[RP Libre] Les Crocs du Père

Kislev, pays de sombres forêts de conifères, d'étendues neigeuses et de steppes balayées par les vents, se trouve l'est de l'Empire. Pendant des siècles, il a été un rempart face aux incursions dévastatrices du Chaos venues du nord. Kislev est un allié fidèle et puissant de l'Empire, toujours prêt à envoyer ses troupes à son secours

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Alekzan Gievlevitch
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C'est un Alekzan rassasié mais fatigué qui redescend vers le port, content de sa journée et de sa solde bien méritée. L'argent est neuf, tiède au toucher, mais il ne reste pas longtemps entre les mains du grand dadais : il faut vite se remplir la panse, acheter en quantité, et se rendre dans des lieux plus désirables, bien que moins bien fréquentés. Le kvas est englouti à la volée, la viande en deux bouchées, tandis que les biscuits durs et les noix disparaissent durant le trajet à pied.

Dans certains lieux de réconfort, l'on dit que la fatigue rend les gens plus acariâtres, plus "soupe au lait". C'est certainement vrai pour Alekzan et ses compères, vu la tendance populaire à se prendre le col en fin de journée ou après quelques verres corsés, mais il faut bien comprendre une chose : au Kislev, ce n'est pas parce qu'un ours est mal léché qu'il faut le réprimander. Ainsi, voilà pourquoi tant de gens qui s'immiscent dans les discussions envenimées finissent le plus souvent par être ceux qui subissent le plus de sévices, ou même les seuls morts à déplorer. Même le culte de Sallyak, considéré comme le plus pacifiste des dogmes locaux, admet publiquement que "parfois l'on se fait plus de mal en gardant son calme qu'en laissant partir ses émotions". C'est pourquoi le lutteur se dirige directement vers les banyas à l’extrémité Ouest de la ville, pour justement relâcher les doutes passés et les laisser s'envoler vers d'autres cervelles plus étriquées.

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Contrairement aux bains publics que l'on rencontre dans toutes les autres cités du Monde, les banyas d'Erengrad ne font partie d'aucune institution, et ne suivent aucune règle commune sinon celle de juxtaposer une salle presque brûlante et un bain froid. Ainsi, là où un étranger s'attendrait à croiser "quelques compagnes de mauvaise réputation" ou bien quelque "confrère de mauvaise fréquentation", il n'y en a point aux abords des cabanes de ce banya... À moins que cette absence ne soit due à la proximité avec la Maison Vedma. Il est vrai que les dames de pouvoir effraie ce genre de travailleurs, mais nul ne sait pourquoi.

L'avantage avec cette situation, c'est que les banyas sont à la fois proches de la Baie et du campement ungol, ce qui permet un fonctionnement quasi-permanent sans incendie ou effondrement (N.B : aucune personne sensée ne reste moins d'une heure au banya. Il faut laisser le temps aux esprits et à la vapeur pour qu'ils chassent les maux.) . Ainsi, Alekzan arrive assez facilement à trouver une place confortable et libre dans une des salles de sudation. Il peut par conséquent disposer comme il le souhaite : seul, sans aide, et sans porte ouverte. Les veniks sont entreposés dans une minuscule antichambre, en face des cases à vêtements et près d'une écoute, mais pas directement dessus afin de ne pas ramollir le bois ou moisir les feuilles de bouleau - c'est important pour le corps. Une fois déshabillé et armé d'un venik, il ne reste plus qu'à s'asseoir, et à disposer. Étant donné la température très élevée, la sudation arrive en quelques secondes ou minutes - selon l'épaisseur de votre cuir/peau - mais ce n'est que le début. Selon les us et coutumes, il faut sortir régulièrement de la salle chaude et se jeter dans un bain froid ou dans la neige, pour ensuite retourner dans la salle chaude pendant un temps plus long, et ainsi de suite. Selon le besoin ou l'envie, on peut ainsi alterner pendant des heures ce processus (par tranche de dix à trente minutes), en évitant bien sûr de rester immobile trop longtemps - il y a déjà eu des morts dans un banya, des gens qui se sont oubliés ou qui ont tellement chassé le mauvais sang qu'ils ont été retrouvés exsangues et rigides comme des planches - De fait, si l'on vous dit que le banya chasse les mauvais esprits, dites vous que c'est "presque" vrai...

Enfin, pour couronner cette alternance entre bains glacés et attentes bouillantes - Erengrad étant à peine au printemps, l'eau de la Lynsk est encore partiellement gelée -, il vient l'utilisation de branches de bouleau, de saule ou de fresne, qui servent à "accentuer le processus", et non à l'accélérer. Cette pratique secondaire, souvent effectuée à plusieurs, a pour but de "faire ressortir tout ce qui doit l'être", afin d'assainir le corps. Néanmoins, contrairement à la pratique débridée qu'est la flagellation, et même si Zangief devra tout faire tout seul pour cette fois, nul ne va jusqu'au sang dans ces contrées. Déjà, parce que c'est étrange aux yeux des locaux ; ensuite, parce que Ursun valorise la force, la vigueur et non la violence ; enfin, simplement parce que selon le lutteur :


- "Il faut être fou pour se saigner soi-même. Fou ou nekulturny."

Cependant, malgré toutes ces directives, à peine Alekzan commence-t-il à se battre doucement le dos que ...
Test de VOL pour ne pas péter un boulon après quelques coups de venik : 1 , zen.

Non, rien. Juste un frisson, une sorte de réflexe maladroit comme lorsque l'on frotte un os. Petit à petit, la peau se détend, les muscles se gonflent et se contractent au fur et à mesure que la sueur ruisselle - tantôt par petites perles sur le ventre, ou par longues colonnes sur le dos. A chaque bain, la chair se durcit un court instant, foudroyant les nerfs alentours, avant de se relâcher juste après. Après cela viennent les étirements du lutteur, afin d’exagérer la détente provoquée par la température. Malgré tous ces efforts, plusieurs nœuds semblent subsister au niveau du dos, comme s'il était accroché ou tiraillé vers le centre, là oû les côtes flottantes prennent racines. Les flexions, chocs ou volées de bois vert répétées n'y font rien : Il reste toujours un nœud inatteignable, comme par hasard. Agacé par cette irréductible épine, il tente une autre méthode : l'ignorer.

Tch, si ça marche avec les торговец, ça peut bien marcher avec ça. Tch...

Par conséquent, le prochain bain froid sera le dernier, mais il sera bien plus long que les autres. Une fois dans l'eau glacée, et une fois qu'Alekzan récupère un semblant de souffle régulier, il faut trouver de quoi s'occuper la tête. Et donc, il faut trouver quelque chose, une question ou une idée à décortiquer... Et des questions, il en avait, ça oui :

Combien de temps avait-il dormi ?
Mama m'a dit huit jours et demi, mais - Tch-tch-tch.

Combien de jours avait-il traîné en forêt ? Si je compte la nuit au poste... Eh, ça devrait faire six jours. Tch...

Que ferait père Ours s'il se savait importuné ? Celle-là, il n'en avait aucune idée, et, sentant ses doigts et ses orteils se crisper, il décida de l'ignorer.

Comment ferait-il pour se rattraper ?
Tch. Trouver quelque chose, sans doute. Aider aux Jardins, peut-être. Tch, j'irai demain, tiens.

Avait-il besoin de se faire pardonner ou non ? Vu la quantité de poisson ingurgitée - sans aucune viande sur le coté, pour ne pas gâcher - et la semaine qui s'était écoulée, il conclut qu'au mieux, il y avait eu sept jours entre son départ et son dernier repas sacré. Sept jours, c'était juste ce qu'il fallait selon Père Ours. Mais malgré tout cela, ... Voilà que ses orteils ne répondaient plus, et que ses mains commençaient à virer au pâle. Il était plus que temps de sortir.

Ni une ni deux, voilà qu'il se lève sans crier gare, et qu'il s'écroule en arrière une seconde plus tard. Il était vraiment temps de sortir. Un peu éberlué par les picotements acérés qui lui tenaient tous les membres, il dut se résoudre à la violence pour reprendre le contrôle de ses moyens - quelques claques par ci, quelques secousses par là. Selon lui, ces soucis ressemblaient trop à des crampes pour ne pas pouvoir y remédier de la même manière. Fort heureusement, il n'avait aucun sous-vêtement, donc cette malencontreuse chute dans la neige mêlée de glaise n'eut aucun effet gênant une fois sec.

A peine rhabillé, il dut à nouveau se presser, car la nuit tendait déjà son long manteau sur le ciel. Une demi-heure plus tard, il cherchait un indice sur les Quais Nord, oscillant entre les devantures d'auberges et les tripots bondés d'habitués. C'est à quelques mètres du << Dernier de Cordée >> qu'il capta un signe au loin, un petit homme fluet qu'il avait déjà vu la nuit passée.


- "Viens, j'vais t'montrer où tu t'mettra. Suis-moi."
Alekzan "Zangief" Gievlevitch
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L'endroit était assez loin, bien qu'isolé des longs pontons où tous les navires de haute-mer s'amarraient. Il y avait en tout et pour tout une dizaine de granges ou d'entrepôts, avec parfois des étages, parfois des portes scellées, et parfois de la peinture sur les volets. Alekzan fut assigné à une de ces baraques, un édifice à toit pentu, deux fois plus long que large, et sans étage pour ballotter au gré de la houle.

- "Reste à l'intérieur ou à l'extérieur, mais pas de trajet. Si ça bouge ou ça couine, cogne avant d-d'mander. Enfin, ça t'sais faire. Touche à rien à l'intérieur, compris ?

- Da. Ça j'sais faire.

- On t'fais confiance. Ah, si y'a d'la glace qui se coince, marche pas d'sus. Ça peut s'retourner sur toi, t'as pas idée. Allez, bonne soirée."

Un hochement de tête, deux signes de mains, et il fut parti. Après quelques minutes d'hésitation, et autant d'autres passées à observer les rebords de l'entrepôt, l'intérieur de la bâtisse lui sembla bien plus hospitalier. En effet, nager n'était pas vraiment de son ressort, et bien qu'il n'ait jamais testé, il n'avait aucune envie de savoir s'il arrivait ou non à flotter dans l'eau glacée de la Baie.

Derrière les deux battants de chaque porte - chose étrange que cela, d'ailleurs, séparer chaque porte en deux morceaux superposés - se cachait tout un attirail de caisses et de contenants couverts de toiles ou de crochets. Il n'avait certes pas le droit d'y toucher, mais un de ces tas de tissus ou de voiles - sans lumière proche, il avait un peu de mal à les différencier - serait certainement un bon tabouret. En soi, était-ce vraiment toucher s'il mettait son manteau par-dessus avant d'y siéger ? Aux yeux du lutteur, non, pourvu que rien ne se cassait. Ainsi, il fut décidé qu'il pourrait s'asseoir sur cette pile, et que son marteau serait bien placé contre cette planche, contre ce muret. Maintenant, il faudrait trouver quelque chose à faire, en silence, pour ne pas s'endormir ou s'ennuyer.

Regardant d'un œil curieux les différents compartiments voilés, il se mit lentement à deviner leur contenu, sans pour autant chercher à déterminer la vérité.


Là, c'est peut-être du bois, ou du papier, eh ? Non, c'était trop large pour du papier.
Du suif, ou du verre soufflé ? Peut-être, mais qui voudrait que du suif soit gardé, hm ?
Tch, et pourquoi pas du métal ? De l'or ? Ha, là ... Plus il y pensait, plus l'évidence semblait se révéler devant lui. Vu la taille de chaque caisse, il y avait là une quantité incroyable de lingots ou de pièces, une somme capable de vous assommer au propre comme au figuré.

La réflexion se poursuivit pendant un bon bout de temps, pour finalement se conclure sur un "Qui était le plus riche entre M'sieur Vladimir et la Capitainerie du port ?" qui n'eut aucune autre réponse que "
La capitainerie, évidemment. Leur bateau est tout plein d'or, c'est bien plus grand que toutes les caisses de ce marché."
Test d'INT ou INI pour voir ce qu'il se passe sur la Baie, avec malus dû à la fatigue : 2, ok.

Soudain, il y eut un remous dans le plancher. Rien de bien terrifiant, juste de quoi vous faire sursauter. Et puis il y eut une lueur entre deux planches du mur d'en face.

Tch, y'a pas de glace ici qui peut illuminer, se dit-il. S'avançant à petit pas vers l'interstice en question, il y passa un regard, cherchant d'une main son outil favori, tandis que l'autre se plaquait comme une lunette sur son sourcil et son nez.

...

Rien.
Pas une lueur, pas un bruit. Il fit demi-tour, mais fut surpris de voir devant lui une ombre portée - son ombre portée, vu la taille et l'envergure qu'elle avait. Il se figea un instant, et alors qu'elle se dissolvait devant lui, il s'élança vers la double porte. Il voulut d'abord sortir, mais se souvint des quelques recommandations.

"
Pas de trajet".

Malgré cela, il avait envie de sortir, d'en découdre sur la berge, de voir ce qui se tramait derrière le rideau de bois. Oui, plus que de violence, il avait envie de savoir. Il voulait découvrir ce qui faisait cette lumière. Pensant entendre un bruit de l'autre côté, il s'accroupit devant la porte de gauche. Il poussa doucement le quart inférieur, penchant la tête au-dehors par la même occasion. De cette manière, il n'était pas vraiment sorti, et il pouvait observer l'extérieur des deux yeux.

Et puis le temps passa.
Encore...
Et encore...

Soudain, une lueur refit surface. Une lueur obstruée par...


Un, deux, trois... Trois capuches. Quatre.

...

J'suis tout seul.
Test d'HAB pour se cacher : 8, raté de peu.

Par réflexe, il recula la tête d'un coup sec, cognant le dessus de son crâne contre la tranche de la porte tout en tirant vers lui l'autre moitié de porte. Le choc lui fit éructer un râle. Le bruit sembla s'étendre pendant une éternité en-dehors de l'entrepôt. La légère brume n'y changea rien : il avait fait du bruit. Du bruit proche de quatre types en capuches, sur les Quais, de l'autre côté des pontons reliés à la Capitainerie.

Il patienta quelques minutes contre l'ouverture avant de se relever, se demandant ce qu'il avait pu provoquer. Un certain temps passa, sans encombre ni écueils. Alekzan finit par se rasseoir, tentant tant bien que mal de comprendre ce qu'il avait vu, qui il avait vu.

Étant donné la nuit complète et l'absence totale de lumière autre que cette lointaine mais puissante lanterne, sa soif de déduction et d'informations se transforma petit à petit en une faim bien réelle, qui l'accabla sans qu'il n'y ait la moindre résistance.

Les prochaines heures passèrent sans annonce, et le prochain événement que Zangief perçut fut l'un des plus accueillant et irritant qui soit :
Le soleil, rouge et embrasé, venait de se lever.
Alekzan "Zangief" Gievlevitch
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Quelques minutes plus tard - cela aurait bien pu être une heure, vu l'absence de mesure -, quelqu'un vint toquer contre l'une des portes. Ni une ni deux, le lutteur se relève, attrape son outil, et attend quelques instants.

- "Zan ?"

Un mot, et puis plus rien. L'esprit en partie assoupi par l'attente et le corps dorloté par la houle propre à la Baie, Alekzan hésite avant de réagir ou de répondre. Quelques instants passent, tandis qu'aucun son ne se répand dans ou hors de la baraque. Alors juste derrière la porte, il entend :
Test d'INT : 16, échec.

- "Si t'es là-d'dans, c'est l'heure d'aller dormir, alors dépêche-toi. T'avise pas de roup-!"

S'en suit une bousculade assez rude, sans grandes effusions puisqu'une moitié de la porte brusquement poussée ne suit pas le mouvement. Seule la moitié supérieure se décroche et s'ouvre, cognant à revers l'individu qui était en train de s'exprimer. S'enchaîne un " свинья!" des plus grave, presque guttural étant donné la douleur. Levant les yeux au ciel, l'orateur découvre un Alekzan assez circonspect, ou plutôt une épaule d'Alekzan, puisque le reste est encore dans l'entrepôt ou dissimulé derrière les trois pans de porte encore fermés.

- Face-eu d'con, c'est moi !

- Et ?

- Блядь, fais attention ! T'sais pas ouvrir une porte ?!

- Tch, si, mais t'étais devant.

- Et toi, qu'est-s'tu foutais derrière ?

- Je surveillais. Je fais ce qu'on me dit.

- Ouais, bah fais attention à ce que tu fais, sinon...

- Sinon, quoi ?

Le lutteur se décale d'un demi-pas, se voûte et se baisse afin de passer par la porte à demi-ouverte... Tout en ouvrant la deuxième moitié de celle-ci - il n'est pas contorsionniste non plus. Désormais dehors, marteau en main, l'hésitation se ressent, jusqu'à ce qu'Alekzan remarque les gens sur le ponton, et les deux compères de l'importuné. Ce dernier se relève sans s'épousseter, et se contente de contourner Zangief tout en se vidant le nez par à-coups.

- Tch.

- T'as pas dormi, j'espère ?

- Non. Pas eu le temps.

- Et t'as vu quelque chose depuis la cahutte ?

- Des lumières, puis trois capuches sur une barque ou une minuscule gabarre. Non, quatre, qui sont apparus comme ça. Ils sont pas venus ici.

- Comment tu le sais ? Ils te l'ont dit ?

- Non, ils sont pas venus. Sinon, tch, ils seraient toujours là.

- Tsss. A ce soir."

Et sur ce, il claqua la porte. Haussant les épaules, Alekzan pivota lentement, se tournant désormais vers son nouvel objectif : trouver un repas. Vu l'heure et vu la distance qui le séparait des marchés matinaux, il n'espérait pas trouver quelque chose de très consistant - surtout qu'il avait de fortes chances d'arriver pendant la grande cohue, entre les serfs des maisons nobles, les commis et les mercantis. Tant pis, il n'irait pas voir Mama ce matin. Il passerait peut-être par le camp au retour, ou après être passé aux Jardins. Et puis, il faudrait aussi trouver quelques heures pour dormir. Actuellement, il avait les bras mous, les yeux plissés et les pieds qui glissent. Ce n'était jamais une bonne chose d'avoir les pieds qui glissent... À moins que ce ne soit dû à la bruine et l'eau qui ruisselait sur les pontons.
Alekzan "Zangief" Gievlevitch
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Message par Alekzan Gievlevitch »

***
La pluie fine et le vent tourbillonnant n'avait pas cessé depuis qu'il avait quitté son refuge nocturne, mais à présent, cette gêne ridicule était la bienvenue : elle ramollissait l'avoine et le bœuf salé qu'il avait réussi à dénicher à un marchand de chevaux de la basse-ville.

Il avait d'abord pris l'individu pour un de ces gredins de торговец лошадьми, capables de mentir sur ses bêtes comme un charretier ment à sa femme... Mais rien n'en fut. L'individu n'était pas kislevite pour deux sous, et il mâchait ses mots avec un acharnement tel qu'il paraissait se nourrir de syllabes. Au bout d'un certain temps, Zangief comprit que l'homme était bretonnien, et sans doute égaré (et effaré) dans le coin. Zangief, qui n'avait que faire de ces choses venues de loin, ou de ses soi-disant "исключение лошади" (le terme juste était "исключительные лошади", mais aucun des deux ne le comprit de la sorte), se contenta simplement de demander à l'hurluberlu s'il avait à manger. La conversation dériva quelques temps sur la nourriture, et cette fois les mots se remplirent de hargne et de violente verve, tant ce marchand semblait fou à lier sur le sujet.

Le perfide - qui n'avait rien à voir avec Albion - nourrissait ses chevaux non pas avec du fourrage ou du grain dur, mais avec des vivres importés, des carottes et tout un assortiment d'avoine et de céréales vertes et jeunes. Devant l'étonnement du lutteur, il lui montra ses denrées, et c'est à cet instant qu'un "
Je peux en avoir quelques livres pour moi ?" tomba, raide comme un couperet.

Après tout, ses chevaux étaient si grands et si étranges, avec leurs pattes fines mais musclées, leurs robes bai-brun reluisante, et leur tête longue et haute... Certainement, cette nourriture était destinée aux choses de grande taille - et Alekzan s'estimait être une de celles-là, alors pourquoi pas ? La stupéfaction du marchand s'écoula bien après la fin des négociations, si bien que les clients suivants, attirés par la discussion "gastronomique", eurent l'impression de l'avoir terrifié.

Quant au bœuf salé, Zangief l'obtint dans une des nombreuses boutiques éphémères qui longent les rues du port, et qui, s'il avait bien compris les histoires de Pyotr, servaient à vider les fonds de tonneau des auberges. Une fois qu'il serait rassasié - ce qui n'allait pas tarder, vu le temps qu'il mettait à avaler son avoine avec du kvas -, il pourrait se diriger vers les Jardins.

C'est seulement lorsqu'il arriva en vue de la place des Guildes que la criée se distingua.


"Le Veche s'écharpe avec la Capitainerie ! Serait-ce la fin du Conseil ?"

"Radii Synvasalisa retarde ses paiements ! Chercherait-il à acheter quelque chose de moins glorieux qu'un navire des Guildes d'Erengrad ?"

"Encore huit disparus près du temple de Sy-higmar ! Calvin Tri-Martels dément déjà les accusations d'enlèvement ! Serait-il prêt à avouer ?"

Ces nouvelles n'avaient que peu d'intérêt aux yeux du lutteur, c'est pourquoi il se contenta de ricaner bouche fermée, sans rien dire, continuant son chemin vers les Jardins. L'atelier des Charpentiers était grand ouvert aujourd'hui, et l'on pouvait y voir un grand chantier, avec un navire aux proportions gigantesques, presque aussi haut et large que les portes qui le découvraient. Si c'était ce que la Capitainerie avait demandé pour ses coffres et ses offices, alors il faudrait attendre des mois avant de remplir ceux-ci, tant le vaisseau avait l'air immense sous les draps du chantier. À l’œil nu, on aurait dit qu'il était encore plus grand que l'actuel temple de Manahan - ou Manaan ou Mananhy, quel que soit le nom de celui-là -, c'est dire les dimensions de l'engin.

L'inauguration et la mise à l'eau risqueraient d'être assez tendue si cette hypothèse s'avérait vraie, puisque le culte de l'Océan n'était pas de ceux qui apprécient se faire dépasser par des gens-du-commun, ni pour bénir ou consacrer gratuitement les navires. La rumeur voulait que, plus l'édifice était grand, et plus le premier périple était long, plus la bénédiction coûtait cher. On parlait parfois de sommes "au jugé" ou "à la tête du client", mais personne parmi la Capitainerie ou les ordres du Trident ne dévoilait les chiffres exacts.

Une fois dans l'herbe grasse des Jardins, il délesta ses épaules de son sac. Gibecière en main, il chercha du regard quelque chose, quelqu'un, quelque part où il pourrait discuter.
Dépense de 18 pistoles pour quelques livres d'avoine, de seigle et de bœuf salé.
Oui, j'utilise le système 1/20/12. Oui.

Test de ??? pour sentir quelque chose : 2, réussi avec brio.

Après un petit tour de clairière, c'est chaussures en main qu'il admet ne pas trouver âme qui vive. Bien que cela n'ait rien d'anormal puisque les Jardins n'étaient pas vraiment un lieu de vie ou de réunion, étant donné l'absence de confort, de structure pour s'abriter ou s'asseoir, ou tout simplement l'absence de personnel - les prêtres eux-mêmes ne résidaient pas vraiment ici, enfin, pas tous, et pas tout le temps -, et puisque le culte d'Ursun n'était pas du genre à prôner l'entretien de quoi que ce soit sinon de son corps et de soi-même (au grand regret des homologues de la Tour de Dazh sur la rive opposée du Lynsk), Zangief était tout de même troublé par un détail.

Depuis qu'il avait posé sa voûte plantaire sur le sol humide, il sentait quelque chose autour de lui, qu'il ne sentait pas d'habitude. Il avait déjà passé plusieurs jours - et nuits - dans les différents recoins et cavités des Jardins, mais jamais il n'avait eu cette impression, cette présence autour de lui. Il eut beau chercher en l'air, par terre ou dans les buissons, rien ne lui sauta aux yeux. Tout était normal, tout était calme et légèrement humide - la faute à la pluie et la brume nocturne.

Après quelques tours supplémentaires, il décida de s'arrêter quelque part - au bord de l'eau tiens, pourquoi pas - et de se reposer un peu. Si jamais cette présence s'avérait être animale, alors il vaudrait mieux ne pas la déranger - Mama lui avait raconté plein de fois depuis tout-petit que des ours venaient de temps en temps dans les Jardins, afin de s'assurer et signaler le bon ordre en ville et dans la région.


Tch, et maintenant, je dois... Euh... Je dois faire quoi ?
Alekzan "Zangief" Gievlevitch
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Re: [RP Libre] Les Crocs du Père

Message par Alekzan Gievlevitch »

Une fois à genoux, les yeux vers le lointain, Alekzan n'avait aucune idée de ce qu'il était sensé faire. Comment est-ce que l'on essaye de communiquer avec ce que l'on ne voit pas, que l'on sent - en admettant que ce soit cela - et qui ne nous parle pas vraiment ? Est-ce qu'il faut crier ? Chanter ? S'agenouiller la tête contre le sol ? Il n'avait jamais vu Frère Ours faire cela, et personne n'avait entendu l'Orateur Boyozi hurler depuis les Jardins, alors ce devait être autre chose...

Les cavernes ? Non, la dernière fois qu'il y était allé, Frère Ours l'avait presque grondé. Ce devait être autre chose.
Test d'END à -4 pour ne pas s'endormir : 3, réussi.

Au fur et à mesure qu'il déroulait ses pensées, celles-ci se faisaient de plus en plus simples, et de plus en plus tournées vers sa mémoire, et ce qu'il avait accompli pour l'instant. Ce pillard, l'ours de son rêve, les médaillons, mais aussi le périple dans la Grovod. Tout cela avait du mal à lui revenir, alors que cela ne datait que de quelques jours. Les yeux fermés, les mains sur les cuisses, il essaya de se remémorer cela, puis de se concentrer sur autre chose. Les premières minutes furent longues et gênantes, étant donné le tumulte de la place voisine. Et puis, à force de garder les yeux fermés, de rester immobile sans rien faire...
Test de ??? pour prier/méditer : 7, réussi.
Méfie-toi des gens de la Haute-ville, Alekzan. Ils ne sont pas comme nous...

... Ils veulent chasser les esprits et prier des Dieux du Sud...
... Ha, c'est bien, c'est qu'il est honnête avec toi...
... Essaye de ne pas trop l'importuner... L'эльф, pas Vladimir...
... Tu recevras une dent de Père Ours, bientôt. Tâche de la garder précieusement ...
... L'Orateur Boyozi n'est pas un colporteur du Port ...
... Ce n'est pas le salaire complet, mais le reste dépendra de ce que vous trouvez ...
... T-t-t-t'es au courant des mouvements hors de la ville ? ...
... T'attends pas à être payé ...

- "Стоя!

- Hm !"

La voix l'avait pris au dépourvu, secoué comme un foc mal tendu.

- "Eh bien, qu'est-ce que tu fais ?

- Ah-eh, je... pr-

- Tu dormais ? Reh, est-ce que l'on est chez toi, ici ?

- N-non... J'ai rien dérangé...

- O ? О да ?

- Je crois...

- Hm ? Tu crois ? Вы в это верите? Tu crois quoi ?"

L'autre leva les bras avant de les abattre devant lui, consterné par ce qu'il pointait des deux mains - c'est à dire Alekzan.

- "Tu crois que c'est du respect, ça ? Tu crois que c'est du respect ?!

- Je-eh..."

L'intervenant n'avait rien d'un soudard ou d'un soûlard, malgré ses intonations et son ton rutilant. Physiquement, il n'avait rien d'exceptionnel ni de hors-norme - il n'était pas grand, pas vraiment épais, pas vraiment jeune. De fait, avec sa corpulence moyenne, son teint halé et strié de toute part, on aurait très bien pu le confondre avec n'importe quel autre ancien de la basse-ville, juste en se débarrassant de son accoutrement. Néanmoins, malgré son aspect commun, il y avait quelque chose d'autre dans cet homme, quelque chose de nouveau pour Alekzan. Durant les quelques secondes où il balbutiait en observant le nouvel arrivant, son instinct prit les commandes, décortiquant les contours de l'aîné.

La barbe grise et hirsute, le nez haut et droit, le crâne rond, la mâchoire serrée, bien visible sous les plis de l'âge et les poils... Non, rien de surprenant. L'âge asséchait tous les visages, y compris celui de Mama. Les pommettes brunes et saillantes, les sourcils droits, et le regard... Oui, voilà ce qui dissociait cet individu, en plus de sa voix. Là où chaque mot était prononcé avec une inertie propre, chaque syllabe était appuyée par deux petites billes d'ambre ciselée qui vous attrapaient comme des serres.


- R-eh bien ? Tu as rh-avalé ta langue ? C'est comme ça que tu t'adresses en ces lieux ? Tu crois que c'est du respect ça, mon garçon ?

- Eh-je-que-Да эээ ..."

Soudain, l'ancien se mit à rire aux éclats. Le genre de rire chaud et lourd, que l'on attribue souvent aux vétérans des круг ungols ou des полк, et pas aux vieillards en soutane - soutane qui, à priori, avait passé quelques hivers et quelques étés à s'user, tant les manches étaient lâches et la capuche affaissée. Lorsqu'il eut fini de rire, il tendit la main vers Alekzan. Oui, l'Orateur d'Ursun, Uika Boyozi / Уика Березы, lui demandait de se lever.

- "Rassure-toi, tu n'as pas à t'excuser. Allez, cтоя."

Une fois debout, l'Orateur leva les yeux jusqu'à lui, avant de fermer les paupières en rabaissant sa tête.

- "Il paraît que tu as rendu service, et que tu as vu le Bon Père récemment. Est-ce vrai ?"

- Ou-oui, m'sieur...

- Allons, pas de ça ici. Tu n'es pas dans une Guilde, tu n'as pas à te forcer. Viens, marchons un peu."
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Alekzan "Zangief" Gievlevitch
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Re: [RP Libre] Les Crocs du Père

Message par Alekzan Gievlevitch »

Désormais cote à cote, l'Orateur paraissait maigre aux cotés du lutteur, voir même chétif. Bien que de plusieurs décennies son ainé, il lui manquait au moins deux coudées de haut et une de large pour rivaliser avec Alekzan sur le plan physique. Et pourtant, Uika Boyozi avait, selon les dires des campements ungols, une réputation inverse, voir même aux antipodes de son apparence. Selon Mama et ses consœurs, c'était un homme juste, chaleureux et respectueux ; Selon les soldats, c'était un brave parmi les braves, plus fort et plus sage que n'importe quel combattant ; Tous les autres le respectaient, que ce soit par crainte ou par admiration, tant le vieil homme ne semblait jamais faiblir durant les célébrations où il apparaissait.

- "Alors comme ça, tu as été chargé par le Bon Père ?

- "Oui, m'si-"

Un hochement de tête l'interrompit, suivi d'un claquement de langue.

- "Oui... J'ai vu un ours blessé dans la neige, et Frère Ours m'a conseillé de partir dès qu'il m'a vu. C'est lui qui m'a réveillé aussi.

- "Ah, c'est bien. Et qu'as-tu trouvé dans la neige ?

- Eh, un pillard, seul, avec une arme de fer et de feu, comme... Comme les Cannoniers en font parfois. Il n'en a plus besoin.

- Je vois. De quoi as-tu peur, mon garçon ? Je ne vais pas te gronder, tu sais, tu as passé l'âge - Rh !

Il y eut une hésitation sur le visage du lutteur, et puis...

- Je sais pas. Je croise rarement des gens quand je viens ici, alors je fais attention.

- Hrr, oui, l'endroit fait pâle figure à coté des Marchés, n'est-ce pas ?

- Non, c'est pas s'que j'ai dit. J'ai dit que c'est calme ici, pas que c'est moche !

- Ah oui ? Tu aimes le calme et la beauté, c'est ça ?

De nouveau une hésitation, une seconde de doute. Il chercha un sous-entendu, un sens caché, en vain.

- "Da, puis c'est mieux pour prier.

- Tu pries souvent ?

- A chaque fois que je viens, da.

- Eh bien, tu vois, moi aussi je prie à chaque fois que je viens ici. Ce n'est pas grand-chose, mais c'est bien. Vu ta carrure, j'imagine que tu manges bien ? Ne répond pas, viens."

Ils bifurquèrent en amont, contournant un petit mais large épineux à baies. La végétation était bien plus dense de ce coté des Jardins, et malgré les habitudes d'Alekzan, il n'était jamais allé aussi loin. La plupart des citadins et voyageurs se contentaient en effet des parties les plus clairsemées du lieu saint, surtout depuis que la rumeur locale mentionnait la présence d'ours dans les parages.

- "Tu as souvent des rêves comme celui-là ? Des rêves de neige et d'ours ?

- Non, jamais. D'habitude je ne vois rien quand je dors. J'ai juste les parfums de Mama qui me grattent le nez.

- Ne t'en fais pas pour ça. Tous le monde fait des rêves comme ça de temps en temps - enfin, les gens comme toi et moi. Tu es revenu sain et sauf de celui-là, c'est tout ce qui compte. Tu as quel âge ?

- Je vais vers ma huitième urza, pourquoi ?

- J'avais un doute, rien de plus. Tu viens donc toutes les semaines pour prier ?

- Da, plusieurs fois par semaine même.

- Mais comment fais-tu pour prier les autres Dieux alors ?

- Les autres sont moins fort qu'Ursun."

La remarque prit l'ainé au dépourvu, qui s'esclaffa calmement en souriant. Il s'assit pendant ce temps, invitant Zangief à faire de même. En fait, malgré ses airs pauvres et communs, Uika avait encore toutes ses dents, toutes bien droites et bien blanches... Sauf une.

- "Donc tu n'aime pas les autres dieux.

- Tant qu'ils ne m'embêtent pas, je les embête pas.

- Hm-hm. Tu fais bien de t'en méfier, même si... Mais si l'un d'eux t'embête, ou qu'il est prêtre, qu'est-ce que tu fais ?"

Étant donné que la situation n'était jamais survenue, Alekzan dut y réfléchir sans aide...

- Tch, si c'est pas un Veilleur ou un Frère Ours, je le cogne avant qu'il cogne quelqu'un d'autre.

- Donc tu sais te battre, c'est bien. Tu t'es déjà battu contre plus fort que toi ?

- Oui, j'ai perdu. Mais j'ai perdu qu'une fois !

- Qu'une fois ? Tu te bats si souvent que ça ?

- Eh, da, mais je suis payé - enfin, quand c'est un combat oû je peux être payé, tch - je suis payé.

- Pourquoi est-ce que tu te bas ?"

De nouveau le doute s'installa. Cette fois l'attente fut plus longue, et l'Orateur sembla se chercher une réponse parmi tout ce silence, vu qu'il se relèva et passa une main dans les différents buissons à proximité.
Modifié en dernier par Alekzan Gievlevitch le 15 juil. 2021, 22:25, modifié 1 fois.
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Re: [RP Libre] Les Crocs du Père

Message par Alekzan Gievlevitch »

Au bout d'un long moment, Alekzan osa répondre, sans argument autre que :

- "Je sais pas. D'habitude, c'est pour payer ma nourriture, et parce que je suis moins fort quand je mange pas.

- Mais si tu avais de quoi manger sans te battre, tu te battrais quand même, non ?

- Je... Da.

- Hrr, ne compte pas sur le Père si tu souhaites juste te battre contre des plus petits que toi -

- Hé, c'est pas moi qui choisis !

- Ha, oui ?

- Je suis payé !

- Ha oui ? L'argent justifie, hm ?! C'est donc ça, jeune homme ? Voilà ce que tu en fais ?!

- J'ai pas choisi !

Le lutteur se leva d'un geste, bondissant instinctivement, les pieds écartés, le corps dressé face au vieillard.

- Et qu'est-ce qui t'interdit de dire "non" ?! Qu'est-ce qui t'empêche, si tu es si fort ?!

- Je...

- Non, ne répond pas. Ne te rassieds pas. Puisque tu souhaites tant te battre..."

L'Orateur enleva sa capuche, révélant une tête quasiment lisse et cousue de blanc, sans aucune bosse ou éraflure, contrairement au lutteur qui en avait des tas.

- "... Mets-moi à terre.

- Comment ça ?

- Eh, c'est simple : Celui de nous deux qui tombe, perd. Si mes coudes touchent le sol avant les tiens, tu pourras continuer de te battre comme tu le fais, et je t'offre même à manger. Si tes coudes touchent avant les miens, tu arrêtes sur-le-champ de te battre pour un rien et contre plus petit que toi."

Les regards se croisèrent, et le doute s'installa encore une fois au coeur du lutteur.

- "Oui, c'est tout. Je ne peux pas tricher, je n'ai pas d'armes."

Malgré le calme de la requête, Alekzan ne put effacer la grimace écarquillée qui stagnait sur son visage. Se battre n'était pas un problème, ni même se battre contre un freluquet ou un homme plus âgé que lui - il l'avait déjà fait -, mais se battre contre un servant d'Ursun... C'était totalement nouveau, et troublant. Même sans arme, il était conscient qu'un accident pouvait arriver, surtout sur un terrain aussi touffu et obstrué qu'ici. En plus de cela, il n'était pas dans un sous-sol des Quais ou une masure de la basse-ville. Ici, c'était un terrain sacré - un terrain privilégié, puisque le Père Ours et ses Fils le fréquentaient. S'il gagnait, allait-il s'attirer le malheur ? Pire encore, si l'Orateur faisait une mauvaise chute, ou s'il glissait, que dirait-on de lui ?

Coûte que coûte, Alekzan se plaça devant son ainé. Volontairement voûté, les mains vers l'avant, il lança prudemment les hostilités.
Test FOR opposé - à 7v14 : 18 vs 10, Uika l'emporte largement.

À peine les mains s'accrochent-elles que la friction s'installe entre les deux. On tente de plier les poignets, les mains se crispent, glissent, les pieds grattent le sol herbeux... Et d'un coup, d'une seule torsion de buste, la tendance s'inverse : Alekzan se retrouve en déséquilibre, les bras incapables de tout effort au-delà des coudes... Et un simple basculement suffit pour plaquer le colosse, dos au sol.

- "Tu te moques de moi, jeune homme. Relève-toi, et recommence sérieusement."

L'Orateur avait en effet rapidement lâché prise, reculant d'un pas pour déplier sa soutane brune. D'une main, il invitait le lutteur à s'approcher. Cette fois, la posture était plus sérieuse, encore plus basse, les jambes pliées et bien ancrées dans le sol.
Test FOR opposé - normal cette fois : 11 vs 1, Uika l'emporte encore plus facilement.

À nouveau l'on s'agrippa, on ceintura ce qu'on pouvait, on bascula les hanches pour diriger le poids et l'effort, ... Et encore une fois, la taille jouait en défaveur du lutteur. Face à un individu moyen, l'audace de ce dernier aurait été un avantage évident - il suffisait de soulever la cible au moindre faux pas, et elle perdait tout espoir d'appui (ou de victoire). Ici, la situation était totalement inversée : c'était Zangief qui était obligé de se recentrer après chaque mouvement, de se déséquilibrer à chaque tentative... Au point où la fébrile silhouette de l'Orateur se transforma en piquet inébranlable, en espèce de bout de nerf qui plie encore et encore, sans jamais perdre pied. Et malgré les tentatives, malgré l'évidente différence de poids, c'est Alekzan qui s'écroula en premier.

- "Essaye de me faire bouger, au lieu de m'écraser. Allez, Стоя!"

L'ordre fut sec, suivi d'une claque vicieuse à l'arrière du crâne.
Test de VOL : 6.
Test d'ATT à +0 : 12, raté
Test d'INI d'Uika : 13, raté de 1
Esquive in-extremis : 3, oui.

La réaction au choc cinglant ne se fit pas attendre. D'un bond, Alekzan se redresse et lance le pied en avant, comme s'il bottait un mur avant de l'éclater à la masse. Masse qu'il s'empresse d'empoigner, levant les bras vers l'arrière pour armer le coup. De suite, le vieil homme lance sa main close en avant, vers le visage... Mais aucun contact ne survient. L'arme s'abat à la verticale, et le vieillard a juste le temps de pivoter sur son autre pied avant que l'outil ne s'enfonce dans la terre meuble et noire, décrochant quelques tiges au passage.

- "Voilà qui clôt la question. Ne t'en fais pas, l'herbe ne t'en voudra pas. Assieds-toi, n'aie pas peur."

Choqué par son propre geste, Alekzan s’exécuta au triple galop, regardant ses pieds comme à chaque fois qu'il se faisait gronder. Le prêtre prit bien son temps avant de le rejoindre, comme si rien ne s'était passé.

- "Écoute-moi maintenant. Tu n'as pas à t'en vouloir pour ce que tu as fait jusqu'à maintenant. De toute façon, personne ne t'a vu, pas même Ursun. On n'a qu'à dire que c'est la dernière fois que tu lèves la main contre moi, d'accord ?"

Le lutteur acquiesça nerveusement, et puis l'Orateur posa ses deux mains sur sa tête cabossée, puis sur sa nuque. Ensuite, il accrocha une ficelle autour du cou d'Alekzan, sur laquelle pendait une canine - attention, pas une simple dent de chien, une canine d'ours.

- "Vu que tu n'as pas réussi, tu ne peux plus t'en prendre à n'importe qui, même si on te donne de l'argent pour ça. Les fils d'Ursun ne prennent jamais d'argent quand ils se battent, d'accord ? Tu es un homme, alors tu dois te comporter comme tel. Ne t'inquiète pas, tu n'auras aucun périple dans la Grovod cette fois"

Là, le vieil homme s'esclaffe, révélant à nouveau ses dents bien droites.

- "Tâche de protéger les tiens, surtout les réfugiés. Ce sont des gens biens, il ne faut pas les perdre, surtout que la saison chaude approche... Si quelqu'un leur veut du mal ou leur fait du mal, tu n'auras qu'à utiliser ceci. Regarde ce que je fais, et essaye de me suivre."

Durant les minutes qui suivirent, les deux lutteurs enchaînèrent grognements, exercices respiratoires et psaumes, avec plus ou moins d'efficacité. En fait, au fur et à mesure qu'Alekzan semblait progresser, la tâche se compliquait, avec des mouvements de mains semblables à des coups de griffe sur le torse, puis sur les avants-bras, le dos, le visage... Jusqu'à ce qu'un changement survienne. À nouveau le colosse se crispa, montrant les dents, gonflant le dos, mais cette fois l'Orateur l'arrêta avec une simple pichenette sur le bout du nez.

- "Tu as compris, c'est bien. Fais attention par contre, Père Griffu t'en voudra si tu t'attaques à n'importe qui. Allez, va, медвежонок."

D'une simple tape dans le dos, il le congédia et s'en alla plus loin dans la pente, en direction de la rivière.
Obtention de la prière "Déchaînement" pour 6 pdc.
Obtention d'un collier "Dent d'ours" qui confère la prière " Bénédiction des Anciens Rois ".
L'Orateur utilise cette prière sur Zangief avant de partir.
Alekzan "Zangief" Gievlevitch
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