[Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Kislev, pays de sombres forêts de conifères, d'étendues neigeuses et de steppes balayées par les vents, se trouve l'est de l'Empire. Pendant des siècles, il a été un rempart face aux incursions dévastatrices du Chaos venues du nord. Kislev est un allié fidèle et puissant de l'Empire, toujours prêt à envoyer ses troupes à son secours

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[MJ] Le Grand Duc
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par [MJ] Le Grand Duc » 07 nov. 2019, 16:14

Dans la yourte vous trouvez :
- trois arcs courbes avec carquois
- deux sabres recourbés
- un ensemble de couteaux et de dagues
- deux ducats d'or en petites pièces
- des tenues et des parures ungoles
- une carte sommaire de la région, tatouée sur de la peau de mouton
- des fourrures
- des victuailles
- une poupée d'enfant
- la culpabilité d'avoir massacré une petite famille tranquille, et assassiné un enfant sous les yeux de sa mère

A vous de m'indiquer ce que vous souhaitez garder avec vous, et auquel cas qui prend quoi.



Test de Dokhara pour se nourrir (+4, précédent test réussi et présence de Lucrétia) : 14, réussi.

La nuit tombait sur l'Oblast, à l'heure où les deux lahmianes s'enfonçaient dans le froid et les ombres. Un grand feu brûlait en toile de fond, consumant la yourte et les cadavres de ses anciens occupants. Les flammes montaient hauts vers le ciel glacé du Kislev, jusqu'à masquer les étoiles, et scintillaient dans les centaines d'yeux du cheptel curieux qui observait la scène depuis la prairie en contrebas. Lucrétia et Dokhara, les deux monstres aux visages de femmes, s'enfonçaient dans la toundra en direction de l'Est, et du village en ruine d'Iemva d'où elles étaient venues.

Mais les deux imperinyi étaient encore étrangères à ces contrées hostiles, aussi en ignoraient-elles certains des pires dangers, et la manière qu'avaient les autochtones de prédire ces derniers. Tel était le lëd, un phénomène craint de tous les nomades de la steppe. Peu avant l'hiver, de brutales tempêtes de neige se déclenchaient aussi soudainement que violemment. Les rafales faisaient plier les pins, lourdes de flocons et de cristaux de glace, et soufflaient suffisamment fort pour empêcher un homme d'avancer. Les voyageurs surpris par pareil déferlement n'avaient que quelques instants pour se mettre à l'abri avant que le tourbillon gelé ne les engloutisse. Si les deux vampires ne craignaient pas le froid, elles étaient en revanche sans défenses contre le blizzard qui les clouait sur place. Qu'elles aient la chance de s'abriter derrière l'un des rares affleurement de la plaine où qu'elles s'immobilisent le temps de la tempête comme deux stalagmites, elles durent attendre la majeure partie de la nuit que le terrible lëd passe sur elles.

Le matin pâle se levait, et elles n'étaient pas encore arrivées à Iemva. Le ciel était bleu, sans nuages, et tout autour d'elles s'étendait un océan blanc et infini, déposé là par les bourrasques qui avaient secoué la nuit. On aurait pu les croire perdues, deux silhouettes avançant péniblement dans la neige en laissant un sillon sur le lit immaculé, mais la colline où Dokhara de Soya était passée de vie à trépas se dessinait au loin, surmontée par quelques pins et arbres sans feuillage.

Elles les sentirent avant de les voir. L'odeur des chevaux, du cuir, un vague relent de charogne. Ces effluves remontaient à elles avec d'autant plus de force que le manteau de neige couvrait tout autre signature olfactive. La sueur, la crasse, de l'alcool aigre. Ceux qui approchaient n'avaient rien de nobles sires parfumés. Puis elles entendirent une hennissement qui perça le silence assourdissant de la plaine, et elles les virent enfin.

Six, non sept cavaliers se détachèrent à l'horizon et venaient vers elles. Quelques lances pointaient mollement vers le ciel, le soleil qui se levait timidement faisait scintiller quelques rares casques ou pièces d'armure. Ils avançaient au pas, leurs chevaux levant haut les pattes pour les enfoncer ensuite dans la poudreuse, et allaient à l'allure tranquille de ceux que rien ne menace. Il ne faisait nuls doutes qu'ils se dirigeaient vers les deux baronnes, et bientôt ces dernières purent les observer plus distinctement.



Image

Ils montaient les chevaux rustiques de la steppe et portaient des frusques sales et des fourrures miteuses. Ces hommes ressemblaient à des loups faméliques, mais à la différence de ces derniers ils n'avaient pas eu l'intelligence de se tenir loin des lahmianes. A l'inverse, le cavalier de tête fit un appel de langue et lança sa monture dans un galop alourdit par la neige. Ce faisant, il se baissa et saisit quelque chose sur le pommeau de sa selle : une corde terminée par une large boucle, qu'il se mit à faire tournoyer au-dessus de lui. Ses compagnons accélérèrent derrière lui, certains poussant des jappements sauvages pour exciter leurs destriers.
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 07 nov. 2019, 21:59

Lorsque Dokhara s’élança sur l’homme afin de se nourrir une dernière fois avant un long moment, Lucretia demeura sur le qui-vive. Le risque que la nouvelle-née le dévorât entièrement, quitte à en vomir par la suite, restait élevé, et la Lahmiane nécessitait un cadavre en assez bon état pour la mascarade qu’elle avait prévue. Fort heureusement, sa fille parvint à se contrôler, ne laissant que quelques petites entailles dans le cou de sa proie. Rien qui ne fût insurmontable. L’Immortelle hocha du chef en direction de son amante, satisfaite de la voir saine d’esprit, puis s’empara du cadavre pour le mener à l’extérieur de la yourte.

Dehors, un macabre travail commença. Afin de laisser penser que la cocatrice avait tué l’ensemble de la petite famille, le corps de l’homme devait porter les marques d’un nécrophage. S’emparant d’un crochet, d’un morceau de métal ou de tout autre objet similaire, la vampire s’employa à lui ouvrir légèrement la nuque à l’endroit de la morsure. Eu égard au matériel utilisé, la blessure n’était certainement pas aussi nette que celle qu’aurait provoquée la lame d’une épée, mais juste assez étroite pour laisser présager l’œuvre d’une bête sauvage. Elle déchira la tunique de sa victime, et lui creva le ventre avant d’écarter les lèvres de la balafre et de l’éviscérer. Enfin, de manière à parachever son œuvre, elle fit sauter l’un de ses yeux, laissant là une orbite vide fixée sur un ciel assombri.

Avant de mettre le feu à la hutte, les deux jeunes femmes en firent le tour, fouillant dans les caisses, les paniers, et les affaires personnelles de chacun. Elles n’y trouvèrent pas grand-chose d’intéressant, si ce n’était une carte de la région, de facture assez vulgaire, et quelques piécettes.

« Que fait-on de ça ? », demanda Lucretia à Dokhara d’un ton sceptique, tandis que ses mains s’étaient refermées sur la culpabilité d'avoir massacré une petite famille tranquille et assassiné un enfant sous les yeux de sa mère.

Elle en fit rapidement le tour, tournant la chose dans tous les sens, avant de hausser des épaules.

« Je doute que cela nous soit d’une grande utilité. » Et elle le relâcha, l’abandonnant dans la poussière de la terre battue. Toutefois, elle trouva, à la fin de leurs recherches, une petite poupée, qu’elle décida de conserver.

Laissant à l’intérieur les deux corps de la mère et de son enfant, elles s’armèrent toutes deux de torches, et s’appliquèrent à mettre le feu aux quatre coins de la yourte. Bientôt, un imposant panache de fumée s’éleva dans le crépuscule tandis que les flammes ronflaient bruyamment, dévorant tout sur leur passage. Elles tournèrent les talons, désireuses de rejoindre Iemva.

Mais à peine s’étaient-elles mises en marche depuis une petite heure qu’un vent violent se leva subitement. La neige recouvrant le sol se mit à tournoyer autour d’elles et à se soulever dans le ciel, et, une minute plus tard, elle se mêla avec celle que charriaient de lourds nuages noirs. La visibilité s’en trouva fortement appauvrie, la cime des arbres se courba, et les aiguilles arrachées des pins sifflèrent dans l’air. En l’espace de quelques secondes, une tempête s’était précipitée sur l’Oblast, les fouettant de pluie et de grêle et de branchages.

Tout en jurant, Lucretia hurla qu’elles s’arrêtaient là pour le moment. Certes, elles ne craignaient pas le froid, mais le blizzard les empêchait de s’assurer de la direction à suivre. Abandonnant ses affaires, la Lahmiane se mit à creuser dans la neige une petite alcôve contre laquelle elle s’adossa. Là, partiellement à l’abri des cinglements du vent, elle n’eut pas d’autre choix que celui de patienter. Et, comme à l’aube de ces interminables nuits où elle attendait que les humains ne revivent, elle s’abandonna dans une longue contemplation immobile et silencieuse.

L’aurore les cueillit dans un calme extraordinaire. Une incroyable quiétude recouvrait un paysage fantomatique dépourvu de toute vie. La neige avait tout enseveli sous son manteau blanc, et même les arbres, eux aussi noyés dans la poudreuse, ne se découpaient que trop difficilement dans ce tableau sans relief. S’époussetant quelque peu, les deux Lahmianes se relevèrent avant de se remettre en marche.

Quelque temps plus tard, Lucretia s’immobilisa, sans doute imitée par sa consœur. Il ne lui fallut pas longtemps pour fleurer la présence d’êtres humains dans les parages. De rances exhalaisons flottaient dans l’air matinal ; crasse, sueur, crottin, sang et alcool, tout un ensemble qui fit froncer l’Immortelle du nez. A cette simple perception, elle savait déjà que cette rencontre s’augurait sous les plus mauvais signes. Cette conjecture se confirma lorsqu’elles les virent pour de bon ; une bande de piètres guerriers montés à cheval, vêtus d’armures dépareillées et d’armes hétéroclites, avançait dans leur direction. Les chevaux n’étaient pas bien soignés, les tissus, gorgés d’humidité, manquaient de pourrir sur place, et le métal des armes paraissait sur le point de rouiller. Se sachant repérés, les cavaliers se précipitèrent alors sur les deux Lahmianes, et quelques-uns d’entre eux, sous les ricanements de Lucretia, se mirent à faire tournoyer des lassos au-dessus de leur tête.

« Voilà qui a le mérite d’être clair » lâcha-t-elle froidement dans un petit rictus.

Je tente deux Regards de Nagash si j’en ai le temps (je ne connais pas leur distance).
Maîtrise de l’Aethyr niveau trois : j’augmente de trois le nombre de cavaliers touchés à chaque fois.
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 07 nov. 2019, 22:02, modifié 1 fois.
Raison : 6 xps / Total : 138 xps
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Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises (lvl 1):
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Érudition
- Intimidation
- Alphabétisation
- Sens Accrus
- Vision nocturne
- Connaissance des démons
- Comédie
- Force accrue
- Esquive
- Monte - chevaux
- Coup précis lvl 3
- Arme de prédilection - épée à une main
- Escalade
- Coriace
- Chance
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 2
- Etiquette
- Intrigue de cour
- Littérature
- Réflexes éclairs
- Linguistique

Dons du Sang:
- Défi de l'Aube
- Innocence Perdue
- Domination
- Ame Profane
- Forme de Familier : Corneille
- Régénération Impie
- Sang argenté
- Sang vif

Escorte :
- 10 hommes d'armes
- un carrosse tiré par quatre chevaux
- Hans le cocher
- Marcus le capitaine de la garde
- Une petite bestiole attachante nommée Dokhara.

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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Dokhara de Soya » 13 nov. 2019, 16:19

Assises adossées derrière leur alcôve creusée à même la neige, les deux ex-baronnes n'étaient que partiellement protégées des monstrueuses bourrasques qui agressaient l'oblast. Le blizzard s'était levé rapidement, et désormais volaient dans tous les sens flocons, grêlons et aiguilles de pin - lorsque ce n'étaient pas des branches entières...

Les rafales produisaient un vacarme surnaturel, des sifflements lourds qui emplissaient tout l'espace et ne permettaient presque plus de s'entendre parler : même côte à côte, les deux femmes ne pouvaient communiquer qu'en hurlant.

Quitter leur abri était impossible : la tempête avait anéanti toute visibilité - déjà que se repérer dans l'oblast n'était pas chose aisée tant tous les paysages se ressemblaient, alors progresser au gré des vents sans plus pouvoir retrouver leurs quelques rares points de repère sur la route pour retourner à Iemva, avec l'espoir de réussir à garder un cap, c'était tout simplement utopique.
Et quand bien même elles arriveraient par miracle à ne pas dévier de leur trajectoire, se déplacer dans la tourmente était particulièrement désagréable. Malgré toute leur puissance, le vent faisait obstacle à leur progression, la poudreuse sous leurs pieds s'affaissait continuellement pour rendre leurs pas moins surs, sans parler de ces millions de projectiles qui venaient abîmer leur peau et leurs vêtements. Face à la colère des éléments, même deux vampires devaient s'incliner.

Dans ces conditions, incapables de faire quoi que ce soit d'autre qu'attendre l'accalmie, les deux lahmianes se retrouvèrent murées dans le silence, contemplant la terrible météo hivernale du Kislev tandis que les secondes s’égrenaient lentement. Aux yeux de Dokhara, le spectacle des forces de la nature aussi déchaînées avait quelque chose d'hypnotique et de fascinant - mais pas suffisamment pour la passionner des heures durant.
Ce n'était pas un problème pour Lucrétia. De longues années de non-vie lui avaient appris à entrer dans une forme de transe dès lors qu'il devenait nécessaire de faire passer le temps, une manière de permettre à son esprit sinon son corps de trouver un peu de repos.
Dokhara quant à elle était pleine de vitalité, et l'inaction ne faisait que faire grandir son impatience. Déjà peu encline à rester inactive de son vivant, c'était encore plus difficile à subir maintenant qu'elle avait reçu le baiser de sang, et trépignait sans cesse à l'idée de tout ce qu'elle pouvait faire avec ses nouveaux pouvoirs. Un monde entier de nouvelles expériences l'attendait, et elle était coincée ici, à devoir attendre : c'était intolérable.

A la vérité, si Dokhara avait bien du mal à supporter l'inaction, c'était aussi par crainte de se retrouver seule avec son esprit. Depuis son éveil, elle n'avait jamais cessé d'être en mouvement. Allant de découverte en découverte, elle avait testé son nouveau corps de bien des façons, s'émerveillant de chaque nouveauté. Animée d'un enthousiasme débordant, elle avait balayé tous ses doutes de vivante. Cette ancienne Dokhara, cette chose chétive et pleurnicharde hésitant sans cesse sur la bonne conduite à tenir, elle était morte et c'était tant mieux. Aujourd'hui, la jeune lahmiane n'avait plus à subir doutes et craintes : elle faisait ce qu'il lui plaisait, libre de toute contrainte physique ou morale - et bientôt la magie lui permettrait de dépasser même les carcans de son corps.

Pourtant, maintenant, condamnée à ne rien faire, une pensée la tracassait. Pas grand chose, juste une petite voix, un spectre du passé, un putain d'écho qui résonnait et qu'elle ne voulait pas écouter.

Grommelant, elle déplia l'un de ses bras pour poser le dos de sa main contre le sol enneigé, la paume vers le ciel. Bien décidée à chasser les parasites interférant avec ses pensées, elle se reconcentra sur ce que lui avait appris Lucrétia.
Elle avait passé la journée entière à comprendre comment manipuler ce nouveau pouvoir. Totalement inculte en la matière malgré l'affiliation de sa mère biologique à un collège de magie impérial, sa tutrice avait du tout lui expliquer du début. Les nouvelles perceptions qu'elle avait du monde, la distinction entre les vents de magie, le danger à les manipuler, et surtout, la manière toute particulière qu'avaient les vampires et autres mages noirs de tricher avec les règles. La dhar, la magie impure, le pouvoir qui pulsait dans tout son corps et la maintenait vivante malgré l'arrêt de son cœur. Elle n'avait pas besoin d'apprendre comment subtilement manipuler les vents de magie qui dansaient sous ses yeux, non, elle n'avait qu'à... se servir. Aspirer les couleurs, les écraser et les mêler pour en faire un ignoble goudron aussi noir que malléable, puis manipuler cette entité corrompue pour obtenir l'effet désiré.
Si s'accaparer les vents de magie alentour était intuitif, il en allait autrement de leur conservation. Les différentes puissances étaient comme des flux qui s'entrechoquaient, et refusaient de se mêler les uns aux autres comme de l'huile avec de l'eau. Pour réussir à conserver la puissance aspirée en elle et l'écraser de sa volonté afin de la façonner, il fallait déjà réussir à la retenir, à ne pas céder sous la violence de toute cette énergie extérieure qu'elle accumulait en elle et qui demandait à exploser.
La métaphore sexuelle de Lucrétia avait été d'une grande aide dans le processus d'apprentissage. Accumuler le désir, mais ne pas le laisser la posséder : s'accaparer avec égoïsme, prendre toujours plus, mais ne pas devenir l'esclave de l'instant. Elle n'était plus soumises à ses sens, elle pouvait à tout moment choisir le contrôle à l'abandon.
Car c'était bien de plaisir que l'on parlait, même s'il était d'une autre nature. Tout comme le sang qu'elle buvait, aspirer les vents de magie lui donnait immédiatement une sensation de puissance jubilatoire. Cette force qui s'accumulait en elle, qui se battait à tout rompre pour ne pas être écrasée par sa volonté, c'était une sensation à nulle autre pareille. Et c'était bien ça le plus difficile : ne pas se laisser submerger par le plaisir de sentir cette énergie bouillonner en elle, mais au contraire, imposer une volonté de fer dessus pour arriver à ses fins.
Combien de fois avait-elle essayé ? Combien de fois avait-elle échoué dans cette dernière étape, cédant au plaisir et laissant la magie sous pression éclater au grand air ? Heureusement, sa consœur avait veillé au grain et servi de soupape de sécurité, remaniant les vents en excédant, les aspirant à son tour pour les empêcher de créer de dangereuses réactions en chaîne.
Toute sa vie, Dokhara avait été esclave de ses sens et du plaisir : changer ces vilaines habitudes pour devenir la dominante et non plus la dominée n'était pas évident. Et pourtant à force d'efforts et d'heures de travail, suivant les instructions de sa compagne et sa propre opiniâtreté à se surpasser, elle avait fini par comprendre, par réussir à museler son avidité de plaisir pour imposer sa volition.

Au milieu du blizzard, assise dans la neige, une petite flamme apparut dans la main de Dokhara avec une facilité déconcertante. Une journée d'efforts, et voilà qu'elle pouvait manipuler une force qui lui était totalement inconnue pendant vingt quatre ans. C'était incroyable...

... et quelque peu vexant. Elle s'était imaginée passer le temps en concentrant ses pensées sur la bonne invocation du sortilège de flammèche, usant tout son esprit à cet ouvrage des heures durant. Et là, en une poignée de secondes, elle arrivait à son objectif avec tant de simplicité qu'il n'y avait même plus d’intérêt à réitérer la manœuvre.

Résignée, elle laissa donc son regard se perdre dans le lointain, observer la valse des flocons, tandis qu'invariablement ses pensées se focalisaient malgré elle sur les souvenirs de leur départ de la yourte.

Finir de sucer le sang de l'ungol avait été un moment de pure euphorie, le fluide vital ayant toujours ce même effet capiteux sur la jeune vampire. Plus encore, sentir son cœur faiblir après chaque aspiration avait été un moment aussi malsain que qu'enivrant : là où elle avait travaillé à retenir ses pulsions la première fois, cette fois-ci elle avait pu lentement profiter de la mort du berger, tandis qu'elle aspirait goulûment jusqu'à la dernière goutte d'hémoglobine que son organisme était capable de lui fournir. Il avait été un pantin entre ses doigts : sa vie, sa mort, dès l'instant où elle l'avait rencontré sa destinée s'était retrouvée coincée entre les doigts capricieux de la lahmiane. Des milliers de jours futurs anéantis par l'appétit glouton d'une enfant morte-vivante, la puissance d'une vampire écrasant la vie si fragile d'un pathétique humain.

Mais si Dokhara n'avait jamais eu de remords à tuer un adulte - déjà humaine, liquider une innocente aubergiste ne lui avait pas posé grand problème de conscience - quelque chose en elle s'agita bel et bien lorsque la pointe du couteau de Lucrétia se planta dans le cœur du jeune enfant.
Quel âge avait ce môme ? Cinq, six ans peut-être ? Il était vraiment jeune. Sa vie ne devait pas se résumer à grand chose d'autre que l'amour paternel et maternel, il n'avait surement pas vu grand chose du monde en dehors de cette hutte. Elle n'avait jamais tué d'enfant jusque là, seulement des adultes, des personnes ayant eu le temps d'exister, d'expérimenter, voire d'être responsables des décisions les ayant mené à leur mort. Là... c'était différent.

Lucrétia n'était pas femme particulièrement cruelle. Bien sur, elle était capable de faire montre d'un certain sadisme lorsqu'il s'agissait de se venger d'un ennemi, mais elle n'était pas pour autant adepte de la barbarie gratuite. En revanche, elle était d'un pragmatisme à toute épreuve. Si elle avait hésité à arracher la peau du bras de sa conjointe, ce n'était pas pour une question de gout quant à l'esthétique de son tatouage, mais uniquement pour son manque de praticité dans leurs aventures futures. Cette famille, il n'y avait pas d'autres choix que de les tuer. Dans l'Empire, elles étaient des criminelles, des fugitives, mais au Kislev leur réputation repartait de zéro. Elles ne pouvaient pas laisser de témoins de leurs exactions derrière elles, il ne pouvait y avoir de faille à exploiter pour leurs futurs ennemis. L'enfant ne faisait pas exception, surtout face au danger de l'immortalité : qui sait si dans vingt ans, jurant de se venger, celui qui aura alors bien grandi ne leur tendra pas de piège mortel ? Ils étaient un risque, et l'ex-baronne de Bratian n'aimait pas laisser la place au hasard et à la chance dans leur vie. Dokhara quant à elle avait rejeté Ranald pour mieux accepter Lucrétia, il n'était plus temps de faire machine arrière. Elle devait lui faire confiance. Son amante était une lahmiane depuis bien plus longtemps déjà, elle avait survécu des années, et son expérience ne pouvait être négligée au profit de quelque... culpabilité ?
L'ancienne Dokhara, celle qui avait vécu au contact des orphelins des bas quartiers, celle qui n'avait jamais réussi à s'avouer à elle-même son désir d'avoir des enfants, n'avait plus sa place dans cette nouvelle vie. Elle était une entrave gênante, une épine qui ne pouvait que la faire boiter, voire pire : l'éloigner de la femme qu'elle aimait. Lucrétia était tout pour elle, et s'il fallait massacrer des centaines d'enfants pour la satisfaire, elle n'hésiterait pas.

Elle glissa sa main dans celle de sa consœur.

A la manière des vents de magie, Dokhara exerça sa propre volonté pour écraser ses souvenirs de l'enfant poignardé et de sa mère hurlant de souffrance. Elle les broya mentalement, et repoussa cet écho de culpabilité qui essayait de la faire chanceler, pour le bannir au fin fond de son esprit où elle n'aurait plus à subir sa voix spectrale.

Hors de question de laisser une quelconque faiblesse l'entraver à nouveau.



***



L'attente dura de longues heures. Elles passèrent finalement presque toute la nuit dans leur minuscule abri de fortune, creusé à la main, à subir la colère des éléments. Après avoir entendu le vacarme ininterrompu de la tempête aussi longtemps, le calme qui survint au petit matin fut presque déstabilisant. En une poignée de minutes, les humeurs de la météo nordique s'étaient calmées, et la steppe blanche était redevenue silencieuse : ne restait qu'un tapis de poudreuse recouvert d'aiguilles de pin.
Après s’être extirpées du manteau de neige qui les avait partiellement recouvertes, puis s'être époussetées, Dokhara regarda d'un mauvais œil le soleil qui se levait paresseusement au loin. Elles étaient toutes deux protégées par de nombreuses couches de vêtements, mais malgré tout il était plus sur de rejoindre au plus vite la colline qui se dressait à quelques kilomètres de là, repère visuel bien pratique pour retrouver les ruines de Iemva au milieu du paysage homogène de l'oblast.

Malheureusement, les sept cavaliers qui apparurent à l'horizon ne semblaient pas décidés à les laisser retrouver leur foyer temporaire aussi facilement. Leur éruption ne fut pas une surprise pour les lahmianes, qui avaient pu sentir leur odeur nauséabonde portée par le vent bien avant que leurs figures n'émergent dans le lointain. Si l'on put laisser à leur allégeance le bénéfice du doute par leur seule odeur, les manifestations évidentes d'agressivité qu'ils affichèrent en approchant ne put que confirmer les soupçons des deux amantes : elles allaient faire connaissance avec leurs premiers kyazaks.

Pour pareille troupe, Dokhara avait une petite idée de la méthodologie à appliquer. Sur l'un des cadavres de nordlanders tombés pendant le massacre des stryganis, elle avait pu trouver et conserver une petite merveille d'ingénierie en provenance de l'Ecole Impériale d'Ingénierie de Nuln : une grenade à main. Des officiers impériaux lui avaient déjà expliqué le fonctionnement de pareille arme lorsqu'elle vivait en Altdorf, et si la science derrière sa capacité destructrice était bien trop opaque pour la jeune femme, son utilisation quant à elle était très simple : dégoupiller l'anneau, et jeter vers la cible.

Et même si elle n'était pas certaine des dégâts qu'elle arriverait à occasionner au groupe, elle comptait tout autant sur l'explosion produite par son arme, que sur le bruit de la détonation et sa capacité à effrayer les chevaux de leurs ennemis...


Comme l'avait souligné Lucretia précédemment, j'utilise effectivement les plumes de cocatrice que j'avais pris pour maquiller la "scène" chez les ungols.

On partage les ducats avec Lucry, et je garde la carte tandis qu'elle prend la poupée.

Jet de MAG pour sort de flammèche (vu avec Duc) : 2, réussi. - +1 xpm \o/

Au combat, je vise le tas de cavaliers avec l'objectif d'en toucher le plus possible avec ma grenade : pas de cible précise, le but est de maximiser les gens affectés et d'effrayer les chevaux au passage. Ensuite, tout dépend de ce qu'ont donné le sort de Lucré et ma grenade : s'ils sont encore à distance ou en fuite, ou qu'ils sont encore majoritairement sur leurs montures et pas tombés, je dégaine mon arbalète et tire un carreau sur le cavalier le plus proche de moi et/ou qui me menace. En revanche, si des cavaliers sont tombés et que les piétons s'approchent au CaC pour en découdre, je dégaine mes lames pour me défendre.
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 13 nov. 2019, 19:01, modifié 1 fois.
Raison : 6 xps / Total : 126 xps
Dokhara de Soya, Voie de la Belle Mort, Demoiselle de la Mort

Profil : For 10 | End 10 | Hab 13 | Cha 17 | Int 12 | Ini 12 | Att 12 | Par 11(13) | Tir 10 | MAG 8 | NA 2 | PV 95/95

Compétences :
- Sociales : Diplomatie, Éloquence, Empathie, Étiquette, Séduction
- Artistiques : Chant, Danse, Musique (violon), Tatouage
- Intellectuelles : Alphabétisation, Langue étrangère (strygani)
- Martiales : Bagarre, Fuite, Parade, Résistance accrue (spécialisation alcool), Sang-froid
- Divers : Sens Accrus
Compétences en cours d'apprentissage :
Langue étrangère (kislevarin) 3/4
Ambidextrie : 3/4
Escamotage : 1/2
Adresse au tir (arbalètes) : 1/3
Monte : 1/2
Equipement :
Armement :
- Lame en or marin : 14+1d8 dégâts ; 14(28) parade
- Main gauche : 8+1d6 dégâts ; 8(16) parade ; Rapide. +2 PAR si utilisée en conjonction avec une autre arme. Lors d'une parade, c'est le score de parade de l'arme en main droite qui compte pour le premier jet, celle de la main gauche pour le second jet si relance.
- Poignard : 12+1d6 dégâts ; 6(12) parade ; Rapide. Peut être utilisé comme arme de jet
- Arbalète : 34+1d8 dégâts : Malus de -2 TIR tous les 30 mètres ; Perforante (4) : Un tir par NA maximum.

Armure :
- Tunique noire druchiie : 2 de protection sur tout le corps
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Miss Vieux Monde 2019

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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par [MJ] Le Grand Duc » 14 nov. 2019, 00:12


Lucrétia lance Regard de Nagash (supérieur) : 12, réussi.
+1 xpm
Le sort touche 6 cavaliers.
Chacun perd 20+2d10 = 32 – 8 (Endurance) = 24 points de vie.
Tests d'End : 8, 8, 14, 5, 11, 1. 4 réussites, 2 échecs.

Lucrétia (2) lance Regard de Nagash (supérieur) : 12, réussi.
+1 xpm
Le sort touche 6 cavaliers.
Chacun perd 20+2d10 = 34 – 8 (Endurance) = 26 points de vie.
Tests d'End : 15, 13, 1, 18, 11, 5. 2 réussites, 4 échecs.

Dokhara lance une grenade et inflige 2d20 = 22 – 8 (Endurance) = 14 points de dégâts à 5+1d2 = 6 cavaliers.
Alors que les kyazaks chargeaient les deux lahmianes en poussant des exclamations excitées, Lucrétia attira à elle les Vents de Magie et les martela de sa volonté en récitant de sombres mantras. Ses yeux d'un vert profond se mirent à luire d'une teinte inquiétante tandis que sa chevelure rousse flottait autour d'elle, et deux éclairs de foudre noire jaillirent subitement de son regard en crépitant, filant dans l'air glacé à la vitesse d'un carreau d'arbalète pour venir percuter violemment le cavalier de tête avant de se propager aux autres membres du groupe au milieu des hurlements et des hennissement terrifiés. Les chevaux se cabrèrent, les cavaliers chutèrent dans la neige en convulsant, et toutes ces malheureuses créatures se mirent à se nécroser sur place, perdant touffes de poils et de cheveux tandis que leur peau noircissait et tombait en lambeaux. Les hommes se débattaient futilement avec des cris atroces tandis que leurs montures s'éloignaient au triple galop pour aller s'écrouler plus loin dans la poudreuse en se décomposant sur place. Impitoyable, la baronne de Bratian darda une nouvelle fois son terrible regard sur les quelques uns qui essayaient de se relever pour s'enfuir et une nouvelle vague de hurlements couvrit l'Oblast alors que les nez et les dents tombaient, et que les visages se liquéfiaient. Au même moment, une grenade aux allures de presse-purée tournoya dans l'air pour retomber au milieu de cette hécatombe d'hommes agonisants et de neige souillée, et explosa presque aussitôt en projetant des mottes de terre glacée et des morceaux de kazyaks dans tous les sens.

Un silence de plomb retomba sur la plaine, et le seul bruit perceptible était celui de quelques râles moribonds et les renâclements paniqués d'un cheval qui tentait de se relever tandis que son flanc pourrissait à vue d'oeil, exposant ses organnes internes et les os de ses côtes.
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Dokhara de Soya » 19 nov. 2019, 10:28

Dokhara n'avait jamais vu Lucrétia utiliser sa magie à son plein potentiel. Elle l'avait vu briser les os d'un noble d'un seul contact, aspirer la vie d'un brigand pour qu'il ne reste de lui qu'un vieillard décrépi, ou encore invoquer une âme en peine qui s'était ruée sur la coquatrice en traversant les murs. De puissants sortilèges, mais qui n'avaient jamais eu d'autre effet que de s'en prendre à un unique ennemi - chose qu'elle accomplissait tout aussi bien avec sa fidèle épée elfique, comme par exemple lors de son duel contre le minotaure.
Lorsqu'elle vit les décharges de magie noire émanant des deux pupilles smaragdines de son amante percuter deux cavaliers pour se répandre à toute la troupe dans une chaîne d'éclairs dévastatrice, elle comprit trop tard que la grenade qu'elle venait de lancer et qui terminait son arc de cercle en direction des chevaux serait très certainement superflue.
Lucrétia n'avait pas eu besoin de Dokhara pour survivre toutes ces années, et elle venait de démontrer pourquoi. Avec deux sortilèges lancés en seulement cinq secondes d'écart, elle avait anéanti le groupe des 7 brigands qui gisaient désormais sur le sol avec leurs montures, leurs membres touchés par la magie se nécrosant atrocement tandis qu'ils hurlaient de douleur lorsqu'ils avaient encore la force de crier. L'explosion de la grenade n'avait fait qu'achever des blessés qui étaient déjà hors d'état de nuire.

La jeune lahmiane ne put s'empêcher de lâcher un petit sifflement d'admiration, avant d'offrir un sourire rayonnant à sa consœur. Rien ne l'excitait davantage que de voir son amante déchaîner sa puissance, maintenant plus que jamais puisque cela lui permettait d'imaginer ce qu'elle pourrait devenir un jour avec les efforts appropriés. De plus, même si elle se mêlait avec l'odeur de la putréfaction et de la chair brûlée, la douce fragrance du sang frais vint rapidement titiller l'odorat de Dokhara, lui faisant inconsciemment sortir les canines.

- Lucrétia... avec ma grenade, leurs corps en charpie, le sang qui a giclé, ces douces effluves de vie qui s'écoule... c'est plus fort que moi, j'ai besoin de me nourrir. Cela... cela ne te dérange pas de chercher le moins amoché pour l'interroger, pendant que je me sustente ?

Dokhara tentait de se composer une dignité, mais à la vérité elle avait déjà l'eau à la bouche rien qu'en anticipant le moment où ses canines se planteraient dans la chair encore chaude des kyazaks. Même si elle avait pu exercer son contrôle sur la soif rouge avec le berger ungol, réussir à formuler une phrase claire alors que tout son corps tremblait du désir de se nourrir était un petit miracle en soi. C'est d'ailleurs à peine si elle écouta la réponse de sa créatrice : très vite et sans plus de retenue, elle se rua sur le premier mourant qu'elle trouva : coincé sous le poids de sa monture morte, un bras totalement nécrosé dégageant une odeur ignoble, il gémissait péniblement jusqu'à ce qu'une jeune lahmiane en furie se jette sur sa gorge pour y planter ses canines. Elle retint une moue d’écœurement en remarquant le gout vicié du sang corrompu par la magie noire de son amante, mais cela ne l'empêcha pas d'aspirer goulûment jusqu'à la dernière goutte de sang du pauvre hère qui n'en possédait déjà plus tant que ça. Sitôt ce premier en-cas terminé, elle bondit en trois foulées vers sa cible suivante, dont le visage avait été percuté par l'un des sortilèges de Lucrétia : ce n'était pas beau à voir, tant son faciès semblait avoir fondu sur son crâne. D'un coup d'épée, Dokhara trancha la vilaine tête comme on retirait celle d'une crevette avant de s'en nourrir. Puis, elle arracha la manche du manteau de l'ungol décédé, utilisa l'une de ses griffes pour creuser un sillon à travers tout son bras, et but alors avidement tout ce qu'elle put en faire sortir comme liquide carmin. Derrière elle, la morte-vivante sentit le regard attentif de sa génitrice ; bien sur, Lucrétia la pragmatique préférait la sécurité à la confiance, et gardait à l’œil sa protégée pour agir en cas de dérapage.

Un troisième kyazak agonisant dévoré plus tard, sa soif était enfin vaguement apaisée - en tout cas suffisamment pour ne pas s'abaisser à grignoter ce quatrième homme, donc la moitié du corps s'était proprement liquéfié dans une bouillie de chair morte nauséabonde. Si Dokhara avait encore bien du mal à contenir son appétit, au moins arrivait-elle à garder le contrôle de son corps et ne pas céder aux pulsions violentes et bestiales qui l'envahissaient lorsqu'elle se nourrissait : Lucrétia l'avait bien aidée en lui intimant dès ses premiers repas à garder un contrôle permanent sur sa conscience. Forte de ses conseils, elle n'était pas peu fière d'avoir réussi pour la troisième fois à se restaurer sans réduire en charpie ses victimes.

Après s'être enquise auprès de sa consœur des informations qu'elle avait éventuellement pu obtenir auprès du moins blessé des bandits, les deux baronnes fouillèrent sommairement les dépouilles, avant de les recouvrir sommairement de neige pour les camoufler à la vue d'éventuels voyageurs. Cette tâche accomplie, elles purent se remettre en route vers leur objectif premier : les ruines de Iemva, où les attendaient leurs chevaux et quelques-une de leurs affaires de voyage.

Au vu du ciel sans nuage au-dessus de leur tête, les deux baronnes resteraient sans nul doute à l'abri dans leur demeure de fortune jusqu'à la tombée de la nuit, avant de se lancer au galop en direction de Chilgir, le village d'Ivar où elles espéraient bien commencer à bâtir leur nouvelle réputation.
Du moins, si aucune nouvelle tempête ne venait les ralentir à nouveau.


Jet de contrôle de la soif rouge demandé en mp à Duc : 7, réussi.
Progression du contrôle de la soif rouge : 3/5
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 20 nov. 2019, 00:35, modifié 1 fois.
Raison : 6 xps / Total : 132 xps
Dokhara de Soya, Voie de la Belle Mort, Demoiselle de la Mort

Profil : For 10 | End 10 | Hab 13 | Cha 17 | Int 12 | Ini 12 | Att 12 | Par 11(13) | Tir 10 | MAG 8 | NA 2 | PV 95/95

Compétences :
- Sociales : Diplomatie, Éloquence, Empathie, Étiquette, Séduction
- Artistiques : Chant, Danse, Musique (violon), Tatouage
- Intellectuelles : Alphabétisation, Langue étrangère (strygani)
- Martiales : Bagarre, Fuite, Parade, Résistance accrue (spécialisation alcool), Sang-froid
- Divers : Sens Accrus
Compétences en cours d'apprentissage :
Langue étrangère (kislevarin) 3/4
Ambidextrie : 3/4
Escamotage : 1/2
Adresse au tir (arbalètes) : 1/3
Monte : 1/2
Equipement :
Armement :
- Lame en or marin : 14+1d8 dégâts ; 14(28) parade
- Main gauche : 8+1d6 dégâts ; 8(16) parade ; Rapide. +2 PAR si utilisée en conjonction avec une autre arme. Lors d'une parade, c'est le score de parade de l'arme en main droite qui compte pour le premier jet, celle de la main gauche pour le second jet si relance.
- Poignard : 12+1d6 dégâts ; 6(12) parade ; Rapide. Peut être utilisé comme arme de jet
- Arbalète : 34+1d8 dégâts : Malus de -2 TIR tous les 30 mètres ; Perforante (4) : Un tir par NA maximum.

Armure :
- Tunique noire druchiie : 2 de protection sur tout le corps
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 28 nov. 2019, 16:12

« AYAYAYAYAYA ! »

Les hurlements des brigands retentissaient dans la steppe tandis qu’ils dévalaient la colline tout en faisant tournoyer des lassos au-dessus de leur tête. Des gerbes de neige giclaient à chaque nouvelle avancée de leur monture, et ils se confortaient et se supportaient tous ensemble dans leur tâche, fusant sur deux jeunes femmes sans défense. D’un point de vue extérieur, l’on eût juré qu’il s’agissait d’un concours ; c’était à celui qui irait le plus vite, celui qui crierait le plus fort, celui qui capturerait l’une de leurs proies en premier car, après tout, elles ne représentaient aucun défi. Le soir venu, l’on plaisanterait de concert, ripaillerait et, sûrement, profiterait de ce que les deux voyageuses avaient à offrir. Ce scénario avait assurément dû se répéter des dizaines de fois. Mais Lucretia se ne sentait pas d’humeur à jouer ce rôle que les bandits désiraient lui confier ; absolument pas. Elle les regarda avancer, un rictus méprisant sur le visage, et, alors qu’elle continuait d’imaginer toutes ces scènes, un torrent de haine la traversa. Oh non, ils ne s’en tireraient pas comme ça.

Comme à l’accoutumée, elle plongea au plus profond d’elle-même pour s’emparer de la Dhar qui couvait en son sein. Elle s’ouvrit au monde, et aspira l’essence vitale et aethyrique de tout ce qui l’entourait, mélangeant l’une avec l’autre sans discernement aucun. Là encore, son esprit accapara, écrasa, broya, modula, cependant que son corps paraissait se transformer. Un vent survenu de nulle part se mit à souffler, et la Lahmiane sentit que toute la puissance qu’elle avait accumulée cherchait à exploser. Conformément aux leçons dispensées à Dokhara, elle la retint résolument, cadenassa son esprit, et finalisa le sortilège dont la force se décupla. Puis, elle lâcha le tout, à la manière d’un barrage qui implose sous la pression, mais réussit toutefois à canaliser l’énergie par le prisme de sa volonté. La Dhar fusa.

Un flot spectral jaillit de ses prunelles pour se précipiter vers le premier ennemi qui accourait vers elle. La brume éthérée, filant à une vitesse considérable, frappa sa cible avant de ricocher contre elle, de se propager à un autre cavalier, et de rebondir encore. Tels des dominos, les brigands s’effondrèrent à tour de rôle selon le passage du projectile honni ; les chevaux trébuchèrent, les corps churent par-dessus les garrots des montures, et le tout écroula dans de nouvelles gerbes de neige, quoique bien plus conséquentes que les premières. Les membres que le sortilège venait de toucher se nécrosèrent aussitôt sous les pièces d’armure sales et rapiécées ; les chairs s’ouvrirent sur de petites crevasses violacées qui grandirent à vue d’œil, rongeant la peau. Les veines se durcirent, le sang s’arrêta net, et les tissus moururent instantanément comme la gangrène se propageait.

Certains semblèrent échapper à ce cruel destin, et, alors que la stupeur se lisait sur leur visage en apercevant les corps de leurs comparses qui se décomposaient sous leur regard, Lucretia put observer différents comportements. Des cavaliers ne surent comment réagir face à l’impossible, et continuèrent de chevaucher tout droit devant. D’autres, animés d’une subite résolution, chargèrent l’Immortelle. Les derniers, quant à eux, tournèrent les talons, terrorisés. Mais la Lahmiane n’était pas décidée à en laisser ne serait-ce qu’un seul en vie pour raconter tout ce qui venait de se passer. L’Oblast serait leur tombeau, à tous, et plus une bouche, plus une langue, ne s’animerait jamais pour témoigner de la puissance destructrice qui venait de s’abattre céans même. Lucretia comptait encore sur une certaine discrétion de sa part. Un nouveau sortilège faucha les derniers survivants aussi promptement que le précédent, et plus aucun cavalier ne fut encore en selle. Avec un temps de retard, une grenade explosa, semant toujours un peu plus de mort dans les rangs des bandits. Lucretia se tourna vers Dokhara, haussant un sourcil interrogateur, et son amante ne lui répondit que dans un de ses sourires les plus francs et les plus flamboyants qui fussent.

La vampire reposa son regard sur le simulacre de champ de bataille. Elle ne savait que penser de tout cela ; le pouvoir qu’elle avait déchaîné la contentait bien, mais, d’un autre côté, elle en retirait également une certaine déception. Le combat contre la cocatrice avait été un jeu d’enfant, pour elle, mais la vie de Dokhara, alors, avait été mise en danger. Maintenant transformée, l’ancienne humaine ne risquait plus grand-chose, et, dès lors, ces brigands n’auraient pas représenté une réelle menace. Lucretia avait ressenti l’envie de se jeter au milieu de leurs rangs, l’épée à la main, les tranchant, les découpant librement sans jamais craindre pour sa vie ou pour celle de sa compagne. Elle aurait souhaité se défouler quelque peu. Mais, fidèle à elle-même, elle avait préféré user de prudence. Elle haussa finalement des épaules, non sans lassitude.

La voix de Dokhara la sortit de ses songes. La nouvelle-née désirait se nourrir pendant que Lucretia arpenterait le champ de bataille pour interroger les quelques survivants de cette hécatombe.

« Tu peux y aller, mais je t’accompagne également pour m’assurer que tu ne tombes pas dans les travers que peuvent connaître nos plus jeunes confrères et consœurs. »

Suivant l’infante, laquelle ne se souciait déjà plus de ce que pouvait lui dire Lucretia, cette dernière veilla au bon comportement de sa pupille. Elle l’observa dégager un corps empêtré sous sa monture, le tirer sur la neige et lui déchiqueter une peau encore rose pour se régaler de son sang. Qu’elle écoutât ou non les conseils que continuait de lui prodiguer la Lahmiane, Dokhara fut en mesure de retenir sa furie sanguinaire, et, voyant que tout était sous contrôle, Lucretia s’écarta quelque peu. Elle ramassa un lasso, en étudia la forme, la facture, et s’approcha d’un cavalier agonisant.

Celui-ci avait le pied et le mollet totalement ravagés par la gangrène, et celle-ci continuait encore de proliférer. Elle lui remontait le corps après avoir passé le genou, et lui dévorait à présent la cuisse. Sous son casque, il suait à grosses gouttes, bien qu’il fût d’une pâleur extrême, et le moindre mouvement lui arrachait une grimace de souffrance. Lucretia se positionna auprès de lui, et, tout en singeant d’étudier encore le lasso, le fit tourner au-dessus de sa tête.

« Ayayayayaya, hein ? » lui lâcha-t-elle tranquillement avec une nonchalance toute feinte, sourcils finement arqués. Puis, soudainement, elle lui donna un grand coup de pied dans sa jambe nécrosée, et un hurlement déchirant résonna dans la vastité de la steppe. Elle s’agenouilla alors à son chevet, bien trop vite pour qu’il fût en mesure de détailler le mouvement, et, dans un kislévarin agressif, demanda :

« Qui êtes-vous, et d’où venez-vous ? Etes-vous encore nombreux, dans les parages ? Je ne cherche pas l’affrontement, uniquement la discrétion, alors parle, et j’éviterai alors la route de tes petits compagnons. Cela leur sauvera certainement la vie. Tu as vu ce dont je suis capable ; refuse de me répondre, et je ferai de toi un spectre tourmenté qui jamais ne pourra rejoindre le royaume de ses dieux. »

Et comme si cette menace n’était pas assez au goût du reître, Lucretia lui redonna un coup dans la jambe, lui arrachant à nouveau un cri de douleur.

Par la suite, les deux jeunes femmes s’employèrent à dissimuler l’hécatombe en achevant les blessés et en recouvrant les corps de neige. Certes, les loups traînaient dans les parages, mais la Lahmiane éprouvait quelque doute sur leur aptitude à faire rapidement disparaître autant de cadavres. Enfin, elles se dirigèrent en direction de Iemva de manière à récupérer et leurs affaires, et leurs montures, et, après avoir attendu la fin du jour, firent route vers Chilgir.
J’interroge donc un des bandits sur la composition de sa troupe, sur l’endroit où ils se terrent habituellement et si d’autres sont susceptibles de venir.
L’on enterre également les corps, ou, à tout le moins, on les recouvre de neige pour les dissimuler quelque peu.
FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140
Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises (lvl 1):
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Érudition
- Intimidation
- Alphabétisation
- Sens Accrus
- Vision nocturne
- Connaissance des démons
- Comédie
- Force accrue
- Esquive
- Monte - chevaux
- Coup précis lvl 3
- Arme de prédilection - épée à une main
- Escalade
- Coriace
- Chance
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 2
- Etiquette
- Intrigue de cour
- Littérature
- Réflexes éclairs
- Linguistique

Dons du Sang:
- Défi de l'Aube
- Innocence Perdue
- Domination
- Ame Profane
- Forme de Familier : Corneille
- Régénération Impie
- Sang argenté
- Sang vif

Escorte :
- 10 hommes d'armes
- un carrosse tiré par quatre chevaux
- Hans le cocher
- Marcus le capitaine de la garde
- Une petite bestiole attachante nommée Dokhara.

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