Re: Grand Jeu Concours !
Posté : 16 sept. 2011, 14:02
par Morridiin
Nom : Selazar
Période Voulue : La déchirure
Texte : Fini
Sa cape bleue tourbillonnant derrière lui, Selazar marchait d'un pas vif dans les couloirs de la forteresse. Le conseiller de la famille, un très vieux prêtre de Khurnous du nom de Vladrek, tentait tant bien que mal de le suivre.
Les malheurs s’enchaînaient, d'abord l'assassinat de son père et de sa mère, retrouvés morts égorgés dans leur chambre il y a quelque jours, puis maintenant ça. Il ne savait toujours pas ce qu'il devait croire, et c'était bien là le problème. Comment avoir foi dans ce qu'on leur rapportait alors que partout il sentait mensonge et tromperie ? Il aurait aimé pouvoir y réfléchir calmement, mais il fallait agir vite, ou l'indécision causerait leur perte.
Je ne pense pas qu'il soit sage de le lui annoncer de cette façon.
La voix du conseiller lui parvint de plus loin qu'il ne s'y attendait. Cette constatation ne le fit pas ralentir, ou alors très légèrement.
Peut-être, mais on tient enfin quelque chose qui va le faire réagir, il est temps qu'il prenne ses responsabilités.
Répondit-il d'un air décidé, le prêtre rattrapa enfin le jeune noble, suant à grosses gouttes sous sa fourrure blanche, il faisait plutôt chaud aujourd'hui.
Votre frère n'a pas votre talent pour la politique, il faut que nous lui indiquions le bon choix, pas que nous lui présentions les faits bruts.
Parce que vous savez quel est le bon choix ? Alors allez-y, éclairez-moi.
Lâcha t-il, ironique, le prêtre se renfrogna.
Je pense pouvoir le trouver, si seulement vous me laissez le temps.
Selazar eut un soupir.
Malheureusement, du temps nous n'en avons pas. Si nous ne donnons pas très bientôt notre version sur les évènements, chacun se fera la sienne, et je ne veux pas de luttes fratricides dans nos rues.
Le ton du jeune noble monta, alors qu'il lâchait bride à la colère qu'il réfrénait depuis plusieurs jours déjà.
Je veux que le peuple voit que notre nouveau Prince est fort, qu'il mènera ses hommes au combat, pas que c'est un pleutre qui c'est barricadé dans sa chambre.
Le vieux conseiller resta un instant silencieux, ils prirent un escalier qui les mena à un autre couloir.
Peut-être que si vous preniez les choses en main le temps qu'il se reprenne.
Dit-il finalement. Selazar s'arrêta net, le conseiller le dépassa d'un bon mètre avant de s'arrêter lui aussi. Le prêtre de Khurnous tourna la tête, ses yeux d'ambres croisant les yeux bleus du jeune noble. L'un comme l'autre savait que Selazar ferait un bien meilleur dirigeant, surtout en ce temps de crise, et il pourrait toujours céder la place à son frère quand celui-ci irait mieux. Il suffisait de ne rien lui dire, de le laisser où il était. Après un court moment de réflexion, Selazar reprit sa marche.
Je le ferais, mais uniquement s'il ne réagit pas aux nouvelles que je lui apporte. Je veux absolument éviter les troubles, surtout dans ce moment critique, et croyez-moi, il y en aura si le fils cadet reprend les rennes alors que c'est à l’aîné de le faire, et ce quelque soit la raison que l'on invoque.
Mais peut-être serait-ce un moindre mal. Je vous en conjure, attendez qu'il aille mieux avant de lui apprendre la nouvelle, vous pourrez ainsi gérer convenablement cette crise.
Un moindre mal ? Pensait-il vraiment que son frère n'était pas capable d'agir comme il le fallait ? Eh bien c'est qu'il le connaissait mal, une fois qu'il aurait repris ses esprits, il ferait ce qu'il faudrait faire.
Il suffit, la discussion est close. Et je vous interdit de douter de mon frère devant moi.
Répliqua t-il d'un ton sec. Ils ne dirent plus un mot, seul le bruit de leurs pas sur la pierre blanche troublait encore le silence. Il n'y avait personne ou presque dans cette partie de la forteresse, un ordre de son frère, preuve de sa paranoïa soudaine. Pour Selazar, ces précautions étaient totalement inutiles, si le meurtrier avait voulu les tuer, ils seraient déjà morts eux aussi. Et puis tout le monde était sur le pied de guerre ces derniers jours, il y avait donc très peu de chances que l'assassin, s'il était encore ici, tente quoi que soit. Mais bon, il y avait fort à parier qu'il était déjà loin, pour dire à son employeur que la mission était accomplie.
Ils arrivèrent finalement devant une porte qui était solidement gardé par dix membres de l'ancienne garde personnelle de son père. Ils étaient tous armées de lances, une épée au coté et bien sûr un bouclier triangulaire où s'épanouissait un grand aigle aux ailes déployés sur fond bleu, le même que portait Selzar sur la poitrine de sa tunique. Ils se mirent tous au garde à vous lorsqu'ils le virent, lui se contenta de les saluer d'un signe de tête, comme il le devait, portant immédiatement son attention sur le champion. Celui-ci secoua négativement sa tête coiffée d'un casque conique, et le faible espoir qu'il avait encore eu que son frère reprenne ses esprits par lui-même s'envola. Décidé, il dit aux gardes qui l'entouraient.
Ecoutez-moi , ce que vous allez entendre est pour le moment confidentiel, pas un seul mot de ce que je vais dire ne doit franchir vos lèvres tant que le Prince ne l'aura pas décidé.
A l'unisson, les gardes s'exclamèrent.
A vos ordres seigneur Selazar.
Il frappa violemment contre la porte renforcée d'acier tout en criant.
C'est moi, selazar, je dois te parler immédiatement, la guerre est à nos portes, le Prince Malekith a massacré les membres du conseil et c'est retrouvé lui-même gravement blessé.
Les gardes étaient comme foudroyés par ce qu'ils venaient d'entendre, mais Selazar n'y fit pas attention, il continua de frapper avec force contre la porte, jusqu'à ce qu'enfin celle-ci s'entrouvrit, révélant le visage échevelé de son frère. Pâle comme un mort, les joues creuses, de larges cernes entourant des yeux bleus qui ne paraissaient pas vouloir rester en place, il n'était plus que l'ombre de lui-même.
Sans un mot il s'écarta, puis dès que Selazar fut rentré, il referma la porte et mit le verrou. Une horrible puanteur envahit ses narines, lui donnant envie de vomir, mais comment faisait-il pour la supporter ? Il embrassa d'un regard la chambre, un reflet de l'état actuel de son frère. Les fenêtres étaient maladroitement calfeutrées par des planches de bois, ne laissant passer que quelque rayons de lumières qui plongeaient l'endroit dans la pénombre. Des pots de chambres pleins étaient regroupés dans un coin, expliquant l'horrible odeur dont la pièce était empreinte. Son lit était défait, des livres éparpillés un peu partout, et des nombreux habits jonchaient le sol. Selazar ne c'était vraiment pas attendu à ça, comment son frère avait-il put tomber si bas ?
Tu rentres chez ton seigneur armé ?
Lui dit son frère avec un sourire crispé, fixant les gardes des deux épées dépassant de son dos comme si c'était des serpents. Selazar fut totalement prit au dépourvu par cette question, avec tout ce qui se passait, c'était ça qui le préoccupait ? Il dut se faire violence, pour ne pas se mettre à hurler et déverser sur lui tout ce qu'il avait sur le coeur, il y avait beaucoup plus en jeu que ses sentiments personnels. C'est donc d'une voix parfaitement paisible qu'il dit.
Je pense qu'il y a des sujets plus importants à aborder, mon frère.
Sarliim tressaillit légèrement à l'omission de son titre , au moins avait-il encore un semblant d'amour propre. D'un geste distrait, il se mit machinalement à caresser la garde ouvragée de son épée, pendue à son coté. Il avait un air fiévreux qui ne disait rien qui vaille, cependant il parut avoir retrouvé le sens des priorités.
Oui c'est vrai, raconte moi, je veux tout savoir.
Selazar s'exécuta, racontant tout ce que son ami, revenu en hâte de la capitale, lui avait dit, une fois ceci fait, il ajouta.
Nous sommes probablement parmi les premiers à apprendre la nouvelle, mais il faut agir vite, les messagers officiels ne tarderons sûrement pas à arriver, nous devons prendre une position.
Sarliim le regarda un long moment, l'air plus fiévreux que jamais, puis dit finalement.
Oui, tu as raison il faut agir.
Selazar ne put retenir un soupir de soulagement, apparemment il avait retrouvé ses esprits et allait enfin prendre ses responsabilités. Sarliim, l'air excité se mit à faire les cent pas, marchant sans y prendre garde sur les vêtements qui étaient au sol.
Maintenant, tout est clair, notre père a toujours soutenu le Prince Malekith, c'était donc pour ça qu'on l'avait tué.
Selazar était loin d'être aussi sûr de cette hypothèse, il y avait bien d'autres possibilités quand aux raisons de cet assassinat, et sans preuves, il valait mieux ne pas prendre de décision hâtive à ce sujet, néanmoins il ne l'interrompit pas pour voir où il voulait en venir.
Cela veut donc dire que tout était prémédité, le roi et les princes du conseil ont voulu assassiner le prince Malekith et écarter ses plus fidèles alliés.
Selazar se dit que finalement le vieux conseiller avait raison, son frère se laissait emporter, il risquait de prendre une décision hâtive pour des mauvaises raisons, il fallait qu'il le raisonne.
Prince Sarliim, mon frère, tu vas un peu vite, père avait de nombreux ennemis, nous n'avons aucune preuve d'une quelconque liaison avec ce qu'il c'est passé au temple d'Asuryan.
Son frère s'arrêta, pour fixer son frère, puis il rit.
Ainsi, mon petit frère, si clairvoyant d'habitude voit loin moins que moi ? Voyons, c'est aussi clair que de la roche.
Le regard de Sarliim le convainquit qu'il ne servirait à rien d'argumenter sur le sujet, il c'était fait son opinion et plus rien ne la changerait maintenant. Au moins prenait-il une décision, et ce n'était pas parce qu'il la choisissait pour des raisons douteuses que c'était forcément le mauvais choix. Maintenant qu'il y pensait il n'était plus sûr des raisons qui l'avaient poussées à venir voir son frère. N'était-ce pas parce qu'il ne voulait pas porter les conséquences de cette terrible décision ? N'était-il pas soulagé qu'il la prenne à sa place ? Voyant que Selazat n'allait pas émettre d'autres objections, son frère continua.
Si guerre il y a, il est donc tout naturel que nos troupes se joignent au Roi Malekith. Cependant, nous lui servirons surement mieux si nous faisons croire que nous rejoignons la cause des traîtres, puis au moment de la première bataille, nous frappons l'ennemi par derrière.
Selazar se sentit comme foudroyé, en temps normal cela aurait pu être une bonne tactique, mais sûrement pas dans cette guerre. Malgré l'énormité de ce qu'il venait d'entendre, sa voix resta paisible lorsqu'il prit la parole.
Prince, les armées en place seront gigantesques, et nous n'avons pas assez d'hommes, nous leur ferions des dégâts c'est sûr, mais se serait un suicide.
Sarlimm eut un reniflement méprisant.
Alors, mon frère est un lâche ? Si nous devons mourir pour défendre notre cause qu'il en soit ainsi.
Selazar se raidit sous l'insulte, il avait de plus en plus de mal à garder son calme, son frère était-il devenu fou ?
Le devoir d'un Prince est de protéger son peuple, pas de l'envoyer à la mort, si nous rejoignons le Prince Malekith, alors faisons la jonction son armée, là nous serons vraiment utile.
Le visage de son frère se colora, et ses traits se déformèrent sous l'effet de la colère.
Le prince ici c'est moi, et je ne tolérerais pas que tu contredises mes ordres. J'ai décidé de la marche à suivre et c'est ainsi qu'il en sera.
Son frère avait définitivement perdu la raison, lui qui avait accordé tant d'importance à sa vie qu'il s'était enfermé dans sa chambre par peur d'un assassin voulait maintenant se suicider en entraînant avec lui tout leurs soldats. Il ne pouvait pas le laisser sortir de sa chambre, il n'osait même pas imaginer les troubles que cela engendrerait si leurs sujets s'apercevaient que leur nouveau dirigeant était fou. Il ne restait donc plus qu'une seule solution pour l'empêcher de faire cette énorme erreur, mais elle l'horrifiait. Lorsqu'il parla, sa voix n'était qu'un murmure.
Je t'en supplie une dernière fois, ne fais pas ça.
Sarliim ne prit même pas la peine de lui répondre, Selazar sentit alors quelque chose se briser en lui, et son coeur s'emplit d'une immense tristesse à l'idée de ce qu'il allait faire, mais il devait protéger les sujets de sa maison, quel-qu’en soit le prix, et contre quiconque les menaçait. D'un geste souple il dégaina, deux notes métalliques résonnant dans la chambre.
Je suis désolé, mais je ne peux te laisser conduire nos gens à la mort sans réagir.
Son frère resta un instant paralysé, comme s'il n'en croyait pas ses yeux, puis il dégaina à son tour, prenant fermement sa longue épée dans sa main droite. lorsqu'il parla sa voix était sifflante et pleine de rage.
Traître,j'aurais du m'en douter, tu as toujours voulu ma place. Je mettrais fin à tes ambitions ici et maintenant, de ma propre main.
Qu'il puisse penser cela confirmait en tout point sa folie, ce n'était plus son frère. Ils commencèrent lentement à se tourner autour, évitant habilement les nombreux obstacles sur le sol, s'observant sans frapper. Pour s'être entraînés de nombreuses fois ensemble, chacun connaissait parfaitement le style de l'autre, le combat serait ardue, mais Sarliim avait le désavantage de ne pas avoir son bouclier, même s'il avait une meilleure allonge.
Selazar décida de passer à l'attaque, et le combat commença. Quiconque les aurait regardé aurait eut l'impression de voir une danse parfaitement synchronisée. Tout les coups portaient dans le vide, chacun lisant comme dans un livre ouvert les attaques de l'autres. Enfin il y eut un tintement, qui ne tarda pas à être suivi par une autre, puis encore un autre, jusqu'à ce que le bruit des lames s'entrechoquant devienne presque régulier, chacun cherchant maintenant à surprendre l'autre dans ses attaques. Ils n'étaient plus maintenant qu'un tourbillon de chairs et de lames, mais pourtant ils ne dérangeaient pas un seul objet dans la pièce, chaque coup était d'une précision incroyable, chaque geste minutieusement contrôlé. Ils ne faisaient absolument aucun mouvements inutiles.
Finalement surprenant son frère par une feinte, Selazar creusa une profonde coupure dans son épaule, cependant cela lui coûta cher, car par un coup judicieux, Sarliim le désarma, l'une de ses épées vola dans la pièce pour atterrir sans bruit sur le lit. Alors Selazar dut se mettre sur la défensive, ayant bien du mal maintenant à éviter de se faire embrocher par son frère. Néanmoins, la blessure de son épaule droite saignait abondamment et si Selazar tenait suffisamment longtemps, il fatiguerait, alors il aurait une chance de prendre l'avantage. Mais y arriverait-il ? Il avait de plus en plus de mal à éviter les coups de son grand frère, et il savait que s'il n'en laissait passer ne serait-ce qu'un s'en serait fini de lui. Dans la technique de son frère, chaque attaque qu'il portait était potentiellement mortel. Le temps passa, quelque minutes, une heure, une éternité, il n'aurait su dire, mais ils étaient toujours là, se battant, et malgré le sang qui s'écoulait de la plaie de Sarliim, celui-ci ne faiblissait pas, au contraire il paraissait de plus en plus enragé, poussant Selazar dans ses derniers retranchements. Il apparut bien vite que si les choses continuaient ainsi, il allait perdre, il devait agir, même si cela aboutissait à sa propre mort, au moins son frère ne pourrait mener à bien son projet insensé.
Il tenta alors une passe qu'il avait lui-même inventé, mais n'avait jamais utilisé jusque là contre qui que soit. C'était une technique très dangereuse, et s'il faisait la moindre petite erreur, il était mort. Il laissa une petite ouverture dans sa garde, pas trop flagrante où il se douterait de quelque chose, ou bien l'embrocherait avant qu'il ne puisse réagir. Son frère, en bon bretteur la remarqua immédiatement et se jeta sur la brèche apparente, la pointe de son épée fonçant vers son torse. D'un mouvement souple, Selazar esquiva l'attaque, mais ce ne fut pas suffisant, et le tranchant de la lame lui creusa cruellement la chair sur le coté. Ignorant la douleur, Selazar remonta le long de lame de son frère puis se jeta sur lui, épée en avant. Il sentit que son arme s'enfonçait dans quelque chose de mou, le sang jaillit, et son frère s'effondra une épée plantée dans le coeur. Couvert de sang, Selazar s'effondra à son tour, portant la main à son coté, il avait réussi à éviter que le coup touche une partie vitale, mais la blessure n'en était pas moins grave, et s'il ne se soignait pas très vite, il ne tarderait pas à rejoindre son frère. Pourtant, il ne pouvait pas appeler les gardes, pas maintenant, il devait cacher ce qui c'était passé ici. Au prix d'un effort qui lui parut surhumain, Selazar arracha son épée de son frère, puis la laissa tomber un peu plus loin à coté. Vacillant, il se leva doucement, puis se dirigea vers une des fenêtres mal calfeutrées, utilisant ses dernières forces, il arracha les morceaux de bois qui la bouchait, avant de s'effondrer une nouvelle fois. Il perdit conscience quelques instants, mais finit par refaire surface. Utilisant ce qu'il lui restait de souffle, il cria.
Gardes, ..... un assassin ..... à l'aide !
Dans son état actuel, il fut surpris d'avoir réussi à crier aussi fort, il essaya de recommencer, mais c'était trop lui demander, il n'en pouvait plus, il devait à chaque seconde lutter contre les ténèbres qui menaçaient de l'envahir. Mais apparemment, on l'avait entendu, car des coups sourds c'étaient mit à ébranler la porte, menaçant de la faire sauter de ses gonds. Vladrek était passé à l'action, la porte ne tarderait pas à céder sous ses coups puissants, avec de la chance, il arriverait à temps pour le sauver, sinon ce n'était pas grave, il avait empêché son frère de mener sa folie à bien, ce fut sa dernière pensée. Selazar émergea des brumes de l'inconscience, la première chose qu'il vit fut le visage du vieux conseiller de son père, penché vers lui. Il le regardait de ses yeux pénétrants, qui paraissaient lire en lui comme dans un livre ouvert.
Vous voilà enfin réveillé, vous avez failli mourir vous savez.
Selazar se redressa, s'adossant contre la rambarde de son lit, il était torse nu, sa plaie soigneusement bandée, mais c'est à peine s'il ressentit un tiraillement. Tout d'abord, il ne sut plus très bien comment il c'était retrouvé dans cet état, mais soudain sa mémoire explosa et il se rappela de tout, une tristesse infinie l'envahit. Mais il n'avait pas de temps à perdre, il pleurerait et culpabiliserait plus tard, il devait reprendre ses esprits.
Combien de temps suis-je resté inconscient ?
A peine quelques heures, vous avez de la chance que Lehmiin soit le meilleur guérisseur de Chrace.
Selazar fut intensément soulagé, cela aurait put être pire, bien pire. Il ajouta pour faire bonne mesure.
Et l'assassin ?
Le visage du prêtre s'assombrit, et Selazar comprit qu'il savait ce qu'il c'était passé dans la chambre, pourtant il se contenta de rajouter.
Aucune trace de lui Prince, vous avez eu de la chance de lui échapper.
Selazar n'en croyait pas ses oreilles, il savait mais pourtant le soutenait, s'il l'avait pu il lui aurait sauté au cou pour le serrer dans ses bras. Mais pourquoi parlait-il ainsi ? Il regarda son environnement et remarqua seulement qu'il était entouré des gardes, qui quelques heures plus tôt gardait son frère. Il comprit alors la partition qu'il devait jouer, mascarade qui lui coûtait, mais absolument nécessaire dans la situation actuelle, pour dissiper tout les doutes qu'il pourrait y avoir.
Oui, beaucoup de chance, si je n'avais pas réussi à le projeter par la fenêtre.... mais il est sûrement mort à l'heure qu'il est.
Sûrement, en effet, mais il y a peu de chance que l'on retrouve son corps s'il est tombé dans le fleuve.
Selazar eut un soupir.
Au moins savons-nous maintenant comment il avait fait pour mon père, je n'aurai jamais pensé que quelqu'un puisse escalader ainsi la muraille. A l'avenir, il faudra veiller à placer des protections pour éviter que ce genre de choses se reproduisent.
Le vieux prêtre acquiesça.
Je m'en occuperais personnellement.
Bien, maintenant il devait se retrouver seul avec Vladrek, ils devaient parler.
Gardes, laissez-nous.
A sa grande surprise, personne ne bougea, le champion s'approcha alors de son lit, se mettant immédiatement au garde à vous. A chacun de ses mots, Selazar sentit la honte qu'il éprouvait.
Prince, j'étais chargé de la sécurité de votre frère, puis de votre père, j'ai échoué les deux fois car je les ai laissé dicter ma conduite, je ne referais plus la même erreur, et cela implique de ne plus jamais vous laisser seul quelque soit les circonstances. Si vous n'êtes pas satisfait de ces dispositions, c'est avec joie que je laisserais mon poste à quelqu'un d'autre.
Selazar renonça à discuter, Seriim était un bon champion très respecté dans la garde, il ne pouvait se permettre de le renvoyer, surtout dans la situation actuelle.
D'accord Champion, mais au moins veuillez reculer de quelque pas.
Seriim s'exécuta, entraînant les autres soldats avec lui, laissant à lui et à Vladrek un peu d'intimité. Il lui dit alors dans un murmure.
Merci.
Vladrek hocha la tête, pour montrer qu'il avait entendu, puis répondit sur le même temps.
Il était devenu fou, n'est-ce pas ?
Selazar acquiesça.
Je le craignais, prendre une telle décision a du beaucoup vous coûtez. Mais dites-vous c'était pour le bien de votre peuple.
Il le savait, mais cela ne le faisait pas se sentir mieux, il avait tué son frère, et il porterait probablement le fardeau de la culpabilité jusqu'à la fin de sa vie.
Nous n'avons malheureusement pas le temps de s’appesantir sur son sort, il faut prendre une décision maintenant, les messagers annonçant la mort du roi peuvent arriver à n'importe quel moment maintenant.
Maintenant c'était lui qui suggérait de se hâter, alors que quelques heures plus tôt à peine, il l'appelait à la prudence. Mais les choses avaient changé, son frère avait été assassiné, et il devait au plus vite affirmer sa position pour éviter que des rumeurs concernant sa possible part dans l'assassinat se répandent. Il ne savait pas plus qu'avant ce qu'il devait faire, et Vladrek non plus apparemment, où il le lui aurait déjà dit. Il resta silencieux un long moment, pesant la pour et le contre, avant de finalement prendre une décision. Il ne savait absolument pas si elle était bonne ou mauvaise, mais le choix était fait, et quoi qu'il arrive, il faudrait s'y faire. Il déclama alors à voix haute, pour que tout le monde l'entende.
Ecoutez-moi tous, d'après les informations que nous avons, le Prince Malekith a empoisonné notre roi, et en tentant d'usurper le trône a massacré la salle du conseil. Mais, les flammes sacrées l'ont rejeté, révélant ainsi son impureté et il a finit grièvement brûlé. Il a trahi la confiance que nous avions mit en lui, nous qui jusque là l'avons toujours soutenu ne pouvons accepter les actes qu'il a commis.
Il reprit son souffle avant de continuer.
A partir de cet instant, nous lui déclarons la guerre et nous n'aurons de repos que lorsque le roi légitime, élit par quelque princes survivants le roi Caledor soit établit à sa juste place.
De nouveau, il reprit son souffle, puis dit.
Seriim, je veux que mes paroles soient transmises mot pour mot à des messagers, qui n'auront de cesses que toute la ville soit au courant. Dans deux jours, je veux que notre armée soit prête à partir. Il faut également qu'un messager soit envoyé au roi pour l'assurer de notre soutien.
Si le champion avait le visage blême, il avait l'air on ne plus déterminé.
A vos ordres, mon Prince.
Il commença alors à donner des ordres, mais Selazar n'y faisait déjà plus attention, il croisa le regard du vieux conseiller, qui inclina la tête d'un air approbateur, puis celui-ci se pencha pour lui murmurer.
Qu'est-ce qui vous avez décidé ?
Vous savez comme les partisans du Prince Malekith sont peu présents en Chrace, si jamais nous partions en guerre de son coté maintenant, notre forteresse serait laissé quasiment sans défenses face à de nombreux ennemis ivres de vengeances. Je sais à quel point nous Chracien, avons le sang chaud. Ainsi, pour protéger mon peuple le choix s'imposait de lui-même.
Vous ferez un grand Prince.
Cela, seul l'avenir le dirait.
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Re: Grand Jeu Concours !
Posté : 25 sept. 2011, 20:12
par Thorak Grim'Azul
Nom: Gorok
Période Voulue: Période Sigmarite (bataille du col du feu noir plus précisément)
Texte:
Tout était sombre, pas un bruit, une odeur pestilentielle remontait aux narines de Gorok. Il dormait sur le sol de pierre d’une cellule humide. Il était une expérience ratée. Les nains du chaos avaient muté son corps afin de faire de lui un orque noir, un monstre de combat à la puissance dévastatrice. De ce côté-là c’était un succès, l’orque ne se souvenait pas du tout de son passé, probablement les expériences des nains avaient-elles altérées son esprit. En revanche, s’il était devenu un guerrier hors norme parmi son peuple il avait gardé son libre arbitre, ce que ces geôliers n’appréciaient pas.
A son réveil, Gorok, le nom qu’il s’était donné lui-même, avait pu contempler son nouveau corps. Même s’il ne disposait d’aucune comparaison, par son amnésie, sa peau plus foncé, sa musculature volumineuse et sa taille supérieure, le grisait. Cependant, lorsque les nains du chaos lui avaient ordonné de servir de gardien d’esclaves sur des orques nouvellement capturés, Gorok avait refusé. Dans un accès de rage les nains du chaos avaient voulus le forcer à obéir, malheureusement il avait créé un guerrier capable de les repousser. Maintenu en échec par l’orque noir, il fallut l’intervention d’un mage nain qui plongea Gorok dans l’inconscience.
Alors que son esprit se réveillait lentement, il entendait des respirations, des grognements et des chuchotements, il n’était pas seul. Gardant les yeux clos, il tenta de se rappeler des derniers moments avant qu’il ne s’effondre. Il ouvrit les yeux doucement et vit plusieurs silhouettes autour de lui, incapable de les distinguer dans la noirceur totale des geôles, il se leva brusquement en rugissant un cri d’avertissement. En faisant cela il se rendit compte que ses jambes étaient encore flageolantes.
« Pai frèr ! Nou pas vouloir baston ! »
La voix qui avait parlé était calme et chargeait de puissance, Gorok, même amnésique, le savait. Il attendit quelques seconde que ses yeux s’acclimatent à la pénombre. Finalement les silhouettes devenaient plus nettes. Il était en cellule avec les orques qu’ils avaient refusé de garder. Celui qui avait parlé semblait vieux, mais pas faible, les autres par leurs comportements prouvait qu’ils le respectaient autant qu’ils le craignaient. L’orque en question s’approcha de Gorok, plongea son regard dans le sien et l’observa quelques minutes. L’orque noir eu l’impression que l’on fouillait dans son âme, puis l’autre coupa le contact visuel.
« Toi être pomé l’ami, mé toi être dézormé avec otre ork ! Lé nabo von payé ce k’il t’on fé à toi ! Moi être Urzol Gro-Barak, chaman »
Gorok observa celui qui venait de se présenter, Urzol fils de Barak et c’était un chaman de la Waaagh, la magie orque. L’orque noir comprenait mieux le sentiment de puissance qu’il avait ressenti tout à l’heure. Ne sachant pas trop quoi dire, il se sentit contraint de lui parler, comme si l’autre attendait quelque chose de sa part.
« Moi être Gorok, pas konétre mon passé, moi souvenir juste réveil ici, dan lieux modits ! »
Une sorte de rage commençait déjà à envahir Gorok, il serra les poings jusqu’au sang et un grognement remonta de sa gorge, les autres orques reculèrent d’un pas, seul Urzol avança.
« Calme ! Garde ta colère pour les nabo. Nou partir d’ici et nou devoir taper du nabo, toi pouvoir te vengé, tien toi pré ! »
Quelques heures plus tard, des nains apportèrent un seau de nourriture, sous réserve que cela soit réellement comestible, et un seau d’eau. Après avoir eu cette charmante attention envers les orques ils repartirent laissant les cachots dans la faible lueur des torches. C’est le moment que choisi Urzol. Ce dernier se concentra, Gorok et les autres orques respectaient son silence et ne firent pas le moindre bruit, l’ambiance était tendu. Le chaman ouvrit les yeux et une main gobelinoïde apparut, flottant dans l’air. La main se déplaçait hors de la cellule et fonçait vers le pan de mur où pendaient les clefs de la prison orque. Dans un léger cliquetis, le trousseau arriva entre les doigts de Urzol, les orques se retenaient de criés victoire, ce n’était que le début. La porte s’ouvrit dans un grincement métallique. Après quelques secondes d’attente pas de mouvement, les nains n’avaient rien entendus.
Urzol était le chef naturel du groupe, il donnait les ordres et tout le monde obéissait dans le silence le plus total. C’est ainsi qu’évoluait le groupe d’orques. Cela faisait une heure qu’ils avançaient, évitant les nains, et qu’ils tentaient de trouver la sortie. Urzol semblait confiant et savoir où il se rendait. A juste titre puisque quelques minutes plus tard, les peaux vertes tombèrent sur la sortie des grottes, seulement une dizaine de nains montaient la garde. Les orques étaient eux aussi une dizaine mais sans armes, à part leurs motivations. Finalement c’est Urzol qui donna l’assaut envoyant un éclair sur les nains, déstabilisant ces derniers. Gorok était le deuxième à réagir, il courut tel un sanglier chargeant sa proie. Il avait ramassé deux cailloux au sol pour renforcer l’impact de ses coups, les autres orques le suivirent. Une bataille violente s’en suivit. L’orque noir fracassait les crânes de trois nains pendant que les autres s’occupaient du reste. L’un de ses adversaire avait réussi à lui entailler le cuir au niveau du dos, pas assez profondément pour le blesser mortellement. Une fois les nains tous morts, seul trois orques avaient été tués ou trop gravement blessés pour espérer continuer. Urzol ordonna de continuer, laissant derrière les invalides et les nains du chaos qui commençaient à donner l’alerte.
Il fallut deux jours aux orques pour quitter la montagne des nains, mais désormais ils étaient assez loin pour pouvoir se reposer. Pendant qu’un bivouaque se mettait en place, Urzol vint s’asseoir aux côtés de Gorok.
« Otre ork rentré dans tribu à eux, pareil pour moi, si toi vouloir v’nir, pa d’problème, toujour avoir besoin d’guerié kome toi. Toi bien réfléchir»
Après un peu de repos, les orques reprirent la route et certains commencèrent à bifurqué vers d’autres routes. Bientôt il ne resta qu’Urzol, Gorok et un autre orque de la même tribu que le chaman. Gorok regarda le chaman.
« Moi être le fils de personne, passé à moi volé par les nabo, moi juste sé bastonner. Ok pour suivre toi»
Acceptant sa décision d’un signe de tête le trio se rendit à la tribu d’Urzol, la tribu de l’orque Morgul Zodarg.
De retour chez eux, Urzol et Zuggork, l’orque qui accompagnait le chaman et Gorok, furent accueillis en héros. En revanche la présence de l’orque noir ne fut pas des plus appréciée. Morgul, le chef du clan, approcha du trio. L’orque était massif, bien plus qu’un orque ordinaire, sa taille équivalait celle de Gorok et son armement était impressionnant. Son regard se porta sur son chaman et une lueur de satisfaction éclaira son visage. Il donna une claque dans le dos à Zuggork qui s’en alla aussitôt après retrouver les siens. Quant à Gorok il l’observa, l’orque noir ne détourna pas les yeux et ne baissa pas la tête. Urzol demanda à parler à son chef en privé, ce qu’il accepta. Plusieurs minutes passèrent pendant lesquels la tribu observait Gorok d’un œil inquiet, sa peau plus foncé que la leur et sa taille plus imposante les rendaient mal à l’aise. Finalement Urzol revint accompagné de Morgul. Le regard d’acier de ce dernier se braqua sur lui.
« Urzol avoir tou rakonté à moi, lui et Zuggork en vi grace à Gorok l’ork noir qui être devan moi. Morgul chasse pa les siens, a komté d’maintenan Gorok être dan tribu du Loup Gris, alor traité le kome l’un des notre ! »
Puis Il poussa un rugissement un levant son poing, Urzol et Zuggork firent de même très vite imiter par le reste de la tribu. Un loup gris sortit de la tente du chef et poussa un hurlement. Le loup était l’animal de compagnie de Morgul, d’où le nom de sa tribu, ce loup était le compagnon du chef de la tribu bien avant qu’il ne fonde cette dernière. C’est ainsi que Gorok intégra la tribu du loup gris et commença sa deuxième vie parmi les siens.
…..
Bien des années passèrent, les tribus continuaient à se faire la guerre tout en faisant la guerre aux hommes et aux nains. Cela était plus un passe-temps qu’une réelle guerre puisque tout le monde attaquaient de manière indiscipliné. Au fil des ans, Gorok avait gagné le respect de la tribu. L’orque noir était devenu comme le second de la tribu, régulièrement demandé lorsqu’il s’agissait des décisions de bataille. L’orque avait une logique guerrière qui leur avait souvent sauvé la mise. Urzol et Gorok étaient les deux conseillers du chef de tribu. Gorok avait acquis sa réputation dans la bataille, devenu une sorte de héros au sein de la tribu. Il maîtrisait à la perfection ses deux kikoups qu’il avait récupérer sur un champ de bataille.
Finalement les batailles entre tribus cessèrent et cela à cause d’un évènement particulier. Des messagers orques allèrent à la rencontre de toutes les tribus connus afin d’apporter un message aux différents chefs de tribus. Gorok et Urzol étaient aux côtés de Murgol quand le messager énonça son message.
« Chef de la tribu du loup gris, moi venir sur ordres de l’ork Ragesang. Il y a 2 an un chef de tribu, Vagraz Fend-la-Hure, avoir été tué par homme dans forêt. Homme porte nom Sigmar et fé copains avec les nabo. Kan nous kombatre seul, nous faible, nous devoir kombatre ensemble. Je monte une armée pour tué du nabo. Eux être plus dangereux que hommes, mé une fois lé nabo tué nous tué hommes. Rassemblons-nous pour bastoné lé nabo montrons notre force et nos Kikoup. Lançons la Waaagh la plus grande, rejoigné moi et nous faire la guerre! »
Le messager orque se tut, attendant la réponse du chef de la tribu. Urzol était quelque peu perplexe à l’idée d’une telle bataille. En revanche, lorsque Morgul et le chaman regardèrent Gorok ses yeux brillaient déjà de la lueur de la bataille, l’orque noir nourrissait une haine sans limite aux nains. Coupable de son amnésie, il ne pardonnerait jamais à ce peuple, peu importe qu’il s’agisse de nain du chaos ou pas. Gorok appuya la décision du dénommé Ragesang auprès de Morgul qui l’accepta à son tour. Le messager repartit donc en ayant communiqué un lieu de rencontre pour dans 4 saisons.
……
Un an plus tard, Morgul décida que Gorok irait à la rencontre en son nom. Il préférait garder la tribu et surtout restait auprès d’Urzol son vieil ami qui était mourant. Gorok accepta l’honneur, s’arrêta saluer son ami chaman et partit au lieu de rencontre. Le trajet lui prit bien 10 jours. En chemin il rencontra un groupe d’hommes de ferme. Ils n’eurent pas le temps de s’enfuir. Gorok arriva au rendez-vous en avance et les lames encore couverte du sang des fermiers. A son arrivée, plusieurs orques l’observèrent, certains avec craintes et d’autres avec respects. Les orques noirs gagnaient de plus en plus leurs respects parmi les leurs, prouvant quotidiennement leur force et leur maîtrise guerrière. Chaque tribus avaient envoyés un représentant, cela faisait un rassemblement conséquent d’orques au même endroit. Certaines disputes ou rancœur ayant provoqué des bagarres plus ou moins importantes. Lorsque l’orque connu sous le nom de Ragesang arriva, le calme revint. L’orque en question était encore plus massif que Gorok, son arme était une sorte de couperet géant qui aurait tranché en deux un orque. La foule se rassembla devant lui pour écouter ses paroles.
« Mé frère ! La guerre é la, et grace à nou ! Nou alon marché sur les nabo, nous alon lé exterminé ! Fini lé kerelle de clan, soyons unis contre lé nabo. Tuons lé, puis tuons lé hommes et alor nou seron lé maîtres de cé terres ! »
Certains orques hurlèrent leurs consentements, dont Gorok. D’autres émirent des doutes. Ragesang ne se laissa pas démonter.
« Si nou atakon aujourdui nou perdre. Oui, cé vérité. Mais nous être patients. Vou partir dans vo tribu, vou formé dé guerriers, pas dé bagarreurs. Vous forgé kikoup et armures. Apprendre à kombattre ensemble, apprendre tekniques de kombats et venir dans 10 ans, nou seron pré et nous être gagnant ! Vous être avec moi mé frères ?! »
Cette fois-ci c’est dans l’unité que les peaux vertes, orques noirs, orques et gobelins hurlèrent leurs approbations à celui qui devint le chef de guerre Ragesang.
Gorok repartit, le cœur chargé d’envie de combattre, son sang bouillonnait et ses lames avaient soif de sang. Il rentra chez lui, à la tribu du Loup Gris rapportait les paroles de Ragesang à Morgul. Ce dernier lui annonça la mort d’Urzol, la perte de son ami l’attrista malgré tout il tenta de convaincre le chef de la tribu d’aller au combat comme l’avait souhaité Ragesang. Après plusieurs heures, le chef de la tribu approuva Ragesang. Commencèrent donc 10 années d’intenses préparations pour la guerre !
……
Finalement les années passèrent rapidement, chaque jour ressemblant au précédent. Les orques devenaient de plus en plus impatients à l’idée de la guerre qui approchait. Les batailles entre clans ayant cessés, ils tardaient de pouvoir se jeter dans le combat, Gorok le premier. Lorsque le clan du Loup Gris se mit en marche se fut avec entrain. Une quinzaine de jours plus tard, le clan du Loup Gris devint l’escadron du Loup Gris. Dirigé par Murgol et Gorok. Il fallut environ une année supplémentaire afin que toutes les tribus se rassemblent, il fallut le temps d’organiser les troupes et d’expliquer les stratégies, distribuer les armes et armures à tous les guerriers, mais finalement 14 années après l’agression de Sigmar sur Vagraz Fend-La-Hure, l’armée de Ragesang était prête.
A l’aube, prêt à partir, les tribus devenues pour quelques temps des escadrons, les orques côte à côte dans la même bataille, écoutèrent les paroles du chef de guerre Ragesang.
« Orks, Orks noir ou Gob’lins, peu importent ce ke vous être! Vous être là pour tuer et cé c’ki kompte ! Aujourdui pensé à mutilé, pensé à écrasé, n’ayé aucune pitié ! Soyez dé Ork ! La victoire attendre nous mé frères, allons tapé du nabo ! »
Ragesang leva bien haut son couperet et chaque membre de son armée répondit en levant son arme et en hurlant sa rage. La rage guerrière orque venait de tous les consumés, c’est alors que la marée de peaux vertes déferla sur les montagnes naines, la passe du Feu noir plus exactement.
……
Cela faisait une vingtaine de jours que Gorok et les milliers d’orques et gobelins marchés, finalement le col du Feu noir fut en vus. Les nains avaient dut avoir eu vent de l’armée qui se déplaçait car ils avaient mis en place des barricades et des troupes pour se défendre. La guerre allait commencée et du nain allait périr. L’agitation atteignit les rangs de l’armée, l’enthousiasme se diffusa comme une brise fraîche à travers les escadrons. Gorok fut le premier à jubiler, à l’idée de faire saigné du nain. Ses yeux flamboyants de haine contre ce peuple de nabots, il serra fermement ses deux Kikoups et grogna, le grondement se répandit d’orques en orques.
En tête de l’armée, Ragesang avança assis sur son loup brun géant, il leva son couperet et le silence retomba.
« Par Gork ! Pas d’pitié, agissé en Ork ! Tué-lé tous ! »
Ragesang se lança dans bataille entouré par une troupe de guerriers d’élites. Gorok partit au pas de course suivi par les milliers d’orques, la terre trembla et les hurlements orques durent s’entendre jusqu’à l’autre bout du continent.
La guerre du Col du Feu noir commença, Gorok se laissa submergé par la frénésie qui tentait de le consumer régulièrement pendant les batailles. En temps normal il freinait cette fureur afin d’être un minimum lucide pendant la bataille, pas cette fois. Ce combat était une sorte de revanche contre les nains qui l’avait rendu amnésique. Il se laissa donc envahir par la fureur et il libéra toute la puissance qu’il avait et débuta le carnage. Les yeux injectés de sang, les muscles tendus par l’effort, il trancha encore et encore sans jamais s’arrêter. Les nains moururent les uns après les autres, certains laissant des blessures sur Gorok mais l’adrénaline lui permit de continuer sans douleur, comme si Gork lui-même avait pris possession de l’orque noir. Le combat tourna en faveur des peaux vertes, les nains faiblirent et une brèche fut ouverte, la victoire leur souriait.
Cependant un évènement imprévu vint contrarier les projets de Ragesang et de son armée. Une autre armée vint rejoindre la bataille, les humains. En tête de leurs troupes, sur un char lancer à toute allure, se tenait un homme brandissant un marteau de guerre. Un raz de marée d’humain déferla sur les orques. Les armes s’entrechoquèrent à nouveaux. Les nains retrouvèrent du courage et se lancèrent à nouveau dans la bataille. Le guerrier sur le char provoqua un combat contre Ragesang pendant que les guerriers de l’orque affronté ceux de l’humain. Aussi insensé que cela puisse paraître les humains tuèrent les guerriers du chef de guerre. Le combat contre Ragesang et le héros humain Sigmar, puisque c’est de lui qu’il s’agit, fut épique. Gorok en stoppa le combat pour être témoin de ce duel. Le combat dura quelques minutes, durant lesquels les adversaires se testèrent. Finalement Ragesang se lança dans la mêlée. Malheureusement, l’humain face à lui, associer technique et puissance, tandis que Ragesang ne comptait que sur sa force. D’un coup de marteau, le héros humain, brisa la main qui tenait le couperet et d’un revers il lui broya le crâne. Le chef de guerre de la première véritable armée orque depuis des siècles et des siècles était mort.
Au sein de l’armée orque la nouvelle de la mort de Ragesang se répandit comme un raz de marée et presque tous commencèrent à fuir pourchassé par les nains et humains qui travaillaient communément au massacre des peaux vertes. Gorok quant à lui reprit le combat tuant quelques humains, en plus des nains qu’il avait tué. Plusieurs pas plus loin il aperçut Morgul en difficulté contre deux nains et trois humains. L’orque noir fonça aider son chef de tribu sans réfléchir. Côte à côte, les deux orques tuèrent bien des ennemis encore jusqu’à ce que le nombre les submerge. Le chef de la tribu du Loup Gris tomba à la suite d’un coup d’épée dans la gorge. Gorok s’effondra après avoir reçu un coup d’épée sur son flanc droit et un coup de marteau à la tête.
……
Un nuage noir resta au-dessus du champ de bataille, il s’agissait de corbeau venu faire un festin. Jamais le monde n’avait connu pareil massacre. Il sentit un picotement sur sa jambe. En ouvrant les yeux, il vit un corbeau lui picorer la jambe, d’un revers de la main il envoya l’oiseau au loin. Les yeux ébahis il constata qu’il était vivant. Gorok avait survécu.
Sa blessure à la tête avait été amoindrie par son casque et la blessure à son flanc avait été diminuée par son cuir renforcé d’orque noir. Il se releva pour découvrir le carnage. On ne voyait plus la terre, recouvert de corps de nains, d’humains mais aussi d’orques et de gobelins. Le ciel était obscurcit par les corbeaux qui volaient et le battement de leurs ailes faisaient un bruit sinistre. L’orque noir se pencha pour récupérer ses armes, se faisant il découvrit son ancien chef, mort. Les armes à la main, l’envie de combattre temporairement disparut, il quitta le charnier géant afin de panser ses blessures. Gork avait décidé d’épargner sa vie, pour quelle raison ? Il l’ignorait mais aussi longtemps qu’il vivrait il porterait les armes en l’honneur de ceux tombé au Col du Feu noir !
Re: Grand Jeu Concours !
Posté : 26 sept. 2011, 10:01
par Saâhldil Sanchera
Mes excuses, ça ne se fera pas sans moi... è_é
Saâhldil Sanchera
Avènement de Sigmar
- Allez, ne fais pas la difficile !
Je tendis encore le morceau de venaison vers elle, mais ma soeur se contenta de détourner la tête. Dans la suie qui maculait ses joues se devinaient si aisément les larmes qui avaient coulé de ses yeux si limpides... Je soupirais, abandonnant la partie et mordant, morose, dans la viande aux relents de pourriture. Ca faisait depuis hier qu'elle refusait toute nourriture et ça m'inquiétait de plus en plus. Avec ses onze printemps, elle n'avait pas la robustesse pour endurer ce voyage... Et moi non plus, d'ailleurs.
Je ravalais un énième sanglot qui menaça de me briser la gorge, pour me contenter de déposer un tendre baiser sur le front de la petite fille.
Tout ça était tellement dur ! Nous avancions vers l'Est depuis plusieurs lunes, mais à une allure si irrégulière qu'elle nous mettait tous à cran. Il fallait accélérer pour échapper aux tribus orques, laissant les plus lents à la merci de ces monstres, ou bien se cacher pendant des heures ou même des jours entiers afin de passer inaperçus... Nerveusement, nous étions harassés et cela se ressentait sur notre endurance. La camaraderie du mois dernier était morte depuis longtemps. Désormais, chacun veillait sur les siens comme il le pouvait et regardait les autres avec une méfiance nullement dissimulée. Et comment leur en vouloir ? Nous en avions tant laissés se faire tuer et manger, simplement pour ralentir ces prédateurs... Les vols se multipliaient ainsi que les bagarres, mais des meurtres se déclaraient à présent. Mon front se plissa soucieusement. A trois, quel poids avions-nous parmi la centaine de réfugiés désespérés ? Tiana, ma petite soeur, si frêle et si froide ; moi-même, âgée de vingt-et-un printemps, qui n'avait jamais chassé que le lièvre... et Sirang, notre aîné, blessé à la cuisse par une flèche ennemie. Le trait bien que lourd et grossier, avait profondément transpercé le muscle et presque immobilisé mon frère. Il avait dû rassembler toutes ses ressources pour se relever, et seule la vue de ses soeurs effarées avait pu lui permettre de surmonter la douleur. A chaque nouveau soleil qui se levait il lui était plus difficile de reprendre la marche. Qu'adviendrait-il de nous s'il venait à succomber ? Je serrais le poing, enrageant contre mon impuissance.
- Siara, qu'est-ce que tu as encore ?
Je me retournais, croisant les yeux azurés de mon frère. Il avait les cheveux en bataille, la barbe arrachée par endroits, mais sa voix était ferme. Il nous protégeait depuis la mort de papa et n'avait encore jamais failli à ce devoir-là.
- Ce n'est rien, rien du tout.
- Allez, ma petite soeur ne peut rien me cacher. Pas plus toi que Tiana, d'ailleurs.
Il eut un sourire éclatant malgré sa mauvaise mine. Vous n'avez pas appris à mentir.
- Et pourtant ça peut s'avérer utile,
répliquai-je amèrement.
Il fronça les sourcils.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Regarde, Sirang. Regarde donc,
grognai-je en écartant les bras. Nous étions une tribu autrefois... aujourd'hui nous ne formons plus qu'un troupeau effrayé, des boeufs qui se méfient les uns des autres. La seule chose qui nous permet de survivre, c'est notre cohésion, et elle disparait de plus en plus...
Mon frère se passa une main sur le visage, le barbouillant un peu plus de crasse, avant de faire quelques pas vacillants en avant et de me prendre par les épaules.
- Tu dois rester forte, Siara. Pour papa et maman. Pour moi. Pour Tiana.
Je cherchais à échapper à ses yeux qui se rivaient aux miens, mais il ne me laissa pas faire et me prit par le menton pour m'y forcer.
- C'est compris ? Ne flanche pas. On a tous les deux besoin de toi.
- Tu parles ! Je n'attrape rien à la chasse, et c'est à peine si je sais reconnaître les bonnes racines...
- On s'en moque. C'est toi qui sait bercer Tiana quand elle cauchemarde la nuit. C'est toi qui me permet de poursuivre cette traversée.
- Je ne sais plus ce qu'il faut faire, Sirang...
chuchotai-je en me blottissant brutalement contre lui. Depuis que Mayar est... est mort, je...
Le souvenir me submergea avec une violence inouïe. Je revis mon aimé, presque tranché en deux, ses bras s'agitant en tous sens et sa bouche ouverte sur un cri ininterrompu et silencieux. A côté de lui, le monstre rampait encore, cherchant à agripper le corps hideusement mutilé de Mayar avec une voracité bestiale. J'avais soulevé la lourde hache de la bête pour l'abattre sur son crâne, encore et encore, jusqu'à ce qu'il se fende en deux. Et là encore j'avais tant insisté qu'il n'en resta plus qu'une bouillie pulpeuse et ignoble. Alors seulement je m'étais effondrée sur le torse de mon amant pour pleurer sur sa peau brûlante. Ses bras musclés s'étaient fébrilement refermés sur moi, puis il avait exhalé un suprême soupir avant de rejoindre les ancêtres. Ils avaient dû en avoir de la compagnie, ceux-là, ces derniers temps...
- Chut,
souffla-t-il. Je sais que c'est pénible. Tu n'as pas besoin de parler.
J'acquiesçais, puis m'écartais au bout de quelques instants. Je hochais énergiquement la tête, chassant ma peine et adoptant un masque plus serein.
- Ca va aller,
mentis-je.
***
- A couvert ! Tous à couvert ! Là-bas, dans le bosquet !
Je saisis Tiana et la portais contre moi, avant de m'élancer à toutes jambes dans la direction indiquée par l'homme. Il me regarda fixement passer, avant de se reprendre et de filer à son tour. Autour de moi, la débandade se généralisait mais dans une relative discrétion. Des demi-cris d'alerte se faisaient écho et toute la colonne faisait mouvement vers une même destination. J'arrivais parmi les premiers, déposant alors ma petite soeur et cherchant Sirang des yeux. Il n'était pas trop à la traîne, et une pointe de fierté me perça le coeur. Il reprenait progressivement ses forces, allant à un bon trot un peu cahotant.
- Allez, Sirang...
priai-je.
Il finit par rejoindre l'abri des arbres, venant nous flanquer. La transpiration collait ses cheveux sur ses yeux, qu'il chassa rageusement.
- C'est la troisième fois aujourd'hui ! On ne passera jamais à ce rythme-là, il faut trouver un autre chemin !
- Sirang...
- Non ! C'est trop, on ne peut pas toujours compter sur une cachette... Lhuram nous mène tous à la mort en s'acharnant à suivre cette comète...
- Il est notre guide,
le réprimandai-je sévèrement, posant une main conciliatrice sur son biceps. Nous devons l'écouter. Lui seul saura nous tirer de là.
- Vieux fou,
grogna-t-il en guise de réponse.
Je secouais la tête, exaspérée, avant de m'accroupir près de Tiana et de lui passer les bras autour des épaules. La petite tremblait de tous ses membres, et les cernes sous ses yeux étaient plus grands que jamais.
- Tu tiens le coup ?
- Oui.
Elle était si faible, si petite... Depuis qu'elle s'était affalée au sol vers midi lorsque l'alerte avait été donnée, je préférais la porter pendant les dérobades. Plutôt mourir avec elle que de la voir se faire massacrer parce qu'elle avait trébuché. Autour de nous, les hommes s'agitaient, une rumeur sourde se propageant. Certains demandaient où étaient les orques, d'autres appelaient au silence. Il finit par se faire lorsque les silhouettes trapues et massives à la fois des monstres firent leur apparition, à trois cents toises de là. Ils étaient une trentaine, tenant leurs armes difformes à deux mains. Le fait qu'ils les aient sorties ne voulait pas dire qu'ils nous avaient repérés, je le savais d'expérience. Parfois, des groupes se tombaient dessus et ils s'affrontaient entre eux, sans raison apparente. De véritables machines à tuer, pouvant utiliser des pierres pour faire sauter les os d'un homme d'un seul coup. Mais le pire, c'était leurs mâchoires énormes. Une fois qu'elles se refermaient sur votre chair, il était impossible de vous dégager...
- Regarde, même leurs bandes sont plus importantes.
Sirang avait les traits sombres, et foudroyait Lhuram. Notre meneur semblait l'ignorer, tout occupé à détailler les orques et perdu dans ses pensées.
- C'est de sa faute si on va tous crever ici.
Je lui jetais un regard noir, esquissant un geste discret pour désigner Tiana. Il pouvait désespérer autant qu'il le voulait avec moi, mais certainement pas devant notre petite soeur !
Il se renfrogna encore plus.
- Nous devons rester soudés.
- Même si ça signifie aller à notre perte tous en même temps ?
insista-t-il, mais d'une voix radoucie. Non, Siara. Tu l'as dit toi-même l'autre jour, il n'y a plus de cohésion ici.
- Je...
Je fus incapable d'en dire plus. Il avait raison et le savait, tout comme moi. Seulement, je n'avais pas le courage d'abandonner l'impression de sécurité que me procurait la compagnie de ces dizaines d'individus autour de nous. Une sécurité extrêmement précaire et ténue... Si légère, si volatile.
Ma gorge se noua.
- Tu donneras ta part à Tiana ce soir. Elle l'acceptera mieux si ça vient de toi. Tu partageras la mienne.
Il y avait trop de tension dans sa voix, et je le remarquais. Mes sourcils formèrent un arc interrogateur.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Cette nuit, on s'en va. On quitte tout ça et on part vers le Nord-Est.
- C'était la volonté de papa de rester avec le reste de la tribu...
- Papa est mort !
cracha-t-il.
Bien qu'il l'eût dit à voix basse, celle-ci avait été virulente et même pleine de rancoeur. J'eus un mouvement de recul, et il avança une main vers moi, que je repoussais. Une expression blessée passa sur son visage.
- Il est peut-être mort,
fis-je, presque inaudible, mais il continue de garder un oeil sur nous.
- Je ne voulais pas...
- Non. On reparlera ce soir.
Je me détournais, prenant Tiana par la main. Elle m'emboîta le pas, mal assurée sur ses petites jambes couvertes de sang et de terre, mais ne broncha pas. Je lui ébouriffais les cheveux.
- C'est bientôt fini, Tiana. Juré.
- Juré comme le lièvre ?
Ses mots me frappèrent aussi durement qu'un coup. Ca faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas utilisé cette expression. Depuis que la tribu avait été attaquée, en fait...
Je m'arrêtais pour m'agenouiller, collant mon nez au sien. Mes doigts vinrent la chatouiller aux côtes et elle se tordit, un peu misérablement, pour y échapper.
- Le lièvre court et bondit partout pour échapper au renard... il ment, il fuit, et pourtant c'est lui qui a raison,
chantonnai-je tandis que Tiana gloussait d'une voix aigüe. Parce que juré, juré comme le lièvre !
Au bout de quelques instants, je m'arrêtais, la laissant reprendre son souffle. Un rouge qui faisait plaisir à voir avait gagné ses joues, et ses yeux brillaient enfin de larmes qui ne fussent pas de souffrance.
- Juré comme le lièvre,
haleta-t-elle.
***
- Tu es sûr que c'est une bonne idée ?
soufflai-je pour la cinquième fois.
- Oui, Siara. Maintenant tais-toi !
Je pressais un peu plus fort la main de Tiana qui peinait à nous suivre dans l'obscurité. La peur étreignait mon coeur, car nous pensions que les orques pouvaient voir dans le noir, c'est pourquoi personne ne se déplaçait de nuit. Il fallait pouvoir repérer leurs groupes de loin pour pouvoir leur échapper, et dans ces conditions la fuite était presque impossible. Pourtant Sirang faisait preuve d'une confiance inébranlable, et j'avais décidé de croire en lui. Quelque chose dans sa fermeté me rappelait un peu papa...
- Ca va les filles ?
- Ca va,
murmurai-je. Continue.
Nous nous frayions un chemin parmi les roches, gravissant le flanc de la crête. Il était peu probable que les orques aient décidé d'y circuler car une colonne telle que la nôtre aurait été très facile à repérer en hauteur. Mais trois individus... C'était une autre histoire. Et nous, nous pourrions discerner les bandes plus facilement. Cependant le temps d'y parvenir, nous aurions dépensé le peu d'énergie qu'il nous restait. Tiana souffrait encore plus que nous, car ses pieds n'avaient pas autant de corne et les petits cailloux devaient cruellement percer leur plante. De temps à autre j'entendais derrière moi un de ses hoquets de douleur, mais la première fois où je m'étais retournée pour vérifier qu'elle tenait le coup, ma petite soeur m'avait carrément sermonnée.
- On y est presque. Bientôt vous pourrez vous reposer.
La décision avait été très dure à prendre, et j'avais longtemps argumenté avec Sirang. La tribu, bien que décimée et divisée, était encore assez organisée pour avoir mis en place des équipes de chasse et de veille. A nous trois, les choses seraient beaucoup plus hasardeuses... Mon grand frère avait subtilisé deux arcs et un plein carquois de flèches, conservant à la ceinture un long couteau de fer qui avait appartenu à papa. Lui-même l'avait pris sur le cadavre d'un orque, dans les mains duquel l'arme avait fait figure d'aiguille !
Soudain, le hurlement de Tiana me fit me retourner. Dans l'obscurité, je dérapais sur une grosse pierre et m'affalais durement sur la hanche. Une douleur livide et électrique me fit crier à mon tour.
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
s'affola Sirang en me dépassant pour rejoindre Tiana.
La petite était pliée en deux, les mains crispées sur le genou.
- C'est... ça me fait mal depuis avant-hier, mais je pouvais supporter... mais la montée...
Je déglutis, combattant ma propre blessure. Je ne me sentais même pas capable de me relever, mais pour l'instant il fallait s'occuper de ma petite soeur. Sirang posa sa grande main sur l'articulation gonflée de la jeune fille, qui sanglotait.
- D'accord, on s'arrête, et on regardera si ça va mieux quand le soleil se lèvera. Tu peux aller jusqu'à ce gros rocher là ? Il te protègera un peu du vent.
Tiana acquiesça et boitilla jusqu'au roc désigné. Mon frère vint alors me rejoindre, me parlant à voix basse - probablement pour ne pas alerter notre si jeune soeur.
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
répéta-t-il.
- Siara ? Qu'est-ce que tu as ?
- Ce n'est rien, mon petit chou,
fis-je en levant une main rassurante. J'ai juste glissé et je suis un peu fatiguée, alors je traîne.
Puis je me penchais pour susurrer à l'oreille de Sirang. C'est ma hanche... je crois... je crois qu'elle s'est déboîtée.
Même avec ces ténèbres, je pu voir sa peau blêmir.
- On n'a pas le choix. Je vais te la remettre, et on n'a rien pour faire une attelle.
- Fais ce que tu peux...
- Tu vois la lune ?
Il la pointa du doigt. J'opinais du bonnet, grimaçante. Pendant ce temps, ses mains palpaient délicatement ma peau, localisant la blessure.
- Tu vois comme elle est si...
Au beau milieu de sa phrase, il imprima une pression implacable tout en imposant une torsion à mon bassin. Dans un raclement infernal, une lance foudroyante me transperça et je braillai sans aucune retenue. Presque immédiatement, Sirang me bâillonna de sa large paume. Je fermais les yeux, notant que la douleur avait très largement diminuée. Ma poitrine se souleva juste avant que je ne m'aplatisse sur le dos, terrassée.
- Merci. Je crois que je vais dormir juste là...
Même les cailloux que je sentais contre mon dos ne me faisaient pas mal. Complètement anesthésiée par l'épuisement qui me rattrapait, je sombrais dans l'inconscience.
***
- J'ai soif,
se plaignit Tiana.
A chacune de ses lamentations, mon coeur se serrait davantage. Mon frère n'avait pas mangé depuis hier, et nous avions un mal fou à trouver de l'eau. La petite ne pouvait pas en supporter plus.
- Ne t'inquiète pas, ma chérie. Cette nuit tu pourras boire la rosée.
- Mais ça ne calme même pas ma langue !
- Tiana, arrête.
Le ton de Sirang avait été dépourvu de toute animosité. En fait, c'était l'extrême lassitude qui y avait percé qui devait avoir réduit ma soeur au silence. Elle lui jeta un regard choqué, comme si elle s'apercevait seulement de son état. Il dodelinait de la tête, les paupières mi-closes.
- On devrait faire une pause. Tu ne tiens plus debout.
- Non, Siara, mais je te remercie de l'offre,
ironisa-t-il faiblement.
- Ce n'était pas une offre.
J'allais m'asseoir plus loin, signifiant clairement que l'on n'irait pas plus loin pour le moment. Il haussa les épaules et m'imita, à ceci près qu'il s'effondra plus qu'autre chose. L'enfant resta encore un instant immobile, avant de suivre notre exemple. Je me rapprochais lentement d'elle, adoptant la démarche parodique et pataude d'un ours.
- Tu as faim, petite fille ?
m'enquis-je d'une voix grave.
- Oui, frère ours, j'ai très faim !
- Tu veux du miel, petite fille ?
Je me rapprochais de plus en plus, ignorant la souffrance qui élançait ma hanche. Tiana se prêtait au jeu, mais je ne voyais pas dans l'étincelle amusée de ses yeux le même éclat qu'autrefois.
- Oui je veux du miel, frère ours !
- Comment ? Tu oses convoiter mon miel ?
Avec un grognement stupide, je me jetais sur elle, l'entourant de mes bras. Elle pouffa tandis que je la renversais, gesticulant au-dessus d'elle. J'étais en train de perdre mes dernières forces dans cette comédie, mais ma soeur en avait besoin pour pouvoir reprendre la route. Si je pouvais, l'espace d'une toute petite seconde, lui faire oublier sa soif... Alors ce sacrifice en valait le coup. Du coin de l'oeil, je notais le pâle sourire de Sirang.
- Hé, vous !
Je roulais immédiatement sur le flanc tandis que mon frère se redressait, saisissant son couteau. Un homme d'une stature incroyable, encore plus massif qu'un orque, se tenait à quelques pas de là. Etrange qu'on ne l'ai pas vu s'approcher. Il n'avait pas l'air menaçant, mais il n'y avait qu'à constater sa musculature de pierre pour réaliser qu'il était mortellement dangereux, même sans armes. Il paraissait bien nourri, et je ne voyais pas comment un individu seul pouvait parvenir à ce résultat, surtout dans cette région.
- Je ne vous veux pas de mal.
- Tu parles !
gronda Sirang. On n'a pas assez de vivres pour nous, alors ne viens pas nous en demander. Ou tu pourrais le regretter !
L'inconnu jeta un oeil dubitatif sur l'arme de mon frère.
- Calme-toi. Je ne suis pas venu pour vous tuer.
A force de l'étudier, je me rendais compte qu'il n'était pas si vieux qu'il y paraissait. Il avait peut-être mon âge, voire même moins. Un véritable géant.
- Je suis venu pour vous sauver,
reprit-il.
- Nous sauver ?
C'était Tiana qui avait parlé. Stupéfaite, je lui pris la main, mais elle se dégagea et fit quelques pas en direction de l'homme.
- Tiana !
suppliai-je.
- Viens, petite. Viens, j'ai beaucoup d'amis à te présenter.
- Beacoup ?
railla Sirang. Encore un troupeau qui court à l'abattoir ? Par où allez-vous, avec vos... amis ?
- Vers l'Ouest.
J'échangeais un regard lourd de sens avec mon frère, qui préféra garder le silence. Je décidais donc d'avertir l'intrus.
- Retournez d'où vous venez. L'Ouest grouille d'orques.
- Je sais.
L'homme posa une main sur l'épaule de Tiana. S'il l'avait voulu, il aurait probablement pu la lui briser d'une pression des doigts... Je frissonnais.
- Nous allons justement là où il y en a. J'ai beaucoup d'amis, vous ai-je dit, et nous sommes là pour tuer les orques.
- Conneries !
siffla mon frère.
- Réfugies-toi dans ta médiocrité si ça t'amuse,
rétorqua-t-il, soudain assombri. Moi, je vais écraser ceux qui prétendent nous annihiler. Je rentre à mon camp, désormais. Vous pouvez me suivre ; sachez que je ne vous forcerai pas. Mais je vous offre la chance de participer à notre survie. A notre victoire. Même si personne ne chante nos louanges dans l'avenir, au moins y en aura-t-il un pour l'Homme.
Et sur ces mots, il tourna les talons. Sirang dardait sur son dos un regard venimeux, mais Tiana lui emboîta le pas. J'hésitais, avant de me lancer :
- Dis-moi ton nom ! Et nous te suivrons.
Le colosse se retourna, affichant un sourire sincère. Il en aurait parut presque beau.
- Mon nom est Sigmar.
Et, sans savoir pourquoi, ces mots firent infuser une douce chaleur dans mon coeur éreinté. Alors seulement je retrouvai quelque chose que je croyais avoir perdu pour toujours... L'espoir.
Re: Grand Jeu Concours !
Posté : 06 oct. 2011, 18:34
par Arzhvael de Bastogne
Björn
Avènement de Sigmar
En dépit de son grand âge, le chef Roppsmen était un homme massif et puissamment charpenté. Des mèches gris fer dépareillaient la jungle noire de sa barbre et, au coin de ses yeux de glace, des rides partaient à l'assaut de son visage. La chevelure du roppsmen était rasée en trois tresses entrelacées qui lui tombaient loin sur sa robuste épaule. Des nodules d'acier émaillaient la peau de Hutga, tels des fongus métalliques poussant dans ses chairs.
D'aucuns au sein de la tribu affirmaient que ces excroissances étaient la malédiction d'un sorcier dont la mégère avait blessé Hutga dans ses jeunes années. D'autres soutenaient que c'était la marque de la faveur des dieux. Ces histoires recelaient une leçon, Björn le sentait. Avec les Dieux Sombres, il était difficile de distinguer les bénédictions des anathèmes.
De sa main d'acier, Hutga invita son fils à se rapprocher. Björn se dirigea vers le trône d'ivoire et de fourrure, et s'inclina devant le chef. Hutga remua sur le tas de fourrure qui l'emmitouflait, et passa d'une position confortable et avachie à une posture de domination et d'autorité. Le guerrier eut un soupçon de compassion pour son père. A cause des excroissances métalliques, il était difficile à Hutga de se protéger du froid. Sa chaleur corporelle le fuyait, absorbée par les nodules. En vérité, il fut surpris de ne voir aucune femme de chef se tortiller autour de lui et tenter de réchauffer sa lourde carcasse.
Au lieu d'agiles filles Roppsmens, Björn vit que des hommes à l'allure sévère flanquaient le trône de son géniteur. Togmol, le champion et aussi le plus grand guerrier de la tribu, se tenait à la gauche de Hutga, son ji incurvé délicatement dans ses bras musculeux. Le champion affichait une tête de plus que Björn, sa barbe était tressée en boucles compliquées, et ses joues portaient les profondes balafres du prix de ses actes. Le front de Togmol était piqueté d'excroissances osseuses, tel un champ dément de petites cornes. Encore une des marques capricieuses des dieux.
A côté de Togmol se tenait Ulagan, le chasseur au physique maigre et nerveux, chef du groupe qui avait retrouvé Björn. Le colossal guerrier le dominait de toute sa hauteur, tel un loup aux côtés d'un renard.
Ulagan faisait le deuil de sa femme, que les dieux avaient reclamée tout en lui donnant un fils le printemps précédent. Le chasseur avait été profondément dévoué à sa femme, et ne donnait aucun signe de s'extraire de son chagrin. Le tentacule mou qui lui tenait lieu de bras était étroitement enroulé, tel un ver, sur l'amulette qu'il portait au cou, une boucle des cheveux de la défunte. L'autre bras du chasseur, dont la normalité faisait fausse note après le spectacle de son vis-à-vis, enserrait l'ivoire d'une lance à tête de fer.
Sur la droite du trône, tapie contre le bras du siège du chef de la tribu, se tenait la silhouette ratatinée de Yorool. La maigre charpente du chaman était presque invisible sous sa robe parcheminée et son capuchon en cuir. Un visage pincé, aux crocs acérés, sourit dans les ténèbres du capuchon. Une moustache grise poussait sur les plaques disgracieuses qui avaient ravagé la partie gauche de la face du chaman. Une petite baguette d'ivoire était enserrée dans les replis de son capuchon, s'efforçant de les empêcher de retomber sur son oeil gauche.
Le chaman avait les yeux de deux couleurs différentes. Le premier arborait la couleur de l'ambre, et le second était un petit gouffre de feu de jade. l'expressionde Yorool, si tant est que l'on eût pu en juger de par le côté droit de son visage, était grave et solennelle.
"Cet homme m'affirme que tu as été le seul à revenir des collines Délabrées !" tonna la voix de Hutga en désignant Ulagan.
Le déclaration du chef fit rougir Ulagan, et le chasseur ne put que croiser le regard de Björn.
"Il raconte que vous avez été attaqués par un contingent dirigé par zâr Lok. Ce chien raconte que tous les chasseurs qui t'accompagnaient ont été tués par Lok et ses chacals serviles."
Björn sentit chaque parole claquer comme un fouet contre sa peau. Le mépris dans la voix de son père était un coup cuissant à sa dignité. Chacune de ces phrases cinglantes faisait monter sa colère. Poings serrés, il lança un regard noir dans celui, dédaigneux, de Hutga.
"Je n'ai aucun pouvoir sur ce que vous a dit Ulagan, et je n'ai pas davantage le pouvoir de vous aider si vous refusez d'accepter la vérité quand vous l'entendez proférer !"
Le ton du guerrier enfiévra les yeux du chef. Hutga se raidit, le visage trépidant de rage contenue. Il bondit sur ses pieds et renversa les lourdes peaux à terre. Il pointa Björn du doigt comme s'il s'était agi d'une lame.
"Non seulement mon fils se montre sous les traits d'un lâche, mais c'est aussi un menteur ! Et ça, c'est plus de honte que j'en accepterai !"
Björn se hérissa en entendant cette accusation et fusilla Ulagan du regard, avant de reporter son attention sur le chef courroucé.
"Si on vous a raconté l'histoire comme elle l'a été aux hommes qui m'ont trouvé, elle ne recèle donc aucun mensonge !"
Hutga grogna de dégoût et s'enfonça dans son siège.
"Tu as quand même du cran, malgré tout, d'oser persister à mentir dans la salle d'audience de ton chef ! Dommage que ton courage ne se soit pas manifesté quand tes frères se faisaient massacrer !"
Björn fit un pas en direction du trône, tremblant de rage.
"Ils étaient déjà morts quand je me suis enfui. Je ne pouvais plus rien faire pour eux."
"J'en ai marre de tes mensonges, petit chiot ! Pour regagner ton honneur je t'ordonne d'aller voir ce qui se passe dans les terres du Sud ! Une Légende semble en train de naître ! Et seulement lorsque tu en auras appris un peu plus sur cet homme, tu pourras reprendre ta place ici, auprès des tiens !"
Björn dégagea son épaule de l'étreinte de Togmol comme celui-ci entreprenait de l'évacuer. Il jeta un ultime regard furibond à son père, mais Hutga avait déjà commencé de se détourner de lui...