[Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Kislev, pays de sombres forêts de conifères, d'étendues neigeuses et de steppes balayées par les vents, se trouve l'est de l'Empire. Pendant des siècles, il a été un rempart face aux incursions dévastatrices du Chaos venues du nord. Kislev est un allié fidèle et puissant de l'Empire, toujours prêt à envoyer ses troupes à son secours

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Dokhara de Soya
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Dokhara de Soya » 05 juil. 2019, 19:30

Jour 65.


La fin du chemin.

Ça fait un moment que j'écris ça dans ce carnet. Que le bout du voyage approche, que la conclusion est à portée. Notre destination, celle de ma dernière demeure, a même un nom désormais : Zoïshenk.
Ça a été long. Trop long.

C'est étrange. Je me sens étrange.

Je ne peux pas m'empêcher de penser : et après ?

Je n'ai jamais vraiment réfléchi à la suite. Évasivement, avec Lucrétia, nous élaborions quelques fantasmes de futurs dans lesquels nous conquerrions quelques terres, posséderions des milliers de serviteurs et tout autant de châteaux qui ne nous serviraient à rien sinon à vivre dans une surenchère de luxe.

J'étais heureuse à Erengrad. Amoureuse. Et en paix avec moi-même, sans doutes pour la première fois de ma vie. Je savais qui était Dokhara de Soya, je comprenais ma place, mes envies, mes désirs, et mes actes étaient en accord avec mon âme et mon cœur. Je me sens niaise à écrire cela. Mais je crois avoir touché le bonheur du bout des doigts.

C'est ce périple vers ma mort qui m'a changée. En deux mois, j'ai tant appris. Loin de tout ce qui me retenait, serviteurs comme domaine, luxe comme obligations. Détachée de tout ce qui tirait mes ficelles, j'ai été libre d'apprendre. Lorsqu'on souffre de la fatigue, de la culpabilité, de l'appréhension du danger, de la mort de tout ce que l'on touche, de l'échec de notre vie toute entière, c'est plus facile d'accepter sa fin à venir. Mais notre périple a été trop long. J'ai eu le temps de panser mes blessures. De trouver la sérénité. Grace à Lucrétia. Quel paradoxe que de retrouver gout à la vie sur le chemin me menant à ma mort.

Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Ma mort.
Je ne vais pas juste "changer". Je ne m'apprête pas à enfiler de nouveaux habits, essayer une nouvelle coupe de cheveux, ou déménager d'un domaine à l'autre. Je ne vais pas juste enfiler un nouveau visage comme je n'ai cessé de faire lorsque j'alternais entre vie de noble et de cambrioleuse.
Je vais mourir, et la magie noire va traverser tout mon corps pour le faire revivre. Mais ce qui renaîtra, ce ne sera plus "moi".

Combien de fois ai-je posé cette question à Lucrétia ? Au moins une fois par jour. Et pas une seule fois sa réponse n'a éclairci ma compréhension. Ou plutôt, pas une seule fois ai-je eu la réponse que j'aurais voulu entendre, alors l'ai-je ignorée.
Je sais qu'elle était encore toujours plus ou moins "elle" à son réveil, mais dotée de nouveaux sens, de nouvelles capacités, et d'un nouvel univers tourbillonnant de possibilités qui s'offrait devant elle. Mais elle a toujours insisté sur le fait que cette fille là a vite disparu. Aujourd'hui, elle ne ressent plus que du dédain pour celle qu'elle était, humaine ou jeune vampire.
Et peu importe combien j'aimerais me convaincre désormais que je n'emprunterais pas le même chemin, je sais que c'est un mensonge. Ce sera une autre personne qui relira ce carnet, et qui ne ressentira nulle nostalgie à la lecture, mais seulement du mépris pour cet étalage incessant de doutes et de craintes.

Et quoi ? La nouvelle Dokhara, armée de sa supériorité, partira en quête de conquête dans le Kislev ?
J'ai dit me sentir étrange, mais à la vérité je me sens surtout... étrangère. Aller au Kislev me paraissait une bonne idée, car c'était loin de nos ennemis. Je ne suis pas venue parce que je voulais vivre ici, mais parce que je voulais y mourir. Ces gigantesques plaines à perte de vue, cette langue aussi dure que complexe, ce froid glacial... je ne suis pas à l'aise. Oh bien sur, les panoramas sont splendides, surtout cette steppe infinie à perte de vue, le dépaysement est total, et je suis bel et bien émerveillée par toute cette nouveauté. C'est juste que...je n'ai jamais quitté l'Empire de ma vie, je ne connais que ça. C'est une chose que de s'intéresser à la vie et à la culture des étrangers, mais je n'en étais jamais devenue une. Mon manoir d'Altdorf a brûlé, mes terres de Priestlisheim confisquées, mais l'Empire, ça reste "chez moi". J'ai quitté ma maison, et je ne sais pas si j'y reviendrais. Je n'avais jamais envisagé perdre ça. Je ne sais pas pourquoi ça m'affecte, ça ne parait pas important, et le pays de Karl Franz ne m'a jamais apporté que des épreuves insurmontables. Pour une nouvelle vie, c'est pragmatiquement une bonne chose que de la démarrer loin de toute attache... mais la logique ne trouve pas sa route dans mon sentiment. J'abandonne un bout de moi-même.

Je réfléchis trop. La faute à l'inactivité - trop souvent un chariot finit immobilisé, et nous perdons un temps fou en réparations. Bon sang, Lucrétia a même organisé des paris sur le sujet tant c'est fréquent. Avec notre argent, d'ailleurs.

Lucrétia. Ça me fait mal de le dire, mais je préférais lorsqu'elle était une paria au sein des stryganis. Ici, elle virevolte de curiosité, apprend à toute vitesse la langue et les mœurs locaux, se prête à rire avec chacun et se fait très vite aimer du plus grand nombre. Comment ne pas la jalouser ?

Moi... à cause de mes doutes, je n'arrive plus à me concentrer sur rien. J'ai de terribles difficultés à comprendre la grammaire kislevite, c'est à peine si j'arrive à balbutier quelques mots après deux semaines à la travailler. Je crois que j'agace même mon amante, qui tente de m'aider à apprendre mais s'impatiente vite devant mon incompétence.

Même problème avec le maniement des armes. Pour m'occuper l'esprit, elle m'a proposé de m’entraîner avec les soldats accompagnant le convoi - en effet, après deux mois à me battre contre elle, je commence à trop bien connaitre ses techniques pour faire des progrès significatifs. Mais je n'étais pas à ce que je faisais, et le froid engourdissait mes mains : mes prestations furent très mauvaises. J'ai rendu quelques coups, parfois réussi une feinte, mais le cœur n'y était pas et mes opposants m'ont presque systématiquement vaincue. Heureusement que Lucrétia a elle aussi échangé des passes d'armes avec eux, bien plus glorieuses, pour protéger notre couverture de dangereuses chasseuses de primes. A défaut de me démarquer, j'ai néanmoins perfectionné mes réflexes défensifs - si pas un seul de mes coups ne portait, j'arrivais de mieux en mieux à dévier instinctivement les attaques qui m'étaient portées : mes mouvements deviennent plus naturels, fluides, moins réfléchis et plus efficaces. Ça ne me fera pas gagner de combat, mais au moins l'objectif premier visé par Lucrétia pourra être partiellement rempli : je devrais être capable de gagner assez de temps contre un adversaire pour qu'elle vienne me sauver.

C'est un peu déprimant.

Heureusement, il y a Sasha. Complet opposé du taciturne Idriss, ce cocher-ci est atteint d'une logorrhée particulièrement divertissante. Jamais avare d'histoires et d'anecdotes, il a l'avantage de maîtriser aussi bien le kislevarin que le reikspiel, et surtout, d'être une source intarissable d'informations sur notre destination. Quand bien même j'éprouve quelques doutes sur ma capacité à me sentir chez moi au Kislev, le pragmatisme m'impose une rigueur exemplaire sur mon apprentissage du contexte géopolitique dans lequel je vais me retrouver empêtrée. Avec ma transformation arrivant, et la venue de l'hiver qui coupera l'accès à la ville, je vais passer au minimum plusieurs mois dans Zoïshenk : il est donc particulièrement important que j'aie toute les clés de compréhension qui me permettront de m'y intégrer et d'y survivre.

De ce côté-ci, les nouvelles sont bonnes : la stanitsa est gangrenée par les conflits entre ungols et gospodars. Peu de querelles ouvertement déclarées bien sur, mais Sasha insista plus d'une fois sur l'importance des vieilles tensions entre les deux peuples, de rivalités trop ancrées pour ne plus exister dans les non-dits. En ajoutant un marchand trop ambitieux, un artiste révolutionnaire, un prêtre zélé, des réfugiés écrasés par la misère, des brigands attaquant les tirsas, et un groupe d’extrémistes ungols, on a le parfait mélange de poudres auquel mettre le feu. Un climat idéal dans lequel se permettre quelques écarts de conduite, avant de rejeter toute responsabilité vers l'entité la plus gênante du moment.

Lucrétia et moi avons réussi à profiter du confort de l'unique fiacre du convoi. Néanmoins, si mon amante a trouvé la patience de supporter son principal occupant afin de se faire une relation parmi les marchands, je n'ai pas eu cette même résilience. Quitte à être accompagné par un personnage politique important de Zoïshenk, j'ai préféré employé mon temps restant à approcher le voïvode Alyosha. La barrière de la langue a évidemment limité mon champ d'action, mais il est des choses qui n'ont nul besoin de vocabulaire pour être exprimées. Voyant son admiration pour ma monture strygani, j'ai saisi l'occasion en lui proposant de faire une course - que j'ai évidemment perdu, mes pathétiques talents de cavalière peu adaptés à pareil exercice, je me suis lamentablement vautrée sur le sol à mi-parcours. Néanmoins, le résultat en fut positif, puisque soucieux de ma santé, il est venu m'aider à me relever, établissant un contact physique dont il s'était abstenu auparavant, et échangeant quelques sourires. A défaut de le séduire par ma grandeur et ma prestance, le rôle de la ravissante potiche fonctionne tout aussi bien malgré moi. Il est charmant, garde une certaine distance à cause de la présence de ses hommes qui nous observaient, mais il a répondu à mes regards avec une insistance me laissant penser qu'il y a matière à creuser. C'est un bon début à ma future intégration, je suppose.

Plus qu'une semaine de route selon Sasha.

Je dois arrêter de penser. Juste avancer, sans me poser de questions, et faire ce pourquoi cet interminable voyage a commencé. Je ne peux plus me permettre de douter maintenant.

Zoïshenk, me voilà.


Résumé des jets demandés à Duc en mp :
Jets de combat pour l'entrainement : 14, 15 et 18 , totalement raté
Jet de séduction sur le voïvode : 13, réussi.
Jet de monte pour la course à cheval : 15, raté.

Résumé de progression des compétences en cours d'apprentissage :
Langage : kislévarin 1/4
Ambidextrie : 3/4
Parade : 3/3, terminé et appris pour 15 xps temporaires. Attention à bien me les retrancher Duduc !
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 07 juil. 2019, 12:01, modifié 1 fois.
Raison : 6 xps / Total : 50 - 15 (achat d'une compétence) = 35 xps
Dokhara de Soya, Voie de la Belle Mort, Demoiselle de la Mort

Profil : For 10 | End 10 | Hab 13 | Cha 17 | Int 12 | Ini 12 | Att 12 | Par 11 | Tir 10 | MAG 8 | NA 2 | PV 95/95

Compétences :
- Sociales : Diplomatie, Éloquence, Empathie, Étiquette, Séduction
- Artistiques : Chant, Danse, Musique (violon), Tatouage
- Intellectuelles : Alphabétisation, Langue étrangère (strygani)
- Martiales : Bagarre, Fuite, Parade, Résistance accrue (spécialisation alcool), Sang-froid
- Divers : Sens Accrus

Bonus d'équipement : +2 PAR grâce à Main Gauche.

Fiche de personnage

Compétences en cours d'apprentissage :
Langue étrangère (kislevarin) 2/4
Ambidextrie : 3/4
Escamotage : 1/2
Adresse au tir (arbalètes) : 1/3
Monte : 1/2
Awards \o/
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Warfo Award 2019 du meilleur PJ - Élaboration
Dream Team 2018 et 2019 avec Lucretia Von Shwitzerhaüm
Miss Vieux Monde 2019

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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par [MJ] Le Grand Duc » 06 juil. 2019, 21:08

Les trois chevaliers de l'Ordre de l'Etoile Blanche se rencontrèrent au milieu de la piste poussiéreuse pour s'accorder un salut martial. Le convoi n'eut pas le temps de les dépasser que, déjà, ils talonnèrent leurs destriers et filèrent à l'oblique, s'élançant au galop vers quelque curieuse destination à l'Ouest.

- "C'est bien la première fois que je vois ça." commenta Sasha en kislévarin, observant les impériaux du haut de son banc de cocher. "Je sais pas ce qu'ils vont faire par là bas, mais ça m'étonnerait pas qu'on retrouve leurs os blanchis avant la prochaine lune."

- "Quand les imperinyi ont affaire dans l'oblast, ça n'envisage jamais rien de bon ..." répéta Ivan, laconique, en resserrant sous son menton les lacets de sa chapka.

Ce sont sur ces mots que le la caravane entra enfin dans la pinède de Zoïshenk, esseulée par ce long voyage. Sur ordre du voïvode Alyosha, les cavaliers ailés et les archers ungols prirent les devant, trottant sur le sentier forestier avant de disparaître au profit d'un virage contournant un bosquet épais de bouleaux. Ne restaient plus que la diligence de la Compagnie de la Route Blanche, les chariots de matériel, le canon et la compagnie de streltsi. Ils avançaient bien, la piste se faisant plus large et régulière à mesure qu'ils approchaient de la stanitsa. Déjà, des cabanes de rondins apparaissaient dans le sous-bois, et leurs occupants se pressaient sur le perron pour voir passer les voyageurs. Ces derniers arrivèrent enfin à bon port et firent halte dans le faubourg de la cité, un amas d'isbas et de grands bâtiments en brique qui s'adossaient sur une plage de galet. La piste partait d'un côté et de l'autre, s'enfonçant dans le bois en longeant la Tobol, et donnait en son centre sur un long pont en bois qui traversait la rivière. Sur l'autre rive s'élevait Zoïshenk.

La stanitsa était bâtie sur une île sise au milieu du fleuve. De l'autre côté du pont s'élevait un corps de garde en bois dont les meurtrières et les sabords surveillaient le grand portail, ouvert. D'un côté et de l'autre s'étendait une longue palissade de pieux suivant les circonvolutions de la grève et, derrière, on pouvait voir les toits et les cheminées de nombreuses habitations. Au delà, le terrain s'élevait sur une petit éminence ceinte de murs en pierre réhaussés de créneaux en bois. Là encore, un corps de garde -en pierre celui-ci- et des tours carrées munies de hourds à leur sommet. Des brétêches et des mâchicoulis en briques ou en bois faisaient saillie ça et là, donnant un caractère hétérogène aux fortifications. Les trois bulbes d'argent dépassaient derrière les créneaux, points culminants de la stanitsa. Légèrement en dessous, on pouvait apercevoir le quatrième bulbe, doré celui-ci, qui réfléchissait les rayons du soleil avec vivacité. Une partie du mur d'enceinte descendait le long de l'escarpement et venait rejoindre la palissade de la rive. Un tour était bâtie là, mais elle n'était désormais plus qu'une ruine effondrée sur elle-même et on pouvait voir, dans sa gorge ouverte, des poutres garnies de lierre et des corbeaux qui nichaient.


- "Bienvenue à Zoïshenk, mesdames !" lança Sasha à Lucrétia et Dokhara avant de tirer sur ses longues rennes pour faire arrêter les chevaux.

Le faubourg ressemblait lui-même à un petit village, avec son allée principale qui donnait sur le pont. De part et d'autre, il y avait des habitations en bois ou en briques cuites, une grande auberge, une écurie et des ateliers de maréchal-ferrant et autres artisans. Les gens allaient et venaient, vêtus à la kislévite et parés pour l'hiver. Plusieurs s'arrêtèrent pour observer le convoi avec curiosité et bientôt un attroupement se forma autour du canon qui continua pour autant son chemin jusqu'au pont, encadré par les streltsis.

Un agent de la stanitsa se présenta pour vérifier les autorisations des voyageurs et consigner les informations dans un registre, et les deux baronnes furent enfin libres de leurs mouvements. Youri Yorloff et sa femme, de leur côté, s'extirpaient du coche et se dirigèrent vers l'auberge.

- "Si vous nous cherchez, on sera dans l'coin ! Les premières neiges sont prévues pour les jours qui suivent alors je pense pas qu'on va pousser jusqu'à Leblya. On pourrait bien passer l'hiver ici." leur indiqua Sasha avant de diriger sa diligence vers l'arrière-cour de l'auberge.

Aucune enseigne de pendait au dessus de la porte en bois mais un creux au dessus du linteau accueillait des dizaines de bougies et de crânes de petits animaux. Des bruits animés venait de l'intérieur, de même qu'une bonne odeur de potage chaud. En outre, la nuit allait bientôt tomber.

Bienvenue à Zoïshenk !
Petite intro toute simple, vous voilà arrivée à destination.
Toutes les infos nécessaires sont dans la Forêt, libre à vous de les utiliser pour interpréter ce que vous voyez.
Pour visualiser ce qu'est une isba, il suffit de faire un petit google image isba et vous aurez un bon aperçu.
Lorsque je parle de bâtiments en brique, il faut imaginer ceux -en ruine- que l'on peut voir aux abords de White Orchard dans The Witcher III (je crois que c'est aussi dans l'un d'eux que se trouve l'officier nilffgardien vous demandant de buter le premier griffon). Vous trouvez aussi une illustration de ce genre de constructions dans Kingdom Come Deliverance. De manière plus réaliste, voir les bâtiments médiévaux d'Europe centrale.
Vous êtes donc là, avec vos affaires et vos deux chevaux. A vous de voir ce que vous souhaitez faire. Si vous passez le pont il faudra payer le droit de péage.
Le coin est donc assez sauvage, à part les constructions. Cf carte dans la Forêt. Pour avoir une idée, inspirez vous de Velen dans The Witcher III : des bois épais, des clairières, de la végétations aquatique et des grèves de galet au bord de la rivière, il fait froid et l'hiver arrive, voilà l'ambiance !
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 15 juil. 2019, 11:03


Entrant dans la première enceinte qui entourait Zoïshenk, Lucretia amena sa monture à hauteur de Dokhara, découvrant l’intérieur de cette ville fortifiée bâtie sur une île. Alors que, à l’extérieur, les immenses plaines se peinturaient d’une seule nuance de blanc ou de gris, la stanitsa surprenait par la vivacité de ses couleurs et la vie que ces dernières apportaient. Les maisons construites en brique attiraient le regard de leur teinte rouge orangé, celles en bois de leur apparence rustique et bien plus sombre, et c’était sans compter les grandes tours argentées qui s’élevaient bien haut dans le ciel nuageux. Mais outre les bâtiments, les citadins venaient également apporter cette même vitalité à la ville qu’ils habitaient. Il régnait entre les murs une effervescence qu’un étranger eût manqué de percevoir de prime abord, et telle était la situation dans laquelle se trouvait la Lahmiane. A dire vrai, cette agitation la soulagea quelque peu, alors qu’elle avait cru perdre en traversant la frontière tout ce qui la rapprochait de l’Empire et de ses coutumes. Mais non, là, les gens, en grand nombre, s’arrêtaient tout autant autour de la caravane, les conversations et les éclats fusaient dans tous les sens, de même que les diverses exclamations des enfants à l’apparition des cavaliers ailés. Les maisons s’empilaient tout autant les unes sur les autres, formant des quartiers que traversaient une grande rue et de nombreuses venelles, et dans chacune d’elle résonnaient les bruits de l’activité quotidienne. Le martèlement métallique d’un marteau sur une enclume indiquait la présence d’un forgeron ou d’un maréchal ferrant, une porte ouverte sur une échoppe laissait échapper le tapage bagarreur des clients imbriaques, et, plus loin, un pêcheur beuglait ses produits lors d’une vente à l’étalage.

« Eh bien, voilà qui ne devrait pas nous dépayser, souffla Lucretia à sa compagne en contemplant tout ce monde qui s’activait autour d’elles. Mais une question me taraude tout de même. Devrions-nous toujours nous faire passer pour des chasseuses de prime ? Eu égard à vos derniers haut-faits, je jurerais que nous serions plus crédibles si nous devions plutôt nous présenter en ancelettes. »

Bien évidemment, l’Immortelle n’avait pas manqué de se fendre d’une petite pique à l’encontre de sa maladroite humaine, petite pique qu’elle ponctua d’un sourire en coin aussi amusé que sarcastique. Car effectivement, les passes d’armes qu’elle avait effectuées en s’opposant aux streltsis s’étaient révélées désastreuses, et, comme si cela n’avait pas été assez, elle s’était particulièrement illustrée lors d’une course contre le vovoïde Alyosha en chutant de sa monture.

« Je propose en tout cas que l’on aille dans un premier temps louer une chambre à l’auberge. M’est avis que cela ne sera guère aussi confortable que ce que nous avons connu à la Lynsk, mais nous allons devoir faire avec en attendant de pouvoir faire mieux. Si je dois acheter quelque chose, je préfère autant que ce soit une habitation avec toutes les commodités nécessaires à l’entretien d’une noble dame plutôt qu’une maigre bicoque qui ne ferait qu’entacher cette future réputation que je me bâtirai. »

Aussi ne manquèrent-elles pas, après que leurs papiers eurent été vérifiés, de suivre Sasha dans l’auberge pour y réserver une chambre, et elles entrèrent dans une grande pièce au milieu de laquelle trônait une cheminée qui pétillait d’un feu consistant. Différentes bougies venaient éclairer les quatre coins de la pièce ainsi que les rebords des fenêtres, et une délicieuse odeur de potage se faisait sentir. L’on se précipita pour s’occuper de leurs chevaux, et un portefaix les aida à monter leurs bagages à l’étage.

Pendant que l’on s’activait à décharger leurs affaires, les deux jeunes femmes s’attablèrent dans la grande salle et commandèrent ce met local qui embaumait la pièce. Elles en profitèrent par ailleurs pour apprendre les dernières nouvelles des environs et parfaire leurs connaissances sur la situation politique et géographique de cette ville dans laquelle elles venaient toutes les deux de mettre pied. Et comme si ce n’était pas assez, les deux jeunes femmes posèrent des questions sur ce fameux Alexeï dont elles avaient vu l’avis de recherche à Erengrad.

L’on ne connaissait pas grand-chose du passé de cet homme, si ce n’était qu’il avait grandi dans les bas-fonds de la capitale portuaire du Kislev. Toutes les suppositions recelaient certainement une part de vérité ; il avait été livré à lui-même dès son plus jeune âge et avait été contraint de se débrouiller pour tenter de survivre, tout comme il avait déjà été recruté par quelque secte chaotique. L’un comme l’autre détenait son lot de possibilités. Un enfant dans la rue, né dans le mépris des puissants, aurait tôt souhaité la mort de ces privilégiés qui le morguaient du haut de leur carrosse et de leurs belles maisons. Si la société actuelle ne l’avait jamais considéré à sa juste valeur, pourquoi ne pouvait-il tenter sa chance avec le Chaos ? Ou alors, à l’inverse, c’était le Chaos lui-même qui l’avait recueilli dès son plus jeune âge et lui avait retourné le cerveau. Ce qui était certain, en tout cas, c’était que le jeune homme avait su développer un talent notable pour la rhétorique, une éloquence particulière, peut-être justement accordée par les Sombres Puissances, ce qui l’avait amené à corrompre autrui, à liguer les uns contre les autres alors même que la Poussée du Printemps commençait à s’étendre sur le Kislev.

Ravivant les tensions internes, montant les frères contre les pères et les sœurs contre les mères, Alexeï avait su glisser des promesses de pouvoir dans les oreilles des plus ambitieux, les poussant à des actions téméraires qu’ils n’auraient jamais tentées d’ordinaire. La soldatesque avait égorgé ses supérieurs pour prendre leur place, la Guildes des Marchands avaient refusé de juteux contrats pour plonger leurs habituels fournisseurs dans la précarité lorsqu’elle n’avait pas tout simplement imposé des blocus sur certains entrepôts, et la Guilde des Charpentiers de Marine, pourtant intimement liée à celle de la Fabrique des Canonniers, avait saboté les fonderies de canon, empêchant d’organiser les dernières défenses de la ville lors de la Poussée du Printemps.

Mais si Alexeï était connu au Kislev, il l’avait tout autant été dans l’Empire. Une fois ses exactions accomplies, l’homme avait pris de l’avance et, sans même attendre que tombât véritablement Erengrad entre les mains des Norses, s’était mis en tête de rejoindre les contrées plus au sud, et tout particulièrement Middenheim. Parvenant une fois de plus à s’intégrer dans cette ville comme s’il y avait toujours vécu, il réussit à monter la populace contre la KIENH, laquelle servait les intérêts des elfes, des nains, et des halflings, déclencha des émeutes dans la Très Respectable Guilde des Magistrats, ce qui, alors que les affaires ne pouvaient plus être jugées, engendra des vendettas personnelles entre les différents corps de métier, et n’alimenta que plus encore l’éternel conflit qui opposait les prêtres d’Ulric à ceux de Sigmar.

Si l’ensemble de ses actions aidèrent à provoquer la chute d’Erengrad, dont le pillage et la boucherie qui s’en suivit effacèrent toute trace, ou presque, de ses méfaits, Middenheim réussit à repousser le siège d’Archaon, et ses habitants commencèrent lentement mais sûrement à se souvenir d’un étranger à l’éloquence aussi prononcée que ne l’était son accent kislévite. L’on manqua de l’attraper, mais le bougre, soutenu par les quelques forces chaotiques dispersées çà et là, parvint à s’échapper et à disparaître dans la Drakwald. L’on perdit sa trace jusqu’à récemment ; il fut aperçu en train de franchir la frontière séparant la nation de Sigmar de la sienne, et l’on supposa qu’il tenta de rejoindre Erengrad. A partir de là, si sa piste disparut pour de bon, les rumeurs à son sujet, elles, continuèrent à faire parler les chalands.

De manière évidente, le comploteur ne s’était jamais présenté de la même manière à Erengrad et dans l’Empire, mais sa forte et haute silhouette, ainsi que son charisme couplé à son accent, avait suffi à le trahir. Son visage taillé à la serpe, pourtant étonnamment ouvert, lui conférait une autorité naturelle pour diriger, et sa voix chaude était capable d’engourdir les sens et de vous couper de tout, si ce n’était de lui. Si la longueur de ses cheveux comme de sa barbe changeait en fonction des postes qu’il affirmait occuper, une chose demeurait certaine ; il avait le geste précis qui venait ponctuer chacun de ses mots au moment les plus opportuns, et les épaules larges et le buste ouvert, comme s’il ne vous considérait jamais comme un adversaire. Définitivement, le décrire afin de demander à la populace si cette dernière ne l’avait pas aperçu à Zoïshenk ne posa aucune difficulté à la Lahmiane.

A moins que Dokhara eût une autre idée, elles passèrent le restant de leur soirée dans cette même auberge, parlant avec la populace, continuant de s’intégrer. Elles échangèrent avec quelques habitants, avec certains soldats avec qui elles s’étaient entraînées durant le trajet, et peut-être avec des figures plus importantes de Zoïshenk si certaines d’entre elles s’étaient arrêtées dans ce lieu de rencontre pour se rafraîchir le gosier après une journée de labeur. Enfin, elles allèrent se coucher.


***




Le lendemain venu, une soudaine lubie fit irruption dans l’esprit de Lucretia, et celle-ci laissa à peine le temps à Dokhara de déjeuner qu’elle l’entraîna à sa suite en direction du Nagyvàarr. Solidement bâti sur un plateau surplombant de sa hauteur le reste de l’île, il s’agissait d’une des forteresses les plus anciennes que le Kislev eût jamais connues. Là où le mur d’enceinte protégeant la ville avait été édifié en bois, la muraille ceinturant le bastion avait été construite en pierre, et, dès lors, une impression de robustesse vous frappait aux yeux. Et c’était sans compter ces quatre tours surmontées d’or et d’argent qui miroitaient à la ronde dont, pour Lucretia, la fonction première n’était pas autre que d’afficher sa richesse et sa puissance.

C’était dans ce bâtiment même, dans la grande salle du zal, que l’ataman recevait ses invités, écoutait les doléances, et répandait sa justice, et l’Immortelle avait précisément profité d’une de ces séances pour se faire connaître. Elle et sa compagne attendirent patiemment leur tour avant de se présenter, épées au fourreau, devant ce chef des Nakhimov qui répondait au nom de Pavel.

« Boyard Pavel, lança bien clairement Lucretia tout en s’inclinant,, permettez-moi de nous présenter. Ziska et Silke Schwertfeger, chasseuses de prime en provenance de l’Empire. Je gage que vous n’êtes pas sans savoir les ravages qu’aura causés un triste personnage sans patronyme répondant au nom d’Alexeï et qui, de par ses exactions et ses cabales, a ainsi provoqué la chute d’Erengrad lors de la Poussée du Chaos. Mais le Kislev n’a pas été la seule nation à avoir souffert des méfaits de cet homme ; l’Empire lui aussi a manqué de sombrer quand la cité de Middenheim s’est retrouvée au bord du gouffre. Et c’est pour cela même que nous nous tenons devant vous céans même. Afin de venger nos deux pays tout autant que de manière à renforcer l’amitié qui les a toujours liés, nous sommes en quête de ce cultiste du Chaos, et sommes bien déterminées à lui ôter la vie une bonne fois pour toutes. Nous avons ouï dire, à Erengrad, qu’Alexeï se serait réfugié non loin de Zoïshenk, et peut-être même dans la ville, profitant de l’arrivée prochaine de la Raspotitsa pour assurer sa sécurité tout en ourdissant paisiblement ses complots dans l’ombre. Eu égard à la situation géopolitique de la région, je gage que nul n’aura manqué de comprendre les différentes possibilités que ce fourbe a en réserve pour mettre le feu aux poudres et déstabiliser l’ordre qui y règne, ce qui sera à tout le moins une petite victoire pour les Sombres Puissances. Aussi, je vous le demande ; auriez-vous quelque nouvelle que ce soit à son sujet, ou en ce qui concerne les Forces de la Destruction ? Pouvons-nous librement enquêter sur cette personne afin de le mettre hors d’état de nuire, définitivement ? »

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Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises (lvl 1):
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Érudition
- Intimidation
- Alphabétisation
- Sens Accrus
- Vision nocturne
- Connaissance des démons
- Comédie
- Force accrue
- Esquive
- Monte - chevaux
- Coup précis lvl 3
- Arme de prédilection - épée à une main
- Escalade
- Coriace
- Chance
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 2
- Etiquette
- Intrigue de cour
- Littérature
- Réflexes éclairs
- Linguistique

Dons du Sang:
- Défi de l'Aube
- Innocence Perdue
- Domination
- Ame Profane
- Forme de Familier : Corneille
- Régénération Impie
- Sang argenté
- Sang vif

Escorte :
- 10 hommes d'armes
- un carrosse tiré par quatre chevaux
- Hans le cocher
- Marcus le capitaine de la garde
- Une petite bestiole attachante nommée Dokhara.

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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Dokhara de Soya » 22 juil. 2019, 17:05

Lorsqu'enfin la monotonie du paysage de l'oblast du nord fut bousculée par l'apparition de Zoïshenk au loin, Dokhara ressentit un pincement au ventre. Que son long voyage touche enfin à son terme était aussi réconfortant que terrifiant.
Puisqu'elles allaient vivre ici pour une durée indéterminée, il était important de faire bonne impression dès son arrivée. Aussi, prit-elle soin de soigner sa posture sur sa monture, se tenant bien droite après avoir vérifié que sa toque de fourrure était correctement ajustée sur sa crinière rousse. Ne souhaitant pas ressembler à une simple touriste, elle évita de laisser traîner son regard trop longtemps sur les cabanes de rondins qu'ils croisaient ainsi que sur leurs habitants curieux, gardant la tête droite et le regard porté vers l'horizon, notamment vers les quatre bulbes qui dépassaient des murailles en pierre de Zoïshenk.

Elle tiqua en apercevant la tour de guet faisant la jonction entre les murs de pierre et de bois, laissée à l'état de ruines. La Tempête du Chaos était passée depuis une dizaine d'années déjà, et pourtant le choix semblait avoir été fait de ne pas réparer cet édifice qui avait pourtant vue sur les faubourgs et le sud de la ville.

Ce n'était à la vérité qu'un détail, mais ce type d'observation faisait partie des choses qui lui avaient occupé l'esprit ces dernières semaines. Afin d'éviter de se laisser morfondre avec ses inquiétudes, Dokhara avait décidé d'occuper son esprit en réfléchissant à des angles d'attaque afin de s'établir une place d'importance à Zoïshenk, en se basant notamment sur toutes les informations dilapidées par Sasha. Quitte à devoir y résider pendant une durée indéterminée, hors de question que d'y garder le statut d'étrangère - Lucrétia et elle avaient trop de fierté pour ne pas s'imposer le challenge de s'y implanter solidement et d'y obtenir un certain pouvoir.

Pour ce faire, elles possédaient de nombreux atouts.

Tout d'abord, leur couverture. En tant que chasseuses de prime traquant le dénommé Alexei, un ennemi d'Etat tant pour le Kislev que pour l'Empire, elles pourraient légitimement se permettre de poser des questions qui auraient été autrement gênantes. Fouiller dans les petits secrets de certains, entendre les rumeurs et doutes planant sur d'autre, et se déplacer où bon leur semblerait sans que l'on se questionne sur leurs agissements - dans une certaine limite.
Ensuite, leur argent. Elles venaient avec une fortune non négligeable, ce qui signifiait qu'elles pouvaient investir dans la ville. Acheter des armes, aider à reconstruire ce qui a été détruit comme cette tour, relancer le commerce de denrées difficiles à obtenir, autant de possibilités qui ne pourraient qu’accroître leur importance dans la cité.
Elles avaient également leur simple force. Si pour le moment Dokhara n'était qu'humaine, cela ne devrait pas rester le cas bien longtemps. Dans un pays où le talent guerrier est respecté comme preuve d'autorité, utiliser la puissance naturelle d'une lahmiane pour établir son importance était une méthode certes un peu basique, mais qui serait certainement efficace dans pareil pays. Il fallait néanmoins admettre que ses entraînements martiaux contre la soldatesque protégeant la caravane compromettait quelque peu cet objectif la concernant - peut-être Lucrétia serait plus indiquée pour pareil rôle.
Restait néanmoins le charme. Ses premières approches du voïvode avaient rencontré un certain succès, et au vu des rumeurs le concernant, il ne devrait pas être bien difficile de se glisser dans son lit, et d'obtenir quelques informations juteuses sur l'oreiller.

Oui, songea Dokhara alors qu'elle remplissait le registre d'un garde de Zoïshenk, nous ne venons pas démunies. Ce devrait être un terrain de jeu intéressant pour voir ce que deux lahmianes peuvent accomplir au Kislev.

Sitôt le fonctionnaire parti, et alors que Sasha venait de s'engouffrer dans une auberge des faubourgs, Lucrétia vint susurrer quelques moqueries à ses oreilles. Elle aussi semblait heureuse de retrouver contact avec une civilisation certes différente visuellement, mais dont le brouhaha ambiant était en tout point identique à celui qu'elles connaissaient dans l'Empire.

- Lorsque l'élève éprouve des difficultés, est-ce ses capacités qui sont à blâmer ou bien la mauvaise pédagogie de son professeur ? susurra Dokhara avec un sourire doux-amer. Mais vous n'avez peut-être pas tort - aussi est-ce pour cela qu'avec mes notions balbutiantes de kislevarin, j'ai bégayé aux soldats que j'étais votre petite soeur pénible qui a insisté pour vous accompagner lorsque vous avez déclaré vouloir partir loin dans le nord toute seule, et qui est un fardeau dont vous vous accommodez surtout par amour : une version confondante de la réalité, n'est-ce pas ?

Soudainement d'humeur enfantine, Dokhara salua sa déclaration d'un vif baiser sur la joue de son amante.

- J'accepte votre proposition ma chère sœurette. La nuit tombe bientôt et je ne nous soupçonne pas d'humeur noctambule. Et vous avez raison, nous attirerons moins l'attention en ville en résidant dans une auberge qu'en dilapidant mon argent dans une cahute qui ne pourrait être à la hauteur de vos attentes. Néanmoins, une isba à quelques kilomètres de Zoïshenk aurait une utilité : un peu d'intimité ne serait pas du luxe pour faire ce que nous avons à faire sans être dérangées... mais si votre réputation ne peut souffrir demeure si humiliante pour si noble tâche, peut-être préférerez-vous le charme glorieux des ruines du Fort Saratov dont nous a parlé Sasha ?

Si Dokhara avait accentué certains mots pour le plaisir de taquiner sa consœur en ravivant les flammes d'une vieille rivalité opposant naturellement deux baronnes, elle n'en pensait à la vérité presque rien. Peu lui chalait qui d'elles deux utilisait l'argent des slaaneshis, surtout qu'elle savait parfaitement tout ce que Lucretia avait sacrifié lorsqu'elle avait choisi de fuir avec elle. Ce n'étaient que des mots destinés à préserver une apparence que la vampire savait factice, une rengaine de forme à défaut de fond.

Même la jalousie que ressentait Dokhara face à son amante qui s'acclimatait si bien de ce nouveau cadre de vie, s'étiolait rapidement dès lors qu'elle voyait la lahmiane si investie dans leurs nouveaux objectifs. Alors qu'elle semblait se morfondre pendant leur long voyage avec les stryganis, elle avait retrouvé un enthousiasme frénétique depuis Erengrad qui faisait plaisir à voir. En une poignée de minutes, elle avait déjà échangé avec pas moins de trois groupes de kislevites attablés dans l'auberge, et leur avait soutiré autant de sourires que d'informations. En comparaison, Dokhara ne pouvait que se glisser dans son ombre, incapable d'imiter son aisance verbale dans cette langue rude et complexe. Heureusement qu'elle était jolie, connaissait les règles d'une multitude de jeux de dés et de cartes, et surtout qu'elle tenait bien l'alcool, ce qui lui permettait de s'acoquiner avec quelques groupes de joueurs et de buveurs de kvas qui n'avaient besoin de nul raffinement dans leurs phrases pour éclater de rire à chaque minute. Pour la forme, elle montra à chacun l'avis de recherche dépeignant un portrait grossier du dénommé Alexeï - mais quand bien même l'un des individus aurait pu la renseigner qu'elle n'aurait sans doutes pas compris grand chose de ce qu'on lui aurait expliqué. A défaut d'obtenir de croustillantes informations, au moins la jeune femme s'amusa en faisant connaissance avec quelques habitants lors de cette première soirée à Zoïshenk.



***


Cette surenchère de vitalité, Lucrétia la manifesta dès le réveil. Sans doutes avait-elle profité de la nuit pour laisser ses pensées vagabonder tandis que Dokhara dormait comme une masse suite à une soirée bien remplie. A peine la jeune femme avait-elle mâchouillé deux bouchées de pain trempé dans son potage chaud que déjà son amante l'exhortait à se hâter pour explorer Zoïshenk, elle-même n'ayant pas pris la peine de faire l'effort de manger quoi que ce soit - pour qu'elle ne respecte pas sa routine d'humaine, c'est dire si la puissante lahmiane trépignait d'impatience. Bien incapable de lui refuser quoi que ce soit dès lors qu'elle la voyait si enthousiaste, Dokhara abandonna son assiette sans la finir et accompagna à grandes enjambées sa compagne en direction du Nagyvàarr.

Contrairement à la veille, impossible pour Dokhara de jouer les indifférentes face à la beauté du zal. Que ce soit les centaines de symboles ésotériques qui couvraient sa massive façade, la beauté des trois bulbes en or qui dominaient sa toiture, ou encore les gravures finement ouvragées qui ornaient chaque poutre soutenant la charpente du bâtiment, impossible de rester insensible face à l'architecture kislevite destinée à être aussi belle que robuste. Il fallut l'aide de l'index de Lucrétia appuyé sur son menton pour rappeler à la rouquine de refermer sa bouche entrouverte.

Lorsque vint le moment de l'audience avec l'ataman, Dokhara resta aux côtés de sa soi-disante sœur, un pas en retrait, la tête penchée en signe de respect. Elle comprit quelques mots de la tirade de Lucrétia : elle les présentait et parlait d'Alexeï, le motif factice de leur présence ici - les détails relevaient d'un vocabulaire bien trop complexe pour la jeune femme qui avait essentiellement retenu des militaires et des ivrognes une pelletée de jurons locaux.

Selon elle, l'idée de la vampire était excellente - il était important de se montrer au-delà de tout soupçon. En se présentant directement au boyard, elle attiraient l'attention sur elles et affichaient ainsi patte blanche dès leur premier jour. De surcroît, il leur serait plus simple dans le futur de laisser passer quelques jours de traque infructueuse pour naturellement, une fois Zoïshenk isolée météorologiquement du monde, proposer leurs services à l'ataman sur d'autres sujets.
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 22 juil. 2019, 20:03, modifié 1 fois.
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Dokhara de Soya, Voie de la Belle Mort, Demoiselle de la Mort

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Compétences :
- Sociales : Diplomatie, Éloquence, Empathie, Étiquette, Séduction
- Artistiques : Chant, Danse, Musique (violon), Tatouage
- Intellectuelles : Alphabétisation, Langue étrangère (strygani)
- Martiales : Bagarre, Fuite, Parade, Résistance accrue (spécialisation alcool), Sang-froid
- Divers : Sens Accrus

Bonus d'équipement : +2 PAR grâce à Main Gauche.

Fiche de personnage

Compétences en cours d'apprentissage :
Langue étrangère (kislevarin) 2/4
Ambidextrie : 3/4
Escamotage : 1/2
Adresse au tir (arbalètes) : 1/3
Monte : 1/2
Awards \o/
Warfo Award 2018 du meilleur PJ - RP
Warfo Award 2019 du meilleur PJ - Élaboration
Dream Team 2018 et 2019 avec Lucretia Von Shwitzerhaüm
Miss Vieux Monde 2019

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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par [MJ] Le Grand Duc » 22 juil. 2019, 23:21

Au matin, les baronnes quittèrent leur auberge des faubourgs toute de fourrures vêtues et récupèrent leurs superbes montures striganys à la petite écurie attenante. Un jeune palefrenier que la coiffure typique désignait comme un ungol, était occupé à brosser le pelage lustré de ces chevaux d'exception avec un air amoureux. Sasha était assit sur une botte de paille à côté et fumait sa pipe en cirant ses bottes de cuir. Le cocher regarda les deux imperinyi s'approcher et lança quelques mots aux jeune homme dans la langue de la steppe. Ce dernier s'écarta rapidement, comme surpris dans son rêve, et se tint là, debout, les mains croisés devant lui et le menton légèrement incliné en signe de respect.

- "Vos bêtes font tourner les têtes, mes bonnes dames." s'exclama Sasha en kislévarin. Ses yeux rieurs brillaient dans les plis de son visage usé. "Ecoutez le conseil d'un vieux cocher ..." dit-il en se penchant en avant sur le ton de la confidence, "... et gardez les à l’œil ! Vous êtes au pays des cavaliers ... mais aussi des voleurs !" Et il éclata de rire, le poing fourré dans sa botte. Plaisanterie ou mise en garde grivoise ? Lucrétia et Dokhara allaient le savoir bien assez tôt.

Elles mirent le pied à l'étrier et s'en allèrent. L'air était déjà froid en ce matin de fin de printemps et de la buée s'échappait des naseaux des chevaux et de la bouche de Dokhara. Pour autant, les quelques habitants qu'elles croisèrent ne semblaient pas si couverts que cela. Ils étaient probablement habitués à des températures bien plus cruelles et profitaient de ce qu'ils considéraient être encore "les beaux jours". Mais le tapis de feuilles mortes qui jonchait la rue boueuse ne mentait pas : l'hiver arrivait, et avec lui l'isolement de la stanitsa.

Les prétendues chasseuses de primes dépassèrent une vieille femme portant un lourd fagot de branches et un chasseur tenant la dépouille d'un renard par la queue avant de s'engager sur le long pont en bois qui permettait de franchir le bras inférieur de la Tobol pour mettre le pied sur l'île fluviale où se dressait Zoïshenk. Les sabots de leurs montures frappaient sur les planches épaisses avec un bruit sourd, tandis que, dessous, l'eau peu profonde laissait voir un lit de gros galets et d'algues ondulantes. Une étrange ombre passa dans ces dernières, comme un long et épais corps allongé qui disparu à peine apparu.

Les baronnes atteignirent le portail de la stanitsa, d'où partait, de chaque côté, une haute palissade en rondins taillés en pointe. L'entrée de Zoïshenk était gardée par deux soldats dont les tenues -que l'on pouvait difficilement appeler uniformes- mélangeaient les tons bleus et blancs avec le gris de leurs cols en fourrure. L'un d'eux portait une grosse hache à deux mains, et l'autre une épée et un bouclier en bois cerclé de fer, tandis que chacun avait une arc dans le dos et un carquois rempli à la ceinture. Ils appartenaient probablement au fameux corps des kossars, l'une des unités emblématiques du Kislev et ce qui se rapprochait le plus d'une armée de métier. Les kossars avaient la réputation d'être de féroces guerriers, mais aussi des individus peu fréquentables. De fait, nombre d'entre eux étaient d'anciens condamnés qui s'était vu offrir le choix entre s'engager ou purger leur peine. Le linteau du portail, au dessus-d'eux, était décoré d'une dizaine de crânes de loups alignés les uns à côté des autres. Plus haut encore, contre le parapet qu'encadraient les deux tours basses du corps de garde, un troisième soldat regardait distraitement les alentours, une chapka en fourrure miteuse enfoncée sur la tête. Les kossars laissèrent Lucrétia et Dokhara passer après que ces dernières aient présenté leurs documents, mais les deux femmes purent sentir les regards de la soldatesque peser dans leur dos quand elles entrèrent enfin dans le bourg.


Zoïshenk était une stanitsa de bonne taille. La plupart des bâtiments étaient en bois ou en brique crue, parfois les deux, et se côtoyaient en ne laissant entre eux que d'étroits passages la plupart du temps encombré de bassines, de fils à étendre, de fagots de bois et autres. Chaque perron était décoré de grisgris et de peintures à l'ocre, et beaucoup de portes servaient d'attache à une peau de bête fraîchement tannée et tendue sur un cadre vaguement circulaire pour sécher à l'air. Les rues terreuses étaient marquées par les pas des habitants, ainsi que les sabots de nombreux chevaux et chèvres. Ces dernières étaient particulièrement nombreuses, parfois enfermées dans de petits enclos ou attachées par deux ou trois devant l'entrée de l'une des isbas. Les autochtones étaient plus rares quant à eux. Certains vaquaient à leurs occupations, levant la tête au passage des baronnes et de leurs magnifiques chevaux. En réalité, la stanitsa semblait tourner au ralenti avec l'arrivée de la mauvaise saison et ceux qui s'attardaient n'étaient pas nombreux. Lucrétia et Dokhara longèrent des maisons, des ateliers et même une longue taverne. A chaque fois, la même histoire se répétait et elles -ou leurs chevaux- ne passaient pas inaperçus.

L'endroit était légèrement plus animé lorsqu'elles arrivèrent sur ce qui semblait être une place de marché. Le plateau rocheux sur laquelle s'élevait la forteresse de Zoïshenk surplombait ce petit espace ouvert bordé par plusieurs bâtiments et magasins. Les habitants venaient ici pour acheter des denrées auprès du marchand de poisson ou du paysan du coin, mais les étals étaient loin d'être aussi fournis ou colorés que ceux d'Erengrad et d'ailleurs. Ici, on mangeait le poisson de la Tobol, le bétail coriace des éleveurs, le gibier qui peuplait la steppe et les forêts, et les quelques légumes et tubercules qu'on arrivait à arracher à ce sol ingrat. Une grosse femme, assise sur un tabouret, vendait des bottes d'herbes aromatiques d'un vert vif tandis qu'un peu plus loin, entre l'étal d'un boucher et celui d'un chasseur, un homme proposait des paniers de champignons aux formes variées qu'il avait ramassé sur les bords de la rivière. Le bétail semblait être l'une des ressources importantes de la région, puisqu'on s'échangeait ici aussi bien des chevaux que des chèvres ou des porcs velus, et un ungol à la jambe de bois exposait même un panier plein de chiots déjà robustes et deux faucons encapuchonnés perchés sur son gros gant en cuir. De part et d'autre, des commerçants et des artisans achetaient des fourrures aux trappeurs et des peaux préparées aux pelletiers. On vendait aussi des selles et des harnais pour les chevaux. Certains marchands étaient coûteusement vêtus, ce qui laissait croire qu'un semblant de bourgeoisie était également établie dans l'oblast, chose incongrue à laquelle on pouvait ne pas s'attendre. Dans un coin, un montreur d'ours faisait de dresser sa bête muselée sur les pattes arrières devant une petite foule de spectateurs. Au centre de la place se dressait un menhir d'au moins douzes coudées qui semblait sortir du troupeau de chèvres qui s'agglomérait autour de sa base. La pierre ancienne était couverte d'un lichen noirâtre et des dizaines de crânes y étaient accrochés, depuis la base jusqu'au sommet. Cerfs, chevaux, élans, blaireaux, bisons, ours, loups, lynx : toute la faune de l'oblast étaient représentée sur les faces de ce formidable autel. Au sommet, le crâne d'un gigantesque fauve trônait. Dépassant en taille l'ours ou le bison, cette pièce présentait des crocs longs comme l'avant-bras montées sur une mâchoire démesurée. Les villageois allaient et venaient autour de ce formidable obélisque sans accorder plus d'attention à ces sentinelles silencieuses que cela.


Les gens, ici, portaient des vêtements colorés dès qu'ils le pouvaient : que ce soit un gilet, un surcot, des chausses, une écharpe ou un couvre chef. La fourrure était partout, de l'ourlet des gants jusqu'aux cols, et la plupart des ungols sentaient le cuir de chèvre à plein nez. Chacun portait une large ceinture sur laquelle on accrochait des petites médailles en fer brillant ou des houppes. Et si l'on regardait de plus près, tous affichaient des talismans plus ou moins discrets, sous la forme de petites bourses en cuir autour du cou, de pendentifs ou même de tatouages.

Après la place du marché, Lucrétia et Dokhara montèrent la rampe naturelle qui permettait d'accéder au plateau, poussant jusqu'au corps de garde qui en barrait l'accès. De nouveaux kossars les accueillirent et les laissèrent passer sans s'interposer. La base de la muraille qui ceignait l'endroit était en pierre, s'élevait d'environ deux mètres et était ensuite rehaussée d'une chemin de ronde en bois et de pieux en guise de créneaux. Les tours, quant à elles, étaient en pierre et montaient sur deux étages jusqu'à ce qu'un hourd aux panneaux de bois vienne coiffer leur sommet.

De ce côté-ci du corps de garde, les constructions étaient plus cossues et les gens plus richement habillés. Là, se dressait un grand temple en bois couronné par un imposant bulbe doré. Un clocher s'élevait à côté, au sommet duquel pendait une grosse cloche gravée et entourée de guirlandes en queues de renard. Les baronnes passèrent devant une grande forge et des bâtiments en brique ou à colombage, souvent jouxtés par des jardins fermés. C'est en suivant le chemin de terre qu'elles virent enfin le Nagyvàarr, le formidable zal de Zoïshenk. C'était une longue bâtisse au toit pentu d'où s'élevaient trois tours les unes derrière les autres, chacune coiffée d'un gros bulbe argenté. La façade arborait de magnifiques peintures à l'ocre représentant des chevaux, des animaux sauvages ou des esprits de la nature. Les kossars étaient beaucoup plus nombreux ici, et c'est un page qui vint réceptionner les montures des baronnes lorsqu'elles mirent pied à terre pour entrer dans la maison commune.


Elles pénétrèrent dans le long hall des audiences, bordé de deux couloirs à colonnades. Le sol était jonché de fourrures et de grands étendards pendaient des galeries à l'étage. Les murs étaient ornés de tapisseries colorées, de bois d'élan et de crânes d'animaux. Des gens attendaient ça et là, discutaient à voix basse et observèrent les nouvelles arrivantes. Le voïvode Alyosha, qu'elles connaissaient déjà, ne semblait pas présent. L'odeur d'encens était capiteuse et alourdissait l'atmosphère tandis que des braseros diffusaient une chaleur presque étouffante. Et haut fond, sur un estrade, siégeait le boyard Pavel Nakhimov, entouré par quatre Cavaliers Ailés en armure.


Image


Bientôt, ce fut au tour des imperinyi de s'approcher pour demander une audience à l'ataman. Elles purent entendre l'échange avec leur prédécesseur, un homme à la cape rouge qui s'inclinait très pas devant le seigneur.

- "Je t'ai entendu, Ivar." dit le boyard en kislévarin d'un ton las. "Mais l'hiver approche et les kyazaks se font plus hardis autour de Zamak Spayenya."
- "Mais monseigneur, les bandits ont pillé une nouvelle ferme la semaine dernière et la situation devient .."
- "ASSEZ. J'ai parlé. Tu peux disposer, Ivar. Qu'Ursun veille sur toi et les tiens."

Pavel fit un geste de la main pour intimer à son sujet de partir, et s'accouda avec un soupir. L’intéressé tarda, et l'un des Cavaliers Ailés fit un pas en avant, l'air patibulaire. Ce fut suffisant et Ivar s'inclina plus bas encore avant de faire quatre pas en arrière puis de se détourner. C'est la mine fermée qu'il passa à côté des baronnes, presque sans les voir.

- "Suivant."

Lucrétia et Dokhara s'avancèrent, et la lahmiane s'adressa au boyard dans un kislévarin déjà maîtrisé. Pavel haussa un sourcil étonné et se redressa à mesure que la baronne de Bratian lui exposait la raison de leur présence ici.

- "J'ignorais la présence de ce criminel sur mes terres, et je ne dispose d'aucune information à ce sujet, ce qui me fait fortement douter de la véracité de vos propres renseignements." répondit-il en kislévarin, fronçant légèrement les sourcils. "Au demeurant, permettez moi de corriger deux de vos inexactitudes. D'une part, c'est grâce au sang de mon peuple si l'Empire n'est pas tombé au cours de la Tempête du Chaos. Et d'autre part, c'est bien parce que le Nord protège le Sud que la chute de Zoïshenk ne serait pas "une petite victoire" mais bien un funeste triomphe pour les Puissances de la Ruine." Son ton était profond, sévère, et son regard bleu était froid. Il se leva et chacun, dans la salle, inclina brièvement la tête avec respect. "Mais s'il s'avère que vous avez raison, il convient de prendre les mesures nécessaires pour traquer et arrêter cet individu. Vous avez ma permission pour mener votre enquête comme vous l'entendez, à condition que vous rameniez cet homme vivant ici même. Si ce traître est né sur cette terre, c'est par les lois de cette dernière qu'il sera jugé." Ses traits s'adoucirent quelque peu. "Il est rare d'avoir des imperinyi dans ma demeure. Vos semblables n'aiment guère se rendre si loin au Nord. Je ne sais pas ce qui les terrifie le plus : le froid, les kyazaks, les monstres, ou nous." Rires francs des hommes dans le hall. "Mais je vous vois déjà armées et bien couvertes, je n'ai donc guère de craintes pour vous." Il sourit. "Soyez les bienvenues à Zoïshenk, Dames Schwertfeger. Considérez mon foyer comme le vôtre. Sous réserve de leur disponibilité, mes hommes sauront vous prêter main forte." Il jeta un regard à l'un des Cavaliers Ailés qui hocha la tête en signe d'assentiment. "Et n'hésitez pas à me solliciter si vous en ressentez le besoin. Voyez là l'expression de la générosité de mon peuple qui n'hésite pas à donner beaucoup, même lorsqu'il a peu."

Cette dernière remarque, dite avec le sourire, avait un arrière goût de reproches.




Et juste pour le plaisir, une petite charte sur les coiffures traditionnelles ungoles (la coupe au bol = love).
Image
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 26 juil. 2019, 18:34

Dans la grande salle où l’ataman écoutait les doléances de ses sujets, l’atmosphère paraissait plus sombre et confinée qu’elle n’aurait dû l’être. Lucretia expliqua cela par la dimension et l’architecture de la salle. Longue, elle n’était pas autre qu’un hall étiré que venaient amincir deux rangées de colonnes, ce qui séparait la pièce entre trois parties dont seule la centrale avait véritablement de l’importance. Plus encore, ces colonnades projetaient d’immenses ombres à même le sol, et faisaient obstacle aux rares jets de lumière provenant des tout aussi rares fenêtres découpées dans les murs de pierre. Plusieurs braseros peinaient à rétablir un semblant de luminosité, mais c’était peut-être là combattre le mal par le mal ; la lourde fumée noire qui s’en dégageait n’obscurcissait que plus encore la grande salle, et l’odeur capiteuse manquait de vous faire tourner la tête. Enfin, si les lourdes peaux et autres fourrures accrochées sur les parois comme posées au sol conféraient un charme bien kislevite à l’endroit, elles n’en absorbaient pas moins les réverbérations naturelles de la lumière, l’empêchant de se propager dans les alcôves.

Dans cette ambiance tamisée, les conversations allaient bon train, murmurées à voix basse, d’oreille à oreille, et les visages se penchaient les uns envers les autres dans un climat aussi solennel que comploteur. Mais dès lors que le boyard Pavel prenait la parole, le flot des chuchotements s’interrompait soudainement, et tous les regards convergeaient en direction de la chaire centrale sur laquelle trônait le noble kislévite. Légèrement sise en hauteur, elle permettait à l’homme qui l’occupait de s’environner d’une aura de supériorité, et les quatre cavaliers ailés immobiles qui protégeaient ce dernier ne venaient que parfaire ce sentiment de puissance qui en émanait.

Avant même de pouvoir se présenter devant Pavel, Dokhara comme Lucretia purent percevoir le semblant d’échange qui se déroula juste avant leur passage. Un homme, affublé d’une longue cape rouge, s’était incliné devant le boyard, lui témoignant toute sa déférence, et avait mentionné les difficultés et les périls qui menaçaient certainement ses fermes. Assurément demandait-il de l’aide auprès de l’ataman, mais celui-ci la lui refusa, rétorquant que, avec l’hiver qui venait et les bandits qui se rassemblaient non loin de Zamak Spayenya, Zoïshenk ne pouvait se résoudre à se séparer du moindre de ses gardes. Ivar, car tel était le nom du demandeur, fut alors contraint de courber l’échine et de se retirer sous le regard de l’assemblée qui, de part et d’autre du trône aussi bien que dans les étages, se remit à chuchoter. Lucretia observa l’homme battre en retraite, mémorisant bien cette scène qui, peut-être, se révélerait utile par la suite. Puis ce fut au tour de la Lahmiane de s’exprimer.

Elle décrivit les raisons qui les avaient poussées, elle et sa consoeur, à rejoindre les terres septentrionales du Vieux Monde, faisant mention du sombre individu que tous recherchaient activement. Le dialogue que l’Immortelle tint alors laissa un instant sceptique le boyard, qui fronça les sourcils avant de déclarer qu’il n’avait reçu aucune information sur la présence d’Alexeï à Zoïshenk, ce qui pouvait en amener plus d’un à douter de l’authenticité des informations qu’avait pu récolter la chasseuse de prime. Celle-ci, jouant le jeu, affecta la même expression, entrouvrant les lèvres pour prononcer quelques phrases avant de se raviser, l’air aussi perplexe que déçu. Ainsi, elle donnait l’impression que cette dernière nouvelle confirmant peut-être l’absence du cultiste céans même l’affectait beaucoup, et cela d’autant plus qu’elle se savait potentiellement piégée dans la mesure où l’hiver ne tarderait pas à pétrifier le Nord et ses routes de son souffle glacial. Mais, continuant de jouer la comédie, elle releva le menton, croisant fièrement le regard de Paval ; elle ne se laisserait pas facilement abattre.

L’ataman poursuivit en lui faisant remarquer quelques erreurs dans son jugement, quand bien même n’en vit-elle aucune de son propre point de vue. Lucretia n’avait jamais affirmé que le rôle du Kislev avait été inutile dans le combat qu’avait mené l’Empire contre le Chaos, pas plus qu’elle n’avait dit l’inverse. En ce qui concernait le funeste triomphe des Puissances de la Destruction, l’Immortelle détenait un avis plus modéré sur la question. Zoïshenk, de ce qu’elle avait pu constater, n’avait rien qui permît d’égaler la puissance et la grandeur d’Erengrad, pour ne citer que cette grande ville. La stanitsa ne semblait pas bien riche, comme si toute l’opulence dont elle avait un jour disposé avait été déversée sur les quatre bulbes d’or et d’argent qui faîtaient le Nagyvàarr. En comparaison du luxe et du confort dont elle avait pu jouir dans les capitales de l’Empire, Lucretia trouvait que Zoïshenk faisait bien pâle figure et ne méritait pas que l’on s’y attardât véritablement. Mais, de tout cela, la Lahmiane n’en pipa bien évidemment pas un mot.

« Vous avez l’on ne peut plus raison fit-elle plutôt tout en s’inclinant légèrement, il est des vérités à rétablir que mon pays, par souci de fierté, préfère parfois oublier, et celle-ci en fait partie ; les hommes du Kislev, quelle que fût leur origine, combattirent vaillamment le Chaos, tant et si bien qu’ils leur infligèrent de très lourdes pertes. Et je préfère ne pas penser à ce qui serait arrivé au Sud si, en l’absence des guerriers kislévites, les armées des Sombres Puissances avaient combattu sans avoir été préalablement gravement affaiblies. »

Lucretia laissa planer un petit silence afin que tous, dans la salle, pussent prendre la réelle mesure de ses paroles. Elle n’était qu’une simple femme impériale qui reconnaissait les mauvais travers de l’Empire, et la portée de son message s’avérait bien réduite, mais peut-être que ce dernier ne tomberait pas dans l’oreille d’un sourd. Elle reprit alors.

« La capture d’Alexeï, que nous traînerons donc devant vous si nous parvenons à mettre la main dessus, pourra peut-être, à défaut de réparer les immenses torts qu’il aura commis, apporter un semblant de vengeance à nos deux peuples réunis. Je m’inquiète néanmoins, ainsi que vous le dites, que nous ayons été conduites sur une mauvaise piste, si nulle information ne vous est jamais parvenue à son sujet, car nous voilà donc dans une impasse avec la venue imminente de l’hiver. Mais qu’importe, nous ne baisserons pas les bras, et le traquerons malgré tout. Et quand bien même le malfrat ne se trouve-t-il pas dans la région que, je n’en doute pas, il y a fort à faire en matière de cultistes ou de kyazaks à chasser. C’est là bien ce que peuvent réaliser deux humbles femmes impériales envers le noble pays qui les a jadis protégées. »

L’espace un moment, la vampire hésita à faire mention des tracas qu’éprouvait le dénommé Ivar, mais elle jugea qu’elle pouvait tout à fait le rencontrer de manière officieuse sans avoir à déranger l’ataman pour un sujet qu’il considérait comme secondaire. Il avait déjà statué sur cette affaire, et Lucretia ne se sentait pas en mesure d’abuser de la patience de leur nouvel hôte, lequel s’était montré bienveillant, en rouvrant la question. Non, Dokhara et elle avaient tout le loisir d’aller librement rendre visite à cette personne, et, même sans l’avoir traitée de manière officielle, si elles y parvenaient, nul doute que ces exploits parviendraient d’une manière ou d’une autre aux oreilles de Pavel et de toute sa cour. Aussi décida-t-elle de prendre congé.

« Merci pour votre généreux accueil, boyard Pavel, et pour avoir pris le temps de m’écouter. Il est dit et reconnu que l’accueil au Kislev revêt un caractère sacré ; je ne peux que le constater, et ne laisserai jamais personne, ni même un impérial, prétendre le contraire. »

Après une dernière révérence, Lucretia recula de quelques pas, et tourna les talons en compagnie de Dokhara. Lorsqu’elles furent un peu plus éloignées de la grande salle, hors de portée de toute voix, l’Immortelle reprit la parole.

« Cette affaire avec ledit Ivar a attisé ma curiosité. Je n’ai pas voulu remettre le sujet sur le tapis devant l’ataman, mais, en attendant, peut-être que nous pourrions lui rendre une petite visite afin de voir si nous pouvons lui être d’une quelconque aide. Cela pourrait nous permettre de poser les premières fondations de notre implémentation céans même, n’est-il pas ? »
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Dokhara de Soya » 30 juil. 2019, 16:30

Comme elle s'y attendait, Dokhara ne comprit pas plus la réponse de l'ataman que le discours de son amante qui avait précédé. Le peu de vocabulaire appris pendant le convoi suffisait à peine pour les échanges les plus triviaux, alors face à une personne possédant l'éducation d'un noble, il était vain de seulement essayer de saisir le sens de ses mots.
Heureusement, la jeune femme avait plus d'une corde à son arc. Naturellement empathe, elle s'échigna non pas à déchiffrer les mots qu'elle entendait, mais plutôt à percevoir les différences de ton dans sa voix ainsi que les mouvements de ses traits sur son visage - à défaut de comprendre ce qu'il disait, elle pouvait deviner ce qu'il ressentait à leur égard.

La voix dure, un peu sèche. Il fronce les sourcils, mais pas naturellement - il a forcé cette expression pour illustrer son propos, ce n'est pas son vrai ressenti. Il n'est pas en colère, il veut seulement asseoir son autorité. Pas étonnant face à Lucrétia - même déguisée en chasseuse de primes, il émane toujours d'elle ce je ne sais quoi de plus grand qu'elle.
Certains mots vibrent. Kislev et Zoïshenk notamment. Il se tient bien droit, il veut en imposer. Il est fier de son pays, de son village, de son parcours.
Il est sincère dans ses mots même s'il exagère certaines de ses expressions. Quoi qu'il raconte à Lucrétia, il ne ment pas.
Mon amante semble déçue, puis revêche. Elle joue la partition de son mensonge.
Le ton et les traits de Pavel s'adoucissent peu à peu. Il fait un trait d'humour, et ses quatre gardes rigolent un peu hautains. Taquinerie sans doutes, soit sur notre sexe, soit notre nationalité. Non, les kislevites ne discriminent pas les femmes - à l'image de Sasha et Ivan, sans doutes devait-il parler du mauvais présage qu'apportait inévitablement la présence d'impériaux aussi loin de chez eux.
Un sourire qui cette fois-ci nous est adressé. Il n'est pas plus sincère que son froncement de sourcils précédent, mais le ton de sa voix est devenu plus neutre, plus solennel. Son regard englobe la pièce, avant qu'il ne conclue sa tirade. Sasha avait insisté sur l'importance de l'hospitalité pour les gens du nord ; sans doutes se conformait-il à un certain protocole de politesse, et souhaitait donc à ses invitées d'être les bienvenues à Zoïshenk.


Dokhara laissa Lucrétia répondre à l'ataman - cette fois-ci elle n'essaya même pas de déchiffrer les paroles de la vampire tant le kislevarin la dépassait totalement. La lahmiane avait une grande expérience de la politique, la jeune femme pouvait lui faire confiance pour gérer seule la sauvegarde de leurs mensonges. Quelques révérences plus tard, elles purent quitter la salle d'audience.

Alors qu'elles sortaient du Nagyvàarr, Lucrétia vint adresser à sa consoeur ses propres réflexions, à voix basse et en reikspiel, avec une mine de conspiratrice dont l'enthousiasme faisait plaisir à voir.

- Ivar, le paysan qui passait avant nous ? J'ai cru comprendre qu'il parlait de bandits, et à son visage, la réponse de l'ataman ne fut pas celle qu'il attendait. Ma foi, je suis on ne peut plus d'accord avec vous - l'avantage d'un peuple aussi fier, c'est qu'ils ont une haute opinion d'eux-mêmes, et accordent donc une importance capitale au fait de rembourser leurs dettes. Plus ils nous sont redevables, plus on devient importantes.

Dokhara adressa à sa consœur un sourire désarmant avant de reprendre :

- Il va vous falloir vous habituer à être notre voix commune en public désormais, et m'expliquer en privé ce qui s'est dit ensuite : je n'ai malheureusement pas compris le quart de votre échange. Néanmoins, je gage que cela s'est bien passé - il n'a presque pas manifesté de méfiance envers vos explications. Je le pense de toutes manières trop fier pour seulement envisager que deux impériales puissent lui porter le moindre préjudice.

Elle haussa les épaules en prenant une mine chafouine pour appuyer son propos, avant de suivre Lucrétia.

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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par [MJ] Le Grand Duc » 31 juil. 2019, 22:00

Après leur court entretien auprès du boyard, les deux femmes sortirent du Nagyvàrr sous les regards et les murmures de l'assistance. Dehors, elles purent récupérer leurs montures et s'élancer à la suite d'Ivar avec l'espoir de le rattraper. Ce dernier n'était pas bien loin, puisqu'elles le trouvèrent à quelques pas du temple de Dazh et son bulbe doré, en train de discuter avec un homme portant un beau manteau doublé de fourrure lustrée et une large ceinture ornée de pendentifs en or. Ivar, quant à lui, portait une sobre tenue de voyage sous sa cape pourpre, qu'il détacha d'ailleurs de ses épaules tandis qu'il parlait, la roulant entre ses grosses mains pour la glisser dans les fontes de selle de son cheval qu'il avait auprès de lui.

Lucrétia et Dokhara s'avancèrent à sa rencontre, mirent peut être pied à terre et se présentèrent. Elles lui firent part de ce qu'elles avaient entendu de sa demande auprès du boyard, puis se présentèrent comme des chasseuses de prime impériales en quête de criminels cachés dans l'Oblast. A ce titre, elles proposèrent à Ivar de les informer sur les difficultés qu'il rencontrait contre les bandits. Il était visiblement contrarié et regardait les deux femmes, stoïque, tandis que l'homme avec qui il discutait peu avant inclina la tête et se retira.



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Ivar poussa un long soupir et s'anima enfin pour refermer les lacets de ses fontes, tournant ainsi le dos aux imperinyi.

- "Depuis l'an dernier, un groupe de bandits s'est installé dans les terres sauvages autour de Chilgir, mon village." dit-il d'une voix aux accents raclés. "La plupart d'entre eux viennent de la mine d'Oulianovsk. Ils rôdent dans la région, volant le bétail et pillant les kolkhozes isolées. Cyka blyat ! Ces chiens ne valent pas mieux que les kyazaks. Que les esprits les tourmentent."

Il cracha sur le sol poussiéreux puis mit pied à l'étrier et se hissa sur le dos de sa robuste monture, un petit mais solide cheval de l'Oblast.

- "Notre ataman, Ursun le garde, estime que cette menace n'est pas assez importante pour nous envoyer de l'aide. Moi, j'en dis qu'au printemps prochain, il suffira que les bandits et les peaux-vertes en maraude des Crocs enchaînent leurs raids pour que la tirsa parte en cendres." Il fit une moue désabusée et regarda les cieux couverts par une mince couche de nuages. "D'habitude, nous sommes suffisamment nombreux pour défendre Chilgir. Mais dernièrement, les krugs des Dol'nyy disparaissent à l'horizon la veille des attaques, et même les Kossuth, que je pensais nos frères, ne prennent plus la peine de faire le tour des kolkhozes." Il se pencha vers les baronnes, les bras croisés sur le pommeau relevé de sa selle. "Maintenant que la guerre contre les zakhvatchik est terminée, les temps sont durs. Gospodars et ungols, c'est dans l'adversité que nous êtions unis. C'était le seul moyen de survivre. Mais la paix est venue. Le Nord lèche ses plaies comme il l'a fait ces dix dernières années, et comme il le fera encore longtemps. Alors les hommes deviennent des loups et les frères trahissent les frères. Ce qui nous arrive, ce ne sont pas les dieux ou les esprits qui l'ont décidé. Ce sont les infidèles qui rêvent de nous voir nous déchirer pour régner sur l'atamanat. Mon fils dit que je délire, mais moi je connais la vérité. Les kolkhozes qui ont été attaqués appartiennent à des familles gospodars. Il y a deux mois, l'un de mes cousins a été égorgé dans la steppe alors qu'il gardait ses bêtes. Ils ont planté sa tête sur une pique après lui avoir arraché les yeux." Il se redressa, l'air sinistre. "Croyez moi, ce ne sont pas de simples rapines. C'est une lutte organisée. Mais la steppe est aussi la mère des gospodars, et nous ne l'abandonnerons pas si facilement, Tor m'en soit témoin. Nous nous battrons. Avec ou sans l'aide du boyard."

Il mit sa monture au pas d'une simple pression des cuisses, se dirigeant vers le corps de garde et le bourg en contrebas.

- "Je vois mal ce que peuvent envisager de faire deux imperinyi contre une troupe de bandits. Mais si vous décidez de vous y attaquer, soyez sûres d'être récompensées pour chaque tête de ces chiens que vous ramènerez. Soyez cependant averties : les premières neiges ne vont pas tarder à tomber. Toutes vêtues de fourrures que vous êtes, le froid vous trouvera et le Ryzhnyi Khoziain vous emportera." avertit-il, sinistre. "Si vous venez à Chilgir avant la raspotitsa, vous y serez accueillies jusqu'au printemps."



Pour une idée des selles, taper "selle mongole" sur Google image.
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Dokhara de Soya » 02 août 2019, 16:04

Ce qui est particulièrement insupportable, avec les langues étrangères, c'est que non seulement il faut faire un immense effort pour maîtriser toute leur complexité, mais de surcroît, lorsqu'elle est utilisée dans un grand pays regroupant plusieurs types de civilisations, on en retrouve des variations partout. Un homme du sud n'a jamais le même accent qu'un homme du nord, un homme riche n'aura pas le même vocabulaire qu'un homme pauvre, et un homme de la ville n'utilisera pas le même patois qu'un homme de la campagne.

Dokhara ne comprit pas un seul mot qu'Ivar leur adressa. Pas. Un. Seul. Et vu qu'il préférait ranger ses affaires et remuer dans tous les sens plutôt qu'observer directement et calmement ses interlocutrices, pas moyen d'observer les mouvements de son visage derrière son impressionnante pilosité rousse.

Sigmar soit loué, Lucrétia ne joua la rétention d'informations qu'une poignée de secondes, sourire condescendant à l'appui, avant de daigner lui traduire en reikspiel l’essentiel de ce qu'Ivar avait pu leur conter.

- Ça recoupe les rumeurs colportées par Sasha et celles entendues à l'auberge hier soir. La guerre gagnée, les vieilles tensions ont repris de l'ampleur. Deux factions qui s'affrontent dans une ville isolée du monde pendant des mois ; on dirait que nous avons le champ libre pour être celles qui appuieront d'un côté ou de l'autre de la balance.

Dokhara voulut faire un sourire complice à Lucrétia, mais le masque s'effrita bien vite, ses lèvres retroussées redescendant lentement pour prendre une mine plus inquiète.

- Des bandits par dizaines, un froid capable de tuer les voyageurs les plus aguerris... et nous n'avons plus personne sur qui compter à part nous-mêmes. Et je... je ne suis pas taillée pour ça.

Elle plongea son regard dans les pupilles émeraudes de son amante. Elle aurait juré voir un sourire contenu derrière la façade qu'entretenait la vampire, comme si elle était impatiente d'entendre des mots qu'elle devinait par avance.

- Des hors-la-loi dont la tête est mise à prix, des fermes isolées de Zoïshenk par la raspotitsa, un fort abandonné où personne ne nous dérangera... les conditions semblent réunies. Et plus nous attendons, plus je... je...

Dokhara serra les poings de toutes ses forces, s'obligeant à ne pas céder à la peur qui se frayait un chemin dans son esprit depuis quelques jours. Puis elle tendit ses mains pour se saisir de celles de son amante face à elle, son contact l'aidant à surmonter ses bouffées de terreur, avant de lui déclarer avec tout l'aplomb que lui permettaient les tremblements de son corps.

- Je pense que le moment est venu. Je veux que nous nous mettions en route pour Fort Saratov.
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 04 août 2019, 17:43

Dokhara semblait elle aussi partager les mêmes idées que Lucretia, aussi sortirent-elles rapidement de Nagyvàarr pour suivre la trace du prénommé Ivar. Sur le chemin, alors que leurs grandes enjambées décidées martelaient le sol de terre battue, la Lahmiane décrivit dans les grandes lignes l’échange qu’elle avait eu avec le boyard Pavel. Effectivement, l’ancienne baronne de Soya ne comprenant pas un traître mot kislévarin, l’Immortelle n’avait pas d’autre choix que celui de lui traduire tous les échanges qui avaient et qui auraient lieu.

Elles trouvèrent rapidement l’homme qu’elles recherchaient ; celui-ci se tenait en bordure du temple de Dazh facilement reconnaissable à sa grande tour faîtée d’un bulbe doré, à quelques pas de là. Lucretia s’approcha de lui en le saluant dans un premier temps de la tête, prestement, tandis que Dokhara demeurait légèrement en retrait dans son ombre. Ce serait bien évidemment à cette première que d’expliciter les raisons de leur venue céans même.

« Etes-vous bien le dénommé Ivar que nous avons croisé à Nagyvàarr ? Nous avons rapidement suivi votre échange avec l’ataman, et ce dernier n’a aucunement paru donner lieu à votre requête. Permettez-moi de nous présenter ; Ziska et Silke Schwertfeger. Nous sommes des chasseuses de prime en provenance de l’Empire, et, bien que nous soyons actuellement sur les traces d’un des plus grands escrocs que ces dernières années aient connus, nous ne nous interdisons pas quelque autre contrat çà et là. Si fait, j’ai ouï dire que les kyazaks se faisaient plus nombreux et téméraires autour de certaines fermes qui sont vôtres ? Pourriez-vous nous en conter davantage ? »

Ivar, dans un premier temps, se montra quelque peu sceptique, mesurant du regard les deux jeunes femmes qui s’étaient présentées à lui. Puis, décidant peut-être qu’il n’avait rien à perdre, soupira longuement avant d’entrer dans les détails. Effectivement, depuis un an, le village de Chilgir était menacé par des bandits qui se montraient de plus en plus agressifs, bandits qui provenaient justement de cette mine dont leur avait parlé Sasha. Lucretia, tout en écoutant les informations que continuait de lui servir Ivar, refit un petit point sur Oulianovsk.

Il s’agissait d’une ancienne mine de sel qui avait jadis était utilisée comme centre pénitencier par le tsarat. Les pires criminels, issus de tout le Kislev, y avaient été envoyés pour y être condamnés à mort par les tchékistes. Mais, là-bas, point d’exécution, non ; l’on se contentait d’arracher toute la productivité que ces gens pouvaient fournir en les faisant travailler nuit et jour jusqu’à ce qu’ils meurent de fatigue et d’épuisement. Une manière habile d’obliger ces hommes à dédommager le Kislev pour tous les méfaits qu’ils avaient accomplis. Toutefois, une révolte éclata, et les gardiens furent massacrés. Igor, le père de l’actuel ataman, Pavel, comprit la gravité de la situation et décida de racheter la concession minière, prévoyant d’y envoyer sa soldatesque pour nettoyer les lieux et ainsi augmenter la portée de son territoire. Mais le boyard trépassa avant de pouvoir réaliser ce souhait, et son fils laissa de côté cette affaire. Depuis lors, les bandits avaient quartier libre pour effectuer des raids sur les caravanes passant à portée de leur zone d’action, et pour piller les fermes et les villages aux alentours.

Ivar, alors sur le départ, continuait sa logorrhée. Il expliqua que Paval ne considérait pas cette menace à sa juste valeur, et que son propre hameau, s’il avait coutume d’être assez pourvu en hommes pour se défendre tout seul, se trouvait subitement vidé de tout guerrier dès lors que les malfrats apparaissaient à l’horizon. Puis il se mit à jeter la faute sur ce que Lucretia eut du mal à comprendre, et elle décida de le couper momentanément pour expliciter la situation.

« Les krug des Dol’nyy et des Kossuth ? Qui sont-ils ; parleriez-vous de clans ungol ? »

Si Lucretia posait la question, c’était que Sasha leur avait mentionné quelque chose de ce goût-là. La rumeur courait que les ungols opposés aux gospodars se fussent alliés avec les bandits de manière à leur apporter une certaine influence capable de déstabiliser le régime actuel. Si tel était le cas, s’attaquer à ces bandits pouvait être plus compliqué que prévu.
Par la suite, Ivar n’avait plus grand-chose d’autre d’intéressant à raconter que ne savait ou supposait déjà la Lahmiane. Elle écouta presque distraitement l’amertume qu’il éprouvait à l’encontre de son pays et de certains de ses habitants, et hocha la tête lorsqu’il en eut terminé.

« Nous verrons bien ce que nous pourrons faire », lui répondit Lucretia alors qu’Ivar s’en allait en direction du bourg après les avoir averties que la tâche ne serait pas facile et que l’hiver était aux portes du Kislev. Puis elle se tourna vers Dokhara, petit sourire amusé inscrit sur le visage.

« Alors, que pensez-vous de tout cela ? »

Un moment de flottement se fit ; la jeune femme n’était aucunement en mesure de répondre à sa consœur, ne comprenant pas un traître mot kislévarin, ce qui amusa d’autant plus sa tortionnaire. Celle-ci se contenta de hausser un sourcil interrogateur avant de laisser s’écouler une nouvelle seconde et de tout lui révéler de l’échange qui venait d’avoir lieu.

Ce qui était certain, c’était que les deux impériales partageaient le même point de vue sur la question ; Dokhara s’imaginait déjà au beau milieu des tensions qui animaient le pays et les deux populations qui y vivaient. Mais son engouement décrut aussi vite qu’il était survenu ; cette opération n’était pas sans danger, surtout pour elle. Effectivement, ès qualités d’humaine, elle s’avérait aussi sujette au froid qu’elle demeurait fragile face à n’importe quel assaillant, et il y avait fort à parier qu’elles devraient toutes les deux composer avec l’un comme avec l’autre. Dokhara craignait pour sa vie, à sa manière, elle redoutait de n’être qu’un fardeau dans cette mission à accomplir. Elle désirait que le Baiser de Sang se fasse le plus tôt possible. Elle voulait aller à Fort Saratov.

Si bien des piques passèrent dans l’esprit de la Lahmiane, celle-ci connaissait tout l’enjeu et tout le sérieux de la situation, et s’abstint bien de ne faire aucun commentaire. Elle plongea son regard dans celui de son amante, et il lut à la fois toute la détermination qu’elle était capable de mobiliser, mais aussi toute la peur qui la gangrenait face à pareil choix. L’Immortelle hocha simplement la tête.

« Alors allons récupérer nos affaires, assurons-nous d’avoir assez de vivres pour le trajet, assez de vêtements de rechange, assez de fourrures, et mettons-nous en marche dès que nous serons certaines de la route à suivre. Mais nous n’irons pas à Fort Saratov ; il est à l’opposé même de là où nous souhaitons nous rendre, la mine étant à l’extrême Est de l’atamanat si nous devons en croire Sasha. Nous aurons tôt fait de nous dégoter une vieille ruine ou quelque chose de cet acabit-là sur le trajet. »

Je pose donc la question à Ivar concernant les Krugs des Dol’nyy et les Kossuth, histoire d’en savoir davantage à leur sujet.
Puis l’on prend nos affaires, l’on achète des vivres et de l’eau, l’on se renseigne sur la route pour la mine Oulianovsk et pour Chilgir avant de mettre les voiles avec nos montures.
Pour la ruine sur le trajet, dans la mesure où la région est similaire à Velen, j’imagine que Sasha nous aura aussi conté la quantité de lieux oubliés et les bâtiments abandonnés qui forgent le paysage de l’Oblat, sans compter les marécages et les bois éloignés.
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 04 août 2019, 18:29, modifié 1 fois.
Raison : 6 xps / Total : 60 xps
FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140
Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises (lvl 1):
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Érudition
- Intimidation
- Alphabétisation
- Sens Accrus
- Vision nocturne
- Connaissance des démons
- Comédie
- Force accrue
- Esquive
- Monte - chevaux
- Coup précis lvl 3
- Arme de prédilection - épée à une main
- Escalade
- Coriace
- Chance
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 2
- Etiquette
- Intrigue de cour
- Littérature
- Réflexes éclairs
- Linguistique

Dons du Sang:
- Défi de l'Aube
- Innocence Perdue
- Domination
- Ame Profane
- Forme de Familier : Corneille
- Régénération Impie
- Sang argenté
- Sang vif

Escorte :
- 10 hommes d'armes
- un carrosse tiré par quatre chevaux
- Hans le cocher
- Marcus le capitaine de la garde
- Une petite bestiole attachante nommée Dokhara.

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