[Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Nuln est la seconde ville de l’Empire et du Reikland. Nuln centralise tout le commerce du sud, c’est là que convergent les voyageurs du Wissenland, du Stirland, d’Averland et des régions plus à l’est. Nuln est le siège de l’Ecole Impériale d’Artillerie, où les canons sont fondus et où les artilleurs apprennent la balistique. Ils y étudient les nombreux problèmes pratiques liés au déplacement et à la mise en œuvre des pièces d’artillerie. Grâce à leurs efforts, l’Empire bénéficie d’un vaste et efficace corps d’artillerie, de loin supérieur à tous ceux des pays frontaliers.

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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Après avoir été accusé, l’Interlope fit la chose la plus terrifiante qu’un homme pouvait faire suite à une invective :
Il sourit. D’un horrible sourire beaucoup, beaucoup plus large qu’un visage humain était normalement capable de faire. La peau était étirée presque jusqu’aux oreilles, et dévoilait dans une terrible grimace toutes ses rangées de dents. Et c’est avec une voix amusée, légèrement nasillarde, très expressive, que l’Interlope se mit à palabrer :

« Vous avez plus trop l’habitude d’vous faire mal parler, pas vrai ? Faut dire, z’avez bien impressionné vot’ monde, puis les mortels, c’est né sur cette terre pour naturellement s’foutre à genoux. Mais que même un Grand Immonde comme Furug’ath ose plus vous d’mander des comptes, ç’doit ben être reposant, pas vrai ?
L’abysse a rarement vu des mortels capables d’charmer un démon, d’retourner le sens d’l’alliance. Y en a ben un par décennie. Pour ça, en tout cas, j’suppose que faut vous féliciter. »


Puis voilà que l’Interpole tourna autour du Coësre. Il alla se poser à côté de lui, puis vers son dos, tout en continuant de jacqueter.

« Vous z’avez presque jamais échoué, hein ? C’pas une preuve de force, vous savez ? Les gens qu’échouent jamais, c’est souvent ceux qui vont être balayés l’plus vite quand viendra le moment où y seront réellement testés.
Alors j’ai une question honnête pour vous : Est-ce que vous avez l’impression d’avoir été assez défié ? Tant d’abrutis sont tombés à vos pieds… À quel point c’était vous, et à quel point c’était d’la chance ? »


Que quelqu’un se permette d’ainsi insulter le Grand Coësre était de l’ordre du suicidaire. Mais le magus savait que l’Interlope était bien plus qu’un homme ; il était impossible de vivre dans un enfer comme le Pellagra, de s’y tenir droit, et d’avoir un esprit parfaitement raisonnable.
D’ailleurs, était-il seulement en train d’insulter Reinhard ? Ou est-ce que ses étranges interrogations avaient un sens ?

« Y reste trop d’Reinhard Faul en vous. Même après toutes ces années, c’fou… Vous êtes toujours, au fond d’vous, de votre esprit, en train d’tenir à cette ville, à cette vie. À votre famille.
J’suis sûr qu’vous trahiriez votre vie et votre Dieu si on vous offrait une porte de sortie. J’me trompe ? »


Il pencha un peu la tête de côté, et prit une voix mielleuse pour continuer :

« Vous avez offert tellement d’gens à Nurgle. Tellement d’âmes. Même les plus innocentes, même les plus jeunes… ça s’rait même plus ça, une épreuve de force, sacrifier de pauvres bébés nouveaux-nés en déchirant leurs entrailles…
Non, non. Une vraie épreuve, ça s’rait sacrifier les gens qui vous aiment. »

Et il s’approcha tout près de l’oreille de Reinhard pour chuchoter une terrible insulte :

« Steiner est pas dans un monde meilleur. Il en a pas fait assez pour le mériter. Il se noie à jamais dans un lac de cadavres. »
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Reinhard Faul
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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par Reinhard Faul »

C’est pas un humain.
Je regrette de ne pas avoir fouiné du temps où nous remontions le Reik, je regrette mais c’est trop tard. L’interlope me fait le sourire typique de Nurgle, sans joie, terrifiant, puis dit des choses affreuses. Des choses qu’un mortel ne peut pas connaître. Il sait tout. Il connaît Furuga’th, et plus emmerdant il connaît mon nom. C’est terrible quand il le prononce dans un coin de phrase, comme ça, j’ai l’impression qu’il enfonce son bras dans mes entrailles et qu’il serre mon cœur dans son poing. Je hoquette de surprise. Comment peut-il être au courant ? Je reste saisi sur place.

Mais tu sais quoi ? Justement, je ne suis plus le pauvre bonhomme apeuré du début. Quelque chose reste solide en moi, prend le temps de réfléchir. Autrefois je me serais effondré en larmes après autant de reproches et de terreur. Là j’en ai trop vu. Je sais que toutes mes réussites ne sont pas dues qu’à la chance. Je sais qu’arriver jusqu’ici n’a pas été une promenade dans le parc. Merde, je suis venu sur le Pellagra parce qu’un sorcier m’a fait exploser une couille. Me dis pas que je l’ai eu facile ! J’ai perdu Irmfried pour offrir sa sœur à Nurgle. On m’a obligé à pratiquer la magie alors que j’en avais aucune envie. Tu te souviens du début ? Je faisais des crises de nerf à l’idée de lancer un seul sort. Et puis putain… tu crois que c’était évident de passer de clodo préoccupé seulement par son prochain repas à sorcier maléfique qui dirige une secte ? Putain, si monsieur le gros malin est si malin, il savait ce que j’étais. Diminué par plusieurs années de négligence, de malnutrition et d’épuisement.
Mais tu sais quoi ? Ça n’a rien à voir avec la réalité, justement. Ça je reconnais, c’est du verbiage de démon. Ils chuchotent ce qui fait le plus mal. Depuis que je suis enfant, j’entends ces voix là. T’es qu’une merde, t’y arriveras pas, blablabla. Quoi qu’il en dise, je suis plus assez humain pour que ça me retourne le cerveau. Quelque chose en moi reste froid, reptilien, calculateur. Bizarrement, à ce moment-là je pense à Valitch.

Pendant ce temps, l’Interlope me tourne autour, me chuchote des horreurs d’une voix lascive. J’avoue que je tremble un peu quand il me suggère de tuer ma famille et qu’il m’annonce que Steiner est en enfer. Je serre les dents et je refoule la boule dans ma gorge qui annonce des larmes à venir. Va falloir la jouer fine mon petit bonhomme, reste solide. Je fixe mon regard sur un point droit devant moi – c’est compliqué parce que la réalité distordue fait bouger la ligne d’horizon. Les yeux du Pellagra, les bouches, même les anus sont tournés vers moi avec une fixité surnaturelle. On entend à peine les bubons suinter. Je réfléchis à toute vitesse.

Est-ce que j’ai déjà parlé de l’Interlope avec d’autres gens présents sur le bateau ? Heidemarie, Kurt, ou Irmfried ? Je crois pas. Peut-être qu’il n’y a que moi qui le vois. Est-ce que je peux lui mentir ? Ça semble une manœuvre risquée. Il n’est pas omniscient – personne ne l’est – mais il a l’air très informé. Quand il me demande si j’essaie pas de sauver ma peau à n’importe quel prix, la réponse est oui. Évidemment que c’est oui putain ! Je sais très exactement ce qui arrive aux âmes damnées qui se pointent dans les Jardins sans aucun pouvoir de négociation. Ce n’est pas un sort enviable. Mourir c’est facile, une éternité de tourments sans aucun espoir de s’en sortir c’est autre chose. Tu sais de quoi on parle quand on dit éternité ? Ouais, c’est pas un truc qui se balaie du revers de la main. Peut-être que tu crois que ça vaut le coup pour sauver ceux qu’on aime, mais c’est parce que tu n’as pas vu ce que j’ai vu. T’as tout le temps de regretter d’avoir sauvé ton premier-né, ta femme, ta famille, ton pays, ce que tu veux, pour subir une telle merde. Honnêtement, si tu me dis l’inverse c’est juste que tu ne sais pas de quoi tu parles.

D’une voix tremblante, je réponds à l’Interlope, bottant en touche, éloignant les sujets problématiques :

« Moi j’peux tuer tout ce que tu veux, pas de problème, je savais pas que c’était urgent c’est tout. Mais pourquoi j’écouterais les conseils de quelqu’un qui ne se présente même pas ? Un petit nom ? La nature exacte de celui qui me parle, peut-être ? »

Tu crois que je suis courageux ? Je ne le suis pas. Je sais seulement que les créatures de l’Ailleurs ne vont pas me tuer quelques jours avant le Geheimnisnacht.
Natus est cacare et abstergere coactus est.
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Si vous vous y connaissez en latin pitié aidez moi.


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Stats :
Voie du sorcier de Nurgle (Profil avec empreintes occultes et mutations)
For 8 | End 11 | Hab 9 | Cha 8 | Int 13 | Ini 9 | Att 9 | Par 8 | Tir 8 | Foi 8 | Mag 16 | NA 2 | PV 100/100

État temporaire :
Clairvoyance : +1 en Magie et en Intelligence
Nuages de mouches : -1 ATT/PAR/TIR/INI pour toutes les personnes à moins de 6m
Plaies suppurantes : 1d3 dégâts retranchés à chaque blessure
Pourriture de Neiglish : Porteur sain
Protection de Papy : 2d4 PdC à chaque critique en incantation


Grimoire :

- Lumière : À appliquer sur un objet ; Fait de la lumière pendant 1h
- Flammèche : Petite étincelle au doigt pendant une minute
- Météo : Connaît la météo prochaine
- Repos : Peu faire se détendre quelqu'un

- Infestation de Nurglings : 24m / 1d4 tours / Projectile magique. Une fois qu'une personne est touchée, elle subit 10+2d10 dégâts magiques par tour / Dès la fin du sortilège ou la mort de l'ensorcelé, des bubons explosent, libérant 2d3 amas de chair, qui sont autant de nurglings
- Fontaine putride : 6m / Instantané / 30+2d10 dégât devant lui + gain de 7 armure temporaire magique / +5 dégât par point de MA
- Gerbe corruptrice : 12m / 10+1d10 dégât dans une zone de 6m, esquivable ; métal rongé après 1d4 tours / -1 esquive par MA

- La multitude fait le tout : Se change en nuée de mouches
- Prodigieuse santé : Contact / Devient ultra bogosse et ultra chad
- Grande invocation de petits amis : Invoque des insectes pour servir d'ingrédients
- Immonde messager : Peut envoyer des messages twitter (Caractères limités)
- Allégresse fétide : Supprime toute douleur mentale ou physique
- Divine urgence : Force la cible à faire un jet d'END. Diarrhée en cas d'échec.
- Paludisme dévorant

- Invocation : Nurglings
- Invocation : Bête de Nurgle
- Invocation : Porte Peste
- Octogramme de conjuration


Compétences :
- Résistance accrue : +1 END aux jets testant la résilience physique (Fatigue, drogue, alcool, torture...)

- Vol à la tire : +1 pour escamoter quelque chose
- Baratin : +1 pour endormir la vigilance de quelqu'un
- Déplacement silencieux : +1 pour fureter quelque part
- Déguisement : +1 pour s'infiltrer en étant déguisé
- Alphabétisation
- Autorité

- Sens de la magie : Sur un test, détecte les événements magiques
- Incantation (Domaine de Nurgle)
- Maîtrise de l'Aethyr (Nurgle) : 2
- Contrôle de la magie
- Divination (Oniromancie) : Sur un test au cours de son sommeil, peut découvrir la destinée de certains personnages
- Langue hermétique (Langue Noire) : Parle la langue immonde du Chaos
- Confection de maladies : Peut fabriquer des maladies communes et rares


Équipement de combat :
- Bâton démoniaque : 2 mains ; 10+1d8 dégâts ; 8 parade ; Assommante & Utilisable seulement par les classes magiques. +1 PAR
- Pistolet à répétition : 46+1d8 dégâts, malus -2 TIR/8 mètres, peut tirer cinq fois à la suite avec un malus de -1 TIR par chaque nouveau canon qui fait feu
- Agaga (Épée à une main) : 18+1d10 dégâts ; 13 parade ; Rapide, Précise, Perforante (2) ; +1 INI
- Cocktail Molotov (x4) : Dans un rayon de 1m, toute personne qui est touchée par la bouteille prend trois états de « Enflammé ». Dans un rayon de 2m, c'est 2 états seulement. Dans un rayon de 3m, un seul état.

- 15 balles et poudres

- Tenue de cultiste de Nurgle : 5 protection ; Tout le corps sauf tête

- Anneau d'Ulgu : Lorsque porté, vous pouvez faire croire à ceux qui vous entourent que vous êtes un humain lambda (sans mutation aucune ni trait particulier) pendant 1 heure. Vous ne pouvez utiliser cette capacité qu’une fois par jour. Vous ne pouvez pas prendre l’apparence d’une personne en particulier.

- Miroir de la Demoiselle d'Acques
- Cor de la harde des Museaux Annelés



Équipement divers :

- Marque de Nurgle
- Caresse de la vipère (poison) : Un sujet blessé par une arme enduite de ce venin doit réussir un jet d'END-4 sous peine de mourir dans END minutes. Chaque minute avant sa mort, le sujet subit 5 points de dégâts non sauvegardables, et un malus cumulable de 2 à ses caractéristiques.


- Couverts en bois
- Sac à dos
- Couronnes dentaires en bois
- Tatouages
- Porte-bonheur

- Sap-biscuit

- Costume de répurgateur + Fleuret (Déguisement)



Divers divers :

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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

L’Interlope leva son index, et l’agita en l’air d’un air espiègle, comme s’il disait, « ah, comme tu es malin ». Pourtant, de la même manière que Reinhard avait botté en touche aux propos bien inquiétants du bonhomme, lui aussi décida d’utiliser des mots détournés pour rétorquer.

« Vous ne voulez pas entendre mon nom, croyez-moi. Quant à ma nature, c’est une question encore plus compliquée… Mais je sais ce que tu te dis dans ta tête, aussi, je vais t’éloigner très vite ça de ta tête :
Non. Je ne suis pas un démon. Un démon c’est très con. Ça n’a pas beaucoup de pouvoir dans l’Au-Delà, et ça n’existe que très difficilement Ici-Bas. Et surtout, c’est soumis à des règles et des coutumes bien plus anciennes que lui.
Je suis bien plus que ça. »


Et là, l’Interlope fit quelque chose de tout bonnement épouvantable : Il amena sa main qui avait encore des doigts à son œil, pas celui en verre, mais bien celui encore valide. Il tira sur le bas de sa paupière, et il faufila ses ongles derrière le globe oculaire.
Voir un être humain se doigter l’œil était déjà une vision terrifiante. Il ne criait pas, il n’eut pas la moindre hésitation, alors qu’il allait bien profondément derrière, et que d’un coup, il fit sauter la boule hors de son crâne. Il tira fort dessus pour sectionner le globe oculaire, et du sang dégoulina sur son visage. Et il souriait toujours.

Il fit un pas en avant, et attrapa le poignet de Reinhard — ses doigts étaient glacés, si glacés en fait, que le Coësre ne sentit même pas vraiment le contact ; c’est une fois qu’il retira ses mains que Reinhard pouvait voir comment il avait laissé des ampoules rouges d’engelure.
Il lâcha son œil en plein sur la paume du sorcier. Et alors, le globe oculaire se mit à tournoyer, comme un petit animal, et il regarda tout droit vers ses yeux.

L’Interlope ne sembla pas handicapé le moins du monde, car même aveugle, le voilà qui tourna les talons, et s’approcha d’une des cabines du Pellagra.

« Vous avez vendu votre âme beaucoup trop vite et pour bien trop peu, Reinhard Faul ! Mais vous avez de la chance — votre cotation sur le marché a fait un bond spectaculaire. Il y en a pas mal qui sont prêts à racheter tout le contrat, même avec les indemnités.
Tellement de choses que vous ignorez, et qu’on pourrait vous offrir… »


Et le voilà qui ouvrit fort la porte de la cabine, c’était celle du second du capitaine ; il entra dans la pièce, claqua fort derrière. Reinhard s’avança, appuya sur la poignée, et ouvrit.

Il n’y avait plus la cabine du second derrière.

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Il y avait à la place une chose très, très difficile à décrire. Une sorte d’immense abysse, qui ressemblait à un tunnel, un long tunnel de lumière, une sorte de kaléidoscope qui glissait à toute vitesse. Et il était bruyant ce tunnel, un bruit fort qui ne ressemblait pas à de la musique — c’était un bruit archaïque, comme le gargouillement d’une grosse créature faite de métal, un bruit long, strident, grinçant, qui bourdonnait dans les oreilles ; en fait, Reinhard comprenait que ce bruit, c’était le son de l’éternité. Le son des étoiles dans le ciel.

C’était impressionnant à regarder la lumière défiler. C’était de la magie. De la magie. Aqshy, Azyr, Chamon, Ghur, Ghyran, Hysh, Shyish, et Ulgu défilaient à toute vitesse, dans des flots entrecroisés tous ensemble. Ils existaient dans un vide stérile, guidés par rien du tout, fuyant entre eux, attachés sans pouvoir se mélanger — en fait, Reinhard n’était pas en train de regarder de la magie, il était en train de regarder la source de la magie. Il était en train de regarder le bout de l’univers, le pôle magnétique, l’endroit rêvé et fantasmé de tous ses songes. Il était en train de regarder la canalisation qui liait tous les univers, y comprit le sien, qui pouvaient exister à travers la totalité du cosmos. Les philosophes racontaient que la Terre était un grain de sable, et l’univers une plage — là, le petit Reinhard Faul se tenait devant le chemin tracé sous cette plage.

C’était terrifiant. Et le plus terrifiant, c’est qu’en fait, Reinhard comprenait que le tunnel éblouissant était un peu bas par rapport à son corps. Il leva un peu sa main, et il percuta — il n’était pas en train de regarder tout ça avec ses yeux à lui. Ni avec son 6e sens développé pour ressentir la magie.
Il était en train de regarder avec l’œil que l’Interlope lui avait offert, et qui se tenait dans le creux de sa main.


Quant à l’Interlope lui-même, il était en train de marcher dans le tunnel. Alors qu’il n’y avait aucune forme, aucun sol, aucune limite, aucune géométrie, son corps de batelier, avec les mêmes vêtements qu’il avait tout à l’heure, était en train de marcher d’un pas lent directement sur la magie, qui passait à travers lui sans même faire attention.



Est-ce que Reinhard oserait le suivre ?
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Reinhard Faul
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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par Reinhard Faul »

Ça fait vraiment beaucoup de couleurs, je… je ferme les yeux, mais je les vois quand même ça me…

Bizarrement l’Interlope s’est téléporté plus loin dans le couloir magique, j’ai atrocement mal à la tête et il me faut quelques secondes pour me souvenir de ce que je fous là. Je suis toujours debout, avec un globe oculaire dans la main. Néanmoins je me souviens de cette sensation, je sais pourquoi le gars avec qui je parlais s’est téléporté. J’ai eu une absence. Une crise de petit mal épileptique. Ça m’arrivait très souvent quand j’étais enfant, puis ça a cessé. Je me mettais à grimacer quelques secondes, les autres gamins se moquaient et ma mère me faisait rentrer à la maison. Une maladie rare, mais pas inconnue. Les prêtresses de Sh… ont dit que ça passait souvent une fois adulte. Je vois pas pourquoi regarder des couleurs voltiger et tournoyer dans tous les sens à grande vitesse me ferait faire une rechute à mon âge, mais soit…

Il me faut encore un plus long moment pour comprendre que je ne vois pas ça avec mes yeux, mais avec l’œil que je tiens dans ma main. Si je le déplace, par exemple derrière ma tête, je vois ailleurs sans bouger. Si je le recouvre de mon autre main, je ne vois que du noir. Je te raconte pas le mal de crâne ! Et ce bruit…
Je me demande ce qui se passe si je vomis dans les couleurs, parce que j’en ai très envie maintenant. Pas du dégueulis magique de Nurgle, juste mon cerveau qui me dit d’aller me faire foutre à regarder des couleurs tournoyer depuis un endroit plus bas que ma tête. Un bête mal de mer. J’opte pour un rapide vomito sur le plancher du Pellagra – le bois du pont absorbe immédiatement la matière. Ensuite je réfléchis à ce que je vais faire.

Je connais cet endroit, je l’ai vu en rêve – ou plutôt dans les cauchemars horribles que je faisais quand j’étais à l’asile. C’est très très très loin de Nuln, des milliers et des milliers de fois plus loin que pourrait l’être Altdorf par exemple – la destination la plus exotique qui me vienne à l’esprit pour l’instant. Je manque un peu de vocabulaire pour parler de l’espace et des singularités cosmiques, surtout que mes dons médiumniques fournissent rarement une notice explicative à mes visions. Il y a des choses que je sais sans savoir. En tout cas je suis sûr que l’espace est mortel. Notre corps est fait pour vivre avec euh… le poids de l’air ? Je ne sais pas, mais je sais par contre que le destin d’un petit Reinhard à qui il prendrait la fantaisie de se balader n’importe où finirait déchiqueté, éparpillé, gelé et carbonisé quasi instantanément sur place. Pourquoi l’Interlope peut marcher sur du vide au milieu des couleurs ? Aucune idée. Je hurle :

« HÉ ATTENDS ! »

Mais il se retourne pas. Et moi je meurs de curiosité de le suivre. Je me dis que peut-être il est possible de marcher ici. Ça serait une sacrée manœuvre d’enculé de me planter là en prenant un couloir magique mortel et en laissant la porte ouverte. Tu parles d’un piège à con. Je décide de tester un truc.

J’avance très légèrement ma jambe pour poser la pointe de mon pied sur les couleurs. Si la moitié de mon corps est emportée et déchiquetée sur place dans un grand vortex de magie, il sera temps d’aviser. Évidemment c’est stupide et risqué de tester l’espace de cette façon, mais je suis pas un putain d’ingénieur.

À ma grande surprise, mes orteils se posent sur du « sol » qui n’a rien en commun avec les couleurs tourbillonnantes. Après avoir pris une grande inspiration et testé la solidité du rien en appuyant plus lourdement la jambe, je décide de passer le reste de mon corps.

Et voilà le petit Reinhard Faul, quarante-cinq ans, au milieu du cosmos ou je sais pas quoi.

J’ai jamais eu le vertige à ce point là. Pas tellement eu l’occasion non plus ; mais ce que je vois à travers les couleurs… oh Seigneur des mouches, protège-moi, oh putain, oh merde… j’ai envie de me mettre à quatre pattes, mais je sais que ça ne me rapprochera pas du sol. Je décide de foutre mon autre main en coupe autour de l’œil pour rétrécir ma vision périphérique et ne pas voir le Grand Vide autour du tunnel. Et ce bruit putain ! Le bruit de l’espace, énorme, écrasant.
Pendant que je suis en train – il faut bien le dire – de me pisser dessus de trouille, l’Interlope continue son petit bonhomme de chemin. Il m’attend pas du tout. Il faut que j’avance, surtout parce que j’ai la trouille que le sol devienne mou si il s’éloigne trop. J’adopte une espèce de démarche en crabe, parfaitement inutile mais qui me fout moins les foies que d’avancer gaillardement dans les couleurs. Je parle à voix haute pour couvrir le son de l’espace. J'ai l'air d'un cinglé mais je suis tout seul, rien à foutre. C'est toujours mieux que d'entendre ce putain de bruit atroce :

« Allez mon pauvre vieux… c’est que des couleurs, t’en as vu d’autres… l’océan de cadavres dans les Jardins, déjà… bon d’accord, ça fait vraiment beaucoup beaucoup de couleurs… oh bordel. »

Des fois je recouvre complètement l’œil parce que ce tunnel tournoyant est une expérience trop intense pour mon cerveau et j’ai besoin de pauses. En plus ça me fait perdre l’équilibre. Je suis pas évanoui dans mes souillures uniquement parce que je fixe mon « regard » sur la silhouette de l’Interlope au loin, qui elle a la décence de garder la même position, même si elle devient de plus en plus petite parce que j’avance pas très vite. Des fois je lui hurle des trucs, des questions, des accusations, mais elle ne répond jamais. J’ai peur d’être abandonné dans ce… ce merdier. Donc au milieu de mes marmonnements à moi-même j’élabore un plan :

« Bon, d’accord, c’est pire que la fois où j’ai demandé au démon de m’expliquer la magie. C’est loin ça hein, mon pauvre petit père ? Mais putain j’espère que je vais pas m’évanouir dans ma pisse. Mon cousin débile il faisait ça des fois. Ça serait vraiment la merde… mais bon… et si je cours ? Oh bordel. Bon, ça passerait plus vite cette histoire, mais…. »

Je frissonne de trouille. Je me suis habitué à ma démarche en crabe, très lente, mais qui présente l’avantage de faire moins peur qu’une course effrénée. Mais la silhouette de l’Interlope s’éloigne…

« Bon, à trois. Un, deux… »

Puis là je force mon corps à passer à la vitesse supérieure. Je poursuis ma cible, et pendant tout le chemin je hurle de terreur à plein poumons.
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Grimoire :

- Lumière : À appliquer sur un objet ; Fait de la lumière pendant 1h
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- Divine urgence : Force la cible à faire un jet d'END. Diarrhée en cas d'échec.
- Paludisme dévorant

- Invocation : Nurglings
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Compétences :
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Équipement de combat :
- Bâton démoniaque : 2 mains ; 10+1d8 dégâts ; 8 parade ; Assommante & Utilisable seulement par les classes magiques. +1 PAR
- Pistolet à répétition : 46+1d8 dégâts, malus -2 TIR/8 mètres, peut tirer cinq fois à la suite avec un malus de -1 TIR par chaque nouveau canon qui fait feu
- Agaga (Épée à une main) : 18+1d10 dégâts ; 13 parade ; Rapide, Précise, Perforante (2) ; +1 INI
- Cocktail Molotov (x4) : Dans un rayon de 1m, toute personne qui est touchée par la bouteille prend trois états de « Enflammé ». Dans un rayon de 2m, c'est 2 états seulement. Dans un rayon de 3m, un seul état.

- 15 balles et poudres

- Tenue de cultiste de Nurgle : 5 protection ; Tout le corps sauf tête

- Anneau d'Ulgu : Lorsque porté, vous pouvez faire croire à ceux qui vous entourent que vous êtes un humain lambda (sans mutation aucune ni trait particulier) pendant 1 heure. Vous ne pouvez utiliser cette capacité qu’une fois par jour. Vous ne pouvez pas prendre l’apparence d’une personne en particulier.

- Miroir de la Demoiselle d'Acques
- Cor de la harde des Museaux Annelés



Équipement divers :

- Marque de Nurgle
- Caresse de la vipère (poison) : Un sujet blessé par une arme enduite de ce venin doit réussir un jet d'END-4 sous peine de mourir dans END minutes. Chaque minute avant sa mort, le sujet subit 5 points de dégâts non sauvegardables, et un malus cumulable de 2 à ses caractéristiques.


- Couverts en bois
- Sac à dos
- Couronnes dentaires en bois
- Tatouages
- Porte-bonheur

- Sap-biscuit

- Costume de répurgateur + Fleuret (Déguisement)



Divers divers :

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[MJ] La Fée Enchanteresse
Warfo Award 2021 du meilleur MJ - Élaboration
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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Il marchait sur du vide. Il marchait sur du rien. Il marchait sur un sol bizarrement tangible, alors que rien dans ce tunnel ne devait être tangible. Ça vrombissait dans ses jambes, ça criait dans ses oreilles. Le son strident était sensible à une machinerie. Et il pensait que, au milieu de ce tumulte froid et mathématique, il pouvait déceler des sons, de la musique, et des paroles…

Il était en train de devenir cinglé. Son cerveau, un organe paresseux et aimant la routine, essayait d’apposer de l’ordre sur le chaos. En réalité, Reinhard pouvait sentir ses organes lui faire mal — il était une chance qu’il soit déjà un mutant, et que la magie avait déjà modifié ses entrailles. Un être humain normal aurait été probablement déjà pulvérisé, déchiqueté par l’énergie qui électrisait tout autour de lui.

Il rattrapa l’Interlope. Mais, à bout de souffle, terrorisé par l’environnement autour de lui, et les yeux éblouis, il se mit à trébucher. Parce qu’il savait qu’il ne pourrait se rattraper sur rien, il décida de s’agripper au seul obstacle matériel présent : le corps de l’Interlope.

Sitôt qu’il l’attrapa, un nuage de fumée vola hors de lui, et de la poussière entra dans les naseaux de Reinhard. Et une voix décharnée, horrible, d’outre-tombe, se mit à rugir :


« QU’EST-CE QUE TU FOUS ?! »


Et devant Reinhard, il n’y avait plus un batelier roux en imperméable. Il y avait un grand homme âgé, vêtu de noir.
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« CROIS-TU QUE JE SUIS TA MÈRE ?! »

Les muscles du vieil homme pulsaient. Son nez s’allongea. Sa mâchoire se cassait dans des fracas d’os. Et il prenait une autre apparence.
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« QUE JE VAIS TE TENIR PAR LA MAIN ?! »


Ses cheveux quittaient son crâne. Ses épaules rétrécissaient.
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« N’EN AS-TU PAS MARRE D’ÊTRE GUIDÉ PAR D’AUTRES ?! »

Il attrapa Reinhard, avec ses mains gelées, il se saisissait du col du vêtement du sorcier, et l’agitait dans tous les sens.
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« PLAN A ! PLAN B ! BIEN SUIVRE LES CHEMINS TOUT TRACÉS ! »

Il renversa Reinhard d’un violent coup à droite, alors que sa taille devenait soudain bien plus petite.
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« J’AI VU COMMENT LES HUMAINS APPRENNENT LEURS PETITS À NAGER ! »
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Sigmar Heldenhammer donna un coup de coude dans le visage de Reinhard.
Et soudain, le tunnel changeait complètement d’orientation. Et au lieu d’être une longue canalisation à l’horizontale les vents se courbaient, pour chuter à pic, dans une descente verticale.
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« ILS LES JETTENT À L’EAU. »


Et ce dernier personnage, cette femme aux yeux noirs et à la rétine bleue brillante, lui sourit, avant de le jeter dans le vide.



Et Reinhard tombait.

Tombait.

Il tombait dans un vide absolu, en hurlant.

Tout son corps tremblait, il était paralysé par la peur, il hurlait de terreur, à s’en casser la voix, à s’en assourdir les oreilles. Il tenait fermement entre ses doigts l’œil magique, car s’il glissait de sa poigne en ce moment, il ne pourrait pas le rattraper, et il serait perdu à jamais.

Il n’y avait que cette lumière, au bout du tunnel, qui grossissait, comme s’il se rapprochait du fond ; mais il n’y avait pas de fond, et même après des secondes, des minutes de chute libre, l’air soufflant contre lui, il tombait encore, et encore.

Jusqu’à ce que la lumière se matérialise en un firmament, en un ciel verdâtre, et que soudain, son corps ralentisse.

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Reinhard était avachi dans une tranchée de terre. Il entendait, au loin, des détonations, des ra-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta d’un mousquet à milliers de canons. L’air était vicié, une horrible toxine envahissait l’air, tandis que des hommes casqués portant des guêtres convulsaient par terre, dans de la boue. Les rats eux-mêmes fuyaient pour échapper aux miasmes.
Et à quelques pas de là, arrivait un démon. Un homme portant un fusil, vêtu d’un masque d’acier, d’où sortait une horrible respiration saccadée. Un couteau au bout du fusil dégoulinait de sang.


Reinhard se leva, se retourna derrière lui, et il vit, dans une ouverture de la tranchée, les lumières du tunnel. Pour échapper à l’asphyxie, il se rua dedans.


Il chuta à nouveau. Mais cette fois, le tunnel semblait avoir des ouvertures, des chemins, des boyaux. Le Coësre leva ses mains devant lui, en fermant son poing pour garder fermement l’œil ; il devint aveugle un instant, puis il se fracassa par terre. Il rebondit. Il ouvrit sa main, et il lui semblait être à nouveau dans le grand tunnel de magie, mais à nouveau à l’horizontale.

Il était perdu. Seul. Il marchait dans tous les sens, apeuré, le souffle fou. À sa droite, il lui semblait découvrir une félure dans le tunnel. Il passa la main dessus ; la faille s’agrandit, devint une crevasse, et derrière, il découvrait un paysage de glace.

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Juste de la neige, à perte de vue. Un blizzard mordant. Au loin, une simple silhouette était en train de courir. Loin, trop loin. L’homme levait sa main devant lui, l’air d’implorer Reinhard de s’arrêter et de l’attendre. Mais le Coësre pouvait sentir tout son corps souffrir, alors il recula, et rentra à nouveau dans le tunnel — la faille se referma derrière lui.



Et il marchait à nouveau dans ce grand tunnel, cette fois beaucoup plus calmement. Il leva ses doigts sous lui, et il semblait qu’il pouvait, par sa volonté, forcer les vents brillants et fous, qui hurlaient, à s’écarter pour révéler une vision dessous.

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Un vide stérile. Brillant. Si beau. Une boule gazeuse. Une lumière passait au travers. C’était magnifique.

Mais il y avait quelque chose là-bas. Quelque chose de puissant, tout au fond de cette sphère brillante. Quelque chose qui était Quatre. Et qui semblait foncer vers lui à toute vitesse. Reinhard ferma vite la faille comme il l’avait ouverte.


Il marchait. Il marchait. Il s’arrêta, quand quelque chose attira son regard, à sa gauche. Il entendait de la pluie tomber en trombes. La faille s’ouvrit, et il découvrit un paysage d’arbres, et un horrible homme vêtu d’un masque à cornes comme le sien, assis en tailleur, devant une biche au ventre ouvert — il était en train de prier et de faire de la magie, une magie que Reinhard ne comprenait absolument pas. Une magie d’un autre univers.

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L’homme chantait. Il chantait fort. Il leva ses mains ensanglantées, et alors, la faille se ferma toute seule, de force, devant les yeux du sorcier de Nurgle.


Il devenait fou. Il était perdu. Les sons et la lumière devenaient insupportables. Maintenant, quand il criait, il ne pouvait plus entendre sa voix. Il avait besoin de sortir d’ici ! Il sentait ses os se broyer ! Il courut, à toute vitesse, éperdu, et décida de sauter dans la première faiblesse qu’il pouvait trouver au milieu du boyau !



Reinhard vola au sol. Il tomba devant un cylindre de métal qui s’effondra dans un fracas. Il glissa sur un tas d’ordure. Il entendait un chat feuler et s’échapper en courant. Hagard, perdu, dans le noir, le sorcier voyait maintenant avec ses propres yeux. Il cherchait ses affaires ; il était couché sur un bâton, qui semblait être le sien, sauf qu’il n’en avait pas du tout l’apparence : c’était une sorte de canne noire droite, sans aucun grigri dessus. Mais si, il ne savait pas comment ce machin avait atterri là, mais il avait l’intime conviction que c’était ainsi que son arme s’était transformée…

Il avait toujours l’œil arraché, même s’il ne lui servait plus à rien. Il leva la tête, groggy, essayant de comprendre dans quel sombre endroit hostile il avait pu finir.

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C’était une ville. Mais il y avait des matières étranges partout, pas de brique, de bois ou de pavé nulle part. Au loin, il y avait des flèches de tours, immenses et carrées, sans décoration. Beaucoup de bruit ; un crissement métallique au loin, qui le fit sursauter. Des aboiements de chiens. De la musique étouffée par un mur.

Au-dessus de sa tête, sur le pont, il y eut de la lumière, et un cri. Une sorte de voiture de métal très longue passa à toute vitesse dessus, puis, une fois disparue, il y eut à nouveau un calme relatif.

Reinhard marchait d’un pas incertain. C’est avec le recul qu’il vit que quelqu’un était en train de l’observer.

Juste sur le trottoir d’en face se tenait une… Femme ? Toute noire ? Avec des choses sur la tête ? Et un bras qui brillait ?
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Elle avait les yeux grands ouverts. Elle semblait aussi apeurée de Reinhard que Reinhard était apeurée d’elle. Et avec une voix bizarre, avec un accent comme il n’avait jamais entendu de sa vie, elle baragouina un truc :

« Woulah, d’où tu sors ?! »
Jet d’adresse de Reinhard : 20, échec critique.

Jet d’habilité pour pas perdre l’œil : 8, réussite.

Quelques jets cachés.
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Reinhard Faul
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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par Reinhard Faul »

J’ai voulu hurler à l’être mystérieux que ce n’est pas comme ça que les parents gentils apprennent à leurs enfants à nager, que moi mon père m’avait sorti de l’eau sitôt que je m’étais mis à hurler, mais j’ai pas eu le temps et je suis tombé. La suite tu l’as lue, c’était le bordel, c’était horrible, j’ai fini par me réceptionner sur divers trucs plus ou moins douloureux avant de m’écraser sur un sol bizarre qui sent mauvais – et pas le bon genre de mauvais. Une odeur douloureusement chimique. Je me suis assis sur mes fesses, puis j’ai entouré mes genoux de mes bras.

Comment décrire la folie qui se trouve sous mes yeux ? Rien ne m’est familier. Au début j’ai pensé au Labyrinthe de Tzeentch, mais l’odeur d’ammoniaque de vieil urine serait drôlement saugrenue. Tout comme la flaque de vomi de clodo quelques mètres plus loin (je sais reconnaître du dégueulis quand j’en vois, même après un séjour dans l’espace).

J’ai même pas eu le temps de m’essuyer les yeux de boue et de larmes qu’un énorme engin métallique plein de lumière est passé sur un espèce d’immense pont qui serpente entre les… gros bâtiments rectangulaire ? Franchement, j’ai aucune idée de ce que je regarde, seulement ce gros appareil mouvant me fait très peur. L’origine de la lumière ne peut être que magique, et j’ai rarement entendu quelque chose d’aussi bruyant. C’est forcément venu me tuer. Dans un mouvement de panique, je rampe sur mes fesses pour me plaquer contre un mur tout en bouchant mes oreilles avec mes mains. Est-ce que la grosse chose m’a vu ? Je crois pas, elle se barre, elle poursuit son trajet sur le pont. Maintenant j’entends seulement les chiens qui aboient, les cris, les mystérieux échos de machinerie un peu partout et les battements affolés de mon propre cœur, si puissants qu’ils tintent dans mes oreilles.

C’est là que je peux enfin essuyer mes yeux. Je suis tombé à travers un tas de bordel, et avant ça je m’étais pris une douche de sang et de débris d’humeurs humaine, y a pas une partie de moi qui est propre. J’ai de la neige sur les jambes, des morceaux d’humus de forêt un peu partout, de la boue aussi. Mes mouches sont pour l’instant absentes, beaucoup sont mortes. Les autres se sont cachées en moi. Pour le reste de mon apparence je ne sais pas, c’est pas le moment d’être coquet.
Maintenant que j’y vois clair je rampe à quatre pattes pour ramasser mon bâton et l’oeil de l’Interlope. Je me mets pas debout parce que je ne veux pas que les gens me voient. Mais je ne sais pas où me cacher ! Rien n’a de sens ! Il y a de la lumière partout, une lumière magique et bizarre. Toutes les fenêtres des gros bâtiments carrés en dégueulent ! Il y a plein de choses à regarder, mais je ne sais pas ce que je vois !

Vu qu’il faut bien commencer quelque part, je ramasse un curieux objet au sol à côté de moi, que j’examine calmement assis en tailleur. C’est… je ne sais pas, c’est bizarre aussi. À moitié transparent, en forme de petit chaussette, gluant, mais pas organiquement gluant (je m’y connais en organiquement gluant). À l’intérieur il y a un espèce de produit blanc que je renifle…

C’est du foutre.

Je balance l’horreur au loin. Quelqu’un a laissé une petite chaussette de foutre par terre ?! Pourquoi ? Comment ? Je me remets debout, absolument terrifié. Il faut que je m’éloigne des monstres bruyants et du type qui balance du sperme partout. Il rôde peut-être encore dans le coin !

Je m’éloigne avec précipitation, paniqué, ahuri, y a pas de mot pour la confusion dans laquelle je suis. Tout sent bizarre, y a trop de bruit, trop de lumières… On ne voit même pas le ciel ! Les bâtiments sont plus haut que… que n’importe quoi que j’ai pu voir dans ma vie, des milliers de fois plus grand.
C’est après avoir titubé quelques mètres que j’ai remarqué la femme. Elle a l’air d’avoir très peur, mais je te garantis qu’elle peut pas être aussi terrifiée que moi ! Elle porte des objets métalliques bizarres qui font de la lumière, mais ne semble pas en souffrir. Néanmoins c’est un immense soulagement de voir un être humain « normal », qui parle ma langue en plus ! En plus elle n’a pas dit « je vais te tuer sale connard », et ça aussi c’est très rassurant. Elle a l’air intriguée par mon apparence. Je la comprends, j’imagine que je suis aussi exotique pour elle qu’elle l’est pour moi. Et je parle pas de la couleur de peau. Mon racisme suit une certaine logique. Dans un univers avec des nains, des hommes-bêtes, des vampires, m’effaroucher pour des humains plus bronzés que d’autres serait particulièrement stupide. Je sais que ça existe, moi aussi je bronze au soleil, y a rien d’incroyable là-dedans.

Donc je l’observe avec des yeux dilatés de trouille, de longues mèches de cheveux englués de merde tombant devant mon visage. Je tremble de terreur nerveuse, je sais même pas comment répondre à sa question. Souvent, la vérité toute simple suffit :

« S-s-s-s-suis tombé. »

J’arrive même pas à parler sans claquer des dents. J’ai même pas l’esprit de faire passer mon bâton pour une canne de marche et je le serre contre ma poitrine comme un doudou. Je dois passer pour un cinglé, elle va appeler les magiciens qui allument les lumières ici et ils vont me mettre en pièces. Je dois la convaincre de pas faire ça, mais je suis trop nerveux :

« Je peux juste vous demander dans quelle ville on est ? Appelez pas les prêtres ou la grosse machine, s’il vous plaît s’il vous plaît. J’ai rien fait. »

Mes remarques ont pas l’air de l’apaiser, du tout du tout. Heureusement que j’ai rangé le globe oculaire dans ma poche, sinon ça serait enc….

« OH BORDEL ÇA REVIENT ! »

La grosse machine. Cette fois elle circule sur la route juste à côté de nous, elle est plus petite mais tout aussi bruyante et lumineuse. Et elle aussi sent la chimie bizarre. Je m’enfuis pour me cacher derrière une de ces curieuses installations mécaniques au bord de la route. Si je l’avais examiné de près, j’aurais reconnu les roues et les plaques de verres et j’aurais identifié la même machine magique à l’arrêt, mais je suis trop en panique pour ça. Pour tout.
Natus est cacare et abstergere coactus est.
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Si vous vous y connaissez en latin pitié aidez moi.


Lien Fiche personnage: Ici

Stats :
Voie du sorcier de Nurgle (Profil avec empreintes occultes et mutations)
For 8 | End 11 | Hab 9 | Cha 8 | Int 13 | Ini 9 | Att 9 | Par 8 | Tir 8 | Foi 8 | Mag 16 | NA 2 | PV 100/100

État temporaire :
Clairvoyance : +1 en Magie et en Intelligence
Nuages de mouches : -1 ATT/PAR/TIR/INI pour toutes les personnes à moins de 6m
Plaies suppurantes : 1d3 dégâts retranchés à chaque blessure
Pourriture de Neiglish : Porteur sain
Protection de Papy : 2d4 PdC à chaque critique en incantation


Grimoire :

- Lumière : À appliquer sur un objet ; Fait de la lumière pendant 1h
- Flammèche : Petite étincelle au doigt pendant une minute
- Météo : Connaît la météo prochaine
- Repos : Peu faire se détendre quelqu'un

- Infestation de Nurglings : 24m / 1d4 tours / Projectile magique. Une fois qu'une personne est touchée, elle subit 10+2d10 dégâts magiques par tour / Dès la fin du sortilège ou la mort de l'ensorcelé, des bubons explosent, libérant 2d3 amas de chair, qui sont autant de nurglings
- Fontaine putride : 6m / Instantané / 30+2d10 dégât devant lui + gain de 7 armure temporaire magique / +5 dégât par point de MA
- Gerbe corruptrice : 12m / 10+1d10 dégât dans une zone de 6m, esquivable ; métal rongé après 1d4 tours / -1 esquive par MA

- La multitude fait le tout : Se change en nuée de mouches
- Prodigieuse santé : Contact / Devient ultra bogosse et ultra chad
- Grande invocation de petits amis : Invoque des insectes pour servir d'ingrédients
- Immonde messager : Peut envoyer des messages twitter (Caractères limités)
- Allégresse fétide : Supprime toute douleur mentale ou physique
- Divine urgence : Force la cible à faire un jet d'END. Diarrhée en cas d'échec.
- Paludisme dévorant

- Invocation : Nurglings
- Invocation : Bête de Nurgle
- Invocation : Porte Peste
- Octogramme de conjuration


Compétences :
- Résistance accrue : +1 END aux jets testant la résilience physique (Fatigue, drogue, alcool, torture...)

- Vol à la tire : +1 pour escamoter quelque chose
- Baratin : +1 pour endormir la vigilance de quelqu'un
- Déplacement silencieux : +1 pour fureter quelque part
- Déguisement : +1 pour s'infiltrer en étant déguisé
- Alphabétisation
- Autorité

- Sens de la magie : Sur un test, détecte les événements magiques
- Incantation (Domaine de Nurgle)
- Maîtrise de l'Aethyr (Nurgle) : 2
- Contrôle de la magie
- Divination (Oniromancie) : Sur un test au cours de son sommeil, peut découvrir la destinée de certains personnages
- Langue hermétique (Langue Noire) : Parle la langue immonde du Chaos
- Confection de maladies : Peut fabriquer des maladies communes et rares


Équipement de combat :
- Bâton démoniaque : 2 mains ; 10+1d8 dégâts ; 8 parade ; Assommante & Utilisable seulement par les classes magiques. +1 PAR
- Pistolet à répétition : 46+1d8 dégâts, malus -2 TIR/8 mètres, peut tirer cinq fois à la suite avec un malus de -1 TIR par chaque nouveau canon qui fait feu
- Agaga (Épée à une main) : 18+1d10 dégâts ; 13 parade ; Rapide, Précise, Perforante (2) ; +1 INI
- Cocktail Molotov (x4) : Dans un rayon de 1m, toute personne qui est touchée par la bouteille prend trois états de « Enflammé ». Dans un rayon de 2m, c'est 2 états seulement. Dans un rayon de 3m, un seul état.

- 15 balles et poudres

- Tenue de cultiste de Nurgle : 5 protection ; Tout le corps sauf tête

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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

La femme noire resta scotchée sur place à travers les délires de Reinhard — les deux pieds bien vissés au sol, elle l’observa tout droit, d’abord avec la même peur dans ses rétines, puis soudain en grimaçant et en glissant sa main dans son manteau alors qu’il s’agitait dans tous les sens en courant se cacher.
En le voyant terrifié par l’une des grosses boîtes métalliques qui rugissait, elle se mit à siffler fort, avant de parler dans une langue semi-incompréhensible :

« Mais t’es un paumard de première toi ! T’as sniffé de l’hydro pour aller en vol premios sur OTB ? Bordel, t’as pas l’air chromé mais t’as viré psycho — ta GLACE qui déconne ou quoi ?! »

Elle se mit alors à marcher près du gros engin derrière lequel s’était planqué Reinhard. Posant un pied sur la barre métallique devant, elle se courba un peu pour mettre ses deux bras sur son genou. Alors, les yeux de la jeune fille se mirent à devenir tout bleus, et à scintiller de mille couleurs pendant quelques secondes — bizarrement, elle ne semblait pas produire de magie, alors que c’était bien là l’action d’un magicien.
Quand son regard reprit une teinte normale, elle recommença à faire une sale tête hargneuse, tandis qu’elle se mettait à engueuler le sorcier :

« T’es à Paris le clochard. Des curés j’en connais pas mais si c’est des caisses qui t’inquiètent je peux pas aider — y en a partout dans ce bled.
Tiens, prends de la moula, mais essaye d’y aller molo sur la came — y a plein de flics dans le coin. »

Et la voilà qui tira de son manteau une sorte de liasse avec des dizaines de petites feuilles rectangulaires posées entre elles. Elle attrapa une des feuilles, et avec deux doigts, la fit se projeter directement au visage du magicien.
Sur ce petit bout de papier, il y avait plein de choses décorées — une sorte de grand pont bizarre, tout en métal, avec un ciel où des oiseaux blancs et avec des fenêtres volaient au-dessus. Il y avait écrit en chiffres arabéens le nombre « 100 », et un mot que Reinhard ne pigeait pas : « EURODOLLAR ».
On aurait dit un bon au porteur, un truc de papier qui permet d’acheter des choses, dans la monnaie bizarre de cet univers.

En tout cas, voilà que déjà, la femme se relevait et partait en marchant directement sur la chaussée, les mains dans les poches, en abandonnant le pauvre Nurglite sur place avec toutes ses questions et sa peur panique.
Fallait-il la rattraper pour l’implorer de rester ? Ou essayer de retrouver son chemin tout seul ?
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Reinhard Faul
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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par Reinhard Faul »

J’ai rien, rien, rien compris à ce que disait la dame. J’ai capté deux mots : « clochard » et « came », ce qui m’a indiqué l’opinion qu’elle a de ma personne, mais le reste que dalle. Elle m’a donné un papier puis elle s’est tirée. Une partie de moi avait envie de la supplier à genoux de m’aider, mais j’ai eu peur qu’elle appelle la garde. Je l’ai regardée partir, toujours caché accroupi derrière ma grosse machine à roue. Elle a tourné au coin de la rue. Je suis maintenant seul.

J’ai regardé le papier qu’elle m’a donné. Il est très joli. Il y a des dessins qui brillent dessus. La dame a dit que ça s’appelait de la « moula ». Je ne sais pas ce que c’est, mais j’ai reconnu son mouvement. C’était celui de quelqu’un qui file de l’argent à un mendiant. Mais pourquoi un truc qui ressemble à un bon au porteur d’une guilde ou autre ? On me donnera jamais rien en échange de ça ! … pas à Nuln en tout cas. Dans le doute, je range soigneusement le papier. C’est pas parce que je suis au milieu de lumières psychédéliques et de bâtiments terrifiants que je vais balancer de la thune par terre.

Je me relève. Qu’est-ce que je fais maintenant ? De la magie, c’est évident. Mais même ça c’est bizarre ! Je ne l’ai pas dit avant parce que j’avais beaucoup de trucs à regarder, mais les Vents sont très étranges. Quasiment absents, en fait. Je vois un peu Ulgu parce qu’il fait nuit, Chamon circule vaguement dans les rues à cause de tout le bordel en ferraille qu’il y a partout, mais c’est… vide. Ça me désoriente beaucoup. Même le ciel paraît monotone. À Nuln, c’est le bordel dans tous les sens. Les temples, l’académie des mages, et même le moindre connard qui se balade avec un grigri déforment la trame de l’univers. Si on veut comparer avec un autre sens, ça serait comme vivre dans un marché aux épices alors qu’on a le nez très fin. Quand on en sort, tout paraît… fade.
Et je ne sais pas où est le Nord.

Toute ma vie, j’ai su où il était. Ça n’était d’aucune utilité vu que je voyage pas, mais je le sentais, au loin quelque part. En fait, pour être précis, je savais où était le nord et l’ouest parce que la magie circule de l’un à l’autre. Ici je ne sais pas, je ne sens pas, il n’y a… rien. Ça me tape sur le système comme si j’avais perdu d’un coup la capacité de voir les couleurs. Je suis plus perdu que jamais dans ce monde en noir et blanc. Pire : puis-je comparer ça à de la cécité ? J’ai envie de rester assis parce que j’ai peur de me cogner dans quelque chose sans faire exprès. Comment savoir si un cheval me fonce dessus alors que je ne perçois rien, absolument rien, de Ghur ? Je pourrais avoir toute la ménagerie d’un convoi de Stryganis à côté de moi et je ne le saurais même pas ! Parce que, soyons d’accord, si mes sens sont exacts, il n’y a aucun animal plus gros qu’un chien à des kilomètres à la ronde. Et ça, c’est strictement impossible. Ils doivent bien tirer des charrettes ou conduire des moutons au marché à bestiaux ici non ? Ils mangent quoi les gens ? Pas de végétaux non plus, visiblement, parce que Ghyran est absent aussi. C’est à en devenir zinzin.
Jet de magie difficile réussi, mais je me souviens plus des chiffres et j’ai pas le MJ sous la main alors il faudra se contenter de ça.
Je parviens à me transformer en nuée de mouches, puis je me dirige vers le ciel. C’est la chose logique à faire parce que de un, j’y serais tout seul – sauf si un piaf vient me grignoter le cul, mais ça arrive rarement –, de deux je pourrais voir loin. Au sol y a tous les gros rectangles en matière bizarre qui me bouchent la vue.
Donc je m’élève, je vais plus haut qu’aucune mouche n’est jamais allée parce que les maisons sont vraiment, vraiment putain de grandes. J’ai jamais vu de montagne, mais de toute évidence « Paris » a été taillée dans l’une d’elle parce que rien ne peut être aussi haut que ça.

En fait, je ne parviens même pas jusqu’à une hauteur qui me permettrait de voir l’horizon parce qu’il y a trop de vent. Pas des Vents de Magie, juste bah… des bourrasques quoi. Puis il fait froid, trop pour un petit corps d’insecte.
Et j’ai failli mourir.

Le Grand Coësre, Magus de Nurgle et aéronaute amateur, a failli mourir en se mangeant un euh… bah je sais pas. Comme une des grosses machines, mais qui vole. J’ai senti des fractions de mon corps disparaître d’un seul coup, j’ai eu la brève vision d’un gamin grassouillet à travers une vitre puis j’ai entendu un hurlement d’homme qui annonçait quelque chose comme « putain d’insectes je viens de passer au carwash ». En soi, la scène n’a duré qu’une seconde ou deux. Le bolide est déjà loin quand je retrouve mes esprits.

Je m’enfuis dans la terreur et la confusion. Encore une fois. C’est trop ! Les cieux sont à moi – et à Valitch quand on se croise – et j’y ai jamais vu un putain de gamin moche propulsé à toute vitesse dans une boîte en métal et en verre. C’est comme si je trouvais une prêtresse de Shallya dans un de mes chaussons quand je me lève le matin. Je suis pris à revers. Qui se promène dans le ciel mis à part les magiciens tordus ? Personne !
Maintenant que je fais un peu gaffe, c’est pas des oiseaux qui se promène autour de moi en faisant du bruit. Il y a plein de ces machines magiques qui volent. Elles ont des fenêtres en verre, et on peut voir à travers les gens assis à l’intérieur. Ils ont pour la plupart l’air de s’ennuyer. Et encore une fois, pas un gramme de magie alors que cela ne peut relever que de la sorcellerie la plus puissante. Les gens ne volent pas comme ça ! C’est impossible !

Je décide de retourner au sol, puisque je suis entouré de menaces invisibles et plus rapides que moi. Je m’oriente au hasard, jusqu’à trouver une ruelle tranquille où pleurer sans être trop dérangé. De toute façon, même si j’avais pu rester en l’air, je n’aurais pas su où aller. Le nord ? Le sud ? Aucune idée d’où est l’Empire. J’ai plus de chance de m’en éloigner que de le retrouver en partant au petit bonheur la chance. Puis de là où j’étais je ne voyais même pas les limites de la ville. Peut-être qu’elle est infinie ? Peut-être que c’est le rêve d’un de mes collègues ? Mais je suis réveillé, ça j’en suis sûr.
J’ai trop mal partout pour être endormi, car quand je redeviens humain j’ai des lésions sur tout le corps, comme si j’avais attrapé une méchante varicelle. Si on y regarde de près, ce sont de minuscules plaies en forme… de mouches. Toutes les mouches que j’ai perdues contre cette stupide machine volante manquent à ma chair. J’en mourrais pas, mais ça gratte et ça pique.

Donc je me retrouve dans un nouveau quartier de la ville, loin de mon point de départ, mais qui sent lui aussi la pisse. Je me laisse glisser contre un mur tout gris et tout lisse pour me retrouver sur les fesses, je remonte mes genoux contre ma poitrine puis j’enroule mes bras autour de ma tête afin de cacher mon visage pendant que je sanglote à fendre l’âme, comme un petit enfant perdu. Je ne sais pas où je suis, ni comment retrouver mon chemin, j’en ai vraiment aucune idée.

Si on était dans une histoire bien, ça serait à ce moment-là qu’un groupe d’adorable marginaux viendraient à mon secours. Ou un chien qui parle. Ou un enfant qui me cacherait dans son placard avant de me ramener à Nuln sur un vélo. Mais non. Il y a juste eu moi en train de faire des petits couinements honteux pendant vingt minutes (et c’est putain de long). J’espère aucune aide parce que c’est pas la première fois que je pleure dans la rue. Si les gens aidaient ça se saurait.

D’ailleurs, j’ai repris pied quand une jeune fille pas très chaudement vêtue est passée dans la ruelle où je me trouve. Son visage a d’abord affiché de la curiosité avant que son regard ne se détourne brusquement. Elle fait semblant de ne pas me voir, peut être pour que je ne sois pas gêné, peut être par dégoût. En tous cas c’est une réaction dont j’ai l’habitude. Voir son visage ça m’a rappelé un tas de souvenirs. Ça m’a permis de reprendre pied. Les gens sont comme chez moi. Je suis encore vivant dans une ville avec des êtres humains. Et puis, pourquoi l’Interlope m’aurait envoyé ici si c’était pour me tuer ? Ça serait tordu comme façon de faire. Il pouvait directement me pousser à la flotte. Avec mes fringues j’aurais coulé comme une pierre. Non, chialer c’est bien, mais il doit y avoir autre chose à faire.

Je m’essuie le visage avec ma manche – en étalant plus de crasse en réalité. Je lâche encore quelques petits sanglots pathétiques parce que les lumières, les bruits et l’absence de magie me font très peur, mais je tente de réfléchir, ce qui est un début. Bon, je ne sais pas où aller, mais si je dormais j’arriverais peut-être à « voir » une solution ? À communiquer avec Furuga’th ? J’ai aucune envie de discuter avec ce malade, mais là je donnerais cher pour qu’il vienne m’emmerder. Le problème c’est de dormir, évidemment. Vu que j’ai pas de lit à disposition, ça va être un endroit un peu à l’écart où la garde ne viendra pas m’embêter, mais le problème c’est que ça arrive pas comme ça.

Si tu as déjà dormi à la rue, tu sais que c’est grosso modo impossible sans tomber d’épuisement ou être complètement torché. J’aimerais bien t’y voir à te coucher sur le trottoir et partir pour une bonne nuit de sommeil. T’y arriverais pas hein ? Moi non plus. Les dernières années avant Nurgle se sont déroulées dans un brouillard d’épuisement physique, quasiment jusqu’à la mort. C’est pas une expérience que j’ai envie de refaire.
Pourtant, je retrouve machinalement mes activités d’alors. Je me lève, puis je vais marcher. J’ai que ça à faire pour m’occuper, sans argent, sans connaître personne. Ça me rappelle mon arrivée à Nuln, quand j’avais seize ans. Là c’est la même chose.

Instinctivement, je vais vers les autres humains qui circulent aussi dans les rues, car ils ont l’air d’affronter sans mal les grosses machines qui vont très vite. Ils ne les regardent même pas.

Je comprends rapidement que le secret, c’est de marcher au bord de la rue et pas au milieu. C’est même un peu surélevé à cet endroit pour dissuader les monstres mécaniques de venir. Comment on fait si on veut changer de côté ? Hé bien, on se met devant des lignes peintes par terre et on attend que les machines s’arrêtent d’elles-mêmes. J’ai eu la chance de tomber dans un quartier assez peuplé et voir le processus se faire plusieurs fois, ce qui m’a donné l’occasion d’apprendre sans mourir écrasé. Néanmoins je peux pas m’empêcher d’avoir une petite réaction de panique quand l’une d’entre elle passe à côté de moi à toute vitesse dans un bruit monstrueux – ce qui arrive à peu près toutes les trois secondes. Je suis épuisé après cinq minutes.

Et ensuite…

Bah j’ai marché longtemps, plusieurs heures, et j’ai appris beaucoup. L’inconfort physique – la nausée, la migraine, l’impression que mes dents vibrent dans ma bouche… - à cause de toutes les lumières et le boucan constant a mis du temps à s’atténuer. Il y a du bordel à regarder et à entendre partout, tout le temps, d’un tas de sources différentes. De la musique dégueule à plein volume tous les trois mètres, même provenant d’endroits improbables. Quasiment toutes les échoppes – si on peut appeler ça comme ça – braillent, constamment. Même les cordonniers parviennent à enfermer de minuscules femmes dans des petites boîtes noires avec tout un orchestre en accompagnement et elles miaulent des âneries du genre « vamos à la playa », ce qui n’a aucun sens. Ça ressemble à du tiléen, mais je suis pas expert alors je saurais pas dire. De toute façon c’est même pas ce qui m’intrigue le plus à propos des boutiques de souliers. Moi ce que je me demande c’est qui sont les cinglés qui achètent toutes ces grolles. J’ai jamais vu autant de chaussures d’un seul coup, je crois que dans une seule rue je suis passé devant trois immenses boutiques de cordonniers. Et ça, c’est seulement pour les pieds. T’imagine pas le nombre de trucs qu’il y a à vendre, et la majorité j’en comprends même pas la fonction. On est dans une ville incroyablement riche en tous cas. Rien que la bouffe, ça dépasse tout ce que je croyais connaître, à un point inimaginable. , J’ai jamais vu autant… de trucs. Et toutes les formes, les tailles, les couleurs. La nourriture ressemble pas à de la nourriture. Personne a l’air de manger de pommes ici, sauf si c’est une pomme rose fluo qui s’appelle « turbo-vegetable-3000 (avec électrolytes) ». Et ça a l’air d’être fabriqué nulle part. J’ai jamais vu une étale de boucherie, par exemple. Le jambon semble apparaître directement dans des petits sacs transparents. Après y avoir longuement réfléchi, je pense que les gens de Paris ont trouvé un moyen d’élever des animaux dans les souterrains, loin des regards. C’est la seule explication.

Les gens portent leur richesse sur eux par contre. Déjà, ils sont tous aussi bien mis que les nobles de Nuln. Au début j’ai cru être dans leur quartier pour bourgeois, mais même les types qui passent le balai ou les vendeurs des magasins sont comme ça. Tout le monde a les cheveux propres et brillants, les dents blanches et bien alignées – quand il n’y a pas des prothèses en or ou en argent. Leur habillement est bien sûr grotesque à mes yeux, mais dans des matières douces comme de la soie, brillantes et très très colorées. Mais tu sais ce qui est le plus impressionnant chez ces gens ?
C’est des géants.

Sans forcer, il n’est pas rare que même les femmes fassent une tête de plus que moi. Je ne suis pas gigantesque, mais pas un nabot non plus et c’est extrêmement étrange. J’ai l’impression d’être un modèle d’humain bâtit sur une échelle plus petite. Moins musclé, moins grand, moins large, y a rien qui va. Y a des types, on dirait qu’on les a gonflés aux hormones puis qu’on les a laissés sécher au soleil pendant deux semaines. De ma vie entière, j’avais jamais vu autant de muscles abdominaux aussi bien dessinés. Évidemment qu’il y a des costauds à Nuln, mais y a toujours une petite couche de graisse par-dessus. Je sais pas comment c’est possible.

Bien sûr, ce que je dis c’est ce que je parviens à observer de loin, car les gens font de larges détours pour m’éviter. Non seulement je suis couvert de merde, mais en plus je suis habillé comme un forain. Tout le monde me regarde, et c’est bien normal, je ferais pareil à leur place. Personne n’a de cape en fourrure ni de chausses ici. Pas de laine, de cuir ou de lin. C’est un gros problème, car pour des raisons évidentes j’ai pas envie qu’on s’intéresse à moi. Ça m’étonnerait qu’avec le billet de la dame de tout à l’heure, je parvienne à m’acheter des fringues – car c’est un bien coûteux, faut payer la matière première et les bonnes femmes qui passent des heures à filer chaque brin. Il m’a fallu longtemps pour trouver une solution.

D’abord, j’ai dégoté une fontaine. C’est curieux, aucune femme ne lave le linge dedans, aucun enfant ne joue. On dirait qu’elle est seulement là pour faire joli. À moins que ce soit religieux ? Mais personne ne s’arrête pour la regarder non plus. Elle est juste là, ronde, avec un petit jet décoratif au milieu.

Je prends mon courage à deux mains et je grimpe dedans. Je cherche à me rincer superficiellement, et le plus vite possible, car mon action attire beaucoup l’attention. Le gros problème c’est les cheveux. À ma grande horreur j’ai dû m’accroupir dans la flotte glacée afin de pouvoir plonger la tête.
Après ce débarbouillage en gros, je prends le large, et vite. J’ai pas besoin d’entendre les conversations indignées des passants pour comprendre que j’ai fait quelque chose de mal. Je me mets à trottiner, péniblement, car l’eau dans mes bottes circule entre mes orteils et ma cape gonflée d’eau pèse à peu près huit mille kilos.

Ensuite mon plan c’était de chourer de la sape suspendue à un fil, mais visiblement à Paris personne ne fait sécher son linge. J’en ai pas vu, nulle part. J’ai eu le temps de sécher puis de suer copieusement dans mon costume traditionnel – car il fait beaucoup plus chaud que chez moi – avant de trouver la solution.

Je suis passé devant beaucoup de gros cubes en métal. Il y en a de plein de formes et de couleurs différentes, alors je me suis pas intéressé à l’objet à chaque fois, mais j’en ai repéré un qui disait « mettez ici vos dons de vêtements pour la croix rouge », et ça fait tilt là-haut. Bon, c’était une grosse boîte avec une trappe étroite pour prévenir le vandalisme, mais j’ai un avantage par rapport aux gens d’ici : je fais la taille d’un adolescent. Je peux faufiler le haut de mon corps par le trou pour le prix d’un peu de claustrophobie – et si je fais très attention à ne pas me laisser dégringoler là-dedans.

Après quelques petits bons humiliants pour me hisser à la force des bras – d’accord, d’accord, J’ADMETS, j’ai dû déplacer une poubelle pour grimper dessus car je n’y arrivais pas –, j’ai réussi à me faufiler dedans et à attraper des vêtements au pif dans le noir. Ça sentait le moisi et l’urine là-dedans, mais je suis pas le genre à m’effaroucher pour si peu. J’ai attrapé du tissu au hasard par poignées entières. Puis, encore une fois, je suis parti en courant avec tout ce que je pouvais porter sous les bras.

Après des essayages embarrassant derrière une poubelle, j’ai fini avec un pantalon dans une matière qui ressemble à du cuir – en plus fin et plus fragile – qui me contraint beaucoup au niveau de l’entrejambe, et un débardeur rose avec écrit dessus en lettres cursives « attachiante, et alors ? ». Je sais pas si j’approuve le message, mais j’ai rien trouvé pour homme à ma taille. Au moins j’ai une veste courte qui… bah je sais pas la décrire, ça ressemble à rien que je connaisse mais au moins c’est dans une couleur plus sobre. Un truc entre le vert et le gris. J’ai gardé mes bottes, car la benne magique peut pas tout fournir non plus, et mes bijoux parce que je vais pas foutre des colliers et des bracelets en or à la poubelle.

Je me sens beaucoup plus en sécurité maintenant que je ressemble à la faune locale, c’est un énorme poids en moins sur mes épaules. Je suis crade, mal coiffé et j’ai visiblement connu des revers de fortune, mais au moins on peut me prendre de loin pour un mendiant local et pas un étranger. J’ai pas envie que les gardes m’arrêtent ou que des enfants me lancent des pierres.

Et là, enfin, je peux réellement observer Paris.

Avant j’étais dans l’urgence, j’avais besoin d’assurer ma sécurité. Là je peux me promener tranquillement ou m’asseoir sur un banc. Me rendre compte que j’ai très faim – car mon dernier repas remonte à bien longtemps, avant mon opération contre l’oncle d’Heidemarie.
C’est là que j’ai trouvé les boîtes magiques.

Il y a beaucoup de sortes de boîtes en métal ici, mais il y en a qui sont beaucoup mieux que les autres. Plus grande qu’un homme, avec une vitre devant, et à l’intérieur des petits paquets de nourriture. Il y a de la mécanique dedans qui fait que quand on donne de l’argent à la boîte magique, elle laisse tomber un des petits paquets devant une trappe en bas et on a le droit de manger.
J’ai observé des gens s’en servir pour comprendre le fonctionnement, puis je me suis lancé à mon tour. J’ai eu un moment de panique quand la mécanique m’a demandé de taper un code (une voix de femme très bizarre a même insisté), mais j’en suis venu à bout et j’ai eu le droit à une barre de chocolat. Je me suis lancé là-dessus, car les trucs aux couleurs vives dignes de mes meilleures hallucinations ne m’inspiraient pas confiance, et que le marron ça ressemble à de la merde donc c’est appétissant. Puis je connais le mot chocolat, c’est de la poudre qui coûte très cher chez moi, très amer, et qu’on mélange avec du lait.
Oh bon sang. Bordel. Quelle révélation.

Je sais pas ce qu’il y a dans ce truc, au début je me suis dit que c’était le truc le plus ignoble jamais conçu, mais une fois qu’on s’habitue au côté écœurant… oh putain.
Faut me comprendre, je suis le premier habitant du Vieux Monde à découvrir le sucre raffiné. Les graisses trans. Mon pancréas aurait sans doute tenté de se suicider si il avait su ce qui allait lui arriver ce jour-là. Moi je suis très emballé par le concept, même si mon rythme cardiaque a doublé et que mes dents brûlent. J’ai immédiatement racheté trois autres barres et j’ai promis intérieurement à la boîte magique de revenir la voir.

Je me suis installé sur les marches d’un escalier éloigné du gros de la foule pour déguster mon « repas », puis j’en ai profité pour observer. En priorité : les monsieur en bleus. Au cours de ma longue promenade, j’ai compris que c’était leurs gardes à eux. Ils sont nombreux, et ils se baladent avec la mine patibulaire de tous les soldats du monde. C’est pour ça que j’ai ressenti une certaine urgence à me déguiser. Ça et le fait qu’ils installent des barrages un peu partout puis qu’ils interrogent des gens au hasard. Je ne sais pas encore pourquoi, j’aimerais bien comprendre. Le problème c’est que c’est difficile d’observer quand les boîtes magiques braillent partout pendant que les écrans magiques clignotent dans tous les sens.

J’ai pas encore parlé des écrans magiques, pourtant on voit que ça. Il y en a basiquement du sol jusqu’au ciel, qui clignotent et qui brillent tellement que je dois en être à ma seizième crise depuis que je suis arrivé. Ça a l’air d’avoir beaucoup d’usage, principalement de… montrer des choses. Des objets, des machines magiques, des animaux rigolos. Souvent avec des jeunes dames peu habillées. Je ne sais pas le lien entre les deux, mais j’ai jamais vu autant de chair nue de toute ma vie. J’ai observé, sidéré, un écran de cinq mètres de haut où une dame vêtue de son seul sourire se tortillait et gémissait en mangeant du yaourt blanc fluo. Ça a duré une minute entière cette connerie. Et tout le monde passait à côté sans se retourner ! Incroyable ! Ensuite il y a eu une autre dame qui avait l’air très contente d’avoir un petit bâton en laine écru, à peu près la longueur de mon auriculaire, avec une ficelle au bout. Je sais pas ce que c’est, mais elle versait du liquide bleu dessus en souriant. J’ai jamais eu le fin mot de l’histoire parce que j’ai encore eu une absence à cause de trucs clignotants qui donnent mal à la tête.

Donc voilà j’observe la flicaille – à une distance respectueuse -, mais avec des difficultés considérables, car je suis défoncé au sucre comme jamais et les écrans m’affichent pour l’instant un beau jeune homme coupé des épaules aux cuisses qui a l’air très content de se tortiller dans un caleçon moulant, et ça me distrait. En tout cas la solution du mystère je l’aie eu grâce à ça, pas grâce à mon espionnage des gardes. Entre deux euh… gens tout nus, un des écrans m’a demandé de bien me laver les mains et d’avertir les autorités compétentes si je me sentais malade. Il y a eu des « alerte niveau magenta » et des « agence régionale de santé », mais j’ai compris. Il y a une épidémie dans cette cité riche et pleine de machines magiques. C’est pour ça que les policiers font des barrages et emmerdent des gens au hasard.

À mon grand agacement, l’écran se lance dans une nouvelle session de gens tout nus sans m’en apprendre plus. Il faut que je trouve… je ne sais pas, l’équivalent d’une placarde officielle, un prêtre errant, quelque chose qui me donnerait plus de détails. Ce con d’Interlope a pas pu m’envoyer ici pour que je mange des bonbons ! Ça a forcément un lien !
Natus est cacare et abstergere coactus est.
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Si vous vous y connaissez en latin pitié aidez moi.


Lien Fiche personnage: Ici

Stats :
Voie du sorcier de Nurgle (Profil avec empreintes occultes et mutations)
For 8 | End 11 | Hab 9 | Cha 8 | Int 13 | Ini 9 | Att 9 | Par 8 | Tir 8 | Foi 8 | Mag 16 | NA 2 | PV 100/100

État temporaire :
Clairvoyance : +1 en Magie et en Intelligence
Nuages de mouches : -1 ATT/PAR/TIR/INI pour toutes les personnes à moins de 6m
Plaies suppurantes : 1d3 dégâts retranchés à chaque blessure
Pourriture de Neiglish : Porteur sain
Protection de Papy : 2d4 PdC à chaque critique en incantation


Grimoire :

- Lumière : À appliquer sur un objet ; Fait de la lumière pendant 1h
- Flammèche : Petite étincelle au doigt pendant une minute
- Météo : Connaît la météo prochaine
- Repos : Peu faire se détendre quelqu'un

- Infestation de Nurglings : 24m / 1d4 tours / Projectile magique. Une fois qu'une personne est touchée, elle subit 10+2d10 dégâts magiques par tour / Dès la fin du sortilège ou la mort de l'ensorcelé, des bubons explosent, libérant 2d3 amas de chair, qui sont autant de nurglings
- Fontaine putride : 6m / Instantané / 30+2d10 dégât devant lui + gain de 7 armure temporaire magique / +5 dégât par point de MA
- Gerbe corruptrice : 12m / 10+1d10 dégât dans une zone de 6m, esquivable ; métal rongé après 1d4 tours / -1 esquive par MA

- La multitude fait le tout : Se change en nuée de mouches
- Prodigieuse santé : Contact / Devient ultra bogosse et ultra chad
- Grande invocation de petits amis : Invoque des insectes pour servir d'ingrédients
- Immonde messager : Peut envoyer des messages twitter (Caractères limités)
- Allégresse fétide : Supprime toute douleur mentale ou physique
- Divine urgence : Force la cible à faire un jet d'END. Diarrhée en cas d'échec.
- Paludisme dévorant

- Invocation : Nurglings
- Invocation : Bête de Nurgle
- Invocation : Porte Peste
- Octogramme de conjuration


Compétences :
- Résistance accrue : +1 END aux jets testant la résilience physique (Fatigue, drogue, alcool, torture...)

- Vol à la tire : +1 pour escamoter quelque chose
- Baratin : +1 pour endormir la vigilance de quelqu'un
- Déplacement silencieux : +1 pour fureter quelque part
- Déguisement : +1 pour s'infiltrer en étant déguisé
- Alphabétisation
- Autorité

- Sens de la magie : Sur un test, détecte les événements magiques
- Incantation (Domaine de Nurgle)
- Maîtrise de l'Aethyr (Nurgle) : 2
- Contrôle de la magie
- Divination (Oniromancie) : Sur un test au cours de son sommeil, peut découvrir la destinée de certains personnages
- Langue hermétique (Langue Noire) : Parle la langue immonde du Chaos
- Confection de maladies : Peut fabriquer des maladies communes et rares


Équipement de combat :
- Bâton démoniaque : 2 mains ; 10+1d8 dégâts ; 8 parade ; Assommante & Utilisable seulement par les classes magiques. +1 PAR
- Pistolet à répétition : 46+1d8 dégâts, malus -2 TIR/8 mètres, peut tirer cinq fois à la suite avec un malus de -1 TIR par chaque nouveau canon qui fait feu
- Agaga (Épée à une main) : 18+1d10 dégâts ; 13 parade ; Rapide, Précise, Perforante (2) ; +1 INI
- Cocktail Molotov (x4) : Dans un rayon de 1m, toute personne qui est touchée par la bouteille prend trois états de « Enflammé ». Dans un rayon de 2m, c'est 2 états seulement. Dans un rayon de 3m, un seul état.

- 15 balles et poudres

- Tenue de cultiste de Nurgle : 5 protection ; Tout le corps sauf tête

- Anneau d'Ulgu : Lorsque porté, vous pouvez faire croire à ceux qui vous entourent que vous êtes un humain lambda (sans mutation aucune ni trait particulier) pendant 1 heure. Vous ne pouvez utiliser cette capacité qu’une fois par jour. Vous ne pouvez pas prendre l’apparence d’une personne en particulier.

- Miroir de la Demoiselle d'Acques
- Cor de la harde des Museaux Annelés



Équipement divers :

- Marque de Nurgle
- Caresse de la vipère (poison) : Un sujet blessé par une arme enduite de ce venin doit réussir un jet d'END-4 sous peine de mourir dans END minutes. Chaque minute avant sa mort, le sujet subit 5 points de dégâts non sauvegardables, et un malus cumulable de 2 à ses caractéristiques.


- Couverts en bois
- Sac à dos
- Couronnes dentaires en bois
- Tatouages
- Porte-bonheur

- Sap-biscuit

- Costume de répurgateur + Fleuret (Déguisement)



Divers divers :

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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Au moment où Reinhard avait quitté l’étrange tunnel coloré pour se retrouver dans ce monde, le ciel était déjà obscur — après avoir passé des heures entières à déambuler dans cette cité, le temps était passé, et il semblait bien que même ici, dans cette « Paris » si étrange, les journées étaient décomptées en heures qui passaient comme le temps passe tout le temps.
On était arrivé à cet instant si précieux et si étrange de la nuit — les alentours de cinq heures du matin, là où même les fêtards, les insomniaques et les criminels décident d’achever leur veille. Ou peut-être était-ce parce que les pas du Grand Coësre l’avaient amené loin des quartiers les plus brillants et éclairés de la ville — toujours est-il, c’était devenu très calme. On n’entendait presque plus aucun bruit, plus de musique, plus de machinerie, plus de cris, plus de sirènes ou d’écrans qui hurlaient — tout ce qu’on entendait, c’était une sorte de vrombissement lointain, le souffle des oiseaux de métal qui brillaient au loin, mais ça faisait un bien fou aux oreilles.

Les rues avaient changé d’aspect. Celles où il errait maintenant étaient très petites, de sorte qu’il n’y avait qu’une minuscule voie pour les boîtes roulantes, avec beaucoup garées à côté, les trottoirs réduits à une largesse ridicule, permettant tout juste à une personne de marcher. Les maisons avaient rapetissé, les immeubles étaient unicolores, droits, sales et lézardés. Les commerces, tous fermés derrière des rideaux de métal, avaient des devantures un peu salies, avec une police d’écriture bizarre, droite, simple — et il n’y avait plus ces grosses dalles lumineuses qui bougeaient partout. En revanche, plein d’affiches derrière des vitres, qui pour le coup ressemblaient plus à celles qu’on pouvait trouver à Nuln.



Une maladie était là, à Paris. Il la sentait plus. Il avait vu des gens en train de tousser. Il avait croisé quelques clochards apeurés. Si la magie ne tourbillonnait pas dans ce monde, l’épidémie, elle, avait une saveur alléchante sur son palais ; c’était une bonne maladie, une sorte de gastro-entérite produite par un pathogène particulièrement violent. Pas une maladie d’amateur. Elle se planquait, par des germes, sur les mains, les poignées de portes, et les jouets des enfants. Serait-ce possible que ce monde ait un Nurgle ? Serait-ce possible que ce monde avait un Grand Coësre ?



Reinhard se retrouva dans une nouvelle rue, qui s’étalait un peu plus devant un parterre de béton. Il y avait un immense escalier, avec des zonards dessus, qui entouraient une boîte qui crachotait de la musique bien agressive. Tous ces gens étaient noirs, comme la fille qu’il avait rencontrée — ils avaient l’air jeunes, mais leurs visages semblaient durs, et bizarrement adultes comparé à leurs corps frêles. Certains tremblaient des mains, et ils se passaient entre eux des petits tubes aiguisés qu’ils s’enfonçaient dans les bras — de la drogue.
Plus loin, sur un banc un peu plus tranquille, un clochard grelottait de froid, recouvert d’un simple sac de couchage. Il avait du mal à dormir.

Le Nurglite marchait en cherchant la maladie, la reniflant dans l’air presque comme un chien ; il se sentait bizarrement proche. Un nid de gens semblait être tout proche. Un squat. Peut-être un lieu où trouver ce qu’il cherchait ? Il se dirigeait vers là, quand d’un coup, il entendit un sifflement. Quelqu’un était planqué devant une minuscule échoppe aussi large que deux portes, avec écrit dessus « PARIS TECH FACILE — Déblocage Réparation Informatique Cartes SIM ».


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Un jeune homme, avec une coupe de cheveux très bizarre, et un poitrail couvert de tatouages. Son bras droit était fait de métal, et il avait des boucles d’oreilles étranges faisant un gros trou dans ses lobes, le genre de chose comme seul un aristocrate pouvait porter. Et voilà que le garçon sauta du trottoir, et les mains dans les poches, s’approcha de Reinhard en parlant à toute vitesse :

« Pssst ! Tu fais quoi ici poto ? Pigalle c’est de l’autre côté, faut pas que tu tapines dans le coin, y a les keufs d’un côté et les Loups Gris de l’autre, c’est chaud c’est chaud, tu peux pas te ramener fringué comme ça ! »

Il se lécha les gencives tout en reniflant très fort. Il semblait tourner à quelque chose, mais il n’avait pas l’air hostile — au contraire même, il fit un grand sourire bien jovial.

« Après, ici ici c’est tranquille, y a juste des crackers et des Mauritaniens — mais tu te trompes de rues et tu te fais bastonner par des fachos, alors bon…
Hé, tu cherches quelqu’un ? »
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Reinhard Faul
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Re: [Le Coësre] « Ce n’est pas la fin du monde. Mais tu peux la voir d’ici. »

Message par Reinhard Faul »

Un homme bien mignon, à peine adulte, vient m’aborder. Ses sous-entendus me prennent à revers et me font rougir comme une jeune fille. Je réponds bêtement :

« Oh bah t’es bien gentil, mais c’est plus de mon âge… »

Je baisse le nez sur mes vêtements. Il me serait jamais venu à l’idée que j’avais l’air de me prostituer. Certes, le débardeur pour femme me fait un sacré décolleté, mais enfin… ces braies ignobles, cette veste sale… mis à part mes poils de torse, on voit pas grand-chose de ma personne. À Nuln, les hommes qui font ça se travestissent dans des quartiers spécifiques, ça couvre une ou deux rues tout au plus. Bon, d’accord, d’accord, j’ai des vêtements de femme, mais pas une robe tout de même ! Non ?

Je secoue la tête pour me détourner de ces bêtises. J’ai autre chose en tête ! Déjà, j’ai très mal aux pieds, dans les jambes, la douleur irradie jusqu’aux lombaires. Ça fait belle lurette que j’ai pas marché autant ! Ou bien c’est le sol bizarre et très dur qui me fait mal aux articulations. Et puis ça fait une demi-heure que je circule le nez en l’air, à la recherche des pestiférés, peut être de mes confrères… je n’ai pas compris si le Chaos était ici ou pas, mais je sens les gens souffrants. Ils sont là, un petit nid crasseux tout près de moi…

« Je cherche des personnes malades. Il y en a pas loin d’ici, sans doute dans un squat. Ce sont tes amis ? Je peux les aider… »

Et je souris. J’essaie de ne pas avoir l’air d’un prédateur affamé, ce qui n’est pas très dur vu que je dois faire la moitié du poids du jeune homme en face de moi. Néanmoins, je ne sais pas comment mentir proprement dans ce monde si différent du mien. Je suis pas con, j’ai fini par comprendre que toute leur société repose sur une technologie très avancée, mais c’est pas suffisant pour s’intégrer. Si seulement je pouvais parler aux gens malades ! Ils ont peur, mal, la garde de Paris les recherche... Si je pouvais les convaincre, j’aurais tout de suite pied dans ce monde étrange.
Natus est cacare et abstergere coactus est.
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Si vous vous y connaissez en latin pitié aidez moi.


Lien Fiche personnage: Ici

Stats :
Voie du sorcier de Nurgle (Profil avec empreintes occultes et mutations)
For 8 | End 11 | Hab 9 | Cha 8 | Int 13 | Ini 9 | Att 9 | Par 8 | Tir 8 | Foi 8 | Mag 16 | NA 2 | PV 100/100

État temporaire :
Clairvoyance : +1 en Magie et en Intelligence
Nuages de mouches : -1 ATT/PAR/TIR/INI pour toutes les personnes à moins de 6m
Plaies suppurantes : 1d3 dégâts retranchés à chaque blessure
Pourriture de Neiglish : Porteur sain
Protection de Papy : 2d4 PdC à chaque critique en incantation


Grimoire :

- Lumière : À appliquer sur un objet ; Fait de la lumière pendant 1h
- Flammèche : Petite étincelle au doigt pendant une minute
- Météo : Connaît la météo prochaine
- Repos : Peu faire se détendre quelqu'un

- Infestation de Nurglings : 24m / 1d4 tours / Projectile magique. Une fois qu'une personne est touchée, elle subit 10+2d10 dégâts magiques par tour / Dès la fin du sortilège ou la mort de l'ensorcelé, des bubons explosent, libérant 2d3 amas de chair, qui sont autant de nurglings
- Fontaine putride : 6m / Instantané / 30+2d10 dégât devant lui + gain de 7 armure temporaire magique / +5 dégât par point de MA
- Gerbe corruptrice : 12m / 10+1d10 dégât dans une zone de 6m, esquivable ; métal rongé après 1d4 tours / -1 esquive par MA

- La multitude fait le tout : Se change en nuée de mouches
- Prodigieuse santé : Contact / Devient ultra bogosse et ultra chad
- Grande invocation de petits amis : Invoque des insectes pour servir d'ingrédients
- Immonde messager : Peut envoyer des messages twitter (Caractères limités)
- Allégresse fétide : Supprime toute douleur mentale ou physique
- Divine urgence : Force la cible à faire un jet d'END. Diarrhée en cas d'échec.
- Paludisme dévorant

- Invocation : Nurglings
- Invocation : Bête de Nurgle
- Invocation : Porte Peste
- Octogramme de conjuration


Compétences :
- Résistance accrue : +1 END aux jets testant la résilience physique (Fatigue, drogue, alcool, torture...)

- Vol à la tire : +1 pour escamoter quelque chose
- Baratin : +1 pour endormir la vigilance de quelqu'un
- Déplacement silencieux : +1 pour fureter quelque part
- Déguisement : +1 pour s'infiltrer en étant déguisé
- Alphabétisation
- Autorité

- Sens de la magie : Sur un test, détecte les événements magiques
- Incantation (Domaine de Nurgle)
- Maîtrise de l'Aethyr (Nurgle) : 2
- Contrôle de la magie
- Divination (Oniromancie) : Sur un test au cours de son sommeil, peut découvrir la destinée de certains personnages
- Langue hermétique (Langue Noire) : Parle la langue immonde du Chaos
- Confection de maladies : Peut fabriquer des maladies communes et rares


Équipement de combat :
- Bâton démoniaque : 2 mains ; 10+1d8 dégâts ; 8 parade ; Assommante & Utilisable seulement par les classes magiques. +1 PAR
- Pistolet à répétition : 46+1d8 dégâts, malus -2 TIR/8 mètres, peut tirer cinq fois à la suite avec un malus de -1 TIR par chaque nouveau canon qui fait feu
- Agaga (Épée à une main) : 18+1d10 dégâts ; 13 parade ; Rapide, Précise, Perforante (2) ; +1 INI
- Cocktail Molotov (x4) : Dans un rayon de 1m, toute personne qui est touchée par la bouteille prend trois états de « Enflammé ». Dans un rayon de 2m, c'est 2 états seulement. Dans un rayon de 3m, un seul état.

- 15 balles et poudres

- Tenue de cultiste de Nurgle : 5 protection ; Tout le corps sauf tête

- Anneau d'Ulgu : Lorsque porté, vous pouvez faire croire à ceux qui vous entourent que vous êtes un humain lambda (sans mutation aucune ni trait particulier) pendant 1 heure. Vous ne pouvez utiliser cette capacité qu’une fois par jour. Vous ne pouvez pas prendre l’apparence d’une personne en particulier.

- Miroir de la Demoiselle d'Acques
- Cor de la harde des Museaux Annelés



Équipement divers :

- Marque de Nurgle
- Caresse de la vipère (poison) : Un sujet blessé par une arme enduite de ce venin doit réussir un jet d'END-4 sous peine de mourir dans END minutes. Chaque minute avant sa mort, le sujet subit 5 points de dégâts non sauvegardables, et un malus cumulable de 2 à ses caractéristiques.


- Couverts en bois
- Sac à dos
- Couronnes dentaires en bois
- Tatouages
- Porte-bonheur

- Sap-biscuit

- Costume de répurgateur + Fleuret (Déguisement)



Divers divers :

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