[Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Kislev, pays de sombres forêts de conifères, d'étendues neigeuses et de steppes balayées par les vents, se trouve l'est de l'Empire. Pendant des siècles, il a été un rempart face aux incursions dévastatrices du Chaos venues du nord. Kislev est un allié fidèle et puissant de l'Empire, toujours prêt à envoyer ses troupes à son secours

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Dokhara de Soya
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Dokhara de Soya » 05 juil. 2019, 19:30

Jour 65.


La fin du chemin.

Ça fait un moment que j'écris ça dans ce carnet. Que le bout du voyage approche, que la conclusion est à portée. Notre destination, celle de ma dernière demeure, a même un nom désormais : Zoïshenk.
Ça a été long. Trop long.

C'est étrange. Je me sens étrange.

Je ne peux pas m'empêcher de penser : et après ?

Je n'ai jamais vraiment réfléchi à la suite. Évasivement, avec Lucrétia, nous élaborions quelques fantasmes de futurs dans lesquels nous conquerrions quelques terres, posséderions des milliers de serviteurs et tout autant de châteaux qui ne nous serviraient à rien sinon à vivre dans une surenchère de luxe.

J'étais heureuse à Erengrad. Amoureuse. Et en paix avec moi-même, sans doutes pour la première fois de ma vie. Je savais qui était Dokhara de Soya, je comprenais ma place, mes envies, mes désirs, et mes actes étaient en accord avec mon âme et mon cœur. Je me sens niaise à écrire cela. Mais je crois avoir touché le bonheur du bout des doigts.

C'est ce périple vers ma mort qui m'a changée. En deux mois, j'ai tant appris. Loin de tout ce qui me retenait, serviteurs comme domaine, luxe comme obligations. Détachée de tout ce qui tirait mes ficelles, j'ai été libre d'apprendre. Lorsqu'on souffre de la fatigue, de la culpabilité, de l'appréhension du danger, de la mort de tout ce que l'on touche, de l'échec de notre vie toute entière, c'est plus facile d'accepter sa fin à venir. Mais notre périple a été trop long. J'ai eu le temps de panser mes blessures. De trouver la sérénité. Grace à Lucrétia. Quel paradoxe que de retrouver gout à la vie sur le chemin me menant à ma mort.

Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Ma mort.
Je ne vais pas juste "changer". Je ne m'apprête pas à enfiler de nouveaux habits, essayer une nouvelle coupe de cheveux, ou déménager d'un domaine à l'autre. Je ne vais pas juste enfiler un nouveau visage comme je n'ai cessé de faire lorsque j'alternais entre vie de noble et de cambrioleuse.
Je vais mourir, et la magie noire va traverser tout mon corps pour le faire revivre. Mais ce qui renaîtra, ce ne sera plus "moi".

Combien de fois ai-je posé cette question à Lucrétia ? Au moins une fois par jour. Et pas une seule fois sa réponse n'a éclairci ma compréhension. Ou plutôt, pas une seule fois ai-je eu la réponse que j'aurais voulu entendre, alors l'ai-je ignorée.
Je sais qu'elle était encore toujours plus ou moins "elle" à son réveil, mais dotée de nouveaux sens, de nouvelles capacités, et d'un nouvel univers tourbillonnant de possibilités qui s'offrait devant elle. Mais elle a toujours insisté sur le fait que cette fille là a vite disparu. Aujourd'hui, elle ne ressent plus que du dédain pour celle qu'elle était, humaine ou jeune vampire.
Et peu importe combien j'aimerais me convaincre désormais que je n'emprunterais pas le même chemin, je sais que c'est un mensonge. Ce sera une autre personne qui relira ce carnet, et qui ne ressentira nulle nostalgie à la lecture, mais seulement du mépris pour cet étalage incessant de doutes et de craintes.

Et quoi ? La nouvelle Dokhara, armée de sa supériorité, partira en quête de conquête dans le Kislev ?
J'ai dit me sentir étrange, mais à la vérité je me sens surtout... étrangère. Aller au Kislev me paraissait une bonne idée, car c'était loin de nos ennemis. Je ne suis pas venue parce que je voulais vivre ici, mais parce que je voulais y mourir. Ces gigantesques plaines à perte de vue, cette langue aussi dure que complexe, ce froid glacial... je ne suis pas à l'aise. Oh bien sur, les panoramas sont splendides, surtout cette steppe infinie à perte de vue, le dépaysement est total, et je suis bel et bien émerveillée par toute cette nouveauté. C'est juste que...je n'ai jamais quitté l'Empire de ma vie, je ne connais que ça. C'est une chose que de s'intéresser à la vie et à la culture des étrangers, mais je n'en étais jamais devenue une. Mon manoir d'Altdorf a brûlé, mes terres de Priestlisheim confisquées, mais l'Empire, ça reste "chez moi". J'ai quitté ma maison, et je ne sais pas si j'y reviendrais. Je n'avais jamais envisagé perdre ça. Je ne sais pas pourquoi ça m'affecte, ça ne parait pas important, et le pays de Karl Franz ne m'a jamais apporté que des épreuves insurmontables. Pour une nouvelle vie, c'est pragmatiquement une bonne chose que de la démarrer loin de toute attache... mais la logique ne trouve pas sa route dans mon sentiment. J'abandonne un bout de moi-même.

Je réfléchis trop. La faute à l'inactivité - trop souvent un chariot finit immobilisé, et nous perdons un temps fou en réparations. Bon sang, Lucrétia a même organisé des paris sur le sujet tant c'est fréquent. Avec notre argent, d'ailleurs.

Lucrétia. Ça me fait mal de le dire, mais je préférais lorsqu'elle était une paria au sein des stryganis. Ici, elle virevolte de curiosité, apprend à toute vitesse la langue et les mœurs locaux, se prête à rire avec chacun et se fait très vite aimer du plus grand nombre. Comment ne pas la jalouser ?

Moi... à cause de mes doutes, je n'arrive plus à me concentrer sur rien. J'ai de terribles difficultés à comprendre la grammaire kislevite, c'est à peine si j'arrive à balbutier quelques mots après deux semaines à la travailler. Je crois que j'agace même mon amante, qui tente de m'aider à apprendre mais s'impatiente vite devant mon incompétence.

Même problème avec le maniement des armes. Pour m'occuper l'esprit, elle m'a proposé de m’entraîner avec les soldats accompagnant le convoi - en effet, après deux mois à me battre contre elle, je commence à trop bien connaitre ses techniques pour faire des progrès significatifs. Mais je n'étais pas à ce que je faisais, et le froid engourdissait mes mains : mes prestations furent très mauvaises. J'ai rendu quelques coups, parfois réussi une feinte, mais le cœur n'y était pas et mes opposants m'ont presque systématiquement vaincue. Heureusement que Lucrétia a elle aussi échangé des passes d'armes avec eux, bien plus glorieuses, pour protéger notre couverture de dangereuses chasseuses de primes. A défaut de me démarquer, j'ai néanmoins perfectionné mes réflexes défensifs - si pas un seul de mes coups ne portait, j'arrivais de mieux en mieux à dévier instinctivement les attaques qui m'étaient portées : mes mouvements deviennent plus naturels, fluides, moins réfléchis et plus efficaces. Ça ne me fera pas gagner de combat, mais au moins l'objectif premier visé par Lucrétia pourra être partiellement rempli : je devrais être capable de gagner assez de temps contre un adversaire pour qu'elle vienne me sauver.

C'est un peu déprimant.

Heureusement, il y a Sasha. Complet opposé du taciturne Idriss, ce cocher-ci est atteint d'une logorrhée particulièrement divertissante. Jamais avare d'histoires et d'anecdotes, il a l'avantage de maîtriser aussi bien le kislevarin que le reikspiel, et surtout, d'être une source intarissable d'informations sur notre destination. Quand bien même j'éprouve quelques doutes sur ma capacité à me sentir chez moi au Kislev, le pragmatisme m'impose une rigueur exemplaire sur mon apprentissage du contexte géopolitique dans lequel je vais me retrouver empêtrée. Avec ma transformation arrivant, et la venue de l'hiver qui coupera l'accès à la ville, je vais passer au minimum plusieurs mois dans Zoïshenk : il est donc particulièrement important que j'aie toute les clés de compréhension qui me permettront de m'y intégrer et d'y survivre.

De ce côté-ci, les nouvelles sont bonnes : la stanitsa est gangrenée par les conflits entre ungols et gospodars. Peu de querelles ouvertement déclarées bien sur, mais Sasha insista plus d'une fois sur l'importance des vieilles tensions entre les deux peuples, de rivalités trop ancrées pour ne plus exister dans les non-dits. En ajoutant un marchand trop ambitieux, un artiste révolutionnaire, un prêtre zélé, des réfugiés écrasés par la misère, des brigands attaquant les tirsas, et un groupe d’extrémistes ungols, on a le parfait mélange de poudres auquel mettre le feu. Un climat idéal dans lequel se permettre quelques écarts de conduite, avant de rejeter toute responsabilité vers l'entité la plus gênante du moment.

Lucrétia et moi avons réussi à profiter du confort de l'unique fiacre du convoi. Néanmoins, si mon amante a trouvé la patience de supporter son principal occupant afin de se faire une relation parmi les marchands, je n'ai pas eu cette même résilience. Quitte à être accompagné par un personnage politique important de Zoïshenk, j'ai préféré employé mon temps restant à approcher le voïvode Alyosha. La barrière de la langue a évidemment limité mon champ d'action, mais il est des choses qui n'ont nul besoin de vocabulaire pour être exprimées. Voyant son admiration pour ma monture strygani, j'ai saisi l'occasion en lui proposant de faire une course - que j'ai évidemment perdu, mes pathétiques talents de cavalière peu adaptés à pareil exercice, je me suis lamentablement vautrée sur le sol à mi-parcours. Néanmoins, le résultat en fut positif, puisque soucieux de ma santé, il est venu m'aider à me relever, établissant un contact physique dont il s'était abstenu auparavant, et échangeant quelques sourires. A défaut de le séduire par ma grandeur et ma prestance, le rôle de la ravissante potiche fonctionne tout aussi bien malgré moi. Il est charmant, garde une certaine distance à cause de la présence de ses hommes qui nous observaient, mais il a répondu à mes regards avec une insistance me laissant penser qu'il y a matière à creuser. C'est un bon début à ma future intégration, je suppose.

Plus qu'une semaine de route selon Sasha.

Je dois arrêter de penser. Juste avancer, sans me poser de questions, et faire ce pourquoi cet interminable voyage a commencé. Je ne peux plus me permettre de douter maintenant.

Zoïshenk, me voilà.


Résumé des jets demandés à Duc en mp :
Jets de combat pour l'entrainement : 14, 15 et 18 , totalement raté
Jet de séduction sur le voïvode : 13, réussi.
Jet de monte pour la course à cheval : 15, raté.

Résumé de progression des compétences en cours d'apprentissage :
Langage : kislévarin 1/4
Ambidextrie : 3/4
Parade : 3/3, terminé et appris pour 15 xps temporaires. Attention à bien me les retrancher Duduc !
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 07 juil. 2019, 12:01, modifié 1 fois.
Raison : 6 xps / Total : 50 - 15 (achat d'une compétence) = 35 xps
Dokhara de Soya, Voie de l'aristocrate, Noble
Profil : For 9 | End 9 | Hab 11 | Cha 15 | Int 11 | Ini 10 | Att 11 | Par 11 | Tir 10 | NA 2 | PV 75/75
Compétences : Étiquette, Diplomatie, Séduction, Éloquence, Alphabétisation, Musique (violon), Danse, Chant, Tatouage Empathie, Parade, Bagarre, Sang-froid, Résistance accrue (spécialisation alcool), Fuite
Bonus d'équipement : +2 PAR grâce à Main Gauche.

Fiche de personnage

Compétences en cours d'apprentissage :
Ambidextrie : 3/4
Langage - kislévarin : 1/4
Awards
Warfo Award 2018 du meilleur PJ - RP
Warfo Award 2019 du meilleur PJ - Élaboration
Dream Team 2018 et 2019 avec Lucretia Von Shwitzerhaüm
Miss Vieux Monde 2019

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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par [MJ] Le Grand Duc » 06 juil. 2019, 21:08

Les trois chevaliers de l'Ordre de l'Etoile Blanche se rencontrèrent au milieu de la piste poussiéreuse pour s'accorder un salut martial. Le convoi n'eut pas le temps de les dépasser que, déjà, ils talonnèrent leurs destriers et filèrent à l'oblique, s'élançant au galop vers quelque curieuse destination à l'Ouest.

- "C'est bien la première fois que je vois ça." commenta Sasha en kislévarin, observant les impériaux du haut de son banc de cocher. "Je sais pas ce qu'ils vont faire par là bas, mais ça m'étonnerait pas qu'on retrouve leurs os blanchis avant la prochaine lune."

- "Quand les imperinyi ont affaire dans l'oblast, ça n'envisage jamais rien de bon ..." répéta Ivan, laconique, en resserrant sous son menton les lacets de sa chapka.

Ce sont sur ces mots que le la caravane entra enfin dans la pinède de Zoïshenk, esseulée par ce long voyage. Sur ordre du voïvode Alyosha, les cavaliers ailés et les archers ungols prirent les devant, trottant sur le sentier forestier avant de disparaître au profit d'un virage contournant un bosquet épais de bouleaux. Ne restaient plus que la diligence de la Compagnie de la Route Blanche, les chariots de matériel, le canon et la compagnie de streltsi. Ils avançaient bien, la piste se faisant plus large et régulière à mesure qu'ils approchaient de la stanitsa. Déjà, des cabanes de rondins apparaissaient dans le sous-bois, et leurs occupants se pressaient sur le perron pour voir passer les voyageurs. Ces derniers arrivèrent enfin à bon port et firent halte dans le faubourg de la cité, un amas d'isbas et de grands bâtiments en brique qui s'adossaient sur une plage de galet. La piste partait d'un côté et de l'autre, s'enfonçant dans le bois en longeant la Tobol, et donnait en son centre sur un long pont en bois qui traversait la rivière. Sur l'autre rive s'élevait Zoïshenk.

La stanitsa était bâtie sur une île sise au milieu du fleuve. De l'autre côté du pont s'élevait un corps de garde en bois dont les meurtrières et les sabords surveillaient le grand portail, ouvert. D'un côté et de l'autre s'étendait une longue palissade de pieux suivant les circonvolutions de la grève et, derrière, on pouvait voir les toits et les cheminées de nombreuses habitations. Au delà, le terrain s'élevait sur une petit éminence ceinte de murs en pierre réhaussés de créneaux en bois. Là encore, un corps de garde -en pierre celui-ci- et des tours carrées munies de hourds à leur sommet. Des brétêches et des mâchicoulis en briques ou en bois faisaient saillie ça et là, donnant un caractère hétérogène aux fortifications. Les trois bulbes d'argent dépassaient derrière les créneaux, points culminants de la stanitsa. Légèrement en dessous, on pouvait apercevoir le quatrième bulbe, doré celui-ci, qui réfléchissait les rayons du soleil avec vivacité. Une partie du mur d'enceinte descendait le long de l'escarpement et venait rejoindre la palissade de la rive. Un tour était bâtie là, mais elle n'était désormais plus qu'une ruine effondrée sur elle-même et on pouvait voir, dans sa gorge ouverte, des poutres garnies de lierre et des corbeaux qui nichaient.


- "Bienvenue à Zoïshenk, mesdames !" lança Sasha à Lucrétia et Dokhara avant de tirer sur ses longues rennes pour faire arrêter les chevaux.

Le faubourg ressemblait lui-même à un petit village, avec son allée principale qui donnait sur le pont. De part et d'autre, il y avait des habitations en bois ou en briques cuites, une grande auberge, une écurie et des ateliers de maréchal-ferrant et autres artisans. Les gens allaient et venaient, vêtus à la kislévite et parés pour l'hiver. Plusieurs s'arrêtèrent pour observer le convoi avec curiosité et bientôt un attroupement se forma autour du canon qui continua pour autant son chemin jusqu'au pont, encadré par les streltsis.

Un agent de la stanitsa se présenta pour vérifier les autorisations des voyageurs et consigner les informations dans un registre, et les deux baronnes furent enfin libres de leurs mouvements. Youri Yorloff et sa femme, de leur côté, s'extirpaient du coche et se dirigèrent vers l'auberge.

- "Si vous nous cherchez, on sera dans l'coin ! Les premières neiges sont prévues pour les jours qui suivent alors je pense pas qu'on va pousser jusqu'à Leblya. On pourrait bien passer l'hiver ici." leur indiqua Sasha avant de diriger sa diligence vers l'arrière-cour de l'auberge.

Aucune enseigne de pendait au dessus de la porte en bois mais un creux au dessus du linteau accueillait des dizaines de bougies et de crânes de petits animaux. Des bruits animés venait de l'intérieur, de même qu'une bonne odeur de potage chaud. En outre, la nuit allait bientôt tomber.

Bienvenue à Zoïshenk !
Petite intro toute simple, vous voilà arrivée à destination.
Toutes les infos nécessaires sont dans la Forêt, libre à vous de les utiliser pour interpréter ce que vous voyez.
Pour visualiser ce qu'est une isba, il suffit de faire un petit google image isba et vous aurez un bon aperçu.
Lorsque je parle de bâtiments en brique, il faut imaginer ceux -en ruine- que l'on peut voir aux abords de White Orchard dans The Witcher III (je crois que c'est aussi dans l'un d'eux que se trouve l'officier nilffgardien vous demandant de buter le premier griffon). Vous trouvez aussi une illustration de ce genre de constructions dans Kingdom Come Deliverance. De manière plus réaliste, voir les bâtiments médiévaux d'Europe centrale.
Vous êtes donc là, avec vos affaires et vos deux chevaux. A vous de voir ce que vous souhaitez faire. Si vous passez le pont il faudra payer le droit de péage.
Le coin est donc assez sauvage, à part les constructions. Cf carte dans la Forêt. Pour avoir une idée, inspirez vous de Velen dans The Witcher III : des bois épais, des clairières, de la végétations aquatique et des grèves de galet au bord de la rivière, il fait froid et l'hiver arrive, voilà l'ambiance !
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 15 juil. 2019, 11:03


Entrant dans la première enceinte qui entourait Zoïshenk, Lucretia amena sa monture à hauteur de Dokhara, découvrant l’intérieur de cette ville fortifiée bâtie sur une île. Alors que, à l’extérieur, les immenses plaines se peinturaient d’une seule nuance de blanc ou de gris, la stanitsa surprenait par la vivacité de ses couleurs et la vie que ces dernières apportaient. Les maisons construites en brique attiraient le regard de leur teinte rouge orangé, celles en bois de leur apparence rustique et bien plus sombre, et c’était sans compter les grandes tours argentées qui s’élevaient bien haut dans le ciel nuageux. Mais outre les bâtiments, les citadins venaient également apporter cette même vitalité à la ville qu’ils habitaient. Il régnait entre les murs une effervescence qu’un étranger eût manqué de percevoir de prime abord, et telle était la situation dans laquelle se trouvait la Lahmiane. A dire vrai, cette agitation la soulagea quelque peu, alors qu’elle avait cru perdre en traversant la frontière tout ce qui la rapprochait de l’Empire et de ses coutumes. Mais non, là, les gens, en grand nombre, s’arrêtaient tout autant autour de la caravane, les conversations et les éclats fusaient dans tous les sens, de même que les diverses exclamations des enfants à l’apparition des cavaliers ailés. Les maisons s’empilaient tout autant les unes sur les autres, formant des quartiers que traversaient une grande rue et de nombreuses venelles, et dans chacune d’elle résonnaient les bruits de l’activité quotidienne. Le martèlement métallique d’un marteau sur une enclume indiquait la présence d’un forgeron ou d’un maréchal ferrant, une porte ouverte sur une échoppe laissait échapper le tapage bagarreur des clients imbriaques, et, plus loin, un pêcheur beuglait ses produits lors d’une vente à l’étalage.

« Eh bien, voilà qui ne devrait pas nous dépayser, souffla Lucretia à sa compagne en contemplant tout ce monde qui s’activait autour d’elles. Mais une question me taraude tout de même. Devrions-nous toujours nous faire passer pour des chasseuses de prime ? Eu égard à vos derniers haut-faits, je jurerais que nous serions plus crédibles si nous devions plutôt nous présenter en ancelettes. »

Bien évidemment, l’Immortelle n’avait pas manqué de se fendre d’une petite pique à l’encontre de sa maladroite humaine, petite pique qu’elle ponctua d’un sourire en coin aussi amusé que sarcastique. Car effectivement, les passes d’armes qu’elle avait effectuées en s’opposant aux streltsis s’étaient révélées désastreuses, et, comme si cela n’avait pas été assez, elle s’était particulièrement illustrée lors d’une course contre le vovoïde Alyosha en chutant de sa monture.

« Je propose en tout cas que l’on aille dans un premier temps louer une chambre à l’auberge. M’est avis que cela ne sera guère aussi confortable que ce que nous avons connu à la Lynsk, mais nous allons devoir faire avec en attendant de pouvoir faire mieux. Si je dois acheter quelque chose, je préfère autant que ce soit une habitation avec toutes les commodités nécessaires à l’entretien d’une noble dame plutôt qu’une maigre bicoque qui ne ferait qu’entacher cette future réputation que je me bâtirai. »

Aussi ne manquèrent-elles pas, après que leurs papiers eurent été vérifiés, de suivre Sasha dans l’auberge pour y réserver une chambre, et elles entrèrent dans une grande pièce au milieu de laquelle trônait une cheminée qui pétillait d’un feu consistant. Différentes bougies venaient éclairer les quatre coins de la pièce ainsi que les rebords des fenêtres, et une délicieuse odeur de potage se faisait sentir. L’on se précipita pour s’occuper de leurs chevaux, et un portefaix les aida à monter leurs bagages à l’étage.

Pendant que l’on s’activait à décharger leurs affaires, les deux jeunes femmes s’attablèrent dans la grande salle et commandèrent ce met local qui embaumait la pièce. Elles en profitèrent par ailleurs pour apprendre les dernières nouvelles des environs et parfaire leurs connaissances sur la situation politique et géographique de cette ville dans laquelle elles venaient toutes les deux de mettre pied. Et comme si ce n’était pas assez, les deux jeunes femmes posèrent des questions sur ce fameux Alexeï dont elles avaient vu l’avis de recherche à Erengrad.

L’on ne connaissait pas grand-chose du passé de cet homme, si ce n’était qu’il avait grandi dans les bas-fonds de la capitale portuaire du Kislev. Toutes les suppositions recelaient certainement une part de vérité ; il avait été livré à lui-même dès son plus jeune âge et avait été contraint de se débrouiller pour tenter de survivre, tout comme il avait déjà été recruté par quelque secte chaotique. L’un comme l’autre détenait son lot de possibilités. Un enfant dans la rue, né dans le mépris des puissants, aurait tôt souhaité la mort de ces privilégiés qui le morguaient du haut de leur carrosse et de leurs belles maisons. Si la société actuelle ne l’avait jamais considéré à sa juste valeur, pourquoi ne pouvait-il tenter sa chance avec le Chaos ? Ou alors, à l’inverse, c’était le Chaos lui-même qui l’avait recueilli dès son plus jeune âge et lui avait retourné le cerveau. Ce qui était certain, en tout cas, c’était que le jeune homme avait su développer un talent notable pour la rhétorique, une éloquence particulière, peut-être justement accordée par les Sombres Puissances, ce qui l’avait amené à corrompre autrui, à liguer les uns contre les autres alors même que la Poussée du Printemps commençait à s’étendre sur le Kislev.

Ravivant les tensions internes, montant les frères contre les pères et les sœurs contre les mères, Alexeï avait su glisser des promesses de pouvoir dans les oreilles des plus ambitieux, les poussant à des actions téméraires qu’ils n’auraient jamais tentées d’ordinaire. La soldatesque avait égorgé ses supérieurs pour prendre leur place, la Guildes des Marchands avaient refusé de juteux contrats pour plonger leurs habituels fournisseurs dans la précarité lorsqu’elle n’avait pas tout simplement imposé des blocus sur certains entrepôts, et la Guilde des Charpentiers de Marine, pourtant intimement liée à celle de la Fabrique des Canonniers, avait saboté les fonderies de canon, empêchant d’organiser les dernières défenses de la ville lors de la Poussée du Printemps.

Mais si Alexeï était connu au Kislev, il l’avait tout autant été dans l’Empire. Une fois ses exactions accomplies, l’homme avait pris de l’avance et, sans même attendre que tombât véritablement Erengrad entre les mains des Norses, s’était mis en tête de rejoindre les contrées plus au sud, et tout particulièrement Middenheim. Parvenant une fois de plus à s’intégrer dans cette ville comme s’il y avait toujours vécu, il réussit à monter la populace contre la KIENH, laquelle servait les intérêts des elfes, des nains, et des halflings, déclencha des émeutes dans la Très Respectable Guilde des Magistrats, ce qui, alors que les affaires ne pouvaient plus être jugées, engendra des vendettas personnelles entre les différents corps de métier, et n’alimenta que plus encore l’éternel conflit qui opposait les prêtres d’Ulric à ceux de Sigmar.

Si l’ensemble de ses actions aidèrent à provoquer la chute d’Erengrad, dont le pillage et la boucherie qui s’en suivit effacèrent toute trace, ou presque, de ses méfaits, Middenheim réussit à repousser le siège d’Archaon, et ses habitants commencèrent lentement mais sûrement à se souvenir d’un étranger à l’éloquence aussi prononcée que ne l’était son accent kislévite. L’on manqua de l’attraper, mais le bougre, soutenu par les quelques forces chaotiques dispersées çà et là, parvint à s’échapper et à disparaître dans la Drakwald. L’on perdit sa trace jusqu’à récemment ; il fut aperçu en train de franchir la frontière séparant la nation de Sigmar de la sienne, et l’on supposa qu’il tenta de rejoindre Erengrad. A partir de là, si sa piste disparut pour de bon, les rumeurs à son sujet, elles, continuèrent à faire parler les chalands.

De manière évidente, le comploteur ne s’était jamais présenté de la même manière à Erengrad et dans l’Empire, mais sa forte et haute silhouette, ainsi que son charisme couplé à son accent, avait suffi à le trahir. Son visage taillé à la serpe, pourtant étonnamment ouvert, lui conférait une autorité naturelle pour diriger, et sa voix chaude était capable d’engourdir les sens et de vous couper de tout, si ce n’était de lui. Si la longueur de ses cheveux comme de sa barbe changeait en fonction des postes qu’il affirmait occuper, une chose demeurait certaine ; il avait le geste précis qui venait ponctuer chacun de ses mots au moment les plus opportuns, et les épaules larges et le buste ouvert, comme s’il ne vous considérait jamais comme un adversaire. Définitivement, le décrire afin de demander à la populace si cette dernière ne l’avait pas aperçu à Zoïshenk ne posa aucune difficulté à la Lahmiane.

A moins que Dokhara eût une autre idée, elles passèrent le restant de leur soirée dans cette même auberge, parlant avec la populace, continuant de s’intégrer. Elles échangèrent avec quelques habitants, avec certains soldats avec qui elles s’étaient entraînées durant le trajet, et peut-être avec des figures plus importantes de Zoïshenk si certaines d’entre elles s’étaient arrêtées dans ce lieu de rencontre pour se rafraîchir le gosier après une journée de labeur. Enfin, elles allèrent se coucher.


***




Le lendemain venu, une soudaine lubie fit irruption dans l’esprit de Lucretia, et celle-ci laissa à peine le temps à Dokhara de déjeuner qu’elle l’entraîna à sa suite en direction du Nagyvàarr. Solidement bâti sur un plateau surplombant de sa hauteur le reste de l’île, il s’agissait d’une des forteresses les plus anciennes que le Kislev eût jamais connues. Là où le mur d’enceinte protégeant la ville avait été édifié en bois, la muraille ceinturant le bastion avait été construite en pierre, et, dès lors, une impression de robustesse vous frappait aux yeux. Et c’était sans compter ces quatre tours surmontées d’or et d’argent qui miroitaient à la ronde dont, pour Lucretia, la fonction première n’était pas autre que d’afficher sa richesse et sa puissance.

C’était dans ce bâtiment même, dans la grande salle du zal, que l’ataman recevait ses invités, écoutait les doléances, et répandait sa justice, et l’Immortelle avait précisément profité d’une de ces séances pour se faire connaître. Elle et sa compagne attendirent patiemment leur tour avant de se présenter, épées au fourreau, devant ce chef des Nakhimov qui répondait au nom de Pavel.

« Boyard Pavel, lança bien clairement Lucretia tout en s’inclinant,, permettez-moi de nous présenter. Ziska et Silke Schwertfeger, chasseuses de prime en provenance de l’Empire. Je gage que vous n’êtes pas sans savoir les ravages qu’aura causés un triste personnage sans patronyme répondant au nom d’Alexeï et qui, de par ses exactions et ses cabales, a ainsi provoqué la chute d’Erengrad lors de la Poussée du Chaos. Mais le Kislev n’a pas été la seule nation à avoir souffert des méfaits de cet homme ; l’Empire lui aussi a manqué de sombrer quand la cité de Middenheim s’est retrouvée au bord du gouffre. Et c’est pour cela même que nous nous tenons devant vous céans même. Afin de venger nos deux pays tout autant que de manière à renforcer l’amitié qui les a toujours liés, nous sommes en quête de ce cultiste du Chaos, et sommes bien déterminées à lui ôter la vie une bonne fois pour toutes. Nous avons ouï dire, à Erengrad, qu’Alexeï se serait réfugié non loin de Zoïshenk, et peut-être même dans la ville, profitant de l’arrivée prochaine de la Raspotitsa pour assurer sa sécurité tout en ourdissant paisiblement ses complots dans l’ombre. Eu égard à la situation géopolitique de la région, je gage que nul n’aura manqué de comprendre les différentes possibilités que ce fourbe a en réserve pour mettre le feu aux poudres et déstabiliser l’ordre qui y règne, ce qui sera à tout le moins une petite victoire pour les Sombres Puissances. Aussi, je vous le demande ; auriez-vous quelque nouvelle que ce soit à son sujet, ou en ce qui concerne les Forces de la Destruction ? Pouvons-nous librement enquêter sur cette personne afin de le mettre hors d’état de nuire, définitivement ? »

FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140
Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises (lvl 1):
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Érudition
- Intimidation
- Alphabétisation
- Sens Accrus
- Vision nocturne
- Connaissance des démons
- Comédie
- Force accrue
- Esquive
- Monte - chevaux
- Coup précis lvl 3
- Arme de prédilection - épée à une main
- Escalade
- Coriace
- Chance
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 2
- Etiquette
- Intrigue de cour
- Littérature
- Réflexes éclairs
- Linguistique

Dons du Sang:
- Défi de l'Aube
- Innocence Perdue
- Domination
- Ame Profane
- Forme de Familier : Corneille
- Régénération Impie
- Sang argenté
- Sang vif

Escorte :
- 10 hommes d'armes
- un carrosse tiré par quatre chevaux
- Hans le cocher
- Marcus le capitaine de la garde
- Une petite bestiole attachante nommée Dokhara.

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