[Piero] Partir, c'est mourir un peu

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Dès sa fondation par le dieu guerrier Sigmar, l'Empire a dû faire face aux invasions et aux guerres civiles. depuis plus de deux mille cinq cents ans, il survit néanmoins aux périodes de trouble et aux batailles grâce à la bravoure et à la discipline de ses armées

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[MJ] Le Djinn
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

Un petit jet de discrétion pour commencer: 13! Ouille.
Un flottement parcouru les ténèbres alors que Piero s'en allait trouver une lanterne pour s'éclairer et comprendre ce qui faisait ce doux regard rouge dans le noir. Quand enfin il leva la lumière vers les ombres, dissipant ces dernières, ce fût pour constater l'absence absolue de toute menace ou créature. Juste un long mur sur lequel se répercutaient des bruits de pattes griffant la pierre. Quelque chose n'allait pas, en effet, et le bandit l'avait rapidement fait remarquer à Fernando, qui venait de prendre son tour de service non-loin avec une arquebuse, en métal celle-là, bien en main.

-"Qu'est-ce qui t'arrive Piero? T'as encore trop bu?"

Un ricanement résonna dans la caverne et sur le bateau. Une succession de couinements malsains, rauques, trop précis pour être le fait d'une créature naturelle. Dans ces simples sons s'entendaient les travers de toute une civilisation, une intelligence froide et inhumaine, plus cruelle encore que le pire pirate de Sartosa. Un cri retentit alors, infâme:

-"SQUEEKADEO! SKOULI-SKOULI!"

Une trentaine, non, une quarantaine de ricanements infernaux émergèrent de toute part et des formes sombres et voûtées, couvertes de poils et d'une saleté incroyable. Ils étaient petits, des mains serrées autour de sabres rouillés et de rapières mangées par le temps. Ils portaient des tenues vaguement tiléennes qui en faisaient comme des parodies des gardes qu'ils combattaient, car bien sûr à peine ces choses se lancèrent-elles sur le pont que les veilleurs hurlèrent:

-"ALERTE! ALERTE! DES MONSTRES!"

Sans tarder les fils de Trantio se jetèrent sur leurs armes et partirent au combat, les matelots s'équipèrent de tout ce qui pouvait se trouver pour se défendre et Gustavo alla se cacher dans sa cabine. Un comportement de lâche pourrait-on dire, mais au moins ses mercenaires n'auraient-ils pas à se poser de question sur le sort de leur maître et pourraient-ils combattre l'esprit tranquille.
Les premiers tirs éclatèrent sporadiquement, à mesure que les lanternes donnaient vie aux formes noires qui avançaient, bondissant sur le Hijo de Manaan depuis la berge. Il semblait que les hommes-rats étaient trois fois plus nombreux environ que les humains et que leurs armes, bien que rouillées, semblaient prêtes à être employées. L'effet de surprise de leur côté rendait impossible d'utiliser le bastingage comme première ligne de défense. Seule la vaillance des fils de Trantio, l'acier du pays et la foi envers Myrmidia importeraient dans cette bataille. Par chance il semblait que l'équipement de la soldatesque était de qualité largement supérieure à celle de leurs adversaires. Cela faisait toujours un point positif pour l'Humanité.

Bon, le pont est pris par les skavens et ils sont très nombreux. Piero va être confronté à trois de ces sales bestioles.

D'un autre côté la mêlée est indescriptible et les combattants skavens n'hésitent pas à frapper ou tirer sur leurs compatriotes pour essayer des les rabaisser. Pour symboliser ce chaos, tous les skavens et Piero perdent 1d6 Pvs à chaque fin de tour.

Tour 1:

L'ordre sera: Piero, Skaven 2, Skaven 1, Skaven 3.

Piero tire au pistolet (action): 3, réussite. Skaven 2 subit 47 points de dégâts. Il lui reste 3 Pvs, je vais le considérer "bloqué" pour ce tour.

Skaven 1 attaque Piero: Votre attaque a réussi (4). La parade de votre adversaire a échoué (17). Vous lui infligez une perte de 14 PV. Il reste 56 Pvs à Piero.

Skaven 3 attaque Piero: 14, échec.

Dégâts subits par Piero, Skaven 2, Skaven 1 et Skaven 3: 3, 3, 6, 3. Il reste 53 Pvs à Piero. Skaven 2 est mort.

Tour 2:

Piero attaque Skaven 1: 13, échec.

Skaven 1 attaque Piero: 12, échec.

Skaven 3 attaque Piero: 1, réussite critique. Parade de Piero: 11, échec. Perte de 36 Pvs. Il reste 20 Pvs à Piero.

Dégâts subits par Piero, Skaven 1 et Skaven 3: 1, 1, 2. Il reste 19 Pvs à Piero.

Tour 2:

Piero attaque Skaven 1: Votre attaque a réussi (3). La parade de votre adversaire a échoué (10).Vous lui infligez une perte de 35 PV. Il reste 8 Pvs à Skaven 1.

Test de courage de Skaven 1: 19, échec. Il se tire.

Test de courage de Skaven 3: 2, réussite.

Skaven 3 attaque Piero: 14, échec.

Dégâts subits par Piero et Skaven 3: 5, 5. Il reste 14 Pvs à Piero.

Tour 3:

Piero attaque Skaven 1: Votre attaque a réussi (7). La parade de votre adversaire a échoué (19).Vous lui infligez une perte de 33 PV. Il reste 7 Pvs à Skaven 3.

Test de courage de Skaven 3: 15, échec. Il se tire.

Dégâts subits par Piero: 2. Il reste 12 Pvs à Piero.
Le combat se déroulait à une vitesse fulgurante. Le métal mordait la chair, la chair s'ouvrait sous le métal. Seul contre trois, Piero en descendit un sans difficulté avant que celui-ci ne se fasse écraser par ses frères. Quant aux autres, leur lâcheté le sauva d'un sort pire que la mort. Après avoir pris de mauvais coups ils le regardèrent, tremblant et apeuré: qui était cet homme seul qui les mettait tellement à mal? Pouvait-il seulement être submergé? La vie ne valait pas la peine d'être vécue pour mourir de la main d'un chose-homme! Aussi Skibi et Fansegio détalèrent-ils hors du Hijo pour se mettre hors de portée de cet enragé armé d'un sabre. L'avenir voulait qu'ils s'entretuent peu de temps après dans un boyaux oublié de tous pour une sombre affaire d'argent.

La situation n'était pas réglée pour autant. Certes Piero avait remporté une victoire mais ses boyaux qui tenaient à peine en place lui rappelaient qu'elle avait été coûteuse. Et sur le pont la situation n'était pas aussi rose: Ernesto gisait au sol, la gorge tranchée et ces monstres se mettaient à quatre pour frapper le pauvre Fernando, tombé à terre. Il semblait que la situation totale était encore incertaine, si bien qu'il était impossible de dire qui sortirait grand vainqueur.

Blessé, épuisé, en sang, Piero saurait-il contribuer encore à la victoire?
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Piero Orson
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

Une route entre Luccini et les principautés frontalières, 2522

Des vieilles pierres jaunes, de la poussière et des tuiles encroûtées. La Locanda n'avait plus très fière allure. Les guerres princières avaient prélevé un lourd tribut à la région. Bien fous étaient ceux à oser s'aventurer dans ces contrées sans loi. Si ce n'était celle du plus fort. Mais toute charogne attirait les mouches et les vermines. Mais là les vermines se reposaient au sein de la bâtisse à l'abandon.
Rubio faisait sa réussite sur un tonneau qui ne contenait plus que du sable au désespoir de toutes les gorges assoiffées.
Le désormais esseulé jumeau Ronaldo lui s'amusait à l'extérieur à envoyer des galets contre la fenêtre branlante de l'étage. Notre Estalo-tiléen favori roupillait du sommeil de l'injuste, les pognes au chaud dans le corsage d'une Hélène bien avenante et endormie à ses côtés. En réalité, les seuls à se creuser l'esprit sous les poutres à nues étaient les deux têtes pensantes de la petite troupe. Fantini et Pedro de Novosso. Le premier avait sa petite Susana, six ans déjà, aux basques, tout en cherchant sur les cartes jaunies quelle route serait la plus susceptible de rapporter gros. Son confrère, un hidalgo dont les longs cheveux noirs se ponctuaient mois après mois de filaments blancs, tranchait positivement ou non aux propositions. Ainsi se passait la vie. Le triumvirat avait été amputé d'un membre irremplaçable avec Séréna et depuis on vivotait. Des petits coups, puis on bougeait ailleurs. La vie de bohème, les armes en plus.

Ronaldo siffla. Des gens approchaient. Soulevant son chapeau, quittant l'étreinte féminine de sa bourgeoise, Piero bailla en rejoignant les gaillards patibulaires mais presque de sa troupe dehors. Les nouveaux venus étaient presque aussi nombreux qu'eux. Des fourreaux bien en évidence, des armures qui avaient servi, des bottes trop neuves. C'était des soudards sans soldes, des mercenaires rompus. Rentrant de la cité des Princes pour trouver fortune et mort ailleurs.

"Messieurs, que nous vaut l'honneur ?" Fantini ne rompit pas le contact visuel avec le plus impressionnant de la bande.
"-Bonjour à vous gentilshommes. Nous ne sommes que des voyageurs fourbus sur le chemin du pays. Pourrions nous juste nous reposer un peu ?"
Les regards se croisèrent. L'idée de partager un toit avec une autre bande d'égorgeurs ne branchait pas vraiment nos bandits.
"-Vous revenez de la guerre. Dans quel camp serviez vous ?" Piero inspectait de haut en bas les bidasses.
"-Celui qui payait le mieux gamin. Et vous ? Vous n'avez pas l'air d'avoir fait le front."
"On ne se bat que pour la cause des justes." Dit Pedro en les regardant avec dégout.
Les mercenaires se mirent à rire grassement. Après s'être appuyé sur les cuisses, rougeaud, le chef désigné répondit du tac au tac.
"-Des idéalistes. Encore une bande de déserteurs. Dites voir de plus près. Y a peut être une prime à votre trog-..."
Fantini avait planté son coutelas dans le gras du cou. La curée commença. Les lames brillèrent au soleil et le sang imbiba le sol caillouteux. On se précipita sur l'autre. Il fallait tuer. Pas de musique grandiose, pas de drapeaux battant au vent, rien que des grognements, de la bidoche à l'air et des gens qui ne verront pas le lendemain.
Piero envoya un plomb se loger dans le ventre d'un mercenaire qui s'effondra en hurlant avant de dégainer son sabre. Il fallait parer les coups, rester en mouvement. S'assurer de ne pas se retrouver face à plus fort, plus doué ou plus nombreux. Il fait chaud, le corps s'essouffle vite. Le combat ne dure pas. Des hommes rampent par terre en braillant. Il se prépare à frapper et... C'est qu'un gosse. Il est plus jeune que lui ce merdeux, il n'a même pas quelques poils au menton. Piero se retrouve là, comme un grand dadais, en chemise ouverte, le sabre en main. Face à un gamin qui a probablement jamais vu une autre paire de loches que celle de sa matrone.
Mais quand ce morveux se rue avec son épée, ce n'est pas sur lui. C'est sur Pedro. Il le frappe dans le défaut de son armure d'Hidalgo défraichi. Il enfonce sa lame. Un des bandits voit ça et frappe.
Tout est terminé. Il ne reste que des mourants et une poignée de bandits devant une vieille auberge ruinée. Mais Piero regarde un de ses mentors se vider de son sang dans les bras de Fantini. À cause de lui.
Et toute l'immensité de son indécision le percuta comme un glissement de terrain.

Sur le Hijo de Manann

Il leva sa lanterne, nerveux. Il n'y avait que des murs de roche, et des grattements. Bordel. Il n'était pas encore aussi fou. Fernando à ses côtés. Et puis ils attaquèrent. Immondes créatures contrefaites, ni rongeurs ni hommes mais les deux à la fois.
"Puta madre !"
C'est un bordel sans nom. Tout le monde se précipite pour s'armer. Et face à lui, ce n'est pas un mais deux mais trois. Bon. Il déchargea son pistolet sur le plus laid de la bande avant d'aller donner du coutelas. Les griffes crissent contre l'acier, il frappe tout en sentant ses chairs se fissurer. La morsure de l'entaille sur la peau, la chemise qui s'imbibe de sang chaud et qui colle. Il tranche, il est tranché. Il saigne et se fait saigner, c'est infernal. Il pantelle comme un veau. L'aventurier regarde autour de lui. Ses adversaires ont détalé mais c'est toujours une échauffourée sanglante. Putain mais ... Ernesto est mort. Putain de merde. Et là,il balaye la sueur qui lui brûle les yeux pour voir. C'est Fernando.
"Tenez bon mes frères ! Pour Trantio !
Il tire en avançant. Il faut rester en mouvement pour avoir ces rats et mettre Fernando hors de danger. Il faut se tirer de là. Au bout du tunnel il y a la maison. Il y a la Tilée.
Du coup je vais tirer sur les skavens avec tir en mouvement pour essayer de les faire dégager de sur Fernando. Après c'est retraite stratégique.
Piero Orsone da Trantio, explorateur
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"Ma qué ?!"

"Derniers soldats de fortune, survivants d'un autre siècle, ils sont les anciens citoyens d'un monde qui les a exclus ou qu'ils ont fuit."

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[MJ] Le Djinn
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

Tir de pistolet pour aider Fernando: 4, réussite.
Tout se passa très vite. Seul contre cinq, puis bientôt six de ces créatures, Fernando commençait à perdre en force et en espoir. Il n'était pas mauvais combattant, loin de là, on pouvait même dire qu'il était le deuxième ou le troisième meilleur sabreur sur le Hijo et que sa capacité à improviser était bien au-dessus de celle de ses pairs. Rien, pourtant, ne pouvait le sauver de la mage hurlante et cruelle de poils, de griffes, de crocs et de mauvais métal qui se pressait sur lui pour lui faire la peau, cherchant des trous dans sa cotte de mailles. Il flanqua un coup de poing au premier qui tendait de le mordre à la gorge, un coup de pied à un autre qui voulait le larder dans le ventre, un uppercut violent à un troisième qui voulait le faire chuter. Tout cela resta vain: l'avantage du nombre pesait bien plus que la force physique d'un seul homme, aussi robuste qu'il soit. Une frappe fourbe derrière le genou le fit basculer. Il tomba au sol, heurta le bois du navire, sentit le monde tourner autour de lui et les yeux rouges s'ouvrir en grand alors que les mains se dirigeaient sur les poignards.

La tête d'un des skavens explosa.

Un moment de stupeur. La petite armée qui martyrisait Fernando se tourna vers l'origine du tir. Un certain Piero Orsone da Trantio venait de faire mourir l'un des leurs avec une balle de plomb. Ils restèrent là, figés, alors que la bataille continuait autour d'eux, incapables de se décider entre un assaut massif sur le tiléen ou continuer de frapper le mercenaire à terre. Ce dernier ne laissa pas son unique chance filer: il se releva d'un bon, faisant tomber deux rats de son corps et s'empara d'un cimeterre rouillé ainsi que de son épée tiléenne et se défendit comme un démon, profitant de la surprise pour en ouvrir le crâne d'un et en planter un autre à l'estomac. Ils saignaient rouges, ils saignaient bien.
Les derniers s'en retournèrent vers Fernando, coincés entre le marteau et l'enclume. Le combat était désormais rééquilibré et Piero serait plus utile ailleurs Son état le forçait de toute façon à se cacher et il ne restait pour ça qu'un seul endroit sûr: la cale. Les matelots convalescents s''y trouvaient et les monstres ne paraissaient pas y être entrés. Un coup d'oeil confirma cette impression: trois rats avaient voulu se frayer un chemin mais avaient été embrochés sur place par les marins armés de perches transformées en lances grâce à des couteaux de cuisine et des dagues.


-"Bordel Piero, ton état... Viens te planquer!"

Une petite barricade improvisée abritait cinq marins armés. Une protection de caisses de bois et de planchages qui aidaient bien son homme, à défaut d'être une véritable muraille. Mokiart, un marin ostlandais, faisait office d'infirmier de fortune et se mit en devoir de remettre les viscères du bandit trantien à leur place habituelle. Il n'était quand même pas dans un état brillant mais au moins il survivrait jusqu'à la fin du combat sans patauger dans son propre sang.

Mais ce n'était pas la fin; Quelques assauts supplémentaires eurent lieu avant que le silence ne retombe et que les clameurs des survivants ne montent du pont. Des clameurs tristes, douloureuses, pitoyables. Des clameurs peu nombreuses, aussi. Des clameurs quand même.

Je te laisse décrire ces phases "d'assaut" sur les fortifications! Globalement aucun marin planqué ne meurt mais certains peuvent être blessés. Il y a entre 3 et 4 assauts, environ 20 skavens en tout. Un joli tas de cadavres.
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Piero Orson
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

Putain. Chaque mouvement, chaque respiration, chaque déglutition est une douleur en plus. Il a les fringues salopées par le jus de groseille de ses ennemis et son propre sang. Les lames ont tranché à vif et à travers. Sentir ses boyaux faire un dernier tour de piste c'est pas un truc que l'aventurier ne recommandait à personne.

Entre la pénombre, le roulis du bateau et son état déplorable, viser est une corvée, l’œil de taupe bien embué de larmes, il tire. La tête du Skaven explose. Fernando se dégage et commence à faire à ces ratons ce que sait faire tout bon tailleur de pierre de la belle Trantio. Il sourit, sa langue remonte un arrière-gout métallique, ferreux. Putain c'est chiant. Crever c'est moche. Il a vu assez de gens y passer pour le garantir. Et ça fait un mal de chien. Mondo cane comme disait l'autre.

Un glaviot rougeâtre expectoré plus tard, il cherche le chemin de la planque. Sauver Fernando ouais mais fallait pas déconner. Il allait tâcher de pas finir ouvert comme un goujon. L'escalier lui semblait bien plus tortueux qu'à l'habitude. Une main sanglante sur le bois pour se soutenir, Piero mugissait comme un bœuf à bout.

Oh là sacré comité d'accueil. Cette bande de loufiats semblait s'attendre à recevoir toute la milice du Wissenland au derche sérieusement. Bon certes, il leur avait envoyé dessus à Pfeildorf. Mais c'était involontaire. Aucun gout pour le pastiche dans ce maudit empire.

-"Bordel Piero, ton état... Viens te planquer!"
"-Oh c'est rien. Tu verrais ce que je leur ait mit... Il toussa et quelque chose d'aussi gras que cramoisi de sang lui coula dans le gant. Bon ramenez le fil de pêche j'ai du boulot pour vous. Aie."

Une rasade de gnôle au caillou, secret de fabrication ostlander, deux solides gaillards pour le tenir à terre et le bougre de Mokiart le recousit comme un édredon. Les chicots s'acharnant sur le cuir tellement il avait mal. Puis un "fini." et on le laissa ramper. Bon sang de bon sang. Il devait lui rester une demi-pinte à tout casser. "-Merci les gars. Vais tâcher de pas croiser Morr le père avant la fin de la Baston. Promis.

Il s'affala flanc contre la barricade. Une perche en main. Il la cala contre le bois du navire. Pas grand chose mais une défense honnête. Il fallait éviscérer ces rongeurs maudits dès qu'ils descendaient. Et les museaux frémissants pointèrent rapidement. Une bande de piquiers de fortunes. On y allait comme des insurgés. Les marins enfonçaient les lances dans les fourrures pouilleuses et les plus valides venaient les achever à coup de cuillère à pot. Les couinements vrillaient les tympans, chauffaient leurs nerfs. Piero plissa le regard. Une seconde troupe dévala les marches, s'embronchant dans les cadavres de leurs camarades pour mieux recevoir une lame dans le gosier. L'Ostlander faisait de grands signes et tança d'insultes l'adversaire. On aurait dit un capitaine mercenaire, les plumes et l'armure brillante en moins. Un marin apparut dans l'embrasure, le bras pendant mollement à son épaule comme un morceau de gras sur du jambon à l'os. Il esquiva de peu la lance d'un Piero un peu trop nerveux avant de se barrer avec les blessés et le cheval au fond.

"Allez les gars ! On tient bon ! Comme aux murs de Middenheim !"

De nouveaux skavens arrivèrent. Certaines lances se brisaient sous le choc, des rongeurs bien trop grands bondirent sur les caisses. C'est au canif que les marins réglèrent l'affaire. Un répugnant bestiau au poil luisant et noir rampa piteusement contre Piero qui s'empressa de lui exploser la truffe à coup de botte. "-Va crever ailleurs cabron !"

Certains des matelots n'en tenaient plus larges. Ils refluaient vers le fond. Il fallait tenir. Comme sur les murs de la cité d'Ulric. Puisant dans ses forces déjà bien taries, il se redressa, emplissant les poumons. Les armes au poing.

Je me souviens encore, il y a toute une vie
Par-delà l'océan, sur les murs de la Cité.
Là-bas les Teutogens résistaient dans la nuit
Et résonnaient en chœur les chants des dévoués
Allez, allez, la victoire en chantant
Ignore le goût des larmes, ignore le goût du sang
N'entends-tu pas au loin le chant des partisans?
Elle est à nous maintenant !
Elle est à nous, la victoire en chantant !


L'incrédulité céda la place à une ferveur. Celle du brin d'homme habitué au labeur, celui de la mer, des cordages et d'occasionnellement celui de la guerre. Comme au turbin, on chanta en recevant comme il le fallait les monstres aux traits de rats.

Si ici on a faim dans les rues de la ville
Là-bas ils torturent, corrompent et massacrent
Mais pour chacun de nous c'est la même misère
Et partout la famine a ce goût de colère
De Tilée ou de l'Empire, des villes et des campagnes
Répondant à l'appel des héros de Middenheim.


Les morts s'empilaient, les queues s'agitaient encore un bref instant avant que toute vie ne quitte les vermines.

Venus soutenir la lutte contre les seigneurs de la Ruine
Pour que Middenheim reste la Cité d'Ulric
Allez, allez, la victoire en chantant
Ignore le goût des larmes, ignore le goût du sang
N'entends-tu pas au loin le chant des partisans?
Elle est à nous maintenant !
Elle est à nous, la victoire en chantant !


Des bras tatoués empoignaient des gorges velues que l'autre main venait suriner à coups répétés.

Certains nous ont trahi et d'autres abandonné
Et le reste du monde, le dos nous a tourné
Allez, frères d'armes, combattants le chaos
Contre tous ces chiens, restent nos idéaux
Allez, loups blancs, si la nuit est tombée
Sur un Empire chancelant où l'Ostland a croulé
Il reste encore l'espoir que tout n'est pas perdu
Contre le Nord maudit, le combat continue !


L'aventurier au chapeau à plume tira une dernière fois sur l'un des plus gros de la pouilleuse infanterie. Le combat semblait gagné pour l'instant mais il ne fallait pas crier victoire trop tôt, il fallait la chanter.

Allez, allez, la victoire en chantant
Ignore le goût des larmes, ignore le goût du sang
N'entends-tu pas au loin le chant des partisans?
Elle est à nous maintenant !
Elle est à nous, la victoire en chantant !
Piero Orsone da Trantio, explorateur
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"Ma qué ?!"

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