[Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Kislev, pays de sombres forêts de conifères, d'étendues neigeuses et de steppes balayées par les vents, se trouve l'est de l'Empire. Pendant des siècles, il a été un rempart face aux incursions dévastatrices du Chaos venues du nord. Kislev est un allié fidèle et puissant de l'Empire, toujours prêt à envoyer ses troupes à son secours

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 22 avr. 2019, 22:50


Aux mots de la baronne de Bratian, la jeune de Soya répondit par un sourire complice. Il semblait qu’une idée commençait déjà à germer dans sa tête sur sa manière d’appréhender la chose et d’aborder les stryganis. Elle retira son nouveau manteau de fourrure, lequel la classait peut-être dans une classe supérieure du fait de son coût, et dévoila ses avant-bras parcourus de lignes ésotériques. Puis elle s’approcha de l’enclos tandis que Lucretia, de son côté, préférait rester en retrait. Dokhara avait eu un bien meilleur rapport avec les khilis que la Lahmiane n’en avait jamais eu.

De loin, elle regarda sa compagne étudier les chevaux avec un intérêt à moitié feint, avant de tiquer. Il y avait du monde non loin de là. Beaucoup de monde. Une foultitude de personnes qui passaient et repassaient dans les ruelles, peut-être toutes aussi nombreuses. Une pluralité de gens agglutinés les uns à côté des autres. Elle en revint aux chevaux. Il était vrai que les montures étaient splendides, plus racées encore, peut-être, que celles qu’elles avaient dérobées aux gitans qui les avaient accompagnées au travers de la Drakwald. La Lahmiane cilla de nouveau, observant le premier passant qui se présentait à la portée de son regard. Il détenait une taille plus grande que les autres. Relativement gringalet, il possédait une peau tannée par le soleil, si bien que l'on pouvait le confondre sans mal avec un Estalien. Pourtant, il avait ce petit quelque chose qui l’identifiait comme l'archétype de la jeunesse dorée de Nuln, respirant la luxure par tous les pores de la peau, possédant l'insouciante beauté de la jeunesse. Son abondante et bouclée chevelure noire recouvrait négligemment son crâne, tandis que ses mèches pendaient sur une partie de son visage. Une barbe de trois jours lui garnissait le menton. Il ne semblait pas particulièrement fort ou musclé ; à dire vrai, sa silhouette s’avérait fine, avec une démarche insouciante. A tel point que son corps était gracieux comme celui d'un tigre agile, et en le regardant, on ne pouvait s'empêcher de penser à un félin joueur qui prenait plaisir à observer les évènements de loin, pour frapper au meilleur moment. Un large sourire illuminait son visage, au beau milieu de la rue, mais il était difficile de percevoir, pour Lucretia, s’il s’agissait d’une mine trompeuse ou charmante.

Il portait sur lui un pistolet dissimulé sous son large manteau, que la Lahmiane perçut grâce à la crosse en fer qui dépassait. A contrario, une épée particulièrement colorée et voyante s’exhibait à sa taille, pendouillant négligemment à sa ceinture. Lucretia serra les dents, tâchant de revenir sur la scène qui l’intéressait. Le petit manège de sa consœur attira l’attention d’un des stryganis, pensant très certainement pouvoir ferrer un client.

Eu égard à sa surnaturelle condition, Lucretia ne ressentait pas le besoin de s’approcher à son tour pour suivre l’échange qui se déroula, et moins encore celui de les observer en catimini. Le deuxième passant possédait une taille moyenne, et s’entourait d’une aura particulière que magnifiaient ses yeux bleus. Effectivement, il avait la peau particulièrement bronzée par le soleil, tant et si bien qu’il devait être d’origine étrangère, assurément. Il possédait une musculature développée, bien que moyenne pour un guerrier, entièrement cachée par les lourds tissus noirs qu'il portait en permanence. Ses bas étaient on-ne-pouvait plus simple ; un pantalon de lin sombre par-dessus des tissus blancs. Outrepassant son allure inquiétante et son regard froid, la Lahmiane put y voir un visage aux traits légers, assez beaux, mais marqués par une brûlure sur la joue gauche. Ses cheveux noirs tombaient jusqu'à hauteur des yeux, coupés sur le devant d’une manière, certainement, à ce qu’ils ne lui cachassent pas la vue. Au même titre que la première personne, son arme lui battait le flanc ; un imposant cimeterre à la lame courbe. La Lahmiane battit des cils ; pourquoi diable revenait-elle sans cesse à ces gens qu’elle ne connaissait pas ? Elle reporta son attention sur ce qui l’intéressait vraiment. Les sons suffisaient amplement pour qu’elle se représentât sans souci aucun la scène qui se déroulait un peu plus loin, alors même que l’Immortelle se dissimulait dans les ombres.

Dokhara mit, dans un premier temps, l’accent sur les chevaux, mais dériva très rapidement sur la langue gitane. Là, Lucretia se permit de jeter un petit coup d’œil, et cela en valut la chandelle. La troisième passante possédait un magnifique visage sur lequel s’inscrivait un sourire ravageur encadré par une chevelure d'un rouge profond. Sa frange, coiffée sur le côté gauche de son visage, soulignait des yeux aux ténèbres insondables, mais pas que ; une peau laiteuse, des formes agréables, sans pour autant être plantureuses et tomber dans l'excès, et des lèvres pulpeuses. Très grande, elle dépassait même les hommes d’une bonne tête, et sous la silhouette de son corps aussi fin qu’harmonieux se dessinait apparemment une musculature inopinée. Avec sa parfaite dentition et quelques discrètes cicatrices lui parcourant le visage, nul doute qu’elle devait souvent attirer le regard et la tentation de la gent masculine. L’homme au teint hâlé observait désormais son interlocutrice avec des yeux aussi ronds que des soucoupes ; jamais ne s’était-il attendu à voir une étrangère capable de converser dans son idiome. Et voilà que cette jolie jeune femme qui se tenait juste devant lui venait de bigrement le détromper. La quatrième rappelait le charme farouche du peuple Kislévite, possédant toutes les caractéristiques physiques des nordiques. Une démarche haute et affirmée mariait avec subtilité la prétention et l’aplomb, et témoignait d’une aisance certaine à se mouvoir. À peine plus haute que la moyenne, cette jeune femme s’était forgé une silhouette souple et pleine. Sa fine musculature se dessinait légèrement sous le tissu et le cuir simple et sombre de sa vêture. Portée près du corps, elle laissait toute liberté à ses mouvements, à tel point que cette quatrième personne avançait à grands pas déterminés dans la rue. Elle avait la peau aussi pâle que la neige, et ses cheveux, tombant à peine au-dessous de sa nuque, aussi clairs que l'onde glacée de l'hiver infernal du Nord. Quant à ses yeux verts, constellés de tâches or et sienne, ils remémoraient les forêts vierges qui hantaient de leur placide existence les terres bleues du Kislev. Par ailleurs, son visage ovale présentait une rare harmonie, avec un nez légèrement aquilin et des pommettes saillantes. Ses lèvres pleines donnaient toute leur expression à la petite moue provocatrice qu’elle arborait, tandis que l'éloquence de son regard aux reflets de fond marin n'était plus à prouver. Cette dernière continua son rôle, jouant les ingénues et les têtes en l’air, jaspinant tout son saoul afin de marquer son intérêt pour une histoire dont elle voulait dérober tous les secrets. Ce faisant, elle mit bien en évidence ses tatouages, exhibant chaque motif, expliquant chaque symbole que ce stryganis connaissait assurément. Puis, faisant mine de se reprendre, elle amorça le vif du sujet ; quelle était cette histoire du dragon Ylulu et du clan qui l’avait vaincu ? La cinquième personne était une elfe, au corps mince et élancé même pour ceux que cette race. Cela lui procurait une apparence de fragilité, eu égard à sa silhouette svelte et à sa taille normale. Toutefois, tout respirait chez elle l’agilité féline, dans son comportement comme dans sa posture. Elle avait la peau pâle, elle aussi, de ceux qui ne voient que trop rarement le soleil, et sur cette première s’entrecroisait d'étranges volutes tatouées à l'encre bleu sombre. Des symboles très certainement ésotériques, divins, peut-être, que Lucretia ne reconnaissait pas, mais qui apparaissaient sur ses chevilles et ses poignets dénudés ainsi que sur son visage. Elle avait l’expression sombre et taciturne de ceux qui ne se préoccupent que trop peu d’autrui, et ses lèvres affichaient un rictus inamical, et son regard se promenait sur les différents passants dans un manque total d’intérêt. Cela n’enlevait toutefois rien à la finesse de ses traits, au gris opaque de ses prunelles, ou à ses pommettes hautes et saillantes. Ses oreilles étaient longues et effilées, et ses lobes s’incrustaient de petits disques de bois polis. Des anneaux de la même matière, enfin, s’enfilaient dans sa crinière au ton de sang, anneaux qui cliquetaient au moindre de ses mouvements.

Alors qu’elle parlait, les expressions des visages s’altéraient lentement mais sûrement. Les traits d’un des deux hommes se teintaient de méfiance et de suspicion, tandis que l’autre, probablement plus sensible au charme de Dokhara, parcourut du regard ces entrelacs fuligineux qui recouvraient la peau de ses bras. Le sixième passant voyait sa peau tannée par un soleil méridional, et tous ses traits annonçaient un tiléen. Il disposait d’une épaisse moustache bien entretenue et des cheveux noirs épais qu'il avait rattachés en catogan. Sur son chef, un splendide chapeau à plumes parachevait l’homme qu’il incarnait. Il possédait de grands yeux avec des iris d'onyx, et Lucretia remarqua son tic ; celui d'agiter sa main droite le long de sa ceinture en étoffe orange de manière continuelle. Une stature normale, quoiqu’athlétique, remplissait des habits certes colorés, mais qui trahissaient néanmoins plusieurs ravaudages. Une cape en calicot rouge et des bottes d'excellentes factures complétaient son allure exotique. Lucretia cessa de porter un intérêt à cette personne, sachant pourtant, pour une raison inconnue, qu’elle y reviendrait tôt ou tard, et s’intéressa plutôt à la réponse d’un des stryganis. Ladite réponse qu’il présenta, toutefois, ne fut pas celle à laquelle s’attendaient les deux jeunes femmes. Ylulu n’était pas un dragon, non pas, mais plutôt un esprit malfaisant de la Drakwald. Une sorcière animée par la haine et la rancœur, que défit Sekhemkhet, la stryge qui les avait menacées. Le septième passant possédait des cheveux noirs mi-longs, des yeux bleus aux reflets verts, et un visage plutôt fin, imberbe, encore non marqué par l'âge. Il était plutôt maigrichon, habillé d’un simple tablier, comme s’il s’agissait d’un portefaix un peu gringalet. Quelques cicatrices marquaient ses mains, mais son visage avait été épargné par ces estafilades. Mais, tandis que le stryganis se lançait dans davantage d’explications, son compère, à la mine bien plus austère et réservée, le retint fermement, avant de s’interroger sur les étonnantes connaissances de Dokhara.

Cette dernière ne se laissa pas démonter, et, dans un grand sourire, fit mention d’une bonne partie de la vérité. Yrié, du clan des Khilis, lui avait tout raconté, en sus de lui transmettre l’art du tatouage ainsi que ce dialecte étranger qu’ils parlaient tous entre eux.

Mais si d’autres précisions furent là encore demandées, l’ancienne baronne de Soya n’obtint point de réponse. Les deux hommes n’étaient pas assez sages et cultivés sur leur propre histoire pour pouvoir en conter davantage à cette impériale aux mille interrogations. La huitième passante avait tout de l’elfe, quoiqu’elle apparût comme étrange au regard de l’Immortelle. Une grande beauté, avec la peau et le teint pâle et légèrement bleuté, les cheveux noirs comme le jais, et les yeux tout aussi foncés, bien que sans cruauté aucune ; voilà ce que détailla la Lahmiane au premier regard. Après ce rapide coup d’œil, l’elfe révéla une mince silhouette aux courbes qui l’étaient tout autant, et dont la taille, petite, ne détonnait pas. A dire vrai, en dépit de sa race, elle paraissait presque frêle, chétive, voire bien plus vulnérable que la norme. Pour un peu, Lucretia lui donnerait dix-huit printemps. Ainsi, plutôt que de se perdre en stipulations et conjectures douteuses, il invita la jeune femme à se joindre à lui et à ceux de son clan pour la soirée. Au milieu des gitans, nul doute qu’elle trouverait des stryganis à la sapience bien plus développée, d’autant plus qu’elle se présenterait comme une amie d’Yrié. Par ailleurs, celle-ci ne tarderait guère à les rejoindre. A ces mots, Lucretia esquissa un petit rictus cynique. S’ils savaient.

Mais ce fut précisément cette pensée qui lui inculqua la prudence. L’offre était intéressante pour le simple fait d’obtenir enfin des réponses. La neuvième était une jolie bachelette, avec des courbes élégantes, un joli minois, et des habits distingués qui savaient bien la mettre en valeur. Les traits de son visage transpiraient l’ingénuité des premières années que venait encadrer une chevelure de feu. Pourtant, eu égard à son port altier et à sa démarche calculée, il était évident qu’elle n’avait rien de la fille du peuple. Sur elle, une longue robe blanche aux brocards dorés s’accordait aux quelques bijoux qui pendaient autour de son cou ou à ses oreilles. Mais c’était là tout. Comment réagiraient les gitans à la présence de l’inconnue qu’incarnerait Lucretia ? Et, surtout, dans la mesure où elle ne s’était pas débarrassée des quelques khilis restants, qu’adviendrait-il s’ils parvenaient jusqu’aux leurs et la trouveraient en leur compagnie ? Très certainement rien de bon, à n’en pas douter, et la Lahmiane n’estimait pas ces informations plus importantes que leur sécurité.
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Dokhara de Soya » 26 avr. 2019, 18:12

Derrière le sourire, Dokhara ne put s'empêcher de reconstituer mentalement l'image de Bubba le boiteux que venait de citer le khili. Un cadavre inerte recouvert de sang, sur lequel elle avait trébuché dans sa fuite, au milieu d'un chaos de cris, de flammes et de morts.

- J'ai malheureusement d'autres obligations pour la soirée, mais qui sait, peut-être arriverais-je à me dégager une heure de temps ? Quoiqu'il en soit, je vous remercie pour vos réponses sincères - puissent vos affaires être prospères messieurs.

Le vent se faisant plus cinglant, Dokhara renfila son manteau en fourrure de renard alors qu'elle rejoignit Lucrétia. La vampire semblait perdue dans sa contemplation des passants, écoutant d'une oreille distraite le rapport que lui fit Dokhara - mais après tout, avec son ouïe affutée, elle avait sans doutes déjà perçu toute la conversation qui s'était déroulée. Ignorant l'impolitesse de son amante qui semblait plus passionnée par le derrière de deux kislevites qui venaient de les dépasser que par ses paroles, la jeune rouquine attendit patiemment l'opinion de la lahmiane sur la situation. Sans surprise, cette dernière préférait ne pas se rendre au rendez-vous donné par le dénommé Giorgi - après les événements récents en compagnie des khilis, mieux valait éviter d'aller risquer le diable : quelques informations sur une bague hantée ne valaient pas une nouvelle mise en danger inconsidérée.

Le soleil se couchant et leur liste de tâches arrivée à terme, il était grand temps pour les deux ex-baronnes de rejoindre La Lynsk pour y passer la nuit. Sitôt arrivées, elles cédèrent immédiatement au caprice premier de Lucretia, exigeant deux grands baquets d'eau brûlante dans les plus brefs délais pour leur chambre afin d'y faire leur toilette.

Plus que le plaisir du bain chaud après une journée passée dans un climat hivernal, c'était la jouissance de goûter à nouveau au confort d'une eau à la température dépassant celle des étangs et rivières de la Drakwald qui fit pousser un long râle d'extase à Dokhara alors que son corps glissait dans son baquet. Depuis les sources chaudes, elles s'étaient au mieux immergées dans des bassins gelés, au pire lavées avec un seau et une éponge lors de leur passage dans la partie la plus ténébreuse et dangereuse de la forêt.

Pendant une petite dizaine de minutes, elles restèrent l'une et l'autre parfaitement immobiles et muettes couchées dans leurs baquets respectifs, paupières fermées, à profiter d'un trop rare instant de bonheur corporel. Elles étaient baronnes que diable, elles n'étaient pas habituées à de telles périodes d'inconfort ! Rejetant délibérément toute pensée la reliant aux khilis ou à la Drakwald, Dokhara se força à penser à l'avenir. Elles ne savaient pas encore dans quelle direction leurs pas les mèneraient dans le tsarat du Kislev, mais il était certain qu'elles ne pouvaient rester à Erengrad, trop proche de la frontière impériale. Il leur fallait s'enfoncer dans ce pays glacé, loin des grandes villes, là où plus personne n'irait les chercher, là où Dokhara pourrait devenir une vampire et chasser des fermiers sans craindre la présence d'une autorité trop puissante pour être affrontée. L'ouest frontalier et le sud avec la capitale était donc proscrit : leur restait l'est avec les restes fumants de Praag et des villes traversées par les forces du Chaos, ou le nord, dont elles ne savaient strictement rien sinon qu'il était habité par de nombreuses tribus nomades à cheval.

Leurs retrouvailles avec la vie de château n'était pas pour tout de suite. Si elles s'étaient acheté des vêtements de voyage confortables, elles allaient cependant devoir affronter l'hiver kislevite, seules dans un pays aux dangers inconnus. Bon sang, il leur allait aussi falloir apprendre la langue locale, et si Lucrétia semblait déjà en maîtriser les bases, Dokhara n'avait pas réussi à assimiler le moindre mot lors de cette première journée au Kislev. Leur idiome était tellement complexe, elle ne se voyait vraiment pas l'apprendre en autodidacte...

Sentant la déprime et le découragement reprendre le dessus sur ses pensées, Dokhara se leva soudainement, décidant d'agir plutôt que de se laisser aller. Le bruit de sa soudaine sortie fit ouvrir à sa consœur un œil intrigué. Le corps ruisselant d'une eau encore brûlante, Dokhara profita de se savoir observée pour s'approcher langoureusement de la vampire, se glissant derrière elle puis s'agenouillant pour laisser ses bras entourer sa nuque, ses deux mains se rejoignant sur la poitrine de son amante.

- Shhh...

Elle exerça une légère pression de la pointe de ses doigts, et les remonta lentement le long de son thorax, longeant ses clavicules pour finir par fermement agripper ses épaules qu'elle massa fermement. S'il était futile de croire que les muscles d'une vampire pouvaient être endoloris et nécessiter une attention particulière pour les détendre, cela n'enlevait rien au plaisir simple d'apprécier leur pétrissage méthodique par des mains expertes, dans l'unique objectif d'y trouver un peu de plaisir.

Les minutes passèrent, et Dokhara réprima ses désirs égoïstes pour se concentrer toute entière à l'art d'offrir des sensations à sa consœur. Utilisant le savon à leur disposition, elle s'occupa tout d'abord de masser délicatement la nuque, les épaules puis les bras de son amante, passant et repassant avec lenteur sur ses muscles, tantôt avec force tantôt avec douceur, mêlant ainsi le plaisir d'un massage à l'érotisme de contacts démultipliés. Prenant le rôle d'une modeste servante - avec quelques libertés évidentes sur la pudeur - elle intima à Lucrétia de garder ses yeux fermés et d'uniquement profiter de l'instant présent, laissant ses autres sens travailler tandis que Dokhara se concentrait toute entière à sa personne, et rien qu'à elle.
Elle s'occupa ensuite de sa magnifique crinière rousse. Guidant doucement sa tête pour qu'elle la plonge sous la surface de l'eau, elle rit elle-même de sa propre précaution tandis qu'elle faisait attention à ne pas totalement faire disparaître le visage de son amante sous la surface de l'eau pour que reste en contact avec l'air son nez et sa bouche. Que risquait-elle, la noyade ? Elle massa lentement son cuir chevelu et son visage, avec plus de force dans les doigts qu'elle n'en avait imprimé précédemment - pour Dokhara, rien n'allégeait mieux ses propres tensions qu'une stimulation ferme de toute sa zone crânienne, et elle espérait qu'il en serait de même pour sa consœur. Malheureusement, la contrepartie de pareil massage était la création inévitable d'une multitude de nœuds à la racine même des cheveux - passé le plaisir, Lucrétia aurait fort à faire armée de sa brosse...
Vint ensuite le moment plus sensuel de lui laver les jambes. Commençant naturellement avec son pied gauche, Dokhara se mit plus que jamais en position d'esclave, rabaissant volontairement sa dignité pour faire plaisir à son amante. Elle nettoya consciencieusement chaque orteil, avant de s'attaquer à la plante, sa cheville, son tibia, de remonter sur son mollet, puis enfin de parcourir sa cuisse. Usant de ses deux mains, elle fit de grands va-et-viens de son genou jusqu'à ses fesses, lorsqu'elle ne laissait pas intentionnellement ses doigts frôler sa région intime. Elle répéta ensuite l'intégralité de l'opération avec sa seconde jambe, imitant ses gestes précédent pour éviter qu'une moitié de son corps ne soit jalouse de l'autre.
Ceci fait, elle laissa sa main se glisser vers l'entrejambe de sa compagne, lui adressant un autre type de massage tout en surface - ce moment était dédié à la douceur et à la détente, et il n'y avait en conséquence nulle place pour une pénétration endiablée. Se limitant à des caresses aussi précises que lascives, elle laissa le temps à sa consœur d'apprécier la lente gradation de son plaisir avant d'atteindre un orgasme tout en volupté.

Plus de trente minutes s'étaient écoulées, et quand bien même n'avait-elle pas reçu la moindre caresse en échange de ses services, la nature empathe de Dokhara suffisait à ce qu'elle en soit particulièrement émoustillée. Pourtant, elle n'invita pas sa compagne à lui rendre cette faveur - elle avait délibérément choisi que cet instant serait celui de Lucrétia, et pas le sien. Une façon pour elle d'offrir un cadeau qui se voulait désintéressé. Aussi, sitôt sa mission accomplie, elle déposa un affectueux baiser sur le front de sa compagne, avant d’attraper une serviette pour se couvrir, d'ouvrir la porte de leur chambre, et d’interpeller un valet de passage pour exiger de nouveaux seaux d'eau brûlante.

***

Une nouvelle trentaine de minutes plus tard, le soleil désormais couché, les deux baronnes avaient enfin terminé leurs ablutions. Dokhara avait même pris le temps de se badigeonner le corps d'huile de lavande afin de remédier aux problèmes de peau sèche que le climat hivernal local lui créaient.
Il était désormais temps pour elles de rejoindre la salle commune pour dîner, mais surtout, pour discuter avec les quelques kislevites présents afin de se renseigner sur leur pays. Il leur fallait un état des lieux du Kislev pour savoir quelle destination choisir comme point de chute final, et surtout, il leur fallait des conseils pour voyager dans un pays réputé pour être particulièrement rude avec les étrangers mal préparés, surtout en cette période de l'année.
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 08 mai 2019, 22:31, modifié 1 fois.
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Dokhara de Soya, Voie de l'aristocrate, Noble
Profil : For 9 | End 9 | Hab 11 | Cha 15 | Int 11 | Ini 10 | Att 11 | Par 11 | Tir 10 | NA 2 | PV 75/75
Compétences : Étiquette, Diplomatie, Séduction, Éloquence, Alphabétisation, Musique (violon), Danse, Chant, Tatouage Empathie, Parade, Bagarre, Sang-froid, Résistance accrue (spécialisation alcool), Fuite
Bonus d'équipement : +2 PAR grâce à Main Gauche.

Fiche de personnage

Compétences en cours d'apprentissage :
Ambidextrie : 3/4
Langage - kislévarin : 1/4
Awards
Warfo Award 2018 du meilleur PJ - RP
Warfo Award 2019 du meilleur PJ - Élaboration
Dream Team 2018 et 2019 avec Lucretia Von Shwitzerhaüm
Miss Vieux Monde 2019

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 04 mai 2019, 22:50

Vraisemblablement, la consœur de Lucretia avait songé à la même chose. Conservant ce ton affable qu’elle avait adopté tout au long de leur échange, Dokhara déclina l’invitation que venait de lui faire le stryganis, et, après l’avoir remercié, tourna les talons. De retour auprès de la Lahmiane, elle lui résuma les informations qu’elle venait de soutirer. L’intéressée hocha distraitement du chef.

« Oui, j’ai tout écouté, répondit-elle presque négligemment tandis que son regard suivait un passant. Et je ne pense pas qu’il soit très indiqué que de revenir les voir ; nous avons épargné les derniers khilis qui ne manqueront pas de les rejoindre, et qui pourrait prévoir leur réaction lorsqu’ils nous reverront ? Sekhemkhet, Otto, Yrié… Si jamais de telles informations devaient leur parvenir, je doute que l’accueil nous soit aussi bienveillant que prévu. Tant pis pour la bague ; elle ne vaut pas la peine que l’on prenne de plus amples risques. »

Encombrées de toutes leurs nouvelles afféteries, elles observèrent un instant l’azur sombre d’un début de soirée qui déclinait de plus en plus à mesure que venait la nuit. Le temps de rentrer à la Lynsk et de s’y poser pour de bon était enfin venu, et Lucretia, quand bien même n’était-elle pas véritablement sujette à la fatigue, ne put s’empêcher de réprimer un petit soupir de contentement prématuré. Après cet interminable voyage au sein de la Drakwald, après ces journées passées à caracoler le long de la baie de Starivoda, elle allait pouvoir se prélasser dans un bon bain chaud et se laisser porter par un matelas moelleux.

Parvenue devant la tenancière de l’auberge, la Lahmiane laissa choir toutes ses affaires à même le sol, et, avec un empressement affecté, se mit à baragouiner quelques mots en kislévite.

« Goryachaya voda », demanda-t-elle en se frottant le bras, mimant quelque geste de l’ablution. Ce à quoi la propriétaire des lieux s’interrogea, incertaine :
« Vanna ?
- Da, da, my xochym vanna !
» termina Lucretia dans un grand sourire, satisfaite d’être passée de l’expression de l’eau chaude à la volonté de prendre un bain.

Une deuxième étuve fut rapidement montée, et il en alla de même de ladite eau chaude que l’on versa dans les grands récipients capables de contenir le corps d’un homme. Ni une, ni deux, les deux jeunes femmes se glissèrent dans les bassines, n’attendant pas même que le portefaix eût claqué la porte de leur chambre pour ce faire. Lucretia fit écho au long râle de satisfaction de sa consœur, poussant de nouveau un long soupir cependant qu’elle se laisser immerger dans les eaux. Une indéfinissable sensation de bien-être s’empara de son corps ; la tiédeur et la quiétude des lieux la submergèrent complètement, la noyant sous une indolente langueur. Enfin pouvait-elle se laisser aller, enfin avait-elle l’occasion de baisser sa garde pour de bon, sans craindre pour son amante comme pour elle-même. Elles venaient de regagner la civilisation, ses murs et ses bâtiments, et ne se retrouvaient plus exposées, vulnérables à ces dangers qui rôdaient dans la pénombre de immenses troncs décharnés. Retrouver un espace clos, avec une seule entrée possible en la présence de cette porte, les changeait grandement ; adieu l’impression d’être toujours épiées dans leur dos, tandis que la mort pouvait survenir de partout, et surtout par-derrière.

Le vide se fit dans son esprit. L’Immortelle se détacha à sa manière de son propre corps, comme lors de ces trop longues nuitées d’hiver où cet inattrapable sommeil ne pouvait la gagner. Elle sentit ses bras flotter à la surface de l’eau, et laissa sa nuque reposer contre le rebord du baquet. Fermant les yeux, elle laissa sa tête partir en arrière, appréciant tous les bienfaits que pouvait lui procurer ce trop rare instant de paix.

Combien de temps venait-il de s’écouler, Lucretia ne le sut jamais, mais les clapotis bouillonnants d’un corps qui émergea de l’eau la sortirent de sa douce torpeur. Ouvrant un œil paresseux, l’ancienne baronne de Bratian étudia les lieux, et observa l’évolution d’une Dokhara tout juste sortie de son étuve. Partagée entre désir et flegme, elle savoura tout autant la vision de son corps ruisselant des minuscules gouttelettes que la continuité de son bain. La démarche et l’attitude de sa consœur en disaient long sur les attentions premières de la jeune femme alors qu’elle se dirigeait vers la Lahmiane, et cette dernière esquissa l’ombre d’un petit sourire de connivence. La baronne de Soya se glissa derrière la vampire, et l’enlaça de ses bras.

Si Lucretia eut dès lors la volonté de réagir à cette démonstration sans équivoque, elle se garda bien de le faire tandis que Dokhara lui intimait de ne rien dire. Alors, comme cette dernière tâchait de la détendre que plus encore à sa façon, l’Immortelle s’abandonna aux soins de son humaine. Basculant davantage la tête en arrière, la faisant presque reposer sur l’épaule de la jeune femme, la Lahmiane ouvrit tous ses sens. Elle apprécia la douceur du tracé de ces doigts qui sinuèrent de sa poitrine jusqu’à ses épaules, huma la fragrance de sa peau humide et de celle de ses cheveux mouillés, saliva à l’écoute de ces sourds battements de cœur qui s’en allaient frénétiquement à mesure que montait le désir, et s’enivra de la ferme pression de ses mains qui lui massèrent la nuque.

Tout à elle, Lucretia laissa Dokhara la guider, plongeant délicatement son visage sous l’eau chaude afin de laver sa propre chevelure désormais trempée. Une fois de plus, elle savoura aussi bien le contact de sa consœur sur ses tempes que ses attentions prodiguées à son cuir chevelu. Conservant toujours les paupières closes, elle sentit, dans son environnement proche, Dokhara qui se mouvait pour se poster à l’autre bout du bassin. Là, les ablutions furent tout autres. La jeune femme s’empara délicatement d’une jambe de la Lahmiane pour y faire glisser le savon dans des gestes lents et calculés. Mais, à mesure qu’elle parcourait sa peau, la baronne devenue subitement camérière s’évaltonna quelque peu, devenant toujours plus entreprenante dans sa progression, et Lucretia se surprit plus d’une fois à être traversée par un léger soubresaut de son corps alors que Dokhara effleurait le dessous de sa cuisse. L’acuité sensorielle si développée de la vampire ne la rendait que plus vulnérable aux attentions de sa consœur, laquelle en joua définitivement comme son amante ne s’en protégeait guère. Dénudée, exposée, yeux fermés et visage basculé en arrière, elle se laissait faire, abandonnant son corps à tout mouvement qu’elle ne pouvait réprimer. Lorsqu’une phalange s’approchait de son intimité, Lucretia sentait sa poitrine se gonfler sous l’effet d’une chaleur plus ardente. Lorsque l’extrémité d’un doigt glissait verticalement entre ses cuisses, elle relâchait cette pression au travers d’un petit gémissement incontrôlé. Bientôt, sa consœur fut plus téméraire ; chacun de gestes s’attarda définitivement sur cette zone érogène, et Lucretia ne sut comment se comporter.

Le visage toujours renversé, ses lèvres, qu’elle mordilla à plus d’une reprise, s’entrouvrirent sous la pression de ses soupirs croissants. Elle ondula malgré elle, créant de petits remous à la surface de l’eau, et sa dextre parcourut son corps, glissant sur sa poitrine comme sur son ventre, avant de venir rejoindre celle de son amante. Enfin, elle se cambra que plus encore en arrière dans un long gémissement, se hissant à moitié hors de l’eau, seulement soutenue par le plaisir indicible qui parcourait tout son être. Et Lucretia retomba là, sans retenue aucune, le souffle court, provoquant au sein même du baquet un petit raz-de-marée qui se répandit en flaque autour de l’étuve.

La Lahmiane rouvrit les yeux, et son regard humide rencontra celui de Dokhara. Cette dernière lui sourit de cette manière ingénue et bienveillante que la vampire seule avait déjà eu l’occasion de connaître. Point de petite expression amusée ou de petits airs victorieux après lui avoir arraché une émotion de cet acabit, non ; Lucretia n’y lut que la marque satisfaite et contentée d’un plaisir partagé. Par la suite, l’ancienne baronne de Soya se drapa dans une serviette, ouvrit la porte, quémanda de nouveaux seaux d’eau chaude, et se replongea dans son propre bain. Et elles s’acagnardèrent que davantage encore, profitant pleinement de ces derniers instants de quiétude qu’elles pouvaient encore s’offrir.
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FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140
Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises (lvl 1):
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Érudition
- Intimidation
- Alphabétisation
- Sens Accrus
- Vision nocturne
- Connaissance des démons
- Comédie
- Force accrue
- Esquive
- Monte - chevaux
- Coup précis lvl 3
- Arme de prédilection - épée à une main
- Escalade
- Coriace
- Chance
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 2
- Etiquette
- Intrigue de cour
- Littérature
- Réflexes éclairs
- Linguistique

Dons du Sang:
- Défi de l'Aube
- Innocence Perdue
- Domination
- Ame Profane
- Forme de Familier : Corneille
- Régénération Impie
- Sang argenté
- Sang vif

Escorte :
- 10 hommes d'armes
- un carrosse tiré par quatre chevaux
- Hans le cocher
- Marcus le capitaine de la garde
- Une petite bestiole attachante nommée Dokhara.

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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par [MJ] Le Grand Duc » 09 mai 2019, 00:13

Les autres clients que les deux rousses rencontrèrent dans la salle commune de l'auberge étaient essentiellement des commerçants kislévites de passage à Erengrad. Il y avait une quinzaine de personnes attablées céans, exclusivement des hommes d'un certain âge. L'un venait ici pour la première fois pour y vendre une cargaison de peaux achetée à Salzenmund, l'autre était un habitué des lieux et se vantait d'être le plus gros négociant en morue salée de la région. Ils étaient par trois ou quatre, partageant le repas en parlant des affaires ou des derniers événements. D'autres jouaient aux dés ou fumaient la pipe, seuls dans leur coin. La plupart d'entre eux parlaient le reikspiel, mais les capacités hors normes de Lucrétia pour l'apprentissage des langues lui permettaient d'échanger quelques bribes de kislévarin avec les marchands, ne serait-ce que pour les amadouer. Si fait, la majorité d'entre eux se trouvèrent enchantés de discuter avec ces femmes charmantes qui furent bientôt au centre de l'attention générale. On leur proposa de manger, de boire, de jouer et de passer cette froide soirée en bonne compagnie.

Qu'elles aient accepté ces chaleureuses invitations ou non, les baronnes tirèrent nombre d'informations intéressantes de leurs nouvelles connaissances.

De Kislev, elles entendirent tout. Un maquignon leur décrivit une superbe cité de glace et de tours, aux rues larges et aux remparts titanesque, tandis qu'un grossiste en étain rétorquait que les caniveaux s'y noyaient dans la fange et que chaque venelle était le repaire d'une bande de coupes-gorges.

Concernant Praag et ses alentours, Lucrétia et Dokhara restèrent sur leur faim. Les mines se fermèrent et les regards se firent plus sombres. La Tempête du Chaos avait frappé ce pays de plein fouet, et les marchands s'en rappelaient. Ils s'accordèrent pour dire que la corruption gangrenait le Nord et qu'il ne fallait pas s'y rendre, sous peine de devenir fou. Deux ou trois voix s'élevèrent pour protester et prendre la défense d'une ville qui se relevait, à l'image d'Erengrad, encore forte de son histoire et de sa richesse d'antan. Les affaires y étaient bonnes, à nouveau, semblait-t-il. Mais le sujet fut rapidement évincé.

Mais c'est au sujet de l'oblast que tous s'accordèrent : "не ходи", n'y allez pas ! Il n'y avait rien que la steppe et les forêts, les montagnes et les marais, tous infestés de montres, d'esprits et de kyazaks. Quelques bourgs s'échinaient à y survivre, mais l'hiver arrivait déjà et les premières neiges ne manqueraient pas de tomber, recouvrant le paysage d'un manteau blanc et mortel. D'ailleurs, le dernier convoi de la saison partait pour Zoïshenk, la communauté la plus importante de la région. Le boyard Pavel Nakhimov, ataman de Zoïshenk, venait d'acheter un canon à la fonderie d'Erengrad et formé une coûteuse unité de streltsi pour renforcer sa garnison. On disait que les incursions des barbares se faisaient plus pressantes en provenance du Pays des Trolls, pour la première fois depuis la Tempête. Ces troupes partaient pour le Nord sous deux jours, et il était fort à parier que de nombreux marchands, voyageurs et aventuriers allaient se joindre à eux, profitant ainsi de leur protection avant que les neiges ne coupent définitivement la route jusqu'au printemps suivant. Un épicier évoqua même une rumeur selon laquelle un chevalier de l'Empire allait accompagner le convoi, pour une raison mystérieuse sur laquelle chacun se permit de spéculer.






Deux jours plus tard, il fallait que Lucrétia et Dokhara se présentent à l'imposante porte Est pour voir le fameux convoi sur le départ.

C'est sur une large place encadrée de maisons à étage et d'écuries que se pressaient hommes, animaux et matériel dans l’effervescence caractéristique qui précédait les voyages périlleux. Les badauds étaient nombreux aux fenêtres ou sur les perrons pour observer cette formidable activité. Il y avait là une dizaine de chariots sous les bâches desquelles s'empilaient caisses, tonneaux et fagots en tous genres. Des portefaix esseulés finissaient de charger la dernière voiture tandis qu'on attelait les mules dans un grand boucan d'interjections et de braiments.

Mais les regards ne pouvaient s'empêcher de s'accrocher sur les armures et les ornements de plumes de l'escadron de cavaliers ailés qui veillait sur l'opération. Ces fiers guerriers, parangons de l'esprit combatif des kislévites, montaient des chevaux racés et étaient engoncés dans des plastrons finement ouvragés et parés de fourrures lustrées. Les harnachements de leurs montures, teints en rouge, étaient ornés de médaillons gravés et de colifichets à la signification obscure pour les deux baronnes. Une grande lance était attachée à leurs fontes de selle et une queue de renard blanc pendait en dessous de chaque pointe. Des cimeterres et des arcs courts leurs battaient le flanc, et enfin leurs casques présentaient une nasale en cœur inversé qui leur masquait presque entièrement le visage. Au nombre d'une quinzaine environ, ils sillonnaient la place et lançaient des ordres pour presser l'allure, et le moment du départ.

Mais ils n'étaient pas les seuls cavaliers, puisque plusieurs archers montés étaient également présents ça et là, discutant les avants-bras croisés sur le pommeau de leur selle en attendant le signal. C'était des ungols, les premiers habitants de l'oblast. La plupart portaient de longues moustaches et le crâne rasé à l'exception d'un étrange et long toupet qu'il rabattaient sur le côté ou en arrière, visiblement graissé avec du suif. Leur aisance à cheval était légendaire, au point où on les disait nés dessus, et ils étaient les vrais maîtres de la steppe. Leur équipement était léger, de cuir ou même composé de simples harnais, et à chacune de leurs selles étaient accrochés un arc courbe, un carquois bien fourni et une lame ou une hache.

Les streltsi n'étaient pas difficile à repérer non plus, petit contingent d'une trentaine d'homme en épais caftan rouge, ocre ou vert, et aux lourds bonnets de fourrure. Ils étaient équipés d'arquebuses, fait rare dans les armées kislévites, ainsi que d'une arme d'hast étrange entre la hache et la hallebarde, à l'imposante lame en croissant et dont on disait qu'ils se servaient pour stabiliser leur visée avant de faire feu. Au milieu de tout cela trônait un canon en bronze flambant neuf reposant sur un essieu auquel on attelait quatre mulets récalcitrants. Le long fût de la pièce d'artillerie était constellé de parchemins de bénédiction cachetés à la cire, ainsi que de portes-bonheurs et autres grigris ésotériques.

Les baronnes remarquèrent une voiture différente des autres charrettes, et visiblement dévolue au transport de passager. Si son allure n'était pas celle des fiacres impériaux, elle semblait relativement confortable et pour le moins solide, avec ses roues cerclées de fer et ses six chevaux robustes aux œillères en cuir bleu. Les rideaux à l'intérieur étaient tirés et le cocher, confortablement installé sur son siège au dessus de ses bêtes, fumait la pipe. Le personnage était trapu et emmitouflé dans un épais manteau. Son béret bordé de fourrure et orné d'une plume d'oie et ses grosses moustaches grisonnantes encadraient un regard rieur tandis qu'il discutait avec un autre homme à la barbe blonde et à la chapka aux baleines rabattues sur les oreilles, assit sur une malle sur le toit. A leurs pieds, une arbalète, un tromblon et deux haches.

Non loin, en bordure de la place mais néanmoins lié au bouillonnement qui saisissait cette dernière, Lucrétia et Dokhara repérèrent l'homme dont avait parlé l'épicier de la Lynsk. L'individu était facilement identifiable. Barbe fournie et taillée, armure de plate rutilante, marteau de guerre et fourrure immaculée sur les épaules : c'était un chevalier du Loup Blanc, un templier du dieu Ulric. Il attendait patiemment, suivant des yeux l'agitation face à lui. A ses côtés, un énorme destrier blanc au caparaçon ouvragé et dont le chanfrein métallique était orné d'une pointe. Des volutes de buées s'échappaient des naseaux de l'imposante monture.



Image

En prêtant plus ample attention aux préparatifs bourdonnants de ce formidable convoi, les deux baronnes repérèrent sans mal une petite délégation qui allait et venait entre les chariots et les hommes sur le départ. Composé d'un fonctionnaire vêtu d'un beau manteau de fourrure, d'un scribe et d'un garde en caftan rouge à brandebourgs, le trio se rendait auprès des officiers et des maîtres-charretiers pour, visiblement, se charger des formalités relatives au départ. Au gré de ses allées et venues, le préposé en manteau délivrait des titres et des autorisations estampillées à la hâte par le scribe derrière lui et percevait parfois quelques tarifs qui terminaient dans son escarcelle après un recompte précis. Lucrétia et Dokhara ne furent certainement pas surprises : depuis leur récente arrivée à Erengrad, elles s'étaient aperçues que la capitale marchande s'était éprise d'une bureaucratie fiévreuse. Émulation envieuse du voisin impérial ou simple progressisme administratif ? Toujours est-il que ces agents étaient monnaie courante dans la ville portuaire. L'un des marchands de la Lynsk avait en effet mentionné un système d'autorisations pour pouvoir voyager librement dans le tsarat de Kislev : quiconque empruntait les routes glacées de l'Oblast devait désormais être muni d'une autorisation présentant comme mentions obligatoires son nom, sa condition, son lieu et date de départ et sa destination, ainsi que la raison de son voyage. Celui qui contrevenait à cette nouvelle loi s'exposait à une lourde amende ainsi qu'à une suspicion exacerbée de la part des autorités, ce qui était rarement une bonne chose. Qui plus est, l'obtention de cette autorisation donnait lieu à un nouvel impôt, donne qui irritait particulièrement le peuple mais convenait parfaitement aux conseils des villes et aux atamans. En prenant ce décret quelques années auparavant, la Tsarine avait réussi à trouver un moyen de renflouer les caisses de son état tout en s'assurant un contrôle efficace des allers et venues de ses sujets.

L'homme au long manteau de fourrure était probablement préposé à la délivrance de ces autorisations, et il ne faisait nul doutes que les baronnes devaient passer par lui si elles souhaitaient voyager en toute tranquillité.






Cette diligence ne sera peut être pas inconnue pour certains ... viewtopic.php?f=182&t=4218&p=72700#p72700
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Dokhara de Soya » 12 juin 2019, 19:04

Aphrodisiaque. Baiser de Courtisane. Mon esprit confus. Corps dissocié. Agit seul. Comme possédée par une autre version de moi-même. Plus instinctive. Plus pure. Yeux larmoient. Joues rosies. Chaleur dans bas-ventre. Lucrétia. Si belle. Désir incontrôlable.

Décor flou. Goutte de sueur sur le front. Faim et soif.
Un écho résonne. Mes propres mots. Un peu plus tôt.

- C'est paradoxal. J'ai piqué votre curiosité car vous avez dès le début vu à travers le masque. Vous aviez deviné mon intérêt malsain lorsque vous m'aviez montré la terrible puissance destructrice de votre magie. Vous aviez deviné mon désir de jouer avec les interdits, avec la sinistre entité que vous étiez. Entourée d'une prêtresse de Rhya et d'un prêtre de Sigmar, vous saviez pourtant que je ne pourrais résister au désir de côtoyer l'anathème monstrueuse que vous étiez. Ce sont mes travers qui vous ont intéressé. Pourtant... j'ai toujours craint votre réaction si vous saviez "vraiment". Comme s'il y avait plusieurs couches de mensonges, et que je craignais que vous arriviez au noyau.


Respiration difficile. Vêtements constricteurs. Tellement chaud.
Lucrétia. Si désirable. Si parfaite.
Mes deux mains. Son visage. Mes doigts effleurent ses joues. son menton. Sa nuque. Ses clavicules. Ses seins. Je saisis ses bras. La pousse. Elle a confiance. Ne résiste pas. Tombe dans le lit. Éclats de rire. Au-dessus d'elle. L'embrasse doucement. Lèvres se mêlent. Caresse ses cheveux d'une main. Son corps de l'autre. Baiser s'intensifie. Les langues se mêlent. Appuie la mienne contre sa canine. Perle de sang. Apéritif pour vampire.
Lèvres se séparent. Vêtements arrachés. Mouvements désordonnés. Regards trahissant la concupiscence mutuelle.
Roulons sur le lit. Couchée sur moi. Boucles rousses chatouillent mon visage. Genou entre mes jambes. Sang la rend plus agressive. Elle lèche ma nuque. Se retient de croquer.
Elle se redresse. Assise sur moi. M'observe comme un prédateur. Se mord la lèvre avec une canine. Je suis une proie acculée.
Ma vision trouble. Respiration incontrôlable. Odeurs. Savon des draps, bois humide du plancher, relents de la Lynx par la fenêtre ouverte, parfum de Lucretia.
Encore des échos de moi-même. Images déformées qui dansent autour de moi. Résonnent dans mes oreilles.

- Slaanesh... c'était un prétexte. Je le sais. Une excuse facile. "Ce n'est pas moi, c'est le Corrupteur le responsable". Mais bien avant de rejoindre son culte, j'étais déjà l'esclave de mes désirs. Besoin de sexe, de plaisir, de souffrance, d'expériences, d'adrénaline, de danger. Des sensations fortes, qu'importent lesquelles. C'est cette femme que je suis, qui tue des aubergistes sans remords, torture l'esprit d'un gitan amoureux, corrompt toute forme d'art, copule avec des mutants et des vampires, et se complaît dans la destruction et la souffrance qu'elle sème. J'entretenais ma propre culpabilité face à mes actions pour le plaisir d'en souffrir, mais je suis las de cette illusion. J'ai appris tant de choses sur moi à vos côtés, que j'avais obstinément refusé de voir auparavant. Ca devrait me terrifier, mais bien au contraire, j'adore ça. J'avais tellement peur de devenir une lahmiane lorsque vous me l'avez proposé, peur de mourir, peur de ce que je perdrais, peur des conséquences, peur de vous, peur de moi qui en serais indigne. Aujourd'hui toutes ces peurs sont balayées, et je ne rêve plus que du moment où enfin vous aspirerez jusqu'à la dernière goutte de mon sang, et où je pourrais me repaître du vôtre pour que nous soyons unies à jamais. Vous n'imaginez pas à quel point il m'est difficile de rester pragmatique quant aux dangers que nous encourrons encore ici, à Erengrad, pour ne pas vous supplier de le faire ici et maintenant.

J'observe sa canine. Tellement envie. Je tourne ma tête sur le côté, étirant ma nuque. Invitation.
Assise sur mon bassin. L'une de ses mains, derrière elle. Force le chemin entre mes cuisses serrées.
Je ne veux pas. Je serre les jambes. Je veux me relever, approcher ma nuque de ses dents.

MORDEZ-MOI !

Une main sur mes côtes. Me plaque contre le lit. L'autre écarte mes cuisses sans difficulté. Sourire narquois. Fière d'elle.
Mes deux mains sur la sienne. Je tente de me libérer. Impossible. Implacable.
Drogue trop forte. Caresses trop intenses. Soubresauts. Tremblements. Spasmes. Impossible de se dégager. Impossible de se contrôler. Esprit s'étiole, se fragmente.

BESOIN DE PLUS

Saisit son pouce. Ne tente plus de me libérer. L'oriente entre deux côtes. Appuie. PLUS FORT.
Ongle perfore. S'enfonce doucement. Perle de sang, coule sur le drap. Caresses extatiques, toujours.
Sourcil levé. Lucrétia incertaine.

- PLUS FORT !

La guide. Enfonce son pouce. Sa griffe. Tout l'ongle planté. Le sent fouailler entre mes côtes. Douleur infernale.
Une main pour la douleur, l'autre pour le plaisir.
Hurle de plaisir et de souffrance. Mord l'oreiller pour atténuer. Jouis dans un râle.
Elle ne me libère pas. Elle prend plaisir à ce nouveau jeu. Rythme des caresses s'accentue. Extase impossible à gérer. Corps trop sensible. Besoin d'une pause.
Elle ne me l'accorde pas. Quatre autres ongles appuient sur ma peau. S'enfoncent et transpercent. Pouce point d'appui pour griffure. Raclent lentement dans ma chair, gratte contre les os de mes côtes.
Esprit explose. Pensées incohérentes. Cri sans fin étouffé dans les plumes de l'édredon.
D'autres échos, qui résonnent encore plus fort.

- Voilà pourquoi je vais prendre ces drogues. Parce que je veux être moi. J'ai tellement intrigué, menti, trompé et trahi, que je ne sais plus si ce que je dis, ce que je pense, m'appartiens encore ou n'est qu'une façade de plus que je n'arrive plus à dissocier de la réalité. Je veux abandonner tout contrôle comme lorsque je joue de mon violon, et que vous me voyiez telle que je suis. Que vous m'acceptiez telle que je suis. Plus de faux-semblants, plus d'artifices, plus de barrières. Je fais le choix conscient de m'offrir à vous parce que je veux être totalement vôtre. Mon corps, mon âme, et bientôt ma vie. Plus de mensonges, ni envers vous, ni envers moi.

Jouit, encore et encore. Plaisir et souffrance sans fin. Douleur atroce dans les côtes, horrible marque de griffure. Caresses ne s'arrêtent jamais. Vampire ne connait pas la fatigue. Minutes ou heures ?
Elle lèche ses doigts ensanglantés en me regardant. Joue avec un petit morceau de ma chair coincé sous l'un de ses ongles. Me regarde me tortiller en souriant. Autre main infatigable, inarrêtable.
La douleur me manque. Caresses seules insuffisantes. Saisis sa main rougie de mon sang. La guide à nouveau.

Ma gorge. Serre.
Elle hésite.
Regards se croisent.
Elle n'hésite plus.
Pression de part et d'autre, comme une pince. Respiration difficile. Sifflante. Très mince filet d'air. Vision trouble. Périphérie noircie. Décor tourne. Lucrétia floue. Détails sans importance. Orgasme approche. Sensations démultipliées. Corps percuté par vagues de plaisir, malmené par sa propre extase.
Veut crier de plaisir, encore et encore mais air trop raréfié, pression trop forte. Peur impossible à contrôler. Doigts se tordent. Besoin de vivre trop fort, tente de me libérer. Lucrétia trop forte.

Sens la frontière. Les ténèbres. La fin.

Je salue Morr. Puis lui hurle ma jouissance au visage.

Conscience explose.

Apothéose.



***


Lorsque son esprit revint à lui pour lui permettre la création de nouvelles pensées cohérentes, Dokhara était couchée en travers du lit, la tête posée sur le bas-ventre de son amante, le regard perdu dans la contemplation d'une poutre au plafond. Le vent frais passant par la fenêtre du plafond soufflait sur sa peau humide de sueur, la recouvrant d'une fine chair de poule, mais la sensation de fraîcheur ne parvint pas pour autant à son cerveau en partie anesthésié par les drogues qu'elle avait consommé. Tous ses muscles étaient ankylosés, et quand bien-même l'aurait-elle voulu qu'elle aurait été bien incapable de se lever : réussir à faire passer le drap sur lequel elle était couchée au-dessus d'elle semblait une épreuve déjà totalement insurmontable. Ce dernier avait de toutes manières été bien trop souillé pour être utilisé.
Le bas-ventre de la jeune femme était recouvert de traces de sang séché mal essuyé par les multiples passages de la langue de son amante. A la source de cet écoulement, les traces de griffure avaient disparu, victimes de la magie curatrice de la lahmiane. Tout comme les trous que ses canines avaient laissé à l'intérieur de sa cuisse, et les autres vilaines marques dont elle avait écopé.
Un petit bruit de tintement métallique vint briser le silence. Un petit médaillon en argent s'était échappé de son poing fermé, et était tombé sur le sol.

Un autre écho, plus doux. Sa propre voix à nouveau qui résonne.

- Vous m'avez dit vouloir vaincre toutes vos faiblesses, et je crois que celle-ci est celle que vous craignez le plus. Je peux vous montrer que c'est un mensonge. Ni le soleil, ni les symboles bénis, ni l'argent, ne sont vos ennemis. Seule la douleur l'est. Vous voulez la supplanter par votre mental, mais il existe un autre moyen. Si vous apprenez à apprivoiser votre souffrance, à l'apprécier, à l'aimer, à la désirer... alors vous n'aurez plus à craindre aucune arme. Je peux vous apprendre.

Quand avait-elle prononcé ces mots ? Il y a quelques secondes ? Minutes ? Heures ? Jours ? Ou années, à la Taladélégation ?
Les échos de ses paroles passées résonnaient partout autour d'elle, comme si son état second permettait d'entendre d'autres versions d'elle-même. Des spectres d'autres Dokhara, des versions passées d'une femme différente.

- Vous avez lutté pour obtenir ce que vous vouliez, cela ne vous est pas tombé tout cuit entre les mains.

- Nous pourrions avoir des problèmes si quelqu'un savait ce que nous nous apprêtons à faire.

- La jalousie me pousserait presque à vous demander quel type de magie noire vous usez.

- Je sais que je dois vous paraître bien appétissante.

- Ce serait un piège que de tenter de comprendre votre nature, et non de vous comprendre, vous.

- J’ai eu envie de vous connaitre. Pour trouver où étaient les défauts, les pièges, les tricheries. Pour voir si, sous la coquille idyllique, vous n’étiez pas qu’une marionnette vide d’intérêt.

- Si Lucrétia a pu devenir la femme de pouvoir qu’elle était grâce à de sombres puissances, pourquoi ne pourrais-je faire de même ?

- Vous vivez pour ces moments de frisson, mais vous faites tout pour les minimiser ? Pas étonnant que tous vos congénères finissent par se donner la mort.

- Quant à ce que vous devez penser de moi, que diriez vous de seulement « une consœur qui, elle aussi, s’ennuie » ?

- Je veux pouvoir vous fixer dans les yeux lorsque vous planterez vos dents dans ma chair.


D'autres doubles d'elle-même se superposaient, dansaient autour de sa tête, rendant cette tempête d'échos incompréhensible.
Souhaitant chasser ces souvenirs parasites, elle voulut se tourner sur le côté, ignorant les tensions dans ses muscles, mais un objet imposant bloquait l'un de ses genoux. Lentement, elle fit glisser son visage vers le bas, ignorant la douleur fantôme d'écrasement dans sa gorge, pour observer ce qui entravait ses mouvements.

Le crâne d'élan. Celui qui ornait la salle principale de la Lynx.
C'était l'un de ses bois qui empêchait la jambe de la jeune femme de bouger.
D'autres fragments de mémoires revinrent en observant l'objet.
Elle qui mettait au défi Lucrétia d'aller le voler en gloussant.
La vampire qui s'était prêtée au jeu.
Puis les insanités qu'elles avaient fait avec.

Slaanesh soit loué, on a vraiment...

Un sourire lubrique s'afficha sur son visage, accompagnant le doux rosissement de ses joues. Les échos d'elle-même qui tourbillonnaient cessèrent de parler, pour désormais reproduire les cris d'extase de sa nuit passée. Des parcelles de mémoire de plaisirs et de douleurs mêlés, fragments de sensations exquises que son corps avait ressenti alors que son esprit s'était éclipsé, et qui, maintenant qu'il était revenu, revivait les souvenirs emmagasinés dans sa chair. Des dizaines de Dokhara dansant dans sa chevelure dans des poses lascives, chacune cédant aux jouissances prodiguées par Lucrétia.
Image
La valse des échos s'atténue peu à peu. Impossible de retracer la chronologie exacte des événements de cette nuit, ne restaient que ces morceaux épars de sensations brutes, une mémoire non pas de l'histoire, mais des sens.

Libérée de ses besoins physiques, son corps vidé de toute énergie, l'esprit de Dokhara était libre de vagabonder selon son bon vouloir. Sans crainte ni peur, sans désir ni besoin, le fil de ses pensées était aussi simple que limpide. Un fil rouge aussi solide que l'acier, tendu au milieu des nuages.

Elle tourna son cou lentement, un doux sourire affiché sur un visage rayonnant de bonheur. Elle croisa le regard de Lucretia. Puis, avec un naturel désarmant, elle lui dit :

- Je t'aime.
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Dokhara de Soya, Voie de l'aristocrate, Noble
Profil : For 9 | End 9 | Hab 11 | Cha 15 | Int 11 | Ini 10 | Att 11 | Par 11 | Tir 10 | NA 2 | PV 75/75
Compétences : Étiquette, Diplomatie, Séduction, Éloquence, Alphabétisation, Musique (violon), Danse, Chant, Tatouage Empathie, Parade, Bagarre, Sang-froid, Résistance accrue (spécialisation alcool), Fuite
Bonus d'équipement : +2 PAR grâce à Main Gauche.

Fiche de personnage

Compétences en cours d'apprentissage :
Ambidextrie : 3/4
Langage - kislévarin : 1/4
Awards
Warfo Award 2018 du meilleur PJ - RP
Warfo Award 2019 du meilleur PJ - Élaboration
Dream Team 2018 et 2019 avec Lucretia Von Shwitzerhaüm
Miss Vieux Monde 2019

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
Warfo Award 2018 du meilleur PJ - Élaboration
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 18 juin 2019, 18:48


La non-vie apportait avec elle son insidieuse lassitude qui vous gangrenait peu à peu l’esprit, tant et si bien que, pour y échapper, il fallait souvent tomber dans d’innommables travers. Lucretia l’avait bien fréquemment constaté, chez ses pairs ; rares étaient ceux qui se contentaient de leur immortalité comme si de rien n’était. Certes, ils affichaient tous une nonchalance contrôlée et impérieuse, mais, dès lors que l’on grattait quelque peu, tout s’effritait pour laisser place à une folie à peine voilée. Certains se complaisaient dans la torture, chassant et capturant tout ce qui passait à leur portée pour éplucher la chair de leurs captifs jusqu’à découvrir l’essence même de ce qu’elle dissimulait. D’autres se livraient à des cabales dont la finalité ne se répercuterait que cinq générations plus tard, et ils s’amuseraient alors de voir les familles grandir et prospérer avant de chuter comme de vulgaires dominos, emportant toute la fratrie avec elles. Il y en avait pour se consacrer entièrement à l’art de l’Aethyr, et d’autres, encore, pour s’abîmer dans les plaisirs de la chair. Quel était celui de Lucretia ? Elle-même ne le savait pas vraiment. Mais ce qu’elle n’ignorait pas, en tout cas, c’est que si bien des vampires s’adonnaient au stupre jusqu’à en perdre la raison, aucun de ceux qu’elle avait connus s’y était aussi bien abandonné qu’une certaine humaine.

Le regard qu’elle lui avait jeté s’avérait aussi adorable que dérangeant. Les pupilles dilatées, Dokhara avait contemplé la Lahmiane avec l’expression béate de celles qui aiment au-delà de toute rationalisation. Elle avait alors eu le petit sourire gêné de celles qui hésitent, tout en se mordillant la lèvre inférieure par l’appréhension qui les gagnait. L’espace d’un instant, son visage, que l’on eût juré tout juste sorti de l’adolescence, avait arboré toute la pureté innocente de l’indicible passion. D’abord, quelques douces caresses effectuées çà et là, quelques regards qui se perdirent légèrement sous un tissu défait, et quelques timides embrassades qui s’échangèrent. Mais, lorsqu’elles tombèrent toutes les deux sur le lit, l’une au-dessus de l’autre, les éclats de rire se turent, et une pause incertaine, presque embarrassante, figea durablement le temps. L’ingénuité des traits de Dokhara s’estompa alors peu à peu cependant que sa respiration s’amplifia de seconde en seconde, et elle changea du tout au tout. Bachelette un instant auparavant, elle était devenue une farouche guerrière prête à tout dévaster sur son passage.

En tant que participante, et, peut-être même, victime, Lucretia ne se voila pas la face ; la jeune femme voulait conquérir son corps de toutes les manières possibles, et cette ardeur inquisitrice avait tout pour allumer son propre désir. Empressées, les mains fouillèrent sous les vêtures, bien décidées à révéler tout ce qu’elles pouvaient découvrir. Certains habits eurent l’outrecuidance de résister, et il n’en fallut pas davantage pour que les précieuses étoffes, qu’un paysan aurait mis une année à s’offrir, fussent arrachées avec une fougue sans conteste. Les coutures se crevèrent sur de frêles épaules et de délicates poitrines, les faufilures sur d’étroites hanches et des fesses opalines, et la Lahmiane s’empara de tout ce que son amante avait à lui offrir avec une concupiscence à peine masquée. Jusqu’alors allongée sur le matelas, elle se releva brutalement, n’attirant que plus encore la jouvencelle tout contre elle en la harpant fiévreusement. Lèvres contre lèvres, elles s’embrassèrent à en perdre le souffle, s’enlaçant, emmêlant leurs chevelures qui cascadèrent sur leurs épaules unies.

Tandis que les langues se cherchaient que pour mieux se retrouver, le goût capiteux du sang se fit sentir, et un vif appel cueillit l’Immortelle au plus profond d’elle-même. Celui d’en avoir davantage, de croquer dans cette chair dénudée, si vulnérable, pour en aspirer toute l’essence vitale. Celui de la transformer en victime suppliante qui gémirait malgré elle au creux de son oreille alors même qu’elle s’abreuverait de son sang. Lucretia se détacha de sa compagne, et, tandis qu’elle la contemplait l’espace d’un instant, ses pupilles scintillèrent d’une lueur plus avide encore.

Faire rouler Dokhara sur le côté ne fut d’aucune difficulté pour Lucretia, pas plus que de la maintenir fermement entre ses jambes. Là-haut, une fois son assise confortée, elle ne put s’empêcher de l’observer avec attention. Ce petit cœur battait frénétiquement au sein même de ce faible corps, lequel s’agitait lui aussi dans tous les sens, tentant en vain de se libérer. Pourtant, ces yeux violacés, aux pupilles bien trop grandes, en disaient long ; de cette façon, Dokhara lui hurlait silencieusement son envie inavouable d’être possédée, que sa geôlière fît d’elle ce que bon lui semblait. Aussi la Lahmiane joua-t-elle un temps avec elle, humant son cou, effleurant sa peau de ses lèvres, puis traçant dans ses chairs d’infimes sillons déchiquetés de rouge.

Mais à trop y participer, la baronne de Bratian y prenait un violent plaisir, lequel grandissait de plus en plus, et devait se forcer à se contrôler pour tourmenter son amante sans céder elle-même à ses propres pulsions. Car Dokhara, perfide, ondulait sous elle, tout en lui exposant délibérément son cou. Lucretia n’avait qu’à y plonger les crocs, une bonne fois pour toutes, et, bien qu’acculée, la baronne de Soya aurait eu là tout ce qu’elle avait souhaité. Facile. Bien trop facile ; la Lahmiane ne lui accorderait pas tout de suite ce sanguinolent mais suave présent.

Dans ce jeu d’ego, de dignité et de fierté, l’Immortelle désirait rafler tous les mérites, toutes les récompenses, ne laissant à sa compagne que quelques miettes avec lesquelles se consoler. Aussi, à cheval au-dessus de son amante, Lucretia glissa une main derrière elle, main qu’elle faufila entre les cuisses de sa protégée. Ce n’était pas ce qu’elle voulait. Pas tout à fait. Elle protesta, gronda, gémit. Elle se tortilla, rua, avant de s’immobiliser dans un soudain soupir. Bien décidée à lui faire rendre les armes sous le joug d’un plaisir coupable, l’Immortelle prolongea ses caresses tout en maintenant fermement sa victime d’une poigne puissante. Elle s’en amusa fortement ; sous les effets de ses drogues, le moindre contact prodiguait à Dokhara un violent tressautement chargé d’un reflux de désir qui semblait puissamment lui remonter à la tête. Bien qu’elle tâchât de résister, son corps se cambrait, ses pieds remuaient, et ses lèvres s’entrouvraient pour que s’en échappassent aussi bien des gémissements contrits que des malédictions à l’encontre de sa tortionnaire. Cette dernière jeta un petit coup d’œil derrière elle, en direction de la fenêtre dont les battants ouverts donnaient sur la Lysk. Un léger rire s’écoula de sa gorge, avant de lancer, d’un ton faussement ingénu :

« Vous jouez à merveille le rôle de la martyre, dites-moi. Pardon, ce n’est pas ce que vous souhaitez ? Pourtant, je vous l’assure ; eu égard à cette fenêtre ouverte et ces cris que vous lâchez dans l’air vespéral, la totalité de l’auberge est témoin du contraire. Ecoutez donc cela ! »

Nouvelle caresse, plus intime, plus profonde, cette fois-ci ; nouvel élan, plus rageur et belliqueux ; nouveau gémissement, plus puissant et prononcé que jamais.

« Merci, c’est tout ce que je voulais savoir » lança-t-elle dans un sourire des plus goguenards.

L’autre réaction que son otage eut alors fut bien celle qu’elle attendait, mais l’espace d’un moment seulement. Et pour cause, Dokhara tenta de s’emparer de la main de sa comparse pour la retirer, mais, devant la force que manifestait l’Immortelle, ne put triompher. Elle se contorsionna, regimba, mordit et griffa ; en vain. Aussi décida-t-elle de prendre Lucretia à contrepied.

Harpant le pouce de cette dernière, la jeune femme l’aiguilla tout droit entre ses propres côtes. L’ongle commença à entailler légèrement la peau, mais, loin de s’en récrier, Dokhara soupira de plus belle avant d’en demander davantage. Lucretia tiqua, surprise par ce brusque changement de règle, tant et si bien que son amante en profita pour n’user que plus encore de cet ongle qui lui lacérait les chairs. Le sang coula sur le long de son flanc, avant d’être absorbé par un matelas désormais bien moins blanc qu’il ne l’avait auparavant été.

La Lahmiane désira retirer sa main, mais sa compagne l’en empêcha. Le regard de la vampire se fit plus distant, tout autant que l’expression de son visage, et, malgré elle, elle ne put se retenir de la jauger de bas en haut.

« Est-ce donc cela, ce à quoi vous aspirez véritablement ? Est-ce ainsi que je dois vraiment vous découvrir, telle que vous êtes ? S’agit-il de votre plus profonde nature, lorsque, sous les effets d’une drogue qui vous transcende, votre contenance et vos faux-semblants s’effritent avant de s’effondrer ? »

L’inaction soudaine de la Lahmiane, somme toute assez étonnée de la tournure que prenaient les évènements, l’avait figée telle une statue. Une pause qui se révéla comme étant la pire des géhennes pour cette praticienne de la souffrance. La baronne de Bratian n’obtient qu’une seule et unique réponse, tandis que sa proie se tortillait d’impatience.

- PLUS FORT !

Comme revenant de loin, Lucretia secoua imperceptiblement la tête, ayant du mal à réaliser tout cela.

« L’algolagnie, donc. Voilà ce que vous répugniez à me montrer mais que vous désiriez ardemment que je sache. Très bien… Voyons cela. »

Plissant les yeux, davantage par curiosité que par véritable envie, l’Immortelle enfonça doucement mais lentement son ongle dans la peau de la jeune femme, et cela jusqu’à la cuticule. Elle sentit les chairs s’ouvrir sous la pression de son pouce, se déchirer proprement sous le fils d’acier que constituait le phanère. Elle le vit pénétrer le flanc de Dokhara, s’enfoncer toujours plus profondément, créant une béance que seul un corps étranger venait momentanément boucher. Une incommensurable douleur se lut alors sur le visage de la jouvencelle, douleur qui, tout d’un coup, se mua en inexorable plaisir sitôt que la vampire attoucha son intimité. Ses yeux se retournèrent dans leur orbite, son visage bascula vers l’arrière, et son menton pointa vers le plafond, comme une série de gémissements répétés fusèrent d’entre ses lèvres.

Il y avait là quelque chose de fascinant, dans ce spectacle. Quelque chose de macabre, de malsain, mais la curiosité morbide qu’éprouvait parfois Lucretia prit le pas sur sa raison. Elle ne cherchait plus son propre plaisir, ni même celui de sa protégée, non. Désormais, elle n’était plus qu’en quête de la finalité de cette aberration. Là, ce furent quatre ongles qui ceignirent la peau de Dokhara, avant de la crever sous une nouvelle pression. Quatre doigts qui vinrent fouiller ses chairs, mais d’une manière et à un endroit qui n’était aucunement indiqué. Là, sous sa maigre et liliale poitrine, au-dessus d’une hanche légère, une main se plantait fermement au sein même de son être.
Nouvelle torsion, nouvelle torture. Nouvelle extase, que vint ponctuer un léger éclat de rire.

« Si jeune… Et pourtant déjà si aliénée. »

S’arrêtant subitement, la Lahmiane chercha du regard un objet précis dans la pièce, avant de s’y précipiter. Elle n’eut pas d’autre choix que de retirer sa main des plaies qu’elle avait ouverte, et un flot de sang s’en échappa. L’odeur, capiteuse, monta à la tête de la Lahmiane, qui se contenta simplement de se lécher les doigts, avant de s’emparer d’un couteau des plus acérés. Voilà qui pouvait être probant, et bien plus élégant que le dernier carnage qui avait labouré le ventre de Dokhara. Une pointe aussi tranchante et effilée sectionnait la chair aussi aisément que la gaze ; l’on ne sentait presque rien lorsqu’elle perçait la peau. C’est pourquoi Lucretia découpa très, très lentement.

Elle fit décrire à l’extrémité du couteau quelques arabesques sur le galbe intérieur du sein droit. Dans cette lenteur d’agonie, la Lahmiane pouvait, en se concentrant suffisamment tout en occultant les soubresauts répétés de sa compagne, entendre la pointe qui sillonnait la peau blanche dans un soupir ténu. Déchirant, lacérant l’épiderme, ce dernier se mit à pleurer, et une perle de sang goutta d’abord avant de se transformer en un mince filet carmin. Le liquide rougeâtre commença à couler en rigoles ininterrompues au milieu du vallon laiteux, liquide que vint délicatement laper la Lahmiane avant de poursuivre ses œuvres. Dans une nouvelle courbe, le couteau s’attaqua alors au ventre de la jeune femme, sa lame incisant la peau, puis ciselant la chair. A sa manière, Lucretia la scarifia presque à la façon des stryganis, dans des motifs éclectiques et ésotériques au travers desquels se mêlaient mysticisme et magie noire. Puis, enfin, le couteau poursuivit sa route, toujours plus bas, continuant de fendre tout droit vers ses lèvres intimes.

Dokhara le sentait bien, c’était inéluctable. Elle savait ce qui allait arriver, et avait pleine conscience, au travers de sa folie, de ce que la lame allait traverser. Pourtant, elle continuait ribon-ribaine de s’extasier à n’en plus finir dans une jouissance lacrymale qui lui baignait ses longs cils refermés. A mesure que la pointe se rapprochait, Lucretia se raidissait quelque peu, appréhendant elle aussi la trajectoire décrite et la réaction de sa consoeur. Mais, frappée de cette éternelle curiosité, elle ne s’arrêta pas. Elle observa avec désir et attrait, le regard bien ouvert, l’expression de la jeune femme, entr'ouvrant sans même s’en rendre compte de plus en plus la bouche comme pour aspirer la moindre de ses émotions. A quelques pouces de son objectif, elle arrêta le tranchant. Nouveau gémissement, mais de frustration, cette fois-ci, et la main de Dokhara vint saisir la sienne pour l’enjoindre à continuer. Lucretia, ébaubie, secoua la tête dans un dépit toutefois amusé.

« C’est si… Confondant », souffla-t-elle pour elle-même avant de reprendre et de terminer sa course. Le couteau scalpa nettement le bas-ventre, s’engouffrant là où il n’aurait jamais dû aller. La peau si délicate et si sensible se gorgea de sang, se colorant d’un rouge sombre qui vint se répandre sur les draps. Si la douleur fut présente, de manière évidente, la quintessence de la jouissance fut également atteinte sous les yeux aussi atterrés que captivés de Lucretia.

« … Ma pauvre enfant, mais qu’allez-vous donc devenir… ? »

C’était une véritable question qu’elle se posait là. La scène qu’elle venait de vivre, et à laquelle elle avait participé, jamais la Lahmiane n’en avait connu de semblable. Tout au pire avait-elle ouï quelque rumeur que ce fût à propos de vampires millénaires qui en étaient venus à se livrer à de telles activités, car seule une extrême et précise douleur parvenait à leur procurer un semblant d’émotions. Mais il s’agissait justement d’Immortels ayant vécu un nombre d’années incalculables, aucunement d’une humaine dans la fleur de l’âge ainsi que l’était Dokhara. Et cela était d’autant plus fascinant que lorsqu’un mortel passait de l’autre côté du voile de la mort, tout en parvenant à y survivre, son tempérament d’autrefois s’en retrouvait transmué au-delà de tout propos. Le caractère d’un homme, ou d’une femme, ainsi transformé s’amplifiait dans des extrêmes qu’il était difficile de quantifier. Oui, la Lahmiane pourpensait sur cette fatalité. Comment se comporterait alors sa protégée une fois soumise aux affres de la non-vie ? Eu égard à sa nouvelle nature, que pourrait-elle faire de plus innommable ? Elle brûlait de le découvrir.

« A croire que seule la douleur vous convainc encore d’être en vie. Quid de ce que vous deviendrez bientôt, alors ? Quid de la mort ? »

La vampire attrapa la baronne de Soya à la gorge avant de la redresser sur pied et de la plaquer contre le mur. D’une main, elle la souleva davantage encore, jusqu’à ce que sa proie ne touchât plus le sol. Intéressant mélange que celui où la rage se mêle à l’abandon de soi. Manquant d’air, Dokhara compulsait contre la paroi, griffant de ses ongles cette main qui la maintenait fermement. Sa bouche s’ouvrait et se refermait, tentant en vain d’avaler des goulées d’air qui sans cesse lui manquaient, et ses pieds battaient dans le vide en quête d’un support sur lesquels se reposer.

« Là encore, il vous faut de l’aide, n’est-il point… ? » murmura sa tortionnaire, laquelle l’observa de bas en haut. Les plaies qu’elle avait ouvertes dans les chairs de sa consœur continuaient de déverser un sang qui sillonnait sur les reliefs de son corps, et la gravité appelait naturellement le liquide à venir rejoindre un point très précis de son être, lui aussi nullement épargné par les entailles et les lésions. Continuant de stranguler la jeune femme, Lucretia s’abaissa, venant pleinement récupérer l’ichor de sa langue et de ses lèvres. Bien que sur le point de dépérir, son amante trépida et s’ébroua frénétiquement, mais pour des raisons bien distinctes de celle pour laquelle Morr était en passe de faucher Dokhara.



***






Lucretia venait tout juste de guérir les blessures qu’elle avait infligées à Dokhara lorsque celle-ci, qui n’avait pas cessé de fixer le plafond cette dernière heure, réagit enfin. D’abord, les battements du cœur de la jeune femme s’accélérèrent imperceptiblement, puis une respiration se fit plus profonde que d’ordinaire. Finallement, le léger bruissement de soie que produisirent ses cils sur sa peau indiqua à la vampire que sa consœur avait émergé. Tandis qu’elle remuait faiblement, elle laissa échapper le collier d’argent qu’elle avait recueilli lors de sa dernière utilisation. La Lahmiane, en le contemplant, préféra afficher un petit rictus triomphant tout en retenant difficilement une grimace. Quelle idée stupide n’avait-elle pas eue là.

Dokhara, après avoir retrouvé et sa respiration, et un semblant de ses esprits, s’était atêtée à l’idée que pouvait se faire la vampire à propos de la douleur. Il fallait, lui avait-elle dit, apprendre à l’aimer, à la désirer. Lucretia l’avait considérée avec ce petit air supérieur et arrogant qu’elle affectait tant ; elle n’y croyait guère, et morguait même cet état d’esprit. Mais, par sarcasme, elle s’était malgré tout pliée au jeu, quoiqu’en le prenant au pied de la lettre. Avec une nonchalance déguisée, elle avait usé du collier d’argent de la manière que les hétaïres de Cathay utilisaient de petites boules reliées entre elles pour se procurer un plaisir secret. A dire vrai, bien qu’agissant avec une extrême lenteur pour ressentir chacun des petits maillons qui composait la chaîne, elle n’avait jamais goûté à l'extase. Au contraire, rarement n’avait-elle ressenti une telle douleur au plus profond d’elle-même, la dévorant en son point le plus sensible. Mais, regardant fixement Dokhara dans les yeux, elle lui avait prouvé, dans ce message équivoque, qu’elle préférait de loin dompter plutôt qu’aimer.

Elle le regrettait à présent ; bien que s’étant abreuvée du sang de Dokhara pour se régénérer le plus possible, la Lahmiane appréhendait fortement les prochaines journées passées à cheval pour se rendre dans le nord du pays. En réalité, elle commençait déjà à songer à certains stratagèmes pour retarder leur départ et s’accorder un peu plus de temps de récupération. La ville était magnifique ; ne voulaient-elles pas en profiter pour la visiter ? Elles venaient toutes les deux de détruire, au cours de cette dernière nuitée, une partie de ces nouvelles vêtures qu’elles avaient achetées la veille ; ne serait-il pas probant que d’aller en essayer de nouvelles ? Elles allaient s’engager dans un long périple ; ne valait-il pas mieux choisir leur guide avec précaution, et ne pas se lancer à tête perdue dans l’aventure ? Ce qui était certain, en tout cas, c’était que si elle avait fini par céder aux caprices de Dokhara, laquelle voulait absolument récupérer la tête d’élan de la grande salle, elle n’avait pu être en mesure de jouer avec.

Levant la tête, la Lahmiane paresseusement allongée observa la pièce. Celle-ci avait été mise sens dessus dessous. Les bagages, autrefois bien rangés, avaient hasardeusement été répartis aux quatre coins de la chambre, et les affaires qu’ils contenaient répandues sur le sol. Les draps avaient parfois été lacérés, Lucretia ne savait comment, mais, à l’instar du matelas, avaient été souillés par une quantité de sang. Le lit, qui avait pourtant été contre ce mur, là-bas, qui arborait lui aussi une trace sanguinolente à mi-hauteur, se trouvait désormais au milieu de la pièce, et plusieurs chandelles manquaient à l’appel sur le lustre suspendu au plafond. Soupçonneuse, l’Immortelle dévisagea sa protégée.

Celle-ci lui rendit un regard ô combien comblé, en dépit de tout ce qu’elle avait pu vivre durant la nuit. Elle avait perdu toute la folie qui l’avait alors habitée, oublié cet état de perdition qui l’avait amenée à tout faire pour en avoir davantage, et affichait désormais ce petit air doux et ingénu, voire même un peu gêné, qui la rajeunissait bien trop. Présentement, sans doute se trouvait-elle dans une disposition de langueur accomplie qui, accumulée à toutes ces drogues qu’elle avait ingérées la veille, lui faisait perdre pied avec la réalité.

- Je t'aime.

Lucretia la dévisagea soudainement dans un silence de cathédral, et l’on eût juré qu’une brise froidureuse venait subitement d’entrer dans la pièce par la fenêtre encore ouverte. Elle ne pipa mot, se contentant de hausser un hautain sourcil inquisiteur à l’attention de la jeune femme, comme pour la mettre au défi de répéter ce qu’elle venait de dire. Mais, alors qu’elle s’apprêtait à ouvrir la bouche pour la recadrer plus ou moins froidement, l’on toqua à la porte. Oubliant tout ceci, Lucretia se leva brusquement, enfila un dessous qu’elle ne prit pas la peine de refermer, et alla répondre à la porte.

Le service ancillaire, en la présence d’une fillette d’une douzaine d’années, se présenta tout sourire pour lui demander, d’une voix enfantine, si elles désiraient quoi que ce fût. La réponse ne se fit pas attendre du côté de Lucretia ; un bon bain chaud. La gamine, se rendant compte de la légèreté inhabituelle de la vêture de sa cliente, sembla perdre en confiance, et ce ne fut que pire encore lorsqu’elle prit conscience de l’état dans lequel se trouvait la chambre. Ses yeux effarés se posèrent sur le lit maculé de sang où s'étendait toujours Dokhara.

« Eh oui, petite, la nature ne l'a pas gâtée, déclara sournoisement Lucretia. Mais tu verras, toi aussi, quand tu auras tes règles. Allez, file donc. »

Elle referma la porte.
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 26 juin 2019, 21:45, modifié 1 fois.
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Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises (lvl 1):
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Érudition
- Intimidation
- Alphabétisation
- Sens Accrus
- Vision nocturne
- Connaissance des démons
- Comédie
- Force accrue
- Esquive
- Monte - chevaux
- Coup précis lvl 3
- Arme de prédilection - épée à une main
- Escalade
- Coriace
- Chance
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 2
- Etiquette
- Intrigue de cour
- Littérature
- Réflexes éclairs
- Linguistique

Dons du Sang:
- Défi de l'Aube
- Innocence Perdue
- Domination
- Ame Profane
- Forme de Familier : Corneille
- Régénération Impie
- Sang argenté
- Sang vif

Escorte :
- 10 hommes d'armes
- un carrosse tiré par quatre chevaux
- Hans le cocher
- Marcus le capitaine de la garde
- Une petite bestiole attachante nommée Dokhara.

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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Dokhara de Soya » 21 juin 2019, 15:59

La description faite par les marchands kislevites de l'oblast du nord était aux antipodes des caprices luxueux des deux ex-baronnes : une météo implacable, des ennemis omniprésents, une civilisation éparse... après deux mois de voyage à travers la terrible Drakwald, retrouver un semblant de confort à Erengrad avait été salvateur. L'idée de devoir quitter ce havre pour retourner arpenter des routes aussi effrayantes que dangereuses, et finir leur voyage dans un village perdu à la frontière de la civilisation humaine... elle était déprimante.
Et pourtant, quel meilleur choix avaient-elles ? Elles avaient exclus l'ouest et le sud car savaient que la proximité de la frontière impériale ne pourrait que mettre en danger deux fugitives. Quant à l'est avec Praag, les rumeurs de corruption omniprésente étaient trop nombreuses pour être ignorées - assurément, si les slaaneshis avaient de l'influence là-bas, ils ne manqueraient pas de saluer la traîtrise de Dokhara avec enthousiasme.
Zoïshenk était un lieu de perdition idéal. Raspotitsa approchait selon leurs interlocuteurs, l'époque de l'année pendant laquelle l'hiver faisait tant tomber de neige sur les steppes que les routes disparaissaient, et que la majorité des échanges entre les villes s'interrompaient. Le dernier convoi de la saison partait pour la stanitsa nordique, ce qui signifiait que la météo créerait derrière elles une imposante barrière climatique, les protégeant de la majorité de leurs poursuivants. Elle seraient coupées du monde. A l'abri. Et Dokhara aurait alors un hiver entier pour se former à sa nouvelle nature.

Ayant réalisé qu'ils ne leur restait que deux jours pour profiter de la civilisation avant de devoir passer des mois entiers sur les routes glacées et dans des villages sordides au bout du monde, les deux amantes se firent un devoir de profiter le plus égoïstement possible d'Erengrad, se confondant en stupre et en luxure. Pas un magasin de la ville ne put échapper à la curiosité des deux furies qui voulaient découvrir toutes les modes, goûter tous les mets, essayer tous les plaisirs. Il y avait tant à découvrir en ces lieux étrangers : une nouvelle culture faite de terribles conflits entre norsiens, ungols et gospodars, une nouvelle langue incroyablement complexe à appréhender, trois nouveaux dieux à reconnaître nommés Ursun, Dazh et Tor... toute cette diversité était vertigineuse à appréhender.
Amatrices de culture tout autant que de chalandage, les deux rouquines errèrent dans tous les coins de la ville haute où l'on voulait bien les laisser aller. Elles visitèrent la Maison des Orfèvres où elles purent échanger leurs couronnes impériales contre des marks d'or locaux. Elles observèrent de loin les temples de Tor et de Dazh sans y entrer, Lucrétia n'aimant guère les symboles religieux quels qu'ils soient. Elles entrèrent néanmoins dans le jardin d'Ursun afin de profiter de la beauté de cette forêt miniature enfermée dans la ville et jouxtant la Lynx. Elles frôlèrent la sublime Tour du Givre, et s'il leur était interdit d'y pénétrer, Dokhara put néanmoins poser la paume de sa main sur sa façade, constatant l'absence de tout artifice : la construction était belle et bien faite uniquement de glace.

Peu importait combien Dokhara et Lucrétia multiplièrent les efforts pour profiter au mieux d'Erengrad, ces deux jours passèrent malgré tout bien trop vite à leur gout. Faire leurs adieux au confort de leur chambre fut un déchirement.

Le convoi pour Zoïshenk s'avéra bien plus impressionnant que ce à quoi Dokhara s'attendait. Elle avait bien compris qu'il s'agissait de livrer un canon à l'ataman de Zoïshenk, le boyard Pavel Nakhimov, et que de nombreux commerçants profiteraient de la troupe armée formée pour l'occasion afin d'acheminer leurs dernières marchandises à destination avant la Raspotitsa. Malgré tout, elle fut impressionnée par le nombre de voyageurs qui se préparaient devant elle, et la force armée qui les accompagneraient. Entre les cavaliers ailés, les archers ungols, et les streltsi équipés d'arquebuses, c'était une soixantaine de combattants qui se chargeait de la protection des civils, mais surtout de la pièce d'artillerie sortie de la Fabrique des canonniers d'Erengrad. La jeune femme avait clairement sous-estimé le danger représenté par les barbares dont parlait le marchand, si pareille unité avait été assemblée pour les contrer.

C'est avec intérêt que Dokhara nota la présence d'un fiacre parmi les véhicules du convoi. N'ayant jamais été très bonne cavalière, elle craignait par avance les journées à venir : si sa nouvelle monture strygani était un sublime palefroi alezan racé, la selle sur laquelle elle était installée n'était pas pour autant plus confortable qu'une autre, et elle savait très bien le genre d'ecchymoses et de courbatures qui hanteraient son fessier chaque nuit. L'on pouvait être slaaneshie et apprécier le masochisme volontaire lors de ses ébats, mais détester l'inconfort d'une douleur pas assez virulente pour être intéressante, mais suffisamment omniprésente pour gêner chaque mouvement, et parasiter ses pensées. Sans un mot, elle fit un signe de tête à son amante en direction du carrosse, suivi d'un sourire entendu - d'une manière ou d'une autre, il leur faudrait charmer le passager de ce véhicule pour s'y faire inviter.

La présence du templier d'Ulric ne fit aucunement plaisir à Dokhara. Non pas qu'elle avait une dent particulière envers l'autorité représentée par les serviteurs du dieu de prédilection des middenheimers, mais leur précédente rencontre avec l'un de ses congénères avait annoncé les prémices d'une hécatombe encore gravée au fer rouge dans l'esprit de l'ancienne baronne. Elles avaient espéré intimider le baron Otto en abattant sa protection divine - malheureusement, ce plan avait tristement échoué. Jamais Dokhara n'avait été témoin d'un tel massacre auparavant, d'une telle violence gratuite, et les échos du charnier qu'elle avait traversé la hanteraient sans doutes jusqu'à son dernier souffle : cette expérience l'avait changée à jamais.
Instinctivement voyant le serviteur du Dieu Loup, elle voulut rabattre davantage son capuchon sur sa tête, avant de se rappeler qu'elle ne portait plus de pèlerine. Habillée à la manière des kislevites, elle était désormais entièrement de blanc vêtue, emmitouflée dans son grand manteau et sa toque en fourrure opaline. Régulièrement, elle ne pouvait s'empêcher de laisser la peau de son visage glisser doucement contre la douceur de la fourrure de renard blanc.

- On ne pourra pas l'éviter pendant tout le trajet, murmura t-elle à sa consœur, une légère appréhension dans la voix.

Elles avaient répété leur scénario la veille. Elles étaient toutes deux habillées avec des vêtements de bonne qualité - pas assez pour imiter la noblesse, mais suffisamment pour signifier un certain confort financier. Lucrétia portait une épée bien visible au fourreau, et Dokhara deux lames en plus de l'arbalète dont la bandoulière était accrochée à sa selle. Elles montaient toutes deux de fiers chevaux stryganis, d'excellentes montures aussi rapides et fiables que coûteuses. Elles étaient seules, sans aucune forme d'escorte masculine pour les accompagner. Et pour finir, elles souhaitaient se rendre dans une stanitsa perdue dans l'oblast du nord, à l'approche de l'hiver.
Dans ces conditions, il leur était impossible de passer pour des pèlerines, des nobles en villégiature, ou de simples touristes. Aucune de leurs précédentes identités de convenait à pareil voyage.
Le meilleur scénario qui se dessina donc fut le plus culotté de tous. De ce qu'elles avaient pu tirer des habitants d'Erengrad, Zoïshenk n'était réputé que pour deux choses : c'était le plus grand village du nord hostile, et surtout, de très nombreux réfugiés y avaient trouvé domicile.
Dans ces conditions, leur nouvelle identité devint évidente : elles étaient toutes deux des chasseuses de prime, traquant un cultiste impérial ayant franchi la frontière impériale pour se réfugier au Kislev, et souhaitant profiter de l'hiver pour disparaître au milieu des réfugiés de Zoïshenk.

Chasseuses de prime ou non, elles ne bénéficièrent pas plus de traitement de faveur que d'autres lorsque vint le moment de se confronter au terrible adversaire que représentait la bureaucratie. Se présentant sous l'identité des sœurs Ziska et Silke Schwertfeger, elles se plièrent bon gré mal gré au remplissage de formulaire qui leur fut demandé par le fonctionnaire, et au paiement de la taxe concernée afin d'obtenir leur autorisation de voyage.

Donc, avant le départ, outre les visites, Lucry et moi avons :
- Échangé nos devises impériales contre des devises kislevites
- Récupéré quelques informations sur les têtes recherchées du moment, afin d'améliorer notre couverture - on pourra ainsi donner le nom de ceux qu'on traque si besoin.

Je ne sais pas jusqu'où ira ton prochain post Duduc - si tu fais une ellipse avec le convoi qui a déjà progressé, considère que Dodo se comportera comme avec les stryganis : elle fera de son mieux pour s'intégrer, s'intéressant à tout et tout le monde, tentant du mieux qu'elle peut de trouver un interlocuteur patient pour lui apprendre la langue, mais aussi lui raconter des histoires du pays qu'elle avouera volontiers ne pas connaitre. En échange, elle racontera volontiers tout un tas d'histoires imaginaires sur les précédentes primes que sa sœur et elles ont récupéré dans l'Empire. Elle sera évidemment curieuse des occupants du fiacre et tentera d'établir un contact avec, ainsi qu'avec le cocher et le type sur le toit - à l'inverse, elle est encore trop traumatisée du carnage strygani pour oser approcher du prêtre ulricain, qu'elle tentera d'éviter dans la mesure du possible.
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Dokhara de Soya, Voie de l'aristocrate, Noble
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Bonus d'équipement : +2 PAR grâce à Main Gauche.

Fiche de personnage

Compétences en cours d'apprentissage :
Ambidextrie : 3/4
Langage - kislévarin : 1/4
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 24 juin 2019, 20:54

En deux jours, Lucretia avait encore effectué son petit lot de progrès en matière d’apprentissage du kislévarin. En lisant, en parlant, en écoutant, et en faisant répéter chaque mot qu’elle ne retenait pas, et chaque conjugaison qui lui demeurait sibylline, en en venait toujours à comprendre une nouvelle subtilité. Le verbe être qui n’existait pas au présent, l’ensemble de déclinaison qu’elle parvenait à sentir à force de pratiquer, et tous ces temps qui changeaient de forme, pour un même verbe, selon l’impact temporel que l’on souhaitait donner à sa phrase. A dire vrai, pour le néophyte, ce langage n’avait rien de simple -n’avait-il pas même un petit quelque chose d’élitiste ? et c’était bien la raison pour laquelle Lucretia se gargarisait chaque jour davantage de parvenir à le maîtriser.

Si la Lahmiane avait déjà bien commencé son apprentissage dès le premier jour où elle avait posé le pied en territoire kislévite, il avait continué tout au long de son séjour dans la taverne de la Linsk, notamment lors de cette soirée où son amante et elle étaient descendues dans la grande salle. Là, elles avaient démultiplié les sourires et les mines intéressées, et, usant d’un tempérament particulièrement engageant et chaleureux, avaient su conquérir l’assistance qui les avait invitées à leur table. La plupart de leurs questions, posées dans la langue du pays, avaient trouvé une réponse. La capitale, Erengrad, l’oblast… Il n’y avait eu que Praag qui, eu égard à sa mauvaise réputation, avait manqué de clore les lèvres et de faire ressortir les premières grimaces. Aussi avaient-elles détourné la discussion sur les steppes perdues qui s’étendaient au nord, et la conversation avait repris son cours. Avant que Lucretia ne commençât à comprendre un nouveau problème de cette langue aussi belle que compliquée. Le mouvement.

Elle dut s’y prendre à plusieurs reprises pour expliquer la volonté même de ce qu’elle voulait exprimer. En se trompant sur la forme du verbe, elle leur indiqua malgré elle qu’elle était déjà allée dans l’oblast, alors même qu’elle désirait simplement savoir comment s’y rendre. Ainsi, plutôt qu’un éclaircissement sur les différents moyens d’y parvenir, elle eut droit à des interrogations sur son expérience, ce qu’elle ne comprit pas tout de suite. A force de répétitions, elle repéra son erreur, et tâcha de reformuler. Avant de réaliser de nouveau qu’il existait une multiplicité de verbe de déplacement, selon que l’on voulait aller dans un lieu précis ou un lieu général, que l’on désirait faire de la marche, ou se mettre en route, ou en moyen de transport. Tout cela à l’aide d’un seul et unique mot. Le pire fut certainement la fois où on lui décocha des regards atterrés car, suite à une nouvelle erreur, l’Immortelle avait usé de ce verbe qui signifiait mot pour mot « aller pour s’amuser ». Et, en pays kislévite, l’on n’imaginait pas véritablement quelque personne que ce fût assez folle pour voyager dans le nord pour le plaisir.

Mais une fois n’était pas coutume, et Lucretia accepta toute critique avec l’air enjoué de celle qui apprend, impair après impair. On lui rendit ses sourires, on la chahuta légèrement, mais avec bienveillance, et l’on tâcha bien d’expliquer à cette charmante impériale le pourquoi de son erreur. Et cela avant de lui faire répéter une fois de plus pour s’assurer qu’elle avait saisi la subtilité de la chose.

Et il en alla de même lorsque les deux anciennes baronnes allèrent en garouage dans la cité d’Erengrad. Chaque taverne, chaque restaurant, chaque magasin, chaque monument ; tous furent visités, et tous entendirent le phrasé kislévarin d’une Lucretia qui allait en s’améliorant. Chaque tissu fut à la fois nommé en reikspell puis en kislévite, chaque plat fut deux fois cité, et les matériaux, les pièces de monnaie de la Maison des Orfèvres, les fleurs et les plantes du jardin d’Ursan, le dogme des trois dieux principaux de ce pays, n’échappèrent pas non plus à cette règle. Plus d’une fois, elles se perdirent en chemin, et, plus d’une fois, elles tombèrent sur un chaland capable de comprendre leur langue maternelle. Pourtant, Lucretia refusa coûte que coûte de s’engager sur la voie de la facilité, et s’amusa à demander son chemin en kislévarin, ce qui leur valut parfois quelques détours inutiles et exaspérants.

Mais peu en chalait à Lucretia, laquelle baguenaudait allégrement en compagnie de sa consœur dans les venelles de cette grande cité. C’était lumineux, ça fourmillait d’une vie animée, ça jaspinait à tous les coins de rue, et ça se battait parfois çà et là dans l’embrasure d’une porte de taverne. Mais il s’agissait avant tout de la civilisation, de ces habitants en trop grand nombre et de ces chambres douillettes qu’elles perdraient pas plus loin que le jour d’après, l’une comme l’autre en avaient parfaitement conscience. Aussi, les deux jeunes femmes avaient décidé d’en profiter autant qu’elles le pouvaient, se gorgeant une dernière fois de vie avant de disparaître dans le Grand Nord, aux confins du monde.

Le jour du départ arriva bien trop vite, mais, dans la mesure où elles avaient appris qu’Erengrad ne connaîtrait plus de visite de caravane avant la fonte des neiges au printemps suivant, elles ne firent pas la fine bouche et se rendirent sur la place qu’on leur avait indiquée.
Là, nombreux étaient les gens qui s’étaient donné rendez-vous, que ce fût en s’accoudant aux balcons ou en flânant le long des maisons. L’on voulait assister au départ de ce long convoi, l’on voulait voir ce grand canon, et l’on désirait également souhaiter la bonne chance à tous ces hommes et toutes ces femmes que l’on ne reverrait peut-être jamais, eu égard à leur destination.

Et pourtant, à en juger la garnison de la caravane, comment aurait put-on seulement pensé qu’ils couraient tous le moindre danger, acoquinés comme ils étaient ? Une quinzaine de cavaliers ailés accompagnaient la pièce d’artillerie, et leur puissante monture au caparaçon aussi hyalin que ne l’étaient les harnois de ceux qui les chevauchaient ne semblait pouvoir laisser nulle chance de survie à leurs adversaires. Et c’était sans compter les archers ungols aux traits typés qui, eux aussi, montaient de graciles chevaux. Equipés bien plus légèrement que ne l’étaient leurs homologues enchristés dans leur armure, il se dégageait d’eux non pas une aura de puissance mais bien un halo d’une mortelle finesse. Enfin, afin de les appuyer, une trentaine d’hommes à pied escortaient le convoi, équipés d’arquebuse et d’une arme d’hast que Lucretia n’avait que trop rarement vue pour bien la définir.

« Il est rassurant de nous voir en aussi bonne compagnie, souffla-t-elle à Dokhara. Ça l’est un peu moins de se dire que toute cette armée est présente pour une valable raison. »

Une vision vint l’égayer que plus encore ; celle du fiacre surmonté de son conducteur et d’un homme de garde. Si elles parvenaient toutes les deux à se faire invitées à l’intérieur, elles pourraient dire adieu à la triste perspective que celle de chevaucher des jours durant dans une posture aussi douloureuse qu’inconfortable. Mais d’un autre côté, il pouvait dès lors devenir plus délicat que de se faire passer pour d’implacables chasseuses de prime impériales si la première chose qu’elles faisaient était de se réfugier à l’abri dans cet espace confiné. L’ombre du chevalier d’Ulric, toutefois, manqua d’affubler son joyeux visage d’une franche grimace. À l’instar de sa consœur, elle avait assez soupé de ces répurgateurs qui ne cessaient de mettre leur nez dans des affaires qui ne les regardaient aucunement juste pour finir par mourir tôt ou tard.

« Ne m’en parlez pas grinça-t-elle en réponse à Dokhara, focalisant plutôt son regard émeraude sur la longue file de tombereaux qui occupaient la place.

La tête haute et le dos droit, elle claqua de la langue, faisant prestement avancer sa monture jusqu’au bureaucrate avant de décliner sa nouvelle identité.

Il en va de même de Lucretia qui préfère de loin la compagnie des kislévites à celle des stryganis. Elle ne se comportera donc pas comme elle l’a fait avec ces derniers, mais cherchera au contraire la discussion à tout bout de champ histoire de continuer à progresser dans l’apprentissage de cette langue et d’en connaître davantage sur cette nouvelle culture. Tout comme Dokhara, la curiosité la poussera à identifier les voyageurs dans le fiacre et la prudence à éviter le prêtre tant que cela reste possible.

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Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

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- Intimidation
- Alphabétisation
- Sens Accrus
- Vision nocturne
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- Comédie
- Force accrue
- Esquive
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- Coup précis lvl 3
- Arme de prédilection - épée à une main
- Escalade
- Coriace
- Chance
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 2
- Etiquette
- Intrigue de cour
- Littérature
- Réflexes éclairs
- Linguistique

Dons du Sang:
- Défi de l'Aube
- Innocence Perdue
- Domination
- Ame Profane
- Forme de Familier : Corneille
- Régénération Impie
- Sang argenté
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- Marcus le capitaine de la garde
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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par [MJ] Le Grand Duc » 26 juin 2019, 23:00

Le voyage jusqu'à Zoïshenk dura trois semaines. Trois longues semaines sur l'interminable piste poussiéreuse, battue par les vents glacés venus du Nord. Le convoi longea tout d'abord des terres marécageuses garnies de bosquets de bouleau puis remonta la lisière de la vaste pinède de Grovod, au delà de laquelle rugissaient les flots de la Mer des Griffes. Et enfin ce fut l'oblast, la steppe. Une mer sauvage et infinie, un océan d'herbes hautes et de champs de fleurs. Des collines indolentes soulevaient parfois le paysage comme des vagues figées, toujours recouvertes de cette épaisse toundra. Loin à l'Ouest, les pics enneigés des Crocs de Shargun était le seul élément à même de briser, un tant soit peu, la triste monotonie du paysage.

La procession avançait lentement. L'essieu soutenant le lourd canon de bronze cassa plusieurs fois au cours du trajet et trois jours de pluies diluviennes rendirent la piste impraticable aux alentours de Pradeshynya. Tout ce temps perdu faisait grogner les membres du convoi. La neige pouvait arriver d'un moment à l'autre et les menaces semblaient nombreuses dans l'oblast. C'était le sujet de discussion principal lorsqu'il était clair que le départ allait devoir attendre le lendemain, et qu'il fallait monter le camp dès le milieu de journée. Alors les hommes se réunissaient autour des feux et attendaient, bougons. Pour faire passer le temps, certains de ces archers montés lançaient leurs montures au galop le long de la piste et s'entraînaient à décocher leurs flèches vers des cibles invisibles fichées sur une souche ou un tronc d'arbre. A la vue de l'adresse et du naturel avec lesquelles ils opéraient, il y avait fort à parier qu'ils touchaient dans le mille.



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Mais si le voyage sembla durer une éternité, il permit également aux deux fugitives de faire de précieuses rencontres.

- "Во влад прекрасная гора !" lança le cocher de la diligence à côté de laquelle Lucrétia et Dokhara chevauchaient à la sortie d'Erengrad. Devant l'air interloqué des deux femmes, le bonhomme replaça son bonnet à fourrure et se racla la gorge. "En voilà des belles bêtes !" reprit-il en reikspiel, pointant d'un regard espiègle les magnifiques chevaux stryganis des baronnes.

C'en était fait de nos héroïnes, car elles venaient de rencontrer Sasha. Cet homme trapu et rieur était l'incarnation de l'expression "avoir la langue bien pendue". Il ne s'arrêtait jamais de parler, commentant tout ce qu'il voyait, pestait contre la moindre contrariété, riait fort en se tapant sur la bedaine. Dès lors qu'il adressa la parole aux deux fugitives, il fut impossible de s'en dépêtrer. Mais pendant les longues journées de voyage, ses palabres se révélèrent une mine infinie d'informations sur la destination du convoi. Sasha connaissait l'oblast et ses habitants comme sa poche et répondait aux questions avec un plaisir infini. Il leur parla de Zoïshenk, de son ataman, de ses gens et de ses terres, des nomades ungols et de la montagne blanche, et des esprits qui vivaient partout autour de nous. Il déblatérait toute la journée, infatigable, une main sur les rennes de ses chevaux adorées, l'autre sur sa pipe. Sur le toit de la diligence, son compagnon Ivan se contentait de soupirer aux énormités qui franchissaient parfois cette bouche bavarde encadrée de longues moustaches.

Le cocher apprécia tant les baronnes qu'il leur proposa de s'abriter dans la diligence un matin que la pluie froide commençait à tomber dru. C'est ainsi qu'elles firent la connaissance de Youri Yorlof, le passager, et de sa femme Marta. Youri était un représentant de la Guilde des Marchands d'Erengrad, en voyage d'affaire dans le Nord pour faire de la prospection, selon ses dires. Malgré la rudesse de ces terres hostiles, il y avait là bas des ressources qui justifiaient qu'on s'y déplace. C'était, au demeurant, un homme assez insipide qui ne parlait que de ducats et de négociations. Sa femme quant à elle avait la présence d'un meuble et semblait muette.

Le soir, lorsqu'on dressait les tentes et que les voyageurs veillaient, Sasha venait trouver Dokhara et Lucrétia pour discuter avec elles. Le bourdonnement incessant qu'il produisait, s'il pouvait être franchement ennuyeux pour les autres membres de la troupe, était une source intarissable de merveilles sur sa terre natale.


- "Ne tardez pas à vous endormir, mesdames." leur disait-il en kislévarin. "Ma nomade de mère disait toujours que c'est lorsque le pèlerin refuse d'aller se coucher que le Leshii vient le chercher !"

Un autre soir, une autre histoire.

- "Tout à l'heure, j'ai vu des oiseaux de feu dans les fourrés à côté de la piste. Si ça sent le roussi cette nuit, c'est qu'ils seront venu gratter les braises du foyer et que l'une d'elles est tombée sur votre tente ! Mais surtout, ne vous énervez pas après eux ... c'est le signe que Dazh bénit votre voyage."

Et après avoir raconté sa fable, il se fendait toujours d'un regard plein de malice vers ses interlocutrices, comme s'il cherchait à voir l'enchantement dans leurs yeux.


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Quant au chevalier impérial, les fugitives n'apprirent que ce que Sasha savait de lui. Il appartenait à l'ordre de l'Etoile Blanche, un chapitre local des Loups Blancs à Erengrad. Visiblement, il avait une mission importante à accomplir dans le Nord, où il rejoignait plusieurs de ses frères d'arme. Du reste, l'intéressé restait dans son coin, visiblement taciturne, et dormait seul. Il n'échangeait avec personne sinon le capitaine de l'escorte -le voïvode, comme l'appelait Sasha- et se contentait de fermer la marche du convoi sur son imposant destrier bardé de fer.

- "Quand autant d'imperinyi prennent la route du Nord, ça n'augure rien de bon." lâcha un jour Ivan, laconique, en regardant tour à tour le chevalier et les deux prétendues chasseuses de prime.





Enfin, Zoïshenk fut en vue. Les baronnes n'auraient pas pu le deviner, mais Sasha ne manqua pas de leur annoncer la nouvelle. Au loin, la steppe semblait s'affaisser peu à peu et on pouvait deviner le cours scintillant d'une large rivière. Plus loin encore, un épais bosquet de pins et de hêtres barrait la vue du rivage et, au dessus de faîte des arbres, quatre bulbes brillaient au soleil. Le premier était doré, et les trois suivants, plus élevés, étaient argentés.

Mais bien au devant de cette vision enchanteresse, un autre métal réfléchissait les rayons de l'astre diurne : celui des armures de deux chevaliers du Loup Blanc qui apparurent après un lacet de la piste.

Personne ne sembla réagir à leur vue, sinon l'impérial qui accompagnait le convoi depuis Erengrad. Il talonna son destrier, remonta la procession au galop et rejoignit ceux qui devaient être ses compagnons.



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Pour Lucrétia :
- n'oublie pas le soleil qui brille fort lorsqu'il n'y a pas de nuages, comme au moment de votre arrivée.
- tu peux acheter la compétence Langue étrangère : gospodar pour 10 xp quand tu veux.
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Re: [Lucrétia et Dokhara] Kislev mordant

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm » 30 juin 2019, 23:25


Si le voyage jusqu’à Zoïshenk fut long, il fut également étonnamment paisible. De prime abord, eu égard à l’important corps armé chargé d’escorter la caravane, Lucretia avait songé à de multiples attaques de plus ou moins grande envergure lancées à l’encontre du convoi, et s’était préparée pour cela. Rapidement, elle avait frayé avec plusieurs soldats, ce qui n’avait guère été difficile ; se présentant en tant que chasseuses de prime, les deux jeunes femmes avaient aussitôt été abordées par la curiosité de ces guerriers. Aussi Lucretia avait partagé plus d’un repas en leur compagnie, avait patrouillé le long de la caravane, avait pris ses tours de garde, et s’était même entraînée avec eux en modulant sa vitesse. La Lahmiane avait également enjoint sa pupille à faire de même et à affronter d’autres adversaires que sa propre personne, ce qui s’avéra des plus bénéfiques : enfin Dokhara fut-elle véritablement en mesure de vaincre ses partenaires d’entraînement, et l’Immortelle ne sut si elle devait louer les nouveaux talents de la jeune femme ou se mortifier sur la lenteur exaspérante de ses opposants. Sans quoi, et à dire vrai, cela ressemblait presque au voyage à travers la Drakwald, à cela près que ce trajet s’avérait bien plus agréable et bien moins menaçant.

Et pour cause, il n’y avait dans la culture kislévite que peu de jugement sur le fait qu’une femme pût prendre les armes, et Lucretia, au même titre que Dokhara, fut acceptée dans l’instant. Pour l’avoir déjà connu, jamais la Lahmiane n’aurait-elle connu pareil accueil au sein de l’Empire, en Bretonie, ou même chez les stryganis. On l’eût regardée avec défiance, et les messes basses auraient tôt fait d’être échangées dans le campement. Cela dit, elle se lia bien davantage avec les gospodars qu’avec les ungols. Ces premiers ressemblaient le plus à ce qu’elle connaissait des hommes de l’Empire, et c’était bel et bien avec eux qu’elle partageait le plus de caractéristiques communes. Les seconds, de leur côté, demeuraient souvent entre eux, et leurs visages aux traits typiques exprimaient généralement une lourde austérité.

Mais si le voyage s’avéra agréable, c’était également pour le paysage qu’il pouvait offrir. Voilà qui la dépaysait de la Drakwald et de ses troncs d’arbres parfois titanesques, parfois rachitiques, qui couvraient l’horizon et assombrissaient le monde sous leurs lourdes et denses frondaisons. Ils traversèrent bien quelques forêts et quelques bois, mais rien qui ne marqua davantage Lucretia que la gigantesque steppe qui s’offrit alors à elle. Si elle avait déjà contemplé la mer, elle n’avait jamais vu d’océan composé de terre. La vastité de ces plaines avait quelque chose d’effrayant. La Drakwald avait toujours réussi à glisser la sensation de vulnérabilité dans le cœur même de ses visiteurs ; l’oblast y parvenait, mais dans une autre mesure. L’on ne se sentait pas menacé, non, mais bel et bien insignifiant, minuscule, et ce n’était pas un sentiment que connaissait l’Immortelle. Si ce n’était derrière elle, la terre s’étendait à perte de vue, devant, à gauche, à droite, et le ciel rencontrait l’horizon à ce qui semblait être des milliers de lieues plus loin, à l’autre bout du monde. Un vide infini, dépeuplé, si ce n’était une immense étendue d’herbe que venait parfois recouvrir un fin manteau de neige. Mais rien qui ne vint limiter la portée du regard, excepté quelques pics et petits plateaux qui se découpaient çà et là.

Le trajet ne fut pas non plus tout rose, et, s’il ne connut nul véritable et mortel danger, un autre s’immisça sournoisement au beau milieu du convoi ; l’ennui. Au tout début, les commerçants étaient à cran devant l’inconnu que représentait ce trajet, et, ne sachant à quoi s’en tenir, ils en venaient à tout redouter. La peur et l’appréhension s’avéraient efficaces pour repousser les affres de l’ennui ; à trop être effrayé, vous ne cessiez d’observer autour de vous ou au loin dans la crainte d’apercevoir le moindre ennemi. Mais, peu à peu, la tension diminua, et un certain aroutinement prit place au beau milieu des hommes. L’on se levait de bonne heure, et l’on marchait, marchait, marchait, toute la matinée, toute l’après-midi, avant de parvenir jusqu’à un endroit que l’on jugeait assez bien (et sur quels critères se basait-on, alors que tout se ressemblait ?) pour y passer la nuit. Et le lendemain, l’on réitérait chacune de ces étapes. A force, si ce n’était la fatigue d’amener un pas devant l’autre à l’infini, l’on commençait à s’impatienter de ne parvenir en bordure de Zoïshenk. Et cela ne s’empirait que davantage encore face à certains rémoras qui ne cessaient de survenir ; le canon semblait bien trop pesant pour que les essieux le supportant pussent tenir la durée du voyage.

Ils cassèrent et cassèrent encore, obligeant la caravane à s’arrêter pendant parfois plus d’un jour le temps qu’on réparât le tombereau. Les gens s’impatientaient, grommelaient, rouspétaient, et ces infimes tensions entre gospodars et ungols, que l’on ne ressentait qu’à force de bien les connaître, finirent par devenir plus vivaces. L’attente et la lassitude entraînèrent des sautes d’humeur incomprises qui pouvaient menacer, sur un malentendu, la stabilité et l’intégrité de la caravane. Assurément, il fallait faire quelque chose pour éviter que cela ne s’aggravât. Et ce quelque chose ne pouvait toucher de près au canon ; renforcer les essieux s’avéra aussi impossible que d’alléger la dizaine de quintaux que pesait l’engin de guerre. Aussi Lucretia diffusa une certaine idée dans l’esprit des soldats, et, voyant qu’ils se prenaient au jeu, organisa de véritables paris ; combien de temps faudrait-il attendre avant que le chariot ne rompît de nouveau ?

Cette idée traversa les rangs et, si elle trouva quelques détracteurs, notamment parmi les ouvriers chargés de réparer le chariot, rallia bien davantage de personnes favorables à sa mise en place. La Lahmiane, lettrée, récolta les noms des différents participants, ce qui lui permit de connaître que plus encore la future soldatesque qui s’en allait rejoindre Zoïshenk, et tâcha d’y accoler aussi bien la somme pariée que l’heure qu’ils avaient choisie. Bientôt, certains, qui n’étaient pas au courant de ce surprenant jeu, furent tout ébaubis d’entre des cris de joie au premier craquement de bois, et ce qui n’était autrefois qu’une insupportable fatalité devint pour chacun une nouvelle occasion de passer le temps.

Mais un nouveau protagoniste leur permit de s’évader quelque peu de leur langueur. Sasha, l’un des deux cochers qui menaient la caravane à bon port. Véritable moulin à paroles, il sembla s’attacher, à sa manière, aux deux jeunes femmes, tant et si bien qu’il leur tint compagnie tout au long du trajet. Cet homme avait la formidable faculté d’avoir un mot pour tour ce qui passait devant les yeux, et même pour toutes les idées que pouvait supposer Lucretia concernant l’histoire du Kislev et sa grande dualité entre les gospodars et les ungols. A dire vrai, l’homme en conta longuement sur le sujet, et Lucretia put comprendre toute l’étendue de cette rivalité millénaire qui sévissait toujours dans la région. Certes, les deux peuples s’étaient désormais ralliés sous la même bannière, celle de Katarina, la Reine des Glaces. Mais, dès lors que l’on grattait un peu, l’on pouvait deviner qu’un rien était à même de raviver les éternelles tensions qu’animaient les deux ethnies.

Ainsi, la Lahmiane en apprit beaucoup sur les dirigeants de la région dans laquelle elle se rendait, et plus particulièrement sur la famille Nakhimov. Elle occupait le siège d’ataman depuis un peu plus d’un siècle, et s’était illustrée par de fort et impérieux chefs de famille. Sasha raconta comment Igor avait été détesté de son vivant, mais également plus respecté qu’aucun autre boyard ne le serait certainement jamais. Il avait dirigé Zoïshenk avec une telle main de fer, intransigeante et sévère, que les deux peuplades n’avaient eu de cesse que de le craindre. Mais, surtout, il avait agi de la sorte dans le seul intérêt de maintenir sa région à flot contre les attaques renouvelées des pillards et toutes les tentatives de sédition des ungols aussi bien que des gospodars. Mais il mourut lors d’une embuscade tendue par les kyazaks, menaçant la stabilité de la région.

Le cocher leur parla également des descendants d’Igor, de Vitaly, qui avait désormais disparu, et Pavel, qui avait pris la décision d’ouvrir la stanitsa au commerce tout en accordant davantage de droits aux ungols, ce qui n’avait pas manqué de faire grincer les dents des gospodars les plus réfractaires. Et il y avait Alyosha, le vovoïde de Zoïshenk, qui dirigeait les troupes d’élite qu’incarnaient les cavaliers aillés. L’homme s’était illustré par bien des faits d’armes, et peut-être plus encore par le nombre de ses conquêtes, leur signala Sasha, ponctuant sa déclaration d’un petit clin d’œil de circonstance. Nul doute que les deux jeunes femmes allaient en entendre parler sitôt qu’elles seraient arrivées à destination.

Comme si ce n’était pas tout, le conteur leur énuméra les différents clans qui avaient pris racine au sein de la stanista, les différentes alliances avec d’autres villes de la région, qu’elles fussent ungols ou gospodars, les réfugiés à qui l’ont avait interdit l’accès de Zoïshenk lors de la Poussée du Printemps, et tous ces lieux que l’on avait abandonnés dans la course du temps. Il leur mentionna également les différents dieux que l’on vénérait dans ce pays septentrional et chaque protagoniste susceptible de les représenter sur terre, à Zoïshenk. Lorsqu’ils abordèrent ce sujet, Lucretia glissa un discret coup d’œil en direction du prêtre d’Ulric, mais celui-ci demeurait totalement hermétique, préférant la solitude de son dieu à la compagnie des humains. Ni Dokhara ni la Lahmiane ne s’en offusqua.

Sacha fut encore d’une aide précieuse, quand bien même ne le fit-il pas véritablement exprès. A force de côtoyer les deux jeunes femmes, il finit par leur proposer de rejoindre l’intérieur même de la diligence qu’il dirigeait avec son comparse Ivan, jugeant qu’il serait ainsi plus aisé de continuer à langueyer en leur compagnie. Et une fois que Lucretia eut cette opportunité, elle en profita dès lors que le ciel s’abeausissait et que les rayons de l’astre diurne commençaient à lui peser quelque peu. Elle en tira parti, et Dokhara également, pour faire connaissance avec Youri Yorlof et sa femme Marta. L’homme n’était pas de ceux qu’appréciait véritablement Lucretia ; taciturne, il ne parlait que pour évoquer les différentes affaires qui ne tarderaient pas à faire sa richesse, mais se montrait avare de détails. Commerçant dans l’âme, il savait bien qu’il valait mieux ne pas en dire trop sous peine de risquer de se faire devancer. La Lahmiane apprit toutefois à composer avec ces gens-là et à adopter une attitude aussi polie qu’engageante. Elle tint à lui faire la conversation lors de ces longues journées ensoleillées, aussi bien pour demeurer à l’abri le plus longtemps possible que pour, peut-être, commencer à entrer dans les bonnes grâces de ce curieux personnage. D’après ce que lui avait dit Sasha, la Guilde des Marchands avait le bras long, au Kislev, et un certain Sergueï Balakine, à Zoïshenk rêvait de monter une affaire aussi florissante que celle-ci.

Enfin, après quelque trois semaines de voyage, une importante structure se dessina au loin, et trois tours miroitèrent à l’horizon d’une lueur argentée, tels de véritables phares dans cet océan de terre plate. Lucretia comprit dès lors le surnom de mayak que l’on attribuait au Nagyvàrr, le zal de Zoïshenk, et elle retint de justesse un petit soupir de soulagement. Il ferait bon de faire halte une bonne fois pour toutes et de s’établir quelque part, là où, en théorie, l’on ne viendrait plus les déranger. Après des mois et des mois de cavale, leur voyage touchait à sa fin.

D’autres éclats nitescents attirèrent bientôt son regard sur la plaine ; deux cavaliers trottaient déjà dans leur direction. S’agissait-il d’un accueil ? Voilà qui manquait de panache, pour souhaiter la bienvenue à tout un convoi et au canon tant attendu, et si précieux, que ce dernier apportait. Non pas ; Lucretia eut la surprise de remarquer l’insigne d’Ulric que tous deux arboraient, et, lorsque le sombre impérial qui avait escorté le convoi s’en rendit compte à son tour, il éperonna sa monture afin de les rejoindre. Tous l’observèrent, plus ou moins curieux, mais l’on ne fit que hausser les épaules dans un léger mouvement de fatigue, et Lucretia comme Dokhara n’échappèrent pas à la règle.


« Lucré la pince. »
Très bien. Dans ce cas, je vais embrasser mon nouveau rôle. Je veux que tu fasses des jets pour que je sache combien j’ai gagné, ou perdu, en fondant mes petits paris auprès de la soldatesque qui consistaient à deviner dans combien de temps l’un des essieux du chariot allait céder.
Oh, j’ai la compétence chance, si jamais. :mrgreen:
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 07 juil. 2019, 12:00, modifié 2 fois.
Raison : 6 xps / Total : 42 xps
FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140
Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises (lvl 1):
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Érudition
- Intimidation
- Alphabétisation
- Sens Accrus
- Vision nocturne
- Connaissance des démons
- Comédie
- Force accrue
- Esquive
- Monte - chevaux
- Coup précis lvl 3
- Arme de prédilection - épée à une main
- Escalade
- Coriace
- Chance
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 2
- Etiquette
- Intrigue de cour
- Littérature
- Réflexes éclairs
- Linguistique

Dons du Sang:
- Défi de l'Aube
- Innocence Perdue
- Domination
- Ame Profane
- Forme de Familier : Corneille
- Régénération Impie
- Sang argenté
- Sang vif

Escorte :
- 10 hommes d'armes
- un carrosse tiré par quatre chevaux
- Hans le cocher
- Marcus le capitaine de la garde
- Une petite bestiole attachante nommée Dokhara.

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