Un spectre de grâce et de regret

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Ameanor
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Un spectre de grâce et de regret

Message par Ameanor »

Nom et Prénom: Ameanor Sindenelle
Sexe: Masculin
Age: 217 ans
Race: Asur
Carrière: Etudiant
Lieu/ville de départ: Tour Blanche de Hoeth
Fréquence de jeu: Variable
Profil: FOR 8 / END 7 / HAB 9 / CHA 9 / INT 9 / INI 9 / ATT 9 / PAR 9 / TIR 9 / MAG 10 / NA 1 / PV 50/50 (aucun bonus/malus de compétences ou venant de mon équipement ne s'y trouve, uniquement les PC gratuits)

Description physique :
Vous ! Oui, vous, chers intrus invisibles. Je vous vois bien, je vois vos errements dans notre monde aussi mystérieux qu’incompréhensible. Mais marchez donc avec moi dans l’Aethyr, car ce monde regorge de mille histoires aussi passionnantes que misérables. Voyez donc ces terres paradisiaques, dans cette aiguille de pierre blanche, et regardez donc cet Asur, ce dénommé Ameanor. Détaillez, de votre œil perçant, ce doux visage caché dans les ténèbres de sa chambre. Voyez sa peau pâle et glabre, que sa longue chevelure blond platine met harmonieusement en valeur. Appréciez les traits de cette mâchoire fine et de ce menton bien proportionné. Remontez donc à ses lèvres bien ourlées, surmontées d’un nez légèrement concave. Observez ses grands yeux surmontés de sourcils épais. Observez les exceptionnelles couleurs de ses iris, formant un premier cercle de gris autour de ses pupilles, continuant en un large cercle de vert émeraude et se terminant sur un dernier fin cercle d’un beau bleu turquoise. Oh, oui, ses oreilles pointues ne vous trompent pas, vous êtes bien en présence d’un digne représentant des hauts-elfes.

Mais, bien sûr, comment ne pas remarquer cette profonde tristesse qui habite ce regard ? Comment ne pas remarquer cette expression de perte et de douleur constante ? Comment ne pas remarquer la maigreur un peu excessive de sa silhouette longue d’un mètre quatre-vingt-dix ? N’y a-t-il pas quelque chose du spectre qui transparaît de la manière de se tenir de cette pauvre âme ? Pourtant, je vous assure, il n’en fut pas toujours ainsi. Et, peut-être, en certaines circonstances, auriez-vous la chance de voir la douceur première de son expression, transpirant la bonté. Peut-être aurez-vous la chance de constater son regard doux et rêveur, détaché du monde réel selon certains même. Mais oui, c’était là d’autres temps, et bien rare seront les moments où vous trouverez de telles expressions maintenant.

Pourtant, cet Asur a bien gardé sa démarche rapide et précise, lui donnant toujours l’air pressé, avec ses mains derrière le dos. Il n’a pas non plus perdu cette habitude de lever les yeux au ciel quand il se déplace, soutenant une véritable déconnexion du monde réel -ou bien, est-il simplement en train de regarder l’Aethyr, son propre monde réel-. Et, des habits qu’il porte, vous devinerez bien qu’il n’est pas du commun, même pour un Asur. Voyez donc ces chaussures solides de cuir tanné noir et délicatement décorées d’arabesques argentées. Voyez ce pantalon très légèrement bouffant et cette chemise d’un tissu mystique de couleur bleu nuit qui ne fait que mettre en valeur le blanc d’un gilet décoré de feuille de vigne d’argent lui arrivant au milieu des cuisses, et refermé d’une douce ceinture de soie à l’épingle d’or en forme de vigne. Voyez ce bel anneau d’or blanc surmonté d’un délicat saphir qu’il porte à l’annulaire de sa main gauche. Voyez et constatez qu’il ne s’agit vraisemblablement pas d’un roturier.

Il n’en demeure pas moins que sa voie profonde est empreinte d’une indéfinissable nostalgie et ne porte pas, en elle, l’assurance de ceux qui doivent diriger. Et la manière qu’il a de regarder ailleurs lorsqu’il s’adresse à autrui, en utilisant toujours bien peu de mot, ne contribue pas à redorer son image. D’aucuns le diraient froid et distant, à l’entendre parler. Mais il est simplement à son aise avec bien peu de monde, et ne pense pas forcément à mal, je vous l’assure. D’ailleurs, que se cache-t-il donc dans cet esprit, qui semble voiler tout cet être dans la mélancolie ?

Description psychologique :
Mélancolie, voilà bien ce qui décrit notre pauvre Asur, semblerait-il. Car, si vous osez vous approcher suffisamment de son être intérieur, visiteur éthéré, c’est la première chose que vous ressentirez. Tout, chez lui, semble comme flouté par cette diffuse tristesse, comme une ville plongée dans un brouillard sans fin. Pourtant, creusez un peu, et vous trouverez, aux tréfonds de son cœur fragile, une flamme mourante de passion et une curiosité sans borne. Vous trouverez une place spéciale dans le cœur de cet elfe pour la beauté caché par chacun des mouvements utilisé pour canaliser l’Aethyr. Vous trouverez une poésie enfouie dans des couches de rigueur et de précision dans son amour pour cet art qui est de maîtriser Qhaysh. C’est dans cet art, vous aurait-il dit autrefois, que se cache les secrets de la beauté.

Mais là n’est pas l’unique passion qui habite son cœur voilé. Non, celui-ci est partagé avec un véritable amour de l’ancien, de comprendre le monde d’autrefois. Sentez-vous la douce quiétude qui envahit notre bon Ameanor alors qu’il se plonge dans les textes anciens, dans les archives oubliées traitants d’un monde dépassé depuis longtemps ? Sentez-vous ses rêveries de ce que pouvaient ressentir ses ancêtres avant que les démons n’aient décidé d’envahir le monde ? Des premiers elfes posant le pied sur les autres continents, des premières pierres posées pour édifier les glorieuses citées d’Ulthuan ? La curiosité et l’avidité pour l’histoire de ce jeune Asur semblent aussi intarissables que son amour pour la poésie de Qhaysh.

Mais n’écoutez pas trop autour de vous, vous qui pouvez plonger dans l’âme des vivants. Car nombreux décriraient ce solitaire taciturne comme froid, voir prétentieux -et pour un Asur, ce n’est pas peu de chose-. Il faut dire que notre elfe n’est pas vraiment à l’aise avec autrui, et que la fuite est son premier refuge. Aussi, ce que l’on peut prendre pour une forme de snobisme n’est qu’une muraille érigée pour protéger sa solitude intérieure. Pourtant, s’ils savaient… Si, comme vous, ils pouvaient voir derrière la muraille la puissance rayonnante de l’amour dont il est capable… Avec quelle force il peut joindre son âme à ceux qui l’importent réellement, avec quelle grandeur il est capable d’aimer… Car, s’il ne disperse pas ses affections, c’est pour mieux les concentrer aux êtres qui lui sont chers.

Ne le croyez pas pourtant exempt -d’autres- défauts. Car, aussi intelligent soit cet être, aussi curieux et rapide dans son apprentissage, il n’en reste pas moins entêté et disposant d’une certaine forme de fierté. Qu’une idée l’habite, et vous ne l’en détournerez que très rarement, car une fois sa décision prise, c’est une véritable tête de mule -un nain, diraient les plus mesquins d’entre vous-. Et, s’il n’a que faire de certains sujets, d’être le plus fort, le plus rapide ou le meilleur danseur, il défendra jusqu’au bout sa fierté s’il pense avoir raison sur quelques sujets de savoir que ce soit. Mais sortons donc de ce cœur doux maintenant, et prenons une vue plus large de notre bon sire.

Alignement : Loyal bon ?
Historique :
Maudite soit ma mémoire, qui jamais ne s’arrête. Maudits soient ces yeux, qui jamais ne se détournent. Maudit soit ce cœur qui brûle sans cesse, enserré dans des flammes de phénix dévorantes.
Mais quelle était donc cette créature ? Quel était ce spectre enfermé dans le noir, dont les mains décharnées s’agitaient sur le papier avec une plume dont la blancheur venait contraster avec l’ombre cachant son visage maintenu dans son autre main ? Que faisait ce fantôme de désespoir dans le continent des mille merveilles, des plus grandes beautés enchanteresses ? Pourquoi donc cette plume volait de feuillet en feuillet, s’ajoutant en un tas désordonné recouverts d’une écriture qui l’était tout autant ? Nombreuses étaient les histoires qui courraient dans les couloirs, depuis deux mois déjà que cette ombre avait pris place dans son ancienne cellule. Et bien fou serait celui qui accorderait du crédit à moins de la moitié d’entre elles. Pourtant, toutes s’accordaient sur un point : cette âme, aujourd’hui solitaire, hier partagée, était bien différente du jour où son voyage avait débuté.

Arrêtez-vous donc, voyageur éthéré. Arrêtez-vous et écoutez alors, dans les couloirs mystiques de cette grande aiguille de pierre et de verre, les murmures qui recomptent la naissance d’un spectre, comment le corps même semble pouvoir survivre à l’âme.

Et, si vous êtes assez attentif, vous apprendrez donc que cette histoire débute il y a plus de deux siècles. Deux-cent treize années, pour être plus précis, au milieu de l’hiver, si tant est que ce concept ait le moindre sens sur le continent mystique paradisiaque donné aux Asur. Ces siècles, si courts pour certains, mais si long pour d’autres, virent s’épanouir et grandir la vie d’un Asur tout particulier, car il sera au centre de cette tragédie. Ameanor était le premier mot qui sortit de la bouche de la noble dame qui, après tant d’effort, venait de donner la vie. Sindenelle était le nom de cette antique famille qui, bien que fortuné, n’avait de pouvoir que sur son magnifique vignoble traçant des escaliers au flanc d’une colline ainsi, que la bourgade en contrebas. Au sommet de cette belle colline d’Eataine, bien souvent balayée d’une légère brise rafraîchissante, se trouvait la scène de notre premier acte, de l’acte premier de la vie d’Ameanor, à vrai dire.

La bâtisse était toute d’aiguilles et de courbes, inspirant l’étrange sensation de légèreté dans sa conception, si une telle prouesse était possible pour un bâtiment de pierre. Son toit du même rouge que deviennent les feuilles de vigne s’élevait en une courbe jusqu’au ciel et bien nombreuses étaient les grandes fenêtres de cristal qui laissaient passer le soleil doucereux d’un printemps éternel. Et, dans une chambre qu’une rosace arborant une vigne de rouge et de verre baignait de la lumière du soleil levant, le nouveau-né était enveloppé de draps blanc et chaud puis donné à la dame Merhynna, bien vite rejoint par son mari, le sire Thanrion. Somptueux départ qu’était onc cette tragédie, dans une idylle coupée d’un monde dangereux, de peur et de corruption !

Et somptueuses furent les premières douces années de la vie d’Ameanor. De ce temps, celui-ci n’aurait que des souvenirs confus de couleur et d’odeur. De vert et de rouge. Du raisin juteux, du vieux bois composant les tonneaux dans lesquels vinifiait lentement un breuvage qu’il apprendrait à apprécier pour sa complexité et sa profondeur. Pourtant, ces impressions de la petite enfance, ces impressions surréalistes, convergeaient toujours vers un point fixe, vers une autre personne. Une petite fille, du nom de Mirririen. C’était la fille d’une famille de vigneron vivant en contrebas, habituée à jouer et rire aux éclats dans les vignes. Une petite fille aux cheveux d’argent et aux yeux bleu, au regard taquin et au nez légèrement en trompette. Une petite fille qui deviendrait bien vite inséparable du jeune noble dont nous voulons entendre l’histoire.

Il fallait dire que la chose était remarquable à bien des égards. De par la différence de rang, d’abord. Bon hôte de l’Aether, vous ne serez pas sans oublier que la race des Asurs est intimement politique. Ces êtres élancés adorent plus que tout l’art de se tirer dans les pattes, pour ainsi dire, dans le but de s’attirer faveurs et soutient des plus riche. Et, en tant que patriarche ou matriarche d’une famille en soif de position en plus de la richesse de ses terres, voir votre fils unique fricoter avec des rangs inférieurs n’est pas forcément des plus réjouissants. Mais la chose était aussi remarquable de par le caractère d’Ameanor. Ce petit bout d’elfe ne s’était pas vraiment montré loquace, et dans les quelques occasions où, malgré son jeune âge, sa famille l’avait amené dans des soirées mondaines, il s’était montré franchement timide, évitant le contacte des autres enfants comme des adultes, et préférant fouiller la demeure l’invitant pour se réfugier dans les livres qu’il pouvait dénicher -avec, il fallait aussi l’avouer, un talent certain-.

D’aucuns diraient que la particularité de ce jeunot était la source dette tendance si solitaire. Et ils auraient, au moins partiellement, raison. Car, même avant son adolescence, il était clair que la sensibilité à la magie d’Ameanor était surdéveloppée. Que les vents d’Hysh se montrent un peu plus puisant, et l’enfant devenait lumineux et plein d’énergie. Que Chamon s’agite, et il passait des heures à disséquer le moindre bijou, la moindre babiole qui passait à sa portée. Lorsque Ghyran tombait drue sur le sol, et l’enfant couraient dans les vergers et les prairie, suivant des fleuves invisibles aux autres. Lorsqu’Azir prenait le dessus, on le trouvait la nuit, à observer le ciel, prit dans les courants du vent comme du temps. Ulgu le rendait secret et fuyant là où les courant rampant de Shyish l’enfouissaient sous une cape de tristesse inconsolable. Qu’Aqshy brûle, et la colère du jeune elfe éclatait avec une violence insoupçonnée, et que Ghur prenne le dessus, et l’on le retrouvait dans une clairière, dormant avec les chevaux et repoussant sauvagement ceux qui y voyaient une inconvenance. Non, ces variations d’humeur dues à la grande sensibilité d’un enfant encore en train d’apprendre la modération ne l’aidaient clairement pas à se rapprocher des autres, et avait plutôt tendance à attirer remarques acerbes et quolibets.

Pourtant, Mirririen n’était pas les autres. C’était une jeune fille de deux ans la cadette d’Ameanor (autant dire, exactement le même âge d’un point de vue elfique), pleine de vie, ouverte et joyeuse. Les sauts d’humeur de celui qui devrait devenir son seigneur ne l’effrayaient en rien. À vrai dire, elle répétera toujours à qui veut l’entendre que c’est ce qui lui avait plus, en revenant la nuit de sa première rencontre avec lui.

C’était un soir de printemps, alors que Ghur rugissait dans les ténèbres. Le manoir était particulièrement agité puisqu’il était impossible de retrouver le petit Ameanor, alors âgé de sept ans. Réveillée par ce raffut, Mirririen avait commencé à suivre de manière plutôt interloquée les vas et viens paniqués des adultes. Finalement, elle se retrouva par errer plus ou moins au hasard pour tomber sur une clairière dans un bois épars. Plus ou mains était le bon terme, car s’il y avait bien une chose que l’Aethyr n’avait cure, c’était le rang social de celui à qui elle donnait sa sensibilité. Tout naturellement, elle avait suivi les courant jusqu’au nœud le plus proche, formé dans la concentration des chevaux dans cette clairière. En entrant, elle ne put s’empêcher de passer sa main sur les gracieux coursiers elfiques. Alors, elle vit son jeune seigneur, allongé contre une de ces splendides créatures qui, elle-même, était au sol. Quand elle posa une main, tout doucement, sur l’épaule de l’enfant, celui-ci sursauta, regardant farouchement la nouvelle venue.

- Va-t’en ! Je vais bien et je veux juste rester ici, dit-il alors sèchement.
- Monseigneur, ils vous cherchent partout, dans le manoir…
- Je m’en fiche, répondit-il avec un soupire. Je voudrais juste rester un peu ici. Je le sens…
- Comme un vent qui vous pousse vers les chevaux ? Coupa Mirririen.
- Comment le sais-tu ? Répondit, interloqué Ameanor.
- Moi aussi, je le sens comme de me dire de venir ici.
- Viens, touche là ! Dit alors Ameanor avec enthousiasme en attrapant la main de la jeune elfe. Elle a mis à bas il n’y a pas longtemps. Elle est fatiguée. La chaleur la réconforte, je crois. Alors, il posa la petite main sur le ventre de la jument, et la petite elfe s’assit. Tu peux m’appeler Ameanor, si tu veux, termina le jeune sire.

Ainsi se déroula la nuit, les deux enfants parlant de tout et de rien jusqu’à tomber d’épuisement. Au petit matin, ils revinrent vers le manoir main dans la main, au grand damne des Sindenelle. Si la punition fut sévère malgré la joie d’avoir retrouvé l’enfant, Ameanor dira toujours que l’amie qu’il avait gagnée alors en valait amplement la peine. Et, après ce jour, il fut impossible de séparer les deux enfants. Même lorsque fut venu le temps des séparations familiales, le jeune noble refusa de laisser Mirririen.

Car, séparation, il devait y avoir. Il fut de plus en plus évident que la sensibilité d’Ameanor aux vents de magie était exacerbée. Il était plus qu’évident que le meilleur endroit pour son éducation serait la tour blanche, et non les cours et réceptions fastueuses de la noblesse elfique. Et il fallait bien l’admettre, aussi douce la vie pouvait-elle être dans le manoir des Sindenelle, elle ne pouvait combler la soif de savoir grandissante du jeune Ameanor allant alors sur ses vingt ans. Et puisque Mirririen partageait ce trait, l’on ne pouvait vraiment refuser qu’elle ne suive son ami d’alors. Ainsi, ce fut à deux qu’ils rejoignirent les murs labyrinthiques protégeant la tour blanche de Hoeth, et ce fut main dans la main qu’ils trouvèrent l’entrée de la forteresse de savoir, car la connaissance comme la curiosité était ce qui les animaient.
Là, ils virent alors les magnificences que jamais un manoir de province ne pourrait égaler. L’immense tour, se perdant dans le ciel comme une aiguille infinie, une montagne infinie de savoir et de secret. Là, ils furent accueillis par leurs nouveaux maîtres et leurs nouveaux camarades. Là, commencera certainement les histoires et ragots un peu plus exubérants, chers hôtes fantasmagoriques. Vous pourrez entendre les uns dire que les professeurs étaient sans voix face à l’intelligence et l’agilité de l’esprit d’Ameanor, tandis que d’autre diront que c’était un élève tout bonnement exécrable et que nombreux étaient ceux qui auraient voulu que le coté travailleur de Mirririen déteigne sur cet enfant de malheur. Les deux auront probablement un peu raison, les uns poussant un peu trop l’admiration face à la curiosité passionnée et rêveuse du noble, les autres dénigrant ce solitaire aux airs nostalgiques qui ne semblait donner des efforts que lorsque ça l’arrangeait. Beaucoup, cependant, s’accordaient, tant avec admiration qu’avec rancœur, à dire que la relation entre les deux jeunes d’Eataine ne faisait que se développer plus.

Je vois bien, mes bons sires éthérés, que les ragots sur la théorie des enchantements de Caridion et d’avec quelle facilité Ameanor l’avait maîtrisé ne vous intéresse guère. Attardez-vous alors sur ce qui semble un peu plus croustillant. Car, à bien y regarder, il y a bien, de-ci, de là, quelques exemples. Le premier siècle des Asurs est, après tout, empli de changement et d'évolutions, tant physiques que mentales. Et Ameanor avait bien changé. Oh non, il était toujours réservé et solitaire, ne s'étant guère fait plus d’amis que sa Mirririen, mais il avait appris à maîtriser ses sentiments exacerbés par les vents de magie. Les années s’étaient transformées en décennies, et le travail n’avait pas manqué. Les pulsions violentes des flux et reflux de l’Aethyr étaient maintenant canalisées dans une soif de savoir sans borne, s’étirant sur tous les sujets, allant de l’astronomie à l’étude de la flore, des sois équestres à la géographie. Pourtant, un domaine en particulier attira l’amour de l’initié : l’histoire. Le temps avait passé, et le temps passé avait fait son retour. L’étude des textes anciens, des parchemins oubliés, des pierres perdus au long de la route attiraient Ameanor comme les fruits moisis ne manquaient de faire venir les mouches. Jamais il ne put se défaire de l’incessante pensée que le monde ne pouvait se comprendre sans que son passé ne soit révélé, sans que les grandeurs des temps ancien comme leur chute ne soit étudié. Et se plonger dans un monde oublié, de spectre et de souvenir, calmait tant le cœur que l’esprit du jeune Asur.

Quant à Mirririen, me direz-vous ? Cette jeune elfe parait si intimement liée à cette histoire qu’il serait délétère de taire son évolution. Elle, il faut dire que les bruissements de couloir que vous entendrez seront des plus élogieux. Étudiante travailleuse. Élève joyeuse et pleine de vie. Nul ne fut étonné de la voir réussir, avec son compagnon de toujours, ses premiers tests, récoltant plus de raisin qu’il n’en fallait pour abreuver une classe entière en vin en quelques minutes d’un sortilège précis, tandis qu’Ameanor rendait vie aux pousses desséchées qui avaient eu la mauvaise idée de dépérir au soleil. Elle était amicale, elle aimait chanter, danser, et, par-dessus tout, la musique. Chose peu commune -mais, je crois que vous êtes maintenant habitué au peu commun-, son dévolu à la doucereuse musique d’une viole de gambe, dont son archet parvint vite à donner une mélodie gracieuse en se frottant aux cordes en crin de cheval.

Et, de ce temps de changements, dans ce premier siècle, aussi changea la relation entre ces deux êtres si poches l’un de l’autre. Des âmes rêveuses en racontent encore les rumeurs qui, mises bout à bout vous feront entendre l’histoire complète. C’était un soir de festivité, un soir de joie et de paix pour tous. Mirririen, alors âgée d’une soixantaine d’années, tournait, virevoltait de main en main. Elle dansait, aussi agile que son chant était doux. Ameanor, lui, était resté en retrait, dans l’ombre. Il sirotait un verre de vin en regardant la belle aux cheveux d’argent et aux pieds agiles. Il aurait dû être heureux de la voir tant s’amuser, il aurait dû apprécier qu’elle prenne du beau temps.

Mais ça lui était impossible.

Dans sa poitrine, son cœur brûlait. Il souffrait silencieusement. Qu’était-ce donc que ce sentiment ? Que cette douleur aussi vive et destructrice ? Jamais n’avait-il ressenti tant de peine, pas même quand le poids de mille morts pesait sur ses épaules alors que Shyish se déchaînait. Il en avait presque envie de vomir. Pourtant, au fond de lui, il savait la réponse. Car il ne voulait pas être un parmi les autres, il voulait être l’un. Mais qui était-il pour briser le bonheur de cet instant ? Qui était-il face à tous ces autres jeunes elfes, tout aussi intelligents que lui, mais bien plus amusants ? Ainsi resta-t-il à boire son vin pendant ce qui lui semblait une éternité. Du moins, jusqu’à ce que, essoufflée, Mirririen vint le rejoindre.

- Viens danser ! S’exclama-t-elle enjouée.
- Tu sais bien que ce n’est pas vraiment moi… Il y a trop de monde, je ne ferais que gâcher.

Mirririen fit une moue contrariée en s’arrêtant quelques instants pour reprendre son souffle. Alors, son visage s’illumina et elle attrapa la main d’Ameanor.

- Si tu ne viens pas là-bas, alors viens avec moi, j’ai un endroit à te montrer !

Sur ces mots, elle tira le bras de l’adolescent sans même le laisser répondre. Lui n’eut qu’à peine le temps de déposer son verre de vin sur une table avant de reprendre ses esprits. Sa main glissa de celle de Mirririen, qui s’élançait de plus en plus vite avec de grandes exclamations de « Viens ! » et de « Par ici !». Bientôt, la musique se fit distante et la nuit ne fut troublée plus que par les rires cristallins de la jeune femme enchanteresse. Finalement, les deux compères arrivèrent au sommet d’une colline verdoyante. Au loin, un bâtiment se terminant sur un grand dôme de verre scintillait des millions d’étoiles dans le ciel, telle une projection du ciel étoilé.

- C’est magnifique, susurra Ameanor.
- Ça aurait été encore mieux avec le coucher du soleil, j’en suis certaine. Ici, il n’y a personne, continua Mirririen après une courte pause pour reprendre son souffle. Elle tendit alors sa douce main devant elle. M’accorderez-vous cette danse, mon seigneur ?
- Je ne peux refuser, répondit alors Ameanor, les joues empourprées. Son cœur battait. Le feu vif s’était transformé en brasier. Il ne savait plus s’il avait mal ou s’il était heureux. Il ne savait plus rien de ce qu’il voulait, à vrai dire.

Et il ne savait plus même comment danser. Il ne fallut pas plus qu’une poignée de secondes pour qu’il fit un faux pas, marchant sur le pied de Mirririen. Alors, celle-là s’écroula sur le sol à l’herbe verte en tirant son partenaire dans sa chute, dans un mouvement ostensiblement exagéré. Ils roulèrent au sol à grands éclats de rire et s’arrêtèrent seulement pour mieux se regarder. Alors, leurs visages s’approchèrent. Leurs nez se touchèrent. Ils restèrent ainsi de longues secondes, nez contre nez, yeux dans les yeux. Le cœur d’Ameanor battait la chamade. Il avait la sensation qu’il allait exploser. Alors, il susurra tout doucement un « Mirririen », qui ne fut interrompu que par le contact de leurs lèvres. Les jeunes elfes s’embrassèrent ce qui leur parut une éternité. Leurs mains se joignirent. Leurs âmes se joignirent. Leurs cœurs, cet instant, battirent à l’unisson. Ils n’étaient plus deux, mais un.

Ainsi se mélangèrent jour et nuit, dirent certains, car ils étaient comme le jour et la nuit. L’un, plongé dans les épais volumes oubliés de tous, ou observant et décortiquant les traces sur des roches polies par le temps, là où l’autre dansait et jouait, faisait raisonner de son instrument dans les airs joyeux de l’été sans fin. Mais cet amour qui s’était développé était puissant. Il était né sur le terreau fertile d’une enfance commun, il avait pris racine au plus profond de ces deux êtres. Aussi, lorsque vint l’âge adulte, peu après leur premier siècle, nul, en Saphery, ne fut étonné d’apprendre qu’un mariage aurait lieu entre ces deux elfes. Et, pour la première fois en près de quatre-vingts années, Ameanor rentrerait dans son vieux manoir d’Eataine, son domaine familial.

Oh, bien sûr, jamais Ameanor n’avait coupé les ponts avec sa famille, même s’il y eut quelques périodes de froid. Souvent, il avait échangé des lettres et, quelques fois, il les avait rencontrés alors qu’ils passaient en Saphery. C’était plutôt que ce manoir ne l’attirait pas assez pour le déplacement. Il savait ses choix de vie peu appréciés -notamment ses choix relationnels- et il n’était pas vraiment compliqué de son étude assidue et permanente de la magie lui prenait tout son temps -ce qui n’était, par ailleurs, pas vraiment un mensonge-. La magie est un sujet complexe, et se plonger dans la haute magie n’est pas chose simple. Il faut d’abord apprendre et comprendre le fonctionnement de chacun des vents de magie pour ne serait-ce qu’espérer approcher de Qhaysh. Même après un siècle, l’elfe ne faisait que tâtonner.

Mais, mes gracieux amis fantasmés, là n’est pas vraiment le sujet du moment. Car, après bien des années, Merhynna et Thanrion Sindenelle s’étaient faits à l’idée que ce mariage arriverait. Autant l’organiser en grande pompe, pensèrent-il, et ce fut ainsi que les deux âmes qui n’en faisaient plus qu’une se joignirent, cette fois, officiellement. Dans une fête où le vin se mélangeait à la douce musique, où les pas de danse raisonnaient aux chants joyeux.

Cette soirée serait aussi mémorable. Elle était profondément imprimée dans la mémoire d’Ameanor. À commencer par la somptueuse robe blanche et dorée que portait Mirririen, mettant en valeur ses douces formes. Des arabesques d’or sur fond blanc partaient du bas de la robe et se déployaient en des feuilles de vigne, puis montaient jusqu’à son torse pour éclore en de magnifiques petites grappes de fleurs de vigne. Sa robe montait en corset jusqu’au haut de sa poitrine et se terminait par deux pans de tissus posés sur ses épaules et maintenus de deux broches d’or. Ses manches ne lui descendaient pas plus loin que les coudes, mais de longue mitaine lui remontaient aux coudes. Ameanor n’oublierait pas non plus cet instant où ils s’échangèrent un anneau chacun, d’or blanc, l’un orné d’un rubis pour Mirririen et l’autre, d’un saphir pour Ameanor. Non plus qu’il n’oublierait cette danse, corps contre corps, lente et si douce… Le contact des vêtements de celle qui était désormais sa femme avec les seins. Les regards qui se croisent, faisant oublier tout l’environnement autour d’eux. Les lèvres qui se joignent. L bonheur dans son cœur. Et, plus tard, cette course effrénée vers la clairière de leur enfance, qu’ils n’avaient pas retrouvée depuis un siècle. La fête se terminait, l’aube approchait, et, comme de simples enfants, les deux elfes se roulaient au sol, non loin des chevaux. Pris d’une passion soudaine, autant que des effluves du vin si délicieux qui les avait abreuvés, leur corps se joignirent ici, en une célébration de la vie et de l’amour.

Voilà qui aurait pu mettre un point final à notre mignonnette histoire, chers visiteurs Aethyriques. Mais notre bon Ameanor ne serait pas ce spectre dont vous vous rappelez encore, dans ce cas, n’est-ce pas ? Pour le moment, abrégeons peut-être les petites histoires racontées dans les couloirs, les mille et une anecdote qui se déroulèrent au fil des décennies et qui contribuèrent à forger ce couple elfique. Ni l’un, ni l’autre n’avait renoncé à apprendre la magie. Et, main dans la main, ils s’étaient élancés dans Qhaysh de bon cœur. Lentement, avec précaution, ils approchaient cette complexe discipline l’un avec l’autre. Toujours avec l’autre âme pour les rassurer, ils apprenaient à attraper chaque vent comme l’on attrape un fil de couleur différente pour lentement donner forme à une magnifique tapisserie. Tous deux joignaient alors leurs œuvres pour tracer dans les airs ce qu’ils jugèrent de beau.

N’allons pas trop vite néanmoins, car Qhaysh est farouche et ne se laisse pas maîtriser si simplement. Aussi, même si un centenaire s’écoula paisiblement, Ameanor comme Mirririen n’en restèrent pas moins que des initiés. Il fallait dire, aussi, que s’ils aimaient pratiquer la magie, cet art se disputaient avec d’autres passions dans leur emploi du temps. Pour commencer, leur passion amoureuse et leur désir de foyer. Aidés de la noble famille d’Eataine, ils firent bâtir, à quelques kilomètres de la haute tour de Hoeth, une jolie demeure dont le jardin s’épanouie dans un acte de création en commun. C’était une charmante demeure circulaire, dont la grande salle centrale était une bibliothèque et avait un grand dôme de verre, comme celui devant lequel leur amour s’était déclaré. Autour, les pièces à vivre étaient disposées en cercle concentrique sur un unique étage. Protégé par des lignes de cyprès et des haies, un magnifique jardin se révélait aux visiteurs.

Ce jardin était l’œuvre du couple Sindenelle. Il brillait de nombreuses couleurs, les fleurs bleues enlaçant les buissons de rose rouge flamboyant, les lilas se partageant avec les jonquilles, l’argent se déplaçant dans les mers d’or. Des lignes minces s’élargissaient avec des courbes fluides pour exploser tel un feu d’artifice de trois ou quatre couleurs. Et l’odeur délicate des fleurs venait ravir les narines de tout visiteur. Ici, dans cette retraite, Ameanor et Mirririen fuyaient lorsque l’envie de se partager seul les prenait. Là, ils développaient leur vieille passion, histoire et musique, abandonnant les études exigeantes de la magie. Il y avait fort à parier que ni l’un, ni l’autre ne serait encore initié si ces distractions n’avaient pas existées.

C’est ici, dans cet état d’idéal qui célébrait ses deux siècles et dix-sept années, que naquit la graine du mal, mes bons amis de l’imaginaire. Car rien, même dans le continent paradisiaque d’Ulthuan, ne semblait pouvoir durer dans ce monde en proie au chaos. Et comme toujours chez les Asurs, tout commença par une passion.

- Mais c’est beaucoup trop dangereux ! Déclara Mirririen, les sourcils froncés.
- Ce sera très rapide ! Je te le promets, on ira et se retirera, on ne passera pas plus d’une nuit sur place, répondit Ameanor en caressant la main de Mirririen pour la rassurer.
- Les iles blafardes ! Tu te rends compte de ce que tu dis ?!
- Je sais, mais les textes que j’ai dénichés dans les archives semblent tous indiquer qu’on pourrait trouver là les traces du premier culte du plaisir ! Imagine ce que l’on pourrait y trouver !
-Mais ! Enfin ! Les îles Blafarde sont toujours en proie aux créatures et aux Druchii. Tu n’as jamais reçu plus de formation que l’entraînement de la milice ! C’est bien trop dangereux !
- Ne t’en fais pas, le capitaine de la patrouille avec qui je suis en contact m’a bien indiqué qu’il ne restera pas plus d’une nuit, en terrain sûr. Ils ont fait ça des dizaines de fois, ils ne font que surveiller, ils ne cherchent pas à se battre.
- il suffit d’une fois…
- Au moindre danger, nous rejoindrons le bateau, répondit Ameanor en caressant la joue de Mirririen.
- Tu me l’as déjà dit mille fois, mais je ne suis pas plus rassurée. Si tu penses réellement que le danger est négligeable, alors je viens avec toi !

Ameanor resta quoi face à cette dernière phrase. Pendant de longues secondes, il réfléchit, comme pétrifié par une gorgone soudainement apparue à la porte. Mais sa décision était, en réalité, déjà prise, c’était l’accepter qui était difficile. Oh, très chers visiteurs de l’Aethyr, ne jeter donc pas un œil aux écrits rageur de notre pauvre hère au sujet de ce qu’il déclarerait ensuite, car vous y trouverez une telle haine, une telle indignation face à sa propre stupidité, à sa naïve et inconcevable incompétence que vous en soufreriez vous-même !

- D’accord, finit-il par dire. Viens avec moi, je suis certain que tout se passera bien. Ce ne sera qu’un rapide aller-retour avec une patrouille qui a fait ça des dizaines de fois.

Voilà qui allait briser un quotidien qui, pourtant, fonctionnait parfaitement bien pour notre couple. Briser un monde qui s’était lentement formé autour de ces deux âmes. Pourtant, il semblait bien que l’entreprise ne comportât pas tant de risque, d’autant plus qu’elle était préparée depuis près d’un an déjà. Les recherches d’Ameanor dans les plus vieilles archives regroupées et entreposées dans la tour blanche de Hoeth semblaient pointer un lieu encore à flot où trouver l’un des plus anciens lieux de rassemblement du premier culte du plaisir ayant infecté la douce Ulthuan. C’était l’occasion rêvée d’obtenir des informations, des papiers, des restes indiquant son fonctionnement, comment il s’était subversivement diffusé dans l’île-continent. Une entreprise de rêve pour un esprit dont la curiosité était maladive pour l’histoire des temps anciens. Une entreprise intéressante pour qui voulait trouver des schémas de fonctionnement peut-être encore en vigueur aujourd’hui.

C’était donc en érudit plutôt qu’en mage qu’Ameanor s’était proposé pour cette entreprise. L’endroit ciblé était proche du continent et sujet à de fréquentes patrouilles et il semblait parfaitement sûr étant donné le peu d’action qui y avait été relevé dans le passé. Et si le capitaine en charge desdites patrouilles ne voyait pas forcément d’un bon œil ce civile prenant part à cette opération, il finit par céder à ses demandes, en y imposant une limite de temps plus que nécessaire. De toute façon, due-t-il se dire, cet elfe devait bien avoir suivi un entraînement de la milice, comme tout Asur dans son premier siècle, et devait savoir un minimum se défendre. Chose bien théorique pour notre pauvre Sindenelle qui n’avait jamais connu la fureur d’un vrai combat. Il n’empêche que sa famille, aux abois comme sa dulcinée face à cette entreprise, conjura l’elfe de prendre avec lui l’ancienne épée d’or marin que son père avait utilisé dans son service personnel dans les heaumes d’argent, ainsi qu’un coursier rapide et fidèles pour le porter loin des menaces envahissant ce monde.

Ainsi, le brave -téméraire, dirait beaucoup- Ameanor avait-il repris un minimum d’entraînement tant à la monte de son nouveau Senrai, coursier au pelage gris, rapide et intelligent, qu’au maniement des armes. Ni exécrable, ni excellent, il s’en tint bien à ses premiers enseignements finalement. Et ce fut alors équipé de son épée, avec son cheval et son épouse qu’il monta à bord du gracieux vaisseau qui devait l’amener à sa destination qu’il apprendrait à haïr. Sur lui, un nécessaire de calligraphie contenant plumes, outils de taille et diverses encres côtoyaient un livre de notes personnelles partiellement rempli dans une gibecière neuve. Son âme-sœur, elle voyageait avec sa viole de gambe qu’elle utilisait pour remonter le moral des miliciens qui en avaient bien besoin.

Oh, amis éthérés, de ce qui suit, vous n’entendre que des rumeurs sans fondement. Car, au final, seul Ameanor sait ce qu’il s’est vraiment passé. Plongeons donc dans ses terribles écrits, ces feuilles volantes qui s’amoncellent sur sa maigre table alors qu’il essaie désespérément de fuir sa peine en couchant par écrit ses maux. Voyez ce feuillet-ci, l’un des premiers qu’il eut écrits.

Des histoires. Je n’avais entendu que des histoires sur ces terres désolées et maltraitées. Je n’y avais vu que des descriptions. Et je peux le dire maintenant, nulle histoire ne peut rendre compte des balafres de ces terres, de ce que la Déchirure fut pour cette place maudite par leurs occupants. La vie y était rongée, la végétation, mourante. Quel désastre voyions-nous, alors que notre beau navire arrivait à la vue de ce nouveau monde désolé ! Pourquoi, oh pourquoi n’ai-je pu, à cet instant, comprendre que mon entreprise n’était que pure vanité ? Que seule ma fierté me destinait à risquer ce qui était la moitié de mon être ?
Mais non, ma propre stupidité sans limite me fit poser le pied sur ce sol maudit, et tendre la main pour recevoir celle de ma douce dulcinée. Dans un acte d’inconscience primaire, je suivais le groupe de milicien, aux aguets du moindre son, du moindre mouvement parmi les roches et les arbres mourant. Et pendant des heures, nous marchâmes en direction du village détruit depuis longtemps que j’avais ciblé sur une carte. Et pendant toute la journée, je ne pouvais faire autre chose que de rassurer Mirririen, lui faisant remarquer que nul danger n’apparaissait à l’horizon. Et je fus moi-même un peu rasséréné lorsque nous montâmes enfin un camp pour la nuit. Nous étions arrivés sur l’île en début d’après-midi et nous avions à peine atteint les ruines millénaires d’un village aussi dévasté que son environnement. Demain, me disais-je, je pourrais fouiller les maisons, les caves, observer à travers les roches et les âges pour nourrir ma soif inextinguible de connaissance. Puis, nous partirons, avec mes notes et tout documents que je pourrais trouver, pour rejoindre le navire et quitter à jamais ce monde détruit.

Et quel réconfort ne trouvais-je pas dans la chaleur du corps doux de Mirririen alors que nous nous serrions l’un contre l’autre, dans notre tente ! De sa peau aussi douce qu’une fleur éclot du matin, de son odeur enivrante de lilas ! Qu’aurais-je donc fait, seul, dans le noir de ces terres maudites ? C’était dans ses bras voluptueux que je pus trouver le sommeil. Ce fut…

Ici, s’arrête ledit feuillet, chers visiteurs. Les larmes coulant sur le papier ont effacé ce que les mains tremblantes essayaient d’écrire. Il vous faudra trouver une nouvelle feuille, dans ce fatras, couverte d’une écriture pour ainsi dire, abrupte, pour comprendre la suite de cette histoire.

Une corne. Des cris. Des appels. Je me lève. La panique dans mon cœur. Mon sang ne circule plus. Mon esprit est désemparé. La peur. La terrible peur dans son regard. Cette horrible lueur que, jamais, ô grand jamais, je n’avais vue. J’attrape mon arme. Réflexe. J’ouvre la tente. Feu, drame et horreur. Le sang, partout, le sang et la mort. Des cris, de la haine et de la peur. Le monde s’écroulait. Mon monde s’écroulait. J’attrape Mirririen par la main. On doit partir, on doit s’en aller. Je dois la protéger. Tout est de ma faute. Tout. Je suis désolé, je suis tellement, tellement, tellement désolé… Pourquoi ? Pourquoi ai-je été si stupide ? Mais ils sont partout. Dans toutes les directions, il n’y a que du sang et de la terreur. La mort… L’odeur… Indescriptible. Une main attrape ma tunique. Une lance fuse et s’enfonce dans un corps mou et l’étreinte se relâche. Pourquoi ? Pourquoi la main de Mirririen me tire en arrière ? Et vint le cri. Ce terrible cri. Mon nom, hurlé d’une voix que je ne connais que trop. Le milicien me tire de l’autre côté, me suppliant de le suivre avec les quelques autres qui formait un semblant d’ordre. Je tends la main, je crie à mon tour, je ne veux pas, je ne serais pas séparé d’elle !
Puis, vint la douleur.

Ma cuisse. Une douleur vive. Un carreau y était enfoncé. Un autre dans la gorge du milicien. Mais, toujours, mon nom, crié, s’éloignant désespérément. Je suis tellement désolé… Pourquoi ? Pourquoi suis-je celui qui fut attrapé par les autres, et traîné manu militari en direction du navire ? Pourquoi, ô grand Asuryan, pourquoi suis-je là et pas elle ? Je mérite d’être ce cri dans le noir qui s’éloigne. Je devrais être ce terrible cri, pas elle. Pas elle. Pas Mirririen. Pourquoi ?

Ce dernier mot perce la feuille. Rien de ce que vous trouverez d’autres sur cette feuille, invisibles visiteurs, ne fera le moindre sens. Ce n’est plus qu’une bouillie de larme, d’encre et de sang. Et je vous en supplie, ne vous plongez pas dans le cœur mourant de ce pauvre Ameanor, car vous n’y trouverez que peine et désespoir. La nuit est tombée dans cet être en ce terrible jour. Car, si de deux âmes, son couple n’en fit plus qu’une, d’une seule âme, il n’en resta qu’une moitié. Une main de glace s’est emparée du cœur douloureux de ce pauvre hère et serrait, chaque seconde, plus fort, encore plus fort. Respirer est, pour lui, un supplice de chaque instant, car il ne peut même savoir si elle respire encore.

De là, reprenez alors les rumeurs, car celles-ci sont indéniablement vraies. L’on envoya le pauvre initié sur son fidèle coursier Senrai. Et, rapide comme le vent, il porta son maître dont l’état empirait chaque seconde jusqu’à la tour blanche. Les premiers soins n’étaient pas suffisants, car le poison du carreau d’arbalète voulait détruire cette coquille vide, ce corps sans âme qui ne souhaitait plus que disparaître, n’avoir jamais existé pour que jamais elle ne disparaisse. Et ce corps mourant fut accueilli par les maîtres du savoir, dont la science et la bonté furent amplement suffisant pour le sauver. Mais rien, ni personne, ne pouvais sauver son âme.

Ainsi, l’Asur fit place au vide. Ainsi naquit la terrible créature d’ombres et de peine que vous trouvez dans cette petite chambre toujours plongée dans la pénombre. Ainsi, la vie fit place au spectre de grâce et de regret.

Mais, mes bons voyageurs de l’Aethyr, restez donc un peu. Car il se pourrait que cette tragédie ne connaisse pas sa fin. Après près d’un mois de questionnement, de douloureuses rémissions, d’abandon et de souffrance, voyez ce que ses mains tracent sur le papier. Voyez ce qui apparaît entre les larmes séchées et les lamentations désespérées.

Tu ne peux pas être morte. Tu ne peux pas m’avoir abandonné. Tu ne dois pas. Et je te retrouverais.

Compétences :
• Acuité visuelle (B)
• Acuité auditive (B)
• Sens de la magie (E)
• Incantation - haute magie (E)
• Conscience de la magie (E)
• Alphabétisation (E)
• Histoire (E)

Bourse: 3 Couronnes d'or || Autres :
Inventaire:
Lame en Or marin
Coursier elfique (Senrai)
Anneau d'or blanc serti d'un petit saphir
Gibecière
Livre, relié et partiellement remplis
Accessoires de calligraphie
Petite viole

Autres:


Asuryan : 10
Hoeth : 10
Transparence : Portée : Contact Durée : 5+2d10 minutes Effet : Le mage peut faire devenir invisible un objet pendant la durée du sort. L’objet ciblé ne peut occuper un volume supérieur à 1 mètre cube. Durant ce délai, il est totalement invisible, mais n’a pas disparu : Il reste possible de le toucher, de le déplacer, de trébucher dessus…
Prestige de Saphery : Portée : 5 mètres Durée : 5+1d10 minutes Effet : Les personnages affectés par ce sort se croient perdus dans un royaume de brumes et d'ombres et sont incapables de se rappeler où ils sont et ce qu'ils sont censés faire, ils se défendront néanmoins si ils sont attaqués. Le personnage oublie ce qu'il fait là et ne retrouve la mémoire qu'après un nombre de minutes égal à la durée du sort à moins de résister au sort en réussissant un test d’Int.
Absorption de Magie : Portée : Un cercle de MAGx2 mètres centré sur le lanceur. Durée : 3 tours Effet : Le mage peut annuler les effets d'un sortilège lancé dans un rayon de MAG mètres autour de lui, à condition de remporter un test de MAG opposé avec le lanceur du sort, même si une dissipation a déjà été tentée. Durant les trois prochains tours, tout sort lancé dans ce rayon d’action sera soumis à cette condition.
Aide surnaturelle : Portée : 24 mètres Durée : 2d6 tours Effet : Le mage utilise sa puissance mystique pour aider un allié. La cible bénéficie d’un bonus de +1D3 dans une caractéristique au choix du sorcier pour la durée du sort (NA et MAG exclues). Il ne peut toutefois pas bénéficier d’une seconde « Aide Surnaturelle » tant que la première est encore active. Le mage ne peut être ciblé par son propre sort. Ce sort peut être lancé en une version supérieure ou majeure. (Les règles s’appliquent donc). La version supérieure permet de cibler 1D3 cibles à portée, qui gagnent un bonus de 1D3+1 points. La version majeure permet de cibler 1D3+1 cibles à portée, qui gagnent un bonus de 1D3+2 points dans deux caractéristiques au choix du sorcier. Chaque point de Maîtrise de l’Aethyr permet d’augmenter la durée du sort de 1d3 tours.


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<html><p style="text-align: center; font-family: verdana,geneva;  font-size: large; font-weight: bold; color: #6a94bd; text-decoration: underline;"></html>Informations générales sur le personnage :<html></p><center></html>

|< 50em >|
|  **Nom et Prénom:**  |  Ameanor Sindenelle   |  <html><img src="" /></html>  | 
|  **Age:**   |  217 ans    |  :::  |
|  **Sexe: **  |    Masculin   |  :::  | 
|  **Race: **  |   Asur   |  :::  | 
|  **Carrière: **  |  Voie de l'étude de la magie  |  :::  | 
|  **Lieu/ville de départ:**   |  Tour Blanche de Hoeth  |   :::  |
|  **Fréquence de jeu:**   |  Variable  |   :::  |
|  **MJ:**   |  **à compléter**  |   :::  |


<html><br></html>
<html><img src="https://warforum-jdr.com/images/imgfiches/barre1.jpg" align="center" /></html>


^  Nom de la ligne  ^  FOR         ^  END           ^  HAB                            ^  CHA                            ^  INT                            ^  INI                            ^  ATT                            ^  PAR                           ^  TIR                           ^  MAG                           ^  NA                           ^  PV                            ^
|  Profil de départ (+4 PC initiaux)  |  8   |  7     |  9                      |  9                      |  9                      |  9                      |  9                      |  9                      |  9                      |  10                      |  1                      |  50/50                      | 
|  Profil actuel  |  8   |  7     |  9                      |  9                      |  9                      |  9                      |  9                      |  9                      |  9                      |  10                      |  1                      |  50/50                      | 
|  Améliorations restantes à acquérir pour level up (déjà acquis/à acquérir)  |  A remplir par le MJ   |||||||||||||
<html><br></html>

| **XP disponible:**  |  0     | 
| **PC dépensés:**  |    4     | 

<html><br></center></html>

----
<html><br></html>
<html><img align="right" src="https://warforum-jdr.com/images/imgfiches/barre2.jpg" style="padding-left:10px;padding-bottom:10px;" /></html>
<html><p style="text-align: center; font-family: verdana,geneva;  font-size: large; font-weight: bold; color: #6a94bd; text-decoration: underline;"></html>Description physique :<html></p></html>
 
Vous ! Oui, vous, chers intrus invisibles. Je vous vois bien, je vois vos errements dans notre monde aussi mystérieux qu’incompréhensible. Mais marchez donc avec moi dans l’Aethyr, car ce monde regorge de mille histoires aussi passionnantes que misérables. Voyez donc ces terres paradisiaques, dans cette aiguille de pierre blanche, et regardez donc cet Asur, ce dénommé Ameanor. Détaillez, de votre œil perçant, ce doux visage caché dans les ténèbres de sa chambre. Voyez sa peau pâle et glabre, que sa longue chevelure blond platine met harmonieusement en valeur. Appréciez les traits de cette mâchoire fine et de ce menton bien proportionné. Remontez donc à ses lèvres bien ourlées, surmontées d’un nez légèrement concave. Observez ses grands yeux surmontés de sourcils épais. Observez les exceptionnelles couleurs de ses iris, formant un premier cercle de gris autour de ses pupilles, continuant en un large cercle de vert émeraude et se terminant sur un dernier fin cercle d’un beau bleu turquoise. Oh, oui, ses oreilles pointues ne vous trompent pas, vous êtes bien en présence d’un digne représentant des hauts-elfes.

Mais, bien sûr, comment ne pas remarquer cette profonde tristesse qui habite ce regard ? Comment ne pas remarquer cette expression de perte et de douleur constante ? Comment ne pas remarquer la maigreur un peu excessive de sa silhouette longue d’un mètre quatre-vingt-dix ? N’y a-t-il pas quelque chose du spectre qui transparaît de la manière de se tenir de cette pauvre âme ? Pourtant, je vous assure, il n’en fut pas toujours ainsi. Et, peut-être, en certaines circonstances, auriez-vous la chance de voir la douceur première de son expression, transpirant la bonté. Peut-être aurez-vous la chance de constater son regard doux et rêveur, détaché du monde réel selon certains même. Mais oui, c’était là d’autres temps, et bien rare seront les moments où vous trouverez de telles expressions maintenant.

Pourtant, cet Asur a bien gardé sa démarche rapide et précise, lui donnant toujours l’air pressé, avec ses mains derrière le dos. Il n’a pas non plus perdu cette habitude de lever les yeux au ciel quand il se déplace, soutenant une véritable déconnexion du monde réel -ou bien, est-il simplement en train de regarder l’Aethyr, son propre monde réel-. Et, des habits qu’il porte, vous devinerez bien qu’il n’est pas du commun, même pour un Asur. Voyez donc ces chaussures solides de cuir tanné noir et délicatement décorées d’arabesques argentées. Voyez ce pantalon très légèrement bouffant et cette chemise d’un tissu mystique de couleur bleu nuit qui ne fait que mettre en valeur le blanc d’un gilet décoré de feuille de vigne d’argent lui arrivant au milieu des cuisses, et refermé d’une douce ceinture de soie à l’épingle d’or en forme de vigne. Voyez ce bel anneau d’or blanc surmonté d’un délicat saphir qu’il porte à l’annulaire de sa main gauche. Voyez et constatez qu’il ne s’agit vraisemblablement pas d’un roturier.

Il n’en demeure pas moins que sa voie profonde est empreinte d’une indéfinissable nostalgie et ne porte pas, en elle, l’assurance de ceux qui doivent diriger. Et la manière qu’il a de regarder ailleurs lorsqu’il s’adresse à autrui, en utilisant toujours bien peu de mot, ne contribue pas à redorer son image. D’aucuns le diraient froid et distant, à l’entendre parler. Mais il est simplement à son aise avec bien peu de monde, et ne pense pas forcément à mal, je vous l’assure. D’ailleurs, que se cache-t-il donc dans cet esprit, qui semble voiler tout cet être dans la mélancolie ?

 
 
<html><p style="text-align: center; font-family: verdana,geneva;  font-size: large; font-weight: bold; color: #6a94bd; text-decoration: underline;"></html>Description psychologique :<html></p></html>
 
Mélancolie, voilà bien ce qui décrit notre pauvre Asur, semblerait-il. Car, si vous osez vous approcher suffisamment de son être intérieur, visiteur éthéré, c’est la première chose que vous ressentirez. Tout, chez lui, semble comme flouté par cette diffuse tristesse, comme une ville plongée dans un brouillard sans fin. Pourtant, creusez un peu, et vous trouverez, aux tréfonds de son cœur fragile, une flamme mourante de passion et une curiosité sans borne. Vous trouverez une place spéciale dans le cœur de cet elfe pour la beauté caché par chacun des mouvements utilisé pour canaliser l’Aethyr. Vous trouverez une poésie enfouie dans des couches de rigueur et de précision dans son amour pour cet art qui est de maîtriser Qhaysh. C’est dans cet art, vous aurait-il dit autrefois, que se cache les secrets de la beauté.

Mais là n’est pas l’unique passion qui habite son cœur voilé. Non, celui-ci est partagé avec un véritable amour de l’ancien, de comprendre le monde d’autrefois. Sentez-vous la douce quiétude qui envahit notre bon Ameanor alors qu’il se plonge dans les textes anciens, dans les archives oubliées traitants d’un monde dépassé depuis longtemps ? Sentez-vous ses rêveries de ce que pouvaient ressentir ses ancêtres avant que les démons n’aient décidé d’envahir le monde ? Des premiers elfes posant le pied sur les autres continents, des premières pierres posées pour édifier les glorieuses citées d’Ulthuan ? La curiosité et l’avidité pour l’histoire de ce jeune Asur semblent aussi intarissables que son amour pour la poésie de Qhaysh.

Mais n’écoutez pas trop autour de vous, vous qui pouvez plonger dans l’âme des vivants. Car nombreux décriraient ce solitaire taciturne comme froid, voir prétentieux -et pour un Asur, ce n’est pas peu de chose-. Il faut dire que notre elfe n’est pas vraiment à l’aise avec autrui, et que la fuite est son premier refuge. Aussi, ce que l’on peut prendre pour une forme de snobisme n’est qu’une muraille érigée pour protéger sa solitude intérieure. Pourtant, s’ils savaient… Si, comme vous, ils pouvaient voir derrière la muraille la puissance rayonnante de l’amour dont il est capable… Avec quelle force il peut joindre son âme à ceux qui l’importent réellement, avec quelle grandeur il est capable d’aimer… Car, s’il ne disperse pas ses affections, c’est pour mieux les concentrer aux êtres qui lui sont chers.

Ne le croyez pas pourtant exempt -d’autres- défauts. Car, aussi intelligent soit cet être, aussi curieux et rapide dans son apprentissage, il n’en reste pas moins entêté et disposant d’une certaine forme de fierté. Qu’une idée l’habite, et vous ne l’en détournerez que très rarement, car une fois sa décision prise, c’est une véritable tête de mule -un nain, diraient les plus mesquins d’entre vous-. Et, s’il n’a que faire de certains sujets, d’être le plus fort, le plus rapide ou le meilleur danseur, il défendra jusqu’au bout sa fierté s’il pense avoir raison sur quelques sujets de savoir que ce soit. Mais sortons donc de ce cœur doux maintenant, et prenons une vue plus large de notre bon sire.

 
__Alignement :__ Loyal bon ? 
 
 
<html><p style="text-align: center; font-family: verdana,geneva;  font-size: large; font-weight: bold; color: #6a94bd; text-decoration: underline;"></html>Historique du personnage :<html></p></html>
 
Maudite soit ma mémoire, qui jamais ne s’arrête. Maudits soient ces yeux, qui jamais ne se détournent. Maudit soit ce cœur qui brûle sans cesse, enserré dans des flammes de phénix dévorantes.
Mais quelle était donc cette créature ? Quel était ce spectre enfermé dans le noir, dont les mains décharnées s’agitaient sur le papier avec une plume dont la blancheur venait contraster avec l’ombre cachant son visage maintenu dans son autre main ? Que faisait ce fantôme de désespoir dans le continent des mille merveilles, des plus grandes beautés enchanteresses ? Pourquoi donc cette plume volait de feuillet en feuillet, s’ajoutant en un tas désordonné recouverts d’une écriture qui l’était tout autant ? Nombreuses étaient les histoires qui courraient dans les couloirs, depuis deux mois déjà que cette ombre avait pris place dans son ancienne cellule. Et bien fou serait celui qui accorderait du crédit à moins de la moitié d’entre elles. Pourtant, toutes s’accordaient sur un point : cette âme, aujourd’hui solitaire, hier partagée, était bien différente du jour où son voyage avait débuté.

Arrêtez-vous donc, voyageur éthéré. Arrêtez-vous et écoutez alors, dans les couloirs mystiques de cette grande aiguille de pierre et de verre, les murmures qui recomptent la naissance d’un spectre, comment le corps même semble pouvoir survivre à l’âme.

Et, si vous êtes assez attentif, vous apprendrez donc que cette histoire débute il y a plus de deux siècles. Deux-cent treize années, pour être plus précis, au milieu de l’hiver, si tant est que ce concept ait le moindre sens sur le continent mystique paradisiaque donné aux Asur. Ces siècles, si courts pour certains, mais si long pour d’autres, virent s’épanouir et grandir la vie d’un Asur tout particulier, car il sera au centre de cette tragédie. Ameanor était le premier mot qui sortit de la bouche de la noble dame qui, après tant d’effort, venait de donner la vie. Sindenelle était le nom de cette antique famille qui, bien que fortuné, n’avait de pouvoir que sur son magnifique vignoble traçant des escaliers au flanc d’une colline ainsi, que la bourgade en contrebas. Au sommet de cette belle colline d’Eataine, bien souvent balayée d’une légère brise rafraîchissante, se trouvait la scène de notre premier acte, de l’acte premier de la vie d’Ameanor, à vrai dire.

La bâtisse était toute d’aiguilles et de courbes, inspirant l’étrange sensation de légèreté dans sa conception, si une telle prouesse était possible pour un bâtiment de pierre. Son toit du même rouge que deviennent les feuilles de vigne s’élevait en une courbe jusqu’au ciel et bien nombreuses étaient les grandes fenêtres de cristal qui laissaient passer le soleil doucereux d’un printemps éternel. Et, dans une chambre qu’une rosace arborant une vigne de rouge et de verre baignait de la lumière du soleil levant, le nouveau-né était enveloppé de draps blanc et chaud puis donné à la dame Merhynna, bien vite rejoint par son mari, le sire Thanrion. Somptueux départ qu’était onc cette tragédie, dans une idylle coupée d’un monde dangereux, de peur et de corruption !

Et somptueuses furent les premières douces années de la vie d’Ameanor. De ce temps, celui-ci n’aurait que des souvenirs confus de couleur et d’odeur. De vert et de rouge. Du raisin juteux, du vieux bois composant les tonneaux dans lesquels vinifiait lentement un breuvage qu’il apprendrait à apprécier pour sa complexité et sa profondeur. Pourtant, ces impressions de la petite enfance, ces impressions surréalistes, convergeaient toujours vers un point fixe, vers une autre personne. Une petite fille, du nom de Mirririen. C’était la fille d’une famille de vigneron vivant en contrebas, habituée à jouer et rire aux éclats dans les vignes. Une petite fille aux cheveux d’argent et aux yeux bleu, au regard taquin et au nez légèrement en trompette. Une petite fille qui deviendrait bien vite inséparable du jeune noble dont nous voulons entendre l’histoire.

Il fallait dire que la chose était remarquable à bien des égards. De par la différence de rang, d’abord. Bon hôte de l’Aether, vous ne serez pas sans oublier que la race des Asurs est intimement politique. Ces êtres élancés adorent plus que tout l’art de se tirer dans les pattes, pour ainsi dire, dans le but de s’attirer faveurs et soutient des plus riche. Et, en tant que patriarche ou matriarche d’une famille en soif de position en plus de la richesse de ses terres, voir votre fils unique fricoter avec des rangs inférieurs n’est pas forcément des plus réjouissants. Mais la chose était aussi remarquable de par le caractère d’Ameanor. Ce petit bout d’elfe ne s’était pas vraiment montré loquace, et dans les quelques occasions où, malgré son jeune âge, sa famille l’avait amené dans des soirées mondaines, il s’était montré franchement timide, évitant le contacte des autres enfants comme des adultes, et préférant fouiller la demeure l’invitant pour se réfugier dans les livres qu’il pouvait dénicher -avec, il fallait aussi l’avouer, un talent certain-.

D’aucuns diraient que la particularité de ce jeunot était la source dette tendance si solitaire. Et ils auraient, au moins partiellement, raison. Car, même avant son adolescence, il était clair que la sensibilité à la magie d’Ameanor était surdéveloppée. Que les vents d’Hysh se montrent un peu plus puisant, et l’enfant devenait lumineux et plein d’énergie. Que Chamon s’agite, et il passait des heures à disséquer le moindre bijou, la moindre babiole qui passait à sa portée. Lorsque Ghyran tombait drue sur le sol, et l’enfant couraient dans les vergers et les prairie, suivant des fleuves invisibles aux autres. Lorsqu’Azir prenait le dessus, on le trouvait la nuit, à observer le ciel, prit dans les courants du vent comme du temps. Ulgu le rendait secret et fuyant là où les courant rampant de Shyish l’enfouissaient sous une cape de tristesse inconsolable. Qu’Aqshy brûle, et la colère du jeune elfe éclatait avec une violence insoupçonnée, et que Ghur prenne le dessus, et l’on le retrouvait dans une clairière, dormant avec les chevaux et repoussant sauvagement ceux qui y voyaient une inconvenance. Non, ces variations d’humeur dues à la grande sensibilité d’un enfant encore en train d’apprendre la modération ne l’aidaient clairement pas à se rapprocher des autres, et avait plutôt tendance à attirer remarques acerbes et quolibets.

Pourtant, Mirririen n’était pas les autres. C’était une jeune fille de deux ans la cadette d’Ameanor (autant dire, exactement le même âge d’un point de vue elfique), pleine de vie, ouverte et joyeuse. Les sauts d’humeur de celui qui devrait devenir son seigneur ne l’effrayaient en rien. À vrai dire, elle répétera toujours à qui veut l’entendre que c’est ce qui lui avait plus, en revenant la nuit de sa première rencontre avec lui.

C’était un soir de printemps, alors que Ghur rugissait dans les ténèbres. Le manoir était particulièrement agité puisqu’il était impossible de retrouver le petit Ameanor, alors âgé de sept ans. Réveillée par ce raffut, Mirririen avait commencé à suivre de manière plutôt interloquée les vas et viens paniqués des adultes. Finalement, elle se retrouva par errer plus ou moins au hasard pour tomber sur une clairière dans un bois épars. Plus ou mains était le bon terme, car s’il y avait bien une chose que l’Aethyr n’avait cure, c’était le rang social de celui à qui elle donnait sa sensibilité. Tout naturellement, elle avait suivi les courant jusqu’au nœud le plus proche, formé dans la concentration des chevaux dans cette clairière. En entrant, elle ne put s’empêcher de passer sa main sur les gracieux coursiers elfiques. Alors, elle vit son jeune seigneur, allongé contre une de ces splendides créatures qui, elle-même, était au sol. Quand elle posa une main, tout doucement, sur l’épaule de l’enfant, celui-ci sursauta, regardant farouchement la nouvelle venue.

- Va-t’en ! Je vais bien et je veux juste rester ici, dit-il alors sèchement.
- Monseigneur, ils vous cherchent partout, dans le manoir…
- Je m’en fiche, répondit-il avec un soupire. Je voudrais juste rester un peu ici. Je le sens…
- Comme un vent qui vous pousse vers les chevaux ? Coupa Mirririen.
- Comment le sais-tu ? Répondit, interloqué Ameanor.
- Moi aussi, je le sens comme de me dire de venir ici.
- Viens, touche là ! Dit alors Ameanor avec enthousiasme en attrapant la main de la jeune elfe. Elle a mis à bas il n’y a pas longtemps. Elle est fatiguée. La chaleur la réconforte, je crois. Alors, il posa la petite main sur le ventre de la jument, et la petite elfe s’assit. Tu peux m’appeler Ameanor, si tu veux, termina le jeune sire.

Ainsi se déroula la nuit, les deux enfants parlant de tout et de rien jusqu’à tomber d’épuisement. Au petit matin, ils revinrent vers le manoir main dans la main, au grand damne des Sindenelle. Si la punition fut sévère malgré la joie d’avoir retrouvé l’enfant, Ameanor dira toujours que l’amie qu’il avait gagnée alors en valait amplement la peine. Et, après ce jour, il fut impossible de séparer les deux enfants. Même lorsque fut venu le temps des séparations familiales, le jeune noble refusa de laisser Mirririen.

Car, séparation, il devait y avoir. Il fut de plus en plus évident que la sensibilité d’Ameanor aux vents de magie était exacerbée. Il était plus qu’évident que le meilleur endroit pour son éducation serait la tour blanche, et non les cours et réceptions fastueuses de la noblesse elfique. Et il fallait bien l’admettre, aussi douce la vie pouvait-elle être dans le manoir des Sindenelle, elle ne pouvait combler la soif de savoir grandissante du jeune Ameanor allant alors sur ses vingt ans. Et puisque Mirririen partageait ce trait, l’on ne pouvait vraiment refuser qu’elle ne suive son ami d’alors. Ainsi, ce fut à deux qu’ils rejoignirent les murs labyrinthiques protégeant la tour blanche de Hoeth, et ce fut main dans la main qu’ils trouvèrent l’entrée de la forteresse de savoir, car la connaissance comme la curiosité était ce qui les animaient. 
Là, ils virent alors les magnificences que jamais un manoir de province ne pourrait égaler. L’immense tour, se perdant dans le ciel comme une aiguille infinie, une montagne infinie de savoir et de secret. Là, ils furent accueillis par leurs nouveaux maîtres et leurs nouveaux camarades. Là, commencera certainement les histoires et ragots un peu plus exubérants, chers hôtes fantasmagoriques. Vous pourrez entendre les uns dire que les professeurs étaient sans voix face à l’intelligence et l’agilité de l’esprit d’Ameanor, tandis que d’autre diront que c’était un élève tout bonnement exécrable et que nombreux étaient ceux qui auraient voulu que le coté travailleur de Mirririen déteigne sur cet enfant de malheur. Les deux auront probablement un peu raison, les uns poussant un peu trop l’admiration face à la curiosité passionnée et rêveuse du noble, les autres dénigrant ce solitaire aux airs nostalgiques qui ne semblait donner des efforts que lorsque ça l’arrangeait. Beaucoup, cependant, s’accordaient, tant avec admiration qu’avec rancœur, à dire que la relation entre les deux jeunes d’Eataine ne faisait que se développer plus.

Je vois bien, mes bons sires éthérés, que les ragots sur la théorie des enchantements de Caridion et d’avec quelle facilité Ameanor l’avait maîtrisé ne vous intéresse guère. Attardez-vous alors sur ce qui semble un peu plus croustillant. Car, à bien y regarder, il y a bien, de-ci, de là, quelques exemples. Le premier siècle des Asurs est, après tout, empli de changement et d'évolutions, tant physiques que mentales. Et Ameanor avait bien changé. Oh non, il était toujours réservé et solitaire, ne s'étant guère fait plus d’amis que sa Mirririen, mais il avait appris à maîtriser ses sentiments exacerbés par les vents de magie. Les années s’étaient transformées en décennies, et le travail n’avait pas manqué. Les pulsions violentes des flux et reflux de l’Aethyr étaient maintenant canalisées dans une soif de savoir sans borne, s’étirant sur tous les sujets, allant de l’astronomie à l’étude de la flore, des sois équestres à la géographie. Pourtant, un domaine en particulier attira l’amour de l’initié : l’histoire. Le temps avait passé, et le temps passé avait fait son retour. L’étude des textes anciens, des parchemins oubliés, des pierres perdus au long de la route attiraient Ameanor comme les fruits moisis ne manquaient de faire venir les mouches. Jamais il ne put se défaire de l’incessante pensée que le monde ne pouvait se comprendre sans que son passé ne soit révélé, sans que les grandeurs des temps ancien comme leur chute ne soit étudié. Et se plonger dans un monde oublié, de spectre et de souvenir, calmait tant le cœur que l’esprit du jeune Asur.

Quant à Mirririen, me direz-vous ? Cette jeune elfe parait si intimement liée à cette histoire qu’il serait délétère de taire son évolution. Elle, il faut dire que les bruissements de couloir que vous entendrez seront des plus élogieux. Étudiante travailleuse. Élève joyeuse et pleine de vie. Nul ne fut étonné de la voir réussir, avec son compagnon de toujours, ses premiers tests, récoltant plus de raisin qu’il n’en fallait pour abreuver une classe entière en vin en quelques minutes d’un sortilège précis, tandis qu’Ameanor rendait vie aux pousses desséchées qui avaient eu la mauvaise idée de dépérir au soleil. Elle était amicale, elle aimait chanter, danser, et, par-dessus tout, la musique. Chose peu commune -mais, je crois que vous êtes maintenant habitué au peu commun-, son dévolu à la doucereuse musique d’une viole de gambe, dont son archet parvint vite à donner une mélodie gracieuse en se frottant aux cordes en crin de cheval.

Et, de ce temps de changements, dans ce premier siècle, aussi changea la relation entre ces deux êtres si poches l’un de l’autre. Des âmes rêveuses en racontent encore les rumeurs qui, mises bout à bout vous feront entendre l’histoire complète. C’était un soir de festivité, un soir de joie et de paix pour tous. Mirririen, alors âgée d’une soixantaine d’années, tournait, virevoltait de main en main. Elle dansait, aussi agile que son chant était doux. Ameanor, lui, était resté en retrait, dans l’ombre. Il sirotait un verre de vin en regardant la belle aux cheveux d’argent et aux pieds agiles. Il aurait dû être heureux de la voir tant s’amuser, il aurait dû apprécier qu’elle prenne du beau temps.

Mais ça lui était impossible.

Dans sa poitrine, son cœur brûlait. Il souffrait silencieusement. Qu’était-ce donc que ce sentiment ? Que cette douleur aussi vive et destructrice ? Jamais n’avait-il ressenti tant de peine, pas même quand le poids de mille morts pesait sur ses épaules alors que Shyish se déchaînait. Il en avait presque envie de vomir. Pourtant, au fond de lui, il savait la réponse. Car il ne voulait pas être un parmi les autres, il voulait être l’un. Mais qui était-il pour briser le bonheur de cet instant ? Qui était-il face à tous ces autres jeunes elfes, tout aussi intelligents que lui, mais bien plus amusants ? Ainsi resta-t-il à boire son vin pendant ce qui lui semblait une éternité. Du moins, jusqu’à ce que, essoufflée, Mirririen vint le rejoindre.

- Viens danser ! S’exclama-t-elle enjouée.
- Tu sais bien que ce n’est pas vraiment moi… Il y a trop de monde, je ne ferais que gâcher.

Mirririen fit une moue contrariée en s’arrêtant quelques instants pour reprendre son souffle. Alors, son visage s’illumina et elle attrapa la main d’Ameanor.

- Si tu ne viens pas là-bas, alors viens avec moi, j’ai un endroit à te montrer !

Sur ces mots, elle tira le bras de l’adolescent sans même le laisser répondre. Lui n’eut qu’à peine le temps de déposer son verre de vin sur une table avant de reprendre ses esprits. Sa main glissa de celle de Mirririen, qui s’élançait de plus en plus vite avec de grandes exclamations de « Viens ! » et de « Par ici !». Bientôt, la musique se fit distante et la nuit ne fut troublée plus que par les rires cristallins de la jeune femme enchanteresse. Finalement, les deux compères arrivèrent au sommet d’une colline verdoyante. Au loin, un bâtiment se terminant sur un grand dôme de verre scintillait des millions d’étoiles dans le ciel, telle une projection du ciel étoilé. 

- C’est magnifique, susurra Ameanor.
- Ça aurait été encore mieux avec le coucher du soleil, j’en suis certaine. Ici, il n’y a personne, continua Mirririen après une courte pause pour reprendre son souffle. Elle tendit alors sa douce main devant elle. M’accorderez-vous cette danse, mon seigneur ?
- Je ne peux refuser, répondit alors Ameanor, les joues empourprées. Son cœur battait. Le feu vif s’était transformé en brasier. Il ne savait plus s’il avait mal ou s’il était heureux. Il ne savait plus rien de ce qu’il voulait, à vrai dire.

Et il ne savait plus même comment danser. Il ne fallut pas plus qu’une poignée de secondes pour qu’il fit un faux pas, marchant sur le pied de Mirririen. Alors, celle-là s’écroula sur le sol à l’herbe verte en tirant son partenaire dans sa chute, dans un mouvement ostensiblement exagéré. Ils roulèrent au sol à grands éclats de rire et s’arrêtèrent seulement pour mieux se regarder. Alors, leurs visages s’approchèrent. Leurs nez se touchèrent. Ils restèrent ainsi de longues secondes, nez contre nez, yeux dans les yeux. Le cœur d’Ameanor battait la chamade. Il avait la sensation qu’il allait exploser. Alors, il susurra tout doucement un « Mirririen », qui ne fut interrompu que par le contact de leurs lèvres. Les jeunes elfes s’embrassèrent ce qui leur parut une éternité. Leurs mains se joignirent. Leurs âmes se joignirent. Leurs cœurs, cet instant, battirent à l’unisson. Ils n’étaient plus deux, mais un.

Ainsi se mélangèrent jour et nuit, dirent certains, car ils étaient comme le jour et la nuit. L’un, plongé dans les épais volumes oubliés de tous, ou observant et décortiquant les traces sur des roches polies par le temps, là où l’autre dansait et jouait, faisait raisonner de son instrument dans les airs joyeux de l’été sans fin. Mais cet amour qui s’était développé était puissant. Il était né sur le terreau fertile d’une enfance commun, il avait pris racine au plus profond de ces deux êtres. Aussi, lorsque vint l’âge adulte, peu après leur premier siècle, nul, en Saphery, ne fut étonné d’apprendre qu’un mariage aurait lieu entre ces deux elfes. Et, pour la première fois en près de quatre-vingts années, Ameanor rentrerait dans son vieux manoir d’Eataine, son domaine familial.

Oh, bien sûr, jamais Ameanor n’avait coupé les ponts avec sa famille, même s’il y eut quelques périodes de froid. Souvent, il avait échangé des lettres et, quelques fois, il les avait rencontrés alors qu’ils passaient en Saphery. C’était plutôt que ce manoir ne l’attirait pas assez pour le déplacement. Il savait ses choix de vie peu appréciés -notamment ses choix relationnels- et il n’était pas vraiment compliqué de son étude assidue et permanente de la magie lui prenait tout son temps -ce qui n’était, par ailleurs, pas vraiment un mensonge-. La magie est un sujet complexe, et se plonger dans la haute magie n’est pas chose simple. Il faut d’abord apprendre et comprendre le fonctionnement de chacun des vents de magie pour ne serait-ce qu’espérer approcher de Qhaysh. Même après un siècle, l’elfe ne faisait que tâtonner.

Mais, mes gracieux amis fantasmés, là n’est pas vraiment le sujet du moment. Car, après bien des années, Merhynna et Thanrion Sindenelle s’étaient faits à l’idée que ce mariage arriverait. Autant l’organiser en grande pompe, pensèrent-il, et ce fut ainsi que les deux âmes qui n’en faisaient plus qu’une se joignirent, cette fois, officiellement. Dans une fête où le vin se mélangeait à la douce musique, où les pas de danse raisonnaient aux chants joyeux.  

Cette soirée serait aussi mémorable. Elle était profondément imprimée dans la mémoire d’Ameanor. À commencer par la somptueuse robe blanche et dorée que portait Mirririen, mettant en valeur ses douces formes. Des arabesques d’or sur fond blanc partaient du bas de la robe et se déployaient en des feuilles de vigne, puis montaient jusqu’à son torse pour éclore en de magnifiques petites grappes de fleurs de vigne. Sa robe montait en corset jusqu’au haut de sa poitrine et se terminait par deux pans de tissus posés sur ses épaules et maintenus de deux broches d’or. Ses manches ne lui descendaient pas plus loin que les coudes, mais de longue mitaine lui remontaient aux coudes. Ameanor n’oublierait pas non plus cet instant où ils s’échangèrent un anneau chacun, d’or blanc, l’un orné d’un rubis pour Mirririen et l’autre, d’un saphir pour Ameanor. Non plus qu’il n’oublierait cette danse, corps contre corps, lente et si douce… Le contact des vêtements de celle qui était désormais sa femme avec les seins. Les regards qui se croisent, faisant oublier tout l’environnement autour d’eux. Les lèvres qui se joignent. L bonheur dans son cœur. Et, plus tard, cette course effrénée vers la clairière de leur enfance, qu’ils n’avaient pas retrouvée depuis un siècle. La fête se terminait, l’aube approchait, et, comme de simples enfants, les deux elfes se roulaient au sol, non loin des chevaux. Pris d’une passion soudaine, autant que des effluves du vin si délicieux qui les avait abreuvés, leur corps se joignirent ici, en une célébration de la vie et de l’amour.

Voilà qui aurait pu mettre un point final à notre mignonnette histoire, chers visiteurs Aethyriques. Mais notre bon Ameanor ne serait pas ce spectre dont vous vous rappelez encore, dans ce cas, n’est-ce pas ? Pour le moment, abrégeons peut-être les petites histoires racontées dans les couloirs, les mille et une anecdote qui se déroulèrent au fil des décennies et qui contribuèrent à forger ce couple elfique. Ni l’un, ni l’autre n’avait renoncé à apprendre la magie. Et, main dans la main, ils s’étaient élancés dans Qhaysh de bon cœur. Lentement, avec précaution, ils approchaient cette complexe discipline l’un avec l’autre. Toujours avec l’autre âme pour les rassurer, ils apprenaient à attraper chaque vent comme l’on attrape un fil de couleur différente pour lentement donner forme à une magnifique tapisserie. Tous deux joignaient alors leurs œuvres pour tracer dans les airs ce qu’ils jugèrent de beau.

N’allons pas trop vite néanmoins, car Qhaysh est farouche et ne se laisse pas maîtriser si simplement. Aussi, même si un centenaire s’écoula paisiblement, Ameanor comme Mirririen n’en restèrent pas moins que des initiés. Il fallait dire, aussi, que s’ils aimaient pratiquer la magie, cet art se disputaient avec d’autres passions dans leur emploi du temps. Pour commencer, leur passion amoureuse et leur désir de foyer. Aidés de la noble famille d’Eataine, ils firent bâtir, à quelques kilomètres de la haute tour de Hoeth, une jolie demeure dont le jardin s’épanouie dans un acte de création en commun. C’était une charmante demeure circulaire, dont la grande salle centrale était une bibliothèque et avait un grand dôme de verre, comme celui devant lequel leur amour s’était déclaré. Autour, les pièces à vivre étaient disposées en cercle concentrique sur un unique étage. Protégé par des lignes de cyprès et des haies, un magnifique jardin se révélait aux visiteurs. 

Ce jardin était l’œuvre du couple Sindenelle. Il brillait de nombreuses couleurs, les fleurs bleues enlaçant les buissons de rose rouge flamboyant, les lilas se partageant avec les jonquilles, l’argent se déplaçant dans les mers d’or. Des lignes minces s’élargissaient avec des courbes fluides pour exploser tel un feu d’artifice de trois ou quatre couleurs. Et l’odeur délicate des fleurs venait ravir les narines de tout visiteur. Ici, dans cette retraite, Ameanor et Mirririen fuyaient lorsque l’envie de se partager seul les prenait. Là, ils développaient leur vieille passion, histoire et musique, abandonnant les études exigeantes de la magie. Il y avait fort à parier que ni l’un, ni l’autre ne serait encore initié si ces distractions n’avaient pas existées.

C’est ici, dans cet état d’idéal qui célébrait ses deux siècles et dix-sept années, que naquit la graine du mal, mes bons amis de l’imaginaire. Car rien, même dans le continent paradisiaque d’Ulthuan, ne semblait pouvoir durer dans ce monde en proie au chaos. Et comme toujours chez les Asurs, tout commença par une passion.

- Mais c’est beaucoup trop dangereux ! Déclara Mirririen, les sourcils froncés.
- Ce sera très rapide ! Je te le promets, on ira et se retirera, on ne passera pas plus d’une nuit sur place, répondit Ameanor en caressant la main de Mirririen pour la rassurer.
- Les iles blafardes ! Tu te rends compte de ce que tu dis ?!
- Je sais, mais les textes que j’ai dénichés dans les archives semblent tous indiquer qu’on pourrait trouver là les traces du premier culte du plaisir ! Imagine ce que l’on pourrait y trouver !
-Mais ! Enfin ! Les îles Blafarde sont toujours en proie aux créatures et aux Druchii. Tu n’as jamais reçu plus de formation que l’entraînement de la milice ! C’est bien trop dangereux !
- Ne t’en fais pas, le capitaine de la patrouille avec qui je suis en contact m’a bien indiqué qu’il ne restera pas plus d’une nuit, en terrain sûr. Ils ont fait ça des dizaines de fois, ils ne font que surveiller, ils ne cherchent pas à se battre.
- il suffit d’une fois…
- Au moindre danger, nous rejoindrons le bateau, répondit Ameanor en caressant la joue de Mirririen.
- Tu me l’as déjà dit mille fois, mais je ne suis pas plus rassurée. Si tu penses réellement que le danger est négligeable, alors je viens avec toi !

Ameanor resta quoi face à cette dernière phrase. Pendant de longues secondes, il réfléchit, comme pétrifié par une gorgone soudainement apparue à la porte. Mais sa décision était, en réalité, déjà prise, c’était l’accepter qui était difficile. Oh, très chers visiteurs de l’Aethyr, ne jeter donc pas un œil aux écrits rageur de notre pauvre hère au sujet de ce qu’il déclarerait ensuite, car vous y trouverez une telle haine, une telle indignation face à sa propre stupidité, à sa naïve et inconcevable incompétence que vous en soufreriez vous-même !

- D’accord, finit-il par dire. Viens avec moi, je suis certain que tout se passera bien. Ce ne sera qu’un rapide aller-retour avec une patrouille qui a fait ça des dizaines de fois.

Voilà qui allait briser un quotidien qui, pourtant, fonctionnait parfaitement bien pour notre couple. Briser un monde qui s’était lentement formé autour de ces deux âmes. Pourtant, il semblait bien que l’entreprise ne comportât pas tant de risque, d’autant plus qu’elle était préparée depuis près d’un an déjà. Les recherches d’Ameanor dans les plus vieilles archives regroupées et entreposées dans la tour blanche de Hoeth semblaient pointer un lieu encore à flot où trouver l’un des plus anciens lieux de rassemblement du premier culte du plaisir ayant infecté la douce Ulthuan. C’était l’occasion rêvée d’obtenir des informations, des papiers, des restes indiquant son fonctionnement, comment il s’était subversivement diffusé dans l’île-continent. Une entreprise de rêve pour un esprit dont la curiosité était maladive pour l’histoire des temps anciens. Une entreprise intéressante pour qui voulait trouver des schémas de fonctionnement peut-être encore en vigueur aujourd’hui.

C’était donc en érudit plutôt qu’en mage qu’Ameanor s’était proposé pour cette entreprise. L’endroit ciblé était proche du continent et sujet à de fréquentes patrouilles et il semblait parfaitement sûr étant donné le peu d’action qui y avait été relevé dans le passé. Et si le capitaine en charge desdites patrouilles ne voyait pas forcément d’un bon œil ce civile prenant part à cette opération, il finit par céder à ses demandes, en y imposant une limite de temps plus que nécessaire. De toute façon, due-t-il se dire, cet elfe devait bien avoir suivi un entraînement de la milice, comme tout Asur dans son premier siècle, et devait savoir un minimum se défendre. Chose bien théorique pour notre pauvre Sindenelle qui n’avait jamais connu la fureur d’un vrai combat. Il n’empêche que sa famille, aux abois comme sa dulcinée face à cette entreprise, conjura l’elfe de prendre avec lui l’ancienne épée d’or marin que son père avait utilisé dans son service personnel dans les heaumes d’argent, ainsi qu’un coursier rapide et fidèles pour le porter loin des menaces envahissant ce monde.

Ainsi, le brave -téméraire, dirait beaucoup- Ameanor avait-il repris un minimum d’entraînement tant à la monte de son nouveau Senrai, coursier au pelage gris, rapide et intelligent, qu’au maniement des armes. Ni exécrable, ni excellent, il s’en tint bien à ses premiers enseignements finalement. Et ce fut alors équipé de son épée, avec son cheval et son épouse qu’il monta à bord du gracieux vaisseau qui devait l’amener à sa destination qu’il apprendrait à haïr. Sur lui, un nécessaire de calligraphie contenant plumes, outils de taille et diverses encres côtoyaient un livre de notes personnelles partiellement rempli dans une gibecière neuve. Son âme-sœur, elle voyageait avec sa viole de gambe qu’elle utilisait pour remonter le moral des miliciens qui en avaient bien besoin.

Oh, amis éthérés, de ce qui suit, vous n’entendre que des rumeurs sans fondement. Car, au final, seul Ameanor sait ce qu’il s’est vraiment passé. Plongeons donc dans ses terribles écrits, ces feuilles volantes qui s’amoncellent sur sa maigre table alors qu’il essaie désespérément de fuir sa peine en couchant par écrit ses maux. Voyez ce feuillet-ci, l’un des premiers qu’il eut écrits.

Des histoires. Je n’avais entendu que des histoires sur ces terres désolées et maltraitées. Je n’y avais vu que des descriptions. Et je peux le dire maintenant, nulle histoire ne peut rendre compte des balafres de ces terres, de ce que la Déchirure fut pour cette place maudite par leurs occupants. La vie y était rongée, la végétation, mourante. Quel désastre voyions-nous, alors que notre beau navire arrivait à la vue de ce nouveau monde désolé ! Pourquoi, oh pourquoi n’ai-je pu, à cet instant, comprendre que mon entreprise n’était que pure vanité ? Que seule ma fierté me destinait à risquer ce qui était la moitié de mon être ?
Mais non, ma propre stupidité sans limite me fit poser le pied sur ce sol maudit, et tendre la main pour recevoir celle de ma douce dulcinée. Dans un acte d’inconscience primaire, je suivais le groupe de milicien, aux aguets du moindre son, du moindre mouvement parmi les roches et les arbres mourant. Et pendant des heures, nous marchâmes en direction du village détruit depuis longtemps que j’avais ciblé sur une carte. Et pendant toute la journée, je ne pouvais faire autre chose que de rassurer Mirririen, lui faisant remarquer que nul danger n’apparaissait à l’horizon. Et je fus moi-même un peu rasséréné lorsque nous montâmes enfin un camp pour la nuit. Nous étions arrivés sur l’île en début d’après-midi et nous avions à peine atteint les ruines millénaires d’un village aussi dévasté que son environnement. Demain, me disais-je, je pourrais fouiller les maisons, les caves, observer à travers les roches et les âges pour nourrir ma soif inextinguible de connaissance. Puis, nous partirons, avec mes notes et tout documents que je pourrais trouver, pour rejoindre le navire et quitter à jamais ce monde détruit.

Et quel réconfort ne trouvais-je pas dans la chaleur du corps doux de Mirririen alors que nous nous serrions l’un contre l’autre, dans notre tente ! De sa peau aussi douce qu’une fleur éclot du matin, de son odeur enivrante de lilas ! Qu’aurais-je donc fait, seul, dans le noir de ces terres maudites ? C’était dans ses bras voluptueux que je pus trouver le sommeil. Ce fut…

Ici, s’arrête ledit feuillet, chers visiteurs. Les larmes coulant sur le papier ont effacé ce que les mains tremblantes essayaient d’écrire. Il vous faudra trouver une nouvelle feuille, dans ce fatras, couverte d’une écriture pour ainsi dire, abrupte, pour comprendre la suite de cette histoire.

Une corne. Des cris. Des appels. Je me lève. La panique dans mon cœur. Mon sang ne circule plus. Mon esprit est désemparé. La peur. La terrible peur dans son regard. Cette horrible lueur que, jamais, ô grand jamais, je n’avais vue. J’attrape mon arme. Réflexe. J’ouvre la tente. Feu, drame et horreur. Le sang, partout, le sang et la mort. Des cris, de la haine et de la peur. Le monde s’écroulait. Mon monde s’écroulait. J’attrape Mirririen par la main. On doit partir, on doit s’en aller. Je dois la protéger. Tout est de ma faute. Tout. Je suis désolé, je suis tellement, tellement, tellement désolé… Pourquoi ? Pourquoi ai-je été si stupide ? Mais ils sont partout. Dans toutes les directions, il n’y a que du sang et de la terreur. La mort… L’odeur… Indescriptible. Une main attrape ma tunique. Une lance fuse et s’enfonce dans un corps mou et l’étreinte se relâche. Pourquoi ? Pourquoi la main de Mirririen me tire en arrière ? Et vint le cri. Ce terrible cri. Mon nom, hurlé d’une voix que je ne connais que trop. Le milicien me tire de l’autre côté, me suppliant de le suivre avec les quelques autres qui formait un semblant d’ordre. Je tends la main, je crie à mon tour, je ne veux pas, je ne serais pas séparé d’elle !
Puis, vint la douleur.

Ma cuisse. Une douleur vive. Un carreau y était enfoncé. Un autre dans la gorge du milicien. Mais, toujours, mon nom, crié, s’éloignant désespérément. Je suis tellement désolé… Pourquoi ? Pourquoi suis-je celui qui fut attrapé par les autres, et traîné manu militari en direction du navire ? Pourquoi, ô grand Asuryan, pourquoi suis-je là et pas elle ? Je mérite d’être ce cri dans le noir qui s’éloigne. Je devrais être ce terrible cri, pas elle. Pas elle. Pas Mirririen. Pourquoi ? 

Ce dernier mot perce la feuille. Rien de ce que vous trouverez d’autres sur cette feuille, invisibles visiteurs, ne fera le moindre sens. Ce n’est plus qu’une bouillie de larme, d’encre et de sang. Et je vous en supplie, ne vous plongez pas dans le cœur mourant de ce pauvre Ameanor, car vous n’y trouverez que peine et désespoir. La nuit est tombée dans cet être en ce terrible jour. Car, si de deux âmes, son couple n’en fit plus qu’une, d’une seule âme, il n’en resta qu’une moitié. Une main de glace s’est emparée du cœur douloureux de ce pauvre hère et serrait, chaque seconde, plus fort, encore plus fort. Respirer est, pour lui, un supplice de chaque instant, car il ne peut même savoir si elle respire encore.

De là, reprenez alors les rumeurs, car celles-ci sont indéniablement vraies. L’on envoya le pauvre initié sur son fidèle coursier Senrai. Et, rapide comme le vent, il porta son maître dont l’état empirait chaque seconde jusqu’à la tour blanche. Les premiers soins n’étaient pas suffisants, car le poison du carreau d’arbalète voulait détruire cette coquille vide, ce corps sans âme qui ne souhaitait plus que disparaître, n’avoir jamais existé pour que jamais elle ne disparaisse. Et ce corps mourant fut accueilli par les maîtres du savoir, dont la science et la bonté furent amplement suffisant pour le sauver. Mais rien, ni personne, ne pouvais sauver son âme.

Ainsi, l’Asur fit place au vide. Ainsi naquit la terrible créature d’ombres et de peine que vous trouvez dans cette petite chambre toujours plongée dans la pénombre. Ainsi, la vie fit place au spectre de grâce et de regret.

Mais, mes bons voyageurs de l’Aethyr, restez donc un peu. Car il se pourrait que cette tragédie ne connaisse pas sa fin. Après près d’un mois de questionnement, de douloureuses rémissions, d’abandon et de souffrance, voyez ce que ses mains tracent sur le papier. Voyez ce qui apparaît entre les larmes séchées et les lamentations désespérées.

Tu ne peux pas être morte. Tu ne peux pas m’avoir abandonné. Tu ne dois pas. Et je te retrouverais. 
 
 
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<html><img align="left" src="https://warforum-jdr.com/images/imgfiches/barre4.jpg" style="padding-right:10px;" /></html>  <html><p style="text-align: center; font-family: verdana,geneva;  font-size: large; font-weight: bold; color: #6a94bd; text-decoration: underline;"></html>Compétences :<html></p></html>
		
• **Acuité visuelle (B)** : Votre personnage est doué d'une vision exceptionnelle. Il peut ajouter un bonus de +1 pour voir des choses à une distance largement supérieure à la normale ou, au contraire, des choses infiniment petites (Selon le libre jugement du MJ). Cela n'affecte pas la compétence «vision nocturne» (S'il ne possède pas cette dernière, il ne pourra pas profiter de son acuité visuelle dans l'obscurité, par contre, cela modifiera ce qu'il est possible de voir avec une source de lumière, etc.)
		
• **Acuité auditive (B)** : Votre personnage a développé une ouïe bien au-dessus de la normale. Il peut ajouter un bonus de +1 à tous ses test d'écoute.
		
• **Sens de la magie (E)** : Votre personnage est capable de ressentir certaines altérations faites aux vents de magie dans son environnement immédiat : sans précision aucune, il sait que quelque chose ou quelqu'un concentre ou manie de la magie dans un périmètre proche. Ce “sixième sens” se manifeste de différentes manières selon le type de magie et la race du personnage ; certains la sentent -littéralement-, d'autres la perçoivent dans leur esprit, l'associent à un frisson bizarre ou ont l'intime conviction de sa présence, d'autres encore voient leur comportement s'altérer, en lien avec le vent sollicité. C'est au MJ de décider de la manière dont cette présence magique se révèle au personnage. Pour posséder cette compétence, le PJ doit avoir eu dans son passé des éléments solides qui lui permettent de faire le lien entre ses intuitions et l'usage de la magie proprement dit ; faute de quoi, malgré son ultra-sensibilité, il ne prêtera aucune attention à ce “sixième sens” magique et à ses manifestations. De plus, votre personnage peut dorénavant gagner des “Xpm” selon les différentes méthodes de gain d’expérience magique décrites dans la section Magie des règles.
		
• **Incantation - haute magie (E)** : Votre personnage sait utiliser et plier la magie selon sa forme particulière relative au domaine choisit.
		
• **Conscience de la magie (E)** : Votre personnage est doté d'un sens plus aiguisé de la magie. Non seulement il prend conscience de sa présence, mais il est capable de déterminer sa nature et son origine avec plus de certitude. Au toucher, il détermine avec exactitude si un objet est magique ou non ou si un individu est doté de pouvoirs magiques ou non. Enfin, si il se concentre et réussit un test d'intelligence, il voit littéralement les différents courant de magie et leur nature. Cette dernière action nécessite une concentration totale: se battre, courir ou réaliser toute action annule immédiatement l'effet. En revanche, le personnage peut se déplacer doucement.
		
• **Alphabétisation (E)** : Votre personnage est capable de lire et d'écrire les langages utilisant l'alphabet du vieux monde (Bretonnien, Tiléen, Estalien, etc.,) si bien entendu il comprend ce langage (pour cela, il devra posséder la compétence «langue étrangère» pour ce langage. A l'inverse, s'il ne possède que la compétence «langue étrangère» il le comprendra, le parlera mais ne sera ni capable de le lire ni de l'écrire). Dans le RP, pour des raisons purement pratiques on considère que l'occidental est le langage partagé par toutes les races, mais dans certaines situations, le MJ pourra tenir compte de ces différences de langage.
		
• **Histoire (E)** : Votre personnage détient une connaissance considérable de l'histoire locale et une bonne idée de l'histoire en général. Sur un test réussi de connaissance, votre personnage connait l'histoire et les circonstances d’événements passés (Ce qui constitue un événement important est laissé à l'appréciation du MJ et la marge de la réussite du test détermine l'étendue ou la précision des connaissances sur un événement particulier. Les histoires très anciennes ou appartenant à d'autres races que celle de votre personnage peuvent être connues mais avec beaucoup moins de détails.)
 
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<html><img src="https://warforum-jdr.com/images/imgfiches/barre3.jpg" /></html>
<html><p style="font-family: verdana,geneva;  font-size: large; font-weight: bold; color: #6a94bd; text-decoration: underline;"></html>Inventaires et biens du personnage:<html></p></html>


|  **Bourse:**  |  3 Couronnes d'or  |

<html><br></html>

|< 50em >|
^  Inventaire                          ^^^^
|  <html><img src="https://warforum-jdr.com/images/imgfiches/icongeneriqueobjfiche.jpg" /></html>  |  **Lame en Or marin**    |  14+1D8 dégâts, 14 parade  |  Autres  |
|  <html><img src="https://warforum-jdr.com/images/imgfiches/icongeneriqueobjfiche.jpg" /></html>  |  **Coursier elfique (Senrai)**  |||
|  <html><img src="https://warforum-jdr.com/images/imgfiches/icongeneriqueobjfiche.jpg" /></html>  |  **Anneau d'or blanc serti d'un petit saphir**  |||
|  <html><img src="https://warforum-jdr.com/images/imgfiches/icongeneriqueobjfiche.jpg" /></html>  |  **Gibecière**  |||
|  <html><img src="https://warforum-jdr.com/images/imgfiches/icongeneriqueobjfiche.jpg" /></html>  |  **Livre, relié et partiellement remplis**  |||
|  <html><img src="https://warforum-jdr.com/images/imgfiches/icongeneriqueobjfiche.jpg" /></html>  |  **Accessoires de calligraphie**  |||
|  <html><img src="https://warforum-jdr.com/images/imgfiches/icongeneriqueobjfiche.jpg" /></html>  |  **Petite viole**  |||
<html><br></html>

|< 50em >|
^  Grimoire                          ^^
|  **Transparence**    |  Portée : Contact Durée : 5+2d10 minutes Effet : Le mage peut faire devenir invisible un objet pendant la durée du sort. L’objet ciblé ne peut occuper un volume supérieur à 1 mètre cube. Durant ce délai, il est totalement invisible, mais n’a pas disparu : Il reste possible de le toucher, de le déplacer, de trébucher dessus…  |
|  **Prestige de Saphery**    |  Portée : 5 mètres Durée : 5+1d10 minutes Effet : Les personnages affectés par ce sort se croient perdus dans un royaume de brumes et d'ombres et sont incapables de se rappeler où ils sont et ce qu'ils sont censés faire, ils se défendront néanmoins si ils sont attaqués. Le personnage oublie ce qu'il fait là et ne retrouve la mémoire qu'après un nombre de minutes égal à la durée du sort à moins de résister au sort en réussissant un test d’Int.  |
|  **Absorption de Magie**    |  Portée : Un cercle de MAGx2 mètres centré sur le lanceur. Durée : 3 tours Effet : Le mage peut annuler les effets d'un sortilège lancé dans un rayon de MAG mètres autour de lui, à condition de remporter un test de MAG opposé avec le lanceur du sort, même si une dissipation a déjà été tentée. Durant les trois prochains tours, tout sort lancé dans ce rayon d’action sera soumis à cette condition.  |
|  **Aide surnaturelle**    |  Portée : 24 mètres Durée : 2d6 tours Effet : Le mage utilise sa puissance mystique pour aider un allié. La cible bénéficie d’un bonus de +1D3 dans une caractéristique au choix du sorcier pour la durée du sort (NA et MAG exclues). Il ne peut toutefois pas bénéficier d’une seconde « Aide Surnaturelle » tant que la première est encore active. Le mage ne peut être ciblé par son propre sort. Ce sort peut être lancé en une version supérieure ou majeure. (Les règles s’appliquent donc). La version supérieure permet de cibler 1D3 cibles à portée, qui gagnent un bonus de 1D3+1 points. La version majeure permet de cibler 1D3+1 cibles à portée, qui gagnent un bonus de 1D3+2 points dans deux caractéristiques au choix du sorcier. Chaque point de Maîtrise de l’Aethyr permet d’augmenter la durée du sort de 1d3 tours.  |
 
<html></center></html>
 
<html><br></html>
===== Parcours =====
 
===Quêtes accomplies===
 
Nom + lien + récompenses obtenues
 
=== Classes acquises ===
 
=== Carrière et classe en cours d'apprentissage===
 
**Carrière :** Voie de l'étude de la magie
<html><br></html>
**Classe actuelle :** Etudiant
 
=== Dévotion religieuse ===

^  Dieu      ^  Points de dévotions disponibles           ^  Points de dévotions dépensés         ^
|  **Asuryan**    |  10  |  0  |
|  **Hoeth**    |  10  |  0  |
 
 
==== Autres ====
 

Ameanor Sindenelle, Voie de l'étude de la magie
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Re: Un spectre de grâce et de regret

Message par [MJ] Le Naufrageur »

Et bien commençons uniquement par les points techniques de ta fiche très fournie.

Les caractéristiques :
C’est bon. 1 point en INT, 3 en Magie, le reste est aussi okay.

Les compétences :
Tout est bon, sauf Conscience de la Magie. Comme tu peux le voir sur le wiki, cette compétence coûte 25 xp et 3 XpM pour l’obtenir. Hors, quand on commence, sauf héritage d’expérience d’un précédent personnage, on a 0 d’XP.

Il faut donc modifier ça, prendre une autre compétence. Peut-être l'équitation avec la compétence Monte ? Vu que tu as un cheval, ça me parait logique et adapté.

Les points de dévotions :
C’est bon.

Les sorts :
Ça fait bel et bien 15 XpM.

L’équipement :
Rien à redire, c’est bon.

Très bien, il suffit juste de changer une compétence et tu es bon pour là partie technique.


Entamons la description physique de ton personnage :
L’idée de faire une description narrative, pourquoi pas. Mais ici, tu en fais trop. Non seulement elle est narrative, mais en plus, “”méta””.
On comprend bien les différents éléments, il n’y a pas de soucis, mais ils sont étouffés par la proportion de narration, alors que, c’est une description. Je vais illustrer le propos en chiffres. Ta description fait 628 mots, la narration de ta description fait 152 mots. C’est presque un quart. Personnellement je n’aime pas ça mais ici c’est… trop. Ton écriture est belle et utilise un vocabulaire intéressant, alors pourquoi broder autour ? M’enfin, soit. On comprend bien que c’est un haut-elfe, en tout cas, aucun doute.

Attention aux petites fautes d'orthographe aussi. Il y en a très peu. Voix et pas voie au dernier paragraphe, par exemple. Passer un coup de crible de vérification des fautes et ce sera bon.
Le dernier paragraphe contient beaucoup d’éléments qui ont leur place dans la description psychologique, et non pas physique, attention à ça aussi.


La description psychologique de ton personnage :
Même remarque que la description physique. Mêmes qualités, mêmes “”problèmes””. Sauf pour l’orthographe, ici c’est très propre.

Vraiment, je maintiens la pensée, ton écriture est déjà très belle et développée, alors pourquoi l'alourdir de brodes et de décorations dont personnellement, je ne vois pas l’intérêt.

Quand tu nous demandes “”Sentez-vous la douce quiétude qui envahit notre bon Ameanor alors qu’il se plonge dans les textes anciens, dans les archives oubliées traitants d’un monde dépassé depuis longtemps ? Sentez-vous ses rêveries de ce que pouvaient ressentir ses ancêtres avant que les démons n’aient décidé d’envahir le monde ? Des premiers elfes posant le pied sur les autres continents, des premières pierres posées pour édifier les glorieuses citées d’Ulthuan ? “”
Bah non, non on ne sent rien, dis nous ce qu’il ressent. On va pas deviner la chose pour lui quand même :mrgreen:

Ici aussi il y a encore du travail. La partie sur ton historique, je la ferai plus tard. Mais très bientôt.


PS : C'est déjà un très bon début, il y a des corrections à faire mais c'est bien, il ne faut pas croire le contraire.
PS 2 : Ne modifie pas le code vert stp, ça rend la chose plus compliquée pour le brave archiviste après. :D

Ajouté 40 minutes 26 secondes après :
Bon, attaquons l’historique.

Déjà, (utilise un programme en scred) 6318 mots !!!! Bon dieu c’est une belle brique. Ah ça il faut le dire, c'est lourd.

Comme pour la partie physique et psychologique, je vais regarder ça.

4em paragraphe ne sert presque à rien.

Alors, la sur sensibilité à la magie c’est jamais une bonne nouvelle. Si les vents de magie s'agitent au point de décider ce qu’il fait… ça c’est pas être sensible, c’est avoir le cerveau que tu ne contrôles pas/plus. La magie, dans warhammer, c’est une conséquences des horreurs cosmiques. Même pour les elfes magiciens, ça implique une horreur réelle. C’est pas anodin à ce point, non.

Si un enfant elfique devient presque un chat sauvage à cause d’un vent, je pense qu’on appelle d’abord un exorciste. Vraiment.

Et je ne comprends pas en quoi tu es censé devenir son seigneur à cette Mirririen ?
Que je suive bien. Tu dis que ta famille, la famille Sindenelle, n’a de pouvoir que sur vignoble. D’accord.
Tu dis ensuite que ton personnage est noble, mais… ça ne fait pas de sens ? Un noble qui n’a de pouvoir que sur un vignoble, c’est un marchand, c’est tout. Une famille ancienne n’est pas égale à la noblesse. Un titre de noblesse, oui, mais être propriétaire terrien, non. Ça cloche.

Ensuite, bien entendu, l’amie d’enfance qui a aussi des dons à la magie. Bon, à ce stade, c’est gros, très gros. La suite l’est encore plus. La sensibilité à la magie ne fait pas de toi un ami de la nature. Surtout que les chevaux elfiques sont des créatures fières, pas forcément gentilles. Mais soit. Surtout une jument qui vient de mettre à bas, c’est pas le moment de la déranger. Déranger un animal de plusieurs centaines de kilos, ça va mal finir. Surtout qu’ils sont très rarement seuls, donc là c’est la totale.

Le dialogue est étrange au possible.

Ensuite, le passage vers la Tour blanche de Hœth.
Ce n’est pas juste une école de magie pour haut-elfe. C’est un endroit où seuls les plus exceptionnels magiciens (et maîtres d’épées), autorisés par les maîtres du savoir, peuvent s’y rendre.
Alors, le forum fonctionne un peu différemment que le lore de warhammer sur la Haute magie. Ici, c’est un domaine accessible même si tu ne maîtrises pas les 8 autres vents de magie. Soit, je considère ce point.
L’amie d’enfance qui elle aussi est envoyée apprendre la haute magie, encore une fois, c’est très gros.

Tu gargarises vraiment ton personnage, il est exceptionnel dans presque tout à ce stade. Cela reste un personnage de jeu de rôle forum, avec 0xp, rang 1. Au bout d’un moment il faut le dire, trop gros c’est trop gros.

Et encore une fois, tu brodes inutilement l’historique. C’est beaucoup trop. Je te conseille très fortement de ne pas.

“”Chose peu commune -mais, je crois que vous êtes maintenant habitué au peu commun “”
A force oui. Dans un océan de diamants, un charbon à de la valeur. Sauf qu’ici, il n’y a que des diamants. Donc bon.

Je vais m’arrêter là.

Je ne peux pas valider la fiche car il y a juste beaucoup trop de problèmes. Ton personnage, ton historique, tes descriptions de manière générale et les éléments narratifs…. C’est trop. Oui, c’est le mot. Tu en fais trop, et ça en devient imbuvable.

Il va falloir modifier ça, rendre ça plus simple, lisser la chose, oui. Car là, ce n’est pas une fiche que je peux valider.

Je peux paraître acide dans ma critique, cruel même, mais voilà. Ça ne va pas. Je pense que tu as de très bonnes idées, des envies très claires sur le trajet que tu veux voir être pris par ton personnage. Faut changer beaucoup de choses, et je les ai listé avant.

Bon courage en tout cas, personnellement je pense que c'est très clairement faisable sans pour autant détourner les objectifs principaux que tu as. :mrgreen:
Pour les fous qui désirent me rendre visite aux récifs.

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Ameanor
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Re: Un spectre de grâce et de regret

Message par Ameanor »

Ah, mince, je pensais avoir le temps d'écrire ce message avant. Je voulais justement te dire de laisser tomber l'historique si tu étais déjà gêné par les descriptions : j'étais en train d'écrire des versions 0 fioriture. J'aime bien tenter des choses, tant dans mes fiches que dans mes textes, alors j'imagine bien que ça ne plaît pas à tout le monde. Mais là, je note que ça porte à confusion et ne véhicule pas le message que je voulais faire passer, et ça, c'est un problème de fond.

Je ne suis pas insatisfait du résultat, personnellement, même s'il me laisse un goût d'inachevé. Mais, clairement, ça ne fonctionne pas dans ce forum et n'est pas exécuté suffisamment bien, alors ne t'embête pas à aller plus loin.
Ameanor Sindenelle, Voie de l'étude de la magie
Profil: For 8 | End 7 | Hab 9 | Cha 9 | Int 9 | Ini 9 | Att 9 | Par 9 | Tir 9 | Mag 10 | NA 1 | PV 50/50
Lien Fiche personnage: à demander au MJ

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