Re: Pays Rouge
Posté : 18 mars 2024, 20:52
par Martin
Choya Shinbun - 1er Janvier
Première page
La glorieuse armée impériale a définitivement boutée hors de l'Empire les derniers traîtres du shogunat, ceux ci ayant tous reçus la mort ou s'étant enfuis. Un reliquat de traîtres et tournes casaques a préféré le déshonneur à la mort sur le champ de bataille en s'enfuyant en Hokaido, un caillou enneigé battu par les vents. Ceux ci auront plus vite fait de mourir de faim et de froid que de rencontrer la puissante baïonnette des vaillants soldats de l'empereur.
Se comportant même comme les derniers animaux, ce ramassis de samouraïs désespérés, ces chiens du shogunat Tokugawa, ont franchis la ligne séparant les civilisés des barbares puisque ceux ci, non seulement décident de s'accoupler aux primitifs aïnous, mais menacent l'intégrité sacrée du Nihon et se sont rebellés contre la cour impériale, en proclamant la République. Ce dernier outrage est une menace pour la stabilité et et l'unité du pays. Il n'est plus possible de les laisser mourir lentement livrés aux éléments. La justice exige que le fils du soleil écrase ces derniers et restaure son règne sacré au-delà de Sendaï.
Page Politique:
Conférence d'Osaka
Les plus puissants daïmios du pays seront réunis à Osaka en présence de l'empereur, afin que ceux ci obtiennent de lui ses décrets pour l'unification du pays sous le règne direct du fils du soleil et la réorganisation politique du Nihon. Le féodalisme des samouraïs est derrière nous, une ère nouvelle arrive....
Relations étrangères :
Son éminence Iwakura Tomomi est envoyé en ambassade aux États Unis et en Europe afin de porter à l'oreille des souverains étrangers la grandeur et la noblesse de notre nouveau gouvernement.
Son éminence Soejima Taneomi sera chargé du même exercice auprès le l'auguste cour de Saint Petersburg.
Bas de page
Le diplomate impérial russe Nikolay Khristianovich de Giers a eu une entrevue avec le ministre des affaires étrangères Soejima Taneomi, peu avant son départ, certainement afin de le préparer à son voyage à travers les steppes russes.
Extrait du reportage "La Grande traversée".
[...]
Partie de Vladivostock le 16 avril, la flotte impériale russe avait fait voile à travers la mer du Japon. Après plusieurs jours en mer, celle ci arriva dans l'archipel Nihon, bien que des erreurs de mesures la fassent arriver face à la bourgade portuaire de Akita, plutôt que Matsumae. La flotte, à plusieurs miles des côtes, salua tout de même au midi les natifs par des tirs à blanc. Elle reprit ensuite voile vers le détroit d'Hokaido, pour y arriver le 19 avril. Dans la soirée, avec Hakodate en vue, l'amiral Ivan Unkovsky donna l'ordre aux navires de relâcher dans la rade d'Hakodate. Le navire de ravitaillement fit escale, officiellement pour renouveler les vivres, officieusement pour décharger une cargaison de pièces d'artilleries côtière.
Le lendemain, divers mesures et exercices furent menés entre Hakodate et Ôma, ainsi que des salves à blanc et réelle furent tirées. Enfin, les navires défilèrent fièrement dans l'entrée de la baie de Mutsu, face à la préfecture d'Aomori, pavillons hauts, à une bien lente allure afin que les caractéristiques des quelques douze vapeurs soient observés, en particulier le cuirassé de fer "Amiral Nevelsko" et son armure rutilante, la frégate à vapeur et à voile Kamchatka et sa batterie de canons, les corvettes à vapeur Amerika et Dvina, le loud Monitor cuirassé Vladimir, ses tourelles mobiles, ses canons puissants et la canonnière légère Askold, fermant la marche. D'autres navires de plus petit tonnage étaient également présents, mais leur importance ne méritaient guère d'être notée.
Enfin, la flotte reparti, faisant voile vers le nord pour remonter vers Kushiro puis les îles des Kouriles, n'impressionnant cette fois ci que une centaine d'indigènes aïnous tout au plus. La flotte effectua ensuite un trajet vers l'Est, direction l'Alyeska. Cette partie là était bien plus dangereuse, puisqu'elle imposait de passer par l'archipel des Aléoutes. Par ailleurs, si la navigation vers Hokaido avait été une promenade de santé, celle vers Novo-Archangel, était bien plus dangereuse, des icebergs venant souvent abimer les chasseurs de baleine trop peu prudents. A peu près un mois à se les geler dans une mer encore plus froide que celle faisant face à Vladivostock. Sans compter l'aller retour.
[...]
Le 25 mai, Sikta était enfin en vue. Cela ne faisait que deux ans que la couronne avait échouée à vendre le colonie et pourtant elle avait déjà changée de manière notable. La résidence du gouverneur, dotée de deux étages et située sur une colline, dominant la vieille ville, par ses colonnes immaculées, jurait avec les faubourgs qui s'étaient développés. L'activité liée à la conserverie et la pêche à la baleine avait fait porter à quelques dix milles âmes la population locale. La cale sèche servant à entretenir les navires de retour d'expéditions de pêche était constamment occupée, une seconde étant déjà en construction. Enfin, de nouveaux docks pour les navires lourds avaient été bâtis.
L'arrivée de la flotte d'Extrême Orient fut plutôt bien accueillie par une population bigarrée, un mélange de russes, cosaques de Sibérie, créoles, indigènes et aventuriers et colons aux origines diverses.
Le Gouverneur Général lui même accueillit sur les quais l'Amiral Ivan Unkovsky de la Flotte Russe d'Extrême Orient, celui ci descendant de la passerelle du navire de commandement. C'est durant ces célébrations que [...]
Re: Pays Rouge
Posté : 18 mars 2024, 20:55
par Martin
The Times of London - 12 Juillet 1869
Article principal : Séparation de l’Église anglicane et de l’État en Irlande. L’Église anglicane, principal propriétaire terrien, voit ses propriétés sur l'ile saisies, devenant la propriété de la couronne britannique. Cette séparation permettra une meilleure exploitation des terres agricoles désormais confiées à d'entrepreneurs propriétaires terriens et colons loyaux à Sa majesté impériale.
Grève dans l'Empire Français : 14 morts chez les anarchistes. Les livraisons de charbon reprennent. La chambre débat sur la possibilité d'introduire davantage de législations afin de que la loi impériale puisse plus aisément s'attaquer à ces bandits.
Le bey de Tunis remet la gestion de ses finances à une commission internationale. Deux britanniques y participent. Les obligations d’État sur la bourse de Londres prennent de la valeur.
Échec des négociations entre l'Empire du Japon et la République d'Ezo à San Fransisco. Le cessez le feu n'a pas donné lieu à un traité de paix et les deux États restent en état de guerre théorique. Le nouvel état nippon est sous forte influence russe, mais également française. A quel jeu joue donc Napoléon III ? Son gouvernement dément toute implication malgré l'existence prouvée d'officiers français dans les rangs des républicains.
Manuel d'Histoire de sixième année de 1888 :
[...] En 1869, les désaccords entre le Président de la République, le conservateur Enomoto Takeaki et son Vice Président et ministre des armées Hijikata Toshizo atteignirent un stade critique. Le gouvernement républicain était en train de pourrir dans des luttes entre factions. Le Président refusait la modernisation du pays et maintenait une allégeance au shogun malgré l'exécution de celui ci par les forces impériales. Son Vice Président Hijikata Toshizo, lui, admettait ouvertement l'échec du shogunat tant militaire que politique dans la guerre de Boshin, et souhaitait l'établissement d'un nouvel État, fort, moderne et indépendant, capable de tenir en respect le Japon Impérial, voir même un jour de reconquérir le pays.
Enfin les modérés dans le gouvernement, avec à leur tête Otori Keisuke, souhaitaient parvenir à un accord à l'amiable avec les forces impériales, en profitant de leur position avantageuse suite aux manœuvres russes.
Cette situation tripartite vit finalement le bloc des modérés se dissoudre, tiraillé entre le Président et son Vice Président, jusqu'à voir ses restes être dissous par Otori Keisuke, celui ci se ralliant finalement au Vice Président. Enfin, Hijikata Toshizo, soutenu par l'armée de terre, mis aux arrêts le Enomoto Takeaki, l'accusant de vouloir négocier sa capitulation au camp impérial. Les sources matérielles actuelles à notre disposition montrent en effet que celui ci avait prit langue avec Kuroda Kiyotaka. Par ailleurs, il était de notoriété publique que Enomoto Takeaki concevait davantage la république comme une entité autonome de l'empire du Japon plutôt qu'un État indépendant, quelque chose qui n'a cessé d'énerver Hijikata Toshizo.
Jugé publiquement, Enomoto Takeaki fut destitué. Néanmoins, commandant naval trop important, il fut rétrogradé au rang de capitaine de corvette, puis plus tard institué formateur de l'école navale de la République.
A l'issue de discussions avec le capitaine et conseiller à la modernisation Jean Marcellin Joseph Berthelemy de Bonet, il fut décidé que la République d'Ezo deviendrait une république militaire. Le président de celle ci, Hijikata Toshizo, serait conseillé par une assemblée d'hommes élus parmi les samurais. Par ailleurs le Shinsen gumi fut réinstitué en tant que police secrète, bien qu'à une moindre échelle. Il fut chargé de surveiller la population et lutter contre l'ennemi intérieur.
S'inspirant de Sparte et de la République d'Haiti, il n'accorda le droit de vote, d'élection et d'emploi gouvernemental qu'aux hommes ayant servi au moins trois ans dans l'armée ou la marine de la République.
Enfin, constituant une minorité démographique sur l'île et la population totale de celle ci étant trop faible pour être développée efficacement, de manière à pouvoir faire face à un conflit contre le Japon impérial, Hijikata Toshizo entra en langue avec les tribus aïnous locales. En respectant leur langue et cultes, il obtint de ceux ci leur collaboration à l'érection de l’État d'Ezo.
Par ailleurs, avec la collaboration des natifs, il fut découvert que l'île était riche en charbon, fer, cuivre et de l'or fut découvert. Des ressources dont l'exploitation pour la Russie seraient rémunératrices. Cela sans compter l'industrie du bois et liée à la pêche.
En encourageant l'installation d'aïnus de Sibérie et de Sakhalin sur les terres de Hokkaido, la République pu bénéficier d'une main d’œuvre habituée au rudes conditions météorologiques et mettre en place une industrie de la pêche, avec la première conserverie d'Hokaido. Par ailleurs, la construction de la base navale russe de Hakodate permit à la République d'engranger des rentrées d'argent nécessaires à son gouvernement et au développement de ses industries. L'ouverture aux capitaux américano-russes et la création de la Banque d’État d'Ezo permirent l'ouverture des premières mines et fours de métaux. La création du premier chemin de fer reliant Hakodate à Sapporo...
[...]
Re: Pays Rouge
Posté : 18 mars 2024, 20:59
par Martin
Extrait des mémoires d'Hijikata Toshizo :
[...] et à quels hommes et femmes pareille société donnait naissance est prouvée par l'admiration qui inspire tous ceux venant au contact des indigènes non dégénérés par le colon, par leur dignité personnelle, la droiture morale, leur force de caractère, et le courage de ces barbares.
Nous avons vu récemment des exemples de ce courage en Afrique, où les bruits de la guerre anglaise contre le royaume zoulou nous est parvenue. Ces tribus dans lesquelles les institutions primitives n'ont pas encore disparu, ont accomplis ce que nulle armée européenne n'était capable de faire. Armées de lances et javelots, sans armes à feu, sous une pluie de balles tirés des fusils chargés par la culasse de l'infanterie britannique, reconnue comme la meilleure au monde pour le combat en ordre rangé, ces tribus ont avancées droit sur leurs baïonnettes et à plusieurs reprises ont désorganisés les lignes ennemies, et sont même parvenues à les briser, malgré l'énorme inégalité de leurs armes et du fait qu'ils n'aient pas de service militaire et ignorent tout de l'entraînement. Leur prouesse, leur endurance et leur performance sont montrées par les geignements des anglais qu'un seul irrégulier zoulou voyage plus rapidement qu'un cheval en une journée. Ses plus petits muscles se présentent fermes et durs que la corde du fouet, disait un peintre anglais. Tels étaient les hommes avant de rencontrer la dégénérescence morale et physique de la colonisation, pourtant matériellement supérieure.
Il est clair que si nous voulons voir la République d'Ezo survivre et prospérer, nous devons nous inspirer de nos citoyens aïnous. Nous devons faire en sorte que l'avidité des puissances étrangères ne vienne souiller la noblesse de caractère de nos citoyens.
Mais contrairement à l'Oligarchie Meiji, nous n'allons pas nous replier sur nous même. Nous devons user des armes et savoirs étrangers pour mieux les combattre, sans pour autant perdre notre âme. Une intégration sélective des savoirs étrangers permettra de nous renforcer à l'intérieur et l'extérieur. Par ailleurs, nous retiendrons les leçons de notre défaite face à la faction impériale. Le temps des samouraïs est mort, il est venu celui des armées de paysans massives...
Re: Pays Rouge
Posté : 18 mars 2024, 21:00
par Martin
Rapport secret du ministre de la guerre Jules Brunet à son éminence le président de la république Hijikata Toshizo sur l'état des forces armées et leur perspective d'avenir.
Monsieur le président. Il y a de cela près d'un an, après l'échec des négociations de paix avec la faction impériale à San Fransisco, la république s'est retrouvée avec un cessez le feu avec l'empire du Japon. A compter de ce jour vous m'avez chargé la lourde tâche d'évaluer les possibilités pour la république de parvenir à construire une armée suffisamment forte pour dissuader Edo de réinstaurer son autorité sur l'Ile, voir même de porter le fer à nouveau dans l'archipel.
C'est donc ici le fruit de plusieurs mois d'enquête que je vous présente. La charge de cette mission m'impose d'être franc avec vous, la situation est dramatique.
L'armée de la République est un amas de quelques 3000 hommes, pour la plupart des volontaires, des samouraïs et des partisans de feu le shogun. Ils ont tous ou presque un fusil, mais les modèles, leur caractéristique, et les procédés d'utilisation sont très différents. En conséquence, la logistique est un cauchemar si nous avions à les utiliser de manière importante en un court espace de temps. Enfin, à l'issue du cessez le feu, la majorité de ces hommes ont été recrutés dans l'administration gouvernementale et sont nécessaires à la bonne conduite du gouvernement, des écoles, des chantiers, etc etc.
En bref, ils ne valent guère mieux qu'une milice que l'on peut réunir en cas d'urgence, ou une garnison de forteresse.
Si vous souhaitiez entretenir une armée solide, moderne et nombreuse... Eh bien cela serait impossible. La simple tâche d'habiller, nourrir, payer, équiper, armer et ravitailler plus de 2000 hommes mettrait à sec le trésor du shogunat que nous sommes parvenus à garder durant la retraite vers Sendaï. Et même en embrigadant l'intégralité des populations aïnous, brisant au passage votre politique à leur égard, menant à tout ce que cela sous-tendrait en agitation et révoltes, nous ne serions en mesure d'armer qu'à peine 5 000 hommes au total avec un armement désuet.
Nous n'avons ni les moyens ni le besoin, pour le moment, à court terme, de pareille armée. Il y a tout simplement trop peu de moyens et d'habitants sur Hokkaido.
Concernant la marine, les perspectives sont moins sombres. Nous avons une dizaine de navires, capables de prendre la haute mer pour la plupart, la moitié d'entre eux à vapeur. Les équipages sont actuellement dédiés pour la plupart à notre flotte de pêche, chassant la baleine ou pêchant les poissons. L'existant ne coûte pas aussi cher qu'on aurait pu le croire. Nous pourrions éventuellement développer notre marine civile et, avec le temps, convertir un certain nombre de bâtiments pour la marine militaire. Au moins pourrait on espérer tromper le camp impérial sur nos réelle capacités.
Mais étendre notre flotte militaire va être très compliqué et serait un processus extrêmement coûteux, au-delà de la portée de nos finances actuelles.
Pour l'avenir, je recommande la construction ou l'acquisition de simples corvettes en bois à vapeur, afin de lutter contre la piraterie, la contrebande et faire acte de présence dans nos eaux et les Kouriles, afin de montrer aux russes que nous sommes capables de les patrouiller. Ces petits embarcations pourraient par ailleurs être équipées de torpilles. Elles permettraient de menacer de bien plus gros navires, ou gêner un éventuel débarquement. Mais là encore, c'est à moyen terme.
Quand à construire une flotte de haute mer, au-delà du symbole, je ne vous le recommande pas. Hokkaido n'en aurait l'utilité ni les moyens. Ce serait un outil de prestige plus qu'autre chose.
Nous avons des forteresses de conception moderne à Sapporo, Hakodate et les autres points forts de l'ile, mais manquons dramatiquement d'artillerie côtière moderne. Les canons dont nous a fait don la marine russe sont déjà anciens, au regard des critères actuels. Mais ils sont hélas ce que nous avons de mieux, et ont été offerts à titre gracieux, contrairement aux munitions qui vont avec....
Pour pallier à toutes ces contraintes, je suis au regret de devoir vous annoncer qu'au moins une décennie sera nécessaire avant que le moindre progrès conséquent ne se réalise. Enfin, rappelez vous qu'une armée marche sur son estomac. Nous ne pouvons pas mettre en ordre de bataille d'immenses quantité d'hommes si l'économie ne suit pas.
Votre bienveillance astucieuse à l'égard des aïnous a permit de mettre à jour les cartes de l'ile et découvrir la présence de gisements miniers, y compris d'or. Nous pourrions les exploiter, avec l'aide de capitaux et d'une main d’œuvre étrangère.
Je vous propose aussi le plan de développement de l'économie suivant :
L'ile d'Hokkaido est riche en gisements miniers, bois, et les terres sont fertiles.
Il conviendrait de procéder à une réforme agraire. Les surfaces agricoles actuelles sont petites et séparées. Il conviendrait dans un premier temps d'essayer d'introduire des espèces commercialisables, telles que le coton, le thé ou autre. Un temps d'étude de deux ans serait suffisant. Ensuite, votre gouvernement, par décret, achat ou concertation avec les paysans, ferait se rassembler les surfaces et les cultiver collectivement. Ils mèneraient sur celles ci une agriculture commerciale.
Pour les convaincre de concentrer leurs terres, nous pourrions acquérir des chevaux de Sibérie et Mandchourie, par l'intermédiaire des russes. Cela pousserait les paysans à collaborer en échange d'animaux de trait, facilitant le travail. Les cultures de sustentation seraient remplacées par des importations de grain soit des États Unis et d'Argentine, soit de Sibérie et de Chine. Nous ignorons ce qu'il en est des marchés sur ces deux régions, mais depuis la création du train transcontinental américain, les vastes plaines du Midwest sont accessibles au port de San Fransisco.
Si nous parvenions à mettre en place cette agriculture commerciale, en particulier celle du coton, nous pourrions mettre en place une industrie textile, qui aurait l'avantage d'avoir à disposition les teintures d'Inde et des indes néerlandaises. Néanmoins, pareille industrie nécessite des investissements conséquents et des technologies européennes. L'envoi de jeunes gens intelligents et doués de leur main à l'étranger pour apprendre de ces industries avant de revenir à Hokkaido pour nous faire part de leurs découvertes et manières de construire ces manufactures textiles nous permettraient d'exporter ceux ci sur l'immense marché chinois mais aussi russe.
Les meilleurs savoirs faire de cette industrie se trouvent en France, pour ce qui est des textiles de luxe, destinés à l'aristocratie. Les meilleurs industries sont en Alsace et pour ce qui est des soieries, la ville de Lyon.
Il faut par ailleurs reconnaître l'existence d'un secteur textile important aux États Unis sur la côte Est en Nouvelle Angleterre et Massachusetts, pour ce qui est des textiles de coton.
La Suisse est reconnue pour ses usines textiles innovantes, la précision de ses artisans et la qualité de ses fabriques.
La Grande Bretagne, qui finance actuellement une partie du développement industriel de Edo, est le plus ancien producteur de textiles industriels d'Europe.
La Russie dispose d'importants centres industriels pour son textile dans l'Ouest du pays, à Ivanovo et sa capitale, Saint Petersburg. Ce sont sans doute ceux nous étant les plus accessibles, au vu de l'intérêt que porte l'Empire Russe à notre République.
La production textile que nous parviendrions à mettre en place pourrait être écoulée en Chine, pourvu qu'elle soit de grande qualité. Sinon l'Argentine et le Brésil, pourraient constituer des marchés intéressant. Textiles contre grain.
Cette industrie permettrait à la république d'acquérir des devises étrangères et ainsi importer des capacités de production lui faisant défaut, tout en enrichissant le trésor.
L'ile d'Hokkaido dispose de gisement miniers d'or, de fer et de charbon. Le premier nécessite une exploitation. Cela est évident. Les deux autres peuvent permettre la naissance d'une industrie de l'acier, bien que celle ci nécessite d'importants capitaux et des technologies de pointe. Les capitaux peuvent être obtenues sur le bourse de Saint Petersburg, mais les savoirs faire et technologies devront être importées.
Le plus important producteur d'acier est la Grande Bretagne, avec la cité de Sheffiled, et ses outils en acier sont de très bonne qualité.
Les États Unis ont une importante industrie sur les grands lacs et leurs aciéries utilisent les technologies les plus récentes.
L'Empire Français a a sa disposition des industries de l'acier bien établies en Lorraine et Nord Pas de Calais, reconnues pour la qualité de leur acier, et son utilisation diverse, pour les constructions et les navires.
Depuis 1863 seulement, l'Empire Russe s'est doté d'une aciérie d’État. Celle ci est utilisée pour la production navale et son artillerie. Mais elle reste minuscule, au regard des pays sus-cités.
Je ne peux que souligner l'importance de développer une industrie de l'acier, au moins pour les besoins domestiques de la république. L'acier est un matériau nécessaire pour la construction d'édifices solides, la construction navale, de ponts, de rails, de machines outils... Et d'armes. Par ailleurs, la demande toujours croissante des États Unis rend l'exportation de nos surplus dans cette direction intéressante. De même que le marché russe en Sibérie Orientale, coupé qu'elle est des principaux centres de l'Ouest du pays, pourrait être dominé par Ezo elle seule ou presque si elle se mettait à développer une production d'acier.
Concernant l'industrie de l'armement, les britanniques ont une longue tradition de manufacture d'armes et de canons. Les compagnie Enfiled et Birmingham Small Arms Company sont de bons producteurs de fusils. Armstrong et Vickers, pour leur part, sont spécialisées dans la production de canons.
L'Empire Français est réputé pour ses canons et fusils, via son arsenal d'Etat de Saint Etienne, et la compagnie privée de Hotchkiss. Il existe une production vaste et diversifiée de produits militaires.
Les canons Krupp, de la Confédération d'Allemagne du Nord, sont reconnus pour leur qualité.
L'Empire Autro-Hongrois dispose de très bons fusils, réalisés par le hongrois Fegyer és Gépgyàr.
Les fabricants russes sont propriété de la couronne impériale et se spécialisent dans la production d'artillerie et de mortiers.
Enfin, les États Unis ont des producteurs se développant très rapidement, tels que Winchester pour ses fusils, Colt et Remington.
Nous recommandons en particulier l'envoi de missions en France, Russie et aux États Unis, du fait de leur proximité ou des liens que ces pays ont avec Hokkaido.
Enfin, concernant la production navale, il serait avisé de s'intéresser aux chantiers navals de France, ceux ci étant à la pointe de la technologie pour divers modèles de navires.
Mais la Grande Bretagne reste le producteur naval dominant dans le monde, et possède la flotte la plus puissant existant de mémoire d'homme.
Enfin, les États Unis développent activement leur capacité de production navale, côtière comme de haute mer.
Voici donc les pays et secteur, monsieur le président, où je vous recommande d'envoyer de jeunes hommes biens formés afin d'en apprendre le plus sur les méthodes de production et enrichir Hokkaido.
Néanmoins, cela prendra du temps. Par ailleurs, l'industrie nécessite des milliers de travailleurs chaque jours pour fonctionner, et il sera donc nécessaire d'avoir recours à l'immigration pour remplir les ateliers. Je recommande donc d'importer des travailleurs, que ce soit des aïnous de Russie, des japonais sympathique à votre cause, ou des chinois des régions côtières. Il n'y a jamais trop de bras pour l'Industrie.
Enfin, inutile de vous informer que nous n'avons tout simplement pas les moyens d'acquérir ou construire ces industries, même avec l'intégralité du trésor de la république. Il est donc essentiel de créer une banque d’État. Enfin, il faudra faire venir des capitaux étrangers. Ceux ci peuvent venir d'Europe. La présence d'un filon d'or est un grand avantage.
L'Empire Français, les Pays Bas et l'Allemagne sont des nations riches dotées d'institutions financières et industrielles conséquentes, pouvant se risquer dans ce genre d'aventures.
Les États Unis sont à étudier également, mais avec méfiance. Les yankee sont particulièrement avides.
L'Oligarchie Meiji, malgré la sécession, et les milieux d'affaire autour d'elle, pourraient être intéressés pour investir dans les mines. Après tout, le fer et le charbon sont les deux mamelles de toute industrie, et Edo semble décidée à se moderniser à toute vitesse.
Les guildes marchandes chinoise du Guangdong et de Tianjing pourraient chercher à investir dans la République, bien qu'avec les chinois il faille toujours se méfier.
Enfin, chercher des investissements depuis l'Empire Russe peut être tenté, mais sans se faire de faux espoirs. L'Empire Russe reste un pays pauvre et arriéré. Nous doutons de la capacité de son aristocratie à se risquer à investir en Hokkaido. Qu'ils soient en capacité de payer leurs droits de mouillage dans la base navale que nous avons eu à leur construire est déjà une assez bonne surprise.
Concernant ces investissements, il sera nécessaire de créer des compagnies commerciales, dont nous aurons à acquérir une partie des parts. Si la moitié nous est strictement impossible en l'état actuel des choses, un dixième à un tiers est tout de suite plus raisonnable. Bien qu'à long terme il faudra racheter ces actions afin que les richesses de l'ile ne partent pas toutes dans les poches de puissances étrangères.
Dans un autre registre, le développement d'une industrie de conserves de poisson aurait tout à fait sa place dans la république, surtout si nous venions à nous inspirer des résultats du territoire américain de Russie. Nous pourrions vendre nos surplus de conserves, et de charbon, à la Flotte Russe d'Extrême Orient.
Concernant l'importation de [...]
Re: Pays Rouge
Posté : 18 mars 2024, 21:07
par Martin
Gazeta Kopeyka - 18 juillet 1875
Page finances :
Mine d'or d'Hokkaido enfin en activité. La Russkoe Aktzionernoe Obshchestvo Zavodov na Urale i v Sibiri, en collaboration avec la Compagnie des Mines de Hokkaido, est parvenue à un accord avec le gouvernement républicain. Les premières extractions se montrent prometteuses. La valeur des actions du conglomérat sur la bourse de Saint Petersburg sont montées de [...]
Russkaya Mysl - 30 octobre 1875
La découverte de gisements miniers en Russie américaine provoque une demande d'immigration du gouvernorat local. L'industrie de la conserverie est déjà en manque de bras. Salaires supérieurs de 50% à ceux des conserveries de Saint Petersburg et Helsinki, facilité de logement et prix du pain inférieur à celui de Moscou.
Hokkaido : la croissance de l'industrie de la conserverie dans la république, ainsi que la demande de travailleurs pour ses mines et sa flotte de pêche rendent l'émigration vers celle ci intéressante. Le gouvernement de Hijikata Toshizo entretien de bonnes relations avec l'Empire Russe. Plusieurs cosaques de Vladivostock ont déjà fait le choix d'y émigrer. Certains d'entre eux ont partagés avec notre correspondant leur ordinaire.
Sergeï : Je travaille dans les plantations de coton. La journée de travail est de huit heures, mais on est payé un peu plus si on reste plus longtemps. Le boulot est pas difficile. La ferme d'à côté prête ses chevaux pour les travaux difficiles. Lorsqu'il n'y a pas de travail en dehors de la saison, la conserverie, l'usine de textile ou les mines vous embauchent pour un salaire un peu meilleur. Pour les chrétiens, le septième jour est chômé, mais on est quand même payé comme si on travaillait quatre heures. A notre arrivée, les gars et moi ont été logés dans un baraquement. On était plusieurs à dormir dans des hamacs ou sur des tapis dans une même pièce. Ça allait. Le logement est gratuit le premier mois. Puis ensuite il faut payer moins de 1/10 du salaire. Puis sur le lieu de travail, il y a une cantine collective. On mange souvent des céréales et du poisson. Ça ne coûte pas bien cher. Pareil dans les quartiers des travailleurs. Hélas les bordels ne sont pas bien nombreux. Mais la vie est meilleure qu'à Moscou et la paie est bonne.
Vassily : Je suis ouvrier à la conserverie de Sapporo. Les conditions de travail sont correctes. Le boulot se fait dans une température descente. Le dernier accident de travail remonte à plusieurs mois de cela. En cas de blessure, les soins sont pris en charge par la municipalité. Avant de travailler, des membres du syndicat nous ont informés des différents risques, et durant la première semaine de travail, chaque nouvel ouvrier est sous la surveillance d'un ancien, pour empêcher les risques et erreurs. On peut compter sur le syndicat pour assurer la sécurité au travail, pas comme Arkhangelsk. La journée dure 8 heures. Si une chaîne réussit à dépasser le quota, l'ensemble des équipes de celle ci touche un bonus.
Vladimir : [...]
Rapport à monsieur le gouverneur de la compagnie de la baie d'Hudson, Donald Alexander Smith.
Votre excellence. Le capitaine de l'expédition que la compagnie a commanditée pour restaurer le Fort Selkirk vous fait part de l'impossibilité d'accomplir sa mission. La zone, comme vous le savez, détruite par les natifs il y a de cela 30 ans, a été abandonnée par nos commerçants. Or, notre officier sur place a découvert que le fortin a été restauré et est occupé de manière permanente. Le lieu sert de comptoir commercial plus que de fortin, mais un drapeau à l'aigle bucéphale flottait au-dessus des modestes habitations. Un certain nombre de natifs vivaient autour de celui ci. La garnison du lieu était réduite, se limitant à plus d'une dizaine de cosaques et un gratte papier. Néanmoins, tout ce personnel dénote que l'empire russe a entrepris d'explorer et coloniser le territoire du Yukon. Nous avons pu échanger des vivres contre des dollars avec le personnel, néanmoins celui ci n'a accepté que nous poursuivions notre expédition à la condition qu'un des cosaques soit intégré à celle ci et que les nouvelles cartes réalisées soient présentées à la connaissance du gouverneur russe d'Alyaska. Le cosaque et son porteur indigène nous servirent de guides à travers les immensités glacées. En dehors du bois et des bétails, le territoire est pauvre. Enfin, à plusieurs reprises des tribus indigènes ont été découvertes sur notre chemin, leurs campements pour la plupart dotés d'un drapeau bicéphale. Il semble que l'Empire Russe ait mis la main sur ces terres et ait obtenu l’allégeance de ses populations. Certains étaient dotés d'armes à poudre.
Vous trouverez plus en détail dans les notes suivant les [...]
Rapport à son excellence le gouverneur général Nikolaï Muravyov-Amursky, de desyatnik Vladimir, de Fort Selkirk
Une expédition de la Compagnie de la Baie de Hudson est parvenue jusqu'à notre fortin. D'une trentaine d'hommes, ceux ci ont été repérés par des chasseurs plusieurs kilomètres avant leur arrivée. J'ai immédiatement fait habiller en uniformes les premiers indigènes à portée de main en échange de quelques dollars. Ceux ci ont été déguisés et armés avec les moyens du bord, afin de bluffer ces saxons sur notre véritable nombre, multipliant notre garnison par dix. Il semble que notre bluff ait fonctionné. J'ai échangé une partie de nos vivres contre des dollars du Canada, faisant là un bénéfice sur ce qui a été promis aux natifs. Enfin, les Britanskiye se sont engagés à prendre durant leur expédition l'une des nôtres et un indigène comme guides, et partager avec nous leurs nouvelles cartes. J'ai bien sûr donné pour instruction au cosaque de leur montrer ce qu'il y avait à voir et dissimuler le reste.
Desyatnik Vladimir, de Fort Selkirk.