[Malik] Une chance lui suffira

Le vaste pays désertique qu'est l'Arabie se trouve de l'autre côté de la mer en face de la Tilée et de l'Estahe. Il y a plusieurs cités habitées, certaines sur la côte et d'autres à l'intérieur des terres, ainsi que bien des ruines désertes remontant aux légendaires Guerres de la Mort. Les pirates d’Arabie sont des pilleurs invétérés, dont on peut parfois apercevoir les navires aux voiles sombres dans les ports d’Estalie ou de Tilée.

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[MJ] Le Djinn
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[Malik] Une chance lui suffira

Message par [MJ] Le Djinn »

Un peu de musique pour commencer:
Carte de la ville de Dimashque:


Image


En lisant les récits des décors lointains et exotiques de l'Arabie du Sud, de ses vastes dunes dorées brillant en soleil ou de la mer azurée accueillant mille navires, les plus blasés des piliers de taverne impériaux auraient soufflé du nez aux clichés, aux racontars, aux histoires milles fois entendues. Il est de ces contes qui ont tant et tant été répété qu'ils en ont perdu leur saveur, leur substance, que plus personne n'accepte de les raconter sauf aux plus jeunes enfants que la naïveté protège encore du cynisme des adultes.

Et pourtant il y avait dans les vers des poètes bien davantage de vérité que les intellectuels d'Altdorf ou de Couronne le pensaient. Il suffisait, pour s'en convaincre, d'observer une des plus villes les plus ouvertes de la péninsule, une des plus modernes également: Dimashque.

Siègeante entre les confins infinis du Désert Changeant qui la séparait de la Terre des Morts au nord et l'immense Golfe de Medes au sud, la cité de Dimashque était réputée par l'accueil chaleureux qu'elle réservait aux voyageurs étrangers ainsi qu'à la place large accordée aux hommes de savoir de toutes obédiances tant que celles-ci étaient progressistes. Une ville moyenne donc mais dont l'apparence était splendide et les richesses d'une importance capitale. Aucune ville arabéenne, si ce n'était pour Copher et Al-Haik elles-mêmes, n'abritait autant d'étrangers: nains, elfes, bretonniens, impériaux, kislévites, tiléens, estaliens et bien d'autres lieux encore! Une population bigarrée qui se mêlait aux foules des fils de l'Unique qui marchandaient avec empressement et finesse, aux lettrés qui échangeaient dans de grandes salles somptueusement décorées les dernières nouvelles du monde et même aux hommes de guerre qui profitaient ainsi des dernières avancées dans l'Art de Myrmidia. Et ce serait encore oublier la forteresse bretonnienne d'Antoch, à l'Est, dont Dimashque était la principale partenaire et dont l'alliance, bien que fragile, était gage de respect aux yeux des nouveaux arrivants du Vieux Monde.

Puis venait la description de la cité elle-même. Qu'elle était belle, la Grande de Métal, avec son matériau unique: l'acier dimashquéen. Une merveille de science, d'alchimie, de forge et de talent! Des lames magnifiquement décorée, bronzée ou argentée, aux motifs spiralés uniques et d'une qualité rivalisant sans peine avec l'ithilmar elfique, poids mis à part. Un maître-forgeron nain se serait même exclamé un jour en observant un cimeterre: "C'est pas possible un métal umgi comme ça! Y'a de la magie là-dessous!". Et pourtant nulle sorcellerie, juste le talent et le savoir.
Ainsi donc une grande part de la ville, notamment toute sa partie nord-ouest, était parcourue de forges à l'excellente réputation et accessible à toutes les bourses selon qui vous sert. Le sud, évidemment, était parcouru de pontons, ports, grues, entrepôts et autres infrastructures classiques retrouvées dans les villes portuaires telles que des guildes des voleurs. La mer, en Arabie, était une artère vitale, indispensable.
A l'est s'élevaient les quartiers pauvres, où s'entassaient dans une misère aride la majorité de la population, des plus humbles gardiens de chameaux aux commerçants plus aisés: tous étaient logés à la même enseigne. L'Ouest et le centre, avec notamment le célèbre Hall des Poètes, étaient réservés aux élites les plus riches. C'était bien sûr sans oublier le quartier sud-est, donné aux étrangers…

C’est dans décors jaune et blanc, entre deux étals de marché vendant de délicieuses épices aux effluves puissantes ou des fruits et légumes aux couleurs chatoyantes. Une foule épaisse emplissait les rues étroites des quartiers populaires de Dimashque et en son sein évoluait un individu seul, membre banni d’une secte de meurtriers se proclamant altruistes.
Son objectif ? Tuer un certain Jaffar Admeramane, homme de science, intellectuel reconnu, membre de certains cercles secrets… Et potentiel traître à la solde des bretonniens. Il avait échoué à le tuer une fois : cela ne devait pas se reproduire. Et vite si possible car si un autre Hashashin que lui parvenait à mettre fin aux jours du traître, il n’aurait plus qu’à accepter la mort des mains de son propre maître.

Mais par où commencer ? Les rumeurs étaient nombreuses en ville concernant cette tentative d’assassinat mais elles s’accordaient surtout à dire que Jaffar s’était caché quelque part en attendant que l’orage passe, que les Hashashins oublient. Mais les Hashashins n'oubliaient jamais. Le nom de leurs cibles restaient gravé dans leur mémoire, sans que jamais l'ordre n'abandonne.

Malik observa la foule depuis le toit d'une maison à triple étage, toute de pierre blanche et beige et d'où s'échappaient les extrémités des poutres qui soutenaient la structure. C'est sur un de ces rondins de bois qu'il se tenait accroupi, guettant la vie dans les rues commerçantes des bas-quartiers où on parlait fort en échangeant des articles de toutes les qualités. Des arabéens, quelques impériaux, une poignée de bretonniens, un ou deux nains. Tous valsaient au rythme des affaires et des rafales d'air chaud et lourd provenant de la mer.

Il était temps de se mettre en chasse.
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Malik Sir'Hu
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Re: [Malik] Une chance lui suffira

Message par Malik Sir'Hu »

Perché sur une poutre servant à soutenir les fondations d'un bâtiment à trois étages au milieu des quartiers populaires de la ville, Malik observait la foule en contrebas, spectateur silencieux de la masse grouillante qu'était ici une partie de la population de Dimashque. Jusqu'ici pensif et silencieux, il détacha alors ses yeux des habitants, pour observer sa main gauche où l'auriculaire était désormais manquant... Plusieurs semaines s'étaient ainsi écoulées depuis qu'il s'était infligé lui même cette mutilation, symbole de honte et d'échec chez les Hashishin alors qu'il avait échoué à accomplir sa dernière mission pour le groupuscule d'assassin, à savoir ôter la vie de l'influent intellectuel qu'était Jaffar Admeramane. Dès lors, la vie de Malik n'était plus qu'un long sursis, le temps lui ayant été alloué étant directement lié à sa capacité à réparer ou non le tort causé à l'encontre de "Celui qu'on ne voit pas", car ainsi étaient les règles dictées par le crédo des Hashishin : Une vie pour une vie, celle de l'assassin ou de sa cible... Le prix du sang était le lien qui unissait tous les contrats ordonnés par "Celui qu'on ne voit pas" que les cinq doigts de sa main, aussi surnommés les Grand maîtres étaient chargés de faire honorer.

Ainsi, sous les directives de son maître : Al Mualim, le jeune Malik après avoir soigné ses blessures suite à son altercation avec les croisés Bretonniens alliés de Jaffar, s'était ainsi vu devenir le maître de son propre destin, étant dans l'immédiat dans l'incapacité de bénéficier des différents services et aides dont étaient normalement bénéficiaires les Hashishin, ce qui de fait faisait de lui maintenant un électron libre, se devant d'user de ses propres ressources pour retrouver la cible du contrat qu'il pouvait encore honorer.
Mais dans cette chasse à l'homme, une nouvelle donnée était ainsi à prendre en compte : Le contrat n'étant plus une exclusivité de Malik et son maître désormais, la mort de l'intellectuel, si elle venait à être réalisé par un autre assassin, ou pire encore par des membres de la Crimashin, aurait pour conséquence l'exécution pur et simple de Malik, sa seule possibilité de rédemption étant directement lié à sa capacité ou non d'accomplir la mission qui lui fut confié.
Dès lors, rien ne disait qu'il ne serait pas amené à devoir se confronter contre d'autres Hashishin, partageant pourtant les mêmes valeurs et le même crédo, l'ensemble du groupe n'étant en fin de compte qu'une meute de prédateur ne partageant jamais une proie, comme pouvait le faire un lion lorsqu'il se mettait à traquer une gazelle. Un mort au sein du groupuscule n'était à terme rien pour les Hashishin car seul comptait la sécurité de l'Arabie et ces secrets, les assassins agissant dans l'ombre pour influencer la lumière, ainsi était les préceptes de "Celui qu'on ne voit pas".

Malik était maintenant seul, à la fois chasseur et chassé, il se devait de retrouver Jaffar au plus vite avant qu'un autre ne termine la mission entamé mais, tel un serpent, l'intellectuel s'était terré dans une cachette, attendant la fin de la tempête alors qu'il savait qu'on cherchait maintenant à attenter à sa misérable existence. Le retrouver et le tuer saurait donc être d'une complexité bien plus importante maintenant que l'effet de surprise n'était plus en faveur du jeune assassin, sans compter que... Sa première tentative ne s'était soldé par un échec cuisant qu'à cause du pendentif qu'il avait vu fixer autour du cou de Jaffar, bijou qu'il était persuadé avoir déjà vu, alors que son passé était revenu le hanter, les questions qu'il apportait avec lui perturbant la concentration que lui avait pourtant inculqué son maître Al Mualim lorsqu'il traquait une proie...

Ce bijou était il le même qu'il avait offert des années en arrière à l'amour de sa vie, la défunte Yasmina Naki’ha ? Il devait sans doute se tromper... Sans aucun doute avait il imaginé voir le bijou, celui de Jaffar partageant quelques ressemblances... Et puis à l'époque, Al Mualim lui avait confirmé la mort de Yasmina et puis... puis... Il se secoua le tête comme pour ôter toutes ses mauvaises pensées... Non, non... Tout ceci n'avait été que son imagination, un moment d'inattention l'ayant amené à la situation dans laquelle il était aujourd'hui. Son passé était derrière lui, et seul l'Arabie et les Hashishin comptaient... La prochaine fois, il ne retiendrai pas son bras... La prochaine fois, il tuerai Jaffar Admeramane !

D'une agilité et d'une dextérité impressionnante, il quitta ainsi son perchoir, atterrissant dans une ruelle tel un félin, avant de s'engouffrer dans les artères principales des quartiers pauvres, où il vadrouilla à travers la foule comme l'aurait fait n'importe quel citoyen. Vadrouillant ici et là, analysant chaque nouveau compartiment de terrain urbain pour y analyser les possibilités de fuites ou d'échappatoires, s'était là les réflexes de tout bon Assassin : Toujours avoir un coup d'avance et envisager toutes les possibilités même les plus improbables. Ainsi au lieu de tout simplement parcourir d'une traite la distance le séparant d'un objectif, Malik prenait généralement son temps, agissant comme tout le monde alors qu'il s’arrêtait devant certaines échoppes pour y observer quelques articles, saluait ici et là certains commerçants où certains gardes agissant pour la sécurité de la ville, en sommes se comporter comme tout le monde permettait de ne jamais attirer l'attention sur soi, car c'était la clé de la survie des Hashishin : Être un visage parmi tant d'autres...

Maintenant, comment retrouver Jaffar Admeramane ? S’intéresser directement à l'homme serait en soit une perte de temps, tout comme chercher des informations sur son entourage le plus proche saurait être aussi dangereux que fastidieux... Mieux valait plutôt se tourner vers les Bretonniens vers qui il avait pu trouver refuge lors de sa première altercation avec Malik.
Bien que la ville était assez cosmopolite, les hommes que Malik cherchait devrait en toute logique être assez aisé à retrouver, bien loin d'avoir le profil d'intellects ou de commerçants, des combattants même en cherchant à se faire discret saurait être identifiable par des yeux un peu trop curieux et heureusement pour l'assassin, il avait avec lui la plus grande source de renseignement de son coté : La ville elle même...
En effet, on pouvait toujours compter, moyennant finance sur les informations que savaient glaner ceux vivant jour et nuit dans les rues de Dimashque, comme les mendiants ou les orphelins... Et on pouvait aussi toujours obtenir de bons renseignements en provenance de ceux travaillant sur les quais, centre névralgique où était acheminé les principales marchandises de la ville, ainsi que les voyageurs étrangers préférant la sécurité des mers plutôt que la dangerosité du désert.
Blason particulier, activités étranges et nocturnes, présence plus soutenu de Bretonnien dans certaines zones, échange avec des personnalités influentes de la ville... Toutes ces potentiels données sauraient à terme, l'aider à retrouver Jaffar...

Là était les premières pistes qu'il chercherai à suivre... Là commençait le début de sa traque.
Malik Sir'Hu, Voie du meurtre
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[MJ] Le Djinn
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Re: [Malik] Une chance lui suffira

Message par [MJ] Le Djinn »

Au sein du Vieux Monde, dans les milieux les plus mal famés comme au sein des forces de l'ordre, il était coutume de dire que l'information était un sale domaine de travail. Les surnoms de ceux qui s'étaient fait office de traquer et de trouver le savoir concernant autrui ne se comptaient plus: informateur, indicateur, mouche, mouchard, balance... Des êtres méprisables, mais néanmoins nécessaire. Les plus malins ne se laissaient pourtant pas tromper par l'apparente facilité d'un métier qui ne demandait pas de monter au feu ou de suriner à tous les coins de rue. Trouver la bonne information, discerner le vrai du faux, le mauvais ragot de la rumeur véridique, tout ça était un travail long, fastidieux et acharné. Pour cette raison l'on considérait que le savoir vrai valait de l'or et on était près à payer une petite fortune ceux capables d'occuper un tel poste. Des hommes méprisés et souvent méprisables donc, mais tout à fait indispensable.

Et en Arabie? La même chose, mais la chaleur en plus.

Heureusement pour Malik, les Haschischins formaient leurs membres à ces délicates opérations de renseignement. Dans le cadre de leur mission de tueurs il était en effet indispensable de pouvoir récolter le maximum d'informations sur une cible sans éveiller les soupçons. On ne voulait pas que la garde soit soudainement doublée après qu'une méchante bouche ait été raconter à la future victime qu'un individu louche le cherchait. Ainsi il sut que chercher des informations directement sur Jaffar, sa cible, serait au mieux inutile, au pire contre-productif. Si le mécréant se rendait compte que la chasse pour sa tête continuait, il disparaitrait rapidement dans une autre ville et alors plus personne ne pourrait le retrouver. A la place, Malik se décida à aller chercher du côté des bas-quartiers des informations sur les Bretonniens, que Jaffar avait comme alliés proches. Les mendiants et les voleurs possédaient des oreilles partout et chaque recoin de la ville, jusqu'aux plus nobles, étaient épiés régulièrement.

Jet d'INT pour chercher des informations générales (+1 grâce à la compétence Bas-Fonds): 9-1 = 8, réussite de justesse.
Seulement voilà: même en sachant où trouver les informations désirées, savoir à qui les demander et comment le demander était une toute autre paire de manche. Heureusement Malik n'était pas fait du même bois que la plupart des minables petites frappes de la ville. Son instinct s'était aiguisé après des années d'entrainement et d'un simple coup d'œil il était devenu capable de repérer les personnes intéressantes. Il traversa donc une rue de petites maisons beiges délabrées aux fenêtres étroites et sans volets dont le sol était parsemé de bouts de bois et de morceaux de construction tombés des baraques en argile. Ici il n'y avait que la misère: un puit à ciel ouvert, quasiment abandonné, n'abritait plus qu'une eau sale à laquelle des femmes maigres en djellabas trouées tiraient de quoi nourrir leurs enfants. Ca et là des marmites en cuivre abîmées par les vents plein de sables servaient à la faire bouillir pour la rendre plus pure, sans grand succès toutefois
Dans ces quartiers on voyait des jeunes et des vieux sur les paliers, observant les passants dans un silence de mort. Ils n'avaient rien à manger, rien à boire et pas non plus à dire. Même dans une ville riche comme Dimashque, qui était débordante des trésors du commerce on trouvait toujours des déshérités, des malchanceux. Ainsi allait le monde. Beaucoup levaient la paume ouverte vers Malik, qui leur paraissait riche dans ses habits de ville. Évidemment celui-ci n'accordait sa pièce que contre un service, en l'occurrence une information sur les habitudes des bretonniens en ville, ou à défaut comment trouver une personne qui elle saurait.

Après quelques aller-retour il finit par trouver l'homme qu'il cherchait. Un certain Anas, qu'on ne connaissait que sous ce prénom et qui faisait office de porte-parole pour tous les pauvres bougres du quart-Sud-Est de la cité. On le trouvait habituellement en train de lézarder sur le toit d'une maison à trois étages si abîmée par le temps qu'elle semblait sur le point de s'écroulait. On y accédait par un escalier blanc suivi d'une échelle, si bien qu'une équipe de gardes aurait pu être mise en déroute sans difficulté. Il était occupé à plonger la main dans une large assiette de couscous dont il dévorait de grandes bouchées. Âgé de moins de quarante ans sans doute, habillé d'une simple tunique et d'un pantalon de chanvre très près du corps, il ne semblait pas très surpris de voir apparaître Malik, même si son unique garde du corps, un arabéen très brun à l'air mauvais et au faciès sombre, sortit une dague courbe de sa ceinture quand l'assassin termina de gravir l'échelle. Anas ne laissa pas le temps à son futur client de prendre la parole et obtint l'initiative:


-"Ainsi tu cherches des informations sur les bretonniens, mon frère? Oui je le sais, tout vient très vite à mes oreilles par ici. Tu n'as pourtant pas l'air d'un marchand ou d'un fanatique de l'Unique. Encore que les fanatiques ne se font jamais remarquer avant de passer à l'acte. Alors dis-moi, qu'est-ce que tu veux savoir précisément, et comment comptes-tu me payer?"
Perte de 4 sous.
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Malik Sir'Hu
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Re: [Malik] Une chance lui suffira

Message par Malik Sir'Hu »

Au milieu des quartiers pauvres de la ville, Malik se faufila à travers les ruelles sordides, autre visage de Dimashque bien différent de celui dont la ville aimait à se vanter : Celui d'une cité riche de sa fortune et des connaissances qu'elle abritait en son sein. Pourtant ici, dans un dédale de maisonnettes en ruines et lentement rongées par le sable, le jeune assassin était plongé au milieu des oubliés, des rebuts, des mal aimés... Des hommes et des femmes qui, n'ayant pu saisir leur chance, avaient été placé à l'écart des puissants et des opulents, ne vivant pas au sein de la cité d'or mais plutôt y survivant, chaque nouveau jour étant une nouvelle lutte dans cette spirale de souffrance et de malheurs dans laquelle ils étaient plongés.
Le Haschischin croisa des enfants jouant à même le sol, la gueule crasseuse et les cheveux fixés entre eux alors que le soleil avait fait sécher la boue si étant incrustée. Il tomba aussi sur des vieillards affalés contre les murs de leurs demeures, les mouches tournoyant autour d'eux, les insectes attendant ainsi patiemment l'heure où la vie quitterai les corps rongés par le temps de ces braves. Il tomba aussi sur des femmes, encapuchonnés dans des djellabas, sans doute certaines étant d'anciennes beautés dont la misère avait eu raison de leurs charmes, comme la rose du désert, se laissant inlassablement mourir sous le soleil d'Arabie.
Ces gens n'étaient ainsi pas mieux considérés que des chiens, dévorant les restes qu'acceptaient de leur offrir les puissants, tandis qu'il observa en silence, quelques mères donner à leurs enfants, une eau croupie qu'elles avaient été en mesure de faire bouillir pour la purifier au mieux... Cette situation était déconcertante.

Pour autant si Malik ne faisait ici que des constations concernant ce dont il était témoin, jamais n'eut il le moindre égard où la moindre pitié à l'encontre de ces malheureux, jamais il ne s'arrêta quand on lui demanda le moindre sous, jamais il ne vint en aide à quelqu'un, et jamais il ne répondit aux orphelins, curieux enfants devant un étranger habillé de manière bien plus riche qu'ils ne pourraient jamais l'être.
Ainsi était sa vie... Ainsi était les enseignements de Al Mualim... Les Haschischins étaient les instruments de mort de "Celui qu'on ne voit pas", les armes d'une lutte dépassant la simple condition humaine, leurs actions étant guidées pour le bien commun de l'Arabie. Avoir de la pitié ou de la compassion était chez eux vu comme de la faiblesse, l'émotion n'ayant nul place dans l'art de l'assassinat, c'était la justice véritable qui guidait le bras de l'assassin. Ainsi, homme ou femme, riche ou pauvre, local ou étranger... Qu'importe qui était la cible... Si "Celui qu'on ne voit pas" donnait un nom à abattre, alors le travail devait être fait... Pour le bien de l'Arabie, servir la lumière dans l'ombre... Ainsi était le crédo... Ainsi était l'endoctrinement qu'on avait inculqué à Malik.
Or donc ce fut à force de recherche et de discussion avec des mendiants échangeant quelques mots au son de la bourse de Malik, qu'il découvrit qu'un homme était susceptible de lui venir en aide dans sa recherche d'information au sujet des Bretonniens : un certain Anas, dont on disait qu'il était le point névralgique de toutes informations circulant dans le quart Sud-est de la cité, sorte de chef d'une communauté aux aboies, obligés de se raccrocher aux bras d'un pseudo leader qui sans aucun doute préférait bénéficier des quelques privilèges lui offrant sa position, plutôt que de venir en aide à ceux reconnaissant son autorité.
Ce fut donc sur le toit d'un bâtiment vacillant à trois étages que Malik eut le privilège de rencontrer sa potentiel source, le rejoindre obligeant à emprunter un escalier donnant ensuite sur une échelle amenant directement sur le toit de l'édifice... Un endroit en sommes plus compliqué d'accès qu'on pouvait le croire, sans aucun doute le dénommé Anas, de part sa position, devait rester méfiant à l'encontre des autorités de la ville ou des raclures désireux de lui voler sa place.

De fait, Malik se retrouva dès lors face à un homme d'une quarantaine d'année, habillé d'une simple tunique et d'un pantalon de chanvre, plongeant machinalement sa main dans une assiette de couscous qu'il dévorait sans ménagement, l'arrivée d'un visiteur ne semblant nullement le surprendre, tandis que l'Arabéen qui se tenait debout et droit derrière lui, avait une attitude bien plus agressive alors qu'il s'empara d'une dague courte, donnant directement le ton de cette rencontre dans les bas fonds.
Anas fut ainsi le premier à parler, offrant non sans une certaine satisfaction la première information en sa possession, à savoir les raisons qui avaient amené Malik à venir le rencontrer... Décidément même un mendiant grassement payé pour un service ne pouvait s'empêcher de baver à ceux étant ces maitres...


"Qui je suis n'a aucune importance..."Dit il tout simplement en analysant tranquillement le toit où il se trouvait, non sans glisser du coin de l’œil son regard en direction de la dague que tenait fermement le garde du corps.

"On t'a dit que je cherchais des Bretonniens... Moi on m'a dis que tu pourrais m'aider à les retrouver. Obtenir une information n'est pas bien compliqué, seul sa véracité à de l'importance".

Il se plaça alors en tailleur devant Anas montrant ici qu'il n'avait aucune espèce de mauvaises intentions, et ainsi commença les négociations entre les deux hommes, chacun devant avoir une utilité pour l'autre si ils voulaient pouvoir passer un marché.

"Je suis à la recherche de saints guerriers, des croisés arrivés en ville quelques semaines auparavant. Des hommes désireux de se faire discrets et qui à n'en pas douter, bénéficie de quelques privilèges offerts par des puissances influentes de la ville.
J'ignore leurs objectifs, mais je sais qu'il protège un homme... Un Arabéen qu'il me faut retrouver."


Il resta assez vague ici, ne voulant prononcer le nom de Jaffar tandis qu'il ne connaissait que trop peu son interlocuteur du moment et de la confiance qu'il pouvait lui offrir. Les rats restaient des rats après tout...

"Quand aux prix il dépendra des informations que tu possèdes... Ma bourse est bien remplit mais... Je doute que ce soit de l'argent que tu cherches mon... frère... sinon pourquoi me demander ce que je suis en mesure de t'offrir ?
La vrai question qu'il me faut donc te poser est : Que désires tu en échange de tes précieux services ?"
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Re: [Malik] Une chance lui suffira

Message par [MJ] Le Djinn »

La main du brigand plongea dans le tas de semoule et en ressortit avec une floppée de grains promptement engloutie. L'homme en lui-même n'eut aucune réaction particulière, rien de visible du moins. A dire vrai il ignorait sans doute à qui il avait réellement à faire et prenait Malik pour un tueur classique, un assassin bas-de-gamme qui offrait sa lame à qui pouvait lui payer son prochain repas. Peut-être que la carrure de son vis-à-vis lui faisait hausser le niveau jusqu'à croire qu'il était un tueur professionnel, au-delà de la fange commune. Il n'était pas loin de la vérité, en ce cas. Il reprit tout en mâchant, créant un bruit épouvantable:

-"Tu comprends bien, frère. De l'argent, de l'or, il en coule plein dans la ville, oh oui, plus qu'on ne le pense. Mais des talents, ça, oh ça... Le bon Anas n'en trouve que rarement."

Il poussa un long soupir et observa la brute à côté de lui, qui lui répondit d'un signe de tête compréhensif. Au-dessus d'eux une mouette cria à la volée et commença à tourner en cercles en regardant d'un œil avide ce tas de semoules bien cuite. Un tir d'arc par le garde du corps la fit déguerpir: dans cette ville les oiseaux étaient pires que les rats.

-"A part les talents pour la tire, bien sûr. Mais le vol se révèle être une seconde nature pour ceux qui ont le ventre creux, par l'Unique!"

Un haussement d'épaule suivit et il reprit une bouchée avant de continuer.

-"Les infidèles venus du Nord sont effectivement bien protégés, l'ami. Le sultan est un idiot et il leur accorde toute son hospitalité, les bonnes femmes ne parlent que de ça! Mais je suis d'accord avec la rumeur: ces enfoirés en armure ont pris trop d'aise entre nos murs et ils viennent nous apporter leurs coutumes bestiales et leur parodie de justice, j'ai dit."

Cette fois il changea et attrapa un tas de petits raisins que Malik n'avait jusque là pas vu.

-"Mais je parle, je parle, et la discussion n'avance pas. Tu veux donc un arabéen protégé par les étrangers en armure et qui se terrerait quelque part en ville? Il va me falloir plus d'informations mais je peux avancer avec ça. En revanche pour paiement..."

Il dévisagea l'haschischin de haut en main, jaugeant son maintien, son équipement visible et sa force générale.

-"Il y a un homme qui se produit régulièrement au Hall des Poètes. Il se nomme Yassim Al'Dabel, tu le trouveras parfois à réciter des pamphlets ou à vivre dans les quartiers marchands. Je veux que tu le tues. Mais pas simplement, pas d'une petite dague dans la gorge: je veux que sa mort soit longue, douloureuse et visuelle. En un mot, je veux qu'il soit un exemple."

Avec un rictus, Anas croqua dans les pépins d'un raisin.

-"Mes hommes n'ont pas le cran pour ça, mais toi je sens que tu l'as. Fais ce que je te demande et quand tu reviendras, tu sauras où chercher tes bretonniens."
Jet d'INT: 16, échec.
La chose ressemblait à un pacte avec le démon, bien que le nom de Yassim Al'Dabel ne disait rien à Malik. A n'en pas douter le sinistre individu en face de lui voulait l'utiliser pour avancer ses pions dans l'échiquier de la ville. Malik pouvait encore refuser...
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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