[Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Kislev, pays de sombres forêts de conifères, d'étendues neigeuses et de steppes balayées par les vents, se trouve l'est de l'Empire. Pendant des siècles, il a été un rempart face aux incursions dévastatrices du Chaos venues du nord. Kislev est un allié fidèle et puissant de l'Empire, toujours prêt à envoyer ses troupes à son secours

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[MJ] Le Grand Duc
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par [MJ] Le Grand Duc » 04 août 2019, 22:49

Lucrétia et Dokhara rattrapèrent Ivar à nouveau tandis que ce dernier descendait vers le marché. Puisqu'elles voulaient se rendre dans l'Est de l'atamanat, il fut convenu qu'ils feraient une partie de la route ensemble. Il était en effet plus prudent pour elles de profiter de l'escorte d'autochtones qui connaissaient les pistes de la steppe. Se perdre dans l'Oblast, c'était la mort assurée. Le kislévite apprit aux baronnes qu'il était venu à Zoïshenk avec ses neveux, et que c'est en leur compagnie qu'il allait retourner à Chilgir. Il leur laissa le temps d'acheter des provisions, et leur indiqua qu'il les attendait de l'autre côté du pont, en face de l'auberge.

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Le temps que les deux femmes achètent des vivres pour les jours suivants, le ciel se couvrit et des rafales se mirent à souffler. Les marchands, sur la place, pestèrent en levant les yeux et commencèrent à plier leur étal tandis que les rares passants fermaient la porte de leur isba derrière eux ou bien se dirigeaient vers l'auberge. Bientôt, la neige se mit à tomber en de gros flocons solides qui s'accrochaient et refusaient de fondre.

Lorsqu'elles eurent terminé, les prétendues chasseuses de prime franchirent le corps de garde extérieur et passèrent le pont sous des bourrasques violentes. Leurs montures striganys renâclaient et baissaient la tête face aux intempéries. Il devenait peu à peu difficile de voir au delà de quelques dizaines de coudée. Elles retrouvèrent Ivar de l'autre côté du pont, en compagnie d'une dizaine de cavaliers dont la plupart étaient de jeunes hommes, tous emmitouflés jusqu'au nez dans d'épais manteaux et capes de laine. Deux d'entre eux tenaient des torches tant la tempête avait assombrit l'atmosphère.


- "Rassurez-vous, imperinyi." dit leur guide en enfilant sur sa tête une chapka en fourrure brune. "Ce n'est qu'une giboulée qui sera bientôt terminée. Partons sans tarder."

Sur ces mots, il talonna sa solide monture. Les siens, montés sur des chevaux similaires, s'élancèrent à sa suite après quelques oeillades vers les nouvelles venues qui les accompagnaient. Ensemble, ils s'élancèrent sur le sentier déjà blanc qui partait dans la pinède, vers l'Est. Ils longèrent quelques isbas avant de disparaître dans les rafales de neige.


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Le voyage dura deux jours, dont la majeure partie fut passée à traverser la steppe couverte de neige et vide, à l'exception de quelques animaux sauvages ou de lointains troupeaux. La neige tomba à nouveau le lendemain de leur départ de Zoïshenk, plus abondamment que la veille. Ivar et sa famille voyageaient avec le nécessaire pour dresser le camp une fois la nuit tombée, et prenaient bien soin d'entretenir le feu toute la nuit. Tous gospodars, ils étaient relativement taciturnes. Ivar était l'éleveur le plus important de Chilgir, et possédait plusieurs centaines de têtes de bétail dont il s'occupait avec sa famille étendue. Le soir, au coin du feu, il parlait longuement de sa tirsa à Lucrétia et Dokhara, tandis que ses neveux écoutaient avec respect, serrés près des braises rougeoyante. Chilgir se situait dans une dépression naturelle, au sud de la Tolsol, et bénéficiait d'un climat relativement clément qui permettait d'y pratiquer l'agriculture. La population y était bien nourrie et prospère, et veillait à toujours remercier les esprits de l'Oblast. Puis Ivar parla des ungols.

- "Les Kossuth sont nombreux, à Chilgir. C'est là que vit Sreten Tarmachirin, leur chef. C'est un homme brave qui donnerait sa vie pour Kislev, nous pouvons tous l'affirmer." Ses neveux hochèrent la tête de concert. "Quant aux autres ... nous avons vécu à leurs côtés depuis toujours. Beaucoup étaient nos amis. C'est dos à dos que nous avons combattu les zakhvatchik et les kyazaks. Mais ces dernières années, ils se sont détournés de ce qui faisait notre force." dit-il en entrelaçant ses doigts. "Ils ne vivent plus qu'entre eux, évitent les gospodars, insultent Ursun. Ils n'écoutent même plus leur chef, Sreten a perdu leur respect et bientôt ils s'en débarrasseront. Certains disent que je fabule ... mais moi, je sais. Je sais que quelque chose de sombre se prépare, je le sens dans mes vieux os." Il avança son visage austère, la lueur des braises éclairant ses traits usés. "Ils nous trahiront. Ils viendront la nuit dans notre sommeil pour nous tuer dans nos lits. Puis ils iront à Zoïshenk, feront de même avec le boyard, et prendront le pouvoir pour eux." Il soupira et avala une grande rasade de kvas avant de passer l'outre à la personne la plus proche de lui. "Et à qui profite ce désordre ? Aux kyazaks, qui se montrent plus téméraires saison après saison. Ce n'est pas un hasard."

Un long silence suivit ces paroles tandis que, au loin, le hurlement lugubre d'un loup retentit dans la nuit glaciale.

- "Les Dol'nyy ? De sales chiens. Soient-ils mille fois maudits." reprit Ivar en crachant dans le feu. "Ils volent les chèvres et les chevaux et ne valent pas mieux que des sauvages. C'est l'un d'eux, Laszola, qui dirige les traîtres qui ont osé de dresser contre le boyard. Ce sont eux qui se sont alliés aux bandits d'Oulianosvk ! Ce sont eux qui ont massacré les fermiers ! Ce sont eux qui ont assassiné mon cousin et sa famille ! Eux !"

Hors de lui, il se mit à tousser et s'étouffa presque avant que l'un de ses neveux ne vienne lui taper dans le dos et lui rendre l'outre de kvas pour qu'il en avale une lampée. La discussion en resta là, avec Ivar qui grommelait encore quand les autres allèrent se coucher.

Le lendemain, alors qu'Ivar chevauchait en tête, l'un des siens porta son cheval près de celui de Lucrétia, à la fin du groupe.


- "Mon oncle Ivar ne maîtrise plus ses mots depuis la mort de son cousin." dit-il tandis que de la buée s'échappait de sa bouche. "C'est un homme fier et honnête, au cœur pur. Mais il faut peser ses paroles : les ungols ne sont pas nos ennemis. Pas les Kossuth, du moins ... Ces bandits rongent les nerfs de toute la communauté. Nous devons nous en débarrasser avant que la situation ne dégénère à Chilgir."

Plus tard dans la journée, le groupe traversa une grande plaine coupée par une rivière. Au loin, entre deux collines basses, un troupeau d'antilopes paissaient. Ivar arrêta son cheval sur une grève de galets noirs marquée par un cairn surmonté d'un crâne de chèvre et dont la base était garnie d'offrandes plus ou moins anciennes.

- "Nous sommes au guet de Karassouk. A une demi-journée vers le Sud se trouve Chilgir. Vous qui cherchez un refuge dans l'Oblast, longez la rivière vers l'Est. Lorsque vous apercevrez les trois vedmas, bifurquez vers le Nord et traversez la steppe jusqu'à arriver en vue d'une longue colline couverte par un bois." Les trois vedmas était un chaos granitique composé de grosses boules de pierre érodées et encastrées entre elles, une curiosité naturelle qui servait de repère aux autochtones. "Là vous trouverez un village que l'on appelait Iemva. Ses habitants ont été massacré pendant la Poussée de Printemps, mais les ruines servent parfois d'abri aux bergers de la région, lorsque le vent se lève et que les esprits grondent. Gare à ce que vous pouvez y trouver. Qu'Ursun veille sur vous, vous en aurez besoin."

Sur ces mots, il talonna son cheval et franchit le guet aux côtés de ses neveux, se retrouvant sous peu de l'autre côté de la Tolsol. Les deux baronnes étaient désormais livrées à elles-même, dans l'Oblast enneigé. Pendant leur chevauchée, elles virent des bisons et des cerfs, des nuées d'oiseaux et même un ours, au loin, en train de dévorer une carcasse. Elles ne croisèrent pas d'êtres humains, amis ou ennemis, et arrivèrent sans incidents à Iemva.

Les ruines se trouvaient en effet sur la crête d'une colline qui dominait la taïga. La nature était ici sauvage et les chevaux peinèrent à trouver un chemin pour monter jusqu'au village. Des montagnes blanches se dressaient loin à l'Est. Ailleurs, ce n'était que l'Oblast, à perte de vue. Lucrétia et Dokhara s'avancèrent dans ce qu'il restait de la tirsa, quelques bâtiments en ruine et une palissade écroulée. Mais à peine arrivées, leurs montures se mirent à renâcler nerveusement et à refuser d'avancer.



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Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 08 août 2019, 22:24


En fin de compte, Dokhara et Lucretia rejoignirent Ivar alors qu’il se dirigeait en direction du marché. L’homme les avait averties ; il disposait d’une petite escorte qui lui permettait généralement de s’affranchir de la plupart des dangers que connaissaient ces pèlerins esseulés dont elles auraient très bien pu faire partie. La petite caravane leur permettrait de transporter bien plus aisément leurs affaires, et les guides qui voyageraient en leur compagnie leur éviteraient de s’égarer des sentiers battus jusqu’à se perdre dans la vastité de l’oblast. Les deux jeunes femmes avaient décidé d’opter pour la discrétion mais, face à l’offre du gospodar et à l’énonciation de tous ces bissêtres, Lucretia, après avoir traduit les propos de l'homme à sa compagne, finit par acquiescer.

Alors qu’elle se fournissait en provisions auprès des différents marchands de Zoïshenk, l’Immortelle y réfléchit quelque peu. A dire vrai, elle avait cru être dans l’obligation de demander sa route pour Chilgir à la plupart des passants, ce qui aurait assurément augmenté les chances qu’on la retrouvât, mais, désormais sous la protection d’Ivar, elle ne ressentait plus le besoin de se livrer à cette activité. Elle se laisserait guider par la caravane, tout naturellement, et seuls les gens qui caracoleraient en sa compagnie sauraient quelle était sa destination finale. Pour finir, cette manière de procéder s’avérerait plus discrète encore ; plus personne à Zoïshenk n’aurait connaissance de son objectif.
Après avoir fait le plein de viande fumée, de fromage de chèvre séché, de galettes de seigle, et après avoir rempli leurs outres d’eau, les deux anciennes baronnes récupérèrent leurs montures avant de franchir pour retrouver Ivar et les siens.

En ce début de matinée, le vent s’était déjà levé, et de lourds nuages avaient obscurci les cieux. De petits flocons se mirent à tourbillonner dans les airs avant de gagner en consistance et, bientôt, les bourrasques ne charrièrent plus que d’épais grumeaux de neige qui vous fouettaient le visage et vous masquaient la vue. Bien que nombreux et portant des torches dont les maigres flammes vacillaient dangereusement, toutes ballottées par la tempête qu’elles étaient, il ne fut pas évident pour les voyageuses de parvenir à les retrouver au beau milieu de ce paysage déchiré par les rafales.

« Je ne préfère pas savoir à quoi ressemble les orages par chez vous, dès lors », répondit maussadement Lucretia lorsqu’Ivar lui expliqua qu’il ne s’agissait là que d’une simple giboulée. Et ils détalèrent tous en direction de l’Est.

Le voyage, encore un, ne révéla rien de bien passionnant. Ils chevauchèrent tous au beau milieu d’une gigantesque steppe qu’une neige tombante et toujours plus acharnée ne tarda pas à recouvrir de blanc. Eu égard au temps des plus mauvais, ils n’eurent pas véritablement l’occasion de dialoguer, ce qui rassura peut-être même Dokhara, laquelle se retrouvait quelque peu coupée de la société par la seule barrière de la langue. Aussi, ils avançaient tout droit vers l’horizon, ne contemplant que de rares animaux et de tout aussi rares bosquets, les heures uniquement marquées par le cahot rythmé des chevaux.

Lorsque le jour tombait, en revanche, Ivar, bien que taciturne et peu loquace de nature, désirait vouloir rattraper le temps perdu. Lui et sa famille montaient le camp et alimentaient le feu, et un tour de garde fut établi aussi bien pour conserver la vivacité des flammes, les protégeant ainsi d’un froid mortel, que pour assurer leur sécurité. Alors, après que la nourriture fût préparée et que tous furent sustentés, le gospodar prenait la parole devant les siens, expliquant toujours un peu plus de la culture de son pays aux deux imperinyi.

Chilgir se situait au sud de la Tolsol, au beau milieu d’une dépression naturelle qui, de par un climat bien plus clément, favorisait tant l’élevage de bétail et l’agriculture qu’Ivar pouvait se permettre de posséder une bonne centaine de têtes, ce qui faisait de lui l’éleveur le plus important de la tirsa. Si fait, le village avait tout pour prospérer et nourrir ses habitants tant que des hommes s’y trouvaient présents pour y assurer la sécurité. Mais les choses avaient changé.

Le meneur de la caravane en profita également pour répondre aux questions qu’avait posées Lucretia, et celle-ci remit finalement le doigt dessus ; Sasha leur en avait déjà parlé. Effectivement, les Kossuth comme les Dol’nyy n’étaient pas autres que des ungols qui partageaient désormais bien des points qui les avaient pourtant opposés jadis. Les premiers étaient menés par un certain Sreten Tarmachirin, un chef qui donnerait tout ce qu’il possédait pour son pays, qu’importait son allégeance ou ses habitants. Mais si ce personnage suivait ce code de conduite, ceux qui demeuraient sous sa responsabilité ne voyaient pas les choses sous le même angle, et les rivalités ancestrales qui opposaient les ungols aux gospodar commençaient à se raviver à un rythme des plus alarmants. A en croire Ivar, Sreten ne tarderait pas à être assassiné, ce qui profiterait énormément aux kyazaks.

Quant aux Dol’nyy, selon le même homme, ceux-là ne cherchaient pas même à se dissimuler dans l’ombre d’un chef dont l’évidente fidélité allait du côté des gospodars, non. Dirigés par Laszola, ils volaient les chèvres comme les chevaux en tuant sans distinction aucune, et étaient allés jusqu’à s’allier aux bandits de la mine d’Oulianosvk. Ivar n’avait que haine et rancœur à leur sujet, ce qui étonnait quelque peu Lucretia, laquelle eut bientôt l’occasion de poser de nouvelles questions pour lever ses doutes.

Sur le trajet, alors que le temps s’était légèrement abeausi, l’un des neveux de l’éleveur vint se porter à hauteur de la monture de l’ancienne baronne de Bratian afin de s’excuser sur les paroles pour le moins agressives de son oncle.

« Je n’en prends guère ombrage ; la perte d’un proche est une des épreuves les plus difficiles qu’il soit possible d’affronter. Mais je me suis effectivement trouvée surprise des propos tenus à l’encontre des Dol’nyy par votre oncle. Du portrait que l’on m’a dressé d’eux, j’en ai plutôt retenu qu’ils étaient menés par un certain… Petko Karavelov, si je ne m’abuse, et que, plutôt que d’être des voleurs et des assassins, ils vivaient plutôt de l’élevage de chevaux et de la fauconnerie. Plus encore, à l’instar de son comparse Sreten Tarmachirin, il serait loyal à la Reine de Glace. Qu’en est-il de tout cela, où se porte le vrai, et où penche le faux ? »

Enfin, le moment vint de se séparer alors qu’ils parvenaient aux abords de la Tolsol. Yvar se porta à hauteur des deux jeunes femmes, et tendit sa main en direction du Sud, affirmant que là-bas se trouvait son village, Chilgir. Puis il en indiqua une autre, leur expliquant la meilleure manière de trouver l’abri qu’elles avaient demandé. La Lahmiane hocha de la tête.

« Merci pour tout, Ivar. Merci pour votre accueil au sein de votre famille, pour la sécurité que vous nous avez prodiguée, pour vos conseils et vos histoires. J’espère vous revoir bientôt, ce qui signifiera, peut-être, que nous vous aurons débarrassées de vos problèmes. Sans quoi… Adieu, et que les Trois vous bénissent. »

Juchées sur le dos de leur monture, Dokhara et Lucretia longèrent alors la rivière, remontant le cours d’eau vers l’Est. Conformément aux dires de l’éleveur, elles aperçurent une grande sculpture façonnée par la nature qui n’était pas autre que trois énormes sphères de granites, et bifurquèrent alors en direction du Nord. Une fois de plus, la steppe leur apparaissait comme lors de leur première journée, vierge et désolée, uniquement peuplée par quelques animaux que la présence insolite d’humains rendait soudainement bien peureux. Enfin, un bois se découpa sur une colline en même temps que les ruines d’un village. Iemva, que la Poussée du Printemps avait dévasté, n’en laissant plus que des murs brisés dont les toitures crevées perçaient vers le ciel gris.

Là, la nature avait partiellement repris ses droits sur les vestiges de civilisation qui s’opiniâtraient encore à ne pas s’écrouler sur eux-mêmes. La neige et la glace avaient recouvert les petits sentiers de terre battue, lorsque ce n’étaient tout simplement pas des fougères sauvages et des racines noueuses qui barraient la route de leur présence ou la déformaient complètement. Quand la terre était encore apparente, des terriers de lapin ne venaient que plus encore affaiblir le sol de leurs petites galeries. Pourtant, de nombreuses traces de vie ponctuaient encore le tableau désolé qu’offrait Iemva. Là, une échelle de bois avait été abandonnée dans la neige ; plus loin, de l’eau avait gelé dans une bassine retournée, et différentes empreintes, ainsi que des morceaux de glace découpés, indiquaient en plus des tanières la présence de nombreux animaux venus là-bas pour se désaltérer. Quelques caisses et tonneaux de bois éventrés demeuraient encore disposés contre les murs des masures, et, en cherchant bien, l’on parvenait à retrouver du fil de pêche, des morceaux de tissu, des tessons de bouteilles, les restes d’une charrette, ou même des jouets pour enfants.

Ce fut pied à terre et la bride à la main qu’elles s’avancèrent en silence au beau milieu de ce paysage sauvage et accablant, mais à peine avaient-elles franchi les palissades à moitié effondrées que les chevaux se mirent soudainement à renâcler et à piétiner sur place, comme s’ils refusaient de faire un pas de plus. Les sens affûtés de la Lahmiane lui permirent de deviner ce qui mettait les équidés si mal à l’aise. Plus loin, dans la grange, sourdait une présence qui se manifestait par une respiration aussi rauque que profonde et divers bruits de mastications. La porte de l’édifice avait été arrachée, et, par le manque de soleil, l’ouverture ressemblait à trou déchiqueté qui béait sur une gueule enténébrée. Enfin, l’odorat de la vampire saisit les relents de la mort, de la putréfaction, et des déjections.

« Il y a quelque chose qui se terre là-dedans, lança-t-elle à voix basse à sa consœur. Une créature sûrement massive. Au mieux, c’est un ours, au pire… Si nous désirons nous installer céans même, nous ne pouvons nous permettre de cohabiter avec ce qui réside à l’intérieur de la grange. Nous devrions la débusquer, et, pour ce faire… »

Elle jeta un rapide coup d’œil aux deux montures qu’elles tenaient par la bride.

« Mieux vaut éloigner nos chevaux et les garder bien loin du combat qui risque bientôt d’avoir lieu ; je ne voudrais pas qu’ils prennent peur et qu’ils s’enfuient. Ou que ce qui se cache là-bas les tue. »
Si Dodo est d’accord, l’on va donc le plus silencieusement possible attacher les montures à l’extérieur des palissades pour ne pas qu’elles s’enfuient de terreur, et l’on revient sur nos pas. Vu que je suis parvenue à identifier la provenance et la localisation de la créature, je dégaine mon arme et je jette le sort Esprit d’Os (+15 dégâts avec MA rang III).

Par ailleurs, je ne sais pas quel est le vrai sort. Sur ma fiche, il est écrit qu’il demande de la poussière de tombe (il doit peut-être y en avoir dans le coin, vu qu’il s’agit d’un village et qu’il y a eu des morts). Mais sur le Wiki, cela demande une tête de poupée. Et, bon, vu que l’on est à Bourg-La-Lande, dans TW, et que dans ce même jeu, l’on trouve des poupées pour enfant un peu partout, l’on ne peut pas me refuser le fait d’en trouver une pour que je puisse plus facilement lancer le sort, non ? :mrgreen:
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 10 août 2019, 18:10, modifié 1 fois.
Raison : 6 xps / Total : 66 xps
FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140
Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises (lvl 1):
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Érudition
- Intimidation
- Alphabétisation
- Sens Accrus
- Vision nocturne
- Connaissance des démons
- Comédie
- Force accrue
- Esquive
- Monte - chevaux
- Coup précis lvl 3
- Arme de prédilection - épée à une main
- Escalade
- Coriace
- Chance
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 2
- Etiquette
- Intrigue de cour
- Littérature
- Réflexes éclairs
- Linguistique

Dons du Sang:
- Défi de l'Aube
- Innocence Perdue
- Domination
- Ame Profane
- Forme de Familier : Corneille
- Régénération Impie
- Sang argenté
- Sang vif

Escorte :
- 10 hommes d'armes
- un carrosse tiré par quatre chevaux
- Hans le cocher
- Marcus le capitaine de la garde
- Une petite bestiole attachante nommée Dokhara.

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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Dokhara de Soya » 10 août 2019, 12:24

Dokhara ne regretta pas l'argent qu'elle avait investi dans son grand manteau et sa toque en fourrure de renard blanc - et pourtant, malgré l'épaisseur de ces couches de vêtements, les bourrasques glacées du Kislev vinrent malgré tout la mordre de toutes parts. Quelques minutes seulement après le début de chaque "petite giboulée", ses joues devenaient rouges, ses yeux secs douloureux à supporter, et son nez coulait abondamment. C'est donc tout en reniflant abondamment qu'elle se saisissait de son écharpe dans son sac, pour lui faire faire un premier tour autour de sa nuque, et un second autour de son menton, sa bouche, et son nez. Ne restaient d'exposés que ses deux yeux lavande dont les cils se recouvraient de neige qui ne fondait pas, tandis qu'elle devait supporter l'inconfort de la chaleur humide produite par son souffle dans son châle.

Bien évidemment, Lucrétia se délectait du spectacle de sa consœur affaiblie, n'en manquant pas une pour ajouter à ses difficultés. Morte-vivante, elle ne ressentait absolument pas le froid ; et pourtant, elle faisait de son mieux pour simuler la gêne dans sa parodie d'humanité. Elle soufflait sur ses doigts soi-disant endoloris, reniflait parfois, resserrait sa veste contre elle, battait des paupières plus rapidement comme si ses yeux avaient besoin d'être davantage humidifiés. La lahmiane avait un vrai talent pour se camoufler dans le décor. Mais lorsque Ivar et ses hommes ne regardaient pas, que Lucrétia et Dokhara se retrouvaient seules pendant une petite minute, la vampire prenait un malin plaisir à singer sa consœur, en claquant des dents bruyamment à toute vitesse avant de lui adresser des sourires sardoniques.

La baronne de Soya n'était vraiment pas certaine qu'elle arriverait à apprécier le Kislev un jour.

Heureusement, Ivar et sa famille étaient plutôt taciturnes : la journée, les éléments étaient trop déchaînés pour qu'on puisse tailler le bout de gras de manière agréable. On se contentait donc de chevaucher, navigant dans un océan blanc déconcertant. La neige recouvrait totalement la route, et la steppe était tellement monotone que les points de repère étaient trop rares pour s'orienter correctement : suivre le gospodar jusqu'à sa tirsa avait clairement été un choix judicieux, car les deux baronnes se seraient certainement perdues plus d'une fois en route. L'achat d'une boussole ne serait clairement pas superflu pour l'avenir : quand tout est uniformément blanc à trois cent soixante degrés autour de soi, on dévie rapidement de sa direction, et on finit par ne plus avoir la moindre idée du cap que l'on poursuit.

Le soir en revanche, les habitants de Chilgir se montraient un peu plus loquaces. Le plaisir de quitter la douloureuse selle de sa monture pour profiter de la douce chaleur d'un feu de camp et du kvas étaient plus que suffisantes pour oublier l'isolement dont elle souffrait à cause de la barrière de la langue. Le regard perdu dans les flammes, Dokhara écoutait d'une oreille distraite les échanges entre Lucrétia et Ivar, comprenant un mot de ci de là. Elle avait retenu les noms des clans et de leurs dirigeants lorsque Sasha leur avait détaillé l'organisation politique de Zoïshenk, aussi pouvait-elle au moins connaitre le sujet de la conversation : les Kossuth, les Dol'nyy, les fils de la steppe, et leurs dirigeants respectifs. Le ton de voix d'Ivar oscillait entre la sombre résignation et la colère : la jeune femme ne pouvait que deviner qu'il maudissait les événements actuels, les bandits attaquant Chilgir, et leurs probables liens avec les ungols dont il leur avait déjà parlé à Zoïshenk.

Dokhara en aurait sans doutes davantage appris en analysant les mouvements du corps et du visage d'Ivar pendant la conversation comme elle l'avait fait pour Pavel, mais elle n'en avait pas la force. La force physique bien sûr après ces éprouvantes chevauchées dans le froid, mais aussi la force mentale.

Je vais mourir. Merde, je vais vraiment, vraiment mourir. Merde, merde, merde, merde, et merde.

Il n'y avait pas que le froid qui faisait pleurer ses yeux alors qu'elle fixait intensément les flammes du campement. Dokhara avait envie de se lever, de mettre des coups de pied dans le bois en feu, de se battre à mains nues avec les kislévites, de mordre au sang Lucrétia, de remonter sur sa monture et fuir à toute vitesse.
Trois mois ! Trois mois qu'elle se convainquait qu'elle serait prête ! Mais l'instinct de survie n'a rien à voir avec la raison - c'est une force au fond de soi, brutale et animale, qui n'écoute rien ni personne et qui hurle de toutes ses forces pour prendre le contrôle. Le type de pulsions violentes qu'elle avait précisément appris à laisser se déchaîner librement pendant son année de service au culte slaaneshi. Supprimer toute conscience, oublier tout raisonnement logique pour ne plus se laisser guider par ce qu'il y a de plus primal en soi. Laisser le vrai soi sortir, ses vrais désirs, sa vraie nature, pour être en accord avec soi-même.
Mais elle n'était plus slaaneshie. Désormais, elle était la fidèle compagne de Lucrétia la lahmiane, et bientôt, sa fille.

Elle serrait et desserrait ses poings, serrait et desserrait ses mâchoires.

Putain !

Elle en tremblait de rage. Elle était ivre de colère envers elle-même. Pourquoi n'arrivait-elle pas à conclure ce voyage la tête haute ? A braver sa mort, clairement méritée après tant d'erreurs et d'échecs ? Elle allait abandonner cette vie de perpétuelles déceptions pour en commencer une autre, où elle serait bien plus qu'une simple humaine, une puissante lahmiane, tellement forte, rapide, maîtrisant la magie noire, dominant les humains d'un seul regard ! Tout dans son ancienne vie la répugnait, elle n'avait aucune attache envers quiconque, Lucrétia mise à part - alors pourquoi la décevoir en craignant son cadeau ? Combien d'êtres avaient sa chance dans la vie, celles de quitter leur vie pour une autre qui s'annoncerait bien meilleure, et surtout, éternelle ?

Putain de merde, alors pourquoi je suis terrifiée ? Pourquoi je ne veux plus ?

...

Parce que tu te sens vivante.


C'était si simple, si évident, si énervant.
Slaanesh avait échoué avec elle. Parce que Dokhara était liée à Ranald et Rhya d'une bien plus étroite manière qu'elle ne l'avait été avec un groupe de voleurs et une séduisante prêtresse. Dokhara n'avait pas seulement besoin de libérer toutes ses pulsions pour se sentir vivre - avant tout, elle avait besoin de se sentir libre. C'est ce qui l'avait amenée à fuguer de chez son père, à jouer les aventurières avec les bienfaiteurs, à éconduire tous ses maris potentiels, et enfin, à fuir le culte slaaneshi d'Altdorf pour aller à Talabheim.
Peu importaient tous les cadeaux de Slaanesh, tout le pouvoir que ses serviteurs avaient pour permettre à Dokhara de satisfaire dans ses désirs dépravés que ses ambitions au sein de la cour de l'Empereur, tout ça n'était qu'une putain de cage dorée.
Et à l'instar de la cellule de Talabheim, Dokhara s'échappait toujours de sa cage. Peu lui importait s'il fallait pour cela s'allier aux forces du bien, aux puissances de la ruine, ou à la mort elle-même.

Aujourd'hui, en cet instant, elle était ce qu'elle voulait être. En ayant tout perdu, elle n'avait jamais été aussi libre de sa vie. Et Lucrétia était l'amante idéale, acceptant ses dépravations sexuelles, la protégeant de tous les dangers, et surtout, partageant sa vision du monde : n'avait-elle pas trahi ses sœurs uniquement parce qu'elle préférait n'obéir à personne, et choisir de mener sa non-vie comme elle le désirait ?

Un paradoxe idiot. Le chemin menant à sa mort qui était le plus beau moment de sa vie. Et aucune porte de sortie, puisque la fuite la mènerait invariablement loin de la seule chose qui avait permis à ses journées d'être heureuses.

Pas une seule fois, Dokhara ne parla de ses craintes à Lucrétia. Stoïquement, avec un désir constant de verser toutes les larmes de son corps, elle avança encore et encore vers sa fin inéluctable, menant son combat intérieur du mieux qu'elle pouvait.



***


C'est à peine si Dokhara salua convenablement Ivar et sa famille lors de leur séparation, leur adressant un vague hochement de tête avant de chevaucher derrière Lucrétia. Elle ne donna pas plus d'attention au paysage qui défila qu'aux animaux croisés ou encore aux repères qui leurs permirent d'atteindre les ruines du village Iemva. Frigorifiée, épuisée physiquement par des nuits où elle n'avait que trop mal dormi, mentalement éreintée après avoir lutté sans discontinuer contre l'impérieuse envie de s'enfuir, c'est à peine si sa conscience émergeait à la surface. Habituellement indépendante, elle se contenta cette fois-ci de cavaler derrière sa compagne, sans avoir la moindre idée des directions prises ou et de leur destination.

Elle s'éveilla néanmoins à son environnement lorsque leurs chevaux, après des minutes difficiles de progression sur une pente sans sentier défini, piétinèrent une palissade écroulée pour entrer dans les ruines d'un petit village. Chaque pas devenait plus difficile, les montures devenant de plus en plus tendues, renâclant et raccourcissant la longueur de leurs pas pour signifier leur désir de ne pas s'avancer davantage. Quelque chose dans ces ruines déplaisait aux palefrois stryganis, de braves bêtes qui avaient accepté d'affronter les rigueurs de l'hiver kislévite sans rechigner. Ou bien ils étaient sensibles aux échos du carnage qui avait du avoir lieu dans cette tirsa reculée, ou bien ils avaient senti autre chose... ce que Lucrétia confirma rapidement, assurant à Dokhara que quelque chose de potentiellement dangereux résidait actuellement dans ce qu'il restait d'une grange non loin.

Préférant éviter de mécontenter leurs montures au risque de les voir ruer et s'enfuir, les deux femmes décidèrent donc de les attacher à la palissade, à quelque distance du combat qui s'annonçait. Puis, Lucrétia se mettant à incanter un sortilège en observant la grange, Dokhara se saisit de l'arbalète qu'elle avait récupéré sur son cheval et portait en bandoulière, arma un carreau, et se mit à viser l'entrée de la grange, attendant que la créature en sorte pour l'abattre.

Étrangement, alors que le froid et les doutes n'avaient cessé de la faire trembler pendant tout le voyage, elle se surprit en situation de danger à redevenir sure d'elle et alerte, les mains tenant avec fermeté son arme, prête à en découdre quoi que sorte de là.


Je profite que le combat ne soit pas démarré pour faire une action "Viser" vers la porte défoncée de la grange - si la bestiole sort par là, ça me fera un bonus de +2 en TIR ^^
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par [MJ] Le Grand Duc » 10 août 2019, 19:21

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La lahmiane commença à incanter son terrible sortilège, puisant dans le plan métaphysique pour en tirer une âme en peine. Compte tenu des horribles massacres qui avaient eut lieu ici, Lucrétia n'eut aucun mal à refermer les griffes sur un esprit affligé. La tête de poupée qu'elle tenait dans sa main de changea en cendre à mesure que la baronne récitait les noirs mantras, et un crâne brumeux et grimaçant se matérialisa entre ses paumes avant d'être relâché par un mot de pouvoir. L'esprit d'os fila vers la grange un poussant un vagissement d'outre-tombe et s'engouffra dans l'entrée béante.

Un cri strident et bestial retentit depuis l'intérieur, semblable au glatissement furieux d'un aigle. Quelque chose se mut dans l'ombre avec un grand fracas de planches cassées et une horrible créature jaillit par la porte défoncée en déployant ses grandes ailes. Dokhara n'eut même pas le temps d'identifier le monstre qu'elle actionna la gâchette de son arbalète. Le vireton fusa dans l'air glacé et se ficher dans la bête qui poussa un nouveau cri furibond en s'élevant dans les airs, sa longue queue serpentine traînant derrière elle. En contrebas, les chevaux hennissaient de terreur.

L'horreur volante traça un court arc-de-cercle au dessus d'Iemva avant de se poser lourdement sur le toit crevé de la grange en poussant un sifflement vipérin. C'était une créature improbable, à la tête de vautour avec de long barbillons rouges qui pendaient, aux grandes ailes crochues, aux pattes de rapaces et la longue queue terminée par trois dards. Les bords de son bec énorme semblaient affûtés comme des lames et ses yeux, deux billes noires dans un iris orange, fixaient les baronnes avec colère. Un rejeton né du Chaos, deux fois plus massif qu'un bœuf. La cocatrice, puisque c'en était une, balançait son immonde tête de gauche à droite comme pour jauger ses ennemis. Le carreau tiré par Dokhara était logé dans les plumes noires à la base de son cou.


Image
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Le regard de Dokhara croisa celui du monstre et une étrange torpeur se saisit d'elle, comme si son corps s'endormait. Cette sensation naissait dans ses genoux, puis montait en elle malgré la tension du moment. Bientôt, elle se sentit trop faible pour tenir son arbalète. Une grande lassitude s'emparait de la jeune femme, comme si l'épuisement de ces derniers jours lui tombaient dessus en un seul bloc.

C'est le moment que choisit la cocatrice pour sauter de son perchoir et fondre sur les intrus en coqueriquant furieusement, serres en avant.

Elle semble plus prompt à attaquer Dokhara, seule hypnotisée puisque je considère que Lucrétia de par sa condition vampirique est immunisée à l'hypnose.
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 11 août 2019, 15:51


Il ne fut pas difficile pour Lucretia de convaincre Dokhara ; cette dernière avait saisi tout le danger qui les guettait, et elle suivit sans broncher la Lahmiane qui s’en alla attacher sa monture à la palissade extérieure. Durant ce court intervalle de temps, la Lahmiane réfléchit à la meilleure façon d’affronter cette chose qui se tapissait dans la grange. Assurément, mieux valait porter le premier coup de manière la plus discrète possible afin d’avoir l’avantage, et à distance. Lucretia ne se voyait définitivement pas entrer dans l’édifice à l’aveuglette sans même avoir conscience de la nature de la créature. Non, un sortilège, voilà ce qu’il lui fallait ; la bête ignorant toujours tout de leur présence, elle aurait ainsi tout le temps de façonner le sortilège avant de le lui jeter. Quant à Dokhara, l’Immortelle ne se remembrait que trop bien le combat contre le minotaure ; cela lui donnerait l’occasion d’armer son arbalète et d’ajuster son tir.

« Mieux vaut avoir l’initiative. Apprêtez votre arme, et attendez que cette chose sorte de sa tanière avant de tenter la moindre chose. J’utiliserai la magie pour l’obliger à quitter son nid. »

De retour dans l’enceinte du village, Lucretia, jetant toujours de précautionneux coups d’œil en direction du bâtiment d’où continuaient d’émaner des bruits de mastication et des relents de charogne, s’affaira à farfouiller dans les caisses et les masures un objet en particulier qu’elle trouva assez rapidement. En revenant aux côtés de Dokhara, la vampire tenait en ses mains une poupée grossièrement cousue de fils épais dont la mousse qui la rembourrait jaillissait à travers une couture déchirée.

Des âmes en peine, la Lahmiane en ressentait des dizaines à travers les limbes. Elles erraient en tourbillonnant çà et là autour des chaumières dévastées ou des caisses éventrées, condamnées à attendre la fin des temps. Coincée entre la trame de l’intangible et celle de la réalité, elle n’existait pas vraiment dans un plan comme dans un autre, et ne pourrait très probablement jamais s’en libérer définitivement. Mais Lucretia allait donner une raison d’exister à l’un de ces esprits.

Puisant dans la Dhar, elle déchira et superposa deux de ces trames au milieu desquelles stagnait un spectre grimaçant. A mesure que l’immatériel et le tangible fusionnaient, la poupée que tenait Lucretia se décomposait en une pluie de poussière noirâtre qui vint alors, une fois l’esprit libéré, colmater la béance entre les deux mondes incompatibles. Le fantôme tournoya un instant dans le réel, beuglant dans des stridulations d’outre-tombe, avant que la baronne de Bratian ne lui désignât sa cible. Si elle voulait disparaître dans le néant et ne plus avoir à souffrir, alors lui fallait-il encore accomplir une dernière chose ; se projeter sur la créature qui habitait la grange et lui lacérer son âme. Il ne lui en fallait pas davantage, et le crâne grimaçant fusa droit sur l’édifice, traversant son mur pour aller attaquer sa proie.

A l’intérieur, Dokhara aussi bien que Lucretia perçurent un glapissement strident qui évoquait une lourde souffrance, de ces douleurs qui s’inscrivaient non seulement sur le domaine physique, mais également sur le plan mental. Il y eut du remue-ménage et un grand fracas, comme si l’on se débattait ardemment dans un espace trop confiné pour ce faire. Puis tout explosa, libérant une étrange créature que Lucretia n’avait encore jamais croisée de son vivant comme de sa non-mort. A peine était-elle entrée dans la clarté diffuse du jour qu’un sifflement retentit dans le dos de la Lahmiane, et un carreau vint pénétrer les chairs de la bête, laquelle se tordit une nouvelle fois de douleur.

Le grand rapace prit son envol, planant en arc de cercle au-dessus des chaumières de Iemva avant de s’abattre lourdement sur le toit de la grange. Lucretia avait déjà son épée à la main, et se tenait prête à esquiver la première charge de la créature.

« Je m’en occupe. A l’aube de votre transformation, ne cherchez pas à jouer les héros, et allez vous abriter bien à couvert, là où ni ses ergots ni son bec acéré ne pourront vous déloger. »

Toute focalisée qu’elle était, la Lahmiane ne prit pas même le temps d’observer la réaction de Dokhara. Elle avait assez confiance en elle pour savoir que la jeune femme l’écouterait, et préférait ne pas quitter son adversaire du regard. Elle entendit l’arbalète tomber à même le sol, ce qui ne la dérangea pas outre mesure ; les mains ainsi libres, la baronne de Soya ne serait que plus véloce encore pour se cacher. Mais les sens développés de la Lahmiane lui indiquèrent que l’humaine n’avait pas pris ses jambes à son cou, loin de là. La respiration, peut-être plus lente ou plus profonde, demeurait toujours là, derrière elle, tout autant que ses battements de cœur qui, autrefois frénétiques sous l’effet de l’adrénaline, commençaient à perdre en puissance. La Lahmiane jeta un coup d’œil en arrière, et découvrit une Dokhara totalement amorphe, sur le point de s’effondrer au sol.

Nouveau hurlement ; l’énorme vautour fusa dans leur direction, et ses yeux furieux de rapace ne décrochèrent pas du regard de la jeune de Soya. Lucretia jura, devant revoir ses plans en une fraction de seconde. Plus question d’esquiver, pas question d’abandonner sa compagne qui, eu égard à son état, se ferait déchiqueter par la créature. Il lui fallait pourtant bien l’attaquer de manière à la terrasser une bonne fois pour toutes. Il n’y avait pas trente mille solutions ; Lucretia attendit le dernier moment pour se placer devant la jeune femme, prête à absorber pour elle tout l’impact du volatile géant. Si celui-ci désirait tant s’en prendre à son amante, alors devrait-il s’empaler dans un premier temps sur la lame de l’Immortelle.


Avec l’initiative que j’ai, je gage que cela ne devrait pas poser de problème => je me place au dernier moment devant Dokhara (qui est juste derrière moi, donc c’est l’histoire d’un pas ou deux), sur la trajectoire de la créature que j’ai donc laissé charger. Je positionne ma lame de Loec de manière à ce la cocatrice s’empale dessus (je ne sais pas si je peux utiliser sa charge [FOR ?] pour lui occasionner davantage de dégâts encore, ainsi ?)

Par la suite, j’utilise toutes mes NA pour tenter de la découper si elle est encore en vie après l’impact.
Si elle fait mine de faire demi-tour pour s’enfuir / s’envoler au loin, et qu’elle se retrouve trop loin de moi, je lui jette un nouvel Esprit d’Os.
Je tiens à ne pas la laisser en vie.
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Objets particuliers:
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- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
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- Réflexes éclairs
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- Défi de l'Aube
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- Ame Profane
- Forme de Familier : Corneille
- Régénération Impie
- Sang argenté
- Sang vif

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- Marcus le capitaine de la garde
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Dokhara de Soya » 16 août 2019, 11:26

Quelque peu en retrait par rapport à son amante, dans un angle lui permettant de viser la grange sans que Lucrétia ne risque de prendre un projectile, Dohara eut quelques difficultés à se concentrer sur sa visée. En effet, l'arbalète solidement maintenue contre elle et les deux yeux dans l'axe de son arme pour ajuster le tir qui devrait toucher la créature à l'exact moment de sa sortie du bâtiment, elle devait composer avec sa curiosité morbide pour les arts noirs de la lahmiane. A la périphérie de son champ de vision, celle-ci invoquait un... spectre ? Une chose éthérée et tournoyante se mouvant autour des formes imprécises d'un crâne humain, produisant des bruits sinistres semblables au crissement de dizaines d'ongles sur de la porcelaine, qui s'agitait et prenait forme devant ses doigts. L'avait-elle crée ? Invoquée ? L'intuition de Dokhara lui soufflait que cette chose était le fantôme d'une personne morte - la nécromancie était après tout l'apanage des vampires.

Dokhara contrôla le frisson qui la parcourut. Il n'était pas du au froid, ni à la peur. C'était un frisson d'excitation, un désir incontrôlable pour son amante qui la traversait à chaque fois qu'elle faisait montre de ses terribles pouvoirs, cette puissance malsaine et dévastatrice.

Oui, se concentrer sur son prochain tir fut une épreuve de force. Heureusement, le cri bestial de la créature qui fit la rencontre du spectre invoqué par Lucrétia lui permit de se remettre en place les idées, juste avant que l'ignoble monstre sorte de sa tanière. Elle n'essaya même pas de savoir ce que c'était dans ce premier temps : à la seconde où elle vit quelque chose sortir de là, elle laissa parler son instinct et décocha son carreau, qui se ficha droit dans la nuque du monstre.

Après avoir poussé un nouveau hurlement de douleur, la chose s'envola sous les yeux médusés des deux ex-baronnes, qui eurent alors le loisir d'observer leur adversaire. Un espèce d'énorme oiseau, d'environ quatre mètres d'envergure, qui ne semblait en aucun cas mise en déroute par les blessures infligées, mais bien au contraire à désirer une vengeance sanglante.

Dokhara était une femme des villes. Elle n'avait jamais parcouru le monde avant ces derniers mois, ses rares voyages se limitant à de rares allers-retours entre Altdorf, Nuln et Talabheim, dans des convois blindés assurant sa sécurité, et dans lesquels elle n'avait jamais subi le moindre événement indésirable.
Elle avait été intriguée par l'aspect fourbe et vil des gobelins. Elle avait été aussi terrifiée qu’impressionnée par la terrible carrure d'un minotaure. Et face à un nouveau monstre de légende, une autre abomination tout droit sortie des livres qu'elle lisait petite, Dokhara ne put que céder à sa curiosité enfantine, laissant son regard émerveillé traîner sur la monstruosité qui leur faisait face. Jusqu'à ce qu'il croise les deux pupilles noires de l'oiseau de cauchemar, et qu'elle sente une curieuse langueur s'insinuer dans son corps.

Lorsqu'elle avait affronté le minotaure, son corps ne lui avait plus répondu. Tétanisée de terreur, son esprit hurlait de fuir mais son corps refusait formellement d'obéir. C'était sa peur qui l'avait paralysée, sa volonté trop faible qui n'arrivait pas à faire mouvoir ses jambes pour partir en courant.
L'étrange hypnose dont était capable le vautour géant avait un effet bien plus terrible. Non seulement son corps semblait désormais peser bien plus lourd, mais son esprit lui aussi semblait s'étouffer dans une pénible langueur. Quelque part, au fond d'elle, les réflexes des centaines de combats menés lors de ses entraînements voulaient servir, son corps voulait réagir, mais c'était trop difficile. Ses pensées s'embourbaient dans un marasme de fatigue, et si elle entendit Lucrétia lui parler, son cerveau n'arrivait pas à assimiler les sons pour les transformer en mots qu'elle pourrait comprendre.

Elle voyait le volatile foncer droit vers elle, serres en avant, mais ça ne paraissait pas si grave. Elle était si épuisée, ce n'était pas comme si elle pouvait trouver la force de résister. C'était plus simple de juste se laisser aller, permettre à la torpeur de prendre le dessus et s'abandonner au destin.
Alors même qu'elle ne souhaitait plus que s'endormir maintenant, quelque chose au fond d'elle lui criait encore "danger". Si seulement son esprit arrivait à émerger ne serait-ce qu'une seconde, alors peut-être pourrait-elle obéir à ses réflexes de combattante, lâcher son arme à distance inutile pour croiser ses bras sur sa ceinture, et dégainer ses deux armes afin de les interposer entre les terribles serres de la créature et son frêle corps sans défense.

Si seulement elle n'était pas aussi fatiguée...
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par [MJ] Le Grand Duc » 17 août 2019, 09:41

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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Dokhara de Soya » 22 août 2019, 09:59

Si seulement elle n'était pas aussi fatiguée...

Impossible de bouger. Ses faibles pensées de révolte s'écrasaient contre la paroi de son apathie - comme si la véritable Dokhara était perdue dans un labyrinthe, incapable de trouver la sortie. Ses yeux n'arrivaient pas à dévier du regard de l'immense vautour qui chargeait droit vers elle, et qui serait bientôt à portée pour la tuer.

Puis le contact visuel se rompit. Quelque chose se mit entre elle et la créature ailée, affaiblissant l'hypnose qui l'affectait.

Lucrétia.

Alors que sa conscience peinait à reprendre le contrôle de son corps engourdi, tout se déroula trop vite pour qu'elle puisse réagir d'une quelconque manière. Le gigantesque volatile percuta de plein fouet la lahmiane qui avait dressé son épée en l'air pour l'intercepter. Mais toute puissante que fut la vampire, elle ne pouvait arrêter un monstre de plusieurs quintaux projeté à toute vitesse en plein vol. L'ignoble monstre poursuivit sa trajectoire en hurlant de douleur, s'écrasant dans la neige juste devant Dokhara avant de l'emporter avec elle dans un roulé-boulé de plumes, de flocons et de hurlements.

De panique, de colère ou de douleur, la créature se débattit dans tous les sens, attaquant aléatoirement de son bec, ses ailes et sa queue tout ce qui pouvait la mettre en danger à sa portée. Cela comprenait la malheureuse ex-baronne, qui vit les dards de la queue du vautour mutant fouetter l'air pour s'enfoncer dans la cuisse alors qu'elle tentait de se relever. Elle hurla de douleur alors que les pointes transperçaient le haut de sa botte pour griffer le bas de son mollet gauche.

Dokhara ne savait pas ce qu'était une coquatrice. Elle n'avait pas encore compris que son état de léthargie avait été du à un pouvoir d'hypnose que possédait la créature. Pas plus qu'elle ne savait qu'elle venait de se faire empoisonner par la queue du monstre.
Ce qu'elle savait en revanche, c'est que la blessure avait achevé de la réveiller. Pleinement revenue à elle, à quelques centimètres d'un monstre enragé qui tentait de se relever de sa chute en se débattant dans tous les sens, elle hurla elle aussi, non pas de douleur mais bien de rage.

Elle n'était pas arrivée jusqu'ici pour mourir. Elle ne laisserait pas cette espèce de saloperie de poulet géant voler à Lucrétia ses derniers instants de vie. Elle n'avait pas autant subi, traversé toutes ces épreuves, pour crever sur la ligne d'arrivée. C'était hors de question.

L'impact avec l'oiseau lui avait fait lâcher son arbalète, mais ses deux lames étaient toujours dans leurs fourreaux. Aussi croisa t-elle les bras pour dégainer sa lame elfique et sa main gauche, puis elle surina de coups le monstre avec toute la hargne d'une femme qui refusait de mourir.

- Crève ! Crève ! CRÈVE !


Mes 2 NA en attaque sur la sale bête. Si j'ai encore mon action mineure, j'attaque une troisième fois avec ma main gauche - Dodo veut la crever !
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 22 août 2019, 21:26, modifié 1 fois.
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 22 août 2019, 15:51

Audace et témérité, voilà ce qu’il fallait pour affronter en face à face une pareille créature. Voilà ce que demandait le fait de demeurer bien droit sur ses jambes et d’attendre patiemment l’assaut de la bête, alors que celle-ci piquait droit sur vous dans une attaque aérienne. Eu égard à sa corpulence et à la taille de ses serres comme de son bec, le gros vautour était tout à fait à même de soulever un bœuf pour le lâcher une fois bien en hauteur, le laissant se fracasser sur des rochers acérés. Une certaine puissance se dégageait de la cocatrice, mais ce n’était rien en comparaison de l’aura de confiance qui auréolait la Lahmiane. Certes, le monstre avait l’avantage de la vitesse, certes, ce dernier disposait également de l’initiative. Mais, en dépit de tout cela, l’Immortelle le savait ; elle triompherait une fois de plus de cette erreur de la nature.

La chose, qui avait pourtant désigné Dokhara comme cible prioritaire, n’eut pas d’autre choix que de foncer sur Lucretia, laquelle avait dégainé depuis longtemps son épée. Un mugissement strident de l’oiseau, une bourrasque générée par le battement de ses ailes ; l’instant d’après, il était sur elle. Ce même instant d’après, la Lahmiane entama à toute allure un large arc de cercle de sa lame, dont la pointe alla se ficher tout droit dans le poitrail de la créature, jusqu’à la garde. Malgré sa détermination, malgré sa force de conviction, Lucretia ne tint pas bon ; l’énergie produite par l’attaque de la cocatrice s’avéra bien trop puissante pour qu’elle pût garder pied sur terre.

Elle fut projetée en arrière, la bête avec elle, et les deux ennemis ne tardèrent pas à emporter Dokhara dans leur valse insensée. Ils roulèrent et roulèrent encore dans des mouvements désordonnés, et le monde bascula dans un flou intemporel. Le regard acéré de la vampire capta çà et là des images aussi fugaces que parfaitement détaillées dans son esprit alors que tout tournoyait autour d’elle. Une traînée de sang rouge s’échappant en sanglot d’une poignée de plumes sales, sa lame retirée à moitié du corps de la créature, une jambe de Dokhara qui, une fraction de seconde durant, s’alignant parfaitement avec la forme d’un nuage, son visage décomposé et surpris, le bec de la cocatrice qui fouillait les airs, la vue à l’envers d’une maisonnée au toit déchiqueté, ou encore le doux tapis neigeux qui recouvrait le sol.

L’espace d’après, tout ne fut plus qu’une lutte sans queue ni tête alors qu’ils continuaient leur roulé-boulé malgré eux. Coups de bec, coups de serre, coups d’épée, coups de poing et coups de pied ; les attaques aussi acharnées que désespérées se précipitaient les unes contre les autres, à l’improvisade, au hasard, et chacun se démenait comme un diable pour à la fois repousser l’adversaire et lui infliger la plus grande douleur possible. Lucretia ne ressentit rien d’autre que les chocs répétés de son dos, de ses bras et de ses jambes contre le sol ; sûrement n’avait-elle pas été touchée dans ce pugilat. Mais, du coin de l’œil, il lui avait bien semblé avoir aperçu l’extrémité du corps de la cocatrice, lequel avait fouetté sa consœur en laissant apparaître une profonde estafilade qui se recouvrit bientôt de rouge.

Puis la tempête s’arrêta aussi brutalement qu’elle était survenue, dans une immobilisation bienvenue après pareille tourmente. Lucretia se releva aussitôt, bien décidée à en découdre. Fort heureusement, elle s’était fermement agrippée à son épée, qu’elle tenait toujours bien en main, aussi n’eut-elle pas besoin d’aller la ramasser au loin en prenant le risque de se faire attaquer à revers. Mais quand bien même eût-elle perdu sa lame qu’elle n’aurait certainement pas encouru ce risque ; un simple regard balayant le paysage lui assura que la créature souffrait la géhenne et se retrouvait bien mal en point, Et pour cause, eu égard à sa démarche bien moins assurée, la bête paraissait peiner à retrouver ses esprits aussi bien que son équilibre, tandis que Dokhara, non sans une grimace éloquente, s’était en revanche déjà relevée sur ses jambes.

Après pareille chute, après pareil choc, la Lahmiane pensa que son amante aurait été mise au tapis un peu plus longtemps que cela, mais il semblait que l’Immortelle avait bien fait son travail en absorbant le plus gros de la charge aérienne. Si l’ancienne baronne de Soya avait été bousculée cette dernière minute, voire peut-être même blessée, elle ne le montra point. Au contraire, ses traits exhibèrent même comme une volonté de revanche, revanche qu’elle ne tarda pas à mettre en œuvre. Elle se rua sur la créature, profitant de ce temps mort qui venait de tomber sur le village pour conserver l’initiative sur la cocatrice.

Et la Lahmiane la suivit tout naturellement, bien décidée à achever le monstre avant qu’il ne soit en mesure d’attaquer de nouveau.
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 22 août 2019, 21:26, modifié 1 fois.
Raison : 6 xps / Total : 78 xps
FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140
Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises (lvl 1):
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Érudition
- Intimidation
- Alphabétisation
- Sens Accrus
- Vision nocturne
- Connaissance des démons
- Comédie
- Force accrue
- Esquive
- Monte - chevaux
- Coup précis lvl 3
- Arme de prédilection - épée à une main
- Escalade
- Coriace
- Chance
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 2
- Etiquette
- Intrigue de cour
- Littérature
- Réflexes éclairs
- Linguistique

Dons du Sang:
- Défi de l'Aube
- Innocence Perdue
- Domination
- Ame Profane
- Forme de Familier : Corneille
- Régénération Impie
- Sang argenté
- Sang vif

Escorte :
- 10 hommes d'armes
- un carrosse tiré par quatre chevaux
- Hans le cocher
- Marcus le capitaine de la garde
- Une petite bestiole attachante nommée Dokhara.

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[MJ] Le Grand Duc
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par [MJ] Le Grand Duc » 22 août 2019, 21:35

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Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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