[Isabelle] La Dame de Fer est Morte

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Dès sa fondation par le dieu guerrier Sigmar, l'Empire a dû faire face aux invasions et aux guerres civiles. depuis plus de deux mille cinq cents ans, il survit néanmoins aux périodes de trouble et aux batailles grâce à la bravoure et à la discipline de ses armées

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[MJ] Le Naufrageur
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[Isabelle] La Dame de Fer est Morte

Message par [MJ] Le Naufrageur »

C’est lorsque nous sommes au plus bas, que nous sommes ouverts au plus grand des changements.
- Aang, Avatar.



Une crise, c’est tout ce qu’il a fallu pour que les chiens de garde de l’asile décident d’enfermer la Dame de Fer en isolation. Un sort horrible, plus cruel qu’Isabelle en son temps. La nourriture n’a pas de goût, la lumière est aussi rare que la compassion sur le visage d’un banquier. Ces désagréments ne sont qu’éphémères en comparaison avec le réel enfer de sa condition, elle est seule. Réellement seule, pas une personne sur qui hurler ou se moquer, non, personne.

Cet abandon absolu brisa le peu de volonté qu’il restait à la sorcière, qui désormais n’était plus qu’une loque vivante. Le temps passait tellement lentement qu’elle n’était même pas sûr qu’il continuait. Livrée à elle-même, dans une pièce sans rien, si ce n’est une chaise, un lit, et un miroir. La pierre qui compose l’entièreté de cette cage est froide et terne. Seule la porte est peinte en rouge, du bois cerclé de fer.

C’est dans ce silence Morrien que la vieille dame prétend réfléchir, si ce n’est se morfondre sur elle-même. Quand soudain, pour la première fois depuis un nombre incalculable d'années, Isabelle Breitenbach pleure. Elle pleure à chaudes larmes, pensant à toutes les choses qu’elle a perdues et a pu perdre, pensant à la fin de sa vie, ici. Pensant qu’elle ne pourra jamais rendre la monnaie de leurs pièces aux misérables qui l’ont trahie. Mais elle sait, qu’au fond d’elle, elle est l’unique responsable. C’est elle qui a abandonné ses forces, son esprit, et sa vie à ses ennemis. C’est elle qui a abandonné son fils au monde cruel. C’est elle qui n’a pas su se contrôler dans ce faux sanatorium. Tout. Revient. À elle. Tout.

La réalisation enfonce le clou final du cercueil qu’on nommera Isabelle Breitenbach. Elle tombe à genoux, l’eau cessant de couler, car elle n’en a plus assez dans ses yeux. Aux Dieux, Dame de Fer…

« Pourquoi pleurer, alors que nous sommes ici ? »

Hein ? Mais, à côté d’elle, une voix plutôt douce mais ferme, contrôlée, féminine. Tournant son regard, elle voit une jeune femme aux longs cheveux noirs soyeux. D’une robe presque royale, sa prestance ne laisse aucun doute d’une certaine noblesse. Son visage, ainsi que son corps, sont d’une beauté froide. Sa peau est blanche, et elle arbore des bijoux luxueux. Ce qui choque l’ancienne magistère, ce sont ses yeux bleus-gris, qui viennent transpercer son âme, sans pour autant l'abîmer. Elle connaît ces yeux, mieux que quiconque sur cette planète, car ce sont les siens.
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Devant elle se trouve Isabelle Breitenbach, avec au moins trente-ans de moins.

« Il est difficile de connaître la liberté, quand toute sa vie on a vécu enchaînée. Parfois par les autres, souvent par soi. Dès qu’on était petite, tu m’as enfermé, comme un jouet qui ne te plaisait plus après quelques minutes.

Oh je ne t’en veux pas, je suis bien trop fière pour être énervée contre moi-même.

Je peux nous aider à vivre, vivre comme nous l’entendons. Je ne nous demande qu’une seule chose. »


Elle se relève, malgré qu’elle est aussi belle est bien debout. Face à face, l’une se tient droite, l’autre est courbée comme d'accoutumée. Leurs yeux se croisent, et tout à coup, la vieillarde ressent une énergie incroyable qui émane d’elle plus jeune. Cette puissance aethyrique dépasse ce qu’elle imaginait et imagine, mais pas ce qu’elle imaginera. Elle a un peu peur, mais est surtout impressionnée par elle-même.

« Il faut que nous acceptions d’être grande, que nous acceptions d’être non pas ce que nous étions, mais ce que nous aurions pu être. Abandonnons les folies qui attirent et révèlent nos faiblesses. Abandonnons les erreurs du passé au passé. La Dame de Fer est morte. »

La jeune Isa tend sa main vers son présent. Désormais résolue, elle se regarde une dernière fois dans le miroir. Une vieille peau, mal habillée, le dos courbé, les cheveux gris, détruite par une vie échouée. Aussi échouée qu’elle… Elle se serre la main.

Un flash de lumière bleuté vient l’aveuglé, et elle tombe dans des vapeurs qui ne proviennent pas de ses habitudes fumeuses. L’Aethyr lui-même s'affole partout comme si elle venait de commettre une grave erreur à un sortilège. Elle souffre, comme si son être entier tombait en lambeaux, en cendres. Après un court instant de cette torture, elle reprend contrôle de son corps. Elle se sent… vivante comme jamais. Ses douleurs ne sont plus, et elle a l’impression de revenir de très loin, de trop loin.

En se regardant à nouveau dans le miroir, elle sourit. Ses rides ne sont plus si prononcées. Ses cheveux ont pris une teinte argentée qui luit légèrement. Son dos n’est plus celui d’une bossue, mais celui d’une dame. Ses pupilles, autrefois grisâtres, sont désormais légèrement bleues, comme avant.

Elle ne sait pas pourquoi, mais elle ne se sent pas plus jeune, juste… moins décadente. Pourtant son esprit est plus vif. Ses mouvements sont plus précis et contrôlés en étant moins limités qu’avant.

Pour la première fois depuis sa chute, elle respire l’air sans qu’il ne soit fétide. Son soi du passé n’est nulle part, disparue comme une Albionnaise. Elle se tourne vers la porte, derrière, une petite ouverture permet de voir ce qu’il se passe dans le couloir. Un des employés s’y trouve, endormi sur une chaise, les bras croisés.

Avant de prendre en main sa destinée, elle entend une dernière phrase qui résonne dans sa tête sans passer par ses oreilles. Quelques mots, qui lui redonnent une sensation qu’elle avait oubliée. L’espoir.

« Longue vie à la Dame d’Argent. »

Test d’Isabelle de Volonté ((INT + MAG)/2) (-6) : 2, réussite automatique, ça commence très fort
Deuxième test de Volonté (-2) : 6, encore une large réussite. Bon dieu, ça commence très très fort
Je ne m’attendais pas à ça, mais c’est tant mieux.

Tu reprends toute la force qui te manque. Cela est représenté en partie par ta dépense majeure, très majeure même, d'XP. Bien sûr, je considère que cela se représente sur le physique de ton personnage aussi. A toi de voir si ça se représente aussi fort sur le caractère. L'Argent est bien différent du Fer sur ses propriétés ^^

Test de ??? de ???? : 17, échec large.
Bon, on va commencer par te filer ton XP ainsi que ton XpM.
Suite au RP précédant, tu gagnes en expérience :
185 xp pour la taille du RP ainsi que 20 xp supplémentaire pour la qualité de ton RP
On ajoute 20 xp pour les 4 gros évènements, ce qui nous fait un total de 225 XP.

Pour l’XpM, tu gagnes 14 XpM pour l'ellipse ainsi que 6 XpM pour avoir ouvert à nouveau le lien avec l’Aethyr. De plus, tu gagnes aussi 2 XpM pour tes sorts mineurs lancés.
Un total de 22 XpM, que tu peux dépenser dans le domaine Primaire ainsi que celui du Métal.

Récapitulons : 225 XP et 22 XpM. Pas mal hein ?


Ta fiche à été mise à jour par rapport à des préférences qui me sont personnelles, ne t’inquiète pas c’est normal.
Tu peux dépenser ça dans mon antre, les récifs. Je t’invite à dépenser cette expérience avant de répondre à ce poste.

Seule limite obligatoire, je ne t’autorise pas à passer directement au rang 3. C’est tout :mrgreen:
Pour les fous qui désirent me rendre visite aux récifs.

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Isabelle Breitenbach
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Re: [Isabelle] La Dame de Fer est Morte

Message par Isabelle Breitenbach »

Elle avait lutté des jours durant. Hurlant à s'en briser les cordes vocales, tambourinant sur la porte. Isabelle avait même lancé son pot de chambre sur le pauvre garde venu lui apporter sa pitance quotidienne. Elle avait refusé de se nourrir, espérant ainsi que l'on s'inquiète de son état et la libère. "Ils ne peuvent pas me laisser crever ici... Pas moi. Pas la Dame de Fer!" Mais non, l'assiette était toujours emportée, pour réapparaître le lendemain, indifférente et plus immonde que la veille.

Son premier acte d'abandon : se jeter sur la nourriture tel un animal, lorsque la faim avait menacé de la plonger un peu plus dans la démence. À l'époque, elle vociférait toujours sur ses geôliers, les mettant en garde contre d'apocalyptiques représailles, contre l'étendue de sa colère infinie. Mais, rien n'y faisait, elle ne provoquait pas même un haussement de sourcil.

Breitenbach avait détesté cet asile depuis son premier jour, se plaignant du personnel, de la bouffe, de la décoration, de sa chambre, de ses habits blancs. Mais à présent, elle se languissait du début de son séjour, enchevêtrée dans ses haillons souillés. Avant cela, la Dame de Fer avait vécu dans la crasse de son manoir, n'émergeant que rarement de ses délires sous substance pour se repaître des plats immondes de la jeune Hannah. Elle souffrait alors de la solitude, rongeant les quelques souvenirs de son passé sans jamais en tirer la moindre leçon. Hermaan n'était pas vraiment de la compagnie, simple statue de ferraille qu'Isabelle avait maladroitement assemblé pour ancrer un peu plus ses hallucinations dans le réel.

À l'asile, on l'avait bien traitée. Les soignants se montraient attentifs et chaleureux, malgré ses insultes. Même la petite Hedwig, avec sa carrure trapue et son dialecte digne d'un mendiant, manquait à l'ancienne magistère. Et Sageciel... ce bon Sageciel. Par Sigmar, c'était lui qui manquait le plus à Isabelle. Malgré l’expérience traumatisante qu'elle avait vécu lors de sa séance d'hypnose, la baronne avait été grandement affectée par la chaleur, par le charisme de cet étrange personnage.

Ainsi donc, l'asile en avait réellement été un : un refuge pour une créature misérable, dans le déclin. Même son sevrage de l'alcool et du laudanum s'était fait sans trop de douleur. Elle ne s'en rendait compte que maintenant.
Mais, par la Ruine, comment pouvaient-ils la traiter ainsi désormais? Il n'était plus question de détails anecdotiques relevés par une vieille noble grincheuse. Isabelle était traitée comme une chienne, comme un coffret que l'on enfermait dans le grenier sans jamais le dépoussiérer. Pourquoi?! La Crise de cette putain de princesse ne méritait pas tel châtiment. Personne ne le méritait d'ailleurs...

Mais, Isabelle savait très bien pourquoi. Ce n'était certainement pas le personnel de l'hospice qui la torturaient ainsi. Elle ne se souvenait plus complètement de ce qui était arrivé après la Crise, mais on l'avait probablement déplacée dans un autre bâtiment. Peut-être même que la directrice était la seule au courant, Breitenbach ayant entendu son nom durant la réunion clandestine des Chevaliers de la Rose. Elle faisait partie du Complot, et le seul crime de l'ancienne magistère était de l'avoir entraperçu au travers d’une serrure. On ne cherchait plus à la soigner, on cherchait à la tuer.

Son Altesse Isabella n'avait assurément pas conscience de ce qu'elle avait fait s'abattre sur la pauvre baronne, mais elle restait la cause principale de ses malheurs aux yeux de Breitenbach. "Salope... Salope de putain de traînée pourrie gâtée! J'espère que les vers se repaîtront de ta langue." se répétait-elle inlassablement. Si elle se trouvait enfermée, c'était parce que la princesse avait cafté.

La Dame de Fer comprenait pleinement la définition de solitude. Pas la solitude qu'elle pensait subir alors qu'Hannah venait la nourrir chaque jour et lui apporter le journal, ou lorsqu'elle était prise en charge par le personnel de l'hospice. Non, la vraie Solitude, avec un grand S.

Son deuxième acte d'abandon, peut-être le plus humiliant : Isabelle avait supplié. Fini la colère divine, fini les inéluctables représailles, il n'y avait plus que promesses de richesses et des réclamations corps et âme pour une simple chandelle, pour un unique mot de la part de son geôlier. Rien ne lui avait été accordé, à part le vol de sa dignité. La baronne n'avait plus de haine à revendre, simplement de la pitié à offrir vis-à-vis d'elle-même.

Le manque s'était alors fait ressentir, accélérant radicalement sa dégradation physique et mentale. Ce n'était plus un souhait, mais un besoin vital. Elle devait fumer, elle devait boire son brandy bas de gamme, elle devait verser quelques gouttes de laudanum dans sa bouche. Le souvenir du contact brûlant, douloureux sur sa langue pouvait la faire partir dans des crises d'hystérie totale.
Mais surtout, la magicienne devait ressentir l'aethyr.

Pour cela, elle ne pouvait s'en vouloir qu'à elle-même. Lorsqu'elle avait été enfermée, Isabelle gardait toujours un infime lien avec le vent de Chamon, ravivé par ses dernières expériences avec l'astrolabe de maître Sageciel. Mais elle était alors convaincue que son internement serait de courte durée, que Sœur Rondet viendrait la libérer de cette atroce mégarde. Puis, la baronne s'était rendu compte qu'elle mourrait entre ses murs et il était déjà trop tard : le vent doré l'avait abandonnée.

Son œil de fer, le droit, transmuté par l'influence de Chamon, ne voyait plus rien à présent. Un vide terrible s'était creusé dans l'esprit de Breitenbach, comme une partie d'elle lui avait été arrachée. Elle avait déjà vécu cela, ses souvenirs ayant fini enfermés dans une partie de sa mémoire, inaccessible. Mais ils étaient toujours présents, juste enfouis. Son lien avec l'aethyr, lui avait disparu.
On disait que les sorciers qui subissaient la Pacification se voyaient amputés d'une partie de leur âme, celle qui les reliait aux vents de magie. Il ne restait alors d'eux qu'une coque vide, baveuse, perdue à jamais. La baronne, elle, avait gardé cette partie de son être en elle, mais n'avait plus la force de le nourrir. L'aethyr s'était donc naturellement détourné d'elle.

Son dernier acte d'abandon, le pire : la Dame de Fer avait pleuré. Ça lui avait pris brusquement, alors qu'elle s'était mise en boule dans un coin de sa cellule, son regard à moitié aveugle perdu au loin. Elle ne savait plus pourquoi, mais une boule avait jailli de son torse pour se saisir de chaque membre de son corps. Une profonde inspiration, puis instant de flottement. Enfin, elle avait doucement enfermé son visage entre ses doigts osseux. Un sanglot interrompu s'était alors déclenché, coulant sur la pierre et se réverbérant sur les murs de sa prison.

Depuis lors, le flot ne s'était pas arrêté. Isabelle n'avait plus faim, elle n'avait plus soif, elle ne ressentait même plus le manque. Elle voulait juste pleurer, évacuer une vie entière de regrets. Si son corps le lui avait permis, elle aurait hurlé son chagrin, mais il ne lui restait plus d'énergie que pour des soubresauts pitoyables et quelques râles. Ainsi, la Dame de Fer sonnait son glas, exprimant son dernier soupir, raclant la bordure de son être pour en vider les quelques restes.
Enfin, oui enfin... elle mourut.




Isabelle voyageait dans l'abîme. Il n'y avait plus de question, plus d'angoisse, juste le vide. Total. Elle ne ressentait rien, et c'était bon... Si bon! L'éternité l'attendait et la baronne comptait bien en savourer chaque seconde.
Lorsque la voix se manifesta soudain, elle fit tellement injure au néant de ce lieu, à la plénitude de ses murs inexistants, que Breitenbach s'acharna à l'ignorer.

Mais cette voix était bien particulière, faisant ressurgir des souvenirs pourtant annihilés par la mort de la Dame de Fer. Ce n'était pas réellement des souvenirs d'ailleurs, même pas une sensation qui germait en Isabelle. Non, c'était plutôt... un écho. Elle n'avait jamais vraiment entendu cette voix, elle l'avait été. Cette voix, c'était la sienne. Alors, pourquoi lui paraissait-elle si étrangère?

La baronne ouvrit lentement les yeux. Parfaitement immobile, les bras entourant ses tibias squelettiques, elle ne vit d'abord que ses orteils séchés. Combien de temps s'était-il écoulé? Son corps refusait de répondre au moindre de ses ordres, seuls ses globes oculaires pouvant glisser dans leurs orbites racornis. Lorsqu'elle releva enfin les yeux, elle remarqua enfin la silhouette qui se tenait devant elle. Les parchemins lui servant de paupières s'écarquillèrent.

Elle se tenait là, devant elle, devant elle-même. Isabelle von Breitenbach, pré Dame de Fer, resplendissant d'une jeunesse et d'une autorité que la vieillarde avait oublié avoir jamais porté. Les bijoux, les vêtements ne faisaient qu'accompagner cette formidable prestance. Et ces yeux... capables de percer des montagnes!
Seule note allant à l'encontre de son passé : la jeune Isabelle avait les cheveux détachés, ondulant magnifiquement sur ses épaules. Dans sa jeunesse, la Dame de Fer les avait toujours attachés, mais ces boucles libérées donnaient encore plus de signification à l'apparition.

Du coin de l’œil, la Dame de Rien s'observa dans le miroir. Elle fut frappée d'horreur en découvrant son corps, semblable à celui d'une momie. Sa peau se tendait sur ses articulations, son visage n'était plus, remplacé par un crâne beaucoup trop détaillé malgré le papyrus qui le recouvrait. Et ses cheveux... Quelques touffes, tout au plus, l'extrême majorité gisant sur le sol, sur ses épaules, ses genoux, ses vêtements. Rien ne pouvait plus s'opposer que ces deux silhouettes. Le passé, le futur et un abysse infini entre les deux.


« Hhhhhhhhhh... Hhhhhhhhhh... »

Évidemment, comment une telle créature pouvait espérer prononcer le moindre mot? Elle était morte après tout. Le futur se contenta donc d'écouter, buvant chaque parole du passé. Elle n'osa plus faire le moindre son, de peur que son opposé ne s'évapore.
La jeune Isabelle proposait un nouveau départ. Pas la rédemption, car pour cela, il fallait pardonner son passé. Or, le passé ne se cherchait pas d'excuses et le futur ne devrait plus en subir les conséquences. Ce que la jeune Breitenbach demandait à la vieille, c'était de leur créer un présent, libéré des chaînes de ses actes.

C'était absurde! La Dame de Fer s'était forgée au cours des décennies! Elle avait fait trembler ses adversaires, gravi les échelons de l'autorité et s'était soudée au sommet. Chamon était son oxygène et la crainte des autres, son met favori. Tout ce qu'Isabelle était aujourd'hui, elle le devait à la Dame de Fer!
Le futur ne put résister et se contempla de nouveau dans le miroir. "Tout ce que je suis aujourd'hui, je le dois à la Dame de Fer..." sa silhouette moquait tellement la tirade que la baronne aurait pu en rire. Qu'était-elle aujourd'hui? Le futur? De la Dame de Fer, oui. Et elle était morte. Physiquement et mentalement.

Lorsqu'elle reposa son regard sur son passé, la peur en débordait toujours. Mais autre chose aussi. Une lueur. Une étincelle.
Elle parla d'une voix d'outre-tombe sans bouger ses lèvres.


« Sans passé, on n'est personne... Sans futur, on est mort... La Dame de Fer est un tome dont je suis la dernière ligne. Il est temps de le refermer et d'écrire le suivant. Pas... pas une nouvelle histoire, mais un nouveau... chapitre. »

Dans d'abominables craquements, son bras droit se libéra de la rigidité totale de son corps. Il se redressa pour déployer une main effilée vers celle de son homologue. Lorsqu'elles se refermèrent l'une dans l'autre, un flash envahit toute la pièce, balayant totalement les silhouettes du passé et du présent.

Isabelle se contempla dans le miroir. C'était bien elle, inchangée et complètement transformée. Les rides étaient toujours là, mais ne ressemblaient en rien à la peau momifiée qu'elle avait portée plus tôt. Ses cheveux étaient revenus, sans retrouver la couleur de sa jeunesse. Elle pouvait se redresser presque entièrement, gardant cependant l'influence de son âge. Elle était vivante.

Surtout, par-dessus tout, la sorcière ressentait pleinement l'aethyr. Les formules, les symboles se bousculaient dans sa tête. Certes, elle n'avait pas retrouvé son pouvoir et son savoir de magistère. Mais c'était incomparable par rapport aux dernières décennies de déclin où la simple manifestation d'une flammèche lui demandait un terrible effort.
Le fourneau de sa volonté irradiait d'une chaleur enivrante alors qu'un large sourire fendait son visage.

Avant de se détacher de son reflet dans le miroir, Breitenbach remarqua un subtil détail. Elle rapprocha son visage et posa un doigt sur chaque paupière droite avant de les soulever. Son œil, manifestation brute de son appartenance au vent doré, avait perdu sa texture de fer oxydé. À la place, le globe étincelait d'un argent pur et lisse.


« Hmmmmm... Pas mal. Pas mal du tout. »

Une phrase résonna dans son crâne, mais la Dame d'Argent préféra la garder pour elle-même.
À présent, il était temps de concrétiser sa renaissance. C'était bien beau ce regain de vitalité et de moral, mais seuls les actes pourraient le concrétiser. En regardant au travers de la serrure, la baronne pu observer son geôlier assoupi. Elle n'avait aucune idée de l'heure, mais espérait que la nuit serait déjà bien avancée. Moins de rondes, moins de gardes.

Bien, elle avait déjà un plan pour s'échapper. La sorcière commença par déchirer le bas de sa robe crasseuse avant de la placer sur le miroir. Elle déposa le tout au sol, puis, appuyant sur le tissu entassé pour se protéger les mains et étouffer le bruit, elle fissura la surface lisse en plusieurs morceaux. Lorsqu'elle obtint un fragment satisfaisant pour faire office d'arme, Isabelle enroula le tissu autour de sa main droite pour prendre le verre sans risquer de se couper.

La Dame d'Argent se dirigea ensuite vers la porte, impatiente de pouvoir enfin utiliser sa magie. Elle murmura une simple formule :


« Sa'grån yek sø'minaø, sa'li'gur y'tzœn'§'völ »

"Mes mains sont l'outil, la matière est mon œuvre", ou quelque chose comme ça, si l'on traduisait crûment le magikane en langage courant.

Le plan d'Isabelle était assez simple : elle allait silencieusement retirer une partie de la monture métallique de la porte pour en faire un collier ouvert avec des pointes à l'intérieur. Ceci fait, toujours en utilisant son sortilège de malléabilité, elle placerait son doigt dans la serrure pour l'ouvrir de l'intérieur (sans que cela ne soit visible depuis le couloir).

En testant doucement la porte pour s'assurer qu'elle ne faisait pas trop de bruit à l'ouverture et après avoir vérifié que le couloir n'était habité que d'un garde endormi, Breitenbach pourrait alors s'approcher de lui discrètement pour enfermer son cou dans le collier à piques. Ses mains modelant le métal, elle n'aurait aucun mal à le verrouiller. Alors, elle poserait le verre tranchant contre la nuque du geôlier et lui conseillerait de se détendre s'il ne voulait pas "perdre son souffle".

Mais si la porte grinçait? Si la moindre rotation risquait de réveiller le garde? Eh bien Isabelle devrait prendre plus de risques. Elle laisserait la porte juste assez entrouverte pour attiser la curiosité du garde sans l'inciter à appeler ses collègues. Elle-même dissimulée derrière la porte, allongée au sol, la Dame d'Argent pourrait planter son arme dans le mollet du geôlier et profiter de l'effet de surprise pour lui mettre son collier.

La baronne était convaincue de la nécessité du collier. Si elle avait de nouveau confiance en ses capacités, elle n'avait pourtant pas oublié son âge. Si le garde faisait preuve d'audace et se débattait, elle serait rapidement dépassée. Or, le collier à pointe autour du cou, le geôlier serait entièrement soumis à sa volonté.



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Isabelle Breitenbach, Voie du Sorcier des Collèges de Magie
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[MJ] Le Naufrageur
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Re: [Isabelle] La Dame de Fer est Morte

Message par [MJ] Le Naufrageur »

Un plan, imaginé, réfléchi, et très honnête dans son idée, ne pas se laisser faire ! Briser le miroir, à l’aide d’une stratégie sérieuse, permet d’accomplir ce simple premier objectif. Le bruit du verre se fracturant n’est pas particulièrement discret, mais est très court, un instant de silence ne révèle rien. Désormais armée d’un tesson de verre plutôt pointu mais néanmoins fragile, Isabelle est comme une coupe-gorge. Dans les ombres, elle écoute ce qui se passe dehors… Rien. Pas de bruit de chaise qui bouge ou de pas qui résonnent sur la pierre, non, seul le silence se fait entendre.

Soit, il reste moult travaux à la brave Breitenbach, qui désormais ouvre ses sens, à l’Aethyr cosmique. Le vent n’est pas particulièrement intense en ces lieux, mais cela n’est que rarement un problème. Approchant de la porte, elle utilise ses connaissances nouvellement acquises pour tenter de se libérer de sa cage, en emportant un autre souvenir. Elle concentre sa langue et voix, transformant et infusant les vents dans le métal de la porte. Soudain, elle ressent une immense différence. Ses mots sont plus fluides, plus précis, plus contrôlés tandis que le Vent est bien plus facilement dompté. Même de son temps fort, elle ne pense pas qu’obtenir un tel résultat soit la norme. Sa nouvelle jeunesse serait-elle bien plus grandiose que prévu ? Le métal se décroche comme de la soie, cela change de l’argile. En quelques courts mouvements, elle crée un collier correspondant à ses attentes. Un résultat merveilleux tant il ne semble avoir aucun défaut. Quoi qu’il en soit, sans l’ombre d’une difficulté, elle transfère les résidus de Chamon pour s’attaquer à la serrure. En quelques secondes, celle-ci cède aussi face à la grandeur de la Dame d’Argent.

Très probablement satisfaite, la porte s’ouvre mais menace de s’écrouler ! En effet, ayant perdu un de ses flancs ainsi que le soutien de la serrure, elle n’a plus vraiment assez de matière pour rester haute. Heureusement, la baronne parvient à éviter un grave accident sonore. Le gardien, lui, dort toujours à poings fermés, enfin, ouverts.

Elle avance alors à pas de loups vers sa victime, qui dès lors que sa doyenne rentre en contact avec lui, s’effondre lourdement sur le sol. À plat ventre, il montre une vision d’horreur à l’ancienne magistère. Du sang recouvre l’entièreté du dos de sa chemise blanche, tandis qu’un pieu cassé est enfoncé au milieu de son thorax. Droit dans le cœur, il est mort sur le coup sans trop de douleur. Il est jeune, à peine une vingtaine d'années à sa ceinture. Son visage, un rien juvénile, est collé au sol, plongé dans un sommeil éternel.

Quelques sons résonnent alors au loin, demandant une forte analyse à la sorcière. Des bruits de marches effrénées, des cris distants particulièrement horribles et inhumains. Une odeur… Une odeur qu’elle connaît si bien, oui, au goût ferreux, le goût du sang frais ! Ses bruits viennent de l’aile Est de ce lieu maudit et oublié des Dieux. Pas de doute, une émeute, une attaque ou encore une colossale bagarre est en cours. Une chance… ou un malheur.

Un court moment de pensée lui rappelle des souvenirs de ragots qui ont osé lui rester dans le crâne. En effet, son cerveau est conscient de son environnement. À l’Est, en plus des bruits acharnés, se trouvent la grande porte, celle de la sortie. Mais c’est aussi par là que toute l’agitation rugissait. Un moyen rapide de parvenir à une échappatoire mais probablement des rencontres plutôt rudes. Tandis qu'à l'Ouest…

À l’Ouest se trouve beaucoup de pièces qu’Isabelle n’a jamais visité, sauf une. La réserve. Quand elle est arrivée, on l’a emmené dans cet endroit avant de la débarrasser de ses affaires. Qui sait tous les trésors et curiosités qui s’y trouvent ? Il y a beaucoup de personnes ayant eu, voir ayant toujours, une certaine influence par ici… Mais il n’y a aucune garantie qu’une sortie soit accessible de ce flanc là… Un dernier élément, qui lui trotte sur le bout de sa psychée, lui échappe encore. Boarf, ça ne devait pas être très important si elle l’a oublié.

Il faut choisir maintenant, ça peut s’envenimer comme se dissiper. Une opportunité pareille, il faudrait être complètement fou pour l’ignorer ! Quoique, ça correspond bien à l’ancienne Dame de Fer. Est-ce que la Dame de Fer, dans un état encore affaibli aura-t-elle pu accomplir un début aussi parfait dans une mission remplie d'inconnus ?

Jet d’HAB (+4) pour te faire un tesson : 12, réussite.
Tu gagnes un Tesson de verre. Même profil qu’un coutelas mais sans la possibilité d’être jeté, en plus d’être fragile.
Jet de MAG pour lancer le sort “Malléabilité” : 1, réussite critique. Je considère qu’il compte donc pour tes deux attentes. Pas de test d’HAB nécessaire.
Tu as donc un collier pour mastiff, mais avec les piques vers l’intérieur.

Test d’INT d’Isabelle : 16, échec, information ajouté, mais avec du retard
Deuxième service : 14, échec de 1, il te manquera un élément de ces informations.
Pour les fous qui désirent me rendre visite aux récifs.

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Isabelle Breitenbach
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Re: [Isabelle] La Dame de Fer est Morte

Message par Isabelle Breitenbach »

En prononçant l'incantation, Isabelle sentit un soubresaut dans le vent Doré. Comme un pêcheur hameçonnant sa proie, elle leva les bras pour que l'aethyr s'enroule autour. Un simple sort, une simple formule, et pourtant, la Dame d'Argent se sentit plongée dans une sorte de transe. Elle se délectait de l'instant.

Breitenbach aurait pu rapidement achever cette manipulation pour manifester les effets de la Malléabilité, mais au lieu de cela, elle la fit évoluer en un véritable ballet. Qu'importe la prison, qu'importe le garde à l'extérieur, Isabelle redécouvrait un talent oublié. Chamon, qui l'avait secoué plusieurs fois au cours de sa vie, se manifestait aujourd'hui tel un amant passionné. L'ancienne magistère en était étrangement convaincu, il était heureux de la retrouver, lui offrant sa bénédiction. Ce lien, elle ne l'avait ressenti que très rarement pendant sa carrière avec une telle intensité. L'aethyr s'accumulait, mais sans jamais se surcharger, ondoyant élégamment tout autour de la baronne.
Aucune irrégularité, la danse était parfaitement fluide malgré la puissance qu'elle dégageait.

Il ne faut pas abuser des bonnes choses. Aussi, Breitenbach acheva l'incantation, mettant un point final à cette formidable performance. Le vent jaune forma un fin gant éthéré autour de ses doigts, leur donnant un pouvoir de contrôle absolu sur la matière. Sans plus de cérémonie, la Dame d'Argent commença sa besogne. Pinçant délicatement le métal encadrant la porte, elle le décolla sans la moindre résistance avant de former une sphère irrégulière dans ses paumes.
Avec une dextérité retrouvée, la sorcière modela l'ensemble en un collier parfaitement lisse. Les piques internes avaient tous la même longueur et perceraient la chair d'une efficacité certaine. Une poignée permettrait même à Isabelle de le manipuler et d'entraver quelqu'un sans risquer de se blesser.

La baronne avançait maintenant doucement vers le garde. La puissance du sort lui avait permis de faire fondre la serrure un peu plus tôt, mais lorsqu'elle avait tenté d'ouvrir la porte, cette dernière avait menacé de s'écrouler dans un terrible vacarme. Le pic de panique que cela avait provoqué en elle faisait toujours perler la sueur sur son front, pourtant Isabelle restait plus déterminée que jamais.

"Il dort comme un m..." pensa-t-elle, avant de l’observer, sidérée, chuter au sol tel un pantin désarticulé. Isabelle poussa une exclamation de surprise en découvrant le dos ensanglanté de la victime, un pieu traversant son thorax. Comment avait-elle pu rater l'assassinat de son geôlier, sur le palier de sa porte? Son état avait-il été si misérable? Elle se rappela ses doigts osseux, ses cheveux parcheminant le sol, et sentit un frisson lui parcourir l'échine.


« Soi heureux que ta mort ait été aussi rapide, je ne t'aurais pas fait cette faveur. » Dit-elle en retournant le cadavre pour fouiller ses poches. Peut-être y trouverait-elle un jeu de clé ou une arme?

Toujours galvanisée par son évasion, la Dame d'Argent commençait doucement à réaliser les implications de ce meurtre. Que se passait-il dans l'asile? Elle remarqua enfin le vacarme qui se déchaînait à une certaine distance. Une mutinerie? Les hurlements terrifiants laissaient suggérer que certains des internés les plus déments étaient en liberté et faisait régner la terreur au sein des murs.

Deux choix s'offraient à la baronne : se diriger vers les combats et donc la sortie. Quelques dégénérés ou gardes en blouse de l'asile ne risquaient pas de rivaliser avec ses nouveaux pouvoirs. Ou s'enfoncer un peu plus dans l'hospice, vers l'ouest, pour gagner la réserve. Là, Isabelle pourrait s'approprier les richesses arrachées aux autres résidents fortunés à leur arrivée. Les siennes aussi! Sa canne, ses habits, ses faux bijoux, son laudanum. Peut-être même y trouverait-elle les objets qu'elle avait demandés que l'on récupère dans son manoir, sans jamais les recevoir. Intérieurement, la sorcière espérait que son petit Tink inanimé l'y attendrait.

Le choix était évident. Breitenbach ne repartirait pas sans ses affaires et un conséquent dédommagement pour les horreurs qu'on lui avait fait subir au cours des dernières semaines. Éventuellement, elle tomberait sur le docteur Morell, ou même la directrice Wilona Frei et pourrait assouvir sa vengeance sur eux.


« Sageciel! » Le maître elfe était-il en danger? Elle devait s'assurer du contraire! Tout comme le Grand Amiral Adalmann von Hopfberg, envers lequel Isabelle portait une certaine affection. Qu'en était-il de son Altesse Isabella? Que ferait l'ancienne magistère si elle se retrouvait en face de la démente? Lui ferait-elle payer de l'avoir dénoncée? Ou bien ressentirait-elle un certain élan patriotique envers l'Empire pour l'aider à s'échapper? La question resta en suspens...

Le plus urgent restait la réserve. La baronne ne voulait pas arriver trop tard et trouver la pièce déjà pillée. Elle observa ses alentours, cherchant quelque chose qui pourrait l'assister dans son entreprise, puis se rappela qu'une arme bien plus efficace que son poignard de verre se trouvait à sa disposition. Retournant encore une fois le corps du geôlier pour le mettre sur le dos, Isabelle se saisit du pieu qui émergeait de son thorax. Son pied bien ancré sur le visage du malheureux, elle tira de toutes ses forces pour le déloger.

Maintenant équipée d'une pique et de sa dague, elle se dirigea vers sa nouvelle destination.


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Isabelle Breitenbach, Voie du Sorcier des Collèges de Magie
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[MJ] Le Naufrageur
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Re: [Isabelle] La Dame de Fer est Morte

Message par [MJ] Le Naufrageur »

Le pauvre gardien n’a rien dans ses poches, probablement déjà évidées par un autre malin. Tant pis, au moins, il y a une chose qui est certaine de se trouver sur lui, ou du moins, en lui. Le pieu, enfoncé profondément dans son dos. Le retirer n’est pas chose facile, un effort musculaire important rend cette idée moins attrayante qu’avant. Mais après avoir persévéré, elle parvient à extraire ce qu’elle espère être une arme. Hélas, il ne reste plus rien de pointu au bout de cette pique improvisée. Le bout a dû exploser en cent échardes à l’intérieur du corps de sa victime. Dommage, mais bon, ce sont des choses qui arrivent.

Déterminée par l'appât littéral du gain, ainsi qu’un espoir d’assouvir un désir de vengeance, si ce n’est autre chose, la Dame d’Argent progresse enfin vers l’Ouest. Le chemin est obscur dû au manque de lumière, mais des chambres ouvertes, certaines détruites, montrent que l’émeute n’a pas seulement commencé à l’Est. Qu’est-ce qui a bien pu piquer les patients pour agir ainsi ? Isabelle était folle, certes, donc elle méritait un traitement plus extrême, mais la grande majorité des détenus n’était pas aussi… perturbés ! Ça ne doit clairement pas être la norme, en tout cas.

C’est en marchant contre le sol glacé que la magicienne entend une petite voix venant d’un coin. Un jeune garçon, aux cheveux ébouriffés, le visage partiellement caché, lui parle. Ses habits sont ceux d’un patient. Il est petit, et probablement plutôt mince. Sa peau, bien que marquée par quelques contusions, à l’air très douce. Il observe la sorcière, penché derrière une porte. Sa voix est aussi fébrile que juvénile. Il a peur.
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« Ma-madame…

S’il vous plaît, me faite pas de mal.

Je…. Je vous en supplie, me laissez pas ici, ils sont tous fous ! Emmenez-moi, pitié.

Pitié, je ferais ce que vous voulez, j’le jure ! »


Malgré que ses yeux soient bien cachés par sa forte chevelure, Breitenbach parvient à les voir. Dans ses yeux, un peu larmoyants, elle voit quelque chose qu’elle n’a pas vu depuis longtemps. C’est comme une petite lueur, non pas de terreur ou de panique, non, c’est différent. Cette lumière qui s’est réfugiée dans ses pupilles, elle l’a déjà vue une seule fois par le passé. Un homme, plutôt jeune mais adulte, lui aussi avait cette énergie que ses orbites ne pouvaient point cacher. Cette force, sous-estimée par presque tous, elle connaît son nom. L'espoir.

Mais qu’est-ce qui peut bien lui donner cette force, quelle en est l’origine ? C’est évident pourtant. Ce qui permet à ce jeunot d’avoir de l’espoir, c’est elle, Isabelle von Breitenbach, la Dame aux cheveux d’argent. Tel un conte de fées, elle est apparue devant lui. Mais est-ce bien sage de prendre un enfant avec elle, même s’il n’est pas un petiot, il n’en reste pas moins qu’un jeune adolescent. Probablement douze, voire treize ans. Est-elle prête à prendre cette responsabilité sur ses épaules ? La Dame de Fer, elle, n’aurait jamais accepté, elle se serait même moquée de la faiblesse de l’enfant. Le choix lui tombe dessus. Abandonner un enfant à un sort inconnu, probablement sombre, ou essayer de lui sauver la vie dans tous les sens du terme ? Un dilemme digne d’une pièce du Théâtre Geheimnisstrasse !

Quelle que soit sa décision, il se soumettra très probablement à celle-ci.

N’ayant d’autres choix que de continuer, la suite l’attend. Enfin, elle arrive devant une porte en bois au fond d’un couloir. En haut se trouvent des écrits qui disent “ Réserve des Biens du Sanitarium “. Ma foi, c’est assez clair. Pas de gardes en vue, pas de personnels, ils semblent qu’ils soient tous de l’autre côté de l'Asile. Une bonne chose alors, autant de monde, ça devient très vite dangereux. La porte s’ouvre, et derrière, une grande salle avec des étagères, des coffres, des sacs. Une vraie salle au trésor.

Elle fouille, et trouve tellement de cadeaux des dieux. Une superbe tenue bourgeoise avec un gilet bleu marin, une chemise blanche ainsi qu’un pantalon gris clair. Une cape de voyage grise, douce mais très solide. De belles longues bottes en cuir qui lui arrivent avant les genoux. De l’or et de l’argent, en pièces comme en bijoux. Une bandoulière avec un sac, pour ranger les affaires. Mais surtout, des présents qui lui appartiennent. Son arme, une canne-épée cachant une fine lame. Sa vieille armure, un haubergeon. Son kit de maquillage, accompagné d’un autre du même acabit mais bien plus fourni. Rouge à lèvres, poudre pour le visage, mascara, crème pour la peau, tout y est. Quelle chance, quelle merveille, quel bonheur !

La tenue : Tu peux imaginer ça mais le gilet recouvre les bras et la chemise blanche un rien plus le torse. La cape est plus sombre bien sûr, et elle a une capuche.
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Les bottes :
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Cette pièce renferme presque tous ses désirs, et elle peut les prendre et s’équiper avec. C’est son jour de chance. Maintenant, désormais équipée, il lui reste un choix très important à faire. Une stratégie même. Il est possible qu’il existe une autre sortie dans cette aile, mais ce n’est pas une garantie. Elle peut aussi se diriger vers l’espace dédié aux employés, qui sait ceux qui peuvent s’y trouver…

Ou sinon, la sortie originelle ne disparaîtra pas en un claquement de doigts. Ce n’est pas à moi de déterminer quel chemin la grande magistère va prendre. Son destin sera scellé non pas par les autres, mais bien par ses propres décisions, ses propres choix !
Test de Perception : 16, dommage, tu ne remarques pas un truc.
Test de FOR (+2) d’Isabelle pour déloger le pieu : 14, échec. Le pieu est juste cassé, pas vraiment utilisable.
Test d’INT (+0) d’Isabelle : Tu comprends quelque chose à propos de l’enfant
Test (d’(INT+HAB)/2) pour la fouille : 17. Pas terrible du tout. Vu que tu sais lire et qu’en plus tu as la compétence administration, j’autorise une relance avec un -2.
Test 2 (d’(INT+HAB)/2 - 2) pour la fouille : 1, réussite critique. Bon, soit, je vais sortir une liste des meilleures prises. Les trucs de secondes qualités, c’est pour les pouilleux.

Une magnifique tenue bleu marin et blanche ainsi qu’une cape de voyage qui va avec.
6 couronnes d’or et 31 pièces d’argent.
De longues bottes en cuir de très bonne qualité.
Une bandoulière en cuir aussi avec une ceinture.
Des bijoux. Un bracelet, un collier ainsi que deux boucles d’oreilles en or.

Mais surtout, elle retrouve des objets de son passé.
Sa vieille canne-épée, son kit de maquillage (en plus d’un autre kit de maquillage inconnu qui était rangé avec).

De l’équipement de qualité en somme. Bravo, tu es désormais riche, et bien équipée.

C’est tout. Si tu prends le gosse avec, tu peux aussi l'habiller. Tu pourrais même considérer qu’il t’a aidé à attraper tout cela. Bien sûr, ça c’est uniquement si tu décides de le prendre avec toi. :mrgreen:
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Isabelle Breitenbach
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Re: [Isabelle] La Dame de Fer est Morte

Message par Isabelle Breitenbach »

La baronne progressa lentement dans les couloirs de l'asile à cause de l'obscurité ambiante. Une main posée sur le mur, elle l'utilisait tant bien pour se repérer que pour s'appuyer. Sa canne lui manquait grandement et, malgré son regain de vigueur, elle restait une vieille femme dans une situation d'urgence.
Au moins, Isabelle ne rencontra-t-elle aucune résistance, le bruit des combats s'éloignant au fur et à mesure qu'elle se rapprochait de son objectif. Enfin, pas exactement.

Breitenbach évoluait dans le noir quand elle entendit un bruit. Son cœur manqua un battement et la sorcière se retourna un peu trop vite pour son dos, prête à terrasser son adversaire d'un sort meurtrier. La main tendue, ses doigts organisés en un sigil arcanique, elle stoppa son incantation avant même de prononcer le moindre. Une forme de résistance se tenait là, dans un coin, sous la forme d'un morveux terrifié. D'après sa tenue, il faisait partie des patients de l'asile.
Soupirant d'avoir été ainsi prise par surprise, la Dame d'Argent baissa le bras et s'apprêta à continuer sa route. C'est alors que l'enfant se mit à supplier qu'elle l'accompagne.

Il n'avait pas la moindre chance de s'en sortir. Déjà, cet imbécile sautait sur le premier venu pour lui demander de l'aide, confirmant ainsi sa profonde naïveté. Si l'on prenait en compte sa carrure et son air larmoyant, il ne verrait pas le levé du jour. L'univers était bien cruel d'avoir enfermé ici une âme si jeune, scellant irrémédiablement son destin.

Hors de question de l'emmener avec elle. Il serait un poids pour la Dame d'Argent et n'avait rien à apporter pour l'assister dans son évasion. De plus, Isabelle détestait les enfants, refusant même jusqu'à admettre qu'elle en fut un en des temps immémoriaux. Elle se retourna pour continuer sa route, sans un mot, mais subit un phénomène étrange. Un flash, une image floue s’associant aux yeux humides du gamin. Un souvenir? Un écho? Malgré elle, Isabelle se sentit poussée à faire un acte de clémence.
Peut-être pouvait-elle lui être utile après tout. Cette simple pensée secoua l'esprit pourtant rigide et impitoyable de la baronne. Pas ici, pas maintenant.


« Ne traîne pas! » Dit-elle sans se résoudre à le regarder avant de reprendre son chemin.

Un peu plus loin, ils atteignirent la réserve. Elle n'est pas gardée. L'ancienne magistère ouvre la porte prudemment, s'attendant à trouver des pillards à l’œuvre derrière. Personne. Juste une vaste pièce remplie de richesses et de souvenir oubliés. Sa carrière de Grande Trésorière permit à Isabelle d'évaluer rapidement la valeur de cet impressionnant monticule. Jackpot! Ses dommages et intérêts allaient être remboursés en partie, seul le sang permettant de rembourser le reste de la dette.


« Gamin, aide-moi à fouiller ce bazar. Cherche aussi une lanterne ou une lampe, ce foutu asile est plus sombre que les forêts de Sylvanie. » En parlant, elle enroba la salle d'un geste du bras.

La Dame d'Argent repéra rapidement son ancien équipement, mais aussi de quoi l'embellir. Une jolie cape, de belles bottes, mais surtout, sa somptueuse canne. En refermant son poignet dessus, elle sentit une profonde satisfaction l'envahir. L'accessoire n'était plus chargé du vent doré depuis qu'Isabelle, dans un acte de profonde décadence, avait vendu ses pierres catalistes d'aethyr en échange de quelques bouteilles d'alcool. Malgré tout, son contact la rassurait.

L'humeur de la baronne s'assombrit brusquement. Derrière elle, le gamin s'affairait à fouiller un coin de la réserve. La sorcière fit discrètement jouer le mécanisme de la canne et libéra très lentement la lame dissimulée. Se refusant de prendre la responsabilité de cette petite créature, il ne lui restait qu'une seule option : la miséricorde. Une mort rapide, propre, comparée aux atrocités que les gardes ou les autres déments de l'asile feraient s'abattre sur lui. Peut-être pourrait-il se cacher jusqu'à l'arrivée des autorités, mais alors? Sa vie ne serait pas plus belle, enfermé jusqu'à la fin de ses jours dans cet endroit de misère. Oui, c'était la seule solution convenable.

L'enfant lui tournant le dos, occupé, Breitenbach se rapprocha doucement, ses pieds nus n'émettant pas un son sur le sol de la réserve. Elle tenait l'épée à deux mains, le pommeau contre son estomac, la lame pointée vers la nuque de sa victime. La pointe tremblait.
La Dame de Fer avait fait des horreurs au cours de sa vie, détruisant des vies pour améliorer la sienne. Mais, l'acte qu'elle s'apprêtait à commettre allait dépasser un nouveau pallier pour elle. Le meurtre de sang-froid d'un enfant sans défense. Était-ce pour son bien? Ou pour étouffer la culpabilité d'Isabelle de l'abandonner à un sort funeste? Au moins, elle saurait la cause de sa mort et n'irait pas s'imaginer des horreurs des années plus tard.

Contractant tous les muscles de son corps, la sorcière fit plonger son épée vers la nuque de l'enfant. Un fragment d'instant plus tard, la lame se tenait à quelques millimètres de son visage. Il s'était retourné. Ces yeux, toujours ces yeux qui provoquaient quelque chose d'étrange dans le cœur de métal de la vieille femme. Wilfried? venait-il la hanter au travers de cette créature minable?


« Cache-toi là-bas pendant que je me change. » Dit-elle en pointant de sa lame un coin de la pièce.

La baronne enfila sa nouvelle tenue avec difficulté, demandant finalement assistance pour mettre les bottes. Sur son ample chemise blanche, elle revêtait un gilet de maille richement décoré, lui donnant presque l'apparence d'un vêtement mondain. Il assurait ainsi une protection raisonnable sans affecter sa manipulation du vent jaune. Des bijoux, des bagues et des boucles d'oreille lui rendaient un peu de sa majesté. Enfin, la baronne prit le temps de se recoiffer, reformant plus ou moins adroitement son chignon sophistiqué dont elle seule avait le secret. Elle fixa le tout avec une jolie barrette trouvée dans le bazar.
En se contemplant dans un miroir poussiéreux, Breitenbach se trouva une allure d'aventurière digne de sa période de compagnonnage. Cela ferait l'affaire pour l'instant, elle aurait tout le temps de se maquiller et de se couvrir de fourrures plus tard.

Le gamin avait bien travaillé, réunissant un décent pactole, ainsi que des vêtements pour s'habiller lui-même. "Bordel, mais qu'est-ce que je fous?..." se dit-elle en l'observant se batailler pour enlever sa chemise blanche.
Une fois l'étrange duo prêt, Isabelle rapprocha son visage du sien, la mine sévère.


« Écoute-moi bien, car je ne me répéterai pas. À partir de maintenant, tu fais TOUT ce que je te dis IMMÉDIATEMENT.
Je te dis de te mettre à terre, tu te mets à terre. Je te dis de sauter par la fenêtre, tu sautes par la fenêtre. Ne parle que lorsque je t'adresse la parole ou s'il y a urgence. Sinon, je ne veux pas entendre un bruit émettre de ta personne.

Tu peux m'appeler Frau, Madame ou Dame Isabelle. Manque à un seul des points que je t'ai exposés et tu souhaiteras n'avoir jamais croisé ma route. C'est clair?

Maintenant, trouve quelque chose pour t'armer et suis-moi. »


Sans ajouter un mot, elle quitta la pièce, son minable protégé à sa suite. Ensembles, ils se dirigèrent dans les couloirs vers le bureau de Sageciel. Si le maître elfe ne s'y trouvait pas, alors tant pis, peut-être Isabelle y trouverait-elle des choses intéressantes. Si elle tombait sur la salle des employés en chemin, un rapide coup d'œil l'informerait d'éventuels survivants. La Dame d'Argent ne cherchait pas particulièrement à sauver qui que ce soit (hormis ce morveux inutile, apparemment), mais plutôt de trouver des informations sur un moyen rapide de sortir sans passer par l'entrée principale.
Elle se rappelait aussi, au tout début de son séjour, avoir vu une carte de l'asile accrochée sur un mur. Tomber dessus serait une aubaine!


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Re: [Isabelle] La Dame de Fer est Morte

Message par [MJ] Le Naufrageur »

« Oui, tout ce que vous voudrez Dame Isabelle, promis. »

L’enfant semble particulièrement heureux. Heureux d’être en vie assurément, mais pas seulement. Il est content d’être utile à la Frau. Il obéit donc, prenant une grande dague, un sac à dos et des habits à sa taille. Il saisit une lampe à huile qu’il garde dans sa main gauche. Il l’allume sans trop de difficulté avant de suivre, un petit peu derrière sa nouvelle guide. Il ne fait presque aucun bruit quand il marche, pas un mot n’est moufté, non. Il connaît sa place et à l’air de bien comprendre la situation.

Deux anciens patients avancent donc vers l’aile réservée aux employés, en particulier le bureau du médecin préféré de la Dame d’Argent. Ce n’est vraiment pas très loin, et ça ne prendra qu’un court instant avant d’y être assurément. À peine quelques secondes plus tard, le gamin tire la manchette de sa maîtresse. Quand elle tourne le regard, elle voit qu’il a levé son index droit devant ses lèvres. Stoppée, pour une raison qui lui échappe encore, il pointe son doigt devant la jambe droite de Breitenbach. Un fil, qui s’étend en parallèle du sol comme pour barrer la route. En suivant le chemin de ce piège, elle remarque moult objets creux comme des cruches, des verres en bois et autres. Si le fil est cassé, ces objets tombent par terre, causant un vacarme résonnant dans toute la zone. Qui donc à bien pu fabriquer cela ? Pourquoi ? Cette deuxième question est vite répondue. Ce genre de mécanismes primitifs est là pour alerter celui qui l’a installé de la présence et de la localisation d’un intrus.

Désormais consciente de ce piège grâce à son acolyte, elle reprend son calme, et l’enjambe sans difficulté. Ils progressent désormais plus lentement, pour s’assurer de ne pas tomber dans un autre coup fourré. Enfin, ils se trouvent devant la porte d’entrée du bureau de Sageciel. Pas de lumière sous la porte, pas d’individu qui les observe, rien. Ils pénètrent donc, l’entrée n’est même pas fermée. La pièce est spacieuse, avec un bureau qui l’est tout autant. Des étagères contenant des curiosités sans intérêts apparents et surtout, des tiroirs pleins à craquer de notes et de dossiers. Elle trouve très vite le sien.

Des notes, pour la plupart dans une langue qu’elle ne comprend pas mais qui ressemble étrangement au magikane. Cependant, la dernière feuille n’est pas un simple rapport, non, c’est un message. Une lettre à destination de la directrice.


" Mes salutations,

Frau Wilona Frei, je vous envoie cette lettre pour vous faire part de ma colère, de ma déception et de mon déshonneur envers cette institution. Le traitement que subit actuellement la patiente Isabelle Breitenbach est contraire à tous les préceptes, tous les codes et surtout, interdit par la loi ! C’est criminel, entendez bien ce mot, criminel d'enfermer une patiente qui faisait autant de progrès sous prétexte d’une crise.

Vous savez pertinemment que c’est normal, et même attendu des patients de faire preuve de réaction étrange lors de leur traitement. Je ne suis pas un imbécile, je devine sans difficulté que vous êtes biaisée à son sujet pour une raison qui m’échappe. C’est intolérable, absolument intolérable.

Dame Breitenbach possède un potentiel avéré de voir son esprit entièrement réparé, les dégâts sur sa psyché ne sont pas insurmontables. Ce qui vous lui infligez actuellement, c’est un meurtre à petit feu ! Vous aurez son sang sur vos mains, et je refuse de travailler avec quelqu’un qui n’a aucun scrupule à agir ainsi.

C’est pourquoi, suite au déshonneur que vous m’avez infligé en me privant d’une patiente qui mérite mon aide, je résigne ma position céans. Je compte d’ailleurs m'assurer que plus aucun de mes collègues de l’académie n’accepteront de vous financer. Vous êtes dangereuse, Frau Frei, dangereuse et une insulte à la fonction. Je laisse à mes collègues des copies de mes travaux, ils en auront bien besoin.

Ma démission étant accomplie, je vais faire plusieurs copies. Je n’aurais jamais honte de dire la vérité, qu’importe le rang de l’individu qu’elle tâche. N’essayez pas de me menacer ou de m’entraver le chemin, j’ai déjà prévenu l’ambassade de mon peuple. Si ça ne tenait qu'à moi, c’est vous qui devriez être une patiente à la place d’elle.

Que vos dieux aient pitié de votre sombre âme,

Doktor Senior Sageciel "


Une lettre incisive, tranchante même. C’est probablement une copie, assurément même. Un brave elfe, ce Sageciel. Quoi qu’il en soit, cette lettre révèle la perception d’un maître de son domaine sur une situation particulièrement non-protocolaire. Peut-être que ces informations lui seront utiles… si ce n’est pas déjà le cas.

Le plus jeune des deux cambrioleurs, se tient près de la porte légèrement ouverte, agissant tel un guet. Soudain il murmure.

« Dame Isabelle ! Des personnes arrivent de la réserve, il faut partir, vite ! »

N’ayant d’autres choix, elle suit son assistant dans la fuite vers le côté opposé. Ils doivent marcher vite, sans pour autant courir au risque de se prendre un autre piège. Au loin derrière eux ils entendent un vacarme assourdissant, le piège a été activé. Des lumières multiples se rapprochent au loin, avant de s’arrêter au bureau de l’hypnotiseur. Chance, ils ont encore du temps.

Désormais, ils sont à l’extérieur, dans une petite cour qui donne vers le ciel nuageux. Il fait donc moins sombre qu'a l'intérieur, mais ce n'est pas très lumineux. L’enfant, lui, n'attend pas. Il commence à grimper pour rejoindre le toit. Il y arrive sans difficulté, alors il redescend.

« Escalader est pas dur ici, j’peux vous aider mais je suis pas très fort. Euh, oui ! »

Il trouve une table qu’il pousse contre le mur ainsi qu’un tonneau qu’il soulève avec toute la difficulté de sa petite taille, et qu’il pose sur la table à plat. Ainsi, arriver au toit ne devrait pas être trop difficile malgré l’âge d’Isabelle. D'autres idées viennent fuser à travers l’esprit de la doyenne. Ils pourraient rejoindre l’aile Est et tenter de passer par la porte de sortie, c’est moins vertical en tout cas. Mais il va falloir se décider vite, la horde de manants approche…

« Vous venez ou on fait autre chose ? »

Il n’est pas très rassuré, mais sa voix est moins fébrile qu’au début. Il a l’air très débrouillard en tout cas. Finalement, c'est peut-être une bonne chose qu’elle l’ait prise avec. Une vieille et un jeunot, ça se complète bien semble-t-il. Mais qui est-il ? Et surtout, pourquoi est il dans l'asile ? Il n'a pas l'air méchant ou dangereux, ni même très bizarre. Est-ce encore un coup foireux de la directrice ? Tant de questions, si peu de réponses. Il faut agir, maintenant.
Décision majeure d’Isabelle : Sauver l’enfant.
Cette décision va avoir de grandes répercussions.

Test caché de ??? de ??? : 12
Test caché de ??? de ??? : 18

Test de l’Enfant de Perception (-4) : 3, réussite
Test d’Isabelle de Perception (-4) : 10, échec.
T’as de la chance, le gosse a perçu le piège. En voilà une de répercussion x)

Test de ??? de ??? : 16
Test de ??? de ??? : 13

Bon, c’est vraiment pas le bon jour :mrgreen:

Test de Perception d’Isabelle : 14, échec de 1
Test d’HAB (+3) de l’enfant : 10, une réussite.

Test de poursuite des malandrins, 20, échec critique. Bon, vous avez vraiment le temps.

Test de Force (+0) de l’enfant : 8, réussite de justesse.
Pour les fous qui désirent me rendre visite aux récifs.

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Re: [Isabelle] La Dame de Fer est Morte

Message par Isabelle Breitenbach »

Le duo improbable filait dans les couloirs de l'hospice. Aidée de sa canne et de la lueur de la lanterne, Isabelle pouvait avancer beaucoup plus rapidement, sans s'épuiser. Le gamin, lui restait silencieux. Il semblait par-dessus tout vouloir satisfaire sa gardienne. Bien, au moins, il ne serait pas un poids trop encombrant. Mais, lorsque les combats débuteraient, ce serait une autre paire de manches.
Peut-être un moyen efficace de s'en débarrasser?

Alors que cette pensée traversait la tête de la Dame d'Argent, elle sentit que l'on tirait sur sa chemise. "Et ça commence..." Furieuse, la baronne se tourna vers le gamin, prête à le rosser. Il pointait quelque chose devant elle. Un fils, relié à une farandole d'objets quotidiens censés déclencher un terrible vacarme au moindre contact. Isabelle n'avait remarqué ni l'un, ni les autres.
Ne pouvant se résoudre à féliciter le morveux pour sa découverte, elle hocha simplement la tête et enjamba le piège.

Un peu plus loin se trouvait le bureau de Sageciel. Toujours pas de garde, ni de lumière sous la porte. Même la serrure n'était pas verrouillée. C'était bon signe pour Sageciel : peut-être avait-il eu le temps de quitter l'asile avant les émeutes.
La fouille du bureau ne fut pas fructueuse, hormis la découverte de son propre dossier. Il était étrange pour Breitenbach d'éplucher les affaires du maître elfe. Passant de l'autre côté de la scène, elle s'infiltrait dans l'intimité de cet étrange personnage. Certes, elle ne pouvait pas lire ses notes, rédigées dans un langage probablement elfique, mais c'était tout de même une étrange expérience.

La dernière feuille était une lettre, rédigée en langage courant, à destination de la directrice. Isabelle la lut rapidement, sentant petit à petit une profonde fierté envers Sageciel. Ainsi que de la reconnaissance, pour lui redonner un tantinet espoir envers cette institution. L'hospice offrait un service adapté aux démunis psychiques et les traitait avec soin et compréhension. Ce que la baronne avait subi ne faisait aucunement partie des préceptes de l'asile, comme le soulignait bien le maître elfe. La politique et la corruption pouvaient gangrener le meilleur des systèmes, l'ancienne Grande Trésorière le savait mieux que quiconque pour avoir pratiqué ces méfaits à de multiples reprises.
Heureusement, il restait quelques incorruptibles passionnés.

Le gamin sonna l'alerte et, cette fois, Isabelle l'écouta immédiatement. Elle plie son dossier et le range dans sa besace, puis sort rapidement de la pièce. Sans un bruit, sa canne en suspension au-dessus du sol, ils s'éloignent. Quelques secondes plus tard, le vacarme du piège est activé. Le duo en profite pour accélérer l'allure sans risquer de tomber sur un piège. Les lumières se sont arrêtées devant le bureau de l'elfe. Parfait, un moment de répit qu'il leur fallait saisir.

À peine arrivés dans la cour, le gamin commence déjà à amonceler des objets pour leur permettre d'atteindre le toit. "Dégourdi ce mioche!" se dit-elle, un infime sourire aux lèvres. Son plan avait un seul défaut : Breitenbach ne se sentait physiquement pas capable d'escalader ainsi les murs de l'asile. Déjà, elle avait le souffle court, fatiguée de l'effort physique et mental provoqué par son évasion. Escalader ce bric et ce broc serait peut-être possible, mais alors, elle pourrait bien s'évanouir sur les toits.

Non, elle avait une autre idée, plus folle, plus grandiloquente, bref, plus satisfaisante.


« Gamin! Accroche-toi sur mon dos et surtout, ne lâche pas prise! »

Fouillant dans sa tête, la Dame d'Argent retrouva le sortilège qu'elle cherchait. La dernière fois qu'elle avait tenté de le lancer, l'aethyr s'était retourné contre elle et avait abruti son cerveau pendant plusieurs heures. Terrible expérience, c'était juste avant d'avoir espionné la réunion des chevaliers de la rose avec son altesse, puis sa chute du balcon. Tous ces événements avaient provoqué la Crise d'Isabella et l'internement de Breitenbach. La mort de la Dame de Fer.

Prenant soin de ne pas se presser, de faire le calme dans son esprit, la sorcière jaune prononça la formule.


« Mär'§amelna, alu'sla ò çey, öle ø'feyos'ae asarmin sla'ya§aöl » "Matière Subtile, libère-les de la Loi, que seule ma volonté leur serve de boussole." Une autre traduction simplifiée.

Elle visait son propre haubergeon, espérant ainsi soulever son corps et celui de son protégé. L'ancienne magistère réitérait ses essais jusqu'à ce que ses pieds ne décollent du sol. Ils pourraient ainsi s'élever jusqu'aux toits et peut-être même regagner directement la liberté. Il fallait juste que le gamin tienne, que la brusque expérience ne le traumatise pas au point de le faire lâcher prise et s'écraser une dizaine de mètres plus bas.


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Isabelle Breitenbach, Voie du Sorcier des Collèges de Magie
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Re: [Isabelle] La Dame de Fer est Morte

Message par [MJ] Le Naufrageur »

Une idée brillante, probablement inspirée par une divinité bienveillante. Après tout, si en théorie ça marche… En pratique, il y a au moins une chance que ce soit aussi le cas. L’enfant obéit sans attendre à l’ordre de sa doyenne. Il grimpe sur le dos de la Dame d’Argent comme un primate. Il n’est pas si lourd que ça, ou alors est-ce elle qui est plus forte ? Une bonne question, pour plus tard. Pour l’instant, il est l’heure de se tirer par les bretelles, ou du moins par l’haubergeon.

En effet, elle invoque, et attire le vent doré pour le manipuler ensuite avec son langage magique. Un effort de chaque instant, elle insuffle son armure avant de lui approprier une propriété connue des Alchimistes de son ancien ordre. La Matière Subtile, qui réagit avec des forces difficilement descriptibles. C’est cette énergie qu’Isabelle tente de maîtriser par la voie de Chamon. Au début elle n’y parvient pas, mais après une dizaine de secondes, ses pouvoirs répondent à son injonction arcanique.

Ses pieds se soulèvent du sol comme si la gravité ne voulait plus d’elle. Elle s’élève alors dans les airs, plus haut, encore plus haut. Désormais, elle et son colis surplombent l’asile comme des Dieux. Au-dessus, un ciel magnifique, libéré des nuages par une éclaircie momentanée. Une lueur argentée qui tombe de la lune des mers vient les illuminer. Ils sont libres, réellement libres après un calvaire. Tels des oiseaux libérés de leurs cages, ils aspirent à autre chose. Cette méthode, elle l’a bien utilisé de multiples fois à son avantage, mais jamais auparavant elle n’avait eu autant de maîtrise sur son vol. Elle est rapide, mais néanmoins précise. Elle est déchaînée, mais néanmoins fluide dans ses mouvements. Comme si tout son être désirait cette chose qu’on nomme… la liberté.

« Ouah, oh mais. Par les Dieux c’est génial ! On vole, on vole ! Vous êtes incroyable Dame Isabelle, vous êtes la meilleure au monde ! Wouhou-hou !!!! »

Ces mots sont pleins de joie, de gentillesse et d’affection. La brise vient frôler leurs cheveux et caresser leur visages. Rien ne les retient, pas les gardiens, pas les murs, pas leurs conditions. Rien. Aussi léger que des plumes, ils parcourent le ciel sans trop savoir où aller. Du moment que c’est loin de cette institution, cela est convenable. Les gloussements de rire de son acolyte sont comme une musique à ses oreilles. Après tout, la fierté, c’est de famille chez les Breitenbach. Soudain, tandis qu’elle se dirige vers l’inconnu, elle entend une petite voix, la sienne, au fond de son être.
« Ma belle Isabelle, tu ne t’en rends peut-être pas compte, mais tu as changé. Et je tiens à te dire que je trouve que ce changement te va à merveille. Tu es resplendissante, et cet enfant sur ton dos en est la preuve.

Un jour, j’espère que tu comprendras ces mots. La lueur de la vérité triomphe du mal uniquement si on la nourrit par ses actions.

Sans avoir causé du mal à un quelconque innocent, tu es libre, et plus puissante que tu ne l’as été depuis au moins deux décennies. Tu es digne de ma force, de notre force. Sois grande, Dame d’Argent. Que ton glaive vienne frapper les ténèbres qui se sont opposées à toi. »

Un sentiment profond de bien-être envahit alors le corps de la vieille dame, qui se sent un peu moins vieille, un plus vivante, un peu moins gateuse, un peu plus vive. Cette sensation est presque addictive, pourtant elle ne lui fait pas mal comme la brûlure du manque, non. Elle ne brûle pas, elle réchauffe son cœur glacé. Par le passé, on lui a tout pris comme punition, même son fils. Pourquoi est-ce que ceux qui habitent le Divin lui offrent-ils un enfant ? Est-ce une épreuve ? Ou simplement un coup du sort ? Cette question reste en suspens.

Pendant leur traversée aérienne, l’enfant pousse des souffles à en couper le sien. Il est émerveillé par la beauté devant lui. La nature s’étend devant leurs yeux, ses horreurs cachés par un épais feuillage. Le monde brille devant eux. Il survole une grande étendue d’eau, le Reik. Des petites flammes viennent de camps et de bateaux qui essayent d’y voir quelque chose pendant leur traversée du plus grand fleuve de l’Empire.

« Oh, je sais où aller je crois, je reconnais le péage à bateaux ! Mon frère habite dans un village juste à côté. Vous en faite pas, c’était mes parents qui m’ont envoyé à l’asile, mon frère lui était déjà parti. Il pouvait pas les sacquer. »

Suivant les instructions plutôt précises de son sac à dos, l'ancienne magistère arrive enfin à trouver une clairière pour se poser avant que le sort ne termine son cours. Désormais au sol, elle peut relâcher le vent de son armure. La clairière est aussi grande que vide. Le jeune passager remet ses vêtements correctement

« Vous êtes mon héroïne, Dame Isabelle. C’était fou ! J’ai eu un peu peur mais vous sembliez si à l'aise. C’est comme si on était des fées ! Oh, je devrais vous dire mon prénom. Moi c’est Tim, Tim Mangold.

Je suis heureux de vous avoir appelé dans l’asile. Je sais pas pourquoi mais vous aviez quelque chose de spécial. Une odeur un peu comme le fer qui est battu et de drôles de lueurs autour de vous, comme de l’argent. Comme maintenant quand j’y pense… »


Ses cheveux un peu écartés par les rafales de vent révèlent son visage. Il est jeune, et plutôt beau. Pas de marques de boutons ou de nez cassé. Il est un peu mignon avec son petit nez et ses grands yeux marron. Ses dents sont blanches.

« Je sais pas ce que vous voulez faire ensuite, mais je crois pas que dormir à la belle étoile est une bonne idée. Oh mais, vous êtes moins- euh, moins euh. Je sais pas comment dire, vous avez un miroir ? »

Dans sa boîte à maquillage, le couvercle en a un intégré. Elle le saisit de sa sacoche et l’ouvre. Ses cheveux sont un rien plus argentés que gris, mais son visage est différent ? Avant, un pan de peau lui pendait du dessous du menton, mais plus maintenant ! La surface est lisse, comme si elle était jeune à nouveau. Sa main droite n’est plus décharnée, elle a repris de la chair, mais pas sa main droite. Un cadeau de la Dame d’Argent, assurément.
Ses joues sont encore un peu ridées, et ses lèvres craquelées. Elle n’est pas non plus redevenue une jouvencelle.

Est-ce donc ça la force de la Dame d’Argent ? La Dame de la pureté ? Le pouvoir de lui rendre sa vie avant la chute ? Exceptionnel, jamais dans toute son existence la magicienne n’a entendu parler d’un tel événement ésotérique. C’est surnaturel, littéralement.

« Euh, Frau ? Vous voulez me dire quelque chose ? Je suis sûr que mon frère vous offrira un lit. Il n'arrêtait pas de m’envoyer des lettres… Chaque jour. Je savais pas les lire malheureusement…

Frau ? »
Test de MAG (-2) d’Isabelle : 16, première tentative, ça ne passe pour Télékinésie Magnétique
2em service : 7, réussite de 4 degrés.
Durée du sort : 4 minutes
Portée : 12 m de rayon, mais ici, l’objet est ton propre haubergeon.
Bravo tu peux désormais t’envoler comme Marie Poppins avec un gosse accroché à ton dos.
Cependant, Marie Poppins n’avait pas un enfant de 12-13 ans sur le dos.
Donc on va quand même faire un test de ((HAB+INT)/2) (+2) pour voir ta précision de vol : 1, réussite critique.

Encore, oui. Je considère donc que tu as une maîtrise parfaite du vol. Comme l’a dit un certain Hargrud, tu es un boeing 717, Isa.
Ta vitesse de vol est en plus Rapide. Je considère que tu es vraiment comme Peter Pan à travers Londres.

Bon bah, maintenant va falloir quand même que tu t’adaptes au vent.
Test de Perception : 19, échec automatique. Tu vois rien en bas, mais c’est pas grave. Tu sais pas où tu vas :mrgreen:
Test d’INT du gosse : 6, réussite.

Pour avoir échappé à l’Asile sans blesser le moindre innocent, et pour en avoir sauvé un, tu mérites une récompense.
Je t’offre +3 points de dévotion envers Shallya.
Pour les fous qui désirent me rendre visite aux récifs.

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Isabelle Breitenbach
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Re: [Isabelle] La Dame de Fer est Morte

Message par Isabelle Breitenbach »

Capricieux, l'aethyr refusa dans un premier temps d'écouter les paroles d'Isabelle. Peut-être les avait-elle mal exprimées, ou que sa gestuelle lui faisait défaut.
Après cette tentative infructueuse (mais heureusement pas désastreuse) la sorcière prononça une nouvelle fois la formule. Cette fois, le vent jaune ne lui résista pas, formant une bulle dorée tout autour du duo. D'une simple pensée de l'ancienne magistère, le sommet de la sphère sembla dégager une étrange perturbation en direction du haubergeon, comme une onde visible. C'était la manifestation de la Matière Subtile qui attirait le métal dans la direction souhaitée.
Seuls les manipulateurs des vents pouvaient voir cette bulle magnétique, un œil classique ne pouvant qu'observer, sidéré, deux individus quitter doucement le sol pour s'élever vers les toits.

À présent au-dessus des bâtiments de l'hospice, Breitenbach se rappela qu'elle n'avait pas volé ainsi depuis très, très longtemps. Si la sensation était grisante au-delà du mesurable, elle était aussi un peu terrifiante. Mais on n'oublie jamais comment monter à cheval et, si le contrôle de la sphère dorée demandait une certaine expertise, la Dame d'Argent n'avait pas perdu la main. Elle inclina mentalement l'onde de Matière Subtile vers l'avant et fila vers la liberté, déclenchant des cris de joie de la part de son passager.

Alors que les maisons d'Altdorf défilaient sous leurs pieds, Isabelle sentit une voix résonner en elle. Son passé venait de nouveau l'encourager, la féliciter même, pour ses choix. Dans un premier temps, la baronne s'irrita de cette intervention. Elle ne devait rien à personne, et encore moins à elle-même. Le ton presque condescendant de son ancienne version ne lui plaisait pas, car elle refusait d'être dirigée comme une simple bulle de Matière Subtile. Et, pourtant, derrière ce caractère acide, Isabelle ressentait quelque chose qui avait motivé chacune de ses actions jadis. De la fierté.

Elle aurait pu brûler l'asile, ravager ses habitants, quels qu'ils soient. Oh, cela aurait fait un parfait châtiment, quasiment divin, sans prendre en compte de broutilles telles que la responsabilité de chacun. La Dame de Fer avait subi un tort et la sentence se serait abattue sans discernement.
Malgré tout, la Dame d'Argent ne l'avait pas fait. Ou plutôt, elle n'avait même pas pensé à le faire sur le moment. Était-ce une preuve de faiblesse? Probablement.
Isabelle devrait faire attention de ne pas laisser ces changements l'adoucir.

Sur son dos, le gamin gardait fermement sa prise. Il hurlait sa joie au vent, quand beaucoup se seraient morfondus de terreur. Les magiciens étaient souvent mal vus au sein de l'Empire et d'autres peuples plus ou moins civilisés du Vieux Monde. On craignait l'inconnu, l'inexplicable, justifiant les malheurs (parfois à raison) qui s'abattaient sur le monde par les manipulations de ces fous en toge. Le Grand Patriarche et les autres leaders des collèges de magie menaient une lutte sans cesse pour garder leur réputation au sein du gouvernement, châtiant sans vergogne toute personne dissidente de leur ordre.
Fort heureusement, les sorciers étaient encore très utiles à l'Empire. Si cela venait à changer, tous seraient immédiatement livrés aux répurgateurs.

Le morveux, lui, ne craignait pas les pouvoirs d'Isabelle. Il les admirait. Cela décrocha un mince sourire sur le visage de la vieille femme, mais elle ne pouvait s'empêcher d'être consternée par la naïveté criarde de son passager. Alors qu'il lui vomissait un flot de compliments, elle se disait qu'il ne vivrait pas vieux dans ce monde cruel et intrépide. Ce n'était pas son problème : leur route se séparerait très bientôt.

Perdues dans ses pensées, la Dame d'Argent réalisa brusquement qu'elle n'avait aucune idée de sa destination, ni même de l'endroit où elle se trouvait. La paroi de la bulle dorée commença d'ailleurs à s'effriter, signifiant que le sortilège ne tarderait pas à prendre fin.
Au même moment, le gamin lui indiqua reconnaître les environs : son frère habitait dans un village voisin. Parfait. Elle pourrait donc le larguer ici puis reprendre sa route.

L'onde de Matière Subtile se positionna au sommet de la sphère avant de perdre doucement en intensité. Le duo regagna lentement la sécurité du sol, atterrissant en plein milieu d'une vaste clairière. Lorsque le sort se dissipa enfin, Isabelle fut surprise de ne pas subir outre mesure le poids de son passager. Son dos se révoltait de l'effort demandé, sans pour autant amoindrir la vieille femme.
Elle se recoiffa un peu, sortit une cigarette puis la fixa sur son accessoire au bout de ses lèvres. Un craquement de briquet d'amadou plus tard, Isabelle se délectait de ce moment de répit.

Le calme fut très vite perturbé par l'excitation de Tim Mangold (car il s'appelait ainsi). Apparemment, il pensait que les règles de l'asile ne s'appliquaient plus en ce lieu. Isabelle leva sa main pour le gifler et l'intimer de se taire, mais se retint au dernier moment. Les dernières paroles du morveux insolent l'avaient intriguée. Le commun des mortels ne ressent aucunement la manifestation des vents, hormis lorsqu'ils prennent une forme physique tangible. Or, Tim expliquait avoir clairement vu et senti les manipulations de la Dame d'Argent. C'était peut-être anodin, certains humains ayant juste assez d'affinité avec le Don pour pouvoir humecter l'aethyr du bout des lèvres, sans plus.

Du bout de sa canne, elle fit relever le menton du morveux. Fermant son œil gauche, Breitenbach rapprocha son visage pour l’observer en détail depuis son globe oculaire d'argent. Elle espérait ainsi discerner le réel potentiel du jeune garçon.

Quelles que soient ses découvertes, la réaction fut la même.


« Hmmm. »

Souffla-t-elle avant de le repousser sans douceur. Et, même s'il avait le Don, qu'en avait-elle à foutre? Une fois de plus, ce n'était pas son problème. Déjà, connaître son nom ne l'intéressait pas. Dans une dizaine de minutes, il aurait volontairement disparu de sa mémoire.

« Les fées ne volent pas. Ce sont de simples elfes qui embobinent les voyageurs crédules. »

Cette pique d'arrogance, Isabelle l'offrait gratuitement. Elle se délectait un peu à écraser ainsi les contes qui avaient probablement bercé cette âme ignare. Pourtant, Tim réussit à ébranler son assurance en lui faisant remarquer qu'elle avait... changé. Surprise, la baronne ouvrit sa boite de maquillage et se contempla dans le petit miroir à l'intérieur du couvercle. En effet, il était incomparable avec celui qui avait orné son crâne depuis les dernières décennies.

Les sillons dans ses joues, les crevasses de sa peau, étaient moins prononcés. Même les rides violettes de ses yeux enfoncés avaient perdu de leur couleur. Ses doigts n'étaient plus ceux d'un cadavre en voie de décomposition, mais appartenaient à une vieille dame encore bien vivante. Automatiquement, comme si son corps le lui ordonnait, Isabelle trempa l'éponge sèche dans la poudre du boîtier avant de l'appliquer sur ses joues. Un peu de vert sur ses paupières du haut, puis du rouge à lèvre sur ses lèvres.

Le résultat n'était pas probant. Maladroit même. L'ancienne magistère utilisait jadis les mains de ses servantes pour s'apprêter. Après sa chute et durant sa longue période de décadence, les tentatives de Breitenbach de raviver un peu son visage se soldaient par un résultat proche des clowns qui se ridiculisaient dans les différents cirques du Reikland.
Aujourd'hui, c'était un peu mieux. Surtout pour masquer sa mine livide après avoir passé plusieurs mois en cellule.

Mangold, lui, voulait savoir ce que sa sauveuse avait l'intention de faire. Le soleil se couchant, il ne voulait pas qu'elle dorme à la belle étoile. En regardant autour d'elle, Isabelle réalisa que si elle voulait dormir dans un lit, elle devrait se diriger vers le village du jeune garçon. De plus, son estomac criait famine, n'ayant pas reçu de nourriture décente depuis fort longtemps.

Après tout, pourquoi pas? Ce petit grumeau lui devait une fière chandelle et un repas chaud accompagné d'un lit douillet ne rembourserait qu'une très maigre partie de cette dette.


« Soit. J'espère que la femme de ton frère cuisine bien. »
Isabelle Breitenbach, Voie du Sorcier des Collèges de Magie
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