[Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Nuln est la seconde ville de l’Empire et du Reikland. Nuln centralise tout le commerce du sud, c’est là que convergent les voyageurs du Wissenland, du Stirland, d’Averland et des régions plus à l’est. Nuln est le siège de l’Ecole Impériale d’Artillerie, où les canons sont fondus et où les artilleurs apprennent la balistique. Ils y étudient les nombreux problèmes pratiques liés au déplacement et à la mise en œuvre des pièces d’artillerie. Grâce à leurs efforts, l’Empire bénéficie d’un vaste et efficace corps d’artillerie, de loin supérieur à tous ceux des pays frontaliers.

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[MJ] La Fée Enchanteresse
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[Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Rapport 2532-25-CN, très confidentiel, pour les yeux des pouvoirs-qui-sont seulement ;
Clé de sécurité « Rossignol » —
Agent Eva Seyss, umbramancienne, sur la situation du comté de Nuln.




Monseigneur,


Je n’ignore pas les ressources avec lesquelles le Conseil d’État de l’Empire prend actuellement ses décisions — la période dans laquelle se trouve notre nation est suffisamment abominable pour justifier de peser soigneusement le moindre petit décret que vous signerez. Il me faut pourtant vous implorer de ne pas croire les émissaires venus de Nuln, et de traiter la comtesse Emmanuelle von Liebwitz et chacun de ses sujets comme un ennemi potentiel de sa majesté impériale, comme vous le faites déjà pour tout le nord et le centre de l’Empire.


Il est certain qu’en apparence, Nuln s’est bien remise de ses troubles. La comtesse a été capable de purger son conseil, de muscler son appareil militaire, et de retrouver une grande popularité auprès du peuple, grâce au travail de sa nouvelle administration et notamment de son prévôt des marchands élu en 2530 ; il est vrai que de nombreux succès ont été acquis. Les fanatiques comme les agitateurs de tous bords ont été pourchassés jusqu’à ce qu’ils soient forcés de se cacher, ou ont été jetés en prison, ou mis à mort. Hormis les nouveaux troubles sécessionnistes qui touchent le Sudenland et sa vieille aristocratie, Nuln parvient encore à produire, à fondre des canons, et à envoyer des biens et du grain dans tout le reste de notre pays, ce qui est notamment une grande force pour le Reikland et Altdorf. Je comprends la dépendance que vous devez ressentir, celle que l’on éprouve envers la ville-lumière qui est un phare au milieu de notre empire en pleine obscurité.


Je vous demande de ne pas céder à ce sentiment. Nuln est plus horrible que jamais. Ne croyez pas les chiffres que l’on vous donne, sur les contributions fiscales de la ville, sur les marchandises qui en sortent ; ne croyez pas les propos des aristocrates qui y vont en villégiature, des bourgeois qui participent à ses fêtes toujours plus extravagantes ; ne croyez pas les négociants étrangers qui s’y rendent encore à chacune de ses foires ; et entendez plutôt ce que l’on vous cache.


La semaine dernière j’étais encore dans le quartier manufacturier de la ville, alors que nous sommes en pleine saison estivale. Avec tous ses ateliers qui fondent les pièces d’artilleries commandées par les Troupes d’États de différentes provinces, vous vous attendriez à ce que les cités ouvrières soient toutes remplies — j’ai vu des immeubles entiers avec des pancartes annonçant que des chambres sont à louer.
J’ai participé à plusieurs fêtes de la noblesse locale : j’y vois de moins en moins d’invités, et lorsque je demande des explications, l’on me répond que untel est parti à la campagne, qu’un autre doit être retenu dans le Wissenland, mais le plus souvent, que l’on ignore totalement ce qu’il lui est arrivé.
J’étais dans la rue au moment du solstice d’été ; les avenues de Nuln, d’ordinaire pleines à craquer, étaient maintenant bien éparses, et étonnamment calmes, même pour la soirée la plus baroque de l’année.

Je suis sûre, et certaine, que Nuln est en train de se dépeupler. Je suis pourtant incapable de produire des chiffres comme preuves. Les jardins de Mórr locaux n’ont noté aucune hausse particulière de la mortalité — mais la nuit, je sais que des agents de l’hôtel de ville chargent des barges de grandes caisses. J’ai discuté avec de nombreuses Shalléennes : elles m’expliquent que beaucoup de pauvres gens, surtout des Stirlander récemment arrivés, viennent les consulter, qu’elles les redirigent vers les hôpitaux laïcs de la ville, et qu’elles n’ont plus de nouvelles. Cela va faire des mois que je n’ai pas croisé une seule personne avec des cheveux blancs ; les vieillards ont tout simplement disparu. Et même des jeunes en très bonne santé se mettent soudain à souffrir d’apoplexie, et doivent être envoyés en toute hâte à l’hôpital. Rien ne paraît dans les journaux : de toute façon, tous sont relus avant parution par un nouveau service de l’hôtel de ville, et éventuellement censurés, et la Police a fait saisir les imprimeries de ceux publiant clandestinement.
Je n’ai pas demandé des explications à l’administration municipale, car je soupçonne malheureusement le pire, notamment d’être surveillée par certains. Ce n’est pas un excès de paranoïa de ma part, car je sais de source sûre que des personnes me suivent lorsque je dors en ville.

Depuis l’année dernière, tous les magiciens et personnes douées du sixième sens de passage à Nuln sont obligés de se déclarer à l’hôtel de ville et de résider uniquement dans l’académie locale. Je craignais le pire, alors j’ai décidé d’écrire une lettre à un ami Nulner, en écorchant volontairement son prénom : Wilhelmsson au lieu de Wilhelmsen. Il m’a répondu, avec son écriture, mais sans relever la faute. Je sais que ce n’est pas lui qui a rédigé la réponse.


Cela fait six jours que je suis malade. Je n’arrête pas de tousser d’une toux expectorant du sang. Je ne me suis pas rendue chez les Shalléennes, car je sais que même si toutes les quarantaines et les couvre-feus ont été abolis par le prévôt Leistung, de nombreuses maladies contagieuses circulent encore — aucune pétition qu’une prêtresse en robe blanche ne signe n’atteint le palais de la comtesse, et lorsqu’elles se présentent en personne devant Emmanuelle von Liebwitz, elles sont refoulées devant sa porte ; en fait, personne n’a vu la comtesse en public depuis cinq six mois. Il n’y a pas plus de nouvelles de la part du Temple de Sigmar ; monseigneur Kaslain serait affaibli et son vicaire est mort récemment.

Je pense que je me remettrai physiquement. Mais ce n’est pas ma santé qui m’inquiète ;

Depuis le début des symptômes, je fais un cauchemar récurrent. Toujours le même, trop élaboré pour qu’il soit uniquement le produit de mon âme et du doux Mórr.

Je vois un grand terrain vague, et un marais grouillant. Il y a au milieu de l’eau des tours immenses, de maisons se chevauchant les unes sur les autres. Des corbeaux ne cessent de voler et de croasser, et la faune et la flore vivent et bourdonnent dedans. Le soleil a une couleur étrange, orangée, et l’air est vicié, assez pour que j’aie l’impression d’étouffer sur place. L’horizon est recouvert par de l’obscurité, un grand voile noire, un abysse, et pourtant, je sens que cet abysse n’est pas vide : il y a quelque chose dedans, d’épouvantable, qui me regarde en retour. Et chaque nuit, alors que mes symptômes empirent, il y a plus d’obscurité, et moins de marais.

Je sais que je ne suis pas la seule à faire ces cauchemars. Les Mórriens m’ont confié qu’ils étaient consultés quotidiennement par des personnes faisant des songes similaires. La chose qui possède la ville empoisonne les consciences de tous ses sujets. Personne ne peut lui échapper. Il est partout. Et son influence s’étend, elle a dépassé la cité de Nuln pour englober le comté, et à présent le Wissenland.



La Geheimnisnacht arrive bientôt. Je crains le plus horrible pour cette nuit à venir. Nuln a toutes les apparences d’une cité encore solide — n’en croyez rien, à aucun instant.


Je n’ai plus aucune ressource ni plus aucun allié pour me venir en aide sur place. Je ne peux faire confiance à personne, pas même à la poste impériale, c’est pour cela que je vous envoie cette lettre par une caravane de Stryganis. Si elle vous trouve, je vous supplie d’envoyer des personnes prendre des mesures drastiques pour reprendre le contrôle de Nuln : tout le monde ici est compromis, soit directement, soit par des auxiliaires proches.

N’essayez pas de me retrouver, ce serait un gâchis de ressources. Si je vous ré-écris une lettre contredisant mes témoignages donnés dans celle-ci, considérez que ce n’est pas moi, ou bien que j’ai été compromise. Je vais tenter de faire ce que vous m’avez appris pour aider Nuln du mieux que je puisse, sans être capable de garantir le succès de mon opération.

Je suis à présent forcée de lier une alliance avec ceux que j'ai toujours redouté. Il n'y a plus qu'un seul groupe dans Nuln qui ait encore la force de s'opposer au Coësre. Et leur victoire ne serait pas plus désirable pour nous que la sienne. J'ai conscience qu'en faisant ça, je prends le risque de me damner. Je vous assure que j'agis de mon propre chef, sans chercher à impliquer l'Ordre Gris - j'ai fais du mieux que j'ai pu, et j'ai tenté de vous prévenir. Tout comme vous, monseigneur, je ne peux plus que faire ce que je pense être nécessaire.


Je prie toujours, dans l'espoir que les Dieux permettent à l'Empire d'endurer.
« Inspecteur, transmettez cette lettre à l’hôtel de ville, sous scellé, pour les yeux de monsieur Maximale Leistung seulement.
– Et pour le reste de la caravane ?
– Passent-ils dans une zone où il y a de l’activité de rebelles Söllander ?
– Oui, monsieur Steiner.
– Alors vous savez. »


Image

Population de Nuln en 2529 : 100 000 personnes.
Population de Nuln en 2532 : 45 000 personnes.



Bezahltag, 20. Vorgeheim 2532.
Plus de deux ans après l’élection de Maximale Leistung.


C’est la quatrième fois que le chevalier regarde par-dessus son épaule ; il sait qu’il est un intrus dans ce coin de Nuln. Rien ne ressemble au monde auquel il est habitué depuis l’enfance, aux rues pavées, aux salons réchauffés par une cheminée, aux tapis de velours — il a eut le bon goût de ne pas porter les doublets et les chausses qui composent sa garde-robe, et il déambule avec un grand manteau sur le dos. Pourtant, ce camouflage ne suffit pas à le mettre à l’aise. Il n’arrête pas d’observer les fenêtres des immeubles vides, en imaginant une paire d’yeux qui le surveille. Il se demande si ce batelier qui est passé devant lui en se tenant les côtes et en toussant a continué de le regarder après l’avoir dépassé. Il commence déjà à regretter d’être venu ici, d’autant plus qu’on lui a donné l’ordre de ne pas venir armé ; par nervosité, il triture sa ceinture, sans y trouver l’épée à son flanc qui signe la qualité de sa personne — il se sent comme s’il était nu sans.

C’est le désespoir qui l’a amené ici. Une maladie contractée après une blessure infligée par des rebelles Söllander. Son sang pourrit de l’intérieur, et depuis des jours maintenant, il n’arrête pas de trembloter de fièvre. Les filles de Shallya ne pouvaient plus rien faire pour lui, et il était trop lâche pour recevoir l’onction des frères de Mórr. Alors, il a écouté ce qu’une infirmière de l’hospice lui a raconté, et, après avoir pesé le pour et le contre, après avoir longuement hésité, il a décidé de simplement aller voir.

Il pourrait faire demi-tour. Retourner vers le port, prendre une barque, aller voir sa mère pour mourir en paix dans son lit. L’idée trotte dans son esprit, commence à infecter son âme — mais soudain, il entend des bruits de pas qui couinent sur le sol. Il se colle à un muret, se cache derrière un tas de paille. Deux agents de la Police Métropolitaine de Nuln passent, côtes-à-côtes, avec leurs chausses flambant neuves et leurs chapeaux bossus sur la tête, et surtout, chose assez bizarre, leurs masques en tissus sur la bouche — ils parlent très fort, ricanent en se demandant pourquoi les Bretonniens de la semaine dernière sont déjà partis de l’appartement qu’ils ont trouvé ; comme quoi, ces gens-là ne méritent pas leur salaire. Ils continuent leur patrouille, disparaissent loin des oreilles du chevalier.
La frayeur l’a rendu plus moutonnier. Il reprend un peu de courage, et continue son chemin, jusqu’au lieu où on lui a donné rendez-vous.


Il s’arrête devant une trappe dans le sol. Il devrait y avoir un cadenas dessus — il a sauté, et aucun égoutier n’est venu le remplacer. Il soulève la bouche en métal, et, lentement, avec le peu de force qui lui reste dans ses bras tremblants, il descend les petits échelons de métal rouillés plantés dans la colonne en fer.
Il doit arrêter sa respiration, surtout quand il chute en bas par terre. Une nuée de rats courent sous ses pieds. À sa gauche, un ruisseau brunâtre charrie un tas d’excréments et d’eaux de pluie. Le chevalier boitille, alors qu’il sent de la gerbe remonter et tapisser son œsophage.

Il respecte scrupuleusement les ordres qu’on a griffonnés sur un caillou placé devant la porte de son manoir. Première à gauche. Suivre le canal de maintenance. Il chevauche un pont tremblant et bruyant, jeté au-dessus des flots de merde. Chaque bruit porté par l’écho suffit à le faire sursauter, et à imaginer un monstre, ou une patrouille d’égoutiers qui surgit. C’est étonnant qu’il ne tourne pas de l’œil, mais heureusement, la douleur dans son torse n’est que de l’angoisse.


C’est alors que, soudain, il trouve des fleurs à ses pieds. Ici, sous la terre, dans les égouts, une flore a poussé. Des petits champignons forestiers naissent, en même temps que de légers branchages. L’odeur ici est toujours forte, mais bizarrement moins pestilentielle — ça sent le sous-bois. Il continue tout droit, en retirant la main posée devant sa bouche. Il y a là une porte cerclée de fer. Il toque fort dessus, et d’une voix incertaine, enrouée et bégayante, il annonce le mot-de-passe :

« J-je c-crains l’homme q-qui a tout, surtout s’il n’a r-rien perdu. »

On imite ici les loges secrètes, les clubs de philosophie, les lieux où on rencontre du beau monde auxquels il est plus habitué. La porte s’ouvre, et se trouve derrière un homme trapu, rond, avec un immense goitre dégueulasse et couvert de chancres au beau milieu du cou. Il fait un signe de main pour inviter le chevalier à entrer, alors, il y va, en regardant un peu trop longuement cet étrange portier.

Il se retrouve au milieu d’un couloir sombre et étroit. Seules quelques bougies lui permettent de comprendre qu’il y a un chemin. D’autres personnes attendent, en marchant très lentement ; il se colle derrière, et suit comme le mouton qu’il est.
Une main se pose sur son épaule. Il sursaute. Un grand bonhomme lui palpe le torse, tripote ses cuisses — on est en train de le fouiller.

« Prends ça, mon frère. Sur ton visage. »

On lui place dans la main quelque chose de moite, collant, et chaud. Il regarde : on dirait un sac, minuscule, avec deux larges trous ovales et inégaux. On dirait une sorte de masque.
L’horreur s’empare de lui, quand il essaye de deviner la matière du masque. Il tente de la calmer en se disant que c’est de la peau de porc.


Le couloir débouche dans une grande salle où il y a beaucoup de bruit réverbéré dans les murs, et où attend debout un tas de gens silencieux. Il y a une fosse, dans laquelle il est, et une grande estrade de métal, où des personnes attendent sur des bancs : des éclopés, des culs-de-jattes, des aveugles avec un bandeau autour des paupières. Ces gens-là, trônant au-dessus, chuchotent entre elles, mais dans la fosse, tout le monde est silencieux en paroles — ils sont en revanche fort audibles, par leurs quintes de toux, leurs sanglots, leurs gémissements, leurs crachats, leurs rots, et leurs pets.
Il est entouré de gens comme lui : des malades. Tous d’afflictions différentes. Il bouscule une dame qui est recroquevillée sur elle-même, en se tenant fort les côtes.

Il comprend qu’il n’a aucun endroit où s’asseoir. Il sait qu’il ne doit pas parler, pas poser de questions. Il se demande ce qu’il fout là. Il suinte la trouille.

Alors, il y a un gros craquement métallique. Et au-dessus de sa tête, il voit une plateforme en train de descendre, retenue par des poulies, des cordages et des chaînes. Tout le monde se met à psalmodier de façon inquiétante, formant soudain dans la fosse un chœur vocal qui bourdonne.

Le chevalier regarde dans tous les sens. Il voit, au milieu des têtes qui ont les yeux rivés en l’air vers l’ascenseur, un visage qui le regarde lui, tout droit. Un cyclope, avec un seul œil au milieu du front, l’observe directement. Le chevalier est terrifié comme il ne l’a jamais été.
Il prend le masque qu’on lui a tendu, et le pose sur son visage.

Soudain, il sent la matière qui se colle à ses joues. Et à ses lèvres. C’est chaud, et gluant. Il veut hurler — il est incapable d’ouvrir les lèvres.
Les trous ne lui permettent que de passer ses yeux. Et c’est ainsi qu’il voit, au-dessus de lui, sur l’estrade, la femme qu’on amène vers une pierre visible de tous.

Elle est vêtue de la robe blanche d’une Shalléenne.
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Reinhard Faul
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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par Reinhard Faul »

Coucou. Quoi de neuf depuis deux ans ? Moi ça va, on fait aller. Là j’anime une messe noire, comme tu peux le voir. Enfin je n’ai pas encore fait mon entrée. Pour l’instant nous laissons les habitués mettre l’ambiance. Quand la prêtresse descend sur sa plateforme, ça hurle, ça chante, ça gémit. Le bruit est colossal, mais ils sont si nombreux ! Du sol au plafond on voit des visages tordus par la ferveur religieuse – sauf ceux dans la fosse bien sûr.

Ceux-là sont nouveaux. On les reconnaît facilement parce qu’ils ont l’air effrayé et qu’ils font très attention où ils posent les pieds – pour ne pas salir leurs chaussures. C’est fini l’époque où je pouvais parler personnellement à tout le monde pour convaincre de rejoindre le groupe. Maintenant il faut tout réfléchir en termes de foule. C’est pour ça que les nouveaux venus sont bâillonnés et coincés dans la fosse. Si nous les laissions tranquille, ils s’enfuiraient immédiatement de terreur et de dégoût. Comme on dit, Nurgle c’est cool mais il faut laisser une heure ou deux aux gens pour s’habituer à l’odeur.

Je grimpe les quelques marches qui mènent à l’estrade. Les fidèles se mettent à faire encore plus de bruit en me voyant arriver. J’ai pris l’habitude de vivre dans le chahut, alors ça ne me perturbe pas trop. Je dis d’une voix claire :

« Bonjour tout le monde. »

Les gens se taisent. Ils sont très respectueux en ma présence, on entend à peine quelques glaires. Pourtant, j’ai dû m’entraîner à parler en public avec une voix forte. Ils sont tellement nombreux ! Le plus grand réservoir des égouts ne peut pas accueillir tout ceux qui voudraient venir, on doit organiser des putain de roulements. Enfin comme je te disais, j’ai eu le temps de m’habituer à la foule depuis le temps que j’organise des messes noires, alors j’enchaîne sur mon idée :

« Pour répondre à la question de la dernière fois ; non, je ne pense pas qu’il va pleuvoir la semaine prochaine. Je me fous de la hauteur du vol des hirondelles, moi j’ai des entrailles de poisson qui disent l’inverse. C’est pas mon domaine d’expertise, c’est vrai, mais ça nous a bien sorti de la merde l’hiver dernier hein ? »

Certains dans la foule rigolent. Pour les nouveaux venus, c’est un charabia incompréhensible mais rassurant. Tout le monde adore la météo. Et puis j’aime beaucoup ce sort, même si il ne fait exploser personnes en flaque de merde. C’est très apaisant la lecture d’entrailles de poissons.

Enfin on va pas y passer deux autres années non plus. J’enchaîne sur un autre sujet :

« Alors pour la question du monsieur avec le chapeau rouge de la dernière fois… je sais pas si il est là, je le vois pas, ‘fin vous lui direz… »

Là je fouille théâtralement mes poches, j’en sors un bout de papier, que je déplie avec soin, puis que je fais semblant de lire. J’annonce ensuite :

« Renseignements pris : non, on ne fait pas les mariages avec les moutons. Ni aucun autre animal. Désolé. »

Alors ça c’est une idée à la con de Steiner. Un soir il propose « et si on prononçait les mariages ? Ça fait une petite activité collective sympa ». Sur le coup ça paraissait marrant. Dans l’enthousiasme du moment j’ai même marié Kurt avec un buffet à vaisselle, mais maintenant que la gueule de bois est passée je trouve que ça fait de la paperasse à la con qui bouffe du temps. En réalité, pour la question de la zoophilie, j’ai juste annoncé en réunion qu’il était hors de question que je fasse une cérémonie avec un mouton à la con. Je pense pas que Grand Père en ait grand-chose à foutre de l’état civil des gens.

J’entends quelques murmures déçus dans la foule. C’est pas forcément des zoophiles, il y a aussi des petits plaisantins qui voulaient être aussi cool que Kurt et se marier avec des trucs idiots. J’ai reçu des demandes. Mais bon, c’est pareil, les détails pratiques… est ce qu’on a vraiment envie de trimbaler des buffets à vaisselle dans les égouts… on a mieux à foutre quand même. D’ailleurs je passe aux sujets plus importants :

« Alors ce coup-ci, pour le recrutement, on aurait besoin de volontaires qu’un séjour à la campagne dérangerait pas. Une dizaine de personnes, c’est bon ? Plus c’est bien, mais c’est si vous avez le temps. Ah ! Et deux lépreux. Je sais que c’est galère, que c’est toujours aux mêmes qu’on demande, mais bon pour rentrer dans les léproseries c’est encore le plus simple quoi… donc pour les gens intéressés il faut venir voir la dame qui est à ma droite, là. »

Parce que les rumeurs mystérieuses de secte se répandent pas toutes seules, il faut s’organiser et expliquer aux gens ce qu’il faut dire. Et heureusement qu’ils sont fanatisés, parce que j’ai pas encore trouvé comment faire élégamment circuler une foule, et c’est le chaos au fur et à mesure que j’annonce les trucs à faire et les personnes de référence. Ensuite vient le défilé des questions de gens qui ont pas écouté, ont pas compris, à qui il faut répéter six fois la même chose. Moi j’ai juste l’air d’un hystérique qui hurle sur un vieillard dans un état second « les clodo-espion c’est par là, par là ! ».

D’ailleurs, je regrette beaucoup le nom. Clodo-espion. Au début c’était pratique parce que ça désignait ce que c’était : des types qui glandent dans la rue et qui espionnent. Et puis c’est resté. La chance de trouver un nom de code sombre et mystérieux est passée. Imagine les possibilités : la guilde des ombres, les mouches du Grand Père… mais non. Je me giflerais parfois.

Enfin une fois la grande foule divisées en groupe plus petits qui murmurent entre eux, je peux m’intéresser aux nouveaux venus. Ils sont toujours là, muets, tétanisés de terreur. C’est là mon grand moment, celui qu’un crieur public ne pourrait pas faire à ma place. J’observe les gens, repèrent ceux qui sont les plus mûrs pour notre cause. Je ne vois presque pas leur visage à cause du masque, c’est plus une question d’aura. J’en cherche un qui est au bord du gouffre, prêt à basculer…

« Monsieur ? Celui avec le manteau ? Venez s’il vous plaît. »

Il a peur, mais mon ton calme et mes politesses le prennent à revers. Il approche. Je vois mieux son teint pâle et son front couvert de sueur. Moi je m’assois sur le bord de l’estrade avec nonchalance. Nous sommes maintenant face à face. Je parle à un volume normal, ce qui oblige les autres à approcher pour écouter :

« Bonjour. Je suis le Grand Coësre. Ça va pas fort, non ? »

Le monsieur trouve la bravoure de hausser des épaules, comme pour dire que ce n’est pas une prédiction très dure à faire. Il a raison.Tout son langage corporel exprime la souffrance, Il a le teint jaunâtre et les traits tirés. Ce type là est mourant. Pour la plupart des gens, la place de cet homme est dans un lit, à prier Mórr bien gentiment. Je sais même pas comment il tient encore debout dans la fosse surchauffée et puante, comment il a crapahuté dans les tuyaux pour venir, mais j’ai déjà vu plus étonnant. La foi peut vraiment déplacer des montagnes. J’ai vu des gens venir ici en portant plusieurs gosses sous chaque bras, des vieillards aussi secs et fragiles que des feuilles mortes, des gens qui venaient de se faire amputer et que la gangrène dévorait quand même. Le besoin de ne pas mourir peut être très fort.
Je fixe le monsieur d’un air songeur – afin qu’il se sente important à mes yeux – puis je lui pose des questions :

« Vous savez pourquoi vous êtes ici ? Ce que ça demande de continuer à vivre ? »

Petite pause théâtrale, puis je reprends :

« Oh pardon, j’avais oublié… le masque… ce sont des sacs à spores de champignon, ça sert à s’habituer à l’odeur. Au début on faisait pas ça, et les gens étaient très distraits par euh… leur propre nez, quoi. On vous l’a dit ? Non ? Curieux. Je vous retire ça tout de suite. »

En appuyant sur le bon bubon, le masque se décolle du visage. L’homme hume l’air et comprend mes précautions. C’est un mensonge, en réalité les spores servent à ceux qui repartent sans la bénédiction de Grand Père… bah à pas aller très loin quoi. Comme quand on est mort et qu’on répète plus rien. J’l’ai pas dit parce que je pense que ça fait pas très bonne publicité.
L’homme me répond d’une voix faible :

« Oui, je sais où je suis. Je sais avec qui je suis.

- Bon. Monsieur a l’air d’avoir eu une éducation, je vais pas le rouler dans la farine. Je comprends que ça présente pas très bien pour l’instant. Et ça va pas aller en s’arrangeant, pour être honnête. Mais si vous me laissez faire, si vous avez l’esprit ouvert… la douleur va disparaitre, la mort va s’éloigner. Il faut juste tenir le coup encore une petite heure. Vous avez fait le plus dur, vous êtes venu ici. L’un de vous veut partir maintenant ? Y a pas de soucis. »

Quelques regards hésitants vers la porte d’où ils viennent. L’homme que j’ai interpellé, lui, garde les yeux fixés vers un point devant lui, l’image même de la résolution. La sortie, elle, est loin, dans la pénombre, et elle va vers une mort certaine. Ça fait cogiter sévère. Cette fois ci, personne ne part – en général il y en a toujours un ou deux qui prennent peur devant les monticules de merde, les mutants, et qui fuient.
Donc maintenant que tout le monde a adhéré à un programme de corruption de l’âme, j’enchaîne avec la suite des événements :

« Alors vous voyez la prêtresse qui a pas l’air très en forme, là ? »

Je prends un faux air embarrassé en annonçant la couleur :

« On va tous chanter, et puis je vais la tuer. »

Les nouveaux venus prennent des mines horrifiées et gémissent derrière leur masque. Je lance une petite boutade :

« Ah c’est chanter en public le problème ? Y a pas à connaître les paroles ni rien, vous pouvez brailler et cogner dans des trucs ça marche aussi. »

Je suis récompensé par un rire nerveux, un seul. Le moment est décisif, ils pourraient tous tourner les talons en disant « je vais pas regarder une gentille prêtresse toute douce se faire zigouiller par un type tout moisi ». Les pensées peuvent presque être lues tant les visages se tordent sous le poids des réflexions. Heureusement, j’ai mon pote l’homme mourant qui vole à mon secours en déclarant :

« Vous prévenez avant, c’est honnête. »

Il a le regard fou d’un homme qui s’accrocherait à n’importe quoi pourvu que le monde reprenne sens. En tout cas il fait pencher les autres dans la bonne direction. Je hoche la tête avec bienveillance. Voilà, le plus dur est passé. Je dis :

« Bon, pour ceux qui voudraient partir, vous appuyez là sur le masque, vous le rendez au monsieur à l’entrée et bisous. Pour la prêtresse, la regrettez pas trop quand même parce que c’est une sacrée menteuse. »

Un instant mon visage se tourne vers elle, avec un masque de haine gravé dessus. J’ai retroussé les lèvres pour dévoiler des crocs luisant de poison. Ah, je t’ai pas raconté pour les crocs ? Bah assieds-toi c’est tout à fait fascinant.
Donc un matin je me lève avec un putain de mal de gorge. Vu mon état, je pense directement à une mutation et c’est effectivement le cas, même si je comprends pas ce que c’est. Ensuite, mes putain de canines tombent comme des dents de lait.

Ça m’a beaucoup chagriné parce que je dois déjà demander à quelqu’un de mâcher à ma place la nourriture la plus récalcitrante. Je suis resté avec un dentier béant de vide pendant quelques semaines, honteux. Ensuite, des dents plus longues, plus épaisses comme celles des chiens a poussé à la place. Et ça m’a fait mal ! Aucune mutation m’a autant fait douiller, même quand ma peau s’est mise à moisir toute seule. Ma mâchoire d’être humain n’est pas de taille pour des chicots d’une telle ampleur, j’ai senti pendant des mois mes dents restantes être poussées et écrasées les unes contre les autres pour faire de la place aux monstres. Et est ce que j’y ai gagné une morsure puissante tel un molosse ? Non. J’ai pas les muscles qui vont avec. Même pour manger ça m’emmerde plus qu’autre chose, c’est nul.

J’ai mis du temps à comprendre, pour le poison. J’ai bien senti que ça suintait, mais bon si je devais m’arrêter de vivre dès que je suinte, hein… donc après expérimentation (sur autrui), j’ai compris que les glandes dans ma gorge produisaient une putain de drogue hallucinogène. J’ai la morsure qui défonce. C’est chouette hein ?

Bref qu’est ce que je racontais ? Ah oui, la mise à mort de la prêtresse. Déjà elle a pas l’air très fraîche avec ses hématomes énormes, mais c’est sans doute parce que je l’ai frappée. Elle a la mâchoire fracturée ainsi que plusieurs doigts de la main gauche et la cheville. Ça prie beaucoup moins maintenant hein ? Elle a compris que ce n’était plus des bêtises à faire, que ça m’énervait. Enfin là il doit pas lui rester beaucoup de marmonnements en réserve, mais faudrait être fait d’une autre trempe pour parler avec la bouche à moitié décrochée du visage. Elle est encore vivante, ça c’est sûr. On voit des petites bulles de sang apparaître entre ses dents de temps en temps.

Je frappe dans mes mains. Tous les fidèles tournent la tête vers moi, parfaitement synchronisées, avec une raideur qui fait froid dans le dos. J’annonce :

« Bah on va commencer par la prière de bienvenue, et j’en profite pour remercier le groupe de Bernhard, qui ont ramené un clavecin presque entier… bravo les gars… »

Et on chante. Ça se déroule comme une messe noire normale, la plupart des gens braillent des trucs incohérents et cognent dans des casseroles, mais pourtant on distingue toujours les paroles en Langue Noire qui surnagent dans le son. Les gens rentrent en transe. Le bruit est impossible à ignorer, les galeries des égouts font caisse de résonance, c’est hypnotisant. Je sors un couteau de ma ceinture.

C’est pas un couteau spécialement impressionnant, c’est juste celui de la cuisine. Il fait son boulot, la prêtresse meurt, c’est salissant.

Ensuite, je lui ouvre le ventre en grognant d’effort, puis je trifouille dans ses entrailles. Ça glisse, tout se ressemble, je galère à trouver ce que je cherche. Puis je sors triomphalement un machin rouge et plein de tuyaux en le serrant dans mon poing. Les gens sont contents, ils acclament. Je jette l’organe dans un mortier, je rajoute ce qui ressemble de loin à des aromates puis je mélange le tout.

Je me sers ensuite de la pâte ainsi obtenue pour écrire soigneusement sur la pierre à côté de la prêtresse. Le public, tout au long du processus, n’a jamais arrêté de chanter. Pas un seul instant. Il continue encore tandis que je couvre le rocher d’inscriptions mystérieuses et de symboles en dessinant avec mes doigts. Ça dure très longtemps, j’ai mal au dos. Finalement je recule un peu pour admirer mon œuvre en me massant les reins. Ça semble convenir avec l’objectif que je lui destine.

Je me tourne vers la fosse, pleine de nouveaux venus. Je leur annonce la signature du pacte :

« Vous allez tous venir pisser là dessus, sur la pierre là. Y aura un paravent, pour les dames.

- Vous allez le faire aussi ?

- Moi ? Non. J’ai déjà pissé sur tout ce qui existe, ça a plus aucune valeur. »
Natus est cacare et abstergere coactus est.
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Si vous vous y connaissez en latin pitié aidez moi.


Lien Fiche personnage: Ici

Stats :
Voie du sorcier de Nurgle (Profil avec empreintes occultes et mutations)
For 8 | End 11 | Hab 9 | Cha 8 | Int 13 | Ini 9 | Att 9 | Par 8 | Tir 8 | Foi 8 | Mag 16 | NA 2 | PV 100/100

État temporaire :
Clairvoyance : +1 en Magie et en Intelligence
Nuages de mouches : -1 ATT/PAR/TIR/INI pour toutes les personnes à moins de 6m
Plaies suppurantes : 1d3 dégâts retranchés à chaque blessure
Pourriture de Neiglish : Porteur sain
Protection de Papy : 2d4 PdC à chaque critique en incantation


Grimoire :

- Lumière : À appliquer sur un objet ; Fait de la lumière pendant 1h
- Flammèche : Petite étincelle au doigt pendant une minute
- Météo : Connaît la météo prochaine
- Repos : Peu faire se détendre quelqu'un

- Infestation de Nurglings : 24m / 1d4 tours / Projectile magique. Une fois qu'une personne est touchée, elle subit 10+2d10 dégâts magiques par tour / Dès la fin du sortilège ou la mort de l'ensorcelé, des bubons explosent, libérant 2d3 amas de chair, qui sont autant de nurglings
- Fontaine putride : 6m / Instantané / 30+2d10 dégât devant lui + gain de 7 armure temporaire magique / +5 dégât par point de MA
- Gerbe corruptrice : 12m / 10+1d10 dégât dans une zone de 6m, esquivable ; métal rongé après 1d4 tours / -1 esquive par MA

- La multitude fait le tout : Se change en nuée de mouches
- Prodigieuse santé : Contact / Devient ultra bogosse et ultra chad
- Grande invocation de petits amis : Invoque des insectes pour servir d'ingrédients
- Immonde messager : Peut envoyer des messages twitter (Caractères limités)
- Allégresse fétide : Supprime toute douleur mentale ou physique
- Divine urgence : Force la cible à faire un jet d'END. Diarrhée en cas d'échec.
- Paludisme dévorant

- Invocation : Nurglings
- Invocation : Bête de Nurgle
- Invocation : Porte Peste
- Octogramme de conjuration


Compétences :
- Résistance accrue : +1 END aux jets testant la résilience physique (Fatigue, drogue, alcool, torture...)

- Vol à la tire : +1 pour escamoter quelque chose
- Baratin : +1 pour endormir la vigilance de quelqu'un
- Déplacement silencieux : +1 pour fureter quelque part
- Déguisement : +1 pour s'infiltrer en étant déguisé
- Alphabétisation
- Autorité

- Sens de la magie : Sur un test, détecte les événements magiques
- Incantation (Domaine de Nurgle)
- Maîtrise de l'Aethyr (Nurgle) : 2
- Contrôle de la magie
- Divination (Oniromancie) : Sur un test au cours de son sommeil, peut découvrir la destinée de certains personnages
- Langue hermétique (Langue Noire) : Parle la langue immonde du Chaos
- Confection de maladies : Peut fabriquer des maladies communes et rares


Équipement de combat :
- Bâton démoniaque : 2 mains ; 10+1d8 dégâts ; 8 parade ; Assommante & Utilisable seulement par les classes magiques. +1 PAR
- Pistolet à répétition : 46+1d8 dégâts, malus -2 TIR/8 mètres, peut tirer cinq fois à la suite avec un malus de -1 TIR par chaque nouveau canon qui fait feu
- Agaga (Épée à une main) : 18+1d10 dégâts ; 13 parade ; Rapide, Précise, Perforante (2) ; +1 INI
- Cocktail Molotov (x4) : Dans un rayon de 1m, toute personne qui est touchée par la bouteille prend trois états de « Enflammé ». Dans un rayon de 2m, c'est 2 états seulement. Dans un rayon de 3m, un seul état.

- 15 balles et poudres

- Tenue de cultiste de Nurgle : 5 protection ; Tout le corps sauf tête

- Anneau d'Ulgu : Lorsque porté, vous pouvez faire croire à ceux qui vous entourent que vous êtes un humain lambda (sans mutation aucune ni trait particulier) pendant 1 heure. Vous ne pouvez utiliser cette capacité qu’une fois par jour. Vous ne pouvez pas prendre l’apparence d’une personne en particulier.

- Miroir de la Demoiselle d'Acques
- Cor de la harde des Museaux Annelés



Équipement divers :

- Marque de Nurgle
- Caresse de la vipère (poison) : Un sujet blessé par une arme enduite de ce venin doit réussir un jet d'END-4 sous peine de mourir dans END minutes. Chaque minute avant sa mort, le sujet subit 5 points de dégâts non sauvegardables, et un malus cumulable de 2 à ses caractéristiques.


- Couverts en bois
- Sac à dos
- Couronnes dentaires en bois
- Tatouages
- Porte-bonheur

- Sap-biscuit

- Costume de répurgateur + Fleuret (Déguisement)



Divers divers :

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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

L’un des plus grands chantiers du prévôt des marchands, dès son investiture, fut la complète refondation de la police de la ville. Ça n’avait pas été une tâche facile ; il avait fallu se perdre en grandes tractations avec l’armée Nulner, les fonctionnaires du guet, et le tribunal local. Trouver des budgets, recruter des cadres, assurer la juridiction de ce nouveau corps — et même lui choisir un uniforme, et un drapeau, avant de convaincre les habitants de l’utilité de cette réforme. La Police Métropolitaine de Nuln était une fondation toute récente, encore peu éprouvée, et elle cristallisait tant de critiques autour de son existence. On accusait les policiers d’être des tas de migrants Stirlander (Ce qui était en partie vrai ; nombreux étaient les émigrés à être embauchés quand les places furent ouvertes), d’avoir des sympathies avec le gang des Schatzenheimer, et d’être, plus concrètement, un simple changement de nom de l’ancien guet, avec ses ordres maintenant pris à l’hôtel de ville plutôt qu’au palais de la comtesse.

Pourtant, la Police Métropolitaine avait réellement fait du bon boulot. Ses gros effectifs permettaient de patrouiller efficacement la Faulestadt comme la Neuestadt, et les doctrines de jeunes officiers avaient permis de neutraliser une fois pour toutes la famille mafieuse des Sansovino.

Il n’y avait qu’un problème avec cette grosse réforme. Un corps de l’ancien guet avait eut une violente coupe budgétaire, jusqu’à se retrouver incapable de poursuivre efficacement sa tâche : l’unité des égoutiers municipaux.



De six patrouilles par huitaine en 2520, les égoutiers étaient tombés à quatre en 2525 — la faute à Archaon. Depuis l’élection de Leistung, ils n’étaient plus capables que d’en organiser deux, par roulement. Des boyaux entiers de la citadelle souterraine de la ville étaient virtuellement laissés à l’abandon des semaines durant, et en plus de cette perte quantitative, de nombreux égoutiers se plaignaient que leurs rapports de rondes n’étaient jamais remis à leurs supérieurs. Le commissaire Irmfried Brandt organisa quelques visites dans leurs locaux avec la presse, pour assurer que ça ne serait que temporaire, qu’il allait revaloriser leurs gages et leurs pensions — puis, plus rien. On avait essayé d’acheter le silence des guetteurs chargés de protéger les fondations de la ville.


Ça avait là la plus belle réussite du Grand Coësre. Autrefois, c’était le plus dangereux pour les sectes noires : avoir des capacités de se mouvoir et de se planquer. L’ancien Marché de la Nuit, où se regroupent les mutants, était un lieu compliqué à défendre et définir, régulièrement attaqué q’il était par des chasseurs de sorcières infiltrés. À présent, les serviteurs de Nurgle pouvaient se déplacer bien plus facilement, et bien plus rapidement, et le nombre de cultistes saisis par la justice avait drastiquement baissé.

À l’époque de Mémé Gâteuse, chaque réunion dans son domicile était l’objet de mille précautions, et d’une inquiétude monstrueuse. Aujourd’hui, Reinhard avait ce que méritait un Coësre : Une cour, avec un trône, et des serviteurs. En plein cœur de la cité.


La prière terminée, le Grand Coësre passa un moment à bénir un à un les fidèles. Des acolytes les dirigeaient, en les surveillant et les collant de très très près — on ne plaisantait plus avec la sécurité. Reinhard avait eut le grand déplaisir d’avoir affaire à ceux qu’on appelle les Frères de la Cape, un rassemblement de cinglés au service de Sigmar, des mutants et des gens désespérés recrutés pour servir d’indics, même en plein cœur de l’horreur. Plus on recrutait, plus de nouveaux problèmes arrivaient, et les deux dernières années n’avaient pas été qu’une suite interrompue de succès. Beaucoup de cultistes avaient été capturés, et il avait fallu se débrouiller pour qu’ils ne parlent pas. Nul doute que dans des bureaux de prêtres ou d’espions de l’Empire, on avait commencé à monter des dossiers à son sujet. C’était une course contre-la-montre qui était engagée. Les cultistes rêvaient peut-être d’un nouveau monde, d’une nouvelle Nuln, mais Furug’ath avait mit son protégé en garde — il lui fallait remplir sa part du contrat, puis ce qui adviendrait de son empire n’aurait plus aucune importance.
…Quitte à abandonner ces gens derrière.


Aujourd’hui, le royaume du Coësre accueillait une demi-douzaine de nouveaux sujets. Un preux chevalier de l’ordre des Éperons Ensanglantés était la personne la plus gradée de cette nouvelle promotion : un bon gamin d’une bonne famille de l’aristocratie du Wissenland. Il n’était pourtant pas le plus important, car sous terre, les titres et les fortunes n’avaient aucune importance — le plus brillant des nouveaux-venus était une ex-aliénée, enfermée dans un asile par son époux pour hystérie, après qu’elle eut noyé leurs enfants dans le Reik une nuit. Une fille de teinturier, de la classe moyenne de la ville.
Un par un, le Coësre les bénis, leur souhaita une joyeuse renaissance dans ce monde, et il les confia à d’autres acolytes qui se chargeraient de les loger, de faire leur catéchisme, et de petit à petit les transformer en serviteurs.


Ce long service achevé, il retourna à l’ascenseur, vite suivi de son garde-du-corps personnel. Sigrid Meseritz, l’Umbramancienne, ne le quittait plus jamais d’une semelle. Elle était devenue sa talentueuse apprentie, et ensemble, ils avaient passé de longs moments à rédiger des grimoires en Langue Noire, à méditer dans les royaumes du Chaos, et à préparer des potions.
La jeune fille avait changé, tout comme lui, au contact de la magie. Son sang n’était plus un sang rouge bien sain, mais une sorte de sang boueux, et collant, comme du goudron. Quelques tatouages purulents s’étaient gravés dans son cou et sur ses omoplates, des blessures suintantes qui ne cicatrisaient jamais, reproduisant les trois cercles du saint-symbole de Nurgle. Ça rajoutait à son charme.

Deux solides séides, armés d’arquebuses, grimpèrent avec lui, et actionnèrent l’ascenseur. La secte s’était armée, et avait entraîné des soldats. L’archi-lecteur avait ses chevaliers, la comtesse avait ses mercenaires, il fallait bien que le Coësre aussi dispose d’une milice sous ses ordres. On en démangerait presque de voir les hommes de loi débarquer dans son repaire pour en découvre.

L’ascenseur alla tout en haut d’une vieille galerie. Alors, le décor changea complètement. Ici, il y avait un grand jardin souterrain, des champignons de toutes les couleurs qui poussaient sur les murs, et au plafond, de grandes vitres qui donnaient sur le ciel, permettant de réchauffer la pièce comme s’il s’agissait d’une serre. Avec la chaleur de l’été, on ne pouvait pas passer longtemps au dernier étage sans avoir envie de tourner de l’œil.

On avait posé un grand tapis de velours troué. Il y avait une longue table, où un buffet géant était dressé — les fruits et la viande pourrissaient en plein air, viciant un peu plus l’atmosphère. C’est que ce buffet n’était pas que pour les hommes, mais également pour les rats, les cafards, et les mouches.
Sous des présentoirs en verre, on avait placé là des artefacts, quelques souvenirs de la geste du Grand Coësre : Le linge qui avait servi à recouvrir Karl, le bébé arraché à sa mère et sacrifié ; une rapière de répurgateur de Shallya, l’ancien petit ami d’Emma qui avait été tué comme un chien ; une flasque de sang poisseux, récupéré dans la mare qu’avait laissée Mémé Gâteuse derrière elle, avant de mourir ; une livre de chair séchée, un morceau de muscle et de gras débité sur le corps obèse et dimorphe de Vitale Candiano, qui fut possédé par un Grand-Immonde ; ou bien un coffret de maquillage, en bois d’ébène et couvert de lettres dorées d’une vieille langue étrangère, l’ancienne possession d’une vampire Lahmianne, tuée dans les catacombes d’un vieux château des marches Strigoi.


Tout au bout de la pièce, se dressait un trône. Une simple chaise faite sur-mesure, du mobilier volé à un marchand endetté auprès de Marteen Ruchen. Derrière, un immense tableau, peint par un peintre fou recruté par la secte — l’huile sur toile représentait le Grand Coësre dressé sur un cheval en décomposition, au-devant d’une Nuln plus prospère que jamais.

Reinhard ne fit pas trois pas dans la pièce, que de jeunes hommes, ses valets, se pressèrent autour de lui. Un trio de gosses aux beaux minois, recrutés sur mesure par Frida, qui se chargeait de la loyauté de chacun. Ils attrapèrent soigneusement la grande cape de cérémonie du Coësre, faite d’une vieille peau d’ours tannée, et la remplacèrent par un mantel plus léger, de futaine Arabéenne teintée. On lui rendit son bâton d’incantation, soigneusement enveloppé dans un drap de dentelle.
Chacun de ces gosses était condamné. L’un d’eux avait déjà une corne qui commençait à lui pousser au milieu du front. Le Grand Coësre infectait tous ceux qu’il touchait avec la pourriture de Neiglish, c’est pour cela qu’il portait constamment des gants. Mais eux étaient bénis plus solennellement que les autres…

Autour du trône, se trouvaient ses acolytes personnels. Tous bien habillés, et ravissants. Ces gens, fidèles de la première heure, avaient été bien récompensés par leur loyauté indéfectible.

Il y avait là Irmfried Brandt, devenu commissaire-général de la Police Métropolitaine, vêtu de son splendide uniforme noir couvert de médailles. Comme d’habitude, il tirait la gueule, et paraissait froid et aux ordres — s’il était resté dans la secte et paraissait au-dessus de toute félonie, il n’avait, c’était évident, jamais pardonné la mort de Lise, sa petite sœur atrocement sacrifiée par son supérieur. Nurgle l’avait béni d’une vitalité assez impressionnante — sa peau était devenue épaisse, et granuleuse, comme si des couches d’épiderme s’étaient rajoutées.
Bernhard Steiner, le nouveau Premier échevin de la ville, contrôlait virtuellement toute l’administration de l’hôtel de ville. Il avait accompli ses rêves de gloire et d’importance, et avait sa propre petite cour de sycophantes à ses ordres — il était en train de s’éponger le front avec son mouchoir, car il n’arrêtait pas de sécréter une sorte de sueur verdâtre et collante, partout où il allait.
« Max », le contre-maître, était devenu Secrétaire de la Commission sur le Travail — celui chargé de liquider les guildes, et d’assurer la richesse de Nuln par ses fonderies ; et surtout, de détourner l’argent au profit des projets de Leistung. Nurgle l’avait rendu obèse, et couvert de furoncles, mais il était plus heureux que jamais. Sa petite famille avait été convertie, et maintenant, ses enfants travaillaient auprès de lui. Reinhard avait changé sa vie, seulement en bien.
Enfin, Frida était aussi là. Chargée des affaires plus occultes et illicites de la secte, elle n’avait pas de véritable vie publique. Sa peau était devenue étrangement zébrée, dans un mélange de blanc pâle et de taches vertes.


Reinhard vint s’installer sur son trône, son bâton comme un sceptre entre ses mains. Devant lui, les soupirants s’inclinaient ; des agents plus-ou-moins bien placés, chargées de telle ou telle chose au service de la secte. Une véritable petite administration byzantine, et compliquée à gérer.
Seuls les quatre acolytes osaient encore lui parler de façon ouverte et familière, et sans attendre leur tour de parole.
C’est d’ailleurs Maximilian qui parla sans cérémoniel, comme s’il reprenait une discussion cessée récemment.

« Cette après-midi, Heidemarie est avec Maximale Leistung au Palace du Joyau. Il est bon que vous vous rapprochiez de la noblesse — nous avons encore de nombreux ennemis dans la cour comtale… »

Ils avaient déniché un sosie pour remplir la fonction de prévôt. Un acteur raté, enfermé dans l’aile sécurisée d’un asile du Reikland ; un cadeau obtenu grâce à la correspondance entretenue avec le docteur Festus. Ce sombre comédien, aussi malsain était-il, était un meilleur Maximale Leistung que le vrai Leistung — et il permettait d’enfin économiser à Reinhard toutes ces niaiseries politiciennes qui avaient failli lui provoquer une crise de nerf à l’époque de l’élection.

« Nous n’avons toujours aucune nouvelle d’Emmanuelle von Liebwitz. Cela devient inquiétant. Il n’est pas dans notre intérêt que la dirigeante de Nuln meurt trop vite…
On continue de bosser dessus. On fera ce qu’on peut. »


Steiner s’approcha. Il tendit alors à Reinhard une lettre scellée. Alors que le monarque la décachetait, et commençait à lire, le Premier échevin expliqua un peu.

« Eva Seyss est toujours à Nuln. J’ai fait verrouiller la ville autant que possible, mais je suis incapable de la retrouver. Je fais du mieux que je peux, mais mes yeux n’ont pas été très efficaces… »

Il lança un regard accusateur à Irmfried et Frida. L’un dirigeait la police, l’autre les cultistes armés. Les deux ne relevèrent pas, et se tinrent silencieux et impavides.

Eva Seyss — une ombre, que les Nurglites traquaient depuis un bon moment. La plupart des adversaires du Seigneur des Mouches avaient sacrément morflé au cours des deux dernières années : les flagellants avaient été exécutés ou déportés, les répurgateurs de Sigmar mutés ailleurs, les magiciens des collèges verrouillés dans leur académie avec une surveillance constante de leurs mouvements et de leurs courriers. Tout tenait bien, pour l’instant.
Mais dans l’ombre, Reinhard faisait encore des cauchemars… Ni sœur Emma, ni la Rédemption, n’avaient été trouvés, juste des sous-fifres à eux, si fanatisés que même la torture ne permettait pas de les faire parler. Alors que le Grand Coësre avait le pouvoir de troubler le sommeil de tous les habitants de la ville, des fois, c’était lui qui sursautait, en imaginant la Shalléenne soudainement se dresser derrière sa porte. Toutes les divinations oniromanciennes n’avaient rien apporté : par on-ne-sait quel miracle, Emma s’était détachée du lien que Reinhard avait scellé en elle.
Seyss, il l’avait vu en rêveries et méditations. Il pouvait jurer qu’elle était sur le navire, où Emma avait attaqué, en 2530. Une servante de l’Empire, et des collèges de magie. Steiner la soupçonnait d’avoir fait assassiner plusieurs cultistes de la secte. D’avoir subtilisé des documents, et fait capoter quelques plans.

« Avec les préparations du Carnaval, je m’attends au pire. Grand Coësre — avec ta permission, j’aimerais employer des moyens plus francs pour parvenir à la dénicher, quitte à faire du bruit… »

Le jour de la Geheimnisnacht, le monde des vivants et celui de l’Au-Delà étaient très proches. Il n’y avait que deux jours dans toute l’année où Mannslieb et Morrslieb étaient pleines en même temps.
Ne pas faire un spectacle digne de ce nom au Seigneur-des-Mouches à une telle date relevait du blasphème. Mais Steiner avait raison — d’autres adversaires étaient parfaitement au courant.

« Il y a des amis à elle dans l’Académie de Magie. Je propose de les faire enlever et de les torturer pour obtenir un portrait robot, que l’on pourra faire imprimer et diffuser dans toute la ville, ainsi que des informations qui pourraient nous être utiles — elle utilise tellement d’alias différents, elle est pour l’instant insaisissable… »

Max grogna, et se permit de s’interposer.

« On a aucune autorité sur l’Académie de Magie. Les mages sont protégés par des ordonnances impériales. Si on fait ça, on est dans la merde.
Sans oublier que les mages, par principe, ils savent se défendre. On a vraiment envie d’envoyer les flics attaquer l’endroit où une quarantaine de sorciers résident ?

– La comtesse est injoignable. Je me demande où ils présenteront leurs pétitions.
Allons, Grand Coësre, nous avons le pouvoir, et la force — pourquoi ne pas l’utiliser ? »


C’était anormalement brusque de la part de Steiner, lui qui avait pourtant l’habitude de toujours procéder avec tact et discrétion.
La Geheimnisnacht lui montait à la tête. Ce qu’il proposait était une immense idée de merde, en l’état. Mais il est vrai qu’ils n’avaient pas beaucoup de moyens de capturer une Umbramancienne qui était tapie dans l’ombre…

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Reinhard Faul
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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par Reinhard Faul »

Dès que je quitte l’ascenseur, je sors de ma comédie pour reprendre mon vrai rôle : celui d’un petit bonhomme épuisé et préoccupé par les responsabilités. J’avance dans la salle du trône les sourcils froncés. C’est la disparation de la comtesse qui me prend le chou. J’espère que Max aura de bonnes nouvelles, même si j’y crois pas trop. J’ai hâte de savoir.

Mais je ne peux pas juste traverser une pièce comme ça, normalement. Pas un Magus de Nurgle surpuissant. Je dois m’arrêter à trois pas, puis tendre les bras docilement pour me faire habiller. Toutes ces simagrées sont devenues une nécessité. C’est fini l’époque où on complotait à cinq ou six autour de la table de la cuisine de Mémé. Dans ce temps-là, je pouvais m’habiller comme il me chantait et m’asseoir en tailleur sur le sol. Maintenant je dois faire attention à mon « image ». C’est pas qu’une question de religion, c’est le sens pratique qui s’est imposé. Nous sommes des centaines, je dois être reconnaissable au milieu d’une foule. C’est embarrassant quand le représentant d’un groupe venu prendre ses ordres se tourne spontanément vers Max car il a plus le physique d’un Magus que moi. La période de l’élection n’avait été que l’initiation à ce monde de fou qu’est la politique. Je passe la moitié de mon temps d’éveil à seulement discuter.

Tu te rends compte du nombre qu’on est maintenant ? Je me désintéresse des gens sur un plan personnel pas parce que je suis un salaud, mais parce que c’est devenu physiquement impossible de connaître tout le monde un par un. C’est pour ça que j’utilise des artifices qu’on ne peut qualifier que de grossier et malhonnête – comme me déguiser en méchant sorcier maléfique. C’est pour gagner du temps. Je dois déjà consacrer une énergie énorme à me faire expliquer ce que cinquante autres personnes ont vu ou fait. C’est pour cette raison que je me laisse manipuler comme une poupée quand on me dit habille-toi comme ci, déplace-toi par là. J’ai déjà tenté le déni, la colère, la négociation, et tu arrives à la fin du processus où j’ai accepté ce qui arrive.

C’est la même chose des conséquences des échecs. Autrefois, foirer un de mes plans aurait conduit à ma mort, donc à la fin de toute opération. Maintenant on peut se permettre d’avoir des types qui partent au bûcher à ma place, et on est toujours vivants pour en parler. Des gens que je n’ai jamais vu meurent pour moi. E peu à peu, je m’en fous.

Néanmoins, ces foirages laissent un paquet d’épées de Damoclès au-dessus de ma tête en permanence, ça on est d’accord. Emma et l’umbramancienne en tête. Ça rajoute un fond d’angoisse permanent, comme le supplice de la goutte d’eau au Cathay. Y a tout le temps un truc en train de m’emmerder.

Je me laisse tomber sur le trône comme un paquet de misère. J’ai mal aux genoux après avoir animé si longtemps la messe noire. Un des valets apporte quelques mignardises et une bouteille, et c’est sur cette dernière que je me jette avec des doigts tremblants. Puis, sans faire mine d’écouter Max, je réclame d’un ton agacé :

« Le miroir ! »

Ce n’est pas mon chouette miroir magique de Vampire que je réclame, c’est un autre beaucoup moins classe. Celui-ci n’est qu’un miroir à main pour dame tout bête, son originalité tient à ce qu’il soit posé à l’horizontale et que quelqu’un ait dessinés de fines lignes dessus avec de la poudre. Sous les yeux de mes conseillers, j’en sniffe bruyamment une. C’est un dérivé d’ombre pourpre pas cher que des vagabonds ont chauffé dans une vieille timbale avec du salpêtre, mais ça me tient éveillé. Pour accompagner ce délice de fin gourmet, je défonce la bouteille de vin en quelques gorgées. Vu le régime que j’ai depuis quelques temps, ça suffit à peine à me remettre l’esprit clair. J’aurais eu plus vite fait de boire un café, mais honnêtement je sais plus où j’en suis. Parfois je me réveille malade du manque alors que je me souviens même plus à quoi je me défonce. L’opium revient souvent, ça j’en suis sûr. Je me suis mis à en prendre beaucoup pour dormir. Au début.

Max enchaîne sans faire de commentaire. Il me donne des nouvelles de mon sosie, puis de la comtesse, je ponctue par un « fait chier » de bon aloi. Steiner me tendit ensuite une lettre de l’umbramancienne, que je lis d’une main, le menton posé sur mon poing. C’est un exercice que je maîtrise tellement maintenant que je peux le faire sans marmonner et suivre avec mon doigt. Mes yeux volent rapidement d’une ligne à l’autre. Steiner propose son plan, complètement fou par ailleurs. Il faudrait protester. Pourtant, à la fin de ma lecture, je déclare d’un air distrait :

« Seyss a vu le cauchemar. »

Un silence embarrassé s’installe. Les non-sorciers se fichent du cauchemar. Pour eux, le sommeil est une vague perte de temps où il ne se passe rien. Moi, c’est là que j’ai établis ma base d’opération ces derniers mois, afin d’espionner en premier lieu. Je peux voir l’esprit de centaines de dormeurs, et fouiner. Je sais que l’umbramancienne était sur le fameux bateau, en même temps qu’Emma, je sais qu’elle est malade. Mais c’est pas le seul truc que je fais en dormant.
J’ai appris des nouveaux sorts, je t’ai dit ? Bah c’est de là que ça me vient ces trucs là. Je regarde la magie de Grand Père, c’est très joli, et j’ai le droit de la bricoler. C’est là que j’apprends. Sigrid m’a expliqué que les autres gens ne faisaient pas comme ça, que c’était dangereux. Je sais ce qu’est un enfant du chaos, mais j’ai pas vraiment le choix hein ? Sigrid m’a aussi dit à cette occasion que j’aurais pu faire un bon mage des Collèges, si j’y étais allé. Je l’ai giflée. C’est la seule fois où c’est arrivé, je me suis excusé.

Mais bref. Je racontais quoi ? Ah oui, le cauchemar. Au début c’était juste un lieu que j’avais crée en rêve pour m’organiser. C’était plus simple de réfléchir si il y avait un « haut » et un « bas », un sol et un ciel quoi. C’est con mais ça me file moins mal au crâne que de flotter dans de l’énergie mystique transcendantale, me demande pas pourquoi. Après j’ai rajouté des meubles quoi. J’ai fait une maison pour rire, puis une autre, puis une version cauchemardesque de Nuln proche du réel jusqu’à la dernière merde de rat.
Même Fururga’th trouve que c’est de la jolie magie. Ça sert à rien, mais c’est… joli. Comme un espèce de loisir. De la vannerie pour taré paranoïaque. J’y ai passé des heures. Et tout le monde peut y venir ! Mais concrètement, dans le monde de la vraie vie, ça veut dire que je suis endormi quelque part complètement défoncé à l’opium pendant que je fais ça. Ça crée des tensions avec mon conseil. D’où le silence embarrassé à la mention du Cauchemar, qui mérite sa majuscule. Encore une fois, tu arrives après la bataille. Eux, ça fait des mois qu’ils m’entendent parler d’une super ruelle de la mort que j’ai crée en rêve, ou d’une fosse à purin, ou des reflets sur les ailes d’une mouche. Des délires de mystique.

Et il est là le cœur du problème, finalement. Je passe trop de temps, depuis trop longtemps, le cul entre deux chaises. Je suis fatigué d’être dans des trucs qu’on comprend pas. Par exemple, t’as remarqué que je guérissais pas normalement ? J’ai des maladies qui ne me font pas mal, et je peux survivre à des coups de poignard. Où est la limite ? Comment ça marche ? Est-ce que j’ai encore besoin de manger ? Manger quoi ? Visiblement, des trucs pas comestibles ne me font aucun mal. Et ça rend zinzin. Je fais tout le temps des trucs qui devraient pas se produire. L’ancien moi n’aurait pas tué plein de gens, n’aurait pas comploté pour prendre une ville. Et tu te souviens de l’époque où j’avais peur de la magie et je ne voulais pas m’en servir ? Moi je m’en souviens. Ça a existé, c’était ma position à propos de ce sujet pendant la majeure partie de ma vie. J’ai le cerveau retourné.

Le démon dit que c’est normal, que ça ira mieux quand j’aurais conclu mon pacte. J’ai hâte que ça arrive, je suis si fatigué.

Pour l’instant je suis coincé avec mon conseil à me masser une tempe avec un doigt en essayant de raccrocher au débat en cours. Je dis :

« Foutre la merde dans l’organisation du Geheimnisnacht c’est très grave, ça me surprend que tu proposes ça. Mais c’est qui ces enculés dont elle parle à la fin, ceux qui ont « encore la force de s’opposer au Coësre » ? Y a trop de gens qui s’opposent, alors honnêtement je sais plus. Putain de fumiers ! »
Natus est cacare et abstergere coactus est.
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Si vous vous y connaissez en latin pitié aidez moi.


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Stats :
Voie du sorcier de Nurgle (Profil avec empreintes occultes et mutations)
For 8 | End 11 | Hab 9 | Cha 8 | Int 13 | Ini 9 | Att 9 | Par 8 | Tir 8 | Foi 8 | Mag 16 | NA 2 | PV 100/100

État temporaire :
Clairvoyance : +1 en Magie et en Intelligence
Nuages de mouches : -1 ATT/PAR/TIR/INI pour toutes les personnes à moins de 6m
Plaies suppurantes : 1d3 dégâts retranchés à chaque blessure
Pourriture de Neiglish : Porteur sain
Protection de Papy : 2d4 PdC à chaque critique en incantation


Grimoire :

- Lumière : À appliquer sur un objet ; Fait de la lumière pendant 1h
- Flammèche : Petite étincelle au doigt pendant une minute
- Météo : Connaît la météo prochaine
- Repos : Peu faire se détendre quelqu'un

- Infestation de Nurglings : 24m / 1d4 tours / Projectile magique. Une fois qu'une personne est touchée, elle subit 10+2d10 dégâts magiques par tour / Dès la fin du sortilège ou la mort de l'ensorcelé, des bubons explosent, libérant 2d3 amas de chair, qui sont autant de nurglings
- Fontaine putride : 6m / Instantané / 30+2d10 dégât devant lui + gain de 7 armure temporaire magique / +5 dégât par point de MA
- Gerbe corruptrice : 12m / 10+1d10 dégât dans une zone de 6m, esquivable ; métal rongé après 1d4 tours / -1 esquive par MA

- La multitude fait le tout : Se change en nuée de mouches
- Prodigieuse santé : Contact / Devient ultra bogosse et ultra chad
- Grande invocation de petits amis : Invoque des insectes pour servir d'ingrédients
- Immonde messager : Peut envoyer des messages twitter (Caractères limités)
- Allégresse fétide : Supprime toute douleur mentale ou physique
- Divine urgence : Force la cible à faire un jet d'END. Diarrhée en cas d'échec.
- Paludisme dévorant

- Invocation : Nurglings
- Invocation : Bête de Nurgle
- Invocation : Porte Peste
- Octogramme de conjuration


Compétences :
- Résistance accrue : +1 END aux jets testant la résilience physique (Fatigue, drogue, alcool, torture...)

- Vol à la tire : +1 pour escamoter quelque chose
- Baratin : +1 pour endormir la vigilance de quelqu'un
- Déplacement silencieux : +1 pour fureter quelque part
- Déguisement : +1 pour s'infiltrer en étant déguisé
- Alphabétisation
- Autorité

- Sens de la magie : Sur un test, détecte les événements magiques
- Incantation (Domaine de Nurgle)
- Maîtrise de l'Aethyr (Nurgle) : 2
- Contrôle de la magie
- Divination (Oniromancie) : Sur un test au cours de son sommeil, peut découvrir la destinée de certains personnages
- Langue hermétique (Langue Noire) : Parle la langue immonde du Chaos
- Confection de maladies : Peut fabriquer des maladies communes et rares


Équipement de combat :
- Bâton démoniaque : 2 mains ; 10+1d8 dégâts ; 8 parade ; Assommante & Utilisable seulement par les classes magiques. +1 PAR
- Pistolet à répétition : 46+1d8 dégâts, malus -2 TIR/8 mètres, peut tirer cinq fois à la suite avec un malus de -1 TIR par chaque nouveau canon qui fait feu
- Agaga (Épée à une main) : 18+1d10 dégâts ; 13 parade ; Rapide, Précise, Perforante (2) ; +1 INI
- Cocktail Molotov (x4) : Dans un rayon de 1m, toute personne qui est touchée par la bouteille prend trois états de « Enflammé ». Dans un rayon de 2m, c'est 2 états seulement. Dans un rayon de 3m, un seul état.

- 15 balles et poudres

- Tenue de cultiste de Nurgle : 5 protection ; Tout le corps sauf tête

- Anneau d'Ulgu : Lorsque porté, vous pouvez faire croire à ceux qui vous entourent que vous êtes un humain lambda (sans mutation aucune ni trait particulier) pendant 1 heure. Vous ne pouvez utiliser cette capacité qu’une fois par jour. Vous ne pouvez pas prendre l’apparence d’une personne en particulier.

- Miroir de la Demoiselle d'Acques
- Cor de la harde des Museaux Annelés



Équipement divers :

- Marque de Nurgle
- Caresse de la vipère (poison) : Un sujet blessé par une arme enduite de ce venin doit réussir un jet d'END-4 sous peine de mourir dans END minutes. Chaque minute avant sa mort, le sujet subit 5 points de dégâts non sauvegardables, et un malus cumulable de 2 à ses caractéristiques.


- Couverts en bois
- Sac à dos
- Couronnes dentaires en bois
- Tatouages
- Porte-bonheur

- Sap-biscuit

- Costume de répurgateur + Fleuret (Déguisement)



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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

« Les serviteurs du Serpent. »

Sigrid était soudainement intervenue, en grognant cette phrase entre ses dents, pour toute réponse à la question du Grand Coësre.

Il y eut un grand silence. Et des têtes inquiètes qui se levaient parmi la foule de courtisans.

Frida se pencha, et murmura à l’oreille de Reinhard :

« Tu fais déguerpir les gens non-essentiels ? »

Reinhard n’eut qu’à taper son bâton sur le sol et donner l’ordre, et alors, un par un, les valets, les sous-fifres, les courtisans et invités de toute sorte pouvaient quitter la grande salle du trône pour aller ailleurs, ne laissant dans la pièce que deux solides gardes-du-corps armés de hallebardes, et les acolytes les plus proches du magus.

Une fois les portes claquées, Steiner reprit la parole, maussade :

« Ils ont été une épine dans le pied de nos plans depuis le début… Il est certains qu’ils contrôlent encore l’entourage de la comtesse, les tribunaux, et qu’ils ont leurs entrées dans le culte de Sigmar.
On a réussi à leur voler la ville et les bas-fonds, mais ils ont encore le vrai pouvoir : celui de l’armée, de la noblesse et des cultes. Et maintenant, cette sale Eva Seyss souhaite les utiliser contre nous ?

– Les Umbramanciens sont censés être des parangons de la justice et des défenseurs de l’Empire, pesta Sigrid, qui pouvait parler d’expérience : Elle-même était une ancienne espionne de l’Ordre Gris. Jusqu’ici, Eva Seyss devait être limitée par sa propre moralité — difficile de lutter contre un culte quand on doit respecter la loi, l’ordre, et les vies humaines.
Si elle sait qu’on compte faire quelque chose lors de la Geheimnisnacht, et qu’elle est prête à tout pour nous arrêter… On a des raisons d’être inquiets. »


Les acolytes se regardèrent les uns après les autres, dans les yeux.
Le commissaire Brandt, nerveusement, refit les manches de sa chemise.

« Mes flics sont en place. Une semaine avant la Geheminisnacht, une Shalléenne qui roule pour nous demandera en urgence la quarantaine du quartier du Dédale — mes policiers verrouilleront toute la zone, empêchant toute entrée et sortie. Nous-mêmes pourront toujours passer par les égouts, qui seront vidés.
Mettre en place toute la logistique d’un tel ordre, ça ne s’improvise pas. J’ai… Rédigé des papiers, à certains de mes alliés. Si Eva Seyss est maline, intelligente, ou qu’elle a ses entrées dans la secte…
C’est qu’elle est au courant de notre grand projet pour le carnaval. »


Frida serra des dents, et pesta.

« Et donc ? C’est une femme toute seule. Quant aux serviteurs du Serpent, ce ne sont que de gros pachas indolents et corrompus — je suis certaine qu’ils n’ont aucune présence dans le Dédale. »


Frida avait tort. Le Dédale, le pire quartier de tout Nuln, était le lieu de prédation du Marché de la Nuit, qui n’avait été que partiellement acquis.
Les mutants de Nuln pouvaient être fidèles à n’importe lequel des Dieux du Chaos ; le plus souvent, ils priaient les tous à la fois, à la recherche désespérée d’une réponse, n’importe laquelle. Frida avait tort d’imaginer que les Slaaneshis n’étaient recrutés que parmi les aristocrates et les riches — il savait, plus que quiconque, que même les plus pauvres, comme les comédiens itinérants, les bateleurs des bas-fonds, les décadents de mauvaise famille, pouvaient être tournés.

Plus que tout, il savait que si Eva Seyss obtenait des noms, ils pouvaient tous se retrouver en danger.
Seuls quatorze petits jours devaient s’écouler avant le jour de l’éclipse. Tant de choses pouvaient mal tourner d’ici là. Un carnaval ne s’improvise pas — les fidèles avaient déjà commencé à peindre les jeux pour la kermesse, kidnappé des animaux errants et fait pousser des plantes pour servir d’ingrédient, enlevé quelques malades des hospices laïcs pour jouer le rôle de sacrifices pour la chorale des démons… Tout, planqué autour de la ville, dans les égouts, dans les entrepôts saisis par l’hôtel de ville —
La comtesse et l’archilecteur avaient beau être absents, ils étaient encore en vie, avec leurs chevaliers et leurs mercenaires. Une descente des forces de l’ordre, à cet instant, serait le pire scénario possible.

Plus que tout, les acolytes de Reinhard négligeaient un grand détail aussi : la Geheimnisnacht n’est pas un jour sacré que pour Nurgle. Les Slaaneshi aussi devaient préparer quelque chose pour honorer leur Dieu. Vaincre les serviteurs du Pestilent lors du jour où la magie est toute puissante leur gagneraient d’immenses faveurs dans l’au-delà, ce qui allait peut-être les motiver à lancer leurs dernières forces dans un tel baroud d’honneur.

Bref, il n’y avait bien que le Coësre et Sigrid pour avoir l’air silencieusement inquiets, tandis que les acolytes se préoccupaient de choses très secondaires.

« Si attaquer les Collèges est trop dangereux, il me faut tout de même un moyen de coincer Seyss. On ne peut pas se tourner les pouces en lui laissant l’initiative.
Peut-être pourrait-on charger Heidemarie d’essayer d’intégrer la cour de la comtesse, peu importe où elle se cache…

– Toute seule ? Demanda Max avec un air inquiet. On ne va pas risquer sa vie inutilement, ni à elle, ni à Maximale…
– Si elle fait des cauchemars… Peut-être pourrait-on la piéger dedans ? Se mit à songer Sigrid. Après tout, c’est toi qui contrôles ce palais mémoriel que tu as mis en place… Lorsqu’elle s’y rend, on pourrait la piéger dedans ? »

Techniquement, la réponse était oui — mais c’était très dangereux. Peut-être que Reinhard préférait risquer la vie de ses sbires plutôt que la sienne…

« Faisons-la accuser de collaborer avec des rebelles Solländer, proposa Irmfried. La guerre justifie toutes les mesures d’exception. Cela me permettra d’envoyer les détectives de la police la pourchasser partout dans Nuln. C’est maigre, mais c’est ce que je peux proposer pour l’instant.
– On pourrait aussi… Lui tendre un piège, se mit à imaginer Frida. Prendre quelques cultistes peu important, les charger d’une mission quelconque en vue de préparer la Geheimnisnacht — et on fait fuiter la mission à tout le monde, aux répurgateurs, aux chasseurs de prime. Si Seyss a des alliés dans ces réseaux, elle tentera de les attaquer pour interroger l’un d’entre eux, et remonter à partir de là.
– Tu veux sacrifier des gens à nous ? Fit Max avec un air de dégoût. Nos propres fidèles, nos frères en religion ?
– Ce ne serait pas la première fois qu’on sacrifie des gens qu’on aime. »

Irmfried avait dit ça distraitement, d’une voix faible.

Jet de stratégie (Malus : -4) : 5, réussite
Jet de connaissances (Théologie chaotique) : 2, réussite
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Reinhard Faul
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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par Reinhard Faul »

Je dis en soupirant :

« Il faut que je réfléchisse. »

Toutes les options semblent loin d’être parfaites. Déjà, celles qui m’impliquent personnellement ont l’inconvénient de… bah, m’impliquer personnellement. C’était plus facile dans le temps, je pouvais risquer ma vie avec témérité parce que j’avais le choix entre mourir vite et mourir plus tard. Être toujours à deux doigts de la destruction, ça t’aplanit le cours d’une existence. Maintenant j’ai peur de crever dans mon stupide corps d’être humain. Ça serait horrible, si près du but, non ? Furuga’th le démon m’emporterait, je serais une âme damnée parmi tant d’autres dans les Jardins pour l’éternité. Y a rien qui peut décrire comme ça serait affreux.

Alors que le statut de démon...j’en ai presque la bave aux lèvres, quand j’y pense. Je pourrais continuer à bricoler la magie, et tout ça – toute ma vie, tout - ne sera plus qu’un mauvais rêve. Contrairement à Valitch et compagnie, j’en ai rien à foutre de l’Empire ou du reste. Moi je tire mes heures et je me casse.

Et pour l’instant je dois zigouiller une putain d’umbramancienne de merde qui est allé se cacher chez des connards ! Parlons-en, de ceux là ! Les Slaaneshis. Ils sont nombreux, encore influents, et possèdent beaucoup de moyens de se rendre désagréables. On avait pas encore trop entendu parler d’eux hein ? Je leur ai filé une maladie vénérienne magique vers le début de mes aventures, du coup on est pas trop copains, voilà. D’autant que je veux détruire la ville et qu’ils sont dedans.

Ils ont pas le même fonctionnement que les Tzeentchis, ou nous. Nous on est sympa, c’est convivial, chaleureux, bref, on est les meilleurs. Les Tzeentchis ils te font te sentir bête et seul. Les Serpents, ils sont… visqueux. Ils mettent mal à l’aise. Ils font des coups de pute seulement « pour rire ». Ils aiment la douleur et la honte. Ils utilisent des manœuvres qui te font crier « ah les petits bâtards » quand tu les subis.
Je prends l’air blasé, dégoûté, d’un type qui a pas envie d’avoir pour némésis des sado-masochistes flamboyants et qui demande quand même :

« Y a pas moyen de faire d’une pierre deux coups ? Vu qu’on sait qu’elle va se tourner vers les Serpents. On sait déjà par où faire fuiter des informations. ‘doit y avoir moyen de faire un bon piège mais… pffff… »

Je me frotte les yeux avec l’index et le pouce – un prétexte pour éviter le regard d’Irmfried. Je finis pas ma phrase, j’ai perdu mon idée avant d’avoir réussi à aller au bout. Je suis fatigué. Depuis combien de temps n’ai-je pas réellement dormi ? Une vraie nuit entière où je ne me balade pas dans le cerveau de quelqu’un d’autre, j’entends. Mais j’ai pas le temps. Je dois être à ce que je fais.
… il doit y avoir un moyen de retourner ce qu’on sait des Slaaneshis contre eux. Faire fuiter des informations dans leur direction ne serait pas très difficile, hélas. Parce que fuiter, on sait faire ! Tu as vu nos précautions pour éviter les fouinards, mais n’importe qui le voulant vraiment pourrait les contourner en cinq minutes avec une demi cervelle. C’est impossible pour une organisation aussi grande d’être hermétique. Je l’ai appris à la dure. Trop de monde qui circule, trop d’endroits où se cacher. Notre meilleure protection, c’est que pour vivre ici il faut être capable de manger du pus de clodo en faisant semblant d’aimer ça.

Mon esprit se perd un peu en faisant un détour sur le pus de clodo. J’ai des millésimes préférés en la matière. Certains de mes souvenirs les plus chaleureux comportent du pus de clodo en personnage principal. C’est une question de texture, de grumeaux, de… tout. On en a jamais fini avec le…

« Patron ? Tu ronfles. »

Je me casse la gueule sur mon trône en sursautant, parce que j’avais la tête en appuis sur mon poing pendant que je dormais. Je crie d’un ton indigné à Max :

« Hein ? Moi ? Non ! Je… réfléchissais. »

J’agite un index ganté en direction de Max en ajoutant :

« Mais tu sais quoi ? Ouais, je vais me faire une sieste d’une heure ou deux. Ça m’a l’air parfait comme idée. Pour ce qu’on disait, le projet de Frida a l’air très bien hein, mais euh… le temps que je revienne vous réfléchissez à ce que j’ai dit et euh… enfin on en reparle en milieu d’aprem, frais comme des gardons. Si vous avez besoin de moi je suis dans le bureau. »

Puis, sans vérifier si tout le monde est d’accord, je me lève et me tire dans une petite pièce adjacente à la salle du trône. Pourquoi je demanderais une permission de faire une sieste ? Je suis le chef.
Le « bureau » a en réalité une fonction plus proche de la cabane à outils pour sorcier maléfique. D’un œil extérieur c’est un immense fourbi plein d’instruments inquiétants, de crânes, de bougies dégoulinantes de cire, d’encens aux arômes toxiques. Mais c’est seulement parce que c’est mal rangé, d’accord ? Moi j’arrive à retrouver ce que je cherche dedans. Tiens, par exemple, le truc qui ressemble à une carcasse de poulet mangée par les chiens ? C’est un enchantement pour se protéger du savon. Qui marche pas, d’accord, ça j’admets. Mais y a de l’idée. La plupart de mes trucs marchent pas, de toute façon, donc j’ai l’habitude. Ça ? Ça c’est un bocal de sueur de Steiner. J’essaie de découvrir si elle a d’autres propriétés qu’être verte et gluante. Des fois on peut tomber sur des pépites. En fouinant de cette façon j’ai découvert que l’urine d’un des mutants faisait une super lasure pour le bois, bien brillante. C’est précieux quand on construit dans les égouts. Enfin du coup j’expérimente beaucoup.

Avant de faire ma sieste, je décide de lancer une nouvelle décantation. J’aime bien laisser des trucs mariner pendant des heures – au fond de lui, chaque nurglite sait que tout s’arrange quand ça pourrit suffisamment longtemps. Hélas, cette méthode demande de s’organiser en amont.
J’enfile des gants extrêmement épais, comme si j’allais sortir un plat du four. En réalité je sors une caisse en métal d’un placard, minutieux comme si c’était de la poudre à canon. J’ai beaucoup de mal à venir à bout des différents fermoirs avec mes doigts emmitouflés de cette façon, mais j’y parviens, et la boîte révèle son contenu.

Ce sont des bouteilles de savon, d’antiseptiques divers. Pour combattre l’ennemi, il faut le connaître, lui et ses faiblesses. C’est pour ça que je garde une caisse de leurs armes favorites, soigneusement cadenassée. Avec une pipette et énormément de précautions, je prélève quelques gouttes de dangereux liquide pour le mettre en présence de la sueur de Steiner dans un tube à essai. J’en attends pas grand-chose, mais je suis content de l’avoir fait. C’est comme Grand Père avec son chaudron.

Ensuite je range tout très soigneusement, puis je peux enfin me détendre. Il y a un lit étroit dans un coin de la pièce, sous le stock de bocaux bizarres avec des bestioles mortes qui flottent dedans. Avec un soupir d’aise, j’enlève mes gants, puis mes autres gants qui se trouvaient encore en dessous, puis mon écharpe. J’ai le droit, y a pas de gens qui peuvent me toucher ici.

Parce que tu te souviens de la pourriture de Neiglish ? La maladie que je porte qui tuent tout ceux qui me touchent en quelques mois. C’était rigolo quand je me promenais dans le Stirland avec hein ? Bah après avoir vu un paquet de gens biens mourir de m’avoir croisé dans un couloir étroit ou passé un plat à table, c’est moins rigolo. J’ai parfois perdu des alliés au pire moment à cause de ça. Y a des gens que j’ai tué et que je me rappelle même pas avoir touché. Je n’ai pas le droit à l’erreur. Ça paraît facile comme ça, mais c’est compliqué sur le long terme. Tu as vu tout à l’heure les… volontaires, ceux qui font office de valet. Eux ils ont le droit de me toucher, pour m’aider à enfiler des collants, ou autre. J’ai honte d’eux, en général je ne le laisse pas sortir de la grande chambre où ils peuvent s’ennuyer et entretenir mutuellement leurs illusions sur leur vie. Ils durent pas très longtemps, alors je dois en chercher de nouveaux régulièrement. J’ai fouillé dans leur tête pour les trouver, sur des critères de docilité et de manque de volonté de vivre. C’est pas les qualités qu’un gentilhomme cherche chez les gens avec qui il partage son intimité. Par conséquent, je viens souvent piquer un roupillon dans ce lit pourri pour éviter de trop les croiser.

Je me roule en boule dans un nid de couvertures fétides. Mon corps a formé un creux dans le matelas défoncé, il fait une chaleur étouffante à cause de la serre à côté, des circonstances parfaites pour dormir... sauf que je me relève, attrapant l'air de rien une fiole qui pourrait contenir une quelconque drogue récréative. Je dois garder l'air naturel. Il observe peut être.
Modifié en dernier par Reinhard Faul le 11 mai 2022, 18:26, modifié 1 fois.
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État temporaire :
Clairvoyance : +1 en Magie et en Intelligence
Nuages de mouches : -1 ATT/PAR/TIR/INI pour toutes les personnes à moins de 6m
Plaies suppurantes : 1d3 dégâts retranchés à chaque blessure
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Grimoire :

- Lumière : À appliquer sur un objet ; Fait de la lumière pendant 1h
- Flammèche : Petite étincelle au doigt pendant une minute
- Météo : Connaît la météo prochaine
- Repos : Peu faire se détendre quelqu'un

- Infestation de Nurglings : 24m / 1d4 tours / Projectile magique. Une fois qu'une personne est touchée, elle subit 10+2d10 dégâts magiques par tour / Dès la fin du sortilège ou la mort de l'ensorcelé, des bubons explosent, libérant 2d3 amas de chair, qui sont autant de nurglings
- Fontaine putride : 6m / Instantané / 30+2d10 dégât devant lui + gain de 7 armure temporaire magique / +5 dégât par point de MA
- Gerbe corruptrice : 12m / 10+1d10 dégât dans une zone de 6m, esquivable ; métal rongé après 1d4 tours / -1 esquive par MA

- La multitude fait le tout : Se change en nuée de mouches
- Prodigieuse santé : Contact / Devient ultra bogosse et ultra chad
- Grande invocation de petits amis : Invoque des insectes pour servir d'ingrédients
- Immonde messager : Peut envoyer des messages twitter (Caractères limités)
- Allégresse fétide : Supprime toute douleur mentale ou physique
- Divine urgence : Force la cible à faire un jet d'END. Diarrhée en cas d'échec.
- Paludisme dévorant

- Invocation : Nurglings
- Invocation : Bête de Nurgle
- Invocation : Porte Peste
- Octogramme de conjuration


Compétences :
- Résistance accrue : +1 END aux jets testant la résilience physique (Fatigue, drogue, alcool, torture...)

- Vol à la tire : +1 pour escamoter quelque chose
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- Maîtrise de l'Aethyr (Nurgle) : 2
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Équipement de combat :
- Bâton démoniaque : 2 mains ; 10+1d8 dégâts ; 8 parade ; Assommante & Utilisable seulement par les classes magiques. +1 PAR
- Pistolet à répétition : 46+1d8 dégâts, malus -2 TIR/8 mètres, peut tirer cinq fois à la suite avec un malus de -1 TIR par chaque nouveau canon qui fait feu
- Agaga (Épée à une main) : 18+1d10 dégâts ; 13 parade ; Rapide, Précise, Perforante (2) ; +1 INI
- Cocktail Molotov (x4) : Dans un rayon de 1m, toute personne qui est touchée par la bouteille prend trois états de « Enflammé ». Dans un rayon de 2m, c'est 2 états seulement. Dans un rayon de 3m, un seul état.

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Équipement divers :

- Marque de Nurgle
- Caresse de la vipère (poison) : Un sujet blessé par une arme enduite de ce venin doit réussir un jet d'END-4 sous peine de mourir dans END minutes. Chaque minute avant sa mort, le sujet subit 5 points de dégâts non sauvegardables, et un malus cumulable de 2 à ses caractéristiques.


- Couverts en bois
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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

À l’origine du monde, il y avait le Chaos. L’Au-Delà est une autre dimension, qui touche le matériel, et est touché par lui, dans une sorte de miroir à distance. Des années, maintenant, de pratique aethyrique de la part de celui qui s’appelait à une époque Reinhard Faul lui avaient permis de mieux comprendre et envisager le grand tout qui souhaitait dévorer la Terre — sans y parvenir.
Les livres de Mémé regorgeaient de phrases étranges, d’astuces, de considérations philosophiques écrites par autrui. Autrefois incompréhensibles, elles commençaient maintenant à faire de plus en plus sens dans la façon d’agir et de réfléchir du Grand Coësre.

Reinhard Faul avait vendu son âme. Il était devenu un Champion Exalté, il avait été possédé par un Grand Immonde — ça avait profondément modifié son corps, et son âme avait été grignotée petit à petit. Furug’ath ne lui avait laissé de la marge de manœuvre que le temps où il n’était pas assuré que son « champion » pouvait vaincre ; il laissait au corps toute la complexité de recruter des adeptes, d’accumuler des artefacts, et d’assurer sa place. À présent, les cadeaux de Furug’ath se faisaient plus rares, et sa voix bizarrement moins présente. Pourtant, le Grand Immonde était toujours là, silencieux, mais pas absent.
Il attendait juste l’instant où le pacte échouerait, pour avaler l’âme de son sbire, et ainsi hériter de tous ses fruits. Une mort, rien qu’une seule, lui suffirait. Après quoi, il pourrait utiliser le corps et les souvenirs de Reinhard Faul, ou Maximale Leistung, ou peu importe comment il se faisait encore appeler.



Même très puissant, un démon ne pouvait pas être omnipotent. Même eux ne pouvaient pas être partout à la fois. On ne pouvait pas être à Nuln, dans le dur du monde matériel, de la magie fugace, et dans l’abysse, où tout n’est que tromperies. Alors, discrètement, Reinhard s’assit au sol, prit quelques gouttes de drogue à dissoudre sous sa langue, et il se concentra, très longuement, pour confirmer l’absence de son maître.


Ce fut difficile, mais il pouvait voir, pendant un moment, qu’il était dans une sorte d’angle-mort — il n’était pas observé.


Reinhard se releva. Il alla piocher dans la bibliothèque de Mémé. Il savait tout de suite à quelle page se rendre ; il ne l’avait pas marquée, pas même écorné un bout pour pouvoir s’y rendre lorsqu’il en avait besoin, de peur que le démon ne le remarque — mais il s’en était souvenu, et avait accumulé, secrètement, petit à petit, les ingrédients nécessaires à la fabrication de la potion décrite par un certain Richter Kless, un prêtre de Sigmar devenu fou après avoir découvert les plans des Dieux du Chaos.

Il y avait, là, la description d’un breuvage qu’il avait vu, pour se sauver de la noyade — un moyen de repousser des démons, lorsqu’il était tombé d’une barque au-dessus d’une eau parfumée, alors qu’il se promenait l’air de rien au milieu du sérail de Slaanesh ; Reinhard était parvenu à accumuler petit à petit les ingrédients, au cours de ces dernières semaines, et il n’y avait rien qui pouvait éveiller la suspicion de son maître démon.

L’avantage, de vivre dans une serre étouffante, c’est que tout poussait. Et le Jardin de Nurgle est rempli de bienfaits et de fleurs de tout type ; Reinhard alla donc dans une ruche de cafards, pour y trouver une oothèque à craquer. Il ramassa quelques pétales de plantes vespérales, ainsi que, dans un tube sous une étagère, son infusion de sels de potasse. Et comme un bon Nurglite, il ramassa des béchers, des alambics, et un briquet à amadou pour commencer ses opérations — tout en fumant rapidement un peu d’opium au passage.


Il se transporta presque dans un autre monde. Tout en zieutant de temps en temps la recette originelle de Kless qu’il tentait de déchiffrer, puisqu’il ne pouvait la recopier, il s’attela à broyer des choses dans un mortier, à tourner des petites vis le long de ses morceaux de verre, joua sur la pression et la température, pour distiller ;

Il passa deux ou trois bonnes heures à la tâche, jusqu’à parvenir à produire un liquide couleur ambre, et gazeux, rempli de petites bulles qui éclataient à la surface — par précaution, il scella le tout dans un tube qu’il contempla.

Il avait probablement mal dosé, mal contrôlé ses instruments, et il n’avait pas senti ses doigts appelant à eux les vents de magie capables de transmuter la matière ; il n’était pas alchimiste, après tout, il avait appris à confectionner sur le tas, à vue de nez.


Peut-être que cette potion allait bien faire ce que Kless disait avec son écriture de malade mental. Peut-être qu’elle serait suffisante pour faire taire Furug’ath, au moins quelques heures : une éternité, quand on est constamment poursuivi par un démon qui veut avaler votre âme et posséder votre corps. Un moyen vers la liberté.
Mais à quel prix ? À quelle souffrance ? Sur le court, moyen, long terme ? Ça, c’était impossible à dire. Il n’y avait pas grand-chose à faire… À part oser le tester. Sur soi-même ou un cobaye.

Jet d’intelligence : 19, échec de 6

Jet de magie (Malus : -6, degré précédent) : 6, réussite de 4
Jet de résistance de Furug’ath : 17, réussite de 1, pas suffisante.

Tu parviens à te défaire de l’influence de Furug’ath ; pour quelques instants seulement, du moins.

Jet d’intelligence (Lecture du livre de mister Kless) : 3, large réussite
Jet de magie : 19 encore, échec de 3
Jet d’habilité : 12, échec de 2


Tu obtiens une potion aux effets incertains. Elle devrait permettre a priori de repousser Furug’ath pendant un certain temps, mais tu ignores totalement quels sont les effets secondaires.
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Reinhard Faul
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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par Reinhard Faul »

Je rentre dans ma chambre officielle, essoufflé. Comme d’habitude, les trois valets sont en train de glandouiller en attendant qu’on les appelle, complètement défoncés. Je m’accroupis devant celui qui a une corne sur le front, les pans de mon manteau luxueux s’étalant en corolle autour de moi. Le jeune homme me jette un regard inquiet, plus particulièrement au niveau de ma main qui tient un tube à essai. Il ne faut pas que je lui laisse trop de temps pour réfléchir, ça serait douloureux pour nous deux :

« Bois ça ! Une gorgée ou deux… enfin plutôt deux, oui, deux. Allez. »

J’enlève le bouchon et lui tend le produit. Le valet avance sa main avec prudence. Je ne connais pas son nom, c’est trop pénible de refaire connaissance à chaque fois alors j’ai arrêté, du coup je bafouille un peu pour lui parler :

« Allez, grouille. Y a pas le temps ! »

Y a pas le temps parce que j’ai un démon au cul. Si il découvrait ce que je suis en train de faire… j’ai limite une petite fuite de pipi en y pensant. Il sait se rendre très désagréable. Il ne me harcèle pas souvent, mais quand il en a besoin il a le stock de tous mes souvenirs, mes goûts et dégoûts pour piocher des idées. Je ne peux pas l’empêcher de faire quoi que ce soit. Si il a envie de me faire revivre mon agonie au typhus en boucle, il peut. Si il en a envie pour l’éternité après mon décès… hé bien, c’est comme ça que ça se déroulera. Tu comprends pourquoi je suis un brin tendu et que je souhaite savoir si mon produit a des effets secondaires rapidement. Parce que ça pourrait donner n’importe quoi ! Sans aller dans le mystique, ça pourrait juste être un poison dangereux qui te fait fondre les yeux ou donne des malaises cardiaques. C’est pour ça que je le fais goûter au petit, là. De toute façon dans trois mois il est mort celui-là. Le seul signe de compassion, c’est que j’ai un poignard bien affûté à la ceinture. Si il commence à avoir les yeux qui fondent, je ne le laisserais pas agoniser des heures.

Je fixe le jeune avec avidité, repoussant nerveusement une mèche de cheveux derrière une oreille (oui j’ai les cheveux longs maintenant, ça fait plus sorcier maléfique et moins pauvre hère qui veut éviter les poux). Le pauvre garçon a l’air vraiment nerveux à l’idée de boire une potion de Magus, ce qui m’agace. Il ne comprend pas les enjeux, moi aussi j’ai des problèmes dans la vie bon sang ! Je commence à gronder un peu :

« Bon tu te bouges le cul oui ? Je demande rien de compliqué ! Allez, magne-toi ! »
Natus est cacare et abstergere coactus est.
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Si vous vous y connaissez en latin pitié aidez moi.


Lien Fiche personnage: Ici

Stats :
Voie du sorcier de Nurgle (Profil avec empreintes occultes et mutations)
For 8 | End 11 | Hab 9 | Cha 8 | Int 13 | Ini 9 | Att 9 | Par 8 | Tir 8 | Foi 8 | Mag 16 | NA 2 | PV 100/100

État temporaire :
Clairvoyance : +1 en Magie et en Intelligence
Nuages de mouches : -1 ATT/PAR/TIR/INI pour toutes les personnes à moins de 6m
Plaies suppurantes : 1d3 dégâts retranchés à chaque blessure
Pourriture de Neiglish : Porteur sain
Protection de Papy : 2d4 PdC à chaque critique en incantation


Grimoire :

- Lumière : À appliquer sur un objet ; Fait de la lumière pendant 1h
- Flammèche : Petite étincelle au doigt pendant une minute
- Météo : Connaît la météo prochaine
- Repos : Peu faire se détendre quelqu'un

- Infestation de Nurglings : 24m / 1d4 tours / Projectile magique. Une fois qu'une personne est touchée, elle subit 10+2d10 dégâts magiques par tour / Dès la fin du sortilège ou la mort de l'ensorcelé, des bubons explosent, libérant 2d3 amas de chair, qui sont autant de nurglings
- Fontaine putride : 6m / Instantané / 30+2d10 dégât devant lui + gain de 7 armure temporaire magique / +5 dégât par point de MA
- Gerbe corruptrice : 12m / 10+1d10 dégât dans une zone de 6m, esquivable ; métal rongé après 1d4 tours / -1 esquive par MA

- La multitude fait le tout : Se change en nuée de mouches
- Prodigieuse santé : Contact / Devient ultra bogosse et ultra chad
- Grande invocation de petits amis : Invoque des insectes pour servir d'ingrédients
- Immonde messager : Peut envoyer des messages twitter (Caractères limités)
- Allégresse fétide : Supprime toute douleur mentale ou physique
- Divine urgence : Force la cible à faire un jet d'END. Diarrhée en cas d'échec.
- Paludisme dévorant

- Invocation : Nurglings
- Invocation : Bête de Nurgle
- Invocation : Porte Peste
- Octogramme de conjuration


Compétences :
- Résistance accrue : +1 END aux jets testant la résilience physique (Fatigue, drogue, alcool, torture...)

- Vol à la tire : +1 pour escamoter quelque chose
- Baratin : +1 pour endormir la vigilance de quelqu'un
- Déplacement silencieux : +1 pour fureter quelque part
- Déguisement : +1 pour s'infiltrer en étant déguisé
- Alphabétisation
- Autorité

- Sens de la magie : Sur un test, détecte les événements magiques
- Incantation (Domaine de Nurgle)
- Maîtrise de l'Aethyr (Nurgle) : 2
- Contrôle de la magie
- Divination (Oniromancie) : Sur un test au cours de son sommeil, peut découvrir la destinée de certains personnages
- Langue hermétique (Langue Noire) : Parle la langue immonde du Chaos
- Confection de maladies : Peut fabriquer des maladies communes et rares


Équipement de combat :
- Bâton démoniaque : 2 mains ; 10+1d8 dégâts ; 8 parade ; Assommante & Utilisable seulement par les classes magiques. +1 PAR
- Pistolet à répétition : 46+1d8 dégâts, malus -2 TIR/8 mètres, peut tirer cinq fois à la suite avec un malus de -1 TIR par chaque nouveau canon qui fait feu
- Agaga (Épée à une main) : 18+1d10 dégâts ; 13 parade ; Rapide, Précise, Perforante (2) ; +1 INI
- Cocktail Molotov (x4) : Dans un rayon de 1m, toute personne qui est touchée par la bouteille prend trois états de « Enflammé ». Dans un rayon de 2m, c'est 2 états seulement. Dans un rayon de 3m, un seul état.

- 15 balles et poudres

- Tenue de cultiste de Nurgle : 5 protection ; Tout le corps sauf tête

- Anneau d'Ulgu : Lorsque porté, vous pouvez faire croire à ceux qui vous entourent que vous êtes un humain lambda (sans mutation aucune ni trait particulier) pendant 1 heure. Vous ne pouvez utiliser cette capacité qu’une fois par jour. Vous ne pouvez pas prendre l’apparence d’une personne en particulier.

- Miroir de la Demoiselle d'Acques
- Cor de la harde des Museaux Annelés



Équipement divers :

- Marque de Nurgle
- Caresse de la vipère (poison) : Un sujet blessé par une arme enduite de ce venin doit réussir un jet d'END-4 sous peine de mourir dans END minutes. Chaque minute avant sa mort, le sujet subit 5 points de dégâts non sauvegardables, et un malus cumulable de 2 à ses caractéristiques.


- Couverts en bois
- Sac à dos
- Couronnes dentaires en bois
- Tatouages
- Porte-bonheur

- Sap-biscuit

- Costume de répurgateur + Fleuret (Déguisement)



Divers divers :

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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Un mutant accroc à la dope n’était pas le meilleur témoin qu’on pouvait utiliser pour tester un médicament — mais après tout, Reinhard Faul n’avait pas fait des études à l’université de médecine de Nuln. Il lui fallut insister, mais finalement, le jeune homme malade accepta de boire deux courtes gorgées du liquide, sous les yeux terrorisés des deux autres assis sur le lit, qui se mirent à écarquiller très gros les yeux.

Le jeune valet se mit à tousser très fort, et à avoir des mouvements de déglutition.

« C’est immonde… »


Le liquide paraissait pourtant inodore. Peut-être que si le goût risquait de provoquer des vomissements, il serait intéressant de mettre un arôme dans la recette — mais quelle importance, au juste ?

Ils attendirent ensemble un petit quart d’heures. Le valet se mit à renifler, et demanda d’une petite voix à ses camarades de lui amener un mouchoir — il saignait du nez, et le bout de ses phalanges tremblotaient. En dehors de ça, il ne se mit pas à gonfler ou à se tordre douleur.

Reinhard lui demanda avec insistance comment il se sentait, et comment il allait. Il se plaignit d’une grosse fatigue, et qu’il avait envie de s’allonger ; de même, alors que Reinhard lui prit le poignet, il vit que ses doigts n’arrêtaient pas de trembler.
Impossible de faire un bon diagnostic. Impossible de savoir quelle substance provoquait cet effet sur la potion. Mais au moins, il était sûr d’une chose : la recette ne l’avait pas tué, pas plus qu’il n’avait explosé.

Il décida ensuite de se concentrer avec sa magie, tout en prenant dans ses bras le jeune homme.

C’était assez difficile à expliquer, mais il le sentit plus froid, et plus inerte que précédemment ; c’était comme si quelque chose s’était éloigné de lui…
Peut-être que cette sensation était amplifiée chez un démon. Peut-être qu’il venait, effectivement, de créer une potion pour se protéger de Furug’ath — sans pour autant en dire précisément les effets secondaires ou la fréquence d’utilisation nécessaire.

« Monsieur Coësre ? »

L’un des autres valets vint s’agenouiller aux pieds du lit, tandis que le 3e était parti aller chercher une bouteille d’alcool.

« J’entends… Des rumeurs terribles, dans la secte. On dit que les Sigmarites ils vont recommencer à brûler des gens… C’est vrai ? »

Pendant deux ans, les bûchers de mutants et les poursuites ecclésiastiques étaient bizarrement passées de mode. Les flagellants étaient probablement allés trop loin au goût de la comtesse, et les purs-croyants n’avaient plus très bonne presse.
De là à croire qu’ils allaient soudainement revenir en force, ça semblait, à froid, assez infondé…

Et pourtant, c’était bien un cauchemar récurrent de Reinhard. Il n’avait jamais mis la main sur Emma. Jamais. Elle était toujours dans l’ombre, avec ses camarades. L’archi-lecteur Kaslain, le chef de l’Église Sigmarite, était malade — et s’il mourrait, qui irait le remplacer ? Même le prévôt des marchands ne pouvait pas garder le donjon de fer clos à jamais.

Jet d’endurance du Valet : Caché

Jet d’intelligence de Reinhard : 15, échec

Tu remarques des effets secondaires assez anormaux avec ta potion : le valet se met à saigner du nez et il a les bouts des doigts qui tremblotent. Tu n’as aucune idée de si c’est à cause de la drogue qu’il a prise avant ou si c’est le liquide qui est responsable. De même, il souffre de fatigue.

Jet de magie (Malus : -4) : 11, réussite de 1 seulement

Les vents de magie semblent « fuir » le valet. Il est très probable que l’effet principal recherché par la potion est acquis.

Jet de connaissances générales : 15 encore, et à nouveau un échec.
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Reinhard Faul
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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par Reinhard Faul »

Je prends le jeune gars dans mes bras afin d’étudier les effets magiques de la potion sur lui. J’essaie de maquiller ça en un geste de tendresse, mais je ne suis pas très doué et le cobaye se tortille un peu. Il est plus costaud que moi, et je ne peux rien faire pour l’en empêcher, mis à part pousser un espèce de feulement qu’on réserverait plutôt à un chat qui fouille dans la poubelle. Néanmoins cette manifestation de mécontentement suffit et ma victime arrête de s’agiter.

Hmmm… ça a l’air de faire l’affaire. Ce qui m’inquiète, c’est que ça aura sans doute des effets sur la magie. Je sens le gars comme… froid, inerte, mais sur un plan mystique. Je rebouche quand même la fiole pour vite la cacher dans un tiroir que je n’ouvre jamais devant le démon. Dans ce tiroir se trouve aussi les lettres de Valitch. Je lui réponds parfois, mais je n’envoie pas la majorité de ce que j’écris. Je fais seulement semblant de lui raconter mes journées, ça m’aide à réfléchir. Je m’assois et j’écris mes problèmes du moment en imaginant ses réponses. Là ça attendra. Je n’ose pas plus pousser ma chance, ça fait déjà longtemps que je bricole. Puis j’ai d’autres trucs sur le feu.

J’étais déjà en direction de la sortie, mais un des jeunes m’interrompt dans mes pensées pour me poser une question. Je me retourne d’un bloc et crie :

« Certainement pas ! Qui t’as dit ça ? »

Peut-être que d’autres membres de la secte ont entendu des choses… mais ma vivacité effraie celui qui a parlé, et il se recroqueville en marmonnant des « j’sais pas » d’une voix enrouée. Je suis allé trop loin et on peut plus rien en tirer. Ces gars là… ils sont désarmés par la violence, même verbale, la faute à un passé qu’on a pas envie d’expliquer. Je vais les laisser se calmer un peu. Je reviendrai plus tard. J’ai pas envie de gérer des crises de nerf et des saignements de nez, et surtout j’ai pas le temps. J’opte pour une mesure plus expéditive :

« Tiens, toi, regarde dans le placard là. À droite. L’autre droite. Voilà. Tu vois la fiole un peu marrante là ? Y a des champignons séchés dedans. Prenez ça pour vous amuser, moi j’y vais. Je reviens plus tard. Je sais pas quand. »

Et je laisse les valets à leur petite vie où leur objectif principal est d’avoir à manger, un coin au chaud, et idéalement des produits psychotropes. Ils ont une mentalité de bétail. J’y ai veillé.

Je retourne à la salle du trône en trottinant (avec dignité), laissant des pans de mon manteau traîner dans la boue des tuyaux des égouts. J’ai beaucoup refait la déco tu sais ? Y a certaines personnes au-dessus qui se plaignent que les canalisations débordent, mais qu’est-ce qu’on en a à foutre ? Y a des champignons luminescents ! C’est pas la classe ça ? Il m’a fallu beaucoup d’efforts pour les faire pousser. Certaines portes ont été remplacées par un rideau d’algues épaisses et moites, car les égouts sont saturés d’humidité et tout ce qui pourrait pousser dans une flaque d’eau croupie prospère. Pourtant il fait très chaud. Quelqu’un qui n’aurait pas l’habitude serait mal à l’aise dans ce climat quasi tropical et cette végétation foisonnante. Enfin tout ça forme une sorte de forêt, dont la salle du trône serait le centre, et c’est là où je me rends en me cassant la gueule sur des mottes de boue et de la mousse glissante.

Mais c’est pas pour ça qu’on enchaîne direct sur la suite du conseil de guerre. Il faut battre le rappel des troupes. Steiner est resté pour écrire je sais pas quoi sur un coin de table, mais les autres sont retourné à leurs affaires pendant que je bricolais. Ça fait perdre du temps, c’est casse-pieds, mais j’ai pas le droit de me plaindre hein ? C’est moi qui me suis barré au milieu de la réunion pour faire autre chose. Qu’est-ce que je peux dire ? Je suis nul en organisation, voilà.

Enfin après les quelques petites phrases accueillantes nécessaires quand on met des gens dans la même pièce, je peux retourner au sujet principal du jour. Cette fois je reste debout, les poings appuyés sur la table. C’est une façon de ne pas m’endormir. Je dis d’un ton décidé :

« Pour ce qu’on discutait tout à l’heure… je confirme, le plan de Frida semble meilleur. »

Max fait une petite mine dégoûtée. Je fronce les sourcils. Sa réaction me tape sur le système. Je poursuis :

« Steiner, est ce que tu pourrais demander à Heidemarie de chercher un Slaaneshi qui cherche à s’infiltrer chez nous ? Y en a forcément un. »

Je prends une gorgée de vin à même la bouteille et je continue mon idée :

« On lui laissera entendre… euh… qu’on a de la Malepierre. Ouais ! De la Malepierre dans une de nos places fortes des égouts. Mais en vrai ça sera plein de pièges. »

Puis je conclus, l’air d’y penser à la fin, comme un détail :

« Et on mettra des mutants en première ligne. C’est plus gérable comme perte que les lépreux ou les femmes enceintes. Eux ils peuvent presque pas aller à la surface propager le Message. »

Max est outré, il intervient :

« C'est affreux ! »

Je me tourne vers lui avec humeur. Je suis fatigué, la journée est longue, et en réalité je n’attendais qu’un prétexte pour me mettre en colère. Les traits tirés par la rage, je pointe un index accusateur vers sa poitrine. Avec mon ton le plus acide, je lui dis :

« Tu tiens encore le compte des morts ? Pourquoi tu me fais ça ? Bordel… je sais même pas comment t’expliquer… qu’est ce que tu crois qu’il va se passer, concrètement, quand on détruira Nuln ? Que les fidèles passeront miraculeusement à travers le feu, les armes, la mort, pour aller dans des égouts magiques en dehors de la ville ? J’essaie d’assurer le coup pour après mon vieux, alors tes remarques tu peux bien te les mettre d’accord ? »

Je me pince l’arête du nez. Je suis allé trop loin. En réalité, j’ai pas le détail technique exact de comment les choses vont se passer quand je vais devenir un démon. Planquer les petits copains dans un espèce de paradis nurglite semble évident, je suis pas un salaud… mais serais je en état de le faire ?
Ce que je sais des démons, en gros, c’est quand Furuga’th fanfaronne sur le sujet. J’ai pas beaucoup de doute sur l’après, c’est le pendant qui m’inquiète. J’imagine que ça implique grosso modo de mourir à un moment du processus. C’est pas des trucs dont je devrais parler avec mes amis, ça va les mettre dans tous leurs états. J’ajoute maladroitement :

« On fait comme j’ai dit et c’est tout. Si y en a qui sont pas contents, ils deviennent Magus et ils font leurs propres plans. »

J’agite des papiers sur la table pour m’occuper les mains, et le nez dans une facture pour des lacets de bottes, je marmonne des trucs comme « bon maintenant que ça c’est dit ». Enfin la réunion se conclue dans le malaise et je retourne trottiner vers une autre occupation.

J’ai aussi de la botanique sur le feu, c’est devenu une vraie passion. Outre les champignons qui font éclairage public – un incontournable des forêts magiques – j’ai deux trois autres bricolages en cours. Je me suis trouvé un beau réservoir vide avec sa gadoue de fosse septique au fond et je peux faire mes semis tranquille. J’ai dû ressortir de ma mémoire mes souvenirs de la campagne, et arroser tout ça d’expériences magiques à la sauce Grand Père. Là j’essaie de voir si le crâne profané de Taal pourrait avoir un effet bénéfique sur les patates.

Ça partait d’une bonne intention : nous sommes de plus en plus nombreux, il faut nourrir tout ce monde. Faire des patates magiques semblait une bonne idée, mais maintenant je suis en mode expérimentation totale. Je me suis dit « Taal c’est la nature, les patates aussi ». Peut être que le crâne s’en souvient. Puis à la mode du Nord, j’ai collé des plumes de charognard, du cuir, des morceaux de viande séché et tout ce qui me tombait sous la main. Le Nord, ils doivent bien manger non ? Au milieu de la glace et… euh… des trucs qu’ils ont là bas. C’est la campagne aussi, en quelque sorte. Je les vois bien manger du lichen magique dans des grottes entre deux sacrifices humains.

Je m’accroupis pour gratouiller la terre et déterrer un tubercule. Tout ce que je peux dire c’est qu’il est marron, visqueux, et qu’il sent comme des fruits de mer en plein soleil depuis plusieurs jours, mais ça ne veut pas dire grand-chose. N’importe quoi qui pousserait ici aurait cette tête-là. Je dois assurer le coup afin de faire des patates dopantes pour mes fidèles.

Je me relève pour chercher quelque chose du regard. Est ce que les autres ont déplacé le… ah oui ! Je me dirige d’un pas décidé vers le cadavre de la prêtresse, et le prend par les aisselles pour le tirer jusqu’au crâne, posé sur une caisse retournée. Un plaisantin a posé un chapeau entre les cornes. Un beau cadavre tout frais, ça peut pas faire de mal hein ? Il est un peu abîmé depuis que la foule s’est déchaînée dessus, mais c’est pas forcément contre-productif. Un peuple très créatif le Nord, très enthousiaste. Les rituels que j’ai d’eux via les bouquins le prouvent. C’est mille et une façons de mettre un être humain en charpie.
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- Lumière : À appliquer sur un objet ; Fait de la lumière pendant 1h
- Flammèche : Petite étincelle au doigt pendant une minute
- Météo : Connaît la météo prochaine
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- Infestation de Nurglings : 24m / 1d4 tours / Projectile magique. Une fois qu'une personne est touchée, elle subit 10+2d10 dégâts magiques par tour / Dès la fin du sortilège ou la mort de l'ensorcelé, des bubons explosent, libérant 2d3 amas de chair, qui sont autant de nurglings
- Fontaine putride : 6m / Instantané / 30+2d10 dégât devant lui + gain de 7 armure temporaire magique / +5 dégât par point de MA
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- La multitude fait le tout : Se change en nuée de mouches
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- Divine urgence : Force la cible à faire un jet d'END. Diarrhée en cas d'échec.
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- Maîtrise de l'Aethyr (Nurgle) : 2
- Contrôle de la magie
- Divination (Oniromancie) : Sur un test au cours de son sommeil, peut découvrir la destinée de certains personnages
- Langue hermétique (Langue Noire) : Parle la langue immonde du Chaos
- Confection de maladies : Peut fabriquer des maladies communes et rares


Équipement de combat :
- Bâton démoniaque : 2 mains ; 10+1d8 dégâts ; 8 parade ; Assommante & Utilisable seulement par les classes magiques. +1 PAR
- Pistolet à répétition : 46+1d8 dégâts, malus -2 TIR/8 mètres, peut tirer cinq fois à la suite avec un malus de -1 TIR par chaque nouveau canon qui fait feu
- Agaga (Épée à une main) : 18+1d10 dégâts ; 13 parade ; Rapide, Précise, Perforante (2) ; +1 INI
- Cocktail Molotov (x4) : Dans un rayon de 1m, toute personne qui est touchée par la bouteille prend trois états de « Enflammé ». Dans un rayon de 2m, c'est 2 états seulement. Dans un rayon de 3m, un seul état.

- 15 balles et poudres

- Tenue de cultiste de Nurgle : 5 protection ; Tout le corps sauf tête

- Anneau d'Ulgu : Lorsque porté, vous pouvez faire croire à ceux qui vous entourent que vous êtes un humain lambda (sans mutation aucune ni trait particulier) pendant 1 heure. Vous ne pouvez utiliser cette capacité qu’une fois par jour. Vous ne pouvez pas prendre l’apparence d’une personne en particulier.

- Miroir de la Demoiselle d'Acques
- Cor de la harde des Museaux Annelés



Équipement divers :

- Marque de Nurgle
- Caresse de la vipère (poison) : Un sujet blessé par une arme enduite de ce venin doit réussir un jet d'END-4 sous peine de mourir dans END minutes. Chaque minute avant sa mort, le sujet subit 5 points de dégâts non sauvegardables, et un malus cumulable de 2 à ses caractéristiques.


- Couverts en bois
- Sac à dos
- Couronnes dentaires en bois
- Tatouages
- Porte-bonheur

- Sap-biscuit

- Costume de répurgateur + Fleuret (Déguisement)



Divers divers :

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