[Mini-Event] Jour de Folie et Jour de Souvenir [Terminé]

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Le Voyageur
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[Mini-Event] Jour de Folie et Jour de Souvenir [Terminé]

Message par Le Voyageur »

Plutôt que deux sujets distincts, le double événement temporaire est fusionné (mais j'ai conservé au mieux les textes originels) ^^

Laissez libre cours à votre expression artistique et rédactionnelle : il s'agit d'un événement purement RP. Pas de règles, pas de défis, pas de systèmes de jeu : seule votre imagination, au travers de votre plume numérique, est requise dans ce sujet saisonnier. XP à la clé, bien évidemment, à la hauteur de la qualité de vos textes. Cela peut être du one-shot ou s'étaler sur les deux RP, une nouvelle ou un texte court (en respectant les règles de rédaction du forum, bien sûr), seul(e) ou en groupe. Faites-vous plaisir :clindoeil:

Fin de l'événement temporaire : le 7 septembre au soir

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Le Jour de Folie.
« Ce n’est pas le jour de folie qui compte : c’est son lendemain ! »

Le Jour de Folie est l’une des rares fêtes associées au nom de Ranald. Les nobles comme les roturiers ne manquent le jour de folie pour rien au monde, même si les ascètes et les personnages austères voient cet événement d’un mauvais œil. C’est le jour où les conventions sociales sont bouleversées, les dirigeants devenant serviteurs, tandis que ceux qui sont leurs subordonnés le reste de l’année sont traités comme des seigneurs. Les réjouissances ont lieu en pleine rue. Les gens portent des costumes colorés et des masques étranges afin de cacher leur identité (souvent fort médiocrement). L’ivresse, les chants et les farces anodines sont de mise. C’est l’occasion pour les notables d’éprouver l’âpreté qu’ils font souvent subir aux autres, mais rares sont en réalité ceux qui acceptent d’être malmenés par leurs subalternes, qui doivent finalement faire attention à ce qu’ils disent et font.
Plus on est de fous, plus on rit ! Aujourd'hui, c'est le Jour de Folie ! Ce petit événement temporaire est l'occasion pour vos personnages de célébrer Ranald et la levée des conventions sociales ayant cours dans l'Empire.

Contrairement au Sonnstille, cet événement est réservé aux Humains (de tout bord), Halflings et Vampires (pour peu que leur apparence le leur permette).

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Le Jour du Souvenir.
« Le souvenir, c'est la présence invisible. »

Les Nains ne vénèrent pas des Dieux relevant d’un autre monde, mais leurs ancêtres. Ils croient que les esprits des ancêtres veillent sur eux, guident leurs actes et jugent leur comportement et leurs mérites. Les Dieux Ancestraux font partie de ces ancêtres et sont tout particulièrement révérés.

Le Jour du Souvenir est ainsi une date majeure et sinistre pour les Nains. Les chants contant les épreuves et batailles épiques des Tueurs, des Longues-Barbes et les Brise-Fers animent les palais des Nains. On rend alors hommage aux Ancêtres en rappelant leurs exploits au fil de nombreuses chopes de bière.
L'heure est aux recueillements et aux hommages dans la Société Naine. Ce petit événement temporaire est l'occasion pour vos personnages de célébrer la culture Naine et plus précisément son culte des Ancêtres, éléments très importants de leur société.

Contrairement au Sonnstille, cet événement est réservé aux Nains..

Bon amusement et bon jeu :happy:
Je ne suis qu'un voyageur
Sous le soleil et la pluie
Je ne suis qu'un voyageur
Et je retourne au pays

Je n'ai plus que mon cheval
Mon cheval et mes habits
Des habits qui me vont mal
Et je retourne au pays

J'ai couru le monde, mais ma raison
M'a dit que le monde, c'était ma maison

Je ne suis qu'un voyageur
Qui chemine dans la nuit
Et je sens battre mon coeur
Car je retourne au pays

J'ai quitté ma blonde, qui m'avait dit
Va courir le monde si c'est ça ta vie

Je ne suis qu'un voyageur
Elle ne m'a jamais écrit
Et maintenant ah j'ai peur
De retourner au pays

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Nola Al'Nysa
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Re: [Mini-Event] Jour de Folie et Jour de Souvenir

Message par Nola Al'Nysa »

Je progressais avec difficulté au milieu de cette foule bigarrée, occupée à chanter, boire et célébrer cette journée si spéciale dans le vieux monde. Les rues de Sartosa s’étaient remplies depuis le début d’après-midi de tout ce que l’île comptait de pirates, de marchands et de voyageurs, tous unis pour une fois dans le seul but de profiter d’une journée de réjouissances folles et sans limites.

Les moindres ruelles de la cité pirate étaient décorées de tentures colorées, les gens étaient déguisés ou portaient des tenues de toutes les couleurs, des échoppes temporaires avaient fleuri à chaque carrefour, vendant de quoi boire, manger et bien plus encore. Ça et là, des cracheurs de feu faisaient admirer leur savoir-faire à la foule amassée tandis que des jongleurs et des acrobates à moitié alcoolisés se lançaient dans des démonstrations des plus périlleuses.

Sur l’île communément dite “des pirates”, on savait d’ordinaire faire la fête, mais je découvrais ce jour une image bien plus folle d’une ville en état de liesse totale. Pourtant, ni moi, ni les trois hommes qui m’accompagnaient n’avions l’esprit à la fête. Nous remontions tant bien que mal la rue principale, traversant les volutes de fumée et esquivant les groupes de badauds, chantant à tue-tête en se tenant par les épaules, en direction des maisons plus luxueuses situées dans les hauteurs de la ville. Jax, Andrew, Nordim et moi-même avions été chargés quelques jours plus tôt par le capitaine Syrasse de récupérer une carte appartenant au capitaine du Vengeur, Alvaro de Tujan, que ce dernier gardait précieusement dans un coffre chez lui, d’après des informations qu’avait obtenues notre capitaine à prix d’or.

Le jour Folie était l’occasion parfaite pour nous de nous introduire dans la demeure du réputé capitaine De Tujan et de subtiliser le précieux document sans se faire repérer en profitant de ce que la ville entière était occupée à fêter dignement la folie. C’était vicieux et malhonnête, mais comme l’avait fait remarquer le vieux Gindast, nous étions des pirates, et c’était notre nature d’être fourbes. Notre petite équipe avait été constituée par le capitaine en personne : Nordim et Andrew, deux colosses taciturnes avaient été choisis pour leur fiabilité ainsi que pour leur compétence à casser les crânes de quiconque pourrait tenter de nous faire obstacle tandis que Jax, plus habitué à évoluer dans les gréements que sur le plancher des vaches et moi-même avions été désignés pour notre agilité et notre discrétion.

Notre groupe ainsi formé, nous avancions à pas vif en direction de notre cible. Nous nous déplacions deux par deux, afin de ne pas trop éveiller l’attention. Chacun d’entre-nous portait sur le visage un masque fait de bois et de tissus, à l’instar de la plupart des gens se pressant autour de nous, ce qui nous promettait un anonymat quasi-certain. Pour ma part, j’avais enfilé un masque représentant un loup, fait d’un savant assemblage de pièces de cuir, de bois et de velours noir qui couvrait mon visage de mon front jusqu’en dessus de mon nez, laissant ma bouche libre de respirer facilement et retenu derrière ma tête par un lacet souple mais robuste. Outre ce déguisement, je portais mon habituel pantalon et ma brassière de cuir. J’avais en revanche dû abandonner mes épées jumelles et me contenter de partir avec une simple dague dissimulée dans ma botte car, comme l’avait fait remarquer à juste titre le capitaine Syrasse, un groupe armé au milieu de la fête de la Folie attirerait sans aucun doute des regards suspicieux, et il nous fallait à tout prix rester discret pour ne pas déclencher une guerre terrible avec celui que nous comptions détrousser. Pour parachever cela, je portais une veste de tissu noire, sur lequel des morceaux de fourrure avaient été cousus, afin de compléter mon déguisement de loup et de dissimuler mes bras, notamment celui portant des tatouages si particuliers et reconnaissables.

Alors que je m'apprêtais à traverser la grande rue pour pénétrer dans une ruelle parallèle, je dus m’arrêter pour laisser passer un chariot sur lequel un ensemble hétéroclite de marins jouaient un air entraînant, amenant les passants autour à se lancer dans des danses plus ou moins chorégraphiées. Derrière, on apercevait tout le cortège descendant la ville vers le port de Sartosa. Des gens à pied, des charrettes à bras ou tirées par quelques animaux constituaient l’essentiel de la procession, mais ce qui était le plus impressionnant était le char fabriqué chaque année pour l’occasion sur lequel une sculpture grossière avait été installée. Celle-ci représentait Abd al Wazaq, ancien émir de Sartosa vaincu par les mercenaires de Luciano Catenan en 1501 du calendrier impérial. Sa défaite avait entraîné la perte définitive de l'île pour l'Arabie et sonné le début de son indépendance. Chaque année, durant le jour de la folie, on faisait descendre un char sur lequel on installait un immense personnage censé le représenter pour aller le brûler dans le port. Autour de la sculpture, des danseuses installées sur des petites tours en bois faisaient bouger leurs corps pour le plus grand plaisir de la foule amassée sur les bords de la rue. Elles représentaient les “milles femmes de l’émir” car la rumeur disait que Wazaq était à la fin de sa vie devenu tellement paranoïaque qu’il ne faisait plus confiance qu’aux femmes de son harem, femmes qu’il avait formées pour être ses gardes du corps. Pourtant, de l’avis de beaucoup, cela n’était qu’une simple excuse trouvée par l’émir pour passer plus de temps en charmante compagnie.

- « Tu danses ma jolie ? » me demanda un pirate en posant sa main sur mon épaule. Détournant le visage pour échapper à l’odeur de son souffle aviné, je me dégageais d’un coup d’épaule et il s’éloigna sans rechigner, en quête d’une autre cavalière. Derrière le chariot, un groupe d’hommes déguisés en femme s’avançaient, déclenchant l’hilarité générale parmi la foule. Je les regardais du coin de l'œil, ne pouvant m'empêcher de grincer des dents devant la parodie ridicule qu’ils offraient. Je traversais la rue juste après leur passage, avant de me faire coincer par la suite de la procession et repris ma progression, quelques mètres derrière Jax, en direction des quartiers plus huppés.

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Plus nous remontions vers les hauteurs de la ville, plus la clameur des festivités diminuait et c’est dans un calme relatif que nous arrivâmes enfin à destination. La bâtisse était entourée d’un haut mur de pierre et depuis la rue, elle semblait calme et déserte. De rares passants se pressaient le long de l’enceinte, se dirigeant vers le centre-ville pour participer eux aussi aux réjouissances et aucun d’entre eux ne semblait s’intéresser à notre petit groupe. Alors que nous patientions nerveusement sous un porche, attendant que la rue soit déserte, une occasion se présenta enfin. Adrew et Nordim traversèrent la rue en courant, le premier s’agenouilla devant le mur tandis que le deuxième se mettait debout, adossé à l’enceinte. Assurant une dernière fois le rouleau de corde accroché à mon épaule, je m’élançais à mon tour. Vive comme une panthère, je traversais la rue en trois pas puis, profitant de mon élan, je pris appui sur la jambe d’Adrew, puis je sautais sur les épaules de Nordim. La, je m'immobilisais, la poitrine et la joue collées à la pierre poreuse le temps qu’Andrew se redresse. De ses mains, il attrapa mes mollets pendant que Nordim fléchissait les jambes.
- « Prêt ? » demanda Nordim
- « Prêt » répondit Andrew « Nola ? »
- « Quand vous voulez les gars »
- « Ok, à trois… » dit Nordim, pliant davantage les jambes.

Ils comptèrent ensemble et à trois, me projetèrent de toutes leurs forces vers le haut. Je m’étais repliée sur moi-même durant le décompte, et lorsque mes pieds quittèrent les épaules de mon compagnon, je me détendis tel un félin mon bras tatoué tendu vers le haut. J’agrippais de justesse le rebord du mur, me balançant dans le vide quelques instants. D’un regard vers le bas, je vis Andrew et Nordim, les bras tendus, prêts à me rattraper en cas de chute. Je grognais et en contractant mes abdominaux, je parvins à accrocher ma deuxième main au sommet du mur. La pierre était poreuse et elle s’effritait sous mes doigts, compliquant mon escalade. Alors que j’oscillais dans le vide, un sifflement sec retentit. C’était le signal de Jax qui, resté en retrait, nous prévenait que du monde arrivait dans la rue. Pestant, Andrew et Nordim se retirèrent en hâte, me laissant sans filet de sécurité, avec seulement quelques secondes pour terminer de franchir le parapet. Positionnant mon pied droit contre la façade de pierre, je pris une grande inspiration, puis, d’un seul geste, je poussais de toute la force de ma jambe tandis que j’effectuais une traction de mes deux bras. D’un bond, je me retrouvais à califourchon sur le sommet du mur large d’un demi-mètre.

Alors qu’un petit groupe de personnes débouchait du coin de la rue, j’eus tout juste le temps de me laisser tomber de l’autre côté de l’enceinte, me retrouvant à nouveau pendue dans le vide, me retenant à la force des bras. Les pas se rapprochaient lentement, sans précipitation mais je me rassurais en me disant que si j’avais été repéré, les passants auraient accouru dans ma direction ou auraient au moins crié pour avertir les gardes. Alors qu’ils arrivaient à ma hauteur, ils s’arrêtèrent proche de l’endroit ou je me trouvais et des échos d’une conversation me parvinrent.

Je pestais intérieurement, alors que la discussion s’attardait sur des sujets à la banalité ridicule. Je sentais mes bras qui commençaient à se tétaniser, mais je savais que si je lâchais prise, je ne pourrais pas escalader le mur lisse seule depuis l’intérieur. Il me fallait donc tenir si je ne voulais pas me retrouver prise au piège dans la tanière de celui que j’étais censé voler. Mes mains glissaient petit à petit et sous mon masque de loup, des gouttes de sueurs coulaient, me piquant les yeux. Je sentais les muscles de mes bras gonflés par l’effort et mon souffle devenait de plus en plus haché.

Enfin, après un moment qui me sembla durer une éternité, la petite troupe sembla se disperser. J’attendis encore quelques instants, jusqu’à ce que je sente mes bras à la limite de me lâcher et dans un ultime effort, je me hissais de nouveau au sommet du mur, haletante et transpirante, ma tenue en peaux de bêtes me tenant horriblement chaud. Je me plaquais contre l'arête du sommet, le regard aux aguets, mais rien ne semblait plus bouger. J’attrapais ensuite la corde toujours enroulée autour de mon épaule et j’en jetais une extrémité sur un arbre proche. Je dus m’y reprendre à 4 fois avant de parvenir à lui faire faire le tour du tronc puis d’en récupérer l’extrémité. Je tirais pour dérouler la longueur autour de mon épaule, laissant l’autre morceau descendre dans la rue. Enfin, lorsque Jax tira deux coups sur le morceau qui pendait dans le vide, je me campais fermement sur le muret, contractant mon ventre et mes jambes en tenant l’autre extrémité. Il commença à grimper et malgré son petit gabarit, je dus lutter de toutes mes forces pour ne pas partir à la renverse vers l’intérieur du mur d’enceinte.

Heureusement, l’agilité du marin lui permit de gravir le mur en quelques secondes à peine. Il vint ensuite s’installer près de moi, puis, saisissant lui aussi la corde, m’aida à assurer Nordim et Andrew durant leur montée. Une fois que tout le monde eut franchi l’enceinte, je me laissais tomber dans l’herbe à l’intérieur de la propriété, puis, j’enroulais rapidement la corde avant de la dissimuler sous un bosquet de plantes basses et touffues.
- « Et maintenant ? » demandais-je à mes compagnons.
- « On pénètre la maison, mais en silence » dit Nordim de sa voix bourrue.

Nous fîmes discrètement le tour de l’habitation, cherchant un moyen de pénétrer les lieux quand j’aperçus un petit balcon. Tapant sur l’épaule de Jax qui me précédait, je lui désignais d’un mouvement du menton l’accès, sollicitant son avis. Il réfléchit un moment puis acquiesça de la tête.
« Andrew, Nordim » dit-il un chuchotant « Vous allez m’aider à monter là avec Nola, puis vous vous occupez de nous préparer une sortie. Si dans une heure on n'est pas de retour, partez. »
Sans un mot, ils acquiescèrent à leur tour, et se mirent en position pour nous faire la courte échelle. Le balcon n’était pas aussi haut que le mur d’enceinte et il nous fût facile de nous y hisser.

Une fois parvenue sur la terrasse, je me frottais les mains sur les cuisses, attendant que Jax me rejoigne. Puis, sans un bruit, nous nous avançames vers le rideau cachant l’ouverture vers l’intérieur de la maison. Je l’écartais délicatement, découvrant une chambre chaleureuse et déserte. Un lourd lit en bois clair trônait en son centre et le mur était totalement caché derrière une grande armoire dont l’une des portes était ouverte, laissant voir des robes et autres vêtements féminins.

Nous échangeâmes un regard interdit, puis, d’un commun accord, nous traversâmes la pièce jusqu’à la porte. Je collais mon oreille contre le battant de bois, des sons étouffés me parvenaient, mais je jugeais que cela devait être au rez-de chaussé de la demeure. J’ouvris lentement la porte et passais une tête par l’ouverture. Des rires et de la musique montaient en effet de l’étage inférieur, mais le couloir lui était désert.
« Tu vas à gauche, je pars à droite » dis-je à Jax dans un souffle.

Sans perdre plus de temps, nous nous séparâmes. Je tournais à l’angle du couloir et débouchais sur une galerie qui traversait un espace découvert, donnant une vue plongeante sur la salle de réception en dessous. Je m’avançais en silence, le dos collé au mur, essayant de disparaître dans les ombres du couloir, en bas, une étrange scène se jouait. Des hommes et des femmes buvaient et mangeaient alors que dans un coin, un petit orchestre jouait de la musique. Assis dans un épais fauteuil de velours rouge, un vieil homme à l’air revêche souriait à une jeune femme masquée qui le maintenant enfoncé contre le dossier de son siège en lui posant un pied sur la poitrine. Ses jambes étaient nues, mais elle portait de lourdes bottes de marin. Comme vêtement, elle n’avait sur les épaules qu’une veste luxueuse de capitaine, ainsi qu’un tricorne qui recouvrait ses cheveux blonds. Je me doutais que cela devait être un jeu de rôle malsain auquel s’adonnaient les riches propriétaires de Sartosa, le jour de la folie permettant d’excuser les fantasmes les plus spéciaux.

Me détournant de cette scène, je finis de traverser la galerie d’un bond et me trouvais dans un petit couloir large avec une porte de chaque côté. La première s’ouvrit sans opposer de résistance et je découvris une chambre spacieuse et richement meublée. La seconde en revanche était verrouillée. J’étouffais un juron, tentant de forcer la serrure en restant discrète, mais celle-ci ne semblait pas vouloir céder.

Retournant dans la chambre, je m’emparais d’un tisonnier posé à côté de la cheminée, puis, je l’insérais dans l’espace entre la porte et le mur. Je poussais de toutes mes forces sur la barre de fer, sentant le verrou gémir sous la pression. D’un coup, il sauta et en l’absence brutale de résistance, je me cognais contre le mur. Je me redressais d’un bond, tendant l’oreille pour chercher à savoir si quelqu’un avait entendu du bruit, mais aucun signe inquiétant ne me parvint. Massant mon épaule douloureuse du choc contre le mur, je pénétrais dans le bureau, fermant tant bien que mal la porte derrière moi.

Je fis le tour de la vaste pièce du regard. Confortablement meublé, l’endroit était également très bien pensé. Une vaste table de travail occupait le centre tandis qu’au fond, proche de la fenêtre, un bureau en chêne recouvert de document attira mon regard. Il y avait aussi des étagères remplies de classeurs, de livres de comptes et de divers instruments dont je ne parvenais pas à comprendre l’existence. Quelques breloques qui me semblaient bon marché décoraient la petite pièce, peut être des souvenirs d’anciens voyages ou de quelques aventures exotiques.

M’exhortant au calme, je décidais de commencer par parcourir les documents sur le bureau. Je ne m’encombrais pas à fouiller subtilement, le temps me manquait et le verrou cassé était une preuve accablante d’une intrusion. J’ouvrais donc frénétiquement les classeurs et étagères, jetant au sol le contenu qui ne m’intéressait pas, sans égard pour la fragilité des livres et parchemins que je manipulais. Après plusieurs minutes qui me parurent durer une éternité, je trouvais enfin ce que je cherchais : une carte en forme circulaire avec un trou en son centre. Cette partie manquante de la carte, c’était le capitaine Syrasse qui l’avait en sa possession, et avec ce que j’allais lui rapporter, il serait en mesure de nous conduire au point qu’elle indiquait.

« Qu’est-ce que vous faites ici ??! »
Je me figeais en entendant ces mots. Je me retournais et me trouvais face à la jeune femme en tenue de capitaine aperçu quelques instants plus tôt dans la salle de réception. Elle avait enlevé son chapeau qu’elle tenait à la main, dévoilant des traits doux et juvéniles.
« Qui êtes-vous ? » reprit-elle, ses yeux essayant de percer mon masque, cherchant peut-être à reconnaître une invitée.
Comme je ne répondais pas, elle continua :
- « Savez-vous au moins à qui vous vous en prenez ? »
- « Oui » répondis-je simplement.
Je lui souris tout en reculant pas à pas vers le fond de la pièce. Elle n’était pas armée, mais la distance qui nous séparait était trop grande pour que je puisse l’atteindre avant qu’elle ne crie.
- « Alors vous êtes folle » poursuivit-elle.
- « C’est le jour ou jamais, non ? » dis-je avec un sourire espiègle.
Mes fesses rencontrèrent le bord du bureau, je jetais un coup d'œil en arrière, par la fenêtre.
« N’y pensait même pas » dit soudain la jeune fille, comprenant mon attention. Mais alors qu’elle ouvrait la bouche pour appeler du renfort, je décidais d’agir.

D’un geste sec, je tirais sur le grand rideau bordant la fenêtre, puis, j’enroulais à la va vite le tissu autour de mon coude avant de frapper le carreau. Celui-ci explosa en de nombreux morceaux et je terminai de me dégager un passage, protégeant mon bras à l’aide du tissu épais. Alors que j’enjambais le rebord, je me retournais vers la jolie blonde qui, immobile, me regardait médusée.
« Désolé » lui dis-je avec un dernier sourire avant de me laisser tomber de l’autre côté.

Je me réceptionnais lourdement sur mes deux pieds, puis, sans plus chercher à être discrète, me précipitais vers l'endroit où j’avais caché la corde. Lorsque j’arrivais proche du mur d’enceinte, Andrew était déjà à califourchon dessus et Nordim était déjà repassé de l’autre côté. En dessous d’eux, deux gros tonneaux avaient été installés l’un sur l’autre, formant une échelle de fortune. Je jetais le paquet contenant la carte à Andrew, puis me retournais en entendant un cri derrière moi.
« Ici, il y en a un »
Un garde criait, désignant Jax d’un doigt. Ce dernier traversait le jardin ventre à terre. Andrew se laissait déjà tomber dans la rue de l’autre côté.
« Dépêche-toi » hurlais-je à mon compagnon tandis que je commençais à escalader les tonneaux à mon tour. Un coup de feu retentit et je vis une balle ricocher sur le mur à un bon mètre de moi. Une fois sur le sommet, je m'allongeais, tendant la main vers le bas pour permettre à Jax de monter plus vite. Trois nouveaux coups de feux partirent, passant de peu au-dessus de moi ou se fichant dans les tonneaux. Enfin, Jax arriva à ma hauteur et d’un bond, il sauta et attrapa ma main. Je fis un effort énorme pour le hisser jusqu’à moi, et d’un même mouvement, nous nous laissâmes tomber dans la rue. Je me réceptionnais d’une roulade à demi-maîtrisée tandis que Jax retombait sur Nordim. D’un bond, je me relevais et nous partîmes en courant vers le centre-ville alors que derrière nous, le bruit de nos poursuivants se faisait déjà entendre.

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Pourtant, très vite, nous réussîmes à les semer, car une fois retournés dans le plus gros des célébrations, nous nous dispersâmes. Au milieu de cette foule bigarrée et masquée, chercher quelqu’un en particulier était impossible, nous le savions et nos poursuivants eux aussi. Après avoir repris mon souffle, je pris donc la direction du port, mais sur le chemin, je m’arrêtais devant l’échoppe d’une veille femme. Celle-ci fabriquait des masques en tous genres et sans trop y réfléchir, je lui achetais un voile bleu, apparemment inspiré des coutumes d’Arabie.
« Hé m’dame, vous avez fait tomber votre masque »
Je ne me retournais même pas à cette remarque, laissant derrière moi le masque de loup qui serait à n’en pas douter, soit ramassé par quelqu’un d’autre, soit piétiné d’ici quelques instants.
C’est avec le plaisir du travail bien fait que je descendis donc rejoindre mes compagnons à la taverne proche du port ou nous nous étions établis. Je pris le temps de flâner un peu et de profiter des animations, apercevant à un moment un groupe d’hommes armés et non déguisés qui, rouge et couvert de sueur, s'en retournaient bredouille vers les hauteurs de Sartosa.

Les célébrations se poursuivirent tard dans la nuit, et c’est avec satisfaction que je m’y joignis, profitant de tout ce que pouvait offrir cette drôle de fête. C’était en effet une folle journée, et quel meilleur jour que celui-ci pour tenter une opération aussi périlleuse et insensée que celle que nous venions de réussir ? Le jour de folie portait décidément bien son nom.

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Dans mon sac de matelot
J'ai mis tout c'que j'avais de plus beau
Souvenirs de tous pays
Bouteilles de rhum et de whisky
Une montre qui ne marche pas
Ma pipe et mon tabac
J'y ai mis l'harmonica
Qu'j'avais acheté à Sartosa
Avec mon harmonica, je souffle la voile
A l'harmonica, l'harmonica
Pour naviguer la smala, écoutez ça les gars
Faut faire l'harmonica
La vie est un chemin qui se parcourt dans un seul sens. On peut choisir sa destination, réfléchir quand on arrive à une intersection, ralentir, accélérer, décider de ne plus refaire les mêmes erreurs, mais on ne revient jamais en arrière.

Nola Al’Nysa, Voie du Forban
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Mon histoire : wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_nola_al_nysa

Dessins de Nola Al'Nysa réalisés par NmForka :
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Snorri Sturillson
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Re: [Mini-Event] Jour de Folie et Jour de Souvenir

Message par Snorri Sturillson »

- " Snorri, viens te coucher !"

Le son résonne dans le couloir du demi sous-sol.

- "Je finis de lire mon liiivre !" réponds nonchalamment le petit dernier.

Quelques bruits s'étouffent, une page se tourne. Cela parlait de dragons, de coffres et de présages anciens.

- "Tu le finiras plus tard, allons ! Viens, j'ai moi aussi un livre que je veux te montrer !"

Ni une ni deux, le jeunot se lève, referme le lourd grimoire en geignant, puis le pose sur la table, au hasard. Les savattes ricochent sur le carrelage, sonnant d'un "clic-cloc-cloc-clic" entre les rainures et les encadrements de portes. Il avait traversé la maison en deux soufflets, sans prendre le temps de respirer.

- "Allons, mon petit, ne t'énerves pas avant d'aller au lit. Viens, regarde ce que j'ai à lire ce soir"

Les petites billes d'ambre sombre lorgnaient l'inconnu carnet avec attention. Il y avait une épaisse reliure de cuire, une boucle assez fine, et même un marque-page issu d'un ruban intact et cramoisi. La mère tapota le sommier tranquillement, et le jeune garçon s'exécuta. Une fois en haut du matelas, il s'inséra sous les couvertures, avant de s'asseoir contre un épais et pourtant dur oreiller.

- " C'est quoâââ ?" dit-il avec insistance.

- " C'est un livre d'histoires, vois-tu. Des histoires sottes, mais attention, elles sont toutes vraies", fit-elle en lâchant un de ses épais sourires maternels.

- "Mais si c'est vrai, Mère, ça ne peut pas être idiot. C'est vrai, ou si ... ?

- Ch-ch-ch, ne t'emportes pas. Assieds-toi bien et - Tu t'es bien lavé les mains avant de venir ?

- Oui, oui-oui, Mère. Enfin, après manger, et avant de passer dans la salle des étagères...

- Le bureau, Snorri, le bureau. C'est la vieille étude, tu le sais pourtant. Tu n'as rien dérangé, n'est-ce pas ?

- N-non-non. Juste le livre avec les dragons et les grosses cases qui ..."

Il se perdit dans ses pensées, la tête basse. Sa mère lui releva le menton, chatouillant sa tignasse noire de l'autre main. Snorri ne comprenait pas pourquoi elle faisait ça, surtout qu'elle le faisait souvent. Lorsqu'elle arrêta, elle reprit le livre, et commença à en feuilleter les pages.

- "Qu'est-ce que ça dit ?

- Qu'est ce que cela raconte, Snorri. Un livre ne dit rien, il raconte des choses."

Il fit un oui de la tête.

- " Et qu'est-ce que cela raconte ?

- Eh bien, tout commence lorsque deux nains sont sur la terrasse d'-

- Ils sont vieux, ces nains ?

- Oui, très.

- Et ils sont bien habillés ?

- Oui, c'est même certain. Je peux continuer ?"

Il écarquilla les yeux, avant de faire un autre "oui" de la tête, plus nerveux et plus docile cette fois.

- " Les deux nains étaient donc sur la terrasse ..."

L'histoire commençait assez simplement. Deux nains, quelque part, sur une terrasse en train de discuter. Le tonnerre gronde, quelque chose se passe, quelque chose d'étonnant. Seul l'un des deux nains ne semblent pas s'y intéresser. Le bruit s'éloigne, et les nains changent de sujet. L'un parle de bijoux, de vêtements, de musique ; L'autre de la communauté, de sa famille, des traditions. Bref, deux nains normaux qui discutent entre nains. Et là le bruit revient, et de nouveau quelque chose survient.

- " Tonnerre, un rhinox, s'écria l'un des nains !"

Snorri n'avait aucune idée de ce qu'était un rhinox, mais il l'imaginait énorme, bruyant et sale, comme bien des choses à Nuln. La chose s'en va, et les deux nains reprennent leur discussion plus ardemment, arguant que c'était un Rhinox d'Inja, l'autre un Rhinox du Kislev. Voilà qu'ils s'énervent, se fâchent, se lèvent, et l'un des nains s'en va.

- "C'est quoi un Rhinox d'Inja ?

- On y vient Snorri, on y vient. Ecoute bien, la suite est importante..." fit-elle en lançant un regard amusé.

Alors l'histoire avance au lendemain, et nombreux sont ceux qui discutent de l'événement. Peu de gens croient à la venue d'un Rhinox, et bon nombre de nains et naines y vont de leur avis. Certains y vont à la rigolade, arguant que "c'était peut-être un éléphant, sans sa trompe et toutes ses dents !", ce qui fait beaucoup rire Snorri et sa maman. Tous les Nains du Monde savaient que les éléphants n'existaient pas, sauf dans les terres lointaines comme les îles par-delà l'Inja.

- "Et là, tout à coup, une naine déboule, roule et roule et tout chamboule. << Au secours, au secours >>, qu'elle s'écrie, << On me poursuit ! >>"

Là, Snorri s'enfonce dans son coussin, les yeux écarquillés, la couverture jusqu'au nez. Les nains s'organisent, se préparent à un choc, mais la chose reste bloquée dans les escaliers. Là, les nains rigolent, puis ils remarquent l'absence de l'un d'eux. La scène s'allonge, jusqu'à ce que la naine s'exclame :

- " << Et si ce Rhinox, c'était mon mari ? >>. Alors là, les nains s'affolent : comment pouvait-on transformer un nain en Rhinox ? C'était anormal, contre-nature, et certainement sorcier."

Les yeux grands comme des soucoupes, Snorri dévorait chaque syllabe que sa mère prononçait. Alors, les nains se barricadent, établissent un plan, des idées de camp, mais la naine s'échappe, sur le dos de son Rhinox-mari !

Très vite, il ne reste plus que les deux nains du début. L'un d'eux tombe malade, commence à grogner, à tousser dans sa barbe.

- " Alors, pour faciliter sa toux, il tresse ses mèches, les attachent à des poids, mais lorsqu'il enlève son chapeau - misère, il a une bosse, grosse comme ça " fait-elle en tapant du poing sur son front.

- "Peu à peu, il grogne et tape du pied, frottant la poussière avec ses bottes, grattant ses joues qui se font dures comme du grès..."

Un certain temps passe, où le nain valide tente de sauver son ami grognon. Snorri est au fond du lit, encastré dans l'oreiller, le matelas tordu et écrasé jusqu'aux lattes du sommier.

- "Et là, tout-à-coup ! << JE SUIS RATAKHZES ... >>"


***

- " BLOUARGHAGHOUARGHAAAA !"

- "Rhinox !"

Ni une ni deux, les mains du nain trouvent la crosse et le canon. D'un unique geste, il bondit de terreur, déballe les draps dans son saut, et botte des deux pieds sur ce qu'il pense être la face de l'ombre voûtée sur lui. Les talons touchent, quelque chose craque, comme une noix que l'on presse.

- " Trigvald !

- Oh merde !

- Mon nez !"

Là, dans un ultime effort, Snorri se retourne, attrappe ce qu'il pense être une crosse, et se retourne à nouveau.

- "Putain, il 'a pété l'nez !"

La cervelle en plein bouillon, Snorri comprend. Cette voix, c'est Trigvald Trikarsson, le quatrième fils du troisième plus grand fondeur des Quatre Cascades. Envahi par une humeur plus proche du fauve que du nain, l'apprenti s'exclame en tremblant :

- " Rhinox ! Kh-kh-kh ! Où qu'c'est qu'il est ?

- Tu 'as pété l'mez, abruti d'sans-terre !

- Ouais, t'as déconné Sturillson !

- Bon sang, Snorri, c'était une blague ! On est l'jour du Souvenir, merde !"

Instinctivement, il répond :

- "Ouais, bah au moins celui-là il s'en souviendra ! Faites pas les malins, sinon vous aussi z'allez vous en souvenir !

- Qu'est ce que c'est que ce truc ?

- T'as trouvé ça où ? Y'a même pas de fût sur ta quincaille !

- P-peut-être, mais avec ça, j'peux vous friser les orteils sans vous sortir d'vos bottes ! Approchez-pas !"

Cette fois, Snorri est lové contre la tête du lit, arme en main, tournant frénétiquement la manivelle en cuivre crénelé.

- " Ca sent bizarre ton truc.

- Moi j'dis qu'y bluff.

- Il m'a quand même 'été l'nez !

- Amenez-vous, si ça vous chante !"

Cette journée, en effet, tous s'en souviendraient. Sturillson pour son rêve étrange, les autres pour la réaction surprenante du nain qu'ils avaient pourtant tous jugé comme pataud et peu réactif. Restait alors à expliquer aux maîtres et à tous les invités du banquet de la Guilde comment Trikarsson s'était ... eh bien ... << cogné le nez en voulant ranger les calibreuses pour tuyaux >>.
Snorri Sturillson
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"Vous n’avez pas le droit d’avoir votre opinion. Vous avez le droit d’avoir votre opinion renseignée.
Personne n’a le droit d’être ignare.
"
Snorri dans un univers parallèle très mignon et propre :
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Yan Xishan
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Re: [Mini-Event] Jour de Folie et Jour de Souvenir

Message par Yan Xishan »

L'ambiance en taverne était à la fête. Des tonneaux des boisson avaient été fendus par les colons. Les guirlandes de fleurs couronnant les servantes aux robes virevoltantes attisaient cette ambiance folle et joyeuse. Les chants, danses et le carnaval étaient l'occasion pour une populace oisive de s'adonner aux festivités et loisirs offerts à grands frais par le trésor public.
Ici bas l'on voyait un jongleur impressionner l'auditoire de ses jeux de couteaux volants. Le halfling dans la rue, dos à son échoppe, faisaient profiter de ses fumets de saucisses bien grasses au tout venant. Les sylvanis offraient leurs théâtres de marionnettes. Des tonneaux où de l'eau bouillait, teintée de quelques feuilles parfumées, servaient de réserves où les passants aux choppes de bois se servaient en ce "thé". Des nains braillaient leurs chants, sans jamais quitter de l’œil leurs tonneaux de bières. D'exotiques cavaliers faisaient office de leurs instruments de musique.
Et l'on se grimait en de multiples de personnages étranges et variés.

Là dehors l'ambiance était à la fête.

Dans la taverne en revanche, c'était une autre ambiance. Des hommes en armes avaient réservés l'ensemble de l'auberge. Grimés en clowns, fous, amuseurs ou courtisans. Et une bande de culs terreux, bergers, paysans ou éboueurs. Parmi eux, Yan Xishan, envoyé de Fatandira. Celui ci et ses compagnons avaient organisés cette entrevue avec le véreux aventurier bretonnien, un certain "Bob Dernard". Les tractations avaient été mises en place. Lors du jour du carnaval, ceux spécialisés dans l'exercice de la violence devaient se joindre à la foule, s'en aller vers l’hôtel du prince puis effectuer une révolution de palais.
Fatandira leur avait donné les fonds nécessaires pour payer Denard pour ses services.
Le signal de lancement du complot fut l'ovation au dehors, des premières lances de cavaliers se brisant. La joute avait débutée.
Un par un, des petits duos sortaient de l'auberge, par devant ou bien derrière. Armes dissimulées sous les vêtements, ils se fondirent dans la foule en liesse. Leurs alliés ranaldiens veillaient à réduire au silence les indics de Levrellian, cette chienlit à la solde de Strykssen...

La révolution était en marche.
Si un est supérieur à d'autres, alors il doit protéger ceux lui étant inférieur. Et si un est inférieur, alors il doit uniquement s'acquitter de sa tâche diligemment. Le rang ne fait pas l'individu, mais les individus font leur rang.
Ceux qui changent selon leur rang sont de petits hommes. A l'inverse, ceux qui s'acquittent de leur tâche - qu'elle soit aisée ou difficile - diligemment, peu importe leur rang, sont ceux qui sont nommés "nobles". Pour parvenir à un but, il n'y a pas une méthode mais plus de dix.
24 — « De sinistres bourgeons dans ton sang se décomposent. Et ton désir de savoir pourquoi termine tout. »
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Rovk Alister
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Re: [Mini-Event] Jour de Folie et Jour de Souvenir

Message par Rovk Alister »

Des cris de joie accompagnent cette belle soirée, car demain est une journée, sacrée. Les Vitkis et les Völvas des clans partout en Norsca préparent des masques bestiaux. Rovk et sa maîtresse, Ella, n’échappent pas à ce devoir. Aigle, ours, loup, mais aussi écureuil, renard, corbeau et bien d’autres bêtes sont en train d’être représentés. C’est un travail long, mais il le faut car le rituel de la Vilda Människor n’attend pas.

Le jeune homme s’occupe simplement de vérifier que toutes les bêtes du royaume animal puissent être incarnées. Il doit aussi placer le masque sur la tête de celui qui sera affecté par le rituel. Il espère que ça se passera mieux que la dernière fois. Ainsi, les Norses locaux viennent se rassembler devant la grotte de la Terrible.

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Désormais, le premier homme qui rentre est un baleinier. Petit avec une superbe moustache et un étrange casque, il semble plus malin que costaud, un trait rare chez les Norses. Passant à travers la fumée des herbes allumées, il vient s'asseoir à terre devant la Slaaneshie. Il se laisse peindre le visage avec des peintures aux origines inconnues du jeune apprenti. La sorcière fait un signe à son protégé pour qu’il apporte discrètement le masque dans le dos de l’homme. Elle prend alors la parole avec une voix qui se répète presque instantanément tel un écho impie. Ainsi, un dialogue légendaire prit forme.


Écoute-moi, Baersonling, écoute-moi ! Regarde-moi, homme, regarde-moi !

Tu n’es plus un homme non, tu es une bête.

Par le Chasseur et la Proie, tu es maintenant un Sanglier ! Oui un Sanglier !



Les yeux de son enseignante commencent alors à briller comme deux lanternes, ce qui éclaire un rien à la caverne.


Vous pouvez ne pas me regarder dans les yeux ? Ça picote.

Silence ! On se concentre !

Euh...Où en étais-je?

Ah, oui, un Sanglier!

Tu es un Sanglier ! Un Sanglier, m'entends-tu ? Un Sanglier !


La nuit, ça doit être pratique pour aller pisser dehors.

Assez ! Silence !

Bon. On recommence !


La sorcière soupire aussi fortement qu’un dragon après une telle répartie inattendue de la part du visiteur. Le Slanneshi jure même voir des éclairs dans ses yeux. Il se marre tellement qu’il a mal au ventre.

Tu es un Sanglier par Rpoie et Sacheur Non ! Par Poire et Reusacche, et par oh putain tu m’emmerdes !!!!

Répète après moi : Je suis un Sanglier ! Je suis un San-gli-er !


Tu es un Sanglier ! Tu es un Sanglier !

C’est ça ! Ahah ! Je suis un Sanglier ! Un Sanglier ! Je suis un…


Soudain, les yeux de la Völva cessent de briller et ses joues gonflent comme des crapauds. Ses épaules se lèvent bien haut. Alister obéit alors à la consigne précédente et place le masque du cochon naturel sur la tête de la terrible servante du Prince.
Image
Elle se tord dans tous les sens et grogne comme une truie qu’on à égorgée. Donnant un puissant coup de ses pattes arrière, elle fait voler la table derrière elle et se rue vers la sortie en détruisant ce qui se trouve sur sa route zigzagante.
Ella en forme de Sanglier :
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La soirée devint alors légendaire car la sorcière, traversant le village local comme une furie vivante, fut retrouvée le lendemain nue entourée d’une vingtaine de cadavres étranger inconnus. Une chose est sûre, c’est que les ancêtres ont dû bien se marrer, mais probablement pas autant que le futur Vitki. Ce fut aussi la dernière fois que ce rituel fut effectué par Grimsdöttir.
Fiche : wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_rovk_alister

Stats :
FOR 7 / END 8 / HAB 8 / CHAR 13 / INT 11 / INI 8 / ATT 8 / PAR 8 / TIR 8 / MAG 9 / NA 1 / PV 45/70

État temporaire :


Compétences :
• Chant (B) : Permet de gagner de l'argent en chantant. Donne un +1 pour capter l'attention de cette manière.

• Séduction (B) : +1 pour tenter de séduire.

• Torture (B) : +1 pour faire parler et avouer par la torture.

• Survie en Milieu Hostile (B) : +1 pour les tests de survie dans un tel environnement.

• Éloquence (E) : +1 pour persuader et manipuler verbalement.

• Sens de la Magie (E) : Est capable de ressentir la magie.

• Sixième Sens (B) : Peut ressentir si il est suivi ou épié par un test. Avec un +1 si intentionnel.

• Langue hermétique – Démonique (E) : Sait parler écrire et lire le démonique. (en cours d'apprentissage)

• Alphabétisation (E) : Capable de lire et d'écrire le Norsii (en cours d'apprentissage)

• Doctrine du Culte - Slaanesh (E) : Connait les coutumes et autres connaissances liées au culte de Slaanesh.

• Incantation - Domaine de Slaanesh (E) : Peut utiliser la Magie Chaotique de Slaanesh et la Magie Primaire.
Sortilèges :
• Domaine de Slaanesh
Mineurs :
-Hypnose / 6 mètres / Instantanée / Permet de calmer la cible et la rendre plus sensible aux suggestions.
-Regard du démon / Soi-même / 1D6 heures / Obtient temporairement la compétence “Vision Nocturne”.
-Voile du désir / Soi-même ou Contact/ 1D6 heures / Cache les blessures et autres impuretés et défauts visible.

Moyens:
-Fouets des extrêmes / Soi-même / 1+1D6 tours / Un fouet / Gagne deux fouets magiques, utilise le TIR et gagne le bonus de FOR x1, infligent 12+1D8, Rapide et Long. Le sorcier gagne +1 en TIR et Ambidextrie.

-Lien exotique / 36 mètres / Instantanée/1D6 tours / Fil de soie / Projectile magique, 15+2D10 qui ignore les armures non-magiques. Cible et sorcier sont reliés, permettant au sorcier de se rapprocher ultra-vite et gagne 1 ATT, +1 TIR, et +1 INI face à la cible

• Domaine Primaire
Moyens :
- Guérison des plaies / Soi-même ou Contact / Instantanée / Une plante médicinale / Soigne 10+1d10 PVs, une fois par jour max sur la même cible.
Équipement de combat :
• Bâton Démoniaque : 1 mains / 10+1D8 / 8 parade / "Assomante", utilisable que par les classes magiques / +1 PAR
• Dague de la Béatitude : 1 mains / 12+1d6 / 6 parade / Rapide, -1 ATT et -1 PAR si touché par la dague.

• Tenue de Cultiste : 2 protection partout sauf la tête.
Équipement divers :
- 100 sceattas d'argent
- Une grande sacoche
- Un grimoire
- Un grand pardessus
- Du parfum
- De l'hydromel
- Un sac a sapin
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Martin
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Re: [Mini-Event] Jour de Folie et Jour de Souvenir

Message par Martin »

Middenheim. Jour de folie. 22h08.

Deux louches silhouettes encapuchonnées errent à travers les jardins du collège théologique de la ville du loup. Martin, rude forestier au service du duc du Nordland, et Gavroche, rôdeur et ranaldien. Les deux sont complices pour le casse du siècle. Le roi des bas fonds et le comte électeur du Nordland, à la suite d'étranges événements, ont accouchés d'une alliance instable. Théodoric Gausser est parvenu à rallier à lui une partie de l'aristocratie du Middenland face à ''l'oppression'' des Todbringer.
Et que font ces deux tristes sires dans l'une des meilleures universités du Vieux Monde ? Ils se préparent au cambriolage du Middenpalaz. S'enfouissant dans le konigsgarten, le duo échappe adroitement aux patrouille à l'aide de cordes permettant de passer au-dessus des murs, de même que leurs camouflages adaptés à la ville leurs donnent le loisir d'éviter les altercations au caractère martial.

Arrivés devant le Middenpalaz, les deux compères se défont d'une partie de leur matériel. Se changeant derrière des buissons, ils revêtent les atours de gentilshommes prévus pour l'occasion afin de se fondre dans la soirée. Le comte électeur de Middenheim avait spécifiquement prévu pour l'occasion du jour de folie un bal masqué, déguisé, dans ses quartiers.

Grimés en serviteurs, leur permettant ainsi de se déplacer dans le palais sans accoutrement et le matériel important porté à bouts de bras, les deux compères s'infiltrèrent sans trop de mal à travers les méandres de la fête. Un traître dans la place leur avait dessiné le plan des lieux et l'itinéraire à emprunter.

Accédant au second étage par l'escalier de service, il se rangèrent dans une alcôve et attendirent le changement de ronde. La prochaine était sensée avoir été empoisonnée par quelques somnifères. Les cuisines avaient été infiltrées par un collègue du ranaldien, un mois auparavant.

Lorsque la ronde se présenta, par deux hommes passablement fatigués, les gardes furent changés. Dix minutes plus tard, ceux ci somnolaient. Leur régler leur compte fut aisé, discret et peu difficile : seule frayeur, le bruit d'une hallebarde tombant au sol.

En l'absence de clé pour ouvrir les portes de la salle d'exposition, spécialement fermée pour l'occasion, les compères eurent à forcer la serrure à coups de couteau. Peu discret. Traînant le corps des gardes derrière eux, ils disposèrent de ceux ci en les allongeant derrière la porte. En cas de visite impromptue, les nouveaux venus se auraient à forcer l'entrée pendant quelques secondes et, avec de la chance, se prendraient les pieds dans les corps inconscients.

Il y avait de nombreuses pièces et collections intéressante dans la salle, pourvu que la faible lueur de la bougie sous verre permette de les éclairer. Néanmoins, la seule chose qui les intéressait était la suivante : une main d'acier, avec en son sein un coffre.

La main était une création naine, un piège d'ingénierie fait pour se refermer brutalement si un individu cherchait à vider le coffre au sein de celle ci sans respecter les consignes d'utilisation... uniquement connues des concepteurs et le client.

D'où l'intérêt d'avoir un ''serrurier'' avec soit pour faire office. C'était là le rôle qui était assigné à Gavroche, qui s'était d'ailleurs fendu d'une remarque ironique en observant l’œuvre : tel Todbringer, une main de fer dans un gant de fer.

Ne perdant de temps avec les simagrées de son collègue, Martin, lui commença à mettre en place le matériel d'extraction. Il déploya sa toile, sa lourde bouteille de fonte, lança son grappin à la charpente pour se hisser au plafond, faire une ouverture dans le verre du plafond, en essayant de ne pas se faire éclater le verre au sol....

Puis il redescendit mettre en place le reste de l'opération.
C'est là que Gavroche commença à faire le malin.

Tu devrais faire gaffe avec le verre, T'en a laissé partout au sol. On t’entend à huit lieux.

J'ai toujours eu un poil dans la main, se contenta de répondre Martin.

A priori pas de difficultés majeures. Puis Gavroche fit tomber un de ses outils, alors qu'il était lui même en équilibre sur la main de fer.

Je croise les doigts, rajouta Martin, se sentant soudainement inspiré le chasseur, alors qu'il jouait de son silex.

Ça va aller. Je vais éviter la mise à l'index, dit il en reprenant son outil de travail

Il s'en est fallu d'un pouce ! constata Martin en manquant de mettre le feu à son dispositif de fuite.

Un os ? Hâtez vous je n'ai plus d'ongles.

Toute une articulation. Mais je vais m'en sortir. Ça reste moins dangereux que votre aventure avec votre mimine. lui lança le chasseur, mettant en place son ancre.

J'y suis ! Les doigts dans le nez ! annonça enfin Gavroche.

Ouvrant le coffre, il en sorti un tissu recouvrant un objet en forme de bâton.

Il était temps. Au même moment, des bruits se faisaient entendre depuis la porte.

Ne perdant pas de temps, Gavroche rejoignit Martin et.... Le deux attendirent. Attendirent. Et attendirent. Le dispositif mettait du temps. Le feu y était. Ils étaient eux même sanglés. Restait alors à.... Ça y était. Le machin était en route. Ils étaient partis.

Ayant détruits leur seule source de lumière, les voleurs eurent à cligner des yeux lorsqu'un grand coup fut donné à la porte de la salle des exposition. Une grande lumière venait de percer les ténèbres.
Puis une troupe armée vint entrer. Armée de mousquets et autres joyeusetés à poudre.
Se regardant entre eux, les collègues ne pipèrent mot. Il espéraient que le matériel leurs permettraient de filer à l'anglaise avant qu'on ne les remarque.

A quelques pieds au-dessus du sol, ils observaient comme des spectateurs une nuée de fourmis au sol s'agitant dans tous les sens, à la recherche. A chaque instant s'écoulant, en revanche, le duo priait que nul ne songe à regarder en haut.

Puis un bonhomme en robe avec un bâton, accompagnant un personnage assez charismatique mais étrangement vêtu comme un shayléen, dont il se dégageait une aura particulière, s'avança vers le coffre qui avait été fermé à la va vite par Gavroche.
Et là, quelques poils sur les avants bras de Martin se levèrent. Le type avait le don du troisième œil ! C'était un mage. Et il s'avançait vers le coffre !
Fixant de l’œil son camarade, il vit celui ci faire la tête. Et lui montrer des cailloux qu'il avait en main. Il avait piqué d'autres choses qui étaient dans le coffre ! Des choses magiques !
Les yeux grands d'horreur, Martin observa le bonhomme en robe au bâton ouvrir le coffre, jeter des regards d’orfraie puis se mettre à chanter ! Et de lever ensuite les yeux pour les regarder, eux.
Levant le bras, le mage eu à peine le temps de les pointer du doigt avant d'être réduit en pâtée pour chien par le mécanisme de la main qui' s'était activé.

Mais c'était déjà trop tard. Les hommes d'armes dans la pièce levèrent les yeux. Et virent les deux voleurs qui s'élevaient petit à petit du sol vers le plafond, plafond ouvert, à bord de ce qui ne pu leur apparaître que comme un engin démoniaque.
Faisant feu au jugé, ils tirèrent sur le duo.... Et manquèrent. Ranald merci ce genre d'arme n'était pas fait pour tirer avec pareil angle.

Du haut de leur montgolfière nano-humaine portable, les compères narguèrent l'homme le plus puissant du Middenland, en ayant dérobé à sa barbe son croc runique tout nouvellement repris de Gausser.

C'était là le cambriolage du siècle.
Gamin, un jour ou l'autre tes plans foireux feront de nous des morues salées. Et tu sais quoi ? Je regretterais même pas car je me serais sans doute amusé comme un fou avant d'y passer.
35 — « Quand la langue fourchue et l’œil de chouette se rencontrent, Morrslieb sourit. »
Martin, Voie de la chasse
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Re: [Mini-Event] Jour de Folie et Jour de Souvenir

Message par Franziska Schrei »

La recette secrète
10 Sommerzeit, Jour de Folie


C’était le jour de folie, la journée annuelle où les gens normaux devenaient un peu moins normaux. L’air prenait un parfum de liberté, Ranald investissait tous les êtres, et les rues d’Altdorf s’encombraient du matin au soir de fêtards qui dansaient, buvaient et célébraient en portant des masques de carnaval. Tous se relâchaient, sauf une certaine catégorie d’individus à Altdorf qui ne pouvait de toute manière jamais se relâcher.


Alors que le carnaval battait son plein, que les gens en costumes bigarrés et masqués dansaient dans les avenues, une ruelle, noire, poussiéreuse, servait de Théatre à un sinistre rassemblement.
Sept adolescents étaient alignés devant un mur, droits comme des piquets, les mains dans le dos, portant de sobres tenues noires et des masques basiques pour se fondre un peu dans la folie de ce jour. Une seule des sept silhouette était une silhouette féminine, légèrement plus petite que les autres. C’était tout.
Devant eux, un homme, impossible à classer ou à catégoriser. Cheveux d’un gris pas naturel, un masque blanc, des habits noirs, une canne, il passait devant eux d’une démarche militaire, faisant crisser ses bottes noires sur le sol crasseux. C’était leur maitre, qui les avait fait sortir du collège pour encore un exercice dont il avait le secret. Ses entrainements étaient toujours à la limite de ce que les collèges pouvaient tolérer, jetant ses apprentis directement dans la ville. Pour quelqu’un d’autre il eut été risqué de laisser vadrouiller de la sorte sept apprentis umbramanciens, mais pour lui, c’était un exercice basique, un test des plus élémentaires. De plus, il avait suffisamment de contrôle sur chacun de ses apprentis pour prévoir leurs actions. Il était confiant en lui même, et c’est la seule chose qui se ressentait en le voyant. Le reste était une façade de flegme.


« C’est le jour de folie. L’occasion parfaite de faire un nouvel exercice d’infiltration, pour voir si vous êtres même dignes de notre institution. Mes consignes sont très simples. »


Il fit virevolter vers eux un regard perçant comme une dague.

« Il y a, au bout de l’avenue un aubergiste dont l’enseigne s’appelle "Au gai goret”. Il y a dans cette auberge un cuisinier halfelin du nom de Bombin Dulardon. Ses tourtes ont un certain succès, grâce à sa fameuse recette secrète. »

Il eut un geste théâtral, faisant crisser ses bottes et frappant le sol de la pointe de sa canne.

« Le premier d’entre vous à me ramener la recette secrète de Dulardon sera récompensé. Vous avez jusqu’à minuit. »

Les apprentis cillèrent un peu, chacun secoué d’un frisson viscéral. Leur maitre parlait avec un air placide, si calme et ferme à la fois que ça ne pouvait pas être de bon augure.

« Quelle récompense ? »
Osa demander un garçon.

« Vous faites bien de le demander. C’est un petit exercice sans grande mesure, alors la récompense sera ceci : un repas.

- Comment ça, un repas ? »


Le maitre fit un sourire entendu, pas un sourire sincère, juste la peinture d’une malice calculée.

« Un repas, pas plus, pour le gagnant. Les autres, tous les autres, n’aurez rien à manger du début à la fin de cette journée. Simple. »

Les apprentis baissèrent tous la tête avec tristesse, tous en même temps. Ce fut un puissant silence.

« Maintenant allez-y. J’évaluerai chacun de vos faits et gestes à compter de maintenant. »

Les sept apprentis restèrent sur place pendant quelques instants, prostrés, silencieux. Ça n’était pas la première épreuve de ce type que leur maitre leur infligeait. En fait, il en organisait assez régulièrement, car le but était bien de faire d’eux des espions professionnels, capables de se fondre dans la société des hommes et de s’infiltrer n’importe où. En témoignait cet autre exercice où il avait simplement désigné une fenêtre, visiblement au hasard, dans la rue et avait ordonné à un élève : « dans moins d’une heure, je veux te voir à cette fenêtre. » sans donner plus de détails. En l’occurence, on leur donnait plus de temps, mais il y avait un autre facteur à prendre en compte : la compétition, qui corsait tout.

Les sept jeunes gens s’accordèrent une bonne minute pour réfléchir, puis chacun réajusta son masque, et ils filèrent dans les rues, pressant le pas vers leurs objectifs. Chacun avait tissé son plan, et l’opération commençait.

La foule buvait, la foule ripaillait, et au milieu, quelques menus drames se dessinaient. De jeunes gens, se déguisant à la hâte en ceci ou cela, passaient et repassaient, récupérant ci et là quelques informations, les partageant quelque fois entre eux, pour mieux s’organiser derrière.

Bombin Dulardon était fameux, le maitre ne l’avait certainement pas choisi pour rien. Tout le monde savait que ses tourtes étaient délicieuses. Tout le monde savait qu’il avait une recette secrète connue de lui seul. On apprit aussi qu’il avait une jeune assistante qu’il avait embauchée depuis quelques jours tout au plus. Pas une coïncidence là encore.

Rapidement, quatre garçons retrouvèrent l’assistante en question, une jeune fille aux cheveux auburn, qui s’amusait dans les rues, n’ayant aucune intention d’aller travailler le jour de folie. Ils l’attirèrent dans une ruelle pour lui tomber dessus, la détrousser, et la ligoter. Puis ils se partagèrent rapidement les informations qu’elle avait, pour découvrir avec frustration qu’elle n’en savait pas tant que ça, et surtout ne connaissait rien de la fameuse recette secrète. Avec un sort de novice, ils lui firent oublier l’altercation, puis se dispersèrent en se disputant, laissant la jeune fille assommée dans une ruelle.

Mais d’autres avaient été assez malins pour prévoir l’intégralité de cette scène sans avoir à y assister. En effet, à l’auberge du Gai Goret, un halfelin croulait sous ses responsabilités : d’une part celle de participer à la fête, et d’autre part celle de préparer de la boustifaille pour permettre à la fête de continuer. Il n’aurait pas dû travailler le jour des fous, mais il n’aurait pas non plus intérêt à rater le chiffre d’affaire mirobolant que les festivités lui faisaient miroiter. Son masque de carnaval rejeté à moitié sur le côté de la tête, lui bouchant un œil pour laisser la place à sa bouche d’atteindre les chopes de bière qui se succédaient, il était tiraillé par ce dilemme, et buvait pour s’aider à réfléchir. C’est alors qu’il vit débarquer son assistante et apprentie, qui apparaissait comme par magie, en tenue et prête à travailler. La jeune femme le salua et proposa de l’aider, ce que le halfelin accepta avec empressement.

« Je ne t’attendions plus, hips… pour sûr que c’est bien tu vinque… »

Elle lui répondit avec un sourire amusée.

« Allons, il faut bien que je mérite mon salaire. Même si j’avouerai que j’ai un peu peur, il y a beaucoup de clients aujourd’hui.

- Ouaip ! Ch’vais avoir besoin d’toi. Viens, suis moi dans mon antre… »

Son Antre, c’est ainsi que Dulardon appelait sa cuisine. Lui et la jeune fille se frayèrent un chemin à travers la masse des clients, enjambant des bouteilles qui roulaient au sol, contournant des corps enlacés ou roulés en boule, évitant quelques scènes de clients dansants ou énervés contre la bière pas assez fraiche que venait d’apporter une serveuse, et ce long périple pour monter en haut de l’escalier de la salle et rentrer dans la cuisine du chef halfelin. Dulardon chercha longuement ses clés, déverrouilla la porte et la tint ouverte pour son assistante. Puis il darda longuement quelques regards suspicieux avec son museau de fouine, comme s’il s’assurait que personne ne les suivait, puis après un moment, referma la porte

Dans une pièce spartiate, tout un arsenal de cuisine éparpillé en vrac témoignait de l’assiduité avec laquelle le halfelin entretenait son désordre. Il y avait une grande cheminée en vrac, avec des cendres éparpillées et écrasées, de la suie couvrant tout jusqu’au sol et jetant des tâches noires dans toute la pièce. Des casseroles balancées ci et là, tant et si bien qu’en entrant le chef et son assistante en dérangèrent bruyamment un bon nombre, et des ingrédients balancés partout sur et dedans des étagères, œufs, farine, viandes, oignons et champignons embaumant les airs d’un parfum si entêtant qu’il vous rendait sourd et piquait les yeux.

Le halfelin ne regardait même pas son assistante, cherchant, de son regard lassé par les effets de l’alcool, à remettre le minimum d’ordre.

« C’est la pagaille… On ma ve… va me demander plein de tourtes, et ça va être trop con… trop long pour tout faire tout seul. Autant s’y mettre de suite.

- J’aimerai bien vous aider, patron, mais du coup, vous savez, la recette secrète, tout ça…

- Je sais, c’est ce qui m’embête. R’garde ça ! »

Il montra ses mains qui tremblaient tant il avait du mal à les maintenir dans une quelconque position.

« Chai bien bu… Mais y faut bien que che travaille. Tu peux te charger de faire cuire la viande et les oignons, pendant que che m’occupe de mes ingrédients checrets… »

La jeune femme émit un soupir.

« Vous savez patron, vous vous entêtez à garder votre recette secrète, mais il va bien falloir que je l’apprenne moi aussi. On fait presque que ça la tourte secrète de toute façon, et aujourd’hui en plus vous devriez vraiment prendre une pause.

- C’est tout à fait vrai, mais pour tout te dire… beuh… j’y pensais mais c’est que c’est la recette de mon arrière grand mère… qu’elle se transmet que dans la famille d’puis des générations.

- Mais patron, loin de moi l’idée de nier le grand talent de votre arrière grand mère, mais c’est une recette de tourte… quelqu’un d’un peu attentif doit bien pouvoir la deviner non ?

- Euh… »

Le halfelin se tint la tête.

« Vous allez bien patron ?

- Je vais bien, faut juste que je reprenne un verre et ça va passer. Euh… »

L’assistante leva les yeux au ciel.

« Vous m’avez pas l’air très en état patron. Prenez votre journée et je m’en occupe. Je suis très bonne cuisinière, faut juste me laisser faire de temps en temps…

- T’as pas tort. Attends, ce que je vais faire… Je vais te faire une tourte sous tes yeux, en te détaillant le truc… euh… oui. Je te montre, et après tu fais les suivantes, mais att.. attention, hein ? Que.. qu’u… que tu me fais que celles aujourd’hui et pis qu’après tu oublies tout.

- Euh, si vous voulez.

- Nan, nan, comprends bien. Je t’explique, tu écoutes, mais tu notes rien. Compris ? »


L’assistante leva les deux mains en riant.

« Bien sûr, regardez, j’ai rien pour noter de toute façon.

- Ok, alors regarde bien, mais après cette journée, tu te bois un bon fût de bière et… pfruit, plus rien dans ta mam… mémoire. Compris ?

- Pas de problème patron.

- Bien, alors regarde. »

Le halfelin détourna son œil embrumé pour se tourner vers les ingrédients et les ustensiles. L’assistante se rapprocha doucement, d’un air curieuse, les yeux grands ouverts, un fin sourire niais aux lèvres, et les deux mains jointes dans le dos comme pour paraitre innocente. De ses deux mains, elle avait en fait saisi un calepin et un crayon cachés dans sa jupe, avec lesquels elle notait à l’aveugle. C’était le fruit d’un long entrainement, mais un bon espion doit être capable de lire à l’envers, écrire à l’envers, noter à l’aveugle et ce le plus discrètement possible. Ce détail là, bien sûr, échappa totalement à la vue du halfelin ivre, mais Franziska put tout voir, cachée qu’elle était dans un coin noirci de suie, sous une bâche derrière des caisses.

Elle reconnut bien sûr l’un de ses petits camarades, un garçon, Marius, qui s’était habilement déguisé avec un mélange de fards physiques et magiques pour passer pour une jeune femme. Il avait été habile, mais avait pris beaucoup de risques. La tactique de Franziska, elle, s’était basée beaucoup plus sur une discrétion pure et bête. Elle s’était cachée dans les brumes de la ville, et était passée par la cheminée pour s’introduire dans la noirceur torve de cette cuisine poussiéreuse et mal éclairée. Du reste, elle avait de toute manière eu l’espoir qu’un de ses camarades ferait précisément ce que Marius était en train de faire. Le maitre halfelin crachait petit à petit chaque détail de sa recette.

« La pâte est classique, mais sa qualité dépend de la fraicheur des œufs, ça tu sais. C’est sur la farce que tient tout le secret.

- Assurément.

- Déjà tu fais des lardons, mais attention, tu ne les fais pas trop cuire. Ensuite, les champignons, attention, il nous faut des champignons blancs, des cèpes, et, attention très zup... zip… z’important… un peu d’amanites tue mouche… pas trop hein, sinon les gens sont malades après.

- Amanite tue mouche ? »

L’apprenti umbramancien cachait mal sa stupeur, mais il notait frénétiquement. Franziska gardait un œil rivé sur le bout de papier. Lui, était trop accaparé par les mouvements du halfelin qui mêlait le geste à la parole, et tournait le dos à Franziska. Dans un bol, il versait la crème, des œufs, et rajoutait quelques ingrédients en mélangeant avec un fouet.

« Après, t'as la crème. Il faut s’assa...ssurer qu’elle soit bien fu... fluide.

- Bien fluide…

- Une pincée de thym.

- D’accord.

- Puis tu rajoute du sel. Y faut y aller franco, juste bien mélanger, que ça fasse pas des poches de kyst... de cristaux. Ça donne envie aux clients de consommer plus au bar.

- Hm hm…

- Et puis, il faut cracher dedans une fois, juste une fois.

- Cracher ded… cra… cracher ? »

Le chef cracha rapidement dans sa préparation.

« Attention, tout est dans le dosage, faut cracher qu’une seule fois, mais c’est quand même une étape importante. En tant que cuisinier on est habitués à goûter toutes sortes de plats, donc nos papilles sont particulières et notre salive a acquis certaines propriétés. Elle diffuse des saveurs, des parfums qui se développent et font progresser la force du goût de notre préparation. T'as peut-être moins d’expérience, mais c’est quand même valable pour toi. Ça tu peux le noter, c’est pas que pour les tourtes, cracher dans un plat ça peut lui donner ce je-ne-sais-quoi qui fait toute la différence. Le tout c’est de cracher qu’une seule fois.

- D’accord, je le saurai. »


Cependant, Franziska vit bien que Marius notait : "Crachat de halfelin" sur son calepin.

« C’était donc ça l’ingrédient.. secret.

- Non, pas du tout, pour ça, on y vient. Le vrai secret de ma famille, il est là. »


Le chef brandit son fouet, ustensile des plus normal, quoi que le manche était légèrement ouvragé, décoré avec le goût et le sens halfelin du beau. Impossible pour un humain de le juger objectivement.

« C’est le fouet familial, transmis par mon arrière grand mère. Depuis toujours je touille mes préparations avec lui, et c’est ça le secret. Tu comprends ? C’est pas un ingrédient qui fait que ma tourte est si bonne, c’est le fait que je respecte à la lettre les traditions. La cuisine, c’est une question de sentiments, de symbolique et d’amour. Il faut conserver les symboles, conserver ce qui fait notre succès, et dans ma famille ce fouet symbolise tout ça. Jamais je n’oublie de l’utiliser pour touiller ma préparation, et c’est comme ça que je m’assure que mes tourtes soient toujours les meilleures. C’est que comme ça qu’elles sont dignes de mon arrière grand mère.

- Euh… Oui, oui, je vois… »

Franziska haussa un sourcil. Marius n’avait pas pris la peine de noter ce détail là sur son calepin. Il le rangea dans sa jupe, estimant qu’il avait tout pour cette recette. Franziska, elle, resta immobile, guettant le moment où elle pourrait voler le calepin tant qu’à faire. Si elle pouvait obtenir la recette sous forme écrite et en même temps empêcher son concurrent de la ramener, c’était tout à son bénéfice.

Après un peu de discussion encore, l’assistante convainquit le halfelin à quitter sa cuisine et à retourner se pochetronner. C’était tout de même merveilleux à quel point l’alcool pouvait affaiblir les hommes. Franziska se le nota en se promettant d’utiliser ce savoir à l’avenir.

Marius fit un peu bouger des ustensiles pour créer du bruit, puis se colla à la porte et regarda par la serrure, guettant le moment où la voie serait libre. Puis après quelques minutes il ouvrit la porte et sortit. Franziska prit grand garde à ne toucher aucune des casseroles qui jonchaient le sol tandis qu’elle lui emboitait le pas. Quand il sortit, elle empêcha la porte de se refermer, puis s’accorda une seconde pour réfléchir.

Finalement, elle saisit le fameux fouet familial du halfelin. C’était en apparence un objet anodin, mais qui sait ? Le maitre était une entité imprévisible, et à coup sûr il connaissait lui même déjà tous les détails de la fameuse recette bien avant d’avoir envoyé ses apprentis la lui récupérer. Peut-être serait-il sadique jusqu’à réclamer qu’on lui ramène aussi le fouet, puisque c’était un ingrédient au moins symbolique.

Franziska fit tourner l’objet dans sa main, et un éclat étonnant attira son regard. À la pointe du manche, là où étaient fixées les tiges du fouet, une sorte de nitescence noirâtre se faisait voir. L’aspirante umbramancienne regarda la chose de plus près, avant de l’éloigner d’un coup de son visage. Elle n’en était pas certaine, mais il lui semblait bien reconnaitre quelque chose qu’elle avait étudié il n’y avait pas si longtemps.

« Malepierre… Par la peste… »

Au fond, ça ne la surprenait même pas tellement de la part d’un halfelin. Elle décida d’empocher l’objet, persuadée d’avoir trouvé un joker qui lui ferait gagner la compétition.

Juste avant de sortir de la salle, elle ramassa un flacon au hasard qu’elle cacha dans sa poche.
Marius avait avancé très lentement, très prudemment, son masque de carnaval sur le nez pour se fondre mieux dans la masse. Franziska, toujours couverte de suie, le repéra sans peine et le suivit avec son propre masque blanc sur le visage. Elle attendit qu’il soit devant l’escalier.
Elle saisit le flacon en verre qu’elle gardait dans sa poche et le fit tomber par dessus la balustrade, de manière à ce qu’en tombant il fasse un maximum de bruit, et elle eut le temps de s’éloigner rapidement sans se faire voir avant qu’il ne touche le sol. Cela détourna vaguement l’attention générale, juste assez pour qu’elle se glisse en un éclair derrière la silhouette féminine de Marius qu’elle n’avait pas quittée des yeux. Elle plongea une main dans sa jupe et saisit le calepin, en même temps que de l’autre main, elle saisissait le garçon par l’épaule et lui écrasait l’arrière du genoux d’un coup de pied. Marius tomba dans l’escalier à travers la foule, dévalant les marches sans crier gare.

« Désolé Marius, mais j’ai déjà été privée de repas à cinq reprises ce mois ci. Il faut que je pense un peu à ma santé. Surtout ne le prend pas mal. »

L’aspirant umbramancien était si crispé qu’il ne poussa même pas un cri, et Franziska, au milieu d’une cohorte de personnage masqués et ivres morts pour la plupart, prit la fuite, se glissa dans un coin sombre, sauta par une des fenêtres et glissa sur la pente du toit pour s’agripper à une gouttière et atterrir dans une ruelle derrière l’auberge. Tout ça n’avait pris qu’un instant.

Elle prit une grande inspiration. Les merveilleux bienfaits du repérage. Qu’il était bon de voir un plan se dérouler sans accroc parce qu’on a déjà repéré le terrain.

Elle se retourna, et derrière la barrière du masque, sa mine contente se décomposa, parce qu’elle n’avait pas été la seule à faire du repérage.

« Toi, tu as chopé quelque chose. »

Deux des apprentis umbramanciens l’attendaient patiemment ici. Bien sûr, plutôt que de se casser la tête pour récupérer les informations par eux même, il leur avait semblé bien plus efficace d’attendre qu’un autre fasse le sale boulot. C’était comme les rats, il y a ceux qui nagent pour récupérer les friandises, et ceux qui attendent patiemment et volent la friandise sitôt que le brave plongeur revient. La jeune apprentie fit rouler ses yeux dans une direction, puis l’autre, et un sourire crispé aux lèvres leur lança :

« Je ne sais pas ce qui… »

Ils n’avaient aucune raison de la laisser terminer, et ils se jetèrent sur elle. Elle plongea sur le côté, tandis que les deux garçons passaient à deux doigts de se télescoper. Elle atterrit sur ses coudes, écorchant son habit au passage, se redressa en vitesse et partit en courant vers une avenue noire de monde. Mais bientôt une forme jaillit littéralement d’une ombre. Une silhouette humaine, comme un filet de cambouis s’extirpait de la noirceur, et lui barrait la route.

« Utiliser la magie si près des civils, le maitre va vous faire la peau !

- La ferme ! »

Le garçon qui venait d’apparaitre marchait maintenant sur elle, les poings serrés, le pas déterminé.

« Laisse toi faire et on aura pas besoin de te faire de mal.

- Désolée, mais je préfère encore gagner. Red Nettahcs ! Ereitropelet hcim ! Assif ! »

À sorcier, sorcier et demi ! Franziska sauta à pieds joints dans l’ombre entre les bâtiments tout en récitant à la va vite sa formule. Un garçon eut le temps de saisir le col de sa pèlerine, alors d’un geste elle décrocha l’habit et disparut dans l’opaque noirceur en ne laissant qu’un bout de tissu entre les mains de son assaillant.


Elle réapparut dans l’ombre de l’autre côté du bâtiment, et se dirigea aussitôt vers la ruelle où le maitre attendait. Quelques badauds dans la foule virent passer une adolescente masquée couverte de suie est affolée, haussèrent un sourcil, puis rirent et reprirent de la bière. L’apprenti sorcière tourna au coin d’une rue et se précipita dans les ruelles, un peu au hasard, prévoyant de retrouver plus tard celle qu’elle cherchait. Pour l’heure il fallait s’éloigner assez pour ne pas avoir à affronter à nouveau ses poursuivants.

Un objet blanc vint perturber son champs de vision par la gauche. Elle n’eut pas le temps d’observer ou de comprendre ce dont il s’agissait avant que ça vienne s’écraser contre sa joue. C’était un poing. Le choc la fit vaciller, et dans sa course, elle perdit l’équilibre et n’évita de s’écraser au sol que parce qu’elle avait réussi à s’appuyer contre un mur.

Le regard embrouillé, elle vit se profiler une silhouette qu’elle reconnaissait bien. Encore un de ses camarades.

« Irmfried ? Att… »

Le garçon n’attendit pas, il lui envoya son pied en plein ventre, la couchant totalement par terre.

« Je poireaute ici depuis des heures, alors me fais pas perdre mon temps. T’as des notes ? Tu donnes. »

Franziska leva un regard apeuré vers lui. C’était, de tous les apprentis qu’elle connaissait, le plus grand, le plus fort, et le plus brutal. Aucun des adolescents ne pouvait lui tenir tête physiquement, et surtout pas elle. Elle maudit intérieurement la fabrique du monde qui avait voulu que parce qu’elle était née femme elle soit ainsi plus petite et moins forte que ce butor, et en même temps son esprit hésitait. Peut-être qu’elle pouvait sen tirer si elle utilisait la magie ? Mais c’était dangereux, et son précédent sort avait déjà…

Ses pensées furent interrompues par un autre coup de pied. Irmfried se pencha sur elle et l’attrapa par les cheveux pour lui relever la tête.

« Je compte jusqu’à trois !

- Non arrête ! Arrête ! Je vais te les donner. »

Elle sortit le calepin de Marius. Ses mains tremblaient, et quand elle s’en rendit compte cela ne fit que rajouter à sa colère et sa frustration.
Irmfried lui arracha le calepin des mains, le consulta d’un air flegmatique, puis haussa des épaules.

« Tu vois, ça te réussis mieux d’obéir sans poser de question, j’ai pas raison ? Enfin, sauf si tu aimes manger bien sûr. »

La jeune fille ferma soudainement les yeux et murmura derechef : « Red Nettahcs…. Erey… rei…tropelet hcim »

Le vent d’Ulgu réagit… à peine. Il vacilla vaguement, et le sort ne fonctionna pas du tout. Pire, Irmfried avait clairement remarqué ce qu’elle venait d’essayer de faire.

« Quoi ? Tu crois peut-être que tu peux retrouver le maitre plus vite que moi ?

- Tu n’as pas toute la recette. Si tu vas le voir maintenant, il te punira pour ne pas avoir fait la mission sérieusement.

- Ah oui ? »


Il se rapprocha doucement. Franziska espérait gagner un peu de temps, et Irmfried n’était certainement pas dupe.

« Tu me dis ça juste parce que tu espère qu’un miracle va te permettre de te sauver ?

- Non. Enfin, si, mais c’est quand même vrai.

- Cause !

- Red Nettahcs ! Ereitropelet hc…

- Red Nettahcs tsi Eßiehcs ! Ereitropelet thcin esied Enrid ! »

La dissipation d’Irmfried fut la plus efficace des deux formules, et la jeune fille se retrouva à sa merci. Avec flegme, comme s’il accomplissait l’action la plus normale qui soit, il attrapa Franziska par la gorge, et d’une seule main la souleva du sol pour la mettre debout.

« Non, non, att… »

Il la tenait de la main gauche, la main droite frappa le visage une fois. Puis une deuxième. Puis une troisième. Il ne relâchait pas sa prise, et pourtant il prenait le temps d’asséner des coups larges et puissants qui firent voler son masque, déchirèrent la joue de l’adolescente et couvrirent son visage de sang. Quand il s’arrêta, elle balbutia des explications.

« Dulardon… il prépare ses trucs avec un fouet qui est serti d’un bijoux fait en malepierre. C’est un truc que les halfelins font, ils ne connaissent pas les effets de la malepierre et sont insensibles à ses dangers, alors ils s’en servent pour tout et n’importe quoi… c’est ça le secret de ses tourtes…

- D’accord. »

Il lui donna un dernier coup de poing en plein dans le ventre, et puis il s’éloigna benoitement vers la ruelle où le maitre attendait. L’apprentie sorcière se roula en boule au sol en gémissant de douleur. Elle était désespérée, mais tout n’était pas encore perdu. Péniblement, elle se remit sur pied.


Irmfried fut le premier à débouler dans la ruelle. Il vit le maitre arriver en face de lui, très calmement, brandissant sa canne.

« Maitre, j’ai toute la recette… »

L’homme aux cheveux gris lui fit signe de se taire. Des bruits de pas se faisaient entendre. Plusieurs autres apprentis déboulèrent, et se bousculant, mais en voyant Irmfried, ils pestèrent de frustration, comprenant qu’ils n’avaient pas réussi à l’intercepter. Le maitre souriait, peut-être ravi de voir l’espoir sur ces visages se décomposer.


« Maitre, j’ai la recette, c’est bon.

- Chut.

- Mais maitre !

- La ferme Irmfried ! »

L’intéressé se tut en faisant la grimace. Franziska arriva bientôt, se glissant entre ses camarades pour s’approcher un peu plus.

« Tout le monde est là ? Bien. Irmfried, je te laisse t’expliquer.

- M’expliquer ? Ben j’ai là un calepin avec toute la recette. Y a rien à expliquer.

- J’ai mieux que lui ! » cria aussitôt Franziska. Irmfried la fusilla du regard.

«  Toi ferme-la !

- J’ai récupéré le fouet de Bombin Dulardon ! Je l’ai apporté, c’est un fouet serti avec un fragment de malepierre. C’est son véritable ingrédient secret. »

Et elle brandit le fouet qu’elle sortait de sous son pourpoint. Irmfried grinça des dents.

« Espèce de sal…

- C’est assez Irmfried. Vous m’avez tous grandement déçu. La compétition est terminée.

- J’ai gagné ! » vociféra fermement Irmfried en regardant le maitre droit dans les yeux.

« Non.

- Quoi ! À cause de cette putain !

- Tu crois peut-être que je ne sais pas que tu t’es procuré ces informations juste en frappant tes camarades ? Tu es si prévisible Irmfried, je lis en toi comme dans un livre ouvert. Je n’avais même pas besoin de t’observer, puisque je savais déjà commet tu t’y prendrais avant même que l’épreuve commence.

- Quoi ?

- Vous êtes supposés être des espions, et tu es si prévisible, si brutal et si patauds… tu espérerai une récompense pour ça ? C’est insultant. Tout bonnement insultant. » Il désigna la jeune fille. « Et toi, non seulement tu n’as pas été capable de protéger tes informations, non seulement tu es tombée dans des pièges grossiers, non seulement tu t’es laissée écraser physiquement et magiquement parlant, mais en plus tu as volé un objet de valeur à un civil innocent. Désolé, mais par acquis de conscience, je suis obligé de considérer que tout ce que tu m’apportera ne comptera pas. On ne récompense pas les criminels.

- Mais… mais… »

Tous les apprentis se regardaient, les regards mornes, bleuis par la frustration.

«  Qui a gagné du coup ?

- Personne. Et en conséquence, aucun d’entre vous ne mangera aujourd’hui. C’est aussi simple que cela. »

Presque tous baissèrent les yeux au sol, des yeux embués de larmes pour certains. Mais Irmfried, pour sa part, serrait les poings, et tourna sa colère vers Franziska.

« Toi ! Toi ! Tu vas voir ce qu’il en coûte de me faire ce genre de coup en traitre ! »


Elle n’attendit pas qu’il esquisse le moindre geste, avec tout ce qu’il lui restait d’énergie, la jeune apprentie partit à vive allure, courant comme une dératée, bientôt suivie d’une brute prête à la passer à tabac. Le maitre et les apprentis les regardèrent filer sans la moindre réaction, si légère soi-elle. Franziska sortit du dédale de ruelles et se jeta sur la grande Avenue d’Altdorf, passant au milieu de la foule des fêtards. Les gens s’écartèrent sur son passage pour ne pas se faire bousculer, si bien qu’un trou de vide se créa autour d’elle. Elle cria à l’aide, mais Irmfried sans hésitation la retrouva dans l’avenue et se jeta sur elle. Les citadins se surprirent peut-être un peu de ce spectacle, mais voyant le jeune homme jeter la fille au sol et la frapper à coups de pieds et de poings en lui lançant des « salope ! » et autre « pute ! » , ils en conclurent que c’était simplement le spectacle d’un homme corrigeant une femme de sa famille, et s’en désintéressèrent.
"Le savoir, c'est le pouvoir... alors autant qu'il soit uniquement à moi !"

Franziska Schrei, Sorcière illégale
Profil: For 8 | End 8 | Hab 9 | Cha 9 | Int 8 | Ini 9 | Att 8 | Par 8 | Tir 8 | Foi 0 | Mag 9 | NA 1 | PV 45/60
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Geiz rim ned Gew hcan netnu

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