[Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Nuln est la seconde ville de l’Empire et du Reikland. Nuln centralise tout le commerce du sud, c’est là que convergent les voyageurs du Wissenland, du Stirland, d’Averland et des régions plus à l’est. Nuln est le siège de l’Ecole Impériale d’Artillerie, où les canons sont fondus et où les artilleurs apprennent la balistique. Ils y étudient les nombreux problèmes pratiques liés au déplacement et à la mise en œuvre des pièces d’artillerie. Grâce à leurs efforts, l’Empire bénéficie d’un vaste et efficace corps d’artillerie, de loin supérieur à tous ceux des pays frontaliers.

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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Thanquol congédié, le rat tout blanc sembla retrouver de la prestance. Il se leva de sa chaise, fit une longue révérence, et minauda avec un petit air fort vilain.

« Bien sûr-sûr, chef-gouverneur, bien sûr…
Ce n’est pas comme s’il ne te restait que-que quelques jours…
Allons. Je saurai bien comment te retrouver-revoir. »

Et ceci étant dit, le voilà qui partit ouvrir la petite porte, et la refermer poliment derrière, comme un être fort poli.

Sigrid ne perdit pas une seconde. Elle dégaina son pistolet, leva la main, souffla un mot en magikane, et ainsi, elle verrouilla magiquement la porte.

« Putains d’incompétents !
Tu as raison — ce putain de rat a peut-être des mouchards dans les égouts. J’ai entendu des rumeurs sur ces saloperies-là, on ne peut jamais être trop prudent.
Prépare le Cauchemar, je vais faire le tour de nos troupes et m’assurer que ce genre de connerie ne se reproduise jamais ! »

La petite sorcière quitta la pièce illico, et laissa Reinhard seul, tandis que le Coësre pouvait entendre des beuglements et des ordres vociférés étouffés par les murs et les tunnels.



Elle revint beaucoup plus tard. Elle avait laissé le Coësre plus d’une demi-heure tout seul. La petite sorcière avait changé d’aspect : son pantalon était humide jusqu’à ses genoux, elle avait un peu de flotte boueuse et noire sur son visage, et elle sentait fort l’ammoniac — une odeur de poudre à canon, comme si elle avait fait l’usage d’une arme à feu.

Elle étouffa dans l’œuf toutes questions de son patron, puisqu’elle fit un rapport immédiatement :

« Tu as un nouveau chef de la sécurité. »

Elle dégaina son pistolet et le posa sur une table.

« On a poursuivi Thanquol. Il était accompagné de Skavens, tout blancs comme lui. On a essayé de le traquer à travers les égouts, pour voir quels passages secrets il a pu emprunter.
Malheureusement, ce sale enfoiré était malin. Il nous a laissé des pièges explosifs derrière lui — il n’avait vraiment pas envie qu’on le traque. Le temps qu’on les désamorce pour pas tous sauter, il s’était déjà volatilisé, sans laisser une trace derrière lui.
J’ai demandé à ton ex-chef de la sécurité d’aller nager dans le canal pour les poursuivre. Il a eu des états d’âmes et m’a dit que c’était impossible pour un être humain de nager à travers de la merde sur des lieues sans mourir.
Alors je lui ai placé une balise dans la bouche, je l’ai tué d’une balle, et je l’ai jeté dedans. Le courant devrait l’amener chez Thanquol. »

Elle avait un petit sourire rempli de fierté en annonçant ça. Comme une petite fille ravie de dire qu’elle avait bien travaillé à l’école à son père.

« Le nouveau type chargé de ta sécurité, c’est le bon chevalier de l’ordre des Éperons Ensanglantés — Wilhelm Werner zu Holswig-Nikse. Il est très récent dans la secte alors certains ne lui font pas confiance, mais c’est un excellent guerrier et un vrai vétéran. Il va un peu modifier l’ordre de tes gardes du corps et remplacer les vieux cultistes un peu décrépis par des militaires des Troupes d’État convertis.
C’est une honte. Je te demande pardon, Grand Coësre. Je sais que tu avais la situation en main face à ce rat, mais tu n’aurais jamais dû être laissé seul ainsi.
Maintenant, allons voir comment gérer un putain de dragon. »


Elle ouvrit un tiroir, et attrapa les tubes à essais remplis de drogues et la poudre hallucinogène.

Et ensemble, mentor et apprentie se rejoignaient, pour pénétrer dans le Cauchemar.


Depuis l’instant où Maximale Leistung avait été élu prévôt des marchands de la cité de Nuln, la secte de Nurgle s’était activée à travailler dans l’ombre à un grand plan. On pouvait reprocher beaucoup de choses à Reinhard Faul en tant qu’homme politique, mais pas qu’il était inactif dans son mandat ; Plus de deux ans avaient été dédiés au recrutement de fidèles, qui, sommes toutes, avaient les mêmes besoins que des fidèles de Sigmar ou Ulric. Un croyant, ça a besoin de se réunir avec d’autres croyants, d’écouter la bonne parole, de faire des petites fêtes, de porter des insignes religieux, et de dresser des temples consacrés. Et comme toutes les religions, un Dieu n’est jamais aussi puissant que le nombre et la qualité de personnes prêts à l’honorer…

Dans les royaumes du Chaos, Reinhard commençait à compter. Il faisait partie des plus grands séides du Pôle Nord, et il était parvenu, non sans souffrance, à utiliser les sacrifices et la force d’âme des corrompus de Nuln (Et d’au-delà, tant son épidémie se propageait), pour se tailler rien qu’à lui un morceau des frontières à jamais changeantes de l’Immatériel. Un petit bout d’un lieu fait uniquement par la magie lui appartenait, et il ne revenait qu’à lui de servir d’architecte et urbaniste. Ainsi, il avait créé une Nuln à son image, peuplée d’une flore, d’une faune, et d’habitants qu’il avait décidés.

Parmi eux, il y avait sa première victime. Karl, le bébé, était bien là, enterré sous la pierre d’un immense beffroi municipal Nurglite. L’énergie d’un pauvre chérubin perdu dans les limbes pour l’éternité servait à illuminer de mille feux cette belle structure. La petite sœur d’Irmfried, la pauvre prêtresse, était là elle aussi ; suspendue sur un tréteau devant un champ, elle servait d’épouvantail. Elle ne cessait de pleurer, comme sa déesse l’avait commandé, mais là où autrefois ses larmes servaient à faire souffrir Reinhard, aujourd’hui, c’était de la merde qui coulait de ses yeux, et qui servait à fertiliser la terre sous ses pieds afin de faire pousser de magnifiques céréales qui promettaient des banquets copieux.

Ce cauchemar horrifique, de plus en plus de Nulner tombaient dedans chaque soir. Les sorciers qui surveillaient les trames des vents étaient les victimes les plus probables, mais également celles les mieux armées pour y résister : les astromanciens errant trop proche ne tombaient jamais dans les pièges préparés par le Coësre. On ne pouvait pas en dire autant des malades, des lépreux, des désespérés et des âmes tristes qui elles pouvaient halluciner de ces lieux. Souvent, ils se réveillaient vite, en ne pensant n’avoir fait qu’un mauvais rêve. Mais s’il suffisait qu’un centième de Nuln fasse ce cauchemar, et qu’un seul centième de ce centième soit profondément marqué, cela représentait déjà un peu moins d’une dizaine de futurs cultistes potentiels à chaque nouvelle nuit.

C’est ça, la beauté de Nurgle. Il est patient. Une maladie est exponentielle. Personne ne panique quand il y a dix nouveaux malades tous les jours. Personne ne se rend compte que très vite, ces dix malades deviennent cent, puis mille, puis c’est le désastre…




En haut du beffroi, Reinhard tenait son conseil. Mais pas son conseil fait des responsables bien terrestres. Ici, pas d’Irmfried bien sérieux, ou de Heidemarie précautionneuse. Le conseil du cauchemar était constitué de quelques-uns des êtres les plus vils des royaumes de Nurgle, que le Grand Coësre invitait ponctuellement quand il avait besoin d’aide. Il savait recevoir ses voisins — il les faisait entrer dans cette grande pièce où ils pouvaient s’allonger dans des fauteuils.


Sigrid s’était installée derrière un bureau, à patienter comme une greffière.

Marteen Ruchen, en tant que sorcier, était capable de se matérialiser sans mal dans le rêve. Il était là, en train de grignoter des petits asticots qui grouillaient dans un bol comme un apéritif. Ruchen était devenu beaucoup plus servile et serviable que la première fois que Reinhard l’avait connu — c’était bien normal, lorsque sœur Emma avait attaqué avec ses fanatiques, l’autre magus de Nuln avait passé tout le combat à fuir, tout terrorisé qu’il était par la petite umbramancienne meurtrière de Steiner.
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Le docteur Festus aussi était ici. Enfin, pas vraiment ici — aux dernières nouvelles, il était à Altdorf, occupé qu’il était à gérer sa secte. Mais il appréciait le Coësre, et était ravi d’échanger régulièrement avec lui. Même si son aide était souvent teintée de condescendance, et qu’il était persuadé que le Coësre n’était qu’un amateur à qui il pouvait tout enseigner…
Actuellement, Festus était en train de discuter gentiment avec son voisin, à lui lancer des blagues sur des Shalléennes mortes.
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Le Gros Groff était un boucher de la ville de Marienburg. Un parfait amateur, il était magicien sans le savoir, et trouva le Cauchemar sans faire exprès. Lâché par sa maman sur le sol à la naissance, il en était resté un peu demeuré mental. Mais s’il avait la colère facile, il était bizarrement un bon préparateur de potions. Un allié comme un autre à avoir dans sa manche.
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Tout en armure, crâne chauve, visage anéanti par des décennies de guerres, Feytor l’Impur n’aimait pas du tout les petites plaisanteries de Festus, et préférait faire la gueule sur sa chaise. Feytor, en fait, n’aimait même pas être ici ; il était un des ex-lieutenants d’Archaon, un Émissaire Noir qui avait participé au Grand Déluge qui avait failli avaler le monde. Hélas, Archaon avait échoué, Feytor perdit toutes ses faveurs et ses artefacts, et fut tué à Middenheim par un chevalier Kislévite. Son corps avait été reconstruit dans le domaine de Nurgle, et parce qu’il se drapait encore de toute sa fierté d’ancien champion élu, il avait du mal à accepter qu’il devait revenir au rang de simple courtisan suivant quelqu’un de plus puissant que lui.
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Épidémius, le Grand Intendant, avait pu libérer un peu de place dans son emploi du temps. Le porte-peste était constamment occupé à devoir comptabiliser toutes les nouvelles maladies de Papy, aussi, le trouver disponible constituait une rare exception. Évidemment, c’était l’excuse qu’il donnait, parce que dans les royaumes du Chaos, il n’y a ni emploi du temps ni aucune conception des horaires. Là, Épidémius n’arrêtait pas de toucher le gras de l’épaule de Feytor, pour essayer de lui montrer une grimace afin de lui remonter le moral.
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Enfin, il y avait le grand manitou. Le patron direct de Reinhard, toujours aussi beau et bien portant alors qu’il était vêtu de la peau du marin Tiléen, Vitale Candiano. Il boulottait actuellement une pomme, tout debout qu’il était, à sautiller d’un pied sur l’autre, comme s’il essayait de faire des gestes d’être humain qu’il reproduisait très mal : Furug’ath le Crade (Cela ne rimait toujours pas), Grand Immonde au servicede Nurgle !
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Tout ce beau monde réunit, l’aîné des participants décida de lancer la conversation :

Furug’ath (Grandiloquent) : « Nous sommes tous réunis ici pour toi, petit asticot ! Ça faisait un petit moment ! Allez, dis tout à tes petits amis ; Comment les choses vont-elles à Nuln ? »

Épidémius (La voix enrouée et grésillante, obstruée par des mouches) : « Il y a eut une forte perturbation magique. Nous avons senti le vent de Shyish à travers ton cauchemar. Se pourrait-il qu’un thanatomancien soit à tes trousses ? »

Feytor (Avec une voix de faucet) : « Se pourrait-il que ce soit la thanatomancienne ? Celle qui a tué Tamurkhan ? »
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Reinhard Faul
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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par Reinhard Faul »

Je sens les valets déplacer mon corps endormi, le déshabiller, l’installer plus confortablement, c’est agaçant. Je ne peux pas utiliser cette forme de magie quand je suis éveillé, et ces petits crétins sont en train de me ramener à la conscience avec leurs soins attentionnés. Je sens de mieux en mieux la bave qui me coule au coin des lèvres, la chaleur de la bouilloire qu’un des gamins a placé sous les draps, ma main que j’essaie de lever pour coller une baffe à ces petits merdeux. Mais finalement ils me laissent tranquille avant que je reprenne réellement connaissance et je peux enfin sombrer.

Je pose pied dans ma version de Nuln, si réussie qu’elle continue d’exister quand je ne suis pas là. Un monde imaginaire persistant qui attire les rêveurs les plus vulnérables. J’ai tissé des pièges qui les engluent dedans comme des mouches dans une toile d’araignée. Oh, bien sûr, quelqu’un d’un peu malin peut facilement esquiver cet endroit, mais je n’en ai pas après ceux capables de se défendre.

Donc c’est ma vision du monde bien à moi. Personne ne me l’a jamais demandé, mais je l’ai vomie à la gueule de tout monde quand même. Je suis un peu un artiste dans le fond, mais option opium et mélancolie. Rien qu’en jetant un coup d’oeil on peut reconnaître une dépression qui se prend au sérieux. Pour la palette de couleur on est plutôt sur du marron, vert, noir, gris. Sauf le ciel - il est rempli à craquer de Vents de magie, parce que c’est ce que j’ai toujours vu en levant la tête. Les étoiles chuchotent et clignotent dans un langage bien à elles, mais personne ne peut les comprendre, pas même moi, parce que je n’ai jamais appris à les écouter.
Pour la ville elle-même, elle est gigantesque, remplie à craquer de bâtiments biscornus qui font quelques fois des erreurs de perspectives et rentre en collisions avec ceux d’à côté. La plupart sont inaccessibles, les portes sont fermées. J’étais pas vraiment un gars d’intérieur, tu auras remarqué. Je ne sais pas à quoi ressemble l’intérieur des maisons. La rue par contre ? Ça c’est vivant et détaillé. De la merde, des ordures, des insectes grouillant partout, recouvrant les murs, rentrant dans ton nez, tes yeux, ta bouche. La réalité se mélange aux hallucinations paranoïaques qui m’ont hanté toute ma vie. Il y a des silhouettes sombres et inquiétantes dans les recoins, toujours en périphérie de ton champ de vision. Tu peux entendre des hurlements, des chuchotements d’insultes, de menaces, adressées directement à toi, mais jamais voir d’où elles viennent.

Moi par contre je suis pas aussi détaillé. Une silhouette sombre et brumeuse, un visage alternant entre moi-jeune, moi-vieux, moi-muté, moi-normal… d’habitude je n’ai pas à m’incarner pour venir ici, puisque je suis partout. Je suis les murs, les insectes, la coulure de vomi dans la barbe d’un clodo. C’est assez agaçant de devoir me bricoler un corps que je n’habite pas réellement, à la seule fin d’avoir une bouche pour parler, des yeux pour voir, c’est complètement artificiel. Mais, hé, quand je serais un démon j’aurais le droit d’être pure énergie se baladant dans le cosmos ! En attendant je me débrouille. Je compose avec les vagues souvenirs qu’il me reste de mon apparence physique qui ne soit pas une parodie grotesque passée au filtre Nurgle. Quand j’aurais complètement oublié, je deviendrais un Enfant du Chaos, mais pour l’instant ça suffit.

Je trouve assez rapidement Sigrid, elle m’attendait près de l’entrée – il n’y a qu’une entrée. Elle contemple un arbre mort décoré de millions de champignons minuscules. Je lui touche l’épaule. Elle sursaute. Elle vient souvent ici, comme tous les autres, mais seulement dans les endroits qui la concernent. Là nous sommes… dans les coulisses en quelque sorte. On s’est faufilé derrière les attractions de la fête foraine, derrière chapiteaux colorés et les allées noires de monde, et on va passer par les raccourcis plein de poubelles et de travailleurs qui fument leur clope. C’est plus rapide comme ça. J’ai pas le temps de lui faire la visite. Je lui murmure :

« Viens. »

Et elle m’emboîte le pas.

Nous traversons rapidement le quartier des bordels et un asile. De temps en temps nous voyons des rêveurs, mais il ne nous prête aucune attention, très occupés par leurs soucis personnels. Je sais que Sigrid vient souvent dans le quartier des bordels, rejouer sa vie de merde encore et encore avec les autres, mais je m’en mêle pas trop. C’est son intimité. Sans vrai logique de temps et de lieu, nous pénétrons dans un temple – car oui, il y en a. Rien de très majestueux, le genre de bâtiment carré et fonctionnel qu’on trouve dans la Faulstadt. Bien sûr, tous les symboles religieux sont mutilés et souillés, méconnaissables. Quelques visiteurs pleurent à genoux devant des statues qui leur tournent le dos. Là encore, impossible d’en reconnaître une seule, seulement des silhouettes d’allure vaguement sacrée. On reconnaît le drapé épais de leur tenue, un voile sur la tête ou une couronne, mais rien de plus précis que ça. Et toutes, absolument toutes, sont tournées face à un mur. Je vois du coin de l’oeil Sigrid en contourner une à pas prudent pour aller voir son visage, je lui attrape le bras en vitesse et commente :

« Je ferais pas ça à ta place. »

Sigrid hausse un sourcil interrogatif, mais je garde le silence. J’ai pas le temps ni l’envie de développer. Mais disons que de mon vivant la religion ne m’a pas rendu beaucoup service.
Je la tire hors du bâtiment. Nous nous retrouvons dans une ruelle qui s’appelle Juste de la Merde, et qui porte bien son nom. On est jusqu’aux tibias dedans. Quelques rêveurs sont vautrés dans la fange en train de pleurer. La petite sorcière s’avance avec assurance vers la seule sortie visible, mais là encore je la retiens par le bras. Je lui explique :

« C’est un piège à con, une boucle, on peut pas sortir par là. Suis-moi. »

Un des bâtiments a de grandes fenêtres bouchées par des planches ; j’en déplace quelques-unes. J’aide Sigrid à passer par l’ouverture puis je m’y faufile moi-même. Nous pénétrons dans une immense, une gigantesque fonderie. Les creusets plein de métal fondu font la taille d’une maison. L’atmosphère est brûlant, sec, plein de poussière. Les rêveurs ici sont très nombreux, des silhouettes masculines manœuvrent sans fin des outils inutiles pour fabriquer des objets qui n’existent pas. Ça sent l’ennui, le mal de dos et l’alcool. Je fais des signes à la petite sorcière pour qu’elle me suive dans un escalier, car nous ne pouvons pas parler : Le bruit des machines est trop fort. Nous montons trois étages, passons une porte…
Et enfin on se retrouve là où je voulais. Sur le parvis d’un beffroi qui là encore a une architecture quelconque. On est dans les parties pas très finies de ma Nuln, au loin les bâtiments à la limite de l’Immatériel ne sont que de simples cubes gris et parfaitement lisse. Nous entrons dans la tour. Là, on voit bien que le travail est pas achevé. L’intérieur n’est qu’un simple cube aux murs parfaitement lisses. Pas de relief de brique, pas de stuc, seulement une parodie de matière d’un beige malsain qui ne reflète pas la lumière. Mais on s’en fout, l’important c’est les gens dedans assis sur des chaises qui ont l’air en argile.

C’est du gratin qui s’est présenté, c’en est presque intimidant. Je salue chacun avec le respect approprié – même le Gros Groff, car Nurgle aime les débiles donc moi aussi. Le seul qui me déroute vraiment niveau étiquette, c’est Feytor. Techniquement il n’est pas grand-chose, mais son parcours pourrait faire rougir pas mal de monde. J’ai déjà rêvé de lui il y a bien longtemps, à l’époque de sa gloire pendant la tempête du Chaos – même si en ce temps-là il me terrifiait. J’ose pas trop m’adresser à lui, du coup.

Enfin là ce qui me fout la honte surtout c’est que j’ai foutu une salle vide avec des tables et des chaises, c’est à peine si ça ressemble pas à un dessin d’enfant, et j’ai un Epidemius ou un Festus vautré là-dedans dans toute leur gloire. Même pas un petit cadavre putréfié ou un tas d’asticots grouillants ! Je m’excuse auprès de mes invités pour la grossièreté du décor, mais tous balayent d’un revers de la main mes coquetteries d’artiste sans y accorder d’importance. Nous avons plus sérieux à discuter.

Ils ont vite compris le problème. Je réponds à Feytor :

« Oui, c’est elle, avec un putain de dragon. »

Comme je n’ai aucune raison de cacher quoique ce soit de la situation aux membres de l’assemblée, je leur raconte l’intégralité des événements récents :

« Cette pute est venue faire des petits tours au-dessus de la ville avec son lézard. Elle interviendra sans doute pendant le Geheimnisnacht. C’est un skaven qui me l’a dit. »

Je laisse une petite pause pour que les gens aient le temps d’intégrer cette information saugrenue – sauf si tout le monde connaissait les hommes-rats sauf moi, auquel cas j’ai juste l’air d’un con. Je poursuis tout de même :

« Ils m’ont proposé une alliance de circonstance. Chacun neutralise soit l’école d’artillerie, soit l’école des magiciens, puisque c’est là que la thanatomancienne trouvera ses plus puissants alliés. Les skavens sont malins, ils savent que le dragon en aura après mon cul et que eux sortiront en position de force quoi qu’il arrive. »

A partir de là, je me contente de réfléchir à voix haute :

« Il doit y avoir un moyen pour faire chier les skavens. Soit je fais croire à la magicienne que je suis là où ils sont, soit je trouve un moyen de faire ma part du marché avant le Geheimnisnacht. Dans les deux cas il me manque encore les détails pratiques, déjà parce que je ne sais pas de quoi est capable la femme au dragon. Elle n’est pas apparue à Nuln depuis avant ma naissance. »

Là je laisse une pause bien comme pour que les messieurs je-sais-tout étalent leur science.
Natus est cacare et abstergere coactus est.
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Si vous vous y connaissez en latin pitié aidez moi.


Lien Fiche personnage: Ici

Stats :
Voie du sorcier de Nurgle (Profil avec empreintes occultes et mutations)
For 8 | End 11 | Hab 9 | Cha 8 | Int 13 | Ini 9 | Att 9 | Par 8 | Tir 8 | Foi 8 | Mag 16 | NA 2 | PV 100/100

État temporaire :
Clairvoyance : +1 en Magie et en Intelligence
Nuages de mouches : -1 ATT/PAR/TIR/INI pour toutes les personnes à moins de 6m
Plaies suppurantes : 1d3 dégâts retranchés à chaque blessure
Pourriture de Neiglish : Porteur sain
Protection de Papy : 2d4 PdC à chaque critique en incantation


Grimoire :

- Lumière : À appliquer sur un objet ; Fait de la lumière pendant 1h
- Flammèche : Petite étincelle au doigt pendant une minute
- Météo : Connaît la météo prochaine
- Repos : Peu faire se détendre quelqu'un

- Infestation de Nurglings : 24m / 1d4 tours / Projectile magique. Une fois qu'une personne est touchée, elle subit 10+2d10 dégâts magiques par tour / Dès la fin du sortilège ou la mort de l'ensorcelé, des bubons explosent, libérant 2d3 amas de chair, qui sont autant de nurglings
- Fontaine putride : 6m / Instantané / 30+2d10 dégât devant lui + gain de 7 armure temporaire magique / +5 dégât par point de MA
- Gerbe corruptrice : 12m / 10+1d10 dégât dans une zone de 6m, esquivable ; métal rongé après 1d4 tours / -1 esquive par MA

- La multitude fait le tout : Se change en nuée de mouches
- Prodigieuse santé : Contact / Devient ultra bogosse et ultra chad
- Grande invocation de petits amis : Invoque des insectes pour servir d'ingrédients
- Immonde messager : Peut envoyer des messages twitter (Caractères limités)
- Allégresse fétide : Supprime toute douleur mentale ou physique
- Divine urgence : Force la cible à faire un jet d'END. Diarrhée en cas d'échec.
- Paludisme dévorant

- Invocation : Nurglings
- Invocation : Bête de Nurgle
- Invocation : Porte Peste
- Octogramme de conjuration


Compétences :
- Résistance accrue : +1 END aux jets testant la résilience physique (Fatigue, drogue, alcool, torture...)

- Vol à la tire : +1 pour escamoter quelque chose
- Baratin : +1 pour endormir la vigilance de quelqu'un
- Déplacement silencieux : +1 pour fureter quelque part
- Déguisement : +1 pour s'infiltrer en étant déguisé
- Alphabétisation
- Autorité

- Sens de la magie : Sur un test, détecte les événements magiques
- Incantation (Domaine de Nurgle)
- Maîtrise de l'Aethyr (Nurgle) : 2
- Contrôle de la magie
- Divination (Oniromancie) : Sur un test au cours de son sommeil, peut découvrir la destinée de certains personnages
- Langue hermétique (Langue Noire) : Parle la langue immonde du Chaos
- Confection de maladies : Peut fabriquer des maladies communes et rares


Équipement de combat :
- Bâton démoniaque : 2 mains ; 10+1d8 dégâts ; 8 parade ; Assommante & Utilisable seulement par les classes magiques. +1 PAR
- Pistolet à répétition : 46+1d8 dégâts, malus -2 TIR/8 mètres, peut tirer cinq fois à la suite avec un malus de -1 TIR par chaque nouveau canon qui fait feu
- Agaga (Épée à une main) : 18+1d10 dégâts ; 13 parade ; Rapide, Précise, Perforante (2) ; +1 INI
- Cocktail Molotov (x4) : Dans un rayon de 1m, toute personne qui est touchée par la bouteille prend trois états de « Enflammé ». Dans un rayon de 2m, c'est 2 états seulement. Dans un rayon de 3m, un seul état.

- 15 balles et poudres

- Tenue de cultiste de Nurgle : 5 protection ; Tout le corps sauf tête

- Anneau d'Ulgu : Lorsque porté, vous pouvez faire croire à ceux qui vous entourent que vous êtes un humain lambda (sans mutation aucune ni trait particulier) pendant 1 heure. Vous ne pouvez utiliser cette capacité qu’une fois par jour. Vous ne pouvez pas prendre l’apparence d’une personne en particulier.

- Miroir de la Demoiselle d'Acques
- Cor de la harde des Museaux Annelés



Équipement divers :

- Marque de Nurgle
- Caresse de la vipère (poison) : Un sujet blessé par une arme enduite de ce venin doit réussir un jet d'END-4 sous peine de mourir dans END minutes. Chaque minute avant sa mort, le sujet subit 5 points de dégâts non sauvegardables, et un malus cumulable de 2 à ses caractéristiques.


- Couverts en bois
- Sac à dos
- Couronnes dentaires en bois
- Tatouages
- Porte-bonheur

- Sap-biscuit

- Costume de répurgateur + Fleuret (Déguisement)



Divers divers :

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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Aux différentes annonces de Reinhard, les réactions de son assistance différaient bien évidemment — les Nurglites n’étaient pas vraiment connus pour être bien capables d’intriguer en camouflant leurs émotions. Feytor arbora un sourire goguenard, probablement heureux de savoir le Coësre dans un tel pétrin ; Ruchen avait une mine inquiète, les lèvres retroussées, tandis que Festus fronçait fort de ses gros sourcils tuméfiés. Le Gros Goff rigolait, pas parce qu’il se moquait du Coësre, mais juste parce qu’il trouvait la situation trop marrante. Quant aux deux démons, Épidémius et Furug’ath… Hé bien, étant donné qu’ils n’étaient pas humains, ils n’étaient pas vraiment capables d’exprimer des émotions évidentes.

Furug’ath (À Ruchen) : « Un dragon… »

Marteen Ruchen : « Oui, Votre Insigne Puanteur… Depuis aujourd’hui seulement. Elspeth von Draken a fait des cabrioles dans le ciel, puis s’est posée dans le château comtal. Elle est probablement sous les ordres d’Emmanuelle von Liebwitz — la grande-comtesse de Nuln, cette salope qui a abandonné sa ville, sait qu’il y a un problème dans les murs de la cité, et Elspeth étant une de ses très bonnes amies…
Le conseil de la ville l’a laissée rentrer. Je n’avais aucun moyen d’empêcher ça. Je veux dire, la dame a un dragon — on dit pas non à quelqu’un qui a un dragon. »


Festus : « Attendez… C’est un dragon, ou une vouivre ? »


Ruchen et Reinhard s’échangèrent un regard. Ni l’un ni l’autre ne connaissaient la différence, et ils seraient bien en peine de reconnaître quoi que ce soit qui permettrait de les distinguer.


Festus : « Une vouivre, c’est juste un gros animal, violent, dangereux, malin, mais un animal quand même. Un dragon, c’est un être intelligent, plus vieux que l’Humanité, plus vieux que les Elfes — plus vieux que les Anciens même qui ont construit les portails magiques et permit au Chaos de s’immiscer sur Terre… »

Furug’ath : « C’est un dragon, malheureusement pour nous tous. Je l'ai connu, personnellement. Un gros enfoiré, prude en plus de cela.
Cet adversaire que tu souhaites affronter, mon cher asticot… C’est sans doute l’ennemi le plus terrible que tu auras jamais eu à vaincre.
Au moins le monde aura enfin trouvé quelqu’un à ta hauteur. Quand elle te tuera, tu pourras être très fier de toi. »


Le Grand Immonde avait dit ça sur un ton goguenard. C’était normal — lui ne risquait pas grand-chose. Les Démons vivant sur une autre échelle d’existence, le temps et les échecs répétés n’avaient probablement pas la même importance ; des millénaires qu’ils essayaient de bouffer le monde. Ils pouvaient bien attendre encore trois ou quatre siècles.
Mais Reinhard n’avait probablement plus que quelques jours, si Elspeth était aussi dangereuse que tout le monde semblait le croire…


Épidémius se leva de son petit fauteuil. De dessous, des Nurglings l’aidèrent en courant dans tous les sens, en portant au-dessus de leurs petites têtes des ouvrages et des rouleaux de parchemin en peaux humaines. Le porte-peste fit quelques lourds pas avec ses jambes fines comme des échasses, déroula un des rôles auxquels il avait accès, et se mit à raconter, avec sa grosse voix enrouée et obstruée de monstre.


Épidémius : « De générations en générations, la famille von Draken a été marquée par une malédiction — ou peut-être une bénédiction — liée au vent du temps qui passe, Shyish. Tous leurs enfants, du moins pour ceux qui atteignaient l’âge adulte, attiraient sur eux cette force qui les saisissait. Ceux qui parvenaient à se l’approprier pouvaient alors devenir de grands thanatomanciens…
Elspeth von Draken est en vie depuis quatre générations. Elle doit avoir au moins vécu quatre-vingts rotations terrestres. Bien qu’elle soit une magistère du Collège Améthyste, elle a toujours agi de manière très indépendante, quittant de nombreuses fois l’Empire pour son propre intérêt, et ses propres recherches aethyriques.
Elle est quasiment une ennemie des Collèges de Magie. Le précédent patriarche, Thyrus Gorrman, a essayé de la tuer. L’actuel, Balthasar Gelt, espionne le moindre de ses faits et gestes. Elle n’est… Pas vraiment une sorcière de l’ordre. Elle ne s’intéresse qu’à elle-même, et à son pouvoir. Son enveloppe corporelle et son âme se sont changés ensemble. Aujourd’hui, elle est entre la vie et la mort, entre notre monde et l’au-delà. Elle peut gagner une forme bien supérieure à celle de son humanité. Elle peut, si elle le souhaite, se changer en spectre, puis revenir dans le monde matériel, à sa guise.
Et pourtant, elle n’a pas été corrompue par le Chaos. Elle est toujours notre ennemie résolue…

Elle a trouvé un Dragon Carmin en voyageant jusqu’au Bord-du-Monde — un Dragon dont l’œuf a éclos au milieu d’un repaire de concentration de Shyish, là où les démons avaient livré une grande bataille à l’époque où l’Humanité vivait dans des cavernes. La monture et la cavalière vivent en parfaite symbiose, ils mélangent leurs émotions et leurs souvenirs. Ils sont un couple redoutable.

La pire chose chez Elspeth, pourtant, ce n’est pas son immense capacité magique, ni sa monture millénaire capable de cracher des flammes passant à travers les protections éthérées ; C’est son sablier, le Gardien du Temps. Un artefact magique contenant la poussière d’un Ancien, un Dieu de la mort qui fut une incarnation précédente du Veilleur Mórr. Avec ce sablier, elle est capable de remonter le temps.
Lors de la grande bataille contre Tamurkhan, le chroniqueur Sayl l’Incroyant jure qu’il a vu de ses propres yeux Elspeth être foudroyée par des éclairs, et transpercée par des lames ; mais soudain, après quelques éblouissements de ténèbres, elle était encore debout, plus combative que jamais. Le sablier lui permet d’annuler un mauvais mouvement, ou de revenir sur les propres actions de ses ennemis, afin de recommencer en les anticipant. »



Et là-dessus, Épidémius se rassit, en écrasant sous ses fesses un Nurgling qui en avait profité pour piquer la place à son patron.

Il y eut un long silence gênant, après un tel portrait assez terrifiant de la personne que Reinhard se préparait à affronter.


Puis, le Gros Goff éclata de rire. Tout le monde le regarda, alors que des larmes coulaient de ses yeux, tellement il se marrait.


Gros Goff : « Héhéhéééé… Héhé. La comtesse d’Nuln elle s’fait brouter l’minou par un fantôme. »

Festus cracha de rire. Furug’ath avait un sourire beaucoup trop radieux et étiré, qui faisait ressortir ses yeux. Feytor lui-même arrêta de faire la gueule.


Furug’ath : « Les Skavens sont malins. Leur plan tient. Mais évidemment, tu as deviné la chose qui m’inquiète.
Les Skavens jalousent Nurgle. Ils prétendent être nos alliés, mais en vérité ils ont toujours été nos plus grands rivaux. Chaque fois qu’on fait quelque chose, ils apparaissent pour profiter de nos recherches et de nos efforts. La Peste Noire, la Variole Rouge, maintenant, toi et ton épidémie… Oh, nul doute qu’ils vont t’aider à renverser Nuln. Puis tu seras poignardé dans le dos dans ton sommeil si tu réussis. Ou bien tu échoues, et ils auront quand même eut l’impression de gagner. Après tout, ils ont des tanières bien profondément sous la Terre. »


Feytor : « Pas le choix, Grand Coësre. Tu dois liquider les Skavens avant la Geheimnisnacht. Trouve leurs tanières, suis leurs sbires, et lance un assaut. Ainsi, tu n’auras pas peur de devoir regarder au-dessus de ton épaule. »

Doktor Festus : « N’est-ce pas complètement stupide ? Notre ami doit déjà gérer un dragon, une sorcière sur-puissante, et toutes les forces des collèges de magie, des cultes de l’ordre, et de l’armée de Nuln — ce n’est pas le moment de se faire de nouveaux ennemis, alors qu’il y a tant d’adversaires… »

Feytor : « Les Skavens ne seront jamais nos alliés. De plus, ils doivent forcément compter sur la situation précaire du Coësre — ils ont beau être paranoïaques, je suis persuadé qu’ils sont actuellement faciles à attaquer, si on s’y efforce.
Certes, tu subiras des pertes, mais tu obtiendras leur butin de guerre. Les Skavens ont probablement de l’armement lourd, de la malepierre, des mutants qui leur servent d’esclaves, un tas d’explosifs… De quoi semer la zizanie à travers Nuln, tout seul. »


Gros Goff’ : « Feytor est très très bête ! Bouah ! Les Skavens c’pas dur à battre, suffit d’les faire bouillir pour r’tirer la peau, et après on les mange bien dodus…
Les Skavens c’malin et retors. Mais c’pas patient. Y ont dit qu’ils s’battront lors de la Geheimnisnacht ? Laisse-les attaquer d’abord. Attends bien, biiien tard pour lancer tes propres plans. Ils s’ront jamais assez patients pour t’attendre, et alors ça s’ra plus facile pour toi de lancer ton assaut sur Nuln. »


Marteen Ruchen : « N’est-ce pas… Trop risqué, aussi ? Enfin, si notre allié se fait anéantir, et qu’après toute la ville est sur le pied de guerre, on ne pourra pas agir…
Je pense… hé bien, je pense, pardonne-moi Grand Coësre, que tes craintes sont infondées. Nous avons la chance d’avoir un allié, acceptons-le. Certes, les Skavens sont… Traîtres. Mais ils ont moins de moyens et de bases que nous. Ils ont plus à perdre que nous. Je ne pense pas qu’il est dans leur intérêt de trahir. Je pense qu’ils veulent juste bousiller Nuln puis répandre les épidémies — comme nous. »


En entendant ça, Feytor eut l’air d’être à deux doigts d’exploser.

Feytor : « Le Rat-Cornu est un Dieu différent de Nurgle ! Il ne peut y avoir aucune alliance avec lui et ses sbires ! Je sais que vous avez pris l’habitude de faire des compromis avec tout le monde — même avec Tzeentch, honte soit sur vous — mais là vous jouez très gros !
Grand Coësre, puisque tu es très fort pour buter un tas de gens, bute les Skavens ! Ils ne s’y attendent pas et tu auras un tas de ressources pour les anéantir ! »


Doktor Festus : « Ou joue à plus malin qu’eux. Tu es après tout quelqu’un de très intelligent — je ne te dis pas ça pour te brosser le cul, on est entre amis ici. (Rires). Mais je suis persuadé que tu peux être assez charismatique et intelligent pour les tromper — paraît faible et idiot devant eux, puis, quand les Skavens se prépareront à attaquer un endroit, fait exploser une bombe ou quelque chose juste à côté — ça attirera toute la ville. »

Gros Goff : « Non non non… Les Skavens c’trop parano… Ignore-les juste. Laisse-les faire leurs conneries, en gardant tes troupes tapies dans l’ombre… Tant pis si t’es en retard sur l’horaire. Dépenser du temps, c’mieux que dépenser des hommes et des forces. »



Cela allait être difficile de réconcilier tous leurs points de vue. Ils n’étaient tous, après tout, que des conseillers.

Furug’ath se mit au centre de la pièce, et prit la parole :

« Vas-tu attaquer l’École d’Artillerie, ou l’Académie de Magie ?
Les deux cibles sont immensément risquées. Mais les récompenses sont à la hauteur du risque.
Quand tu attaqueras l’un des lieux, il faudra que tu y ailles avec toute ta force. Tes cultistes, tes chevaliers, tes apprentis ; il faut que tu invoques des démons, que tu prépares des bombes, même que tu synthétises ta maladie sous forme de gaz toxique… Et même avec tout ça, tu vas affronter un immense ennemi…
L’École comporte des batteries de canons, des armes à répétition, et abrite le régiment d’infanterie le plus compétent et le mieux armé de tout l’Empire. L’Académie, elle, abrite plusieurs dizaines de magiciens de toutes les capacités, qui déchaîneront tous leurs sortilèges sur tes troupes, et tu n’auras pas de quoi tous les dissiper…
Mais si tu t’empares de l’École, et que tu y accomplis un grand rituel pour ouvrir le Carnaval, alors nous pourrions nous emparer de leur armement, y comprit un magnifique blindé à vapeur, qui résistera à tous les assauts — tu n’as pas besoin d’avoir un équipage d’artilleurs entraînés, car la magie de Nurgle pourra utiliser Chamon pour donner une conscience aux engins de l’École, mélanger le métal avec la chair…
Si tu préfères attaquer l’académie, tu pourras y sacrifier des magistères forts puissants, afin d’ouvrir une faille dans le monde — et alors, moi-même pourrait entrer temporairement dans le monde matériel. Un Grand Immonde qui marche au-dessus des bâtiments, oh, ça serait merveilleux !

Je suis certain que t’as une préférence pour une des deux. »

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Reinhard Faul
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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par Reinhard Faul »

J’écoute avec consternation les démons et puissants Magus me décrire l’étendue des pouvoirs d’Elspeth. Ce n’est pas juste ! La plupart des gens, si ils jouaient avec les limites comme elle l’a fait, deviendraient corrompus en moins de deux. Ce n’est pas son cas. Elle peut être une marginale de son propre ordre, vivre plus longtemps que n’importe qui, ne se concentrer que sur sa propre puissance, et malgré tout rester du côté du bien. Moi, même en m’efforçant de ne pas me servir de la magie, j’ai déchu…
J’ai souvent l’impression de patauger dans la boue alors que d’autres semblent réussir sans effort, mais là, c’est vraiment le pompon. Cette salope peut annuler sa propre mort ! Si j’étais là avec mon vrai corps physique, je me serais mis à pleurer. J’ai souvent abordé mes combats en me disant que j’allais crever, mais là…

Je jette un regard las vers la fenêtre. Ma Nuln est magnifique mais incomplète, je n’ai pas encore la force de la finir. Je dois continuer, élaborer mes plans. Ai-je d’autres choix ? Non. Même si Furuga’th fait des petites remarques mesquines sur mon décès prochain qui me crispent les boyaux d’angoisse, même si personne ne semble d’accord sur la marche à suivre, même si je me sens comme un jouet pété dont on continue de se servir, je doisrester fort. C’est si à l’opposé de ma nature que j’ai un peu le vertige en reprenant la parole :

« Je pensais attaquer l’Académie de magie, et faire comme Festus a dit : attirer l’attention sur les skavens, d’une façon ou d’une autre. Ça arrangerait bien mes affaires que mes deux ennemis s’épuisent l’un l’autre. »

En réalité, les attaquer avant pour voler leurs ressources me démoralise. Même si je réussis, j’aurais subi tellement de perte que j’arriverais face à Elspeth déjà perdant. Parce que j’ai une autre grosse faiblesse : moi, je n’ai pas de dragons d’Artillerie et d’armée de magiciens sous le coude. J’ai une apprentie Magus et des humains malades à la pelle. Tout de suite, ça impressionne moins. D’ailleurs, en pensant à ça me vient une question :

« Et si je concentre mes forces sur le dragon ? Epidémius a dit qu’ils étaient en symbiose ou je sais pas quoi. Ça lui foutrait un sacré coup qu’il claque non ? Cette connasse doit bien avoir un point faible ! »

Je le dis en rageant, sans y croire vraiment. Il n’y a que dans les histoires que la justice existe et que tout le monde part à égalité. Des fois, les vieux moisis qui ont mal au dos par temps froid se font éclater la tronche par des magiciennes surpuissantes, c’est comme ça.
Natus est cacare et abstergere coactus est.
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Stats :
Voie du sorcier de Nurgle (Profil avec empreintes occultes et mutations)
For 8 | End 11 | Hab 9 | Cha 8 | Int 13 | Ini 9 | Att 9 | Par 8 | Tir 8 | Foi 8 | Mag 16 | NA 2 | PV 100/100

État temporaire :
Clairvoyance : +1 en Magie et en Intelligence
Nuages de mouches : -1 ATT/PAR/TIR/INI pour toutes les personnes à moins de 6m
Plaies suppurantes : 1d3 dégâts retranchés à chaque blessure
Pourriture de Neiglish : Porteur sain
Protection de Papy : 2d4 PdC à chaque critique en incantation


Grimoire :

- Lumière : À appliquer sur un objet ; Fait de la lumière pendant 1h
- Flammèche : Petite étincelle au doigt pendant une minute
- Météo : Connaît la météo prochaine
- Repos : Peu faire se détendre quelqu'un

- Infestation de Nurglings : 24m / 1d4 tours / Projectile magique. Une fois qu'une personne est touchée, elle subit 10+2d10 dégâts magiques par tour / Dès la fin du sortilège ou la mort de l'ensorcelé, des bubons explosent, libérant 2d3 amas de chair, qui sont autant de nurglings
- Fontaine putride : 6m / Instantané / 30+2d10 dégât devant lui + gain de 7 armure temporaire magique / +5 dégât par point de MA
- Gerbe corruptrice : 12m / 10+1d10 dégât dans une zone de 6m, esquivable ; métal rongé après 1d4 tours / -1 esquive par MA

- La multitude fait le tout : Se change en nuée de mouches
- Prodigieuse santé : Contact / Devient ultra bogosse et ultra chad
- Grande invocation de petits amis : Invoque des insectes pour servir d'ingrédients
- Immonde messager : Peut envoyer des messages twitter (Caractères limités)
- Allégresse fétide : Supprime toute douleur mentale ou physique
- Divine urgence : Force la cible à faire un jet d'END. Diarrhée en cas d'échec.
- Paludisme dévorant

- Invocation : Nurglings
- Invocation : Bête de Nurgle
- Invocation : Porte Peste
- Octogramme de conjuration


Compétences :
- Résistance accrue : +1 END aux jets testant la résilience physique (Fatigue, drogue, alcool, torture...)

- Vol à la tire : +1 pour escamoter quelque chose
- Baratin : +1 pour endormir la vigilance de quelqu'un
- Déplacement silencieux : +1 pour fureter quelque part
- Déguisement : +1 pour s'infiltrer en étant déguisé
- Alphabétisation
- Autorité

- Sens de la magie : Sur un test, détecte les événements magiques
- Incantation (Domaine de Nurgle)
- Maîtrise de l'Aethyr (Nurgle) : 2
- Contrôle de la magie
- Divination (Oniromancie) : Sur un test au cours de son sommeil, peut découvrir la destinée de certains personnages
- Langue hermétique (Langue Noire) : Parle la langue immonde du Chaos
- Confection de maladies : Peut fabriquer des maladies communes et rares


Équipement de combat :
- Bâton démoniaque : 2 mains ; 10+1d8 dégâts ; 8 parade ; Assommante & Utilisable seulement par les classes magiques. +1 PAR
- Pistolet à répétition : 46+1d8 dégâts, malus -2 TIR/8 mètres, peut tirer cinq fois à la suite avec un malus de -1 TIR par chaque nouveau canon qui fait feu
- Agaga (Épée à une main) : 18+1d10 dégâts ; 13 parade ; Rapide, Précise, Perforante (2) ; +1 INI
- Cocktail Molotov (x4) : Dans un rayon de 1m, toute personne qui est touchée par la bouteille prend trois états de « Enflammé ». Dans un rayon de 2m, c'est 2 états seulement. Dans un rayon de 3m, un seul état.

- 15 balles et poudres

- Tenue de cultiste de Nurgle : 5 protection ; Tout le corps sauf tête

- Anneau d'Ulgu : Lorsque porté, vous pouvez faire croire à ceux qui vous entourent que vous êtes un humain lambda (sans mutation aucune ni trait particulier) pendant 1 heure. Vous ne pouvez utiliser cette capacité qu’une fois par jour. Vous ne pouvez pas prendre l’apparence d’une personne en particulier.

- Miroir de la Demoiselle d'Acques
- Cor de la harde des Museaux Annelés



Équipement divers :

- Marque de Nurgle
- Caresse de la vipère (poison) : Un sujet blessé par une arme enduite de ce venin doit réussir un jet d'END-4 sous peine de mourir dans END minutes. Chaque minute avant sa mort, le sujet subit 5 points de dégâts non sauvegardables, et un malus cumulable de 2 à ses caractéristiques.


- Couverts en bois
- Sac à dos
- Couronnes dentaires en bois
- Tatouages
- Porte-bonheur

- Sap-biscuit

- Costume de répurgateur + Fleuret (Déguisement)



Divers divers :

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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Festus ricana tout seul, en voyant que Reinhard était déjà acquis à son plan. Le lieutenant Feytor, en revanche, sembla devenir tout rouge — on ne pouvait pas lui retirer qu’il était un vrai-croyant envers Nurgle, mais ça ne pouvait qu’obscurcir son jugement.

Le Gros Goff’, lui, tapota sur ses cuisses grasses ;

Gros Goff’ : « Chic, chic, chic ; l’mieux, c’est qu’tu fasses plein d’attaques en simultané partout. T’envoies tes mutants et tes sous-fifres les moins utiles semer la pagaille partout. Comme ça, ça d’vrait encourager Thanquol à attaquer. Et tu t’concentres sur le gros morceau : les magiciens. »

Doktor Festus : « Combien sont-ils, de magiciens coincés dans leur cloître ? »

Marteen Ruchen : « Une cinquantaine. Un peu plus de la moitié sont de simples apprentis ou apprentis perpétuels. Et plus d’une quinzaine de magistères confirmés. »

Doktor Festus : « Quels vents de magie manipulent-ils ? »

Marteen Ruchen : « Tous.
L’académie n’est pas un bastion fortifié. C’est juste un grand bâtiment en pierre, avec une grille — pénétrer de force dedans ne sera pas le plus difficile. En revanche, à l’intérieur, ils sauront concentrer la magie pour eux-mêmes, et ils ne manquent pas d’artefacts. »


Festus ricana. Une cinquantaine d’âmes mages à capturer — voilà un immense prix.

Gros Goff : « De délicieuses âmes de mages, miaam…
T’pourras offrir les plus vieux pour invoquer des démons ! Et garder les p’tits jeunes pour t’servir d’apprentis ! »


Doktor Festus : « Les neutraliser va pas être une sinécure. Tu pourrais modifier une de tes maladies pour servir de neurotoxine — j’ai quelques petites notes à te filer si tu veux jouer à l’apprenti-chimiste. Ça pourrait clouer au tapis une petite partie d’eux, si tu as accès aux égouts sous l’académie… »

Feytor : « Ne contrôles-tu pas non plus la police ? Je doute que les flics de Nuln seront dans ton camp quand ils verront des démons envahir leurs rues. Tu pourrais là aussi faire d’une pierre deux coups — envoyer les flics attaquer l’académie, avec leurs gros flingues et leurs armures. Je suis sûr que s’ils ne sont pas préparés, les mages les liquideront violemment, mais en subissant des pertes qui te profiteront. »

Après tout, la police métropolitaine de Nuln était en train d’enquêter sur un réseau de serviteurs du Serpent, et les assassins de ce pauvre Steiner. Pourquoi ne pas les diriger dans cette voie ?



La discussion revint sur Elspeth. Et Reinhard émit une idée très intéressante. Furug’ath se posa derrière une chaise, et posa ses mains sur le dossier, alors qu’il vola la parole :

Furug’ath : « Un dragon n’a pas beaucoup de points faibles. Il résiste aux balles, aux lames, aux poisons… Et il vole. Rien que ça lui permet de quitter le combat quand bon il souhaite, et y retourner là où il veut.
Si je pouvais m’invoquer dans le matériel, ça serait avec joie que je réglerais son compte. Lui et moi avons… Une petite querelle à régler. »


Le porte-peste Épidémius tapota sur sa cathèdre, et grommela avec sa grosse voix grésillante.

Épidémius : « Ce n’est pas le dragon qui est le point faible d’Elspeth — c’est Elspeth qui est le point faible du dragon !
Elle est très puissante, oui… Mais si elle était blessée, le dragon le serait aussi. Et si elle était en danger, le dragon viendrait l’aider aussitôt. Les deux peuvent se séparer, mais ils ne resteront pas longtemps à part. »

Ruchen sembla bondir sur son fauteuil.

Marteen Ruchen : « Elle est actuellement dans le palais de la comtesse. En tant que prévôt des marchands de Nuln, tu peux t’y rendre — tu fais partir du conseil comtal, même si la comtesse a décidé de fuir la ville et de se planquer ailleurs.
Pourquoi ne pas t’y rendre sous ta fausse identité ? Tu pourrais aller la voir en personne. Exiger d’elle des explications. »


Gros Goff’ : « Selon Pipi-démius, elle obéirait même pô au Patriarche Suprême — t’crois vraiment qu’elle obéirait à un type qu’elle pense être just’ un fonctionnaire à la con ? »

Marteen Ruchen : « Non — mais Maximale Leistung peut se rendre au palais de la comtesse avec l’élite de la police de Nuln comme gardes-du-corps. Leistung est toujours très populaire en ville, il est une force avec laquelle Liebwitz doit composer.
Si intimider Elspeth ne marche pas, essaye de la charmer. Voir ce qu’elle trafique ou prévoit. Ou même, essaye de la tromper — tu es une victime après tout. On a essayé de t’assassiner et on a tué ton premier échevin. Comment pourrait-elle croire que tu es le Grand Coësre ? »


Essayer de charmer ou tromper une des magiciennes les plus puissantes de tout l’Empire était un peu fêlé, comme plan. À Reinhard de dire si l’idée l’intéressait, ou si au contraire elle était nulle à chier.

Doktor Festus : « Dans tous les cas, je crois que la faiblesse d’Elspeth se trouve bien là : elle ne peut pas être partout à la fois. Lorsqu’elle interviendra où que ce soit, elle pourra gagner, mais si elle a nombre d’adversaires dans tous les sens…
C’est une magicienne noire et très indépendante. Elle n’est pas corrompue, mais c’est une semi morte-vivante. Je ne crois pas que le culte de Sigmar l’apprécie, même si elle aura le culte de Mórr avec elle.
Peut-être que, plutôt que la rencontrer, tu pourrais… Rencontrer les Sigmarites ? »


Il y eut un silence absolu dans la salle du conseil.

Marteen Ruchen : « Maximale Leistung est un bon conservateur proche du peuple. Je suis sûr que les Sigmarites l’adorent. Surtout que tu as ramené l’ordre dans les rues, tu as fait disparaître les flagellants du jour au lendemain.
L’archi-lecteur Kaslain est malade. Peut-être que tu pourrais… Essayer de… Corrompre les curés ? »


Feytor : « Ou alors, tu te fais pas chier. Et tu te contentes d’envoyer des assassins à ses trousses. Des tireurs d’élite, des tarés qui chercheront à la massacrer à vue dès qu’elle quitte le palais. Elle peut pas être sur son dragon tout le temps, et un dragon ça protège pas vraiment d’un serviteur devenu fou avec un couteau.
Tamurkhan était un idiot qui a souhaité l’affronter dans une grande bataille climatique. Et il a échoué comme une merde. Moi je pense qu’on a pas à offrir d’honneur aux loyalistes. Que cette pute meurt, peu importe la manière. »


Gros Goff’ : « J’pense pô qu’ce soit si simple qu’ça. Et pis si elle réchappe à plein d’tentatives d’meurtre, elle va ben être encore plus difficile à toucher ensuite… »

Feyor : « Qu’est-ce qu’on en sait ? On a déjà essayé ?
Cette grosse pute d’Elspeth passe sa vie enfermée dans un cimetière au bout du comté de Nuln. Elle vit toute seule, elle a même pas un apprenti avec elle. Aujourd’hui elle est dans une ville surpeuplée et enfermée dans un château. Je pense pas qu’elle soit du genre à comprendre c’est quoi des procédures de sécurité.
Le plus grand ennemi de Nurgle tué par un sous-fifre dans un bête accident ! Ça ça serait du beau spectacle ! »
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Reinhard Faul
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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par Reinhard Faul »

Je remercie Festus pour ses notes à propos d’une neurotoxine capable d’handicaper, si ce n’est tuer, les membres de l’Académie, mais nous passons très vite aux idées suivantes – ça défile. Feytor propose une idée intéressante – pousser la police et les mages à se zigouiller entre eux -, mais j’ai pas le temps de répondre car Ruchen fait remarquer que rien ne m’empêche de rencontrer mon ennemie sous l’apparence de Maximale Leistung. C’est vrai qu’on l’oublierait presque, lui. Bon, d’un côté ça m’oblige à bien m’habiller et prendre un bain, ce qui est toujours embêtant, mais de l’autre ça me permettrait de mesurer Elspeth sur un plan plus personnel – éventuellement de la tromper, ou de l’intimider. J’acquiesce. Je trouve pas ça con et délirant comme idée. Après tout, une sorcière de Shyish doit pas être très à l’aise en société – j’ai tendance à l’imaginer un peu coincée, comme un prêtre de Mórr.

Mais là Feytor et le docteur développe une idée qui interrompt tous mes processus mentaux pour un moment de panique bien mérité :

« Hein ? Quoi ? Oh merde ! »

Je dis « merde » à l’idée de rencontrer les sigmarites. Et si je jure, c’est parce que c’est pas idiot du tout et que la rencontre me semble immédiatement inévitable. Maximale est plutôt conservateur, moralement irréprochable – du point de vue du balai dans le cul du sigmarite moyen. Les retourner contre Elspeth, la protectrice de Nuln, sous le prétexte que c’est une vilaine sorcière caca pas bien semble complètement probable. Ils sont si cons, ils peuvent se tirer une balle dans le pied, et avec enthousiasme en plus. Bon évidemment le seul problème c’est de les approcher sans me mettre à pleurer. Le plus faux-Dieu de tous les faux-Dieux me met terriblement mal à l’aise. Il me chuchote des horreurs, il m’insulte, il veut me mettre des choses dans les fesses, rien que d’y penser mon corps endormi dans le monde réel se met à gémir. Mais ça serait drôlement pratique non ? Il va bien falloir que j’arrive à discuter avec un bigot sans me mettre à délirer. Pendant que les autres passent à l’idée suivante, je marine dans mon angoisse. Finalement je réponds :

« Ça coûte rien d’envoyer un sous-fifre tenter de la tuer… je peux pas être plus dans la merde que ce que j’y suis déjà hein ? Ah ah. »

Et malgré mon immense répugnance, je continue :

« Et je vais rencontrer Elspeth, et les… les sigmarites. Putain. Mes sbires peuvent s’occuper des policiers et de la tentative de meurtres, mais moi je vais faire ça ces prochains jours. »

C’est là que mon avatar changeant décide de se fixer sur une apparence de moi même très jeune, qui semble vulnérable et bien embêté. Je triture nerveusement les manches des fringues de petit minet que je portais à l’époque.

Après ça, les choses sont plus ou moins réglées, il n’y a plus rien à dire d’intéressant. Nous passons quand même quelques moments à être polis les uns avec les autres. Je remercie chacun de sa présence et de ses conseils avec profusion, ils me donnent des commentaires gentils et rajoutent même en sus quelques compliments sur ma Nuln imaginaire qu’ils peuvent apercevoir par la fenêtre. Seul Furuga’th reste vraiment sarcastique et désagréable, ajoutant un « à bientôt » qui me donne envie de me pendre. Pour lui, que je meurs ou pas c’est tout pareil, il est gagnant sur les deux tableaux.
Natus est cacare et abstergere coactus est.
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- Lumière : À appliquer sur un objet ; Fait de la lumière pendant 1h
- Flammèche : Petite étincelle au doigt pendant une minute
- Météo : Connaît la météo prochaine
- Repos : Peu faire se détendre quelqu'un

- Infestation de Nurglings : 24m / 1d4 tours / Projectile magique. Une fois qu'une personne est touchée, elle subit 10+2d10 dégâts magiques par tour / Dès la fin du sortilège ou la mort de l'ensorcelé, des bubons explosent, libérant 2d3 amas de chair, qui sont autant de nurglings
- Fontaine putride : 6m / Instantané / 30+2d10 dégât devant lui + gain de 7 armure temporaire magique / +5 dégât par point de MA
- Gerbe corruptrice : 12m / 10+1d10 dégât dans une zone de 6m, esquivable ; métal rongé après 1d4 tours / -1 esquive par MA

- La multitude fait le tout : Se change en nuée de mouches
- Prodigieuse santé : Contact / Devient ultra bogosse et ultra chad
- Grande invocation de petits amis : Invoque des insectes pour servir d'ingrédients
- Immonde messager : Peut envoyer des messages twitter (Caractères limités)
- Allégresse fétide : Supprime toute douleur mentale ou physique
- Divine urgence : Force la cible à faire un jet d'END. Diarrhée en cas d'échec.
- Paludisme dévorant

- Invocation : Nurglings
- Invocation : Bête de Nurgle
- Invocation : Porte Peste
- Octogramme de conjuration


Compétences :
- Résistance accrue : +1 END aux jets testant la résilience physique (Fatigue, drogue, alcool, torture...)

- Vol à la tire : +1 pour escamoter quelque chose
- Baratin : +1 pour endormir la vigilance de quelqu'un
- Déplacement silencieux : +1 pour fureter quelque part
- Déguisement : +1 pour s'infiltrer en étant déguisé
- Alphabétisation
- Autorité

- Sens de la magie : Sur un test, détecte les événements magiques
- Incantation (Domaine de Nurgle)
- Maîtrise de l'Aethyr (Nurgle) : 2
- Contrôle de la magie
- Divination (Oniromancie) : Sur un test au cours de son sommeil, peut découvrir la destinée de certains personnages
- Langue hermétique (Langue Noire) : Parle la langue immonde du Chaos
- Confection de maladies : Peut fabriquer des maladies communes et rares


Équipement de combat :
- Bâton démoniaque : 2 mains ; 10+1d8 dégâts ; 8 parade ; Assommante & Utilisable seulement par les classes magiques. +1 PAR
- Pistolet à répétition : 46+1d8 dégâts, malus -2 TIR/8 mètres, peut tirer cinq fois à la suite avec un malus de -1 TIR par chaque nouveau canon qui fait feu
- Agaga (Épée à une main) : 18+1d10 dégâts ; 13 parade ; Rapide, Précise, Perforante (2) ; +1 INI
- Cocktail Molotov (x4) : Dans un rayon de 1m, toute personne qui est touchée par la bouteille prend trois états de « Enflammé ». Dans un rayon de 2m, c'est 2 états seulement. Dans un rayon de 3m, un seul état.

- 15 balles et poudres

- Tenue de cultiste de Nurgle : 5 protection ; Tout le corps sauf tête

- Anneau d'Ulgu : Lorsque porté, vous pouvez faire croire à ceux qui vous entourent que vous êtes un humain lambda (sans mutation aucune ni trait particulier) pendant 1 heure. Vous ne pouvez utiliser cette capacité qu’une fois par jour. Vous ne pouvez pas prendre l’apparence d’une personne en particulier.

- Miroir de la Demoiselle d'Acques
- Cor de la harde des Museaux Annelés



Équipement divers :

- Marque de Nurgle
- Caresse de la vipère (poison) : Un sujet blessé par une arme enduite de ce venin doit réussir un jet d'END-4 sous peine de mourir dans END minutes. Chaque minute avant sa mort, le sujet subit 5 points de dégâts non sauvegardables, et un malus cumulable de 2 à ses caractéristiques.


- Couverts en bois
- Sac à dos
- Couronnes dentaires en bois
- Tatouages
- Porte-bonheur

- Sap-biscuit

- Costume de répurgateur + Fleuret (Déguisement)



Divers divers :

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[MJ] La Fée Enchanteresse
Warfo Award 2021 du meilleur MJ - Élaboration
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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Deux cultistes traversèrent les locaux de la secte avec d’immenses paniers sous le bras. Empruntant l’ascenseur pour monter toute la fosse, ils passèrent devant l’équipe de sécurité (Dont le personnel avait été presque intégralement remplacé par Sigrid), qui les jaugèrent avec de mauvais regards, avant de fouiller dans les paniers.

Autorisés à passer, le duo de cultistes alla jusqu’au laboratoire, où la porte était ouverte. L’umbramancienne les observa, et désigna un coin de la pièce.

« Posez ça ici. »

Ils s’approchèrent du-dit coin, retirèrent les paniers de leurs bras, et les vidèrent en déversant tout sur le sol :
Des escargots de mer, des mollusques et des crustacés. Tout un tas de produits de la mer, encore vivant, étaient balancés par terre, avec leur eau et l’odeur avec.
Dès que les deux sous-fifres étaient partis, Sigrid s’agenouilla devant et attrapa un des escargots de mer encore gluant et mouvant. Elle tira la langue et l’aspira pour le gober tout entier, vivant et cru.

« Hm. Pas mal. »

Alors, elle recouvrit sa bouche d’un linge imbibé de vinaigre, tandis que Reinhard alluma un briquet pour mettre en route un brûleur.

Et ainsi, ils commencèrent à deux un large projet de confection de maladie…


Les notes du Doktor Festus accrochées sur le tableau noir devant eux, ils rajoutèrent à la va-vite leurs propres remarques et modifications, à base de traits barrés ou de graphiques à la craie. Ils firent un lot, puis un deuxième, en utilisant des filtres, des alambics, en distillant et en cherchant à concentrer, diluer et modifier la matière.

Il y avait beaucoup de déchets. Le travail était tout simplement épuisant. De temps en temps, le mentor et l’apprentie s’amusaient à se battre en se jetant des mollusques sur le visage, juste pour faire une récréation — mais ils retrouvèrent vite leur sérieux alors qu’ils continuaient d’écraser dans des mortiers, de disséquer, de coupler avec de la poudre…

Il y a un poison, naturellement présent dans les crustacés. Festus avait été capable de le découvrir et de l’étudier. Reinhard allait le parachever. En modifiant la recette à sa propre sauce, de façon à la coupler avec les armes explosives en surnombre dans une ville comme Nuln, il serait capable de mettre au point une nouvelle arme.

L’expérience prit bien une grosse partie des deux jours suivants. La secte continuait de travailler et de pourchasser Eva Seyss et consorts, et il n’y avait rien de plus que le Grand Coësre souhaitait faire dehors. Il préférait se concentrer sur ce qu’il considérait : le travail de chimiste sous la terre. La mise au point d’une nouvelle forme de vie.



Ses efforts furent fortement récompensés. Il était véritablement l’aimé de Nurgle. Car au final, après simplement quelques jours de travail acharné, il le tenait entre ses mains — un gaz dispersable dans l’air. Il ne restait plus qu’à le tester sur quelques animaux errants ; quelques rats en cage en firent les frais. Et devant leur horrible martyr, Sigrid et Reinhard ne purent qu’exploser de joie, sautiller sur place et se taper dans la main.


Cela prendrait un long moment de créer assez de toxine pour en recouvrir tout Nuln. Des jours et des jours de collecte d’escargots et d’un processus de fabrication standardisé, nécessitant de former à la va-vite les cultistes. Mais enfin, ils l’avaient fait : Reinhard avait entre ses mains une arme pour terroriser l’académie de magie, et pour mettre Nuln à ses pieds.





Reinhard Faul redevenait Maximale Leistung. Cette fois, ce n’était pas à un comédien lui servant de doublure de travailler — il ne pouvait gérer le problème qu’en personne. C’était d’autant plus embêtant qu’il y allait pour une fois réellement tout seul ; Heidemarie serait de trop pour rencontrer un prêtre Sigmarite. Cette religion n’aime pas les femmes. Alors, le Grand Coësre s’était baigné, avait pris des vêtements propres bien parfumés, et il avait retrouvé sa voiture blindée et son escorte de flics de la police métropolitaine corrompus.

Il retraversait les rues de Nuln. La cité était beaucoup plus calme en plein jour que la nuit. Ses flics avaient fait un boulot formidable — dès qu’on traversait le Grand Pont, on ne voyait plus que de l’ordre, des gens qui marchaient bien sur le trottoir, pas de mendiants dormant sur le pavé, même plus tellement d’étudiants grévistes ; ceux-là avaient été contenus dans leurs bâtiments squattés, et on n’attendait plus que l’ordre de l’hôtel de ville pour les expulser de force.
La mort de Steiner avait justifié la mise en place de pouvoirs exceptionnels par le guet de la ville. Le conseil de la comtesse s’y était opposé, mais la comtesse n’était pas présente en personne, aussi, elle était facile à ignorer. Malheureusement, entre les hommes d’Emmanuelle et les hommes de Leistung, il y avait un homme encore influent et très populaire au milieu — la personne que Reinhard allait rencontrer.

La voiture alla jusqu’au quartier de la Vieille Ville — elle ne s’arrêta même pas aux murs fortifiés de la haute cité ; les choses avaient vraiment changé pour le Grand Coësre. L’attelage ralentit alors qu’on trouvait de belles avenues pavées, des squares fleuris et des statues de héros de l’Empire au bronze encore scintillant.

La voiture passa au pas très lent devant une petite demeure noble avec un grillage. La plupart des policiers se dispersèrent pour attacher leurs chevaux à une rambarde devant. On fit pénétrer la diligence dans une cour intérieure, et après une rapide vérification, on toqua pour que Reinhard déverrouille sa sécurité et puisse sortir.

Visiblement, être archi-lecteur du culte de Sigmar payait bien. Sa « maison » était un véritable manoir urbain, une énorme demeure en brique de cinq étages, avec un beau toit en ardoise, une immense fontaine d’eau pure en marbre, et une petite escouade de travailleurs en train de repeindre à neuf une des façades du bâtiment — ils gravaient des phrases en Khazalid à la lettrine couverte d’or. Un luxe qui donnait de quoi siffler.

Une maîtresse d’hôtel, une vieille femme obèse d’un âge canonique, vint saluer Maximale Leistung, lui offrant quelques politesses avant de l’escorter à l’intérieur ; sur ses pas, Reinhard n’était suivi que d’un seul de ses valets, une demande personnelle pour une raison secrète qu’il s’était gardée d’énoncer à quiconque — Reinhard espérait que, s’il était découvert comme un mage noir, il puisse rejeter l’accusation sur ce pauvre jeune homme…

À l’intérieur, il faisait très frais. Il y avait un beau carrelage, plein de portes qui menaient à plein de pièces, des secrétaires en train de rédiger des papiers… On aurait vraiment dit un palais miniature.
Kaslain était tellement riche, on ne proposa pas à Reinhard de monter par les escaliers. On lui proposa de monter par un ascenseur ! Une sorte de petite cage liée à un mécanisme de chaînes métalliques, qui, lorsqu’on tirait sur une poignée, étaient ravalées par une sorte d’énergie invisible — pas de la magie, même si ça attirait certains vents. De l’électricité.

La grosse madame ouvrit une porte qui menait à un immense salon avec dans le fond un grand balcon qui donnait sur le beau côté de Nuln — c’est-à-dire le côté avec le château, l’orangeraie et les parcs, pas le côté avec les deux fleuves, les usines et le bidonville. Il y avait ici des tableaux, des tapisseries, des canapés et des tables basses, et puis même, sur un coussin bien au fond, trois chiens en train de dormir ; des sortes de lévriers de chasse tout fins. Ils levèrent leurs oreilles et agitèrent leurs queues en voyant débarquer des invités.

La pièce empestait la mauvaise magie — la magie divine, la magie transformée et incomprise. Reinhard eut une soudaine oppression dans le cœur.

Il y avait une sorte de musique, qui flottait dans l’air, et qui vrombissait dans ses oreilles. Une musique qui, par un étrange effet, semblait perturber son lien aethyrique. Le coupable fut vite désigné — c’était une petite boîte avec un disque qui bougeait tout seul, sur une table basse, avec en plus une sorte de sonotone qui amplifiait les notes. Une sorte d’orchestre miniature et automatique, en train de jouer un chant religieux.
La dame sembla voir de l’intérêt dans le regard dédaigneux de Reinhard, parce qu’elle expliqua de quoi il s’agissait :

« Oh, c’est une invention du collège des ingénieurs ! Une boîte à musique ! Vous aimez ?
Les chiens ici sont adorables, mais si vous en avez peur, je peux les envoyer dans une autre pièce.
Pardonnez monseigneur… Il ne s’est pas vraiment préparé à recevoir de la visite. Il est convalescent, vous comprenez…
Désirez-vous boire quelque chose ? »


Une fois toutes les demandes satisfaites et les questions répondues, Reinhard fut invité à s’asseoir sur un canapé tout près du balcon. Il pouvait donc s’installer, et se retrouver tout seul avec son valet et les lévriers, tandis qu’il avait juste devant lui un grand tableau représentant une scène de l’histoire de l’Empire.
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C’était l’Empereur Sigismond II qui soumettait les Bretonni, il y a des siècles de cela. Avant que les Bretonniens ne forment leur nation et ne deviennent des fous dangereux à cheval, ils avaient été les esclaves de l’Empire ; toutes ces discussions de philosophie et d’histoire avec Valitch commençaient à payer leurs fruits !

Au bout de dix minutes d’attente, excepté pour les quelques moments où des valets amenèrent des pâtes de fruit et un petit cidre apéritif, Reinhard n’avait rien à faire excepté se tourner les pouces. Mais enfin, la porte s’ouvrit, et un grand homme entra.

Kaslain était ici. Le même Kaslain qu’il avait croisé sur la Emmanuelleplatz il y a… Trois ans, maintenant. Il avait changé. Toujours aussi chauve et grand, il était aussi devenu très mince, les joues anormalement creuses, de grosses cernes autour des yeux. Il n’était pas en tenue liturgique, même pas en tenue du tout, puisqu’il portait un grand peignoir.

Visiblement, la maladie l’avait touché.

« Monsieur le bourgmestre. Un plaisir de vous voir. »

Kaslain alla serrer la main à Reinhard ; celui-ci portait ses gants, même s’il avait l’opportunité de les retirer, pour tenter de transmettre la Pourriture à l’homme le plus saint de la ville… Peut-être n’était-ce pas une bonne idée, vu l’ambiance, et cette satanée musique qui perturbait son lien avec la magie, qui le mettait mal à l’aise…

« Deux ans que vous êtes élu, et je n’ai pas vraiment eu l’occasion de beaucoup vous voir. Vous m’avez l’air… Ma foi, en forme.
Comment allez-vous donc ? »


Il prenait une voix polie, douce. C’était assez informel, comme réunion.
Il désigna le canapé, et s’assit en face.

« Sacrée période que nous vivons, n’est-ce pas ?
Que me vaut ce plaisir ? »

Sigrid et Reinhard confectionnent une nouvelle neurotoxine avec l’aide de notes spéciales du Doktor Festus.

Jet de confection de Reinhard : 10, réussite
Jet de confection de Sigrid : 4, réussite

Second jet de confection de R : 4, réussite
De S : 5, réussite

Et un troisième pour la route :

R : 11, réussite
S : 7, réussite


6 jets réussis sur 6, comme d’habitude Reinhard est super fort.

Jets bonus pour améliorer la confection, ce seront les derniers :

R : 10, réussite
S : 4 encore, réussite.

Tu es l’auteur d’un nouveau poison de qualité exceptionnelle ajoutée à ton inventaire.


Jet de connaissances générales : 13, réussite
Jet d’empathie (Pas la compétence : -6) : 4, réussite.
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Reinhard Faul
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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par Reinhard Faul »

« Oh ! Peu importe, ce que vous avez d’ouvert, ne dérangez pas le personnel de maison pour moi… mais pourriez-vous m’indiquer les commodités ? »

Le manoir est bien pensé, les toilettes se trouvent dans une pièce adjacente au salon où nous nous trouvons. Je remercie d’un signe de tête la gouvernante pour ses indications, et j’attends qu’elle sorte pour les suivre, afin qu’une dame ne subisse pas le spectacle déplaisant de voir quelqu’un pénétrer dans les chiottes.

Cette fois j’affronte l’adversaire en ayant fait mon chemin dans le monde. La plomberie, les petits savons parfumés, le papier toilette, tout ça m’est familier maintenant. C’est sans hésiter que je m’agenouille devant le bon bloc de porcelaine pour vomir dedans à jets.

C’est les odeurs de religion, l’espèce de machine à musique, les relents de prière, ça me rend malade, et pas le bon genre de maladie. J’ai l’impression que Sigmar m’a enfermé dans une boîte et qu’il est en train de la secouer comme un cinglé. Ma vision est floue, les sons me parviennent distordus, et mes organes ont l’air de vouloir se faire la malle dans toutes les directions à la fois. Je tousse quelques asticots et quelques glaires d’un noir de charbon sur la faïence immaculée. C’est pas un endroit pour un Magus du chaos qui se respecte.

Et pourtant, une fois mon affaire finie, je me lave les mains et le visage avec application. Je retourne dans le petit salon en incarnant mon personnage aussi bien que possible, même si j’ai envie d’arracher ma peau pour vérifier que Sigmar ne s’est pas faufilé en dessous. Je retourne m’asseoir sur ma chaise avec une posture un brin recroquevillée, en tournant de temps en temps la tête comme si j’écoutais quelqu’un parler derrière mon épaule – alors qu’il n’y a personne. Au bout d’un moment je me mets à me balancer d’avant en arrière, détruit mentalement par tout ce… ces… bordel, pourquoi ça met aussi longtemps ?!

Je décide pour m’occuper de discuter avec mon valet. Il a l’expression penaude d’un petit chiot abandonné. En le regardant je me rends compte qu’il n’a pas du tout les manières pour être ici. Il a pas le dos droit, il est vautré sur sa chaise comme un paquet de merde qui se ronge les ongles, mais bon une fois que le vin est tiré…

« Tu vois le tableau là ? C’est l’empereur Sigismond qui soumet des bretonniens. C’était il y a très, très longtemps, avant que ça soit un vrai pays. Tu vois ce que c’est des siècles ? »

Le pauvre garçon me jette un regard perdu. Je crois pas avoir déjà discuté avec lui aussi longtemps, ça doit le surprend un peu, il ne répond rien. J’insiste :

« Un siècle, c’est cent ans. C’est euh… tu as quel âge déjà ? Ving-deux ? Bah c’est environ cinq fois la durée de ta vie entière. Et tu multiplies encore ça par… pfff, plein de fois. Ça doit être un drôlement vieux tableau.

- J’ai vingt-trois ans. »

Puis il retourne regarder ses pieds, cette fois-ci en trifouillant son nez avec son index à la recherche de trésors intéressants. Vu la minutie qu’il y met, il décroche assez vite un truc de sa narine. Il passe ensuite les minutes suivantes à considérer avec attention sa dernière trouvaille. Je le sais parce que je l’ai regardé tout ce temps. Après tout on est en train de s’emmerder ferme dans un salon, c’est un spectacle qui en vaut bien un autre. Mais j’entends des pas dans le couloir, ce qui interrompt nos activités intellectuelles. Je secoue l’épaule du gosse :

« Bon tu ranges ça et tu te tiens bien. Tu fais tout comme j’ai dit d’accord ? »

Ça devrait être facile de suivre mes consignes, parce que je lui ai répété sur tous les tons de garder le silence et d’avoir l’air un peu demeuré. Un rôle taillé pour lui.

Kaslain rentre dans la pièce. Je me lève pour le saluer. Je garde mes gants, car il faut pas pousser non plus hein ? Je suis toujours surpris que tous les religieux et les mages ne se mettent pas à hurler dès que je rentre dans une pièce, moi j’arrive très bien à percevoir leur sale relents puants de magie bizarre, leurs prières quotidiennes, leur hygiène de vie impeccable. Et pourtant, le brave chef des sigmarites me salue bien poliment. Je joue mon rôle, je fais pareil :

« Je vous remercie de me recevoir, d’autant que ma demande était pour le moins cavalière. Je ne savais pas que… que vous étiez souffrant. Râh, si j’avais su, je n’aurais pas amené… »

Je fais un vague geste de la main vers mon valet, puis je le présente :

« Voici Karl, le neveu de mon intendant. Son oncle m’a demandé comme une faveur de le sortir un peu, il est… »

Je fais un signe de l’index vers ma tempe en faisant la grimace, geste universel pour indiquer que le pauvre garçon a un retard mental.

« Enfin il ne vous ennuiera pas. »

Voilà un beau costard que je lui taille ! En réalité l’idée c’est que si Kaslain a des soupçons sur de brutaux relents de magie noire en sa demeure, il soupçonne plutôt le débile léger sorti d’on ne sait où plutôt que du brave prévôt des marchands. Parce qu’il faudrait être sacrément attardé pour rentrer dans la maison du chef des sigmarites quand on est un Magus du Chaos hein ?

Je m’assois sur le canapé où on m’a invité. Le pauvre valet incarne parfaitement bien son rôle et reste sur sa chaise sans nous jeter un regard. En réalité il n’est pas plus débile que vous et moi – enfin, plutôt que moi. C’est juste qu’il est dans une vision du monde plus… terre à terre. Pour ce que je sais de lui, il a grandi dans une famille pauvre vivant selon les plus pures traditions de Nuln. Il a commencé à travailler à sept ans, puis à découvert l’alcool un peu plus tard. Redécouvert, devrais-je dire, car je sais grâce à mes mystérieuses connaissances nurglites que son faciès porte les stygmates typiques d’un syndrome d’alcoolisation fœtal. Donc voilà, le blabla de son chef de secte avec un autre grand couillon de riche, ça lui en touche une sans faire bouger l’autre. Il est plutôt dans la survie. Nos discussions ne lui apporteront ni nourriture ni drogue ni sécurité, alors ça ne le concerne pas. Passons à autre chose. Je réponds à Kaslain :

« Oh, je vais bien, je vais bien. »

Mis à part que je sens un asticot gigoter dans le fond de mon nez, mais il a encore du chemin à faire avant de sortir alors j’angoisse pas trop. Je me sens plus concerné par la remarque de mon interlocuteur à propos de notre relation – de son absence -, que je prends comme une accusation envers mon manque d’assiduité avec la religion. Je m’étais préparé mentalement pour ça, j’ai déjà la réponse :

« Oh, oui, je ne vais jamais au temple mais… enfin ça me met très mal à l’aise de pratiquer avec tout le monde. C’est idiot hein ? Mais j’ai le sentiment quelque part que la religion devrait être intime pour être sincère. Enfin ce n’est pas une grande conviction, c’est juste… enfin vous voyez ? »

Maintenant que j’ai placé ma petite autojustification, je me sens mieux. Je peux enchaîner avec la raison de ma visite :

« Enfin puisque vous avez la bonté de me recevoir, je vais tout de suite en venir au but, afin de vous laissez tranquille au plus vite. Je viens en tant que… en tant que croyant inquiet, et représentant d’autres croyants inquiets. Nous avons tous vu un dragon voler au-dessus de la ville, avec sur son dos une femme, une… sorcière. »

Je fais une petite grimace dégoûtée, mais discrète, comme si je me retenais d’utiliser des qualificatifs plus vigoureux.

« Enfin c’est un domaine qui me dépasse mais… dois-je rentrer dans les détails ? J’aimerais comprendre pour elle ne peut pas hé bien… retourner là d’où elle vient ? Elle a l’air de s’y trouver bien depuis avant ma naissance. »

Je lâche cette dernière remarque dans ma barbe, mais audible tout de même. J’essaie de laisser entendre que le bon bourgeois Maximale Leistung est pas fan des gonzesses volantes qui font des pieds de nez à Mórr en refusant son repos depuis des dizaines d’années. Mon personnage est un bon croyant, ça fait trois ans que je bosse à passer pour un énorme coincé du cul – et, de fait, personne ne peut m’accuser d’aller aux putes, de parier ou d’être un ivrogne en public.
Natus est cacare et abstergere coactus est.
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Si vous vous y connaissez en latin pitié aidez moi.


Lien Fiche personnage: Ici

Stats :
Voie du sorcier de Nurgle (Profil avec empreintes occultes et mutations)
For 8 | End 11 | Hab 9 | Cha 8 | Int 13 | Ini 9 | Att 9 | Par 8 | Tir 8 | Foi 8 | Mag 16 | NA 2 | PV 100/100

État temporaire :
Clairvoyance : +1 en Magie et en Intelligence
Nuages de mouches : -1 ATT/PAR/TIR/INI pour toutes les personnes à moins de 6m
Plaies suppurantes : 1d3 dégâts retranchés à chaque blessure
Pourriture de Neiglish : Porteur sain
Protection de Papy : 2d4 PdC à chaque critique en incantation


Grimoire :

- Lumière : À appliquer sur un objet ; Fait de la lumière pendant 1h
- Flammèche : Petite étincelle au doigt pendant une minute
- Météo : Connaît la météo prochaine
- Repos : Peu faire se détendre quelqu'un

- Infestation de Nurglings : 24m / 1d4 tours / Projectile magique. Une fois qu'une personne est touchée, elle subit 10+2d10 dégâts magiques par tour / Dès la fin du sortilège ou la mort de l'ensorcelé, des bubons explosent, libérant 2d3 amas de chair, qui sont autant de nurglings
- Fontaine putride : 6m / Instantané / 30+2d10 dégât devant lui + gain de 7 armure temporaire magique / +5 dégât par point de MA
- Gerbe corruptrice : 12m / 10+1d10 dégât dans une zone de 6m, esquivable ; métal rongé après 1d4 tours / -1 esquive par MA

- La multitude fait le tout : Se change en nuée de mouches
- Prodigieuse santé : Contact / Devient ultra bogosse et ultra chad
- Grande invocation de petits amis : Invoque des insectes pour servir d'ingrédients
- Immonde messager : Peut envoyer des messages twitter (Caractères limités)
- Allégresse fétide : Supprime toute douleur mentale ou physique
- Divine urgence : Force la cible à faire un jet d'END. Diarrhée en cas d'échec.
- Paludisme dévorant

- Invocation : Nurglings
- Invocation : Bête de Nurgle
- Invocation : Porte Peste
- Octogramme de conjuration


Compétences :
- Résistance accrue : +1 END aux jets testant la résilience physique (Fatigue, drogue, alcool, torture...)

- Vol à la tire : +1 pour escamoter quelque chose
- Baratin : +1 pour endormir la vigilance de quelqu'un
- Déplacement silencieux : +1 pour fureter quelque part
- Déguisement : +1 pour s'infiltrer en étant déguisé
- Alphabétisation
- Autorité

- Sens de la magie : Sur un test, détecte les événements magiques
- Incantation (Domaine de Nurgle)
- Maîtrise de l'Aethyr (Nurgle) : 2
- Contrôle de la magie
- Divination (Oniromancie) : Sur un test au cours de son sommeil, peut découvrir la destinée de certains personnages
- Langue hermétique (Langue Noire) : Parle la langue immonde du Chaos
- Confection de maladies : Peut fabriquer des maladies communes et rares


Équipement de combat :
- Bâton démoniaque : 2 mains ; 10+1d8 dégâts ; 8 parade ; Assommante & Utilisable seulement par les classes magiques. +1 PAR
- Pistolet à répétition : 46+1d8 dégâts, malus -2 TIR/8 mètres, peut tirer cinq fois à la suite avec un malus de -1 TIR par chaque nouveau canon qui fait feu
- Agaga (Épée à une main) : 18+1d10 dégâts ; 13 parade ; Rapide, Précise, Perforante (2) ; +1 INI
- Cocktail Molotov (x4) : Dans un rayon de 1m, toute personne qui est touchée par la bouteille prend trois états de « Enflammé ». Dans un rayon de 2m, c'est 2 états seulement. Dans un rayon de 3m, un seul état.

- 15 balles et poudres

- Tenue de cultiste de Nurgle : 5 protection ; Tout le corps sauf tête

- Anneau d'Ulgu : Lorsque porté, vous pouvez faire croire à ceux qui vous entourent que vous êtes un humain lambda (sans mutation aucune ni trait particulier) pendant 1 heure. Vous ne pouvez utiliser cette capacité qu’une fois par jour. Vous ne pouvez pas prendre l’apparence d’une personne en particulier.

- Miroir de la Demoiselle d'Acques
- Cor de la harde des Museaux Annelés



Équipement divers :

- Marque de Nurgle
- Caresse de la vipère (poison) : Un sujet blessé par une arme enduite de ce venin doit réussir un jet d'END-4 sous peine de mourir dans END minutes. Chaque minute avant sa mort, le sujet subit 5 points de dégâts non sauvegardables, et un malus cumulable de 2 à ses caractéristiques.


- Couverts en bois
- Sac à dos
- Couronnes dentaires en bois
- Tatouages
- Porte-bonheur

- Sap-biscuit

- Costume de répurgateur + Fleuret (Déguisement)



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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

L’archi-lecteur ne réagit pas trop à la présence de Karl — excepté par une courtoisie gênée comme n’importe quel aristocrate aurait fait. Il leva la main en espérant que le demeuré la lui serre, et devant son manque d’entrain, se contenta de serrer des dents en foudroyant rapidement du regard le prévôt.

Une fois installés, néanmoins, le prêtre en peignoir s’affala dans son fauteuil, croisant une jambe l’une sur l’autre. Il n’avait pas du tout la dégaine d’un curé Sigmarite ; un Dieu militaire avait, bien entendu, un clergé militaire, aussi même les plus pachas et les plus obèses des ministres de la religion avaient au moins l’habitude de se tenir bien droits, les deux pieds par terre et les épaules en arrière. Mais non, Kaslain avait l’air leste et relâché. C’était presque intimiste.

Mais il demeurait un prêtre. Et un des plus importants de l’Empire tout entier — un Électeur de l’Empire, soit une des quinze âmes humaines nécessaires pour désigner le successeur de Karl-Franz au trône. Vraiment pas n’importe quoi, donc. Il empestait la magie divine, évidemment ; c’était un de ces mages qui l’ignoraient, et qui voyaient dans leurs incantations de simples miracles souhaités par les saints.
Qu’il ne remarque pas que l’homme devant lui était un mage noir aimé des Dieux était assez impressionnant. Est-ce qu’il bluffait ? Il avait l’air bien trop détendu pour ça. Peut-être que la bague sertie d’Ulgu offerte par Valitch était réellement puissante. Depuis le temps que le magus la portait, c’était comme s’il avait amplifié son pouvoir…

En entendant les explications sur le manque d’assiduité de Reinhard à l’église, Kaslain ouvrit la bouche et souffla :

« Oh. Je vois. Vous êtes un pratiquant de la devotio moderna. Il est vrai que… Je vous imaginais ainsi. »

Les discussions avec Valitch étaient franchement salvatrices. Il avait sorti un mot en Classique pour dire dévotion moderne, comme si c’était pas hyper simple à traduire. Pour faire simple, il s’agissait de gens qui n’aimaient pas les rites en plein air, les processions, et les fêtes religieuses où on sort des reliquaires et où on porte d’immenses châsses en or à travers la ville ; pour eux, ce n’étaient là que des symboles qui vidaient l’essentiel de la foi. Les pratiquants de la dévotion moderne préféraient vivre religieusement tous les jours, étudier les livres saints chaque matin avant d’aller travailler et chaque soir avant de se coucher, vivant simplement selon ce que Sigmar avait choisi sans s’en vanter par des signes extérieurs.

C’était commode qu’il se fasse passer pour quelqu’un de cette trempe. Il fallait juste confirmer ce que Kaslain disait.

« Et puis…
Cherche un temps approprié pour les loisirs et médite alors sur les faveurs de Sigmar. Laisse les curiosités de côté. Lis les matières qui amènent de la tristesse au cœur plutôt que celles qui distraient l’esprit. »


Cet enfoiré testait Maximale Leistung. Il vérifiait que le maire de Nuln n’était pas un menteur, et qu’il faisait vraiment partie du club. Et pour ça, il citait un chapitre d’un livre saint de Sigmar, le « Geistbuch » — le Livre d’Esprit, un recueil de conneries écrites par Johann Helsturm, le premier des théogonistes, qui disait comment être un bon petit croyant.
Et le pire ? C’est que Reinhard connaissait la suite de la citation. Mais pas à cause de Valitch — à cause d’une personne auprès de qui il avait bien reçu ses bonnes prières quand il était jeune.
À cause de sa maman, qui lui avait fait son catéchisme sur ses genoux.

Si tu te retires des commérages et des vaines poursuites, tu trouveras le temps qui est nécessaire pour la méditation sainte, comme le font les vertueux qui souhaitent servir Sigmar durant leur retraite. Plus l’on est en compagnie des hommes, moins nous sommes un homme.


Le sourire de Kaslain devint immense quand il eut la réponse à ce qu’il voulait entendre.

« Il nous faudrait plus d’hommes comme vous, monsieur le bourgmestre. Je parlais avec une prêtresse de Shallya la semaine dernière encore — elle n’avait que des mots grossiers à votre égard. Mais je sais que vos paroles dures et outrancières en public, sont prononcées par un homme mesuré et discret en privé — l’inverse tout-à-fait exact de tant de gens qui sont mielleux et accortes lorsqu’ils se prononcent en public, mais qui sont fâchants et affaiblis dans leur vie privée.
Il n’y a qu’à voir votre stature. Je ne fais pas confiance à un homme qui n’a pas l’air prêt à tenir la hallebarde pour défendre sa cité. »


Il était en train de complimenter Reinhard sur sa musculature. C’était discret, et élégant, mais il venait bien de le faire.
Évidemment, ce n’était que la magie qui permettait de tailler un costard au magus ; en vérité, nu, il ressemblait à un sac d’os bedonnant.



Le sujet fut alors amené sur Elspeth von Draken. Là, d’un côté, Kaslain changea du tout au tout. Il devint bougon, fronça des sourcils, tordit ses lèvres, et se redressa dans son canapé. Son ton fut soudain plus sec, et laconique :

« Je comprends vos inquiétudes, monsieur le bourgmestre. Mais la dame Elspeth von Draken est ici par la volonté expresse de Son Altesse, Emmanuelle von Liebwitz. »

Et c’était tout ce qu’il disait.

De prime abord, Reinhard aurait pu croire qu’il avait dit une bêtise. Que contrairement à ce qu’il espérait, Kaslain était parfaitement loyal à la comtesse, et remettait sur les épaules d’Elspeth ses espoirs de se débarrasser une fois pour toutes des méchants corrompus se cachant dans les bas-fonds de Nuln…

…Sauf que… ça ne collait pas.

Emmanuelle von Liebwitz avait beaucoup de qualités — aucune qui ne pouvait être appréciée d’un homme comme Kaslain. Kaslain n’était même pas son nom d’ailleurs, il avait probablement un nom de petit noble oublié ; il avait pris un nom de Nain en acceptant son poste illustre et les grands pouvoirs qui venaient avec. Il était un défenseur des croyants, un homme aimant sincèrement sa Nuln et sa foi, se battant pour ce qu’il croyait juste.
Emmanuelle était une femme cosmopolite, changeante, intrigante et comploteuse. Elle était adorée des guildes, des maisons marchandes, des communautés étrangères, des aristocraties Nulner et Wissenlandaises — mais ça ne l’avait pas empêchée de provoquer une guerre avec le Sudenland, d’ignorer les troubles dans la basse ville, d’envoyer des mercenaires Tiléens (Le fameux Héron Bleu) régler ses emmerdes, et de finalement fuir une fois la peste devenue incontrôlable. Elle traitait Nuln comme une propriété foncière, et pas comme une terre à défendre.

La vérité, c’est que Kaslain devait haïr Emmanuelle. Tout comme il devait haïr ses agents, ou des femmes étranges et incompréhensibles comme von Draken. Mais Kaslain ne pouvait pas juste le hurler sur tous les toits ; d’ailleurs lui-même devait s’être auto-persuadé qu’il avait un devoir de loyauté envers celle qui était la dirigeante légitime par le sang de Nuln.

Il fallait que Reinhard le guide vers un autre chemin. Qu’il joue sur les instincts de Kaslain… Mais en paraissant être poussé à la faute, sans être trop hostile à la comtesse.
Jet de connaissances religieuses de Reinhard (Malus : -4, pas du tout un croyant pratiquant) : 7, réussite. Heureusement que Reinhard est un génie.

Jet secret de Kaslain.

Jet de charisme de Reinhard : 9, échec de 1

Jet d’intuition : 7, réussite

Jet de connaissances générales : 13, réussite
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Reinhard Faul
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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par Reinhard Faul »

J’ai récité les proverbes du livre de ma maman sans frémir, sans montrer de faiblesse, seulement à la fin j’ai sorti mon mouchoir pour tousser dedans – et dissimuler habilement quelques asticots qui ont trouvé leur chemin en dehors de mes entrailles. Ça m’a fait mal, et pas seulement parce que j’ai dû me rappeler de mon catéchisme. Je n’aime pas penser à ma mère, c’était vicieux, et ça m’a mis en colère contre l’univers, les dieux, le monde, je sais pas quelle force qui m’oblige à prostituer tout ce que je possède pour mes manœuvres maléfiques. On devrait pas obliger les Magus du Chaos à penser à leur petite maman, ça se fait pas.

Mais la citation a fait mouche. Le Kaslain a l’air tout content, il me passe un coup de brosse à reluire. Je me tortille de gêne quand il complimente mon physique. Je crois pas qu’il soit… enfin tu vois quoi, c’est que les sigmarites en général me mettent très mal à l’aise niveau homoérotisme. Oui, j’ai pas peur des mots, ils ont bien un truc avec les hommes musclés et virils qui passent du temps fraternel ensemble entre deux batailles. Valitch m’a montré beaucoup de tableaux de soldats sigmarites « blessés », nus et allongé de façon lascive au milieu de leurs camarades. Moi quand j’ai mal je chouine, je suis tout rouge avec de la morve. Y a pas les yeux révulsés par un orgasme avec les épales jetées en arrière pour bien montrer les dessins des muscles ! Mes remarques ont bien fait rire la Tzeentchie en tout cas.

C’est pour ça aussi que quand j’entends les échos de la voix de Sigmar, il est à la fois sexuellement agressif et bizarrement homophobe. Pourtant, le Grand Père sait que je collectionne les fétichismes comme les chiens les puces, mais rien peut battre les trucs affreux que j’entends chuchoter dans le creux de mon oreille. Là, il me donne quelques suggestions sur ce que je pourrais faire de la hallebarde de Kaslain. Tais-toi ! C’est pas parce que j’ai cité un de tes petits lèche-cul que tu dois te sentir concerné. Ferme-la ! Ta gueule bon sang !

Je cligne des yeux pour me recentrer sur l’Archilecteur au lieu de regarder des soldats à poil danser devant mes yeux et s’éventrer mutuellement avec leurs lames. Le type vient de m’envoyer chier par loyauté envers le système politique de l’Empire. Ah. Ça pourrait être décourageant maiiiis… bon tu m’as lu cogiter le post d’avant alors tu es au courant. Il est obligé de détester un petit peu Emanuelle, ne serait ce que parce que c’est une femme. J’apprécie pas spécialement la compagnie des femmes, mais y a pas plus méprisant et haineux qu’un sigmarite. Quand j’étais en campagne, pendant une petite sauterie de nobles, j’ai dû me taper le long monologue d’un prêtre complètement bourré qui m’a expliqué que le sang dans leur matrice est vicié et que c’est pour ça qu’elles doivent en changer tous les mois. On m’a souvent dit que la cause de mon inversion était le dégoût des femmes, mais je te jure que j’ai jamais consacré plus de deux secondes de mon existence à penser aux ragnagnas. Enfin bref. De la religion tout ce qu’il y a de plus classique.

Comment je contourne le petit problème de la loyauté envers la comtesse électrice ? Pas simple. Y a des trucs qu’on a pas le droit de faire dans l’Empire, et si y a bien un truc plus interdit que les autres c’est celui-là. Je décide de contourner le problème :

« Ne pourrait-elle pas être enf… séjourner avec les autres, dans l’Académie des mages ? Ils sont bien dans un bâtiment à part pour une raison, non ? Rien que le dragon, il va terroriser le bétail et faire euh… ses besoins n’importe où. Vu la taille de l’animal, ça pourrait tuer un enfant sur le coup ! »
Natus est cacare et abstergere coactus est.
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Si vous vous y connaissez en latin pitié aidez moi.


Lien Fiche personnage: Ici

Stats :
Voie du sorcier de Nurgle (Profil avec empreintes occultes et mutations)
For 8 | End 11 | Hab 9 | Cha 8 | Int 13 | Ini 9 | Att 9 | Par 8 | Tir 8 | Foi 8 | Mag 16 | NA 2 | PV 100/100

État temporaire :
Clairvoyance : +1 en Magie et en Intelligence
Nuages de mouches : -1 ATT/PAR/TIR/INI pour toutes les personnes à moins de 6m
Plaies suppurantes : 1d3 dégâts retranchés à chaque blessure
Pourriture de Neiglish : Porteur sain
Protection de Papy : 2d4 PdC à chaque critique en incantation


Grimoire :

- Lumière : À appliquer sur un objet ; Fait de la lumière pendant 1h
- Flammèche : Petite étincelle au doigt pendant une minute
- Météo : Connaît la météo prochaine
- Repos : Peu faire se détendre quelqu'un

- Infestation de Nurglings : 24m / 1d4 tours / Projectile magique. Une fois qu'une personne est touchée, elle subit 10+2d10 dégâts magiques par tour / Dès la fin du sortilège ou la mort de l'ensorcelé, des bubons explosent, libérant 2d3 amas de chair, qui sont autant de nurglings
- Fontaine putride : 6m / Instantané / 30+2d10 dégât devant lui + gain de 7 armure temporaire magique / +5 dégât par point de MA
- Gerbe corruptrice : 12m / 10+1d10 dégât dans une zone de 6m, esquivable ; métal rongé après 1d4 tours / -1 esquive par MA

- La multitude fait le tout : Se change en nuée de mouches
- Prodigieuse santé : Contact / Devient ultra bogosse et ultra chad
- Grande invocation de petits amis : Invoque des insectes pour servir d'ingrédients
- Immonde messager : Peut envoyer des messages twitter (Caractères limités)
- Allégresse fétide : Supprime toute douleur mentale ou physique
- Divine urgence : Force la cible à faire un jet d'END. Diarrhée en cas d'échec.
- Paludisme dévorant

- Invocation : Nurglings
- Invocation : Bête de Nurgle
- Invocation : Porte Peste
- Octogramme de conjuration


Compétences :
- Résistance accrue : +1 END aux jets testant la résilience physique (Fatigue, drogue, alcool, torture...)

- Vol à la tire : +1 pour escamoter quelque chose
- Baratin : +1 pour endormir la vigilance de quelqu'un
- Déplacement silencieux : +1 pour fureter quelque part
- Déguisement : +1 pour s'infiltrer en étant déguisé
- Alphabétisation
- Autorité

- Sens de la magie : Sur un test, détecte les événements magiques
- Incantation (Domaine de Nurgle)
- Maîtrise de l'Aethyr (Nurgle) : 2
- Contrôle de la magie
- Divination (Oniromancie) : Sur un test au cours de son sommeil, peut découvrir la destinée de certains personnages
- Langue hermétique (Langue Noire) : Parle la langue immonde du Chaos
- Confection de maladies : Peut fabriquer des maladies communes et rares


Équipement de combat :
- Bâton démoniaque : 2 mains ; 10+1d8 dégâts ; 8 parade ; Assommante & Utilisable seulement par les classes magiques. +1 PAR
- Pistolet à répétition : 46+1d8 dégâts, malus -2 TIR/8 mètres, peut tirer cinq fois à la suite avec un malus de -1 TIR par chaque nouveau canon qui fait feu
- Agaga (Épée à une main) : 18+1d10 dégâts ; 13 parade ; Rapide, Précise, Perforante (2) ; +1 INI
- Cocktail Molotov (x4) : Dans un rayon de 1m, toute personne qui est touchée par la bouteille prend trois états de « Enflammé ». Dans un rayon de 2m, c'est 2 états seulement. Dans un rayon de 3m, un seul état.

- 15 balles et poudres

- Tenue de cultiste de Nurgle : 5 protection ; Tout le corps sauf tête

- Anneau d'Ulgu : Lorsque porté, vous pouvez faire croire à ceux qui vous entourent que vous êtes un humain lambda (sans mutation aucune ni trait particulier) pendant 1 heure. Vous ne pouvez utiliser cette capacité qu’une fois par jour. Vous ne pouvez pas prendre l’apparence d’une personne en particulier.

- Miroir de la Demoiselle d'Acques
- Cor de la harde des Museaux Annelés



Équipement divers :

- Marque de Nurgle
- Caresse de la vipère (poison) : Un sujet blessé par une arme enduite de ce venin doit réussir un jet d'END-4 sous peine de mourir dans END minutes. Chaque minute avant sa mort, le sujet subit 5 points de dégâts non sauvegardables, et un malus cumulable de 2 à ses caractéristiques.


- Couverts en bois
- Sac à dos
- Couronnes dentaires en bois
- Tatouages
- Porte-bonheur

- Sap-biscuit

- Costume de répurgateur + Fleuret (Déguisement)



Divers divers :

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