[Astrid] Il faut perdre pour gagner

Malgré les fréquentes attaques des Hommes-Lézards, la ville de Port-des-Pillards est une ville prospère, bien qu'elle soit un repère d'individus peu recommandables.

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[MJ] Bugman
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[Astrid] Il faut perdre pour gagner

Message par [MJ] Bugman »

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La bonne personne au mauvais endroit peut faire toute la différence au monde
- Losterikson, légendaire Norse


La Lustrie, ses jungles tout aussi luxuriantes que mortelles. Ses locaux si exotiques, sa météo si changeante. Une drôle de région en soi, dont les endroits les moins létaux restent les côtes. En parlant de côte, une d’entre elles ressort de l’ordinaire. Un gros tas brun ressort de la couleur jaune du sable. Pourtant ce n’est point une bête ou un tronc d’arbre qui jonche le sol ensablé, mais une femme. Une jeune femme, norse sans doute.


Elle est mouillée de la tête aux pieds et sonnée d’avoir fait un tel effort. Un véritable miracle d’avoir parvenu à nager jusqu’ici sans se noyer. Après un instant pour récupérer ses forces, elle se relève. Après des mois, que dis-je, des années de calvaire, Astrid Torasdottir est libre. Seule, fatiguée, avec uniquement des affaires rudimentaires pour s’en sortir, mais libre.
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Le soleil est aussi brûlant que le sable dans ses sandales. Le vent souffle en étant accompagné par le chant des mouettes locales. Les vagues caressent le sable derrière avant de repartir, en laissant derrière elles l’écume maritime. Devant-elle, la forêt ? Ça ressemble à une forêt, mais elle est très différente de ce qu’une fille du nord peut espérer connaître. Les arbres ont comme de longues écailles de bois à la place d’une écorce verticale, et les feuilles sont incroyablement grandes. De nombreux buissons et mauvaises herbes recouvrent ce terrain, qui semble d’ailleurs habité par pleins de petites créatures. Des insectes, mais pas que, des étranges petites créatures à peau de poisson marchent sur les feuilles. Mieux encore, elles ont des taches partout sur le corps.

Tant de nouvelles choses si uniques, si spéciales. Après quelques instants à récupérer son souffle, ainsi s’en va notre brave aventurière. À peine commence-t-elle à pénétrer cette espèce de forêt qu’elle remarque une lumière derrière. Progressant encore, elle sort de ce qui est en vérité un bosquet.

Encore une fois, en face se trouve à perte de vue la plage. À perte de vue ? Non, une espèce de petite mais large montagne au loin ressort. En regardant un peu plus, ce n’est pas une montagne. C’est une ville ! Avançant d’un pas marqué et déterminé son avenir, à court terme se rapproche d’elle.

C’est après des dizaines de minutes que les choses deviennent plus claires. C’est bel et bien une ville, immense même par rapport aux standards Norse. Une immense palissade, une muraille entoure complètement la ville. Impossible de voir plus pour l’instant.

Soudain, une voix grave derrière un rocher surgit et surprend la pauvre naufragée.

Hein, mais c’est…
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Un homme, qui parle en Norsi. Il est petit, barbu mais pas gros. Ses cheveux sont aussi longs que gras. Ses habits sont simples, si ce n’est une manière polie de dire qu’il porte des haillons. Il tient un filet dans sa main gauche.


Mais, j’vous connais pas moua. Qu’est-ce qu’une gamine fait ici ? Vu les habits, z’êtes nouvelle chuppose. Vous v’nez d’la crique là-bas ? Les z’ancêtres vous favorise vu qu’vous z’êtes en vie.

Pas besoin d’voir peur, chuis ptet laid, mais chuis réglo.


Il parle avec un drôle d'accent. Un accent étranger similaire à quelqu’un qu’Astrid connaissait, sa propre mère.

Moi c’est Mazdulf, mais z’avez le droit d’m’appeler Maz, comme tout l'monde.

Cé quoua vot’ nom ? Si ch’peux aider, j’veux bien mais après faut que j’retourne au taf, le poisson ça s’attrape pas tout seul, y morde ici en plus héhé.



Le drôle d'énergumène à un tonneau derrière lui ainsi qu’un chariot à bras. Il a de très grandes bottes en cuir qui semblent particulièrement épaisses. De plus, il lui manque un doigt à la main droite. Il regarde Torasdottir avec un sourire, montrant ses jaunes dents, ou du moins ce qu'il en reste. Il n'a pas l'air méchant.

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Astrid Torasdottir
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Message par Astrid Torasdottir »

Après avoir vécu les heures les plus longues de mon existence sur le drakkar puis dans les flots de l'océan, je finis enfin par m'échouer sur une plage apparemment déserte. Heureusement, l'eau d'ici est beaucoup plus chaude que celle des mers de Norsca, sans quoi je serais morte de froid depuis longtemps. A vrai dire, la nuit, elle semble même plus chaude que l'air lui-même, et ce n'est pas peu dire car il ne fait jamais froid ici !

Assommée de fatigue, je relâche à grand peine mon étreinte sur le morceau de bois auquel je m'agrippais depuis une éternité. Ce simple geste me demande un terrible effort. Je n'ai plus de forces, et mes bras me font mal : je serrais tellement fort cette bouée improvisée, et depuis tellement de temps, que j'ai tétanisé. En même temps, je n'avais pas vraiment le choix, si je lâchais, j'étais morte, et la vie, je m'y suis cramponnée, quitte à souffrir...

Percluse de crampes, je n'arrive pas à apprécier la sensation d'avoir de nouveau la terre ferme sous moi, ou plus exactement le sable. C'est le matin, il n'est pas encore trop chaud. Une seule chose compte pour l'instant : je suis sauvée. Je ferme les yeux et une vague de soulagement m'envahit aussitôt, tandis que je sombre dans le noir.

Le réveil est peu agréable. Je suis toujours dans la même position, allongée face contre terre, le sable irritant contre ma joue gauche. De l'autre côté, ce n'est guère mieux : le soleil tape fort, et j'y suis exposée, ça me brûle un peu, même si l'humidité ambiante de l'air moite atténue cette sensation de chaleur. Bon, il va falloir s'y habituer, il n'y a pas le choix et fort à parier que je passerai pas mal de temps dehors sous ce climat dans les mois à venir. Mais je suis forte, je suis Skaeling, j'ai connu pire, je m'y ferai.

Péniblement, je me redresse, puis me remets sur mes pieds, non sans que la douleur ne me tire une grimace. Je m'autorise une brève pensée pour les événements de la veille, pour la mort horrible de maman. Aussitôt, les larmes me viennent sans que je ne puisse les retenir. Elle a tout sacrifié pour moi, jusqu'à sa vie, et maintenant, je suis seule, toute seule, plus jamais je ne reverrai son sourire, n'entendrai sa voix rassurante, ne sentirai son étreinte aimante. Il me faut quelques minutes pour que mon esprit ne reprenne le contrôle sur mon cœur, à grand renfort d'adrénaline. Je chasse ces sombres pensées, me concentrant sur le moment présent, il faut réagir et se tirer de là, et vite.

La première chose qui me vient à l'esprit est pourtant bien futile. Moi qui aime soigner mon apparence, je dois être dans un sale état : en haillons, peut-être encore tachés de sang et noircis de suie. Je sens partout sur mon corps et dans mes cheveux la désagréable sensation du sel.

Plus important : la situation n'est guère brillante, car je ne vois plus la ville que j'avais aperçu la veille du bateau. Je suis toujours fatiguée même si j'ai pu un peu récupérer, mais surtout, j'ai la gorge affreusement sèche. Seule bonne nouvelle : j'ai réussi à conserver les objets que j'avais ramassés sur le bateau. Ma ceinture a tenu, c'est un solide ceinturon de facture norse, simple, mais efficace et joli, ce qui ne gâche rien. Il a parfaitement rempli son rôle en retenant ma hache de guerre, mon poignard et la bourse que j'y ai attaché.

J'observe mon environnement. Je me trouve sur une plage de sable blond, bordée par une forêt qui ne ressemble en rien à celles que je connais. Pas un seul sapin, épicéa ou autre conifère. Pas même un des rares feuillus que j'ai pu voir, bien qu'ils leur ressemblent déjà plus. Non, ici les arbres sont bizarres, avec des troncs particuliers et avec de grandes feuilles qui poussent au sommet, et des fruits gros juste en dessous, dont certains sont tombés au sol. Je préfère ne pas y toucher, tant que je peux faire sans, car je ne les connais pas et je ne sais pas s'ils sont comestibles.

Si la flore locale me paraît bizarre, que dire de la faune ? Je n'en vois sans doute qu'un petit échantillon, et c'est tant mieux. Les oiseaux sont relativement normaux, bien que certains soient plus colorés que ceux que je vois d'habitude. En revanche, au niveau du sol, il y a une foule d'insectes et de bestioles inconnues, fort heureusement toutes de petite taille et dont aucune ne me semble agressive ou dangereuse.

Derrière la sorte de bosquet que je traverse à la recherche d'une source d'eau douce pour étancher ma soif, je me retrouve de nouveau face à la plage. C'est alors que j’aperçois au loin une immense tâche qui contraste sur le sable. Il me faut quelques instants pour réaliser qu'il s'agit de la ville que j'ai aperçu hier. Ouf, je suis sauvée !

La perspective de retourner à la civilisation me redonne du baume au cœur. Marchant d'un pas déterminé, j'avance vite. Ce faisant, je constate que la ville n'a rien de commun avec mon village de taille modeste. Celle-ci semble énorme, gigantesque, peut-être avec plusieurs milliers d'habitants, voire plus. C'est difficile à estimer, car un solide mur de bois l'entoure.

Toute absorbée par la contemplation de la ville vers laquelle je marche, je ne remarque pas la présence d'une autre personne dans les environs avant que ce dernier ne m'interpelle, dans ma langue natale, ce qui me fait sursauter et porter instinctivement les mains à mes armes. Il s'agit d'un homme pâle, à l'apparence pauvre et peu soignée, il se décrit comme un pêcheur et tient en effet un filet à la main. L'homme parle le norse dans un registre familier, ce qui n'est pas très étonnant, et avec un fort accent étranger, qui n'est pas sans me rappeler celui de ma mère.

A première vue, ce type, Mazdulf, dit « Maz » me semble amical. Au pire, il n'est pas armé, et moi, j'ai une hache et un poignard pour me défendre. Je me détends un peu, le gratifie d'un sourire et lui tend la main droite que j'enlève du manche de ma hache. Ma gauche, par contre, reste posée sur ma ceinture, dans une posture apparemment décontractée, mais pas trop loin du manche de mon poignard, juste au cas où...

Consciente que je ne présente pas très bien dans ma tenue de naufragée, je tente une réponse en norse, adoptant un ton amical et un registre semblable au sien, mais sans écorcher ma langue natale :


-Salut Maz, moi c'est Astrid, fille de Tora. Ouaip j'ai eu une sacrée veine de m'en tirer en effet... Mais les ancêtres n'y sont pour rien : la chance, ça se provoque.

En prononçant ces derniers mots, je revois dans un flash les derniers instants de ma mère. Je serre les poings et ferme les yeux un bref instant pour m'empêcher de pleurer. Au fond de moi et pas comme il le croit, je sais que Maz a un peu raison : sans le sacrifice de ma mère, j'y serai restée... Mais aujourd'hui, elle n'est plus là. Je dois rester forte et ne compter que sur moi pour m'en tirer.

Je souffle un coup, rouvre les yeux et reprend, toujours joviale, mais cette fois-ci, je tente dans la langue de ma mère, le reikspiel, que l'on parle dans le Vieux-Monde. Si j'ai vu juste, Maz pourrait apprécier, sinon au pire, je traduirais en norse :


-Dis-moi, Maz, tu n'as pas l'air du coin. Tu viens de Marienburg ou de l'Empire ?

Je lui laisse le temps de répondre avant de poser les questions qui m'intéressent, en norse ou en occidental, en fonction de sa réponse.

-Je cherche à rejoindre la ville. C'est bien Skeggi ? Il y a des choses que je devrais savoir avant d'y entrer ? Comme tu le vois, j'aurais sacrément besoin d'un bon repas, d'un bon bain, d'un bon lit et de vêtements neufs.
Astrid Torasdottir, sorcière flamboyante, étude de la magie (équivalent voie "des collèges")
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[MJ] Bugman
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Re: [Astrid] Il faut perdre pour gagner

Message par [MJ] Bugman »

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Les yeux de Maz s'écarquillent quand il entend son interlocutrice lui parler en Reikspiel. Un grand sourire béant apparaît alors sur son visage qui s’illumine un peu. Il semble vraiment apprécier l’effort linguistique d’Astrid. Lançant alors son filet par-dessus son épaule, il regarde l’eau puis renvoie son regard sur la sorcière.

Absolument. J’viens de l’Empire, du Nordland. Euh.. une région just’en d’ssous d’la Norsca, ptet tu connais d’ja.

Son timbre est plus éclairé qu’avant, une certaine fierté se dégage très clairement. Il lui fait un signe de la main pour lui dire de s’approcher un peu. Il se déplace à côté d’un tonneau, très probablement celui qu’il portait sur son chariot à bras.

Mais oué, Skeggi c’bien ça. T’façon tu trouveras point d’ote trucs comme ça dans c’foutu continent.

Oula, t’en a des questions twé. Bah écoute, j’te fais une offre. Tu m’aides à pêcher ma poiscaille, et j’te dirais tout c’que tu veux et j’ t’aiderais comme j’peux. Chuis pas l’plus saint des saints, mais j’respecte car j’veux être respecté. Puis bon, c’est sacré l’hos-pi-ta-li-té.

Partante ? Ve’Ra.

Et ainsi ils se mettent au travail à deux. Les consignes de l’homme sont simples. Tu prends le filet de l’autre bout du ruisseau, puis tu descends et remonte en même temps que lui. Ainsi ils attrapent moult poissons à deux. Ceux-ci, d’ailleurs, sont incroyablement bizarres. Ils ont des dents comme des requins et une espèce de carapace. Cette apparence les rend terrifiants, tels des monstres marins. Leur taille est similaire à celle d’un écureuil.
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Voyons-bien y’ons. Qu’est qui s’rait pas inutile à t’dire ? Tout, droch, va être problématique.

Bon, déjà, évite de dire d’où tu t’pointes. T’es Bjornlings ? Tu l’dis pas aux autres Norses qu’y sont pas Bjornlings. T’es Skaeling ? Tu l’dis pas aux… bref, t’a compris. Disons qu’plus de mille ans à s’mettre sur la gueule, ça n’aide point quand on vit sous l’même toit.

Ah, et tu vas jamais dans les herbes ! Jamais ! La nature est Troch’to ici. T’as vu la gueule des p’tits poissons ? T’imagines les gros trucs ? Simple, t’vas hors du sable seule ? Tu crèves.

Aussi, sèche tes pieds quand on y s’ra chez moi. Les champignons c’t’une vraie salop’rie ici.

Et puis, t’faudra un taf, un vrai. T’es pas comme moua.

Va donc t’falloir des potes comme toi, et apprends le Skeg. Not’ dialecte à Skeggi. Droch ç’veut dire merde. Et Ve’Ra, bah, très bien.


Le temps passe et quelques heures plus tard, ils ont amassé deux tonneaux remplis de poissons carnivores dont certains s'agitent encore avec leur dernier souffle, littéralement.

T’cheu dis, tu t’débrouilles bien gamine ! Ce s’ra bon pour aujourd’hui, faut rentrer ‘vant qu’il fasse nuit.

Suivant ainsi son bienfaiteur, ils s’en vont à bon pas, ou plutôt bonnes roues vu le petit chariot manuel de Mazdulf. Ainsi, ils atteignent les remparts. Leur base est en pierre tandis que le reste est en bois. Ils sont hauts, très hauts. Ils font plus de deux hommes de haut, c’est exceptionnel.
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Ils arrivent près d’une entrée gardée par deux hommes Norses armés.
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Salut Maz, tu nous ramènes t’a femme ?

Tu rigoles, elle a l’âge d’être sa fille.

Pour lui, chuis sûr qu’c’est pas un problème !

Hahaha

Face à la raillerie, Maz ne dit rien. Seule une grimace très gênée apparaît sur son visage. Ils passent à travers la petite porte d’enceinte, qui semble en vérité être secondaire.

Enfin, une dizaine yards plus loin, se trouve une petite hutte près de la plage.
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Bienvenue dans mon p’tit nid.

L’extérieur est simple, à la mode Norse. L’intérieur aussi d’ailleurs est très dépouillé. Quelques meubles en bois, une fourrure particulièrement tannée sur le sol. Rien de bien particulier en soi. Sauf l’odeur de poisson, mais vu le travail précédent, on ne la sent pas vraiment.

J’vais juste filer mes tonneaux. J’reviens dans quelques minutes.

Laissant son invitée seule, il repart dehors. Puis il réapparaît un peu essoufflé et s'assied alors lourdement sur une chaise. Il invite Torasdottir à faire de même. Ensuite il enlève ses bottes et commence à frotter ses pieds avec un chiffon.

Bon, bah écoute, j’te file à manger et j’te laisse squatter pour c’te nuit. Hésite pas à m’poser des questions.

Demain on ira voir un ami à moua. Chuis sûr qu’il pourra t’aider à t’faire une place vue qu’t’es Norse.

Mais j’veux quand même t’poser une question. Tu sais faire quoi toi ?


Il lève un sourcil et tapote la table de sa main intacte. Il observe beaucoup l’ancienne esclave. Son ton est bien plus sérieux et il semble avoir fait un effort pour que sa question soit entendue le plus clairement possible.

T’as d’la hache, d’accord. Mais faut qu’je sache à qui j’ai affaire. Surtout qu’bon, j’vais pas te mentir, si j’sais pas c’que tu sais faire, j’peux pas t’aiguiller pour trouver un… chef, pour dire ça comme ça.
Test de Perception : 2, réussite automatique. Détails ajoutés à la discussion.
Test d’Endurance : 4, belle réussite. Tu ne ressens même pas la fatigue de pêcher.

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Astrid Torasdottir
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Re: [Astrid] Il faut perdre pour gagner

Message par Astrid Torasdottir »

Rq. : Les pensées d'Astrid retranscrites littéralement sont entourées d'astérisques. Ses dialogues sont eux précédés d'un tiret.
Ma tentative de charme a payé, Maz semble apprécier pouvoir discuter dans sa langue natale. Il me révèle qu'il vient de l'Empire, plus précisément du Nordland. Aussitôt, je lui réponds, enjouée :

- Du Nordland ? Un peu que je connais ! Enfin, je n'y suis jamais allée, mais c'est là où ma mère est née.

Je ne sais pas pourquoi, mais le fait qu'il vienne du Nordland me met en confiance. L'homme me confirme alors que la ville devant nous est bien Skeggi. Un simple regard en sa direction et je me sens de nouveau toute petite. Qu'est-ce qu'elle est gigantesque ! C'est la première fois que je vois une ville aussi grande. Mazdulf me fait alors une alors une offre qui me laisse songeuse, l'aider à la pêche contre son aide en retour. La proposition me semble honnête à première vue et j'aime bien Maz. Par contre, je me vois mal en pêcheuse. Moi, fille de jarl et de magicienne, attraper du poisson ? Elle est bien loin la redoutable cheffe mercenaire de mes rêves ! Après ce fugace élan d'orgueil, la réalité me rattrape vite : je suis peut-être fille de chef, mais aussi ancienne esclave, et plus proche de ce statut à cet instant. Je suis en haillons, dans un nouveau monde inconnu, et je crève de soif. Si je veux atteindre les sommets, rien ne me sera donné, il faudra commencer en bas, et je suis prête à me salir les mains pour y arriver. Ma décision est prise, je la lui annonce :

-Ça marche ! Mais à condition que tu me donnes à boire et que je puisse avoir de quoi manger si la pêche est bonne.

Il accepte de bonne grâce. Super, on a un accord ! Bon, cela étant fait, voyons en quoi consiste le travail. Maz m'explique sa technique et fort heureusement, c'est assez facile et plutôt actif. La seule difficulté est de se coordonner pour les mouvements.

Curieusement, ce travail simple me plaît. Je ne l'aurais pas cru, mais en fait, ça me vide l'esprit de mes soucis. Concentrée sur les mouvements et les instructions de Mazdulf, à l’affût des poissons, je me prends au jeu. C'est une fierté : chaque fois que l'on en remonte, que soit la chance ou le savoir-faire du vieux pêcheur, les prises sont nombreuses !

La première fois, ça me fait même sursauter de voir l'aspect de ce que l'on remonte.
*Il y a vraiment ça dans le ruisseau ?!*, me dis-je intérieurement. Ces poissons ne ressemblent à rien de ce que j'ai vu, mais leur apparence seule me suffit à dire qu'ils sont dangereux. Ces monstres font la taille d'un écureuil, entre une quinzaine et une trentaine de centimètres ! Ils sont cuirassés et ont des dents pointues qui ne laissent guère de doutes sur leur régime alimentaire. Un frisson me parcourt l'échine à la vue de ces bêtes qui frétillent vigoureusement avec dans leurs yeux une férocité telle que je ne peux pas soutenir leur regard. Même hors de l'eau, on dirait qu'ils n'ont qu'une envie, non pas retourner dans leur élément, mais nous dévorer ! Mes yeux se portent alors vers la main mutilée de Mazdulf : voilà peut-être la cause de ses doigts manquants. Quoi qu'il en soit, je me promets d'être particulièrement vigilante lors de cette pêche...

[...]

Il n'y a pas à dire, verser sa sueur avec quelqu'un, ça rapproche. Maz n'est peut-être pas encore un ami, mais c'est en tous cas un bon camarade. On a bien travaillé et je suis satisfaite qu'on ait deux pleins tonneaux à ramener, le tout sans perdre un seul doigt ! Reste à savoir si ces bestioles ont beaucoup de chair sous leur carapace, et comment on les cuisine. Moi comme ça à vue de nez, je les aurais fait cuire dans leur carapace, pour ne pas brûler la chair, mais Maz est sans doute un expert, je vais donc pouvoir le regarder à l’œuvre. Dans tous les cas, avec la quantité qu'on a, on devrait largement avoir de quoi manger, et même vendre son surplus pour mon camarade.

Pendant que nous travaillions, Mazdulf m'a donné quelques informations utiles sur Skeggi. Primo, apparemment il y a des tensions entre les communautés norses, ce qui n'est guère étonnant, et de ce fait, il vaut mieux garder ses origines pour soi. Pourtant, malgré tout, les norses semblent quand même suffisamment unis pour ne pas être dans la guerre ouverte, puisque la ville tient toujours debout. Peut-être y a-t-il un jarl, un roi ou quelque chose comme ça qui chapeaute tout le monde et fait régner l'ordre ? Je lui demanderai à l'occasion.
Secundo, la verdure est dangereuse. Il me déconseille de sortir hors du périmètre de la plage. Aussitôt, je pense, sans lui répondre pour ne pas le vexer :
*D'accord Maz, mais je ferai jamais fortune en me plaquant dans la ville, et même si c'est sympa une fois, vivre toute ma vie en pêchant du poisson, c'est pas vraiment mon rêve... Pour devenir quelqu'un, il faut prendre des risques.*
Tertio, apparemment il faut faire gaffe aux champignons. Hum, bon j'avoue qu'on ne le dirait pas, là tout de suite, mais bon, en temps normal j'aime prendre soin de moi. Maintenir une hygiène de vie saine ne devrait pas être trop compliqué, sauf peut-être si je pars en expédition.

Je suis assez amusée et contente lorsque par une phrase, Mazdulf me signifie qu'il a deviné que je nourris certaines ambitions. Est-ce mon regard qui m'a trahie ? Mon allure ? J'aspire à devenir bien mieux qu'une modeste pêcheuse et il l'a compris.

Ce qui risque d'être plus problématique, dans un premier temps au moins, c'est qu'apparemment les gens ici parlent un dialecte, le « Skeg ».
*Très original, comme nom.*, pense-je. Enfin bon, nous les norses, on est comme ça, on ne se complique pas la vie quand ce n'est pas nécessaire. Il commence par m'en apprendre quelques mots, pour l'instant, c'est simple. A moi de faire les efforts pour mémoriser tout ça. Curieuse, je lui demande :

-Et je suppose que « troch'to » veut dire « dangereux » ?

[...]

A mesure que nous nous rapprochons de la ville, je suis de plus en plus impressionnée par ses dimensions. Rien que son rempart d'enceinte : il ne s'agit pas une simple palissade de rondins comme il y a beaucoup autour de nos villages. C'est un véritable mur, haut de plus de 3 mètres, peut-être même 4, dont la moitié inférieure est en pierre ! Du solide, surtout s'il est défendu par des guerriers aussi féroces que ceux de mon peuple.

Nous arrivons devant une entrée, gardée par deux hommes norses en armes.
*Est-ce vraiment nécessaire dans un endroit comme celui-ci ? Il ne doit pas y avoir grand monde au-delà de ces murs, et ils se connaissent déjà sûrement tous.*, me demande-je. Quoi qu'il en soit, comme je le pensais, les gardes nous laissent passer sans faire de problèmes. Je n'ai même pas à me présenter, seulement à subir leurs railleries. Mais j'ai l'habitude, je suis une femme : la plupart des hommes nous prennent rarement au sérieux, ne voyant souvent en nous que des jolis objets de plaisir. Tant mieux, même si ce n'est pas agréable, ils nous sous-estiment et cela pourra jouer en notre faveur, en ma faveur. Rira bien qui rira la dernière, pense-je en les entendant se moquer de nous.

Contrastant avec la démesure et l'étrangeté de tout ce que j'ai pu voir jusqu'à présent, la maison de Mazdulf est tout ce qu'il y a de plus normal. Une petite hutte de bois près du rivage, d'une architecture norse classique, à l'intérieur garni de manière tout aussi banale. D'une certaine manière, c'est rassurant, et je m'y sens bien. Maz s'absente quelques instants pour s'occuper des tonneaux. J'en profite pour observer la maison de mon hôte.

Poireauter toute seule chez quelqu'un sans savoir ce qu'on peut faire, c'est long, même si l'attente ne dure que quelques minutes, on se sent gênée, on n'ose rien toucher, rien faire. Lorsqu'il revient enfin, Maz est essoufflé, un détail qui me chiffonne un peu : pourquoi diable Maz est-il essoufflé maintenant alors qu'il ne l'était pas après un trajet bien plus long avec ces mêmes tonneaux ? Je ne peux m'empêcher de penser un instant que cela est louche. Mais je suis peut-être trop méfiante : il est possible qu'il se soit simplement dépêché de décharger les tonneaux pour ne pas me faire attendre, et que cet empressement soudain l'ait plus fatigué qu'un effort sur une longue durée. Et puis, surtout, que me voudrait-il ? Je ne suis personne ! Cela dit, il n'est pas impossible qu'il soit allé parler de mon arrivée à quelqu'un, car après tout, les nouveaux venus doivent être une sorte d'attraction pour un temps au moins, et il faut dire que mon arrivée a été singulière.

En tous cas, son comportement envers moi n'a pas changé, toujours aussi accueillant, mon hôte me propose une chaise. Je m’assois et écoute ce qu'il a à me dire, tandis qu'il retire ses bottes et se sèche les pieds, sans doute pour éviter ces problèmes de champignons. Moi, j'ai des sandales, ce sera plus facile de faire de même, mais si je le peux, je prendrais un autre chiffon pour m'essuyer. Il m'indique que je pourrais avoir le gîte et le couvert chez lui ce soir, ce qui me fait chaud au cœur. Une vague de gratitude m'envahit à cette nouvelle, c'est la première fois depuis longtemps que je vais pouvoir dormir dans une maison, peut-être même dans un lit !

Maz me parle alors d'un de ses amis à qui il me présentera demain, et me demande ce que je sais faire. Il me dévisage avec attention, avec un œil qui me fait presque froid dans le dos, car il n'est pas celui d'un pêcheur. Les allusions des gardes à sa lubricité ne sont pas pour me rassurer. Cela dit, je n'ai pas peur, je me sens suffisamment forte pour garder le contrôle en cas de besoin. Je ne connais pas les capacités de Mazdulf, mais je pense être capable d'avoir le dessus sur lui s'il tentait une stupidité. A moins qu'il n'agisse pendant la nuit ou avec des complices, bien sûr...

Une autre part de moi s'exprime alors, plus virulente, en réaction à mes pensées paranoïaques à laquelle elle s'oppose :
*Pouah, mais qu'est-ce que tu es en train de penser là, ma fille ? Oh, il va falloir arrêter la parano et faire un peu confiance aux gens si tu veux devenir mercenaire !* Je me dis que je me fais sans doute des histoires. Maz est un pêcheur, pas un marchand d'esclaves, je ne risque pas de me réveiller demain couverte des chaînes et vendue à un bordel local.

Alors qu'ils étaient dans le vague quand j'étais perdue dans mes pensées, mes yeux retrouvent leur éclat vif et se plongent dans ceux de Mazdulf, auquel je réponds avec un air amusé :


- Qu'est-ce que je sais faire ? Beaucoup de choses et très peu à la fois. Chercher un chef ? Hum... Ça dépend ce qu'on entend par là. Servir un seigneur et maître auquel je serais dévouée corps et âme ? Très peu pour moi. Trouver un employeur dont les intérêts rejoignent les miens ? Oui, ça me ressemble plus.

Ce que je cherche surtout, c'est à me faire un nom. Un nom et une fortune.


Mes yeux brillent, je parle avec passion, me retenant à grand peine de lui en dire davantage, et le défiant de me dire que je n'y arriverai pas. Oui, un jour, je serai puissante, riche et auréolée de gloire. Un jour, les petites filles me regarderont avec des étoiles dans les yeux, et même les guerriers plus forts et meilleurs que moi l'arme à la main me craindront.

Tout en parlant à Maz de mes objectifs, je gagne un temps précieux pour trancher la question qui me taraude. Dois-je lui parler de mes capacités magiques ? Jusqu'à présent, cet atout devait à tout prix rester caché, je me suis évertuée des années durant à ne le montrer à personne d'autre. Mais avec la mort de maman, j'ai perdue ma seule mentor en la matière.

Il faut me faire une raison. Je sais que jamais je ne pourrais rivaliser en termes de force avec les guerriers. Même si je parfaisais ma technique de combat, je resterais toujours inférieure aux grosses brutes épaisses dont les biceps feraient la taille de mes cuisses, pour peu qu'ils sachent aussi manier l'épée. Plus faible qu'un homme, plus lente qu'un elfe, si l'on en croit les histoires sur leur rapidité. Au mieux, je deviendrais donc une guerrière moyenne à plutôt bonne si je me repose uniquement sur la voie des armes, avec beaucoup de risques d'y passer. Pas suffisant pour miser là-dessus.

Même si je me considère comme jolie, hors de question aussi de n'être que la femme de quelqu'un. Je veux être quelqu'un moi-même ! Si un jour je décide de me marier, c'est de mon homme qu'on dira qu'il est mon mari, et non l'inverse.

Ce qui ne me laisse qu'un seul avantage comparatif sur le commun des mortels : ma magie. Or, comme me l'a appris ma mère, ce pouvoir est dangereux. Je ne tiens pas à devenir un monstre mutant en abusant de quelque chose que je ne maîtrise pas. Ce que certains norses considèrent comme des « dons des dieux », ma mère les voyait plutôt comme des malédictions, et je la rejoins complètement à ce sujet. Qui aimerait voir son bras ou celui de quelqu'un qu'il aime transformé en tentacule ou en pince ? Pas moi en tous cas, j'ai toujours eu un pincement au cœur en voyant ces horribles mutations. Je suis très bien comme je suis, je n'ai besoin d'aucune prétendue amélioration de la part d'un quelconque autoproclamé être supérieur. Les « dieux sombres », comme tous les dieux d'ailleurs, sont par essence des égoïstes. Ils se rient des mortels qu'ils favorisent, puis s'en désintéressent et les oublient, ou pire pour les plus mauvais, les torturent jusqu'à la folie pour leur bon plaisir en leur infligeant des mutations affreuses, ces soi-disant « dons ». Il faut être un fou ou un faible pour s'en remettre à de telles divinités ! La vraie force doit venir de soi, et non de l'extérieur. Et pour pouvoir utiliser cette force, il faut être en mesure de la contrôler.

Oui, je n'ai pas le choix, si je veux devenir quelqu'un, ma meilleure chance est de jouer sur mes forces, quitte à dévoiler mon jeu. De toute façon, tôt ou tard, mon atout sera découvert, à moins que je ne l'utilise jamais, auquel cas il ne me servirait à rien. Mais cependant, il est évidemment imprudent de crier cette information sur les toits dès mon arrivée, cela pourrait faire de moi l'objet d'une lutte pour mon contrôle. Je ne me rappelle que trop bien que ma mère et son pouvoir ont été utilisés comme des outils au service d'autrui. Il est hors de question que je suive le même chemin en me « prostituant » en troquant ma liberté contre du savoir pour mieux contrôler mon pouvoir. A quoi me servirait-il d'être une mage riche, savante et puissante si c'est pour en être réduite à n'être que l'esclave de mon maître ? Dès lors, la seule question qui subsiste est : « comment trouver et se faire choisir par le bon mentor ? » Question très épineuse, qui nécessite d'abord de pouvoir trouver des potentiels candidats.

Le plus prudent me semble être de la jouer fine. Ne pas dévoiler directement mes intentions, mais pour autant me renseigner tout de même, subtilement. Une fois mon choix, je pourrais me dévoiler en temps voulu et à la personne voulue, à moins que je ne sois repérée avant et qu'on ne me fasse des propositions, bien sûr. Dans cette optique, je reprends et termine ma réponse à Maz, après une pause de plusieurs dizaines de secondes :


– Je sais me battre, ou du moins on m'a appris à me défendre, comme toute femme norse digne de ce nom... Et à dire vrai, à l'heure actuelle, c'est là-dessus que je compte pour être engagée dans une expédition, comme mercenaire.

Mais entre nous, admettons que je sois embauchée, vu ce que tu m'as dit de la forêt, je préférerais que l'on ait une présence du genre surnaturel de notre côté au cas où ça merde. Pour faire simple, disons simplement que j'ai déjà vu des mages à l’œuvre et j'aime autant te dire que c'est un sacré atout d'en avoir un à ses côtés. Tu sais quels « chefs » ou aventuriers qui montent des expéditions ici seraient susceptibles d'avoir ce genre de types sous la main ?

D'ailleurs, tu ne m'as pas encore parlé de la ville en elle-même. Qui la dirige ? Quels sont ses différents quartiers ? Y a-t-il des règles particulières à respecter ici ?


Beaucoup de questions, certes, mais après tout, je ne suis pas fatiguée, et Mazdulf a promis de me répondre. J'ai tout mon temps et me mets à l'aise sur ma chaise pour écouter ses réponses, m'essuyant les pieds aussi si j'en ai l'opportunité.
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[MJ] Bugman
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Re: [Astrid] Il faut perdre pour gagner

Message par [MJ] Bugman »

Post rédigé par l'Assistant MJ Rovk

Maz écoute attentivement son invitée et une lueur apparaît dans ses yeux. Il semble plus malin qu’un bête pêcheur, c'est certain. Il va ensuite chercher une cruche dans laquelle, vu l’odeur, il y a de l’ale. Il sert une chope en bois à Astrid et fait de même pour lui. Il lève le breuvage et boit d’une traite celui-ci.

Ouais employeur ! Le mot qu’je cherchais. Effectivement c’est ça ouais. Ambitieuse hein ? Comme plein d’otes jeunes comme twé hehe.

T’faire un nom ? Compliqué mais point impossible. T’faire de la thune ? Simple, faut faire un travail Troch’to, dangereux ouais.


Quand la survivante lui parle de son expérience avec les mages, les yeux du pauvre homme s’écarquillent comme des noix ouvertes. Il commence alors à réfléchir profondément, démontré par son visage qui se crispe, puis il ricane un coup.

Attends, m’dis pas que…

Haha oh bordel. T’veux être avec un Yandra, un sorcier ! Chuis p’tête un idiot, mais chuis point stupide.

J’crois que j’ai compris. Dans c’cas, mon pote pourra t’aider. Vraiment, son frère jumeau l’est Vitki j’crois.

Soit, la ville. J’vais essayer de parler plus clairement, veux pas m’répéter. T’as plein de connards d’origines aussi variées que les verrues sur le cul d’un chien galeux. Sauf que y’a deux origines, deux clans qui ressortent le plus. Les Skaelings, et les Bjornlings. À ça tu ajoutes ceux du vieux monde civilisé, comme moi et t’a la majorité de la population.

Actuellement, c’est les Skaelings qui dominent car le Haut-Jarl de la ville bah, il est né Skaeling. Donc les Bjornlings morflent, encore plus car avant c’était eux qui dominaient. L’grand fondateur, paix à son âme, c’était un Bjornling, Losteriksson. T’imagine bien que c’est pas l’grand amour.

Les règles ? Bah la loi, c’est le Wergild, tu connais. L’truc, bah c’est qu’un paquet d’truc à changé avec le temps, ou du moins c’est c’que dise les vieux prêtres. Déjà, y’a plus d'esclaves à Skeggi, interdit. Ensuite, on utilise plus les sceattas d’argent, ici on paye en sous d’cuivre, pistoles d’argent, et couronnes d’or. Ouaip, comme à la maison hehe.

Aussi, y’a une garde, Skaeling justement à Skeggi. Tu joues pas à la conne avec eux d’accord ? Jamais. Ils sont sans pitié, à faire pleurer Shallya.

Et enfin, le vrai problème ici. C’est qu’sans boulot, tu survivras point longtemps. Car ici, la bouffe ça coûte. Et ouais, pas d’champs de blé ici.

Le reste tu l'apprendras facile au fur et à mesure.


Ah, dernier truc là-d’ssus. La ville c’t’une chose simple. Vers la mer ? Les étrangers surtout, pas beaucoup de Norses. A l’opposé c’est là qu’il y a le plus de Nordiques.

Pour l’reste, tu verras bien avec Leifsson, un grand m’sieur lui.

En attendant, ‘va manger un bout. J’prépare ça en vitesse.

D’la soupe de courges avec tomates. J’bouffe rarement du poisson, j’en vois assez comme ça. T’vas voir, c’est bon les tomates, un légume local.

Il sort donc des couverts, et quelques provisions de sous la seule étagère. Il coupe les légumes, met de l’eau dans une marmite au-dessus du feu désormais allumé. Ensuite le reste se fait naturellement, après tout une soupe n’a rien de compliqué.

Cependant, l’ingrédient que la Skaeling ne connaît pas est cette étrange pomme rouge vif, probablement la fameuse tomate. Le dessus est un petit buisson de feuilles plates et la surface est aussi lisse qu’un nouveau-né.
Image


Agrippant quelques couverts qu’il met à table, le repas commence et est surprenamment bon. Le goût est unique, nouveau même et un rien acide. Au final c’est plus qu’espéré quand on se rappelle du matin. Après celui-ci, il ferme complètement la porte et ajoute une petite poutre de sécurité, histoire d’être sûr.


Bon, j’vais te mettre quelques fourrures par terre, désolé j’ai qu’un hamac en’o.

Douce nuit, Astrid.


Il monte en haut de la petite échelle se poser dans son hamac. Il enlève le dessus de ses guenilles et se couche.

La nuit se passe très bien par son calme et sa tranquillité absolue. L’avantage d’une hutte en bord de ville, c’est que pas grand chose ne se produit dans la zone. Les fourrures misent les unes sur les autres sont un confort nouveau comparé à l’embarcation de malheur, l’ancienne galère de Torasdöttir.

Bercée par le bruit des mouettes matinales, elle se réveille aux premières lueurs, en même temps que son brave hôte. Il prépare justement, à l’aide des restes de la veille, un petit-déjeuner improvisé. Enfin, après s’être préparé correctement pour la journée, il se tourne vers la jeune femme.

Bon, ‘va voir une ponte locale, donc surveille ta langue. Suis-moi.

Sortant enfin dehors, la vue est imprenable. Traversant le quartier, leur destination n'est en vérité que peu loin de la demeure du pêcheur. Mazdulf approche alors d’une porte et toque à celle-ci.
Le port de Skeggi la nuit :
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Du bruit se fait entendre derrière et la grande porte en bois, d’une bâtisse tout aussi grande, s’ouvre.
Le bâtiment :
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L’homme en question est grand, barbu et musclé. L’épée à sa ceinture et son visage rude ne font nul doute quant à sa profession. Il est simplement habillé de vêtements légers pour résister à la température.
Le garde à l’entrée :
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Salut Maz, tu veux quoi ?

J'viens présenter la p’tite nouvelle à côté d’moi. Elle parle le Norsi.

D’accord, et bah écoute p’tite nouvelle, tu vas m’filer ta hache et ton poignard. T’inquiètes pas, tu récupéreras ton équipement après en sortant, entrez donc.

Déposant ainsi ses armes à l’entrée, mesure de sécurité des plus basiques, elle pénètre enfin dans un grand hall. Il est très similaire à celui de son père, en Norsca, cependant il y a moins de fourrure.
L'intérieur du hall :
Image

Le costaud beugle alors à haute voix pour annoncer leur présence.

Kolg ! Maz veut vous parler !

Un autre homme, bien mieux habillé sort d’une porte arrière et vient s’asseoir. à une chaise. Ses cheveux longs ne sont pas gras, sa barbe est entretenue et il a un peu de ventre mais n’en reste pas moins un minimum athlétique. Son regard se pose directement sur l’inconnue devant lui.

Bienvenue jeune fille, je m'appelle Stigr Leifsson. Je te demande à toi, pas à Mazdulf, à toi, qui es-tu ? Et qu’est-ce que tu veux ? Je déteste tourner autour du pot, alors rends-moi la faveur veux-tu ?

Sa voix est calme et décontractée, on ressent une certaine habitude à cette formalité actuelle. Il joue avec un petit sachet rempli dans sa main gauche. La brute reste derrière eux en se plaçant entre les deux visiteurs.
Stigr Leifsson :
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Test d’INT de Mazdulf (Bonus/malus ???) : 3, réussite (large/justesse ???)

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Astrid Torasdottir
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Re: [Astrid] Il faut perdre pour gagner

Message par Astrid Torasdottir »

Je suis contente, mon petit discours a eu l'effet escompté. Sans que je n'aie eu à le dire clairement, Maz semble avoir lu mes intentions à demi-mots, et compris mes sous-entendus. Tant mieux. En plus, la fortune me sourit : par un caprice du destin, le frère jumeau de l'ami qu'il voulait me présenter est vitki !

Une petite appréhension me saisit. Je n'ai jamais rencontré d'autres sorciers -ou « yandra » comme on dit en skeg apparemment- que ma mère. Mais quand j'étais jeune, j'ai entendu des histoires sur ce que faisaient certains vitki. Ma mère m'a mise en garde contre eux, me racontant qu'ils servent des forces obscures qui leur apportent certes de la puissance, mais au prix de leur liberté, ce qui m'est le plus cher. D'autres pratiquent des magies d'une dangerosité folle, et je ne tiens pas à finir brûlée vive comme ma mère -ou pire encore-, parce que j'aurais tenté de manipuler des énergies au delà de mon contrôle.

Cependant, je me dis que ma mère était une magicienne formée dans un collège de magie. Ses craintes et son savoir étaient très académiques, il est donc possible qu'elle ait dévalorisé ou fait des généralités sur les sorciers norses. Tous ne sont sans doute pas des monstres ou des inconscients qui jouent avec le feu, du moins, il me faut l'espérer.

De toute façon, il me faut un maître, un guide, je n'ai pas le choix si je veux progresser. Et puis, rencontrer quelqu'un n'engage à rien. Je me dis aussi que le vitki d'une des factions locales n'est probablement pas un fanatique, puisque la ville vie avec les étrangers et les expéditions nombreuses. Un homme trop extrémiste se serait sans doute fait trop d'ennemis, y compris dans son propre camp, car l'extrémisme éloigne les profits et les alliés potentiels. C'est décidé, j'irai voir cet homme. Au pire, si vraiment ça ne me convient pas, dans une ville aussi grande, il y a sans doute d'autre « yandra », que ce soit avec les expéditions étrangères ou dans d'autres factions.

Je réponds donc à Maz :


– Hé bien on peu dire que j'ai de la chance ! J'ai hâte de rencontrer ton ami.

La description de la ville est intéressante, mais au final pas si étonnante. Les structures que je connais sont reprises et adaptées. Seule différence notable, la coexistence de toutes les origines dans ce lieu. En même temps, pour la plupart, Skeggi n'est pas un lieu où l'on reste, c'est un lieu où l'on passe avec l'ambition d'en repartir plus riche ou plus puissant. Cette ambition est partagée par tous, norses ou habitants du Vieux Monde, et je ne fais d'ailleurs pas exception.

Toutefois, même si Skeggi n'est pas une fin en soi, il est probable que j'y reste un bon moment, le temps justement de gagner de l'or et de la puissance, et pourquoi pas d'y être reconnue, de me faire une petite réputation. Quel meilleur endroit pour commencer sa légende ?

Je suis étonnée que le pêcheur ne mange pas le fruit de sa pêche. La nourriture est préparée, c'est une simple soupe de légumes. En plus des courges, Mazdulf y ajoute des tomates, un légume local qui m'intrigue. Quel goût cela peut-il avoir ? En tous cas, je l'observe avec attention et mémorise ce à quoi une tomate ressemble. C'est joli, tout rouge et plutôt rond, avec un petit chapeau de feuilles vertes. L'odeur qui se dégage de la marmite quand cela cuit est appétissante... Ça tombe bien, j'ai faim ! Peu après, le dîner est servi, et je ne suis pas déçue, c'est très bon. J'en reprends.

Suite à ce bon repas, mon hôte s'assure que sa cabane est bien fermée, il en barre la porte, puis dispose des fourrures au sol pour me permettre d'y dormir. Lui-même n'a pas de lit, mais un unique hamac. Pour moi, des fourrures seront largement suffisantes, elles forment un matelas d'un confort que je n'avais plus connu depuis des lunes ! Je m'y allonge et profite de cette sensation agréable.

Non sans une pensée émue pour ma défunte mère qui me tire quelques larmes que je cache en enfouissant ma tête dans les fourrures, je m'endors. La nuit se passe tranquillement, et mon réveil est paisible, relativement semblable à ceux que j'ai toujours connu, ayant passé toute ma vie à proximité de la mer.

C'est aujourd’hui que je vais voir le nommé Leifsson. Mon premier réflexe en me levant est d'essayer de me rendre présentable. Je me fais une petite toilette en utilisant l'eau douce disponible, puis je me coiffe avec soin : une grande tresse à l'arrière, des petites tresses ça et là sur les côté parmi des mèches savamment laissées libres, dont deux grandes à l'avant. Une mince bande de tissu nouée à l'arrière du crâne vient couronner le tout pour maintenir les mèches faussement rebelles en place, et éviter qu'elles ne me gênent si d'aventure je dois me battre. Un jour j'espère, à la place d'un morceau de tissu déchiré, j'aurais une couronne d'or ou d'argent, sans doute même plusieurs parmi lesquelles je pourrais choisir en fonction de mes envies. Utilisant un morceau de bois brûlé en guise de khôl, je réalise un sommaire maquillage, et avec du charbon récupéré dans les braises et réduit en poudre ensuite humidifiée, des peintures de guerre au rabais pour me donner un air plus féroce que j'aime bien me donner. Je vérifie mon reflet à la surface d'un peu d'eau versée dans un récipient. Compte tenu des moyens du bord, ça va, le résultat me plaît, je fais moins gamine, plus sauvage, plus dangereuse. J'espère que cela suffira à impressionner ou au moins à faire bonne figure auprès de mon potentiel futur employeur.

Nous sortons. La vue du port de Skeggi au petit matin est un spectacle sublime, j'en prends plein les yeux. Rien à voir avec le petit fjord de mon village et son embarcadère. Ici, c'est la grande ville, et je sens que les richesses y coulent à flot, car on ne compte plus les bateaux au mouillage, tous de fières embarcations capables de braver la haute mer. Parmi ces navires, beaucoup ne sont pas de conception norse, preuve supplémentaire que nombre d'étrangers sont aussi attirés par les innombrables richesses du « Nouveau Monde d'Or », comme on le surnomme parfois.

Tout en marchant, Mazdulf m'explique qu'il m’emmène voir quelqu'un d'important. Qui que soit ce fils de Leif, je constate qu'il dispose en effet d'une fort belle maison, et d'un garde qui donne l'air de quelqu'un de compétent. Je ne fais pas de chichi quand il me demande mes armes, et les lui remets de bonne grâce. De toute façon, il y a fort à parier que si ce mec là le voulait, il aurait sans doute pu me les prendre de force.

Tout comme l'extérieur, l'intérieur de la bâtisse est très semblable à ce que je connais. Un hall norse typique, l'endroit où les puissants font étalage de leur force, écoutent les scaldes chanter les sagas et fêtent leurs exploits guerriers avec leurs fidèles suivants. Traditionnellement, plus la salle est grande, plus le propriétaire est puissant, mais ce n'est pas systématiquement vrai, notamment parce qu'on ne détruit pas les maisons à chaque changement de propriétaire. Ce qui pouvait être vrai pour le propriétaire d'origine ne l'est donc pas forcément pour ses successeurs.

Appelé « kolg » par son garde, un homme se présente à moi. Son allure est de loin la meilleure qu'il m'ait été donné de voir sur ce continent jusqu'ici. Rien qu'à ses vêtements, je sais que j'ai affaire à quelqu'un d'un d'important, peut-être un homme-lige d'un jarl, voire un jarl peu puissant ou peu exubérant. En effet, si la ville est dirigée par un haut-jarl, qui doit grosso-modo avoir le pouvoir d'un roi au pays, il doit certainement y avoir des jarls en dessous.

Comme moi, il semble apporter un minimum d'attention à son apparence, et il faut dire qu'il y réussit plutôt bien, dans un style différent. Une chevelure et une barbe bien entretenues, une tunique bordeaux de bonne facture, des bracelets et ceintures, une cape verte avec un fermoir impressionnant. Je suis un peu jalouse, mais je garde l'idée de la cape : ça en jette, ça donne tout de suite un prestige. Un jour, c'est moi qui en porterait une comme ça, par dessus une magnifique robe à la mode norse si je veux m'amuser ou discuter, ou par dessus une tenue plus adaptée pour le combat sur un champ de bataille...

Je suis tirée de ma contemplation -qui n'a guère duré longtemps- par les paroles de l'homme. Son ton est parfaitement maîtrisé, ce qui renforce mon impression que cet homme se sent à juste titre en contrôle. Il est très direct, ce qui semble normal pour quelqu'un d'une certaine importance qui ne veut pas perdre son temps. A cette occasion, il se présente sommairement me donnant son prénom que je n'avais pas : Stigr. Je remarque aussi qu'il joue avec un petit sachet plein dans sa main gauche, ce qui est à la fois intrigant et déstabilisant. Que contient-il ? De l'or ? Des épices ? Des osselets ? Autre chose ? Impossible à dire. Mais le moment n'est pas aux conjectures, il me faut répondre, vite et bien :


– Salut à toi, Stigr fils de Leif. Je suis Astrid, fille de Tora. Je recherche du travail, du genre qui paie bien, et Mazdulf m'a dit que vous pourriez en avoir à me proposer, c'est la raison de ma présence.

Je ne prétends pas être la meilleure, mais je sais me débrouiller l'arme à la main. Je suis volontaire et déterminée. Et s'il est besoin d'un petit plus, je peux aussi tenir des registres ou des chroniques : je sais compter, lire et écrire en reikspiel et en norse.


Droite et fière, je soutiens le regard de Stigr, un air avenant et détendu sur le visage. Son gorille est derrière moi, entre Maz et moi... Comme si ça changeait quelque chose : je ne vais pas tenter d'attaquer ni me laisser intimider. Il faut que je fasse bonne figure, car si cet homme organise des expéditions dans la jungle, il voudra sûrement des gens courageux.
Astrid Torasdottir, sorcière flamboyante, étude de la magie (équivalent voie "des collèges")
Profil: For 8 | End 8 | Hab 8 | Cha 8 | Int 8 | Ini 10 | Att 10 | Par 8 | Tir 8 | Mag 7 | NA 1 | PV 60/60
Lien Fiche personnage: wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_astrid_torasdottir

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