[Antonio Boldrini] Pour vos beaux yeux

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Re: [Antonio Boldrini] Pour vos beaux yeux

Message par [MJ] Scipio » 06 févr. 2014, 21:26

A l'issue du petit laïus d'Antonio, le visage de marbre de l'inconnu parut se fissurer légèrement tandis que les commissures de ses lèvres se retroussaient en une parodie de sourire. Vous savez, le proverbial sourire que l'on croit voir danser sur les babines d'un chat qui a vu une souris ? Bien sûr, cela ne l'avait pas empêché de continuer à orienter le canon de son pistolet droit vers le torse de son interlocuteur.

- Jeune homme, on peut dire que vous compensez votre manque de cervelle et de compétence à l'arme blanche par un sens de l'improvisation pour le moins à propos.
Un détail, cependant : je ne crains nullement le scandale. En ce moment-même, trois personnes sont capables d'attester que je me trouve à l'autre bout de la ville.
Quant aux agents du guet... a votre avis, qui préféreront-ils croire ? Un gentilhomme, ou un vagabond couvert de sang tenant encore l'arme du crime à la main ?


L'homme secoua la tête d'un air suffisant, comme si le fait d'envisager une telle hypothèse était déjà une insulte à son intellect.

- Néanmoins, s'il est un point dans votre argutie qui soit proche de la vérité, c'est bien le fait que l'individu que j'attendais à dépassé l'heure de notre rendez-vous depuis un certain temps déjà, et je ne peux décemment travailler avec un homme en retard pour une affaire aussi importante. Peut-être dans ce cas pourrais-je me laisser convaincre de vous laisser à un possible... partenariat, à condition que vous fassiez preuve de votre bonne volonté.

La femme de l'aubergiste est derrière le comptoir
, ajouta-t-il en pointant le fond de la taverne du doigt. Il serait fâcheux qu'elle vous cause des ennuis par la suite, ne croyez-vous pas ? Pour le bien de notre possible collaboration, il voudrait sans doute mieux que vous la convainquiez de se taire, définitivement.
Si vous vous en trouvez incapable, alors je ne saurais prendre davantage de risques, comprenez-vous ?


Le lanceur de couteaux pouvait en convenir : une balle serait sans doute préférable à un séjour d'une durée indéterminée dans les geôles locales suivie par un lynchage public. Il demeurait cependant seul maître de son destin, ou en l’occurrence de la corde avec laquelle se pendre.
Morituri me salutant... enfin il paraît.

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Re: [Antonio Boldrini] Pour vos beaux yeux

Message par Antonio Boldrini » 07 févr. 2014, 23:37

Un léger silence, le visage de nouveau blême, il profita de cet instant de répit pour rapidement peser le pour et le contre.

*Bon j'vais quand même pas buter une bonne femme, juste comme ça, merde! T'es pas un assassin! Crever un gros lard qui en veux à ta vie c'est une chose, mais ce farcir une grognasse sans défense c'est pas vraiment la même chose!
En même temps, est-ce que t'as le choix? Le mec te menace et il a pas l'air de plaisanter. Puis de toute façon si tu laisses un témoin tu vas finir au bout d'une corde, ou au mieux à croupir dans des geôles immondes et tu sais ce qu'ils font aux jolis minois comme toi dans les geôles? Mieux vaut que t'y foute jamais les pieds!
Alors, maintenant tu te lèves, avant qu'il pense que t'as pas les couilles et qu'il voit que tu trembles comme une feuille et t'y vas!*


Le jeune homme qui n'en mène pas large se lève doucement et s'approche lentement de la lame ensanglanté encore fichée dans la poutre.

-Permettez que je récupère ceci? Je risque d'en avoir besoin.

Toujours sans attendre de réponse, il s'avance, essayant de se montrer d'une assurance à toute épreuve, qui pourtant lui faisait cruellement défaut à ce moment précis.
Il plaque sa main gauche contre le bois, attrapa le manche de la droite en effectuant quelques mouvements de haut en bas pour la déloger puis la retira d'un coup sec.
Il se retourna ensuite aussitôt, les bras croisés, pour masquer ses tremblements.


C'est ainsi qu'il s'avança derrière le comptoir, toujours aussi lentement, espérant ralentir suffisamment le court du temps pour que la suite n'arrive jamais. Hélas, le voici maintenant face à son destin, une femme chétive et sanglotante y était adossée au mur attendant sont heure les mains jointes tournée vers son agresseur.

Il aurait voulu la tuer d'ici, d'un jet bref et sûr, entre les deux yeux.
Mais, comment réussirait il l'exploit de toucher quelque chose avec une tremblote comme celle ci... non, il allait falloir s'approcher... et faire dans le sale.
C'est donc la boule au ventre, une larme à l'oeil que Tonio plongea derrière le bar tenant les mains de sa victime de la main gauche et labourant d'une dizaine de coups désordonné à travers l'abdomen et le thorax de la pauvre femme.

Avant de se relever, le jouvenceau, attendît le dernier souffle de sa victime et en profita pour reprendre ses esprits. Puis dans une pietre tentative pour sécher ses quelques larmes, s'essuya le visage d'un revers de main, étalant par la même une grosse trainée écarlate sur son beau visage, réussissant à malgré tout à camoufler ses yeux rouges.

Une fois de nouveau debout il déclara d'un ton enroué, tout en astiquant sa lame, qui par deux fois ce soir avait bu le sang, avec un vieux torchon trainant sur le comptoir. Puis il la rangea tout en bas de sa sangle à dague, cette place, il ne le savait pas encore allait prendre par la suite une tournure superstitieuse.


-Je... je crois que je devrais aller voir en cuisine si y'a pas un bac d'eau... ça pourrait m'être utile.

(HRP: je suis pas là du week end je reviens que mardi soir)
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Re: [Antonio Boldrini] Pour vos beaux yeux

Message par [MJ] Scipio » 11 févr. 2014, 11:03

Depuis trop longtemps habituée aux coups assénés par son ivrogne de mari lorsque celui-ci se rendait trop compte de la misère de leur situation, la vieille femme avait réagit comme à son habitude et était partie se recroqueviller derrière le comptoir. A l'approche d'Antonio, elle n'avait guère plus fait que redresser un peu la tête, regardant le jeune homme sans le voir et acceptant son sort comme un mouton mené à l'abattoir. Il est probable que la mort fut pour elle une délivrance et qu'elle ne souffrit pas trop malgré le manque de technicité d'Antonio.
Pendant que celui-ci besognait et manquait de rendre son déjeuner, le pistolier s'était levé et s'était épousseté, avant de jauger le cadavre de l'aubergiste sans se déparer de son expression ennuyée. Il avait remisé son arme à feu dans un fourreau passé à sa ceinture à son flanc gauche, vu qu'au droit battait un autre où était passée une rapière à garde ronde et niellée. Grand seigneur, il fit signe à son nouveau larbin de vaquer pour se débarbouiller, le tenant néanmoins à l’œil pour qu'il ne soit pas tenté de se réentrainer au lancer de couteau sur lui puisque la cuisine était dépourvue de porte de sortie ou de fenêtre.


- Bien, le complimenta-t-il lorsqu'ils furent enfin prêts à partir. Hâtons-nous, au cas où la milice finisse par être attirée par l'odeur. Nous allons laisser les choses en l'état, ce qui laissera croire à un règlement de comptes. De toutes façon, il y a de fortes chances pour que les voisins nous aient entendu et ne se ruent à la curée pour s'emparer de tout ce qui n'est point cloué à un mur dès que nous aurons dépassé le coin de la rue, comme les rats qu'ils sont. Après vous.

Les deux hommes sortirent et s'éloignèrent à grands pas. Apparemment plus que confiant dans sa capacité à maîtriser un saltimbanque si il venait des idées saugrenues à celui-ci, Tête-de-Rapace ouvrait la marche avec une seule petite enjambée d'écart sur son compagnon, si bien que celui-ci se trouvait toujours à portée d’œil, de voix... ou de lame.
Ils marchèrent un moment, ignorant les ruelles pisseuses pour se contenter de suivre la rue principale pavée pour rejoindre le quartier commerçant. L'homme au port noble se mit alors à parler d'un ton teinté d'ironie alors que la rue commençait à s'encombrer de badauds et de colporteurs.


- Mon petit ami, je suppose que puisque vous avez fait montre de tant d'enthousiasme pour ma cause, vous méritez sans doute de savoir dans quoi vous avez mis les pieds.
Voyez-vous, je suis ce qu'on pourrait appeler un homme d'influence. Non que je puisse me targuer d'un sang particulièrement noble, mais il se trouve que j'ai pour don de pouvoir résoudre des situations complexes pour les individus qui ont les moyens de requérir à mes services.
Plusieurs de mes clients, dont je tairais le nom, ont besoin d'or pour mener à bien de grands projets. De beaucoup d'or. Me suivez-vous, jusqu'ici ?
Bien. Mon but ici est de servir d'intermédiaire entre mes clients et un individu susceptible de fournir ces fonds désirés. Néanmoins, je soupçonne ledit individu de me dissimuler quelque clause cachée dans l'accord qu'il me propose, et comme le dit l'expression populaire je préfère ne pas voir le panier de crabes se refermer sur moi.


L'homme eut un reniflement de nez exaspéré, comme si il lui paraissait aberrant que quelqu'un essaye de se jouer de lui... à moins qu'il ne soit allergique à toute allusion populaire.

- Voilà ce que je vous propose. Vous tentez de me tuer, je vous tue. Vous tentez de fuir, vous aurez tous les limiers de Rema aux trousses jusqu'à la fin de votre misérable vie. Faites ce que je vous dis, montrez-vous utile, et non seulement vous vous en sortirez vivant mais vous serez intéressé aux bénéfices. Cela vous parait-il honnête ?
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Re: [Antonio Boldrini] Pour vos beaux yeux

Message par Antonio Boldrini » 13 févr. 2014, 23:21

C'est légèrement courbé sur lui-même et se frictionnant les bras que le jeune homme accompagna son nouveau mentor. Etait-ce à cause de la faim qu'il n'avait pas pu combler et du froid mordant dont sa veste d'été faisait piètre rempart, ou bien ce noeud à l'estomac et ses frissons étaient il tout simplement le contrecoup de ses actes immoraux.
Il se persuadait du mieux qu'il pouvait que la première hypothèse était la bonne et espérait de tout coeur que le "professionnel" ne change pas d'avis sur son cas, décidant finalement de l'exécuter pour ne pas prendre de risque avec un pied tendre qui risquerait de tout faire foirer.

Après avoir écouté le laïus de son futur employeur, la pression insoutenable qui le rendait muet jusqu'ici, chose assez rare pour être soulignée, lâcha.
Il ne put retenir un éclat de rire nerveux, qui heureusement ne dura pas très longtemps, mais qui lui permis brièvement de décompresser et de reprendre son aisance naturelle.


-Hahaha, pardonnez-moi, haha, je suis vraiment désolé mais... c'est la première fois qu'on m'offre une proposition que je ne peux refuser, que j'accepte volontiers d'ailleurs. Dire le contraire serait suicidaire je pense, mais vous vous doutez surement que de telles paroles dites sous la menace n'ont guère de valeurs et je suppose que vous gardez, tout comme moi, dans un coin de votre tête, que ceci puisse être un mensonge éhonté.
Passons nous de ce genre de comédie voulez-vous, et venons en au vif du sujet, vous pourrez juger de ma fiabilité en temps voulu.


Il termina sa tirade par un sourire de jeune premier, lui donnant l'air aussi sympathique qu'insupportable en fonction de l'interprétation de son interlocuteur. Son attitude était peut être dangereuse, mais il ne savait répondre au danger que par la dérision, advienne que pourra.
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Re: [Antonio Boldrini] Pour vos beaux yeux

Message par [MJ] Scipio » 17 févr. 2014, 07:43

Loin de s'offusquer, l'employeur d'Antonio se contenta de continuer à marteler le pavé de son pas assuré et de le gratifier d'un haussement de sourcil marmoréen, comme si son propos ne faisait que renforcer son idée première (à savoir que son nouveau larbin se démarquait davantage par sa spontanéité que par son bon sens). En effet, si celui-ci était frappé du coin du bon sens, fallait-il être sot pour le pointer du doigt à celui qui tenait votre vie entre ses mains.

- Chaque chose en son temps, fit l'homme avec un reniflement dédaigneux. Rendons-nous d'abord à un endroit approprié.

Le trajet ne dura cependant pas, car dès que le duo passa le coin de la rue suivante, l'aîné désigna du menton un bâtiment de briques rouges à deux étages de l'autre côté de la voie pavée qu'ils piétinaient. L'enseigne battant au-dessus de la porte, vivement colorée, indiquait que l'établissement se prénommait "La pieuse charrue", et contribuait avec la devanture fraîchement passée à la chaux à donner l'impression que l'endroit était de bonne tenue.
Impression qui se confirma lorsqu'ils y pénétrèrent : la salle principale, meublée de façon rustique, était haute de plafond, propre, et presque convenablement aérée grâce à la percée de deux fenêtres. Outre la demie-douzaine de tables rondes que comptaient l'endroit, le fond de la salle était occupé par un long comptoir de bois, un escalier menant à l'étage et une porte menant probablement à la cuisine. Le personnel était composé du patron, gaillard longiligne aux cheveux noirs frisés, ainsi que d'un couple de serveurs des deux sexes qui ne paraissaient pas avoir le moindre problème à danser au milieu de la foule dense qui avait envahi les lieux à cette heure de la journée.
S'étant au départ dressé pour refouler les nouveaux arrivants, le visage du tavernier s'éclaircit soudainement et indiqua du pouce l'escalier. L'employeur d'Antonio ne se fit pas davantage prier davantage et l'entraîna à sa suite.
L'étage, tout aussi propre que le rez-de-chaussée, était découpé en cinq chambres réparties autour d'un corridor central. L'arrangeur de problèmes se dirigea sans hésiter vers celle du fond, dont la porte n'était pas verrouillée et qui leur permit d'entrer dans une pièce qui devait servir de chambre au propriétaire des lieux. Outre une table centrale et deux chaises, on pouvait y trouver plusieurs coffres de rangement et un lit dans un coin. La décoration était quand à elle utilitaire, pour ne pas dire spartiate.
L'aîné du duo prit place sans gêne.


- Ah, ce brave Octavio... depuis que je l'ai sauvé de la faillite où le menaient droit ses dettes de jeu, il se prétend mon éternel débiteur et j'ai droit à sa meilleure table aussi bien pour moi que mes invités. Il faut dire que cela n'a pas été une mince affaire que de racheter le résultat de ses agapes.
Mais je vous en prie, installez-vous. Nous allons pouvoir parler à notre aise à présent.


Face-de-Rapace, le dos droit comme un I, se mit alors à pianoter d'une main sur la table, tandis que l'autre reposait sagement sur son genou, à proximité plus ou moins consciente de la garde de son arme. Son visage paraissait toujours aussi indéchiffrable, mais on pouvait néanmoins supputer que son état était sans doute proche de la détente.

- Puisque vous vous demandiez quel sort je vous réservais, je vais vous le dire. Je souhaite que vous surveilliez la personne dont je vous ai parlé et que vous me fassiez part du moindre détail incongru la concernant. Peu importe la façon dont vous vous y prenez, mais si elle dissimule quelque honteux secret qui risquerait de se montrer préjudiciable à court ou long terme à notre futur marché, je tiens à en être averti avant que la milice de l'un de nos bons édiles ne vienne frapper à ma porte au petit matin. Cela vous semble-t-il dans vos capacités ?
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Re: [Antonio Boldrini] Pour vos beaux yeux

Message par Antonio Boldrini » 23 févr. 2014, 10:52

Enfin dans un endroit chaud et sec, qui de plus, avait l'air propre et non infesté de vermine, que rêver de mieux? Oh peut être une chambre de châteaux, un feu de cheminée, un lit à baldaquin et des princesses jumelles dénudée à l'intérieur? Mais il fallait ce contenter de ce qu'on avait et pour l'instant, cela lui allait à la perfection.

Le jeune homme écouta attentivement monsieur "ballet dans le cul", et il bénit d'avoir suffisamment fréquenté le comédien de son ancienne troupe, sans quoi il n'aurait pas compris la moitié des mots qu'il venait d'employer. Mais hélas, même avec ça, il n'était pas sur d'avoir bien saisit ce qu'il avait à faire.


-Bon, juste pour être sûr, j'dois suivre le patron du bar c'est ça? Le grand dadais aux frisettes? Je suppose que la filature discrète est proscrite,vu qu'il m'a vu avec vous, il sait donc que je travaille pour vous.
Quant à ses secrets, qu'est-ce que vous considérez comme honteux? Et ou dois-je faire mon rapport si je trouve quoi que ce soit?
Ah, et même si j'ai jamais fait ça de ma vie, je pense que c'est dans mes capacités en effet.


(hrp: dsl pour la réponse tardive, et la maigre qualité de ce post, mais j'fais avec ce que je peux en ce moment [message subliminal]fait pas de gosses![/message subliminal], normalement ça devrait aller mieux la semaine prochaine.)
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Re: [Antonio Boldrini] Pour vos beaux yeux

Message par [MJ] Scipio » 23 févr. 2014, 18:21

Pour ce qui est des problèmes avec les enfants, je te suggère une solution made in gnoll par un auteur de webcomic que j'aime bien : http://guildedage.net/wp-content/upload ... l-copy.jpg
Haussant un sourcil désabusé, l'employeur de Tonio resta sans mot dire pendant quelques instants, le gratifiant du genre de regard que l'on réserve d'habitude aux enfants aussi turbulents qu'attardés. Il parut sur le point de proférer une remarque désobligeante, mais s'interrompit, comme coupé par l'exaspération avant de pousser un soupir bruyant par le nez.
Son regard perçant vrilla celui du saltimbanque, qui put l'espace d'un battement de cœur se croire fouaillé jusqu'à l'âme.


- Non. Je n'ai que faire des vicissitudes d'un aubergiste. Je vous parle de la personne avec laquelle je dois faire affaire pour le projet dont je vous ai entretenu dans la rue.
Il s'agit de la signora Prosperpa di Casteldoro, une roturière qui a eu l'intelligence d'épouser un beau parti de Rema et de faire en sorte qu'il meure avant elle. Mort naturelle du vieillard, pour ce que j'ai pu en découvrir.
Or donc, vous devrez...


Un coups à la porte l'interrompit, lui faisant lâcher un grognement exaspéré. Se tournant à demi vers l'entrée de la pièce, il posa rapidement la main sur la crosse de son pistolet et ordonna au visiteur de se présenter. Par l'ouverture se présenta l'aubergiste portant deux plateaux fumants et arborant un sourire radieux, comme si la visite du sinistre individu était le plus bel événement qui lui soit arrivé dans la journée. Mû par une habitude bien rodée, il ne fit pas le moindre commentaire, se contentant de dispenser la divine provende avant de s'éclipser.
Chaque plateau contenait une assiette de bois où deux cailles étaient posées sur un lit de fèves au beurre, une cuillère en bois, un couteau à manche de corne, un demi-quignon de pain blanc et un godet d'étain brillant. Pour accompagner ces mets simples mais délicieux, une carafe en terre cuite contenant un vin rosé désaltérant trônait à présent entre les deux hommes.


- Le plat du jour, profitez-en, intima Face-de-Rapace après s'être imprégné avec componction des riches effluves qui émanaient du plateau.

Donnant l'exemple, il se servit avec un savoir-faire consommé d'une cuillérée de fèves avant de s'en délecter, mâchant longuement avant de déglutir et de se tamponner les lèvres à l'aide d'un mouchoir brodé, une esquisse de sourire satisfait plaqué sur le visage.


- Délicieux. A présent, pour en revenir à nos affaires... je disais donc que je souhaitais que vous me renseigniez sur les moindres faits intéressants concernant cette dame trop empressée à mon goût.
J'ai bien sûr fait ma propre enquête de mon côté, mais même si je n'ai rien trouvé, cela ne signifie pas qu'il n'y a aucun cadavre dans le placard. Cela peut vous faire sourire, mais mon instinct me dit que quelque chose cloche chez elle : elle fait preuve de nombre de vices caractéristiques des femmes riches et seules, mais elle se prête également à un trafic étonnant; celui d'un type très particulier de pierres précieuses, qu'elle achète en quantités invraisemblables à n'importe qui pour peu que ce soit de façon discrète. Je suis en mesure de l'aider à assouvir sa passion pour répondre à la demande en or de mes clients, mais j'aimerais néanmoins savoir savoir pourquoi cette femme court après ces minéraux comme un ingénieur de Nuln après un tonneau de poudre noire.
Simple question de survie, encore une fois.


Face-de-Rapace se saisit alors précautionneusement de l'un des petits oiseaux rôtis et caramélisés dans leur jus qui reposait dans son assiette et entrepris de le ronger à petits coups de dents précis, dédaignant l'usage du couteau.
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Re: [Antonio Boldrini] Pour vos beaux yeux

Message par Antonio Boldrini » 26 févr. 2014, 10:35

-Oh...

S'exclama t-il après un silence gêné, il était pourtant à peu près sur d'avoir compris ce que disait ce pédant personnage, visiblement il s'était trompé.
Après tout, ce n'était pas plus mal, qu'il continue à le sous-estimer, cela lui serait peu être favorable par la suite, lorsqu'il essaierait de lui fausser compagnie.
Mais pour l'heure, ces pensées furent stoppées net par un agréable fumet qui s'échappa des plats qu'apportait l'aubergiste et qui lui rappela qu'il n'avait toujours rien avalé depuis la veille. Après l'autorisation d'y gouter, il ne se fit pas prier.
Le voilà donc, plongeant goulument les doigts pour arracher une cuisse de caille, tire un morceau de chair d'un coup sec et avale trop rapidement pour être dégustée à sa juste valeur.
Il enchaîna, bouchée par bouchée, cuillerée par cuillerée, en silence, à la vitesse de celui qui mange quelque chose de trop gouteux pour lui, ayant peur qu'on le lui vole avant qu'il ne l'ai fini.
Son assiette terminée, les os rongés, la sauce épongée par le pain, n'ayant laissé ni une miette ni une goutte de sauce, il attrapa la timbale, bu le contenu d'un trait et le reposa aussi vite qu'il l'avait ramassé.
Le repas aidant à lui remettre les idées au clair, il s'exclama après s'être léché les doigts, sans s'occuper des convenaces.


-Je suis votre homme, les femmes, ça me connait et pour peu que celle si soit plutôt agréable à regarder, ça sera avec plaisir.
Dites-moi tout ce que vous savez sur elle. Oh et savez-vous où je peux trouver des frusques un peu plus présentable au cas où je doive l'approcher? Celles-ci ont eu... un petit problème comme vous le savez...
Je doute que l'on me laisse vagabonder dans son quartier dans une telle tenue, de plus si je dois la suivre par un temps pareil, j'aimerais avoir quelque chose d'un peu plus chaud sur les épaules.
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Re: [Antonio Boldrini] Pour vos beaux yeux

Message par [MJ] Scipio » 03 mars 2014, 13:54

Haussant un sourcil résigné (mais n'avait-il pas déjà prouvé à plusieurs reprises l'expressivité étonnante dont il était capable à l'aide de ces fines lignes de poil ?) devant le peu de qualité de son invité pour les manières de la table, L'employeur d'Antonio avait attendu que celui-ci lui pose des questions, puis avait haussé les épaules et poursuivit le décorticage de son oiseau en silence, se tamponnant délicatement les lèvres à intervalles réguliers chaque fois qu'il menaçait de tacher ses coûteux habits.
Une fois le repas terminé, le "résolveur de problèmes" sauva un peu de l'alcool qui avait survécu à la soif de son interlocuteur, en but une petite gorgée dans sa propre timbale puis posa les coudes sur le bord de la table et croisa les doigts juste devant son menton aigu.


- Je vous ai déjà dit qu'elle faisait montre des défauts habituels des femmes riches et seules : elle collectionne les belles robes, les bijoux, et les amants lorsqu'elle n'est pas en train de chercher un protecteur pour amortir le coût de ses agapes. Elle est connue pour offrir régulièrement des bals et des réceptions de qualité, mais ne la croyez pas aussi futile que les créatures dont vous pouvez avoir l'habitude : elle a eu l'intelligence de ne jamais se faire l'ennemi d'un trop gros parti et a même fait investir dans certaines entreprises qui lui assurent des intérêts faibles mais réguliers.

Loin de moi l'idée de vous imposer une ligne de conduite, mais je pense qu'elle ne se méfiera pas si vous vous présentez comme un pirate, un aventurier ou un mercenaire plutôt que comme un noble même déchu. Elle doit avoir l’œil sur toutes les grosses fortunes et s'étonnerait de ne pas avoir entendu parler de vous.


Face-de-rapace agita sa serre droite d'un air badin, comme si de toute façon il lui eut semblé plus qu'improbable qu'on puisse croire Antonio pourvu de la moindre goutte de sang bleu.

- Pour le reste, mieux vaut que vous vous fassiez votre propre idée. J'ai prévu de rencontrer la signora ce soir au rez-de-chaussée de l'auberge pour régler quelque ultime détail, vous pourrez donc l'observer et l'aborder à loisir.
Octavio vous fournira ce dont vous avez besoin, et je ferai en sorte qu'un tailleur vous rende visite. Évitez donc de sortir de cette chambre, et plus généralement de l'auberge jusqu'à ce soir. Je reviendrai vous voir avant le rendez-vous. Un homme ayant mes compétences n'est que rarement des loisirs, vous le comprenez aisément.


Sur ces bonnes paroles, l'homme se releva et s'en fut en saluant Antonio d'un subreptice signe de tête, le laissant seul avec les reliefs du repas. Comme il l'avait dit, l'aubergiste ne tarda pas à se manifester en frappant poliment à la porte avant de s'engouffrer dans la pièce avant que l'écho du dernier coups ait fini de résonner. Avec une assurance non dépourvue d'une petite dose de déférence, il commença à récolter la vaisselle sale tout en s'enquérant du desiderata de l'invité de celui auquel il devait à priori tout.
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Re: [Antonio Boldrini] Pour vos beaux yeux

Message par Antonio Boldrini » 09 mars 2014, 15:44

A peine son employeur venait-il de sortir, que l'aubergiste refit son entrée, ne laissant pas un instant au jeune homme pour réfléchir à ce qu'il allait faire.
C'est avec une pointe de surprise et un plaisir non dissimulé qu'il se rendit compte qu'on avait mis le tenancier à son service. Il essaya donc de se donner l'importance de celui qui a l'habitude de se faire obéir.


-Je vous prierais de m'apporter une grande bassine d'eau chaude et un peu de savon. Ah et un peigne aussi, j'ai besoin d'un peigne. Oh! Et tant que j'y suis, si vous pouviez aller faire laver ceci, je vous en serais grès.

Dit il en ce mettant nu comme un ver, jetant ses frusques dans les bras déjà chargés de vaisselle de l'aubergiste.

-J'ai eu un petit "accident" avant de venir...

Rajouta t-il avec un petit clin d'oeil de connivence pour ponctuer le mot en question, étant persuadé que son serviteur du moment savait quel genre "d'accident" les employés de... *quel est son nom déjà? Ba, mieux vaut ne pas le savoir... probablement*, avaient l'habitude de faire face.

-Merci, ce sera tout, reveillez-moi lorsque mon bain sera pret ou lorsque le tailleur sera arrivé.

Il se jeta alors sur le lit, n'attendant même pas le départ de son hôte. Et ferma les yeux, plus pour réfléchir que véritablement dans le but de s'endormir.
Vu les évenements récents, il doutait de pouvoir s'endormir avant au moins trois nuits blanches, le temps de digérer ses actes.


*Putain, putain putain, dans quoi j'me suis fourré putain, ça va mal finir tout ça, tu le sais... En même temps, pour l'instant t'as pas à te plaindre, t'es traité comme un roi et le seul truc qu'on te demande en échange c'est de courir la gueuse! Si c'est pas une vie rêvée ça, je sais pas ce que c'est!
Et puis, y'aura surement un moyen de mettre les voiles lorsque ça sentira le roussi... y'a toujours un moyen... il le faut...*


C'est donc dans cet état d'intense réflexion et de méthode coué qu'il attendit patiemment la suite des évènements.

hrp: pardon pour le retard tout ça tout ça, je me rattrape cette semaine, promis
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