[Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Kislev, pays de sombres forêts de conifères, d'étendues neigeuses et de steppes balayées par les vents, se trouve l'est de l'Empire. Pendant des siècles, il a été un rempart face aux incursions dévastatrices du Chaos venues du nord. Kislev est un allié fidèle et puissant de l'Empire, toujours prêt à envoyer ses troupes à son secours

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 22 avr. 2019, 22:50


Aux mots de la baronne de Bratian, la jeune de Soya répondit par un sourire complice. Il semblait qu’une idée commençait déjà à germer dans sa tête sur sa manière d’appréhender la chose et d’aborder les stryganis. Elle retira son nouveau manteau de fourrure, lequel la classait peut-être dans une classe supérieure du fait de son coût, et dévoila ses avant-bras parcourus de lignes ésotériques. Puis elle s’approcha de l’enclos tandis que Lucretia, de son côté, préférait rester en retrait. Dokhara avait eu un bien meilleur rapport avec les khilis que la Lahmiane n’en avait jamais eu.

De loin, elle regarda sa compagne étudier les chevaux avec un intérêt à moitié feint, avant de tiquer. Il y avait du monde non loin de là. Beaucoup de monde. Une foultitude de personnes qui passaient et repassaient dans les ruelles, peut-être toutes aussi nombreuses. Une pluralité de gens agglutinés les uns à côté des autres. Elle en revint aux chevaux. Il était vrai que les montures étaient splendides, plus racées encore, peut-être, que celles qu’elles avaient dérobées aux gitans qui les avaient accompagnées au travers de la Drakwald. La Lahmiane cilla de nouveau, observant le premier passant qui se présentait à la portée de son regard. Il détenait une taille plus grande que les autres. Relativement gringalet, il possédait une peau tannée par le soleil, si bien que l'on pouvait le confondre sans mal avec un Estalien. Pourtant, il avait ce petit quelque chose qui l’identifiait comme l'archétype de la jeunesse dorée de Nuln, respirant la luxure par tous les pores de la peau, possédant l'insouciante beauté de la jeunesse. Son abondante et bouclée chevelure noire recouvrait négligemment son crâne, tandis que ses mèches pendaient sur une partie de son visage. Une barbe de trois jours lui garnissait le menton. Il ne semblait pas particulièrement fort ou musclé ; à dire vrai, sa silhouette s’avérait fine, avec une démarche insouciante. A tel point que son corps était gracieux comme celui d'un tigre agile, et en le regardant, on ne pouvait s'empêcher de penser à un félin joueur qui prenait plaisir à observer les évènements de loin, pour frapper au meilleur moment. Un large sourire illuminait son visage, au beau milieu de la rue, mais il était difficile de percevoir, pour Lucretia, s’il s’agissait d’une mine trompeuse ou charmante.

Il portait sur lui un pistolet dissimulé sous son large manteau, que la Lahmiane perçut grâce à la crosse en fer qui dépassait. A contrario, une épée particulièrement colorée et voyante s’exhibait à sa taille, pendouillant négligemment à sa ceinture. Lucretia serra les dents, tâchant de revenir sur la scène qui l’intéressait. Le petit manège de sa consœur attira l’attention d’un des stryganis, pensant très certainement pouvoir ferrer un client.

Eu égard à sa surnaturelle condition, Lucretia ne ressentait pas le besoin de s’approcher à son tour pour suivre l’échange qui se déroula, et moins encore celui de les observer en catimini. Le deuxième passant possédait une taille moyenne, et s’entourait d’une aura particulière que magnifiaient ses yeux bleus. Effectivement, il avait la peau particulièrement bronzée par le soleil, tant et si bien qu’il devait être d’origine étrangère, assurément. Il possédait une musculature développée, bien que moyenne pour un guerrier, entièrement cachée par les lourds tissus noirs qu'il portait en permanence. Ses bas étaient on-ne-pouvait plus simple ; un pantalon de lin sombre par-dessus des tissus blancs. Outrepassant son allure inquiétante et son regard froid, la Lahmiane put y voir un visage aux traits légers, assez beaux, mais marqués par une brûlure sur la joue gauche. Ses cheveux noirs tombaient jusqu'à hauteur des yeux, coupés sur le devant d’une manière, certainement, à ce qu’ils ne lui cachassent pas la vue. Au même titre que la première personne, son arme lui battait le flanc ; un imposant cimeterre à la lame courbe. La Lahmiane battit des cils ; pourquoi diable revenait-elle sans cesse à ces gens qu’elle ne connaissait pas ? Elle reporta son attention sur ce qui l’intéressait vraiment. Les sons suffisaient amplement pour qu’elle se représentât sans souci aucun la scène qui se déroulait un peu plus loin, alors même que l’Immortelle se dissimulait dans les ombres.

Dokhara mit, dans un premier temps, l’accent sur les chevaux, mais dériva très rapidement sur la langue gitane. Là, Lucretia se permit de jeter un petit coup d’œil, et cela en valut la chandelle. La troisième passante possédait un magnifique visage sur lequel s’inscrivait un sourire ravageur encadré par une chevelure d'un rouge profond. Sa frange, coiffée sur le côté gauche de son visage, soulignait des yeux aux ténèbres insondables, mais pas que ; une peau laiteuse, des formes agréables, sans pour autant être plantureuses et tomber dans l'excès, et des lèvres pulpeuses. Très grande, elle dépassait même les hommes d’une bonne tête, et sous la silhouette de son corps aussi fin qu’harmonieux se dessinait apparemment une musculature inopinée. Avec sa parfaite dentition et quelques discrètes cicatrices lui parcourant le visage, nul doute qu’elle devait souvent attirer le regard et la tentation de la gent masculine. L’homme au teint hâlé observait désormais son interlocutrice avec des yeux aussi ronds que des soucoupes ; jamais ne s’était-il attendu à voir une étrangère capable de converser dans son idiome. Et voilà que cette jolie jeune femme qui se tenait juste devant lui venait de bigrement le détromper. La quatrième rappelait le charme farouche du peuple Kislévite, possédant toutes les caractéristiques physiques des nordiques. Une démarche haute et affirmée mariait avec subtilité la prétention et l’aplomb, et témoignait d’une aisance certaine à se mouvoir. À peine plus haute que la moyenne, cette jeune femme s’était forgé une silhouette souple et pleine. Sa fine musculature se dessinait légèrement sous le tissu et le cuir simple et sombre de sa vêture. Portée près du corps, elle laissait toute liberté à ses mouvements, à tel point que cette quatrième personne avançait à grands pas déterminés dans la rue. Elle avait la peau aussi pâle que la neige, et ses cheveux, tombant à peine au-dessous de sa nuque, aussi clairs que l'onde glacée de l'hiver infernal du Nord. Quant à ses yeux verts, constellés de tâches or et sienne, ils remémoraient les forêts vierges qui hantaient de leur placide existence les terres bleues du Kislev. Par ailleurs, son visage ovale présentait une rare harmonie, avec un nez légèrement aquilin et des pommettes saillantes. Ses lèvres pleines donnaient toute leur expression à la petite moue provocatrice qu’elle arborait, tandis que l'éloquence de son regard aux reflets de fond marin n'était plus à prouver. Cette dernière continua son rôle, jouant les ingénues et les têtes en l’air, jaspinant tout son saoul afin de marquer son intérêt pour une histoire dont elle voulait dérober tous les secrets. Ce faisant, elle mit bien en évidence ses tatouages, exhibant chaque motif, expliquant chaque symbole que ce stryganis connaissait assurément. Puis, faisant mine de se reprendre, elle amorça le vif du sujet ; quelle était cette histoire du dragon Ylulu et du clan qui l’avait vaincu ? La cinquième personne était une elfe, au corps mince et élancé même pour ceux que cette race. Cela lui procurait une apparence de fragilité, eu égard à sa silhouette svelte et à sa taille normale. Toutefois, tout respirait chez elle l’agilité féline, dans son comportement comme dans sa posture. Elle avait la peau pâle, elle aussi, de ceux qui ne voient que trop rarement le soleil, et sur cette première s’entrecroisait d'étranges volutes tatouées à l'encre bleu sombre. Des symboles très certainement ésotériques, divins, peut-être, que Lucretia ne reconnaissait pas, mais qui apparaissaient sur ses chevilles et ses poignets dénudés ainsi que sur son visage. Elle avait l’expression sombre et taciturne de ceux qui ne se préoccupent que trop peu d’autrui, et ses lèvres affichaient un rictus inamical, et son regard se promenait sur les différents passants dans un manque total d’intérêt. Cela n’enlevait toutefois rien à la finesse de ses traits, au gris opaque de ses prunelles, ou à ses pommettes hautes et saillantes. Ses oreilles étaient longues et effilées, et ses lobes s’incrustaient de petits disques de bois polis. Des anneaux de la même matière, enfin, s’enfilaient dans sa crinière au ton de sang, anneaux qui cliquetaient au moindre de ses mouvements.

Alors qu’elle parlait, les expressions des visages s’altéraient lentement mais sûrement. Les traits d’un des deux hommes se teintaient de méfiance et de suspicion, tandis que l’autre, probablement plus sensible au charme de Dokhara, parcourut du regard ces entrelacs fuligineux qui recouvraient la peau de ses bras. Le sixième passant voyait sa peau tannée par un soleil méridional, et tous ses traits annonçaient un tiléen. Il disposait d’une épaisse moustache bien entretenue et des cheveux noirs épais qu'il avait rattachés en catogan. Sur son chef, un splendide chapeau à plumes parachevait l’homme qu’il incarnait. Il possédait de grands yeux avec des iris d'onyx, et Lucretia remarqua son tic ; celui d'agiter sa main droite le long de sa ceinture en étoffe orange de manière continuelle. Une stature normale, quoiqu’athlétique, remplissait des habits certes colorés, mais qui trahissaient néanmoins plusieurs ravaudages. Une cape en calicot rouge et des bottes d'excellentes factures complétaient son allure exotique. Lucretia cessa de porter un intérêt à cette personne, sachant pourtant, pour une raison inconnue, qu’elle y reviendrait tôt ou tard, et s’intéressa plutôt à la réponse d’un des stryganis. Ladite réponse qu’il présenta, toutefois, ne fut pas celle à laquelle s’attendaient les deux jeunes femmes. Ylulu n’était pas un dragon, non pas, mais plutôt un esprit malfaisant de la Drakwald. Une sorcière animée par la haine et la rancœur, que défit Sekhemkhet, la stryge qui les avait menacées. Le septième passant possédait des cheveux noirs mi-longs, des yeux bleus aux reflets verts, et un visage plutôt fin, imberbe, encore non marqué par l'âge. Il était plutôt maigrichon, habillé d’un simple tablier, comme s’il s’agissait d’un portefaix un peu gringalet. Quelques cicatrices marquaient ses mains, mais son visage avait été épargné par ces estafilades. Mais, tandis que le stryganis se lançait dans davantage d’explications, son compère, à la mine bien plus austère et réservée, le retint fermement, avant de s’interroger sur les étonnantes connaissances de Dokhara.

Cette dernière ne se laissa pas démonter, et, dans un grand sourire, fit mention d’une bonne partie de la vérité. Yrié, du clan des Khilis, lui avait tout raconté, en sus de lui transmettre l’art du tatouage ainsi que ce dialecte étranger qu’ils parlaient tous entre eux.

Mais si d’autres précisions furent là encore demandées, l’ancienne baronne de Soya n’obtint point de réponse. Les deux hommes n’étaient pas assez sages et cultivés sur leur propre histoire pour pouvoir en conter davantage à cette impériale aux mille interrogations. La huitième passante avait tout de l’elfe, quoiqu’elle apparût comme étrange au regard de l’Immortelle. Une grande beauté, avec la peau et le teint pâle et légèrement bleuté, les cheveux noirs comme le jais, et les yeux tout aussi foncés, bien que sans cruauté aucune ; voilà ce que détailla la Lahmiane au premier regard. Après ce rapide coup d’œil, l’elfe révéla une mince silhouette aux courbes qui l’étaient tout autant, et dont la taille, petite, ne détonnait pas. A dire vrai, en dépit de sa race, elle paraissait presque frêle, chétive, voire bien plus vulnérable que la norme. Pour un peu, Lucretia lui donnerait dix-huit printemps. Ainsi, plutôt que de se perdre en stipulations et conjectures douteuses, il invita la jeune femme à se joindre à lui et à ceux de son clan pour la soirée. Au milieu des gitans, nul doute qu’elle trouverait des stryganis à la sapience bien plus développée, d’autant plus qu’elle se présenterait comme une amie d’Yrié. Par ailleurs, celle-ci ne tarderait guère à les rejoindre. A ces mots, Lucretia esquissa un petit rictus cynique. S’ils savaient.

Mais ce fut précisément cette pensée qui lui inculqua la prudence. L’offre était intéressante pour le simple fait d’obtenir enfin des réponses. La neuvième était une jolie bachelette, avec des courbes élégantes, un joli minois, et des habits distingués qui savaient bien la mettre en valeur. Les traits de son visage transpiraient l’ingénuité des premières années que venait encadrer une chevelure de feu. Pourtant, eu égard à son port altier et à sa démarche calculée, il était évident qu’elle n’avait rien de la fille du peuple. Sur elle, une longue robe blanche aux brocards dorés s’accordait aux quelques bijoux qui pendaient autour de son cou ou à ses oreilles. Mais c’était là tout. Comment réagiraient les gitans à la présence de l’inconnue qu’incarnerait Lucretia ? Et, surtout, dans la mesure où elle ne s’était pas débarrassée des quelques khilis restants, qu’adviendrait-il s’ils parvenaient jusqu’aux leurs et la trouveraient en leur compagnie ? Très certainement rien de bon, à n’en pas douter, et la Lahmiane n’estimait pas ces informations plus importantes que leur sécurité.
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Dokhara de Soya » 26 avr. 2019, 18:12

Derrière le sourire, Dokhara ne put s'empêcher de reconstituer mentalement l'image de Bubba le boiteux que venait de citer le khili. Un cadavre inerte recouvert de sang, sur lequel elle avait trébuché dans sa fuite, au milieu d'un chaos de cris, de flammes et de morts.

- J'ai malheureusement d'autres obligations pour la soirée, mais qui sait, peut-être arriverais-je à me dégager une heure de temps ? Quoiqu'il en soit, je vous remercie pour vos réponses sincères - puissent vos affaires être prospères messieurs.

Le vent se faisant plus cinglant, Dokhara renfila son manteau en fourrure de renard alors qu'elle rejoignit Lucrétia. La vampire semblait perdue dans sa contemplation des passants, écoutant d'une oreille distraite le rapport que lui fit Dokhara - mais après tout, avec son ouïe affutée, elle avait sans doutes déjà perçu toute la conversation qui s'était déroulée. Ignorant l'impolitesse de son amante qui semblait plus passionnée par le derrière de deux kislevites qui venaient de les dépasser que par ses paroles, la jeune rouquine attendit patiemment l'opinion de la lahmiane sur la situation. Sans surprise, cette dernière préférait ne pas se rendre au rendez-vous donné par le dénommé Giorgi - après les événements récents en compagnie des khilis, mieux valait éviter d'aller risquer le diable : quelques informations sur une bague hantée ne valaient pas une nouvelle mise en danger inconsidérée.

Le soleil se couchant et leur liste de tâches arrivée à terme, il était grand temps pour les deux ex-baronnes de rejoindre La Lynsk pour y passer la nuit. Sitôt arrivées, elles cédèrent immédiatement au caprice premier de Lucretia, exigeant deux grands baquets d'eau brûlante dans les plus brefs délais pour leur chambre afin d'y faire leur toilette.

Plus que le plaisir du bain chaud après une journée passée dans un climat hivernal, c'était la jouissance de goûter à nouveau au confort d'une eau à la température dépassant celle des étangs et rivières de la Drakwald qui fit pousser un long râle d'extase à Dokhara alors que son corps glissait dans son baquet. Depuis les sources chaudes, elles s'étaient au mieux immergées dans des bassins gelés, au pire lavées avec un seau et une éponge lors de leur passage dans la partie la plus ténébreuse et dangereuse de la forêt.

Pendant une petite dizaine de minutes, elles restèrent l'une et l'autre parfaitement immobiles et muettes couchées dans leurs baquets respectifs, paupières fermées, à profiter d'un trop rare instant de bonheur corporel. Elles étaient baronnes que diable, elles n'étaient pas habituées à de telles périodes d'inconfort ! Rejetant délibérément toute pensée la reliant aux khilis ou à la Drakwald, Dokhara se força à penser à l'avenir. Elles ne savaient pas encore dans quelle direction leurs pas les mèneraient dans le tsarat du Kislev, mais il était certain qu'elles ne pouvaient rester à Erengrad, trop proche de la frontière impériale. Il leur fallait s'enfoncer dans ce pays glacé, loin des grandes villes, là où plus personne n'irait les chercher, là où Dokhara pourrait devenir une vampire et chasser des fermiers sans craindre la présence d'une autorité trop puissante pour être affrontée. L'ouest frontalier et le sud avec la capitale était donc proscrit : leur restait l'est avec les restes fumants de Praag et des villes traversées par les forces du Chaos, ou le nord, dont elles ne savaient strictement rien sinon qu'il était habité par de nombreuses tribus nomades à cheval.

Leurs retrouvailles avec la vie de château n'était pas pour tout de suite. Si elles s'étaient acheté des vêtements de voyage confortables, elles allaient cependant devoir affronter l'hiver kislevite, seules dans un pays aux dangers inconnus. Bon sang, il leur allait aussi falloir apprendre la langue locale, et si Lucrétia semblait déjà en maîtriser les bases, Dokhara n'avait pas réussi à assimiler le moindre mot lors de cette première journée au Kislev. Leur idiome était tellement complexe, elle ne se voyait vraiment pas l'apprendre en autodidacte...

Sentant la déprime et le découragement reprendre le dessus sur ses pensées, Dokhara se leva soudainement, décidant d'agir plutôt que de se laisser aller. Le bruit de sa soudaine sortie fit ouvrir à sa consœur un œil intrigué. Le corps ruisselant d'une eau encore brûlante, Dokhara profita de se savoir observée pour s'approcher langoureusement de la vampire, se glissant derrière elle puis s'agenouillant pour laisser ses bras entourer sa nuque, ses deux mains se rejoignant sur la poitrine de son amante.

- Shhh...

Elle exerça une légère pression de la pointe de ses doigts, et les remonta lentement le long de son thorax, longeant ses clavicules pour finir par fermement agripper ses épaules qu'elle massa fermement. S'il était futile de croire que les muscles d'une vampire pouvaient être endoloris et nécessiter une attention particulière pour les détendre, cela n'enlevait rien au plaisir simple d'apprécier leur pétrissage méthodique par des mains expertes, dans l'unique objectif d'y trouver un peu de plaisir.

Les minutes passèrent, et Dokhara réprima ses désirs égoïstes pour se concentrer toute entière à l'art d'offrir des sensations à sa consœur. Utilisant le savon à leur disposition, elle s'occupa tout d'abord de masser délicatement la nuque, les épaules puis les bras de son amante, passant et repassant avec lenteur sur ses muscles, tantôt avec force tantôt avec douceur, mêlant ainsi le plaisir d'un massage à l'érotisme de contacts démultipliés. Prenant le rôle d'une modeste servante - avec quelques libertés évidentes sur la pudeur - elle intima à Lucrétia de garder ses yeux fermés et d'uniquement profiter de l'instant présent, laissant ses autres sens travailler tandis que Dokhara se concentrait toute entière à sa personne, et rien qu'à elle.
Elle s'occupa ensuite de sa magnifique crinière rousse. Guidant doucement sa tête pour qu'elle la plonge sous la surface de l'eau, elle rit elle-même de sa propre précaution tandis qu'elle faisait attention à ne pas totalement faire disparaître le visage de son amante sous la surface de l'eau pour que reste en contact avec l'air son nez et sa bouche. Que risquait-elle, la noyade ? Elle massa lentement son cuir chevelu et son visage, avec plus de force dans les doigts qu'elle n'en avait imprimé précédemment - pour Dokhara, rien n'allégeait mieux ses propres tensions qu'une stimulation ferme de toute sa zone crânienne, et elle espérait qu'il en serait de même pour sa consœur. Malheureusement, la contrepartie de pareil massage était la création inévitable d'une multitude de nœuds à la racine même des cheveux - passé le plaisir, Lucrétia aurait fort à faire armée de sa brosse...
Vint ensuite le moment plus sensuel de lui laver les jambes. Commençant naturellement avec son pied gauche, Dokhara se mit plus que jamais en position d'esclave, rabaissant volontairement sa dignité pour faire plaisir à son amante. Elle nettoya consciencieusement chaque orteil, avant de s'attaquer à la plante, sa cheville, son tibia, de remonter sur son mollet, puis enfin de parcourir sa cuisse. Usant de ses deux mains, elle fit de grands va-et-viens de son genou jusqu'à ses fesses, lorsqu'elle ne laissait pas intentionnellement ses doigts frôler sa région intime. Elle répéta ensuite l'intégralité de l'opération avec sa seconde jambe, imitant ses gestes précédent pour éviter qu'une moitié de son corps ne soit jalouse de l'autre.
Ceci fait, elle laissa sa main se glisser vers l'entrejambe de sa compagne, lui adressant un autre type de massage tout en surface - ce moment était dédié à la douceur et à la détente, et il n'y avait en conséquence nulle place pour une pénétration endiablée. Se limitant à des caresses aussi précises que lascives, elle laissa le temps à sa consœur d'apprécier la lente gradation de son plaisir avant d'atteindre un orgasme tout en volupté.

Plus de trente minutes s'étaient écoulées, et quand bien même n'avait-elle pas reçu la moindre caresse en échange de ses services, la nature empathe de Dokhara suffisait à ce qu'elle en soit particulièrement émoustillée. Pourtant, elle n'invita pas sa compagne à lui rendre cette faveur - elle avait délibérément choisi que cet instant serait celui de Lucrétia, et pas le sien. Une façon pour elle d'offrir un cadeau qui se voulait désintéressé. Aussi, sitôt sa mission accomplie, elle déposa un affectueux baiser sur le front de sa compagne, avant d’attraper une serviette pour se couvrir, d'ouvrir la porte de leur chambre, et d’interpeller un valet de passage pour exiger de nouveaux seaux d'eau brûlante.

***

Une nouvelle trentaine de minutes plus tard, le soleil désormais couché, les deux baronnes avaient enfin terminé leurs ablutions. Dokhara avait même pris le temps de se badigeonner le corps d'huile de lavande afin de remédier aux problèmes de peau sèche que le climat hivernal local lui créaient.
Il était désormais temps pour elles de rejoindre la salle commune pour dîner, mais surtout, pour discuter avec les quelques kislevites présents afin de se renseigner sur leur pays. Il leur fallait un état des lieux du Kislev pour savoir quelle destination choisir comme point de chute final, et surtout, il leur fallait des conseils pour voyager dans un pays réputé pour être particulièrement rude avec les étrangers mal préparés, surtout en cette période de l'année.
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 08 mai 2019, 22:31, modifié 1 fois.
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Dokhara de Soya, Voie de l'aristocrate, Noble
Profil: For 9 | End 9 | Hab 11 | Cha 15 | Int 11 | Ini 10 | Att 11 | Par 11 | Tir 10 | NA 2 | PV 75/75
Compétences : Étiquette, Diplomatie, Séduction, Éloquence, Alphabétisation, Musique (violon), Danse, Chant, Tatouage Empathie, Bagarre, Sang-froid, Résistance accrue (spécialisation alcool), Fuite
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 04 mai 2019, 22:50

Vraisemblablement, la consœur de Lucretia avait songé à la même chose. Conservant ce ton affable qu’elle avait adopté tout au long de leur échange, Dokhara déclina l’invitation que venait de lui faire le stryganis, et, après l’avoir remercié, tourna les talons. De retour auprès de la Lahmiane, elle lui résuma les informations qu’elle venait de soutirer. L’intéressée hocha distraitement du chef.

« Oui, j’ai tout écouté, répondit-elle presque négligemment tandis que son regard suivait un passant. Et je ne pense pas qu’il soit très indiqué que de revenir les voir ; nous avons épargné les derniers khilis qui ne manqueront pas de les rejoindre, et qui pourrait prévoir leur réaction lorsqu’ils nous reverront ? Sekhemkhet, Otto, Yrié… Si jamais de telles informations devaient leur parvenir, je doute que l’accueil nous soit aussi bienveillant que prévu. Tant pis pour la bague ; elle ne vaut pas la peine que l’on prenne de plus amples risques. »

Encombrées de toutes leurs nouvelles afféteries, elles observèrent un instant l’azur sombre d’un début de soirée qui déclinait de plus en plus à mesure que venait la nuit. Le temps de rentrer à la Lynsk et de s’y poser pour de bon était enfin venu, et Lucretia, quand bien même n’était-elle pas véritablement sujette à la fatigue, ne put s’empêcher de réprimer un petit soupir de contentement prématuré. Après cet interminable voyage au sein de la Drakwald, après ces journées passées à caracoler le long de la baie de Starivoda, elle allait pouvoir se prélasser dans un bon bain chaud et se laisser porter par un matelas moelleux.

Parvenue devant la tenancière de l’auberge, la Lahmiane laissa choir toutes ses affaires à même le sol, et, avec un empressement affecté, se mit à baragouiner quelques mots en kislévite.

« Goryachaya voda », demanda-t-elle en se frottant le bras, mimant quelque geste de l’ablution. Ce à quoi la propriétaire des lieux s’interrogea, incertaine :
« Vanna ?
- Da, da, my xochym vanna !
» termina Lucretia dans un grand sourire, satisfaite d’être passée de l’expression de l’eau chaude à la volonté de prendre un bain.

Une deuxième étuve fut rapidement montée, et il en alla de même de ladite eau chaude que l’on versa dans les grands récipients capables de contenir le corps d’un homme. Ni une, ni deux, les deux jeunes femmes se glissèrent dans les bassines, n’attendant pas même que le portefaix eût claqué la porte de leur chambre pour ce faire. Lucretia fit écho au long râle de satisfaction de sa consœur, poussant de nouveau un long soupir cependant qu’elle se laisser immerger dans les eaux. Une indéfinissable sensation de bien-être s’empara de son corps ; la tiédeur et la quiétude des lieux la submergèrent complètement, la noyant sous une indolente langueur. Enfin pouvait-elle se laisser aller, enfin avait-elle l’occasion de baisser sa garde pour de bon, sans craindre pour son amante comme pour elle-même. Elles venaient de regagner la civilisation, ses murs et ses bâtiments, et ne se retrouvaient plus exposées, vulnérables à ces dangers qui rôdaient dans la pénombre de immenses troncs décharnés. Retrouver un espace clos, avec une seule entrée possible en la présence de cette porte, les changeait grandement ; adieu l’impression d’être toujours épiées dans leur dos, tandis que la mort pouvait survenir de partout, et surtout par-derrière.

Le vide se fit dans son esprit. L’Immortelle se détacha à sa manière de son propre corps, comme lors de ces trop longues nuitées d’hiver où cet inattrapable sommeil ne pouvait la gagner. Elle sentit ses bras flotter à la surface de l’eau, et laissa sa nuque reposer contre le rebord du baquet. Fermant les yeux, elle laissa sa tête partir en arrière, appréciant tous les bienfaits que pouvait lui procurer ce trop rare instant de paix.

Combien de temps venait-il de s’écouler, Lucretia ne le sut jamais, mais les clapotis bouillonnants d’un corps qui émergea de l’eau la sortirent de sa douce torpeur. Ouvrant un œil paresseux, l’ancienne baronne de Bratian étudia les lieux, et observa l’évolution d’une Dokhara tout juste sortie de son étuve. Partagée entre désir et flegme, elle savoura tout autant la vision de son corps ruisselant des minuscules gouttelettes que la continuité de son bain. La démarche et l’attitude de sa consœur en disaient long sur les attentions premières de la jeune femme alors qu’elle se dirigeait vers la Lahmiane, et cette dernière esquissa l’ombre d’un petit sourire de connivence. La baronne de Soya se glissa derrière la vampire, et l’enlaça de ses bras.

Si Lucretia eut dès lors la volonté de réagir à cette démonstration sans équivoque, elle se garda bien de le faire tandis que Dokhara lui intimait de ne rien dire. Alors, comme cette dernière tâchait de la détendre que plus encore à sa façon, l’Immortelle s’abandonna aux soins de son humaine. Basculant davantage la tête en arrière, la faisant presque reposer sur l’épaule de la jeune femme, la Lahmiane ouvrit tous ses sens. Elle apprécia la douceur du tracé de ces doigts qui sinuèrent de sa poitrine jusqu’à ses épaules, huma la fragrance de sa peau humide et de celle de ses cheveux mouillés, saliva à l’écoute de ces sourds battements de cœur qui s’en allaient frénétiquement à mesure que montait le désir, et s’enivra de la ferme pression de ses mains qui lui massèrent la nuque.

Tout à elle, Lucretia laissa Dokhara la guider, plongeant délicatement son visage sous l’eau chaude afin de laver sa propre chevelure désormais trempée. Une fois de plus, elle savoura aussi bien le contact de sa consœur sur ses tempes que ses attentions prodiguées à son cuir chevelu. Conservant toujours les paupières closes, elle sentit, dans son environnement proche, Dokhara qui se mouvait pour se poster à l’autre bout du bassin. Là, les ablutions furent tout autres. La jeune femme s’empara délicatement d’une jambe de la Lahmiane pour y faire glisser le savon dans des gestes lents et calculés. Mais, à mesure qu’elle parcourait sa peau, la baronne devenue subitement camérière s’évaltonna quelque peu, devenant toujours plus entreprenante dans sa progression, et Lucretia se surprit plus d’une fois à être traversée par un léger soubresaut de son corps alors que Dokhara effleurait le dessous de sa cuisse. L’acuité sensorielle si développée de la vampire ne la rendait que plus vulnérable aux attentions de sa consœur, laquelle en joua définitivement comme son amante ne s’en protégeait guère. Dénudée, exposée, yeux fermés et visage basculé en arrière, elle se laissait faire, abandonnant son corps à tout mouvement qu’elle ne pouvait réprimer. Lorsqu’une phalange s’approchait de son intimité, Lucretia sentait sa poitrine se gonfler sous l’effet d’une chaleur plus ardente. Lorsque l’extrémité d’un doigt glissait verticalement entre ses cuisses, elle relâchait cette pression au travers d’un petit gémissement incontrôlé. Bientôt, sa consœur fut plus téméraire ; chacun de gestes s’attarda définitivement sur cette zone érogène, et Lucretia ne sut comment se comporter.

Le visage toujours renversé, ses lèvres, qu’elle mordilla à plus d’une reprise, s’entrouvrirent sous la pression de ses soupirs croissants. Elle ondula malgré elle, créant de petits remous à la surface de l’eau, et sa dextre parcourut son corps, glissant sur sa poitrine comme sur son ventre, avant de venir rejoindre celle de son amante. Enfin, elle se cambra que plus encore en arrière dans un long gémissement, se hissant à moitié hors de l’eau, seulement soutenue par le plaisir indicible qui parcourait tout son être. Et Lucretia retomba là, sans retenue aucune, le souffle court, provoquant au sein même du baquet un petit raz-de-marée qui se répandit en flaque autour de l’étuve.

La Lahmiane rouvrit les yeux, et son regard humide rencontra celui de Dokhara. Cette dernière lui sourit de cette manière ingénue et bienveillante que la vampire seule avait déjà eu l’occasion de connaître. Point de petite expression amusée ou de petits airs victorieux après lui avoir arraché une émotion de cet acabit, non ; Lucretia n’y lut que la marque satisfaite et contentée d’un plaisir partagé. Par la suite, l’ancienne baronne de Soya se drapa dans une serviette, ouvrit la porte, quémanda de nouveaux seaux d’eau chaude, et se replongea dans son propre bain. Et elles s’acagnardèrent que davantage encore, profitant pleinement de ces derniers instants de quiétude qu’elles pouvaient encore s’offrir.
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FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140
Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises (lvl 1):
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Érudition
- Intimidation
- Alphabétisation
- Sens Accrus
- Vision nocturne
- Connaissance des démons
- Comédie
- Force accrue
- Esquive
- Monte - chevaux
- Coup précis lvl 3
- Arme de prédilection - épée à une main
- Escalade
- Coriace
- Chance
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 2
- Etiquette
- Intrigue de cour
- Littérature
- Réflexes éclairs
- Linguistique

Dons du Sang:
- Défi de l'Aube
- Innocence Perdue
- Domination
- Ame Profane
- Forme de Familier : Corneille
- Régénération Impie
- Sang argenté
- Sang vif

Escorte :
- 10 hommes d'armes
- un carrosse tiré par quatre chevaux
- Hans le cocher
- Marcus le capitaine de la garde
- Une petite bestiole attachante nommée Dokhara.

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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par [MJ] Le Grand Duc » 09 mai 2019, 00:13

Les autres clients que les deux rousses rencontrèrent dans la salle commune de l'auberge étaient essentiellement des commerçants kislévites de passage à Erengrad. Il y avait une quinzaine de personnes attablées céans, exclusivement des hommes d'un certain âge. L'un venait ici pour la première fois pour y vendre une cargaison de peaux achetée à Salzenmund, l'autre était un habitué des lieux et se vantait d'être le plus gros négociant en morue salée de la région. Ils étaient par trois ou quatre, partageant le repas en parlant des affaires ou des derniers événements. D'autres jouaient aux dés ou fumaient la pipe, seuls dans leur coin. La plupart d'entre eux parlaient le reikspiel, mais les capacités hors normes de Lucrétia pour l'apprentissage des langues lui permettaient d'échanger quelques bribes de kislévarin avec les marchands, ne serait-ce que pour les amadouer. Si fait, la majorité d'entre eux se trouvèrent enchantés de discuter avec ces femmes charmantes qui furent bientôt au centre de l'attention générale. On leur proposa de manger, de boire, de jouer et de passer cette froide soirée en bonne compagnie.

Qu'elles aient accepté ces chaleureuses invitations ou non, les baronnes tirèrent nombre d'informations intéressantes de leurs nouvelles connaissances.

De Kislev, elles entendirent tout. Un maquignon leur décrivit une superbe cité de glace et de tours, aux rues larges et aux remparts titanesque, tandis qu'un grossiste en étain rétorquait que les caniveaux s'y noyaient dans la fange et que chaque venelle était le repaire d'une bande de coupes-gorges.

Concernant Praag et ses alentours, Lucrétia et Dokhara restèrent sur leur faim. Les mines se fermèrent et les regards se firent plus sombres. La Tempête du Chaos avait frappé ce pays de plein fouet, et les marchands s'en rappelaient. Ils s'accordèrent pour dire que la corruption gangrenait le Nord et qu'il ne fallait pas s'y rendre, sous peine de devenir fou. Deux ou trois voix s'élevèrent pour protester et prendre la défense d'une ville qui se relevait, à l'image d'Erengrad, encore forte de son histoire et de sa richesse d'antan. Les affaires y étaient bonnes, à nouveau, semblait-t-il. Mais le sujet fut rapidement évincé.

Mais c'est au sujet de l'oblast que tous s'accordèrent : "не ходи", n'y allez pas ! Il n'y avait rien que la steppe et les forêts, les montagnes et les marais, tous infestés de montres, d'esprits et de kyazaks. Quelques bourgs s'échinaient à y survivre, mais l'hiver arrivait déjà et les premières neiges ne manqueraient pas de tomber, recouvrant le paysage d'un manteau blanc et mortel. D'ailleurs, le dernier convoi de la saison partait pour Zoïshenk, la communauté la plus importante de la région. Le boyard Pavel Nakhimov, ataman de Zoïshenk, venait d'acheter un canon à la fonderie d'Erengrad et formé une coûteuse unité de streltsi pour renforcer sa garnison. On disait que les incursions des barbares se faisaient plus pressantes en provenance du Pays des Trolls, pour la première fois depuis la Tempête. Ces troupes partaient pour le Nord sous deux jours, et il était fort à parier que de nombreux marchands, voyageurs et aventuriers allaient se joindre à eux, profitant ainsi de leur protection avant que les neiges ne coupent définitivement la route jusqu'au printemps suivant. Un épicier évoqua même une rumeur selon laquelle un chevalier de l'Empire allait accompagner le convoi, pour une raison mystérieuse sur laquelle chacun se permit de spéculer.






Deux jours plus tard, il fallait que Lucrétia et Dokhara se présentent à l'imposante porte Est pour voir le fameux convoi sur le départ.

C'est sur une large place encadrée de maisons à étage et d'écuries que se pressaient hommes, animaux et matériel dans l’effervescence caractéristique qui précédait les voyages périlleux. Les badauds étaient nombreux aux fenêtres ou sur les perrons pour observer cette formidable activité. Il y avait là une dizaine de chariots sous les bâches desquelles s'empilaient caisses, tonneaux et fagots en tous genres. Des portefaix esseulés finissaient de charger la dernière voiture tandis qu'on attelait les mules dans un grand boucan d'interjections et de braiments.

Mais les regards ne pouvaient s'empêcher de s'accrocher sur les armures et les ornements de plumes de l'escadron de cavaliers ailés qui veillait sur l'opération. Ces fiers guerriers, parangons de l'esprit combatif des kislévites, montaient des chevaux racés et étaient engoncés dans des plastrons finement ouvragés et parés de fourrures lustrées. Les harnachements de leurs montures, teints en rouge, étaient ornés de médaillons gravés et de colifichets à la signification obscure pour les deux baronnes. Une grande lance était attachée à leurs fontes de selle et une queue de renard blanc pendait en dessous de chaque pointe. Des cimeterres et des arcs courts leurs battaient le flanc, et enfin leurs casques présentaient une nasale en cœur inversé qui leur masquait presque entièrement le visage. Au nombre d'une quinzaine environ, ils sillonnaient la place et lançaient des ordres pour presser l'allure, et le moment du départ.

Mais ils n'étaient pas les seuls cavaliers, puisque plusieurs archers montés étaient également présents ça et là, discutant les avants-bras croisés sur le pommeau de leur selle en attendant le signal. C'était des ungols, les premiers habitants de l'oblast. La plupart portaient de longues moustaches et le crâne rasé à l'exception d'un étrange et long toupet qu'il rabattaient sur le côté ou en arrière, visiblement graissé avec du suif. Leur aisance à cheval était légendaire, au point où on les disait nés dessus, et ils étaient les vrais maîtres de la steppe. Leur équipement était léger, de cuir ou même composé de simples harnais, et à chacune de leurs selles étaient accrochés un arc courbe, un carquois bien fourni et une lame ou une hache.

Les streltsi n'étaient pas difficile à repérer non plus, petit contingent d'une trentaine d'homme en épais caftan rouge, ocre ou vert, et aux lourds bonnets de fourrure. Ils étaient équipés d'arquebuses, fait rare dans les armées kislévites, ainsi que d'une arme d'hast étrange entre la hache et la hallebarde, à l'imposante lame en croissant et dont on disait qu'ils se servaient pour stabiliser leur visée avant de faire feu. Au milieu de tout cela trônait un canon en bronze flambant neuf reposant sur un essieu auquel on attelait quatre mulets récalcitrants. Le long fût de la pièce d'artillerie était constellé de parchemins de bénédiction cachetés à la cire, ainsi que de portes-bonheurs et autres grigris ésotériques.

Les baronnes remarquèrent une voiture différente des autres charrettes, et visiblement dévolue au transport de passager. Si son allure n'était pas celle des fiacres impériaux, elle semblait relativement confortable et pour le moins solide, avec ses roues cerclées de fer et ses six chevaux robustes aux œillères en cuir bleu. Les rideaux à l'intérieur étaient tirés et le cocher, confortablement installé sur son siège au dessus de ses bêtes, fumait la pipe. Le personnage était trapu et emmitouflé dans un épais manteau. Son béret bordé de fourrure et orné d'une plume d'oie et ses grosses moustaches grisonnantes encadraient un regard rieur tandis qu'il discutait avec un autre homme à la barbe blonde et à la chapka aux baleines rabattues sur les oreilles, assit sur une malle sur le toit. A leurs pieds, une arbalète, un tromblon et deux haches.

Non loin, en bordure de la place mais néanmoins lié au bouillonnement qui saisissait cette dernière, Lucrétia et Dokhara repérèrent l'homme dont avait parlé l'épicier de la Lynsk. L'individu était facilement identifiable. Barbe fournie et taillée, armure de plate rutilante, marteau de guerre et fourrure immaculée sur les épaules : c'était un chevalier du Loup Blanc, un templier du dieu Ulric. Il attendait patiemment, suivant des yeux l'agitation face à lui. A ses côtés, un énorme destrier blanc au caparaçon ouvragé et dont le chanfrein métallique était orné d'une pointe. Des volutes de buées s'échappaient des naseaux de l'imposante monture.



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Cette diligence ne sera peut être pas inconnue pour certains ... viewtopic.php?f=182&t=4218&p=72700#p72700
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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