[Daine] Seuls les morts voient la fin de la guerre

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[MJ] Le Roi maudit
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Message par [MJ] Le Roi maudit »

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Les troupes pataugeaient dans la neige et la rudesse de la route. Il fallait éviter que les chariots ne basculent sous leur poids, que les attelages craquent, parfois même éviter une crevasse qui aurait pu emporter un homme.
Le premier col fut un enfer. Emmitouflés dans des vestes fourrés que le temps et les mites avaient râpé, les soldats grognaient en lâchant des volutes de vapeur. Ici, l'air était une denrée rare. Contrairement à la neige et aux rocs.
Et puis il y avait les montagnards, disparus depuis des jours, sauf leurs autels, et les avertissements. Cette manticore noire sur fond orange, peinte sur les troncs des épicéas, sur des rochers, parfois agrémentés de crânes blanchis, de piques.
C'était un symbole guerrier sans aucun doute. Chacun en allait de sa petite théorie. Chef de tribu, clan, roi d'au delà des monts. Ce qui était sûr, c'est qu'ils s'enfonçaient bien au delà des limites de la civilisation.
Lorsque Daine vint parler à Pedro, ce dernier soufflait sur ses gants au côté d'un cocher sur un chariot d'armes. Il expliqua posément :
-Ils ont l'avantage du terrain oui. Mais nous sommes obligés de passer par là. Ce sont les cols qui mènent à la Sierra del Moncayo. Là bas nous devrions être abrité des déluges de l'hiver, et nous serons au château. Cependant tu as raison, nous sommes au cœur de leur territoire. Si nous ne sommes pas attaqués durant les prochains jours, alors ce sera l'accalmie jusqu'à l'assaut de Castel-Visconze.

Trop tard pour reculer après tout. Retraverser la moitié des montagnes seul était un suicide. Les mercenaires les plus démotivés en avaient d'ailleurs fait le deuil. Il ne restait qu'une fuite en avant, une fuite à l'estalienne, face au danger, la cape au vent et l'épée tirée.
Et le danger viendrait ils en étaient sûrs.
Un premier signe inquiétant fut la découverte d'une carcasse rongée dans la neige. Celle ci prenait une allure de camaïeu de rouges sombres s'oxydant à l'air glacial. Les os avaient été broyés. Explosés. Ce qui avait dû être un cerf ou un animal proche n'était qu'un reste sanguinolent.
Cependant, une flaque que les éclaireurs n'avaient pas remarqué, se concentrant sur la scène de carnage, attira l’œil de l'assassin. Une flaque qui avait fait fondre la neige, créant une sorte d’alcôve de glace. C'était un liquide épais, aux teintes jaunâtre mais relativement clair. Du venin. Il avait étudié les différents poisons auprès de l'Apothicaire et de la Confrérie pour le reconnaitre. C'était un liquide recherché, dont une seule fiole valait le prix d'un destrier sur le marché noir des officines. Du venin de manticore.

"Ce qui a fait ça ce n'est pas une bestiole ordinaire."

Malheureusement les heures avaient passé et la mortelle substance était devenue intransportable, perdue par le froid et l'oxydation. Mais même dans cet état il savait que la moindre erreur de manipulation pouvait tuer un homme en l'espace de quelques battements de cœur. À l'annonce de ce qui avait commis ce carnage, les hommes blêmirent. Une Manticore. Ces créatures que le chaos vomissait depuis son nord maudit. Et l'une d'elle était venu s'échouer dans les montagnes des Irranas. Pire que ça, les Montagnards l'avaient pris comme symbole. Lorsque le convois se remit en route, on fit un large demi-cercle pour ne pas approcher des os sanglants et des gouttes de poison.

Jet d'identification : 2, réussite
Jet pour récupérer du venin : 14, échec
Mais aucun monstre ne les surprit tandis que le col descendait finalement dans une large vallée. Les arbres laissaient la place à de vastes clairières qui suivaient probablement le cours de quelques ruisseaux engloutis par la neige et le temps. Le soleil se dissimulait déjà derrière une montagne au loin. On établirait le campement ici.
On faisait tomber la neige qui collait aux bâches et aux vêtements, on empilait les couvertures sous lesquels les voyageurs éreintés oublieraient les affres d'une traversée à travers la cordillère. Les feux s'allumaient, pathétique espoir de se réchauffer. Les chevaux recevaient une ration de fourrage pour calmer leur faim, les hommes avaient de la viande séchée et du bouillon. Les deux amants dressèrent une tente au plus près d'un des feux. Ce soir on dormira en espérant garder ses doigts de pied.
Au cœur de l'hiver et des montagnes, une ville de tentes pour oublier un peu la guerre et le voyage. Ces derniers mois avaient été si étranges. Débarqué sur les quais d'une ville dormante pour terminer aux prises avec le Grand Jeu, celui de la guerre, des rois, et des hommes payés par les seconds pour faire la première.
L'ambiance n'était pas aux histoires de guerre ni aux dés ce soir. La plupart des soudards avait rejoint ses draps dès le maigre repas englouti. Le quart serait rude et la nuit longue. Alors il fallait gratter le maximum de sommeil avant de devoir se les geler à la lisière du camp, face aux pins noirs et à ce qui rôdait sous les frondaisons. Lové contre Magdalena, leur chaleur mutuelle pour se préserver des températures négatives. Un "Dors bien." et on laisserait Morr nous guider une nuit de plus.

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Peut être même qu'il les guiderait plus en aval dans son royaume. Au plus sombre de la nuit, une poignée d'heures avant l'aube. Ils attaquèrent, deux semaines de frustration s'envolèrent tandis qu'égorgeant les sentinelles, une bande de barbares hirsutes dévalait des bois pour attaquer les guetteurs somnolents et les dormeurs. Ce fut la curée, on criait. Sauf que si l'attaque du convois avait vu s'affronter des hommes en arme. Là c'était des démons échappés de leur antre face à des malheureux dont les chausses n'étaient même pas correctement accrochés. Portant des peaux de bêtes sur leurs armures, des heaumes en crâne d'animaux ou des pelisses de fauves, les montagnards frappaient au travers du camps. Leurs armes n'étaient pas des armes de sauvages cependant. L'éclat de l'acier où se répercutaient les lueurs des torches et des braséros brillait même dans la pénombre. Un surin déchira la toile de leur tente, Magdalena hurla. Un homme barbu, la gueule peinturluré en noir et dissimulée à moitié sous une tête de lynx se présenta avant d'asséner un coup de la même lame directement dans le sac.

La cuisse droite de Daine se mit à lui faire ressentir une douleur immense tandis que sa mie cherchait frénétiquement l'arbalète. Elle attrapa l'arme, tira. Et deux carreaux se fichèrent dans la poitrine du monstre fait homme qui beugla à l'unisson avec l'assassin. Il n'avait plus qu'à se dépêtrer de cet horrible et bien trop prégnant cauchemar.
Jet d'attaque du guerrier : 2, il t'inflige 29 points de dégâts
Magdalena tire deux fois, elle lui fait 51 points de dégâts
À toi et bon retour :brave:
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Daine
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Re: [Daine] Seuls les morts voient la fin de la guerre

Message par Daine »

Ah, la neige, elle lui avait manqué… au début. Puis, au fur et à mesure de leur avancée dans une galère monstrueuse, Daine s'était souvenu de pourquoi il avait fui vers le sud. Mais à vrai dire les habitudes avaient la vie dure, et cette couche froide et blanche, passant d'immaculée à comme pervertie par le passage de la troupe, il pouvait la supporter sans trop de problème. Non, ce que le jeune homme répugnait dans la situation actuelle était ces abruptes pentes, ce manque d'air qui vous lacérait les poumons et ces gigantesques rochers acérés donnant l'impression qu'ils pouvaient tomber et emporter avec eux dans leur chute n'importe quel homme en une fraction de seconde. Une peur sans fondement ? Peut-être, mais une peur présente, pour on ne savait quelle raison, et essayer de s'auto-rassurer était très peu efficace.

Pedro confirma ce qu'il pensait, le danger était de plus en plus présent, mais avancer était la seule solution maintenant qu'ils étaient là, tout ce qu'ils pouvaient faire était donc de redoubler de vigilance. Et à la mention du château, même celui-ci représentait un défi de plus à relever, le jeune homme s'imaginait déjà au chaud et à l'abri entre ses murs de pierre, à profiter d'une victoire et d'un calme mérités, quoique sûrement de courte durée. Quant à une accalmie… L'assassin n'y croyait guère. Il avait pu voir ces sauvages de ses propres yeux et ils ne semblaient clairement pas du genre à laisser passer une proie si alléchante en plein coeur de leur territoire, surtout que ladite proie leur avait forcé à quitter temporairement leurs village et les dérangeait à l'arrivée de l'hiver. Il fallait s'attendre à se battre, tôt ou tard.

Quelques temps plus tard un nouveau danger se présenta sous la forme de sa dernière victime, comme si il n'y avait pas assez de choses voulant leur mort dans ces montagnes. Le cadavre de… impossible de savoir, était proprement déchiqueté, et les hommes ne pouvaient s'empêcher de lui jeter des regards inquiets en passant à proximité, parce qu'il signifiait que même la nature sauvage était de la partie, partie risquée au plus haut point. Daine décida de s'approcher de plus près afin d'analyser les restes, espérant savoir quel monstre avait pu être capable de cela. Il ne fut pas déçu. Les os broyés, quasiment en miette témoignaient d'une force incommensurable, mais ce n'était pas tout, ce qui tapa dans l'œil de l'assassin fut le sorte de liquide quasiment transparent qui formait un creux dans la neige alentour. Un liquide qu'il reconnut en quelques secondes, et confirma ses peurs. Une manticore.

Bordel, parce que ces peintures sur les boucliers n'étaient pas seulement un signe distinctif pour effrayer l'ennemi ! Il y en avait vraiment au moins une, (et Ulric les préserve si il y en avait plus) c'était une nouvelle accablante. A voir si les montagnards avaient réussi à plus ou moins la domestiquer ou si il ne s'agissait que d'un animal totem incontrôlable, mais dans tous les cas la bestiole serait problématique, puisque du genre à être attiré par les bruits des combats ou l'odeur du sang. Daine s'approcha du venin pour essayer de déterminer si il était possible d'en prélever, mais malheureusement ainsi prit dans la neige n'importe quelle manipulation aurait été mortelle, et il tenait trop à la vie pour ça. Dommage, vraiment dommage, vu la rareté et la puissance de ce poison, mais quelque chose lui disait qu'il aurait bientôt l'occasion d'en revoir, et cette perspective n'était pas si alléchante que ça.

Le jeune homme alla prévenir Don Emilio de la nouvelle, qui, après avoir froncé les sourcils et s'être lissé la moustache, informa les hommes, dans l'optique qu'ils étaient déjà assez dans la merde comme ça et que prévenir de chaque danger était plus important pour rester en vie que d'essayer de préserver un moral déjà morose. Ils étaient des bêtes acculés, donc autant savoir où frapper pour s'échapper de ce piège. Le visage des guerriers ne se fit que plus sombre à la nouvelle, et les crachats maudissant ces foutus montagnards et leur bête chaotique fusèrent. L'ennemi voulait les abattre mais il n'aurait pas leur peau aisément. Le convoi repris ainsi sa route jusqu'à une large vallée, peut-être les premiers prémices indiquant la descente, même si ils en étaient encore loin. Le campement fut établi ici aussi, Daine et Magdalena dressant leur tente près d'un feu pour profiter de sa chaleur.

Dans les bras de son amante endormie, le jeune homme s'interrogeait. Avait-il bien fait de quitter Carroburg ? Certes les cultistes représentaient un danger mais face à la nature cruelle et aux affres de la guerre cela était-il si horrible ? Bah, ils représentaient sûrement un danger plus insidieux et traître, et il n'avait aucun allié là-bas. Ici, il avait au moins de la compagnie qui ne cherchait pas à le voir mort, et les soirées auprès du feu étaient de bon ton pour lui remonter le moral et le faire oublier. Enfin, jusqu'à un certain point, ce soir même les soulards les plus invétérés étaient partis ruminer leurs pensées seuls dans leur tente. Finalement, l'horreur était partout, alors autant l'affronter en bonne compagnie, qu'un peu d'espoir soit rassemblé pour aider à lutter. Daine serra un peu plus la jeune femme contre lui, et se laissa finalement aller au sommeil, demain sera une rude journée de plus.

Il fut réveillé par des cris, et le spadassin mit quelques secondes à déterminer qu'ils ne provenaient pas de ses cauchemars. Tout autour de lui en réverbération ils saturaient l'air, comme des rugissements de rages ou des appels à l'aide sans réponses. A peine le temps de jeter un regard inquiet sur Magdalena et de se redresser qu'une lame déchira en grand leur tente et qu'un colosse en peau de bête avec un crâne en guise de visage occulta l'ouverture, comme un monstre de cauchemar. Tout se passa ensuite en une fraction de seconde. L'homme fait bête se rua sur l'assassin lui trouant la cuisse de sa lame vétuste, tandis que juste à côté la guerrière attrapa l'arbalète de poing pour la décharger sur l'ennemi, qui hurla d'un air hébété quand les deux carreaux lui transpercèrent le torse. C'était là l'ouverture dont Daine avait besoin pour frapper.

Le sentiment d'urgence et l'adrénaline lui faisant plus ou moins oublier la douleur, ce dernier se retourna pour ramasser sa lame, et en criant lui asséna un coup de taille pour s'en débarrasser. Le spadassin ne devait pas perdre une seconde pour s'en occuper, il fallait bander sa jambe, tout autour dans le camp ses alliés avaient besoin de son aide, et plus que tout Magdalena était vulnérable, ne pouvant utiliser sa lance dans l'espace confiné de sa tente. Tuer, c'était l'objectif, comme de plus en plus souvent dans la vie du jeune homme, mais les remords viendraient plus tard, on avait besoin de la part de lui égorgeant des hommes de sang froid avec juste une lame et de la détermination. En espérant juste qu'il allait pouvoir se débarrasser facilement de ce sauvage et aller aider, du moins si sa jambe lui en laissait l'occasion.

Crève !
Modifié en dernier par [MJ] Le Roi maudit le 18 avr. 2021, 22:59, modifié 1 fois.
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Daine BlauesHerz, Voie du meurtre
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Re: [Daine] Seuls les morts voient la fin de la guerre

Message par [MJ] Le Roi maudit »

Attaque de Daine : 17, échec
Attaque du montagnard : 13, échec
Attaque de daine : 14, échec
Attaque du montagnard : 3, réussite, perte de 12 pv
Attaque de Daine : 8, réussite, le montagnard perd 19 pv
Magdalena finit de recharger, tire deux fois, 7 et 5, réussites, il perd 37 pv, le montagnard est mort
Dans le chaos de la tente, les lames fusèrent comme des éclairs au creux des vallées. Deux bêtes utilisaient leurs serres de métal pour se déchirer. Mais l'issue du combat fut décidée par une femme. Non pas Myrmidia mais Magdalena qui envoya deux carreaux se ficher dans les fourrures du vagabond. Sous son crâne de mouflon des yeux bleus se révulsèrent, figés dans la mort qui avait saisi l'Homme.
Attrapant son matériel, l'adrénaline l'empêchant de s'effondrer sous la douleur, il sortit péniblement dans la neige retournée. Déjà le sang teintait d'un rouge noirâtre l'immaculée blancheur. Des hommes se battaient mais les Montagnards avaient avec eux l'effet de surprise, les soldats étaient fatigués et le froid engourdissait les corps comme les esprits. S'avançant à pas de loup d'un des enfants des cimes qui venait d'envoyer dans l'autre monde un des mercenaires, il leva son épée pour enfoncer quarante centimètres d'acier dans le dos musculeux du montagnard.
Jet d'observation : 20, échec critique

Tu n'as pas remarqué sous l'adrénaline la bouille adorable de celui que tu attaques. Voici un petit aperçu
Image Daine s'avance pour attaquer discrètement un ennemi : 7, réussite de la discrétion
Il attaque : 10, réussite il inflige 26 de dégâts à l'ennemi
Le montagnard attaque à son tour : 18, échec
Daine attaque : 18, échec
Le bandit attaque : 10, réussite, tu perds 9 pvs , tu es à 14 pvs
Tu attaques, 8, réussite, il perd 11 pv
Il attaque, 16, échec
Tu attaques, 10, il perd 16 pv
Il attaque, 8, tu perds 8 pv, te voici à 6 pvs

Test de courage : 6, YOU ARE STILL STANDING !
Attaque de daine : 8, tu réussis et lui inflige 23 pvs de dégâts, il est mort ! Oui Messieurs dame, K.O au troisième round. L'Ours des Irranas est allongé par le Nerveux des docks de Carroburg. Quel match d'anthologie !
Et c'était une ombre du nord qui s'abattit sur l'Homme. Un hurlement qui n'avait rien à envier à celui des fils d'Ulric en pleine cérémonie creva le tumulte de l'embuscade. Car ce n'était pas qu'un simple fils de la montagne, pas un simple guerrier des clans, c'était un béhémoth, échappé des désolations du nord. Se retournant en grognant, son heaume sinistre laissait s'échapper des volutes de vapeur blanche. Empoignant sa hache, il rugit avant de frapper. Il était lourd, Daine était preste. Un fauve contre un minotaure d'apparat. La neige sous leurs pas n'était plus que boue noire. C'était l'un ou l'autre et aucun n'était décidé à donner sa vie. Le second sang fut celui de l'Impérial. Manquant de décoller sous le choc, le champion des Montagnards beuglait des profanités dans une langue oubliée des Dieux et des Hommes civilisés. Ne se laissant pas abattre comme un cheval boiteux, l'assassin finit par trouver une faille et frapper, une fois, deux fois, taillader la fourrure, le cuir, la peau, la viande afin de laisser ce Mastodonte se vider de son sang et des boyaux.
Seulement il sous-estima la résistance de l'animal car ce dernier envoya un coup de hache dans un mouvement de balancier. Le fer se ficha dans le corps meurtri de Daine Blauesherz qui sentit alors remonter dans sa gorge le gout métallique du sang. Un souffle puant arriva dans ses narines alors que le géant penchait son sinistre masque osseux sur lui. Il devait rire sous ces molaires et ces orbites vides le salaud. Il venait cependant de faire une erreur fatale. L'orgueil de croire que ce gringalet à capuche était condamné. La lame de l'assassin remonta jusqu'à son coeur. Une torsion du poignet et les viscères se déchirèrent pour de bon. Tombant à genoux, le montagnard recracha un pathétique "Geuh ?" avant de s'effondrer sur son flanc.
Test de mental : 19, échec, tu gagnes un pdc pour le Kiki de tous les Kiki, Khorne :nain:
Victorieux, à moitié mort mais victorieux, Daine pouvait brandir à la face des dieux et des hommes sa lame. Couverte du sang de son ennemi. Rien ne l'arrêterait. Rien. C'était ça l'ivresse du combat ? Celle qui permettait aux dévots d'Ulric d'affronter à moitié nus des guerriers encore plus nus et hirsutes ? Ou bien était-ce l'appel de quelque chose de plus affamé que le père de l'Hiver ? Ce qu'il savait dans tous les cas, c'était qu'il était blessé, couvert de sang et de neige, mais aussi que tous le regardaient avec crainte. Les montagnards avaient formé comme un cercle informel autour de lui et du cadavre. Respectaient-ils la force brute de celui qui avait triomphé du champion ? Cette crainte lui permettrait-il de gagner de précieuses minutes pour rejoindre un lieu plus sûr ? Rien ne lui résistait non ? Il était le loup du Nord. Et eux portaient des peaux de mouton.
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Daine
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Re: [Daine] Seuls les morts voient la fin de la guerre

Message par Daine »

Cet affrontement se passait dans un chaos sans précédent pour Daine. En effet, mal réveillé, tiré brutalement du sommeil en pleine nuit et encore fatigué, il était totalement désorienté face à son adversaire. Quant à ce dernier, auparavant tout frais et mortel dans son attaque surprise, les deux carreaux dans le corps l'avaient refroidi très vite, et c'était donc quasiment un combat d'infirmes qui avait lieu sous cette tente. Les deux hommes frappaient à gauche et à droite sans toucher, la panique dans leurs cœurs se transformant en rage de bêtes sauvages dans ce combat à mort. Mais celui-ci ne dura pas, puisqu'après le premier échange de coup touchant l'adversaire des deux côtés, deux nouveaux traits vinrent se planter dans le montagnard qui s'écroula l'écume et le sang aux lèvres, en en crachant au passage sur le middenlandais.

Le spadassin survivant pris quelques secondes pour souffler tout en remerciant sa sauveuse d'un semblant de sourire et d'un signe de tête, avant de réfléchir à toute vitesse. Il fallait qu'il mette un terme à l'assaut. Le sang sur sa chemise. En tuant un maximum de montagnards de préférence. La panique dans les yeux de Magdalena, comme une plaie ouverte. Mais il devait d'abord sauver ceux qui comptaient pour lui, en l'occurrence Don Emilio et Pedro. La haine dans le regard du montagnard, remplacée par un effroi comme celle d'une proie. Ces sauvages allaient payer pour ce qu'ils étaient en train de faire. Enfilant son armure de cuir le plus rapidement possible, déterminé et alternant entre résolution et colère, Daine sortit de sa tente en direction de celle d'Emilio, comptant bien écraser tout ennemi se trouvant sur son chemin.

Là, un de ces enfoirés, venant de trancher quasiment en deux un pauvre soldat qui souhaitait juste vivre une nuit de plus en espérance d'une aube meilleure en dehors de ces foutus montagnes. Espoir perdu à jamais, mais que l'assassin se ferait un plaisir de venger, et c'est pourquoi il se rapprocha de sa cible à pas de loup, comptant l'égorger d'un seul coup d'épée bien placé. Sauf que l'homme était trop grand pour que la manœuvre fut aisée, ce qui aurait dû alerter le spadassin, mais celui-ci ne songeait qu'à protéger ses alliés en se débarrassant de ses ennemis le plus vite possible, et il décida donc tout simplement de saisir son arme à deux mains et de l'enfoncer le plus profond possible dans le dos du guerrier qui regardait dans une autre direction. Malheureusement, il dut rater les organes vitaux, car celui-ci se retourna, laissant Daine se rendre compte de ce qu'il était en train d'affronter.

"Ce" car il n'était pas humain, du moins pas entièrement, c'était impossible. Le jeune homme faisait face à une montagne de muscles scarifiés surmontée d'un crâne d'animal cornu énorme avec les yeux injectés de haine, et maniant une hache à deux mains qui aurait tout aussi bien pu servir à couper les arbres centenaires de ces montagnes ou les bêtes sauvages énormes qui vivaient sous leur ombre d'un seul coup. Une vision d'horreur sublimée par la fourrure imposante qui couvrait la bête et le sang dans lequel elle semblait trempée, en plus grande quantité encore avec l'énorme trou que le middenlandais venait de pratiquer dans son dos. Comme des rivières de sang affluents entre les creux de ses muscles. Retirant son arme le jeune homme fit un pas en arrière, éberlué, tandis que le monstre en face criait de tous ses poumons en se retournant. Le combat avait commencé.

Ce n'était pas un combat proie contre prédateur, pas encore, mais plutôt une joute de violence entre deux rivaux pour un territoire, du moins c'était ainsi que Daine voyait ce combat. L'ennemi possédait une hache énorme qui infligerait de lourds dommage si elle avait le malheur ne serait-ce que de frôler le jeune homme, mais heureusement elle devait peser une tonne et ce dernier était agile et pouvait faire mal aussi, en s'en prenant aux points faibles. Il ne pouvait pas se contenter de foncer tête baisser, même si pour une raison obscure il en avait envie, mais allait devoir danser autour du mastodonte, risquant sa peau à chaque instant.Un combat grandiose ! Ainsi soit-il. L'échange commença, même si la surprise de devoir affronter ça déséquilibra le jeune homme qui ne put toucher et subit le premier coup, la hache lui entaillant la hanche, déclenchant un spasme de douleur chez lui.

Souffre. Allongeant le bras, le spadassin fit couler un peu plus le sang du montagnard, un léger sourire presque hystérique s'affichant sur son visage, tant il était prit dans ce combat d'anthologie. La riposte ne se fit pas attendre, mais le jeune homme jouant de souplesse s'écarta sur le côté en esquivant le coup, et en profita pour découper un bout de l'épaule de son adversaire, le frisson de l'excitation remontant le long de son échine jusqu'à son crâne.Il tuerait aujourd'hui. Pour l'instant, tout allait bien, mais la désillusion arriva bien vite, lorsque se retournant d'un coup le monstre balaya les jambes du jeune homme du plat de sa hache, sûrement dans le but de pouvoir l'achever une fois au sol. Merde, à terre il était à sa merci, d'autant plus que toutes ces petites blessures devenaient hémorragie. Daine leva des yeux écarquillés d'horreur sur le crâne sanglant de celui qui allait mettre fin à sa vie. Un crâne sanglant.

Non, jamais il ne mourrai comme ça, il avait des gens à protéger, d'autres à faire disparaître, pour un monde où ceux qu'il aime ne souffriraient plus. Bats-toi. Bats-toi ! BATS-TOI ! Daine passa d'une véritable peur à une terreur feinte, faisant croire à cet enfoiré qu'il allait gagner. Il allait crever. Le mastodonte leva sa hache bien haut, ricanant sous son horrible masque, et l'abatis de toute ses forces. Sauf que l'assassin n'était plus là. Rapide comme la mort. Se déportant sur le côté, levant l'épée bien haut, il enfonça celle-ci sous les côtés du guerrier hirsute jusqu'à atteindre son coeur en déchirant tout sur son passage. Encore plus de sang gicla de la gueule sur l'assassin, puis le corps massif s'écroula, laissant le vainqueur seul debout, dans une sorte d'euphorie morbide auparavant retenue qui le gagnait et s'emparait de tout son corps. Victoire.

Le sang de sa proie étant répandue au sol, sur son corps, et même sur ses propres vêtements, continuant de couler tandis qu'un sourire carnassier apparaissait sur ses lèvres. Il était un prédateur, et il protégeait sa meute par cette victoire. Daine fit un tour sur lui-même afin d'avoir une vue panoramique du champ de bataille, et se mit à rire en voyant les pauvres sauvages qui l'observaient, les yeux écarquillés. Ils pouvaient voir sa victoire, ils pouvaient voir qu'ils n'étaient rien face à celui qui avait terrassé leur chef. Levant sa lame, le loup du nord profita de l'euphorie du moment, ce moment où il était tout puissant par le meurtre du mal. Il avait l'impression qu'il pourrait tous les affronter ici et sortir vainqueur, ces pauvres brebis égarées, mais une petite voix dans sa tête lui rappela que ce n'était que folie, il restait encerclé. Du sang risquait de devoir couler encore, et il n'était pas exclu que ça soit le sien.

Revenant à la réalité petit à petit alors qu'il reprenait son souffle, le jeune homme se rendit pleinement compte de la position dans laquelle il était, c'est à dire entouré d'ennemis qui le craignaient certes, mais entouré d'ennemis. Il allait devoir faire ce qu'il savait faire de mieux, c'est à dire réfléchir à toute vitesse et improviser. Essayant de garder ce sourire déformé qui lui était venu il ne savait pas vraiment comment, Daine baissa les yeux sur son forfait, le cadavre de celui qui avait tenté de le tuer. Oh, Morr. Il ne regrettait pas vraiment son meurtre, il commençait à dépasser cela, mais ce n'était pas beau à voir, et il songea qu'il ne devait pas être en guère meilleur état si l'on y regardait de plus près. Heureusement les montagnards étaient loin en plus d'être superstitieux, il allait continuer à jouer la comédie.

Contrôlant au maximum son expression pour garder un air prédateur, Daine planta son épée à l'horizontale dans le dos du mastodonte, y plaçant un pied dans le même mouvement, et se pencha pour ramasser la hache qui reposait juste à côté. Elle pesait son poids, c'était clair, et le jeune homme peinait à la soulever, même si il le cacha du mieux qu'il put à son public qui le regardait faire, sans voix. La levant bien haut, les bras commençant à trembler, il l'abatis dans un cri qui se voulait dominant sur le crâne sanglant, le fendant en deux sur le coup, et peut-être même ce qu'il y avait en dessous, si l'on se fiait à la matière grise qui se mêla au liquide carmin. Enfin, il se pencha pour ramasser une moitié du casque ainsi que la fourrure de loup, les levant bien haut, et se servant du sang pour se faire comme une peinture sous les yeux, traçant des lignes même si d'un autre côté cela le dégouttait.

Puis, de la façon la plus théâtrale possible, le vainqueur posa la moitié de casque sur son épée toujours dans le cadavre, et dans un grand geste circulaire, enfila enfin la peau de loup autour de ses épaules, un regard froid et déterminé sur la foule, afin de compléter le tableau. Tout était dans le bluff et le jeu d'acteur. Devinant qu'il n'aurait pas le temps de fuir Daine devait assez les impressionner pour qu'ils le reconnaissent comme leur nouvel alpha, ou au moins qu'ils choisissent de fuir plutôt que de risquer leur vie face à cet adversaire qui devait être le plus menaçant possible au vu de son apparence et de ce qu'il venait de se passer. Levant la tête bien haut, l'assassin devait lutter contre les battements de son coeur qui menaçait d'exploser dans sa poitrine. Même si il pouvait être sûr que ses dieux et ses ancêtres étaient fiers de lui, il devait être fou pour tenter un tel coup de poker.
Modifié en dernier par [MJ] Le Roi maudit le 18 avr. 2021, 23:10, modifié 1 fois.
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Daine BlauesHerz, Voie du meurtre
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[MJ] Le Roi maudit
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Re: [Daine] Seuls les morts voient la fin de la guerre

Message par [MJ] Le Roi maudit »

Jet de charisme pour intimider : 2, réussite, tu vivras pour le moment
Daine venait du nord. Du nord glacé où les Hommes priaient Ulric, le père de l'hiver, le roi des loups. Il savait cependant que dans le lointain septentrion, des hommes encore plus fous priaient les bêtes de la Ruine tout comme le roi des loups, sorte de concile des bois sombres. Et ici il avait réalisé que les brutaux dieux du Nord avaient cours bien plus que Myrmidia la stratège ou que le reste du panthéon des civilisés.

La guerre n'avait que l'absolue violence comme dieu. Et il l'honorait comme tous ceux qui un jour avait empoigné le manche d'un outil pour frapper l'autre. L'instinct le plus primaire. Tuer ou être tuer. Tuer pour tuer. Et son autel impie et sanglant parvint à réussir là où la diplomatie aurait échoué. La bande de barbares hésitait à avancer. Certes il était mal en point. Mais comme les Berserkers antiques, il ne se laisserait pas partir sans en emporter d'autres dans sa fuite dans l'outre-tombe.

L'audace paya. Car l'hésitation des montagnards offrit le temps à plusieurs soldats de charger les terribles arquebuses et de tirer. Sous la volée de plombs, les pillards détalèrent. Les troupes s'étaient ressaisies. On gagnerait. Sinon ce serait la fin de tous.

L'aube émergea d'entre les cimes brillantes de givre et de neige sur un camp luisant de sang. Les pertes n'étaient heureusement pas élevées, mais l'attaque avait brisé l'enthousiasme déjà mourant des troupes. Les blessés attendaient piteusement les soins, on pleurerait les morts et on faisait l'inventaire des dégâts. Le premier constat fut sans appel : Les montagnards n'avaient rien emporté. Pas les réserves d'armes, pas le matériel précieux et rare dans ces terres ingrates. Les gardiens de l'intendance avaient défendu jusqu'au bout les vivres et si quelques caisses avaient été endommagés dans l'assaut, la plupart avait survécu.

Tandis qu'on rassemblait les corps, les chevaux, le matériel, et que le chirurgien grommelait sur l'état dans lequel Blauesherz lui arrivait une fois par semaine, Don Emilio s'entretenait avec les officiers restant et Pedro.

-Ils né venaient pas pour nous détrousser, ils viennent nous harcéler. Ils sont chargés de le faire. Prenez moi pour oune loco, mais c'est signé Gizman. Il sait que nous marchons sur Castillo-Visconze. Son avant-garde, ce sont ces Montañeses.

La discussion s'orienta donc sur la stratégie à entreprendre. Se faire attaquer par des charognards, ce n'était pas essuyer la guérilla intense des enfants des Irranas. Après s'être retrouvé entre deux feux à Azuara, traversé les cols les plus sinueux d'Estalie, il restait cette dernière épreuve avant le château qui prenait de plus en plus des allures de mirage.

Lorsque ce fut plus tranquille, Magdalena vint s'assoir près du Loup du nord bien recousu. L'adrénaline retombée, ses jours plus en danger, ils pouvaient discuter calmement. Se plaindre de toute cette folie, et enfin conclure :
-Dis moi Daine. Lorsque nous en auront finit avec ce maudit château, où irons-nous ?
La gloire...Le pouvoir...La Légende...L'Estalie ! À tout prix...

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Daine
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Re: [Daine] Seuls les morts voient la fin de la guerre

Message par Daine »

Le sang refluait enfin plus lentement dans la poitrine du jeune homme, alors que son coeur battait enfin plus lentement en voyant les barbares fuir face à la civilisation représentée par sa troupe. Il avait eu chaud, son coup de théâtre lui ayant permis de gagner les quelques précieuses secondes dont ils avaient besoin pour se reprendre. Avec dégout, Daine lâcha tout l'attirail dont il s'était servi, et retira son épée du cadavre, se contentant de regarder les montagnards fuir d'un air maussade. Il en avait fini ici pour aujourd'hui, et heureusement vu ce qu'il s'était passé. Maintenant il allait pouvoir souffler et... Aie, putain. Ses blessures commençaient à lui faire souffrir le martyr, maintenant que l'adrénaline retombait. Il allait avoir besoin de soin, et urgemment. Se retirant avec les coups de feu dans les oreilles et la cape de loup oubliée sur les épaules, seule la lassitude le guidait pour l'instant.

On avait fait l'inventaire, ils n'avaient perdu que des vies humaines et encore du moral, heureusement auraient dit certains. Et le jeune homme se retrouvait encore entre les mains du chirurgien, avec qui il s'était décidé à parler, l'homme un peu ronchon de prime abord se révélant être quelqu'un de sympathique et intelligent, tout ce dont avait besoin Daine pour l'instant afin d'oublier le combat. Discutant alors qu'il recousait son flanc, il put ainsi apprendre que Fernandez (il avait beaucoup de mal à se rappeler de son nom) vivait bien de son métier de chirurgien barbier à Bilbali, mais avait décidé il y a quelques semaines de s'en aller suite aux tensions grandissante dans le petit royaume, les troubles politiques étant certes bons pour les affaires, mais mettaient en danger sa tranquillité. Leur troupe avait été la raison de s'en aller idéale pour se déplacer vers Alquezaro, lui assurant un bon revenue et de la protection dans les Irranas.

C'était incroyable de voir tous ces hommes avec chacun leur existence et leurs attente se croiser sur le champ de bataille, se sauver la vie, se menacer, s'entretuer, se respecter, voir même s'aimer. Comme quoi la mort côtoyait toujours la vie de très près, comme une amante non-assumée qui s'amusait à faire irruption chez vous avant de partir sans prendre le petit-déjeuner. Certains pensaient qu'ils valaient mieux ne pas s'imprégner des autres, car ils pouvaient disparaître à n'importe quel moment, et avec son expérience grandissante le jeune homme pouvait comprendre cette façon de penser. Mais il n'y adhérait pas pour autant. Une partie de lui-même continuait à avoir soif de découverte, et même si ça faisait mal, terriblement mal, il ressortait grandi de tout ça. L'important était aussi d'en sortir vivant, du moins le présumait-il. En tout cas le chirurgien avait été une belle rencontre, et pas uniquement parce qu'il lui sauvait la vie presque toutes les semaines.

S'emmitouflant dans sa nouvelle cape en fourrure, qu'il avait gardé d'un côté parce qu'elle lui donnait chaud et de l'autre parce que ces compagnons voyaient ça comme un beau trophée pour "le loup du nord", le jeune homme écoutant parler Don Emilio, un air sérieux sur le visage. Ils commençaient à voir la fin de ces semaines d'harcèlement dans les montagnes, mais ce n'était pas tout à fait fini, et bien sûr derrière il y avait le château à reprendre. Daine soupira, la tranquillité n'était pas tout de suite, et la vie qu'il menait était une étrange façon de faire passer sa jeunesse. Certains jeunes de son village auraient adoré voyager, et même se battre de la façon dont il le faisait, mais finalement, même si la vie aux champs ne lui semblait pas plus enviable, il regrettait l'innocence qu'il avait en tant qu'étudiant à Carroburg. Le sang ne le dégoutait pas comme certains vétérans et il savait qu'il était encore prêt à le verser pour ceux qui le méritaient, donc il tiendrait. Mais c'était lassant, et ça faisait mal.

Leur petit conseil de guerre commençait à épuiser ses sujets, et Daine faussa donc compagnie à ses compagnons, rejoignant Magdalena en haut d'un petit promontoire qui leur permit d'avoir une belle vue sur le défilé, le ciel matinal, et l'être aimé. L'emmitouflant avec lui dans la fourrure de loup qui était de toute façon bien assez grande pour deux, ils purent discuter calmement de sujets sans importances, juste heureux d'être en vie ensemble et cherchant à se calmer et penser à autre chose, sachant très bien tous les deux qu'ils auraient du mal à se rendormir après cette nuit malgré la fatigue. Jusqu'à une question que le jeune homme avait cessé de se poser depuis quelques temps, sûrement par peur de ne pas y trouver de réponse. S'arrêtant presque, il jeta un regard surpris à son amante, puis compréhensif. Normal de se poser cette question alors que leur situation actuelle n'avait rien d'éternelle, c'était juste lui qui avait du mal à y penser. Se reprenant, il répondit donc :

Je... n'y ai pas beaucoup réfléchi récemment. A vrai dire avant je ne pensais qu'à ça, qu'à ce que je ferai une fois que j'aurai semé mes poursuivants et que j'aurai appris à me battre et survivre dans ce monde. Puis je me suis engagé avec Don Emilio et Pedro, je t'ai rencontré, j'ai tué, beaucoup plus que ce que je ne pensais, j'ai grandi en fait. Et je me suis rendu compte que même si la vie qu'on mène n'est clairement pas idéale, je ne saurais pas vraiment faire plus, du moins présentement. Je ne suis pas heureux, mais... ça va. Surtout avec toi. Mais bref, ça ne m'aide pas à savoir ce que je vais faire dans le futur, parce que notre situation n'est pas éternelle. Je ne nous vois pas vivre une vie de famille plus ou moins heureuse et en paix dans le château de Don Emilio, on est pas fait pour ça.Il la regarda avec un sourire un peu triste.Du moins pas moi.

Mais surtout j'ai quelque chose à faire avant de penser à un futur lointain. Je dois chercher ma petite sœur. Elle a disparu dans l'Empire l'année dernière, et même si, surtout dans ce monde pourri, il y a peu de chance qu'elle m'attende quelque part saine et sauve, je me dois de la chercher. Et puis j'ai toujours voulu voyager. Je trouve qu'on a bien commencé ici, toi et moi, est-ce que ça te dirait de continuer à mes côtés, mais vers le nord et dans l'Empire ? Et sans guerre, de préférence, même si je ne peux pas te promettre qu'on puisse se permettre de garder les mains propres. Continuer avec toi, quel que soit mon but, ça me ferait vraiment plaisir.


De l'espoir dans les yeux, parce que continuer d'avancer sans être seul donne un sens à tout ça.
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Re: [Daine] Seuls les morts voient la fin de la guerre

Message par [MJ] Le Roi maudit »

Jet de charisme : 20, échec critique
En écoutant les paroles du jeune homme, Magdalena acquiesça doucement. Ses lèvres se fermèrent. Elle plissa les yeux. Plusieurs fois elle déglutit. Et puis elle répondit. Sèche, cassante.

-Partir au Nord ? Mais enfin Daine. Notre place est ici maintenant. La mienne a toujours été là. La tienne l'est désormais également. Tu peux refaire ta vie ici. Loin des affres du passé. Loin des lois de l'Empire ou du Roy. Ici il y a la guerre, mais il y a aussi la vie, la véritable vie, libre. En Estalie, avec l'argent que tu auras de Don Emilio, nous pourrions convoler quelque part. Bilbali, Magritta, ailleurs même qui sait ?

La perspective de quitter la péninsule semblait l'avoir transi d'effroi. Dans les jours qui suivirent elle évita soigneusement le sujet. De toute façon il y avait bien assez à faire. Car Castillo-Visconze se rapprochait de jour en jour. Une fois les blessés remis, on continua. Encore et toujours. Inexorablement. Les crêtes et les cols enneigés cédèrent la place à un piémont boisé qui rappelait la première altercation entre le convoi et les montagnards. Ces derniers se firent discret par ailleurs. Personne ne s'en plaignit. Pas de trace de la manticore non plus. Si ce n'est quelques hurlements dans le lointain certains soirs. De quoi faire trembler sous les tentures et les couvertures qui sentaient le cheval.

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Plus ils se dirigeaient vers la Croix du Sud et plus les ruines parsemaient leur route. Tant de forteresses érigées pour dominer les autres, tant de forteresses retournées à la pierre. C'était sommes toutes assez ironique et cela aurait amusé bien des philosophes. Mais c'était une colonne de soldats et de mercenaires et on remarquait surtout que ce genre de ruines abritaient bandits, monstres et parias.
Puis, après un temps si long que tous pensaient avoir prit un siècle depuis le début de cette odyssée à travers l'Estalie, une sentinelle le rapporta. Castillo-Visconze s'offrait enfin à leurs yeux noirs et fatigués. Ils étaient finalement parvenu à leur destination. Et comme un seul homme, les soudards, les truands, les épées-louées et autres brutes à contrat prièrent en leur fort intérieure Sancta Myrmidia de les avoir mené loin de l'enfer des Montagnes. Il ne restait plus qu'une étape avant la richesse. S'emparer de la forteresse perchée dans les gorges de l'Eboro.

Señors. Je ne vous avais pas menti. Maintenant il est l'heure d'honorer nos engagements. Il dégaina son sabre et le brandit vers le Sud et vers le château. POUR LA VICTOIRE !

Et plusieurs centaines d'hommes firent de même.

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