[Lelith Dar'Khan] Quand le roi n'est pas là les furies dansent

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Par delà le Grand Océan, bien à l’ouest du Vieux monde, se trouve le continent de Naggaroth, terre des sinistres Elfes Noirs. C’est une région aride et sauvage que les rayons du soleil réchauffent rarement, tant la couche nuageuse y est épaisse, et de terribles tempêtes s’y déchaînent régulièrement.

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[MJ] Le Roi maudit
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Il était très tard dans la matinée. Après les éreintantes obligations de la veille, il avait bien fallu se reposer un peu. Au réveil, la noble déchue eut le plaisir de voir Eva lui apporter un plateau de collations. Des pâtisseries en tout genre, des biscuits, des infusions exotiques importées à grands frais ou razziées chez les humains ou leurs voisins d’Ulthuan. Une bonne journée en perspective. Nahtrelor n’était pas là. Pas plus que ses Hommes. Seul Gûnther et les esclaves du marchand étaient là. Fidèles à leur tâche.
Eva inclina la tête et joint ses mains contre elle en signe de soumission. “Madame a-t-elle bien dormi ?”
"Une très bonne nuit, un réveil plus agréable encore et ma foi, il ne tient qu’à toi de rendre cette matinée mémorable."
L’elfe esquissa ce qu’un observateur aguerri aurait pu prendre pour un fin sourire, mais rien n’était moins sûr avec une Druchii.
Eva sourit à son tour. “Que désirez-vous ? Monseigneur Nahtrelor m’a demandé de subvenir à tous vos besoins.”
Lelith désigna de sa main les draps de soie dans lesquels elle était allongée, nue. Elle les ouvrit, invitant l’humaine à la rejoindre.
Elle vint la rejoindre docilement, un peu nerveuse. Pour sûr, ce n'étaient pas les filles expertes de la Lune d’Atharti. “Vous n’avez pas faim ? Mon maître les a fait préparer pour vous… ”
"Si, évidemment… " L’elfe se glissa doucement sur l’humaine, la frôlant de sa peau tandis qu’elle s’étirait pour atteindre le plateau de nourriture. Elle fourra l’un des biscuits exotiques dans sa bouche, savourant la délicieuse explosion sucrée et épicée.
Eva sourit avant de se blottir contre l’elfe. “Vous êtes gentille avec moi maitresse. Je ne le mérite pas.”
"Peut-être… j’ai toutefois apprécié ton service l’autre jour. Tu me rappelles ma Bretonnienne."
“Et pourtant. Je viens de Marienburg. Votre Bretonnienne n’est pas auprès de vous ?”
"Elle est avec ma sœur. Où, je ne sais pas."

La Druchii prit l’une des infusions qu’elle porta à ses lèvres, les réchauffant grâce au breuvage ambré qu’elle avala. Elle vint ensuite poser ses lèvres contre la nuque de l’humaine, humant sa peau légèrement parfumée, susurrant à ses oreilles.
"Et que savent faire les femmes de Marienburg ?"
Ses longs cheveux noirs tombaient en cascade, enfermant dans une cage soyeuse le visage des deux femmes.
“Ce que leurs maitres attendent d’elles et même plus encore.” Elle laissa glisser ses mains le long du corps sensuel de la Druchii. Un en-cas bien plus appréciable que les pâtisseries.
"Montre-moi … "
Les humains avaient pour eux qu’ils offraient une surprenante sincérité dans leurs paroles, leurs actes et leurs gestes. Une fois écrasé l’instinct de rébellion, les plus serviles comme la jeune femme avait tout pour plaire. De leurs hésitations aux actions les plus osées. La noble en eut pour son compte. Le mieux étant qu’elle ne devait rien. Et le temps fila, fila comme la vie d'un humain, si éphémère mais tellement riche en passion pour compenser les années.

Le jour, du peu qu’il était visible sur les terres glacées de Naggaroth tombait déjà. Lelith, assise confortablement, vêtu d’un simple peignoir de soie douce et écarlate, fixait d’un regard doux, le plus doux qu’une elfe noire était capable, la jeune humaine tandis que cette dernière s’occupait des soins pédicures de sa maîtresse. Onguents, huiles, vernis. Eva s’afférait, dans son plus simple appareil, au milieu de la salle de bain encore prise des vapeurs parfumées des bains.
"Je dois avouer que c’est en effet un cran au-dessus de ma Bretonnienne."
“Content de vous satisfaire. Je suis ici pour cela. Servir les Elfes.”
"Tu as d’autres talents ?" Elle esquissa un sourire.
"J’ai été formé à énormément de choses, Dame Dar’Khan. La poésie. La conversation. La broderie, la cuisine."
"Le combat ?"
"Pas vraiment. J’étais domestique de foyer.”
"Je vois… J'aimerais te mettre à mon service, j’en parlais à Nahtrelor. D’ailleurs où est-il ?"
"Avant de partir, il m’a dit qu’il devait régler quelques affaires en lien avec votre nouveau navire. Et d’un témoin gênant. Mais… Je ne suis pas sûr qu’il voudra que je parte avec vous.”
"Oh je pourrais sans doute arranger cela."
“Réellement.” Elle hésita, il était dur de dire non à un maitre. Une Druchii un peu plus mal lunée l’aurait déjà fait écorcher vive. “Il tient à moi depuis des années.”
"Ça ne fait rien … A-t-il prévu de revenir ici ce soir ?"

Par un de ces retournements comme seul Loec avait le secret, on toqua à la porte et l’une des esclaves alla ouvrir. L’Hôte des lieux vint à pas mesurés jusqu’à la salle des bains.
“Dame Lelith. Toutes mes salutations.” Il tourna la tête vers la servante. “Eva.” Elle s’inclina par automatisme.
"Bonsoir Nahtrelor, la journée vous fût favorable ?"
L’elfe n’éprouvait pas la moindre gêne à être surprise ainsi, si peu vêtue aux mains de la petite humaine.
“Les affaires, comme toujours. Mais l’enregistrement d’un nouveau Reaver me confirme comme armateur. Et Melkiel est toujours ravi d’avoir une nouvelle distraction pour son Hydre.” Il ricana tandis que deux esclaves vinrent lui retirer sa veste. “Et pour toi Lelith ? La convalescence de ta blessure n’est pas trop dure à vivre ?” Un petit sourire s’esquissa.
"Je ne la sens déjà plus. Eva en a pris bien soin. Ainsi, ce petit désagrément est derrière nous. Parfait."
“Encore une chose rondement menée à ce que je vois. Mais prends garde. Tu vas finir par y prendre gout à cette charmante jeune femme.”
"Je crois que c’est déjà trop tard pour cela. J’ai pris goût à sa douce compagnie. Au point que je souhaiterais vous la demander." Elle adressa un sourire charmeur à Nahtrelor.
“Et en quel honneur je vous prie ?” Il haussa un sourcil intrigué avant d’enfiler un peignoir et de rejoindre l’elfe et l’humaine.
"Et bien, Günter, malgré toutes ses qualités évidentes, n’est aucunement capable d’apporter cette touche de féminité et d’attention. Il serait dommage de paraître négligée."
“Certes. Mais on peut dire que j’accorde une certaine valeur sentimentale à cette douce enfant.” Il vint effleurer la joue de son esclave avec une tendresse dont il n’avait fait preuve qu’à la Druchii jusqu'alors. “Tout homme a des faiblesses. Même les elfes.” Et d’ajouter. “J’ai cru comprendre que pour toi, c’était la famille.” Les cartes arrivaient sur la carte. Il n’avait pas un ton méchant ni même inquisiteur. Il demandait. Avec ces yeux dorés. Les mêmes que son cousin. Sur le sable de l’Arène.

"Oui, ma sœur et ma mère ont disparu, avec deux de nos esclaves. Mais, vous le saviez déjà."

“Et les hommes du très peu regretté Vanthief ont un lien à voir avec ça, même ténu je suppose.”
"Vous êtes très perspicace."

Lelith réfléchit un instant. Nathrelor lui avait raconté son histoire, du moins une partie. Si elle voulait que cette alliance, arrangement, appelé le comme vous désirez fonctionne, elle devait lui en dire aussi. Du moins une partie. La Druchii lui expliqua alors le conflit qui l’opposait à Lunenoire, résumant le tout en omettant quelques détails, comme celui où elle se débarrassait elle-même de son père. Elle se contenta de lui narrer le fait que Khael l’avait trompé, volé sa fortune et la chassait désormais, de même que sa mère et sa sœur, seule survivante avec elle. Survivantes et potentielles menaces.
Il l’écouta avec une attention accrue. Oublié le temps de ses paroles le jeune elfe espiègle qui paradait le long du comptoir. C’était le marchand, l’agent de change de deux grandes familles de la ville qui était là. “Je vois. Une noble déchue et fugitive. Trahie par un amant.”
Nahtrelor s’approcha et se laissa choir à ses côtés. “Marienburg se serait embrasé pour voir ça joué sur les scènes des théâtres de rues.”
Son prochain geste fut une étreinte. Un bien curieux geste. Bien trop sincère. Ou bien trop calculé. “La Famille hein. Toujours et encore notre faiblesse.”
Jets cachés
Lelith grommela.
"Ça dépend de quel membre… Enfin voilà… C’est aussi pour cela que je souhaite qu’Eva m’accompagne. La compagnie de Günter n’est pas des plus amusante. Et la savoir prêt de moi m’apporterait un peu de réconfort."
“Puis je te faire une nouvelle confidence ?” Devant son approbation, il poursuivit. “Quand j’ai quitté Marienburg. Ou plutôt lorsque l’en on m’a chassé, je n’ai pas pu prendre grand-chose de mon ancienne vie. Un peu d’or, quelques marins fidèles, mes souvenirs et mes rancœurs. Mais aussi…. ” Il désigna Eva avec tendresse. “Un dernier lien avec l’Asur que j’étais. Alors si tu la désires tant… ” L’elfe songea. “Jure-moi de la chérir et d’en prendre soin.”
"Je suis curieuse de savoir. Eva ? … Que penses-tu ?"
Prise au dépourvu, l’esclave qui semblait décidée à se faire la plus petite possible ouvrit de grands yeux. “Et bien… Si maitre Nathrelor vous n’y voyez pas d’inconvénient…” Elle vint passer une main dans ses cheveux. “Après toutes ces années… Et bien soit.”
"Et, à moins qu’il ne comptait se débarrasser de moi, je n’avais pas pour projet de quitter ses côtés pour l’instant."
“Je me suis presque attaché à toi tu sais.” Il sourit. “Mais sache Lelith. Ce ne sera ni gratuit, ni facile, ni rapide. Mais si tu le désires tu peux me le demander.”
"Trouver ma famille ou t’attaquer à l’une des Grandes Maisonnée de Har Ganeth ?"
“La première. La première. Les Grandes Maisonnées jouent à leurs propres jeux. Nous sommes tous dedans mais pour l’instant. Nos forces sont restreintes. Mais j’ai des contacts qui pourront glaner des renseignements. Voir si les Dieux le veulent, les mettre à l’abri.”
Lelith posa son regard droit dans celui de Nahtrelor, le fixant un long moment.
"Il n’est pas vraiment dans les habitudes des gens d’ici d’aider son prochain ainsi. Pourquoi ferais-tu une telle chose ?"
“Ce n’est pas tant de l’aide qu’un échange de bons procédés. Tu as et auras encore ton utilité pour mes affaires. Surtout une fois sur l’Arche.”
Il s'étira avant de poser son regard sur les deux femmes. "Car après tout, nos ennemis sont proches. Bien plus proches que ce que l'on peut l'imaginer."
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Lelith Dar'Khan
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Lelith était satisfaite. Même heureuse, si la chose se peut pour un Druchii. Naht ayant accepté, visiblement un peu à contrecœur de céder sa jeune esclave à Lelith. Sur la simple promesse d’en prendre soin et de la protéger. C’était là quelque chose dans les cordes de Lelith, bien que déchue. En effet, la noble appréciait à la fois la compagnie ainsi que les compétences de la jeune humaine. Pour ce qui était de sa protection, nul doute que, une fois mit au courant que la jeune femme venait de sa terre natale, Günter garderait un œil, et même les deux sur la nouvelle acquisition de sa maîtresse.

Lelith et Nathrelor discutèrent pendant un moment encore des projets de ce dernier. Il prit le temps de parler de l’Arabie à la noble, de ses coutumes, son histoire. Caressant les cheveux d’Eva nonchalamment, Lelith écoutait attentivement. C’était là des informations intéressantes, le genre d’infos qui peut vous sauver la vie. Il s’agissait de sa première expédition depuis longtemps, la Druchii ne souhaitait pas que cela soit la dernière.

Alors que la soirée avançait doucement, la douce chaleur du foyer et l'enivrante saveur du vin tournèrent la conversation vers un tout autre sujet. Entre histoires personnelles et récits plus ou moins épiques, Nahtrelor finit par aborder le sujet de Karond Kar et ses environs. Bien qu’il connaisse la ville comme sa poche, il y avait un endroit en particulier où le marchand n’avait jamais mis les pieds. Avait-il peur ? Était-il gêné ?

L’Oisellerie. Même parmi les innombrables lieux de débauche et de perversité que renfermait la Cité, la réputation de cet établissement éclipsait toutes les autres. Sa renommée était telle qu’elle s’étendait à tout Naggaroth. Enfin, il s'agissait surtout les personnes comme Lelith qui étaient au courant de l’existence de pareil lieu. À l’époque ou la druchii fréquentait encore les orgies mondaines de Har Ganeth, le nom fut prononcé de nombreuses fois, comme l’endroit à ne surtout pas manquer lors d’un passage à Karond Kar. De légers murmures. De quoi attiser la curiosité des non-initiés. Des promesses. Tout un chacun restant volontairement vague sur la question, un sourire en coin.

Lelith n’en savait guère plus. Elle avait une bonne idée de ce qu’il pouvait se passer entre ces murs, mais son imagination, même la plus perverse, ne pouvait en être sûre. Avec les événements récents, les situations qui s'enchaînent depuis son arrivée en la Cité, la noble en avait même oublié son existence. Aussi, il ne fallut guère plus que l’endroit soit mentionné dans la conversation pour décider Lelith sur la fin de soirée. Nahtrelor ne fut guère difficile à convaincre. L’alcool ? La perspective de passer une soirée agréable avec la noble, ou encore le courage retrouvé par le fait d’y aller accompagner ?

Tandis que son compagnon s’afférait à mettre sur pied une voiture ainsi qu’une escorte, l’Oisellerie étant située en plein cœur de l’un des quartiers les plus mal famé de la ville. Oui oui, même pour les standards de Karond Kar. Lelith, elle, avec l’aide d’Eva regagnait la salle de bain qu’elle avait quitté seulement une heure avant. Coiffure, maquillage, ainsi que ses vêtements les plus osés qu’elle avait encore en sa possession. Pour se protéger de la nuit glaciale durant le trajet, la Druchii passa sur ses épaules un ample manteau d’un violet sombre et bien entendu, sa dague dissimulée à l’intérieur.

Une vingtaine de minutes plus tard, la petite troupe, Dornahil à sa tête pénétrait dans le Placître. Esclaves, humains, bêtes, tous plus répugnants les uns que les autres s'écartèrent vivement au passage de la voiture. Ces bouseux n’hésiteraient certainement pas à attaquer un ou deux elfes de passage, en revanche, une demi-douzaine, armés jusqu’aux dents ne constituaient pas leur genre de cible de prédilection. L’odeur était infâme, même au travers des portes closes, Lelith pouvait en percevoir toutes les effluves, aussi nauséabondes soient-elles. Subitement, le décor change. En lieu et place du trou boueux et moisi, se tenait là une place bordée de bâtiments tout aussi bien bâtis que ceux de la Cité Haute. Rues pavées, bordures de fleurs. Impressionnant malgré la rudesse du climat du continent. Les bottes des hommes de Nathrelor claquaient sur les pavés tandis qu’ils approchaient d’une vaste grille finement ouvragée. À l’approche de la troupe, elles s’ouvrirent, donnant sur de grands et beaux jardins sous serre. Lelith et Nahtrelor tirèrent les rideaux de soie des fenêtres, rideaux qu’ils avaient pris soin de fermer durant le trajet. Nathrelor se souvenant fort heureusement que ce conseil lui avait été donné par un habitué des lieux. À l’extérieur, On en devinait toutefois facilement que les plantes et fleurs que renfermaient les serres ne provenaient pas d’ici. Malgré l’obscurité de la nuit tombée depuis plusieurs heures, Lelith, aidée par ses yeux d’elfe, distingua aisément les tours et pourtours des lieux. L’extérieur en lui-même valait déjà la peine de s’y rendre, aussi fit-elle promettre à Nahtrelor de ne pas omettre de visiter les lieux avant leur départ de l’Oisellerie.

Remonter le chemin jusqu’aux portes de l’Oisellerie prit de longues minutes tant la propriété était vaste. Le bâtiment ne ressemblait à aucun autre. Ni par son apparence, ni par son architecture. Il jurait tant dans le décor qu’on croirait qu’un sorcier l’avait fait apparaître ici par magie, le subtilisant à un autre peuple. Boiseries, dorures, grandes fenêtres. Tout cela rendait les lieux très accueillants, loin des formes froides et sinistres classiques des villes de Naggaroth.

La troupe s'arrêta aux portes, des esclaves humains, grands, bien bâtis, à la peau sombre vinrent prendre en charge la voiture afin de l'amener à l’endroit prévu à cet effet. Nahtrelor offrit sa main à Lelith et, ensemble, leurs hommes suivant, les Druchii entrèrent, passant de lourdes portes de bois massif que leur ouvrirent deux autres de ces humains à la peau sombre. D’Arabie, certainement.

Une vague de chaleur soudaine, presque étouffante, couplée à une soudaine luminosité intense surprit Lelith. Une agréable musique, parfaitement mesurée, ni trop forte, ni trop faible vint immédiatement charmer les oreilles de la jeune noble. Deux jeunes humaines, des plus agréables visuellement, vinrent débarrasser les Druchii de leurs manteaux. La tenue de Lelith ne laissait guère de place à l’imagination, l’air ambiant, au contact de sa peau nue lui procura une douce caresse tiède, une profonde sensation de bien-être. La température devait être, à peu de chose près, la même que sa température corporelle. La tête lui tourna doucement, la transportant lentement vers un léger état d’euphorie, due aux intenses odeurs d’encens omniprésentes. Odeur qui s’estompa rapidement, l’odorat de Lelith s'habitua bien vite aux effets des vapeurs.

Nathrelor, Lelith à son bras s’avança alors vers la réception, un grand sourire, du moins ce qui avait lieu de sourire pour un Druchii, sur le visage, se demandant certainement déjà quelles tournures intéressantes prendrait cette nuit.
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Lelith Dar'Khan, Noble de Har Ganeth
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Re: [Lelith Dar'Khan] Quand le roi n'est pas là les furies dansent

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L'Oisellerie. Le seul lieu de toute la Tour du Désespoir à ne pas empester le Corsaire. À ne pas grouiller de Corsaires. Même le Bréa, sous tous ses beaux atours, était le lieu de réunion des officiers et des capitaines. Ici, ce n'était pas le cas. Ici, Lelith était comme chez elle.
Ou bien c'était exactement ce que l'endroit voulait lui faire ressentir.

L'Asur renégat semblait trouver le Hall d'entrée à son gout. Avec ses décorations, ses parfums, ses murs et ses sols venus d'ailleurs. Cela devait lui faire remonter les souvenirs d'une ancienne vie, loin de Naggaroth. Il y avait même des plantes en pots. Suprême arrogance dans cette contrée glacée où les elfes s'évertuaient à se réclamer de la plus implacable cruauté. Des fleurs en pot. Et une charmante réceptionniste. Une elfe menue. Minuscule, mais vêtue d'une jolie robe. Une véritable poupée vivante aux yeux pers qui salua respectueusement les deux nouveaux venus.
"Seigneur Nahtrelor, Demoiselle Dar'Khan. C'est un honneur pour notre établissement et pour moi-même de vous recevoir. Vous pouvez m’appeler Aimine, moi et tout le personnel de l'Oisellerie sommes à votre service pour la Soirée."

Elle fit disposer l'escorte vers un des salons, non sans une grimace presque imperceptible du marchand que la Noble déchue fut prompte à repérer. Pourtant, ils avaient le droit de conserver leurs propres armes. Aimine donna des indications en langue humaine aux différents serviteurs. La visite des lieux pouvait commencer. Sortis du vestibule, la Grande salle offrait aux deux amants le spectacle grandiose et osé de l'immense fresque de Dame Atharti et de ses soupirants divins. Leur hôte ne manquait pas de commentaires élogieux sur les tissus, les œuvres d'art, et la qualité des invités de l'Oisellerie. Deux esclaves humains tirés à quatre épingles, l'un tenant un seau métallique et la bouteille de vin figée dans la glace, l'autre des verres en cristal, s'approchèrent pour les servir. C'était un vin rouge, perlant en bouche, une note surprenante qui allait avec ses arômes de baies.
"Il est importé des coteaux de Rémas. C'est un vin unique. Ma Maitresse adore ce genre de petits émerveillements."
Si l'alcool était bon, il semblait laisser un arrière-gout dans la bouche de Nahtrelor qui murmura à sa compagne. "Je le connais, j'en importais à Marienburg."
Mais devant l'enthousiasme de la Jeune Noble, il céda. Serviteurs à part, il y avait peu de monde. Mais c'était le haut du panier de la ville. Riches et belles elfes dissimulées derrières leurs robes provocantes et leurs masques envouteurs, grands commerçants et armateurs dans leurs belles vestes. Tout un monde de regards qui pouvaient provoquer des guerres ou nouer des alliances. Bien des choses se jouaient ici. Mais pour eux deux, ce n'était qu'une délicieuse distraction avant de longs mois en mers. Aimine n'en finissait pas d'évoquer les invités de l'Oisellerie, sans jamais en nommer un bien entendu. Mais elle s'arrêta net, et salua une nouvelle venue.

Sans les cheveux d'Albâtre, les oreilles en dagues effilées, la silhouette menue et les yeux d'azur où luisait une étincelle de malice, on aurait presque pu la prendre pour une humaine. Elle avait une robe qu'elle reconnut sans peine. C'étaient les robes des lavandières du Nordland. Des terres mêmes qu'elle avait ravagé à l'époque. Quel était le petit jeu étrange de la Marâtre ?

"Aimine, Aimine, Aimine, tu peux aller t'occuper de ces mesdames. Je prends le gouvernail pour ces deux beaux tourtereaux." Elle gloussa, une vraie pimbêche. D'une certaine façon, elle rappelait Elhia. "Dame Vyrin pour vous servir. Le vin est à votre gout ? Et ma tenue ? Je sais que vous connaissez tous deux si bien la région. Oh la Mer des Griffes comme disent les Hommes. Ses glaciers, ses fjords. Ses grandes forêts et les êtres singuliers qui la peuplent. Venez, venez, on peut discuter en paix."

Véritable furie, elle les entraina aux étages, jusqu'à un magnifique boudoir. Feutré, avec des moulures ouvragées, des décorations asurs, et l'ombre d'Atharti. Des sièges rembourrés, des verres, du vin.

"Un petit oiseau m'a dit que vous repartiez bientôt en expédition ? Je suis heureux d'avoir pu vous intercepter avant Nahtrelor. Beaucoup de nos hôtes n'ont que compliments à votre encontre."
"Ce n'est que trop d'honneur." Il sourit en sirotant son vin.
"Oh ne soyez pas modeste, les gens modestes sont ennuyeux." Elle inclina la tête sur le côté avant de regarder Lelith. "De vous, j'en sais bien moins, mais vous avez l'air fascinante. Où vous êtes vous rencontré ? Oh non, mieux, où vous rendez vous sur l'Arche de Melkiel ?"
"Vers l'Arabie."
Le sourire de la tenancière s'élargit encore plus. Ses yeux brillaient comme deux saphirs de la parure de Morathi.
"Merveilleux. L'Arabie. Ses coupoles, ses gens. Ses esclaves, sa magie. Ses fauves et ses pégases. Dites moi, puis-je vous demander une faveur ?" Elle s'allongea sur sa banquette, son menton entre ses deux mains jointes comme si elle voulait une confiserie. "Si vous y arrivez, ramenez-moi un pégase d'Arabie. Ou même l'un de leurs coursiers si élancés."
Elle papillonna du regard, amusant le Marchand.
"Je ferai de mon mieux si cela peut vous réjouir."
Vyrin applaudit une fois et conclu : "Parfait ! Parfait ! Bon et bien... Laissons la place aux réjouissances, qu'en pensez-vous ?"
Jet d'Int : 4, réussite
Second jet d'Int : 8, réussite
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Lelith parcourait du regard le vaste et faste hall d’entrée de l’Oisellerie. Tout n’était que richesse, d’une indécente opulence. Mais la noble adorait cela. Elle se sentait ici dans son élément et, déjà, souhaitait rester en ces lieux indéfiniment. Une jeune elfe, toute petite, au visage adorable et à la robe échancrée, vint se présenter au jeune couple, tout sourire.

"Seigneur Nahtrelor, Demoiselle Dar'Khan. C'est un honneur pour notre établissement et pour moi-même de vous recevoir. Vous pouvez m’appeler Aimine, moi et tout le personnel de l'Oisellerie sommes à votre service pour la Soirée."

Lelith arbora un sourire espiègle, fixant la jeune elfe sans la moindre retenue. Éuphorique de par les fumées stimulantes et aphrodisiaques d’encens qui brûlaient doucement. Excitée de par la douce chaleur qui réchauffait sa peau et son désir, la noble se languissait déjà du moment où elle pourrait retirer les quelques morceaux de soie superflue, sentir le corps brûlant de la petite elfe se lover contre le sien dans une étreinte passionnée. Pour la Druchii, ce moment semblait approcher alors qu’Aimine faisait conduire leur escorte dans l’un des salons adjacents. Günter et Selenn, autour d’une bouteille. Une scène cocasse que Lelith s’amusait déjà à imaginer. Bientôt, la petite elfe les pria de la suivre, afin de procéder à la visite en bonne et due forme des lieux.

Les autres espaces de l’Oisellerie étaient à l’image du vestibule. Un constant étalement de richesse, d’or, de pierrerie et de tissus parmi les plus fins du monde. Une immense fresque, grandiose et magnifique représentant plusieurs divinités du panthéon elfique trônait au centre, ultime provocation dans un lieu consacré au vice, à la luxure et à la provocation la plus pure. Amusée, Lelith remarqua toutefois que l’artiste n’était pas allé jusqu’à dépeindre Khaine. Sage décision certainement. La visite se poursuivit, agrémentée des indications et explications d’Aimine. Narrant l’historique de tel ou tel objets, parlant tantôt des invités, ou des services de la maison.

Lelith n’écoutait qu’à moitié. Son regard jonglait surtout du corps d’Aimine, aux courbes aguicheuses et provocantes des magnifiques elfes qu’ils croisaient. Aux robes échancrées, luxueuses, savourant boisson, nourritures ou encore contact physique. Accrochée au bras de Nahtrelor, la Druchii se mordit la lèvre à la vue d’esclaves humains, vêtus de pagnes ornés et ouvragés, permettant aux invités d’admirer leur imposante musculature mise en valeur par les huiles parfumée qui faisaient reluire leur peau. Peut-être que Lelith pourrait demander les services de l’un ou plusieurs d’entre eux. Il y avait également du choix pour ce bon Nahtrelor, nombre d’esclaves humaines, venant de différents lieux du Vieux Monde. Femmes de l’Empire, de magnifiques blondes bretonniennes. De magnifiques femmes d’Arabie à la peau foncée, dansant du ventre et des hanches.

Tout ici excitait la jeune noble au plus haut point. Elle avait déjà pris part à bien des soirées d’orgie et de débauche, dans des soirées regroupant des dizaines d’invités et esclaves. Mais rien de comparable à ce que la jeune elfe pouvait voir ici. Tout ce sur quoi se posait ses yeux transpirait le raffinement, la perfection la plus pure.

"Aimine, Aimine, Aimine, tu peux aller t'occuper de ces mesdames. Je prends le gouvernail pour ces deux beaux tourtereaux."

Une Druchii venait de les haranguer, congédiant la jeune réceptionniste par la même occasion. C’est avec une moue que Lelith la regarda partir, ressentant une vive déception. Elle posa alors son regard sur la nouvelle venue.

"Dame Vyrin pour vous servir. Le vin est à votre goût ? Et ma tenue ? Je sais que vous connaissez tous deux si bien la région. Oh la Mer des Griffes comme disent les Hommes. Ses glaciers, ses fjords. Ses grandes forêts et les êtres singuliers qui la peuplent. Venez, venez, on peut discuter en paix."

Ainsi, la maîtresse des lieux en personne les honorait de sa présence et de sa compagnie. Tirant doucement sur le bras de Nahtrelor, Lelith la suivit, entraînant le marchand dans son sillage. La Marâtre les mena dans un petit salon privé. Enfin, petit était un euphémisme. Il était luxueux, richement décoré de tableaux, d'œuvres d’art et de moulures. Une table basse sur laquelle attendaient vins et petites collations. Et, de confortables fauteuils rembourrés. Il n’en fallut guère plus pour Lelith qui prit rapidement place, s’étendant avec aise, dans une position des plus aguicheuse, ses longues jambes nues s’effleurant l’une l’autre tandis qu’elle observait Vyrin, tout en sirotant le sucré liquide du breuvage qu’elle tenait à la main.

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La maîtresse des lieux échangea quelques formalités avec Nathrelor, avant de porter son attention sur la jeune noble qu’elle qualifia de fascinante. Lelith soutint le regard perçant de son interlocutrice, affichant un petit sourire en coin, tandis que son compagnon répondait à toutes les questions que la Dame adressait au couple. Que ne fût pas son excitation lorsqu’elle apprit la destination du raid, à savoir l’Arabie. Son regard s’illumina lorsqu’elle parla des pégases. Ses chevaux très rares et très convoités par les Maîtres des Bêtes. Monture favorite des Grandes Dames et des Sorcières, en dresser une pouvait apporter de grandes richesses, dans le premier cas, ou la faveur d’une des Suivantes de Morathi, ce qui était une récompense en soi de loin supérieure à l’or.

Hélas, pour la Dame de l’Oisellerie, Lelith convoitait elle aussi l’une de ces montures. Il sied à son rang de posséder pareil animal. La stupidité des sang-froid la répugnait. La bestialité des Manticore l’indisposait, pour ce qui était des dragons… Est-il nécessaire de mentionner leur rareté, seuls les plus loyaux sujets de Malékith se voyaient offrir pareil honneur.

Nahtrelor tenta d’esquiver la tentation de faire une promesse à la Dame, se contentant d’un “je ferais au mieux”.

Lelith, elle termina sa consommation, avant d’en quérir une seconde. Elle profita de cet instant où elle avait les mains libres pour retirer le mince châle de soie qu’elle portait sur les épaules, mettant encore plus à nue sa peau pâle. L'enivrante vapeur des encens lui montait toujours à la tête, l’euphorie et l’excitation qu’elle ressentait ne se dissipant guère.

"Parfait ! Parfait ! Bon et bien... Laissons la place aux réjouissances, qu'en pensez-vous ?"

Lelith déposa son regard dans celui de Vyrin, percevant au fond de ses yeux la lueur d’excitation. Souriante, la jeune noble approcha une grappe de raisin qu’elle maintint suspendu au-dessus de ses lèvres, avant de s’emparer de l’un des grains, lentement, de façon à la fois provocante mais sensuelle. Une goutte du jus fruité coula à la commissure de ses lèvres, événement tout aussi naturel que calculé.

-Je dois avouer, Madame, qu’il me tarde de découvrir les joies de vos murs. Si elles sont moitié aussi agréables que la beauté de ces lieux, je n’en serais que des plus satisfaites.

La Druchii dégagea une mèche de son abondante chevelure noire derrière son oreille.

- Mais trêve de flatterie, il me semble vous avoir entendu dire à mon compagnon que les gens modestes sont ennuyeux… Alors que nous valent ces guenilles des plus basiques ?

Lelith désigna d’un air nonchalant la robe bien en dehors des standards Druchii, un sourire coquin aux lèvres.

- Peut-être devrions-nous faire revenir votre charmante réceptionniste. Qu’en dites-vous Nahtrelor ?

Du bout du pied, la noble caressait la cuisse de son amant assis dans le même sofa qu’elle. Si Lelith cherchait à provoquer la Marâtre, il n’y avait en revanche aucune malice, la jeune noble étant sûrement au moins aussi pressée de profiter des réjouissances.
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Lelith Dar'Khan, Noble de Har Ganeth
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Re: [Lelith Dar'Khan] Quand le roi n'est pas là les furies dansent

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Jet de charisme : 2, elle rigole à ta "blague."
Jets cachés
Jet de résistance à ce qu'on a mit dans le verre : 20, mouais bof
Jets cachés
Répercussions... Cachées.
Nahtrelor opina du chef. "Si cela vous amuse très cher, alors demandons à notre hôte." Le Marchand sourit, regardant le petit jeu qui commença entre les deux autres elfes.
Ainsi, Lelith voulait Aimine la petite réceptionniste aux yeux pairs. Vyrin afficha son sourire le plus commercial. "Oh, avec ces... guenilles je cherchais à vous rappeler à tous deux un moment particulier de vos existences. Son premier pillage, ou son premier voyage depuis Marienburg. Que de grands moments."
Elle trépigna dans sa robe. Mais un petit regard complice plus tard, elle haussa les épaules. "Mais si elle vous dérange tant que ça..."
L'illustre maîtresse à chanter de l'établissement laissa ses épaules menues se dévoiler dans l'échancrure de sa robe brodée. Comme une cigale sortant de son ancienne peau, elle apparut, vêtue d'une manière tout aussi provocante que la noble. Foulant sa robe à ses pieds, déjà lassée, elle regarda Dame Dar'Khan. "Permettez-moi de demander. Quel prix êtes-vous prêtes à mettre pour Aimine ?"
Mais la réponse de Lelith prit véritablement au dépourvu la Marâtre. Qu'elle pouvait regarder, même participer si elle était sage. Vyrin rigola. Non pas un gloussement, non pas un ricanement. La Reine de tous les bordels et de toutes les maisons closes de Karond Kar rit à s'en dilater la rate sur sa chaise.
Essuyant une larme, elle reprit contenance. "Mais plus sérieusement ?"
Elle ne fut pas en reste pour la seconde affirmation. Voilà que Lelith proposait que Nahtrelor satisfasse l'elfe aux cheveux d'ivoire. Elle esquissa un demi-sourire avant de cribler l'homme de son regard étincelant. "Pourrais-tu me satisfaire, Nahtrelor ?"
Surpris de cette familiarité soudaine, le marchand posa son verre de vin. "Et bien... En de nombreuses manières, tout dépend de ce que vous recherchez. Et ce que vous attendez."
"Ce que j'attends. C'est ce qu'elle, pourra apporter. Ce que toi, Lelith Sombrecoeur, ou Dar'Khan, tu pourrais m'apporter."
Vyrin inclina la tête. "Très bien. Très bien. Je vais faire venir Aimine, désirez-vous d'autres... Services ?"
"Je suis tout ouïe… quelles autres délicatesses votre splendide établissement offre-t-il ? Je crains de ne pouvoir en explorer toutes les facettes avant mon départ, peut-être pourriez-vous me suggérer les spécialités." Lelith adressa un clin d’œil provocateur à la Marâtre.
“Des Hommes, des Femmes, des Elfes, des Hommes, d’autres races encore. Des lettrés, des idiots, de pures beautés. De véritables monstruosités. Les seules limites sont celles de vos désirs. Et je suis là pour les combler, et bien plus encore.”

"Je dois avouer que l’idée d’une femme du Cathay, ou encore d’un azur rampant à mes pieds, me séduit. Ou peut-être encore vous laisserai-je me surprendre, car, bien que je ne doute guère que la compagnie d’Aimine me satisfera grandement, c’est vous, Ô ma chère qui m’intriguez au plus haut point."

“Vous m’en voyez ravi seulement. Vous désirez un asur suppliant. Il y en a déjà un dans la pièce. Il ne tient qu’à vous de faire votre effet.”
"Certes, toutefois ce cher Nahtrelor est d'excellente compagnie. Je ne saurai tirer avantage de sa générosité à mon égard. Non. Je pensais à l'un de ces Calédoriens des plus arrogants, si ma foi, vous en possédiez un. Quel doux supplice que l'humiliation. Pourquoi pas même le livrer aux bons soins d'un Monkeigh particulièrement pourvu. Qu'en dites-vous Nahtrelor ? Cet endroit m'inspire." Lelith ricana, caressant l'épaule de son compagnon.

Le marchand approuva doucement. La Marâtre, pour sa part, sourit une dernière fois avant de poliment s'éclipser. Des esclaves éteignirent les lustres, ne laissant que de petits lumignons. Leur tête tournait. Trop de vin dans le ventre, et autre chose dans le vin. Toutes les envies du monde envahissaient leur esprit. Si bien que la réalité devint floue, sirupeuse, langoureuse. La réalité se fit plaisir, le plaisir se fit réalité. Depuis quand le salon feutré donnait sur une chambre bien plus grande ? Des lits, des banquettes, d'adorables sofas. Les ombres que projetaient les statuettes sur les murs trahissaient les postures luxurieuses que le sculpteur avait délivré de la pierre. Nahtrelor l'entraina sur une banquette. Des silhouettes s'immiscèrent minutieusement. Des esclaves à étreindre, à aimer, des esclaves à mépriser, à sauvagement empoigner pour leur rappeler quelle est l'ultime espèce sur ce continent. Des humaines aux formes envoutantes. Des elfes voluptueuses. Des gaillards solidement bâtis, de jeunes éphèbes entre deux âges. Ils vinrent les dénuder. La beauté à la peau de cuivre et aux longs cheveux noirs laissa un baiser glisser dans le cou de la noble. Des dragons d'encre dansaient et s'enroulaient sur ses bras immaculés.
Elle n'eut qu'à lui susurrer ce qu'elle voulait pour que la courtisane s'exécute. Ses mains vinrent la masser, retirant le stress des derniers jours. Une détente bienvenue avant les affres d'une vie en mer. Deux autres mains s'affairèrent. Nahtrelor se montrait galant. L'élégance asur assurément.
La nuit s'écoula avec le même alanguissement que les hommes et les femmes dénudés qui s'étaient rassemblés sous l'égérie de la Marâtre. Ici, Lelith était libre d'être elle-même, d'être plus qu'elle-même. Tout ce qu'elle rêvait de faire, elle en avait le droit, et on lui offrait la possibilité de le faire. Et même plus que ce qu'elle pouvait imaginer. Bien plus.
Aimer les courbes cajolantes des esclaves à ses pieds, être aimée par Nahtrelor comme par tous les autres. Voir une elfe la supplier tant elle se languissait de se blottir contre la pâleur de sa peau nue. Même des choses bien plus sombres, des choses qu'elle s'ignorait capable de faire ou d'apprécier, mais pourtant tout était plaisant ici. Elle était la reine de ces lieux, et sa plus terrible catin. Lelith Dar'khan était décadente, déchue. Comme toute la Race Druchii, comme toute cette ville. Comme l'Oisellerie dont elle devenait l'une des parts, à moins que l'Oisellerie ne devenait une part d'elle. La Noble disposait ici du droit de vie, de mort, de renaissance, d'incarnation comme de la désincarnation.

Ils n'étaient plus elfes, mon-keighs, esclaves ou individus libres. Ils n'étaient que des corps se lovant contre elle, se lovant les uns contre les autres. Ils n'étaient que des jouisseurs de mille plaisirs défendus qu'on les encourageait à laisser s'exprimer. Repus, comblés, satisfaits, remplis. Ils pouvaient l'être, mais elle, pas totalement. Malgré tout, malgré les propres limites de son corps, malgré toutes les passions qui se consumaient en ce moment même en elle. Malgré la fatigue, l'excitation, les liqueurs et les rites impies de l'amour charnel et carnassier des elfes. Lelith Sombrecœur désirait une chose. Et elle apparut dans l'embrasure d'une porte qu'elle n'avait pas vu jusqu'ici. Le souffle rauque, le corps en émoi, elle se dégagea de la prise de Nahtrelor qui l'honorait avec fougue dans un rôle qu'elle ne réservait d'ordinaires qu'aux jeunes prétendants fous qu'elle aimait dégrader autant qu'ils la comblaient d'allégresse. Il se plaignit audiblement d'abandonner ainsi la sublime anatomie de l'Har Ganethi, mais se consola bien vite lorsque quelques mignonnes Sylphides se glissèrent contre lui. Titubante, exaltante, suintante, pantelante même, elle avança jusqu'à Aimine.

Elle ne portait rien que ces fines bandes de soie. "Vous avez demandé mes services à nouveau ?" La réceptionniste avait ce même ton doux et calmait, imperturbable aux bruits sordides ou extatiques qui pouvaient venir des appartements. Ses doigts d'une douceur inimaginable glissèrent sur le corps de l'hôte d'honneur, sur tout son corps. "Vous semblez si... épanouie ici. Si pleine et entière. Restez... Restez avec moi. Restez ici." Aimine vint se blottir tout contre elle, la tête au creux de son buste. Comme Lelith avait pu en rêver, elle brûlait de cette passion si tendre, pourtant si... Attendue ?
Tout en venant l'embrasser, hissée sur la pointe des pieds, elle la regarda. Une fois encore, Aimine la guida. Non pas par les mots, mais par les gestes. Toujours en minutie et en douceur. Tranquillement. Comme si elles n'étaient que deux sous la lumière de la lune. Avec ses étoffes de soie, elle vint l'enlacer, l'enserrer. Et à la surprise de la grande elfe, Aimine en fit sa captive. Attachée par la soie comme la proie d'une Araignée, une araignée qui ne manqua pas de savoir faire. Elles n'étaient que deux. Deux sous les regards de bien des témoins. Silencieux et anonymes sous leurs masques ouvragés ou bien enlacés dans la masse des corps amoureux.
+2 PDC Atharti
Sa tête était comme, martelée. Tout son corps poussa de sourdes plaintes tandis qu'elle remua. Elle avait une douleur tangible à des endroits que la décence interdit de nommer... Et surtout. Elle était dans un peignoir de soie. Blotti contre elle, dans l'étroitesse du palanquin, son cher marchand. Lui aussi en quête du repos après une telle nuit. En écartant les rideaux de leur véhicule, Dame Dar'Khan observa le très protocolaire Dornahil qui écartait les badauds à grand coup de cravache. Günther était là. Selenn aussi. Et les deux ne pouvaient s'empêcher de se fuir du regard. "Allez les Tourtereaux, une bonne douche vous attends aux entrepôts."
Dornahil termina de rigoler tandis qu'elle laissa se refermer le rideau. Leurs affaires avaient été rassemblées avec soin. Nahtrelor grommella. "Trop de choses à faire... Avant le départ." Avant de se rendormir, tout contre elle. Mais le tissu violet de leurs linges intriga la noble. La soie avait imprégné les encens de l'Oisellerie. Son peignoir sentait encore le parfum d'Aimine.

Dès le lendemain, elle mettrait un océan entre elles deux.
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Re: [Lelith Dar'Khan] Quand le roi n'est pas là les furies dansent

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Bien que long, dans l’air frais de la nuit, le trajet de retour en palanquin ne fût guère désagréable. Nue dans sa robe de soie, la chaleur réconfortante de Naht blottit contre elle, Lelith, l’esprit encore embrumé des effluves d’encens de l’Oisellerie, inspirait profondément l’air pur, légèrement salé qui provenait du large et qui balayait, comme chaque jour la cité. La noble apprécia grandement ces instants de calme et de répit. Même elle, malgré tous les excès et tout le désir dont elle était capable de faire preuve, devait reconnaître que la nuit précédente l’avait laissée vidée, rassasiée. Le simple fait d’être allongée dans une étreinte avec son compagnon lui suffisait maintenant. Sur ses pensées et ses souvenirs, la Druchii ferma les yeux, se laissant aller au sommeil.

Un moment plus tard, qui parut durer le temps d’un clignement d'œil, Lelith revint à elle, au moment où Günter la déposa doucement sur l’un des fauteuils de la suite de Nahtrelor au Bréa. La noble entendit s’affairer dans la salle d’eau juste à côté, avant d’en voir sortir Eva, vêtue d’un simple peignoir de soie. Elle aida sa nouvelle maîtresse à se glisser dans le bain chaud qu’elle venait de faire couler pour elle. La Druchii s’y installa, soupirant de plaisir au contact de l’eau chaude contre sa peau, bientôt sublimée par le doux contact des mains de la jeune humaine. Très vite, Lelith s’endormit à nouveau.

Après quelques heures passées aux bons soins d’Eva, Lelith se sentait enfin fraiche et prête à affronter cette journée, la dernière avant son départ. Le soleil était déjà levé depuis un moment quand Lelith rejoignit Nathrelor, après s’être vêtue. Dans le salon, ce dernier conversait avec une elfe à la peau pâle et aux cheveux blancs. Un regard froid et dur se posa un instant sur Lelith avant que la femme, après avoir salué Naht, prit congé et quitta l’appartement. La jeune noble s’avança vers son compagnon, lui offrant un sourire chaleureux.


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-Une amie à vous ?

"Une amie personnelle qui pourra très rapidement devenir une amie commune.Je lui ai fait part de quelques-uns de nos soucis communs et moyennant des échanges de bons procédés elle pourra nous aider. J'ai très hâte d'avoir de ses nouvelles à notre retour."

Le marchand, après avoir embrassé son amante, s’enquit de son état. Non sans humour, Lelith lui rétorqua que oui, elle avait quelques douleurs, à des endroits dans la bienséance ne lui permettait pas de mentionner ainsi. Le marchand avait devant lui une grosse, très grosse journée, aussi, après avoir salué la noble, il prit congé, prenant soin de la faire accompagner de Selenn, ainsi que de lui donner une petite bourse, conquis par les câlins de sa compagne.

Lelith sortit alors dans l’air froid de Naggaroth, précédée de Günter et Selenn, armés et vêtus de pieds en cape. À ses côtés, Lelith pouvait compter sur la présence de d’Eva pour lui tenir compagnie. Les deux bourrins du groupe évitaient de croiser le regard. Il régnait une tension pesante, lourde de sens. Une tension que Lelith connaissait bien, très bien même.

-Et bien Selenn, vous avez pu profiter des joies de mon Günter ? Il a de longs arguments à l’impact certain n’est-ce pas ?

Lelith ria, tandis que les oreilles de Günter rougissaient. Et bien que la température était glaciale, elle n’y était, à cet instant précis, pour rien.

Pendant plusieurs heures, la Druchii et sa suite arpentaient les rues des hauts quartiers de la cité. Sous les conseils de Selenn, la noble fit affûter ses armes dans l’une des meilleures forges de la ville. C’est un nain, certainement forgeron émérite, devant valoir son pesant d’or -et il était imposant- qui s’affairait sur les lames de la jeune noble. Si il y avait une chose qu’il valait reconnaître à cette race inférieure, c’était leur habileté à la forge qui égalait et parfois même, bien qu'extrêmement difficile à avouer, dépassait l’habileté des forgerons naggarothis.

Après quoi, le groupe s’arrêta un moment pour se restaurer, avalant rapidement un bol de soupe de poisson qu’un étal vendait. Le soleil avait déjà, bien que masqué par l’épais manteau nuageux, passé le zénith, que Lelith s’arrêta soudainement devant l'échoppe d’un travailleur de cuir. Günter resta au-dehors, montant la garde, tandis que les trois femmes entrèrent. Un peu plutôt ce jour là, Lelith avait eu la confirmation qu’Eva pourrait être du voyage avec elle, aussi, afin de respecter sa promesse à Naht, et aussi parce qu’elle en avait envie, la Druchii dénicha quelques vêtements pour la jeune humaine, plus adaptés à la vie sur une arche que les robes qu’elle portait d’ordinaire. Des braies, des bottes en peau de lézard marin, un pourpoint de cuir ainsi qu’un manteau, pas de premier choix certes, mais au moins la jeune humaine passerait-elle un peu plus inaperçu à bord. Tandis qu’Eva essayait ses nouveaux atours, Lelith décida également de demander à Günter de former la jeune rousse au maniement de la dague. Il était toujours plus avantageux d’avoir quelques lames de confiance à portée de main.
► Afficher le texte
La journée s’en allant vers son terme, Selenn suggéra alors qu’ils reprennent la route du Bréa, Nahtrelor voulant certainement s’entretenir encore avec Lelith avant de prendre le large. De plus , la jeune noble devait encore rassembler ses affaires. Et, bien entendu, organiser le transfert de son coursier à bord de l’Arche. La troupe se remit alors en marche, redescendant vers le port.
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Lelith Dar'Khan, Noble de Har Ganeth
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Re: [Lelith Dar'Khan] Quand le roi n'est pas là les furies dansent

Message par [MJ] Le Roi maudit »

Durant leur périple à travers les ateliers de la ville moyenne, Selenn regardait attentivement les alentours. La crainte d'une attaque d'assassins, de roublards ou même d'esclaves payés par un des ennemis de Nahtrelor ou de ses patrons était tangible. La corsaire semblait rôdée à sa tâche. Et pour la première fois depuis qu'elles s'étaient rencontrées il y a quelques jours, elle paraissait exprimer pour la Noble autre chose qu'un intense dégout.
Elle demanda même :
"Vous avez bien profité hier ? Vous vous sentez prêtes pour la Faveur de Khaine ? Ce sera bien plus éprouvant."
"Je ne doute pas de votre soutien et de vos conseils lors de cette aventure. Votre expérience me sera des plus précieuses." Lelith sourit à la corsaire.
"Je ferai ce que Naht m'ordonne. Et si cela me chante." Son petit air complice s'affirma encore plus. "Il est peut-être doué pour les affaires, mais en mer, c'est Melkiel et moi qui assurons."
"Je n'en doute pas. À ce propos, si Günter ou moi pouvons aider d'une façon ou d'une autre."
"Oh, je pense avoir quelques menus travaux à vous faire faire, vous verrez, on n'a jamais le temps de s'ennuyer sur une Arche." Elle glissa un clin d'œil à Günter qui s'empourpra encore plus.
"J'aurais d'ailleurs voulu vous demander un service ma chère."
Elle dodelina de la tête, l'air de dire : "Je suis tout ouïe."
"De votre expérience, lame noire ou cimeterre. Lequel est le plus adapté ?"
Décontenancée, elle se reprit avant de répondre : "Le Cimeterre est le plus pratique au combat en mer, lame courte, plus facile à manier."
"Vous trouverez bien un moment pour me l'enseigner, n'est-ce pas ? " Lelith stoppa, la regardant dans les yeux. "Faisons un échange de bon procédé."
"Que proposez-vous en retour ?"
"J'ai exprimé mes demandes, quelles sont les vôtres ?"

Elle prit le temps de la réflexion. Un moment. "Vous vous souvenez quand je vous ai parlé de menus travaux ? J'aurais réellement que vous les accomplissiez, il en va de la sécurité d'une personne qui m'est très. Très cher."
"De quel genre de travaux s'agit-il ?"
"Vous verrez sur l'Arche, mais ils feront appels à l'entièreté de vos talents et de vos attributs, je n'en doute pas. Ne voyez pas ça comme un travail pour moi. Mais... Un travail pour Nahtrelor." ⁣ Elle lâcha la dernière phrase avec bien trop de sentiments pour une corsaire aussi revêche.
"Je suis redevable à Nahtrelor déjà, donc je lui rendrais bien évidemment ce service. Mais dans votre cas alors, n'y a-t-il rien qui puisse vous satisfaire ? "
"Qu'est-ce que vous voulez. Je suis une corsaire dure à satisfaire." Elle regarda en l'air en souriant. "La seule chose que je désirerais de vous, vous vous sentiriez offensée de tout votre être. De toute votre stature de noble."
"Dites toujours, je ne suis pas facile à offenser." Lelith ricana.
"Laissez-moi Nahtrelor."
"Nous pouvons partager." La noble lui adressa un clin d'œil, cherchant à jauger son interlocutrice.
Elle semblait surtout confuse et chagrinée. Selenn avait donc une corde sensible. "Ce n'est pas juste, il vous connait à peine. Et pourtant il vous a sauté dans les bras."
"Serait-ce des sentiments que je perçois ?" Lelith parle d'une voix douce, sans moquerie, ni cassante, comme les Druchii savent si bien faire.
"Non ! Ce serait malvenu que d'avoir des sentiments pour mon employeur." Elle reprend contenance et avance, fendant la foule des esclaves et des corniauds à grand coup d'épaule et de bâton.
Lelith l'attrape par le bras, ferme, mais douce. Elle plonge son regard dans le sien. "En quoi est-ce malvenu que d'avoir de l'ambition ?"
"C'est vrai." Elle en rit presque. "Sur l'instant, je fais honte à tous les corsaires et Druchiis du continent."
"C'est la notre nature. Prendre ce que l'on désire." Elle réfléchit un instant, désignant à la corsaire une taverne proche. "Vous voulez m'en parler ? "
Selenn hochera de la tête. La corsaire blonde se dirigea vers la taverne, un troquet de corsaires où des esclaves défraichies proposaient des consommations à bas prix. Le bois des banquettes piquait et le sol était sale mais elles étaient tranquilles ici. Elle demanda une liqueur noire, une sorte de tafia macéré aux baies aigrelettes des forêts naggarothi. "Vous prendrez ?"
"La même chose, autant m'habituer."
L'esclave qui leur posa les godets était charpenté, brun, à moustache. Si l'on n'était pas à Naggaroth, on aurait tout aussi bien pu le prendre pour le patron du troquet. L'alcool était fort, brûlant des papilles à l'estomac, mais après les premières gorgées, ça descendait tout seul !
"J'ai une question alors... Lelith. Si je puis me permettre."
L'autre elfe hocha la tête.
"Qu'est-ce que vous désirez, vous ?"
"Ramener quelques richesses de ce voyage. J'ai d'autres buts, que je garderais pour moi à cet instant. Mais Nahtrelor, avec tout le respect et l'affection que je lui porte, n'est pas l'un de ceci. Un partenaire, certes, un époux ? Non. Et vous, quels sont vos désirs ? Peut-être pourrions-nous nous soutenir l'une l'autre dans cette direction"
Elle sembla surprise. "Vous ne voudriez pas épouser un homme dans sa situation ?" La Corsaire répondit après à la question, un peu en renâclant : "Je désire les richesses, la gloire, comme tous les corsaires, mais aussi un peu plus de considération de lui. Je le connais depuis si longtemps. Il doit finir par me prendre pour un meuble."
"Agissez-vous tel un meuble ?"
"Si cela lui plaisait, je pourrais le faire. D'ailleurs... Cette nuit." Ses yeux s'illuminèrent d'une malice bien druchii. Elle voulait des détails !
"Je crois deviner qu'il aime les femmes entreprenantes." Lelith sourit à la mention de la nuit. "Il y a des choses… qu'il paraissait adorer, et d'autres moins. Peut-être que ..."
Elle s'appuya sur les coudes, le menton sur ses poignets de marin, tendant les oreilles.
"Et avec Günter alors ? Comment était-ce ?"
Etait-ce la liqueur ? Mais Celenn vira au pourpre. "Ennuyeux, on a attendu dans ce salon pendant que vous vous rouliez contre le giron d'Atharti là haut !"
"Vous aussi ?" Lelith ricana, ne cédant pas un pouce de terrain.
Selenn se mordit la lèvre, et réfléchit à une tactique, avant de lancer :
"Une information pour une information !"
Elle se hissa sur la table, zigzagant entre les godets pour demander à l'oreille une confidence à la Noble. Le plus noir méfait accompli la nuit d'avant. Et Lelith lui répondit. Non pas la stricte vérité, mais des choses qui lui serviraient fort bien pour la suite. Selenn sembla satisfaite et surprise.
"Ma foi. Je prends note. Et pour ce qui nous concerne... Je dirais que votre garde du corps est très bon en assaut."

"Vous et Naht alors… ça fait combien de temps ?"
"Plusieurs années maintenant. Vous savez qu'il est..."
"Qu'il est ?"
Elle l'épela sans dire les mots, trop d'oreilles indiscrètes. Les quatre lettres maudites, celles-là mêmes qui pouvaient provoquer la rage sourde de bien des elfes.
Elle hocha la tête, distraite.
"Mais vous a-t-il dit le reste ?"
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Re: [Lelith Dar'Khan] Quand le roi n'est pas là les furies dansent

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C’est dans un lieu proprement immonde que Selenn traîna Lelith. Un sol qui collait sous les pas de la Druchii, des étoffes rapiécées et rongées par l’humidité pendaient mollement devant les carreaux jaunis des vitres. Vitres par lesquelles il était d’ailleurs pratiquement impossible de discerner quelque chose à l’extérieur. L’air était lourd, chargé d’un odieux mélange d’odeurs de sueur, de pisse et d’alcool à la limite du frelaté. Mais au moins, au moins, la petite troupe serait tranquille ici, passant inaperçu parmi les loubards de corsaire avinés dépensant jusqu’au moindre denier de leurs paies durement gagnées. Quelques esclaves servaient, tandis que quelques humaines – de second choix – vêtues comme des catins s’affairaient à gratter le fond des poches des clients.

Lelith grimaça. Vulgaires, dépareillées, aucune élégance. La jeune elfe posa son regard sur Eva, comme pour rincer ses yeux des images qui furent portées à son regard. Günter lui, resta debout prêt de la table de sa maîtresse, guettant, vigilant, attentif au moindre détail.

Une fois assise, Selenn commanda une espèce de mixture noire, à l’odeur des plus quelconque. C’était sans doute buvable, mais Lelith, sachant pertinemment que cela risquait fort bien d’être le type de bouffe qu’elle aurait à bord de l’Arche décida de briser la glace de suite. Aussi demanda-t-elle la même chose. La Druchii fixa sa partenaire, un sourire aux lèvres.

Ainsi, la fière Selenn avait un point faible. Ah l’amour, cette chose formidable, capable de transformer la plus féroce des Manticore en chaton. Lelith avait pour sa part expérimenter cela récemment. Ce fils de chienne de Lunenoir s’était bien servi des sentiments de la jeune noble naïve. Était-ce une faiblesse pour autant, malgré son expérience, elle ne saurait trancher de manière définitive.

La Druchii put repérer une pointe de jalousie et d’envie. Et elle s’imaginait sans aucun doute pourquoi. La pauvre Selenn, faisant les yeux doux à Nahtrelor pendant des années, Lelith arrive, un verre et paf, emballé, c’est pesé, les deux passant la nuit dans le même lit, ainsi que les suivantes. Cependant, Selenn était une corsaire. Fière et plutôt douée de ce qu’elle laissait paraître. La noble lui suggéra alors d’appliquer la même philosophie. Prends ce que tu estimes qui t’appartient. Si la corsaire restait plantée là, sans bouger, à attendre que le temps passe et que peut-être, un jour, Nahtrelor décide d’entreprendre lui-même d’initié la conversation, elle n'aurait pas assez d’une vie d’elfe pour attendre.

Pour Lelith, toutefois, la situation était claire. Elle était reconnaissante envers Nahtrelor. L’Azur de la connaissait guère et pourtant, il lui avait offert une main tendue dans un moment où elle en avait désespérément besoin. Un logement décent, sécuritaire et confortable. Une escorte. Sa compagnie, ses relations, et même une esclave. Bien évidemment, Nahtrelor ne faisait guère cela par pure générosité et Lelith en était consciente. Le marchand cherchait bien évidemment des bras pour faire florir son entreprise. Quelqu’un qui savait se battre était toujours bon à prendre. La Druchii avait certes développé une certaine forme d’affection pour son bienfaiteur, mais, et elle en assura Selenn, elle ne voyait guère Nahtrelor comme un potentiel futur mari. Elle n’en expliqua pas les raisons à Selenn, mais la corsaire parut satisfaire de la réponse de la noble.

Pour Lelith, les raisons étaient nombreuses. Tout d’abord, elle n’était pas certaine d’arriver à placer à nouveau toute sa confiance en une personne. Elle se tiendrait désormais sur ses gardes, anticipant toujours le pire. Deuxièmement, le bougre était bien plus riche qu’elle. Dépendre financièrement et matériellement d’un homme était une perspective qui ne l’enchantait guère. Enfin, par estime pour ce qu’il avait fait pour elle, Lelith ne voulait pas le mêler à sa vengeance contre Lunenoir. Du moins pas frontalement, pas directement.

Cette situation mettait toutefois en lumière une nouvelle opportunité pour Lelith. Si elle parvenait à macquer Selenn avec le marchand, la gratitude et la reconnaissance de la corsaire lui serait acquises. Elle pourrait également compter sur ses faveurs. De toute façon, là où Lelith s’embarquait, à savoir une colossale Arche flottante remplie de pillards, la jeune noble avait bien plus besoin d’alliés que d’une potentielle rivale nuptiale.

Tout en sirotant son noir – et dégueulasse – breuvage, Lelith livra quelques anecdotes sur la nuit passée. Elle essaya de guider Selenn, l’informant sur ce que Nahtrelor semblait aimer, ainsi que des fenêtres que la corsaire pourrait exploiter pour arriver à ses fins. Toutefois, elle mentionna à Selenn que l’expérience qu’elle avait des goûts de Nahtrelor était principalement sexuelle, aussi elle lui demanda de parler un peu du marchand, dans la vie de tous les jours, elle qui la connaissait depuis des années.

"Mais vous a-t-il dit le reste ?"

"Le reste ?" Lelith changea sa position sur sa chaise, s'approchant de la corsaire. Mieux valait parler bas, ici. Les murs ont des oreilles.

Selenn agita un doigt haut et fort devant ses mèches blondes. “Tut-tut-tut. Un secret contre un secret, d’accord ?”

Lelith hocha la tête.

"Ça ne répond toujours pas à ma question. Vous et Nahtrelor"

“C’est grâce à moi qu’il est ici. À Karond Kar”

"je suis certaine qu'il s'agit là d'une histoire passionnante. Que vous me conterez lors d'une des mornes soirées à bord de l'Arche. Je parlais plus de l'autre histoire" Elle lui adresse un sourire en coin.

“C’est très simple. Il était jeune, beau, ambitieux, et il avait tout un empire à rebâtir sur notre belle Naggaroth. Comment ne pas tomber dingue d’un elfe qui prépare déjà le prochain siècle en travaillant sur le marché du moment. Il n’a pas fait des émules qu’avec nous deux. Même si cela n’engendre pas que des amitiés. C’est là que j’interviens.”

Lelith termina son noir breuvage, fixant avec intérêt la corsaire. “De quelle manière ma chère ? ”

“En m’assurant que les harpies aient toujours à manger. ”

Lelith fit la moue, s’attendant sans doute à un récit plus exaltant, plus… épique.

“Oh, il y a de l’épique en toute chose. Mais la plupart de mes actions n’ont pas à être ébruitées. Il y a plus d’oreilles que de pierres sur les murs de la ville. ”

Le soleil descendait doucement à l’horizon, en de rares occasions, l’astre était visible, sa lumière perçant à travers un nuage clairsemé. Le petit groupe descendait vers le port. Traverser la basse ville, sous l’intense lumière avait quelque chose d’étrange. Malgré les rayons de soleil qui frappaient le sol, les murs et les reliefs, tout semblait quand même sombre, comme si les ténèbres absorbaient la lumière. Où était-ce tout simplement les tons et architecture propres à la ville. Noir, gris, cendré. Tel un monochrome, la ville s’étendait et, au détour d’une ruelle, Lelith s’arrêta contre un muret de pierre noire. La rade était visible, la lumière orangée du soleil perçait les brumes épaisses et la jeune noble put prendre pleine conscience de l’immensité de la Cité. Une demi-douzaine d’Arches flottait au centre de la baie, leurs cimes paraissaient en feu. Des dizaines et des dizaines, si ce ne sont centaines de navires, se croisaient dans les canaux, accostant ou sur le départ. Une grande partie de ces derniers d’ailleurs semblait n’avoir pour but que la navigation locale, charriant marchandises et esclaves d’une Arche aux quais, ou d’un quai à un autre. Un détail frappa Lelith alors qu’elle levait les yeux vers les hauteurs de la Cité. Pas une harpie ne volait présentement, poussées dans leurs sombres tanières pour l’aveuglante lumière.

Selenn désigna à la jeune noble une Arche à quai. À encore un bon mile de marche. Flanquée de trois pontons et d’une tripotée de navires, du ravitailleur au Reaver. Lelith devina sans mal qu’il s’agissait là de la Faveur de Khaine. Sa maison pour les prochaines semaines. La Druchii passa encore un moment à scruter le port, profitant de cette rare occasion. Mais bientôt, les nuages s’épaissirent et l’obscurité reprit ses droits. Lelith profita d’un dernier rayon de soleil qui lui réchauffa la peau, malgré le froid humide environnent. Selenn reprit la marche, Lelith et ses deux serviteurs sur les talons.

Un peu plus loin, alors que le groupe avançait maintenant dans le secteur des docks, cherchant à gagner l’accès à la Faveur de Khaine parmi les dizaines de pontons qui se trouvaient là. Une foule compacte, hétéroclite les entourait, aussi Selenn redoubla-t-elle d’attention, un coup de surin dans le dos étant vite arrivé. Enfin, après de longues minutes, la corsaire identifia la bonne direction, repérant au loin deux des corsaires de Nahtrelor qui filtraient les allées et venues.

Soudainement, un mouvement surgit dans le champ de vision de l’elfe. Plus rapidement encore, ce fût Selenn qui se précipita, vive comme l’éclair. En moins de temps qu’il ne fallait pour le dire, un jeune elfe était à genoux, capuche baissée et lames sous la gorge. Si proche que déjà, une minuscule goutte écarlate perlait sur la lame du couteau.

Lelith fit signe d’arrêter à la corsaire avant qu’elle ne l’égorge purement et simplement. La jeune noble reconnut le messager de son salopard d’ancien mari, celui-là même qu’elle avait renvoyé à Har Ganeth dans le but d’envoyer Lunenoir sur une fausse piste. Aux dires du jeune, cela avait fonctionné. La gorge libérée de la morsure du couteau, il expliqua à Lelith que Khael était persuadé que la jeune sœur de cette dernière, Elhia, avait été tuée à Karond Kar. Lelith et Malida, elles avaient trouvé refuge dans une autre Cité. Clesthil, de son petit nom, jura à la Druchii qu’il avait entendu dire qu’elles étaient à Hag Graef. Il jura également que Khael n’avait pas obtenu ce renseignement, tout occupé qu’il était à compléter sa main mise sur les richesses et possessions de la famille.

La jeune elfe prit un moment pour réfléchir, contemplant l’Arche imposante qui se dressait à une centaine de mètres de là. Ces nouvelles remettaient en cause bien des choses, à commencer par son expédition prochaine. Toutefois, agir sous le coup de l’émotion, sans réfléchir, sans planifier son plan dans le moindre détail risquait de séparer sa tête de son corps assez rapidement. Il lui fallait s’assurer d’abord de la loyauté totale du messager -elle avait déjà une idée derrière la tête-, mais il fallait aussi et surtout en parler à Nahtrelor. Il avait les ressources, les hommes et, plus important encore, Lunenoir ignorait tout de son existence, ou du moins, de son implication avec Lelith.

La Druchii retourna vers ses compagnons. Elle demanda à Clesthil de rester avec elle, ce qu’il accepta, suivant Lelith sous le regard inquisiteur et attentif de Günter. Enfin, la noble se tourna vers Selenn, lui demandant si Naht se trouvait à bord de l’Arche, si non, était-il possible de lui parler encore avant le départ…
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Lelith Dar'Khan, Noble de Har Ganeth
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[MJ] Le Roi maudit
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Re: [Lelith Dar'Khan] Quand le roi n'est pas là les furies dansent

Message par [MJ] Le Roi maudit »

Les Arches noires. De tous les fléaux qui sillonnaient les océans tumultueux de ce monde, aucun ne pouvait glacer le sang des marins que ces monstres de métal aux dimensions gargantuesques. Même leur simple mention faisait frisonner les hommes. Les féroces Norses, les ambitieux conquistadors des royaumes d'Estalie, les intrépides navigateurs tiléens, les marchands de Marienburg et même, même, les boucaniers sans dieux ni rois de Sartosa, tous redoutaient les Arches noires. Car elles n'étaient pas de vulgaires bateaux. C'étaient des citadelles. Aux formes acérées, cruelles. Noires comme le cœur des druchiis. Cruelles comme les Harpies qui nichaient dans les mâtures. Et grande comme la gueule d'un léviathan, l'entrée principale attendait béante, qu'embarquent corsaires et esclaves, marchandises et matériel. Pour ramener des milliers d'hommes, enchainés et suppliants, il fallait déjà des centaines d'autres. Car les rouages de ces machines infernales avaient besoin de sang. Parfois même, littéralement.

Les esclaves, le jeune page et les deux femmes elfes avancèrent sur l'immense rampe d'accès. Le pas preste, la corsaire ne s'attarda pas à décrire les cales où s'entassaient provisions et matériel. Mais ici déjà, le plafond était haut comme celui des temples d'Har Ganeth. Selenn saluait sans cesse des têtes familières. Des camarades de traversée, des hommes à elle, ceux de Melkiel ou de Nahtrelor. Elle expliqua à la Noble la hiérarchie précaire de l'endroit. Melkiel et son frère étaient les commandants en chef. Nahtrelor assurait l'intermédiaire entre eux et les grands patrons, Lokir Fellheart et Gedlaen Alethi. Ceux qui finançaient ces expéditions. Grands armateurs, et même amiral pour le premier. Sous l'égide de Melkiel, les officiers, comme Selenn, les maitres des bêtes, les navigateurs, les régisseurs de l'intendance. Indépendant, mais au même rang, le couvent des sorcières.
En dessous, l'innombrable masse des corsaires, les marins, et en dessous, la fange. Esclaves de toutes races. Et les disgraciés. Leur marche devint une ascension en empruntant l'un des escaliers tortueux pour accéder au pont supérieur. Les lieux étaient un véritable dédale, et le peu qu'elle en avait vu donnait déjà le tournis. Pas de fenêtres, juste des tommettes émettant des lueurs verdâtres pour se guider dans ces boyaux d'acier.
Le pont supérieur était vaste comme les plus grandes places de la ville. Des marins s'affairaient dans les mâtures, harcelés par les piailleuses harpies. L'une d'elle vint se poser près du petit groupe, son regard d'onyx chargé de curiosité.
"Elles savent qu'un sacrifice sera fait lors du départ, elles espèrent de l'avance."
Comme s'il s'agissait d'un adorable chaton, la Corsaire vint tapoter la tête de la créature ailée. Cette dernière poussa un couinement strident en se frottant contre la jambe de l'elfe blonde. "Parait que les gabiers là-haut leur donnent des petits noms. Mais je plains ceux qui doivent nettoyer le pont après leur repas."
Et le terrain était plus que piégé en effet. Des restes peu ragoutants. Comme tout à Karond Kar. Comme tout avec les corsaires. De la merde, des os, du sel. Les immenses mats soutenaient des voiles grandes comme les murailles d'Har Ganeth. Tendues, elles devaient obscurcir les cieux. Le nécessaire pour faire avancer la nef colossale.
Un dernier regard vers le soleil avant de redescendre dans les souterrains qui abritaient l'essentiel des infrastructures. Une dernière minute à l'air libre sous le brouhaha lointain, mais tenace, de la Tour du Désespoir.

Les quartiers des corsaires étaient dans le ventre du navire, de grandes salles aux plafonds bas où s'entassaient des couchettes superposées. Pour l'instant tout semblait en ordre, les affaires de chacun au pied des lits, les tabourets, les barils, quelques corsaires saluaient les deux femmes. Mais cela ne durerait pas, expliqua Selenn. La promiscuité, l'ennui, l'usure des semaines en mer, l'eau qui trempait les corps. Le trajet élimerait la patience, les corps et le sérieux de tous.
"Le pire arrive avec les ragots, la jalousie. On finit par se planter une dague pour un amant, ou une paire de bottes."
Elles remontèrent à des couloirs sertis de nombreuses portes. Les cabines des officiers. "La tienne est là, mais garde la chose discrète, les marins n'aiment pas les pistonnés. Tu vas adorer, on est voisines."
Elle ouvrit avec une imposante clé pour laisser voir derrière la porte une minuscule cabine. Aussi dénuée de fenêtres que le reste des intérieurs de l'arche, la salle ne comprenait qu'un lit, un bureau, un grand casier pour les affaires et quatre murs. Loin du luxe nobiliaire, mais au moins, elle n'aurait pas à partager ses nuits avec des corsaires sans hygiène, et aux dires de Selenn, la nourriture servie dans l'arche faisait des ravages olfactifs.
Décidant de laisser les deux humains installer ses affaires, la noble, flanquée de Clesthil et suivant Selenn, continua son ascension. Jusqu'au haut commandement. Le métal grinçait sous leur pied. Toujours cette odeur de rouille et d'iode. L'odeur de la mer et du renfermé.
"Pour le reste, tu as tout le temps de la traversée pour le découvrir. Puis j'ai quelques petites tâches à te confier, jamais le temps de languir tu verras !" Un peu trop enjouée, la corsaire blonde finit par toquer à la porte. Une voix caractéristique. "Entrez."
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