[Piero] Tilée, terre d'avenir

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[MJ] Le Djinn
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[Piero] Tilée, terre d'avenir

Message par [MJ] Le Djinn »

En ce matin-là, c'est sur un châlit improvisé posé sur des tréteaux, surmonté d'une couche de tissus à la qualité douteuse et surmonté d'un drap confortable, quoique pas trop épais, que Piero s'éveilla. C'est qu'en cette fin de printemps, une chaleur intense s'abattait sur Trantio et l'on évitait de trop se vêtir, bien que la pudeur obligeait à porter un minimum de lin.
Le buste féminin qui l'accueillit à son réveil le ramena hors du royaume de Morr en toute douceur, simplement avec une bosse épaisse sur le front. Au-dessus de lui, une vaste peinture représentant Don Vincente de Lacroza victorieux du raid druchii qui avait ravagé les côtes de Tilée et d'Estalie pendant quinze ans aux alentours des années deux mille après Sigmar. Le tableau, qui devait faire six mètres de large et trois de haut, couvrant ainsi la moitié de la hauteur de la chambrée et la longueur d'un mur, montrait le grand seigneur à la tête d'une armée hétéroclite jugeant des elfes représentés sous les traits les plus hideux qui soient. Au loin, des bateaux aux coques noires flambaient sous le soleil et une colombe passait dans le ciel. Idyllique.

Un grand lit s'étendait juste à la droite de sa couche, collé au mur. Des draps de soie, littéralement, et des plumes d'oie dans le matelas et les oreillers. Une forme imposante en jaillit, grondante, déjà mordante malgré la fatigue des rêves. Elle se tourna à droite, à gauche et constata que les rideaux étaient encore fermés, ne laissant filtrer qu'une mince lampée de soleil. Don Salvatore se leva d'un bond et, esquivant habilement les jambes de Piero, ouvrit grand pour laisser la lumière du matin envahir la pièce. Triomphant, il annonça:


-"Ah! Je craignais qu'il soit midi passé!"

Une deuxième silhouette dans le lit se cacha sous les couvertures en lâchant un râle de douleur. C'était la maîtresse de maison, la femme officielle (et à vrai dire la seule) du prince: Carmilla Vasma de la Basmola Frantio, ou plus simplement Dona Carmilla.

Une telle scène était pour Piero un terrain familier. Cela faisait quasiment un an et demi qu'il vivait à temps plein au Palazzio Ricostruito sous la houlette de son généreux mécène et, avec le temps, des liens s'étaient naturellement tissés. La fonction de Piero paraissait simple en apparence: il était le bouffon, le fou, celui qui jouait de la musique, du théâtre, des rôles, se moquait de la noblesse (avec modération) et plus simplement partageait la vie de son souverain. Tout naturellement et sans que cela ne choque personne, au bout d'un an environ Salvatore avait demandé à ce que Piero passe une nuit dans sa chambre en tant que membre de confiance de son personnel, cela autant pour chanter une dernière berceuse à son prince que pour veiller sur son sommeil paisible. C'était déjà la sixième ou septième fois que cela arrivait et si Dona Carmilla refusait que cela soit trop régulier car elle aimait passer ses nuits avec son mari, chose rare dans la noblesse, Don Salvatore appréciait de jouer au scopa ou au tarot jusque tard dans la nuit et d'écouter les balades plus calmes que permettait le clair de lune.

Toujours était-il que Piero fût également frappé par cette étonnante énergie de bon matin et par la luminosité qui augmenta en pic. Une voix chagrinée émergea des draps du lit:


-"Mon cœur, est-ce que tu ne pourrais pas y aller un peu moins vite? On émerge à peine..."

Salvatore rit de bon cœur et se moqua tout à la fois.

-"C'est ainsi que le peuple se lève, ma chère. Et si le peuple en est capable, nous en sommes capables nous aussi. Piero, dépêche-toi donc un peu, j'ai à faire aujourd'hui."

Dans l'esprit de ce prince, le "nous" était souvent absent, sa place occupée par le "je". Difficile de dire s'il s'agissait d'un important narcissisme ou s'il souhaitait incarner son action politique. Son nom avait en effet beaucoup circulé ces derniers mois sur les lèvres des trantiens et ce pas forcément à son avantage, il s'en fichait pourtant, pourvu qu'on parla de ses actes.
Dona Carmilla émergea finalement de sa cachette et s'étira avec une dignité qui aurait laissé un bretonnien pantois. C'était peut-être ce qui la définissait le mieux: la dignité, la noblesse d'apparence. Elle n'était pas vilaine certes avec ses cheveux bruns, son visage joliment rond et son corps un peu gras mais bien proportionné, mais ses gestes transpiraient d'une telle élégance aristocratique qu'on ne pouvait que rester admiratif. Sa grossesse, qui commençait à pointer au bout de ses trois mois, l'embellissait au passage.


-"J'ai rendez-vous avec Dona Luisa ce matin, je serai sur tes talons."

-"Ma foi, je te ferai réserver une part du saumon. Allez Piero, il est l'heure."

Disant cela et laissant à peine le temps à son valet d'enfiler des bottes, le prince ouvrit la porte de bois et de faire qui fermait la pièce pour pénétrer dans l'antichambre où des serviteurs triés sur le volet, ainsi que des gardes de longue date, attendaient que leur maître apparaisse pour le vêtir de ses beaux habits du jour, marqués par le rouge et le noir. Quelques nobles de plus bas rang, les amis proches de Salvatore, attendaient un peu plus loin dans le couloir en bavardant, impatients de pouvoir rendre hommage et de participer au repas. Ils étaient au nombre de quatre: Don Luigi, Don Gabriele, Don Enrico et Don Tommaso, tous issus du sang pur des cousins de Marco Colombo ou de ses favoris. Bien évidemment, ils méprisaient Piero du plus profond de leurs âmes et prévoyaient à mots à peine couverts de le rosser à la première occasion pour lui apprendre les bonnes manières.

On bavarda tranquillement des événements de la nuit qui, à part pour un rêve un peu étrange de Don Gabriele, étaient sans le moindre intérêt puis on se dirigea vers la salle à manger des petits soupers pour profiter d'un bon repas. Une salle de petite taille, sobre et à peine décorée, dont on pouvait faire le tour en une dizaine de secondes au pire, qui servait à peu près à tout selon le mobilier temporaire qu'on y plaçait à l'instant donné. Il n'était pas rare qu'elle change de forme cinq à six fois au cours d'une seule journée et quatre laquais attitrés étaient tenus de pouvoir répondre aux besoins de leur maître sur sa disposition.

Le repas fût servit sans protocole, car l'on aimait être simple pour les déjeuners privés. Des légumes, du poisson, de la petite bière, du vin léger. La goutte de Salvatore connaissait une période de calme après un régime strict et on reprenait doucement les anciennes habitudes. Le repas avançant, un page vint amener au Don un parchemin tenant les comptes des missions de la journée. Le prince le lut avec dépit.


-"Visite à la guilde des pêcheurs, réunion avec le représentant de la communauté naine au sujet des taxes sur les importations d'acier, ensuite rencontre avec la nouvelle grande prêtresse de Myrmidia Dona Ginevra, discussion des donations au culte de Morr et pour finir je dois parler politique maritime avec l'ambassadeur de Bordeleaux. Formidable. Une journée passionnante qui s'annonce."

Dans un geste de dégoût il lança le parchemin sur le sol. Piero, à sa gauche, vit la feuille lentement voltiger puis s'étendre piteusement sur le parquet ciré. Depuis le temps, Piero l'avait compris: Salvatore était un homme d'action, un homme qui souhaitait par-dessus tout bouger et faire avancer les choses, ce qui contrastait avec sa carrure épaisse et son visage somme toute bonhomme. Les modalités classiques de la vie de prince l'agaçaient et au fond il souhaitait qu'une bonne guerre éclate pour pouvoir aller vadrouiller par mont et par vaux. Jusque là, pourtant, sa politique tendait plutôt à l'apaisement et à la prise de contrôle par une violence modérée.

-"Mon prince ? Les maîtres de carrière..."

La voix provenait d'un jeune mercenaire récemment arrivé dans le palais et qui servait souvent de messager en raison de ses jambes jeunes et rapides. Salvatore, agacé d'être dérangé pendant son ruminement, se tourna vers lui.

-"Quoi les maîtres marbriers? Ils ont fait quoi, encore?"

-"Ils chargent les tailleurs de marbre, mon prince. La nouvelle est toute fraîche. Ils ont payé cinquante mercenaires pour mater la grève..."

En un geste théâtral, Salvatore se leva et frappa la table du plat de sa main en rugissant.

-"Enfin! Ah enfin! Je triomphe!"

La réaction ne surprenait personne à part le mercenaire lui-même. C'est que le prince cherchait à se mettre les différents corps de métier dans la poche depuis quelques années. Comme il savait les maîtres de carrière acquis à la cause (et à la bourse) de Don Felicite, un rival, il avait courtisé les simples ouvriers et les contremaîtres desquels viendraient sans doute la prochaine génération de décideurs. Quand les mécontentements s'étaient accumulés et qu'une grogne avait monté suite à une inflation en ville et un refus d'augmentation des salaires, Don Salvatore avait secrètement alimenté en pièces d'argent une caisse de grève. Cela lui avait coûté cher, mais ses ennemis étaient tombés dans le piège de plein pied: ils utilisaient à présent la force pour mater la révolte et lui allait venir les secourir en héros et en profiter pour faire avoir quelques accidents à ses ennemis.

-"Luigi, Enrico, rassemblez ma garde personnelle. Gabriele, va à la caserne et mets la troupe en route. Retrouvons nous au carrefour de la Esperanza. Tommaso, va veiller sur ma femme, je flaire un piège."

On y était. Le pinacle de trois ans de complots et d'intrigues. Ce soir, la maison du Don triompherait et de nouveaux pans de la cité tomberaient dans son escarcelle. Le regard noir, le sourire fauve, le prince se retourna vers Piero. Ce dernier y reconnut une forme de sauvagerie qu'il connaissait bien, le même sadisme que Salvatore abordait quand, enfant, il laissait des brutes tabasser des petits camarades de jeu.

-"Et toi, Piero? Tu n'as pas peur de sortir l'épée au moins? Ne me dis pas que tu vas rater un triomphe pareil!"

Une pique partit de Don Luigi.

-"Laissez, mon prince! Un fou est bon pour piquer de la langue ou de la queue, pas de l'acier."

Un ricanement naquit aux lèvres des présents. Le temps de l'indécision prenait fin, sans doute...
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Piero Orsone
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Re: [Piero] Tilée, terre d'avenir

Message par Piero Orsone »

Le temps passait. Avec la douceur du printemps. Un nouveau printemps. Quel bonheur. Une année. Une année entière au même endroit. À Trantio. Certes. Il n'avait que peu de possibilités pour traverser la ville et retrouver les lieux familiers de son enfance. Ce que les années n'avaient pas balayé, il ne pouvait en profiter que dans ses "permissions" comme il les appelait. Après tout. Être au service des Grands de Trantio, c'était d'une discipline quasiment martiale.
Du moins, les bons repas, le lit confortable, les servantes dodues et les diners princiers en plus. C'est qu'il en rencontrait du beau monde. Du noble, du seigneur, du diplomate, du capitaine mercenaire ou de l'inventeur farfelue. Il avait vu Don Salvatore traiter de la guerre comme de la paix. Des affaires, comme de la famille. Et lui dans tout ça ? Il était une sorte de présence. Jamais trop insistante, jamais trop discrète. Il était Piero le fou. Il était le témoin de la Folie des Grandeurs des Grands de Tilée.

Ils l'adoraient en plus ! Pas tous, pas tous, mais il avait réussi à se construire un rôle. Déjà, les vêtements. Sa vieille cape rouge avait été reprisée par les meilleures tisserandes du Palais. Teinte avec les plus beaux rouges d'Arabie. Ses habits étaient orgueilleux, élégants, un peu exubérants, car il restait le fou. Piero en avait toute une panoplie désormais. Dans une grande malle. Pour les différentes occasions. L'aventurier y laissait même ses vieilles armures, sa calotte et le reste. Par Nostalgie. Et par sait-on-jamais. Donc, tout cet attirail lui permettait de s'illustrer dans les réceptions. Dans les bals, dans les évènements et les commémorations. Une fois, il avait même recroisé le prince Lorenzo. Oh quel moment. C'était lui le bouffon, mais c'était bien ce maudit godelureau qui s'était couvert de ridicules.

Mais au-delà de la vie de châtelain, il y avait le reste. Doucement. Patiemment. Il reconstruisait ce que plus d'une décennie d'absence avait détruit entre sa mère et lui. L'un de ses plus beaux forfaits fut le jour où, avec ses propres pièces d'or et d'argent, il put lui offrir un collier par l'un des orfèvres favoris de la femme du Prince. Un collier serti d'un grenat orangé. Comme la flamboyante rousseur de sa jeunesse. Les Filles allaient bien aussi. Enfin. Aussi bien que des filles de bordel.
Susanna grandissait, et de fille devenait femme. Ce ne serait qu'une question de mois, d'un an ou deux avant qu'elle ne se fiance avec son maçon. Puis suivraient les enfants. La vie. Et il pourrait en faire partie. Comme la Gosse avait fait partie de la sienne. Il y a toute une éternité. Quand il n'était qu'un maraudeur des collines, suivant la voix douce d'un rêveur démagogue. Il y a bien longtemps qu'il ne l'avait plus entendu. Même s'il n'oubliait pas. Comme la pierre. Les pierres au fond des bois du Nordland.

Les Femmes de sa vie allaient bien. Et il les visitait dès qu'il pouvait. Alors tout allait pour le mieux. Le reste ? Il aviserait bien le temps venu. Contrairement aux portes des palais, il ne se fermait à rien. Alors bon.

Ce matin-là. Il faisait doux et chaud comme le printemps. Si la couche n'était pas la meilleure, elle l'emportait sur toutes les nuits passées dans le ventre d'un navire, dans le froid des cachots ou la terreur des bois. S'étirant avec la souplesse d'un vieux chat, l'aventurier des cuisines et des séjours princiers refrisa sa moustache, se peigna grossièrement les cheveux avec les doigts et observa le délicat réveil de Don Salvatore. D'une prestance pachydermique et avec l'énergie d'un Soudard triplement soldé, le monumental individu se tira de ses soieries pour saluer la matinée. C'est qu'il en était presque attachant. Malgré tout. Piero salua respectueusement la Donna quand elle apparut à son tour, avant d'attraper ses habits des jours simples et sans distractions pour aller à la suite du Prince dans la salle où les valets l'habilleraient. C'est qu'il ne fallait pas être à la traine, car malgré sa carrure, il en avait de l'énergie l'animal !
Sautillant pour enfiler ses braies et se glisser dans ses bottes, il rejoignit don Salvatore en enfilant sa chemise. Il ne fallut pas longtemps pour qu'il sente quelques dagues se ficher dans son dos et ses flancs. Les Quatre puissances de la Ruine comme il les surnommait parfois sous le couvert de ses pensées. Ils le détestaient, car toutes leurs flagorneries ne les amèneraient jamais aussi près de Salvatore que quelques années d'enfance et un coup de main maternel l'avaient fait pour lui. Et puis, il restait désintéressé. Un véritable crime pour la noblesse tiléenne. Un non-intrigant. Imaginez. Le coup dur pour ces petits corbeaux à l'air crâneur qui restaient sur leur perchoir pendant que lui se permettait de voler sur les tables des Bals.
Car il avait appris une chose sans difficulté : Ne pas s'interroger sur des sujets qui ne lui amèneraient qu'un coup de sabre dans le dos ou la visite d'un assassin pour l'étrangler avec ses propres chemises de comédien. Aux princes la politique, à lui la musique et les contes. Et tout devrait aller pour le mieux.

Enfin donc. Il ne salua que d'un bref digne de la main et de la tête les quatre ruineux pour suivre le Prince, non sans un sourire goguenard. Ils se rendirent dans la salle à manger. Le prince mangeait entouré de ses quatre suivants, Piero avait sa petite place dans un coin. Un coin de rien du tout : La gauche de Don Salvatore. Il piocha dans son saumon avec plaisir tout en s'arrosant la gueule d'un trait de bière. S'il allait proposer un petit pizzicata luccinien pour donner un peu de musique au repas, ses doigts n'allaient pas taquiner de sitôt la mandoline : Le page tendit l'ordre du jour au seigneur. Cela le dépita. Piero s'apprêta à renouveler son offre quand un jeune reître déboula. Cela chauffait aux carrières. Il n'en fallu pas plus pour requinquer Salvatore. Et cela voulait dire que la journée n'allait pas être tranquille.

Avec le calme propre aux chiens de mer en rut qui beuglaient leur excitation sur les rochers de Tobaro, le Prince-Marchand lança une série d'ordres à la volée avant de se tourner vers lui. Il n'eut pas le temps de répondre au Grand enfant devenu seigneur de guerre que l'infâme et abject don Luigi se prit d'idée de lui prendre son rôle : Piquer et cingler les gens. Ni une ni deux, il lui lança.

"Signore Luigi. Si votre acier et le bras qui le manie était de la même trempe que la queue et la langue d'un fou, vous seriez Prince de Tilée. Mais baste ! Tâchons de tremper chacun dans les bons coups et les bons trous. Mais si je suis le fou, dans les grandes occasions, je suis fauve, je suis lion, je suis guerrier à tout pareil." Puis d'un air plus sentencieux et sérieux, il se tourna vers le Prince et répondit : "Signore Salvatore. Ma lame, ma langue et tout le barda sont vôtres. Que les Gentilshommes de Trantio se précipitent aux carrières !"
Puis plus confidentiellement : "Mon prince, je vais juste enfiler de vraies affaires et barder ma ceinture."
Il s'éclipsa en direction du réduit où il dormait quand il ne partageait pas les soirées du Prince. Dans la grande malle, il attrapa veste, ceinture, sabre d'acier de la froide duchesse, chapeau, calotte en dessous, plastron et... Le pistolet à la crosse d'ivoire. Cela faisait un moment qu'il attendait là. Sur le coup, il pensait à l'autre. Où diable était-il ? À atteindre une maitresse qui ne reviendrait jamais. Dans des affaires poussiéreuses d'un palais lointain sûrement.

Il avait fait comme elle, finalement. Renier un peu de soi pour une vie au château. Après tout. À sa prochaine permission, il irait voir Alejandro. Et s'ils étaient en ville, Fernando et les autres tiens. Retrouver un peu les bidasses. Une bonne idée. En sentant le poids du canon dans sa main, il le glissa à sa ceinture. Et dans la solitude de l'endroit. Il murmura : "Pardonne-moi Hélène. Pardonne-moi."

La journée ne serait pas de tout repos. Plus qu'à espérer que rien ne dégénère. Que rien ne gâche cette journée de printemps si ce n'étaient les fantômes de l'Hiver.
Piero Orsone da Trantio, explorateur
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Re: [Piero] Tilée, terre d'avenir

Message par [MJ] Le Djinn »

Tandis que Piero se préparait, le temps passait et plus vite qu'il ne l'aurait pensé! C'est que ses beaux vêtements de bouffonnerie, quoique magnifiques à regarder, n'en étaient pas moins encombrants et il n'avait pas de personnel pour le déshabiller à volonté, lui! Enfin il y avait bien quelques dames que lui payaient de temps en temps Salvatore pour fêter un événement quelconque, mais en général elles ne le rhabillaient pas dans la foulée. Toujours était-il que son riche maître s'impatientait au point que sa grosse voix retentit alors dans le palais:

-"Fou, dépêche toi! Tu vas manquer le combat!"

Il n'était plus temps de s'apitoyer sur le passé ou sur ce qui aurait pu être. Désormais revêtu de pied en cap de son vieil uniforme d'aventurier itinérant, quoique lavé et repassé cette fois, Piero pu rejoindre les écuries sur le côté de la maison où huit gaillards attendaient à côté du prince-marchand qui finissait d'être vêtu de ses beaux vêtements de guerre. Ces huit hommes là notre bateleur ne les connaissait que trop bien, car il s'agissait de la garde rapprochée du prince, huit mercenaires ayant connu les champs de bataille les plus durs de Tilée avant de prendre leurs fonctions. Ils avaient tous travaillé des années sous la bannière de la famille Ruisimate, commis en leur nom des exploits héroïques et des crimes atroces. Maintenant leur récompense était arrivée: des quartiers plus que confortables, une solde à même de leur faire oublier toute envie de trahison, des armes et des armures de facture naine achetées à prix d'or et l'accès aux toutes nouvelles inventions des ingénieurs si d'aventure elles présentaient de l'intérêt pour la sécurité du prince. En somme, les gros bras personnels de Sa Majesté. Il ne les fréquentait pas car de façon générale ils ne parlaient pas quand ils étaient en mission, sauf pour donner des ordres. Piero connaissait leurs noms et leurs visages néanmoins. D'ailleurs leur capitaine, Gantran, lui toucha deux mots quand il arriva:

-"Reste derrière, le bouffon."

Ce n'était pas un mauvais bougre de façon générale, mais quand il se mettait au travail un orc l'aurait trouvé de mauvaise compagnie. Laissant ses gaillards se préparer, Salvatore ne fit pas de remarque et récupéra une arquebuse habilement décorée, un bocle et une épée large adaptée au combat à cheval. Cela dit Piero doutait qu'il ne s'engagea dans un corps à corps: pour son maître, la guerre n'était qu'une variante de la chasse où les larbins font le gros du travail et où lui termine les restes par un tir au but. A son avantage tout de même, il mettait les pieds là où le combat chauffait. Bien des princes se contentaient de sous-traiter la basse-besogne sans jamais l'observer par eux-mêmes. Don Luigi et Don Enrico arrivèrent peu après avec douze hommes de plus, les mercenaires à temps plein du palais.

Cabanero, lui, s'engraissait aux frais de la princesse depuis un petit moment, au point qu'il gronda quand Piero posa ses fesses sur la selle. Rien de grave, mais la perspective de changer ses habitudes agaça l'animal. Les Huit prirent chacun un cheval également et, bien plus puissamment armés que leur maître, l'entourèrent pour avancer. Des serviteurs ouvrirent le grand portail pour permettre à la troupe de passer et se diriger tranquillement vers l'Esperanza, un des carrefours centraux avant les carrières. Ce n'était pas un hasard si ce lieu avait été choisi: les rues pour y mener étaient assez larges pour laisser passer les blocs de marbres, permettant également la circulation de soldats et de chevaux. Tout autre passage aurait été impraticable.

L'agitation montait alors que Salvatore et ses accompagnants descendaient de la montagne centrale sur laquelle s'élevaient les riches palais marchands pour descendre vers les carrières. La rumeur enflait et on parlait déjà d'affrontements meurtriers. Le prince commenta:


-"Ah, ils veulent sans doute décimer les premières lignes de nos révoltés pour décourager les autres. Cela m'arrange bien."

Arrivés au carrefour, Don Enrico passa devant pour vérifier la présence de la troupe. Il revint au trot ensuite.

-"Pas de trace de Gabriele pour le moment."

-"Va le chercher et dis-lui de se presser, il doit déjà être en route."

Un hochement de tête plus tard, Enrico partit au petit galop dans une artère étroite. Les rues étaient vides et au loin on entendait des cris et des bruits de métal. Les combats commençaient et se rapprochaient. Le capitaine des Huit ordonna d'un ton qui ne souffrait pas de réplique:

-"Restez dans la rue, n'avancez pas vers l'Esperanza! Guildi, Safrano, derrière le prince. Les autres avec moi, bloquez la voie! Mon prince, vos ordres?"

-"Ne prenez aucun risque tant que nos troupes ne sont pas arrivées."

-"Entendu."

Ainsi placé entre des mercenaires bardés de métal, Piero n'y voyait plus grand-chose il fallait le dire. Seul le blanc des maisons et le brun des volets permettaient encore de dire qu'on était en Tilée et pas dans n'importe quelle rue crasseuse du Vieux Monde. Gantran toutefois, semblait avoir été bien inspiré car une vague de marbriers déferla rapidement sur le carrefour et dans les rues adjacentes. Des pauvres bougres, tous vêtus de la chemise blanchie des ouvriers des carrières et pour certains du tablier des artisans et des contremaîtres. Ils courraient à en perdre haleine, lançant parfois des pierres et des injures derrière eux pendant que des hommes armés de gourdins, de haches et d'épées courtes se précipitaient à leur poursuite, molestant brutalement et parfois à mort ceux qui tombaient sol. Un nuage de poussière se souleva et une demi-douzaine d'ouvriers coururent dans leur panique droit vers les cavaliers des Huit qui bloquaient le passage.

Mal leur en pris.

Les six des Huit les repoussèrent violemment, avec de grands coups de pied en pleine poitrine. Salvatore leur avait ordonné de ne prendre aucun risque tant que l'armée n'était pas sur place et ainsi en serait-il. Seulement Piero ne tarda pas à reconnaître... Antonio dans un de ces pauvres hères violemment repoussés d'un côté par les cavaliers pour éviter d'être massacré de l'autre par des soudards.

D'autant plus que quelques uns des mercenaires du prince Don Felicite commençaient à prêter une attention toute particulière à ces gaillards qui essayaient d'échapper à leur châtiment et à ces hommes d'armes trop bien équipés pour n'être que de passage. A ce rythme tout cela allait très mal finir pour les terrassiers pris entre deux feux...
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Re: [Piero] Tilée, terre d'avenir

Message par Piero Orsone »

Depuis son retour au Pays, il n'y avait qu'une chose que Piero n'attendait pas de retrouver : La guerre.
Les Tiléens avaient pour eux de ne pas craindre les invasions des Hommes du Nord. Ici, les Norses étaient même assez bien vu dans le fond. De grands gaillards solides et simples, une sorte de miroir inversé du natif des grandes cités du Sud.
Les Peaux-vertes étaient surtout néfastes pour les villages ou les localités en bordure des montagnes.
La vraie menace restait les Hommes. Les Hommes si prompts à se tuer pour un roi, pour un dieu, pour des princes. Et pour les femmes, l'or et l'Aigle.

Derrière la solide rangée de mercenaires, l'aventurier n'avait que peu de choses à faire. Éviter les flèches perdues, les coups de dague et attendre. Dans le tintement de la ferraille, leur petite escouade s'avança dans le quartier des marbriers. Piero tendit son oreille, le conflit était tout proche. Il resta aux aguets. Même si ce n'était pas lui qui serait en première ligne, on n'était jamais assez prudent. Tout en flattant l'encolure de sa brave monture, le Fou se retrouva entre le mur d'acier et de sabots qui protégeait le prince. Et les ennuis arrivaient déjà.

Ces pauvres bougres. Devant l'injustice de leur situation, il réfléchit. Quoi faire. Tenter de raisonner le prince ? Sévère mais juste. Mais dans l'entrebâillement des six bêtes de guerre, ses yeux noirs virent un faciès qui fit faire trois tours à son sang et cogner le palpitant contre ses côtes. Antonio. Bordel, bordel, bordel. Il claqua les brides de son cheval et approcha Don Salvatore.
Piero choisit précieusement ses mots. "Signore, ces pauvres hères. Laissons les détaler et reformer le rang. Ils porteront le mot que le Prince Ruisimate est avec le peuple. Cette journée verra bien assez couler le rouge sur le blanc de la pierre trantienne. Sans compter que les insurgés seront ragaillardis pour faire front contre vos ennemis. "

Le fou n'était pas souvent à contester la décision de son prince, mais là... Il y avait les siens en jeu. La Sagesse myrmidienne lui intimait la diplomatie avant tout. Et si cela échouait, et bien...

Il verrait bien s'il avait une once d'héroïsme en lui.
Piero Orsone da Trantio, explorateur
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Re: [Piero] Tilée, terre d'avenir

Message par [MJ] Le Djinn »

Test de CHA (+2 car bon argument): 11, réussite de justesse!
La situation sur le carrefour de l'Esperanza tournait au vinaigre pour les grévistes. Des groupes de mercenaires débarquaient par petites touches des différentes artères, harassant les flancs des marbriers et les assommant à l'aide de lourdes massues de bois, souvent cerclées de métal. Il y eut bien des tentatives de résister de la part des robustes ouvriers, mais leur manque d'organisation, de détermination et d'équipement général tuèrent dans l'oeuf leurs chances de l'emporter.
Dans cette situation, la pression augmentait pour les quelques malheureux qui pressaient les Huit de les laisser passer, s'enfuir vers la liberté et la survie. Non-loin derrière eux, des brigands se rassemblaient, les babines humides dans un réflexe de Pavlov, n'attendant que l'occasion pour se jeter sur eux. Il y avait le doute, tout de même, car un groupe de gaillards à cheval et bien armés était suffisamment mauvais signe pour les tenir à distance, ne fût-ce qu'un temps.


-"Hm. Tu n'as pas tort, musicien. Allez baste! Laissez-les passer. Piero, viens me protéger."

S'il pouvait se montrer magnanime pour des raisons politiques, Salvatore n'en oubliait pas moins qu'une lame d'assassin pouvait se cacher dans le plus humble des habits, aussi souhaitait-il un visage amical à ses côtés pour parer un mauvais coup. Ses gardes du corps, d'ailleurs, ne se réjouissaient pas de cette décision qui mettait leur patron en danger et n'ouvrirent qu'un maigre passage par lequel les ouvriers purent s'enfuir un par un. Antonio passa également mais ne se retourna pas, sans doute encore trop inquiet ou choqué pour reconnaître Piero et encore moins le remercier. Les mercenaires de Don Felicite rugir de colère en voyant leurs proies s'échapper, mais n'osèrent pas approcher quand quelques uns des oui sortirent de larges sabres de leur fourreau et les tinrent victorieusement au-dessus de leur tête en balançant des injures au passage.

Peu de temps après, une corne sonna, accompagnée d'une série de clameurs. Sur la place, on vit les ouvriers encore debout se jeter au sol et les porte-lames qui s'en prenaient à eux se raidir. Des soldats se jetaient dans mêlée, revêtus d'un tabar à livrée rouge et jaune pâle, la plus commune de la famille Ruisimate, laissant de côté les ouvriers mais ouvrant les crânes des mercenaires ennemis. Don Gabriele apparut bientôt sur son cheval, une lourde épée à la main qu'il abattait sur les crânes de ceux qui lui passaient à portée et pas toujours des ennemis d'ailleurs. Don Enrico, qui était parti le chercher plus tôt, surgit bientôt à ses côtés pour l'épauler. Le sang de Salvatore ne fit qu'un tour.


-"La chose se passe bien pour le moment. Gantran, où penses-tu que nous pourrions trouver les lieutenants de Felicite dans ce bordel?"

-"S'il est là, le Pugnale sera assurément en deuxième ligne, c'est là qu'il aime bien être. Quant au Squartatore, je ne serais pas surpris de le voir débarquer d'une seconde à l'autre."

Derrière-eux, Safrano intervint.

-"J'ai cru entendre crier "le petit" par un des gars. Je pense que le fils du prince est là. J'ai entendu des rumeurs comme quoi son père voulait l'endurcir."

Le prince plaça sa main sous son menton pendant quelques instants, le temps d'établir une stratégie logique. Une idée lui vint.

-"Piero, j'ai une tâche à te confier. Prends Manualo avec toi et va trouver le petit prince. Brise-lui ce que tu veux tant qu'il en reste au lit pour des mois et terrorisé pour toute sa vie. Débrouille toi mais je veux que ça soit fait, tu m'entends? Ah et cache ton visage, qu'on ne te reconnaisse pas."

A ses côtés Manualo, qui n'était autre qu'un des Huit, se découvrit et acquiesça la demande de son maître avec un peu d'inquiétude dans le regard. C'était le plus jeune des Huit et aussi le dernier arrivé: un bretteur exceptionnel mais qui manquait de l'assurance et de l'expérience de ses confrères. Son visage était également moins connu des autres aristocrates de la ville et donc plus discret.

-"Je ferai selon vos ordres."

Restait que la tâche ne serait pas aisée: la bataille tournait très clairement en en faveur de la famille Ruisimatte mais rien ne garantissait que le jeune prince soit présent en premier lieu à part une supposition. Et quand bien même, il serait sans doute très bien entouré! Il fallait trouver une solution pour lui mettre la main dessus avant qu'il ne puisse se mettre en sécurité.

Alors qu'ils s'éloignaient, ils entendirent un tir d'arquebuse: Don Salvatore venait de faire exploser la cage thoracique d'un des brigands avec une balle bien placée. Les félicitations de ses hommes se répercutèrent sur les maisons blanches de Trantio...
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Piero Orsone
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Re: [Piero] Tilée, terre d'avenir

Message par Piero Orsone »

Il y en a peu des moments comme celui-ci, mais Piero se jura que dès sa prochaine journée de permission, il irait jusqu'au sanctuaire de Myrmidia de la ville en tunique de pèlerin, à genoux, pour déposer une offrande.
Mais cette journée-là n'était pas encore finie, et tandis qu'il voyait détaler Antonio dans la sécurité relative des ruelles, l'aventurier remercia le ciel.
La guerre ne tarda pas à arriver. Les renforts de Salvatore venaient trucider les troupes du Prince rival. Ainsi, il en allait de la politique dans ce bas-monde. Il resta prudent. Un carreau, un plomb, un coup de fourche. Bien des choses pouvaient vous faire passer de vie à trépas dans ces grands moments de négociations à la Tiléenne. C'était un bain de sang à lui retourner les boyaux... Mais il n'y prenait pas part. Il avait même sauvé des vies après tout. N'est-ce pas ?

Puis le Prince discuta avec ses lieutenants. Et comme par un cruel jeu du destin, il se tourna vers lui. Misère. Après avoir dû protéger un bout de prince il y a de cela un an, il fallait en envoyer un autre dans les jupons des Shalléennes pour un bout de temps. On lui confia un tout jeunot. Un tout jeunot qui avait tué plus d'hommes que bien des vétérans, mais un jeunot. Comme s'il avait le temps pour jouer les parrains-de-bataille avec un merdaillon trop habile de la rapière. Mais bon, on ne discutait pas les ordres. Pas deux fois dans la même heure...
Rabattant son foulard sur le visage, il s'approcha avec sa monture de Manualo et de la sienne. "Le plan est simple. On rejoint nos gars, tu en réquisitionne quelques-uns, on repère un merdeux entouré de soldats en plus beaux uniformes que les trouffions de base. Fumez les gardes et lui on le rosse. Et vous le renvoyez chez Don Felicite à coup d'bottes au train. Tout saisi ?"

Il inspira bien fort et claqua les rênes. Sa promesse envers sa mère tenait toujours. Mais le sang qui éclabousse tâche aussi les commanditaires. Il l'avait bien appris aux côtés du Prince Ruisimate.
Piero Orsone da Trantio, explorateur
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"Ma qué ?!"

Tu vuo' fa' ll'americano
mericano, mericano...
ma si' nato in Italy !

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