[Malik] Une chance lui suffira

Le vaste pays désertique qu'est l'Arabie se trouve de l'autre côté de la mer en face de la Tilée et de l'Estahe. Il y a plusieurs cités habitées, certaines sur la côte et d'autres à l'intérieur des terres, ainsi que bien des ruines désertes remontant aux légendaires Guerres de la Mort. Les pirates d’Arabie sont des pilleurs invétérés, dont on peut parfois apercevoir les navires aux voiles sombres dans les ports d’Estalie ou de Tilée.

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[MJ] Le Djinn
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[Malik] Une chance lui suffira

Message par [MJ] Le Djinn »

Un peu de musique pour commencer:
Carte de la ville de Dimashque:


Image


En lisant les récits des décors lointains et exotiques de l'Arabie du Sud, de ses vastes dunes dorées brillant en soleil ou de la mer azurée accueillant mille navires, les plus blasés des piliers de taverne impériaux auraient soufflé du nez aux clichés, aux racontars, aux histoires milles fois entendues. Il est de ces contes qui ont tant et tant été répété qu'ils en ont perdu leur saveur, leur substance, que plus personne n'accepte de les raconter sauf aux plus jeunes enfants que la naïveté protège encore du cynisme des adultes.

Et pourtant il y avait dans les vers des poètes bien davantage de vérité que les intellectuels d'Altdorf ou de Couronne le pensaient. Il suffisait, pour s'en convaincre, d'observer une des plus villes les plus ouvertes de la péninsule, une des plus modernes également: Dimashque.

Siègeante entre les confins infinis du Désert Changeant qui la séparait de la Terre des Morts au nord et l'immense Golfe de Medes au sud, la cité de Dimashque était réputée par l'accueil chaleureux qu'elle réservait aux voyageurs étrangers ainsi qu'à la place large accordée aux hommes de savoir de toutes obédiances tant que celles-ci étaient progressistes. Une ville moyenne donc mais dont l'apparence était splendide et les richesses d'une importance capitale. Aucune ville arabéenne, si ce n'était pour Copher et Al-Haik elles-mêmes, n'abritait autant d'étrangers: nains, elfes, bretonniens, impériaux, kislévites, tiléens, estaliens et bien d'autres lieux encore! Une population bigarrée qui se mêlait aux foules des fils de l'Unique qui marchandaient avec empressement et finesse, aux lettrés qui échangeaient dans de grandes salles somptueusement décorées les dernières nouvelles du monde et même aux hommes de guerre qui profitaient ainsi des dernières avancées dans l'Art de Myrmidia. Et ce serait encore oublier la forteresse bretonnienne d'Antoch, à l'Est, dont Dimashque était la principale partenaire et dont l'alliance, bien que fragile, était gage de respect aux yeux des nouveaux arrivants du Vieux Monde.

Puis venait la description de la cité elle-même. Qu'elle était belle, la Grande de Métal, avec son matériau unique: l'acier dimashquéen. Une merveille de science, d'alchimie, de forge et de talent! Des lames magnifiquement décorée, bronzée ou argentée, aux motifs spiralés uniques et d'une qualité rivalisant sans peine avec l'ithilmar elfique, poids mis à part. Un maître-forgeron nain se serait même exclamé un jour en observant un cimeterre: "C'est pas possible un métal umgi comme ça! Y'a de la magie là-dessous!". Et pourtant nulle sorcellerie, juste le talent et le savoir.
Ainsi donc une grande part de la ville, notamment toute sa partie nord-ouest, était parcourue de forges à l'excellente réputation et accessible à toutes les bourses selon qui vous sert. Le sud, évidemment, était parcouru de pontons, ports, grues, entrepôts et autres infrastructures classiques retrouvées dans les villes portuaires telles que des guildes des voleurs. La mer, en Arabie, était une artère vitale, indispensable.
A l'est s'élevaient les quartiers pauvres, où s'entassaient dans une misère aride la majorité de la population, des plus humbles gardiens de chameaux aux commerçants plus aisés: tous étaient logés à la même enseigne. L'Ouest et le centre, avec notamment le célèbre Hall des Poètes, étaient réservés aux élites les plus riches. C'était bien sûr sans oublier le quartier sud-est, donné aux étrangers…

C’est dans décors jaune et blanc, entre deux étals de marché vendant de délicieuses épices aux effluves puissantes ou des fruits et légumes aux couleurs chatoyantes. Une foule épaisse emplissait les rues étroites des quartiers populaires de Dimashque et en son sein évoluait un individu seul, membre banni d’une secte de meurtriers se proclamant altruistes.
Son objectif ? Tuer un certain Jaffar Admeramane, homme de science, intellectuel reconnu, membre de certains cercles secrets… Et potentiel traître à la solde des bretonniens. Il avait échoué à le tuer une fois : cela ne devait pas se reproduire. Et vite si possible car si un autre Hashashin que lui parvenait à mettre fin aux jours du traître, il n’aurait plus qu’à accepter la mort des mains de son propre maître.

Mais par où commencer ? Les rumeurs étaient nombreuses en ville concernant cette tentative d’assassinat mais elles s’accordaient surtout à dire que Jaffar s’était caché quelque part en attendant que l’orage passe, que les Hashashins oublient. Mais les Hashashins n'oubliaient jamais. Le nom de leurs cibles restaient gravé dans leur mémoire, sans que jamais l'ordre n'abandonne.

Malik observa la foule depuis le toit d'une maison à triple étage, toute de pierre blanche et beige et d'où s'échappaient les extrémités des poutres qui soutenaient la structure. C'est sur un de ces rondins de bois qu'il se tenait accroupi, guettant la vie dans les rues commerçantes des bas-quartiers où on parlait fort en échangeant des articles de toutes les qualités. Des arabéens, quelques impériaux, une poignée de bretonniens, un ou deux nains. Tous valsaient au rythme des affaires et des rafales d'air chaud et lourd provenant de la mer.

Il était temps de se mettre en chasse.
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Malik Sir'Hu
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Re: [Malik] Une chance lui suffira

Message par Malik Sir'Hu »

Perché sur une poutre servant à soutenir les fondations d'un bâtiment à trois étages au milieu des quartiers populaires de la ville, Malik observait la foule en contrebas, spectateur silencieux de la masse grouillante qu'était ici une partie de la population de Dimashque. Jusqu'ici pensif et silencieux, il détacha alors ses yeux des habitants, pour observer sa main gauche où l'auriculaire était désormais manquant... Plusieurs semaines s'étaient ainsi écoulées depuis qu'il s'était infligé lui même cette mutilation, symbole de honte et d'échec chez les Hashishin alors qu'il avait échoué à accomplir sa dernière mission pour le groupuscule d'assassin, à savoir ôter la vie de l'influent intellectuel qu'était Jaffar Admeramane. Dès lors, la vie de Malik n'était plus qu'un long sursis, le temps lui ayant été alloué étant directement lié à sa capacité à réparer ou non le tort causé à l'encontre de "Celui qu'on ne voit pas", car ainsi étaient les règles dictées par le crédo des Hashishin : Une vie pour une vie, celle de l'assassin ou de sa cible... Le prix du sang était le lien qui unissait tous les contrats ordonnés par "Celui qu'on ne voit pas" que les cinq doigts de sa main, aussi surnommés les Grand maîtres étaient chargés de faire honorer.

Ainsi, sous les directives de son maître : Al Mualim, le jeune Malik après avoir soigné ses blessures suite à son altercation avec les croisés Bretonniens alliés de Jaffar, s'était ainsi vu devenir le maître de son propre destin, étant dans l'immédiat dans l'incapacité de bénéficier des différents services et aides dont étaient normalement bénéficiaires les Hashishin, ce qui de fait faisait de lui maintenant un électron libre, se devant d'user de ses propres ressources pour retrouver la cible du contrat qu'il pouvait encore honorer.
Mais dans cette chasse à l'homme, une nouvelle donnée était ainsi à prendre en compte : Le contrat n'étant plus une exclusivité de Malik et son maître désormais, la mort de l'intellectuel, si elle venait à être réalisé par un autre assassin, ou pire encore par des membres de la Crimashin, aurait pour conséquence l'exécution pur et simple de Malik, sa seule possibilité de rédemption étant directement lié à sa capacité ou non d'accomplir la mission qui lui fut confié.
Dès lors, rien ne disait qu'il ne serait pas amené à devoir se confronter contre d'autres Hashishin, partageant pourtant les mêmes valeurs et le même crédo, l'ensemble du groupe n'étant en fin de compte qu'une meute de prédateur ne partageant jamais une proie, comme pouvait le faire un lion lorsqu'il se mettait à traquer une gazelle. Un mort au sein du groupuscule n'était à terme rien pour les Hashishin car seul comptait la sécurité de l'Arabie et ces secrets, les assassins agissant dans l'ombre pour influencer la lumière, ainsi était les préceptes de "Celui qu'on ne voit pas".

Malik était maintenant seul, à la fois chasseur et chassé, il se devait de retrouver Jaffar au plus vite avant qu'un autre ne termine la mission entamé mais, tel un serpent, l'intellectuel s'était terré dans une cachette, attendant la fin de la tempête alors qu'il savait qu'on cherchait maintenant à attenter à sa misérable existence. Le retrouver et le tuer saurait donc être d'une complexité bien plus importante maintenant que l'effet de surprise n'était plus en faveur du jeune assassin, sans compter que... Sa première tentative ne s'était soldé par un échec cuisant qu'à cause du pendentif qu'il avait vu fixer autour du cou de Jaffar, bijou qu'il était persuadé avoir déjà vu, alors que son passé était revenu le hanter, les questions qu'il apportait avec lui perturbant la concentration que lui avait pourtant inculqué son maître Al Mualim lorsqu'il traquait une proie...

Ce bijou était il le même qu'il avait offert des années en arrière à l'amour de sa vie, la défunte Yasmina Naki’ha ? Il devait sans doute se tromper... Sans aucun doute avait il imaginé voir le bijou, celui de Jaffar partageant quelques ressemblances... Et puis à l'époque, Al Mualim lui avait confirmé la mort de Yasmina et puis... puis... Il se secoua le tête comme pour ôter toutes ses mauvaises pensées... Non, non... Tout ceci n'avait été que son imagination, un moment d'inattention l'ayant amené à la situation dans laquelle il était aujourd'hui. Son passé était derrière lui, et seul l'Arabie et les Hashishin comptaient... La prochaine fois, il ne retiendrai pas son bras... La prochaine fois, il tuerai Jaffar Admeramane !

D'une agilité et d'une dextérité impressionnante, il quitta ainsi son perchoir, atterrissant dans une ruelle tel un félin, avant de s'engouffrer dans les artères principales des quartiers pauvres, où il vadrouilla à travers la foule comme l'aurait fait n'importe quel citoyen. Vadrouillant ici et là, analysant chaque nouveau compartiment de terrain urbain pour y analyser les possibilités de fuites ou d'échappatoires, s'était là les réflexes de tout bon Assassin : Toujours avoir un coup d'avance et envisager toutes les possibilités même les plus improbables. Ainsi au lieu de tout simplement parcourir d'une traite la distance le séparant d'un objectif, Malik prenait généralement son temps, agissant comme tout le monde alors qu'il s’arrêtait devant certaines échoppes pour y observer quelques articles, saluait ici et là certains commerçants où certains gardes agissant pour la sécurité de la ville, en sommes se comporter comme tout le monde permettait de ne jamais attirer l'attention sur soi, car c'était la clé de la survie des Hashishin : Être un visage parmi tant d'autres...

Maintenant, comment retrouver Jaffar Admeramane ? S’intéresser directement à l'homme serait en soit une perte de temps, tout comme chercher des informations sur son entourage le plus proche saurait être aussi dangereux que fastidieux... Mieux valait plutôt se tourner vers les Bretonniens vers qui il avait pu trouver refuge lors de sa première altercation avec Malik.
Bien que la ville était assez cosmopolite, les hommes que Malik cherchait devrait en toute logique être assez aisé à retrouver, bien loin d'avoir le profil d'intellects ou de commerçants, des combattants même en cherchant à se faire discret saurait être identifiable par des yeux un peu trop curieux et heureusement pour l'assassin, il avait avec lui la plus grande source de renseignement de son coté : La ville elle même...
En effet, on pouvait toujours compter, moyennant finance sur les informations que savaient glaner ceux vivant jour et nuit dans les rues de Dimashque, comme les mendiants ou les orphelins... Et on pouvait aussi toujours obtenir de bons renseignements en provenance de ceux travaillant sur les quais, centre névralgique où était acheminé les principales marchandises de la ville, ainsi que les voyageurs étrangers préférant la sécurité des mers plutôt que la dangerosité du désert.
Blason particulier, activités étranges et nocturnes, présence plus soutenu de Bretonnien dans certaines zones, échange avec des personnalités influentes de la ville... Toutes ces potentiels données sauraient à terme, l'aider à retrouver Jaffar...

Là était les premières pistes qu'il chercherai à suivre... Là commençait le début de sa traque.
Malik Sir'Hu, Voie du meurtre
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[MJ] Le Djinn
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Re: [Malik] Une chance lui suffira

Message par [MJ] Le Djinn »

Au sein du Vieux Monde, dans les milieux les plus mal famés comme au sein des forces de l'ordre, il était coutume de dire que l'information était un sale domaine de travail. Les surnoms de ceux qui s'étaient fait office de traquer et de trouver le savoir concernant autrui ne se comptaient plus: informateur, indicateur, mouche, mouchard, balance... Des êtres méprisables, mais néanmoins nécessaire. Les plus malins ne se laissaient pourtant pas tromper par l'apparente facilité d'un métier qui ne demandait pas de monter au feu ou de suriner à tous les coins de rue. Trouver la bonne information, discerner le vrai du faux, le mauvais ragot de la rumeur véridique, tout ça était un travail long, fastidieux et acharné. Pour cette raison l'on considérait que le savoir vrai valait de l'or et on était près à payer une petite fortune ceux capables d'occuper un tel poste. Des hommes méprisés et souvent méprisables donc, mais tout à fait indispensable.

Et en Arabie? La même chose, mais la chaleur en plus.

Heureusement pour Malik, les Haschischins formaient leurs membres à ces délicates opérations de renseignement. Dans le cadre de leur mission de tueurs il était en effet indispensable de pouvoir récolter le maximum d'informations sur une cible sans éveiller les soupçons. On ne voulait pas que la garde soit soudainement doublée après qu'une méchante bouche ait été raconter à la future victime qu'un individu louche le cherchait. Ainsi il sut que chercher des informations directement sur Jaffar, sa cible, serait au mieux inutile, au pire contre-productif. Si le mécréant se rendait compte que la chasse pour sa tête continuait, il disparaitrait rapidement dans une autre ville et alors plus personne ne pourrait le retrouver. A la place, Malik se décida à aller chercher du côté des bas-quartiers des informations sur les Bretonniens, que Jaffar avait comme alliés proches. Les mendiants et les voleurs possédaient des oreilles partout et chaque recoin de la ville, jusqu'aux plus nobles, étaient épiés régulièrement.

Jet d'INT pour chercher des informations générales (+1 grâce à la compétence Bas-Fonds): 9-1 = 8, réussite de justesse.
Seulement voilà: même en sachant où trouver les informations désirées, savoir à qui les demander et comment le demander était une toute autre paire de manche. Heureusement Malik n'était pas fait du même bois que la plupart des minables petites frappes de la ville. Son instinct s'était aiguisé après des années d'entrainement et d'un simple coup d'œil il était devenu capable de repérer les personnes intéressantes. Il traversa donc une rue de petites maisons beiges délabrées aux fenêtres étroites et sans volets dont le sol était parsemé de bouts de bois et de morceaux de construction tombés des baraques en argile. Ici il n'y avait que la misère: un puit à ciel ouvert, quasiment abandonné, n'abritait plus qu'une eau sale à laquelle des femmes maigres en djellabas trouées tiraient de quoi nourrir leurs enfants. Ca et là des marmites en cuivre abîmées par les vents plein de sables servaient à la faire bouillir pour la rendre plus pure, sans grand succès toutefois
Dans ces quartiers on voyait des jeunes et des vieux sur les paliers, observant les passants dans un silence de mort. Ils n'avaient rien à manger, rien à boire et pas non plus à dire. Même dans une ville riche comme Dimashque, qui était débordante des trésors du commerce on trouvait toujours des déshérités, des malchanceux. Ainsi allait le monde. Beaucoup levaient la paume ouverte vers Malik, qui leur paraissait riche dans ses habits de ville. Évidemment celui-ci n'accordait sa pièce que contre un service, en l'occurrence une information sur les habitudes des bretonniens en ville, ou à défaut comment trouver une personne qui elle saurait.

Après quelques aller-retour il finit par trouver l'homme qu'il cherchait. Un certain Anas, qu'on ne connaissait que sous ce prénom et qui faisait office de porte-parole pour tous les pauvres bougres du quart-Sud-Est de la cité. On le trouvait habituellement en train de lézarder sur le toit d'une maison à trois étages si abîmée par le temps qu'elle semblait sur le point de s'écroulait. On y accédait par un escalier blanc suivi d'une échelle, si bien qu'une équipe de gardes aurait pu être mise en déroute sans difficulté. Il était occupé à plonger la main dans une large assiette de couscous dont il dévorait de grandes bouchées. Âgé de moins de quarante ans sans doute, habillé d'une simple tunique et d'un pantalon de chanvre très près du corps, il ne semblait pas très surpris de voir apparaître Malik, même si son unique garde du corps, un arabéen très brun à l'air mauvais et au faciès sombre, sortit une dague courbe de sa ceinture quand l'assassin termina de gravir l'échelle. Anas ne laissa pas le temps à son futur client de prendre la parole et obtint l'initiative:


-"Ainsi tu cherches des informations sur les bretonniens, mon frère? Oui je le sais, tout vient très vite à mes oreilles par ici. Tu n'as pourtant pas l'air d'un marchand ou d'un fanatique de l'Unique. Encore que les fanatiques ne se font jamais remarquer avant de passer à l'acte. Alors dis-moi, qu'est-ce que tu veux savoir précisément, et comment comptes-tu me payer?"
Perte de 4 sous.
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Malik Sir'Hu
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Re: [Malik] Une chance lui suffira

Message par Malik Sir'Hu »

Au milieu des quartiers pauvres de la ville, Malik se faufila à travers les ruelles sordides, autre visage de Dimashque bien différent de celui dont la ville aimait à se vanter : Celui d'une cité riche de sa fortune et des connaissances qu'elle abritait en son sein. Pourtant ici, dans un dédale de maisonnettes en ruines et lentement rongées par le sable, le jeune assassin était plongé au milieu des oubliés, des rebuts, des mal aimés... Des hommes et des femmes qui, n'ayant pu saisir leur chance, avaient été placé à l'écart des puissants et des opulents, ne vivant pas au sein de la cité d'or mais plutôt y survivant, chaque nouveau jour étant une nouvelle lutte dans cette spirale de souffrance et de malheurs dans laquelle ils étaient plongés.
Le Haschischin croisa des enfants jouant à même le sol, la gueule crasseuse et les cheveux fixés entre eux alors que le soleil avait fait sécher la boue si étant incrustée. Il tomba aussi sur des vieillards affalés contre les murs de leurs demeures, les mouches tournoyant autour d'eux, les insectes attendant ainsi patiemment l'heure où la vie quitterai les corps rongés par le temps de ces braves. Il tomba aussi sur des femmes, encapuchonnés dans des djellabas, sans doute certaines étant d'anciennes beautés dont la misère avait eu raison de leurs charmes, comme la rose du désert, se laissant inlassablement mourir sous le soleil d'Arabie.
Ces gens n'étaient ainsi pas mieux considérés que des chiens, dévorant les restes qu'acceptaient de leur offrir les puissants, tandis qu'il observa en silence, quelques mères donner à leurs enfants, une eau croupie qu'elles avaient été en mesure de faire bouillir pour la purifier au mieux... Cette situation était déconcertante.

Pour autant si Malik ne faisait ici que des constations concernant ce dont il était témoin, jamais n'eut il le moindre égard où la moindre pitié à l'encontre de ces malheureux, jamais il ne s'arrêta quand on lui demanda le moindre sous, jamais il ne vint en aide à quelqu'un, et jamais il ne répondit aux orphelins, curieux enfants devant un étranger habillé de manière bien plus riche qu'ils ne pourraient jamais l'être.
Ainsi était sa vie... Ainsi était les enseignements de Al Mualim... Les Haschischins étaient les instruments de mort de "Celui qu'on ne voit pas", les armes d'une lutte dépassant la simple condition humaine, leurs actions étant guidées pour le bien commun de l'Arabie. Avoir de la pitié ou de la compassion était chez eux vu comme de la faiblesse, l'émotion n'ayant nul place dans l'art de l'assassinat, c'était la justice véritable qui guidait le bras de l'assassin. Ainsi, homme ou femme, riche ou pauvre, local ou étranger... Qu'importe qui était la cible... Si "Celui qu'on ne voit pas" donnait un nom à abattre, alors le travail devait être fait... Pour le bien de l'Arabie, servir la lumière dans l'ombre... Ainsi était le crédo... Ainsi était l'endoctrinement qu'on avait inculqué à Malik.
Or donc ce fut à force de recherche et de discussion avec des mendiants échangeant quelques mots au son de la bourse de Malik, qu'il découvrit qu'un homme était susceptible de lui venir en aide dans sa recherche d'information au sujet des Bretonniens : un certain Anas, dont on disait qu'il était le point névralgique de toutes informations circulant dans le quart Sud-est de la cité, sorte de chef d'une communauté aux aboies, obligés de se raccrocher aux bras d'un pseudo leader qui sans aucun doute préférait bénéficier des quelques privilèges lui offrant sa position, plutôt que de venir en aide à ceux reconnaissant son autorité.
Ce fut donc sur le toit d'un bâtiment vacillant à trois étages que Malik eut le privilège de rencontrer sa potentiel source, le rejoindre obligeant à emprunter un escalier donnant ensuite sur une échelle amenant directement sur le toit de l'édifice... Un endroit en sommes plus compliqué d'accès qu'on pouvait le croire, sans aucun doute le dénommé Anas, de part sa position, devait rester méfiant à l'encontre des autorités de la ville ou des raclures désireux de lui voler sa place.

De fait, Malik se retrouva dès lors face à un homme d'une quarantaine d'année, habillé d'une simple tunique et d'un pantalon de chanvre, plongeant machinalement sa main dans une assiette de couscous qu'il dévorait sans ménagement, l'arrivée d'un visiteur ne semblant nullement le surprendre, tandis que l'Arabéen qui se tenait debout et droit derrière lui, avait une attitude bien plus agressive alors qu'il s'empara d'une dague courte, donnant directement le ton de cette rencontre dans les bas fonds.
Anas fut ainsi le premier à parler, offrant non sans une certaine satisfaction la première information en sa possession, à savoir les raisons qui avaient amené Malik à venir le rencontrer... Décidément même un mendiant grassement payé pour un service ne pouvait s'empêcher de baver à ceux étant ces maitres...


"Qui je suis n'a aucune importance..."Dit il tout simplement en analysant tranquillement le toit où il se trouvait, non sans glisser du coin de l’œil son regard en direction de la dague que tenait fermement le garde du corps.

"On t'a dit que je cherchais des Bretonniens... Moi on m'a dis que tu pourrais m'aider à les retrouver. Obtenir une information n'est pas bien compliqué, seul sa véracité à de l'importance".

Il se plaça alors en tailleur devant Anas montrant ici qu'il n'avait aucune espèce de mauvaises intentions, et ainsi commença les négociations entre les deux hommes, chacun devant avoir une utilité pour l'autre si ils voulaient pouvoir passer un marché.

"Je suis à la recherche de saints guerriers, des croisés arrivés en ville quelques semaines auparavant. Des hommes désireux de se faire discrets et qui à n'en pas douter, bénéficie de quelques privilèges offerts par des puissances influentes de la ville.
J'ignore leurs objectifs, mais je sais qu'il protège un homme... Un Arabéen qu'il me faut retrouver."


Il resta assez vague ici, ne voulant prononcer le nom de Jaffar tandis qu'il ne connaissait que trop peu son interlocuteur du moment et de la confiance qu'il pouvait lui offrir. Les rats restaient des rats après tout...

"Quand aux prix il dépendra des informations que tu possèdes... Ma bourse est bien remplit mais... Je doute que ce soit de l'argent que tu cherches mon... frère... sinon pourquoi me demander ce que je suis en mesure de t'offrir ?
La vrai question qu'il me faut donc te poser est : Que désires tu en échange de tes précieux services ?"
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[MJ] Le Djinn
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Re: [Malik] Une chance lui suffira

Message par [MJ] Le Djinn »

La main du brigand plongea dans le tas de semoule et en ressortit avec une floppée de grains promptement engloutie. L'homme en lui-même n'eut aucune réaction particulière, rien de visible du moins. A dire vrai il ignorait sans doute à qui il avait réellement à faire et prenait Malik pour un tueur classique, un assassin bas-de-gamme qui offrait sa lame à qui pouvait lui payer son prochain repas. Peut-être que la carrure de son vis-à-vis lui faisait hausser le niveau jusqu'à croire qu'il était un tueur professionnel, au-delà de la fange commune. Il n'était pas loin de la vérité, en ce cas. Il reprit tout en mâchant, créant un bruit épouvantable:

-"Tu comprends bien, frère. De l'argent, de l'or, il en coule plein dans la ville, oh oui, plus qu'on ne le pense. Mais des talents, ça, oh ça... Le bon Anas n'en trouve que rarement."

Il poussa un long soupir et observa la brute à côté de lui, qui lui répondit d'un signe de tête compréhensif. Au-dessus d'eux une mouette cria à la volée et commença à tourner en cercles en regardant d'un œil avide ce tas de semoules bien cuite. Un tir d'arc par le garde du corps la fit déguerpir: dans cette ville les oiseaux étaient pires que les rats.

-"A part les talents pour la tire, bien sûr. Mais le vol se révèle être une seconde nature pour ceux qui ont le ventre creux, par l'Unique!"

Un haussement d'épaule suivit et il reprit une bouchée avant de continuer.

-"Les infidèles venus du Nord sont effectivement bien protégés, l'ami. Le sultan est un idiot et il leur accorde toute son hospitalité, les bonnes femmes ne parlent que de ça! Mais je suis d'accord avec la rumeur: ces enfoirés en armure ont pris trop d'aise entre nos murs et ils viennent nous apporter leurs coutumes bestiales et leur parodie de justice, j'ai dit."

Cette fois il changea et attrapa un tas de petits raisins que Malik n'avait jusque là pas vu.

-"Mais je parle, je parle, et la discussion n'avance pas. Tu veux donc un arabéen protégé par les étrangers en armure et qui se terrerait quelque part en ville? Il va me falloir plus d'informations mais je peux avancer avec ça. En revanche pour paiement..."

Il dévisagea l'haschischin de haut en main, jaugeant son maintien, son équipement visible et sa force générale.

-"Il y a un homme qui se produit régulièrement au Hall des Poètes. Il se nomme Yassim Al'Dabel, tu le trouveras parfois à réciter des pamphlets ou à vivre dans les quartiers marchands. Je veux que tu le tues. Mais pas simplement, pas d'une petite dague dans la gorge: je veux que sa mort soit longue, douloureuse et visuelle. En un mot, je veux qu'il soit un exemple."

Avec un rictus, Anas croqua dans les pépins d'un raisin.

-"Mes hommes n'ont pas le cran pour ça, mais toi je sens que tu l'as. Fais ce que je te demande et quand tu reviendras, tu sauras où chercher tes bretonniens."
Jet d'INT: 16, échec.
La chose ressemblait à un pacte avec le démon, bien que le nom de Yassim Al'Dabel ne disait rien à Malik. A n'en pas douter le sinistre individu en face de lui voulait l'utiliser pour avancer ses pions dans l'échiquier de la ville. Malik pouvait encore refuser...
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Malik Sir'Hu
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Re: [Malik] Une chance lui suffira

Message par Malik Sir'Hu »

Malik était calme et silencieux, observant Anas et son garde du corps avec attention, alors qu'il laissa son interlocuteur lui énoncer le prix des informations qu'il pourrait potentiellement obtenir grâce au réseau qu'il avait su monter en ville. L'argent n'étant pas la récompense souhaité, le pseudo leader des quartiers pauvres voyait plutôt sa relation naissante avec Malik comme un échange de bon procédé, un service pour un rendu en sommes.
Continuant de se goinfrer à la manière d'un monarque jubilant de posséder un royaume composé de vermines et de malheureux, il exposa alors une profonde rancœur à l'encontre des chevaliers croisés commençant petit à petit à pulluler en ville, bénéficiant de la protection du Sultan, amenant avec eux leur culture barbare qui, comme une tumeur, se répandait à travers l'Arabie, et plus encore à Dimashque, cité connu pour sa population cosmopolite.
Ainsi ce serait sans rechigner que Anas accepterai d'offrir des informations contre l'ennemi Bretonnien, bien entendu une fois la tâche qu'il confierai à Malik réalisée.

Et cette tâche, était des plus simple : Un assassinat, à l'encontre d'un homme nommé Yassim Al'Dabel, trainant bien souvent au hall des Poètes à réciter des pamphlets, et demeurant dans les quartiers marchands... De ce qu'il en apprit de la bouche de Anas, la cible n'était rien de plus qu'un bon samaritain, tendant la main vers les plus pauvre tandis que le gain de popularité dont il jouissait, pourrait à terme devenir mauvais pour les affaires de Anas... Le roi des rats, attaché à sa couronne pleine de boue et de merde, préférait ainsi éviter la révolte des plus nécessiteux, surtout si ils trouvaient une main plus chaleureuse ou se nourrir...
Ainsi Anas voulait faire de son opposant un exemple, offrir une mort à celui ci dont les ennemis pouvant loucher sur son trône sauraient se souvenir, qui plus est la particularité du contrat proposé au Haschischin était d'offrir une mort lente, douloureuse et surtout avec un certain impact psychologique pour ceux qui en serait les témoins.
Ce genre de travail... était bien différent de ceux proposé au nom de "Celui qu'on ne voit pas", préférant agir dans l'ombre et dans la discrétion, alors que le crédo auquel l'assassin déchu devait se plier, lui imposait de tuer pour le bien de l'Arabie et non pas pour les intérêts d'autruis .
Mais dans le cas actuel énoncé, la mort qu'il devait offrir n'était poussé que par l'avidité de son potentiel employeur, pas assez bête pour envoyer des hommes sous ces ordres effectuer le boulot et qui en cas d'échec, l'impliquerait directement, ne faisant que ternir l'image de bienfaiteur qu'il cherchait à se donner devant ceux lui léchant la main.
Malik était ainsi la solution idéale à son problème : un homme prêt à tuer pour lui, et qui si il échouait, ne saurait être vu que comme un malfrat ayant tenté sa chance envers un homme avec qui il n'avait de prime aucun lien.

N'ayant nul confiance en Anas en cet instant, les solutions qu'il avait pour avoir une chance de retrouver les templiers en lien avec Jaffar étaient peu nombreuses... Et avec sa vie en sursis au sein des Haschischins, mieux valait pactiser avec le diable plutôt que de repartir bredouille.
Heureusement Malik avait toujours sa plus puissante arme avec lui : la protection de son identité, alors qu'il n'était pour Anas qu'une vermine offrant sa lame au plus offrant, ne pouvant imaginer une seule seconde qu'il était en réalité un Haschischin... L'excès de confiance du Roi des rats saurait être une arme à double tranchant si il cherchait à le tromper car rien ne pouvait à l'instant T, garantir à Malik la véracité et la qualité des information qu'il saurait l offrir concernant les croisés reliés à Jaffar.

Se relevant tout bonnement sans un mot, son visage enveloppé sous son capuchon alors que le garde du corps de Anas continuait à le défier du regard en grimaçant, ne semblant nullement apprécier sa présence ici, il tourna les talons, se dirigeant calmement vers l'échelle qu'il avait emprunté pour rejoindre le toit du bâtiment, il se figea finalement devant avant de dire :


"Commence à te renseigner sur les Bretonniens. Une fois le travail effectué, tu en sauras informé."

Son regard bascula en arrière, laissant seulement l'un des ses yeux désormais visible alors qu'il se braqua sur Anas.

"Les rois sont comme le sable du désert, venant et revenant sans cesse une fois confronté aux tempêtes... Espérons donc que ton règne soit long et ne se termine pas de manière inopinée..."

Étrange message raisonnant à demi mot comme une menace indiquant à Anas que si il venait à se jouer de lui... Il saurait en payer le prix.
L'assassin emprunta alors l'échelle et disparu comme il était arrivé, telle un ombre qui prendrai désormais la direction du Hall des poètes, dernier lieu qui l'avait vu se confronter à Jaffar Admeramane

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Malik Sir'Hu, Voie du meurtre
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[MJ] Le Djinn
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Re: [Malik] Une chance lui suffira

Message par [MJ] Le Djinn »

En voyant partir son vis-à-vis et futur client, Anas reprit une datte et sourit aux menaces creuses offertes par Malik.

-"Les sultans passent oui, mais moi je reste et je compte bien rester encore longtemps."

Quelques escaliers et échelles s'enchaînèrent jusqu'à ce que Malik retourne dans l'ombre des maisons, sur le plancher des chameaux. Au moins avait-il maintenant un objectif clair à accomplir dans l'espoir d'obtenir enfin une piste jusqu'à sa cible finale. En bas il remarqua qu'une petite foule de nécessiteux s'était formée, attendant son retour. Sans doute se trouvaient-ils là en tant que spectateurs, pauvres avides d'un peu d'action dans ces quartiers où chasser le rat urbain était l'activité principale avec le vol à la tir et le racket de pièces de cuivre. Constatant que Malik n'avait pas été assassiné brutalement ni malmené d'aucune sorte, ils se lassèrent et, dépités dans leur ennui, retournèrent à leurs occupations.
Laissé tranquille par sa carrure et son air brutal, le tueur put remonter vers les quartiers commerçants sans rencontrer de menace. Tandis qu'il remontait au nord, la misère noire devenait pauvreté, puis gêne et enfin l'aisance d'une classe qu'on pouvait considérer comme "moyenne". Les baraques d'argile aux isolations de torchis étaient remplacées par d'agréables maisons de calcaire blanc et jaune soutenu par de larges poutres de bois. Des tissus aux couleurs chatoyantes volaient au-dessus des demeures, accrochés aux habitations et fournissant de l'ombre aux passants des rues étroites. A cette heure avancée du jour les étals marchands étaient envahis par des femmes en voile et aux robes simples mais colorées qui achetaient des fruits, des légumes ou des épices pour préparer les repas de la semaine. La plupart des hommes travaillaient un peu plus loin, au-delà de la rivière Al-Rashi qui parcourait la ville, dans les quartiers dédiés à l'artisanat et à la comptabilité. Beaucoup d'autres louaient également leurs bras sur le grand port de la ville ou comme gardes de la cité. Les plus riches et les plus lettrés, eux, allaient au Hall des Poètes pour discuter politique, philosophie, religion ou affaires.

Et pour chance, c'était justement là que Malik se rendait! L'édifice n'était pas encore dans les beaux quartiers nobles, mais il se trouvait à leur frontière, à côté du pont permettant d'y accéder. Evidemment celui-ci était férocement gardé nuit et jour par des gardes armés d'armes damasquinées et abrités sur des fortifications stylisées mais très efficaces.
En face, au milieu d'une petite place aménagée aux dépends des habitations autour, se dressait le Hall des Poètes. Très massif, son architecture droite et épaisse, très solide sur ses fondations, laissait présager d'un passé militaire. Sans nul doute s'agissait-il d'une ancienne forteresse réutilisée pour donner à la ville un forum et un centre d'éducation digne de ce nom. De belles mosaïques courraient sur ce qui avaient dû être des remparts et la grande coupole dorée du bâtiment principal rayonnait comme un phare dans le désert. Une dépendance sur la partie droite était percée de hautes fenêtres barrées de métal et Malik n'eut pas besoin de beaucoup regarder pour se rendre compte qu'il s'agissait d'une bibliothèque.
Une large porte en ogive offrait le passage vers l'intérieur du bâtiment à qui le désirait, sans aucun contrôle. Qu'aurait-il pu arriver ici de toute façon? Le lieu n'accueillait que des éduqués la majorité du temps et quand la foule venait écouter ses tribuns, elle faisait sa propre sécurité. Sans compter la garnison du pont qui interviendrait sans doute devant la moindre échauffourée.

Si l'extérieur était austère, l'intérieur était d'un tout autre calibre. Il était magnifique: une débauche de couleurs et de talent. Un décor somptueux dans lequel on se perdait bien volontiers de peur d'en manquer un bout. Des colonnes montaient vers le ciel, des fenêtres aux formes délicates laissaient entrer la douce lumière du dehors mais pas la chaleur, des fontaines éternelles permettaient à qui le voulait de s'y laver les pieds ou d'y tremper les lèvres. Le tout isolé du bruit de la ville, bien entendu. Quelques silhouettes maigres et souvent âgées discutaient paisiblement en s'asseyant contre les murs ou en marchant. Le grand sujet du jour semblait être l'omnipotence de l'Unique.


Image
La marche de Malik déboucha finalement dans la salle principale, à ciel ouvert mais mitoyenne à une autre, fermée celle-ci. Deux hommes y débattaient devant un parterre de notables en lourds habits de brocart et de soie. La plupart étaient debout mais d'autres, plus âgés ou plus gras, étaient assis sur des bancs de bois ou à même le sol. Le premier des deux hommes était un blanc à l'accent difficilement compréhensible mais très chantant, pas très jeune ni vieux et habillé d'une toge beige. Il tentait de garder son calme face à un homme à la longue barbe noire et la djellaba de la même couleur. Le premier commençait comme ceci:

-"... Et si la déesse aime tous les nordiens comme ses propres enfants, il me faut conclure qu'elle aime tous les hommes, car comme le disent les Pleurs, par Sainte Michella de Brionne: "Shallya se leva pour voir que les hommes souffraient et les larmes dévalèrent de ses joues. Elle les prit et les embrassa alors et quand ils furent rétablis elle vit qu'il y en avait d'autres, loin de sa portée. Elle s'avança donc pour les embrasser à son tour". Vous voyez! Shallya aime tous les hommes, qu'importe la distance. Nous avons donc parfaitement le droit de prêcher Son amour en ces terres!"

Et l'autre lui cracha presque au visage:

-"Et moi j'en dis que les fils de l'Unique n'ont pas besoin d'une déesse supplémentaire! Comme son nom l'indique déjà, Il ne souffrira pas de la présence d'une fausse divinité qui cherchera à nous égarer du droit chemin! Le sultan, que toutes les joies de l'Après lui soient réservées, s'est déjà montré d'une générosité extrême en vous permettant de construire un temple au sein du quartier des étrangers, je ne permettrai pas la construction d'un de vos sanctuaires impies en dehors des murs où nous vous enfermons! Ce serait le début de la décadence, la fin de la civilisation! N'ai-je pas raison, fils de l'Unique?

La seule place de ta déesse, étranger, c'est dans le harem de l'Unique, à repasser les turbans!"


Un cri parcourut la foule alors que le prêtre en beige accusait le choc et contenait sa colère. Mais Malik n'était pas venu pour voir des théologiens se crêper le chignon mais pour trouver des informations. Il allait devoir établir une stratégie.
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Malik Sir'Hu
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Re: [Malik] Une chance lui suffira

Message par Malik Sir'Hu »

Ainsi avait il décidé de suivre le contrat proposé par Anas en échange des précieuses informations dont il avait désespérément besoin concernant les croisés directement reliés à la cible pouvant lui offrir la rédemption chez les Haschischins : L'intellectuel aux sombres réseaux Jaffar Abderamane.
Certes pactiser avec le roi des rats ne lui plaisait aucunement, tout comme il n'était pas garantie qu'une fois le travail terminé, son employeur respecterai les termes du contrat qui en cet instant les liait, pour autant, n'ayant pas d'autres pistes à suivre dans l'immédiat, Malik allait devoir se fier à son instinct et ainsi jouer le jeu de Anas, le temps qu'il accomplisse la mission qui lui avait été confié.
Yassim Al'Dabel... Un nom qui lui était inconnu jusque là, ne sachant de cette nouvelle cible, que ce que le roi des rats avait su lui dire : Un homme bon, charitable envers autrui, philosophe à ces heures perdus... Un innocent en d'autres termes. Malik exprimait il un remord à l'idée de devoir le tuer ? Aucunement... Ainsi était la vie d'un assassin, lui qui s'était vu confier nombre de mission par "Celui qu'on ne voit pas", avait apprit au cours de sa formation aux cotés de son maître Al Mualim, à passer outre tout remord quand à l'exécution d'une cible, qu'il soit homme ou femme, Arabéen ou étranger, riche ou pauvre... Seul comptait l'action mené, chaque assassinat dicté par le groupuscule d'assassin étant une nouvelle pierre à l'édifice d'une paix certes fragile mais ô combien précieuse dans toute l'Arabie. Douter de l'action qu'il avait le devoir de mener conduisait à faire faillir le bras destiné à exécuter la mission... Sa situation actuel en lien avec Jaffar en était la preuve.
Mais ici, s'était pour Anas qu'il devait tuer... Une situation loin d'être agréable certes mais la mort qu'il allait donner était d'une certain façon une nécessité pour la poursuite de l’œuvre qu'il avait juré de mener auprès des Haschischins. Au final qu'importe qui il devait tuer, si cela lui permettait de retrouver la trace de Jaffar.
Si l'objectif à mener semblait ici des plus simple, sa complexité résidait dans les conditions imposées par Anas pour y parvenir : Tuer Yassim d'une manière douloureuse et donnant l'image d'un message auprès des ennemis du maître des quartiers pauvres. Si le Hall des Poètes était un endroit assez fréquenté, il n'en restait pas moins bien gardé pour autant, les soldats de la ville y patrouillant avec une vigilance accru alors que les foules aimaient à s'enhardir devant les discours de ceux usant d'une force parfois plus terrible que celle d’une lame : le pouvoir des mots.

Quittant la boue et la misère des quartiers pauvres, il se retrouva donc à nouveau à parcourir telle une ombre Dimashque, se déplaçant à travers les foules attroupées autour des boutiques d'épices, de soie et autres babioles exotiques, non sans rester sur ces gardes alors qu'il restait un homme en sursis, un chasseur pouvant devenir une proie pour d'autres assassins au courant de sa déchéance, ou pire encore de membres peu scrupuleux de la Crimashin.
Ainsi, ce fut devant un décor bien différent de celui qu'il avait quitté après son entrevu avec Anas qui se dessina alors devant ses yeux : Se trouvant à la frontière des beaux quartiers de la ville, le hall des Poètes siégeait fièrement dans le paysage urbain, sa toiture en or massif reflétant les rayons du soleil, l'illuminant telle une couronne que même le plus riche des rois ne pourrait s'offrir. Endroit prisé des intellectuels de l'ensemble de l'Arabie mais aussi connu à l'étranger, il rassemblait les plus grands philosophes de cette décennie, venu s'affronter dans cette arène du savoir dans différents débats et autres joutes verbales autour de sujet aussi divers que variés. Curieuse ironie ici que de savoir qu'en des temps plus obscurs, l'édifice était un fort destiné au domaine militaire alors qu'il abritait aujourd'hui en son sein des hommes de lettre voyant la tyrannie de l'épée comme une activité réservé au barbares et aux esprits limités.
Malik se retrouva donc à pénétrer le Hall des poètes sans grande difficulté, l'entrée ni étant pas gardé, alors que l'accès y était libre à tous. Il se retrouva alors au milieu de vieillards et autres penseurs des temps modernes, plongé dans des discussions philosophiques, l'une d'elle captant même son attention alors qu'elle déclencha mécontentement et hilarité chez les spectateurs y participant.
Ainsi, l'assassin observa silencieusement deux hommes, l'un Arabéen et l'autre à l'accent trahissant ces origines du vieux monde, alors qu'il était sujet ici de la possible place que pouvait se faire l'une des déesses du panthéon Impérial au sein de l'Arabie où la croyance la plus représenté n'était autre que celle de l'Unique.
Écoutant l'échange, l'idée de sa venue ici était avant tout de localiser Yassim, dont il n'avait pas même de description physique. Sans aucun doute pourrait il trouver quelqu'un susceptible de le renseigner au sein de l'édifice... mais pour cela encore fallait il faire ces preuves dans cette arène qu'était le Hall des Poètes, endroit où les mots avaient tout pouvoir.
Ainsi s'avança il devant les deux hommes, et se risqua à participer au débat :


"Des échanges enflammés, des idées opposés et pourtant celle ci se complétant également. Permettez moi de donner un point de vue au différent qui vous oppose :" Il désigna tout d'abord l'homme à la djellaba noir. "Vos mots sont l'écho de votre fidélité à L'Unique, pour autant votre discours caractérise aussi votre manque de foi envers lui... Qu'une déesse Impériale s'installe en dehors des murs de Dimashque est il une crainte si grande que vous pourriez en trembler ? N'avez vous pas confiance dans la foi que les Arabéens portent à L'Unique au point de croire qu'ils pourraient se détourner de son regard ? De fait d'une certaine manière, le simple fait de parler de cette déesse Shallya fait de vous l'un des détracteur de notre divinité, offrant de l'importance et même de la légitimité à cette déesse devant une foule suspendu à vos lèvres et ne pouvant que se questionner devant la sois disant influence grandissante de celle ci. Parfois un silence vaut mieux qu'un long discours, aussi ici, laissez votre foi envers l'Unique être votre meilleur arme, celle ci couplé au temps saura effacer la simple présence sur nos terres de cette divinité étrangère."
Il se tourna cette fois vers l'homme à l'accent chantant et enchaina :
"Ainsi votre Shallya aimerait tous les hommes qu'ils viennent ou non d'au delà les mers ? Et bien dîtes moi, où était elle lorsque le sang des enfants d'Arabie jonchait le désert, ce même sang ayant servit à bâtir notre civilisation aujourd'hui ? Comme il l'a été dit, vous bénéficiez déjà d'une grande générosité du Sultan avec la présence d'un de vos temples dans cette ville. Sachez qu'ici en Arabie les gens préfèrent l'action au belles paroles, et votre divinité est jeune en cette terre, elle saura donc prouver cette bienveillance que vous lui attribuez à force d'effort et de temps.
Qui plus est... Bien que je ne sois pas personnellement réfractaire à l'idée même d'autres croyances en Arabie, l'histoire à prouver que trop de religion apporte bien souvent plus de malheurs et de guerre qu'autre chose, la situation du Vieux monde et de son panthéon en est la preuve."


Ayant brisé le masque d'assassin qu'il arborait jusque là, Malik faisait ici une démonstration de son esprit aiguisé et acquis auprès de Al Mualim, alors qu'il embrassait en cet instant, le déguisement d'un homme avec une certaine culture, capable de s’immiscer dans un débat entre deux savants, comme si l'exercice était des plus habituel. Là était l'arme des Assassins, cette faculté d'adaptation leur offrant l'opportunité d'entrer dans la peau de n'importe quel personnage, dans le but d'approcher une cible.

"Mais pardonnez mes mots tranchants et ma brusque interruption dans un débat n'étant nullement la fruit de ma présence ici. L'un de vous sauraient ils ou je pourrai trouver un certain Yassim Al'Dabel... On m'a dit de lui qu'il était un esprit brillant, couplé à une générosité sans limite envers son prochain. Ayant moi même été un gamin des rues, j'ai à cœur à aider ceux devant affronter la misère et la maladie... Les quartiers les plus pauvre de la ville regroupant une population que je cherche à aider à travers ma maigre participation.
J'avais ainsi bon espoir de croire que Yassim Al'Dabel saurait d'une manière ou d'une autre me venir en aide."


Ainsi le chasseur cherchait ici à localiser et approcher sa proie, se faisant passer pour un homme qu'il n'était pas. Son stratagème serait il ici payant ?
Malik Sir'Hu, Voie du meurtre
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Re: [Malik] Une chance lui suffira

Message par [MJ] Le Djinn »

Alors ça c'est très osé et pas forcément très malin. Un jet de charisme pour voir la réaction des participants et de la foule: 4, belle réussite.
Un scorpion sortant du sable aurait pu être entendu par l'assemblée tant le silence causé par la présence de Malik au sein de cette conversation d'érudits semblait incongrue. Contrairement à ce qu'on aurait pu penser, il n'y eut pas d'ovation générale, de grands éclats de rires ou de mouvement de foule mais plutôt une forme de consternation qui se dissipait par endroit. Là quelques hommes riaient nerveusement, ici d'autres parlaient à voir basse, l'air absolument outré. L'homme en djellaba noire et le jeune bretonnien se lancèrent un regard qui voulait dire, peu ou prou: "Est-il avec toi, celui-là?" Finalement, ce fût le premier qui n'y tint plus et, de sa voix la plus furieuse, il éructa:

-"Ah! Fils de chien! Comment oses-tu interrompre un débat solennel du Hall des Poètes?! N'as-tu donc aucune éducation pour faire s'arrêter deux hommes dans la plus sainte des activités: la pensée sur l'Unique?! Hors de ma vue, sale chien des rues, avant que je ne te fasse goûter à ma sandale!"

Il lui hurlait dessus si près du visage que Malik pouvait sentir son haleine d'ail et de lait de chamelle, ce qui était quasiment insoutenable. Comme si l'horreur de la situation ne suffisait pas, le jeune bretonnien s'approcha également, visiblement également furieux mais un peu plus contenu.

-"Même Shallya ne saurait pardonner une telle outrecuidance, et je suis poli!"

Alors que Malik ne pouvait que reculer devant la fureur de deux débatteurs arrêtés dans leur élan, un troisième homme attira l'haschischin infortuné en arrière. Il était bien vêtu, dans un mélange des tissus qui le catégorisait davantage dans les marchands éclectiques que dans la noblesse. Il envoya un os à ronger aux deux premiers gaillards.

-"C'est juste un idiot des rues, je le connais bien! Mais continuez, mollah, j'ai hâte d'entendre ce que vous avez à dire sur la place des harems dans la religion de l'Unique et à quel point cette vue est supérieure au mariage des occidentaux!"

Jamais Malik n'avait vu ce lascard avant cet instant, mais sans doute lui devait-il, si ce n'était la vie, au moins quelques coups de chaussure en moins! Une fois les orateurs repartis dans la bataille et nos tueurs placé hors de portée, le providentiel sauveur s'expliqua:

-"Ah tu ne dois pas être du coin toi, je me trompe? Interrompre une joute du Hall des Poètes est totalement interdit, même par la loi! C'est très, très risqué ce que tu viens de faire. Je pense quand même que ton petit discours en aura fait réfléchir quelques uns, alors je vais te répondre: Yassim Al'Dabel est en ce moment à la bibliothèque, je l'ai vu passer tout à l'heure. Si tu as de la chance il doit être du côté des étagères à poésie, il y traîne souvent."

L'information donnée, Malik n'avait plus qu'à suivre le chemin tracé à l'intérieur du Hall pour rejoindre sa proie. Le centre du bâtiment, où l'on se rassemblait pour échapper à la chaleur, était aussi richement décoré, parsemé de mosaïques à mille couleurs et de petites pièces de mobilier en bois ou en pierre qui s'accordaient avec l'ensemble, de sorte que l'oeil pouvait embrasser la pièce du sol au plafond sans être troublé par un élément en particulier. Seul bémol: la coupole, plaquée d'argent, tranchait net avec le bleu qui constituait le principal habillage des murs. Une faute de goût, en somme.

La bibliothèque était plus boisée, avec notamment un plancher de bois. Les étagères, hautes et larges, étaient constituées de niches en bois rouges empilées dans lesquelles s'entassaient des grimoires et surtout des parchemins ainsi que quelques papyrus anciens. Des petits groupes lisaient ensemble à voix haute ou discutaient du contenu de tel ou tel ouvrage un peu partout, assis sur des coussins épais. Des lampes à verre multicolores éclairaient doucement la pièce, aidés par les fenêtres, instillant une ambiance douce et propice à la réflexion.

Trouver Yassim ne demanda pas plus de quelques questions polies, il était en effet au milieu d'un parterre de quatre amis, tous assis à l'écouter déclamer un poème. Il était assez jeune, sans doute une trentaine d'année, la barbe noire coupée courte et les cheveux mi-longs, ce qui lui donnait un peu un air de sage. Des habits blancs et frustres, propres mais malgré tout peu riches. Nul mystère concernant les raisons qui le faisaient aimer des pauvres gens.



"-Sème l’alphabet
Chaque soir
Sur le tapis de prière de mon cœur
Nous lustrons les lettres ,
Les polissons
Et les trempons
Dans les récipients de la lumière argentée
Puis avec les derniers fils des ténèbres
Nous les libérons
Sous forme d’essaims
De papillons blancs."
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Re: [Malik] Une chance lui suffira

Message par Malik Sir'Hu »

Malgré des propos qu'on aurait pu penser pertinents, la réaction des deux érudits fut terriblement agressive à l'encontre de l'assassin qui semblait ignorer bien des choses des codes de conduites qui régissaient le Hall des poètes. Ainsi devant une foule consterné et même outré, Malik se retrouva confronté à la rage des deux hommes de lettre qui lui hurlèrent tour à tour dessus, l'insultant de tous les noms alors qu'ils se retenaient de retirer leurs chaussures pour en asséner de coups le jeune impudent qui s'était risqué à s'immiscer dans leur débat sur la pensée de l'Unique.
Restant pourtant calme mais forcé de reculer devant ces détracteurs, Malik ne dû sa bonne fortune qu'à l'intervention inopinée d'un homme vêtu de façon riche et coloré, se portant garant de lui devant l'assemblée alors qu'il le présenta comme un idiot des rues voir même un monsieur je sais tout pourtant bien mal éduqué.

La foule et les érudits ronchonnant mais acceptant de retourner à leur occupation alors que le bienfaiteur de Malik les relança sur une question concernant l'opposition de la culture oriental et la polygamie face au mariage occidentaux, l'haschischin se retrouva alors isolé à l'écart avec son bienfaiteur, dont il ignorait l'identité, celui ci ne pouvant que se questionner sur la folie qui s'était emparé de Malik pour intervenir dans un débat sans prévenir, chose pouvant être puni sévèrement par la loi si on venait à se retrouver face aux mauvaises personnes.
Pour autant, et malgré l'échec de son intervention, celle ci fut loin d'être inutile puisque son nouvel ami du moment, semblant indirectement saluer les remarques énoncés par l'assassin au moment de sa prise de parole, accepta de lui révéler la position de Yassim Al'Dabel, qui était en cet instant à la bibliothèque du hall, notamment non loin des étagères en lien avec la poésie oriental.
Apposant sa main droite sur son cœur et abaissant légèrement la tête et les yeux, il salua ainsi son interlocuteur du moment pour le remercier de l'avoir tiré du mauvais pas dans lequel il avait bien failli se fourrer, ainsi que pour les informations qu'il avait été en mesure de lui offrir.

Ayant prit congé, Malik se retrouva donc à vadrouiller à nouveau à travers les diverses salles du Hall des Poètes, ne pouvant qu'admirer silencieusement la structure coloré et ancienne de l'édifice fondé à une époque où il n'était même pas né, alors que cet endroit regroupait le cœur de ce qui faisait la ville de Dismashque : le savoir et la connaissance.
Désormais plongé dans une immense salle, éclairé par quelques lampes et la lumière du soleil se reflétant à travers les vitraux le composant, il se retrouva alors plongé dans un dédale d'immenses étagères composées de livres aux couvertures colorés, des gens s'y plongeant des journées et des nuits entières, s'abreuvant du savoir qu'ils recelaient dans l'espoir de pouvoir en débattre avec ceux ayant eu le courage de s'y plonger.
Ainsi ce fut au milieu d'une ambiance studieuse qu'il se retrouva à questionner ceux acceptant de lui répondre concernant l'homme qu'il était venu chercher ici, les nombreuses indications offertes l'amenant à retrouver un homme entouré de quelques amis alors qu'ils se livrait à l'art de la poésie devant des spectateurs accrochés au moindre de ces mots.

S'approchant sans un mot, Yassim était un homme d'une trentaine d'année à la barbe noire et coupée courte ainsi que coiffé d'une chevelure sombre et mi long. N'ayant à première vue rien de particulier, il était à noter que son style vestimentaire caractérisait une certaine pauvreté, détail expliquant sans doute son attachement à la population la plus défavorisé de la ville alors qu'il en était sans aucun doute originaire. Pour autant, Malik ne pouvait masquer une certaine curiosité à l'encontre de sa cible et de la crainte qu'elle semblait inspirer au roi des rats, qui voyait en lui un potentiel concurrent au trône qu'il cherchait jalousement à préserver. Un lien existait il entre les deux hommes ? Comme un passif commun ? Avait il autant d'influence que Anas semblait le croire ou bien n'était ce que la paranoïa d'une ordure se pensant tout puissant dans cette ville ? Impossible de le dire dans l'immédiat, car si désormais Malik pouvait coller un visage sur le nom de Yassim Al'Dabel, encore fallait il apprendre à mieux connaitre le personnage et ces habitudes, pour avoir une chance de l'atteindre selon les conditions imposés par l'employeur de l'assassin.
Préférant se faire discret durant son récital, l'haschischin se retrouva alors plongé dans les méandres de son passé, alors que le poème énoncé par Yassim ne lui était nullement inconnu.

Il ressassa un souvenir enfoui, d'une époque si proche et en même temps si lointaine, une période où ses mains n'étaient pas constamment pleine de sang. Un passage de sa vie similaire au goût sucré et à la satisfaction que ressentait un enfant au moment où il laissait glisser dans sa bouche une douce friandise. Malik se revit alors allongé au milieu du désert, la tête apposé sur une paire de genoux à contempler silencieusement la voute céleste alors qu'une main douce et gracieuse venait se faufiler à travers ces cheveux.
Le visage de Yasmina se dessina alors devant son regard, ces yeux verts émeraudes plus beaux et rayonnants que la plus scintillante des étoiles.


*Tu es si belle...* Dit Malik alors qu'elle lui offrit un sourire en guise de réponse tout en chantonnant une chanson avant de finalement lui énoncer un poème, le même que Yassim était en train de réciter au sein du Hall des Poètes.
Dans les méandres de son esprit, l'haschischin se retrouva alors à rêvasser sur cette période de sa vie qu'il pensait avoir à jamais balayé depuis qu'il était devenu l'élève de Al Mualim et qu'il servait dans l'ombre "Celui qu'on ne voit pas" et pourtant...


"C'est un très beau poème... Une femme me l'a déjà récité... il y a longtemps..." Murmura t'il à l'encontre de Yassim et de son publique alors que les différents protagonistes levèrent à l'unisson la tête vers lui.
Se posant en tailleur au niveau du petit groupe, il arbora ici un nouveau masque, bien différent de celui de l'assassin, mais plutôt d'un homme bienveillant mais légèrement maladroit concernant les codes régissant l'endroit.


"Oh ! Pardonnez mon interruption et mon impolitesse... Vous entendre m'a rappeler un souvenir que je pensais avoir à jamais oublié. Permettez moi de me présenter : Hakim Reli'Ha. Si les gens habitués des lieux ont pu correctement me renseigner, vous devez être Yassim Al'Dabel n'est ce pas ?"

Il marqua un temps d'arrêt pour laisser le soin à son interlocuteur de s'exprimer, avant de reprendre calmement pour expliquer les raisons qui l'avait poussé à venir le trouver :

"Les gens qui semblent vous connaître pensent beaucoup de bien de vous. C'est d'ailleurs grâce à eux si je suis ici aujourd'hui... Je parle de ceux n'ayant rien omis le courage et l'espoir de vouloir survivre dans cette ville arborant un masque d'or alors qu'une majeur partie de sa population est en souffrance.
On dit de vous que vous aidez ceux qui en ont besoin... Mais..."


Il mima alors exprès non sans une certaine maladresse en tournant la tête vers la gauche et la droite que personne d'autre que Yassim et ces amis ne cherchent à l'écouter et dit :

"Je crois que vous êtes en danger... et je me devais de vous prévenir malgré les risques."

Ainsi Malik tentait une approche frontal, nécessaire car ne pouvant se débarrasser de sa cible de manière conventionnel, il avait déjà pour idée d'ôter la vie de Yassim en usant d'un poison, plus précisément de caresse de Vipère, une solution mortel si on parvenait à l'administrer par blessure ou de manière digestive.
Une méthode cruel et terriblement douloureuse pour mourir, comme le désirait Anas en échange des informations convoitées par Malik concernant les Bretonniens et Jaffar. Mais pour se faire, Malik se devait de gagner la confiance de sa cible et pour cela fallait il encore apprendre à le connaitre pour trouver le bon moment pour frapper.
Bien maintenant allait il devoir en apprendre plus sur ce fameux Yassim se trouvant être l'une des pire crainte du moment pour le roi des rats.
Malik Sir'Hu, Voie du meurtre
Profil: For 9 | End 8 | Hab 11 | Cha 8 | Int 8 | Ini 9 | Att 10 | Par 9 | Tir 9 | NA 1 | PV 65/65
Lien Fiche personnage: https://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.p ... lik_sir_hu

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