[Reinhard Faul] Grande galère

Nuln est la seconde ville de l’Empire et du Reikland. Nuln centralise tout le commerce du sud, c’est là que convergent les voyageurs du Wissenland, du Stirland, d’Averland et des régions plus à l’est. Nuln est le siège de l’Ecole Impériale d’Artillerie, où les canons sont fondus et où les artilleurs apprennent la balistique. Ils y étudient les nombreux problèmes pratiques liés au déplacement et à la mise en œuvre des pièces d’artillerie. Grâce à leurs efforts, l’Empire bénéficie d’un vaste et efficace corps d’artillerie, de loin supérieur à tous ceux des pays frontaliers.

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[MJ] Le Grand Duc
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Re: [Reinhard Faul] Grande galère

Message par [MJ] Le Grand Duc » 09 août 2019, 17:47

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Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ


Résolution des missions des cultistes.

Obtention des costumes

Frida, Max, et Reinhard se sont rendus chez Lucie Desaix. Pour se faire passer pour des répurgateurs, ils ont commandé des manteaux longs et de sinistres grands chapeaux.

Mission réussie.
– Obtention de 3 panoplies de répurgateurs (Bottes, pantalons, manteau, chapeau) : Ces panoplies sont faites sur-mesures pour Frida, Max, et Reinhard : Si quelqu’un d’autre les portes, il devra avoir leur corpulence.
– Perte de 30 couronnes d’or (Le prix de la rapidité, de la qualité, et surtout du silence de Lucie Desaix).
– Le commerce de Lucie Desaix est débloqué. Elle pourra à présent offrir ses costumes et ses parfums à la secte.

Obtention du véhicule.

Irmfried Brant profite d’un jour de congé pour se rendre sur un terrain militaire près d’un village du Wissenland. Il découvre une grosse charrette ferrée gardée dans un petit entrepôt, propriété de l’École Impériale d’Artillerie. Il y harnache des chevaux et se prépare à partir discrètement.
(HAB+INT)/2 d’Irmfriend : 12
Jet : 18, échec.
Alors qu’il fuit sur les routes du Wissenland, il attire l’attention d’un homme de loi à cheval, un patrouilleur de voie ayant prêté serment à la grande-comtesse Emmanuelle. L’homme de loi se doute vite que quelque chose cloche, et harcèle Irmfried de questions.
CHAR Irmfried : 8
Jet : 20. Échec critique.
Irmfried tente de le tromper, de gagner du temps, puis sort de sa poche une bourse remplie d’or pour tenter de corrompre l’homme de loi. Cela ne sert qu’à enrager le patrouilleur : Il sort son arme et exige à Irmfried de descendre de la charrette afin d’être appréhendé.
Irmfried fait mine de se rendre, avant de profiter de l’inattention de l’homme de loi s’approchant pour l’attaquer.

ATT Irmfried : 16. Malus : -4 (ATT précise et difficile : Irmfried vise la gorge qui n’est pas protégée)
Jet : 10, réussite.
Parade du patrouilleur impossible (Surprise)
Le patrouilleur perd 38 PV.
ATT Patrouilleur : 9
Jet : 10, échec.
ATT Irmfried : 16
Jet : 17, échec
ATT Patrouilleur : 9
Jet : 13, échec
ATT Irmfried : 16
Jet : 15, réussite
PAR Patrouilleur : 9
Jet : 9, réussite
Le patrouilleur perd 26 PV. Le patrouilleur meurt.
Irmfried enfonce son couteau dans la jugulaire de l’homme de loi. Celui-ci tente de hurler, mais sa gorge est obstruée par l’acier et un geyser de sang qui lui remonte dans la bouche. Par réflexe et adrénaline, le patrouilleur sort son arme et tranche dans tous les sens. Adroitement, Irmfried parvient à éviter la morsure de l’acier, avant de charger le patrouilleur et de lui soulever le bras pour le trancher sous l’aisselle. Il achève l’homme de loi à terre, puis remonte sur sa charrette pour s’enfuir.

Il trouve finalement un petit relais de poste gardé, et paye pour que sa charrette soit surveillée. Bien sûr, pour éviter que le propriétaire du relais soit trop curieux, un pot-de-vin plutôt généreux s’impose.


Mission réussie.
– La charrette ferrée et ses montures est disponible pour l’opération.
– Perte de 15 couronnes (Pot-de-vin + garde du véhicule)
– Pour accomplir sa mission, Irmfried a été obligé d’assassiner un patrouilleur de sang froid et de laisser son cadavre sur une route du Wissenland. Il ne fait aucun doute que les autorités vont retrouver son corps et enquêter sur ce meurtre ; Espérons qu’ils ne remontent pas une piste jusqu’à la secte…

Obtention du sauf-conduit

Heidemarie von Bedernau profite de ses liens familiaux pour participer à une énième fête décadente de la flamboyante aristocratie de Nuln. Comme elle s’y attendait, même des hommes du clergé ne résistent pas à l’envie de s’y rendre.
Un répurgateur officiel du culte de Sigmar se trouve sur place : Anton Gunof.

CHAR Heidemarie : 16
Jet : 2, réussite.
END Gunof : 12
Jet : 10, réussite.
Heidemarie parvient à aisément s’approcher de lui et le mettre en confiance. Subtilement, comme il est d’usage dans cette bonne société, elle le fait boire pour tenter de le rendre bien peu méfiant. C’est raté : Le répurgateur encaisse verre après verre sans avoir l’air de se mettre à chanceler ou tituber.
Quand bien même elle aurait préféré que le répurgateur s’endorme comme une loque, elle parvient à le mettre dans son lit.

HAB Heidemarie : 10. Bonus : +4 (Cible amadouée)
Jet : 12, réussite.
Pendant qu’il est avachi dans ses draps à ronfler, Heidemarie parvient à discrètement se saisir de sa sacoche et de ses papiers officiels. Elle parvient à mettre la main sur des papiers d’identité, et une ordonnance officielle signée par l’Archilecteur Kaslain en personne.

Mission réussie.
– Anton Gunof s’est rendu compte au réveil de la disparition de ses papiers : Il va sans doute s’en plaindre, créant ainsi une piste que des enquêteurs pourront suivre.
– Obtention de papiers officiels : Reinhard pourra se faire passer pour un répurgateur appelé Anton Gunof.

Obtention des insignes

Aidée de sa bande de truands, qui l’ont rejointe en échange d’une promesse de participer dans le futur à un braquage, Frida décide de faire un casse rapide d’une petite église de Sigmar dans un quartier du Dédale.
L’église n’est pas gardée, même si elle est fermée la nuit. Une serrure qui n’est d’aucune difficulté pour Frida, et qui entre à l’intérieur du temple comme dans un moulin.

(HAB+END)/2 Frida : 14
Jet : 20. Échec critique.
FOR Titi : 12. Bonus : +4 (Titi est alerte).
Jet : 5, réussite.
Pourtant, même un braquage en apparence extrêmement simple peut mal se passer. Alors que Frida force l’ouverture du tabernacle et récupère divers insignes et sceaux de puretés, un mendiant l’aperçoit et se met à hurler à l’aide aux veilleurs de nuits. Nurgle merci, Titi et ses sbires étaient présents : Ils parviennent à tabasser et assommer le mendiant, et à aider Frida à fuir avant l’arrivée de sergents de ville. Les choses auraient pu déraper s’ils n’étaient pas sur place.
Et malheureusement, ils retiendront le fait que Frida leur en doit une...


Mission réussie.
– Un témoin a assisté au casse du temple. Il n’a probablement vu aucun visage étant donné qu’il a été très vite passé à tabac. Peu de risques de ce côté là.
– Le culte de Sigmar ne tolère pas d’être volé. Cet acte aura non seulement de quoi choquer le quartier, mais également provoquer des mesures graves de la part de l’Archilecteur Kaslain : Il faut s’attendre à voir plus de patrouilles dans les zones sous le contrôle du temple.
– Les Flagellants augmentent en popularité.
– Les insignes ont été subtilisés. Reinhard gagnera des bonus en infiltration sur l’Halbinsel.

Ajout à l’inventaire de Reinhard :
– Chapeau à larges bords
– Cape longue
– Chemise
- Ceinture
– Braies
– Bottes d’équitation
Reinhard était méconnaissable. On l’avait vêtu des pieds à la tête. Les vêtements de Lucie Desaix tombaient parfaitement sur lui, et lui donnaient l’air sinistre et lugubre typique des chasseurs de sorcières de l’Empire, cette bande de fanatiques puritains qui pourraient très bien attacher Reinhard Faul à un grand bûcher pour l’incendier s’ils découvraient ses capacités, et surtout, ses pactes noirs avec le Chaos. À ses côtés, Frida et Max aussi mettaient en place leurs pardessus et leurs couvres-chefs ; Avec son cache-œil, Max paraissait totalement remplir le rôle d’homme de loi qui en avait vu des vertes et des pas mûres.
Dommage qu’en réalité il n’avait absolument pas le profil d’un combattant.

« On a assez de pétoires pour vous tous ? Demanda Steiner en relevant un sourcil inquiet.
– Oui, je vais leur confier ma propre artillerie », confirma Irmfried.

Tout le groupe avait été réuni. Les six Cultistes attendaient patiemment dans le salon, tandis que Mémé ressortait le bâton de Reinhard. Elle le tendit à son mage préféré, pour qu’il puisse le porter à sa main.

« Tenez. J’ai pu obtenir ça pour vous. Gardez-les bien en évidence. »

Irmfried posa sur la table un linge qu’il déroula. Se trouvait sur la table trois pistolets à poudre estampillés « RICHTHOFEN » sur le canon. Chacun des trois apprentis-répurgateurs se saisit de l’un d’eux et le plaça à un holster bien en évidence.
Max observa un moment le canon, en grimaçant.

« J’ai aucune idée de comment on recharge ça.

– Je sais. L’arme est déjà chargée, mais je ne vous donne pas de poudre ou de cartouche avec. Sauf à Frida.
– Et pourquoi pas ?
– Parce que ces machins-là valent une fortune. Parce qu’ils sont bruyants. Parce qu’ils peuvent vous péter entre les doigts. Je vous les confies parce que des répurgateurs sans flingue, ça va faire bizarre, et aussi parce qu’ils peuvent vous servir à menacer des gens. Mais pour l’amour de- -de Nurgle, trébucha-t-il, ayant failli invoquer le nom d’un faux-Dieu qu’il n’était plus censé servir, n’utilisez pas ces armes.
J’ai aussi pris la liberté d’utiliser les finances de la secte pour vous acheter ça. »


Il pointa alors du doigt vers le canapé pourri. Dessus se trouvaient trois petites rapières dans un fourreau, que les cultistes accrochèrent à leurs ceintures. Tout comme le pistolet, ces armes pourtant bien réelles et bien violentes étaient plus là pour servir à parfaire le déguisement, plutôt que pour être réellement utilisées.
Il y avait vraiment de quoi être nerveux, si quelque chose se passait mal.

« J’ai contacté quelqu’un pour faciliter votre échappée, au cas où quelque chose se passerait mal
, intervint subitement Steiner. Un contrebandier qui répond au nom de Ulax. C’est un criminel et repris de justice, mais il sait qu’il aura le droit à une paye bien grasse : Il vous attendra au sud de l’Halbinsel, dans le quartier civil, sur une embarcadère après la petite auberge « Le Raisin et le Houblon ». Si vous êtes repérés, tentez de vous enfuir en empruntant les petites ruelles et en profitant du couvert de la nuit : Ulax vous attendra et vous ramènera ici en un seul morceau. »

Irmfried se pinça les lèvres. Il leva la main pour reprendre à nouveau la parole.

« J’ai discuté avec Mémé. Ce plan, ton plan, celui de s’infiltrer et de récupérer ce qu’on est venus chercher au nez et à la barbe de tout le monde, il est dangereux. Si jamais vous êtes repérés, vous allez avoir de gros soucis pour aller jusqu’à l’embarcation.
J’aimerais donc me proposer pour quelque chose. J’ai besoin de ton autorisation pour ça, Reinhard. »


Tous les regards se tournèrent vers le pistoler.

« J’ai… J’ai emprunté quelque chose à l’EIA. Une arme. Un Fusil Long du Hochland.
C’est, une arquebuse, mais avec une portée bien supérieure aux arquebuses classiques… L’Halbinsel est rempli de bâtiments, y a des toits, des endroits désaffectés… Avec votre permission, j’aimerais vous accompagner avec ce fusil. Lorsque nous serons à l’intérieur du quartier de quarantaine, je descendrai discrètement de la charrette où je serai caché, et avec le fusil, j’essayerai d’atteindre un endroit élevé d’où je pourrai vous couvrir.
Si jamais vous êtes repérés, si vous êtes encerclés, alors je me mettrai à tirer sur les gardiens de la quarantaine. Ça devrait vous permettre de vous enfuir et de forcer une sortie jusqu’au contrebandier qu’a payé Steiner. »


Heidemarie ouvrit grand les yeux. Elle prit une petite voix : L’inquiétude transparaissait clairement dans son regard.

« Et toi même ? Comment tu comptes t’enfuir ?
– Il essayera, mais ses chances de s'en sortir seront très faibles, coupa Mémé Gâteuse. Mais même s'il se retrouve cerné et sans issue, que devrait-il redouter ? Il mourrait au service de Nurgle. Son corps pourrirait et de lui fleuriraient les magnifiques pétales du Grand-Père.
As-tu peur de la mort, Heidemarie ? »


La noble baissa les yeux. Mémé Gâteuse, elle, s’approcha de Reinhard pour tendre sa main et venir lui caresser la joue. C’était une main calleuse, fripée, aux doigts nécrosés, où du pus s’était infiltré au milieu des tissus. Et sur le visage de la Magus de la secte, se dessinait un rictus atroce, alors qu’elle montrait ses dents cariées cernées d’aphtes et d’abcès.

« Ces personnes sont à tes ordres, Reinhard. Leurs vies t’appartiennent. Mais leurs morts aussi. Ce qui se trouve sur ce navire, sur cette grande galère Tiléenne, pourra changer le destin de Nuln. Ce sera une toute première étape, le commencement d’une grande entreprise : Celle d’annuler le changement. Celle de mettre fin à cette ville débauchée qui ne cesse de produire, et construire, et sortir de ses ateliers de quoi révolutionner le Vieux Monde. »


La caresse de la joue de Reinhard se fit plus tendre. Elle tendait à présent sa deuxième main pour que les deux joues du mage soient pouponnées.

« Tu as toute ma confiance Reinhard. Mais c’est à toi de choisir. C’est à toi de prendre les décisions qui influenceront tous ceux autour de toi. Je sais que tu as peur. Je sais que tu es pétri d’incertitudes. Tu aurais préféré rester caché dans un égout, ne jamais avoir de responsabilités, vivre au jour le jour ?
Mais tu n’as pas le droit, Reinhard. Tu ne peux pas fuir Nurgle juste parce que tu en es terrifié.
Je suis si fière de toi. Ces derniers jours n’ont pas été faciles, mais tu as déjà tant accompli. Et j’en demande toujours plus. Comme une mère, j’en demanderai toujours plus de toi.
Est-ce que tu acceptes le sacrifice d’Irmfried pour la secte ? »
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Re: [Reinhard Faul] Grande galère

Message par Reinhard Faul » 09 août 2019, 23:21

Irmfried est gentil. Il m'a fait à manger à moi et à Heidemarie quand je suis arrivé. On s'est tous raconté nos aventures de la journée autour d'une bonne omelette de champignons du jardin (il y avait aussi du fromage, qui ne provenait certainement pas d'une vache). J'ai exprimé ma compassion avec des cris quand Irmfried a raconté ses embêtements avec le garde. Il a dû le tuer. C'est grave d'enfoncer des couteaux dans les gens ! Ça veut dire que lui aussi il aurait pu finir embroché. Quel connard ce patrouilleur. Il a de la chance d'être en train de pourrir au lieu de rester vivant et nul comme il était ce con. J'ai léché mon assiette. Après au dessert c'était des espèces de petites pâtisseries très sucrées fourrées avec une purée de fruits en décomposition – on sent bien un espèce de petit goût d'alcool rance.
Ensuite, Heidemarie a voulu nous faire goûter une boisson qu'elle prend chez elle : le café. Elle a dit que c'était très bien après les repas, et que ses grains venaient d'une merde de furet. Quelque chose du genre. J'ai demandé pourquoi la merde le furet (t'aurais fait pareil non ?), elle m'a expliqué que les grains prenaient une saveur particulière une fois digéré par l'animal et que les nobles en raffolaient. Pourquoi pas. Irmfried et moi on l'a regardé faire son petit rituel avec de l'eau et une espèce de théière bizarre. Elle a suspendu de la poudre noire dans une espèce de chaussette en tissu très fin au dessus de son ustensile chelou avant de verser de l'eau dedans. La chaussette n'infuse pas à l'intérieur, ce qui est bizarre. A la fin elle a obtenu une boisson d'un noir malsain qui sent comme le dessous d'une cuve de teinture. Elle en a posé une tasse devant moi (une de celle du service de Mémé, celui qui a aucune assiette avec la même couleur). J'ai reniflé d'un peu plus près. Ça a l'air tellement amer que j'ai déjà plus de salive.

« Grand Père doit adorer le café. »

Heidemarie a fait un grand sourire. Et puis elle a mis un petit cube de sucre noirci de traces de doigt et du lait vert dans les trois tasses. C'est bizarre à boire. J'en suis venu à bout quand même. La petite a expliqué qu'il fallait un peu s'entraîner le palais pour savourer, comme l'alcool. Du coup la conversation a dérivé vers ce sujet plus facile et plus fédérateur. Moi j'ai parlé du nombre de fois où j'ai vomi du schnaps, ce genre de chose, Irmfried et Heidemarie ont plutôt parlé de variétés. Heidemarie arrive à dire des sacrés noms d'étrangers en parlant de pinard. C'est imprononçable le bretonnien. Du coup ça m'a fait parlé qu'il fallait quelqu'un sachant lire pour le casse de Frida le mois prochain, si on arrivait jusque là. Elle m'a regardé sans rien dire, et puis Steiner et Max sont rentrés. On est allé leur faire la bise, leur proposer une gorgée de « café », demandé comment va la famille, le boulot.
Ça nous a occupé jusqu'à ce que Frida arrive. Même rituel. C'est très convivial chez Grand Père. Dès qu'on est ensemble c'est une fête, alors qu'on se connaît depuis... hier ? Avant hier ? On a tout le temps envie de faire une espèce de farandole qui irait vers le nord, toujours plus vers le nord. Mais on se retient.
Le moment de s'y mettre est quand même venu.

Comme Irmfried est vraiment très gentil, il m'a aidé à enfiler mon costume. Il sait que j'ai du mal à trouver mes bras. Je suis inquiet à propos de notre infiltration, je raconte nerveusement des conneries sur les Répurgateurs pour me détendre. Et puis même à mes oreilles ça finit par ressembler à des caquètements de poule inquiète alors j'arrête.
Et là il m'a fait un petit câlin alors que je suis habillé comme un clown. Je sais pas pourquoi, mais j'ai laissé faire mollement. J'ai pas l'habitude de la tendresse, je m'attendais plutôt à lui sucer la bite ou un truc du genre. Mais il m'a juste serré contre son gros torse et il m'a tapoté la tête. Il avait l'air bizarrement ému. Il a dit que sa sœur avait besoin qu'on s'occupe d'elle, même si lui n'était plus là. J'ai rien compris. Après on a rejoint les autres.

Mémé m'a tendu mon bâton pendant que les autres faisaient joujou avec leurs armes à feu. Je l'ai saisi avec empressement. Je le serré contre moi. C'est un peu comme un copain en bois à la longue. Bizarrement je le paume jamais, et je fais pas des trucs idiots avec comme me cogner tout seul ou renverser des trucs. Ça n'arrive pas.

On a parlé de l'armement, j'ai accroché à ma ceinture des outils dont je ne sais pas me servir. Steiner parle du bateau. J'écoute à moitié. Je suis stressé. Ce qui remet mon attention en place c'est quand Irmfried commence à parler lui aussi. Sa moustache bouge de droite à gauche quand il le fait et je trouve ça mignon alors j'ai pas envie de rater l'événement.

Ça part en couilles extrêmement vite. Là, comme ça, juste avant qu'on commence notre mission sacrée, on nous dit que des gens vont mourir (des gens qui s'appellent Irmfried en plus). Pourquoi tout est devenu tout merdique si vite ? Qu'est ce qui s'est passé ? Je regarde hagard autour de moi, je sais plus quoi répondre. Mémé se met à me caresser le visage. C'est comme recevoir un câlin d'un puma, y a comme une tension dans l'air. Je me fige.

Mourir ? Oui, ça peut arriver, mais... j'ai déjà fait des rêves d'autres choses. Il y a un monstre qui vit sous ma peau, et il veut sortir un jour. Le jour où je serais très gros. Mais ce n'est pas très précis, j'ai du mal à regarder ce souvenir en face. J'en ai des flash douloureux pendant que Mémé me touche. Très gros, avec une gueule immense... une très longue langue... des milliers de mouche... mon monstre à moi. Je dis d'un ton doux, un peu ailleurs :

« Tout ça n'est qu'un rêve, en attendant autre chose. J'aimerais qu'Irmfried le partage aussi, c'est tout. »

C'est vrai que mourir, ça arrive. On vit un grand moment de sérieux où tout le monde médite sur le fait que c'est génial d'aller dans le royaume de Grand Père et tout ça, mais c'est aussi génial de boire des coups bien vivants. Je pense que tous les adeptes du chaos subissent ce tiraillement, de vouloir aller dans un futur inconnu mais annoncé meilleur, tout en voulant rester dans sa médiocrité routinière. OK c'est très cool les Longs Fusils, mais là je regarde Irmfried qui me fixe tout penaud et j'ai un peu envie de pleurer. Courage, fuyons. Si je voulais affronter mes problèmes en face, j'aurais fait épicier ou quelque chose comme ça.

« Irmfried, tu peux venir. On prendra soin de ta sœur si il arrive un truc. Je vais dans la salle de bain, je voudrais être tout seul pour me transformer. J'ai peur que ça soit bizarre. Me faut un lambeau de peau, y en a un où ? »

Ma question est restée sans réponse pendant quelques secondes. Elle tranchait trop avec le moment. Tout le monde m'a lancé un regard con. Et puis Steiner a sorti un couteau de je sais pas où et s'est tranché le bras. Il s'est fait une belle blessure ça pisse le sang. Il s'est très péniblement retenu de hurlé, c'était horrible à voir.

« Tiens ! Prends ! Je peux donner ça ! »

Il m'a tendu un monstrueux petit bout de lui même qui baignait dans son sang.

« M-m-mais pourquoi t'as fait ça, t'es trop con ?! Évidemment qu'on a des morceaux de cadavre quelque part putain ! Oh putain merde mais faut mettre un linge ! Ah c'est trop dégueulasse ! »

Et là, mes fidèles ont pu constater que le Grand Magus Élu bla bla bla supporte pas la vue du sang et des blessures dégueulasses. J'ai apporté un torchon crade en faisant attention à ne pas me tâcher. Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça c'est complètement con. Éponger pour quoi faire ? Néanmoins je me suis assez maîtrisé pour prendre le petit bout de machin avec moi. Je suis parti à la salle de bain, gêné.
Bon, allez, la magie.
Jet de dès effectué par Armand à ma demande :
MAG Reinhard : 12
Lancement d’un sort moyen. Malus supprimé par l’utilisation de l’ingrédient.
Jet : 11. Réussite.
C'est la première fois que tu me vois faire de la magie hein ? En fait c'est assez rapide et pas très très fou. J'agite mon bâton comme si j'essayais d'attraper de la barbe à papa dans les airs, mes mains se sont mises à briller vert et à être couvertes d'épines, je les ai collé contre mon visage et je me suis mis à hurler de douleur comme j'ai jamais hurlé (bon si j'ai hurlé comme ça deux trois fois mais c'est pour l'image). Le morceau de Steiner est tombé en cendres.

C'est facile la magie, de façon terrifiante. C'est payer les factures et se souvenir du jour qu'on est qui est difficile derrière. Bien sûr l'affaire se complique si on « fait attention » comme dans une école prout prout. Enfin là ça c'est fait et maintenant ma chair est torturée par des petites vrilles qui se baladent dans mon visage.
J'ai envie de hurler des gros mots, ou des supplications. N'importe quoi. Au lieu de ça j'ai compté jusqu'à sept en démonique. Dans cette langue, il y a une déclinaison pour signifie « celui qui est en train de dire ce mot ressent une grande souffrance », je comprends pourquoi. C'est un dialecte très riche, très pénible à apprendre. Le mot « sept » se prononce de la même façon que « trois gros bubons tellement immondes que les mortels deviennent fous en les regardant » (l'orthographe est différente évidemment). C'est bizarre les coïncidences. J'arrive à continuer de hurler même quand des épines se baladent dans ma bouche pour y mettre de meilleurs dents et une langue plus rose. Le passage où des vrilles s'enfoncent dans mes yeux a été particulièrement pénible. Enfin ça finit un jour.

Je regarde dans le miroir, un monsieur dans la quarantaine est en train de me mater chelou. Il a les cheveux ultra brillants, rejetés en arrière avec du volume, et grisé juste sur les tempes. Le blanc de l’œil n'est pas jaune, il brille d'une humidité bien calibrée en potassium, et un iris bleu électrique me rend mon regard. La peau est juste parfaite, hâlée pareil partout. Il y a quelques rides d'expression peu marquée, aucune tâche bizarre, pas un petit cratère de bouton trop gratté, rien.
J'ai compté mes dents. Il y en a 32. Je savais même pas que c'était le nombre normal à avoir, je trouve que ça fait beaucoup. En même temps, est ce qu'un type qui a tous ses ongles de la même taille peut avoir trop de dents ? Je ne crois pas. Parce que le sort marche sur les mains aussi ! J'ai très envie de me déshabiller pour voir le reste, mais ça sera pour une autre fois on est pressé.

Je pars rejoindre les autres.
Reinhard Faul, Voie du Sorcier de Nurgle
Profil: For 8 | End 8 | Hab 9 | Cha 8 | Int 8 | Ini 8 | Att 8 | Par 8 | Tir 8 | Foi 8 | Mag 10 | NA 1 | PV 60/60
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Re: [Reinhard Faul] Grande galère

Message par [MJ] Le Grand Duc » 13 août 2019, 16:23

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Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ


Cinq yeux écarquillés accueillirent Reinhard lorsqu’il sortit de la salle de bain. Cinq paires d’yeux étonnées, bouchées bées, dans un mélange de stupeur et d’émerveillement.
Reinhard Faul était un autre homme. Entièrement différent. Pour qu’un homme aussi malade, affaibli, avalé et recraché par la vie puisse ainsi paraître en telle santé, il ne pouvait y avoir qu’une magie démoniaque à l’œuvre. Frida en siffla d’admiration.

« La vache. T’es beau comme ça. Tu devrais utiliser de la magie plus souvent !
– Frida », grogna Max en faisant un petit geste de la tête pour indiquer le bras dégoulinant de sang de Steiner ; La beauté soudaine et ravageuse de Reinhard avait eu un prix ; Et il était également certain que les cultistes avaient pu entendre les hurlements de douleur de leur mage.
« On a un peu de trotte à faire. On va jusqu’au coin du Wissenland où j’ai planqué la diligence, puis on atteindra l’Halbinsel. On va en avoir pour au moins deux bonnes heures en tout et pour tout.
– Alors pas de temps à perdre. »

Heidemarie et Steiner, laissés de côté pour cette mission, enlacèrent et embrassèrent chacun des accoutrés en répurgateurs. Frida ne put s’empêcher de faire une petite blague inaudible au fonctionnaire de la ville, avant de lui donner une grosse tape dans l’épaule. Max fit un bisou sur la joue de Heidemarie, et lui fit promettre de s’occuper de sa famille si quelque chose de grave devait se produire. Devant Reinhard, les deux furent particulièrement émus. Steiner avait la voix qui tremblait, et Heidemarie sécha une petite larme du bout du doigt.
En revanche, la scène fut un peu plus dure face à Mémé Gâteuse. Elle tendit sa main pour que Reinhard l’embrasse en voûtant son dos. Puis, la Magus eut une simple phrase très sèche :

« Revient avec Vitale Candiano. Ou ne revient pas. Ton destin sera décidé ce soir, Reinhard Faul. »

Comme avait prévenu Irmfried Brant, les deux heures et demi qui suivirent furent immensément ennuyante. Il fallut marcher et marcher pour s’arrêter dans un bled paumé du Wissenland. Là, ils prirent une petite barque pour traverser l’Aver, puis patrouillèrent encore un moment les sentiers de la campagne pour trouver le petit relais de poste dans lequel le pistolier avait planqué les montures et la charrette ferrée. Si Irmfried marchait droit devant en tête de groupe d’un pas rapide, Max et Frida derrière étaient bien plus lents, observant d’un air semi-fasciné les bosquets et le bocage Wissenlandais : L’atmosphère tranchait avec la suie et le pavé de Nuln, et ils pouvaient ainsi marcher dans de la terre et sentir des odeurs de mirabelle plutôt que de relents d’égouts.

Avec leurs tenues de répurgateurs, ils avaient de quoi terrifier le manant. Un paysan qui voyait ainsi trois répurgateurs et un escorteur avec un gros fusil pourrait être interloqué, mais bizarrement, personne ne vint les alpaguer pour leur poser des questions. On ne pose pas de questions à des chasseurs de sorcières. On baisse les yeux, on les ignores, et on prie secrètement la pitié d’un Dieu ou d’une Déesse pour qu’ils tracent leur chemin sans faire d’histoires. Frida semblait être celle qui appréciait le plus la situation. Un sourire carnassier était apparu sur ses lèvres.

« Faudrait que je sorte fringuée comme ça plus souvent. C’est sûr que je me fais moins emmerder que lorsque je suis en robe.
– Tu sais que porter un uniforme illégalement c’est lourdement puni ?
– C’est pas comme si c’était le chef d’accusation principal qu’on retiendrait contre moi. Foutue pour foutue, autant se marrer un peu sur le chemin. »

Une fois approchés du relais de poste, Irmfried ordonna à ses camarades de s’arrêter. Il s’éloigna, devint minuscule alors qu’il allait toquer à la porte du relais normalement fermé à cette heure-ci, mais finalement son propriétaire apparut, sûrement excédé d’entendre le pistolier tambouriner comme un fou furieux à sa porte. Cinq longues et ennuyantes minutes plus tard, la diligence apparut. Irmfried s’arrêta devant le groupe et posa une question à laquelle personne n’avait pensé durant l’élaboration du plan :

« Bon. Qui ici sait conduire un cheval ? »

Max, Reinhard et Frida se regardèrent mutuellement, un peu interloqués.

« Vous êtes sérieux ?!
– Bah quoi ? J’ai passé toute ma vie à Nuln d’où je saurais diriger un cheval ?
– Bon ! C’est pas grave ! Reinhard et Frida montez devant, je vais vous apprendre. »

Ni le mage, ni la voleuse paraissaient très rassuré, mais Irmfried claqua des doigts pour leur indiquer de monter. Max, lui, alla directement dans la voiture de la diligence et s’installa tranquillement dedans.

« Bon, les chevaux ils sont entraînés ils font tout tout seul. Tenez, ça c’est les rênes, tu les tiens comme ça. Et tu les tiens bien surtout ! Alors, pour freiner, faut y aller en douceur, pas forcément donner un coup très sec. Ce qu’il faut surtout pas oublier, c’est que les chevaux ce sont pas des automates, c’est des animaux vivants, ils ont des émotions, ils peuvent avoir mal ou peur… Faut être ferme mais faut pas oublier qu’ils réagiront pas forcément à tous vos ordres si vous vous y prenez mal.
– Ah ouais, donc tu veux dire qu’ils peuvent nous envoyer dans le ravin ? Super rassurant.
– Rah, tais-toi et écoute ! Toi aussi prend les rênes, je vais tout vous dire vous allez voir ça va venir tout seul ! »

En réalité, ça ne vint absolument pas tout seul, et il était bien facile pour un soldat d’un Pistolkorps d’oser prétendre que conduire une diligence pouvait vraiment venir tout seul. À la place, Reinhard se retrouvait à conduire deux bêtes d’une demi-tonnes chacune, sur une route cabossée de graviers et de terre battue, avec une grosse voiture de fer blindée. Le banc sur lequel le mage était assis n’arrêtait pas de trembler, et chaque virage, quand bien même il était lent, paraissait périlleux.
Au moins, il put peut-être trouver un peu de réconfort à voir que Frida se faisait encore plus engueuler que lui. La voleuse d’ordinaire si cynique et prête à rétorquer était blême, blanche, paniquée, à demander toutes les trois secondes si elle faisait bien.

Le moment le plus terrifiant fut celui où Nuln apparut face à eux ; Elle était d’autant plus belle qu’il faisait nuit, et que si les grosses cheminées arrêtaient de cracher leurs fumées, à présent on pouvait clairement voir s’étendre les tours à feu du port, les lumières des cathédrales de Sigmar ou de Manann, et les magnifiques palais de l’Esplanade noble qui ne dormaient jamais. Nuln n’était pas une ville plate, elle était vallonnée et escarpée par endroits, et son relief varié paraissait d’autant plus clairement de nuit et de l’extérieur.
Alors, l’objectif Irmfried donna une tape dans l’épaule de ses deux collègues, puis se retourna et sauta sur la charrette ferrée pour entrer à l’intérieur. Et ainsi, Reinhard et Frida eurent fort à faire à diriger seuls le véhicule jusqu’aux portes de l’Halbinsel.

L’Halbinsel était ceinturée de murs très épais, aux courtines et aux bastions rasant le sol. Contrairement à des châteaux plus anciens pensés pour la guerre face aux trébuchets ou aux beffrois, qui tentaient d’avoir les murs les plus hauts possibles, l’Halbinsel avait été entièrement repensée pour la guerre face à la poudre et au canon. Ainsi, tout avait été raccourci, mais épaissi. On avait déraciné tous les arbres et élagué tous les champs sur une longue distance que la diligence parcourait, avant de traverser au-dessus d’un profond canal creusé entre le Reik et l’Aver, non pour la navigation, mais bien pour empêcher des assiégeants d’amener des échelles et des chats (Le gros engin en bois, pas l’animal de compagnie dont raffolait Mémé) juste au pied des murailles. La diligence était tellement isolée et en pleine vue, que si les servants des murs de l’Halbinsel avaient soudainement reçu l’ordre de faire feu sur elle, il ne fait pas de doute que les bombardes, les mortiers et les arquebuses dont l’enceinte était truffée auraient pu la réduire en échardes et en cendre en un battement de cils.

La diligence s’arrêta devant les grandes portes fermées de l’Halbinsel. Un sergent se montra alors sur les remparts, et hurla de toute sa voix réverbérée dans un écho :

« Halte ! Qui va là, au nom de la comtesse ?! »

Frida leva la main en tenant à son cou l’insigne de Sigmar qu’elle avait volé dans un temple.

« Une servante zélée de notre sauveur Sigmar, sergent ! Nous sommes ici pour le quartier de la quarantaine !

– Je vous ouvre, madame ! Suivez la Lubenstrasse, ce sera indiqué ! »

Pas plus d’explications nécessaires. Mais la première enceinte n’était pas prévue pour être la plus difficile à franchir. Des civils auraient tout aussi bien pu rentrer, même s’il est vrai que c’eût été louche à cette heure-ci.

Tout le quartier était militarisé. Une fois la grande porte franchie, il fallut encore attendre qu’une lourde herse d’une double-enceinte soit relevée afin de continuer le voyage. Il y avait des soldats partout, des casernes à perte de vues, et ce ne fut qu’après une longue marche qu’ils découvrirent un semblant de vie civile, avec des auberges peu élevées et quelques petites maisons à colombage en lourde pierre. Cela se voyait que l’Halbinsel était conçu pour un siège : Toutes les maisons de noble étaient en bois, ici, les habitations des citoyens n’auraient pas été aisément incendiées. Remontant la Lubenstrasse comme le vigile les avait prévenus, ils passèrent devant des murs sombres, circulaires, aux courtines rectangulaires et à l’architecture bien différente de celle du reste de l’Halbinsel. Frida devinait de quoi il s’agissait.

« Tiens. Le ghetto Nain.
On dirait un mini-Karak, c’est marrant. »


Ils traversèrent un petit pont en dépassant les habitations civiles. Frida se retourna donc et donna trois coups dans la charrette de fer. La porte s’ouvrit, et Irmfried en bondit. Le pistolier leva son pouce à l’intention de ses collègues, puis, un voile recouvrant son visage pour se camoufler, et son fusil long en main, il s’échappa dans les ombres de la ville, sûrement à la recherche d’un point d’observation d’où il pourrait prévenir ses collègues.
Image
La diligence ne continua pas bien longtemps. Elle s’arrêta à nouveau devant une porte, il est vrai beaucoup plus étroite et beaucoup moins haute que celle de l’entrée du quartier. Cette fois-ci, trois soldats se tenaient devant, directement sur la route, et firent signe à la diligence de s’arrêter. Une sentinelle s’approcha en tenant bien haut une lanterne dans laquelle une grande bougie dansait. Ses collègues derrière lui portaient tout deux une arbalète. La sentinelle à la torche fit un salut militaire, puis s’adressa directement à Frida.

« Quartier de la quarantaine. Quel est votre motif pour rentrer ?
– Secret du culte. On a été contactés pour monter sur une galère qui porterait les stigmates de la déchéance. Je vous présente le répurgateur Anton Gunof.
– Hm, heu… Oui, c’est vrai, on m’a prévenu, mais… Vous n’étiez pas censés arriver que demain ?
– Le culte n’attend pas, soldat.
– Oui, certes… Mais heu, loin de moi de vouloir paraître… Enfin… Vous auriez pas un peu de paperasse ? »

Frida sorti de sa poche le sauf-conduit sécurisé par Heidemarie, et le tendit au veilleur de nuit. Il regarda les papiers à la lueur de sa lanterne, en regardant d’un mauvais œil la bouille de Reinhard.
Charisme Reinhard : 8.
Bonus :
+2 (Papiers en règle)
+2 (Uniforme convainquant)
+2 (Sortilège « Prodigieuse Santé »)
Jet : 11, réussite.
« Bien sûr. Je suis désolé, frère Gunof, je ne souhaitais pas-
– Nous avons assez perdu de temps, soldat.
– Bien sûr, bien sûr ! »

Le veilleur tendit les papiers, puis siffla à l’intention de ses collègues. La porte du quartier de la quarantaine s’ouvrit, et en donnant un coup de rênes bien peu assuré, Frida pu redémarrer la voiture.

À partir de là, Reinhard reconnaissait le quartier. Il était venu, de jour il est vrai, avec Bernhard Steiner, et avait pu également observer la rade depuis les yeux d’une prêtresse de Shallya. La diligence s’arrêta car les rues étaient trop étroites ici, et Reinhard, Frida et Max s’avancèrent côtes à côtes, rapière et pistolet à la ceinture, jusqu’au port.
L’accès leur fut barré par des sentinelles. Quatre d’entre elles étaient attablées en train de boire et de rire, mais deux militaires plus sérieux se tenaient sur le chemin, en levant leurs mains pour arrêter les répurgateurs. Derrière eux se trouvait l’hôpital de quarantaine de Shallya, et à nouveau, Reinhard se sentit troublé et atteint par une migraine en sentant les relents d’encens et de prières qui en émanaient.
Résistance mentale de Reinhard.
(END+INT)/2 : 9
Jet : 8, réussite.
Cette fois-ci, en revanche, peut-être parce qu’il était plus prévenu et savait à quoi s’attendre, il parvint à garder la tête haute, et à rester maître de lui-même. Il pouvait encore déceler manifestement les vents de magie, et ne se sentait pas handicapé pour lancer des sorts.
Il n’empêche qu’un duo les ennuyait.

« Pardonnez-moi, chasseurs de sorcières, mais l’accès aux navires est fermé à quiconque !
– Oui, il est fermé parce que c’est à nous d’y mettre les pieds. Écarte-toi, soldat.
– Je suis franchement désolé, mais… Mais je ne peux pas, je n’en ai pas l’autorité.
– Qui en a l’autorité, alors ?
– Le capitaine-quartenier.
– Et il est où le capitaine-quartenier ?
– Bah, il dort. »

Max leva son œil au ciel, alors que Frida ricanait.

« Vous, euh… Vous voulez que j’aille le réveiller ? C’est juste que… Que vous devriez attendre un petit moment quoi ? »
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Re: [Reinhard Faul] Grande galère

Message par Reinhard Faul » 22 août 2019, 16:47

On est parti hors de Nuln à pied, de nuit. Je ne me suis pas allé aussi loin des Taudis depuis de nombreuses années. On a marché tout droit vers l'extérieur, par les rues où passent les marchands et les cavaliers. Les rares passants nocturnes s'écartent poliment sur le chemin des Répurgateurs. Ces gars là ont des uniformes très inconfortables, sans doute pour éviter le moindre manquement à la pudeur, en tout circonstance. Ça pèse très lourd tout ce bazar, et c'est serré au niveau du ventre. En plus ça me gratte. Et puis les bottes me font mal aux pieds. Je dois me faire violence pour ne pas chouiner et tirer sur mes vêtements. En plus le paysage devient de plus en plus bizarre.

Il y a de moins en moins de maisons et de plus en plus d'arbres. Des champs font leur apparition, des petites plantes partout et plus de pavé. On a dépassé les portes de la ville et les derniers passants prennent chacun leur petit chemin pour le bled pourri de leur choix. Irmfried nous fait prendre un sentier à travers les bois, où on avance en file indienne. Il fait très sombre et j'arrête pas de me casser la gueule sur des racines avec mes grosses bottes qui sont comme des blocs de pierre arrimés à mes pieds.

C'est très très long pour arriver jusqu'aux chevaux. Je chantonne parce que personne ne veut faire la conversation, tout le monde est trop stressé. Le paysage me perturbe. Je n'ai plus l'habitude de la campagne. En plus c'est plein de merdes magiques dès qu'on sort de la ville, t'es dedans jusqu'aux genoux. Des cailloux en cercle, un sorcier des bois, un chêne un peu trop multicentenaire. Là on en croise pas, mais je sens que les Vents circulent différemment à la campagne. Moi je suis un pur citadin nulnois je suis pas fait pour ces conneries.

Le voyage est tellement long qu'on a le temps de se poser des questions telle que « comment les Répurgateurs font pipi ». Réponse : ils y perdent un temps fou. On sent un effort pour que les organes génitaux ne soient pas trop facilement disponibles. Et moi, du temps, je n'en ai pas. Je voyage avec une peau temporaire (assez déroutant d'ailleurs, difficile de pisser avec ce drôle de pénis tout neuf et tout rose). A un moment je vais perdre cette mue, j'aimerais que ce ne soit pas en public. Ça va faire tout bizarre quand la peau de mon visage et mes dents vont tomber d'un seul coup.

Irmfried finit par nous abandonner au détour d'un arbre pour aller chercher la diligence dans un relais. Le monsieur à l'intérieur n'a pas l'air très content d'être réveillé à cette heure là. Je me tortille dans mon corps bizarre. J'ai le dos bien droit et une posture plus dynamique, pas l'habitude. Plus de la moitié du temps du sort s'est déjà écoulé. Je ressens déjà une impression d'étrangeté et une envie de sortir de cette combinaison trop ajustée. Faut vraiment qu'on se grouille. Alors que je suis en train de me gratter le visage, Irmfried revient avec une merveilleuse nouvelle :

« Comment ça, conduire un cheval ? »

On se regarde, Frida, Max, et moi. On est comme des gros couillons. Je me suis déjà occupé de chevaux. Je sais les brosser, nettoyer leur écurie pleine de merde et leur curer les sabots. Les transvaser d'un champ à l'autre. Mais je suis jamais monté dessus. Jamais conduit une charrette non plus. Par contre je sais les charger, arrimer du fret dedans... c'est complètement hors sujet aussi.
Je monte sur le banc du conducteur avec hésitation. Rien que la diligence qui démarre, c'est presque trop d'émotions. Je vois Frida devenir toute blanche. Elle doit pas avoir l'habitude non plus que le paysage défile plus vite sur les cotés.

On a perdu un temps fou à rejoindre ce relais à la con. Ça met beaucoup moins de temps de faire le chemin inverse. La trouille et l'impression d'être dangereusement sous qualifié doit faire passer le temps plus vite aussi.
Irmfried parle de comment gérer le frein dans les pentes pour soulager les chevaux, et que son chargement lui fonce pas dans le cul pour nous tuer tous. Il parle des émotions des canassons eux mêmes pour pas qu'ils s'emballent et qu'ils nous tuent tous. Il a certes une très belle moustache mais il n'est pas professeur. Max a bien fait d'aller se planquer à l'arrière. Frida fait la tête de quelqu'un qui est en train de survoler les royaumes du Chaos en deltaplane. C'est affreux. Au moins ça fait oublier tous les dangers qui se dressent encore entre nous et le Capitaine Vidale Candialo. Il faut déjà survivre aux putain de chevaux.

Il s'est mis à y avoir beaucoup plus de pente à l'approche de Nuln. J'ai serré les dents à cause du précipite du coté gauche de la route. A cause de ça, j'ai à peine eu le temps de tourner la tête quand Irmfried a sauté de la diligence. Il n'a même pas dit au revoir, d'un coup il est juste parti avec son Long Fusil. On aurait dû se dire dramatiquement au revoir sous le clair de lune et tout. C'est curieux, je le connais littéralement depuis cette semaine, mais j'ai beaucoup de souvenirs à lui et ça appuie dans ma tête. C'est un brave gars, j'aimerais bien qu'il prenne soin de moi, je sais déjà qu'il le ferait très bien. Il est très beau tout nu. Il veut juste s'occuper de sa sœur et qu'on le laisse tranquille. Ça a été un putain de coup de tonnerre quand elle est tombée malade. OK les autres aspects de sa vie marchent plutôt bien, mais tout est si cruel, si exigeant... c'était vraiment lui tirer le tapis sous les pieds de lui enlever sa famille. Je voudrais qu'il se repose avec Grand Père et moi. On a même pas eu le temps de faire une partie de carte ou quelque chose comme ça. Du coup je lui braille « ESSAYE DE PAS MOURIR » et c'est tout. Il disparaît après qu'on ait franchi un virage en bringuebalant sur une route même pas jolie.

Et en réalité, j'ai très vite remis mon attention sur la conduite des chevaux et le passage des portes de l'Halbinsel. La réalité se fiche complètement de mon sentimentalisme. Tout en essayant de ne pas mourir dans un virage, j'ai essayé de réfléchir à comment rentrer dans mon rôle de Répurgateur. Ce n'est pas le tout d'enfiler les fringues. C'est des types franchement chelou, faut bien le dire. Sigmar il est du genre énervé. Il veut écraser des trucs avec son marteau. On est pas là pour finasser sur la définition de « magie » ou de « chaos ». On est là pour brailler dans la rue et accuser n'importe qui de n'importe quoi sur le mode passionnel.

Et puis finalement on est arrivé à une première porte. J'ai été saisi par la panique, alors que le passage était tout simple. Frida s'est occupée des dialogues. Le seul truc que j'ai trouvé à faire c'est de froncer les sourcils et faire un regard méchant (et un peu constipé, pour ce que je me figure sur le culte sigmarite on est beaucoup sur de la rétention anale). Tout s'est déroulé comme dans un rêve, j'ai claqué les rênes et les chevaux ont redémarré gentiment comme si j'y connaissais quoique ce soit en conduite. Quand on avait arrêté la diligence quelque part dans les collines par accident, on a dû leur jurer comme des malades et Frida a fini par leur mettre un coup de pied au cul pour obtenir la même chose. Braves bêtes.

Les rues sont devenues trop étroites. On a arrêté le convoi infernal et c'est les jambes tremblantes que j'ai retrouvé le plancher des vaches. J'ai avancé avec les autres en essayant de prendre l'air le plus martial et bouché possible. On est passé devant un temple. J'ai tenu le coup, malgré les parfums affreux et les braillements hallucinatoires. Tout ça est resté lointain. On a pu parvenir aux gardes suivants sans que je me mette à faire n'importe quoi et à saigner du nez. Ceux là sont deux et sont plus insistants.

Les deux connards ont fait leurs connardises habituelles. Se mêler de nos affaires, quoi. Et pour, au final, déclarer que le chef était en train de dormir et qu'on devait attendre. On peut pas attendre ! J'ai senti Max et Frida un peu couillon, ils se sont mis à ricaner comme des hyènes. Jusque là les discussions ont été polies. Là il va falloir convaincre du sacré de notre mission. Je me suis senti investi du devoir de nous sortir de ce mauvais pas. Ils me prennent tous pour un espèce de messie je sais pas quoi. Je dois bien avoir deux trois cartouches de ce coté là. Je prends mon air le plus possédé. Moi si j'étais Répurgateur je laisserai pas un pécore possiblement en proie aux forces du chaos me barrer la route.

« Attendre ?! Tu sais à coté de quoi on est en train d'attendre là ? Non tu sais pas. Nous on s'est tapé la route depuis putain de loin, c'est pas pour laisser les autres roupiller une fois près du but ! »

Je fais semblant de jeter un regard colérique vers le bateau. Il a l'air trop usé, les voiles en lambeaux, c'est pas difficile de le reconnaître. Moi en plus je le vois briller vert, comme une jolie aurore boréale, ou comme des petits asticots en train de grouiller. C'est difficile les comparaisons, avec le chaos. En tout cas ça me donne de la foi. Je peux être un Répurgateur fanatique quand je vois un seul des présents magnifiques de Grand Père.

« Regarde moi ce merdier, j'ose pas imaginer les fléaux qui se trouvent là d'ssus. Ça m'fout en rage soldat, en rage ! Ce que ces viles sorcières pourraient faire de ces... »

Et là je prends une inspiration hachée, qui, j'espère, reflète la rage, parce qu'en réalité c'est un bruit de plaisir. Tu sais, mon Papy il est tout. Il est de ma famille, il est mon amant, j'ai du mal à supporter d'être si près du bateau dont j'ai tant rêvé et ne pas pouvoir me jeter à l'intérieur. Je voudrais tellement lui faire plaisir...

« Amène nous à ton chef ! On va pas attendre devant une des ignominies de l'Ennemi, non non non. »

Les deux gardes semblent impressionnés par mon petit laïus et décident de nous conduire à leur chef. On passe près des autres en train de picoler.

Je décide d'essayer de faire un peu de magie. Je voudrais leur filer la chiasse. Je peux ensorceler un objet pour qu'il rende malade par contact. Si pouvais avoir l'air d'accidentellement toucher la table, la carafe en passant, ou quelque chose près d'eux...
Reinhard Faul, Voie du Sorcier de Nurgle
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Re: [Reinhard Faul] Grande galère

Message par [MJ] Le Grand Duc » 22 août 2019, 23:21

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Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ


Lancement du sort « Divine Urgence »
MAG Reinhard : 12
Jet : 10, réussite.

Convaincre les militaires :
– Réussite d’office, puisque les uniformes sont de bonne qualité et il y a port des insignes ; je n’aurais fais un jet que si l’un de ces deux facteurs manquait.
Le répurgateur Anton Gunof savait se faire respecter. Le soldat qui lui avait parlé fit les gros yeux, sa peau devint légèrement plus pâle à la lueur des torches et des lanternes, et il tremblait dans son uniforme cintré à chausses bouffantes. On ne parle pas mal à un répurgateur du culte de Sigmar. On ne répond pas. On se contente de se taire et d’obéir.

« T...Très certainement, monseigneur ! Veuillez me suivre, je vous prie... »

Il ouvrit la voie, et Anton Gunof put avancer avec son escorte. En passant, le jeune répurgateur trébucha un peu et toucha sans faire exprès la carafe remplie de vin que les quatre militaires assis se partageaient.
Quatre paires d’yeux qui se levèrent pour le regarder. Quatre militaires, l’un avec un visage couvert de cicatrices, un autre avec des moustaches parfaitement bien taillées, encore un autre dont la demi-cuirasse était décorée de grosses médailles d’argent aux rubans de soie. Quatre gaillards qui avaient dû connaître des guerres, contre les Orques ou contre la Horde d’Archaon. Quatre preux courageux.
Eh bien, ces quatre robustes hommes, quand ils virent l’insigne que portait Reinhard sur son poitrail, ils eurent peur. L’un d’eux eut la pomme d’Adam qui se contractait lors d’une déglutition, un autre, le moustachu, eut l’œil fuyant et n’osa pas regarder Anton Gunof droit dans les yeux. Celui qui allait attraper la carafe fut le plus mal à l’aise, et alors qu’il tentait de se faire plus petit sous son plastron, il balbutia :

« Pardonnez-moi, monseigneur... »

Alors que c’était Reinhard avait trébuché. Max bondit sur l’occasion : Il fit un pas en avant, pointa le soldat du doigt, et se mit à vociférer d’un ton hargneux :

« Faites bien attention à vous, dizenier ! Notre patience a des limites !
– Pardonnez-moi, messeigneurs, madame ! »

Frida fit un petit signe de tête à Max en haussant les sourcils, l’air de dire, « ne perd pas ton temps avec ces andouilles ». Alors que plus tôt dans la semaine, ils n’étaient que des clodos terrifiés par la sergenterie du Westen, voilà qu’ils se transformaient en méchants épouvantails ayant la capacité d’amener la peur et la terreur dans le cœur d’hommes de plus grande bravoure et de meilleure qualité qu’eux.

Ils traversaient la rade. Il y avait bien peu de monde dessus. Sur le chemin de garde, en l’air, des arquebusiers se tenaient toujours près : éclairés par à peine quelques petites torches dont les flammes virevoltaient avec le vent, ainsi que par la faible lueur d’un croissant de Mannslieb qui se reflétait sur l’eau cristalline près des quais.
(INI+INT)/2 Reinhard : 9
Jet : 9, réussite
Sur les quais eux-même, ne se trouvaient que quatre braseros allumés séparés par une quarantaine de pas chacun, tous dangereusement proches de l’eau. Une pensée toute bête entra alors dans l’esprit de Reinhard : Si ces braseros étaient éteints, ou renversés dans l’eau, il deviendrait soudain impossible pour les arquebusiers sur leurs remparts de viser précisément. L’obscurité était un avantage certain pour parvenir à s’enfuir de ce quartier militarisé, et il n’était pas étonnant qu’aucun militaire ne sortait sans un bâton enflammé à l’amadou ou une petite lanterne à huile.

Trois ombres attendaient sur les quais, juste devant la magnifique épave du Il Dolce Delfino. Les soldats qui escortaient Reinhard passèrent devant nonchalamment. Les trois ombres se retournaient. Par réflexe, Reinhard baissa les yeux, camouflant ainsi son visage grâce à son chapeaux aux larges bords. Sa respiration ralentit, se coupa presque. Parce qu’il reconnaissait parfaitement les trois personnes qui attendaient.
Image
Les trois soldats de Shallya. Trois prêtres qui puaient la foi. Tout comme le trio de Nurglites faux-Sigmarites, les Shalléens portaient de bien lugubres costumes, avec capes et grands chapeaux. À la différence que chacun d’entre eux portait, à leurs pieds, de larges encensoirs à main. Pour l’heure, ils étaient éteints, et heureusement pour Reinhard, car si la simple proximité avec l’hospice de la Colombe pouvait déjà le faire tressaillir, la chair de poule gagnant son corps, il est certain que les arômes et les parfums émanant de la pieuse fumée l’aurait probablement franchement endolori. Les trois prêtres gardaient, pour l’heure, leurs visages découverts, et Reinhard les reconnut tout trois : Emma la cocue, frère Ferdi le coureur de jupons, et Zella la sérieuse. Tous trois levèrent leurs têtes pour observer les Sigmarites, silencieux.
Reinhard avait beau ne pas les regarder, et baisser les yeux pour se camoufler, il pouvait sentir un regard lourd et pesant sur lui. Et une étrange perturbation magique alors qu’il dépassa les Shalléens. Lorsqu’il se retrouvait juste à côté Emma, sa main frôlant la sienne, il sentit son cœur s’emballer, et la sueur moite perler dans sa nuque et derrière ses mains.
(INI+INT)/2 d’Emma : ???
Jet caché.
Impossible pour lui de se retourner. Alors il avança tout droit, s’éloignant de l’épave pour gagner un grand bâtiment de pierre qui ressemblait à une bastide.
Le soldat de tête frappa à la porte, une grosse blindée. Le judas rectangulaire coulissa, un visage regarda bien inquisiteur son collègue et les trois intrus, puis il referma la trappe, et on entendit des cliquetis métalliques retentir de derrière : Enfin, la porte s’ouvrit, et un militaire tout en armes, barbute sur la tête, se mit au garde-à-vous en saluant bien militairement les trois répurgateurs.
Il y avait pas mal de monde à l’intérieur. Huit, non, neuf militaires assis sur des tabourets, sur des chaises à l’envers, directement sur un bureau pour l’un d’entre eux. Ils ricanaient, buvaient gaiement. En voyant entrer les trois répurgateurs, tous se turent et se redressèrent sur leur passage. Certains restaient assis, mais évitaient soigneusement leurs regards. Le soldat à l’entrée laissa grande ouverte la porte blindée, tandis que celui qui escortait la bande indiqua à Anton Gunof de les suivre. Il grimpa un escalier en bois qui grinça sous ses bottes, monta jusqu’à l’étage où se trouvaient quelques portes. Il toqua très timidement à l’une d’elle. Aucune réponse. Il toqua une deuxième fois, plus insistant. Enfin une fois rugit de l’autre côté :

« Mais deux minutes bon sang ?!
Je vous jure, y a intérêt à ce que ce soit grave ou quelqu’un va se prendre des coups de fouets ! Entrez ! »

Le soldat ouvrit la porte. À l’intérieur se trouvait une magnifique pièce, qui était légèrement plus grande que le salon de Mémé. On reconnaissait bien qu’on était dans un bâtiment militaire au fait que tous les murs étaient en pierre, et qu’il n’y avait ni fenêtres, ni cheminées : tout juste sur un mur se trouvaient quelques trous verrouillés par lesquels on pouvait passer une arquebuse. Pourtant, les meubles donnaient un air très chaleureux : Des tables et des chaises de qualité, bien jolies, de gros tapis, beaucoup d’armoires. Au milieu de la pièce, un grand lit à baldaquin, d’où se levait un homme nu qui avait sur la tête un bonnet de nuit, et une jeune femme rousse un peu dodue à ses côtés, qui semblait être légèrement trop jeune pour être sa femme. Reinhard reconnaissait parfaitement le bonhomme : C’était le quartenier-général, celui qui avait signé les papiers de Bernhard Steiner il y a de cela plusieurs jours maintenant.

« Pardonnez-moi, mon capitaine ! Ces messieurs sont les répurgateurs d’Altdorf que vous attendiez ! »

Le soldat, immensément gêné, se mit au garde-à-vous dans le coin. Le capitaine-quartenier, lui, attrapa ses lunettes qui se tenaient sur la commode à côté. Cachant sa nudité sous les couvertures, il observa les intrus d’un air inquiet, d’énormes cernes sous ses yeux à peine réveillés.

« Heu… O-Oui ? Heu… Que puis-je pour vous, heu, messeigneurs ? »
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Re: [Reinhard Faul] Grande galère

Message par Reinhard Faul » 24 août 2019, 12:59

Les trois soldats de Shallya ne peuvent pas me reconnaître, mais je me sens quand même obligé d'éviter leurs regards. Je les ai vu en rêve. J'étais à l'intérieur d'Emma. Elle est intelligente pour une religieuse, c'est pas le séjour le plus désagréable que j'ai passé à l'intérieur d'un être humain.
Enfin, sauf la fin.

Je les ai vu à l'intérieur du bateau. Le Capitaine était en face d'eux, des mouches mortes tombaient de sa bouche, il leur a parlé en tiléen et puis... bah je me suis réveillé. C'était le passé ou l'avenir ? Est ce qu'ils lui ont fait quelque chose ? Je me souviens de leurs cris d'épouvante en tout cas. Leur lampe s'est éteinte. Et maintenant ils sont là, et ils me font peur.

Ils ont leur gros encensoir. C'est comme une arme, d'une autre nature que celles de d'habitude. Pour l'instant il est éteint, mais c'est aussi charmant qu'un piège à ours fermé. Ils puent la foi. Comment décrire l'odeur de la foi ? Ça sent un peu comme du métal chaud. Ça picote un peu. Je n'aime pas passer près d'eux. Leurs miasmes couvrent brièvement ceux du fleuve, l'odeur de vase et de mouillé. J'entends Shallya pleurer. Et puis on les dépasse.

Putain, est ce que Emma m'a senti ? J'en sue de trouille. C'est la première fois que je me balade avec un sortilège en plein sur ma gueule. J'ai serré le poing pour ne pas frôler ses doigts. Personne ne s'est mis à hurler, mais je ne suis pas tranquille. Ça reviendra peut être me mordre le cul plus tard.

Le soldat nous conduit dans un bâtiment militaire bien massif, avec des grosses portes en bois épais. On a commencé à entendre des hurlements d'indignation. Monsieur le chef n'aime pas être réveillé au milieu de la nuit. On atterri dans une pièce décorée avec la vulgarité habituelle des soldats. Un lit à baldaquin ! Si ça fait pas bordel ça. On est beaucoup sur du rouge, les tapis ont l'air très moelleux, fait pour s'allonger dessus. Bon, évidemment, la fille à poil c'est le détail qui fait tout. On nous voyant arriver à trois avec tout notre barda de Répurgateur, elle s'est mise à se rouler dans tous les sens pour se cacher avec les draps (de soie mauve, évidemment).

Le quartenier-capitaine s'est redressé dans le lit. Il a arrêté de gueuler des menaces quand le soldat a annoncé notre identité du jour, a maladroitement chaussé ses lunettes. Il est pas très impressionnant, seulement vêtu d'un bonnet en train de cligner des yeux comme un hiboux. Jolies cernes. Je prends l'air fâché. Les sigmarites détestent le sexe. Je détourne un peu la tête comme si la vue d'une épaule de fille non mariée m'était insoutenable de dégoût.

C'est le moment de bien rester dans mon rôle, plus que jamais. Je suis un sale coincé du cul qui gueule sur tout le monde et qui veut cramer des trucs. Jamais oublier ça. C'est des tarés ces types. Ils peuvent brûler des personnes âgées, des enfants, tout plutôt que le chaos. Un type qui dort, c'est une promenade de santé à coté.

« Pour quoi à votre avis ? Vous en envoyez beaucoup des lettres à notre Ordre ? Y en a d'autres des horreurs ignobles issues des profondeurs de... Non ? Alors ! On s'est pas arrêté depuis Altdorf et c'est pour se faire poser des questions cons comme ça ?! Le bateau putain ! Il pue la déchéance d'ici ! »

C'est comme dévaler une pente sur une luge. Une fois lancé je peux plus m'arrêter. Je dois être un taré violent coincé du cul. J'essaye de dissimuler ma trouille en colère. Quand j'ai visité le coin avec Steiner, j'essayais de pas me faire remarquer par ce type. Maintenant je le réveille à poil dans sa chambre et je lui crie dessus. Oh bon sang je suis tellement dans la merde. Faut pas que je m'arrête pour réfléchir.

« Et c'est qui les trois guignols dehors ? Moi je veux pas de pignoufs en train de rôder la nuit prêt de... de ça. Enfermez-les dans un coin on ira s'en occuper plus tard ! »

Je fais des grands gestes en parlant, parce qu'ils faut bien que toute cette adrénaline serve à quelque chose. Sinon on verrait que je suis en train de trembler. Le quartenier-capitaine a l'air interloqué. Je veux pas qu'il réfléchisse, je veux pas qu'il me pose des questions. J'ai pas le temps. Je m'adresse à lui avec les yeux écarquillés et en montrant les dents. Elles sont d'une blancheur éclatante, des fois j'ai l'impression qu'elles m'éblouissent aussi tellement elles sont banches c'est perturbant. Mais bon, j'ai l'air cinglé parce que je suis possédé par une putain de mission divine pas vrai ?

« Pendant qu'on parle, la souillure qui se trouve là, dans ta ville, devant chez toi, elle cherche à se répandre. Elle, elle ne dort jamais. Je ne sais pas encore sa nature exacte, les pignoufs dehors non plus, tout ce qu'ils peuvent faire c'est faillir devant le chaos d'une façon ou d'une autre, et nous faire chier. On a pas le temps pour ça. Quelqu'un est allé sur ce bateau ? »
Reinhard Faul, Voie du Sorcier de Nurgle
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[MJ] Le Grand Duc
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Re: [Reinhard Faul] Grande galère

Message par [MJ] Le Grand Duc » 24 août 2019, 16:05

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Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ


Charisme Reinhard : 8
Bonus :
+2 (Uniforme convainquant)
+1 (Surprise au réveil)
+2 (Comédie en tant que répurgateur convaincante)
Jet : 6, réussite.
Le capitaine-quartenier était proprement liquéfié. Livide derrière ses draps. Il resta bouche bée devant les admonestations du répurgateur, sa terreur somme toute naturelle face à des agents du culte de Sigmar sans doute renforcée par le fait qu’il venait d’être tout juste réveillé. Il balbutia quelque chose, tandis qu’il tentait de se redresser dans son lit.

« M-messeigneurs, s’il vous plaît, je… si vous me laissez simplement un instant, je peux m’habiller et-
– Non ! Rugit Frida en faisant un pas en avant. Vous croyez qu’on a du temps à perdre, qu’on va rester tranquilles pendant que vous mettez vos frusques ? La Déchéance, capitaine, vous savez ce que c’est ?!
– J’en crois pas mes oreilles ! Ajouta Max. Il y a même pas quatre ans, Archaon était aux portes de Middenheim à faucher des régiments impériaux comme des blés, et vous, vous voulez qu’on attende que vous enfiliez un pantalon pour éliminer la corruption ?! »

Il y avait certainement un plaisir vicelard que les trois petits cultistes de Nurgle pouvaient tirer de cette situation. Eux qui passaient leur vie à craindre la soldatesque, voilà qu’ils pouvaient la martyriser comme ils souhaitaient. Criants très forts sur le capitaine dénudé et endormi, ils incarnaient à la perfection les fanatiques hommes du culte. Le quartenier s’en retrouvait paniqué, tremblant, remontant sa couverture pour camoufler son poitrail poilu.

« M-Messire, je… Pardonnez-moi, vous, ces… Enfin !
Monsieur-

– Vous vous adressez à frère Anton Gunof, Templier de l’Ordre de Sigmar ! Annonça fièrement Max en levant le menton.
– Monseigneur Gunof ! Ces trois… Ces trois personnes qui sont sur le quai, ce sont… Ce sont d’honorables fidèles de la bonne Shallya. Des médecins et des clercs à la fois… Ils sont montés sur le navire à la recherche de malades et de survivants, mais sont descendus en urgence, en nous ordonnant de rester le plus possible à l’écart. Personne d’autre n’est entré en contact avec le vaisseau !
Ce sont de braves personnes, très courageuses. La prêtresse Emma Silverstein est une pieuse personne, habile et lettrée : elle nous a énormément aidé pour soigner les douaniers qui ont été contaminés par le capitaine de ce maudit vaisseau. S’il vous plaît, laissez-moi m’habiller, et je… Et je peux descendre pour vous la présenter ! »
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Reinhard Faul
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Re: [Reinhard Faul] Grande galère

Message par Reinhard Faul » 25 août 2019, 08:55

Putain, les trois prêtres sont allés sur le bateau ! Qu'est ce qu'ils ont fait ?! Est ce que Vitale Candiano va bien ? Je me gonfle de colère.

« Ah pardon, on a écrit « personne monte sauf les types qui portent des costumes religieux » ? Alors ? Non ? Bon ben voilà ! Vous croyez que les protocoles de notre Ordre contre les forces du mal font des exceptions ? »

Pas le temps pas le temps pas le temps. Au moins, ma frustration est réelle. J'ai envoyé des postillons de bave partout. Je sens que je suis en train de perdre le quartenier-capitaine, qui a l'air de tenir Emma en estime. Je me pince l'arrête du nez avec le pouce et l'index, comme si j'étais lassé d'avance d'expliquer des évidences à un simplet.

« J'ai pas dit qu'on allait les mettre en pièces sur place, je veux seulement qu'ils soient à l'écart, le temps qu'on s'occupe du plus urgent. La corruption... l'immonde corruption, elle peut avoir différents visages, elle défie toujours nos perceptions. Elle ne prend pas seulement la forme d'une simple maladie. Je ne doute pas de la piété, mais je doute de tout le reste. Les religieux ne sont pas immunisés. »

Je caresse la crosse de mon arme à feu, comme si ça me démangeait de m'en servir. J'ai remarqué ça chez les types un peu flambés, ils adorent se tripoter le flingue. Personnellement, comme j'ai autant de combativité de que de la pâte à pain crue, je déteste avoir un truc qui explose accroché à la hanche. Je reprends :

« Emmener nous au bateau. C'est la seule chose qui nous intéresse pour l'instant. Vous pouvez pas savoir comme... comme il pue. »

La fille rousse essaye discrètement d'attraper une culotte avec deux orteils, tout en cachant ce qui se trouve entre ses cuisses et ses clavicules avec les draps. J'aperçois brièvement une touffe de poils roux, comme cela arrive naturellement quand une personne en panique dans un lit s'agite dans tous les sens. Je feule dans sa direction. Je suis censé détester les femmes nues non ? Toute cette histoire me stresse et m'embrouille, j'aurais peut être pas dû faire le chat. Je sais plus.

« Je ne voudrais pas vous brusquer mais... »

Je fais un signe de la main vers ses vêtements. Je voudrais qu'il les enfile et qu'on aille tous dehors. Au bateau. Mais le quartenier-capitaine se met à courir après ses fringues. Je me mets à déambuler dans la pièce en me tenant les bras dans le dos, examinant tout d'un œil paranoïaque : le vieux slip balancé sur la commode, un livre, le pied d'un meuble. J'aime beaucoup la trace de pneu sur le sous vêtement, c'est mon moment préféré de la visite pour l'instant. C'est pas facile. Je suis un clodo cinglé. J'ai besoin d'être un clodo cinglé. Faut que là je sois un Répurgateur cinglé, c'est tout. Et c'est trop long, trop long ! Il met un temps dingue à s'habiller ce con. Je me mets à parler tout seul pour m'occuper. C'était ça ou chantonner :

« Ça pue, ça presse dans ma tête... comme cette salope à... ou l'autre gros salaud, euh... Pestileth le Répugnant... tous des chiens... faut tout cramer... si tu voyais ce que je vois, ouais, ils sont partout... »

Max me tapote le dos. Ça fait pas très Répurgateur, je l'éloigne d'un mouvement d'épaule. On se fera des petits câlins plus tard, là c'est trop sérieux. Irmfried va mourir si je fais de la merde. C'est trop de pression alors que je sais rien faire.

« Faut enfermer les trois... si ils sont pas enfermés ça va pas le faire... plus la corruption se balader, et plus on doit fouiner dans les affaires des autres, et brûler. Toujours brûler... »
Reinhard Faul, Voie du Sorcier de Nurgle
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