[RP Libre][Ieviniae] La fleur du Bien et la fleur du Mal

Situé au nord de la Vallée de Galean et au-delà de la rivière Arduil qui le sépare d'Ellyrion se trouve le Royaume d'Avelorn, le plus ancien de tous les royaumes d'Ulthuan. Ce royaume semble s'apparenter de façon plus qu'équivoque des Elfes d'Athel Loren situés dans le Vieux Monde que des autres Hauts Elfes, tant la population de créatures mythiques sylvestres peuplant ce royaume est énorme. Les aigles géants, les hommes arbres, et les licornes sont présents en communauté et ajoutent à la différence qui sépare Avelorn des autres royaumes.

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Message par Ieviniae » 26 févr. 2020, 16:13

La fête s'était ainsi poursuivie toute la nuit sans faiblir. Ieviniae n'avait pas été sollicité une seconde fois pour prendre le devant de la scène ni invitée par son prince charmant pour une nouvelle danse, mais elle avait pu compter sur ses sœurs pour chanter et danser avec elle des heures durant. Bien que la boisson et la nourriture elfiques avaient des vertus réparatrices, il n'en restait pas moins que la caledorienne n'avait pas eu de repos depuis un bon moment et que la fatigue vint à la prendre. C'est donc avec l'apparition des premières lueurs de l'aube qu'elle décida de quitter les festivités.

Remontant le sentier afin de regagner son pavillon, une silhouette l'attendait au tournant du chemin. Créature élancée aux courbes généreuses aguicheusement adossée à un arbre et dont les yeux la dévorèrent ostensiblement des pieds à la tête, Ieviniae reconnu immédiatement son amie Khelirie et alla la rejoindre.


Khelirie tu étais là ? Je ne t'ai pas vu de la soirée je me demandais où tu étais passée.

Vraiment ? Tu n'avais pas l'air de me chercher pourtant et tu ne risquais pas de me trouver en restant parmi les favoris de la reine, nous ne sommes pas du même monde.

Ieviniae déglutit difficilement sa salive devant la charge de son amie dont l'amertume de ses propos la transperça. La sœur ne sut pas quoi lui répondre, ne s'attendant pas à ce genre de reproches dont elle avait en toute insouciance ignoré qu'elle pouvait ainsi la blesser. Cependant, Khelirie recomposa un sourire sur son visage après sa diatribe et s'approcha comme à son habitude d'un peu trop près.

Moi au contraire je ne t'ai pas quitté des yeux de toute la soirée... allons viens avec moi tu me fais de la peine ma pauvre Ieviniae.

Sans comprendre à quoi elle faisait allusion, Ieviniae se laissa guider par sa camarade qui l'amena jusqu'à un endroit isolé à distance du chemin principal. Sans être totalement coupé du reste du campement, le lieu était relativement abrité des regards par une imposante haie.

Tu l'aimes ? lui demanda-t-elle à brûle pourpoint

De quoi ?! répondit Ieviniae en rougissant fortement, une fois n'est pas coutume, en feignant ne pas comprendre de qui elle parlait

Ne fais pas l'innocente, même si c'est ce qui te rend si irrésistible. Ton prince là, tu l'aimes ?

Mais de quoi tu parles enfin ! C'est un prince, d'une lignée dont le renom dépasse les frontières même de Caledor. Je suis devenue sœur certes, mais je n'ai pas de prétentions qui me dépassent.

Lui il a des prétentions en tout cas si tu vois ce que je veux dire. Mais ce n'est pas en t'y prenant comme tu le fais que tu arriveras à quoi que ce soit.

Et comment dois-je m'y prendre alors ?

Oh tu as l'air bien intéressée tout à coup, lui répondit elle avec un sourire entendu. Je ne sais pas où tu as appris à danser mais ce n'est pas ainsi que l'on s'empare du cœur d'un elfe.

En disant cela, Khelirie effectua quelques pas en arrière avant de tirer délicatement sur la ceinture de tissu qui maintenait sa robe de bal fermée. D'un petit roulement sensuel des épaules, elle laissa glisser le vêtement à terre, se retrouvant ainsi avec un bustier et un pagne aux couleurs pastels. D'un pas gracieux et agile, la danseuse entama alors pour son amie une danse séductrice et hypnotique tel un charmeur de serpent qui tente de pétrifier sa cible pour pouvoir l'approcher et la capturer sans risque.

Faisant onduler son corps dans une maîtrise sans faille de son art, Khelirie tournait autours de son amie, effleurant sa peau parfois pour y faire naître un frisson qui remontait le long de son corps. Ieviniae restait debout immobile absorbée par le spectacle, complètement sous le charme de sa camarade qui était une elfe aussi belle que provocante. Terminant ses derniers pas de danse, la jeune apprentie se retrouva dos à la caledorienne tout en ayant passé les bras autour de son cou. Sans relâcher son étreinte, elle tourna sur elle même tout doucement afin de se retrouver face à face avec, comme à son habitude, son visage qui se retrouvait à quelques centimètres seulement de celui de Ieviniae.

Mais cette fois, Khelirie poursuivit son mouvement un peu plus loin et ses douces lèvres vinrent se poser sur celle de son amie afin de lui donner un baiser. Ieviniae en resta coi de surprise et d'émotion, sentant le doux parfum d'un baume fruité que son amie avait disposé sur ses lèvres et qui fit naître en elle un inavouable plaisir. Le baiser ne dura qu'un instant avant que son amie ne se retire avec ce sourire satisfait et moqueur.


Tu vois avec cette danse je peux séduire n'importe qui, même la si prude et si coincée Ieviniae. Allons ne fais pas cette tête mon amie, je l'ai fais pour te rendre service. Sers-t-en pour conquérir ton prince charmant au lieu de me faire ces yeux doux, je ne suis pas si facile à charmer.

Avec un clin d’œil entendu et ce sourire toujours si sure d'elle, Khelirie tourna les talons avant de ramasser sa robe au sol et de quitter le lieu avec sa démarche chaloupée. Ieviniae resta encore un instant interdite en ce lieu, portant la main à sa bouche où était encore gravé le souvenir de ce baiser. Les douces effluves du baume que son amie avait déposé sur ses lèvres continuaient de se propager dans son corps et à y faire naître des désirs lubriques qu'elle essayait tant bien que mal de refouler, des pensées impies dont elle n'était pas coutumière comme si on l'avait envoûté... ou drogué.
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Message par Ieviniae » 01 mars 2020, 09:05

Après quelques instants, Ieviniae était parvenue à reprendre le contrôle de son corps et à regagner son pavillon afin de s'étendre sur son lit et sombrer immédiatement dans le pays des rêves. Elle y fut rattrapée par ses pensées luxurieuses qui agitèrent son sommeil alors que progressivement les créatures elfiques qui y prenaient part mutèrent en de somptueuses créatures aux mutations chaotiques. Puis la déesse des songes Lileath intervint à nouveau dans son rêve afin de l'extirper des griffes de ces monstruosités qui lui faisaient subir mille plaisirs et la mettre à l'abri dans le firmament dont elle devint une étoile scintillante sous la protection de la Lune. De sa position elle pouvait voir une ombre opaque se répandre sur le royaume d'Avelorn.

C'est donc l'esprit perturbé par cette nouvelle mise en garde que Ieviniae émergea de son sommeil en fin de matinée. Le silence régnait toujours à l'intérieur du pavillon où ses sœurs récupéraient également des festivités de la veille, tout comme le campement extérieur où probablement tous les convives faisaient de même. Mais ce silence vola soudainement en éclat, la faisant sursauter dans sa couche.


Aux armes ! Tout le monde debout en tenue de combat sur le champs !

La voix était celle de Nisaellë et son ton ne laissait aucun doute sur le fait qu'il ne s'agissait pas d'un exercice. Ieviniae pouvait entendre qu'on s'affairait rapidement dans toutes les chambres du pavillon et elle en faisait de même, passant son armure légère par dessus sa tenue aussi vite qu'elle le pouvait et se saisissant de son arc, son carquois et sa lance avant de se précipiter à l'extérieur où les rangs commençaient à se former. La sœur supérieure s'activait comme jamais, répartissant les sœurs en différents groupes avant de leur donner leurs consignes.

Bouclez le périmètre, personne n'entre ou ne sors. Vous à l'entrée nord, vous au sud. Je veux des patrouilles aux abords du campement royal, on ne laisse rien filtrer. Vous, assurez la protection de sa majesté. Ieviniae, Inarielle, Araynore et Lorasys avec moi.

Sans poser d'avantage de question, les sœurs se dispersèrent afin de gagner leur poste de combat sans vraiment savoir ce qu'il se passait encore. Ieviniae suivi le pas rapide de sa supérieure qui se dirigeait elle ne savait où. Sur son chemin elle constatait des petits groupes d'elfes qui se formaient et qui marmonnaient entre eux. Une rumeur était en train de se répandre et la crainte et l'incompréhension se lisaient sur les visages. Après avoir traversé une partie du campement, le groupe de cinq sœurs se retrouva un peu à l'extérieur de ses frontières à proximité d'un endroit touffu.

Ieviniae remarqua aussitôt les deux pieds nus qui dépassaient de l'épais buisson, des pieds de femme inerte dont elle comprit immédiatement que leur propriétaire gisait morte sur le sol. Une théorie qui se confirma après avoir fait le tour du buisson. Il s'agissait d'une elfe de la basse noblesse qu'elle ne connaissait pas, sinon probablement de vue. Ses vêtements étaient lacérés et elle se trouvait intégralement nue, dévoilant une plaie profonde en plein cœur d'où s'était écoulé un long filet de sang qui formait une mare de sang à ses côtés. Mais ce qui les marqua surtout était son visage qui, loin d'être figé dans une expression de douleur, était souriant avec des yeux grands écarquillés comme si elle avait connu un plaisir intense en trouvant la mort.


C'est l’œuvre des forces du Chaos laissa échapper Ieviniae au reste du groupe, faisant référence à son rêve de la nuit passée et écoutant les remontrances de sa supérieure qui lui avait dit de partager ce genre d'informations.

Nisaellë ne répondit pas de suite, elle alla d'abord s'agenouiller auprès de la malheureuse afin de l'examiner. Aidée par Araynore, elle tourna le corps de l'elfe pour s'assurer qu'il n'y avait pas d'autres blessures dans le dos avant de la reposer comme elle l'avait trouvé. Se redressant en essuyant sur son cuir le sang qu'elle s'était mis sur les mains, elle répondit enfin.

Je ne pense pas... si une créature chaotique s'était infiltrée elle l'aurait probablement déchiquetée ou mutilée. La blessure est nette et précise, il s'agit d'un poignard ou d'une petite épée. C'est un elfe qui l'a tué, ou un homme mais il n'y en a pas en Avelorn à ma connaissance.

La réponse de Nisaellë n'avait rien de rassurant pourtant, une créature du chaos était certes terrifiante mais facile à identifier et à traquer. Alors qu'un crime de sang en plein cœur de la cour d'Avelorn par un elfe allait faire naître un sentiment de suspicion au sein du camp.
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Re: [RP Libre][Ieviniae] La fleur du Bien et la fleur du Mal

Message par Ieviniae » 04 mars 2020, 09:28

Après avoir recueilli quelques éléments sur place, l'équipe n'était pas beaucoup plus avancée dans son enquête. Nisaellë et ses sœurs étaient remontées à l'intérieur du campement, la sœur supérieure voulait interroger les proches de la défunte afin de retracer les événements de la veille. Pendant que cette dernière menait l'entretien avec certains membres de la noblesse, Ieviniae montait la garde un peu à l'extérieur quand elle entendit qu'on la hélait doucement. Regardant autours d'elle, la caledorienne distingua non loin de là Khelirie qui lui faisait signe de venir. La sœur essaya de lui faire comprendre qu'elle ne pouvait pas, essaya de l'ignorer, mais son amie se montrait insistante et elle finit par quitter son poste pour la rejoindre.

Je n'ai pas le temps Khelirie je suis occupée.

Je le vois bien, alors c'est vrai ce qu'on dit dame Lyasis a été assassinée ?

Je ne peux pas t'en parler.

Ah... ça veut dire que c'est vrai alors sinon tu aurais eu l'air surprise.

Ieviniae commençait à s'impatienter, elle savait que son amie était douée pour la manipuler comme elle le voulait et elle s'en voulait de s'être si facilement faite avoir.

Bon je dois y retourner.

Attend ! Tu m'en veux pour l'autre fois c'est ça ? Allons ce n'était qu'un jeu, je dois te parler sérieusement. Je ne sais pas si cela peut avoir un rapport mais j'ai vu dame Lyasis en rentrant de la fête. Je l'ai surprise en train de se disputer avec un autre noble, le seigneur Fenris si j'ai bien compris. Elle a repoussé ses avances et cela l'a mis très en colère, il lui a dit qu'elle le regretterait et que sa famille lui en tiendrait rigueur d'avoir refusé une alliance si avantageuse. Voilà... je te laisse travailler j'espère que cela pourra t'aider.

Merci Khelirie, je vais me renseigner.

Elle ne connaissait pas bien le seigneur Fenris, elle savait juste qu'il appartenait à la haute noblesse du royaume de Chrace et qu'il était arrivé récemment pour participer aux festivités. Ieviniae retourna alors voir sa supérieure qui venait de terminer ses interrogatoires sans que cela ne semble la satisfaire. La caledorienne fit alors son rapport sur ce qu'elle venait d'apprendre et qui représentait à l'heure actuelle leur seule piste sérieuse.

La petite troupe se mit alors en branle afin de retrouver les quartiers de ce noble qui logeait à quelques pas de là. Les pavillons des invités avaient été placés en fonction des royaumes dont ils provenaient il n'était donc pas bien difficile de repérer les bannières de Chrace qui flottaient au vent, pas plus que de localiser ses appartements après avoir demandé aux elfes du campement. Sans demander d'autorisation et en ignorant les plaintes des serviteurs de Fenris, Nisaellë entra en trombe à l'intérieur de la tente suivi par Ieviniae et leurs sœurs. Mais, en dehors des serviteurs il n'y avait nulle trace de l'accusé à l'intérieur.


Fouillez tout ! Il ne doit pas nous échapper.

Son absence était effectivement suspecte et pouvait laisser craindre que Fenris avait prit la fuite après son méfait. Les sœurs fouillèrent alors l'ensemble des affaires du noble afin de tenter de trouver un indice ou une piste et c'est finalement Lorasys qui trouva ce qu'elles étaient venues chercher. Elle avait trouvé sous le matelas du lit un linge imbibé de sang dans lequel était enroulé une dague finement ouvragée et dont les serviteurs confirmèrent que leur seigneur en était le propriétaire.

Faisant alors usage de sa grande expérience et de ses compétences qui lui avaient valu sa promotion en tant que sœur supérieure, Nisaellë explora les environs immédiats du pavillon afin de tenter de remonter une piste. Le meurtre était encore récent et le campement royal commençait tout juste à s'éveiller après une nuit de fête, il n'était donc pas impossible que les traces de sa fuite n'aient pas encore été dégradées. Ieviniae continuait de suivre aveuglément sa supérieure en qui elle avait toute confiance. Il ne leur fallut que quelques minutes pour arriver au bord d'un cours d'eau où un elfe était allongé sous un arbre les jambes trempant dans l'eau jusqu'à mi mollet.

Il était là, tout simplement endormi et encore aviné de la veille. Sa tenue bien que d'une élégance rare était toute débraillée. Nisaellë leur fit signe de l'encercler en silence tandis qu'elle même s'avança à sa hauteur afin de le réveiller. Fenris eu un peu de mal à émerger et à se relever en titubant, avant de remarquer la présence de cinq merveilleuses elfes à son chevet.


Que me vaut l'honneur ?

Seigneur Fenris veuillez vous constituer prisonnier.

Comment ? répondit il hagard après une courte hésitation, et en portant un regard hautain et de dégoût à sa vis-à-vis. De quel droit ! Écartez vous de mon chemin sur le champs ou vous le regretterez, je suis le seigneur Fenris de...

Sans lui laisser le temps de finir sa phrase, Nisaellë dégaina son épée. Sans en attendre l'ordre et de concert avec ses sœurs, Ieviniae encocha une flèche qu'elle pointa en direction de l'elfe qui se retrouvait ainsi sous la menace de quatre pointes d'acier elfique.

Au nom de la Reine Alarielle la Radieuse je vous fais prisonnier. Présentez vous à Sa justice sous notre garde ou nous ferons usage de la force.
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Re: [RP Libre][Ieviniae] La fleur du Bien et la fleur du Mal

Message par Ieviniae » 08 mars 2020, 09:27

Le noble semblait sincèrement ne pas comprendre ce qu'on lui reprochait ni apprécier que des inférieurs le malmènent de la sorte, mais Nisaellë était une capitaine de sa majesté réputée et lui désobéir revenait à désobéir à la reine en personne, même un prince de la plus pure lignée n'aurait osé la défier surtout sous la menace d'une lame aiguisée. Ieviniae réajusta son arc autours de son buste avant de se saisir du bras droit du prisonnier tandis que Inarielle en faisait de même avec le bras gauche. Nisaellë ouvrit la marche et les deux autres sœurs la fermaient toujours armées et prêtes à répondre à toute tentative d'évasion.

Le groupe remonta le sentier sous les regards incrédules des badauds jusqu'à la tente la plus majestueuse du campement, et probablement même du monde connu, où se trouvait la reine Alarielle qui attendait avec inquiétude le rapport de ses agents sur le meurtre commis en son royaume. En entrant, cette dernière se trouvait debout immobile au centre du pavillon et on sentait gronder en elle une colère aussi grande que la tristesse qui étreignait son cœur. De nombreux nobles se trouvaient également à l'intérieur et avaient leurs yeux rivés sur leur petit groupe. Ieviniae et Inarielle accompagnèrent leur prisonnier devant la reine et leur supérieure prit la parole.


Noble Reine, nous avons appréhendé le seigneur Fenris qui est la dernière personne à avoir été vu avec la victime et nous avons trouvé cette arme ensanglanté dans ses affaires privées dit elle en présentant le poignard à l'assemblée, et beaucoup reconnurent l'arme du seigneur.

Seigneur Fenris, vous êtes mon invité. Avez vous fait couler le sang de dame Lyasis en mon domaine ? demanda la reine d'une voix douce comme une mère s'adressant à son enfant qui vient de faire une bêtise.

Ma Reine, sur mon honneur jamais je n'aurais commis pareille forfaiture.

En êtes vous certain ?

La Radieuse Reine du peuple elfe avait plongé les yeux dans ceux de son vassal et son regard pouvait lire dans le cœur de ses sujets comme dans un livre ouvert. Il n'était pas possible de lui mentir, non seulement parce qu'elle le savait mais aussi parce que de son aura bienveillante elle vous inondait d'une pureté contagieuse qui empêchait les cœurs purs de s'adonner au mensonge et autres traîtrises. Échappant à la poigne de Ieviniae et Inarielle, le seigneur Fenris tomba à genou face à sa Dame les bras ouverts et dans un sanglot s'écria alors :

Je n'en ai plus aucun souvenir Ô ma Reine ! Je ne me souviens plus de rien depuis le soir des festivités jusqu'à ce que vos filles viennent me réveiller au bord de cette rivière. Qu'ai je fais ? Qu'ai je fais ? se répéta-t-il pour lui même comme s'il se posait vraiment la question.

L'entretien en resta là pour cette fois, la reine tourna le dos pour se retirer. Ieviniae se pencha en avant pour rattraper son prisonnier par l'épaule et le forcer à se remettre sur pied. Puis elle le guida à l'extérieur toujours sous bonne escorte pour le mener à un petit pavillon monté pour l'occasion car il n'y avait pas de prison à la cour royal. Le seigneur Fenris fut laissé à l'intérieur puis deux demoiselles d'honneur vinrent prendre la relève afin de garder sous leur surveillance et protection le captif. Alors que Ieviniae ressortait de la prison de toile, sa supérieure l'attendait à l'extérieur.

Il y a quelque chose qui nous échappe dans cette affaire je pense que nous n'en avons pas encore terminé. Pourquoi as tu cru que c'était l’œuvre des forces obscures ?

J'ai encore reçu un rêve de la Vierge qui me montrait une ombre qui croît dans la forêt... ce n'était peut être qu'un songe mais les sensations qu'il m'en reste me font croire que c'était un avertissement.

Bien... il vaut mieux être trop prudent. Nous allons explorer d'autres pistes. Venez avec moi.

La petite troupe se remit alors en marche pour sortir complètement du campement royal cette fois. Au passage, la sœur supérieure réintégra à son groupe plusieurs sœurs qui filtraient toujours les entrées et sorties. Les forêts d'Avelorn accueillaient également en leur sein des lieux maudits parcourus par les pires créatures du mal et il était notamment du devoir des sœurs de les contenir à l'intérieur afin qu'elles ne se répandent pas sur le royaume. Mais il arrivait parfois qu'une créature ou une bande de créatures parviennent à échapper à leur vigilance et à mener des attaques meurtrières. Nisaellë voulait donc en avoir le cœur net car elle savait que l'un de ces endroits se trouvait non loin de là.

C'est la première fois de sa nouvelle vie que Ieviniae allait s'approcher de l'un de ces terribles endroits dont elle avait entendu maintes histoires terrifiantes. Lorsqu'elle arriva en bordure, il n'était nul besoin de lui indiquer où était la frontière entre le royaume d'Alarielle et le royaume du Chaos. Des arbres pourris, morts pour certains, avec des branches crochues en forme d'énormes griffes, des ronces aux épines aussi acérées qu'une épée, et une obscurité quasi insondable même pour les yeux avertis d'une elfe. Un silence tout aussi profond régnait à l'intérieur, plus aucun oiseau n'y chantait ni aucun animal n'y gambadait. Pourtant elle le savait, des êtres maléfiques y vivaient et étaient peut être en train de les épier.

La troupe n'avait nulle envie de s'y aventurer d'avantage et elles se contentèrent de rester en périphérie afin de chercher la moindre trace, le moindre indice qui pourrait laisser penser qu'une bête était passée par là récemment. Et cela ne devrait pas être trop difficile vu leur lourdeur et leur indélicatesse, ces bêtes là avaient tendance à tout détruire sur leur passage. Mais Ieviniae avait beau chercher, tout comme ses camarades, elle ne trouva aucun indice particulier qui pourrait aider à innocenter le seigneur Fenris.
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Re: [RP Libre][Ieviniae] La fleur du Bien et la fleur du Mal

Message par Ieviniae » 18 mars 2020, 10:49

Le soir même, une grande procession d'elfes traversa les sentiers forestiers du royaume d'Avelorn guidée par sa souveraine éternelle. Contrairement à leurs habitudes, ils étaient silencieux et plongés dans une profonde tristesse. Ieviniae se trouvait parmi eux en bordure de la marche dont elle devait assurer la sécurité du voyage. Il ne leur fallut qu'une demie heure pour atteindre leur destination où se dressait un immense pilier de pierre. Ce menhir était l'une des pierres dressées pour canaliser les courants magiques du Vortex qui parsemaient le continent. Et, comme il était de coutume, les hauts elfes y enterraient leurs morts afin de préserver leurs âmes des appétits malsains de Slaanesh.

Là, à quelques mètres seulement du pilier se dressait un immense tumulus où reposaient de trop nombreux défunts qu'allait bientôt rejoindre la malheureuse Lyasis, fauchée en pleine force de l'âge. Son corps reposait sur un brancard de bois, habillé d'une robe d'un blanc immaculé, et qui fut exposé un instant à l'entrée du tertre afin que chacun puisse lui rendre un dernier hommage. Ieviniae la regardait au clair de lune et était toujours frappée par la sérénité qui semblait se dégager d'elle. La défunte donnait l'impression d'être simplement plongée dans un profond sommeil dont elle ne pouvait se réveiller.

La reine éternelle se tenait debout au niveau de la tête de dame Lyasis, à sa droite se tenait ses demoiselles d'honneur et à sa gauche les sœurs d'Avelorn dont Nisaellë et Ieviniae furent conviées à se tenir au plus près de leur souveraine. La radieuse Alarielle prit alors la parole pour improviser une oraison funèbre et, comme elle aimait ses enfants plus que tout, elle pleura sincèrement. Et tous pleurèrent alors avec elle. Ieviniae trouvait déjà la situation particulièrement terrible et avait les larmes aux bords des yeux. Mais voir celles de sa souveraine bien aimée couler sans honte, le chagrin la submergea car les sentiments d'Alarielle irradiaient dans le cœur de ses semblables. Dans son discours, elle n'oublia pas de remercier Nisaellë et Ieviniae pour leur réactivité qui allait permettre que justice soit rendue à la malheureuse.

Quand l'éloge fut enfin terminé et que tous se tenaient immobiles la tête basse, Ieviniae qui avait refermé ses yeux fut submergée par la peine et afin de ne pas sombrer dans le plus profond désespoir elle ne pouvait l'évacuer que par le chant. Sa voix s'éleva alors par dessus le silence et tous l'écoutèrent.



Pendant une nuit sans fin j'ai enlacé la solitude
Où irais-je maintenant que nous sommes séparés
J'ai perdu mes rêves au cours du long chemin
Qui s'est transformé en une rivière de larmes

Sèche tes larmes avec l'amour de ceux qui restent

Je n'avais jamais pensé que tu me laisserais seule
Mais tu es parti sans même me dire un adieu
Dans la solitude j’entends résonner ton silence
Tu ne m'avais encore jamais laissé pleurer seule

Sèche tes larmes avec l'amour de ceux qui restent

Pourtant tout n'est pas fini car je ressens ton soupir
Les sables du temps ne pourront effacer ton souvenir
Vivant encore dans mon cœur qui continue de battre
Pendant une nuit sans fin j'ai senti ton regard sur moi

Sèche tes larmes avec l'amour de ceux qui restent
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Re: [RP Libre][Ieviniae] La fleur du Bien et la fleur du Mal

Message par Ieviniae » 22 mars 2020, 11:18

Le lendemain de cette terrible journée, la vie allait devoir reprendre son cours au sein de la cour pour les sujets de sa majesté la Reine Éternelle. Cette dernière était restée la fourmilière qu'elle avait toujours été avec des elfes qui s'agitaient dans tout les sens mais les mélodies qui résonnaient d'arbre en arbre étaient plus mélancoliques qu'à l'accoutumée. C'était une bien triste façon de se séparer car en effet, les différents visiteurs des autres royaumes elfiques allaient pour la plupart plier bagage afin de rejoindre leur contrée et reprendre leurs affaires. La journée s’annonçait donc animée et les sœurs allaient monter la garde comme à leur habitude. Ieviniae et les autres avaient cependant reçu la consigne de la part de leur supérieure Nisaellë d'ouvrir l'oeil. Cette dernière restait persuadée qu'un élément leur échappait dans l'affaire qui avait secoué le campement et avait appelé ses sœurs à la vigilance.

La caledorienne était affectée à la patrouille intérieure et formait un binôme avec Inarielle qui semblait ne plus devoir la quitter ces jours ci. D'ordinaire bavarde et éparpillée, sa camarade semblait ce jour particulièrement concentrée sur sa tâche, tenant dans sa main droite son grand arc elfique. Pour sa part, Ieviniae se sentait plutôt lasse. La tristesse de la veille avait comme déchargé ses batteries et elle s'appuyait sur sa longue lance légère lors de ses déplacements comme si elle tenait un vulgaire bâton de marche. Bien que la vigilance devait rester de mise il n'y avait comme souvent pas grand chose de suspect à signaler à l'intérieur du campement royal.

Alors que leurs pas les menaient vers le quartier réservé aux apprentis, la jeune recrue de la reine aperçut le chapiteau où logeait Khelirie et ses amies qu'elle n'avait pas eu le loisir de voir beaucoup ces derniers temps. C'était toujours cette dernière qui prenait habituellement l'initiative de leurs rencontres et la dernière fois qu'elles s'étaient vu l'apprentie tisserande lui avait sèchement reproché de ne pas avoir cherché à la croiser au bal. Alors pour une fois, Ieviniae voulait lui faire le plaisir de venir la voir et reçut l'autorisation de sa sœur de s'accorder une courte pause.


Khelirie, c'est moi. J'entre.

Les différents pavillons du campement étant fait de tissus il n'y avait bien sur aucune porte à laquelle frapper pour s'annoncer et il fallait le faire à la voix. Après s'être annoncée et avant de pénétrer à l'intérieur, Ieviniae entendit qu'on s'agitait brusquement à l'intérieur comme lorsque l'on est surpris par une visite impromptue. A l'intérieur se trouvait Iarstina et Jocaryn les deux colocataires de Khelirie. La première cachait sa main gauche dans son dos, la seconde finissait de remonter le tissu de son vêtement sur son épaule gauche et les deux pâlirent à l'irruption de deux gardes en arme dans leur intimité. Les quatre paires d'yeux se croisèrent un court instant en silence.

Excusez moi... je venais voir Khelirie.

Ah ? Euh... Oh ! Elle n'est pas ici malheureusement, elle travaille chez son maître.

J'aurais dû y penser, désolé pour le... dérangement.

Alors que les deux jeunes femmes elfes ne bougeaient pas d'un cil presque au garde à vous, les deux sœurs firent volte face pour ressortir et les laisser poursuivre leurs activités. Encore une fois, Inarielle accepta de suivre la caledorienne jusqu'à l'échoppe de maître Penoryar qu'elle s'était promise de remercier un jour pour les vêtements qu'il lui avait confectionnés et dont elle n'avait toujours pas pris le temps pour le faire. Les deux gardiennes poursuivirent donc leur ronde jusqu'au quartier des artisans qui se trouvait juste derrière celui des apprentis.

Leur chemin les fit arriver par derrière le pavillon de Penoryar et c'est justement là que se trouvait Khelirie qui prenait l'air avec un autre elfe qu'elle ne connaissait pas. Au vu des gestes de chacun la conversation semblait animée mais malgré une acuité auditive hors du commun, Ieviniae était encore trop loin pour en saisir la teneur. Alors qu'elle approchait, elle croisa le regard de son amie qui congédia alors de quelques mots son interlocuteur qui s'en alla en sens opposé. Après quelques pas de plus, la caledorienne et son binôme arrivèrent à sa hauteur.


Je ne m'attendais pas à recevoir ta visite, qu'est ce que tu fais par ici ?

Je voulais juste profiter d'être dans les parages pour te saluer. J'espère ne pas te déranger dit elle en désignant la silhouette de l'elfe qui s'éloignait, un client mécontent ?

Nos clients ne sont jamais mécontents, ma dame ! Non, c'était l'un de mes amants. Pourquoi, tu es jalouse ? lui répondit elle en venant caresser sa joue de l'extérieur de sa main et avec ce sourire narquois.

M... mais pas du tout !

C'est dommage... j'apprécie quand même que tu ais pris la peine de me rendre visite mais malheureusement tu as mal choisi ton moment car je dois faire une course urgente pour mon maître et je suis déjà en retard. Demain midi avec Iarstina et Jocaryn nous allons danser sous le pont de Loec, viens te joindre à nous.

Je l'aurai vraiment voulu mais hélas demain je suis affectée à une patrouille pour...

C'est bon je te remplacerai, tu as besoin de te détendre en ce moment.

Alors à demain, mon amie.

Khelirie n'avait même pas laissé le temps à Ieviniae de protester contre sa sœur qui sacrifiait ainsi sa journée de repos pour lui rendre service. Après l'avoir chaudement remerciée, la caledorienne alla également présenter ses remerciements à l'artisan royal qui se trouvait dans son échoppe et qui fut ravi de montrer à ses clients présents qu'il avait l'attention des favorites de la reine.
Ieviniae, voie de la demoiselle gardienne d'Avelorn
Profil: For 8 | End 7 | Hab 11 | Cha 10 | Int 8 | Ini 9 | Att 9 | Par 9 | Tir 10 | NA 1 | PV 50/50
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