[Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..

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Dès sa fondation par le dieu guerrier Sigmar, l'Empire a dû faire face aux invasions et aux guerres civiles. depuis plus de deux mille cinq cents ans, il survit néanmoins aux périodes de trouble et aux batailles grâce à la bravoure et à la discipline de ses armées

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[MJ] Bonnepierre
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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..

Message par [MJ] Bonnepierre » 26 nov. 2015, 00:16

aaarg! j'avais tout bien écrit le début et j'ai effaaacccééééé!!!!!...
je vais le refaire un peu plus résumé alors
Six jours plus tôt. Hangar des marchands en Bundhofstadt. Le soir, tard.
Le clodo puant avait grimacé à la mention d'aller rencontrer le "Duc de Reissen". Bien que lui même le connaisse sûrement plutôt sous le nom du "Comte de Bundhofstadt", il avait compris.... et préféra sans doute ne retenir que la suite du discours de Lucrétia:

-Oui oui, oh oui, je vais te montrer! Viens , viens, c'est la bonne heure, allons y, c'est l'heure de Djaf!

Gageons que Lucrétia suivit.
Saard connaissait manifestement des chemins de traverse pour éviter la garde et le couvre-feux, et bientôt le groupe atteint des quartiers misérables et nauséabonds, où la soldatesque n'irait sans doute jamais en cette heure... Le "goupe", oui, car Otto - bien que peu enthousiaste - et Feuer - nettement plus débonnaire - avaient suivis. le chien était resté au hangar.
Ici, il n'y avait plus que lépreux aux cloches tintinnabulantes, volets fermés et décrépis, saleté et puanteur partout.

-Savez vous que les gens d'ici utilisent les cadavres des fosses pour engraisser leurs riches terres fertiles du Sud-Est?
gazouilla Feuer sur le ton de l'anecdote: C'est qu'il en faut, de l'engrais, pour nourrir toute les principautés... miam!

-Tagueule tagueule! gronda Saard, qui caracolait, voûté, au devant: les cadavres c'est fait pour être ranimé, pas pour faire des légumes pourris!

Le puant clochard mena le groupe près d'un grand trou rempli de près de cinquante corps, en divers état de décomposition. L'on voyait d'ailleurs bien en effet que la fosse était régulièrement travaillée, pour écarter les corps trop frais, pour prélever ceux qui étaient corrompus à souhait... De fait, en faisait-on de "l'engrais"?...
Trop incommodé, Von Fhur s'arrêta au bord du trou, mais Feuer suivit, se couvrant le visage d'un mouchoir.
Saard se roula dans les corps putréfiés avec joie, se maculant de miasmes et de sang mort.

-C'était bien la peine de le laver et de l'habiller de vêtures neuves, plaisanta Feuer sous son foulard.

Le dément dégueulasse commença à incanter... et rien ne se passa.
-Raaa! 'tendez tendez! C'est juste que Djaf a pas encore le regard sur nous! Il recommença... et cette fois 7 corps zombis se levèrent du charnier en meuglant, bras ballants...
-Voilà!!
Saard se concentra en les regardant, grimaça, puis alla se cacher derrière Lucrétia et Feuer.
-Bon, là, j'arrive pas à les contrôler, maintenant faut se carapater!

Feuer regarda les zombis qui arrivaient lentement vers eux, bras décomposés en avant, en geignant dans le silence. Puis il se tourna vers Lucrétia:
-Voulez vous que les brûle?

La lahmiane percevait - sans les percevoir - d'indicibles présences, qui s'étaient possiblement approchées de leur fosse commune... Quelques choses les observaient?

Trois jours après. Hangar. La nuit.
Diaz Hyando, la "jeune" haute elfe était donc revenue... et fut bien heureuse d'être accueillie à bras ouvert par la lahmiane - qu'elle ignorait être lahmiane, et, avec Saard, c'était bien la seule du petit groupe... Même le chien le savait, peut-être, à voir comme il grognait contre Lucrétia de façon récurrente... Dans les jours qui suivirent, l'influence experte de Diaz, encore meilleure dresseuse qu'Otto, eut toutefois l'heur de calmer le molosse à ce sujet. Très vite, il gambada joyeusement autour de l'elfette...
Tout comme Otto?... "Gambader", ce n'était pas le mot, pour le raide chevalier... Disons que ce fut plutôt Diaz qui "gambada" autour de lui, dans un premier temps, toute émoustillée de ce robuste nordique aux manières courtoises... et le Chevalier, bien que feignant d'y résister, eût égard à ses sentiments pour Lucrétia, n'allait peut-être pas tarder à succomber pour autant?... Une idylle avec cette elfe si simple, aux vrais talents guerriers, ne le séduirait-elle pas plus, finalement, que sa relation intense, mais si complexe, avec sa "maîtresse"?
en tout cas, ils devinrent vire d’inséparables compagnons d'entrainement à l'épée, rivalisant de tailles et d'estocs...

A la question de Lucrétia, Diaz ne put hélas guère répondre:
-Hem... Non pas, j'en suis navrée, Lucrétia, je ne sais. Nul ne m'en a jamais parlé. Bien que je sois presque devenue des leurs, les Asrais ne me mettent sûrement pas au fait de tous leurs secrets... Un sylvain nécromancien? voilà qui est singulier...

Maintenant. Un soir brumeux et frais. Quartiers des Maraudeurs de Bundohfstadt.
Dans les ruelles crasseuses, une bande de reîtres vêtus de gris, les Maraudeurs, chefs de ce quartier, avait repéré et reconnu le groupe de Lucrétia, et l'avait suivi de loin en loin... Leur "officier", le même encapuchonné que la dernière fois, les avait rejoint juste avant que la lahmiane et les siens ne rentrent dans la taverne miteuse et malodorante... ceci étant, elle sentait presque bon en comparaison de Saard.
Le psychopathe puant était en effet venu, bon gré mal gré, car ni Otto ni Diaz ni Feuer n'avait voulu rester au hangar avec lui... Diaz avait toujours le molosse qui lui traînait dans les basques, le caressant régulièrement, et l'ayant renommé: "Män" , ce qui signifiait "Bon", en elfique... "Män Män", lui disait-elle souvent pour le calmer, ce qui avait l'heur d'attendrir Otto.

A la suite de Lucrétia et de ses compagnons, le chef maraudeur était entré avec ses gars, se postant au comptoir, et dans ce coin de la taverne agitée, il y eut comme un froid... mais dans le reste de la grande salle commune, ça continuait de rire, jouer, boire, vomir, fumer, baiser -si si, dans des coins...
L'on ne reconnu point vraiment Lucrétia, bien que certains, sans vergognes, sifflèrent sa beauté avec gaillardise, sous les regards courroucés de Von Fhur.

Repérer l'elfe qu'elle recherchait ne fut pas bien difficile pour Lucrétia... sans même essayer d'user de son inexistante perception de la magie... Si doute elle eut, Feuer, bien plus expert en ce domaine, acquiesça de toute façon en regardant le même individu.
-Puissant, ajouta t-il à voix basse... très.

L'elfe était assis seul dans les fumées épaisse de sa pipe, regardant le néant.. ou alors vous?
Tout paraissait gris autour de lui. Une illusion d'optique dû aux fumées de sa pipe?

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Même pour un elfe, il ne paraissait pas très jeune... Émacié, mas pas aussi "vieux" que Iaurrandya, mais quand même, il n'avait plus la juvénilité des Asrais communs... Ses vêtements étaient masqués par une ample pèlerine grise, et il manipulait distraitement un collier de perles noires près d'un verre de mauvais vin.

Pas un mot lorsque Lucrétia s'assit à sa table. Pas une expression. Il ne la regarda même pas... et si elle ne dit rien, un étrange silence allait sans doute s'instaurer...

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 26 nov. 2015, 01:41

  • Si l’idée de s’en aller voir le duc de Reissen, ou de Bundhofstadt, n’enchantait pas véritablement le nécromancien, le fait de réveiller quelques cadavres en l’honneur de Djaf, ça, ça lui plaisait bien davantage. Ce fut même avec entrain qu’il montra le chemin au petit groupe que dirigeait Lucretia, bien qu’il sût agir avec une certaine prudence qui refreinait toutefois son allégresse. Eu égard au couvre-feu qui condamnait la joie de vivre de Reissen et l’endiguait dans une triste et morne atmosphère, se déplacer en ville, tel qu’ils le faisaient, pouvait être fortement répréhensible. Aussi Saard choisit-il soigneusement son itinéraire, empruntant de sombres venelles tortueuses, se glissant dans des coupe-gorges qui s’étranglaient dans d’autres ruelles toutes aussi lugubres et poisseuses d’immondices. Il y eut quelques patrouilles, qu’ils veillèrent à éviter en se dissimulant çà et là, en attendant leur passage au coin d’une rue, puis, à mesure qu’ils s’enfonçaient dans les quartiers les plus reculés et les plus sordides de la ville, la soldatesque disparut, laissant la place à toutes les crapules et à la misère humaine. Dans ces bouges infâmes, l’on y trouvait certainement des armes, telles des dagues, des gourdins, ou autres surins, mais certainement rien qui ne pût rivaliser avec les épées que portaient Otto et Diaz, tout comme aucune stature ne put éclipser leurs allures martiales. Rien ne vint leur mettre des bâtons dans les roues.

    Feuer ponctua leur avancée de quelques anecdotes pour le moins surprenantes.

    «Non, je l’ignorais. C’est une étrange façon de procéder, effectivement, d’autant plus que je gage que ces exactions sont principalement cachées au restant de la populace. S’ils se savaient manger, en partie, leurs concitoyens… Quoique. En ces temps de troubles, l’espèce humaine est prête à tout. »

    Saard eut quelques mots à l’encontre de Feuer, n’appréciant pas la véracité de ses propos et cette hérésie qu’il venait de prononcer, mais les mena malgré tout à l’endroit souhaité. Il s’agissait d’une grande fosse commune où l’on avait rapidement abandonné une cinquantaine de cadavres dont les chaires pourrissantes et les mines décomposées exhalaient des parfums de mort. Il y avait là un étrange travail qui se faisait là, lorsque les ouvriers étaient présents, un travail assez étrange aux yeux de Lucretia.

    Otto désira faire une halte aux abords de la macabre crevasse comme Saard se glissait à l’intérieur, suivit par Feuer, lequel appliqua un mouchoir sur son nez pour occulter les odeurs. Lucretia, quant à elle, décida tout simplement d’arrêter ce mécanisme respiratoire qu’elle avait conservé par habitude, et suivit le duo qui venait de s’engager entre les morts. Elle ne put toutefois réprimer une moue surprise lorsqu’elle vit le nécromancien se rouler au beau milieu des macchabés comme un porc dans la fange, avec une délectation obscène et dérangeante. Il ne craignait pas la pourriture, non ; il semblait même l’aduler. L’odeur douceâtre de la décomposition revêtait pour lui comme des fragrances bucoliques, et il remplissait ses poumons à grand renfort de respiration. Le mage rougeoyant se permit un petit commentaire, et la Lahmiane comprit soudainement d’où émanait jusqu’alors cette étrange odeur de savon qu’elle avait occultée depuis le début, sans y prêter la moindre attention. Ceci expliquait cela.

    Enfin, Saard, après s’être relevé, se focalisa sur les cadavres qu’il souhaitait réanimer. Lucretia sentit autour d’elle la Dhar se muer, être canalisée par l’esprit du sécot comme les vents de magie filaient dans sa direction, sans distinction aucune, que pour être mieux compressés et broyés par son esprit. Mais rien ne se fit. L’homme eut une petite moue suppliante à l’égard du ciel et des cadavres, et réitéra son action. Si, avant, la Dhar avait été relâchée dans le vide, là, elle se lia intimement aux trépassés, s’implémentant dans leurs cerveaux rongés par les vers. Ils se relevèrent pour de bon, et Lucretia ressentit un puissant intérêt pour cela, intérêt qui s’en irait croissant.

    Les sept zombies se dirigèrent vers Saard. Il semblait comme y avoir une complication, et ce dernier avoua qu’il ne parvenait pas à les contrôler. Il y avait encore une certaine marge, avant que ces morts-vivants ne pussent les atteindre. Feuer se retourna rapidement vers Lucretia, lui demandant s’il devait les réduire à néant par le feu. Elle eut un petit geste, lui ordonnant de patienter.

    «Peut-être que Saard parviendra-t-il à impétrer les grâces de Djaf… ? »

    Mais Lucretia n’attendit aucunement qu’il se remît de ses émotions pour retenter de prendre le contrôle. De par sa nature vampirique, elle pouvait ordonner aux morts de se soumettre à sa volonté, quand bien même n’avait-elle encore jamais essayé d’en relever. Ils devraient la reconnaître pour ce qu’elle était réellement, et s’incliner devant son pouvoir et son esprit qui s’empareraient des leurs. Aussi, se focalisant à son tour sur les zombies, tenta-t-elle de s’impatroniser au sein de leurs âmes dévorées par la Dhar, de se lier mentalement à eux, pour inscrire un ordre infime dans leur restant de cerveau. L’ordre de faire demi-tour, et de rejoindre la fosse. C’était la première fois qu’elle mettait en œuvre ce pouvoir vampirique, et était bien curieuse de constater du résultat. Là encore, elle le fit avec toute la discrétion possible, remportant, si elle y parvenait, le mérite sur les épaules de Saard. Effectivement, lorsque Feuer avait préconisé de brûler les cadavres, la jeune femme s’était demandé les effets potentiels que cela aurait pu avoir sur Saard. Elle eût pu lui expliquer les raisons d’une telle action, mais il y avait des fois où il valait mieux prévenir que guérir. Et s’il pouvait se voir gracié malgré lui par Djaf, les choses n’iraient que mieux encore.

    Il y avait encore une chose. Autour d’elle, une présence se faisait sentir. Il semblait qu’elle ne pouvait ni la voir, ni l’entendre, ni même la sentir. N’était-ce là que son instinct qui lui parlait ? Qu’importait ; elle ne pouvait présentement rien faire contre l’invisible étranger.


    ***


    Diaz, lorsqu’elle rejoignit Lucretia, ignorait la véritable nature de cette dernière. C’était un fait, un élément évident aux yeux de la Lahmiane. Et il était fort possible que l’elfe finît par rapidement apprendre la vérité. Elle prendrait si fait les mesures nécessaires lorsque le moment serait venu.
    En attendant, l’Asrai fit grande connaissance avec Otto, et ces deux-là semblèrent bien s’apprécier, ce qui était pour le mieux. En fin de compte, Lucretia se disait que cela lui ferait de l’air. Qu’importaient ses fréquentations, tant qu’il lui demeurait loyal en toute cause.

    Feuer eut également l’occasion de prendre des leçons de dressage, là où la magie, semblait-il, ne pouvait rien faire pour calmer les ardeurs ou l’énervement d’un molosse. Diaz s’y prit très bien, parvenant à adoucir la bestiole, évitant qu’elle n’aboyât pour d’obscures raisons, ce que ne pouvait supporter Lucretia. Oui, la jeune elfe s’intégra très bien, et très rapidement, au sein de son petit groupe.

    Quant à la question que lui posa Lucretia, Diaz ne sut correctement lui répondre. Il fallait se rendre à l’évidence ; en dépit de ses connaissances sur Dolenrond et ses gens, elle n’en savait pas davantage que celle qu’elle venait de rejoindre.



    ***


    Ce ne furent pas les clients qui se remembrèrent de la jeune femme qui passa la porte, pas plus que ce ne fut l’aubergiste, non. Ce fut la garde des maraudeurs qui les accompagna dans leur entrée. Lucretia les ignora royalement ; ils étaient libres de boire un verre s’ils le désiraient. Pour le reste, rien ne les concernait ici-bas. Aussi ne ressentit-elle pas véritablement le possible froid qui s’était installé entre quelques protagonistes, dont, certainement, Feuer, lequel devait bien se rappeler de la façon dont il était parvenu jusque dans cette auberge pour la première fois. Quelques chalands, tout de même, sifflèrent en direction de Lucretia, et ces premiers cessèrent bientôt lorsque le lourd regard d’acier de son sigisbée les intima, en silence, de la fermer, et de s’en retourner cuver leur bière.

    Feuer repéra immédiatement l’elfe qu’ils recherchaient tous, et se permit même un petit commentaire témoignant de la puissance du personnage. Ce n’était pas quelqu’un à prendre à la légère, semblait-il, ce que Lucretia n’avait nulle intention de faire.
    Il fumait tranquillement sa pipe, rencogné contre le dossier de sa chaise. Très émacié, dans la lignée des elfes, il ne paraissait pas spécifiquement vieux, ni spécifiquement vieux. A l’instar de ceux de sa race, là encore, le temps ne semblait pas avoir de véritable emprise sur son corps, quand bien même s’était-il voué aux sombres arts, capables de porter la dégénérescence des corps à leurs paroxysmes. Et lorsque Lucretia s’assit à sa table, il n’eut pas la moindre expression.

    «Les gens de votre trempe sont des plus rares, et plus encore lorsque l’on a conscience de leur race. Un elfe qui se voue à de telles occupations, jusqu’à se faire renier par les siens. Voilà qui n’est pas banal, et autant plus intéressant. »

    Elle laissa passer ce silence, s’il y en eut un, si c’était bien ce que l’elfe souhaiter établir, avant de reprendre.

    «Vous me pardonnerez l’endroit, ce lieu de rendez-vous, mais je voulais être certaine qu’aucun parti ne puisse manquer cet abouchement. Je sais que l’on vous a contacté, par vous savez qui, en provenance de vous savez où. Savez-vous également les raisons de cet appel, ou bien vous a-t-on laissé dans le flou le plus complet, comme on me l’a fait concernant votre personne ? »
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 28 nov. 2015, 22:21, modifié 1 fois.
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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..

Message par [MJ] Bonnepierre » 28 nov. 2015, 23:06

Lucretia sentit autour d’elle la Dhar se muer, être canalisée par l’esprit du sécot comme les vents de magie filaient dans sa direction, sans distinction aucune, que pour être mieux compressés et broyés par son esprit.
Je ne crois pas en fait, désolé... Tu n'as même pas "sens de la magie" comme compétence. Il fallait le prendre au début... Ton perso ne ressent que la sienne propre, de magie, à priori, pas celle des autres ni des autres sorts... Rp plutôt en ce sens stp...
(on pourra toujours remédier à cela, si vraiment Lucré s'y emploie, mais pour l'heure, c'est comme ça, à priori)
Fosse commune, la nuit, six jours plus tôt:
Contrôle automatique des morts vivants non contrôlés par d'autres. Lucrétia contrôle désormais 7 zombis.
Bien qu'en vérité peu pénétrée de sensations de la Dhar et d'autres vents de magie, en tout cas ceux qui n'étaient pas manipulés de son fait, il suffit d'une pensée à Lucrétia pour faire s'immobiliser les agressifs et lents zombis qui s'avançaient vers son groupe.

-Oh? Clama Saard, n'y comprenant rien. C'est... non c'est pas moi!.. c'est... Ooooh! C'est Djaf! Djaf m'es venu en aide!!
Il s'agenouilla dans la fange cadavéreuse, embrassant la putréfaction du sol, en "grâce"...

Pas dupe, Feuer regarda Lucrétia, ses yeux rieurs au dessus du foulard qui lui masquait nez et bouche.

Maintenant. Taverne pourrie.
De fait, l'étrange elfe émacié ne répondit pas tout de suite, après que Lucrétia se fût assise à sa table et adressée à lui... A mieux le voir, ses cheveux filasses étaient d'un blanc total, c'en était anormal... Et alors que d'ordinaire ses impressions "magiques" étaient en vérité bien plus diffuses qu'elle ne voulait le croire, la lahmiane perçut clairement autour de lui une sorte d'"aura de mort", une puissance noire... Tout le monde pouvait sans doute la sentir à son approche, du plus abruti au moins sensible...
Cet elfe était impressionnant!
Diaz, restée debout en retrait, tenait le molosse, qui refusait de s'avancer plus vers le sinistre personnage. Elle avait le visage fermé, douteux. Otto, debout derrière Lucrétia, était sur ses gardes. A côté de lui, Feuer avait un air intéressé, quoique distrait par ses observations incessantes de ses "amis" maraudeurs du comptoir...
Saard regardait l'elfe nécromancien comme s'il était le messie, un filet de bave lui coulant sur le menton.

Sans regarder son interlocutrice, et toujours jouant négligemment avec son bracelet de perles noires, l'Asrai déchu parla d'une voix grave, monocorde, sans expressivité:

-Cet endroit est parfait... Je sais tout. Mon père, Iaurrandya, m'a tout dit sur vous. Tout ce qu'il savait je crois... Comme vous, mais pour d'autres raisons, j'ai des difficultés à vivre en pleine lumière.
Les gens comme nous sont rares.

Votre projet est intéressant, Lucrétia. Quand partons nous?


Rien de chantant dans sa voix, non, décidément, plus rien "d'elfique"... Cet être n'était que calcul et obscurité... mais pas forcément malfaisance.

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 30 nov. 2015, 19:34

  • C’est surtout que j’ai toujours Rp de la sorte, dans la mesure où les vampires sont des créatures constituées de Dhar, qu’elles sont capables d’en user, et donc de la voir, de la sentir. Tout comme un mage pourrait sentir les rituels ou mes sortilèges, et cela même sans avoir cette compétence –devrais-je donc ne pas pouvoir utiliser mes sorts vu que je n’ai aucune compétence liée à la magie ? Enfin, ça fait cinq ans que je Rp de cette façon-là, en tout cas. J’en ai conservé cette habitude. Mais, s’il le faut, je veux bien acquérir ladite compétence, tant qu’à faire, vu que tu me proposais de pouvoir en acheter.

    La jeune femme n’eut aucun mal pour m’immiscer dans l’esprit ravagé des zombies fraîchement relevés ; sans maître pour les diriger, pour les protéger, leur résidu de conscience demeurait aussi faible que celui d’un nouveau-né. Pire encore, c’était comme s’ils recherchaient quelque chose auquel se raccrocher, un ordre à suivre, une bête indication que leur corps en putréfaction serait capable d’accomplir. Car telle était leur nature ; des pantins désarticulés destinés à suivre la moindre injonction pour l’éternité, encore et encore. Une des raisons pour lesquelles ces créatures infâmes pullulaient en Mousillon, quand bien même n’y avait-il plus tant de nécromanciens que cela.

    Si fait, Lucretia leur intima un ordre bien simple, tout à fait à leur portée. Celui de reculer, de faire demi-tour, et de rentrer dans la fosse afin d’y demeurer immobiles, quitte à retourner à l’état de simple cadavre. Puis elle se retira de leur esprit, tandis que Saard s’exclamait en étalant sa surprise, croyant là à un acte de foi plutôt qu’en un acte rationnel, si l’on pouvait considérer l’Aethyr comme tel. Et le voilà qui embrassait le sol, la puanteur et la vase de ses lèvres folles, remerciant Djaf de ses bienfaits, de sa mansuétudes mortuaires. Quant à Feuer, Lucretia devinait l’ombre d’un petit sourire amusé qui se dessinait derrière le morceau de tissu qu’il tenait plaqué contre son nez et sa bouche, fortement incommodé par l’odeur de la mort.

    Ceux qui étaient entrés dans la fosse en ressortirent ; Saard, à regret, Feuer en retirant son mouchoir, et Lucretia en reprenant le rythme d’une respiration factice, mais presque rassurante. Cela même qui l’aidait à se faire passer pour une humaine pour la presque totalité des gens qui croisaient sa route, tant que ceux-ci n’avaient pas pour eux cette fibre magique qui permettait, parfois, de la repérer de loin.
    Le petit test ayant été effectué, ils firent demi-tour, rentrant à l’entrepôt. Lucretia en savant désormais assez sur Saard. Ce n’était qu’un nécromancien débutant, certes, mais il pouvait faire l’affaire pour le béotien en matière de magie noire.


    ***


    Alors qu’elle s’était assise à sa tablée tout en lui posant quelques questions, l’elfe demeura cloitré dans son long silence quiet et impassible, indifférent au monde qui l’entourait. Mais si son visage demeurait impénétrable, son corps et l’aura qui l’entourait, eux, l’étaient bien moins. La Dhar qui émanait de lui était fortement perceptible pour qui savait la deviner, la sentir, et, s’il y en avait un qui y répondait de tout son être, c’était bien Saard. Comme une mouche attirée par un cadavre, il semblait tout excité par cette rencontre, dardant sur l’elfe des yeux ronds qui le vénéraient déjà comme un messie, comme un prophète. Fou, et partiellement débile, ses lèvres entrouvertes laissaient couler un filet de bave peu ragoûtant sur son menton, jusqu’à ce qu’il coulât sur la table déjà bien écœurante. Le cabot, fermement retenu par Diaz, refusait de s’approcher davantage de l’elfe, Otto veillait sur Lucretia, aux aguets, et Feuer, lui observait la scène, intéressé.

    Finalement, il daigna considérer son interlocutrice, répondant à ses questions. Et ce qu’il avait à lui apprendre n’était certes pas fondamental, mais pour le moins surprenant. Il était donc le fils de Laurrandya. Et lui aussi n’appréciait pas forcément le soleil à sa juste valeur.

    «N’est-ce pas ? Mais prenez donc des précautions. Sortez couvert »
    Pour une raison qu’elle ne comprit pas, cette dernière remarque fit intérieurement sourire la jeune femme, lui évoquant… Elle ne savait pas véritablement, mais c’était comme si elle aurait dû le savoir.
    Enfin, si l’elfe avait semblé long à la détente, stoïque son propre passage du temps, totalement décalé par rapport à celui des humains, là, il sembla comme pressé de partir, sur l’instant.

    «Je puis comprendre que, face à de tels projets, cet endroit perde finalement de son charme, à tel point que l’envie de filer d’ici nous prenne subitement. Je pense que nous partirons d’ici peu de temps. Mais, avant, j’aimerais en connaître un peu plus. Si l’on vous a mis au courant, moi, je ne le fus pas, bien qu’ayant bien évidemment posé mon lot de questions, notamment à votre père. Et celui-ci m’a demandé de vous les retourner, de les poser à l’intéressé. Aussi dites m’en davantage à votre sujet, et racontez-moi ce que vous savez de mon projet, je vous prie. »
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 30 nov. 2015, 19:34, modifié 1 fois.
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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..

Message par [MJ] Bonnepierre » 30 nov. 2015, 20:44

je t'ai répondu en Mp pour cette histoire de sens de la magie ;)
La nuit, six jours plus tôt:
-Oui... oui oui oui... C'est ça, oui, bieeeen... recouchez vous, mes chers morts, avait exulté Saard, voyant les sept zombis retourner dans leur fosse de cadavres. Votre heure n'est pas encore venu, le tout puissant Djaf le sait, tel est son ordre... mais bientôt... bientôt, le temps viendraahah ahaha!

Feuer avait en effet retenu à grand peine son hilarité, tandis que le clochard puant était repartit de l'endroit en bombant fièrement et autant que pouvait son torse rabougri...
-Nous allons faire de grandes choses tous les deux, madame rousse! Djaf veille sur nous!...
Il avait cependant cessé de parler trop fort, comme par crainte d'invisibles oreilles, au fur et à mesure que le groupe revenait dans des quartiers, certes toujours sordides, mais peut-être un peu plus habités...

Une troupe de lépreux nocturnes, implorant la grâce de Shallya, passa non loin aux sons de leurs clochettes.
-Pouah! Shallya la catin! cracha Saard à voix basse.
Regard dur d'Otto sur lui... qui se retint sans doute de lui mettre une baffe gantée de fer.

Et l'étrange compagnie s'en était rentrée sans encombres au hangar au travers du couvre-feu... enfin... pour être plus exact, peut-être aussi que la soldatesque préféra ne pas voir - et encore moins contrôler - un groupe si particulier qui errait dans la nuit.

Maintenant. Taverne pourrie.
Nulle réaction du sinistre elfe assis en face de Lucrétia à sa première galéjade: "sortez couvert"... Puis, comme aux précédentes questions de la lahmiane, il y eut un temps de latence relativement long avant qu'il ne répondit, se contentant alors de manipuler en silence son chapelet de perles noires... Finalement, il approcha son verre de son nez, eut une infime grimace face au relent de mauvais vin, le reposa, puis parla. Tout cela très lentement:

-Le peuple Asrai est grégaire et conservateur... Ses membres le sont tout autant... mais partout il existe des exceptions.
Je suis de celles là. L'interdit m'a toujours attiré... et il m'attire encore.
Je portais un nom joyeux auparavant, mais désormais les Asrais m'ont rebaptisés "Rucima Fuinir"... quand ils osent se souvenir de moi... Les appellations elfiques posant souvent quelques difficultés aux humains, vous pourrez me nommer simplement " Rucma", si vous préférez.


Le nom donné par le nécromancien elfe avait fait frissonner Diaz, de moins en moins à l'aise.
Rucma reprit, de sa voix lugubre sans intonations:

-Mon peuple a préféré m'oublier... me rejeter... mais je ne lui en tiens point grief. Au contraire, je le protègerai si je le dois...
Les pratiquants de mon art ne se doivent point d'être forcément maléfiques, bien que la plupart l'ignorent, y compris eux-mêmes... C'est une science, et non pas une religion.


A ce moment ce fut la face sale de Saard qui réagit: Il n'aimait pas ce qu'il oyait, finalement...
Regard pâle de Rucma dans celui de la lahmiane, pour la première fois:

-D'après mon père, vous me ressemblez quelque peu... J'entends là, en ce qui différencie la rumeur populaire de qui vous êtes vraiment, de vos motivations véritables...
Il m'a conté que vous vouliez voler son armée au Nécromancien de Bédaine... Cela m'intéresse de vous y aider... et s'il vous convient j'en resterai là en ce qui concerne vos buts.
Cela sera déjà une longue aventure à vivre, et nous aurons bien le loisir de converser cependant de la suite des événements...

Avez vous des quartiers où je pourrai m'installer au calme en attendant le départ, où devrai-je faire par mes propres moyens?...


Silence. Il jouait avec son bracelets de perles noires...

Otto était stoïque. Feuer intéressé. Diaz terrifiée. Saard belliqueux - "cet elfe qui ne croyait pas en Djaf voulait-il lui voler son armée de morts?!!
Si tu veux rp un retour au hangar, pas de soucis... voire même la nuit et le lendemain matin... les marchands étant partis, il est vôtre, actuellement.

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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 01 déc. 2015, 18:07

  • En-dehors de la sphère du temps ; voilà ce qui pouvait caractériser l’elfe avec lequel ils s’étaient abouchés. Il y avait de ces fois là où, lorsque l’on vous posait une question, mieux valait ne pas se précipiter à la rencontre de la réponse. Analyser, prendre son temps pour peser le pour et le contre de ce que l’on allait rétorquer, surtout lorsque votre vie pouvait en dépendre, dans les Principautés Frontalières. Car certaines personnes ne cessaient de vous poser des pièges à chaque interrogation. Mais si vous attendiez trop longtemps, c’était tout le contraire, qui se passait. Plutôt que de vous donner des airs intelligents de grand philosophe qui aiment à réfléchir sur le sens de la vie, attendre trop longtemps avant de donner la moindre réponse vous donnait en réalité un air débile. Comme si vous ne pouviez point comprendre dans l’immédiat le sens d’une phrase. Et c’était exactement l’impression que ressentait Lucretia à l’égard de l’elfe, de ce vis-à-vis qui luttait pour se raccrochait au temps qui courait. Peut-être était-ce un genre qu’il se donnait, dans une extrême indifférence. Peut-être était-ce juste dû à sa nature elfique, quand bien même Lucretia ne comprenait-elle pas ce ressenti. L’immortalité lui était déjà acquise, mais loin d’elle l’idée d’intercaler quelques minutes de silence entre chaque réponse qu’elle donnait. En fin de compte, le temps, à l’instant présent, voguait à la même vitesse, pour tout le monde. Et ce n’était que pour les plus anciens, lorsqu’ils regardaient en arrière, et seulement à ce moment-là, que l’échelle temporelle pouvait être différente. Mais ce n’était qu’une impression, un ressenti, et non pas une vérité, pas une réalité. Les secondes restaient les secondes, les minutes, les minutes, et les heures, les heures.

    L’ancienne baronne de Bratian n’en apprit pas beaucoup plus, si ce n’était son nom, son intégration chez les Asrai, et ses motivations. Sur ce point de vue-là, au moins pouvait-elle le comprendre, et partager ses impressions. Partout, il existait des exceptions. Ce n’était l’on ne pouvait plus vrai, mais bien des gens avaient des difficultés à le comprendre. Y compris chez les elfes, parmi ce peuple ô combien séculaire et conservateur, dont l’indifférence et la passivité les rendaient totalement gâteux.

    «Rucma, donc. Cela me conviendra très bien. Rucima Fuinir… C’est un nom possible un peu trop long pour moi, et je suis adepte des patronymes concis. Quant à moi ; Lucretia von Shwitzerhaüm. »

    Lorsque Rucma avait énoncé son nom, Lucretia avait pu sentir, derrière elle, la longue étreinte d’un frisson qui s’était emparé de Diaz, pour des raisons qu’elle ignorait. Avait-il quelque connotation malaise et mauvaise, dans la langue Asrai ? Ou était-il une légende parmi les siens, un croquemitaine dont il ne fallait jamais prononcer le nom, si ce n’était pour faire peur aux enfants les plus récalcitrants ?

    «Ainsi donc, vous n’êtes point rancunier. Je ne saurais qualifier s’il s’agit là d’une qualité ou d’une faiblesse. Mais j’ai cru comprendre, effectivement, que les elfes n’étaient pas véritablement enclin à la guerre, et bien trop prompt au pardon. Est-ce par pure conviction ? Ou simplement pour se démarquer aveuglément des nains, à la rancune si célèbre ? »

    Si Lucretia exécrait les nains, pour une raison qu’elle ne pouvait pas expliquer, viscérale, elle devait avouer qu’elle préférait très probablement le tempérament acerbe et bagarreur de ces petits-hommes plutôt que l’immobilité intemporelle des elfes, qu’elle ne pouvait pas non plus supporter. Ceux qui avaient créé le monde, quels qu’ils fussent, auraient dû façonner une race prenant le meilleur des elfes et des nains.
    Après une rapide réflexion, elle se dit que les humains n’étaient peut-être pas là par hasard.

    «Mais nous nous ressemblons effectivement sur d’autres points. Ces gens-là, dont vous parlez, ne sont en effet pas forcément maléfiques. Certains ont simplement peur de la mort, d’autres sont anéantis par la perte d’un être cher, pour lequel ils seraient prêts à tout accomplir pour les voir se relever, pour partager un dernier regard, une dernière étreinte, avec cette chose qui, finalement, ne sera jamais rien d’autre qu’une coquille vide, dépourvue de toute émotion, si ce n’est peut-être la haine. Là où certains y voient une hérésie, moi, j’y vois une tragédie. Et là où d’autres y voient également une aberration de la nature… J’y vois également une science qui me fascine. »

    Elle croisa son regard pâle, se demandant toutefois le bien-fondé de ses intentions. L’elfe semblait que trop hâtif à l’idée de partir, et n’était-ce pas, en cela, quelque peu douteux ? Mais il fallait remarquer que, pour une fois, il semblait enclin à parler plus rapidement que lors de ses premières prises de parole, enchaînant les idées les unes à la suite des autres.

    «Oui, c’est bien ce que j’entends faire, et suis fort aise de constater que vous seriez prêt à m’aider. Pour le moment, donc, je m’en tiendrai là quant à mes intentions futures. Sortons donc de ce bouge, que je vous montre où nous logeons. »

    Ils s’en furent donc, s’en retournant au campement. Pour Otto comme les Feuer, rien n’avait véritablement changé ; le premier s’avérait toujours aussi constant, comme le second toujours aussi intéressé. En revanche, en ce qui concernait Diaz et Saard, leur comportement s’en était soudainement altéré face à cette nouvelle rencontre. La première, si elle avait de prime abord ressenti un certain frisson, semblait à présent totalement terrifiée, pour une raison que Lucretia ne comprenait pas. Quant au second, son ire était explicable. Il voyait Rucma comme un voleur et un hérétique. Celui qui voyait la nécromancie non pas comme un culte auquel se vouer, découlant directement de Djaf, mais comme une science, ainsi que le voyait Lucretia. Pire encore, là où il aurait normalement dû récupérer l’armée résidant en Bédaine, il était fort possible que son contrôle finisse par lui échapper, jusqu’à tomber entre les mains de ce nouvel être. Mais entre Saard et Rucma, le choix était vite fait ; le premier semblait potentiellement débile, voire demeuré, lorsque le second paraissait bien plus compétent.

    De retour dans l’entrepôt, ils le découvrirent partiellement vidé ; les caravanes avaient repris leur route, remontant vers l’Empire, et ces gens du voyage n’avaient laissé derrière eux que ce qui ne leur était pas nécessaire.

    «Installez-vous où vous le souhaitez ; nous avons présentement toute la place qu’il nous faut. Toutefois, avant d’aller plus loin dans nos actions, j’aimerais, encore, vous poser quelques questions. Etes-vous confiant dans vos capacités à prendre l’avantage sur le contrôle néoromantique de celui qui réside en Bédaine ? Il semblerait que peu de monde en sache véritablement à son sujet, et je me retrouve dans une situation que je n’apprécie pas particulièrement ; le manque d’informations. Enfin… Je suis aux ordres du Comte de Reissen, et je dois lui présenter le nécromancien que je serais parvenue à trouver avant de continuer les opérations. Je compte avoir le soutien de l’armée de Reissen avant de mener une offensive en Bédaine. Quoi qu’il advienne, je ne pense pas que nous puissions venir à bout, facilement, de toute une armée. Seriez-vous prêt à venir au palais en ma compagnie ? »
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 01 déc. 2015, 18:07, modifié 1 fois.
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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..

Message par [MJ] Bonnepierre » 02 déc. 2015, 16:16

Taverne pourrie, le soir.
Il est vrai que c'était étrange, cette façon de répondre à contretemps du nécromancien elfe, en surplus de façon assez brève... "Débile", oui, en effet, d'une certaine façon cela pouvait aussi donner cette impression... Mais en vérité c'était plus comme s'il pensait à autre chose en même temps, comme si son interlocuteur de méritait pas son attention maximale. En ce cas cela pouvait paraître plutôt vexant, non pas?
Il y avait en surplus cette sorte d'"aura de mort" autour de lui, certes invisible, mais pourtant bien perceptible, sans doute même pour un mortel lambda... Quelle puissance! Quel pouvoir! C'en était presque inquiétant... et terrifiant, pour un mortel un peu impressionnable... Devenue ces derniers temps encore plus sensibles au monde impalpable des Vents de Magie, Lucrétia ne le ressentait que plus fortement encore... Cet elfe était incontestablement, et de loin, le plus puissant magicien qu'elle eût jamais côtoyé... ni peut-être même "pensé un jour côtoyer"...

Feuer semblait homme doté d'un sang-froid incroyable, du coup. Car, de surcroît capable comme il l'était de percevoir les auras en détail, il se montrait bien plus fasciné qu'intimidé... Ceci étant, s'était-il déjà montré particulièrement intimidé par la lahmiane, alors qu'il l'aurait dû?... Otto l'était. Diaz l'était, bien que cela fût mâtiné d'amitié. Saard l'était. Mais point Feuer... Ne pourrait-on nommer ce genre d'homme un inconscient, en vérité?... La preuve en fut, avec un galéjade juste après quelques mots de Lucrétia.
Elle avait dit:
«Rucma, donc. Cela me conviendra très bien. Rucima Fuinir… C’est un nom possible un peu trop long pour moi, et je suis adepte des patronymes concis. Quant à moi ; Lucretia von Shwitzerhaüm. »
Il avait commenté, retenant son sourire:
-Ha oui, "Lucrétia Von Schwitzerhaüm"... Voilà qui est plus concis en effet.
Otto avait alors sourcillé vers lui, mais non plus avec l'agressivité d'antan. C'était plus comme une inquiétude pour Feuer et sa grande gueule. C'était qu'ils étaient vraiment devenus amis, dirait-on.

Mais trêve de trivialité... L'elfe sombre n'avait nullement réagi à ce "bon mot". Non plus qu'aux autres paroles de Lucrétia, hormis par de très vagues hochement de tête à contretemps... Lorsqu'elle déclara le départ, ce fut sans empressement qu'il se leva de sa chaise, mais au moins le fit-il sans attendre un "siècle"...

Les maraudeurs, maître du quartier, qui traînaient au comptoir du bouge, observèrent ce groupe singulier quitter l'endroit. Leur chef adressa un signe muet d'au revoir avec un soupçon d'insolence... qui disparut immédiatement de son visage, devenu choqué lorsque Rucma était passé près de lui de son pas lent.

Retour au hangar. le Soir.
De fait, Lucrétia et les siens avaient le vaste endroit pour eux seuls, bien qu'il fut sous surveillance extérieure par les gardes aux tabards vignes... Chacun pouvait donc s'installer un peu où il voulait, utilisant matelas et caisses à son gré.
Saard alla se terrer dans le coin le plus proche des latrines, et bouda dans son coin en ronchonnant.
Diaz papillonna, ne se trouva vraiment nul lieu à elle - mais les elfes ne dormaient point, c'était connu - joua avec le chien, vint badiner avec Otto.
Otto s'était instauré une couche martiale non loin de celle de Lucrétia.
Feuer, si Lucrétia le lui autorisa, assista à l'entretien supplémentaire qu'eût cette dernière avec Rucma.

Aux questions de la lahmiane, l'Asrai déchu resta (encore!) une éternité sans lui répondre. Il observait les lieux d'un air distrait, sans expression sur son visage maigre, comme songeant à tout autre chose.
Durant le retour, ou durant ces temps de latence, Lucrétia avait pu elle-même observer le puissant nécromancien plus en détail:... Son baluchon était léger, il avait une sacoche au flanc et portait un cuir elfique de belle qualité, sous sa cape grise. Une fine épée noire à sa ceinture faisait vibrer les récents sens mystiques améliorés de l'ancienne baronne... Mais ces vibrations n'étaient rien en comparaison des émanations noires du collier de perles qu'il avait toujours en main gauche.
En vérité, cet être étrange pulsait carrément la magie!... Vents du Dhar et de la Shyish en majorité, sans doute.
Nb: pour faire acte de "Conscience de la Magie", il faut me le dire... cf compétence.
Enfin il répondit, sans toujours se presser, mais de façon continue:

-Le nécromant de Bédaine ne contrôle point cette légendaire armée de morts... Si elle excède 200 corps, cela est impossible pour un être seul, même puissant... Je suppose qu'il tient son armée de cadavres vivants enfermée dans ses ruines, et que lorsqu'il voudra les déplacer en masse, il ne prendra le contrôle que de certains... Les plus forts...
Le reste ira tout seul, s'il sait rester caché à leurs orbites... Les morts réanimés ont tendance à se suivre les uns les autres. Ils iront là où leurs "meneurs" iront.
... Une telle armée en marche pourra être stoppée, ou au moins éparpillée, par un autre nécromancien compétent, si tant est que celui-ci a une portée de contrôle suffisante pour éviter d'éventuelles attaques de spectres et d'ombres, voire celles des alliés du nécromant originel lui-même.

Je serais ce nécromant, je me déplacerais en retrait sous forme fumeuse dans les pas des zombis, ou alors, si ma confiance est forte, en personne au beau milieu des morts-vivants puissants qui guident l'armée...
Ou alors je me serais façonné un sceptre de la Non-vie pour diriger de très loin... Il est probable qu'il userait de ce biais.

Mais prendre le pouvoir de cette armée avant qu'elle aie été mise en marche sera bien différent: L'adversaire sera alors directement le nécromant de Bédaine, ainsi que les golems de chairs putréfiés, qui, dit-on, ils s'est façonné... Mais surtout les ruines où il s'abrite... C'est un ancien temple Nehekharien. Je ne saurais dire quels dangereux enchantements y résident encore, mais si l'homme de Bédaine en a pris un certain contrôle, c'est hasardeux... La science des Rois des Tombes était terrible, en ces temps séculaires où ils ont bâtis si loin de l'Araby...

Le nécromant de Bédaine se nommait "Mark" à l'époque où il fut mon disciple. Il se rebaptisa "Mortis"... Actif comme il semble l'avoir été, peut-être égale t-il mon pouvoir aujourd'hui... peut-être même est-il devenu Liche?... J'ai fait une erreur avec lui... Mais il est tout de même possible que je puisse jouer de mon statut d'ancien maître pour le désorienter.
Cette armée, entre ses mains, est trop dangereuse.


Rucma s'éloigna alors de Lucrétia, comme s'il avait décidé que la conversation était terminée. Ce faisant, il ajouta néanmoins:

-Je n'irai pas rencontrer le dirigeant de cette ville humaine. Je ne prendrai point partie entre Bédaine et Reissen. Je ne suis aux ordres de personne...


Feuer - dans le cas où il avait été accepté dans l'échange - haussa des sourcils impressionnés, retenant un rire nerveux.
Si Lucrétia ne le retint pas, Rucma allait tranquillement se poser plus loin, à l'écart de tous, aménageant caisse et matelas contre une paroi pour lui servir de fauteuil improvisé...

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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 03 déc. 2015, 16:11

  • Lucretia pouvait aisément percevoir la Dhar qui s’agitait autour de l’elfe, qui le halait d’une sombre puissance, capable de vous traverser l’échine, d’entrer par les pores de votre peau, et de vous faire suffoquer de par sa simple volonté. Une puissance si imposante qu’elle pouvait se développer dans l’atmosphère ténue d’un endroit exigu, et vous oppresser. Oui, la Lahmiane le percevait bien. Mais ce n’était pas pour autant qu’elle se devait de trembler chichement devant la noire majesté de l’individu. Certainement pas. Mais si elle pensait ainsi, d’autres ne suivaient pas ce genre de raisonnement, et laissaient le nécromancien lire leur peur, leur effroi, comme il l’eût fait d’un livre ouvert. Aucune contenance, aucune dignité, aucune fierté, et aucun ego. Ce n’était que coups d’œil échangés, inquiets, petits pas de danse, d’un pied sur l’autre, incertain, mâchoires qui se serraient, déglutitions, et postures inconstantes. Il n’y avait que Feuer qui ne se laissait pas impressionner, et Lucretia le remercia mentalement pour cela. Il y eut des regards qui n’échappèrent point à l’acuité exacerbée de la jeune femme, notamment celui, éloquent, que donna Otto au mage rouge lorsque celui-ci osa prendre la parole. Otto le prenait pour un inconscient ? Pourquoi diable ? L’elfe, pour le moment, ne semblait aucunement enclin à la moindre violence, et il n’y avait si fait nulle raison que de s’inquiéter outre mesure. Peut-être, par la suite, en viendraient-ils, tous, à redouter sa puissance, car l’avenir était pavé de mystère. Mais pour le moment, il n’y avait rien à craindre.

    De retour dans le hangar, après avoir quitté le bouge et cheminé jusqu’à leur campement de fortune, chacun s’en alla vaquer à ses occupations. Saard décida de s’exiler naturellement vers l’endroit le moins propice à l’installation –directement à côté des latrines, Diaz ne sut trouver le sommeil, n’étant aucunement fatiguée malgré le long voyage qu’elle avait entrepris, et se mit à jouer avec le molosse, peut-être plus ensommeillé que ne l’était l’aventurière, Otto installa sa couche non loin de celle qu’il protégeait, avant d’aller discuter avec Diaz, et Feuer, de son côté, rejoignit Lucretia lorsqu’elle adressa la parole à leur hôte.

    Celle-ci avait demandé des informations sur le nécromancien de Bédaine, et elle en obtint effectivement, dût-elle attendre encore un certain moment avant que son vis-à-vis ne daignât lui répondre. Et durant ce moment de flottement, elle eut tout le loisir d’ausculter l’elfe qui lui faisait face. Il ne paraissait jamais avoir l’esprit stable, et sa concentration errait de lieux en lieu, partout où se posait son regard, sans jamais pouvoir se fixer quelque part, avec précision. Les évagations d’une âme troublée, ce qui le rendait si différent de ceux de son peuple ? Il était affublé d’une vêture pour le moins elfique, de très bonne facture, mais c’était surtout quelques autres objets qui excitaient les autres sens de la Lahmiane, des sens autrement plus différents que ceux dont été dotés la plupart des êtres vivants de ce monde. Ses perceptions magiques percevaient des éclats aethyriques émanant et de l’épée que l’elfe portait, et, surtout, du collier de perles qu’il tenait constamment dans sa main gauche. La Dhar se faisait sentir, tout comme l’énergie de la Shyish. Lucretia décida de les investiguer mentalement, plus en profondeur.

    Pendant ce temps-là, l’elfe lui répondait. Et il semblait en connaître un rayon en matière de nécromancie, effectivement. Et fort heureusement.
    Si fait, le nécromant de Bédaine ne contrôlait aussurément pas la totalité des morts-vivants qu’il avait relevés, mais bien ses principaux membres, les plus conscients, les plus puissants. Ceux que la piétaille de macchabées suivrait en toute circonstance, comme des mercenaires benêts suivraient un meneur charismatique, ou tout simplement riche. C’était un point à ne pas négliger ; il lui faudrait très certainement se focaliser sur ces cibles si Lucretia tenait à prendre à son tour le contrôle de cette morbide armée.

    Rucma émit ensuite quelques hypothèses sur la façon dont pouvait bien se déplacer le mage sombre. Sous forme de brume, au milieu de ses sbires, ou bien en chair et en os, fortement entouré de ses plus puissantes créatures qui, à leur tour, exerçaient un certain pouvoir sur les plus faibles revenants. Ou peut-être même avait-il en main ce que Rucma appelait un sceptre de la Non-Vie, capable, selon lui, de contrôler à forte distance toute l’armée qui sévissait dans cette région, plus au sud. Un accessoirement ô combien intéressant. Lucretia enregistra ces informations avec application ; c’était toujours quelque chose de nouveau qu’elle apprenait présentement sur la nécromancie.

    Quant à son lieu de résidence, ce pouvait être un ancien temple Nehekharien, cette ancienne civilisation qui avait disparu de nos jours. Il ne résidait plus que quelques vestiges très bien conservés de ces mêmes temples, de vieux bâtiments. Et également, s’il fallait les nommer, les vampires, et leur plus grande représentante ; Neferata. Peu de gens connaissaient bien l’histoire des Nehekhariens, et la plupart de ceux qui en avaient déjà entendu parler n’étaient pas autre que de grands érudits. Lucretia ne la connaissait pas particulièrement bien, mais au moins avait-elle eu le mérite que de s’y pencher, au travers de vieux ouvrages. Car c’était bien là que remontaient ses racines vampiriques.

    Dernièrement, il y eu encore une nouvelle révélation sur l’identité d’un personnage. Après avoir appris que Rucma était le fil de Laurranya, la Lahmiane apprenait à présent que Mark, ou Mortis désormais, n’était autre que l’apprenti de son vis-à-vis. Comme quoi, le monde était parfois petit, même dans une province aussi reculée que les Principautés du Dragon. Et ledit Mortis pouvait revêtir, à présent, les aspects et la puissance d’une liche. Là encore, un détail qu’il ne fallait aucunement négliger.

    Après ces paroles fort intéressantes, Rucma annonça que la conversation était terminée, en sus de préciser qu’il n’irait pas à la rencontre du Comte de Reissen. Lucretia hocha simplement du chef.

    «A votre guise. J’irai donc avec Saard. En tout cas, merci pour ces précieuses informations. J’en ai appris beaucoup, aussi bien au sujet de notre ennemi qu’au sujet de la nécromancie en elle-même. J’espère en apprendre davantage par la suite. Je suis toujours ouverte à la connaissance, surtout dans cette science de l’Aethyr. »


    ***

    Le lendemain matin, Lucretia réunit qui voudrait bien se joindre à elle, annonçant qu’elle s’en allait à la rencontre du Duc de Reissen en compagnie de Saard, car c’était bien là ce qu’il lui avait été demandé ; trouver un nécromancien. Et lorsque cela fut fait, elle s’en alla au palais, demandant un entretien avec le Comte.



    Je fais donc usage de conscience de la magie sur l’épée et le collier de perle de Rucma, histoire de voir de façon pratique ce que me permet de faire cette compétence.
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 04 déc. 2015, 00:36, modifié 1 fois.
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- Une petite bestiole attachante nommée Dokhara.

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[MJ] Bonnepierre
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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..

Message par [MJ] Bonnepierre » 04 déc. 2015, 00:39

Le soir au Hangar.
Durant le discours de Rucma, Lucrétia ne pouvait point se concentrer assez pour à la fois entendre ses mots et tenter d'analyser les objets qu'il portait... En effet, essayer de percevoir les Vents de magie en détail était une entreprise qui nécessitait une application totale, sans aucune distraction. Ou alors il aurait fallu toucher de ses doigts lesdits objets...
Test d'INt: 14, réussi
Toutefois, une fois que l'elfe nécromancien alla s'asseoir plus loin, elle put ce faire sans trop de mal.
A ce moment, étant donné que c'était une de ses premières vraies tentatives réfléchies pour percevoir "l'autre monde", la lahmiane eût pu peut-être s'enorgueillir de sa facilité à le faire... mais peut-être que ce qu'elle observa supplanta ce contentement?
Quel pouvoir! Quelle puissance!
La Dhar noire et la Shyish violacées s'entrecroisaient autour de cet être en un ballet perpétuel de fragrances énormes, élégantes et à la fois chaotiques, inquiétantes... L'aura de Lucrétia était minuscule en comparaison, tout comme celle, rougeoyante, de Feuer... Il n'y avait aucune commune mesure. Le Hangar entier était empli des énergies de Rucma, et plus encore, par de longs filaments mystiques... où donc cela allait-il?
Rituels? Enchantements?... Les connaissances de la lahmaine n'allaient pas assez loin pour comprendre. Tout ce qu'elle pouvait se dire, d'évidence, c'était qu'elle et Feuer était incontestablement de ridicules apprentis par rapport à celui là, dans le domaine de la magie...
Le collier de perles noires que Rucma tenait toujours, nimbé de Dhar et de Shyish, était de fait un objet nécromant, et de vagues images de visages déformés l'auréolaient en se déformant sans cesse.
Par contre les énergies de sa lame sombre juraient un peu avec ce noir-violet. Elle irradiait de différentes teintes... cela rappelait à Lucrétia d'anciennes impressions,, comme lorsqu'elle avait côtoyé son "ami" Domi Lindellindele... de la magie Ulthuan?...

Mais tout cela était tant dominé par les pulsations impalpables, violet sombre, qui s'exhalaient de l'être même de Rucma, que cela paraissait presque anecdotique...
Cet elfe n'était pas simplement nécromancien, c'était un rituel ambulant!...

Le lendemain. Au Palais de Bundhofstadt:
Puisque le choix fut donné, seul Otto et Saard accompagnèrent Lucrétia pour présenter son nécromancien.
Ce n'était pas que Diaz était enthousiaste à rester en compagnie de Feuer - ni encore moins de Rucma - mais retourner en cet endroit "dépravé et inique", dit-elle, ne saurait lui faire honneur... Quant à Feuer, il avait sans doute envie de converser avec Rucma?... Son "excuse officielle" fut que sa présence n'était que de peu d'intérêt au palais et qu'il préférait donc se reposer.

De toute façon, Lucrétia ne revit pas le Comte.

Après quelque menue attente, ce furent seulement les jumeaux Toni et Jovi Bellafranca, conseillers de Sa Majesté Grendell 1er, qui la reçurent dans un petit salon du second étage :

ImageImage

-Humbles salutations, Dame baronne. Veuillez accepter les regrets sincères de Sa majesté Grendell de ne pouvoir vous recevoir en personne, d'autres affaires d'état l'appellent, vous comprenez...

-Nous espérons que nous suffirons à vous contenter.
Regards vers Saard, lequel, puant la charogne, n'était pas du tout à son aise.
-C'est lui le nécromant? Il ne paraît pas... hem... de taille? Ne pensez vous pas?

Otto était derrière Lucrétia, rigide et impressionnant.
Seulement deux gardes étaient avec les jumeaux, en retrait... et deux assassins étaient derrière des soieries, sans vraiment s'en cacher.

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 04 déc. 2015, 13:47

  • En se concentrant sur Rucma et ses objets, Lucretia n’en apprit pas davantage que ce qu’elle savait déjà, si ce n’était, peut-être, une meilleure échelle de comparaison. En terme d’Aethyr, l’elfe les éclipsait tout, et d’une façon extraordinaire, certes. Feuer et Lucretia ne demeuraient plus que de petits points noyés dans un océan de Dhar et de Shyish qui remplissait l’intégralité du hangar, ne laissant aucune place pour ses potentiels rivaux. Le nécromancien semblait bardé de rituels en tout genre, appartenant possiblement à plusieurs domaines de magie, et c’était probablement là, en vérité, son unique force. Qu’il fût capable de maîtriser la nécromancie et la mort, domaines aussi différents que semblables. Le collier de perles noires dont il ne se séparait jamais, qu’il malaxait dans sa main comme s’il se persuadait constamment qu’il le possédait encore, exhalait la Dhar, et, lorsque l’on considérait convenablement l’objet, les facettes nitescentes des perles vous faisaient voir de pâles visages défigurés par la haine et la douleur. Quant à l’arme, à l’épée qu’il tenait à sa hanche, elle paraissait bien plus imbibée de Shyish que de Dhar ; le violet dominait le noir le plus pur.
    Ce fut là tout ce qu’elle apprit : une magnification des pouvoirs magiques de Rucma, qui occultait la Lahmiane et le mage rougeoyant réunis. Mais Lucretia avait d’autres atouts que la simple magie.


    ***

    «Saard, pour que tu puisses accomplir ton destin, et celui de Djaf, il faut que tu viennes avec moi, au palais. Ensuite, nous nous en irons vers cette armée de morts. »
    Telles étaient les paroles qu’avait tenues Lucretia au débile, et celui-ci l’avait accompagnée sans causer de souci. Diaz n’était pas véritablement encline à retourner là où elle avait déjà mis les pieds, et, surtout, là où elle avait déjà risqué sa vie pour sauver une progéniture qui ne lui appartenait pas. Lucretia ne lui en tint aucunement rigueur, et il en allait de même à l’encontre de Feuer, que par trop fasciné par Rucma pour risquer de le quitter aussi vite. Peut-être allaient-ils avoir une petit discussion, ces deux-là. Après ce petit tour de table, il s’avéra que seuls Lucretia, Saard et Otto s’en iraient au palais.

    Lorsqu’elle se présenta à la cour de Reissen, elle n’eut pas à attendre trop longtemps pour voir apparaître les deux jumeaux auxquels la Lahmiane avait déjà eu affaire.

    «Salutations réciproques, messire Toni et Jovi. Non, je n’en prendrai point ombrage, bien que j’espère que vous ayez l’autorité nécessaire pour répondre à ma requête, quelque peu particulière. »

    Ils jetèrent tous deux un coup d’œil en direction de Saard, retroussant le nez par la puanteur qu’il dégageait. Ils n’avaient clairement pas l’air convaincu. Mais l’habit ne faisait pas le moine, comme l’on disait parfois.

    «Oui, c’est lui le nécromant que nous sommes parvenus à trouver. Et croyez-moi qu’il est capable d’acte de nécromancie, je l’ai vu réveiller des cadavres, et leur ordonner d’aller se remettre bien sagement dans leur fosse une fois que la démonstration fut faite. Mais peut-être êtes-vous déjà au courant », termina-t-elle en haussant des épaules. Elle faisait référence à cette fois-là où ils s’étaient tous trouvés devant la fosse macabre, et où Lucretia avait senti une présence dissimulée quelque part dans les environs sans parvenir à la voir. Peut-être s’était-il agit de l’un de ces espions ou assassins à la furtivité exacerbée qui se cachait nonchalamment derrière ces teintures et ces tapisseries qui ornaient les murs du palais. Ou peut-être pas.

    «Je crois bien qu’il est de taille. J’en ai appris davantage au sujet de celui que l’on nommait Mark, et que l’on nomme à présent Mortis. En vérité, il ne contrôlerait pas l’intégralité de l’armée mort-vivante, ce qui demanderait une puissance extraordinaire. Mais simplement ses macchabées les plus éminents, ceux qui suivraient sans réfléchir –c’est le cas de le dire, les autres zombies et revenants. Il n’est donc question, pour faire simple, de contrôler quelques-unes de ces créatures, et le reste suivra amplement. Saard, ici présent, me semble tout à fait à même d’exécuter cette tâche, et, croyez-moi, il est tout à fait volontaire et déterminé pour ce faire.

    Mais si je viens devant vous, c’est pour ma requête. Car, en vérité, il n’y aura pas un seul nécromancien, avec nous, mais bien un second. Et celui-ci est autrement plus puissant que ne l’est Saard. A vrai dire, je crois même que ses connaissances, sa volonté et son pouvoir dépasse ce que nul n’a déjà rencontré dans sa vie. Probablement même qu’il écraserait sans souci le Mortis de Bédaine. Il ne semble se soumettre à aucune autorité, car il ne craint nul rival, et c’est la raison pour laquelle il n’a pas même daigné se rendre céans-même, en ma compagnie, pour se présenter au Comte comme futur acteur de notre plan.
    »

    Lucretia afficha une moue incertaine, un peu inquiète.

    «Je ne puis ainsi assurer la mainmise sur ce personnage, mais il est certain qu’il pourrait sauver Reissen. A cela près que je ne connais pas ses véritables intentions, et que je le suspecte de vouloir l’armée de morts-vivants pour lui tout seul. Il ne ferait que remplacer l’actuel nécromancien de Bédaine, là où nous désirons exterminer cette menace, une bonne fois pour toute. Aussi demanderais-je un contingent de l’armée de Reissen pour marcher sus à l’armée de morts, au cas où celle-ci serait immédiatement prise par celui que je crains, et qui ferait peut-être marche sur Reissen, plus puissant que jamais. Si rien n’est fait, tout se jouera sur un coup de chance. Le second nécromancien pourrait très bien en rester là. Ou bien marcher sur Reissen, et nous aurons donc remplacé la peste par le choléra. »

    Je ne sais pas si nécessaire, mais, au cas où, diplomatie, éloquence -innocence perdue ?
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 07 déc. 2015, 20:57, modifié 1 fois.
Raison : 6xp/170xp
FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140
Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises (lvl 1):
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Érudition
- Intimidation
- Alphabétisation
- Sens Accrus
- Vision nocturne
- Connaissance des démons
- Comédie
- Force accrue
- Esquive
- Monte - chevaux
- Coup précis lvl 3
- Arme de prédilection - épée à une main
- Escalade
- Coriace
- Chance
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 2
- Etiquette
- Intrigue de cour
- Littérature
- Réflexes éclairs
- Linguistique

Dons du Sang:
- Défi de l'Aube
- Innocence Perdue
- Domination
- Ame Profane
- Forme de Familier : Corneille
- Régénération Impie
- Sang argenté
- Sang vif

Escorte :
- 10 hommes d'armes
- un carrosse tiré par quatre chevaux
- Hans le cocher
- Marcus le capitaine de la garde
- Une petite bestiole attachante nommée Dokhara.

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