[Dark Heresy] Le tranchant des ténèbres

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Valindra
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Re: [Dark Heresy] Le tranchant des ténèbres

Message par Valindra »

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Magdela Sephone, Soeur de Bataille
J’ai accueilli les sermons des fidèles avec du cœur et une attention vive, quoique je fusse décontenancée par un tel résumé de la situation, qui tenait presque du sacrilège à mes yeux, puisqu’il me semblait malvenu tout de même de ternir la notoriété d’un homme du Dieu-Empereur sur l’un de ses navires, en présence d’un monument sacré qui plus est. Il ne m’a pas échappé non plus ce détail pour le moins original et intrigant de la part de Martha, qui m’offrit un double des clés pour pénétrer les appartements du diacre sans même connaître mon nom. Comment s’était-elle procurée ce jeu ? Etait-ce dû à sa liaison avec ce dernier, ou exerçait-elle une profession qui lui administrait cette permission ?
Surtout, le fait qu’elle me les tende aussi vite m’est apparu comme un signal d’alarme. J’ai trouvé cela louche, un peu trop facile. Sans doute les fidèles ont-ils compris la nature de ma relation avec Sa Majesté, eu égard à mon accoutrement et à mes manières, à mes mots aussi, mais de là à m’accorder leur confiance l’itinéraire me semblait long, il y avait à ce sujet un espace d’interrogations assez larges qui persistaient à me tourmenter. M’avaient-ils tendu ces clés en espérant que je lui fasse du mal ? Que je le traîne en coupable et que je l’humilie devant tous ?

Si telles étaient leurs idées, ils devaient se douter qu’ils étaient mal tombés. Avant tout, je cherche à comprendre l’origine de cette forfaiture. Le Père Gregorius doit avoir une histoire, un quelque chose qui l’a écarté des chemins de la foi, et charge à moi de l’y ramener. J’ai pris les clés et je suis partie.

Chemin faisant, j’ai entendu le son réverbéré par les murs depuis les micro-vox et appelant à la soumission envers le Dieu-Empereur, Père de Tout. Le message a rappelé ce que l’on risque face à l’insubordination : la mort, sans autre forme de procès. Une vague impression s’est emparée de moi. Je me suis demandé si je n’étais appelée par Monseigneur pour délivrer cette mort à un prêtre insurgé contre son propre devoir, et s’il ne tenait pas de mon rôle de m’assurer que tous ses archontes soient de la même veine, et dévoués à son culte. J’ai continué ma progression. Dans un coin de la tête, j’ai encore l’image des servitors déréglés que l’on a dû abattre.

« Navré, ma bonne dame, mais cet ascenseur est réservé aux occupants. »

Au moment même où j’entre dans la tour scintillante depuis laquelle flottent les oripeaux de l’aigle bicéphale, un homme barre le chemin qui me sépare des portes battantes de l’ascenseur. Son style est négligé, un vieux t-shirt noir et trop large, un pantalon d’ouvrier, un menton mal rasé. Il porte un bouc et son regard traduit une inflexion naturelle vers la méfiance, un je ne sais quoi de strict. Je me demande encore s’il s’agit d’un habitant du résibloc ou d’un gardien quelconque qui m’a vu arriver, mais dans tous les cas il fait barrage. J’ai sous la cape de quoi le refroidir en un instant, mais Nox n’est pas de sortie aujourd’hui : à la violence, je préfère les mots.

« Je visite le Père Gregorius, mon bon sieur. Voici ses clés, pour preuve. Allez-y, vous pouvez vérifier.
- Vous permettez ? »

L’homme s’est saisi du trousseau que j’ai tendu. Il a vérifié les chiffres. Je l’ai regardé faire : la procédure a duré très peu de temps, mais il a contrôlé chaque clé du trousseau. Puis il m’a retendu le jeu en maintenant, de la pince des doigts, une seule clé du trousseau.

« Très bien, vous pouvez y aller. Celle de l’appartement, c’est celle-ci. Vous en avez pour longtemps ?
- Non, merci. Que la Grâce du Dieu Eternel soit avec vous, sieur. »

Il a incliné la tête pour faire signe que le message était bien reçu, et puis j’ai progressé. Après avoir pianoté sur l’écran de contrôle, j’ai atteint le troisième étage puis j’ai toqué à l’appartement.

J’ai attendu. Rien.

J’ai retoqué. Rien.

J’ai retoqué plus fort, et puis j’ai parlé.

« Père Gregorius, ouvrez s’il vous plaît. Ici Magdela Sephone, je viens pour la chapelle. »

Pas de réponse.

« Père Gregorius. Père Gregorius, au nom de dieu, ouvrez cette porte ! »

Toujours rien. J’ai senti un courant froid passer. Le Warp resserre son emprise sur le vaisseau, et je me garde de ce qu’il est capable d’inventer pour nous plonger en enfer. Les servitors. J’ai repensé aux servitors. Et si c’était le Warp qui déréglait tout cela ?

J’ai rentré la clé dans la serrure, et j’ai déverrouillé la clinche. Je ne sais pas pourquoi, mais par un instinct naturel de défense, ma main a glissé vers mon lasfusil. Le métal de Nox a brillé sous la lumière blanche, ma main resserrée sur la poignée-pistolet. J’ai poussé.

En un instant la situation s’est envenimée. Le religieux a expédié une canette en direction de ma tête, et je n’ai réussi à l’éviter que grâce à un pas de côté réflexe en jaunissant mes doigts sur la poignée de mon arme et en remontant la crosse vers le creux de l’épaule. Un florilège d’insultes s’est ensuivi.

Le langage fleuri de cet homme ne convenait pas à un homme du Dieu-Empereur, ni cela, ni le caractère immédiatement injurieux de son propos. Un putain d’homme de foi, tatoué jusqu’au cou, vulgaire comme un voyou des bas-quartiers, assimilant mon crâne à la forme d’un œuf, jetant sa canette, alcoolique… plaît-il ? Le pire homme de dieu que je n’eusse jamais vu de ma vie. Une crapule.

Ô Seigneur, toi qui es mon guide. Pourquoi l’avoir gardé lui, à tes côtés, et m’avoir exclue, moi, du cercle de tes fervents serviteurs ? Que cherches-tu à m’apprendre, ô toi qui vois, ô toi qui écoute ?

Je reste sourde à la sentence. Cet olibrius n’a aucune crédibilité, et puis excommuniée, je le suis déjà de toute manière. Néanmoins, cette annonce réveille de vieilles cicatrices encore mal refermées. Des veines saillissent de mon front. Il a réussi. Il a réussi à me mettre en colère, mais je tempère. Il faut savoir rester sage, m’ont appris les Mères. Il faut savoir pardonner.

Mais qui m’a pardonné, moi ?

L’ombre s’est installée dans l’appartement. La lumière a faibli, et l’obscurité a plongé le vaisseau dans un monde incertain. L’angoisse est montée d’un cran. Sûrement que tout le monde a levé la tête : on lève toujours le menton vers la lumière, quand la peur s’installe.

La lumière est revenue. Les yeux du Père Gregorius sont braqués sur moi. Il parait soudain aussi tétanisé que… heureux ? Je sonde ces iris, mais j’échoue à décortiquer l’émotion qui habite ce regard penché sur ma cuisse. Alors, je décide de regarder moi aussi.

C’est ici que mon cauchemar débute. Je vois d’abord les petits doigts qui gigotent à l’extrémité d’une paire de bras. Je reconnais tout de suite le réflexe et la maladresse d’un bébé : ces mains qui s’ouvrent et se ferment, qui cherchent à s’accrocher au vide, elles me rappellent celles de Nox.

Puis je tombe des nues : c’est lui.

Il parait que des enfants peuvent naître de la cuisse de Dieu, mais je ne m’attendais pas à ce que cet enfer prenne vie sur moi. J’ai regardé cette créature : elle avait les traits de Nox, elle lui ressemblait trait pour trait, mais comme il était hideux, déformé, sanglant et puis…

… et puis il pleurait. Il pleurait. Il pleurait.

Mon esprit a éclaté comme une plaque de verre. Quelque chose en moi s’est brisé. C’eut été Rex, j’aurais qualifié ce moment de disjonction. L’anomalie ébranle tout mon être et mes certitudes, et j’ignore pourquoi, mais soudain je sens que je glisse vers un gouffre de folie.
J’attrape un tesson de bouteille, et puis je commence à me mutiler. J’efface l’anomalie : je remplis ma cuisse de sang, et Nox hurle pendant que je le poignarde. Mes yeux sont remplis de sanglots, et je gueule, je gueule ce que je peux, je crie à l’aide pendant que l’autre cinglé m’observe comme si c’était un miracle de Dieu.

« AAAAAAAAAAAH !!! CRÈVE CRÈVE CRÈVE !!!! PUTAIN, CRÈVE !!! DISPARAIS !!! DISPARAIS !!! »

Je sais que ce n’est pas Nox. Mon bébé est mort. Ce qu’il y a sur ma cuisse, c’est un démon, un cauchemar, la mémoire qui me hante. On utilise mes blessures pour me détruire, et c’est bêtement ce que j’exécute. Je gueule encore. Je hurle à pleins poumons. Je veux réveiller le résibloc. Je veux qu’on vienne m’aider. Des spasmes agitent ma jambe. Mes membres tremblent. Et cette chose qui vole le visage de mon fils est toujours là, agitant ses bras vers moi comme si j’allais le prendre à bras. Il pleure. Il pleure comme Nox pouvait pleurer. Je délire.

Je délire, et je sombre. Mon corps s’écroule. Ma jambe me torture, alors je rampe. J’ai poignardé plusieurs fois, mais ça ne l’a pas tué. J’ai l’impression qu’il veut grimper vers mon visage, vers ma gorge. Je rampe. Tel un pinceau je laisse une trainée d’hémoglobine derrière moi, j’halète et je sanglote, je gémis en me traînant. Quelle est cette torture ? Quel est ce châtiment ?

Je regarde vers le Père Gregorius, et en sanglots j’implore. J’implore qu’il me sauve de ce tourment. J’ai lâché mon fusil. Je ne sais plus quoi faire.

« Mon Père… j-je vous en conju-ure, ai.. aidez-moi… je vous en su-supplie… aaaaaaah…. Aaaaaaaah… »

Je bascule sur le dos, je ferme les yeux et mes mains se joignent. Mes lèvres bougent tandis que je prie.

« Oh mon Dieu, délivre-nous du Mal… »
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États Temporaires
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• Acuité visuelle (B)
• Acuité auditive (B)
• Arme de prédilection - Lance (B)
• Monte (A)
• Diplomatie (B)
• Chant (B)

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Helveticus Matix
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Re: [Dark Heresy] Le tranchant des ténèbres

Message par Helveticus Matix »

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Une nuisance... je viens de m'arracher le vox pour hurler la furie du Dieu Machine, et ai obtenu pour seule réaction une grimace irritée de son éminence. Je ne suis qu'une nuisance, un bruit désagréable, comme un petit pet de vapeur inattendu à l'ouverture d'une valve. Est-ce donc là toute l'étendue de ma foi? De mon utilité? Je préfère quantifier la grandeur de ceux qui partagent pièce avec moi plutôt que de diviser la mienne. En ce cas, leur proximité m'élève.

Mais d'ailleurs, ont-ils seulement compris ce que je tentais de faire?! Omnimessie, mes paroles binaires n'étaient pas tendres, mais elles faisaient partie d'une formule apprise et sacrée. Elles n'étaient pas une insulte! Juste un moyen de ralentir l'instant et le désastreux déroulement des évènements!
Je préfère me tirailler sur ce sujet plutôt que de prendre pleinement conscience de ce qui se passe devant moi.

Alors que mon vox grésille encore de sa saturation, je vois la scie s'approcher du doigt de KV-8. Ce n'est pas possible, Aselm va arrêter son confrère. Ziegler va reprendre les choses en mains. KV-8 va sortir de sa transe.
Du haut de ma formidable impuissance, j'observe le métal découper la chair, j'entends l'os être rongé et je sens le liquide rouge me gicler au visage. Cela n'a pas pu arriver, je refuse de l'admettre! Et pourtant... n'ai-je pas fait la même chose, des décennies de cela, pour obtenir mon bras véritable?
Sonné, je tourne la tête vers le Magos en espérant y trouver réconfort. Ce qui s'affiche à moi me glace le sang. Le globe oculaire de Tellen est aussi noir qu'une tache d'encre.

L'Antimatrice a-t-elle plongé ses griffes dans l'esprit de son éminence?! Non. Je ne pense pas. Peut-être est-ce l'une des caractéristiques de son œil - certainement pas si humain que ça - qui se dilaterait pour capter différentes données? Visuelles ou même sonores? Pas la moindre idée, les Genetors sont des êtres loufoques dans leurs créations. Un nez pouvait très bien cacher un dard mortel ou des tendons catapulte dissimulés dans des oreilles...

Sabotage, pirates, je n'ai même pas le temps d'archiver les informations qu'une alarme se déclenche. Quel étrange effet ce genre de sons a sur notre organisme. Il éveille nos sens, et rythme nos mouvements, alors que n'importe quel autre bruit de cette fréquence nous irriterait les tympans. Si elle doit nous prévenir d'un danger, elle nous rassure aussi d'en avoir conscience, ne garder vigilance pour ne pas nous laisser surprendre. Cette sensation est-elle propre aux adeptes du Mechanicus, vivant la majorité de leur vie avec des alarmes dans le crâne? Ou s'étendait-elle aussi aux membres tout entier de l'Impérium?

Quoi qu'il en soit, son effet sur mon esprit est immédiat. Je me redresse, je sens mon flux de pensées binaires et neuronales se réorganiser. À une échelle autrement élevée, le Technaugure Jerod subit les mêmes effets. Son visage en totale panique quelques instants plus tôt s'est métamorphosé de manière peu naturelle, ce qui me fait suspecter quelques implants artificiels pour réguler ses expressions et ses émotions.
J'ai un instant de tension lorsqu'il ouvre la porte, m'attendant presque à découvrir derrière un amas de chair affamé prêt à nous dévorer. L'électro-prêtre de passage, à présent sous la poigne d'Aselm, nous diagnostique la situation.

Mon respirateur siffle de détresse. Le Saint Générateur, l'une des machines les plus sacrées, les plus divines de ce vaisseau, avait été sabotée. Son travail est probablement le plus éreintant d'entre tous, tant la complexité de sa tâche est grande. Qu'on trouble ainsi son œuvre est une offense abominable, inquantifiable!
Je m'apprête à m'agenouiller pour scander une prière de pardon à son Esprit de la Machine, mais l'approche de Son Éminence m'interrompt. Je retiens mon respirateur, intimidé d'avoir été choisi pour partager sa cogitation. La remarque est brillante, digne d'un système de réflexion parfaite. Que puis-je répondre à cela? Mes cogitateurs tournent à plein régime, proposent moult réponses que je balaie furieusement. Elles sont inadaptées, futiles. C'est le moment pour moi de briller auprès de mon supérieur et je ne peux que lui offrir de la vase puante. Les Genetors aiment-ils la vase? Ça grouille d'organismes après tout...

La voix métallique de KV-8 me fait sursauter. Le Technaugure paraît aussi serein que s'il venait de compléter un banal rituel d'entretien. Il m'a sauvé la mise, mais a aussi volé mon moment de gloire. Rien ne prouve que mes cogitateurs ne seraient pas arrivés à pareils diagnostics après une demi seconde d'activité supplémentaire. Rien!
De nouveau, les évènements se déroulent sans que je puisse y participer. Tout va trop vite et cette satanée alarme, censée me réguler, finit par faire dérailler l'ordre de mes pensées. Je réalise un peu en retard que nous allons quitter l'atelier pour aller sécuriser les transformateurs. J'ai envie de me proposer pour rester ici et surveiller les servitors - ne sait-on jamais? - mais le Magos me considère comme une extension de sa personne et offre son renfort. J'en suis honoré...

Aselm saisit quelque chose puis passe devant moi avant de quitter la pièce. J'identifie rapidement l'objet et ne peux en détacher mes yeux. Une hache omniscienne! Sa proximité m'a permis de ressentir la terrible charge de pouvoir qu'elle recèle.
Mon regard se perd un instant sur les restes d'Echo et je me force à le diriger sur son frère, inactif, mais toujours entier. Pas le temps de pleurer le premier, mais suffisamment pour sauver le deuxième. Je ramasse donc Strepitus et émets un ordre de réactivation. Le procédé prendra un moment, aussi je l'attache à ma hanche en attendant.
Juste avant de gagner le couloir à mon tour, je me permets une remarque hésitante.


< Ne devrions-nous pas verrouiller la pièce? L'ennemi pourrait être tenté d'effacer ses traces._ >


Dans le couloir, je m'efforce de garder le rythme. Le tintement de ma canne est étouffé par le vacarme environnant. Je titube, me collant contre la paroi du passage trop petit pour l'empressement qui l'agite. Maître Ziegler est juste devant moi. J'accélère un peu la cadence pour pouvoir lui parler.

< Votre Éminence._
Cette unité souhaite absoudre de ses pêchés : // Destruction volontaire de : / Relique du Culte Mechanicus._
Cette unité a aussi provoqué : // Ravage Binaire / en votre présence. Cette unité a utilisé / formule classique destinée aux ennemis du Dieu-Machine /. Elle... elle n'était destinée qu'exclusivement au mal qui rongeait ¦ Aîné Technaugure KV-8 ¦. Jamais cette unité ne..._ >


Interruption. Interruption. INTERRUPTION! Mon vox parle tout seul, avant que mes paroles ne soient correctement étudiées, validées et organisées. Qu'est-ce qui me prend de déranger ainsi un Magos? Dans une situation par¢ille? Je dois abSoudre de ms péchês. nOus_nous dir!geons vers l´adver$aire_ Cete unit£ do!t ¤bsourde d¤ s¢$ b&¤¬¬_

Je rouvre les yeux et manque de m'écraser au sol. Ma canne trouve le bon appui et je parviens à garder mon équilibre. La lumière est atrocement forte et la migraine me ravage le crâne. Les symptômes sont clairs : mes cogitateurs sont en suractivité. Un peu plus de ce régime et mes synapses vont griller sous la chaleur des implants céphaliques. Leur qualité est correcte, sans être optimale ; ils manquent de sécurités préventives. Bref, je peux vraiment me lobotomiser si je réfléchis trop.

Je réduis grandement mes activités théoriques pour me baser sur le concret, sur l'instant. Un couloir, un objectif : le poste de transformateur.
Une fois devant l'ascenseur, je marque un temps d'arrêt. Impossible de m'y enfermer sans toucher les autres. L'alarme retentit toujours, comme le cri des transformateurs en détresse, appelant à l'aide. Je me tasse autant que possible et m'enfonce dans la chair et le tissu avec dégoût, cherchant avidement à atteindre un coin de la pièce pour m'écrabouiller contre le métal.
Mon respirateur émet des sifflements saccadés, mais je tiens bon. Il le faut. Sa Volonté m'appelle.

L'avertissement de l'Esprit de la Machine m'intime de faire une remarque. Je la retiens. Cela me dérange presque autant que le contact de la chair, mais je considère que la faute ne revient qu'à mes supérieurs. Un ascenseur, un objectif. On capte les ordres et on suit.
Et mes supérieurs avaient tort, car la machine nous châtie immédiatement. Aselm est trop occupé sur sa tablette de données et propose à Maître Ziegler de s'en charger. Gêné, ce dernier se tourne vers moi.

Je suis abasourdi. Déjà, que le technaugure ne considère pas l'irritation de l'ascenseur comme digne de sa pleine attention. Ensuite qu'un Magos ne soit pas capable de l'apaiser. Les Genetors sont décidément une branche très à part de notre Ordre. Le grade aveugle-t-il à ce point de la compassion pour les Enfants du Dieu-Machine?
Un servitor est sur mon chemin. Je l'écarte comme un meuble, en utilisant mon bras prothèse. Un peu de chair entre en contact avec la mienne, et je frémis sans m'arrêter. Une fois le panneau exposé, je fais mon office en récitant le rite d'apaisement de la Machine.


< Reste calme, esprit, je ne fais que mon devoir._
Pardonne mon intrusion et accorde-moi ta confiance._
Permets-moi d’apaiser ta charge et de t’apporter la sérénité._ >


L'Esprit est furieux, mais je sens sa colère diminuer. Il ne souhaitait qu'une chose, qu'on le respecte. Nous n'étions pas les premiers à bafouer ainsi son travail, à le considérer comme acquis. Il a compris l'urgence et a senti que c'était le meilleur moment pour se faire écouter. Quelle horrible chose que de l'avoir poussée à bout de la sorte. Pardon. Pardon. Pardon.

L'ascenseur redémarre.

À notre arrivée, les portes dévoilent... un écran de fumée. Aselm hurle et je réagis immédiatement. Mon respirateur passe sur la réserve et je ferme les yeux. Mon monocle-implant sera ma seule fenêtre pour voir ce qui m'entoure. C'est tant mieux, car les cris et les pleurs me glacent le sang.

Le technaugure signale que les systèmes de ventilation ont été coupés. C'est moi qu'il désigne pour les remettre en ligne. Sans réfléchir, je réponds :


< AFFIRMATIF._ >

En réalité, ma volonté vacille sous la probabilité de ma propre destruction... je suis mort de trouille. J'ai déjà participé à des missions d'exploration dans des épaves abandonnées. Il faut faire preuve de vigilance pour éviter les structures affaiblies, les composés hasardeux, ou même les pièges. Ici, une variable s'ajoute - et non des moindres - l'ennemi est présent. Et on m'ordonne de m'offrir à lui sur un plateau.
L'alarme, le cri de détresse des transformateurs...

J'active mon auspex, fixé sur mon épaule. Les données s'affichent sur une interface mentale qui me permet de garder les yeux clos. Avant tout, je cherche à localiser un terminal ou une interface sur laquelle me brancher pour accéder au système. En parallèle, je scanne les environs pour détecter toute présence ennemie. J'ai identifié et pris en compte les troupes déjà déployées pour les soustraire à mes recherches.

Je m'enfonce dans le brouillard, pistolet en main.

Une fois mon objectif trouvé, je focalise mon auspex sur l'éventuelle présence d'ennemis. Je cherche aussi un moyen de me mettre à couvert tout en accédant à l'interface. Si je détecte quelque chose, j'envoie instantanément l'information aux membres de mon Culte sous canal binaire silencieux pour ne pas dévoiler ma position.
Je sors mon petit encensoir, accroché à une chaîne dorée, et exécute un mouvement de balancier pour bénir l'appareil. Mes ventilateurs dorsaux sont trop bruyants pour les utiliser.
Mon bras droit, lui, se tend à quelques centimètres de l'interface. Des câbles tentaculaires sortent de ma manche pour venir se brancher délicatement sur les ports. Je diffuse directement ma prière de purge dans le système pour terrasser les lignes de codes corrompues par l'ennemi.


< Je viens à toi pour te libérer._
Je viens à toi pour purger ta peine._
Je viens à toi pour aspirer le venin qui t'affecte._
Je viens à toi pour restaurer ton Code Saint._
Que tes chaînes se brisent et que ton Esprit retrouve la voie de la Force Motrice!_ >


Puis, je lance le rite d'activation.

< L'âme du Dieu Machine t’entoure._
Le pouvoir du Dieu Machine t'investit._
La haine du Dieu Machine te conduit._
Le Dieu Machine te dote de vie._
Vis!_ >
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Helveticus Matix, Voie du Technoprêtre
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Reinhard Faul
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Re: [Dark Heresy] Le tranchant des ténèbres

Message par Reinhard Faul »

Nous suivons toujours les aventures de Luvarn, Interrogateur de l’Ordo Xeno, qui avance avec détermination vers son Destin, et de son fidèle acolyte Enkidu qui subit un peu.

On est tombé sur des gens habillés comme des infirmiers et des blessés dans un sas devant le Librarium. Il y en a un dont la tête me dit quelque chose. Je n’y connais pas grand-chose, mais ils font des trucs médicaux qui me semblent vraisemblable. Traîner autour de gens qui saignent, les poser sur des brancards…

Bon évidemment, Luvarn, on la lui fait pas, il les tient en joue avec ses prévôts et ils leur gueulent dessus. Ceci dit, il ne me donne pas d’ordre. Et l’un des infirmiers me réclame mon aide...

Tu connais déjà la suite des événements, donc tu m’as déjà classé dans les couillons de service, mais mets-toi à ma place un peu : pourquoi me serais-je méfier ? Ils n’étaient pas en train de hurler des insanités à propos d’hallucinations, leurs armes sont rangées, l’Interrogateur ne les a pas tué à vue et y a au moins un des types que je suis sûr d'avoir déjà rencontré… et pour ce qui est de la causalité interne, je suis en train de me vider de mon sang, j’ai eu à peu près deux secondes pour réfléchir et c’est quand même ma spécialité de gérer les gens qui saignent. Tu me files un type tout pratraque, crac je le soigne. Pourquoi j’aurais gardé ça pour moi ?

L’infirmier, initialement, me demandait de m’approcher pour couvrir la plaie avec mes petits doigts tel un vulgaire être humain. J’ai grimacé de douleur par appréhension, puis j’ai enlevé la main de mon ventre pour montrer ma blessure. Honnêtement, si je me penche sur un brancard pour faire des trucs, ce qu’il reste de mes muscles abdominaux ne me laisseront pas me relever. C’est peut-être pas le moment de parler de mes problèmes perso, mais le contenu de mon système digestif est en train de se déverser sur mes organes vitaux. L’infection est déjà en cours, et dans quelques jours je serais mort… si on me laisse l’occasion de rester tranquille quelques jours évidemment. C’est l’option petit veinard ça.

Mais je suis pas si couillon, je préviens que je vais utiliser le warp avant de le faire. Techniquement je ne devrais pas avoir à me justifier, mais dans la réalité comme j’ai déjà expliqué, ma main gauche qui s’allume c’est un détail qui passe vite à la trappe dans la confusion de la vie quotidienne. L’immense majorité des gens traversent toute leur vie sans voir de psyker assermenté. Ça me fait un peu chier d’ailleurs, parce que le tatouage électronique qui valide mon bon conditionnement est – comme toutes les interventions de l’Impérium – incroyablement douloureux et abominable. Des types sont rentrés un matin dans ma cellule, et sans rien m’expliquer on m’a attaché à une table et on m’a massacré l’avant-bras pendant quelques heures. Le problème c’est qu’il faut une technologie qu’on ne peut pas contrefaire, qu’on ne peut pas m’enlever, et qui dure toute la vie du porteur. Visiblement ça implique de me gratter les nerfs de la main un par un avec un cure dent, mais c’est le souvenir que m’ont laissé la plupart des procédures médicales de toute façon alors y a pas de quoi faire une crise de nerf. Mais faut se mettre à ma place aussi, c’est un peu dur d’entendre que t’es un sorcier instable après t’être tapé des trucs pareils.

Bref, je préviens, con que je suis :

« Je vais utiliser un truc de psyker, ça va bien se passer. »

Et donc je fais mon petit cirque habituel, je prends garde de laisser le dos de ma main gauche bien visible afin que tout le monde puisse voir le symbole de la Psykana – un gros œil un peu inquiétant – s’illuminer. Donc je fais de la lumière d’un peu partout ailleurs aussi, mais c’est normal et tout se passe bien.

Sauf que le mec que je dois soigner est mort.

Et l’infirmier me tire dessus. En plein dans le torse, là où je range mes poumons, mon cœur, et d’autres bricoles auxquelles je tiens beaucoup.

La balle a rebondi sur une des plaques en métal de mon uniforme – me demande pas pourquoi parce que je suis trop impliqué pour avoir du recul, mais l’Impérium adore les chapeaux rigolos et les biduliers ornementaux en métal massif. Le Garde moyen peut s’en tirer avec une boucle de ceinture et des épaulières, mais plus t’es un cornichon rare et mystique, plus t’as des machins-choses rigides et lourdes accrochées de partout. Étant moi-même un des sus-mentionné cornichon, j’ai une espèce de parure qui pend de mon cou avec l’œil de la Psykana et tout autre bêtise jugée utile, avec des chaînes et tout (l’ensemble fait à peu près deux kilos), dans une esthétique digne de nos meilleurs fils barbelés. Et la balle a rebondi dessus.

Par contre on m’a pas fait d’annonce sur le fait que j’aurais seulement un énorme bleu, donc de là où je me trouve j’ai vu la gueule noire d’une arme à feu puis j’ai eu l’impression de me prendre le pire coup de poing de ma vie en plein dans l’œsophage. Donc j’ai hurlé et j’ai cherché à me mettre à couvert derrière le bar.
Natus est cacare et abstergere coactus est.
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Lien Fiche personnage: Ici

Stats :
Voie du sorcier de Nurgle (Profil avec empreintes occultes et mutations)
For 9 | End 14 | Hab 10 | Cha 6 | Int 15 | Ini 10 | Att 10 | Par 9 | Tir 9 | Foi 8 | Mag 18 | NA 3 | PV 140/140

Mutations/marques :
Nuages de mouches : -1 ATT/PAR/TIR/INI pour toutes les personnes à moins de 6m
Plaies suppurantes : 1d3 dégâts retranchés à chaque blessure
- Morsure Venimeuse : Poison hallucinogène
- Hideux (Effet : Peur)
- Organe du Chaos (-1 CHA/HAB, +1 END, +5 PV)
Pourriture de Neiglish : Porteur sain
Protection de Papy : 2d4 PdC à chaque critique en incantation
Grimoire :

- Lumière : À appliquer sur un objet ; Fait de la lumière pendant 1h
- Flammèche : Petite étincelle au doigt pendant une minute
- Météo : Connaît la météo prochaine
- Repos : Peu faire se détendre quelqu'un

- Infestation de Nurglings : 24m / 1d4 tours / Projectile magique. Une fois qu'une personne est touchée, elle subit 10+2d10 dégâts magiques par tour / Dès la fin du sortilège ou la mort de l'ensorcelé, des bubons explosent, libérant 2d3 amas de chair, qui sont autant de nurglings
- Fontaine putride : 6m / Instantané / 30+2d10 dégât devant lui + gain de 7 armure temporaire magique / +5 dégât par point de MA
- Gerbe corruptrice : 12m / 10+1d10 dégât dans une zone de 6m, esquivable ; métal rongé après 1d4 tours / -1 esquive par MA

- La multitude fait le tout : Se change en nuée de mouches
- Prodigieuse santé : Contact / Devient ultra bogosse et ultra chad
- Grande invocation de petits amis : Invoque des insectes pour servir d'ingrédients
- Immonde messager : Peut envoyer des messages twitter (Caractères limités)
- Allégresse fétide : Supprime toute douleur mentale ou physique
- Divine urgence : Force la cible à faire un jet d'END. Diarrhée en cas d'échec.
- Paludisme dévorant
- Vent de Nurgle
- Torrent de corruption

- Invocation : Nurglings
- Invocation : Bête de Nurgle
- Invocation : Porte Peste
- Octogramme de conjuration
Compétences :
- Résistance accrue : +1 END aux jets testant la résilience physique (Fatigue, drogue, alcool, torture...)
- Vol à la tire : +1 pour escamoter quelque chose
- Baratin : +1 pour endormir la vigilance de quelqu'un
- Déplacement silencieux : +1 pour fureter quelque part
- Déguisement : +1 pour s'infiltrer en étant déguisé
- Alphabétisation
- Autorité
- Humour
- Empathie
- Coriace

- Sens de la magie : Sur un test, détecte les événements magiques
- Incantation (Domaine de Nurgle)
- Maîtrise de l'Aethyr (Nurgle) : 3
- Contrôle de la magie
- Divination (Oniromancie) : Sur un test au cours de son sommeil, peut découvrir la destinée de certains personnages
- Langue hermétique (Langue Noire) : Parle la langue immonde du Chaos
- Confection de maladies : Peut fabriquer des maladies communes et rares
- Connaissance des démons
Équipement de combat :
- Bâton démoniaque : 2 mains ; 10+1d8 dégâts ; 8 parade ; Assommante & Utilisable seulement par les classes magiques. +1 PAR
- Pistolet à répétition : 46+1d8 dégâts, malus -2 TIR/8 mètres, peut tirer cinq fois à la suite avec un malus de -1 TIR par chaque nouveau canon qui fait feu
- Agaga (Épée à une main) : 18+1d10 dégâts ; 13 parade ; Rapide, Précise, Perforante (2) ; +1 INI
- Cocktail Molotov (x4) : Dans un rayon de 1m, toute personne qui est touchée par la bouteille prend trois états de « Enflammé ». Dans un rayon de 2m, c'est 2 états seulement. Dans un rayon de 3m, un seul état.

- 15 balles et poudres

- Tenue de cultiste de Nurgle : 5 protection ; Tout le corps sauf tête

- Anneau d'Ulgu : Lorsque porté, vous pouvez faire croire à ceux qui vous entourent que vous êtes un humain lambda (sans mutation aucune ni trait particulier) pendant 1 heure. Vous ne pouvez utiliser cette capacité qu’une fois par jour. Vous ne pouvez pas prendre l’apparence d’une personne en particulier.

- Miroir de la Demoiselle d'Acques
- Cor de la harde des Museaux Annelés
Équipement divers :

- Marque de Nurgle
- Caresse de la vipère (poison) : Un sujet blessé par une arme enduite de ce venin doit réussir un jet d'END-4 sous peine de mourir dans END minutes. Chaque minute avant sa mort, le sujet subit 5 points de dégâts non sauvegardables, et un malus cumulable de 2 à ses caractéristiques.


- Couverts en bois
- Sac à dos
- Couronnes dentaires en bois
- Tatouages
- Porte-bonheur

- Sap-biscuit

- Costume de répurgateur + Fleuret (Déguisement)
Divers divers :

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Diederick von Bildhofen
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Re: [Dark Heresy] Le tranchant des ténèbres

Message par Diederick von Bildhofen »

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Oui monseigneur.

Et je m’exécuta. Avisant quelques lits et rideaux, j’entrepris d’user de ceux ci pour me constituer une primitive armure de tissu aux avant bras, au torse et à l’estomac en enroulant ceux ci et les maintenant en place par des nœuds primitifs, déchirant un morceau par là, enroulant un autre par ici et ainsi de suite. Et un gros feutre de coloriage pour dessiner une aquila bien visible au niveau de la poitrine. Faudrait pas que les gugusse de la sécu’ se mettent à m’arroser en me prenant pour un taré.
Et une bande de gaze autour du bobo que je m’étais fait à la main. Faut dire que j’avais arraché la peau à de bons coups de dents.
Oh, et pour faire bonne mesure, j'essayais aussi de voir s'il y avait moyen d'emmener une pochette de morphine avec moi. Des fois que j'aie le luxe de pouvoir planter quelqu'un correctement avec l'aiguiille et presser le sachet pour l'endormir. Ou aider un collègue à supporter des blessures. Après tout, pour ce que j'en savais, le poste de sécurité pouvait avoir été durement frappé. SI un seul des collègues, armé, avait pété un plomb, qu'est ce qui garantissait qu'il ne s'était pas fait sauter à la grenade ?
Puis me dirigeant vers la porte de la baie, j’eus un moment de réflexion : je n’avais strictement aucune idée de où j’étais par rapport à où.

Euh… Monseigneur, fis-je un peu embêté. C’est ma première fois ici. Où est ce que je dois aller pour atteindre le poste de sécurité ? Ou bien l’armurerie ?

Une fois les renseignements obtenus de la part du chaman, je répétais à voie haute deux fois de suite, histoire de m’assurer que je n’allais pas me perdre. Et pour assurer le coup je dessinais même le trajet sur le tissu que j’avais à l’avant bras, histoire d’éviter de me perdre.

Puis quand le temps de partir en route arriva, j’avisais les scalpels de la pauvre Léona, tombés au sol. Ces petits machins faisaient des dégâts dans la chaire mais n’avaient pas exactement la longueur réglementaire de 6 centimètres minimale pour faire du dégât mortel. À moins de viser la gorge ou les yeux ?

J’offrais donc au chaman l’un d’eux tandis que je m’aventurais dans les entrailles de l’hospice avec l’autre, non sans avoir recommandé au saint homme de barricader l’entrée de la baie médicale. Des fois que d’autres membres du personnel soient touchés par un épisode de folie, comme la pauvre infirmière. Il fallait espérer que ce soit une condition temporaire, ou bien qu’un simple exorcisme à l’eau bénite suffise.

Avec discrétion, je m’aventurais dans les couloirs de l’hospice, tendant l’oreille à la recherche de bruit d’origine humaine, tout en gardant l’œil ouvert pour identifier un potentiel danger ou une cache d’où je pourrais me dissimuler ou embusquer un potentiel hostile.
Le savoir c'est le pouvoir. Et savoir quand le garder, le cacher, le partager, cela est la véritable épreuve de ceux le détenant.

Diederick Maria Reichenbach Bruno "Ruichen" von Bildhofen, Voie de l'étude de la connaissance
Profil: For 8 | End 8 | Hab 8 | Cha 10 | Int 10 | Ini 8 | Att 8 | Par | Tir 8 | Mag | NA 1 | PV 60/60

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Re: [Dark Heresy] Le tranchant des ténèbres

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Ingeniarium, secteur B.

Alors que les groupes se séparaient pour se mettre au travail, Mora se retrouva assez vite à trouver un « volontaire » pour l’accompagner. Un simple brigadier, le visage mat camouflé derrière son épais masque à gaz, son nom indiqué à son poitrail par un patch à scratch : AL-ZWHARI. Les deux coururent à travers l’ingeniarium, en passant devant de pures scènes de chaos — des ouvriers étouffant à terre, des jeunes personnes les visages collés aux grilles du sol pour essayer de trouver de l’air un minimum respirable, la faute à ce foutu lacrymogène qui envahissait toute la structure. Certains passaient d’une pièce à l’autre en se couvrant les yeux, risquant de chuter ou de rentrer dans quelqu’un à tout instant. Avant de pouvoir remettre de l’ordre dans le vaisseau, il était absolument vital de se débarrasser de ce gaz.

Mora trouva très facilement grâce à un plan et à son habitude de naviguer dans un navire l’armoire qui contrôlait la ventilation. Étrangement, elle était fermée et cadenassée — un sabotage absolu et volontaire ; il y avait de très bonnes raisons de cadenasser des équipements sensibles, mais une armoire contenant les systèmes de survie n’était pas du tout un à verrouiller, justement pour éviter des cas comme celui-ci. Alors que le technographe en était à se demander s’il allait peut-être devoir sortir le cadenas, le prévôt à ses côtés eut la présence d’esprit d’utiliser sa façon de faire plus militariste. Récupérant de grosses pinces qui traînaient dans un coin près d’une caisse à outils, il ne lui fallut pas longtemps pour faire sauter le cadenas, retirer la chaîne, et ouvrir l’armoire pour que Mora puisse travailer.

Tandis que le cultiste de Mars s’affairait à redémarrer la machine, tant par de saints tapages de boutons que des prières dites avec grande vénération, son collègue brigadier se contentait d’attendre derrière avec le fusil à pompe, le couvrant au cas où les pirates traînaient toujours dans le coin. Sa présence était rassurante, mais malgré tout, Mora sembla patiner un bon moment — ce qui n’aurait pu prendre qu’une minute finit rapidement par en prendre quinze.

C’est là, en plein travail, et alors qu’il était à deux doigts de terminer, que Mora eut la présence d’esprit de consulter son auspex. Le boîtier affichait de multiples contacts tout autour — dans une pièce adjacente, il y avait des points en train de s’allumer, comme des systèmes électromagnétiques qui prenaient vie. Quatre, cinq, six… Les petits points apparaissaient au fur et à mesure, comme si quelqu’un réveillait les machines gardées dans cette réserve.

Le technographe se retourna pour donner un ordre au prévôt : Barricader la pièce. Al-Zwhari parut bien hésitant :

« Heu... C'est peut-être des ouvriers qui se sont réfugiés ? Vous êtes sûr que vous voulez barricader la pièce ? »

Mais l’insistance de Mora fut claire :

« Négatif.
Le mouvement est d’origine électrique. Forte probabilité qu’un ennemi entreprenne de réveiller et d’infecter des servitors. Leur nombre augmente… »


Il n’en fallut pas plus pour convaincre le prévôt, qui sembla être électrisé de peur. Il décida de se rapprocher de la-dite réserve, et tira de sa poche une clé magnétique qui lui permit de séquestrer tout ce qui se trouvait à l’intérieur — un équipement sordide, fort pratique en cas d’émeute sur les vaisseaux.

Deux minutes plus tard, la ventilation redémarrait enfin. On entendit alors le ronronnement rassurant des moteurs en train de tourner, et le souffle d’hélices qui commencèrent à artificialiser l’oxygène de l’atmosphère. Les grandes grilles d’aération avalèrent petit à petit le lacrymogène, et bientôt, l’atmosphère serait respirable même sans masque filtrant…

Le monde des ouvriers reprenait le travail. Il y eut des cris, des ordres aboyés. Très rapidement, une solide contremaîtresse hurlait comme une furie, donna des coups de pieds à un traînard par terre, agitait les bras en rappelant les procédures : alors qu’elle avait les yeux rouges à en pleurer du sang, et qu’elle toussait tous les cinq mots, elle parvint à remotiver les troupes. On évacuait à toute vitesse enfants et vieillards vers l’ascenseur en file indienne ordonnée, tandis que ceux en âge de travailler se devaient de reprendre de performer dès maintenant sur les machines, pour l’Empereur et la libre-marchande.

Enfin les choses allaient rentrer dans l’ordre. Pourtant, Mora n’avait pas le luxe de pousser un soupir d’aise. Il baissa à nouveau son regard sur l’auspex, pour découvrir huit, neuf, dix points lumineux s’agitant à toute vitesse.
Il demanda à al-Zwhari de transmettre. Le brigadier appuya sur la petite radio attachée à son col pour prévenir son chef de prévenir Aselm, et ainsi les deux technoprêtres furent mis en relation. L’argument d’inquiétude de Mora fit sens, parce que le technaugure grogna et dit à Mora de rester sur place et d’attendre, car on dépêchait des hommes.

Alors qu’il allait pouvoir patiemment attendre, c’est après qu’on vit que quelqu’un essayait d’ouvrir la porte de maintenance. La personne derrière tambourinait deux, trois fois, à toute vitesse, essayant de déverrouiller la lourde porte de maintenance. Al-Zwahri s’en approcha, et cogna sur l’ouverture de métal avec la crosse de son fusil, avant de crier pour se faire entendre :

« Prévôt de bord ! Identifiez-vous ! »

En toute réponse, un souffle, puis un crépitement. Et la lueur d’une mèche. Quelqu’un essayait de faire fondre la porte de derrière, en utilisant un découpeur laser ! Braquant son arme contre la porte, le prévôt hurla de nouveau :

« ARRÊTEZ ! NE BOUGEZ PAS, PRÉVÔT DE BORD ! »

Le tremblement dans sa gorge trahissait son jeune âge.

Il y eut une détonation, puis une rafale métallique. La porte fut criblée d’impacts. Le brigadier parvint à s’écarter au tout dernier moment, en un bond et un cri de terreur — quelqu’un, ou quelque chose, avait simplement vidé un chargeur automatique en direction de l’ouverture. Ça s’était joué à rien du tout, mais al-Zwhari put s’écarter sur le côté, collé au mur, respirant à toute vitesse, avant d’appuyer sur son vox pour hurler à ses camarades de l’aider avec un langage professionnel empreint d’anxiété :

« Lumen 4-4 ! Code rouge ! Officier demande renfort officier demande renfort ! »

La mitrailleuse continuait de tirer à toute vitesse : quiconque se tenait devant la porte prenait le risque d’être troué de toutes parts. Et pendant ce temps, le découpeur continuait son œuvre. Sur son auspex, Mora pouvait voir les dix points s’agglutiner à la porte — probablement qu’une foutue escouade de servitors se tenaient derrière, encore qu’il fût très surprenant de voir des servitors de travail posséder une mitrailleuse.

Loué soit l’Omnimessie, l’alerte donnée par avance par Mora porta ses fruits — en même pas une minute redébarquèrent toutes les forces des prévôts : une demi-douzaine de bonshommes en armures pare-éclats et avec de gros fusils à pompe se déployèrent devant le couloir en face de la porte, alors que la mitrailleuse cessait son tir, peut-être parce que le tireur se devait de recharger. Ils se coordonnèrent par des signes de la main incompréhensibles pour le technographe, et prirent position.

Le découpeur laser alla tout en bas de la porte. Alors, l’ouverture grinça, et s’écarta. C’est là que deux prévôts balancèrent à l’intérieur des grenades étourdissantes. Explosions. Puis pluie de balles. Les tympans encore organiques de Mora furent complètement abasourdis par le déluge de détonations dans un endroit clos, à se demander comment tous les prévôts n’étaient pas sourdingues à trente ans — ça lui fit mal à en crisser ses dents.

Les prévôts géraient bien la situation, mais un simple œil sur l’auspex le faisait se rendre compte du problème :
Un des points était entré dans un conduit d’aération, et semblait être en train d’abandonner les autres servitors au massacre par les prévôts. Tandis que le jeune Thulien découvrait ceci, Aselm apparut en face, sa grande hache omnisienne tenue à mi-manche :

« Au rapport, explorator ! »



Baie médicale tertiaire, étage Caminus.


Le pauvre prêtre savait à peine répondre aux questions de Wullis — visiblement, vu ses beaux vêtements et son air hagard, il allait être difficile pour lui de renseigner le pauvre soldat.

Qu’importe ; un militaire de la Garde Impériale apprenait vite à se débrouiller tout seul. C’était toujours comme ça en opex de toute façon, les civils oubliaient bien vite comment la majorité du temps d’un soldat consistait à être complètement perdu et hagard.

Wullis quitta la chambre des patients. Il découvrit alors le reste de la baie médicale ; bizarrement désertée et silencieuse, ce qui n’était pas du tout normal pour un hôpital. On entendait le bip répétitif et régulier de machines, on voyait des blessés endormis attachés à des câblages, assoupis sur des civières. Mais il n’y avait plus de personnel humain encore en train de travailler.
Un servitor médical passa. Avec horreur, Wullis reconnaissait la monstre de chair et de métal qui l’avait agressé à son arrivée ici… Obnubilée par sa tâche, la servitor continuait son chemin en poussant un chariot débordant de pansements et d’instruments médicaux. Nul doute qu’elle avait des patients à aller voir.

L’appréhension au ventre, fatigué, malade et à moitié endormi par le morpheus, perdu dans cette baie médicale abandonnée, Wullis emprunta un nouveau couloir, où enfin, il croisa des âmes humaines : une équipe d’ambulanciers en uniforme se tenaient debout, en train de remplir des sacs d’équipement. Ils furent tout autant étonnés que Wullis de le voir là, sautant sur place en le découvrant.
L’un d’eux, le plus âgé du groupe, un solide bonhomme barbu et portant des décorations sur son uniforme d’équipier médical, l’engueula :

« Retournez vous coucher tout de suite ! Où est l’infirmière ?! »

Il suffit à Wullis d’exposer sobrement la situation pour que les yeux de tous les ambulanciers s’écarquillent de panique, sidérés qu’ils étaient sur place.

« Bordel ! C’est pire que je pensais ! »

Le chef ambulancier s’approcha de Wullis. Visiblement, l’état du garde l’inquiétait : il l’attrapa un peu fermement par la main et l’approcha d’un banc pour l’asseoir, tout en lui expliquant la situation de son côté.

« Visiblement y a eut une… Crise collective sur tout le navire. Plusieurs des médecins et des infirmiers ici se sont mis à délirer, à devenir dangereux, pour eux-mêmes ou pour les autres — on a dû les endormir à coup de sédatifs, mais on vient de recevoir l’ordre de la timonerie qu’il fallait qu’on se prépare à un afflux massif de patients.
Vous semblez en état mental, mais absolument pas en état physique… Est-ce que vous savez soigner ? »


Vite fait, les premiers soins. Le chef-ambulancier tiqua des lèvres, apparemment mal à l’aise.

« Bon, vous me semblez être un gros costaud…
Moi et mes gars on se prépare à aller chercher un tas de gens délirants. Vous pensez pouvoir nous aider à les calmer à coup de clés de bras ?
Pour les aider, hein ! »



Appartement 326, Aile Lilas, résibloc Saphire.


Séphone était au bord du trépas. C’est seulement maintenant qu’elle était écroulée par terre, dans une mare de son propre sang, qu’elle se rendait compte de la folie de ce qu’elle venait de faire. À la place d’un fœtus se trouvait au sol une livre de sa propre chair, un gros morceau du muscle de la cuisse qu’elle s’était mal tailladée. L’adrénaline la faisait pour l’instant simplement délirer comme pas permis, son regard obscurci par des milliers de mouches qui tourbillonnaient devant ses yeux. Mais ensuite, la minute d’après, une atroce douleur lancinante, comme elle n’avait jamais eu mal, même durant la torture que lui avaient infligée ses propres sœurs, s’empara de toute sa jambe, l’électrisant des doigts de pied jusqu’à la hanche.

Les mains tremblantes, moites, blanches, la sœur était paralysée. Le cœur battait jusque dans ses tympans, la bouche avait une odeur âcre, et elle sentait un air si bouillant passer sur son corps qu’elle en était en fait frigorifiée et couverte de chair de poule. Elle goûtait aux réflexes chimico-moléculaires qui accompagnaient l’entrée d’un corps humain à la droite de l’Empereur, béni soit-il.

À travers cette ordalie, le père Gregorius était bizarrement insensible à la détresse d’une ses ouailles. Alors que Séphone s’était déchiquetée une partie d’elle-même, le prêtre avait crié d’horreur, puis rampé sur le tapis à toute vitesse pour s’arrêter devant le morceau de chair qui maculait maintenant sa moquette. Prostré en génuflexion, il se mit à pleurer à chaudes larmes en tapant sur le sol avec ses mains, tout en lançant une litanie de prières en haut-gothique — il voyait toujours à travers ses yeux l’enfant de la jeune femme. Cela ne pouvait pas être une hallucination, pas totalement ; comment expliquer autrement qu’une personne totalement distincte d’elle puisse voir le même mirage que celui de ses propres yeux ?

« Fidelium animae, per misericordiam Dei, requiescant in pace ! Fidelium animae, per misericordiam Dei, requiescant in pace ! Fidelium animae, per misericordiam Dei, requiescant in pace ! »

Visiblement, quelque chose avait gratté son âme.


Par la gloire éternelle de l’Empereur, ou peut-être plutôt par l’intercession d’une de ses saintes (Peut-être saint Uthur le cataplaste, ou la hiéromartyre Célestine…), Séphone ne trouva pas la mort aujourd’hui. Trouvant ensuite dans son paquetage le nécessaire pour se faire un tourniquet à la base de la cuisse, elle s’assura ainsi de ne pas trépasser par hémorragie, même si sous elle, un litre de son propre sang avait été à peine absorbé par le coton servant de revêtement au sol, si bien qu’une immense flaque liquide se disséminait un peu partout. Il lui faudrait l’intervention d’urgentistes pour s’en sortir — en espérant qu’ils puissent venir jusqu’à elle…

Le père Gregorius arracha ses ongles en les enfonçant contre le sol, et il serrait les dents si fort qu’il risquait de se les éclater entre elles. D’énormes larmes humidifiaient ses joues, alors qu’il regarda droit Séphone pour lui parler avec un ton sanglotant et apitoyé :

« Comment ?! Comment avez-vous pu ?!
L’Empereur tout-puissant vous avait réunis ! Il avait lavé votre immense faute ! Vous êtes relapse par vos péchés ! »



Librarium Alvearium.



Tout alla très vite.


Il y eut le chaos insupportable et incompréhensible d’une fusillade. Les ordres aboyés, les insultes hurlées, et des déchaînements d’explosions de canons crachant leurs projectiles. Les balles fusèrent, beaucoup imprécises, éclatant du mobilier, se logeant dans les murs, sifflant au-dessus des oreilles — mais à une portée aussi courte, nombre firent mouche. Il y eut des râles de douleurs, des corps qui s’effondraient net comme des pantins dont les fils étaient lâchés par le marionnettiste, tandis qu’une munition perçait en tournoyant sur elle-même la peau pour se loger dans la moelle épinière d’un homme de bien ou de mal. Guerre. Sang. Meurtre. Et l’odeur de la cordite qui envahissait les navires.

Quand enfin tous les faux-infirmiers s’effondraient à terre, Enkidu, debout derrière un comptoir avec le bras portant le revolver étendu, découvrit les pertes dans son propre camp : morts et blessés chez les prévôts. Luvarn lui-même se tenait le flanc, mais hormis le fait qu’il grimaçait, il ne semblait pas particulièrement gêné par la blessure infligée. En tout cas, il rejeta l’aide de son collègue psyker qui s’approchait de lui, et à la place, s’avançait tout droit vers la porte barricadée.

L’un des prévôts était mal au point. Voulant aider, Enkidu s’agenouilla pour mettre ses mains au-dessus de la plaie. Il appela à lui le warp, déchira la réalité, et à ses pieds, on voyait le sol se mettre à geler sur place, et on entendait dans les oreilles les murmures d’une jeune femme avec un étrange accent… Cela acheva de faire paniquer les prévôts, d’autant que, remué par la peur, Enkidu ne parvint pas à canaliser habilement l’archiantimatière.

Luvarn poussa une gueulante, laconique mais foudroyante :

« Fais ou ne fais pas, mais cesse d’être marqué par l’échec, sanctionite ! »

Les prévôts restants se placèrent devant la porte. L’un d’entre eux ordonna à un simple matelot de lui amener des pinces. C’est alors que, de derrière ces immenses ouvertures barrées, on entendait des tirs étouffés. Ça canardait sec là-dedans. Skane était en danger, mais impossible d’arriver à sa rescousse tant que les chaînes n’étaient pas éventrées.

C’est alors que Luvarn fit quelque chose d’étrange. L’interrogateur se mit au plein milieu de la pièce, au milieu des corps, des blessés, des meubles brisés et des douilles de balles dépensées. Il posa un genou à terre, comme s’il se mettait devant son seigneur, et devant lui, il lia ses mains, son index et son majeur se touchant. Il ferma des yeux, et resta ainsi en position de prière, tandis que ses lèvres chuchotaient un psaume à peine audible.

Il était en train de canaliser le warp, lui aussi. Son lien avec l’empyrée était un peu plus subtil, mais tout autour de lui, Enkidu pouvait clairement voir une bulle se former. Qu’est-ce qu’il faisait ainsi ? Impossible de le déranger. Même quand un des prévôts demanda à voix haute ce qu’ils devaient faire maintenant, le représentant de l’Ordo Xenos resta complètement enfermé dans une auto-isolation.

C’est seulement au bout de deux minutes qu’il revint à lui-même. Il s’effondra de côté sur le sol. Grogna. Souffla. Et se remit debout avec un peu de difficulté. C’est après avoir grommelé dans sa barbe pour lui-même qu’il reprit enfin sa fonction de commandant :

« Je compte au minimum douze hostiles ! Armés et bien équipés ! Quatre attendent derrière la porte en la braquant : si on passe au travers, on est tous morts ! »

Les prévôts furent figés sur place de peur.

« Combien de temps avant que les cosmomarines n’arrivent ?! »

Le plus gradé des prévôts, reconnaissable aux trois bandes à son bras (Deux bleues et une blanche, un brigadier-chef), annonça :

« Un quart d’heures, maître inquisiteur ! »

Luvarn s’approcha alors d’Enkidu, et lui parla à voix très basse, pour ne pas se faire entendre des autres.

« Skane a des hommes avec elle, ils sont en train de retourner les tirs.
Il serait plus prudent d’attendre l’arrivée de renforts pour procéder…
Qu’en penses-tu ? On patiente ici, ou on charge ? »


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Reinhard Faul
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Re: [Dark Heresy] Le tranchant des ténèbres

Message par Reinhard Faul »

J’essaie de manipuler le Warp ; je foire. L’Interrogateur m’engueule. Je crois qu’il me cite une Pensée du Jour qui est passée la semaine dernière, mais pas sûr. Enfin l’admonestation a l’exact effet inverse que celui recherché : elle étouffe la dernière flamme de confiance en moi que j’avais, et c’était déjà pas une denrée abondante dans le coin. Je panique, et foire une nouvelle fois ma manipulation. Je savais que j’échouerai avant même d’essayer, et pourtant j’insiste, faisant même entendre aux prévôts les Voix qui habituellement ne chuchotent que pour moi. Une femme murmure quelque chose empreint de colère, mais on ne peut pas comprendre à cause de son accent. La moquette au sol s’est brièvement couverte de givre… mais ça marche pas du tout et le type couché par terre continue de saigner la rage pendant que je le regarde comme une poule qui a trouvé un couteau.

Mais on a plus urgent que d’engueuler un Psyker pas très doué : l’Interrogateur s’agenouille devant la porte pour utiliser ses talents pendant que je fais le point sur ma vie. Il a bien raison : l’Inquisitrice est toujours coincée de l’autre côté avec des traîtres. J’essaie de sentir ce qu’il fait… mais bien sûr que je n’y arrive pas. Du coup je suis aussi con que les prévôts sur ce coup-là et je le regarde marmonner en pliant les doigts. C’est dans ce genre de moment que je me rappelle que j’ai failli faire partie du euh… des autres Psykers. On ne nous a rien expliqué, mais sur Sainte-Terra il était évident qu’il y avait un petit groupe qui partait d’un côté – ceux qui serviraient l’Empereur d’une façon ou d’une autre – et les autres, l’immense majorité, composé de vieux, des gens devenus fous à bord des Vaisseaux Noirs et des faibles. Ceux-là, ils partaient dans un espèce d’immense tunnel tout doré et on ne les revoyait jamais. Il ne m’a pas échappé non plus que j’ai fait des allers et retour d’un groupe à l’autre, comme si on avait du mal à se décider sur mon sort. C’était bien sûr une période assez angoissante et c’est vraiment un plaisir quand la vie t’offre des moments pour revivre ça. Maintenant j’imagine Luvarn et l’Inquisitrice me jeter dehors dans l’espace – parce que pendant qu’on était dans le bunker, j’ai demandé au monsieur pourquoi on ne sortait jamais pour prendre l’air, et il m’a dit qu’on mourrait horriblement si on le faisait. J’ai demandé pourquoi, et vu l’imprécision de sa réponse, je crois qu’il ne le sait pas non plus.

Mais bref, une fois que l’Interrogateur finit son rituel et s’écroule, mon interlude angoisse s’achève aussi. Il y a plus urgent que mes états d’âme. Je fais un geste hésitant pour aider mon supérieur à se relever, mais il m’envoie paître d’un geste agacé de la main et se remet debout tout seul. Il décrit ensuite ce qu’il se passe à l’intérieur du Librarium, puis me demande mon avis.

Même en étant très autocentré, il est évident que sauver l’Inquisitrice est important. Normalement je ne pense pas à ce genre de chose parce que j’ai jamais eu à le faire, mais il est flagrant que si on pouvait balancer tous nos cadavres pour faire vivre la dame trois minutes de plus, ça serait complètement rentable (Luvarn est haut gradé aussi mais corrompu par sa nature, et la merde annule le grade)... Encore faudrait-il que ça la fasse effectivement vivre trois minutes de plus, parce que d’après les paroles du monsieur, si on rentre là-dedans on est tous mort en un éclair et Skane sera aussi couillon qu’en venant. Du coup je propose :

« On pourrait foutre la mer… les distraire à travers la porte, je veux dire, avec le Warp. Ils seraient obligés de diviser leur force pour venir nous tuer, et on pourrait les attendre à couvert. »

Évidemment pour foutre la merde avec le Warp je compte beaucoup plus sur l’Interrogateur que sur moi, mais ça va sans dire. Moi je me sens capable de donner un vague mal de tête à un des quatre gus qui nous attend immédiatement derrière la porte, et encore. Mais mon chef me met un stop :

« Le Warp a une efficacité militaire indéniable, mais il ne faut pas en parler avec autant de légèreté. Je ne pense pas qu'il soit correct de faire reposer les opérations uniquement sur nous.
Ceci étant dit... Peut-être que même sans aller jusqu'à lancer un assaut dans le Librarium, nous pourrions effectivement tester leurs défenses à l'aide des hommes de Selleniz. On peut forcer les portes et retourner des tirs, et puis... Voir où ça nous mène. »

Bon, d’habitude je ne me laisse pas aller à ce genre de petite manifestation de contrariété, mais là je plisse un peu les yeux (vu que froncer les sourcils ça va être compliqué). C’est quoi cette connerie ? Faut me pardonner, pour moi aussi la journée est longue. J’ai trop mal pour ne pas tiquer. Ma seule autre affectation avant l’Inquisition, c’était de soigner des nobles malfiens hédonistes et totalement sociopathes. Si tu t’imagines que des dirigeants épuisés par leur responsabilité venaient me confier leurs maladies graves avec respect et crainte pour le Warp, tu imagines très, très mal. Si je devais faire un top 3 de ce que j’ai le plus fait ? Les troubles de l’érection, en premier, direct. Si popole lève plus à cause d’un diabète type 2 mal géré et du cholestérol, tu peux venir me voir en toute confiance je t’arrange ça en cinq minutes. Alors je veux bien être gentil, faire mes prières tous les soirs pour m’excuser d’être en ligne directe avec les démons, mais ça fait mal aux couilles d’entendre des conneries pareilles alors qu’on a tous des balles dans le corps et que des nouvelles sont déjà en chemin.
Ensuite, j’ai fait mes classes, comme tout le monde, et la phrase « voir où ça nous mène » n’est jamais venue sur la table. Ma mamie disait des phrases comme ça, mais c’était à propos des restes à accommoder sinon ils vont se perdre, pas de reprendre une pièce à des tireurs barricadés. Je crois que Luvarn non plus sait pas trop ce qu’il faudrait faire. Du coup mon cerveau se met à fonctionner tout seul, c’est plus fort que lui.

Je ne me pense pas au-dessus de ma condition. Si mon séjour sur Sainte-Terra m’avait laissé une quelconque illusion à ce sujet, reluquer deux cents pénis de vieux m’aurait calmé très vite. Vu mon talent avec le Warp, je vais jamais m’élever Psyker Alpha Prime niveau Lotus Radieux ou je sais pas quelle connerie, mais je peux viser sbire apprécié qu’on maltraite pas trop. Mes ambitions se résument à de la bouffe intéressante et un accès raisonnable à la salle télé. Mais j’aime bien être vivant aussi, et mes cours de stratégie militaire sont pas si loin que ça. Si on laisse les pirates installer leur nid là-dedans, même avec des hommes en plus ça va être une tannée de les déloger de là. Et on peut évidemment pas attendre que l’Inquisitrice finisse en bouillie, on est pas assez importants pour ça. Du coup voilà je développe des pensées autonomes et j’ai des avis et blablabla.

« Hmmm euh... oui oui bien sûr pardon monsieur, mais euh, monsieur, euh » - à voix très basse, en faisant un petit mouvement de tête vers les prévôts - « on peut pas leur demander à eux comment reprendre une pièce pleine de tirs ? »

L’Interrogateur lève l la tête vers un des prévôts :

« Matelot - Qu'avez-vous pour franchir la porte ? »

Le-dit prévôt se fige quelques secondes de terreur, puis répond d’un ton craintif :

« Quelques grenades aveuglantes... On peut aller enrôler une autre escouade pour ramener un bouclier anti-émeute... On a pas grand chose monsieur, les cosmomarines viendront avec du vrai matériel dans à peine un quart d'heure ! »

Moi et ma grande gueule :

« On ne peut pas les laisser tirer sur l'Inquisitrice pendant un quart d'heure, en plus ils vont s'installer là-dedans... Monsieur ? »

Luvarn me jette un regard mauvais. J’ai trop parlé ! J’ai eu des Opinions ! C’est mal ! … d’un autre côté ça fait partie du jeu. C’est au moins la quatrième fois qu’il me met un coup de pression, qu’il me demande un truc et qu’il se plaint du résultat. Je suis déjà foutu de ce point de vue là. Ça arrive. De toute façon j’ai plus urgent sur les bras. Je me retiens de hausser des épaules (ça serait insolent) mais mentalement j’en suis là. Lui aussi a mieux à faire que de me faire chier, alors il gueule :

« Préparez des grenades, prévôt, nous allons entrer de force ! »

Je me mets à couvert derrière le bar, et je fais bien parce qu’ils ont des armes automatiques. L’Interrogateur quant à lui utilise une filouterie que je n’avais jamais vue avant : il disparaît. Je l’ai vu négocier avec quelque chose de l’Autre Côté, puis il a disparu, même si je crois qu’il est encore là. On dirait qu’il est en cristal très transparent qui n’accroche pas du tout la lumière.

J’arrête là mes observations à propos de Luvarn, parce qu’il faut que tu imagines le bazar que c’est quand on ouvre les portes. Il y a des armes automatiques. Le bruit, la fumée, les objets et les meubles qui explosent autour de nous en moins de quelques secondes. Le premier qui est mort n’a sans doute pas eu le temps de se rendre compte qu’on lui tirait dessus. Et moi j’ai un pistolet. J’attends qu’une grenade aveuglante soit lancée pour suivre les autres et tirer sur quelque chose.
Natus est cacare et abstergere coactus est.
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Lien Fiche personnage: Ici

Stats :
Voie du sorcier de Nurgle (Profil avec empreintes occultes et mutations)
For 9 | End 14 | Hab 10 | Cha 6 | Int 15 | Ini 10 | Att 10 | Par 9 | Tir 9 | Foi 8 | Mag 18 | NA 3 | PV 140/140

Mutations/marques :
Nuages de mouches : -1 ATT/PAR/TIR/INI pour toutes les personnes à moins de 6m
Plaies suppurantes : 1d3 dégâts retranchés à chaque blessure
- Morsure Venimeuse : Poison hallucinogène
- Hideux (Effet : Peur)
- Organe du Chaos (-1 CHA/HAB, +1 END, +5 PV)
Pourriture de Neiglish : Porteur sain
Protection de Papy : 2d4 PdC à chaque critique en incantation
Grimoire :

- Lumière : À appliquer sur un objet ; Fait de la lumière pendant 1h
- Flammèche : Petite étincelle au doigt pendant une minute
- Météo : Connaît la météo prochaine
- Repos : Peu faire se détendre quelqu'un

- Infestation de Nurglings : 24m / 1d4 tours / Projectile magique. Une fois qu'une personne est touchée, elle subit 10+2d10 dégâts magiques par tour / Dès la fin du sortilège ou la mort de l'ensorcelé, des bubons explosent, libérant 2d3 amas de chair, qui sont autant de nurglings
- Fontaine putride : 6m / Instantané / 30+2d10 dégât devant lui + gain de 7 armure temporaire magique / +5 dégât par point de MA
- Gerbe corruptrice : 12m / 10+1d10 dégât dans une zone de 6m, esquivable ; métal rongé après 1d4 tours / -1 esquive par MA

- La multitude fait le tout : Se change en nuée de mouches
- Prodigieuse santé : Contact / Devient ultra bogosse et ultra chad
- Grande invocation de petits amis : Invoque des insectes pour servir d'ingrédients
- Immonde messager : Peut envoyer des messages twitter (Caractères limités)
- Allégresse fétide : Supprime toute douleur mentale ou physique
- Divine urgence : Force la cible à faire un jet d'END. Diarrhée en cas d'échec.
- Paludisme dévorant
- Vent de Nurgle
- Torrent de corruption

- Invocation : Nurglings
- Invocation : Bête de Nurgle
- Invocation : Porte Peste
- Octogramme de conjuration
Compétences :
- Résistance accrue : +1 END aux jets testant la résilience physique (Fatigue, drogue, alcool, torture...)
- Vol à la tire : +1 pour escamoter quelque chose
- Baratin : +1 pour endormir la vigilance de quelqu'un
- Déplacement silencieux : +1 pour fureter quelque part
- Déguisement : +1 pour s'infiltrer en étant déguisé
- Alphabétisation
- Autorité
- Humour
- Empathie
- Coriace

- Sens de la magie : Sur un test, détecte les événements magiques
- Incantation (Domaine de Nurgle)
- Maîtrise de l'Aethyr (Nurgle) : 3
- Contrôle de la magie
- Divination (Oniromancie) : Sur un test au cours de son sommeil, peut découvrir la destinée de certains personnages
- Langue hermétique (Langue Noire) : Parle la langue immonde du Chaos
- Confection de maladies : Peut fabriquer des maladies communes et rares
- Connaissance des démons
Équipement de combat :
- Bâton démoniaque : 2 mains ; 10+1d8 dégâts ; 8 parade ; Assommante & Utilisable seulement par les classes magiques. +1 PAR
- Pistolet à répétition : 46+1d8 dégâts, malus -2 TIR/8 mètres, peut tirer cinq fois à la suite avec un malus de -1 TIR par chaque nouveau canon qui fait feu
- Agaga (Épée à une main) : 18+1d10 dégâts ; 13 parade ; Rapide, Précise, Perforante (2) ; +1 INI
- Cocktail Molotov (x4) : Dans un rayon de 1m, toute personne qui est touchée par la bouteille prend trois états de « Enflammé ». Dans un rayon de 2m, c'est 2 états seulement. Dans un rayon de 3m, un seul état.

- 15 balles et poudres

- Tenue de cultiste de Nurgle : 5 protection ; Tout le corps sauf tête

- Anneau d'Ulgu : Lorsque porté, vous pouvez faire croire à ceux qui vous entourent que vous êtes un humain lambda (sans mutation aucune ni trait particulier) pendant 1 heure. Vous ne pouvez utiliser cette capacité qu’une fois par jour. Vous ne pouvez pas prendre l’apparence d’une personne en particulier.

- Miroir de la Demoiselle d'Acques
- Cor de la harde des Museaux Annelés
Équipement divers :

- Marque de Nurgle
- Caresse de la vipère (poison) : Un sujet blessé par une arme enduite de ce venin doit réussir un jet d'END-4 sous peine de mourir dans END minutes. Chaque minute avant sa mort, le sujet subit 5 points de dégâts non sauvegardables, et un malus cumulable de 2 à ses caractéristiques.


- Couverts en bois
- Sac à dos
- Couronnes dentaires en bois
- Tatouages
- Porte-bonheur

- Sap-biscuit

- Costume de répurgateur + Fleuret (Déguisement)
Divers divers :

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Valindra
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Re: [Dark Heresy] Le tranchant des ténèbres

Message par Valindra »

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Magdela Sephone, Soeur de Bataille
Le cauchemar continue. J’ai la très froide sensation de revivre une descente aux enfers, d’être décolorée, évidée d’une partie de mon être. Ce qui se passe sous mes yeux, entre mes mains, autour de moi, je ne le comprends qu’à moitié. Mon propre esprit me joue des tours et les mirages qui me tourmentent se succèdent et me fustigent, détruisent à la fois mon âme et pire, ma Foi. On m’aspire vers les ténèbres. On me traîne vers les abysses.

Oh mon Dieu, qu’ai-je fait pour mériter ça ? Ai-je perdu ta lumière, ou serait-ce une épreuve de plus pour prouver ma profonde allégeance ?
Oh mon Dieu, Toi qui as tout reçu de moi, quel sens dois-je donner à ce martyr ? J’ai tant donné mais j’ai beau tendre les mains, m’incliner devant Toi, me prosterner chaque jour que Tu fais, je m’enfonce. Je m’enfonce.
Oh mon Dieu, aide-moi. Eclaire-moi de ta lumière. Indique-moi la route, je t’en conjure, pardonne mes péchés, guide-moi.

Guide-moi.

Je nage en eaux troubles. J’ai vu Nox sur ma cuisse et saisissant le parjure de cette apparition, je l’ai détruit. Ce geste m’a déchiré le cœur et j’ai vidé toute l’eau de mon corps à travers mes yeux humides en hurlant. Il n’existe point d’acte aussi profane que de tuer son propre fils ; mais par-dessus tout, il n’existe rien de plus douloureux pour une mère endeuillée de revoir son orphelin et de le suriner sur soi-même. Quelque soit ce sortilège, ce mauvais rêve, il n’existe rien qui puisse davantage m’écorcher l’âme.
De profundi clamavi. Du fond de l’abîme j’ai crié.
Je sombre en plein délire. Je refuse de croire que je viens de le tuer une deuxième fois. Ce n’est pas possible. Nox était déjà… il était déjà…

Nox est déjà près du Seigneur, mais je dois me battre. C’est tout le sens que j’ai donné à ma vie, c’est tout ce que l’on a construit chez moi. C’est tout ce qu’il me reste de la Schola, cette résilience, cette force de caractère, cet instinct de survie absolu. Telles sont élevées les Sœurs de Bataille : pour ne jamais capituler, pour plier le corps aux volontés de l’âme, pour se sacrifier et mourir dans le luxe d’une apothéose.

J’ai taillé la bavette dans ma cuisse et le sang ruisselle comme un torrent en colère. Je baigne dans un liquide poisseux et chaud, et par expérience je sais qu’il s’agît de ma propre hémoglobine. Ma vision est trouble, humectée par les larmes, condamnée par l’horreur, alors je me concentre sur la situation. Je tire de mes braies la trousse SAN. SAN, pour sanitaire. Mon medikit se déverse sur le sol et je tâtonne pour trouver une texture rugueuse et maillée, une petite sangle très légère sertie d’un embout de métal en forme de T.

Je me sens partir. A cet instant, je me trouve soumise à une expérience sensationnelle. J’ai l’impression que ma peau se détache de mon corps. Au plus s’opère ce biscornu dépeçage, au plus je me sens légère. La douleur s’estompe proportionnellement. Je flotte. Je flotte.
Il fait froid. Toutes les lumières se sont éteintes. Je n’entends plus le Père Gregorius. Le cauchemar qui m’accablait une seconde plus tôt quitte mon esprit. Je ressens une liberté absolue, même dans mes mouvements. Comme si ma chair, l’instant d’avant, était une sorte de geôle, et que j’en étais enfin délivrée. Oh ciel, comme ce moment est doux. Je suis enveloppée par la grâce, je vis un instant de pure volupté. En me détachant de ma chair, j’ai quitté une réalité brutale pour en rejoindre une autre plus harmonieuse.

Je ressens le froid et pourtant je ne le vis pas mal. Je deviens imperméable à ses effets sur mon corps. J’avise que cela n’a rien de surprenant : lorsque je tente de me regarder, je ne me vois pas. Je suis invisible. Fantomatique, spectrale, mais j’existe. C’est divin.

Soudain, une secousse ébranle les ténèbres. Je regarde tout autour de moi, mais je ne vois rien sinon un petit point lumineux, au loin. Mais un nouveau tremblement l’efface, et je suis surprise, presque apeurée. Comme si le ciel allait me tomber sur la tête !
La secousse recommence et les ténèbres se strient de raies blanches. Des éclairs dans le lointain qui déchirent la toile obscure, qui apparaissent et disparaissent aussitôt. Une nouvelle secousse appelle d’autres orages, en plus grand nombre, et je sens alors quelque chose qui vibre à l’intérieur de moi.
Oh mon Dieu, que se passe-t-il ? Aide-moi, je t’en conjure, aide-moi ! Ne me ramène pas ! Ne me ramène pas !

Une nouvelle secousse, une nouvelle secousse, une nouvelle secousse, et toujours plus de lumière !
Une nouvelle secousse, une nouvelle secousse, une nouvelle secousse, et les sensations reviennent ! Le goût du fer dans la bouche, et mon corps refroidi, et mes mains qui baignent dans le sang, et mes doigts qui s’agitent à la racine de ma jambe !
Une nouvelle secousse, j’entends mon cœur qui bat ! Mon cœur qui palpite, poum-pa, poum-pa, poum-pa, et qui fait trembler la nuit !
Une nouvelle secousse, c’est mon cœur qui secoue depuis tout à l’heure, c’est mon cœur qui vit et qui déchire les ténèbres !

J’émerge dans un sursaut d’horreur, les yeux écarquillés, les poumons en crise. J’inspire un grand bol d’air, et je vois ce fou penché sur un tas de chair. Je comprends à peine ce qui vient de se passer, je me voyais morte, je me sentais partir et puis… est-ce l’Empereur qui m’a ramené ici ?
Je ne comprends pas. J’ai refermé le garrot mue par un réflexe militaire, merci la Schola. Mon premier réflexe, c’est de regarder l’heure. Je regarde autour de moi, je suis engourdie, je ne vois pas immédiatement d’horloge, et il y a ce cinglé qui m’excommunie une nouvelle fois et qui s’agite au-dessus de ma chair. Je me rappelle Nox qui s’agitait. Il n’est plus là, mais la douleur de ma jambe me remémore sa présence. J’ai accouché de la cuisse.

Je vois le Père Gregorius, et je comprends qu’il délire à son tour. Moi, j’ai l’impression que la douleur m’a ramené à un stade plus proche du réel. Alors, les choses me semblent un peu plus évidente, même si j’ai mal, même si je tourne de l’œil, même si des tourments tournent encore dans ma tête comme un cyclone, je sais, je sais ce qui arrive au Père Gregorius.

« Père Gregorius, c’est un garçon ?! Est-ce que c’est un garçon ?! »

Il doit être là, quelque part. Je me traîne sur le sol en laissant dans mon sillage des lignes de sang, comme si j’étais un pinceau et que le sol de l’appartement était ma toile. Qui est l’artiste ?
C’est Lui. Lui qui m’a ramené parmi les vivants. Lui qui m’a fait comprendre qu’il me regarde et que ma mission n’est pas terminée. En dépit de ce que balance le Père Gregorius, je suis regonflée de Foi. Rechargée jusqu’au sommet de la jauge, pour employer le langage de Rex.

Je repense à eux. Je dois les rejoindre, mais avant, il faut que je trouve Nox. Je ne l’abandonnerais pas deux fois. J’observe le mongole qui chiale et qui gratte le sol. Je ne peux m’empêcher de lui gueuler la vérité.

« Arrêtez de délirer, mon Père ! Vous pleurez sur mon placenta ! Son Fils est ailleurs dans l’appartement ou dans l’immeuble ! »

J’ignore à quel point il peut être fou, j’ignore à quel point je suis folle, mais cette réalité est décousue et je dois m’orienter dans une tempête de sable. Alors je bouge. Je bouge, pour ne pas stagner, pour ne pas mourir. Vivent ceux qui marchent. Les Sœurs toujours se battent, car ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent. Je me murmure à moi-même nos enseignements.

« Furor arma ministrat. La fureur fournit les armes. »

Je n’oublie pas d’où je viens. Je progresse. Il me faut de l’air, un appui, quelque chose pour me rétablir. Ma jambe me foudroie, j’ai les lèvres asséchées, je goûte l’ambroisie de la mort dans le fond de la gorge, mais béni soit l’Empereur, je veux vivre.
Je veux vivre, putain !

« Appelez quelqu’un, par la Grâce du Dieu-Empereur ! »
Valindra | Haut-Ælfe, Voie du noble
Profil : For 8 | End 7 | Hab 9 | Cha 10 | Int 8 | Ini 9 | Att 10 | Par 9 | Tir 10 | Mag | NA 1 | PV 55/55
Fiche personnage : Lien

États Temporaires
*


Compétences
• Acuité visuelle (B)
• Acuité auditive (B)
• Arme de prédilection - Lance (B)
• Monte (A)
• Diplomatie (B)
• Chant (B)

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Helveticus Matix
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Lien fiche wiki : warforum40k/wiki/index.php/Fiche_Helveticus_Matix
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Re: [Dark Heresy] Le tranchant des ténèbres

Message par Helveticus Matix »

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C'est une catastrophe. Je suis bien content de pouvoir respirer de l'air frais et que mes yeux clos ne soient pas atteints par le gaz, mais pour ce qui est de faire mon office... Je ne vois presque rien! Certes, mon monocle implant me permet de retransmettre les images directement dans mon crâne, mais c'est tellement précaire. Sans Unité d'Impulsion Cérébrale, mon cerveau ne peut qu'interpréter ces informations, qui défilent comme des images floues, oniriques et saccadées. Je n'ai pas encore été béni par ce Don de la Machine, si bien qu'interagir avec un simple panneau de contrôle revient à se rappeler un rêve après un réveil.

Résigné, j'ouvre les yeux et immédiatement, le gaz m'arrache les rétines. Pas besoin de sortir mon auspex pour étudier sa composition exacte, il fait sacrément mal. Pourtant, j'ai souvent travaillé dans des pièces opaques d'encens ou de vapeur chaude. C'est un autre niveau ici, mais la Machine a besoin de moi et la souffrance est sa bénédiction.

Les larmes si répugnantes m'incitent à travailler efficacement - sans griller les étapes, un blasphème pourrait définitivement verrouiller les ventilateurs - mais j'ai perdu tellement de temps! Maudit soit ma lâcheté à vouloir préserver mes oculaires organiques! Je tente d'alterner en fermant un œil pour le reposer, puis l'autre. C'est encore pire : les paupières étalent les produits chimiques comme des bouts de verre.
Malgré tout, je touche au but. Il ne me reste qu'à achever la prière de réactivation et à valider la procédure pour...

"Pioh bop... Pioh bop... Pioh bop..."

Ce bruit si reconnaissable, semblable au battement d'un cœur semi-organique, semi-mécanique, me stoppe net. Je sors le boîtier et contemple l'écran de l'auspex. Une goutte s'abat sur le verre de la sainte machine et je l'efface aussitôt. L'appareil est allumé depuis le début de mon travail, mais j'ai pris soin de le programmer pour qu'il ignore les individus déjà identifiés. S'il se remet à pulser ce qu'il a détecté quelque chose de nouveau.

En effet, trois points s'affichent dans une pièce adjacente. De nature électrique. L'un des points s'éloigne et... un autre point apparaît? Quelqu'un est en train de rallumer des servitors. Ce n'est pas la procédure. En situation de crise, il est au contraire nécessaire de les désactiver pour éviter qu'ils ne se mettent dans les pattes des équipes d'intervention.
Je me rappelle brusquement notre altercation avec les servitors contaminés, une éternité plus tôt.

Le prévôt escorte passe la tête par-dessus mon épaule. Trop près, beaucoup trop près. J'émets un bourdonnement grave qui le fait s'éloigner un peu, puis je tourne la tête vers lui.


< Détection : / Potentiels hostiles._ > Je pointe la pièce de mon doigt mécanique.

< Ordre : / Barricader la porte immédiatement._ >

Le prévôt hésite et émet une suggestion qui m'horripile. On perd du temps! Je dois vraiment lui exposer mon diagnostic et les probabilités théoriques sur l'identité des intrus?! Je résume le tout dans sa langue tribale pour l'Inciter à se bouger le glutéus maximus.

< Négatif._
Le mouvement est d’origine électrique. Forte probabilité qu’un ennemi entreprenne de réveiller et d’infecter des servitors. Leur nombre augmente…_ >


Ah! Cette fois, je parviens à décrypter l'émotion sur le visage du jeune imbécile. Il s'exécute avec empressement. Sur mon auspex, sept points clignotent à présent. Je me remets au travail.
Une minute et cinquante-huit secondes plus tard, j'entends avec joie le système de ventilation se remettre en marche. Cette partie du vaisseau respire de nouveau. J'ai l'impression d'avoir soigné l'organe malade d'un organisme en souffrance et cela m'emplit de fierté.
Pas pour longtemps, dix points sont maintenant affichés. Ils s'agitent de plus en plus.

J'ordonne aux prévôts de contacter nos supérieurs et il me met en relation avec le Technaugure. J'aurais préféré traiter avec Magos Ziegler. Malgré tout, je lui décris la situation avec empressement, combinant bas-gothic, novabit, binaire et codes hexamatiques. Le brigadier n'entend que quelques mots qu'il parvient à identifier sans en comprendre le sens, mélangés à une suite de bruits de modulation à tonalités variables, imprononçables par une gorge organique. Aselm me répond d'un grondement de ses cordes vocales.

Les renforts arrivent, mais j'entends déjà qu'on tambourine à la porte. Le prévôt tente de négocier, mais je sais que c'est inutile. C'est l'ennemi qui se tient derrière cette porte. Je dégaine mon pistolet et recule lentement pour trouver un abri. Déjà, mes yeux retrouvent une vision à peu près correcte. C'est maintenant un découpeur laser qui s'attaque à la porte et, en toute réponse aux hurlements du brigadier, une rafale de mitrailleuse ravage le métal. Il évite de justesse la salve.
Ce n'est pas un servitor qui a tiré, mais l'individu qui les a réactivés.

La brigade de prévôt débarque juste à temps. La porte cède et des grenades sont envoyées pour aveugler l'adversaire. Une demi-seconde plus tard, un déluge apocalyptique s'abat. Pris de surprise, je me recroqueville, plaquant ma main de métal sur une oreille et l'auspex sur l'autre. C'est inutile, le vacarme fait trembler les os, se réverbère sur mon métal, je ne peux pas m'en cacher.
Qui gagne? Impossible à dire, l'ennemi pourrait se rapprocher de moi et pointer une arme sur ma tempe, je ne m'en rendrais compte qu'une fois la balle dans mon crâne.

Si! J'entends un battement! Je porte l'auspex à mon visage et constate qu'un point s'éloigne des autres. Je diagnostique qu'il fuit par les conduits d'aération. Ce n'est pas un servitor, c'est la source de leur mal!

Aselm apparaît devant moi, comme sorti de nulle part. Je sursaute de nouveau. D'instinct, mon cerveau s'est un peu habitué au tapage des combats et je peux me concentrer sur les paroles de mon supérieur. Il me demande un rapport. Trois secondes sont nécessaires pour que je réorganise mes pensées, puis je m'exécute à toute vitesse.
La détection de mon auspex : un point qui en réveille d’autres, le prévôt qui barricade, les coups malgré les directives du prévôt. L’ennemi qui ouvre le feu, le découpeur laser, l’arrivée des renforts, la fusillade. Les canaux de ma communication se mélangent un peu, car je souhaite arriver rapidement au plus important.


< Attention demandée : // Détection de | élément de nature électrique | qui s’éloigne par un conduit d’aération._
Direction : / OUEST de notre position. Vitesse : / rapide._
Suggestion : // possibilité de poursuite de | élément de nature électrique |. Calcul d’un itinéraire._ >


Le technaugure ne me laisse même pas le temps de terminer mes calculs, il me fait signe de le suivre et commence à courir. C'est logique, c'est moi qui porte l'auspex... Mais j'aurais pu le lui laisser pour qu'il s'occupe du fuyard sans moi! Il ne voit pas ma canne? Il ne voit pas la terreur qui vomit de mes yeux?
Malgré tout, je m'élance presque automatiquement. Il m'est difficile de coordonner l'inspection du saint boîtier, la maîtrise de ma canne et l'équilibre de ma course. Sans parler des équations qui défilent dans ma tête pour nous diriger!

Ce conglomérat bordélique de directives trouve une balance très instable, mais qui tient. Pour combien de temps? Inutile de théoriser, pour l'instant, je cours, j'anticipe, je traque. Mes directives s'adaptent en temps réel, communiquées par ondes sonores que seuls des cogitateurs peuvent comprendre. Une fois captées, ces informations gravent directement un schéma dans l'esprit de l'interlocuteur, s'il est capable de les interpréter.
Un canal de données supplémentaires, brutes, indique le déroulement de mes calculs. Bref, je réfléch!s à voix haute.


< Calcul adaptatif : / Redirection_ π/2 radians_ 3π/2 radians_ Deuxième couloir π/3 radians_ 11π/..._ Redirection_ π radians_ 3π/2 radians._ >

mOn crane c¤mmence à chauffer. J£ tiens le c0up et pas$e en cogitat!on tunnel_ Il n^y a que l£s ch!ffres, que l`§uspex. Ma c¤nne effe¢tue un mouvement automati1ue ne nécessi¬ant qu|un fragment de m¤n attention. Au¢une tπéorie, juste d£ la pr@tique_

La tempèrature baisse, si bien que la d¤uleur devient tolérable. Mes synapses sont plus ou moins prot:gés et j'espère ne pas avoir de séquelles sur le long t¬rme. Aselm suit l'it!néraire à la perfection, sans diminuer l'allure. La mienne reste stable, mais m°n respirateur siffle déjà d'épuisemen¦.

Soudain, une porte se referme pour nous bloquer la route. Incap¤ble de prendre cet obstacle en compte dans mon avan¢ée, je m'écrase dessus, plaçant tout juste mon bras véritable devant mon corps pour amortir² l'impact. Un râle de douleur s'échappe de m0n vox.
Le technaugure est furieuX. Il crie que quelqu'un a pir@té le système à distance pour bloquer notre avancée. Il s'occupe de remédier à cela, mais l'entreprise prend du temps.

Mes c°gitateurs tournent tou|ours à plein régime et les ¢alculs se bou§culent_ Une purge de m3s simulat!ons évite un dèsastre et je profite de ¢ette pause pour planifier n0tre itinéraire. La porte s`ouvre et nous reprenons notre course.
Grâce à mes anticipations, nous prenons un r¤ccourci qui dévore toute la distance creusée avec le traître. Le cœur battant de l'auspex signale que l@ cible se trouve juste au-dessus de nous.
Je sors de mes simulati0ns et mon esprit retrouve sa liberté.

Alors que j'envisage de reprendre mon souffle, mon Aîné dégaine soudain une arme - un bijou d'archéotechnologie - pour la vider sur le conduit d'aération. Il est en colère, il ne réfléchit pas. La cause de toute cette techno-hérésie est à portée de balle et Aselm est incapable de la retenir. Le métal est ravagé sous la déferlante, la conduite se tordant de douleur.
Mon hurlement est à peine audible sous le vacarme.


< Intact! Interroger!_ ­­>

Ma tentative de phrase est mise à mal par mon empressement. Exécuter la cible maintenant me semble être une perte d'informations capitales pour dévoiler ses alliés au sein du vaisseau

Fort heureusement, l'intéressée semble être toujours opérationnelle. Nous l'entendons continuer sa course folle.

< Suggest… coupons-on lui la route!_ >

En même temps, je lève mon pistolet laser pour le décharger dans le conduit. Mais contrairement à mon supérieur, j'anticipe le mouvement de l'adversaire pour que mes tirs stoppent son avancée. Il s'arrête.

En même temps, le technaugure recharge tranquillement son arme. Il tire en suivant la même tactique que moi, puis hurle une directive.


« Ce sera votre seule sommation ! Ouvrez la conduite et montrez vos mains ! »

Un silence pesant s'installe. Je n'ose bouger le moindre muscle de peur de troubler l'instant. Dix secondes et trois centièmes s'écoulent avant qu'une grille de la conduite ne soit enfin délogée. Je soupire de soulagement. La course est enfin terminée et l'ennemi est capturé. L'autorité du technaugure prévaut!

*Clink... clonk... clok...*

Un objet est tombé. Peut-être un écrou de la grille? C'est très gros pour un écr...
Aselm plonge. Sans même comprendre la nature du danger, je fais de même, mon instinct de survie prenant le contrôle de tous les muscles de mon corps. Puis, le monde décide de se révolter.

Le souffle, la chaleur, la mitraille, le son. Mon corps est leur obstacle et cela les enrage. Je les sens se défouler sur moi, usant de toutes les lois de la physique pour se venger. Qu'est-ce qui a causé cela? J'ai vaguement souvenir d'avoir plongé un peu plus tôt, sans pouvoir établir un rapport. Je quitte ma position fœtale pour me redresser.
Aucun son ne me parvient. Rien du tout. Mais je vois le carnage qui m'entoure. Quelque chose bouge, une silhouette tombe du plafond et atterrit silencieusement (ou plutôt, je ne l'entends pas). Une femme, partiellement bénie par la machine. Étrangement, cette formule me semble blasphématoire.

Quelque-chose remue sur ma droite. Du rouge. Je finis par identifier Aselm dont le visage est déformé de douleur et de rage. Je sais identifier ces émotions, car elles n’ont aucune subtilité. Il tend son arme et tire sur la silhouette en fuite. J'ignore la raison, mais mon esprit morcelé ne peut que se borner au mimétisme. À mon tour, je lève mon pistolet pour vider le chargeur.
Les déflagrations manquent leur cible, sauf une seule qui la percute sans faire le moindre dommage. Peut-être un raté de la cellule? Je n'ai pas prié avant de presser la détente et l'Esprit de la Machine a refusé ma demande.

Nous nous levons et la course reprend. Mes pensées sont toujours confuses, s'organisant au compte-goutte. Je suis Aselm sans réfléchir, rebondissant sur les murs comme un pantin désarticulé. À ce rythme, nous serons rapidement semés.

Le technaugure hurle la description de la fuyarde dans son vox pour qu'on la repère et l'arrête. Cela m'aide à faire le point. Les infos me reviennent, mes fichiers sont de nouveau accessibles. La techno-hérétique qui a profané tant de machines pour les retourner contre leur maître. Un être ignoble, abominable.
Je sens la colère monter en moi, une fureur totale, focalisée sur cette silhouette qui s'éloigne. La moindre particule de son corps me révulse, insulte ma foi, bafoue ma dévotion.

Mes jambes, si frêles, si hésitantes, souffrant sous le poids de ma propre personne. Elles semblent gagnées d'une volonté propre, déchaînant une force et une discipline insoupçonnées. Le reste de mon corps rejoint la cadence, si bien que je plonge dans un sprint vorace, affamé. C'est le contraire de l'élégance. Mes bras font des mouvements amples, peu harmonieux, mon dos se cabre et se relâche sans raison. Seules les jambes exécutent leur office à la perfection.
Mon corps se répugne de gêne. D'anciennes cicatrices, où le métal communie avec la chair, se tirent à outrance. Mon respirateur ne siffle plus, il grince. Mais je ne vois que la silhouette, tout le reste est sans importance. Il me faut mettre mes mains dessus, déchiqueter sa chair et libérer les pauvres machines qu'elle emprisonne. Il faut qu'elle souffre.

Des passants tentent de la stopper, de ralentir sa course. La fuyarde les évite tous et reprend de plus belle. Je suis toujours là, je me rapproche. Ma canne ne touche même plus le sol.

Finalement, elle disparaît dans une pièce. Je plonge à sa suite, arme au poing. La rage aveugle m'affecte toujours et je finis par me rendre compte à quel point elle me dévore. Elle m'écarte du Sentier de la Force Motrice. Un sermon me revient alors en tête :


_La haine, vraie et pure, est rare chez un serviteur du Dieu Machine.
Pour qu’elle soit vraie, elle doit être d'une force telle que vous puissiez balayer l'objet de
votre détestation avec votre seule main.
Pour qu’elle soit pure, elle ne peut être dirigée que contre ceux qui sont sans pitié, cruels et
sans cœur envers leurs semblables.
Tout le reste est indigne de votre haine. Indigne de la colère de la machine Dieu qui, par tout
ce qui est vrai et bon, devrait être dirigé sur l'objet de votre haine.
La haine est une arme du cœur qui s'apparente à l’Exterminatus. En faire l'expérience, c'est
faire tomber son objectif dans un oubli irrémédiable par le biais d'un rayon, d'un éclair, du
feu et de la foudre._

Mon esprit s'apaise et je commence enfin à analyser la situation. Je suis... en danger. Terriblement en danger. Pour commencer, je suis tout seul, dans cette immense pièce, avec une techno-hérétique démente. Ensuite, nous nous trouvons dans un entrepôt... de munitions. Un tir, un seul, et toute cette partie du vaisseau disparaîtra, peut-être même son entièreté.
Quelques servitors hautement améliorés continuent leur travail, leurs jambes remplacées par de lourds trains de chenilles. Va-t-elle les retourner contre moi? Les forcer à déchiqueter dans leurs pinces un dévot du Dieu-Machine? Une idée me vient.

Pour commencer, je régule mon respirateur sifflant pour qu'il n'émette plus aucun bruit. Ensuite, je décroche Strepitus de ma ceinture. Il ne s'est toujours pas réactivé. Un gros morceau de mitraille est planté dans son crâne et a ravagé ses circuits. Je ne pense pas qu'il se réveillera un jour. Dans la dernière heure, j'ai perdu mes deux plus fidèles compagnons.
Cette pensée me ravage, mais je suis obligé de la refouler. Je pose le servocrâne à l'extérieur de la pièce et je tourne son visage osseux vers l'entrepôt. Si Aselm passe par ici, il pourra comprendre où je suis plutôt que de continuer son chemin.

De nouveau dans la vaste pièce, je referme la porte. Sortant mon auspex, je modifie les paramètres pour le passer en silencieux. Un scanne me permettra de dévoiler l'ennemi, le seul point immobile de la salle. Si possible, je tente même de la trouver d'après mes précédents scannes lors de la course poursuite. Un spectre particulier pourrait m'aider par exemple.

Puis, j'identifie le servitor le plus proche. Je sors mon luminoglobe et le fais rouler dans la direction opposée, espérant ainsi brouiller ma position. En évoluant dans l'ombre, prenant bien soin de ne pas faire de bruit, je me rapproche du servitor et pose ma main organique contre lui pour l'arrêter. De petits câbles sortent de ma manche pour chercher une connexion avec la machine.

L'hérétique pense pouvoir les tourner contre moi? Je suis un serviteur de l'Omnimessie, ce jeu m'est aussi accessible. En murmurant dans un canal binaire, je tente de détourner la programmation du servitor pour lui imposer de nouvelles directives. J'incorpore dans sa puce des instructions pour me définir comme cible prioritaire à protéger. La traîtresse, elle, sera identifiée comme une cible à maîtriser. De plus, mes ordres feront office de loi.

Régulièrement, je jette un coup d'œil à mon auspex pour vérifier la position de l'intrus, me plaçant à couvert derrière mon interlocuteur pour rester caché. Si je me sens en danger, un grésillement binaire pourra me permettre d'immobiliser l'hérétique suffisamment longtemps pour me mettre à l'abri.
Quand le servitor sera sous mon autorité, alors j'irai (si possible) en convertir un autre, puis un autre, les positionnant de sorte à bloquer toute échappatoire.

Le temps est de mon côté, les renforts finiront par arriver. Je dois juste m'assurer que l'ennemi ne quitte pas la pièce... ou me détruise.
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Helveticus Matix, Voie du Technoprêtre
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Diederick von Bildhofen
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Re: [Dark Heresy] Le tranchant des ténèbres

Message par Diederick von Bildhofen »

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Le monstre de métal aux bras coupant qui errait dans les couloirs, cette vision d’horreur dont la malévolence ne pouvait avoir pour égale que l’imagination morbide de Ceux de la Glace, me tomba dessus alors que j’errais dans les couloirs de l’hospice. Remarquant par avance cette vilaine créature, j’observais un brancard renversé au sol. Glissant prestement vers celui ci, je le plaqua contre le mur et m’allongea derrière celui ci.
Calmant au mieux ma respiration, je coupa même celle ci lorsque le monstre puant d’huile passa à proximité de moi, sans me remarquer. J’attendis trente battements de cœur après que le bruit de la créature ait cessé avant d’oser sortir de ma cachette et prestement repartir dans la direction opposée à l’horreur.

Heureusement, le pire était passé. Un peu fatigué, je parvint à trouver des collègues saint d’esprit. Un groupe d’infirmiers – pas armés, de prime abord, c’est important d’établir ça au cas où ils se révéleraient être hostiles – se trouvait au bout de la baie.

Temps de taper la discussion avec les collègues et j’eus alors une idée à peu près générale de la situation. Sur une échelle de un à dix, c’était la merde niveau six. En espérant que ça monte pas à onze.

Avisant le « chef » du moment, je me contenta de lui répondre par les platitudes habituelles.

Seulement dans la mort prend fin le devoir.

Mes cloques retirées, une blouse autour des épaules et un pantalon sur les fesses, et j'avais à peu près l'air d'un infirmier sorti des poubelles.
Il était temps pour l'infirmier désigné volontaire Wullis d'accomplir son devoir.

Si la baie médicale avait été dans un sale état, il me suffit de jeter un œil par le hublot du transport pour voir le chaos qui régnait dans les cités-arbres de métal : des gens courent dans les rues, je voit des motos des prévôts rouler à toute vitesse, et il y a des départs de feu dans plusieurs endroits. Toute intervention dans la zone va être compliquée à mettre en place, surtout que l’entraînement au contrôle des foules est pas allé plus loin que grenade-fixer la baïonnette.
L'ambulancier-chef observe tout ça en se grattant la joue, puis pointe du doigt une chapelle avant de s’adresser au pilote, pour lui faire remarquer que c’est en général vers les lieux de culte que se réfugient les gens.
Grâce à la magie de la technologie, l’ornithotère se place en vol stationnaire juste au-dessus de celle ci. Les ailes virevoltant à toute vitesse de la machine soufflent tout ce qui n'est pas solidement accroché au sol : les poubelles volent, projetant de la poussière et des papiers. On ouvre la porte latérale de l'engin, et à trois, on saute en contrebas, les deux ambulanciers avec tout leur barda sur le dos : ils m'ont également demandé de porter deux solides sacs remplis de médicaments et d'outils utiles, parce que je suis « taillé comme un grox ». L'ornithoptère s'éloigne ensuite et nous laisse tous les trois au milieu du chaos. On entend des sirènes des prévôts, des alarmes de magasins pillés, des aboiements de chiens agités... Et on voit beaucoup de gens paniqués. Alors que les ambulanciers marchent, le chef d'entre eux, un solide gaillard albinos et encore plus grand que toi, hurle pour se faire entendre : "Service d'urgence ! Je vais demander à tout le monde de rester calme !" Un homme en uniforme et avec une casquette arrive en courant. Je reconnais là l'uniforme d'un prévôt. Il a l'air fatigué et paniqué, mais on sent le soulagement dans sa voix tandis qu'il fait signe à notre groupe de s'approcher et vous rejoins :

Ravi de vous voir ! Vous êtes les premiers urgentistes arrivés !

-Nom et grade ! Répond simplement ordonna très sèchement l'ambulancier-chef d'un ton proprement martial - sûrement un ancien militaire.

-Gardien de la paix Helden !

-On va transformer cette chapelle en PC médical, Helden, je compte sur vous pour maintenir l'ordre et nous amener qui de droit!

Nous approchons donc de la chapelle, ma pelle réglementaire à la hanche, prête à rétamer un marrant un poil trop excité ou quelque pilleur. En ouvrant les portes, je découvre une dizaine de fidèles agenouillés sur le sol, à prier, à chanter, à dire des mots fous et à moitié délirant. Apparemment, beaucoup de gens qui avaient besoin de réconfort sont venus se terrer là, mais on va avoir besoin de la place. L'ambulancier chef me regarde, moi et Helden, qui marchent côte-à-côte.

"Bien, on a besoin qu'ils dégagent... Faites ça vite, mais proprement, on veut pas une émeute non plus !"

Alors que c'est Helden qui devrait naturellement diriger les opérations, je vois bien dans le regard de ce petit bonhomme à la peau noire et aux yeux larmoyants que c'est plus lui qui va t'obéir qu'autre chose.
À moi de jouer, comment dégager tous ces pauvres gens terrifiés ?

Sachant que le cours de contrôle des foules m'a appris que la grenade était la solution à la plupart des problèmes. Comme j'en ait pas sous la main va falloir improviser j'imagine. Cherchant un prêtre du regard, il ne me semble pas voir le moindre cureton dans le coin - enfin, je suppose que les chamanes du coin doivent avoir les bizarres robes blanches, ou rouges, ou noires, avec lesquelles j’ai tendance à associer ces messieurs du Ministorum (Aucun ne ressemblait vraiment à la dégaine du médicantin qui a révélé la Vérité à ma planète d'origine…). Lorsque je pose la question à Helden, il me dit de façon très disciplinée : "Monsieur ! Le père Gregorius est responsable de cette chapelle, monsieur ! Mais c'est... C'est un prêtre souvent absent, et... Je crois qu'il devait être chez lui..."
Visiblement, il est gêné d'ainsi critiquer un homme de foi, mais il a pas besoin d'en dire beaucoup plus pour que je comprenne que ça ne doit pas être un très bon prêtre qui dirige ici

Bon. S'il faut dégager les gens pour faire du lieu un pc médical.... Où ils vont aller ? Et pour faire quoi ? Ils sont ici pour du réconfort spirituel. Il y a sans doute des blessés parmi eux. On a besoin de toute aide disponible. Et il y a pas de personnel du temple local sous la main pour entrer au contact des paroissiens.
Du coup... Je vais essayer de trouver une chaire ou bien l'endroit duquel un chamane parlerait normalement aux gens et leur tenir à peu près ce language, en s'adressant à eux comme il s'adresserait à un chat effrayé, avec une voix qu'il veut chaude et rassurante : "Votre attention citoyens ! Ce temple est désormais un pc médical. Tout personnel aux talents médicaux est prié de se déclarer aux agents de l'empereur. Ceux blessés parmi vous vont suivre les instructions du personnel médical. Le reste va suivre les instructions des gardiens de la paix. Évacuez les lieux dans le calme, les infirmiers ont besoin de la place pour procéder aux premiers soins des blessés ". En espérant que ça tourne pas à l'émeute....

Et donc je m’élances gaillardement dans la chapelle, avec le gardien de la paix derrière. Beaucoup de gens lèvent le museau pour me regarder, un peu inquiets. Je remarque qu'il y a une variété absolue dans la foule : ça va de l'enfant au vieillard, de la jeune fille anorexique et mal habillée jusqu'au monsieur bedonnant en costume un peu vieillot, de la petite mère de famille absolument normale jusqu'au gros barbu plein de tatouages un peu inquiétant. Tous ont en commun d'avoir naturellement décidé de se réfugier dans une chapelle du Dieu-Empereur, ce qui prouve leur dévotion et leur bon sens, mais pas forcément leur santé mentale... ...Et me voilà donc debout devant l'autel, à prononcer mes ordres, tandis que les deux ambulanciers jettent leurs sacs sur des bancs et commencent à bouger du mobilier pour préparer leur matériel. Naturellement, certaines personnes décident de se lever et de sortir dans le calme, et je pense souffler en te disant que ça va se régler facilement... ...Mais évidemment tout ne se passe pas toujours comme ça. Une vieille dame te regarde tout droit, et elle se met à crier : "Quoi ?! Comment ça ?! Ce n'est pas normal ! Nous sommes assaillis par les démons, seul l'Empereur peut nous protéger de ça !" Et la jeune fille anorexique se met soudain à pleurer, et à agiter ses poings serrés entre eux : "NON ! NON PITIÉ ! NOUS FORCEZ PAS À SORTIR !" Un homme d'âge d'un père de famille, qui pourtant avait l'impression par son physique d'être le plus tranquille de la bande, se met à se pointer du doigt et à vociférer d'un ton accusateur : "Qui es-tu pour donner des ordres à la place d'un prêtre ?! Qui t'as donné cette autorité !" Le prévôt à ta droite a un insigne, un flingue, une matraque et une bombe de gaz lacrymogène. Mais c'est toi qu'il cherche à accuser et intimider.

Plissant des yeux, je fixe le dernier bonhomme.

"Je suis un serviteur de l'empereur. Et qui es tu, toi, pour interdire à tes prochains les soins de la chaire ? Car tu assures la souffrance de nos frères en gênant les hospitaliers dans leur sainte tâche."

En espérant que ça suffise pour le calmer.
Sauf que non. Le-dit bonhomme va s'énerver et se dresser bien debout, en levant ses épaules, comme un chat qui arrondirait le dos pour avoir l'air plus inquiétant.

"Je suis un serviteur de l'Empereur, moi aussi ! Et qui es-tu pour me donner des ordres ?! Les soins de la chair ne sont rien face aux soins de l'âme ! On est perdus dans le warp, bon sang, seul Lui peut nous aider ! On ne sortira pas d'ici !"

Visiblement, cela va être lui le bonhomme problématique.
Bon. Ça suffit les bêtises.

"Nous portons tous Sa lumière en nous, et Il nous protège en retour. Vous n'avez pas besoin de ce lieu pour chercher son réconfort. Eux si", fi-je en désignant du bras certains blessés qui commençaient à être rassemblés. "C'est un moment difficile. Vous êtes troublés. Le frère Helden va vous raccompagner dehors." Je fais un discret signe au gardien de la paix, façon de lui faire comprendre que si ce connard effrayé en rajoute, je lui serais reconnaissant de l'envoyer au mitard quelques jours.

Le médicantin m’a très bien formé - effectivement, la lumière de l'Empereur est si immense que chacun peut être protégé personnellement, et Ses bâtiments de culte ne sont, après tout, que des grandes maisons où les fidèles se rassemblent – même si mieux vaut ne pas le dire trop haut, car malheureusement, j’avait trop vu comment les prêtres du Ministorum étaient bizarrement attachés à ces édifices, comme s'ils étaient doués d'une magie particulière... Il n'empêche, la conviction avec laquelle je parlait avec de quoi achever de convaincre les fidèles : oui, voilà un homme pieux et preux qui se tenait devant eux ! C'était tant mieux, parce que le gardien de la paix Helden semblait trembler dans ses rangers. Pas sûr qu'il aurait tenu tout seul la pression. Il n'empêche, voilà que le malotru s'excusa en grommelant quelques mots, et qu'il fut escorté avec le reste de l'assemblée jusqu'à dehors. L'ambulancier-chef remercia Wullis avec un sourire sincère, qui ne dura que quelques secondes - son air grave refit bien vite surface. Alors, il ordonna le garde de déplacer là un banc, ici une chaise, et d'ouvrir ses sacs pour déployer les médicaments et la radio. En quelques minutes à peine, la chapelle se transforma en PC médical de fortune, et ils pouvaient commencer à travailler pour sauver un maximum de personnes...
Modifié en dernier par Diederick von Bildhofen le 13 mars 2024, 11:22, modifié 1 fois.
Le savoir c'est le pouvoir. Et savoir quand le garder, le cacher, le partager, cela est la véritable épreuve de ceux le détenant.

Diederick Maria Reichenbach Bruno "Ruichen" von Bildhofen, Voie de l'étude de la connaissance
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Re: [Dark Heresy] Le tranchant des ténèbres

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Chapelle de l’Empereur-Dieu Miséricordieux, résibloc Saphire.


Le chaos était complet dans le navire. Sur tous les ponts de l’Indomptable Ravel, de la quille au mât, de la poupe à la proue, arrivaient des appels d’urgence — les standards téléphoniques des services de secours étaient surchargés, par des appels de gens terrifiés, par des annonces de départ d’incendie ou d’agression, ou même par des canulars téléphoniques. Une sorte de crise de folie collective s’était emparée des dizaines de milliers de matelots de l’équipage, et il semblait que le navire puisse s’effondrer à tout instant simplement par délire.

Mais pour les situations graves, des personnes sont formées et chargées d’y remédier. Avec ses deux pieds et ses deux mains, Wullis pouvait toujours être utile. C’est ainsi qu’il s’était retrouvé dans un ornithoptère avec une équipe d’urgence, à destination du résibloc Saphire, un immense compartiment résidentiel pour les familles d’habitants du navire. Servant à la sécurité aux infirmiers, Wullis participa à l’installation d’un poste de commandement médical au milieu d’une chapelle de l’Empereur-Dieu, évacuant avec tact et diplomatie les fidèles qui s’y trouvaient.

La petite chapelle n’était pas une cathédrale éclatante, mais l’ancien païen reconnaissait dans ce bâtiment les traits typiques des endroits où les gens priaient l’Empereur : il y avait une simple statue de Dieu représenté sous la forme d’un grand guerrier aux cheveux longs en armure, et un simple vitrail au-dessus qui le montrait siégeant sur le Trône d’Or. Des cierges, des livres de prières, un orgue de cérémonie dans un coin. La manière de faire de l’Ecclésiarchie sur les mondes était bien différente de celle de sa planète natale. Est-ce qu’un jour, son monde à lui aussi aurait les mêmes curés et le même dogme ? Rien n’était moins certain…



Un quart d’heures à peine plus tard, l’ambulancier-chef, un solide gaillard marqué de cicatrices, appela Wullis :

« Garde, au rapport, on va avoir besoin de toi ! »

Très fraternellement, et très simplement, Wullis avait été intégré à l’équipe. Comme dans la Garde Impériale, un parfait inconnu pouvait soudain devenir aussi proche que quelqu’un de sa famille.
Ainsi, accompagné du jeune gardien de la paix Helden (Qui tremblait toujours autant dans ses rangers…), Wullis se retrouva devant l’entrée de la chapelle. Déjà, des gens se réunissaient dans tous les sens. Les fidèles expulsés s’étaient mis spontanément à s’agenouiller dans un coin pour prier. Un bébé tenu dans les bras de sa mère pleurait fort même si la maman tentait de le bercer. Et des gens accouraient dans tous les sens, un se tenant le bras ensanglanté, un autre guidant une petite mamie par le bras… Il y allait avoir une cadence infernale.

L’autre ambulancier, un beau garçon bien blond, était en train de parler à la radio. Il fit un signe de tête à son supérieur, et indiqua :

« Ok on a deux autres équipes qui arrivent, une dans quinze minutes, une supplémentaire dans quinze de plus. Et on a notre ornithoptère prêt pour évacuation.
– Bon bon bon, tout va rentrer dans l’ordre, un peu de courage.
On va débuter un triage. »


Il se tourna alors vers Wullis et désigna sa sacoche.

« La poche de devant, il y a plein de papiers. Tu peux les sortir ? »

Effectivement, Wullis se retrouva avec plein de petits feuillets, accrochés entre eux à un bloc principal. L’ambulancier-chef tendit un stylo à son collègue, et ils commencèrent à arracher à la volée des feuilles.
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C’étaient des papiers pour indiquer l’état physique des patients, et les rediriger le plus rapidement possible dans le système de soin. Malheureusement, Wullis était très familier de ce genre de feuillets — il en avait déjà vu accrochés à des collègues, pour savoir qui irait le premier dans le Valkyrie MEDEVAC, et qui devrait attendre tranquillement son tour.

« On va être rapidement surchargés », indiqua le blondinet. « S’il y a des gens qui arrivent et qui peuvent marcher, essaye de remplir le papier comme tu peux — en vrai faut surtout que tu mettes l’étiquette verte. S’il y a des gens en train de vraiment saigner, fais-leur un tourniquet. Ta formation de premiers secours de la Garde fera la majorité du boulot.
Honnêtement, tant que tu maintiens le calme et que tu nous couvres, tu nous soulages déjà énormément. »




Il ne fallut malheureusement vraiment pas longtemps pour que les premiers patients urgents n’arrivent. Un homme couvert de sang arriva en courant en tenant dans ses bras un enfant qui avait le visage maculé d’hémoglobine, une grosse fente sur le côté de son crâne. Les deux ambulanciers coururent, et le chef attrapa le garçon pour aller l’amener en sécurité dans la chapelle. L’homme tenta de suivre, mais Helden l’arrêta en l’attrapant et lui offrit quelques mots de réconfort. En regardant derrière lui, Wullis pouvait voir les deux urgentistes allonger le garçon au sol pour débuter un rapide diagnostic. L’un débuta ensuite un massage cardiaque tandis que l’autre sortait le défibrillateur portatif.

Laissé tout seul planté devant avec ses habits d’infirmier trop petits pour lui, c’est tout naturellement sur lui que les gens ayant besoin d’aide s’agglutinaient. Avec son très peu de connaissances, il n’y avait pas grand-chose qu’il pouvait vraiment faire, mais il s’attela à la tâche tout pareil.



Au bout d’un quart d’heures, un second ornithoptère vola dans le ciel, s’approcha d’un petit terrain de sport adjacent, le même endroit où Wullis et l’équipe avaient atterri plus tôt, et voilà qu’un nouveau groupe d’ambulanciers urgentistes, trois encore, sauta au sol pour ensuite rejoindre la chapelle en courant. Progressivement, Wullis pouvait se retirer et laisser les vrais professionnels faire le reste du travail, même s’il continuait de courir partout quand on avait besoin de lui pour porter quelqu’un, ou au contraire éloigner quelqu’un de paniqué qui n’attendait pas son tour, en lui offrant en échange une simple feuille de triage — feuilles d’ailleurs que Wullis excellait à remplir, malgré le fait qu’il était encore récemment analphabète, il s’appliquait bien en tirant la langue et en grattant avec son stylo le papier, il faisait même les petits ronds sur le bonhomme-exemple là où il y avait les blessures.



Tout commençait à se résoudre. Et alors qu’un troisième engin arriva pour délivrer une nouvelle équipe, et qu’on dressait sur des brancards les prochains évacués, quelque chose de nouveau se produisit…




Le vaisseau tout entier fut remué par une grave secousse. Le résibloc entier se mit à trembler violemment vers la droite. Du mobilier urbain se détacha, un banc vola, des vitres se fendirent en morceau, est des dizaines de gens debout tombèrent à terre. Mais pas Wullis. Se fixant rapidement sur place, malgré les secousses, le tremblement de terre dans tous les sens, la panique qui gagna tout le monde, le Garde restait solidement debout. À sa gauche, Wullis vit un petit pépé agité par les secousses : par pur réflexe, le garde l’attrapa pour le maintenir en place. Un panneau manqua de s’effondrer, avec la simple force de son bras, il l’empêcha de chuter et l’envoya valser au loin, avant d’installer le vieux monsieur en sécurité sur le sol.

Le tremblement de terre s’était arrêté. Mais alors, dans l’assistance, ça paniquait, ça criait, et des voix fusaient dans tous les sens :

« C’était quoi ça ?!
– Le Warp ! Le Warp va nous avaler !
– On est foutus !
– Empereur protège-nous Empereur délivre-nous ! »


On pleurait, on criait, on avait envie de fuir. Même l’ambulancier-chef semblait proprement terrifié. Mais par professionnalisme, il se concentra sur le fait de fixer l’enfant de tout à l’heure sur son brancard, avant de l’amener en courant vers le terrain de sport.

« Wullis ! Ramenez l’ordre ! »



Aile Lilas, résibloc Saphire.


Séphone avait quitté l’appartement du prêtre. Surtout grâce au prêtre. Le père Gregorius s’était mué en un autre homme du tout au tout, et il avait repris le contrôle de la situation. Malheureusement, son téléphone n’avait aucune tonalité quand il appelait les secours, et, terrifiée par l’état de sa jambe, la sœur de bataille avait trouvé plus prudent de chercher de l’aide plutôt que d’attendre que l’aide vienne à lui.

Ainsi, il fallait maintenant que Séphone descende les trois immenses escaliers de la tour. Impensable de prendre l’ascenseur : il était verrouillé, alors qu’on entendait à tue-tête l’alarme incendie hurler dans l’aile.

C’est donc marche par marche, avec le prêtre comme appui, que Séphone devait atteindre le rez-de-chaussée. Ce fut un calvaire abominable, chaque mouvement lui réveillant l’horrible douleur dans sa cuisse. Ils y passèrent bien une demi-heure, tandis que le padré rassurait son « ouaille » en récitant la Litanie de la Foi, et en lui demandant de faire de même. La douleur est sainte, avait-on enseigné à Séphone. La douleur est pureté, elle permet de mieux servir l’Empereur-Dieu.


Enfin, les deux atteignirent le rez-de-chaussée. Ils n’avaient croisé personne en chemin — nul doute que les autres gens s’étaient soit enfermés chez eux, soient avaient calmement marché jusqu’au point de rassemblement en cas d’alarme. Enfin, c’est ce que Gregorius théorisait à voix haute. Ils se retrouvèrent donc devant le jardin de la résidence. Toujours personne. Ils allèrent donc vers le portail ouvert et les rues.

Il y avait contre un pan de mur les lumières bleues clignotantes d’un engin de police. Des prévôts devaient être là. Et en effet, de dos, on voyait l’uniforme bleuté d’un gardien de la paix. Gregorius leva la voix pour se faire entendre, à bout de souffle :

« Prévôt ! On a besoin d’aide, on- »

Le prévôt se retourna. Il portait dans ses mains un fusil à pompe au canon encore fumant. Il avait le visage, la bouche en fait, dégoulinante de sang. À ses pieds, derrière, on devinait un corps qui gisait sur le trottoir. Et un autre par terre. Et on entendait des pleurs et des râles, de blessés.

Par instinct, façon militaire, le prévôt chargea une cartouche de chevrotine dans son arme. Puis il pointa avec son fusil les deux nouveaux arrivants. Gregorius tenta de reculer, tout en levant une main. Il était sidéré par la peur :

« Du calme. Du calme…
– Qu’est-ce que vous faites dehors ?! QU’EST-CE QUE VOUS FAITES DEHORS ?! Papiers d’identité, MAINTENANT ! Justifiez de votre identité ! Adresse ! Bloc ! Nom et adresse et bloc ! Putains d’hérétiques ! Je suis un Temple, je suis une Forteresse ! Je vous laisserai pas m’enculer, saloperies d’hérétiques ! »

Ses mains tremblées, et il avait le doigt sur la détente. Ses yeux étaient injectés de rouges, et il semblait rempli de haine. Mais le plus terrifiant, c’est à quel point il prenait une posture parfaite de guerrier, paré à encaisser le recul de son arme grâce à la crosse collée à l’épaule. Combien de gens venait-il de tuer ?


Ingeniarium, salle d’armement H-14.


Mora avait rêvé de moutons électriques. Il ne savait pas pourquoi, mais il s’était représenté la noosphère, et il n’avait vu que ça, des moutons de métal fonctionnant grâce à l’animus d’un électro-prêtre. C’était calme, et ça donnait envie de se perdre.

C’est la sainte-douleur qui le réveilla net. Lentement, il ouvrait ses yeux, et il voyait devant lui, l’immense servitor aux jambes faites de chenilles d’un blindé, à moitié électrocuté, mais bizarrement les yeux encore ouverts et le cogitator essayant encore de résoudre quelque chose, si on en croyait les lignes de code qui passaient sur son terminal.

Il se rappela très progressivement de tout ce qui venait de se passer. La poursuite, le combat, et le moment où une grosse matraque énergétique lui avait foudroyé la jambe ; le choc avait été suffisant pour le faire hurler de terreur, mais c’est le courant qui l’avait foudroyé à terre.

Il découvrait une mine clignotante posée sur une torpille. Pas besoin de plus pour comprendre la situation. Et passant juste devant, la pirate était en train de faire les cent pas, un gros minifuseur dans une main, ce qui ressemblait à un détonateur dans l’autre. Elle semblait terrifiée, à en croire ce qu’elle murmurait toute seule…

« Réfléchis… Peut-être… Non, ils vont surveiller maintenant… Et si ? Bordel… Bordel, mais pourquoi ils contactent pas ! Je suis foutue… Ils m’ont laissée là et je suis totalement foutue… »

Elle ne s’était pas encore rendu compte que Mora s’était réveillé. Mais pas pour autant que le technographe allait avoir beaucoup de marge pour agir… Il semblerait qu’elle s’était terrée toute seule dans cette salle d’équipement militaire, et ce n’était vraiment pas son plan.
La très-capable pirate, qui avait eu la possibilité de retourner des dizaines de servitors du vaisseau en un claquement de doigts, semblait n’être qu’une jeune fille tremblante et peu sûre d’elle. Pourtant, elle avait des augmentations mécaniques, et un fuseur à une main n’était vraiment pas le genre d’équipement que même les plus armés des pirates pouvaient acquérir aussi simplement que ça.


C’est là que le cerveau de Mora s’illumina, et qu’il comprenait tout à fait à qui il avait affaire : Les clans Méritech.

Clans Méritechs (Hérétiques) :

Les « Clans Méritech » est le nom qui a été donné à une puissante confédération de pirates nés hors-mondes et récupérateurs de technologies qui dominèrent l’amas de Merates, une région de l’espace contenue entre les secteurs Calixis et Ixaniad, entre les 38e et 40e millénaires.

L’amas de Merates était un groupement d’une dizaine de mondes à peine terraformés et très difficilement habitables, situés dans un espace de vide qui n’était réclamé par aucun des deux secteurs malgré leur accroissement. Ceux qu’on nommera plus tard les Méritech étaient alors des romanichels de l’espace, qui fuyaient alors de justes persécutions et pogroms ordonnés contre eux par le nouveau dynaste du secteur Ixaniad. Leurs vaisseaux délabrés de récupération, une immense flotte nomade, pensa que cet amas perdu et désolé serait un endroit approprié pour y mener une existence. Pendant plus d’un millénaire, ces nouveaux clans commencèrent à miner, prospecter, et combattre les corsaires et les flottes de pirates Orks qui menaçaient leur nouveau foyer.

Au bout de quelques siècles, les clans Méritech commencèrent à avoir une importance toute particulière, alors qu’ils monopolisaient les voies commerciales accroissantes entre les secteurs Calixis et Ixaniad. De plus, leurs flottes nomades vécurent une sophistication grâce à l’utilisation d’archéotechnologie, dont ils semblaient être adeptes.

En l’an 211 du 41e Millénaire, les clans Méritech firent officiellement sécession de l’Imperium suite à un conflit naval avec des navires de la Flotte de combat Calixis. Pendant quelques années, les clans Méritech menèrent une campagne de harcèlement et d’assauts-pirates sur des navires marchands et militaires du secteur, avec une efficacité particulièrement redoutable, leurs vaisseaux beaucoup plus furtifs et puissants grâce à l’utilisation des-dites technologies antiques. Heureusement, Myram Harvala prit le pouvoir en tant que Regis Sectora de Calixis, et rassembla une immense armada pour purger l’amas de Méritates. La flotte de combat Calixis, alliée aux explorators des factions de Thule et de Sollex, commencèrent un assaut en coupe réglée de l’amas.

Une purge fut ordonnée contre les clans Méritech, et dura dix-sept années. La totalité de la flotte confédérée fut anéantie jusqu’au dernier vaisseau, toutes leurs planètes furent occupées par la Garde Impériale, les personnes armées furent tuées par jugement expéditif, les enfants séparés et envoyés sur diverses planètes ou sur des vaisseaux pour rééducation, les non-armés stérilisés puis déportés pour concentration sur des mondes-pénitenciers, tels Phyrrus.

Par la gloire de l’Empereur, il ne reste aujourd’hui plus rien des clans Méritech, hormis quelques bandes mal équipées et ridicules qui échappèrent à la sainte-purge.


Presque plus rien. Les pirates avaient ici tenté un redoutable détournement de vaisseau. Peut-être que le désespoir les motivait… Quel pouvait bien être leur but ici ?


Librarium Alvearium.


L’avancée dans le librarium s’était très mal finie. Malgré un assaut puissant et efficace, le groupe de combat mené par Luvarn se cassa les dents aux marches du prochain étage, et une immense fusillade suivie. Puis, il y eut une menace sur la sécurité d’Astrid Skane, et soudain, la tête brûlée de l’Ordo Xenos paniqua et ordonna la retraite. Tout juste l’assaut avait-il permis de sauver des innocents pris entre deux feux, car les matelots firent sortir en courant ou en portant le personnel de la bibliothèque et des gens réfugiés dedans. Mais leurs vies n’étaient rien face à celle d’une agent de l’Inquisition…


Frustré, énervé, Luvarn hurlait sur ses hommes, mais surtout à lui-même. Heureusement, des renforts de professionnels commencèrent soudain à débarquer. L’équipe tactique des cosmomarines débarqua, des grands gaillards en armures carapaces complètes et ayant entre leurs mains des fusils radiants ou plasmas. Ils prirent position partout dans le hub, et coururent dans tous les sens pour aller occuper les autres entrées et sorties du Librarium. On invita alors les deux agents de l’Inquisition à se retirer dans une salle adjacente qui servirait de PC de fortune.


C’est ainsi qu’Enkidu et Luvarn se retrouvaient dans un bureau de l’administration. Ils étaient tous seuls, alors que l’interrogateur faisait les cents pas, encore paniqué, et encore blessé d’ailleurs — il avait refusé de se faire voir par un médic, jugeant peut-être que la manière avec laquelle il s’était rafistolé tout seul suffirait. Le jeune agent parlait un peu tout seul :

« L’équipe tactique est formée pour gérer des situations de forcenés… Ce sera un grand renfort. Au moins, on a confirmation que Skane est en vie… N’est-ce pas ?
Avez-vous pu voir des détails particuliers sur les pirates ? Des choses utiles ? »


Le pauvre essayait de trouver une manière d’aider tout seul. Mais c’était le genre de situation où il fallait laisser les professionnels faire. À dire vrai, Enkidu n’avait rien de spécial à noter, si ce n’est que les pirates étaient bizarrement bien équipés, beaucoup avaient des implants cybernétiques, et qu’ils avaient des tenues étranges de toutes les couleurs. Ça ne ressemblait pas vraiment à un gang de rues, mais pas une milice mercenaire non plus…


Alors qu’ils patientaient là, la porte s’ouvrit à nouveau et des hommes en uniforme entrèrent. L’un d’eux avait le plus de galons, un grand gars aux cheveux noirs. Il serra les mains des deux agents en se présentant.

« Capitaine de corvette Leonidas auf-et-zu Leggen, c’est moi qui dirige les cosmomarines de ce vaisseau. La situation est en cours de résolution, je venais vous faire un rapport. »

Alors qu’il eut fini de parler, il y eut une petite secousse sous les pieds de tout le monde, qui fit perdre l’équilibre à certains. Quelque chose venait d’un peu agiter le vaisseau, c’était très bizarre, mais ça n’eut aucune incidence supplémentaire.

« Avez-vous un plan, capitaine ? Demanda Luvarn en lui faisant face les mains dans le dos.
– Compliqué à dire… J’ai deux colonnes d’assaut qui couvrent deux entrées et on est en train de voir si on peut déployer un tireur d’élite sur une passerelle, mais il risque d’être repéré. Le librarium est un bâtiment un peu à part avec de grandes ouvertures, ce ne va pas être facile.
Les pirates ont cassé ou piraté toutes les caméras du Librarium, donc on a aucun visuel à l’intérieur. Actuellement, la procédure souhaite que l’on débute des négociations. »


Luvarn eut un sourire narquois, mais ne dit rien.

« Nous avons essayé d’appeler les preneurs d’otages avec une ligne téléphonique, mais elles sont toutes occupées en ce moment. On va essayer d’approcher un de nos hommes et de leur envoyer une radio. En attendant, j’ai ordonné que l’on positionne un servo-crâne dans les conduites d’aération, on va voir si on peut avoir une image de ce qui se passe là-dedans.

– Bien, quand est-ce que tout cela pourra être fait ?
– J’essaye de mobiliser des ressources dans l’heure. Mais nous sommes surchargés, et il y a quelque chose de plus urgent dans l’ingéniarium. »

Luvarn devint soudain tout rouge. Mais avec une voix très calme, il nota :

« On parle de la vie d’une inquisitrice, capitaine.
– Je sais, monseigneur. Je ne le sais que trop bien. Mais le vaisseau est toujours piégé dans une tempête warp et la moindre erreur peut nous coûter notre vie à tous, elle comprit. Je priorise le retour à la stabilité sur le navire. La timonerie m’a indiqué qu’ils sont en train de gérer une urgence absolue.
– Qu’est-ce qu’il y a plus urgent que la vie ou la mort d’une agente de l’Empereur en personne ?
– Ils ne m’ont pas dit, mais la seigneuresse-capitaine n’utilise jamais le mot urgence absolue à la légère.
Nous avons la situation en main, interrogateur, on va s’en occuper. »


Il y eut ensuite quelques échanges de bon procédés, puis le capitaine s’éloigna plus loin dans la pièce pour discuter avec ses officiers. Luvarn se retrouva donc à chuchoter avec Enkidu.

« Je commence à avoir la sale impression que tout ce cirque a été fait pour atteindre Skane… Si c’était un détournement de navire, ils auraient cherché à attaquer la timonerie, la caserne des cosmomarines, le poste du navigator… Quel genre de pirate attaque une bibliothèque en force ?
Ils voulaient Skane et ils sont en train d’obtenir ce qu’ils veulent. »


Il serra fort des poings.

« Nous devons la tirer de ce bordel.
Peut-être qu’on pourrait s’y rendre nous-même et débuter des négociations ? »
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