[Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Kislev, pays de sombres forêts de conifères, d'étendues neigeuses et de steppes balayées par les vents, se trouve l'est de l'Empire. Pendant des siècles, il a été un rempart face aux incursions dévastatrices du Chaos venues du nord. Kislev est un allié fidèle et puissant de l'Empire, toujours prêt à envoyer ses troupes à son secours

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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Dokhara de Soya » 26 févr. 2020, 10:07

Dokhara se ravit de voir le chef ungol si attentif à la qualité de leurs montures et de leur sellerie. Shana et sa consœur étaient sans doutes l'unique chose positive que les deux femmes avaient su retirer de leur longue cohabitation avec les stryganis, et il était agréable de voir que partout sur leur passage, la qualité de ces deux chevaux forçait l'admiration des locaux. De même, elle avait dépensé une petite fortune chez Ivar pour qu'il lui confectionne un harnachement sur mesure : voir que sa griffe était reconnue par d'autres permit de justifier partiellement la dépense engendrée. Il avait fallu pourtant convaincre Lucrétia : mais au Kislev, il semblerait que le luxe passe en premier lieu par les équidés, et elles ne pourraient impressionner leur entourage qu'en investissant leur argent dans ce domaine.

Malheureusement, la jeune lahmiane n'eut pas le temps de s'enorgueillir des compliments de Sreten, que déjà Lucrétia fit allusion au Gentil Sacrifice, signalant qu'aussi belles soient leurs montures elle préférait les garder bien vivantes. A ces mots, Dokhara se figea sur place quelques secondes, jetant un regard assassin à son amante qui n'avait pas sa langue dans sa poche. Restait à espérer que le chef ungol avait le sens de l'humour...

Sans vraiment savoir s'il en avait pris ombrage, les deux femmes suivirent Sreten vers le zal, sous le regard curieux du peuple ungol. Voyant une jeune fille admirer leur vêture, Dokhara la salua de la main avec un sourire : cela ne coûtait pas grand chose que d'obtenir la sympathie d'une enfant.
Dépouillé de toute décoration trop ostentatoire, le zal était plus rustique que ceux visités précédemment. Y voyant un petit autel dédia à Dazh, Dokhara s'en approcha en entrant, et simula une prière en fermant les yeux et en serrant dans sa main son petit pendentif en forme de soleil. Ce simulacre réalisé, elle saisit le verre tendu par un ungol et sirota un peu d'infusion ambrée tout en écoutant Sreten parler des rumeurs qui couraient à leur sujet.

- Les sœurs de fer... ça sonne bien.

Ce disant, elle avait laissé ses joues rosir quelque peu, mais cette fausse timidité s'évanouit aussitôt qu'elle darda son regard dans les prunelles de Sreten Tarmachirin. Ce dernier ayant évoqué les échos des projets qu'elles entretenaient envers les bandits de la mine de sel, il était temps de passer aux choses sérieuses. Prenant confiance dans le discours qu'elle avait préparé, Dokhara monopolisa la parole, Lucrétia laissant sa fille faire ses preuves.
La rouquine choisit donc soigneusement ses mots : elle appuya sur les actuelles tensions entre ungols et gospodars, l'incapacité des dirigeants gospodars à gérer cette situation et donc le profit que pourrait en tirer le clan Kossuth d'avoir été aux commandes de la résolution de cette crise. Pour conclure, elle évoqua aussi l'éventualité que des ungols dissidents soient bel et bien liés à cette affaire, et à la dégradation des relations entre les deux peuples qui en découleraient : pour prévenir pareille situation, ne valait-il pas mieux participer à l'offensive, et s'assurer ainsi qu'aucun amalgame ne soit fait ?

Malheureusement, aussi travaillée que soit cette rhétorique, Sreten Tarmachirin resta de marbre. Les contentieux entre les deux peuples étaient trop nombreux, le passif trop lourd, pour qu'un acte désintéresse soit accompli envers la communauté gospodar. Les dernières décisions du boyard Pavel étaient le clou final qui enterrait la possible collaboration des ungols revanchards.

Dokhara resta silencieuse tandis qu'elle se voyait remettre un arc ungol ainsi qu'un carquois rempli de flèches empennées avec des plumes de harfang. Elle observa ces cadeaux, détaillant pendant quelques secondes leurs qualités artisanales, avant de jeter un regard triste au chef des Kossuth. Alors que déjà, Lucrétia lui faisait ses adieux sans prendre ombrage de son refus, Dokhara souhaita prononcer quelques mots avant d'à son tour tourner les talons :

- Je comprends les raisons de votre refus, chef Sreten. Néanmoins, laissez-moi conclure notre entrevue sur un proverbe impérial que je pense adapté : "Pour triompher, le mal n’a besoin que de l’inaction des gens de bien". Merci pour les présents, mes adieux, et que Dazh illumine votre chemin.

Alors qu'elles quittaient le hameau ungol pour deux nouveaux jours de trajet en direction de Chilgir, Dokhara s'adressa à Lucrétia en soupirant :

- On aura perdu du temps pour rien. Quoique, au moins, nous avons la certitude que les relations ungol et gospodar sont un amas de poudre qu'il nous sera bien aisé de faire exploser lorsque le moment sera venu : même le chef qu'Ivar décrivait comme le plus sage est pieds et mains liés par la volonté revancharde de son peuple. J'ai de toutes manières l'impression que ces sauvages à cheval te sont vaguement antipathiques et que s'en faire des ennemis ne serait pas un traumatisme, je me trompe ?

Dokhara fit un sourire moqueur à sa consoeur, puis se pencha sur sa monture pour la faire accélérer au triple galop.
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Compétences :
- Sociales : Diplomatie, Éloquence, Empathie, Étiquette, Séduction
- Artistiques : Chant, Danse, Musique (violon), Tatouage
- Intellectuelles : Alphabétisation, Langue étrangère (kislévarin, strygani)
- Martiales : Ambidextrie, Bagarre, Fuite, Monte, Parade, Résistance accrue (spécialisation alcool), Sang-froid
- Divers : Sens Accrus
- Dons Du Sang : Regard Hypnotique, Régénération Impie
Compétences en cours d'apprentissage :
Escamotage : 1/2
Adresse au tir (arbalètes) : 2/3
Équipement :
Armement :
- Lame en or marin : 14+1d8 dégâts ; 14(28) parade
- Main gauche : 8+1d6 dégâts ; 8(16) parade ; Rapide. +2 PAR si utilisée en conjonction avec une autre arme. Lors d'une parade, c'est le score de parade de l'arme en main droite qui compte pour le premier jet, celle de la main gauche pour le second jet si relance.
- Poignard : 12+1d6 dégâts ; 6(12) parade ; Rapide. Peut être utilisé comme arme de jet
- Arbalète : 34+1d8 dégâts : Malus de -2 TIR tous les 30 mètres ; Perforante (4) : Un tir par NA maximum.

Armure :
- Veste et jambières en cuir : 5 de protection partout sauf tête
- Tunique noire druchiie : 2 de protection sur tout le corps
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par [MJ] Le Grand Duc » 05 mars 2020, 02:16

Image
Les cavaliers s’étaient arrêtés dans un ancien kolkhoze, petite communauté agricole d’ordinaire formée par plusieurs familles de paysans mais ici réduite à une étable vide et des isbas abandonnées. Ivar Golovin apprit aux lahmianes que l’endroit avait été un des premiers à subir les déprédations des évadés d’Oulianosvk et que ses occupants, tous gospodars, avaient été pendus en rang à la longue poutre de la grange. Depuis, les allées boueuses du petit hameau regorgeraient d’esprits vengeurs et le maître-artisan sacrifia un poulet dès son arrivée pour les apaiser, traçant des symboles ésotériques sur le sol avec le sang qui giclait du coup tranché. Tout autour du kolkhoze s’étendait la steppe et ses herbes brûlées par l’hiver, et vers l’Est on distinguait une série d’éminences rocheuses entre lesquelles se lovaient des crevasses et des couloirs étroits. Plus au Sud, à plus de trois lieues, miroitaient les eaux de la Tolsol.

Ils étaient une trentaine à s’être réunis autour d’Ivar et des deux étrangères, poussés par le désir de vengeance et la volonté de faire justice eux-mêmes. Des hommes en grande majorité, dont le sellier-bourrelier et tous ses neveux. L’un d’eux, Valenty, s’était tout à fait entiché de Dokhara et s’efforçait de passer le plus de temps possible à moins de quelques pouces de la rouquine. Chacun était venu avec son propre cheval et une lance, une hache ou un sabre courbe. Ceux qui avaient les moyens revêtait des pièces d’armure en cuir comme des épauliers ou des plastrons dont les battants tombaient jusqu’aux chevilles et protégeaient toute la jambe. Pour la plupart paysans, chasseurs ou artisans, ils étaient venus équipés pour la guerre et les lahmianes pouvaient lire l’expérience du combat sur leurs visages déterminés. Un arc et un carquois rempli dépassaient du dos d’Ivar tandis que ce dernier, assit sur les talons, traçait dans sur le sol poussiéreux une carte rudimentaire des environs à l’aide d’un bout de bois. Lucrétia, Dokhara, Valenty et deux autres hommes de la troupe l’entouraient tandis que le reste vaquait à ses occupations dans le petit camp de tentes dressé au milieu des ruines après deux jours de voyage.


- « Ces gorges creusent la steppe sur des lieux à la ronde, et ce jusqu’à la Tolsol. Avec le printemps et la fonte des neiges, les ruisseaux y seront gonflés. » indiqua Ivar en illustrant plusieurs entrées dans ce labyrinthe rocheux. « La mine à proprement parler se trouve ici, dans le flanc d’une longue ravine. Pour y accéder rapidement il faut emprunter ce passage, celui-là ou le suivant. Chacun de ces sentiers passe par le fond des goulets, ce qui est un problème puisque nous serons des cibles faciles si les bandits décident de nous prendre en embuscade depuis les hauteurs. Il existe des pistes sur les crêtes, seulement elles sont impraticables à cheval. » dit-il en se saisissant le menton, pensif.
- « Je les vois mal armés d’autre chose que de pioches et de maillets. S’ils nous prennent par surprise, nous n’aurons aucun mal à nous en défaire. » intervint Valenty.
- « Jeune sot. » s’emporta Ivar en le foudroyant du regard. « Tu ignores même combien ils sont ! Même armés de pioches, ils pourraient nous submerger. N’apprends-tu donc rien quand, dans les bois de la vallée, tu vois la meute famélique arriver à mettre à terre le grand élan ? »

Au même instant, un homme de la troupe portant une chapka en castor fit irruption au milieu du cercle, l’air agité et la lance à la main.

- « Une troupe de cavaliers approche depuis l’Ouest. Ils doivent être une trentaine. »

Et en effet, depuis le fond de la steppe, un nuage de poussière se soulevait. Un œil avertit pouvait, depuis un point des ruines légèrement en hauteur, dénombrer entre vingt et quarante cavaliers qui approchaient du kolkhoze à toute allure.

- « Les ungols montrent enfin leur vrai visage. » prédit Ivar avec un air sombre tandis que l’alarme était donnée.
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 08 mars 2020, 22:47


Un entassement d'isbas ébranlées, de murs crevés entre lesquels sifflait un vent glacé, et de toits éventrés où s'engouffrait la neige, charriée par ce dernier. Pour un peu, Lucretia se serait crue de retour à Iemva ; le kolkhoze dans lequel elle se trouvait avait tout pour le lui rappeler. Mais si les deux emplacements avaient été détruits sous les actions de monstres, le premier l'avait été par une créature lorsque le second avait été décimé par la main de l'homme. Les bandits d'Oulianovsk avaient fondu sur les habitations et pendu leurs occupants, principalement des gospodars. Quelques sinistres potences, quoique dépouillées de leur cadavre, élançaient encore leur mât à la conquête d'un ciel gris, et plus d'une corde coupée à la va-vite pendouillait encore en leur sommet. A l'intérieur de la grange, là où le plus grand nombre avait été assassiné, il semblait que l'odeur de la mort planait encore entre les vieilles parois de bois, mais peut-être s'agissait-il tout simplement de son imagination. Igor et les siens s'étaient montrés très affectés en pénétrant au milieu des masures, et tous avaient procédé à un petit rituel, qu'il s'agît de se signer ou de sacrifier un animal pour éloigner les mauvais esprits. Ces derniers rôdaient encore dans les parages, disait-on, mais l'Immortelle, en se promenant dans les ruelles boueuses, ne perçut rien de particulier.

Le maître sellier avait profité de l'hiver pour user de son réseau afin de recruter une petite troupe prête à en découdre avec les évadés de la mine. Il avait fait du bon travail ; plus d'une trentaine de kislévites avait répondu à son appel. Tous s'étaient retrouvés dans ce kolkhoze, plus ou moins armés. Si chaque enrôlé possédait sa monture, les pièces d'équipement différaient beaucoup en fonction de la richesse de chacun. Certains arboraient des armures et des arcs finement ouvragés lorsque d'autres, en revanche, n'étaient équipés que d'un bouclier et d'une simple lance. Mais qu'importait la naissance de ces hommes et de ces femmes ; où que Lucretia pût promener son regard, elle ne rencontra que des mines déterminées et belliqueuses. Les gens de ce pays glacé avaient coutume de se battre, à n'en pas douter, et aucun ne semblait faiblir à l'approche imminente d'un éventuel affrontement.

Tandis que le plus gros des troupes montait les bivouacs et se reposait, les deux Lahmianes étudiaient la géographie des lieux en compagnie d'Ivar, d'un de ses neveux, et d'une poignée d'autres hommes. Encerclant une carte, les regards qui s'y posaient recelaient un certain sérieux, une certaine étude, tandis que l'analyse était en cours. Le terrain se révélait accidenté, se découpant en gorges plus ou moins profondes au fond desquelles couraient des torrents grossis par la fonte des neiges. La mine d'Oulianovsk ne proposait guère d'option pour y pénétrer, et pour cause, que deux chemins d'accès permettraient aux gospodars d'y parvenir. Les goulets d'étranglement étant nombreux, les bandits n'auraient aucune difficulté à les prendre en embuscade. Une pluie de flèches et de gravats pleuvrait dès lors sur les assiégeants dont les pertes seraient assurément bien plus élevées de leur côté.

Il y en avait toujours, toutefois, pour minimiser les conséquences de pareilles actions. Valenty, lequel n'avait eu de cesse que de suivre Dokhara où qu'elle allât, haussa la voix pour affirmer son opinion. Selon lui, les bandits ne représentaient aucun danger dans la mesure où ils ne seraient armés que de pioches et de maillets, ce qui provoqua la colère d'Ivar. Lucretia hocha calmement du chef, donnant crédit aux propos du maître sellier.

« Oui, nous ne pouvons nous permettre de courir le moindre risque, surtout si les bandits ont l’avantage du terrain. Je serais étonnée qu’ils n’aient pas conçu d’arcs depuis tout ce temps, ne serait-ce que pour chasser et alimenter leur réserve de nourriture. Et quand bien même en seraient-ils dépourvus, les mines, quelles qu'elles soient, abondent en pierres et caillasses. Il ne leur sera alors guère compliqué de nous fendre le crâne depuis les hauteurs. Non, si une attaque doit avoir lieu, alors se fera-t-elle de nuit, le plus discrètement possible. Et de multiples préparatifs nous seraient profitables. Je pense pouvoir me charger de leurs sentinelles sans me faire repérer. »

Le conseil fut interrompu lorsqu'un des gardes fit irruption au sein de leur petit groupe. Des cavaliers approchaient depuis l'ouest, et tous purent effectivement constater le nuage de poussière qui se formait, là-bas, au loin. Tous se redressèrent, effectuant quelques pas en direction de ces inconnus. Ivar grommela dans sa barbe qu'il s'agissait à n'en pas douter d'ungols aux velléités avérées. Lucretia leva la main.

« Il s’agit peut-être d’ungols, mais rien ne nous indique qu’ils soient véritablement nos ennemis, à l’heure actuelle. Que nos hommes soient prêts, certes, mais qu'ils n'engagent pas le combat. Après tout, peut-être que Sreten a décidé de nous épauler, finalement ? »
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Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises (lvl 1):
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Érudition
- Intimidation
- Alphabétisation
- Sens Accrus
- Vision nocturne
- Connaissance des démons
- Comédie
- Force accrue
- Esquive
- Monte - chevaux
- Coup précis lvl 3
- Arme de prédilection - épée à une main
- Escalade
- Coriace
- Chance
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 2
- Etiquette
- Intrigue de cour
- Littérature
- Réflexes éclairs
- Linguistique

Dons du Sang:
- Défi de l'Aube
- Innocence Perdue
- Domination
- Ame Profane
- Forme de Familier : Corneille
- Régénération Impie
- Sang argenté
- Sang vif

Escorte :
- 10 hommes d'armes
- un carrosse tiré par quatre chevaux
- Hans le cocher
- Marcus le capitaine de la garde
- Une petite bestiole attachante nommée Dokhara.

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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Dokhara de Soya » 12 mars 2020, 15:42

Sentant Shana se tendre dès leur entrée dans l'ancien kolkhoze, Dokhara lui flatta l'encolure, chuchotant des mots réconfortant à son oreille. Les gospodars tout comme les chevaux ressentaient l'atmosphère pesante de mort qui régnait en ces lieux, et trouvèrent du réconfort dans leurs habituels rituels sacrificiels : cette fois, ce fut un poulet qui servit d'encrier pour dessiner des runes supposées protectrices. La jeune lahmiane jeta un regard en coin à sa consœur, cherchant son soutien comme on s'agripperait à une ancre de civilisation dans un océan de barbarie primitive. Pourtant elle le savait, si toutes deux devaient prolonger leur intégration au kislev, il allait leur falloir intégrer et pratiquer ce même genre de rites à l'avenir...

Bien malgré elle, l'ambiance morbide et l'évocation de ce qui avait ici pu se produire fit dévier l'esprit de Dokhara vers ses propres souvenirs. Une rémanence de l'attaque des ostlanders sur les stryganis, de la terreur qu'elle avait ressenti au beau milieu du champ de bataille, des cris, des pleurs, des flammes. Les morts, partout autour d'elle, les cadavres qu'elle avait enjambé pour fuir, les carreaux qui sifflaient près d'elle dans une tentative de l'abattre. Tyra violée au milieu du chaos, coincée sous une charrette. Marcus, tentant de la protéger, transpercé par une hallebarde qui avait mis fin à ses jours sous ses yeux. Une violence absurde, qui faisait face à sa plus totale impuissance.
Associant ses souvenirs au paysage qui lui faisait face, elle pouvait s'imaginer la charge des bandits, la terreur des habitants, le chaos des massacres qui s'en était suivi. Et elle s'imaginait cette petite fille rencontrée à Chilgir, cette rescapée, qui avait du être aussi impuissante qu'elle, impuissante face à la mort qui fauchait tous ceux qu'elle connaissait.
Elle-même n'était rien d'autre qu'une enfant gâtée d'Altdorf, qui s'était éprise de liberté. Elle n'avait rien d'une guerrière, et s'était retrouvée au beau milieu d'un carnage qu'elle avait indirectement provoqué. Responsable de centaines de morts, et aux premières loges pour assister aux conséquences de ses actions. Mais obnubilée par son unique objectif de devenir vampire, elle avait ignoré ses remords pour trouver la force de continuer à mettre un pas devant l'autre, encore et encore.

Félicitations Dokhara. Tu as réussi.

Désormais dénuée d'âme, elle ne pouvait que se mentir à elle-même sur sa capacité à éprouver des remords pour ce qui s'était alors déroulé. Non, même cela était un mensonge : déjà humaine, sa seule colère était dirigée non pas vers ses ennemis mais vers elle-même. Son voyage avec Lucrétia lui avait permis d'acquérir cette maturité, d'arrêter de se réfugier derrière des faux-semblants réconfortants. Elle n'avait pas été dévastée par la mort de ses proches, elle l'avait été de n'avoir été encore et toujours qu'une victime impuissante. Elle s'en voulait de ne pas avoir été capable de protéger tous ceux qui l'avaient entouré depuis son enfance, non pas parce qu'elle tenait à eux, mais parce que chacune de leur défection était une preuve supplémentaire de sa faiblesse, son impuissance. Elle n'avait jamais fait rien d'autre que subir, encore et encore.

Son mépris et sa colère envers elle-même étaient si forts que, dans son poing serré, une griffe perça l'illusion de son humanité et vint de planter dans la paume de sa main. Loin de se reprendre, elle laissa la douleur la submerger, l'ongle labourant sa chair et ses muscles pour s'enfoncer jusqu'à l'os qu'elle grattait en serrant les dents. Elle se punissait pour sa faiblesse, s'infligeait ce châtiment comme pour se purger de son humanité pleurnicharde.

Elle était une lahmiane désormais. Les choses avaient changé.

Elles avaient réuni une trentaine de cavaliers gospodars, bien décidés à réclamer vengeance pour les forfaits des bandits. Des gens qui, galvanisés par leur colère et les preuves de bravoure des deux femmes, avaient décidé de leur faire confiance pour les mener à la victoire. Il était important d'en maintenir en vie une partie quoi qu'il arrive si elles voulaient que soient chantés leurs louanges à leur retour. Cette fois-ci, on ne lui déroberait pas ce qu'elle réussissait à posséder.

Elle jeta un coup d’œil à Valenty, lui adressant un sourire séducteur. Il était un peu collant et naïf, mais plein de bonne volonté pour la protéger.

- Silke a raison. En évoluant de nuit dans les goulets, on diminuera leur précision s'ils nous attendent en embuscade. Elle a l'habitude d'opérer dans le noir, et pourra gravir les crêtes pour escorter votre progression en contrebas. Grâce au châle que m'a offert Ilya Répine, je pourrais faire de même sans m'inquiéter de me faire repérer. Quoiqu'il arrive, on ne peut pas se permettre de se rassurer en préjugeant de leur équipement ou capacités : si les doutes d'Ivar sur le profit que tirent les ungols des activités des bandits sont avérés, alors ils auraient très bien pu leur fournir des armes et des informations...

Interrompue par l'annonce de l'arrivée d'une troupe de cavaliers qui apparaissait à l'horizon, Dokhara suspendit sa phrase quelques secondes, pour la conclure en prenant une voix sombre :

- ... comme par exemple sur notre groupe, notre objectif, notre nombre, et notre position.

Faisant glisser la bandoulière de son arbalète sur son épaule afin de s'en saisir à deux mains, elle mit en joue les cavaliers qui approchaient. Lucrétia avait raison, il était possible que Sreten choisissait de les épauler : ses responsabilités de chef lui avaient peut-être dicté une conduite en public qui n'était pas le reflet de ses vraies convictions.

Dokhara ouvrit grand les deux yeux, ciblant le cavalier de tête, son doigt prêt à appuyer sur la gâchette au premier signe d'hostilité.

On était jamais trop prudent.
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par [MJ] Le Grand Duc » 15 mars 2020, 20:10

Ivar regarda Dokhara se saisir de son arbalète pour y loger un vireton, et fit un signe aux hommes qui l’entouraient. Les ordres circulèrent rapidement, jusqu’à ceux qui étaient plus éloignés dans les ruines du kolkhoze, et chacun pris position pour accueillir les cavaliers. Ceux qui possédaient des arcs se placèrent en hauteur, sous le toit crevé d’une isba ou accroupis en haut d’un pigeonnier. Les autres, à la hache, au sabre et à la lance, se dissimulèrent comme ils le pouvaient avec la ferme intention de prendre les cavaliers en embuscade une fois ceux-ci entrés dans le hameau. Seuls Ivar et une poignée de guerrier, peut-être accompagnés des lahmianes, restèrent sur l’allée passait entre les bâtiments afin de servir d’appât et d’attirer leurs potentiels ennemis dans un piège.
Test de Char de Dokhara à rebours (+1 Char, Diplomatie) ; 9, réussi.
Les cavaliers se rapprochaient, soulevant un nuage de poussière derrière eux à mesure que les sabots de leurs montures battaient le sol de la steppe. Ils ralentirent en trot en s’approchant du kolkhoze et s’alignèrent en deux colonnes approximatives dirigées par un homme que les deux étrangères reconnurent sans mal : Sreten Tarmachirin. Le chef de clan dirigeait ces trente cavaliers, une main empoignant les rennes de son cheval blanc, l’autre tenant un fouet le long de sa cuisse et le regard rivé sur le hameau. Les hommes qui le suivaient étaient équipés de tenues légères en cuir ou en tissu rembourré, arborant les cordelettes rouges ou jaunes des Kossuth. Un sabre, un arc et un carquois battait la selle de chacun des ungols, qui chevauchaient tous avec l’aisance légendaire des fils de l’Oblast.

Le prince leva la main qui tenait le fouet enroulé en signe d’apaisement, remarquant les flèches pointées sur lui depuis le toit des isbas. Lui et ses cavaliers approchaient désormais au pas, jusqu’à ce que les gospodars qui les visaient bandent leurs arcs en un signe ouvertement hostile. Ivar jura et s’avança à hauteur de la dernière maison du hameau, à une cinquantaine de mètre des ungols.


- « Sreten Tarmachirin, fils de Temirbek, toi qui parles à la Veuve Vénérable et à ses enfants, tourne la bride de ton cheval et repars là d’où tu viens. » lui lança Ivar en mettant ses mains en porte-voix. « Nous sommes déterminés à punir les chiens qui se terrent à Oulianosvk, et ni vous, ni les esprits, ni Dazh ou Ursun ne sauront nous en empêcher. Mettez vous sur notre route, et vous subirez vous aussi les foudres de la vengeance. »

Les cavaliers ungols semblèrent s’agiter dans les colonnes et étalèrent un peu leur formation. Sreten lança quelques ordres dans sa langue puis s’avança, seul, en faisant courir quelques foulées graciles à sa monture parée d’ornements en cuir et en corde rouge.

- « Je suis venu en paix, Ivar Golovin. » le rassura le guerrier en montrant l’index et le majeur réunis, symbole pacifique parmi les peuplades nomades. « Les gospodars accusent les miens de permettre ces meurtres en laissant les évadés traverser la steppe comme bon leur semble. Nous pensions tout d’abord vous considérer avec l’indifférence de celui qui se sait innocent, mais les Sœurs de Fer m’ont convaincu de vous prouver que vous vous égariez. Me voici ainsi avec mes archers pour vous aider à punir ceux qui s’en prennent aux vôtres. »

Ivar plissa les yeux et se tourna vers Lucrétia et Dokhara, pour peu qu’elles soient à ses côtés.

- « C’est vous qui les avez amenés ici ? Saviez-vous qu’ils allaient venir ? »

L’artisan n’avait visiblement nullement confiance en la démarche des ungols. Sa main de quittait d’ailleurs pas la fusée de l’épée qui pendait à sa ceinture. Face à eux, Sreten observait la réaction du parti gospodar avec un grand calme. Son cheval renâclait un peu, faisant quelques pas de coté et donnant des coups d’encolure en levant la tête, tandis que son cavalier attendait, fouet en main, seul et loin de ses guerriers.


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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 16 mars 2020, 12:31


Si Lucretia avait ordonné que l’on n’engageât pas le combat, les gospodars n'en demeuraient pas pour autant oisifs. Les archers escaladèrent les toits crevés des masures effondrées pour se poster en hauteur et disposer d'un meilleur angle de vue. Les lanciers se tinrent en embuscade, créant des entonnoirs mortels en coupant l'accès aux rues étroites. D'autres, plus discrets, se dissimulèrent à l'intérieur des isbas éventrées, prêts à se faufiler dans le dos des éventuels attaquants. Quant à ceux qui formaient le conseil de guerre, ils se placèrent en évidence, à la vue de tous, et furent rejoints par d'autres soldats. Le terrain, à n'en pas douter, allait à l'avantage des gospodars ; le village détruit, eu égard à ses ruelles escarpées et pleines de gravats, favorisait bien davantage la guérilla que les charges héroïques de cavaliers. L'immortelle ne se faisait pas de souci à ce sujet, mais était bien curieuse de savoir ce qui amenait ces étrangers à cheval céans même.

Ces derniers ne se montrèrent pas belliqueux. Ils se rapprochèrent, certes, mais se tinrent malgré tout à bonne distance. Grâce à leur acuité visuelle, les deux jeunes femmes reconnurent très rapidement Sreten, et Lucretia afficha un léger sourire ; c'était bien ce qu'elle avait soupçonné. Le nouveau venu, délaissant les deux colonnes de cavaliers qu'il avait formées, s'avançant dans leur direction après avoir manifesté une volonté de paix. Côté gospodars, les arcs s'étaient bandés, mais les encoches des sagettes restèrent fixées à leur corde. Une certaine tension demeurait palpable, toutefois, tension qui se réfléta dans le discours d'Ivar.

Celui-ci devait toujours penser que Sreten était là pour mener bataille, car il lui posa un ultimatum. Tourner la bride, maintenant, ou bien mourir ici même, dans ce paysage désolé. Ce à quoi le prince des ungols répondit que sa présence en ces lieux n'avait pas pour autre objectif que d'aider les gospodars à éliminer les bandits de la mine d'Oulianovsk. Les arguments qu'il exposa alors ne différèrent pas de ceux que Dokhara et Lucretia avaient déjà entendus lorsqu'elles lui avaient rendu visite en son domaine. Ivar sourcilla, avant de se tourner vers les deux intéressées, l'air suspicieux.

« Ne vous avais-je pas dit qu'il s'agissait potentiellement de Sreten avant même d'avoir vu son visage ? Et que, s'il s'agissait effectivement de lui, qu'il était tout à fait possible qu'il ait décidé de nous épauler ? demanda l'Immortelle dans le plus grand calme, sur le ton de celle qui avait une longueur d'avance. Eh bien, voilà. Ma sœur s'est montrée extrêmement persuasive», déclara-t-elle alors en ces termes équivoques, mais vrais, qui firent à n'en pas douter fleurir l'imagination de nombre de guerriers.

Malicieuse, elle décocha un petit clin d'œil en direction de Dokhara, avant de lui demander :

« Maintenant que tu es devenue une experte en matière d'ungols, penses-tu que nous pouvons nous fier à lui ? »

Si tout le monde pouvait plus ou moins juger de l'authenticité du comportement de son interlocuteur en fonction de ses dires ou de son attitude, Dokhara, déjà humaine, avait su raffiner ce talent pour le pousser encore plus loin que la normale. Et, maintenant que son amante était passée Lahmiane, Lucretia ne doutait pas que cette capacité, que son empathie et son instinct, fussent encore plus aiguisés qu'auparavant.
La réponse qu’elle obtint, qu’elle fût sous la forme d’un sourire, œillade ou paroles, la convainquit des bonnes intentions de Sreten.

« Bien. Alors je te laisse lui répondre et lui souhaiter la bienvenue, ainsi que lui déclarer nos remerciements. »

La Lahmiane se tourna alors vers Ivar.

« Je pense que nous avons besoin de ces hommes, d'autant plus nous sommes les assaillants, et que nous ne connaissons pas le nombre exact n'ennemis que nous aurons à affronter. Il serait peu indiqué de cracher sur cette aide bienvenue, d'où qu'elle vienne. Ils nous tendent la main ; saisissons-là, cela nous sera bénéfique, aussi bien sur le plan politique que militaire. Car si nous refusons, leur honneur s'en trouvera fortement entaché, et vous pourrez alors être sûr que leur cause, bien que de manières officieuses, sera tout acquise aux évadés de la mine d'Oulianovsk. Tout ce que vous avez craint ou supposé deviendra alors réalité.»
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Dokhara de Soya » 24 mars 2020, 14:23

Quand bien même Dokhara était soulagée de voir que l'intuition de Lucrétia était la bonne, elle n'en relâcha pas immédiatement son arme, toujours pointée en direction des cavaliers ungols. Quand bien même le fouet enroulé dans la main de Sreten était synonyme d'intentions pacifistes, la jeune lahmiane préférait rester prudente et surtout montrer qu'aucune intention belliqueuse ne serait tolérée. Ce n'est qu'après avoir entendu le chef ungol dévoiler ses intentions qu'elle se décida à baisser son arbalète, échangeant un regard entendu avec Lucrétia pour lui signifier qu'elle faisait confiance au fils de Temirbek. Rien dans sa voix ou son attitude corporelle, de ce qu'elle pouvait en voir malgré la distance, ne semblait trahir la moindre duperie.

Son amante ne manqua pas de sous-entendre quelque grivoiserie au sujet des méthodes persuasives qu'elle avait employé pour amener Sreten Tarmachirin à se joindre à eux. Préférant jouer de la situation plutôt que de s’empêtrer dans d'inutiles réfutations, Dokhara arbora un air faussement ingénu, accompagné d'un sourire timide et de joues qui rosissaient, évoquant tant la modestie face à la réussite de sa manœuvre, que la gêne quant à ses soi-disantes méthodes de négociation. Néanmoins, lorsqu'elle répondit à sa génitrice, la jeune femme prit immédiatement une mine plus sérieuse, à l'image de la réflexion qu'elle tenait.

- Ivar le décrivait comme un héros, le peuple de Zoïshenk le qualifiait de loyal au boyard Pavel, et s'il semble tendu par la vision de nos armes pointées dans sa direction, ses paroles me semblent pourtant sincères. Néanmoins, si une alliance nous sera profitable, je doute que ses hommes nous resteraient loyaux s'il venait à lui arriver quelque chose : nous devrons être particulièrement vigilantes à ce qu'il demeure bien vivant dans l'entreprise à venir...

Elle avait parlé en kislévarin afin qu'Ivar comprenne leur échange, mais avait gardé un volume assez faible pour que sa voix ne porte pas jusqu'aux cavaliers ungols. Après un hochement de tête entendu à Lucrétia et aux gospodars, elle laissa sa consœur s'occuper de l'artisan tandis qu'elle s'approchait à pied de Sreten Tarmachirin, tirant sur la sangle de son arbalète pour la réajuster dans son dos : elle montrait ainsi son absence d'intentions hostiles.

- Je vous remercie d'avoir écouté mes arguments, Sreten Tarmachirin, fils de Temirbek, chef du clan Kossuth. Je ne sais quelle valeur vous accordez à la parole d'une étrangère, mais si vous avec apporté assez de crédit à mes mots pour revenir sur votre jugement et nous rejoindre ici et maintenant, j'ose espérer que vous me croirez lorsque je vous promet ceci : si nous sortons victorieux de cette entreprise, je m'assurerais que chaque gospodar de Chilgir sache qu'il doit sa sécurité au clan Kossuth. Puisse notre entreprise commune rappeler aux gospodars comme aux ungols que face à l'adversité, ils sont plus forts ensemble que divisés.

C'est délibérément que Dokhara avait parlé de remercier le clan Kossuth et non pas le peuple ungol de manière plus générale. Malgré la bonne volonté de Sreten, la jeune lahmiane restait intimement persuadée que d'autres clans soutenaient l'insurrection des évadés de la mine. Dans le pire des cas, c'étaient peut-être même des membres du clan Kossuth, réfractaires au chef Tarmachirin, qui agissaient dans l'ombre.
Dans un premier temps, elle avait songé prendre parti pour les gospodars, utiliser les querelles intestines entre les deux ethnies du Kislev pour que Lucrétia et elle se fassent facilement une place politique dans le chaos qu'une guerre engendrerait. Mais après tout, être les étrangères qui unifient les peuples face aux menaces communes, voilà un rôle qui pourrait lui aussi faire l'affaire pour gagner du pouvoir...

Quoiqu'il en soit, doubler leurs effectifs ne serait pas superflu dans les épreuves à venir, d'autant plus que ces renforts étaient tous équipés d'arcs qui pourraient s'avérer utiles en cas d'embuscade dans les goulets. Leur plan ne changerait pas : les sœurs de fer profiteraient de la nuit pour "escalader" les parois de part et d'autre du goulet, jouant les éclaireuses, tandis que le gros des troupes progresserait à cheval en contrebas.
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 24 mars 2020, 15:43, modifié 1 fois.
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Compétences :
- Sociales : Diplomatie, Éloquence, Empathie, Étiquette, Séduction
- Artistiques : Chant, Danse, Musique (violon), Tatouage
- Intellectuelles : Alphabétisation, Langue étrangère (kislévarin, strygani)
- Martiales : Ambidextrie, Bagarre, Fuite, Monte, Parade, Résistance accrue (spécialisation alcool), Sang-froid
- Divers : Sens Accrus
- Dons Du Sang : Regard Hypnotique, Régénération Impie
Compétences en cours d'apprentissage :
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Adresse au tir (arbalètes) : 2/3
Équipement :
Armement :
- Lame en or marin : 14+1d8 dégâts ; 14(28) parade
- Main gauche : 8+1d6 dégâts ; 8(16) parade ; Rapide. +2 PAR si utilisée en conjonction avec une autre arme. Lors d'une parade, c'est le score de parade de l'arme en main droite qui compte pour le premier jet, celle de la main gauche pour le second jet si relance.
- Poignard : 12+1d6 dégâts ; 6(12) parade ; Rapide. Peut être utilisé comme arme de jet
- Arbalète : 34+1d8 dégâts : Malus de -2 TIR tous les 30 mètres ; Perforante (4) : Un tir par NA maximum.

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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par [MJ] Le Grand Duc » 28 mars 2020, 18:50

Ivar Golovin fut bien obligé de donner raison aux arguments de Lucrétia, et de son côté Dokhara su trouver les mots pour conforter le chef du clan Kossuth dans son choix de prendre part à l’expédition. Ainsi, les cavaliers ungols se joignirent aux gospodars non sans que des regards mauvais ou suspicieux ne soient lancés de part et d’autre.

La troupe, désormais forte d’une soixantaine d’hommes, quitta alors le kolkhoze en ruine pour franchir la dernière étendue de steppe qui la séparait des montagnes basses au creux desquelles se trouvait la mine d’Oulianosvk. Le paysage changea alors du tout au tout tandis que les cavaliers s’engouffraient entre ces murailles de rocaille. La piste qui menait à la mine était facilement identifiable, un chemin dégagé à flanc d’escarpement assez large pour laisser passer un chariot. C’est donc par là que les guerriers de Chilgir s’engagèrent, avançant les uns derrière les autres en évitant de regarder les gouffres en contrebas, dans lesquels coulaient de gros ruisseaux alimentés par la fonte des neiges.



Image

La nuit tomba bientôt, rendant l’avancée en bord des gorges plus ardue. Bien que le chemin soit large, il suffisait de quelques faux pas pour glisser dans la rocaille et faire une chute de plusieurs mètres. Ivar ordonna qu’on allume des torches mais Sreten l’en dissuada.

- « Fais confiance à ta monture, mon ami. Elle voit, sent et entend mieux que toi. Laisse-la décider, et son sabot ne te faillira pas. »

L’artisan irascible maugréa, mais fut bien avisé d’écouter le prince ungol. Le peuple de la steppe comptait les meilleurs cavaliers du Vieux Monde, et peu nombreux étaient ceux qui connaissaient mieux les chevaux que ces nomades. Du reste, se passer de torche permettait de diminuer les chances de se faire repérer par d’éventuelles sentinelles.

Lucrétia et Dokhara, quant à elles, chevauchaient en tête du cortège, à une distance suffisante pour que la baronne de Bratian puisse profiter des lacets du chemin pour se changer en corneille sans se faire voir de ceux qui les suivaient. Sous cette forme, la lahmiane pouvait s’élever haut au-dessus des falaises et scruter minutieusement le terrain.


Pour Lucrétia

La mine d’Oulianosvk fut rapidement en vue. Il s’agissait en vérité d’un fort coincé dans un cirque rocheux qui dominait une oasis boisée de bouleaux et de buissons épais. La route qui longeait le flanc de la falaise surplombait cette combe de quelques mètres de hauteur, et s’arrêtait à une entrée fortifiée composée d’un portail en bois et d’un simple mur en terre crayeuse d’environ cinq pieds. Derrière le portail, trois gardes assis se pressaient autour du feu qu’ils avaient allumé à côté de leurs tentes rudimentaires. Loin de n’être équipés que de pierre et de bâtons, l’un de ces hommes portait un plastron en cuir tandis que ses comparses brandissaient arcs et lames de fer. Ainsi équipé, ils avaient plutôt l’air de soldats que de simples taulards pouilleux.

Continuant sa reconnaissance, la corneille laissa le corps de garde derrière elle et suivi le sentier qui s’allongeait encore quatre cents mètres jusqu’au fort. Ici, le cirque naturel était fermé par une muraille en pisé haute de trois mètres et dont le faîte était garni de créneaux en pieux de bois. Un corps de garde s’élevait contre la falaise, à l’endroit où la route rencontrait le mur, et ce dernier disposait d’un chemin de ronde monté sur des échafaudages en bois qui suivait le parapet jusqu’à l’autre flanc de falaise pour laisser place à une grosse tour ronde dont la base était deux fois plus large que le sommet. Là encore, de nombreuses sentinelles en arme montaient la garde.

Au-delà, dans cette enceinte fermée d’un côté par la muraille et de l’autre par la falaise, se trouvait la mine à proprement dite. Cependant, cet ensemble de bâtiment n’avait de mine que le nom et ressemblait plus à ce qu’il était réellement : une prison. L’endroit était visiblement séparé en deux quartiers : autour du corps de garde se pressaient des bâtisses en terre crue tels qu’une caserne, une grande réserve, des écuries et plusieurs maisons affaissées contre la colline. Il y avait ensuite fossé réhaussé d’une palissade, et ce qui devait être le quartier des prisonniers. De longs bâtiments en bois semblables, de loin, à des porcheries, s’alignaient les uns à côté des autres près d’ateliers et d’entrepôts. Le tout s’organisait autour de la mine à proprement dite, au fond du cirque : un tunnel béant à flanc de montagne, dont l’entrée se présentait comme deux épais piliers en pierre surmontés d’un linteau probablement plus lourd qu’un dragon. De gros blocs de sel, semblables à des briques blanches, attendaient là, abandonnées par terre ou sur des chariots immobiles.

Du reste, les activités minières semblaient tout à fait arrêtées et Lucrétia, en volant ci et se posant là, vit les anciens détenus qui occupaient désormais l’endroit. La plupart devaient dormir dans leurs quartiers, mais des éclats de voix, des rires et des cris de femmes retentissaient depuis la caserne qui jouxtait le corps de garde. Si elle se posait sur le rebord d’une des ouvertures faisait office de fenêtre, la lahmiane pouvait être témoin de la fête à laquelle se livraient les pillards, puisant dans leur butin pour s’enivrer tandis que l’un d’eux tapaient sur des tambours, que certains titubaient, se battaient ou jouaient aux dés, et que d’autres violaient leurs prisonnières à la vue de tous. Ces hommes avaient des têtes de tueurs, puaient la sueur et le bouc. Il leur manquait des dents et ils soufflaient comme des buffles. Lucrétia nota également les sabres, les lances et les haches qui reposaient en fagots dans les coins de la pièce, indiquant que les taulards étaient bien armés.
► Afficher le texte
Sur le chemin du retour, alors qu’elle s’envolait de la combe, la baronne de Bratian remarqua un poste de guet ennemi sur la crête de l’un des escarpements qui dominait à la fois la mine et la route par-laquelle arrivaient les cavaliers, qui ne devaient plus être très loin. Deux sentinelles se trouvaient là, dans le noir, emmitouflées dans des fourrures miteuses et tâchant de se cacher du vent dans leur abri de berger à moitié écroulé.
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Donc Lucrétia tu peux poster en premier pour communiquer tes infos et éventuellement ton plan à Dokha.
Dokha si tu décides d’escalader des façades rocheuses pour avoir d’autres moins d’entrée tu auras des tests d’Hab à faire.
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 02 avr. 2020, 13:42



Ivar n’eut rien à répliquer aux paroles de Lucretia, qui s’était montrée aussi convaincante que ne le fut Dokhara concernant Sreten, et tous s’unir en un seul groupe dans le silence. Il y eut certes de mauvais regards et des mines perplexes, mais rien qui ne vint troubler, pour le moment, la paix tacite qui s’était installée sur le kolkhoze détruit par les bandits d’Oulianosvk. Et ce fut une bonne soixantaine de guerriers qui quitta le refuge pour s’avancer au travers de la steppe, vers la mine.

Après une grande plaine ponctuée çà et là de quelques arbres esseulés, ils s’aventurèrent enfin au milieu des collines et des plateaux rocailleux. Goulots étranglés, sentiers abrupts, à-pics vertigineux, la géographie de ce terrain était naturellement conçue pour la défense et les embuscades retranchées. Une armée, céans même, avait le même poids qu’un groupe composé d’une vingtaine de personnes tant la marge de manœuvre se retrouvait réduite à son plus strict minimum sur ces chemins qui ne pouvaient laisser passer qu’une seule et unique charrette. Lucretia avait observé tout cela avec attention, non sans une certaine crainte pour ses troupes nouvellement enrôlées. Ici, pas de véritables moyens de repli, aucune possibilité de s’abriter derrière une barrière rocheuse, pas la moindre chance de se protéger d’une attaque provenant de là-haut. Une seule patrouille de reconnaissance, chez ces sauvages de la mine, pouvait leur coûter très cher. Aussi choisit-elle de prendre les devants et de chevaucher en tête du cortège. Son acuité visuelle et ses sens accrus lui permettaient de différencier les sons de sa propre armée de tous ceux qui venaient en périphérie. Au loin, un torrent bouillonnait dans une gorge escarpée, là-bas, la fuite d’un lièvre provoquait une minuscule avalanche dont les cailloux qui la composaient ricochaient sur la pierre poncée par les éléments. Ailleurs, le cadavre d’un ours piégé dans un barrage naturel exhalait une puanteur fort désagréable pour l’odorat de la Lahmiane, et, sous sa pèlerine, son regard émeraude scrutait attentivement les environs. Si ce n’étaient ses propres hommes, pas le moindre signe de présence humaine.

La nuit ne tarda pas à tomber, et les ombres s’allongèrent bientôt jusqu’à recouvrir le monde. Si les pupilles des deux vampires parvenaient à percevoir la moindre source de lumière que pour mieux la réfléchir, ce n’était pas le cas d’Ivar, lequel fut sur le point d’ordonner à ce que l’on allumât des torches avant d’être interrompu par Sreten. Selon lui, mieux valait laisser faire sa monture, dont l’instinct ne la trahissait jamais. Cela leur permettrait également d’éviter de se faire remarquer, et l’Immortelle ne pouvait contredire ce fait. L’obscurité avait pour elle cette étrange manie de porter les sons plus loin encore et de rendre le silence toujours plus assourdissant. Les voix se turent, et, dès lors, l’on entendit plus que le bruit des sabots ferrés heurtant le sentier. Prenant davantage de distance, Lucretia se transforma en corneille et partit en reconnaissance.

S’affranchissant de tous les obstacles naturels, la Lahmiane fut rapidement en mesure d’atteindre la mine d’Oulianosvk. Plus qu’une mine, il s’agissait en réalité d’un petit fort, ce que la visiteuse conçut très bien. Etant donné le relief du terrain, il eût été dommage de ne pas profiter de tous les avantages qu’il proposait afin de défendre les terres en contrebas. Un corps de garde en amont du sentier, puis un second protégé par une tour crénelée, un chemin de ronde et des falaises abruptes, une fois de plus ; l’endroit avait tout de la position fortifiée pour conserver aussi bien les ennemis à l’intérieur que pour garder prisonniers ses habitants entre ses murs.

Dans l’enceinte se trouvaient plusieurs bâtiments à l’aspect décrépi. Des masures en chaume à moitié ébranlées, une caserne dévastée, des entrepôts aux caisses et aux tonneaux éventrés, quelques enclos où se mouraient à petit feu des animaux chétifs, et d’autres baraquements à la façade miteuse et abîmée. A n’en pas douter, nombre de conflits avaient déjà éclaté en ces lieux qui portaient encore les traces des stigmates des dernières échauffourées. En se posant çà et là sur quelques bâtisses, la corneille mesura l’activité de la mine. Bien que de nuit, et ayant perdu toute production, elle n’en demeurait pas moins animée par des soudards qui se battaient entre eux à coups de dés ou de poings. Certains, à part, ne sommeillaient que sur une oreille, d’autres chantaient et ripaillaient allègrement auprès des foyers quand d’autres, encore, outrageaient leurs prisonnières. Il régnait en ces bas lieux une certaine forme de chaos d’où montaient des rires, des pleurs, et une insupportable odeur de crasse. Lucretia en avait assez vu pour juger les bandits ; elle déploya ses ailes et s’envola vers les cieux, ayant bien pris soin de noter chaque détail dans sa tête.

Sur le chemin du retour, toutefois, elle perçut un petit avant-poste perché sur un escarpement rocheux qu’elle n’avait pas vu lors de son premier passage. Discrètement, deux sentinelles se tenaient-là, paraissant cela dit plus occupées à se protéger du froid et du vent qu’à veiller sur la route qu’empruntait actuellement la troupe de Lucretia. Cette dernière perçut malgré tout le danger que représentaient ces deux hommes ; pour peu qu’ils ouvrissent l’œil, ils les repéreraient tout de suite. Elle devait s’en occuper avant qu’ils n’allassent signaler leur présence aux gros des hommes de la mine.

Vu avec Grand Duc : jet d’initiative pour déterminer si je peux éliminer les bandits avant qu’ils ne fassent du bruit :
Jet obtenu : 9 < 22 ; réussi.

L’Immortelle devait agir vite, prestement, sans jamais leur laisser la moindre chance de riposter et de sonner l’alerte. Elle fit une première reconnaissance, étudiant ses possibilités, puis un second afin de les certifier, et passa à l’action. Alors qu’elle volait en rase-mottes au-dessus de l’abri de berger détruit, elle reprit subitement forme humaine ; dans une bourrasque d’ombre et de plumes, le premier soldat fut tout simplement décapité sans même avoir eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait, provoquant un sursaut terrifié chez son compagnon. Mais ce fut là tout pour celui-ci qui, alors qu’il ouvrait aussi grand la bouche que les yeux dans une expression d’incompréhension, se retrouva avec une épée profondément plantée dans la poitrine. La sentinelle s’affaissa lentement sur le sol et expira son dernier soupir. Consciente de toutes les informations qu’elle allait rapporter, et du temps qu’il aurait fallu à un humain pour toutes les rassembler, Lucretia préféra attendre le passage de la troupe plutôt que de se précipiter à sa rencontre.

Après un certain moment, les pupilles de la Lahmiane, qui s’affranchissaient sans difficulté aucune des ténèbres absorbant les silhouettes, discernèrent ses hommes qui marchaient sur le sentier. Reprenant sa forme de corneille, elle alla se poser sur le rebord du chemin, dans un petit enfoncement à l’abri des regards. Bientôt, ce fut une jeune femme qui, capuche remontée sur son visage, alla à la rencontre de la petite armée.

« J’ai fait ce que j’ai pu », annonça-t-elle l’épée encore rouge de sang lorsqu’elle eut réuni Dokhara ainsi qu’Ivar et Sreten. Feintant un quelconque essoufflement, elle continua :

« Vous connaissez probablement mieux les lieux que moi, mais si quelques-uns d’entre vous n’y sont jamais allés, voilà comment est bâti l’endroit. Il y a un chemin sinueux qui monte jusqu’à un corps de garde, là. Je n’ai pas pu aller plus loin, mais j’ai pu discerner des hommes et les contours de la mine, bien plus loin derrière.

Elle dessina dans le même temps un petit plan de ce qu’elle avait pu observer.

Plusieurs choses à noter. Les soldats sont bien équipés, ils ont des arcs, des épées, et tout un assortiment hétéroclite de protection de cuir. En revanche, ils ne s’attendent aucunement à une offensive ; voilà bien trop longtemps qu’ils sont tranquilles à festoyer et à mener des attaques éclairs sur les habitants des alentours. Les patrouilleurs sont davantage occupés à se tenir au chaud et à l’abri du vent qu’à surveiller le sentier. Elle montra sa lame souillée en guise de preuve.

Deux gardes étaient postés en amont, au-dessus du chemin. Ils ne nous embêteront plus ni ne donneront l’alerte. Nous devons en profiter pour attaquer discrètement le premier corps de garde avant la prochaine rotation des patrouilles, s’il y en a effectivement. Voilà comment je vois les choses : cette première défense devrait aisément tomber et elle se trouve bien trop loin de la mine pour que les bandits puissent envoyer des renforts à temps. Je ne sais même pas s’ils ont un véritable moyen de communiquer avec eux, par ailleurs, et le vent pourrait couvrir les bruits du combat, sans parler de la distance. Donc, on la prend d’assaut, silencieusement si possible. Et si l’on se fait repérer, s’ils parviennent à signaler une présence étrangère, un danger, je doute que les brigands sachent exactement de quoi il en résulte. Ils enverront une patrouille pour vérifier ce qu’il se passe, à coup sûr. Alors, l’on ne se montrera pas, et l’on fondra sur eux au dernier moment. Ce sera toujours des hommes en moins qui combattront sur les remparts en sachant vraiment ce qui les attendent.

Si vous avez des questions, ou des objections, faites m’en part. Sans quoi, mettons ce plan à exécution.
»

Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 02 avr. 2020, 17:38, modifié 1 fois.
Raison : 6 xps / Total : 30 xps
FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140
Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises (lvl 1):
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Érudition
- Intimidation
- Alphabétisation
- Sens Accrus
- Vision nocturne
- Connaissance des démons
- Comédie
- Force accrue
- Esquive
- Monte - chevaux
- Coup précis lvl 3
- Arme de prédilection - épée à une main
- Escalade
- Coriace
- Chance
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 2
- Etiquette
- Intrigue de cour
- Littérature
- Réflexes éclairs
- Linguistique

Dons du Sang:
- Défi de l'Aube
- Innocence Perdue
- Domination
- Ame Profane
- Forme de Familier : Corneille
- Régénération Impie
- Sang argenté
- Sang vif

Escorte :
- 10 hommes d'armes
- un carrosse tiré par quatre chevaux
- Hans le cocher
- Marcus le capitaine de la garde
- Une petite bestiole attachante nommée Dokhara.

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