[Kokhayo'Ni, RP libre] La jungle n'a jamais été aussi sombre

Les Terres du Sud relient le sud et la terre des morts Khemri et sont principalement composées de marécages et de forêts tropicales. Les habitants des terres du sud sont les Hommes-lézards, les Orques sauvages et les gobelins des forets, et quelques tribus humaines qui sont appelé par les aventuriers hommes sombres, lesquelles vivent en paix avec la nature et semble protégés par les Hommes-lézards. On y retrouve également des colonies pygmées, et les légendaires Amazones.

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Kokhayo'Ni
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[Kokhayo'Ni, RP libre] La jungle n'a jamais été aussi sombre

Message par Kokhayo'Ni » 22 avr. 2019, 22:43

Voilà près d’une demi-rotation terrestre que Kokhayo’Ni avait quitté le champ de bataille. Il avait laissé derrière lui les effluves métalliques du sang, de l’acier et de la malefoudre. Le soleil se faisait plus bas dans le ciel déjà, à travers la canopée, les rayons avaient de plus en plus de mal à atteindre le sol. Il progressait dans un patchwork de taches de lumières tapissant une dense végétation.
Kokhayo’Ni n’avait pas encore eu la possibilité de se reposer correctement au cours de la journée. A chaque pause, le risque de tomber sur des skavens le poussait plus loin. Il était encore trop près du lieu du massacre. Les skavens se rassemblent trop souvent autour de ces lieux de désolation pour se gaver de chaire froide et prendre la moindre chose un tant soit peu utile.
Mais là, Kokhayo'Ni était au bout de ce que son corps pouvait accomplir et surement au-delà. Au pied d'un arbre à multiples troncs et à la taille démesurée, il s'installa là où la terre était la moins humide, la plus surélevée. L'humidité à outrance de ces jungles était gênante même pour les créatures reptiliennes. Presque 12 heures de bruine par jour, ça use les écailles. Quelques larges feuilles feront une litière acceptable pour passer la nuit. Il ne compte pas s'éterniser plus tard que les premiers rayons du soleil, Kokhayo'Ni veut quitter le plus tôt possible cette région désormais infestée. Difficile de résister à la fatigue après les deux derniers jours qu'il a vécu et il dormit comme une souche les 12 heures suivantes.

Il se réveilla avec la sensation persistante d'une fatigue toujours présente, le soleil avait fait une rotation et pointait désormais sa lumière étouffée à l'Est. Sa nuit sans rêves et sans souvenirs l'alarma un court instant : que ce serait-il passé si il avait été surpris par des hommes-rats ? Il n'aurait certainement pas réagi, jusqu'au funeste coup qui l'aurait réveillé un court instant pour la dernière fois.
Il se réveilla donc engourdi, toujours poussé par l'impératif de s'éloigner des ravages skavens. Son sang-froid de lézard n'était pas encore réchauffé par la température ambiante, le laissant dans une demi-torpeur. Il faisait plutôt frais pour une matinée de jungle à vrai dire et l'odeur de la pluie flottait dans l'air. Bientôt une tiède bruine envahira l'environnement, collante et bruissant sur les feuilles de la canopée. Kokhayo'Ni se força à ne pas penser à son ancien atelier, à ne pas penser aux skinks passant avec des paniers de nourriture hétéroclite dans la cité et dans lequel on piochait un en-cas avant de se mettre au travail.
De larges feuilles aux creux remplis de l'eau, résultat de l'humidité de la nuit, étanchèrent sa soif .

"Il me faudra vite trouver quelque chose à manger avant d'être forcé à avaler ma queue" pensa-t-il.
Non pas qu'il le pensait sérieusement, mais il commençait franchement à ressentir le gouffre béant de son estomac. Les journées précédentes, sa faim avait été comme euthanasiée par l'urgence des événements, mais maintenant elle revenait plus agressive que jamais.
Kokhayo'Ni repris ses affaires qu'il avait laissé sur sa litière de feuille. Il raccrocha son bouclier ruiné et crasseux dans son dos, remis son casque sur sa tête et garda en main sa lame. Il ne savait si c'était le contact de l'arme au manche parfaitement ajusté à sa main ou l'idée de s'en aider pour se tailler un chemin à travers la végétation qui le poussait à toujours l'avoir au bout du bras. Pour se guider, Kokhayo'Ni détermina à peu près la position du soleil et l'heure pour trouver le Nord, puis se remis en marche vers le Nord-Est.

La direction était approximative, mais elle avait le mérite de l'emmener loin des lieux de carnage. La progression dans la jungle était toujours compliquée; l'orientation comme le déplacement étaient rendus laborieux par l'environnement. Le skink égaré continuait d'avancer en gardant à l'œil la course du soleil dès qu'une trouée le permettait. Sur son passage, il avait attrapé et boulotté les insectes qu'il croisait. Les goûts allaient d'une palette de mauvaise amertume à une ribambelle de sans-goûts. On était loin des délices que la jungle pouvait offrir mais le gouffre de son ventre avait cessé de se creuser douloureusement.
Sur son chemin, un grand arbre tombé offrait une trouée vers le ciel. Le soleil semblait y être à son plus haut. Jugé sur le tronc qui faisait la taille d'un saurus en largeur, Kokhayo'Ni s'accorda une pause pour reposer ses jambes et occuper son esprit. De sa lame, il gratta le tronc jusqu'à détacher des tas de fibres filandreuses. "Ce genre de bois, pas encore en décomposition, aurait été très utile pour l'atelier", pensa-t-il par réflexe. Au bout d'un moment, lassé de son petit jeu, il appréhenda son arme poisseuse incrustée de sang. Chaque parcelle de l'enchâsse en bois et bronze était recouverte d'une pellicule brune séchée, dans le moindre creux ou ornement qu'il avait ciselé lui-même, des filaments sanglants se nichaient. La base des dents en obsinite était perdue sous une quantité d'hémoglobine figée, là où la pierre rencontrait l'enchâsse. Cette vision lui rappela immédiatement les événements récents qu'il essayait d'occulter et ruina sa pause. Il jeta la lame au sol au pied du tronc, récupéra ses maigres possessions et se redressa. Il ramassa une grosse poignée de la bourre végétale qu'il a extrait de l'arbre mort, redescendit de son perchoir et récupéra son arme. Dans le creux laissé par la chute de l'arbre au niveau de ses racines, une profonde flaque boueuse s'épanchait.
Kokhayo'Ni s'installa à son bord pour gratter la sanglante saleté de sa lame avec son chiffon végétal improvisé. Rapidement, l'eau se teinta de nuages de boue qu'il remua malgré son souhait de ne pas toucher le fond. S'y ajouta des tourbillons d'une couleur brune semblable mais à la teinte plus sombre en provenance de l'arme dont la patine pourpre se détachait sous les coups de la brosse improvisée. Lorsque la lame retrouva un état plus acceptable, Kokhayo'Ni se débarrassa du tas de fibre et inspecta son arme. Le résultat était déjà plus acceptable, il suffisait de ne pas regarder dans les creux.
Mouiller le bronze et le cuivre n'était pas bon pour l'oxydation, mais le sang poisseux ne devait pas être bien mieux.
"Lorsque je trouverai un coin adéquat, je ferais pareil avec chaque une de mes écailles" fut la pensée qui trotta dans son esprit en ce moment, il avait hâte de retrouver un habit d'écailles bien lustré.
Il n'y avait pas de raison pour lui de rester plus longtemps dans les parages maintenant qu'il avait terminé sa pause, plus vite il avancera, plus vite il trouvera quelque chose à faire de son existence, et la jungle qui l'entourait lui semblait toujours aussi hostile.
Kokhayo'Ni, Voie du guerrier Skink
Profil: For 7 | End 8 | Hab 10 | Cha 8 | Int 9 | Ini 10 | Att 8 | Par 8 | Tir 8 | Foi | Mag | NA 1 | PV 50/50
Lien Fiche personnage: wiki-v2/doku.php?id=wiki:kokhayo_ni

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