[Edmond] Aux sombres héros de l'amer

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Les Zones Maritimes représentent l'ensemble des mers et océans du globe. Les mers peuvent être calmes et propices à milles découvertes, ou être traîtresses...

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[MJ] Bugman
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[Edmond] Aux sombres héros de l'amer

Message par [MJ] Bugman »

Post rédigé par l'assistant mj Nola Al'Nysa

Lorsqu'on ne sait pas vers quel port on navigue, aucun vent n'est le bon - Capitaine Armin VanDkij, Réflexion d'un aventurier des mers.
Le petit matin se levait sur Sartosa et les premières lueurs de l'aube perçaient à peine l'horizon, teignant le ciel d'un mélange délicat de rose pâle et d'orange brûlé. Le murmure des vagues caressait doucement les coques des navires amarrés. Une légère brume marine flottait, donnant au port un aspect presque irréel, comme un rêve à peine éveillé. Le cri lointain d'une mouette perçait l'air, rappelant à tous que le jour allait bientôt s'installer pleinement. Assis sur le rebord d’une vieille jetée en bois, les jambes pendant au-dessus des eaux souillées du port et le regard perdu vers l’horizon, Edmond de la Niche tentait vainement de retracer le fil de sa nuit débridée. Après son pacte informel avec Stromfel, le jeune homme avait passé la nuit à écumer les tavernes les plus malfamées de la cité pirate, là où la bière était la moins chère, mais aussi la moins bonne et où personne ne prêtait attention à un marin solitaire.
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Il passait inconsciemment un doigt sur la petite plaie encore fraîche de la veille, là où il s’était entaillé la main pour sceller son contrat avec le dieu requin. La petite blessure ne lui faisait pas mal, mais un léger picotement la parcourait en permanence. Il laissa ses yeux balayer les quais, contemplant les nombreux navires qui mouillaient dans le port, protégés des courants dangereux entourant l’île grâce aux digues naturelles que formait la crique. De puissants galions lourdement armés côtoyaient de simples goélettes, agiles mais légères. Des trois-mâts cachaient dans leurs ombres des petits bricks et quelques sloops. Il se demanda pendant un court instant si c’était sur l’un de ces navires qu’il reprendrait la mer prochainement.

Cette pensée le poussa enfin à s’ébrouer et à se redresser. Malgré la fatigue qui lui piquait les yeux et les relents d'alcool qui lui brûlait l’estomac, il devait mettre cette journée à profit pour se trouver un nouveau capitaine à servir, ou à remplacer si l’occasion se présentait. Il se redressa, la démarche encore peu sûre à cause des vapeurs qui lui montaient à la tête et s’étira longuement avant de prendre la direction de la cité. Malgré l’heure matinale, les quais commençaient déjà à grouiller d'activités. Des matelots venaient prendre leurs quarts, remplaçant ceux qui avaient veillé durant la nuit, des chariots remplis de denrées et de barils de poudre s’approchaient des navires attendant d’être chargés pour repartir à l’aventure. Des pêcheurs optimistes, pipes au bec, jetaient des filets abîmés pour attraper les petits poissons vivant entre les coques des vaisseaux amarrés là. Des pirates ayant passé une nuit sans doute aussi mouvementée que celle d’Edmond tentaient tant bien que mal de rejoindre leur bord, s’arrêtant parfois pour vomir à proximité des pêcheurs immobiles ou pour régler un dernier compte après une querelle nocturne.

Le jeune homme s’écarta vivement pour esquiver deux hommes s'agrippant par le col en s'invectivant à propos d’une dénommée Alice qu’ils semblaient tous deux apprécier. Tout à leur dispute, ils ne virent pas arriver la fin de la jetée et plongèrent à l’eau, ce qui mit momentanément fin au pugilat. Avec un petit rire, Edmond se détourna de la scène et se dirigea vers les premiers faubourgs de la ville.

En quittant le port, on s'engageait dans les ruelles tortueuses de Sartosa, où l'atmosphère changeait radicalement. Les pavés irréguliers, usés par des années de passages incessants, résonnaient sous les pas des habitants. Les murs des bâtisses, hauts et rapprochés, semblaient presque se toucher, créant un labyrinthe d'ombre et de lumière. L'air était chargé d'une humidité stagnante, mélangée aux relents de poisson, de sueur et de divers épices venant des marchés improvisés à chaque coin de rue.

Les rues, bien que étroites et sinueuses, étaient loin d'être désertes. Des marchands ambulants criaient leurs marchandises, des babioles en tous genres aux denrées alimentaires douteuses. Les étals étaient encombrés de fruits exotiques aux couleurs vives, de morceaux de viande pendus à des crochets et de tonneaux de rhum dont le contenu doré attirait les regards assoiffés des passants. Ici, un groupe de marins discutait bruyamment, des rires rauques ponctuant leurs conversations animées. Là, une diseuse de bonne aventure, drapée dans des tissus colorés, agitait ses cartes en promettant fortune et gloire à ceux qui daignaient l'écouter.

La lumière du jour peinait à percer les voiles de tissu tendus entre les maisons pour créer de l'ombre. De petites fenêtres, souvent grillagées, laissaient entrevoir des fragments de vie quotidienne : des femmes accroupies préparant des repas, des enfants jouant avec des objets de récupération, des vieillards fumant leurs pipes en observant le monde avec des yeux plissés par le temps. Les tavernes, véritables cœurs battants de la cité, commençaient à s'animer, même à cette heure matinale. Des éclats de voix et des notes de musique s'en échappaient, attirant les âmes égarées en quête de réconfort ou de distraction. L'atmosphère y était lourde, saturée de fumée de tabac et d'alcool bon marché. À l'extérieur, des hommes ivres titubaient, cherchant à retrouver leur chemin ou simplement à prolonger la nuit dans l'ivresse.

Edmond était en train de remonter une des artères principales de la cité en direction d’un établissement de sa connaissance ou les recruteurs des différents équipages avaient pour habitude de venir faire leur sélection de nouveaux matelots prêts pour le service lorsque des cris derrière lui attirèrent son attention. En se retournant, il vit un lourd chariot tiré par des bœufs qui peinaient à tracter le chargement dans la rue montante, leurs sabots glissant sur la chaussée déformée. Ce qui arrêta le regard du jeune pirate fut la cage en fer fixée sur l’attelage dans laquelle quelques hommes hagards et sales étaient entassés. Il était étonnant de voir un transport de prisonnier à cette heure matinale mais cela ne semblait pas perturber les passants qui se frayaient un passage pour doubler le chariot en évitant les coups distribués par les quelques gardes qui formaient son escorte. Edmond allait reprendre sa marche quand, en se retournant, il percuta une silhouette encapuchonnée dans un long manteau noir. L’inconnu ne s’arrêta pas mais leurs yeux se croisèrent une fraction de seconde et le jeune homme fut marqué par ce regard borgne. L’inconnu avait un œil d’un bleu si profond qu’il ressortait dans la pénombre de sa capuche et un œil d’un blanc laiteux, aveugle et barré d’une fine cicatrice. Après avoir émis un simple grognement menaçant, la silhouette sombre reprit sa marche avant de se noyer dans la foule.

Sur ces entrefaits, Edmond dû se plaquer au mur pour laisser passer le chariot de prisonnier qui était parvenu à sa hauteur. Tandis que ce dernier avançait lentement devant lui, son regard fut attiré par un des captifs en particulier. Un homme d’un certain âge, assis contre la porte de la cage. Ses cheveux, autrefois peut-être d'un noir de jais, étaient maintenant une masse enchevêtrée de mèches grises, tombant en désordre sur ses épaules. Son visage, buriné par des années de soleil et de vent salin, portait les traces indélébiles de ses nombreuses aventures et mésaventures. Des rides profondes sillonnaient sa peau tannée, témoignant d'une vie passée sur les flots. Ses yeux, d'un bleu perçant et vif, étaient en net contraste avec son apparence fripée et fatiguée. Ils reflétaient une intelligence aiguisée et une détermination inébranlable, malgré la misère de sa situation actuelle. Il scrutait la foule avec une acuité étonnante, comme s'il cherchait quelque chose ou quelqu'un parmi les visages moqueurs et indifférents. Le marin portait des haillons, vestiges de ce qui avait probablement été un uniforme de capitaine. Une chemise blanche, maintenant jaunie et déchirée, laissait entrevoir une musculature encore robuste malgré l'âge. Son pantalon, autrefois d'un bleu marine, était élimé et maculé de tâches indéfinissables. À son cou pendait un vieux médaillon en argent, terni par les années, mais portant des gravures détaillées et mystérieuses. Malgré les chaînes qui entravaient ses mouvements, le vieil homme conservait une posture droite et fière. Ses mains, larges et calleuses, reposaient sur ses genoux, mais leurs doigts bougeaient légèrement, comme s'il jouait une mélodie silencieuse ou exécutait des manœuvres invisibles. Il semblait incarner l'âme même de la piraterie : indomptable, courageux, et éternellement résilient.

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Edmond
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Re: [Edmond] Aux sombres héros de l'amer

Message par Edmond »

L’aurore se lève sur cette nouvelle journée, après une nuit, de nouveau, arrosée pour oublier et ne plus penser. Il s’était trouvé un refuge au bout d’un pont de bois où personne n’était venu le déranger, le laissant tout à ses pensées pour essayer de les aligner.
Dure affaire… même assis et les pieds dans cette eau salée qui avait été la meilleure compagne qu’il eut jamais eu, l’alcool faisait encore effet dans son crâne. Mais avec les lueurs de l’aurore, les effets disparaissaient, comme un voile qui se lève. Lentement.
Caressant sa blessure déjà refermée d’un air distrait, il se mit à chantonner tout aussi distraitement, comme pour aider son corps à exhaler l’alcool accumulé.

« Les tempêtes et les vagues en furie,
Les cris des marins, du vent et de la pluie,
En cet instant, tout n’est que quiétude,
Je suis seul face à toi, et mon âme s’épuise.

Ô douce mer, pourquoi tant de silence ?
Toi qui grondes souvent, en furieuses danses,
Me laisse dans le calme, sans but, sans chemin,
Sur ton dos d’argent, je suis un marin sans fin.

Dans ce grand silence, je cherche encore,
Un signe, une étoile, un nouvel aurore,
Mais l’océan s’étend, paisible et serein,
Et moi je dérive, marin sans destin. »


Quelques paroles tout juste soufflées, quelques mots juste pour lui. Mais rien, comme il s’y attendait. Mais au moins, il se sentait assez en forme pour se redresser, s’étirer et marcher sans avoir l’impression d’être en pleine tempête. Pendant qu’il marchait, Edmond refaisait un peu sa mise, tirer sa chemise pour enlever les plis, remis ses cheveux en ordre en usant de son bandeau et de son aide de queue, et avec l’aide de quelques grimaces put de nouveau sentir son visage. Visiblement, cette nuit l’avait épargnée de contusions et de cocards. Y’a du mieux.

D’un coup, deux hommes sortirent brusquement devant lui, s’empoignant l’un l’autre au sujet d’une Alice, qui devait pas être la moitié d’un laideron pour rendre non pas un mais deux hommes jaloux, avant que dans leur querelle ils ne se retrouvent à continuer leur semblant de pugilat dans l’eau, sous les rires des passants et d’Edmond, qui pour sa part rit franchement. Un peu trop franchement, car il dut se redresser et mettre une main devant sa bouche pour se retenir de vomir comme un malpropre. A la place, il lâcha un rôt gras et remplis de l’odeur de l’alcool et de ses propres gazes, ce qui aurait suffit à tuer une famille de mouette.

Après quelques pas et avoir finis de rafraichir sa mise au mieux, le matelot se dirigea vers une artère bien vivante de Sartosa, dans laquelle il savait qu’il pourrait trouver quelques recruteurs. Cette artère, il l’aimait bien. Pleine d’agitation tôt, si bien que les étals et les locaux étaient déjà dehors alors que l’aube venait de poindre. Pleine de vie et de d’odeurs, ici une diseuse de bonne aventure, là un marchand vendant des épices venus de l’autre bout du monde, et vous pouviez être sur de sentir cet étal de poisson avant de le voir au vue de la fraicheur de sa marchandise, mais il ne fallait pas le dire trop fort, sinon le gros blond qui tient l’étal vous lancer sa marchandise à la gueule avant de vous sauter dessus. Une artère pleine de vie à Sartosa donc.

« Place ! Place ! Dégagez le ch’min pour sa m’jesté encagée ! »

L’invective fit se retourner Edmond qui vit un chariot de bœuf en train d’essayer de remonter l’artère. Les bœufs étaient bien beaux, mais leur cargaison était bien plus intéressante. Une cage dans laquelle étaient enfermés des hommes. Un spectacle plutôt rare à cette heure de la journée, mais le plus remarquable était l’un des hommes dans cette cage. Cependant Edmond du rapidement s’écarter car les bœufs arrivaient, précédés de ceux qui les menaient, et qui étaient bien armés. En se retournant, il heurtait un mur qui n’était pas là avant. Enfin, ce qu’il pensait être un mur, avant de relever la tête et de tomber sur un œil si bleu qu’on l’apercevait sous l’ombre de la capuche qui recouvrait son visage. Un seul œil bleu, l’autre n’était plus qu’une bille blanche laiteuse entourés par une cicatrice qui allait de haut en bas. Il n’eut pas le temps d’en voir plus, la silhouette poussa un grognement si intense qu’Edmond s’écarta de lui-même et vis l’homme encapuchonné disparaitre dans la foule.

« Allez, dégager l’passage ou z’allez finir en d’dans d’la cage ! »

La nouvelle invective fit revenir Edmond à lui et il se colla à un mur pour laisser passer le convoi, et il put regarder l’individu qui avait attiré son regard de bien plus près. Tout dans cet individu hurlait qu’il s’agissait d’un vieux loup de mer, de son cuir tanné à ses yeux qui trahissait aussi bien le calme que la tempête. Des cheveux qui commençaient à devenir gris à ses doigts, tellement énormes qu’on dirait qu’il put assommer un orc d’une gifle, qui pourtant semblait réciter une chanson alors que ces doigts tapotés des genoux qu’Edmond devinaient encore bien solide. Et malgré les tâches du pantalon de l’homme, ses vêtements l’affichaient clairement comme le capitaine. La question était un capitaine d’où ? Si quelqu’un lui avait fournis la réponse, il aurait peut-être craché sur le passage du capitaine. Mais en l’absence de réponse, il attendit que l’attelage passe avant de reprendre sa propre route.

Mais les deux hommes lui avaient fait forte impression, les deux. Le capitaine avait été indémontable malgré sa situation, et sa dignité malgré sa situation méritait le respect.
Quant au borgne sous sa capuche… le peu qu’il en avait vu lui avait donné l’impression d’avoir été face à un prédateur. Prédateur qui s’était détourné de lui parce qu’il n’était que du menu fretin. Une part d’Edmond y voyait une chance, tandis qu’une autre part était irrité de n’avoir susciter que si peu chez un tel homme.

Ragaillardis par ces entrefaites qui avaient fouetté son mental, il avait repris ses esprits et vérifia la position de chacune de ses dagues, tira son épée d’un pousse de la garde avant de l’y remettre et plaqua un sourire qu’il voulait plein de détermination pour voir les recruteurs.
Edmond De La Niche, Forban
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[MJ] Bugman
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Re: [Edmond] Aux sombres héros de l'amer

Message par [MJ] Bugman »

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Edmond s'apprêtait à se remettre en marche, profitant du sillage qu’ouvrait le chariot au milieu de la rue pour progresser plus facilement. Il suivit quelques instants cet étrange cortège quand son regard fut de nouveau attiré par le prisonnier aux vêtements de capitaine. En y regardant plus attentivement, il se rendit compte que les mains de l’homme, contrairement à ce qu’il avait cru dans un premier temps, ne pianotaient pas dans le vide sans aucun but. En fait, ce dernier manipulait un petit morceau métallique pour essayer de se défaire des chaînes qui lui enserraient les poignets.

Aucun des quatre marins accompagnant l’attelage et faisant office de garde ne semblaient avoir remarqué l’étrange manège du prisonnier. D’ailleurs, les trois autres occupants de la cage ne semblaient pas non plus comprendre que leur compagnon d’infortune n’avait pas pour intention de se laisser conduire à destination sans tenter de se dérober à la vigilance de ses geôliers. Edmond hésitait, devait-il alerter l’escorte quant à ce qui se passait ? Ou bien devait-il s’abstenir et couvrir l’homme qui lui avait semblé si intéressant ? L'impossibilité de savoir de quels équipages faisaient partie les différents protagonistes de cette scène et les raisons pour lesquelles on avait enfermé ce vieux capitaine le laissait interdit.

Soudain, comme si le regard qu’Edmond posait sur lui le démangeait, l’homme releva la tête de son ouvrage. Au même moment, ses fers s’ouvrirent et il les retint de justesse pour les empêcher de tomber au sol et d’attirer l’attention des gardes. Ses yeux croisèrent ceux d’Edmond et il sourit. Un sourire filou et rusé de celui qui s’est déjà sorti de situations bien plus pénibles et qui a confiance en sa bonne étoile.

Oubliant momentanément sa volonté de trouver un nouvel équipage, le jeune homme commença à se rapprocher du chariot lorsqu’un bruit important le fit s’immobiliser. Plusieurs tonneaux au contenu inconnu s'étaient détachés d’un appentis où ils étaient stockés et avaient roulé bruyamment sur le milieu de la petite rue, bloquant le passage de l’attelage. Le temps pour Edmond de jeter un regard en amont de la ruelle et des coups de feu retentirent. Deux marins, le visage couvert d’un tissu noir sortirent de derrière une échoppe et abattirent les deux gardes ouvrant la marche. Edmond se jeta sur le côté pour s’abriter dans l’embrasure d’une porte, mais son incorrigible curiosité le poussa à jeter un coup d'œil pour voir la suite des événements. Une silhouette noire et encapuchonnée qu’il reconnut comme étant la personne qu’il avait percuté quelques instants plus tôt sorti alors d’une alcôve sombre à côté de laquelle le chariot s’était immobilisé. Un sabre dans chaque main, elle bondit avec aisance sur le banc ou le cochet, tétanisé, commençait à peine à prendre la mesure de ce qui se passait. Il n’eut pas le temps de sortir son pistolet à silex que d’un coup de sabre, l’étrange inconnu lui ouvrit la gorge avant de sauter, dans la continuité de son mouvement sur l’un des deux derniers gardes. Il lui envoya un coup de pied dans le poignet, faisant sauter son arme de sa main et après quelques passes d’armes, le transperça de part en part. Son agilité et sa vivacité surprirent le jeune pirate, il se dégageait de ce mystérieux inconnu un sentiment de danger permanent et de férocité à peine contenue.

Le dernier garde tenta de prendre la fuite sans demander son reste, mais un dernier coup de feu tiré dans son dos l'abattit avant qu’il ne soit arrivé à la hauteur d’Edmond. La rue s’était vidée durant les quelques secondes qu’avait duré l’affrontement et Edmond se retrouvait maintenant seul avec les assaillants, toujours dissimulé dans son recoin. Tandis que la silhouette sombre s’approchait de l’attelage pour essayer de calmer les bœufs, ses deux complices s'avancèrent près de l’ouverture de la cage à l’arrière. Un dernier coup de feu et le verrou sauta, mais, à leur grande surprise, c’est ce moment que choisit le capitaine captif pour bondir de son siège, laissant tomber ses lourds fers au sol et poussant la porte d’un puissant coup d’épaule. Surpris, les deux attaquants reculèrent d’un pas pour éviter de se faire renverser et ne purent réagir assez vite pour saisir l’homme qui, sans demander son reste, bondit en avant dans la rue.

En entendant les cris de ses deux compagnons, la silhouette sombre redressa la tête et, voyant l’homme qui dévalait la rue vers le port, lâcha les longes des deux animaux de trait et se précipita à sa poursuite, suivie dans le même temps par ses deux acolytes, abandonnant les trois autres prisonniers, surpris et toujours attaché au chariot au milieu de la rue.

Depuis sa cachette, Edmond voyait maintenant l’homme en fuite et ses trois poursuivants arriver au pas de course droit sur lui. Il n’avait que quelques secondes pour décider s’il devait agir, ou bien rester en dehors de cette échauffourée.

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Edmond
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Message par Edmond »

Le jeune matelot haussa un sourcil, surpris, en constatant que le capitaine était en train de crocheter ses menottes. Des questions comme "Il la tient d'où sa tige, cet empaffé ? A quel moment t'as appris à faire ça, capitaine ?" lui trotté dans la tête, ainsi que la plus importante : Avertir les escorteurs, ou laisser sa chance au capitaine ?

Le capitaine en question semblait avoir un instinct particulièrement aiguisé pour arriver à sentir que quelqu'un l'observait dans cette foule dense, et il arriva même à trouver Edmond, et leur regard se croisa. La seule réaction du capitaine fut de sourire alors que ses menottes venaient d'être vaincues, mais pour Edmond c'était très différent. Il resta là, stoïque, à fixer cet homme qui pourrait être lui dans plusieurs années. Il n'aurait qu'à reprendre un navire en direction de sa maison, faire entendre qui il était et ainsi retrouver une vie normale. Honnête. Dans laquelle il deviendrait quelqu'un d'important, avec à son bras...

"BAM !! BAM !!" Edmond sortis de sa réeverie au bruit des deux coups de feu qui retentirent dans la rue. Immédiatement alerte, il releva la tête pour apercevoir les panaches de fumée caractéristiques et s'écarta rapidement de la rue en défonçant une porte d'un coup de pied et se mit à l'abri dans l'embrasure de la porte tout juste défoncée. Il jeta ensuite un coup d'oeil pour voir ce qui se passait, et vit une escarmouche en tout début de journée. Il ne put retenir un soufflement de nez avec un léger sourire. "La journée commence fort." Pendant qu'il regardait l'escarmouche se faire, ses pensées revinrent à sa réverie et il se confronta encore à cette dernière. Une vie tranquille, rangée, peut être même heureuse, entourée par sa famille et des personnes chères à son coeur...

"Conneries !!" Rugis une voix dans sa tête. "Ils t'ont oubliés ! Passés à autre chose ! Tes parents ont décrétés ta mort sans même te chercher ! Ta fiancée s'est engagé auprès d'un autre ! Elle aussi, elle est passée à autre chose !" Chacune de ces phrases étaient un véritable coup de marteau dans le crâne et le coeur du pirate. "Une vie tranquille ?! On te l'a refusé sans même te demander ton avis ! Jamais tu ne seras comme ce connard dans sa cage ! Non ! Tu seras bien pire que ça." La voix se fit plus douce, mais plus incisive. "Tu seras craint. Tu seras obéis. Tu seras connu. Tu seras ce qu'ils craignent et ce qu'ils redoutent. Le pirate le plus cruel qui ait jamais régné sur les mers."

Sortant de sa rêverie avec ces pensées en tête, il vit le capitaine en train de courir pour échapper aux silhouette vêtues de noir. Et cette fois, au lieu de lui inspirer une forme de respect, le capitaine ne lui inspira plus qu'une immense colère. Edmond sortit alors de son couvert et fonça vers le capitaine. Il le pris par surprise, le saisi à la ceinture et tomba avec lui sur le sol dallé de la rue. La chute avait certainement du être douloureuse, mais le capitaine avait le cuir bien plus robuste que prévu, et il se décrocha du ceinturage d'Edmond pour rapidement reprendre sa fuite, laissant le matelot sur place, rageant de ne l'avoir gardé que quelques secondes.

Avec une grimace de colère, il sentit néanmoins les poursuivants du capitaine arriver derrière lui. Et il sentit évidemment le borgne. Il se raidit légèrement, mais sa colère l'aida à ne pas montrer de peur.
Edmond De La Niche, Forban
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Le captif s’était relevé plus vite qu’Edmond mais le jeune homme ne l’entendait pas de cette oreille. Alors qu’il était toujours à terre, il réussit à tendre le bras pour attraper la cheville de l’homme. Emporté par son élan, le malheureux trébucha de nouveau et perdit encore quelques précieuses secondes sur ses poursuivants. Il se releva et reprit sa course mais il avait maintenant les deux pirates masqués sur ses talons.

Edmond encore sonné resta le nez dans la poussière, observant la course-poursuite qui ne dura que quelques instants, les deux assaillants réussissant à plaquer à nouveau par terre le capitaine récalcitrant. Poussant un soupir las, Edmond prit appui sur ses mains pour se relever, mais un poids lourd s’appuya fermement sur son dos. Jetant un coup d'œil par-dessus son épaule, il vit la silhouette encapuchonnée du borgne dont le pied était posé entre ses omoplates.
« Qui es-tu toi ? » demanda la silhouette avec une voix douce. Edmond retint un hoquet de surprise en l’entendant, le borgne était… une femme. Elle retira son pied et le retourna sur le dos d’un coup léger dans les côtes, pointant un de ses sabres sur la gorge du jeune homme. Son long manteau de cuir noir s’était ouvert pendant la bataille et Edmond pour examiner un peu plus l’étrangère. Une jambe puissante et musclée dans un pantalon de cuir était maintenant posée au milieu de sa poitrine. Un pagne d'un rouge délavé flotté lentement dans la brise matinale qui remontait la rue. La guerrière ne portait qu’une brassière de cuir noire enserrant sa poitrine, ferme mais menue et laissant apparaître un ventre aux abdominaux bien dessinés, barré par une cicatrice à l’aine et une seconde sous son sein gauche. Elle avait le bas du visage dissimulé par un foulard noir, à l’instar de ses deux complices et sous les plis de sa capuche, on devinait son oeil unique, d’un bleu intense qui brillait de curiosité tandis que le second, d’un blanc laiteux et barré par une cicatrice semblait un gouffre sans fond.

Une étrange aura émanait de la femme, un sentiment de danger permanent et de puissance maîtrisée et assumée qui perturba Edmond. Il ne sut que répondre à la question mais de toute façon, attendait-elle réellement qu’il le fasse ? Alors que le matelot ouvrait enfin la bouche pour parler, elle lui envoya un violent coup de talon à la tête et le monde s'obscurcit tandis qu’il plongeait dans l’inconscience.


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Lorsqu’il revint à lui, il lui fallut un moment pour remettre de l’ordre dans ses idées. Il était dans un endroit sombre et plutôt humide, mais tout semblait calme. De violents maux de tête le traversèrent quand il voulut bouger mais il se fit néanmoins violence pour se redresser. Le cliquetis d’une chaîne le stoppa net dans son élan et un regard à ses chevilles lui apprit qu’il était attaché. Malgré la pénombre environnante, il procéda à un examen complet du lieu et avec son expérience de marin, il comprit rapidement qu’il se trouvait dans la cale d’un navire. Il fut pris d’un petit rire ironique à la pensée qu’il avait réussi à trouver un vaisseau sur lequel s’embarquer plus vite que prévu.

« On peut savoir ce qui t'amuse ? » La question posée sur un ton acerbe le coupa net dans son fou-rire nerveux et ses yeux se posèrent sur la silhouette d’un homme, attaché à un dizaine de mètres de lui. Il mit un moment à reconnaître le capitaine en fuite sur lequel il s’était jeté au milieu de la rue et un sentiment de culpabilité l'envahit.
- « Ou sommes-nous ? » demanda-t-il sur un ton qu’il voulait le plus léger possible.
- « C’que j’en sais moi ? J’pensais que t’étais avec eux quand tu as décidé de ruiner mes efforts pour m’enfuir » répondit l’autre d’un ton grincant.
- « On est là depuis combien de temps ? »
- « Bof, j’en sais trop rien, difficile de calculer quand on est au fond d’une cale, je dirais une heure, peut-être deux, mais pas plus. »
- « Pourquoi étiez-vous prisonnier ? »
- « Dis donc tu m’as l’air bien curieux pour un stupide bouffeur de bites d’ânes sans lequel je serais peut-être libre à l’heure qu’il est. »

Edmond allait répondre de manière sèche en lui expliquant que s’il s’était retrouvé dans une cage, c’était sans aucun doute pour une bonne raison, mais à ce moment la trappe menant au pont supérieur s’ouvrit et des pas retentirent sur l’échelle de bois. Il se tassa dans son coin et ferma les yeux, feignant d’être toujours dans les vapes.

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Message par Edmond »

Après le coup de talon dans la caboche par cette tueuse borgne au physique des plus séduisants, Edmond émergea de son sommeil forçait avec un mal de crâne carabiné. Il dut prendre quelques minutes pour bien voir l'endroit dans lequel il se trouvait et surtout qu'il ne pouvait pas tout explorer, à cause d'une chaine au pied. Il était revenu... redevenu un prisonnier à bord d'un navire ? Malgré son pacte avec Stromfel ?

"Alors... Même un dieu ne peux pas m'aider finalement ?" La réalisation lui fit perdre les pédales un instant et il s'emporta dans un rire assourdissant qu'il n'arrivait pas à calmer. Son fou rire dura une minute entière avant qu'il puisse entendre une voix à côté de lui et qu'il tourna la tête. Il vis le capitaine qu'il avait aidé à se refaire capturer. Il lui adressa un sourire joyeux et franc.

"Cap'taine ! Bah vous v'la en bonne compagnie, hein ? 'savez où on est ?"

« C’que j’en sais moi ? J’pensais que t’étais avec eux quand tu as décidé de ruiner mes efforts pour m’enfuir » répondit l’autre d’un ton grincant.

"Nan. Juste un mec qui voulait tenter sa chance en faisant une bonne action. On est là d'puis long ?"

« Bof, j’en sais trop rien, difficile de calculer quand on est au fond d’une cale, je dirais une heure, peut-être deux, mais pas plus. »

"Huhum. Tiens au fait j'voulais vous d'mander, vous vous êtes fait pincer pourquoi ? Z'étiez pas dans la marine, où un truc du genre ?"

« Dis donc tu m’as l’air bien curieux pour un stupide bouffeur de bites d’ânes sans lequel je serais peut-être libre à l’heure qu’il est. »

"Eh ouais, qu'ess vous voulez." Edmond s'assis et se mit un peu plus à son aise. "Le bouffeur de bites d'ânes qui vous a arrêtés. J'ai misé sur un tableau, donc... j'comprends qu'vous m'en vouliez ca'ptaine. Sans blague, hein ! Mais bon, z'étiez prisonnier. Un captif. P'tet plus important qu'une bête ou qu'les gars dans vot' cage, mais bon. Z'avez perdu le droit d'être libre maintenant. Quant à moi, j'parie ma main droite qu'ils m'ont chopés parce qu'ils savent pas quoi faire de moi et qu'ils se demandent pourquoi que j'les aient aidés. Et j'leur dirait la même chose qu'à vous cap'taine. Z'avez perdu l'droit d'être libre, j'ai voulu filer la main pour vous r'mettre en cage. Point barre. Et si y'a moyen d'négocier quelque chose avec c'te femme là... Hum, ouais." Termina Edmond sur un ton lubrique avant d'entendre la trappe s'ouvrir. Il balança simplement la tête en arrière, feignant d'être encore évanoui.
Edmond De La Niche, Forban
Profil : For 8 | End 9 | Hab 9 | Cha 9 | Int 8 | Ini 9 | Att 8 | Par 8 | Tir 8 | Mag | NA 1 | PV 60/60
Lien Fiche personnage : wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_edmond_de_la_niche


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