. Il devrait pouvoir le faire décoller et, il l’espérait, atterrir. Pour avoir travaillé sur certaines de ces pièces d’ingénierie il en connaissait le fonctionnement théorique, mais les schémas se mélangeaient dans son esprit et il sentait la panique monter.

Un ronronnement sourd lui rappella que le temps lui manquait: Thork avait commencé à mettre en mouvement ses rotors, et équipait son casque et ses lunettes.
Dwimir empoigna alors la lourde roue qui permettait le démarrage du mécanisme. Il lui fit faire un tour, puis deux. Tous l’assemblage se mit alors en branle sous le mouvement ronronnant des engrenages que le moteur mettait en action. Il se coiffa ensuite des lunettes que son maître lui avait laissé au sol, avant de retourner à l’habitacle pour enfin décoller. Le gyrocoptère de Thork s’éleva le premier, dans un mouvement qui, loin d’être gracieux, impressionna néanmoins l’apprenti. Après que l’aéronef ait disparu derrière un escarpement rocheux, Dwimir tira sur le manche pour permettre à son appareil de quitter le sol. Il y mit probablement un peu trop d'entrain puisqu’il s’éleva brusquement, manquant de percuter le plafond sous le regard amusé des quelques pilotes et mécaniciens qui se trouvaient dans le hangar. L’appareil se stabilisa avant de s’élancer au travers de l’ouverture taillée à flanc de montagne.

Une fois dehors, Dwimir pris un peu d’altitude, dépassant ainsi les pics les plus haut où se trouvaient les hangars. Un froid mordant le saisit, mais il n’y prêta guère d’attention: le paysage était trop magnifique, et sa mission trop importante pour qu’il se préocupe de ces petis désagréments. Repérer le Lac Noir ne fut pas difficile: la grande masse d’eau sombre s'étalait sur une bonne partie de son champ de vision. Trouver le dragon fut presque aussi simple, son cadavre écarlate gisait à quelques mètres de la rive. Au prix de laborieuses manœuvres, il prit la direction du lac. Une chose l’inquiétait: qui -ou quoi- avait bien pu tuer ce monstre? Il était fort peu probable que ce soit les guerriers de Zhufbar, et encore moins la bande de novices qui s’agitait désormais autour de la bête.
Dans tous les cas la priorité était d’empêcher ces têtes brûlées de saccager la précieuse dépouille. Dwimir réussi à faire atterrir l’appareil presque sans accrocs sur la rive, non loin du groupe qui, intrigué, s’était tourné vers lui.

Après avoir arrêté le moteur, l'ingénieur sauta de l’habitacle et tout en retirant ses lunettes, s'approcha d’eux. Ils étaient une petite dizaine d’apprentis. Dwimir reconnut immédiatement Omnir Forgefroide, le nain qui avait conduit tous ces imbéciles ici. Son apparence juvénile frappa tout de suite Dwimir: il croyait se souvenir que Forgefroide avait seulement quelques années de moins que lui. Or on pouvait lui donner tout au plus trente ans. Un rapide coup d’oeil à l’assemblé lui apprit qu’aucun n’était beaucoup plus agé. La majorité des apprentis étaient ingénieurs, mais il remarqua également un forgeron et un joaillier. Tous étaient tournés vers lui, attendant visiblement de savoir quelles étaient ses intentions. Rassemblant tout son courage et en essayant de mettre le plus d’assurance possible dans sa voix, Dwimir pris la parole:


“Camarades, je sais que le butin est attirant, mais en allant à l’encontre des ordres du thane vous vous déshonorez vous et votre clan.” Il désigna la dépouille immergée: “Ce qu’il arrivera aux restes de ce dragon doit être déterminé par les anciens, mais je suis persuadé que chaque guilde en aura une part équitable, et que tous profiteront de ces précieuses resources. J’ai été envoyé par Thork, le maître ingénieur. Si vous abandonnez l’idée de prendre sur la dépouille, vos courtes barbes excuserons probablement votre empressement, et les longues barbes se montreront cléments.”

Aussitôt ces mots prononcés, Dwimir les regretta. Les insulter sur la longueur de leur barbe n’était clairement pas une bonne idée, et les regards courroucés que lui lançaient les apprentis vinrent le confirmer. Il espérait tout de même avoir semé le doute, de manière à laisser le temps à son maître de le rejoindre...
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Re: [Dwimir] Le bastion du Lac Noir

Message par [MJ] Le Grand Duc » 14 oct. 2018, 23:42

Alors que Dwimir atterrissait globalement sans accroc, il songeait à comment empêcher les jeunes apprentis d’endommager la cadavre du dragon. Une bête magnifique, à n’en point douter, et celui-ci devait mesurer dans les cent-cinquante pieds, avec des pattes assez large pour écraser sans coup férir les nains assez courageux, ou assez fous, pour s’en prendre à lui. Mais notre jeune ingénieur était bien incapable de dire quelle partie était la plus impressionnante, entre la gueule, immense et bardée de crocs de ce monstre, et le chatoiement des écailles carmines et rubis de ce géant du ciel jouant sur les reflets irisés du Lac Noir.
Mais sa préoccupation du moment se présenta bientôt à lui, sous la forme d’un petit groupe d’une dizaine de nains, auquel notre dawi adressa ces mots…

-“Camarades, je sais que le butin est attirant, mais en allant à l’encontre des ordres du thane vous vous déshonorez vous et votre clan. Ce qu’il arrivera aux restes de ce dragon doit être déterminé par les anciens, mais je suis persuadé que chaque guilde en aura une part équitable, et que tous profiteront de ces précieuses ressources. J’ai été envoyé par Thork, le maître ingénieur. Si vous abandonnez l’idée de prendre sur la dépouille, vos courtes barbes excuserons probablement votre empressement, et les longues barbes se montreront cléments.” 

(*)… maladroits. Mais quelque chose clochait chez eux, dans leur manière de l’entourer lui semblait étrange. (*) C’était cela, deux groupes convergeait vers lui, pas un seul uni contrairement à ce qu’il avait cru de prime abord. Forgefroide et Mundarsson avançait avec deux autres jeunes alors que le reste suivait plutôt le forgeron au solides épaules. Omnir ne le laissa pas le temps de s’y pencher plus avant en l’apostrophant de fort froide façon :

- « Et bien, v’là le toutou qui se ramène. Écoute, on est pas contre l’idée que toi tu touches la part du mioche qui s’est barré, mais ce sera à la loyale, parce que c’est notttttttttttre trophée ! On va négocier avec la guilde notre réintégration contre un morceau d’la bête. Mais au moins, on a de l’honneur, si tu veux tenter. Les règles sont simples le vainqueur choisit en premier ce qu’il veut. On va bien voir si tu fais autant le malin avec ta barbe après ! »

Les soutiens du jeune Forgefroide devaient sans doute être les meilleurs ingénieurs du groupe. Et avec ça, les arguments des têtes brûlées se tenaient, selon les traditions naines. Quant à Thork, il tardait toujours...


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Re: [Dwimir] Le bastion du Lac Noir

Message par Dwimir » 17 nov. 2018, 19:41

Dwimir recula d’un pas. La tâche allait être ardue… Il s’efforçait de trouver quelque chose à dire aux apprentis, mais le temps lui manquait cruellement. Il se s’adressera alors au groupe assemblé autour du forgeron:

« Si vous touchez une seule écaille de cette bête, le pire vous arrivera assurément. Vous connaissez le traitement réservé à ceux qui vont à l’encontre des ordres: vous serez reniés par votre clan, forcés de quitter le karak sous le regard réprobateurs de vos longues barbes, condamnés à errer dans le déshonneur pour le restant de votre vie. Mais si vous abandonnez votre projet, toute cette histoire sera très vite oubliée, et vous serez peut être même récompensés pour avoir trouvé la dépouille. »

Ses propos étaient sûrement exagérés, mais ils avaient le mérite de faire de l’effet: il surpris des regards inquiets et quelques mots échangés à voix basse. Un des ingénieurs que Dwimir ne connaissait pas prit la parole:

« Paroles en l’air tout ça! Si on le prend pas nous même on aura jamais rien du dragon! Tous, vous voyez bien qu’il essaye uniquement de gagner du temps, ne vous laissez pas avoir! »

Le fait était qu’il avait raison: Dwimir gagnait du temps, mais il devait les convaincre du contraire. Thork pouvait arriver d’un moment à l’autre, mais pour l’instant il était seul, et devait les empêcher de saccager la carcasse. Une idée lui traversa l’esprit, c’était audacieux et probablement insensé mais avec ça il parviendrait probablement à convaincre une partie des apprentis, ou du moins à maintenir la confusion quelques temps. Il prit une inspiration et se lança:

« Mes frères, j’en appelle à mes ancêtres: Grimnir, Manir, Kragi, Durgin, Barik, Torek, Tharik, Morek , Hurgar, Dumrol, ainsi que tous ceux dont le nom s’est perdu dans les méandres du temps, soyez témoins. Par la roche et la montagne, je prête le serment d’effectuer tout ce qui est en mon possible pour que les restes de ce dragon soient partagés équitablement et que les apprentis de toute les guildes de Zhufbar en aient leurs parts. Que mon honneur soit bafoué si je trahis cette promesse, et qu’une mort glorieuse vienne me délivrer de la trahison et m’apporter la rédemption. »

Il avait prononcé ces mots lentement, mais d’une voix ferme et déterminée. Tout le monde s’était tu: un serment nain n’était pas sans valeur et ne devait pas être pris à la légère. Désormais plus personne ne pouvait douter de sa parole, ce qu’il avait promis il le ferait, ou rejoindrait les fils de Grimnir. Restait à savoir si cette promesse suffirait à dissuader ses interlocuteurs...
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Re: [Dwimir] Le bastion du Lac Noir

Message par [MJ] Le Grand Duc » 19 nov. 2018, 17:51

« Mes frères, j’en appelle à mes ancêtres: Grimnir, Manir, Kragi, Durgin, Barik, Torek, Tharik, Morek , Hurgar, Dumrol, ainsi que tous ceux dont le nom s’est perdu dans les méandres du temps, soyez témoins. Par la roche et la montagne, je prête le serment d’effectuer tout ce qui est en mon possible pour que les restes de ce dragon soient partagés équitablement et que les apprentis de toute les guildes de Zhufbar en aient leurs parts. Que mon honneur soit bafoué si je trahis cette promesse, et qu’une mort glorieuse vienne me délivrer de la trahison et m’apporter la rédemption. »

Un discours lent mais ferme, un serment dawi n’est jamais à prendre à la légère, mais les têtes se détournaient, les regards s’abaissaient. Et même le visage de Forgefroide s’adoucit. C’est avec une voix bien plus douce qu’il répondit à notre jeune ingénieur, la morgue envolée et l’air las.

- «  C’est pas contre toi Dwimir fils de Dumrol, ce n’est même pas pour affirmer qui nous sommes ou autre, c’est juste que nous n’avons pas le choix. Tu ne t’en rends peut être pas compte car en plus d’être un ami du Maître Ingénieur, mais c’est très dur pour les jeunes apprentis comme nous, quoi que l’on fasse, nous aurons tort, q’une pièce se brise sous le violent examen d’un maître et il l’accusera d’être trop fragile et si elle résiste, c’est parce qu’elle n’était pas assez souple. Quoi que l’on fasse ! Notre peuple est assiégé, acculé et même ainsi les anciens se réfugient toujours dans les traditions et ils l’imposent sans réfléchir aux nouvelles générations. Combien d’ingénieurs de génie ont été banni de nos montagnes ? Et combien appliquent leurs idées novatrices dans le collège d’ingénierie Umgi ? Dis-moi mon frère, cela leur fait-il plaisir de travailler dans d’aussi mauvaises conditions et ceux sans même le réconfort de se dire qu’ils agissent pour le bien des nôtres ? On est tous conscient de la gravité et de la sincérité de tes paroles, mais on ne peut pas l’accepter, car jamais tu ne pourras les tenir...»

Le jeune apprenti se tut un moment, laissant planer un silence assourdissant, seulement ponctué par le clapotement des eaux du lac contre les écailles du dragon. L’orateur repris la parole, fatigué mais avec son sarcasme endémique :

- «  Toutes ces belles paroles jetées aux quatre vents pour rien. Pardon de m’être emporté comme ça Dwimir mais il faut en revenir à la seule question qui compte, participeras-tu à notre concours, ne serait-ce que pour l’honneur des tiens et de la guilde ? »
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Re: [Dwimir] Le bastion du Lac Noir

Message par Dwimir » 30 nov. 2018, 17:15

Aussi surprenant que cela pouvait être, l’apprenti semblait douter de sa parole. Dwimir s'avança vers lui et lui posa une main sur l’épaule:

« Omnir Forgefroide, sache que peu importe ce que tu en penses et ce que tu feras je ne te trahirais pas. Mon serment est désormais figé dans la roche et l’acier: je ferais tout mon possible pour vos droits. »

La tournure que prenait cette situation ne lui plaisait pas, mais alors pas du tout, il n’avait jamais été aventureux et préfèrerais ne se lancer qu’une fois sur qu’il avait tout en main. Son frère aurait été bien plus à sa place ici, lui aurait remporté le concours haut la main. Non il l’aurait même évité, il avait toujours été plus charismatique que Dwimir et savait convaincre des nains lui. Toujours était-il qu’il avait épuisé toutes ses ressources. Il n'avait d’autres solutions que de participer à ce maudit tournoi si il voulait laisser à son maître une dernière chance de sauver la carcasse. Après un court silence il reprit la parole, s’adressant cette fois-ci au groupe entier, sans cacher son mécontentement :

« Je participerais néanmoins aux épreuves, malgré vos méthodes de répartition qui me rappelle celles des grobi. En quoi consistent-elles? »
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Re: [Dwimir] Le bastion du Lac Noir

Message par [MJ] Le Grand Duc » 14 déc. 2018, 22:34

Un concept des plus simple, faire un objet utile à la race des participants. Une création nécessaire aux nains, puisque le superflu n'est que vantardise en ces temps de guerre pour la survie du peuple sous la montagne. Au maximum deux heures pour préparer des plans, un prototype et être capable de le présenter aux autres participants. Bref un sacré défi pour des ingénieurs, mais les ancêtres soient loués, ce concours sera entre apprentis, donc bien loin des critères particulièrement stricts des vieux maîtres, sans parler des maîtres ingénieurs, dont la simple mention donnait des sueurs froides aux plus inventifs des dawis. En un mot comme en cent, un concours où tout était permis sans doute une des dernières occasions pour les plus jeunes d’exprimer leur créativité et qui sait, peut être leur génie endémique. Naturellement, chacun travaillerait séparément pour éviter des inspiration disons malvenue et déjà, chacun des participants s’éloignait sauf le petit groupe des artisans.
-« Dwimir Dumrolsson, sache que nous n’oublions pas ton serment, nous te soutiendrons à condition que tu tiennes ta parole, après tout, Omnir n’a jamais interdit de faire équipe. »
Malgré le fait qu’il soit mal à l’aise du fait de s’être un peu vu forcé la main pour participer au concours, ne serait-ce que pour gagner du temps et tenir sa parole au près de Thork Burloksson, son maître. Qu’allait donc faire le jeune Dwimir ?
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Re: [Dwimir] Le bastion du Lac Noir

Message par Dwimir » 05 mars 2019, 14:52

Très bien. Malgré l’absurdité de ce partage, l’épreuve plaisait à Dwimir. Maintenant qu’il était embarqué là dedans, n’était-ce pas le moment de mettre de côté sa réticence et de laisser parler sa créativité? La guilde lui en laissait si rarement l’occasion, c’était là une opportunité de montrer pleinement ses capacités à d’autres dawis. Et puis, on ne lui reprochera rien, après tout il faisait cela pour gagner du temps à ses aînés. Non décidément, ce concours allait être bien moins pénible qu’il ne l’avait imaginé.

L’apprenti ingénieur devait garder son sang froid: le temps était son ennemi le plus terrible. Alors que tous les ingénieurs avaient déserté la berge, il donna ses ordres aux apprentis artisans qui désiraient l’aider:
« Il nous faut nous mettre au travail au plus tôt. Pour nous simplifier la tâche nous travaillerons tous dans mon atelier chez Thork, le maître ingénieur. Je veux que chaque guilde y installe ce dont elle aura besoin. Il va nous falloir travailler le métal, et probablement le bois, ainsi que la vapeur et peut être même la poudre noire. Je repars en gyrocoptère, rejoignez moi au hall de la guilde des ingénieurs. »

Il s’équipa à nouveau du casque et des lunettes avant de prendre appuie sur l’aileron de l'assemblage pour se hisser dans l’habitacle. Les premiers vrombissement du moteur créèrent une vague de recul chez les apprentis, impressionnés. Les pales de bois et de toile tendue accélérèrent leur rotation, et l’appareil se détacha brutalement du sol. Une fois à quelques mètres de haut Dwimir le fit prendre la direction du Karak.

Entouré du vrombissement du moteur et les sifflements du vent, Dwimir était en pleine réflexion: quelle invention allait il présenter? Des idées il n’en manquait pas, sa chambre était encombrée de parchemins couverts de notes, de schémas et de croquis. Il pensa tout de suite à sa création la plus aboutie: un nouveau type d’outil, qui simplifierait grandement le travail de forge des tonneliers lors du cerclage. Après des années de travail et de nombreux prototypes, il était presque abouti. Non, cela ne conviendrait pas. L’invention était assurément utile à la société naine, et permettrait un gain de temps immense, mais les apprentis ne seraient pas impressionés. Ils étaient jeunes, en quête d’aventure, de vapeur et d’explosions. Il fallait quelque chose de plus grandiose. Et puis encore une fois, c’était là l’occasion rêvée pour Dwimir de se faire plaisir, en dehors des contraintes des anciens. Il se mit alors à ressasser ses idées les plus folles, celles qu’il n’avait jamais osé réaliser, ou alors dans le plus grand secret. Certaines même, comme le gyrocoptère dorsal ou le lanceur de charges explosives manuel n’avaient jamais dépassé le stade de notes. Dans la catégorie de ceux dont Dwimir avait envisagé la réalisation mais qu’il avait laissé à l’état de plans et de schémas se trouvait notamment les boulets enchaînés pour canon orgue - destinés à clouer au sol les wyverns et autres horreurs volantes que les ennemis des nains menaient au combat. Mais celle qui lui tenaient le plus à coeur, celle qu’il ne pouvait abandonner sur le papier Dwimir les avait réalisées. En faisant preuve d’une discrétion sans faille - il risquait le déshonneur, voir le bannissement - il avait travaillé avec acharnement sur ces quelques créations. Sa création favorite était son arquebuse à vapeur. Voilà près d’une décennie qu’il en avait griffonné les premiers croquis, et après de nombreux prototypes plus ou moins concluants, il l’avait amené à son état actuel: une arme puissante, capable de toucher sa cible à plus de soixante mètres et au rechargement rapide. Le risque d’explosion était également grandement réduit, de par l’absence de poudre. Il était néanmoins contrebalancé par le risque de brûlures causées par la vapeur, qui était lui bien présent. Mais le plus gros problème auquel Dwimir était confronté récemment était la miniaturisation: dans son état actuel l’arquebuse nécessitait d’être accompagné d’un système complexe pesant une vingtaine de kilos. Il avait bien réussi à se l'attacher dans le dos à l’aide de sangles, mais il ne pouvait alors plus porter d’autre charge, et l'attirail le restreignait dans ses mouvements. Dans tous les cas le projet n’était pas présentable: Dwimir craignait de que son idée remonte aux oreilles de la guide avant qu’il ne soit achevé, ou qu’elle subisse un dysfonctionnement en pleine démonstration.

Les hangars étaient en vu. Avec précaution Dwimir en franchit l'ouverture, et posa son appareil avant d’arrêter les pales dans un crachotement de fumée. Après avoir posé le casque et répondu d’un bref salut aux quelques pilotes et mécaniciens qui s’affairaient sur les autres gyrocoptères, il dévala les marches en direction du grand hall de la guilde. Il trouva l'atelier de Thork vide: le maître ingénieur était à régler la crise du dragon, et à cette heure ci de la journée ses apprentis devaient être fort occupés aux travaux pratiques: à assister un maître dans l’inspection des défenses du Karak, ou bien à répondre au besoin quotidien en réparation provenant de la population. Dwimir avait donc tout l’équipement du maître à sa disposition, et il comptait bien en profiter. L’apprenti avait fait un détour par sa chambre pour y prendre un grand ouvrage en cuir finement relié. Il le posa lourdement sur une des tables, et commença à en feuilleter les pages de parchemin. Plus qu’un livre il s’agissait d’un assemblage de notes, brouillons, griffonnages réalisés sur des parchemins de tous types, toutes couleurs, toutes tailles. Le tout formait un ensemble hétéroclite, témoin de l’esprit inventif de Dwimir. Feuille après feuille, ce dernier écartait les projets qui ne convenait pas, jusqu’à ce que l’un d’eux retienne son attention. Il s’agissait d’un projet que Dwimir avait approfondi à un niveau que peu de ses projets atteignait, il suffisait de voir l’épaisseur de la liasse qui le concernait pour s’en convaincre. Les yeux de l’apprenti arpentèrent le parchemin, brillant d’une excitation nouvelle. Oui, ça pouvait marcher! L’invention était suffisamment aboutie et n’était pas trop complexe pour être présentée sans risquer l’incident majeur, mais elle était néanmoins innovante. Oui décidément après avoir relu le dossier il en était convaincu: il avait trouvé l’invention qu’il lui fallait. Aussitôt il attrapa un parchemin vierge et une plume et se mit à gratter frénétiquement le papier. Il fit l’inventaire de ce dont il allait avoir besoin: des plaques d’acier premièrement, de toutes les tailles et toutes les épaisseurs. Du bois ensuite, des planches et des bûches. Il lui faudrait aussi des bougies, ainsi qu’une lanterne… Alors que Dwimir dressait sa liste, on frappa à la porte de l’atelier. C’était les nains de la guilde des forgerons, ils avaient amené leur matériel: de nombreux marteaux et pinces spécifiques, ainsi que des lingots d’acier et de cuivre. L’ingénieur les accueillit, et leur intima de préparer la forge. Il se mit ensuite en quête des matériaux dont il avait besoin, ne s’arrêtant que pour accueillir les nouveaux arrivant.

Bientôt l’atelier fut plein de vie, résonnant des rires des apprentis et des directives que lançaient Dwimir. Les deux foyers allumés dans les forges rendaient l’atmosphère pensante. L’apprenti ingénieur suait à grosse goute tout en frappant l’acier. Sous ses coups la plaque de métal se tordait. Une fois la forme voulue obtenue, il plongea rapidement la pièce dans un bac d’eau. Un nuage de vapeur s’éleva aussitôt, accompagné d’un chuintement caractéristique. Dwimir la déposa ensuite sur un plan de travail, et s’équipa d’un épais masque métallique, où une fente pour pour les yeux avait été percée puis comblée par une vitre de verre. Le nain était ainsi assuré d’être protégé de la chaleur et des étincelles qu’allait projeter la soudure qu’il allait effectuer. Il s’empara alors des pièces qui étaient particulièrement originale: il s’agissait d’une dizaine de plaques métalliques, découpées pour dessiner des silhouettes des dawis. Ils étaient fiers, levant haut leurs boucliers, leurs haches et leurs marteaux. Il y avait même un canon. Dwimir les avaient dessiné au charbon sur de grandes plaques, et les apprentis s’étaient chargé de les découper. L’ingénieur s'apprêtait désormais à les souder sur un grand disque d’acier, semblable à ceux qui cerclent les tonneaux. Après quelques minutes de travail, l’ouvrage était terminé: les nains formaient une procession de métal, un throng minuscule et immobile. Du moins pour l’instant. Assisté par un autre apprenti, il souleva l’assemblage et vint le déposer sur une structure de bois qu’ils avaient préalablement construit. Le cercle d’acier s’incrustait dans des encoches, se solidarisant ainsi en théorie avec l'ensemble. Dwimir le confirma immédiatement d’une lancé du poignet, qui mit en rotation la structure de bois, et le cercle de métal. Dwimir jubilait, mais il ne le laissa pas transparaître: le plus dur restait à faire, et le temps manquait. Près d’une heure était déjà passée. Sur son ordre, les apprentis attachèrent le mécanisme sur un chariot qu’ils avaient construit auparavant. Dwimir s’attella ensuite à une tâche ardue: la machinerie. Sa construction allait nécessiter la puissance de la vapeur, et le temps lui manquait pour en construire une de toutes pièces. Il comptait donc utiliser celle de son arquebuse, mais elle allait nécessiter de nombreux ajustements. Le premier allait être au sujet de la puissance, la machine délivrait une quantité d’énergie bien supérieur à celle demandée. Après avoir détaché les tuyaux de cuivre et de peau qui la reliaient à l’arquebuse, il souleva avec difficulté l’imposant mécanisme pour l'emmener dans l'atelier.

Peu à peu l'atelier s’était apaisé: certains apprentis terminaient les dernières tâches confiés par l’ingénieur, mais une majorité grandissante s’était assemblée autour de ce dernier. La curiosité se lisait dans leurs regard, tandis qu’ils observaient Dwimir manipuler avec une dextérité impressionnante tout type d'outils. Ici il serait des boulons, puis lâchait sa clé pour modifier le branchements d’un tuyau de peau, avant d’empoigner une petite scie à métaux qui se mit à produire un bruit strident en s’enfonçant dans le cuivre. Soudain l’ingénieur déposa ses outils, et à l’aide d’un briquet il mit le feu à quelques charbons déposés dans une petite niche sur le flanc de la machine. Il leva la trappe qui fermait le foyer, abaissa un levier et fit faire deux tours à un volant. Un aiguille s’agita, montant peu à peu la long d’un cadran. Un sifflement se fit entendre, aigu et discret premièrement, il se se transforma peu à peu en un chuintement bruyant. Un nuage de vapeur blanche se forma alors au dessus de la machine, puis s’éleva jusqu’au plafond où il s’écrasa, se répandant dans toute la pièce. Dwimir manipula la machine, et tout s’arrêta. Alors que la vapeur se dissipait il chargea l’imposante machinerie sur le chariot, dans l’emplacement prévu à cet effet à l’arrière. Les apprentis attachèrent ensuite des cordes à l’avant de l’assemblage, et cet étrange cortège entreprit de quitter le hall de la guilde. Une fois dans la ville ils prirent la direction du lac noir. Cette procession de courtes barbes tirant derrière eu un étrange chariot de bois et de métal brinquebalant ne manquait pas d’attirer les regards des passants, tantôt amusés, tantôt courroucés. Il leur en coûta plusieurs heures pour rejoindre les rives du lac. Le soleil était alors en train disparaître derrière les sommets enneigés des montagnes du bout du monde. Une fois sur la grève, Dwimir commença à inspecter les cavernes qui perçaient la roche alentour. Après en avoir exploré quelques une, il en trouva une qui lui convenait: elle était suffisamment haute pour que la fumée ne les dérange pas, et possédait de nombreuses ouvertures plus ou moins grandes qui donnaient sur la plage. Il fit signe aux apprentis d’apporter la machine. Le chariot tremblait bruyamment en progressant sur les galets, et les nains dûrent s’y prendre à cinq pour permettre au chariot de franchir le relief rocheux qui marquait l’entrée de la grotte. Une fois la machine en place, ils attendirent les autres ingénieurs sur la grève. Dwimir était impatient de découvrir ce que ces derniers avaient préparé. Le bon fonctionnement de sa construction le rendait anxieux: malgré l’expérience et la préparation qui étaient à son avantage, c’était la première fois qu’il présentait une création aussi expérimentale à un public, et malgré le travail qu’il avait effectué sa machine n’était qu’un prototype, qui venait de quitter le papier et n’avait jamais été testée.
Dwimir Dumrolsson, Etude de l'ingénierie (Armement)
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Re: [Dwimir] Le bastion du Lac Noir

Message par [MJ] Bugman » 11 mars 2019, 00:01

Le jeune apprenti donna promptement quelques ordres, indiquant entre autre le point de rendez-vous pour l’équipée de courte-barbes s’étant mise en tête de remporter le concours déterminant qui s’emparera du dragon, car c’était une possibilité effrayant que celle sous entendue dans la mise en place du défi. « Choisir en premier ce qu’il veut », n’importe quel nain en entendant cela ne prendrait qu’une partie du butin, mais rien n’empêcherait un dawi plus ambitieux que les autres de prendre le tout, arguant de bon droit n’avoir rompu aucune loi ni aucun serment. D’autant plus qu’un de ces fameux serments pesait désormais sur la tête du noble de la forteresse déchue de Karak Ruf, et que manquer à ça parole le déshonorerait certes, mais aussi tout son clan et donc par extension tout les survivants de sa cité d’origine (bien qu’ils soient en grande majorité dans la forteresse plus septentrionale de Karak Azul, protégés par les lois du Roi Kazador), ainsi que la jeune naine auprès de qui il était engagé, et cette pensée était sans doute plus intolérable que toutes les autres réunies. Aucun dawi digne de ce nom ne souhaitant être responsable ne serait-ce que de la déception d’une dame. Le fils de Dumrol fit donc vrombir la chaudière et sans plus de cérémonie, s’élança séant dans ces vastes domaines si peu explorés par les nains.

Deux heures de travail, pas une minute de plus, mais deux heures de travail, épargnant ainsi de fait aux trajets éprouvants de figurer dans ce décompte incessant. Ironiquement, Dwimir étant le seul à disposer d’un gyrocoptère, cette règle le privait d’un avantage non négligeable. En effet, ces petit bijoux de mécanique et d’ingénierie pouvaient se mouvoir à des vitesse proprement surprenante, bien qu’il soit tout de même déconseiller de faire la course avec une vouivre ou un griffon, ces prédateurs volants étant bien plus endurants qu’un gyrocoptère de reconnaissance tel que celui que pilotait l’apprenti ingénieur à pleins gaz en direction des aires d’atterrissage de Zhufbar, brûlant ce charbon si durement purifié à une vitesse alarmante. L’aiguille indiquait une autonomie de moins de cinq petites minutes avant que ce ne soit la panne sèche lorsque la puissante et délicate mécanique cessa son rugissement, immédiatement assaillie par les ingénieurs et surtout son pilote, Harok Poing Enclume alors de passage à Zhufbar, qui maugréait contre ces jeunes incapables de prendre soin de son bébé convenablement, tandis que Dwimir filait après un bref salut à tout ceux présents dans les hangars, la tête encore pleine des idées se trouvant dans son carnet, des plus folles comme le gyrocoptère dorsal (bien que sa faible autonomie théorique et son absence d’utilité pratique à l’instant présent le rangeait dans la catégorie des projets excentriques) aux plus terre à terre comme cet espèce de bolas à vouivre propulsé par canon orgue ou, pourquoi pas, par l’une des tourelles des cuirassés nains de la flotte de Barak Varr. Quant à son projet personnel, son arquebuse à vapeur, non seulement n’avait aucune chance de remporter le concours mais de toute façon, elle n’était clairement pas prête à une quelconque présentation que ce fut, sa structure ne pouvant supporter, même dans le meilleur des cas, plus de quelques secondes entre les mains des longue-barbes de la guilde.

*L’atelier de Dwimir fut bien vite envahi par un bruit proprement dantesque, car au marteau des forgerons pliant l’acier à leur terrible volonté répondaient les voix plus claires des burins et des cisailles formant les silhouettes de nains représentant les archétypes militaires de leur antique civilisation, même si pour des raisons évidentes de place, l’artillerie toute entière se trouvait symbolisée dans le canon, un canon de Zhufbar évidement, au loin les joailliers assénaient le maillet avec force précision, formant d’une par la base structurelle en bois de la machine, et de l’autre le chariot qui transporterait le tout, car tout endurant qu’ils soient, les jeunes nains n’avaient pas du tout envie de porter cette machinerie qui s’annonçait fort lourde. Pressentiment bien vite confirmé lorsque Dwimir détacha, non sans regrets, la chaudière alimentant son arquebuse pour la fixer à l’aide de joint de peau et de cuivre à l’ensemble. Admirant leur œuvre, les courte-barbes accompagnant Dwimir tombèrent d’accord sur un point : ils n’avaient pas la moindre idée de comment était sensé fonctionner ce machin, ni d’ailleurs ce qu’il était sensé faire. Mais faisant contre mauvaise fortune bon cœur, ils s’engagèrent dans la cité industrieuse pour mieux en ressortir par l’une des portes menant au lac, s’attirant au passage des regards interloqués de la part des marteliers gardant l’accès à la cité, sans doute persuadés que décidément, il valait mieux rester dans les normes de la tradition.

L’étrange création abritée bon gré, mal gré dans une des cavernes proches du lac, l’équipée attendit les autres participants, sauf deux d’entre eux qui les attendaient sur les rives du lac, l’un visiblement très tenté de servir sur la bête avant le retour des autres et le second étant en train de noircir une quantité proprement surprenante de parchemin pour reproduire le dragon dans les moindres détails, chacune des articulations étant griffonnée au fusain et annotée de multiples hypothèses et idées, du moins Dwimir le supposait-il puisque l’étrange dessinateur écrivait au moins aussi mal que lui. Enfin Omnir Forgefroide et les derniers ingénieurs arrivèrent, ayant eux aussi formés un groupe, portant une arquebuse modifiée ainsi que différents embouts.

Les présentations commencèrent alors, le jeune nain s’intéressant d’un peu trop près au dragon rouge avait amené un prototype de pavois en acier repliable pour ne former qu’un simple bouclier, certes un peu lourd, mais parfaitement utilisable néanmoins. Le seul souci fut que lorsque il frappa de toute ses forces sur la forme compacte, la légère bosse en résultant attestait certes de la solidité de l’ensemble, mais aussi de sa délicatesse, les plaques ne pouvant plus glisser les unes contre les autres, le pavois transformable resta bloqué dans cette configuration jusqu’à ce que l’apprenti le répare. Le groupe d’ingénieur présenta donc son arquebuse, à vrai dire plus proche du fusil nain que Dwimir portait que de la simple arquebuse. Ayant fait promptement montre de la précision que lui conférait sa lunette modifiée (capable de frapper une pièce de cuivre à cent cinquante pas sans coup férir), le groupe équipa l’arme de l’un de ces étranges embouts et au lieu d’y mettre une bille, ils rechargèrent l’arme d’éclats d’acier. L’idée marcha et, comme prévu, la forme de la tête du fusil arrivait à diriger sans trop de problème le nuage de shrapnel. Vint donc le tour de Dwimir et de son chariot, le dernier candidat étant le dessinateur qui n’avait visiblement rien ramené...


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Re: [Dwimir] Le bastion du Lac Noir

Message par Dwimir » 04 avr. 2019, 22:41

Le pavois rétractable impressionna grandement Dwimir. Malgré son dysfonctionnement il trouva l’idée particulièrement ingénieuse, et alla féliciter chaleureusement son constructeur après la démonstration. Vint ensuite le tour des autres ingénieurs, qui présentèrent une arme à poudre. Sa précision était certe admirable, et une fois chargée d’éclats d’acier elle était capable d’infliger des blessures monumentales, mais Dwimir n’était pas convaincu de son aspect innovant, que les apprentis vantaient tant avant le concours. En effet Dwimir reconnaissait de nombreuse parties de l’arme, notamment le canon qui était très proche de ceux que réalisait le clan Grundson de Karaz-A-Karak.

Une fois son tour venu, Dwimir pénétra dans la cavité, suivi par les quelques apprentis qu’il avait choisi pour l’assister dans sa démonstration. La nuit était alors totale, et l’absence de lune rendait les préparations ardues malgré l’habitude à l’obscurité que la vie souterraine avait développé chez les nains. En effet pour conserver son effet de surprise Dwimr tenait à n'allumer la lanterne qu’au dernier moment. Les préparations de la chaudière se firent donc dans le noir. Après que l’ingénieur ai répété les manipulations précédemment effectuées dans l'atelier, un crachat de fumée indique l’apparent bon fonctionnement de la machinerie. La roue métallique se mit alors en rotation, entraînant avec elle les figures dans une ronde d’acier. A l’aide de son briquet Dwimir alluma la lanterne, et la déposa au centre de la machine. Les ombres des nains de métal s’allongèrent alors sur les parois de la grotte et, perçant les nuages de vapeur s’engouffrèrent dans les ouvertures pour animer la rive de leur danse mécanique. Les silhouettes autrefois minuscules et immobiles prenait désormais des proportions démesurées et longeaient les parois de la falaise, rasaient les galets de la plage, s’étirant et se rétractant au fil de leur mouvements.

Dwimir espérait que sa création surprendrait autant les jeunes apprentis qu’elle terroriserait les masses de gobelins et les skavens qui s’en prenaient au Karaz Ankor. Tout en restant à porté de sa machine, Dwimir s’approcha de l’entrée de la cavité pour mieux contempler son oeuvre. Les ombres se mouvaient dans tout l’espace, grimpant les falaises, illuminant les flots calmes du lac en se mêlant aux reflets des astres. Ici un guerrier brandissait sa hache en poussant un cri de guerre muet, là un arquebusier pointait son arme sur des ennemis imaginaires, partout ombre et lumière s’affrontaient et s’esquivaient agilement, comme si elles jouaient à un mystérieux jeu.
Dwimir Dumrolsson, Etude de l'ingénierie (Armement)
Profil: For 8 | End 9 | Hab 7 | Cha 8 | Int 8 | Ini 6 | Att 9 | Par 9 | Tir 11 | Foi | Mag | NA 1 | PV 70/70
Lien Fiche personnage: wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_dwimir_dumrolsson

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