[Agatha] Vieilles-croyantes
Modérateur : Equipe MJ
- [MJ] La Fée Enchanteresse
- Warfo Award 2021 du meilleur MJ - Élaboration

- Messages : 953
- Autres comptes : Armand de Lyrie
Re: [Agatha] Vieilles-croyantes
Minieuc était un de ces innombrables villages typiques qui sillonnaient la Bretonnie. On l’atteignait uniquement en s’aventurant dans un marais qui avait été élagué et rendu vivable par les corvées humaines — des canaux déviés, des feuillages coupés à la serpe, des maisons levées au profit d’un contrat de pariage entre un seigneur et un évêque qui firent naître une nouvelle paroisse. C’était le genre d’endroit sans remarques particulières, où l’on vivait et travaillait sous la protection d’un même clocher pour la langueur de ses jours, à moins qu’on ne désire partir en pèlerinage ou une fois l’an à une foire un peu plus lointaine. Comme on était au mois de Nivôse, les quelques champs d’avoine alentours étaient paisibles et peu exploités, même si c’était l’heure des semis des blés d’hiver, et l’on découvrait surtout le patelin par la fumée s’élevant vers le ciel de quelques cheminées.
Le cheval et le chien des deux damoiselles entrèrent sur un chemin boueux. Le sol ici n’était bien évidemment pas pavé, mais plus que cela, c’était sur une gadoue collant aux bottes qu’on naviguait plus qu’on se promenait. Pour éviter de glisser tout le temps, des planches de bois sec avaient été jetées ça et là pour servir de « trottoirs ». Sur une terrasse, quelques paysans âgés regardaient silencieusement les arrivantes : c’était des hommes aux cheveux blonds et gris, qui avaient, et c’était assez étonnant, des traces de tatouage bleutés près des yeux ou sur le front. Claricia grogna un peu et murmura pour elle toute seule :
« Cinq cents ans qu’ils sont en Bretonnie et ils continuent de se vêtir comme des sauvages… On se croirait en Norsca, pas dans le pays de la Dame. »
Un seul bâtiment en pierre, étonnamment, tenait au milieu de ce marais peuplé : une église. Claricia y fit s’arrêter Agatha et se glissa à terre. Après avoir attaché le cheval, elles entrèrent. C’était une église qui, de l’extérieur, semblait typique des lieux de culte du pays nordique de Bretonnie — de la grosse pierre collée ensemble, mais avec un plan assez harmonieux, de fines fenêtres pour faire passer la lumière, un clocher et des tuiles d’ardoises… la construction avait été soignée, le lieu de culte était ancien. La porte était lourde, et un peu gondolée, il fallait un peu de force pour la pousser…
…À l’intérieur, en revanche, des choses surprenaient. Il y avait des vieilles statues de saints posés sur les murs — ils avaient été décapités. La crèche, où l’on s’attendait à voir la divine famille des Dieux du Ciel, avait été arrachée de son coin réservé. On avait, sur l’autel, cassé les symboles religieux, gratté l’or, et laissé rien que la pierre nue et simple, sans même un drap blanc pour y poser les meubles liturgiques. Les vitraux colorés, qui devaient autrefois faire la fierté du village, avaient été brisés, et on avait calfeutré les trous des fenêtres avec des planches de bois pour se garder du froid.
L’église avait été iconoclastée, et transformée en temple. Les Réformés, ceux qui luttaient contre la religion principale du Vieux Monde, qu’ils estimaient corrompue et menteuse, étaient passés par là. Quelques personnes priaient silencieusement sur des bancs, mais ils n’allumaient pas de cierges, ils ne chantaient pas dans un Classique qu’ils ne comprenaient pas, ils ne comptaient pas avec un chapelet où ils en étaient dans les cantiques ; ils se contentaient de rester assis, et silencieux. L’un d’eux lisait un livre de prière à la main.
Claricia fit mine de s’arrêter devant l’autel. Elle devait elle aussi prier silencieusement. Quelques-uns des semi-Norses regardèrent les deux jeunes filles fraîchement arrivées. Après dix minutes, Claricia sortit en faisant un signe à Agatha de la suivre, et elles retournèrent dans l’air froid sous un ciel obscurci de nuages gris. La jeune damoiselle pesta un peu toute seule :
« Semi-Norses et hétérodoxes, les gens de ce village veulent vraiment se faire remarquer. Je ne comprendrais jamais les paysans qui se prennent pour ce qu’ils ne sont pas. Fut un temps, dans ce pays, ils se contentaient d’obéir à leurs seigneurs et les seigneurs obéissaient à la Dame du Lac.
Notre pays a vraiment besoin de se ressaisir… »
Il y avait du fiel dans sa voix. Depuis qu’ils étaient entrés à Minieuc, elle n’avait cessé de faire la moue. Quel était le but de se rendre dans cette église ? En plus que ce soit la première chose marquante de leur arrivée (Quand les voisins faisaient les rumeurs de commères, il était bon que les étrangers se fassent passer pour des dévots…), c’était aussi un bon moyen de faire en sorte que quelqu’un vienne les voir. Et ce n’était pas manqué : après une minute ou deux à poireauter devant le temple, le vieil homme qui savait lire ressortait. Tatoué sur une moitié du visage, habillé simplement de peaux de bêtes, il sursauta un peu en voyant Agatha et Claricia toujours ici. Il les salua de son chapeau qu’il avait gardé à la main, avant de le mettre sur son crâne chauve, et de s’approcher d’elles.
« Bienvenue à Minieuc, bonnes femmes… Rare de voir des femmes seules voyager sur les routes, n’est-ce pas ?
– Peut-être rare ici… Nous souhaitons traverser la Sélune. »
L’homme va intensément les regarder, l’une, puis l’autre. Il a l’air de les évaluer, ou d’être pensif… Mais voilà qu’il va grogner, à la manière d’un ours, et opiner du chef.
« Il faut que vous parliez à Rollon, alors. Il tient le bac un peu en contrebas du village, mais généralement, il traverse le matin.
Vous cherchez quelque chose, il y a une raison particulière pour laquelle vous êtes ici ?
– Bon homme, nous souhaitons simplement nous restaurer ici puis traverser dès demain. Cela nous suffira.
– Hmpf. Dans ce cas je vous conseille d’aller au centre du village par là-bas, on a une auberge, qui prend les pièces.
Si vous faites que passer, cela nous va. »
Claricia ne dit rien, mais se contenta d’offrir un sourire grimacé. L’échange avait été glaçant, mais l’homme au livre partit vite en les saluant du menton. Nul doute que ça allait parler sur leur dos, mais l’excès de précaution de ces paysans ne semblait pas être un danger…
…L’auberge au centre du village avait été construite sur des fondations de pierre. C’était salvateur, car plus on s’enfonçait dans ce hameau semi-Norse, plus la gadoue collait aux sabots et encrassait les fers du cheval, qui était crevé. Une sorte de fine pluie semi-verglacée commença d’ailleurs à tomber, aussi, il était bien temps de trouver un refuge. La terrasse de l’auberge était faite d’un bois pourri et échardé qui craquelait sous le pas, et à l’intérieur, on découvrait un grand comptoir, avec derrière des outils et de la nourriture à vendre comme un magasin général, un gros sac rempli de lettres et de colis, et en guise de tavernier, un grand monsieur très gras dont l’apparence générale tranchait avec le reste du village : lui avait les cheveux noirs au lieu d’être blond, et pas de tatouages sur le visage. Il accueillit les deux femmes avec un grand sourire, et Claricia proposa de payer la chambre, le repas, la place en écurie pour le cheval… Seule Agatha eut le réflexe de demander si le chien avait le droit de monter dans la chambre. L’aubergiste tapa sur la table en riant et fit :
« Avec ce qu'il y a comme puces dans les lits, c'est pas votre clébard qui va empirer ! »
Claricia eut une mine dégoûtée. Mais enfin, elles allaient pouvoir se reposer au chaud.
Le repas fut étonnamment bon : du pot-au-feu préparé par la femme de l’aubergiste. Claricia et Agatha eurent leur table rien qu’à elles, tandis que dans le reste de la salle, mangèrent quelques vieux du bourg visiblement habitués, et, c’était plus étonnant, un groupe de caravaniers avec des pistolets à la ceinture, qui saluèrent timidement les deux femmes avant d’aspirer leurs potages et de manger la tête presque sur la table tels des gorets affamés. Les deux damoiselles, lasses et voulant être discrètes, mangèrent puis s’éclipsèrent vite dans leur chambre…
Mórr, à nouveau, ne vint pas voir Agatha, qui se retrouvait à roupiller habillée dans le même lit que Claricia, le clébard à leurs pieds. C’était un sommeil lourd et fatigué, qui fut finalement interrompu par des rires et des sifflets bruyants. Puis, il y eut un vacarme qui venait de la salle d’à côté : de la musique, des pas fracassant le sol, des insultes. Agatha, devinant qu’il devait s’agir des nouvelles en partie de chasse, et ne voulant pas du tout avoir quoi que ce soit à faire avec tout ça, se contenta de se relever, d’attraper une chaise, de la caler contre la porte pour la barricader, puis de revenir au lit en demandant gentiment à Claricia de bien vouloir endurer et chercher le sommeil autant que possible…
Impossible de savoir quand enfin le vacarme cessa, ces messieurs étant bien endurants, damoiselle Agatha rouvrit les yeux alors que le soleil était déjà bien levé. Claricia, lasse et ayant peu dormi, indiqua qu’elle préparerait le cheval, mais demanda si elle pouvait aller voir où était ce fameux passeur du bac afin de préparer le voyage avant leur petit-déjeuner… C’était aussi l’occasion de promener le chien, qui s’était nourri de quelques os offerts par l’aubergiste et allait probablement avoir envie après avoir beaucoup trop bu dans l’abreuvoir pour les chevaux.
Dehors, il faisait froid, et maintenant, quelques petits flocons de neige étaient en train de tomber. Ça n’allait pas rendre le voyage plus agréable. Les mains dans les poches, Michel trottant derrière, Agatha descendit jusqu’à la Sélune. Le long du fleuve, un homme était en train de pêcher avec une de ses filles, et sur une sorte de ponton, on pouvait voir un gros bac bien large qu’un passeur était en train de nouer.
Rollon était en chemise courte par ce temps-là : il avait l’air de beaucoup suer et travailler durement. C’était un homme trentenaire, à la barbe rousse, aux bras pleins de tatouages représentant des corbeaux et des lettres runiques. Il sourit d’un sourire aux dents manquantes, probablement à cause de bagarres, quand il vit arriver Agatha. On lui demanda c’était quand son prochain passage :
« Je travaille pour la journée. Y a un groupe de seigneurs qui est là avec des chevaux, je vais les faire traverser un à un, pour une fois que je bosse… On est pas en ville, j’ai pas d’horloge, alors j’peux pas vous dire quand ça sera votre tour, mais j’pense que si vous venez rapidement maintenant vous pouvez passer en première. »
Rollon tapota sur sa cuisse et siffla le chien.
« C’est un beau clebs ! Y s’appelle comment ? »
Michel, curieux, s’approcha. Rollon prit dans sa poche des morceaux de panse séchée, qui devait lui servir d’en-cas personnel (Et n’aidait en rien à son odeur buccale…), et en gâta le petit Michel. Il entama une conversation sur tout et rien avec Agatha, mais visiblement, il était très curieux de la ville — il expliqua y avoir vécu lui-même un moment. Ils avaient, en fait, connu le même quartier…
Tandis qu’ils discutaient, un autre homme venait lui aussi du village. Un grand, aux cheveux blonds longs noués en queue de cheval, à la barbe peignée et qui était vêtu d’une cote, d’un pantalon de soie, d’une cape fourrée d’ermine et de gants blancs. Sa boucle d’oreille en or, ses bagues aux bijoux aux doigts, et surtout, l’épée au fourreau à son flanc, l’indiquaient clairement comme un noble. Il était plutôt beau, avait comme simple marque de « Lyonessi » un petit tatouage de lion à côté de la paupière droite, mais il était aussi pâle et avec d’énormes cernes autour de ses yeux bleus. Il claqua dédaigneusement des doigts, pour attirer l’attention du passeur, avant de commander :
« Ton bac est-il prêt ? On ne part pas tout de suite mais nous souhaitons commencer la traversée dès que nous sommes restaurés, mon brave. »
Il regarda Agatha à côté. Il la zieuta des pieds à la tête, avant de sourire en coin.
« Toi tu es bâtie droite, dites donc… On dirait que tu tiens de Taal plus que de Rhya. »
Le cheval et le chien des deux damoiselles entrèrent sur un chemin boueux. Le sol ici n’était bien évidemment pas pavé, mais plus que cela, c’était sur une gadoue collant aux bottes qu’on naviguait plus qu’on se promenait. Pour éviter de glisser tout le temps, des planches de bois sec avaient été jetées ça et là pour servir de « trottoirs ». Sur une terrasse, quelques paysans âgés regardaient silencieusement les arrivantes : c’était des hommes aux cheveux blonds et gris, qui avaient, et c’était assez étonnant, des traces de tatouage bleutés près des yeux ou sur le front. Claricia grogna un peu et murmura pour elle toute seule :
« Cinq cents ans qu’ils sont en Bretonnie et ils continuent de se vêtir comme des sauvages… On se croirait en Norsca, pas dans le pays de la Dame. »
Un seul bâtiment en pierre, étonnamment, tenait au milieu de ce marais peuplé : une église. Claricia y fit s’arrêter Agatha et se glissa à terre. Après avoir attaché le cheval, elles entrèrent. C’était une église qui, de l’extérieur, semblait typique des lieux de culte du pays nordique de Bretonnie — de la grosse pierre collée ensemble, mais avec un plan assez harmonieux, de fines fenêtres pour faire passer la lumière, un clocher et des tuiles d’ardoises… la construction avait été soignée, le lieu de culte était ancien. La porte était lourde, et un peu gondolée, il fallait un peu de force pour la pousser…
…À l’intérieur, en revanche, des choses surprenaient. Il y avait des vieilles statues de saints posés sur les murs — ils avaient été décapités. La crèche, où l’on s’attendait à voir la divine famille des Dieux du Ciel, avait été arrachée de son coin réservé. On avait, sur l’autel, cassé les symboles religieux, gratté l’or, et laissé rien que la pierre nue et simple, sans même un drap blanc pour y poser les meubles liturgiques. Les vitraux colorés, qui devaient autrefois faire la fierté du village, avaient été brisés, et on avait calfeutré les trous des fenêtres avec des planches de bois pour se garder du froid.
L’église avait été iconoclastée, et transformée en temple. Les Réformés, ceux qui luttaient contre la religion principale du Vieux Monde, qu’ils estimaient corrompue et menteuse, étaient passés par là. Quelques personnes priaient silencieusement sur des bancs, mais ils n’allumaient pas de cierges, ils ne chantaient pas dans un Classique qu’ils ne comprenaient pas, ils ne comptaient pas avec un chapelet où ils en étaient dans les cantiques ; ils se contentaient de rester assis, et silencieux. L’un d’eux lisait un livre de prière à la main.
Claricia fit mine de s’arrêter devant l’autel. Elle devait elle aussi prier silencieusement. Quelques-uns des semi-Norses regardèrent les deux jeunes filles fraîchement arrivées. Après dix minutes, Claricia sortit en faisant un signe à Agatha de la suivre, et elles retournèrent dans l’air froid sous un ciel obscurci de nuages gris. La jeune damoiselle pesta un peu toute seule :
« Semi-Norses et hétérodoxes, les gens de ce village veulent vraiment se faire remarquer. Je ne comprendrais jamais les paysans qui se prennent pour ce qu’ils ne sont pas. Fut un temps, dans ce pays, ils se contentaient d’obéir à leurs seigneurs et les seigneurs obéissaient à la Dame du Lac.
Notre pays a vraiment besoin de se ressaisir… »
Il y avait du fiel dans sa voix. Depuis qu’ils étaient entrés à Minieuc, elle n’avait cessé de faire la moue. Quel était le but de se rendre dans cette église ? En plus que ce soit la première chose marquante de leur arrivée (Quand les voisins faisaient les rumeurs de commères, il était bon que les étrangers se fassent passer pour des dévots…), c’était aussi un bon moyen de faire en sorte que quelqu’un vienne les voir. Et ce n’était pas manqué : après une minute ou deux à poireauter devant le temple, le vieil homme qui savait lire ressortait. Tatoué sur une moitié du visage, habillé simplement de peaux de bêtes, il sursauta un peu en voyant Agatha et Claricia toujours ici. Il les salua de son chapeau qu’il avait gardé à la main, avant de le mettre sur son crâne chauve, et de s’approcher d’elles.
« Bienvenue à Minieuc, bonnes femmes… Rare de voir des femmes seules voyager sur les routes, n’est-ce pas ?
– Peut-être rare ici… Nous souhaitons traverser la Sélune. »
L’homme va intensément les regarder, l’une, puis l’autre. Il a l’air de les évaluer, ou d’être pensif… Mais voilà qu’il va grogner, à la manière d’un ours, et opiner du chef.
« Il faut que vous parliez à Rollon, alors. Il tient le bac un peu en contrebas du village, mais généralement, il traverse le matin.
Vous cherchez quelque chose, il y a une raison particulière pour laquelle vous êtes ici ?
– Bon homme, nous souhaitons simplement nous restaurer ici puis traverser dès demain. Cela nous suffira.
– Hmpf. Dans ce cas je vous conseille d’aller au centre du village par là-bas, on a une auberge, qui prend les pièces.
Si vous faites que passer, cela nous va. »
Claricia ne dit rien, mais se contenta d’offrir un sourire grimacé. L’échange avait été glaçant, mais l’homme au livre partit vite en les saluant du menton. Nul doute que ça allait parler sur leur dos, mais l’excès de précaution de ces paysans ne semblait pas être un danger…
…L’auberge au centre du village avait été construite sur des fondations de pierre. C’était salvateur, car plus on s’enfonçait dans ce hameau semi-Norse, plus la gadoue collait aux sabots et encrassait les fers du cheval, qui était crevé. Une sorte de fine pluie semi-verglacée commença d’ailleurs à tomber, aussi, il était bien temps de trouver un refuge. La terrasse de l’auberge était faite d’un bois pourri et échardé qui craquelait sous le pas, et à l’intérieur, on découvrait un grand comptoir, avec derrière des outils et de la nourriture à vendre comme un magasin général, un gros sac rempli de lettres et de colis, et en guise de tavernier, un grand monsieur très gras dont l’apparence générale tranchait avec le reste du village : lui avait les cheveux noirs au lieu d’être blond, et pas de tatouages sur le visage. Il accueillit les deux femmes avec un grand sourire, et Claricia proposa de payer la chambre, le repas, la place en écurie pour le cheval… Seule Agatha eut le réflexe de demander si le chien avait le droit de monter dans la chambre. L’aubergiste tapa sur la table en riant et fit :
« Avec ce qu'il y a comme puces dans les lits, c'est pas votre clébard qui va empirer ! »
Claricia eut une mine dégoûtée. Mais enfin, elles allaient pouvoir se reposer au chaud.
Le repas fut étonnamment bon : du pot-au-feu préparé par la femme de l’aubergiste. Claricia et Agatha eurent leur table rien qu’à elles, tandis que dans le reste de la salle, mangèrent quelques vieux du bourg visiblement habitués, et, c’était plus étonnant, un groupe de caravaniers avec des pistolets à la ceinture, qui saluèrent timidement les deux femmes avant d’aspirer leurs potages et de manger la tête presque sur la table tels des gorets affamés. Les deux damoiselles, lasses et voulant être discrètes, mangèrent puis s’éclipsèrent vite dans leur chambre…
Mórr, à nouveau, ne vint pas voir Agatha, qui se retrouvait à roupiller habillée dans le même lit que Claricia, le clébard à leurs pieds. C’était un sommeil lourd et fatigué, qui fut finalement interrompu par des rires et des sifflets bruyants. Puis, il y eut un vacarme qui venait de la salle d’à côté : de la musique, des pas fracassant le sol, des insultes. Agatha, devinant qu’il devait s’agir des nouvelles en partie de chasse, et ne voulant pas du tout avoir quoi que ce soit à faire avec tout ça, se contenta de se relever, d’attraper une chaise, de la caler contre la porte pour la barricader, puis de revenir au lit en demandant gentiment à Claricia de bien vouloir endurer et chercher le sommeil autant que possible…
Impossible de savoir quand enfin le vacarme cessa, ces messieurs étant bien endurants, damoiselle Agatha rouvrit les yeux alors que le soleil était déjà bien levé. Claricia, lasse et ayant peu dormi, indiqua qu’elle préparerait le cheval, mais demanda si elle pouvait aller voir où était ce fameux passeur du bac afin de préparer le voyage avant leur petit-déjeuner… C’était aussi l’occasion de promener le chien, qui s’était nourri de quelques os offerts par l’aubergiste et allait probablement avoir envie après avoir beaucoup trop bu dans l’abreuvoir pour les chevaux.
Dehors, il faisait froid, et maintenant, quelques petits flocons de neige étaient en train de tomber. Ça n’allait pas rendre le voyage plus agréable. Les mains dans les poches, Michel trottant derrière, Agatha descendit jusqu’à la Sélune. Le long du fleuve, un homme était en train de pêcher avec une de ses filles, et sur une sorte de ponton, on pouvait voir un gros bac bien large qu’un passeur était en train de nouer.
Rollon était en chemise courte par ce temps-là : il avait l’air de beaucoup suer et travailler durement. C’était un homme trentenaire, à la barbe rousse, aux bras pleins de tatouages représentant des corbeaux et des lettres runiques. Il sourit d’un sourire aux dents manquantes, probablement à cause de bagarres, quand il vit arriver Agatha. On lui demanda c’était quand son prochain passage :
« Je travaille pour la journée. Y a un groupe de seigneurs qui est là avec des chevaux, je vais les faire traverser un à un, pour une fois que je bosse… On est pas en ville, j’ai pas d’horloge, alors j’peux pas vous dire quand ça sera votre tour, mais j’pense que si vous venez rapidement maintenant vous pouvez passer en première. »
Rollon tapota sur sa cuisse et siffla le chien.
« C’est un beau clebs ! Y s’appelle comment ? »
Michel, curieux, s’approcha. Rollon prit dans sa poche des morceaux de panse séchée, qui devait lui servir d’en-cas personnel (Et n’aidait en rien à son odeur buccale…), et en gâta le petit Michel. Il entama une conversation sur tout et rien avec Agatha, mais visiblement, il était très curieux de la ville — il expliqua y avoir vécu lui-même un moment. Ils avaient, en fait, connu le même quartier…
Tandis qu’ils discutaient, un autre homme venait lui aussi du village. Un grand, aux cheveux blonds longs noués en queue de cheval, à la barbe peignée et qui était vêtu d’une cote, d’un pantalon de soie, d’une cape fourrée d’ermine et de gants blancs. Sa boucle d’oreille en or, ses bagues aux bijoux aux doigts, et surtout, l’épée au fourreau à son flanc, l’indiquaient clairement comme un noble. Il était plutôt beau, avait comme simple marque de « Lyonessi » un petit tatouage de lion à côté de la paupière droite, mais il était aussi pâle et avec d’énormes cernes autour de ses yeux bleus. Il claqua dédaigneusement des doigts, pour attirer l’attention du passeur, avant de commander :
« Ton bac est-il prêt ? On ne part pas tout de suite mais nous souhaitons commencer la traversée dès que nous sommes restaurés, mon brave. »
Il regarda Agatha à côté. Il la zieuta des pieds à la tête, avant de sourire en coin.
« Toi tu es bâtie droite, dites donc… On dirait que tu tiens de Taal plus que de Rhya. »
- Agatha de Tourraine
- PJ
- Messages : 13
Re: [Agatha] Vieilles-croyantes
De la journée qu'il venait de s'écouler, Agatha se contenta de remplir son rôle dans la mascarade qu'elle et Claricia avaient mises au point : Une mercenaire qui escorte une noble dame. Elle parla donc peu, accompagnait Claricia comme son ombre, inspectait les alentours et jeta des regards mauvais quand un autochtone s'approchait d'un peu trop près, à moins qu'elle ne siffle Michel d'un coup sec, qui se mettait alors à grogner méchamment.
Dans son fort intérieur elle demeurait concentrait mais portait attention à ce que disait Claricia sans vraiment lui répondre, se contentant de sourire, voir ricaner, quand elle s'emportait.
Agatha savait qu'elle n'avait jamais vraiment connu cette époque dont parlait Claricia, si ce n'est dans les livres saints de la Dame. Elle ne pouvait donc pas compatir avec les sentiments de sa consoeur, bien qu'elle devait admettre qu'elle trouvait les méthodes de l'ancienne bretonnie plus simples. Et ce qui est plus simple est forcément un peu mieux que ce qui est compliqué.
Après avoir un peu vagabondées, les deux damoiselles firent haltes dans la seule auberge du coin. Agatha mangea ne se fit pas prier pour dévorer son pot-au-feu, presque de la même que les caravaniers juste à côté qui leur faisaient de l'oeil.
"- Si on étaient pas en mission..." Se dit Agatha avant de reprendre un peu ses manières quand elle vit Claricia la foudroyer du regard.
La nuit fut assez agitée à cause de l'arrivée très tardive d'une équipée. Surement les nobles partis en chasse, se dit Agatha. Elle intima plusieurs fois Claricia à garder le silence. D'abord quand ils arrivèrent avec force et fracas. Puis quand ils se mirent à chanter à tue-tête. Puis quand des cris de femmes se firent entendre. Et à d'autres reprises encore. Et pour éviter de se embringuer dans cette tornade, Agatha finit par allez caler une chaise sous la poignée de la porte, juste au cas où, et retourna dormir. Ou en tout cas essayer.
Le lendemain, Claricia informa Agatha qu'elle allait préparer le cheval pendant qu'elle allait partir trouver le passeur. Agatha s'apprêta et sortit avec son fidèle Michel en direction de l'eau. Elle n'eut pas grande difficulté à trouve le dit passeur, mais il n'est pas le seul qu'elle ait vus. Non loin de là, un père pêcher avec sa fille. La scène était tout ce qu'il pouvait y avoir de plus banal, mais cela frappa légèrement Agatha. Était-ce de la jalousie ? De l'envie ? Quelque chose d'autre ? Elle finis cependant par se reprendre à s'approcha du passeur.
"- La bonne journée mon gars. C'est toi l'passeur Rollon ? Moi et un autre passager on aimerait passer l'fleuve. Tu bosses aujourd'hui ou c'est jour de fête ?"
« Je travaille pour la journée. Y a un groupe de seigneurs qui est là avec des chevaux, je vais les faire traverser un à un, pour une fois que je bosse… On est pas en ville, j’ai pas d’horloge, alors j’peux pas vous dire quand ça sera votre tour, mais j’pense que si vous venez rapidement maintenant vous pouvez passer en première. »
Rollon tapota sur sa cuisse et siffla le chien.
« C’est un beau clebs ! Y s’appelle comment ? »
"- Y s'appelle Michel. Et pour le passage, si vous m'dîtes qu'on peux passer vite fait avant les aut', j'vais" Mais elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que quelqu'un, arrivant par derrière, la coupa.
« Ton bac est-il prêt ? On ne part pas tout de suite mais nous souhaitons commencer la traversée dès que nous sommes restaurés, mon brave. »
L'inconnu regarda Agatha, et inversement. De ce qu'elle pouvait en voir, cet homme était clairement un noble. Elle ajusta rapidement et légèrement sa posture, et ne croisa pas les yeux du noble.
« Toi tu es bâtie droite, dites donc… On dirait que tu tiens de Taal plus que de Rhya. »
Agatha va courber très légèrement le dos dans une attitude clairement de soumission, et va éviter le regard du noble. "Merci m'seigneur. C'est vous et vos gens qui êtes arrivés hier soir ?"
Le sire va sourire et répondre avec sarcasme : « Mais c'est qu'elle a un peu de tête celle-là. Oui, nous n'avons pas été discrets dans notre arrivée dans ce bled. »
Agatha, la tête toujours levée levée mais toujours évitant le regard du noble, continuera sur un ton bas et neutre. "Vos gens sont surement nombreux m'sire, ils vont surement mettre du temps à... se remettre. Je suis sur que le passeur aura finis une traversée avant que vos gens soient remis."
Le sire va faire deux pas en avant, et garder la même mimique de sourire : « Mais c'est qu'elle met en doute notre endurance à présent ? »
Voyant que le noble se rapproche, Agatha se fera violence pour ne pas rapprocher sa main de la garde de son épée, et baissera les yeux dans un nouvel acte de soumission en apparence, mais surtout pour voir si le noble, lui, n'avait pas mis la main à son arme. "En tout cas m'sire, pas la votre. De tous vos gens, z'êtes le premier debout et l'premier à la besogne. Ce m'sire serait-il aussi bon et clément pour permettre à des voyageurs d'passer, le temps que ses gens s'remettent ? Promis m'sire, on f'ra vite avec l'passeur."
Fort heureusement pour Agatha, le noble sire n'avait pas d'arme à la ceinture et avait posé sa main sur sa ceinture. Sur son visage pouvait se lire son amateurisme. Il n'est pas malin d'insulter un village et intimider une dame costaud sans se tenir près de sa lame. « Hmmm... C'est vrai que les autres ont l'air d'être bien roupillards... J'ai assez peu bu hier. Si tu avais montré ton minois, peut-être aurais-je eu le gosier moins sec...
...Pourquoi si pressée de partir ? »
Agatha va feindre de rougir à la flatterie bourrue du noble : "L'travail m'sire. Une merc'naire doit bien gagner son pain. Et y parait qu'y a du bon pain d'laut' côté du fleuve."
« Ah ça... » Le noble va grommeler pour lui même. Puis, Agatha va sentir son regard sur elle ; il semble la détailler de la tête aux pieds. « Mercenaire... Femme mercenaire ? Plutôt agréable à regarder, pour une hommesse invertie, je veux dire. Il faudrait qu'un homme te mette en robe, ça serait mieux pour tous...
...Il y a du pain à se faire en Ormérique. Tu as un contrat en particulier ? »
Agatha va se gratter un peu le visage : "Pas d'robe pour moi m'sire. On s'bat pas bien avec, j'crois." Puis elle va, volontairement, mettre un peu de temps avant de répondre, sur un ton professionnel : "J'en ai un, m'sire."
« Sans robe aucune c'est très bien aussi. » Le sire va lancer avec un grand sourire d'une oreille à l'autre, visiblement trop fier de sa phrase arrivée trop facilement à ses lèvres. « Allons, ne me laisse pas te tirer les vers du nez ; que fais-tu par ici ? »
Agatha va de nouveau garder le silence avant de répondre. "Désolé m'sire... mais j'peux juste vous dire que j'dois escorter quelqu'une."
Le sire va pencher la tête avec un petit sourire. « Une femme pour en garder une autre... Il faut faire attention que vous ne tombiez pas sur un pas d'armes, alors. On risquerait de vous demander plus en gage que simplement son gant. À moins que vous vous dévouiez pour elle... »
Le passeur, qui fait semblant de ne pas écouter la conversation à côté, baisse également la tête et a la même posture discrète et lâche qu'Agatha - une attitude conseillée face à des aristocrates. Mais il regarde bien du coin de l'œil.
Agatha va redresser la tête en oblique pour continuer à ne pas croiser le regard du noble : "Une femme c'est plus sur pour garder une aut' femme. Au cas où... Le loup voudrait manger la brebis, si vous voyez c'que j'veux dire m'sire." Elle va ensuite de nouveau rebaisser la tête. "Désolé m'sire, mais j'peux pas en dire grand plus."
« Tu en as déjà trop dis, l'hommesse... Mais tu sais quoi ? Tu me mets de bonne humeur, alors on va faire quelque chose - tu me demandes très, et je dis bien, très gentiment si tu peux passer la première avec ton bac et ta dame... Et peut-être que je laisserais avec grande galanterie ma place. »
"Euh... J'dois vous appeler m'sire, ou j'peux connaitre vot'nom pour ma d'mande ?" Demanda Agatha en relevant un peu les yeux, donnant l'impression d'un chien regardant son maitre pour flatter le noble sire.
Le noble fait la moue en coin, et opine du chef. « Mais elle est toute polie... Je suis Tancrède du Martellais. »
"- Un de Martellais ? Un gros bonnet c'con là. On verra comment ça tournera plus tard, ça pourrait pas être un si mauvais coup." Pensa Agatha. Le noble ne sembla pas tenir compte des quelques secondes de réflexion d'Agatha, surement pensait-il qu'elle réfléchissait à comment lui parler.
Agatha va aligner son dos et se pencher de tel façon à ce que le regard du noble puisse se plonger dans son décolleté et admirer ses seins : "Noble m'sire Tancred, de la très noble maison de Martellais. Auriez-vous la bonté d'accorder à c'te humble, pitoyable et basse merc'naire de passer avant vous et vos gens, pour permettre à c'te dernière de remplir sa mission et pas mourir d'faim. C'te mercenaire n'oubliera pas la bonté, la générosité... ni l'endurance, du noble m'sire Tancrède de Martellais s'il dit oui."
Le sire va avoir son sourire qui s'agrandit. Il va se rincer l'œil abondamment, avant de faire un petit geste de la tête. « Mais comment pourrais-je refuser à une si galante demoiselle ? Vous savez, parler comme ça vous va très bien. Cela donne presque envie de mieux vous rhabiller... »
Il regarde le passeur. Fait la moue. Hoche de la tête. « Va. Passe donc en premier. En espérant que le Ciel me fasse te recroiser... »
"Cela serait... un jour heureux m'sire. Merci à vous." Agatha va rapidement se tourner vers le passeur pour voir s'il a bien entendu. Un simple échange de regard suffit pour comprendre que tout était réglé, alors Agatha fit revenir Michel à elle et repartit en direction de l'auberge en offrant une vision d'un derrière roulant au noble.
Dans son fort intérieur elle demeurait concentrait mais portait attention à ce que disait Claricia sans vraiment lui répondre, se contentant de sourire, voir ricaner, quand elle s'emportait.
Agatha savait qu'elle n'avait jamais vraiment connu cette époque dont parlait Claricia, si ce n'est dans les livres saints de la Dame. Elle ne pouvait donc pas compatir avec les sentiments de sa consoeur, bien qu'elle devait admettre qu'elle trouvait les méthodes de l'ancienne bretonnie plus simples. Et ce qui est plus simple est forcément un peu mieux que ce qui est compliqué.
Après avoir un peu vagabondées, les deux damoiselles firent haltes dans la seule auberge du coin. Agatha mangea ne se fit pas prier pour dévorer son pot-au-feu, presque de la même que les caravaniers juste à côté qui leur faisaient de l'oeil.
"- Si on étaient pas en mission..." Se dit Agatha avant de reprendre un peu ses manières quand elle vit Claricia la foudroyer du regard.
La nuit fut assez agitée à cause de l'arrivée très tardive d'une équipée. Surement les nobles partis en chasse, se dit Agatha. Elle intima plusieurs fois Claricia à garder le silence. D'abord quand ils arrivèrent avec force et fracas. Puis quand ils se mirent à chanter à tue-tête. Puis quand des cris de femmes se firent entendre. Et à d'autres reprises encore. Et pour éviter de se embringuer dans cette tornade, Agatha finit par allez caler une chaise sous la poignée de la porte, juste au cas où, et retourna dormir. Ou en tout cas essayer.
Le lendemain, Claricia informa Agatha qu'elle allait préparer le cheval pendant qu'elle allait partir trouver le passeur. Agatha s'apprêta et sortit avec son fidèle Michel en direction de l'eau. Elle n'eut pas grande difficulté à trouve le dit passeur, mais il n'est pas le seul qu'elle ait vus. Non loin de là, un père pêcher avec sa fille. La scène était tout ce qu'il pouvait y avoir de plus banal, mais cela frappa légèrement Agatha. Était-ce de la jalousie ? De l'envie ? Quelque chose d'autre ? Elle finis cependant par se reprendre à s'approcha du passeur.
"- La bonne journée mon gars. C'est toi l'passeur Rollon ? Moi et un autre passager on aimerait passer l'fleuve. Tu bosses aujourd'hui ou c'est jour de fête ?"
« Je travaille pour la journée. Y a un groupe de seigneurs qui est là avec des chevaux, je vais les faire traverser un à un, pour une fois que je bosse… On est pas en ville, j’ai pas d’horloge, alors j’peux pas vous dire quand ça sera votre tour, mais j’pense que si vous venez rapidement maintenant vous pouvez passer en première. »
Rollon tapota sur sa cuisse et siffla le chien.
« C’est un beau clebs ! Y s’appelle comment ? »
"- Y s'appelle Michel. Et pour le passage, si vous m'dîtes qu'on peux passer vite fait avant les aut', j'vais" Mais elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que quelqu'un, arrivant par derrière, la coupa.
« Ton bac est-il prêt ? On ne part pas tout de suite mais nous souhaitons commencer la traversée dès que nous sommes restaurés, mon brave. »
L'inconnu regarda Agatha, et inversement. De ce qu'elle pouvait en voir, cet homme était clairement un noble. Elle ajusta rapidement et légèrement sa posture, et ne croisa pas les yeux du noble.
« Toi tu es bâtie droite, dites donc… On dirait que tu tiens de Taal plus que de Rhya. »
Agatha va courber très légèrement le dos dans une attitude clairement de soumission, et va éviter le regard du noble. "Merci m'seigneur. C'est vous et vos gens qui êtes arrivés hier soir ?"
Le sire va sourire et répondre avec sarcasme : « Mais c'est qu'elle a un peu de tête celle-là. Oui, nous n'avons pas été discrets dans notre arrivée dans ce bled. »
Agatha, la tête toujours levée levée mais toujours évitant le regard du noble, continuera sur un ton bas et neutre. "Vos gens sont surement nombreux m'sire, ils vont surement mettre du temps à... se remettre. Je suis sur que le passeur aura finis une traversée avant que vos gens soient remis."
Le sire va faire deux pas en avant, et garder la même mimique de sourire : « Mais c'est qu'elle met en doute notre endurance à présent ? »
Voyant que le noble se rapproche, Agatha se fera violence pour ne pas rapprocher sa main de la garde de son épée, et baissera les yeux dans un nouvel acte de soumission en apparence, mais surtout pour voir si le noble, lui, n'avait pas mis la main à son arme. "En tout cas m'sire, pas la votre. De tous vos gens, z'êtes le premier debout et l'premier à la besogne. Ce m'sire serait-il aussi bon et clément pour permettre à des voyageurs d'passer, le temps que ses gens s'remettent ? Promis m'sire, on f'ra vite avec l'passeur."
Fort heureusement pour Agatha, le noble sire n'avait pas d'arme à la ceinture et avait posé sa main sur sa ceinture. Sur son visage pouvait se lire son amateurisme. Il n'est pas malin d'insulter un village et intimider une dame costaud sans se tenir près de sa lame. « Hmmm... C'est vrai que les autres ont l'air d'être bien roupillards... J'ai assez peu bu hier. Si tu avais montré ton minois, peut-être aurais-je eu le gosier moins sec...
...Pourquoi si pressée de partir ? »
Agatha va feindre de rougir à la flatterie bourrue du noble : "L'travail m'sire. Une merc'naire doit bien gagner son pain. Et y parait qu'y a du bon pain d'laut' côté du fleuve."
« Ah ça... » Le noble va grommeler pour lui même. Puis, Agatha va sentir son regard sur elle ; il semble la détailler de la tête aux pieds. « Mercenaire... Femme mercenaire ? Plutôt agréable à regarder, pour une hommesse invertie, je veux dire. Il faudrait qu'un homme te mette en robe, ça serait mieux pour tous...
...Il y a du pain à se faire en Ormérique. Tu as un contrat en particulier ? »
Agatha va se gratter un peu le visage : "Pas d'robe pour moi m'sire. On s'bat pas bien avec, j'crois." Puis elle va, volontairement, mettre un peu de temps avant de répondre, sur un ton professionnel : "J'en ai un, m'sire."
« Sans robe aucune c'est très bien aussi. » Le sire va lancer avec un grand sourire d'une oreille à l'autre, visiblement trop fier de sa phrase arrivée trop facilement à ses lèvres. « Allons, ne me laisse pas te tirer les vers du nez ; que fais-tu par ici ? »
Agatha va de nouveau garder le silence avant de répondre. "Désolé m'sire... mais j'peux juste vous dire que j'dois escorter quelqu'une."
Le sire va pencher la tête avec un petit sourire. « Une femme pour en garder une autre... Il faut faire attention que vous ne tombiez pas sur un pas d'armes, alors. On risquerait de vous demander plus en gage que simplement son gant. À moins que vous vous dévouiez pour elle... »
Le passeur, qui fait semblant de ne pas écouter la conversation à côté, baisse également la tête et a la même posture discrète et lâche qu'Agatha - une attitude conseillée face à des aristocrates. Mais il regarde bien du coin de l'œil.
Agatha va redresser la tête en oblique pour continuer à ne pas croiser le regard du noble : "Une femme c'est plus sur pour garder une aut' femme. Au cas où... Le loup voudrait manger la brebis, si vous voyez c'que j'veux dire m'sire." Elle va ensuite de nouveau rebaisser la tête. "Désolé m'sire, mais j'peux pas en dire grand plus."
« Tu en as déjà trop dis, l'hommesse... Mais tu sais quoi ? Tu me mets de bonne humeur, alors on va faire quelque chose - tu me demandes très, et je dis bien, très gentiment si tu peux passer la première avec ton bac et ta dame... Et peut-être que je laisserais avec grande galanterie ma place. »
"Euh... J'dois vous appeler m'sire, ou j'peux connaitre vot'nom pour ma d'mande ?" Demanda Agatha en relevant un peu les yeux, donnant l'impression d'un chien regardant son maitre pour flatter le noble sire.
Le noble fait la moue en coin, et opine du chef. « Mais elle est toute polie... Je suis Tancrède du Martellais. »
"- Un de Martellais ? Un gros bonnet c'con là. On verra comment ça tournera plus tard, ça pourrait pas être un si mauvais coup." Pensa Agatha. Le noble ne sembla pas tenir compte des quelques secondes de réflexion d'Agatha, surement pensait-il qu'elle réfléchissait à comment lui parler.
Agatha va aligner son dos et se pencher de tel façon à ce que le regard du noble puisse se plonger dans son décolleté et admirer ses seins : "Noble m'sire Tancred, de la très noble maison de Martellais. Auriez-vous la bonté d'accorder à c'te humble, pitoyable et basse merc'naire de passer avant vous et vos gens, pour permettre à c'te dernière de remplir sa mission et pas mourir d'faim. C'te mercenaire n'oubliera pas la bonté, la générosité... ni l'endurance, du noble m'sire Tancrède de Martellais s'il dit oui."
Le sire va avoir son sourire qui s'agrandit. Il va se rincer l'œil abondamment, avant de faire un petit geste de la tête. « Mais comment pourrais-je refuser à une si galante demoiselle ? Vous savez, parler comme ça vous va très bien. Cela donne presque envie de mieux vous rhabiller... »
Il regarde le passeur. Fait la moue. Hoche de la tête. « Va. Passe donc en premier. En espérant que le Ciel me fasse te recroiser... »
"Cela serait... un jour heureux m'sire. Merci à vous." Agatha va rapidement se tourner vers le passeur pour voir s'il a bien entendu. Un simple échange de regard suffit pour comprendre que tout était réglé, alors Agatha fit revenir Michel à elle et repartit en direction de l'auberge en offrant une vision d'un derrière roulant au noble.
Agatha de Tourraine, Damoiselle du graal
Profil: For 9 | End 8 | Hab 8 | Cha 8 | Int 8 | Ini 8 | Att 9 | Par 8 | Tir 8 | Mag 9 | NA 1 | PV 65/65
Lien Fiche personnage: https://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.p ... _tourraine
Profil: For 9 | End 8 | Hab 8 | Cha 8 | Int 8 | Ini 8 | Att 9 | Par 8 | Tir 8 | Mag 9 | NA 1 | PV 65/65
Lien Fiche personnage: https://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.p ... _tourraine
- [MJ] La Fée Enchanteresse
- Warfo Award 2021 du meilleur MJ - Élaboration

- Messages : 953
- Autres comptes : Armand de Lyrie
Re: [Agatha] Vieilles-croyantes
Le passeur était un de ces semi-Norses archétypique au point d’être un mauvais cliché, comme toutes les gens de Minieuc ; il aimait baisser le nez, grogner, mais n’en penser pas moins. Tout le long de la discussion entre Agatha et le noble, la damoiselle avait pu le sentir se raidir et se préparer à intervenir, probablement si elle disait une phrase qui, pour une raison ou une autre, suscitait de mauvais appétits dans la panse du sire. Mais Agatha n’était pas née de la dernière pluie, et pour tout « intéressé » que sire Tancrède pouvait l’être, elle avait arrangé un moyen pour elles de vite déguerpir…
En apprenant le résumé de ce qui venait de se passer, Claricia, qui n’avait pas perdu de temps en préparant le cheval et le matériel pour partir, se fendit d’un petit sourire et d’un hochement de tête entendu : « Alors tu sais être discrète et subtile ? On aurait pas dit à la première impression… », lança-t-elle avec une vilaine grimace.
Rollon le passeur avait préparé son embarcation à la va-vite. Il fallut charger le cheval bien au centre, et le demi-Norse lança ça-et-là des poids pour équilibrer sa chaloupe bien large afin d’embarquer le poids du cheval. Agatha se retrouva avec Michel à ses genoux, Claricia elle colla au passeur et lui fit la discussion durant la traversée — pas très longue, même s’il fallait calmer le pauvre canasson qui paniquait tout seul et manquait de faire tout s’effondrer… Mais finalement, plus de peur que de mal. Arrivés sur la terre ferme, de l’autre côté de la Sélune, Claricia battit des cils et offrit quelques mots soufflés de remerciement au passeur, lui colla quelques pièces d’argent dans la main, et se fit tendre la main de sa collègue damoiselle pour pouvoir remonter sur la bestiole, Michel se dégourdissant les pattes sur la vase.
Le chemin reprenait, et en ayant traversé le fleuve, sans trop s’en rendre compte dans l’immédiat, les damoiselles étaient maintenant dans le pays de Pirouse…

Un pays d’albâtres et de prairies, de grandes steppes laissées larges et vides, pour permettre aux chevaux ou aux vaches de pâturer. Le bocage s’étendait pour laisser sa place à de vastes étendues de vide entrecoupées de collines et de mottes qui se soulevaient de la terre ; et la pluie. Il n’arrêtait pas de flotter. Encore, et toujours, de la rosée entrecoupée d’averse, si bien que les vêtements gonflaient, la robe du canasson perlait d’un matelas d’eau, les bottes devenaient lourde, et l’air frais de cette fin d’automne formait de la buée devant la bouche… Rien d’inhabituel pour Agatha, au final, habituée à vivre dans les ruelles puis sur les routes. Mais devant elle, Claricia, déjà épuisée par le manque de sommeil de la veille, était devenue très silencieuse, et tremblotait beaucoup trop de froid. La damoiselle paraissait bien pâle, ses grosses cernes autour des yeux prenant la même couleur que ses lèvres.
La route avait été tracée par la félicité de leur solide cheval. Mais à présent, le soleil, déjà inexistant derrière d’épais nuages, commençait à se coucher, et la température refroidissait davantage. Il fallait falloir songer à trouver un abri pour la nuit…
Cela, au moins, Agatha y était habituée. Sifflottant à Michel, elle chercha en portant un peu loin son regard un endroit qui pouvait convenir. Entre les prairies et les élevages lointains de vaches, il y avait peut-être quelques masures, et il était tout à fait convenable d’aller demander l’hospitalité aux gens du coin… Mais il fallait faire un détour, et peut-être pouvait-elle trouver un endroit bien convenable pour mettre au chaud sa camarade ? En faisant le tour d’une colline, elle crut deviner un tertre — une butte artificielle qui devait servir autrefois à ranger des morts, une tradition des anciens Bretonni. Il faudrait sans doute que Claricia purifie les lieux pour éviter que des fantômes ne soient dérangés, mais ça serait un lieu sec et facile à réchauffer…
Il commençait à faire nuit quand le cheval s’arrêta à l’entrée d’un gros rocher terreux et herbu, soutenu par des pierres millénaires qui formaient un gros cercle, un anneau de soutien surélevé par des mains ancestrales et païennes. Il y avait un petit escalier effacé par la mousson, qui faisait entrer dans une sépulture oubliée… Claricia demanda de l’aide pour descendre, et, le manteau dégoulinant d’eau, elle se glissa à l’intérieur. Sa voix était chevrotante :
« M-m-merci…
O-on v-va avoir b-besoin d-d’un feu… »
Il leur restait à Claricia un peu de bois traité à la poix ; de quoi s’illuminer dans le noir et allumer un feu. Utilisant son briquet d’amadou, Agatha l’enflamma, et ouvrit la voie.
Les flammes léchaient les parois, couvertes d’anciennes écritures indéchiffrables, oubliées avec le temps. Claricia passa ses doigts dessus, effleurant pour tenter de lire, en mimant avec ses lèvres, avant d’expliquer :
« C-c-c’est la t-tombe d’une vieille famille B-Bretonni… Enterrée a-avant même qu-que la Dame ne se r-révèle…
P-probablement d-déjà pillée, le t-tertre n’est pas loin des routes… »
C’était probablement rassurant, d’un point de vue cynique. En bonne sorcière religieuse et ésotérique, Claricia pouvait être attristée du saccage d’un lieu de repos, morceau de l’Histoire du peuple Bretonnien… Mais quand on était une survivaliste squatteuse, il était rassurant d’être dans un coin déjà fouillé de fond en comble par des pilleurs de tombes — si quoi que ce soit était dangereux, ils seraient déjà tombés dessus. Il n’y avait rien de plus rassurant qu’un tag insultant ou grossier quand on entrait par effraction quelque part…
…Et effectivement, en voûtant un peu sa tête, Claricia se retrouvait dans le lieu central : des tombes avaient été éventrées, les vieilles dalles de pierre soulevées par quelques outils. Il n’y avait plus rien à trouver ici. Claricia déploya sa couverture et s’assit par terre, en attendant un feu pour se sécher.
Agatha fit le tour, essayant de découvrir son environnement : au fond du tertre, il n’y avait plus aucune lumière, seul l’abysse régnait, chassée faiblement au bout de sa torche.
Elle piétina quelque chose. Il y eut un bruit sec, cassant, et un impact avec un écho. En se penchant, elle découvrit, à ses pieds, un morceau d’os… Elle le prit du bout des doigts — il y avait de la viande fraîche au bout, boulottée en morceau, et à l’embout cassé pour pouvoir en sucer la moelle. Un morceau d’os parfaitement impossible à identifier. Mais en agitant la torche, elle découvrit un petit tas de cartilages balancés là dans un coin et boulottés. Et au plafond, gratté au couteau, des runes…
…Un mangeur de viande récente devait s’abriter ici.
En apprenant le résumé de ce qui venait de se passer, Claricia, qui n’avait pas perdu de temps en préparant le cheval et le matériel pour partir, se fendit d’un petit sourire et d’un hochement de tête entendu : « Alors tu sais être discrète et subtile ? On aurait pas dit à la première impression… », lança-t-elle avec une vilaine grimace.
Rollon le passeur avait préparé son embarcation à la va-vite. Il fallut charger le cheval bien au centre, et le demi-Norse lança ça-et-là des poids pour équilibrer sa chaloupe bien large afin d’embarquer le poids du cheval. Agatha se retrouva avec Michel à ses genoux, Claricia elle colla au passeur et lui fit la discussion durant la traversée — pas très longue, même s’il fallait calmer le pauvre canasson qui paniquait tout seul et manquait de faire tout s’effondrer… Mais finalement, plus de peur que de mal. Arrivés sur la terre ferme, de l’autre côté de la Sélune, Claricia battit des cils et offrit quelques mots soufflés de remerciement au passeur, lui colla quelques pièces d’argent dans la main, et se fit tendre la main de sa collègue damoiselle pour pouvoir remonter sur la bestiole, Michel se dégourdissant les pattes sur la vase.
Le chemin reprenait, et en ayant traversé le fleuve, sans trop s’en rendre compte dans l’immédiat, les damoiselles étaient maintenant dans le pays de Pirouse…

Un pays d’albâtres et de prairies, de grandes steppes laissées larges et vides, pour permettre aux chevaux ou aux vaches de pâturer. Le bocage s’étendait pour laisser sa place à de vastes étendues de vide entrecoupées de collines et de mottes qui se soulevaient de la terre ; et la pluie. Il n’arrêtait pas de flotter. Encore, et toujours, de la rosée entrecoupée d’averse, si bien que les vêtements gonflaient, la robe du canasson perlait d’un matelas d’eau, les bottes devenaient lourde, et l’air frais de cette fin d’automne formait de la buée devant la bouche… Rien d’inhabituel pour Agatha, au final, habituée à vivre dans les ruelles puis sur les routes. Mais devant elle, Claricia, déjà épuisée par le manque de sommeil de la veille, était devenue très silencieuse, et tremblotait beaucoup trop de froid. La damoiselle paraissait bien pâle, ses grosses cernes autour des yeux prenant la même couleur que ses lèvres.
La route avait été tracée par la félicité de leur solide cheval. Mais à présent, le soleil, déjà inexistant derrière d’épais nuages, commençait à se coucher, et la température refroidissait davantage. Il fallait falloir songer à trouver un abri pour la nuit…
Cela, au moins, Agatha y était habituée. Sifflottant à Michel, elle chercha en portant un peu loin son regard un endroit qui pouvait convenir. Entre les prairies et les élevages lointains de vaches, il y avait peut-être quelques masures, et il était tout à fait convenable d’aller demander l’hospitalité aux gens du coin… Mais il fallait faire un détour, et peut-être pouvait-elle trouver un endroit bien convenable pour mettre au chaud sa camarade ? En faisant le tour d’une colline, elle crut deviner un tertre — une butte artificielle qui devait servir autrefois à ranger des morts, une tradition des anciens Bretonni. Il faudrait sans doute que Claricia purifie les lieux pour éviter que des fantômes ne soient dérangés, mais ça serait un lieu sec et facile à réchauffer…
Il commençait à faire nuit quand le cheval s’arrêta à l’entrée d’un gros rocher terreux et herbu, soutenu par des pierres millénaires qui formaient un gros cercle, un anneau de soutien surélevé par des mains ancestrales et païennes. Il y avait un petit escalier effacé par la mousson, qui faisait entrer dans une sépulture oubliée… Claricia demanda de l’aide pour descendre, et, le manteau dégoulinant d’eau, elle se glissa à l’intérieur. Sa voix était chevrotante :
« M-m-merci…
O-on v-va avoir b-besoin d-d’un feu… »
Il leur restait à Claricia un peu de bois traité à la poix ; de quoi s’illuminer dans le noir et allumer un feu. Utilisant son briquet d’amadou, Agatha l’enflamma, et ouvrit la voie.
Les flammes léchaient les parois, couvertes d’anciennes écritures indéchiffrables, oubliées avec le temps. Claricia passa ses doigts dessus, effleurant pour tenter de lire, en mimant avec ses lèvres, avant d’expliquer :
« C-c-c’est la t-tombe d’une vieille famille B-Bretonni… Enterrée a-avant même qu-que la Dame ne se r-révèle…
P-probablement d-déjà pillée, le t-tertre n’est pas loin des routes… »
C’était probablement rassurant, d’un point de vue cynique. En bonne sorcière religieuse et ésotérique, Claricia pouvait être attristée du saccage d’un lieu de repos, morceau de l’Histoire du peuple Bretonnien… Mais quand on était une survivaliste squatteuse, il était rassurant d’être dans un coin déjà fouillé de fond en comble par des pilleurs de tombes — si quoi que ce soit était dangereux, ils seraient déjà tombés dessus. Il n’y avait rien de plus rassurant qu’un tag insultant ou grossier quand on entrait par effraction quelque part…
…Et effectivement, en voûtant un peu sa tête, Claricia se retrouvait dans le lieu central : des tombes avaient été éventrées, les vieilles dalles de pierre soulevées par quelques outils. Il n’y avait plus rien à trouver ici. Claricia déploya sa couverture et s’assit par terre, en attendant un feu pour se sécher.
Agatha fit le tour, essayant de découvrir son environnement : au fond du tertre, il n’y avait plus aucune lumière, seul l’abysse régnait, chassée faiblement au bout de sa torche.
Elle piétina quelque chose. Il y eut un bruit sec, cassant, et un impact avec un écho. En se penchant, elle découvrit, à ses pieds, un morceau d’os… Elle le prit du bout des doigts — il y avait de la viande fraîche au bout, boulottée en morceau, et à l’embout cassé pour pouvoir en sucer la moelle. Un morceau d’os parfaitement impossible à identifier. Mais en agitant la torche, elle découvrit un petit tas de cartilages balancés là dans un coin et boulottés. Et au plafond, gratté au couteau, des runes…
…Un mangeur de viande récente devait s’abriter ici.
- Agatha de Tourraine
- PJ
- Messages : 13
Re: [Agatha] Vieilles-croyantes
À peine arrivée à l'auberge où elles avaient fait halte, Agatha fila rapidement vers ce qui servait d'écurie à cette dernière pour trouver Claricia et lui raconta rapidement ce qu'il s'était passé pendant qu'elle rassemblait et empaquetait leurs affaires. Pour toute réponse à ce que dit Claricia, Agatha se contenta de lui répondre par un : "Tu m'prends pour quoi, une barbare ?", mais ne voulant pas vraiment entendre la réponse de sa consœur, elles repartirent à peine le dernier bagage posé sur le canasson.
Durant la traversée, aussi courte fût-elle, et pendant que Claricia faisait la discussion au passeur, Agatha lança quelques fois le regard vers le village qu'elles venaient de quitter, en espérant ne pas y voir Tancrède ou l'un de ses compagnons de chasse. L'inquiétude la taraudait encore un peu quand elles mirent pied à terre de l'autre côté de la rive, mais une fois sur le dos du cheval et qu'elles reprirent leur route, cette inquiétude s'envola petit à petit pour finalement disparaître.
Ah Pirouse... Un beau pays, assurément, marqué par ses bocages, ses champs verts et son ciel bleu. Dans une autre vie, car visiblement les éléments avaient décidé de littéralement pisser sur Agatha et Claricia. De la pluie, de la rosée, resuivie d'une couche de pluie, puis encore de la rosée. Un cycle en deux temps qui semblait ne pas vouloir s'arrêter du tout. Michel et le cheval semblaient arriver à s'en accoutumer, même si le cheval avait visiblement ralenti son allure à cause du poids, certainement doublé à cause de l'eau, de ses fardeaux.
Agatha, elle, avait rapidement arrangé ses cheveux en les attachant lâchement pour éviter qu'ils ne viennent se mettre devant ses yeux à cause de la pluie, avait resserré le plus possible son col et ses fins de manches, et sembla plonger dans une espèce d'état second dans lequel les sensations de son corps lui importaient moins, comme si elle laissait à son corps le soin de se réguler lui-même comme le faisaient Michel et le cheval. Cette méthode lui avait déjà permis d'éviter plusieurs fois de finir enrhumée ou de perdre trop de chaleur. Elle n'a jamais su à quoi c'était dû, mais maintenant elle se disait que c'était peut-être son don qui l'avait gardée en vie. Un don offert par la grâce de la Dame. Alors pourquoi ne pas s'en servir. Cependant, et visiblement, elle était la seule à être capable de cela. Sortant légèrement de son étrange transe, elle sentit de nouveau Claricia affalée contre elle. Elle sourit doucement et, en lui remettant les cheveux correctement, vit enfin que sa consœur tremblait plus qu'elle ne le devrait.
Agatha ressentit alors un élan de peur et regarda Claricia plus attentivement.
"- Pâle comme un cul. Elle tremble comme une feuille. Elle respire, mais ne me répond pas. Putain d'merde, elle est en train d'crever d'froid ! Putain d'pluie et putain d'moi !" Se fustigea-t-elle.
Agatha se mit debout dans ses étriers et porta son regard au plus loin possible, et aperçut une structure.
"- Un tertre ? Mieux que rien. Faudra purifier, mais ce sera sec, et surtout j'vois rien d'autre avec cette pisse du ciel." Elle se rassit et prit fermement Claricia dans son bras avant de claquer les rênes du cheval pour le faire aller plus vite. "- Tiens bon, on va t'mettre au sec."
La cavalcade jusqu'au tertre eut le mérite de sortir Claricia de son état. Elle put voir qu'Agatha avait déjà rentré tout le monde dans le tertre, qu'elle avait une torche à la main et qu'elle faisait un peu de reconnaissance dans le tertre.
"- Tu m'aides... à descendre ?" Put-elle demander en toussant.
En l'entendant, Agatha fit demi-tour et vint rapidement auprès d'elle. Si elle avait déjà une bonne idée de l'état de sa consœur, les cernes sous ses yeux ne firent que l'inquiéter encore plus. Elle devait impérativement se reposer, même si ça devait être ici.
Elle l'aida à descendre du cheval, en faisant preuve d'une délicatesse qui pouvait surprendre tout le monde étant donné la carrure d'Agatha. Elle la porta dans ses bras en l'entraînant un peu plus à l'intérieur du tertre, là où il faisait encore plus sec.
"- J'ai un peu inspecté l'endroit. Rien dans les hauteurs. Rien à l'intérieur, en tout cas pour l'instant." Dit Agatha avant de déposer Claricia sur une roche. "- Le problème, c'est les tombes. Y'a un machin qui les a complètement éventrées. J'ai vu des traces à l'entrée, des traces que pour une seule bestiole. Enfin, si la pluie en a pas trop effacé. Hey, hey, reste avec moi." Dit-elle alors que Claricia commençait déjà à sombrer dans le sommeil. Ou l'inconscience.
"- Désolée Clari, mais si on veut dormir tranquilles, il va falloir que tu te lèves et que tu purifies l'coin. J'veux pas qu'tu dormes dans un coin avec p'têt des esprits en colère ou un truc plus sale encore. Tu t'sens d'faire ça ?"
Dans un effort colossal, Claricia arriva à se relever, mais Agatha dut venir la soutenir pour l'empêcher de retomber. Claricia commença à réciter un chant dans la langue sacrée pendant qu'Agatha l'aidait à marcher pour purifier tout l'endroit. Une fois terminé, Agatha aida Claricia à se rasseoir sur la pierre.
"- Rien... d'inhabituel ici. Mais ces runes..." Dit-elle en pointant un os de son doigt tremblant. "- C'est des runes... d'horreurs des bois..." Dit-elle très faiblement, comme abattue par la fatigue.
Agatha, voyant que sa consœur ne tenait plus, l'empêcha de s'effondrer et l'allongea du mieux qu'elle put sur la pierre où elle se trouvait. À peine eut-elle fini que Claricia avait déjà sombré dans le sommeil.
"- Merde... Bon, pense deux secondes. T'es ici, avec une femme complètement mouillée et plus que fatiguée, avec potentiellement une saloperie des bois qui va débouler à un moment ou un autre. On peut pas bouger à cause de cette foutue pluie, donc quand la saloperie va revenir, on va sûrement devoir se battre. Seule option : S'arranger avec l'effet de surprise, et boucler ça au plus vite. Une embuscade, y'a pas l'choix. Et pour ça, va falloir un appât." Dit-elle alors que son regard se tourna vers le cheval. "- Bon appât." Puis son regard se tourna de nouveau vers Claricia.
"- On sait pas quand cette bestiole va arriver, si jamais elle revient. J'peux pas la laisser comme ça." Sa détermination et sa résolution disparurent lentement, au fur et à mesure qu'Agatha retira avec douceur et lenteur les vêtements complètement trempés de Claricia, ne laissant sur elle que de quoi cacher ses parties les plus intimes. Si Claricia tremblait de froid, une autre sorte de tremblement parcourut le corps d'Agatha. Son corps s'embrasa lentement, sa respiration se fit rapide et un incendie semblait avoir pris place sur son visage tandis que ses yeux lui montraient des visions de passions sauvages.
Agatha dut se détourner de Claricia plusieurs instants, posant une main sur son cœur et l'autre sur sa nuque pour essayer de se calmer et de se refroidir. Une fois cela fait, elle prit une grande inspiration et se retourna de nouveau vers Claricia pour la prendre dans ses bras et la dissimuler dans l'une des tombes, en priant la Dame qu'elle ne la tue pas pour ça. Et pour le reste, aussi, si jamais elle venait à le découvrir. Elle mit également les vêtements de Claricia dans une autre tombe afin qu'ils sèchent, avant de s'atteler à faire pénétrer le cheval jusqu'au fond du tertre. Elle lui retira tous les bagages, qu'elle dissimula dans une autre tombe, et attacha solidement le cheval à l'une des tombes pour éviter que ce dernier ne s'enfuie en voyant le monstre quand il reviendrait. Et même, avec un peu de chance, le cheval pourra lui mettre des coups de sabots. Enfin, en dernier, elle se glissa avec Michel dans une autre tombe, une lui permettant de voir le monstre quand il serait proche du cheval, et surtout lui permettant de sortir rapidement. Elle donna à Michel son ordre d'attente, ce qui cloua le chien sur place, prêt à bondir sur l'ordre de sa maîtresse, cette dernière étant prête, avec son épée et son bouclier, à sauter sur le monstre.
Plus qu'à attendre ce dernier.
Durant la traversée, aussi courte fût-elle, et pendant que Claricia faisait la discussion au passeur, Agatha lança quelques fois le regard vers le village qu'elles venaient de quitter, en espérant ne pas y voir Tancrède ou l'un de ses compagnons de chasse. L'inquiétude la taraudait encore un peu quand elles mirent pied à terre de l'autre côté de la rive, mais une fois sur le dos du cheval et qu'elles reprirent leur route, cette inquiétude s'envola petit à petit pour finalement disparaître.
Ah Pirouse... Un beau pays, assurément, marqué par ses bocages, ses champs verts et son ciel bleu. Dans une autre vie, car visiblement les éléments avaient décidé de littéralement pisser sur Agatha et Claricia. De la pluie, de la rosée, resuivie d'une couche de pluie, puis encore de la rosée. Un cycle en deux temps qui semblait ne pas vouloir s'arrêter du tout. Michel et le cheval semblaient arriver à s'en accoutumer, même si le cheval avait visiblement ralenti son allure à cause du poids, certainement doublé à cause de l'eau, de ses fardeaux.
Agatha, elle, avait rapidement arrangé ses cheveux en les attachant lâchement pour éviter qu'ils ne viennent se mettre devant ses yeux à cause de la pluie, avait resserré le plus possible son col et ses fins de manches, et sembla plonger dans une espèce d'état second dans lequel les sensations de son corps lui importaient moins, comme si elle laissait à son corps le soin de se réguler lui-même comme le faisaient Michel et le cheval. Cette méthode lui avait déjà permis d'éviter plusieurs fois de finir enrhumée ou de perdre trop de chaleur. Elle n'a jamais su à quoi c'était dû, mais maintenant elle se disait que c'était peut-être son don qui l'avait gardée en vie. Un don offert par la grâce de la Dame. Alors pourquoi ne pas s'en servir. Cependant, et visiblement, elle était la seule à être capable de cela. Sortant légèrement de son étrange transe, elle sentit de nouveau Claricia affalée contre elle. Elle sourit doucement et, en lui remettant les cheveux correctement, vit enfin que sa consœur tremblait plus qu'elle ne le devrait.
Agatha ressentit alors un élan de peur et regarda Claricia plus attentivement.
"- Pâle comme un cul. Elle tremble comme une feuille. Elle respire, mais ne me répond pas. Putain d'merde, elle est en train d'crever d'froid ! Putain d'pluie et putain d'moi !" Se fustigea-t-elle.
Agatha se mit debout dans ses étriers et porta son regard au plus loin possible, et aperçut une structure.
"- Un tertre ? Mieux que rien. Faudra purifier, mais ce sera sec, et surtout j'vois rien d'autre avec cette pisse du ciel." Elle se rassit et prit fermement Claricia dans son bras avant de claquer les rênes du cheval pour le faire aller plus vite. "- Tiens bon, on va t'mettre au sec."
La cavalcade jusqu'au tertre eut le mérite de sortir Claricia de son état. Elle put voir qu'Agatha avait déjà rentré tout le monde dans le tertre, qu'elle avait une torche à la main et qu'elle faisait un peu de reconnaissance dans le tertre.
"- Tu m'aides... à descendre ?" Put-elle demander en toussant.
En l'entendant, Agatha fit demi-tour et vint rapidement auprès d'elle. Si elle avait déjà une bonne idée de l'état de sa consœur, les cernes sous ses yeux ne firent que l'inquiéter encore plus. Elle devait impérativement se reposer, même si ça devait être ici.
Elle l'aida à descendre du cheval, en faisant preuve d'une délicatesse qui pouvait surprendre tout le monde étant donné la carrure d'Agatha. Elle la porta dans ses bras en l'entraînant un peu plus à l'intérieur du tertre, là où il faisait encore plus sec.
"- J'ai un peu inspecté l'endroit. Rien dans les hauteurs. Rien à l'intérieur, en tout cas pour l'instant." Dit Agatha avant de déposer Claricia sur une roche. "- Le problème, c'est les tombes. Y'a un machin qui les a complètement éventrées. J'ai vu des traces à l'entrée, des traces que pour une seule bestiole. Enfin, si la pluie en a pas trop effacé. Hey, hey, reste avec moi." Dit-elle alors que Claricia commençait déjà à sombrer dans le sommeil. Ou l'inconscience.
"- Désolée Clari, mais si on veut dormir tranquilles, il va falloir que tu te lèves et que tu purifies l'coin. J'veux pas qu'tu dormes dans un coin avec p'têt des esprits en colère ou un truc plus sale encore. Tu t'sens d'faire ça ?"
Dans un effort colossal, Claricia arriva à se relever, mais Agatha dut venir la soutenir pour l'empêcher de retomber. Claricia commença à réciter un chant dans la langue sacrée pendant qu'Agatha l'aidait à marcher pour purifier tout l'endroit. Une fois terminé, Agatha aida Claricia à se rasseoir sur la pierre.
"- Rien... d'inhabituel ici. Mais ces runes..." Dit-elle en pointant un os de son doigt tremblant. "- C'est des runes... d'horreurs des bois..." Dit-elle très faiblement, comme abattue par la fatigue.
Agatha, voyant que sa consœur ne tenait plus, l'empêcha de s'effondrer et l'allongea du mieux qu'elle put sur la pierre où elle se trouvait. À peine eut-elle fini que Claricia avait déjà sombré dans le sommeil.
"- Merde... Bon, pense deux secondes. T'es ici, avec une femme complètement mouillée et plus que fatiguée, avec potentiellement une saloperie des bois qui va débouler à un moment ou un autre. On peut pas bouger à cause de cette foutue pluie, donc quand la saloperie va revenir, on va sûrement devoir se battre. Seule option : S'arranger avec l'effet de surprise, et boucler ça au plus vite. Une embuscade, y'a pas l'choix. Et pour ça, va falloir un appât." Dit-elle alors que son regard se tourna vers le cheval. "- Bon appât." Puis son regard se tourna de nouveau vers Claricia.
"- On sait pas quand cette bestiole va arriver, si jamais elle revient. J'peux pas la laisser comme ça." Sa détermination et sa résolution disparurent lentement, au fur et à mesure qu'Agatha retira avec douceur et lenteur les vêtements complètement trempés de Claricia, ne laissant sur elle que de quoi cacher ses parties les plus intimes. Si Claricia tremblait de froid, une autre sorte de tremblement parcourut le corps d'Agatha. Son corps s'embrasa lentement, sa respiration se fit rapide et un incendie semblait avoir pris place sur son visage tandis que ses yeux lui montraient des visions de passions sauvages.
Agatha dut se détourner de Claricia plusieurs instants, posant une main sur son cœur et l'autre sur sa nuque pour essayer de se calmer et de se refroidir. Une fois cela fait, elle prit une grande inspiration et se retourna de nouveau vers Claricia pour la prendre dans ses bras et la dissimuler dans l'une des tombes, en priant la Dame qu'elle ne la tue pas pour ça. Et pour le reste, aussi, si jamais elle venait à le découvrir. Elle mit également les vêtements de Claricia dans une autre tombe afin qu'ils sèchent, avant de s'atteler à faire pénétrer le cheval jusqu'au fond du tertre. Elle lui retira tous les bagages, qu'elle dissimula dans une autre tombe, et attacha solidement le cheval à l'une des tombes pour éviter que ce dernier ne s'enfuie en voyant le monstre quand il reviendrait. Et même, avec un peu de chance, le cheval pourra lui mettre des coups de sabots. Enfin, en dernier, elle se glissa avec Michel dans une autre tombe, une lui permettant de voir le monstre quand il serait proche du cheval, et surtout lui permettant de sortir rapidement. Elle donna à Michel son ordre d'attente, ce qui cloua le chien sur place, prêt à bondir sur l'ordre de sa maîtresse, cette dernière étant prête, avec son épée et son bouclier, à sauter sur le monstre.
Plus qu'à attendre ce dernier.
Agatha de Tourraine, Damoiselle du graal
Profil: For 9 | End 8 | Hab 8 | Cha 8 | Int 8 | Ini 8 | Att 9 | Par 8 | Tir 8 | Mag 9 | NA 1 | PV 65/65
Lien Fiche personnage: https://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.p ... _tourraine
Profil: For 9 | End 8 | Hab 8 | Cha 8 | Int 8 | Ini 8 | Att 9 | Par 8 | Tir 8 | Mag 9 | NA 1 | PV 65/65
Lien Fiche personnage: https://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.p ... _tourraine
- [MJ] La Fée Enchanteresse
- Warfo Award 2021 du meilleur MJ - Élaboration

- Messages : 953
- Autres comptes : Armand de Lyrie
Re: [Agatha] Vieilles-croyantes
Claricia se laissait faire. Bien que le tertre n’était pas encore bien réchauffé, même alors qu’on préparait un petit feu, il valait en effet mieux se préparer contre l’hypothermie. La damoiselle du Graal leva haut les bras et se laissa être bougée dans tous les sens pour qu’on lui retire ses habits gorgés d’eau. Elle gardait un air las, fatigué, et impassible ; probablement que tremblante comme tout, frigorifiée, elle n’avait plus beaucoup d’émotion…
Agatha, elle, réfléchissait à mettre en ordre son plan. Attachant solidement le cheval au fond du tertre pour servir d’appât calmé et pas prêt à s’enfuir à toute vitesse, elle fit le tour pour trouver par où attaquer. De ses lèvres, elle répéta syllabiquement quelques mots en eltharin que Léona lui avait fait répéter — une incantation appelant à elle le vent ambré. « Je suis le loup qui hurle, l’ours qui gronde, le cerf qui brame, le renard qui jappe… » Les paroles de la comptine semblaient enfantines, mais elles sonnaient lyriques, une langue ancienne et puissante, quand on la récitait avec le dialecte des Fées. Et à travers la langue d’Agatha, à force de se concentrer, de faire perler la sueur sur son front, entrer l’adrénaline dans son crâne, dresser chaque poil du grain de sa peau, voilà, qu’enfin, elle se sentait devenir étrangement plus… Vive. Plus forte. Plus hargneuse.
L’effet avait été propagé autour d’elle. À ses pieds, Michel retrouvait son air torve et dégueulasse de lévrier de garde maltraité et ayant le goût du sang. Si cet animal savait être adorable en compagnie de Léona ou Claricia, ce n’était absolument pas son naturel. Comme déchaîné par le vent qui le liait à sa maîtresse, le voilà qui se mettait à retrousser les babines, à faire des bruits étranges et gutturaux, et à tirer la langue, tandis que son abdomen se gonflait et se rétractait à toute vitesse, comme s’il était essoufflé. Il saurait bien avant tout le monde si quelqu’un entrait dans ce tertre…
Mais en observant à sa gauche, Agatha put voir que, plus subtilement, l’effet avait aussi attaqué sa collègue. Claricia, tremblante, était cachée dans une de ces tombes poussiéreuses, pleines de toiles d’araignées et de crottes de rongeurs… Elle avait une mine dégoûtée, grimaçait de tous les traits de son visage — mais au moins ça veut dire qu’elle pouvait encore ressentir quelque chose. Elle croisa le regard d’Agatha, et lui fit un énigmatique sourire en coin, avant de lever son doigt et de lui faire hautainement le signe de venir juste en repliant lentement l’index.
Elle attendit qu’Agatha ne s’approche, lui offrit sa main, et la ramena lentement pour que Agatha se retrouve à genoux. Alors, Claricia posa une main sur la joue de sa sœur, et récita une prière en eltharin les yeux fermés…
…En plein cet instant, l’air autour d’elle sembla crépiter de foudre. Que s’était-il passé ? Agatha put sursauter d’horreur, alors que Claricia était prise d’horribles convulsions. Les quelques « sous-vêtements » qui restaient encore sur le corps de la damoiselle se mirent alors, par un horrible maléfice, à se couvrir de braise. Par réflexe instinctif, et juste à la force de ses mains nues, la damoiselle sauva sa collègue en la débarrassant de ce qui lui restait…
Claricia tombait au fond de la tombe, comme Rhya l’avait fait. Pâle, diaphane, fine, on voyait bien ses hanches et ses bras, et la légère rondeur de sa poitrine aux tétons roses. Elle était couverte d’anciennes traces de cicatrices. Elle ressemblait, presque à une poupée de porcelaine, comme dans la vitrine du magasin de jouets de Merton. Les cheveux blonds mouillés tombaient sur ses joues creuses et fines, elle avait de délicats yeux bleus, et on pouvait faire le tour de ses poignets avec les mains. Cela donnait envie de la saisir par là…
Mórr venait d’étrangement se saisir d’Agatha. Se débarrassant de sa lourde cape pour tenter de couvrir la damoiselle en détournant le regard, et bondir ailleurs pour se préparer à l’embuscade, elle fut étonnée de voir Claricia, endolorie, apeurée, encore plus pâle et fragile que tout à l’heure, se redresser, lever les mains, et tenter d’agripper le bras de sa collègue-ours. Elle chuchota, tout doucement :
« S’il te plaît, r-reste… Garde-moi… »
Elle le disait d’une voix paniquée, et avec des yeux brillants.
Agatha s’accroupit dans la tombe, et attrapa le corps de Claricia pour la blottir contre elle. Alors, glissant ses doigts sur la nuque de sa sœur, la jeune servante de la Dame récita à nouveau son chant d’eltharin dans un murmure, et la peau d’Agatha sembla se durcir…
Elles restèrent là un moment. Combien de temps fallait-il attendre ? Agatha finit par avoir mal aux genoux, et dû s’asseoir à moitié sur la fesse tout en continuant d’attraper sa collègue, une main sur l’épée, collée à sa peau, prête à être dégainée, l’autre sur son dos… Elle tremblait moins, par chance.
Mais Myrmidia Déesse-des-Batailles décida d’épargner à Agatha l’horreur de l’attente, la fatigue du soldat qui doit des heures durant rester dans sa tranchée sur le qui-vive, à vaincre la fatigue, l’ennui et la peur en s’armant d’une patience face à lenteur interminable que prenait le danger. Après peut-être quelque chose comme une demi-heure, difficile d’avoir une notion du temps, elle entendit des bruits de pas… Ou plutôt, des bruits de sabots.
La créature dégringolait. Puis s’afficha dans le noir, à la lueur du soleil qui se réverbérait tant bien que mal sur la pierre de cet étrange construction. Une… Chose, grande. Bipède. Vaguement humanoïde, mais couverte de fourrure, et avec deux grosses cornes sur la tête. Elle ne l’aperçut bien que fugacement, quelques instants, avant que les ténèbres et la nécessité de rester caché ne l’empêche de mieux comprendre la situation…
La créature titubait étrangement. Elle grognait. Râlait, comme de… Douleur ? Le cri des animaux et des humains blessé semblait étrangement similaire, surtout à l’oreille d’Agatha. La bestiole fit le tour.
Michel et le cheval, eux, ne purent rester discrets plus longtemps. Le pauvre cheval attaché, apeuré, se mit à hennir, frapper du sol, bouger son encolure dans tous les sens — mais il avait été trop solidement attaché. Michel, lui, fit le tour, en grognant, et en aboyant. Lâcha Claricia, Agatha fit le tour de la tombe, et vit un peu mieux la créature…
C’était un Gor, un solide homme-bête, bien plus grand qu’elle. Une sorte de mélange en un immense bouc à la tête de bœuf dégoûtant. Une souillure de la Dame. Une preuve vivante de la réalité du Chaos bien trop oublié par les gens « normaux » dans leurs villes et leurs campagnes toutes propres, qui se soucient de s’entre-tuer entre orthodoxes et protestants toute la journée sans se rendre compte de ce que Léona et ses sœurs déclarées comme apostates et sorcières pourchassent sans relâche…
La créature était blessée, dégoulinante de sang. Pas difficile à achever. En fait, il était même étonnant de voir le Gor sur la défensive. De ce qu’Agatha en savait, ces créatures étaient d’horribles monstres assassins. Il en avait bien l’apparence, et l’arme : il tenait à bout de son bras musclé une sorte de demi-hache rouillée. Mais il ne décida ni de fuir, ni de charger sans raison.
Plus incroyable encore, il parla. D’une voix grave, gutturale, il poussa un cri qui ressemblait à un meugissement, puis, quelques mots d’un bretonni imparfait, graves, animaliers, résonnaient dans son torse :
« Grrrr… MMMmhmm… MMMMMHHHH !!…
Sooors… Sors cachette… Sooors… HHHHHNNNN MMMH… Seule… Chance… Sooors, ou je… Sacrifie… »
Agatha, elle, réfléchissait à mettre en ordre son plan. Attachant solidement le cheval au fond du tertre pour servir d’appât calmé et pas prêt à s’enfuir à toute vitesse, elle fit le tour pour trouver par où attaquer. De ses lèvres, elle répéta syllabiquement quelques mots en eltharin que Léona lui avait fait répéter — une incantation appelant à elle le vent ambré. « Je suis le loup qui hurle, l’ours qui gronde, le cerf qui brame, le renard qui jappe… » Les paroles de la comptine semblaient enfantines, mais elles sonnaient lyriques, une langue ancienne et puissante, quand on la récitait avec le dialecte des Fées. Et à travers la langue d’Agatha, à force de se concentrer, de faire perler la sueur sur son front, entrer l’adrénaline dans son crâne, dresser chaque poil du grain de sa peau, voilà, qu’enfin, elle se sentait devenir étrangement plus… Vive. Plus forte. Plus hargneuse.
L’effet avait été propagé autour d’elle. À ses pieds, Michel retrouvait son air torve et dégueulasse de lévrier de garde maltraité et ayant le goût du sang. Si cet animal savait être adorable en compagnie de Léona ou Claricia, ce n’était absolument pas son naturel. Comme déchaîné par le vent qui le liait à sa maîtresse, le voilà qui se mettait à retrousser les babines, à faire des bruits étranges et gutturaux, et à tirer la langue, tandis que son abdomen se gonflait et se rétractait à toute vitesse, comme s’il était essoufflé. Il saurait bien avant tout le monde si quelqu’un entrait dans ce tertre…
Mais en observant à sa gauche, Agatha put voir que, plus subtilement, l’effet avait aussi attaqué sa collègue. Claricia, tremblante, était cachée dans une de ces tombes poussiéreuses, pleines de toiles d’araignées et de crottes de rongeurs… Elle avait une mine dégoûtée, grimaçait de tous les traits de son visage — mais au moins ça veut dire qu’elle pouvait encore ressentir quelque chose. Elle croisa le regard d’Agatha, et lui fit un énigmatique sourire en coin, avant de lever son doigt et de lui faire hautainement le signe de venir juste en repliant lentement l’index.
Elle attendit qu’Agatha ne s’approche, lui offrit sa main, et la ramena lentement pour que Agatha se retrouve à genoux. Alors, Claricia posa une main sur la joue de sa sœur, et récita une prière en eltharin les yeux fermés…
…En plein cet instant, l’air autour d’elle sembla crépiter de foudre. Que s’était-il passé ? Agatha put sursauter d’horreur, alors que Claricia était prise d’horribles convulsions. Les quelques « sous-vêtements » qui restaient encore sur le corps de la damoiselle se mirent alors, par un horrible maléfice, à se couvrir de braise. Par réflexe instinctif, et juste à la force de ses mains nues, la damoiselle sauva sa collègue en la débarrassant de ce qui lui restait…
Claricia tombait au fond de la tombe, comme Rhya l’avait fait. Pâle, diaphane, fine, on voyait bien ses hanches et ses bras, et la légère rondeur de sa poitrine aux tétons roses. Elle était couverte d’anciennes traces de cicatrices. Elle ressemblait, presque à une poupée de porcelaine, comme dans la vitrine du magasin de jouets de Merton. Les cheveux blonds mouillés tombaient sur ses joues creuses et fines, elle avait de délicats yeux bleus, et on pouvait faire le tour de ses poignets avec les mains. Cela donnait envie de la saisir par là…
Mórr venait d’étrangement se saisir d’Agatha. Se débarrassant de sa lourde cape pour tenter de couvrir la damoiselle en détournant le regard, et bondir ailleurs pour se préparer à l’embuscade, elle fut étonnée de voir Claricia, endolorie, apeurée, encore plus pâle et fragile que tout à l’heure, se redresser, lever les mains, et tenter d’agripper le bras de sa collègue-ours. Elle chuchota, tout doucement :
« S’il te plaît, r-reste… Garde-moi… »
Elle le disait d’une voix paniquée, et avec des yeux brillants.
Agatha s’accroupit dans la tombe, et attrapa le corps de Claricia pour la blottir contre elle. Alors, glissant ses doigts sur la nuque de sa sœur, la jeune servante de la Dame récita à nouveau son chant d’eltharin dans un murmure, et la peau d’Agatha sembla se durcir…
Elles restèrent là un moment. Combien de temps fallait-il attendre ? Agatha finit par avoir mal aux genoux, et dû s’asseoir à moitié sur la fesse tout en continuant d’attraper sa collègue, une main sur l’épée, collée à sa peau, prête à être dégainée, l’autre sur son dos… Elle tremblait moins, par chance.
Mais Myrmidia Déesse-des-Batailles décida d’épargner à Agatha l’horreur de l’attente, la fatigue du soldat qui doit des heures durant rester dans sa tranchée sur le qui-vive, à vaincre la fatigue, l’ennui et la peur en s’armant d’une patience face à lenteur interminable que prenait le danger. Après peut-être quelque chose comme une demi-heure, difficile d’avoir une notion du temps, elle entendit des bruits de pas… Ou plutôt, des bruits de sabots.
La créature dégringolait. Puis s’afficha dans le noir, à la lueur du soleil qui se réverbérait tant bien que mal sur la pierre de cet étrange construction. Une… Chose, grande. Bipède. Vaguement humanoïde, mais couverte de fourrure, et avec deux grosses cornes sur la tête. Elle ne l’aperçut bien que fugacement, quelques instants, avant que les ténèbres et la nécessité de rester caché ne l’empêche de mieux comprendre la situation…
La créature titubait étrangement. Elle grognait. Râlait, comme de… Douleur ? Le cri des animaux et des humains blessé semblait étrangement similaire, surtout à l’oreille d’Agatha. La bestiole fit le tour.
Michel et le cheval, eux, ne purent rester discrets plus longtemps. Le pauvre cheval attaché, apeuré, se mit à hennir, frapper du sol, bouger son encolure dans tous les sens — mais il avait été trop solidement attaché. Michel, lui, fit le tour, en grognant, et en aboyant. Lâcha Claricia, Agatha fit le tour de la tombe, et vit un peu mieux la créature…
C’était un Gor, un solide homme-bête, bien plus grand qu’elle. Une sorte de mélange en un immense bouc à la tête de bœuf dégoûtant. Une souillure de la Dame. Une preuve vivante de la réalité du Chaos bien trop oublié par les gens « normaux » dans leurs villes et leurs campagnes toutes propres, qui se soucient de s’entre-tuer entre orthodoxes et protestants toute la journée sans se rendre compte de ce que Léona et ses sœurs déclarées comme apostates et sorcières pourchassent sans relâche…
La créature était blessée, dégoulinante de sang. Pas difficile à achever. En fait, il était même étonnant de voir le Gor sur la défensive. De ce qu’Agatha en savait, ces créatures étaient d’horribles monstres assassins. Il en avait bien l’apparence, et l’arme : il tenait à bout de son bras musclé une sorte de demi-hache rouillée. Mais il ne décida ni de fuir, ni de charger sans raison.
Plus incroyable encore, il parla. D’une voix grave, gutturale, il poussa un cri qui ressemblait à un meugissement, puis, quelques mots d’un bretonni imparfait, graves, animaliers, résonnaient dans son torse :
« Grrrr… MMMmhmm… MMMMMHHHH !!…
Sooors… Sors cachette… Sooors… HHHHHNNNN MMMH… Seule… Chance… Sooors, ou je… Sacrifie… »
- Agatha de Tourraine
- PJ
- Messages : 13
Re: [Agatha] Vieilles-croyantes
Voyant sa consœur lui faire un signe faible du doigt pour s'approcher, Agatha pesta un très bref instant avant de se déplacer et d'aller vers cette dernière. Elle profita d'être sortie de la tombe pour murmurer les quelques mots dans la langue si étrange, mais puissante, que Léona lui avait apprise.
"- Je suis le loup qui hurle, l’ours qui gronde, le cerf qui brame, le renard qui jappe." Si elle ne ressentit aucun changement en elle après ces paroles, elle comprit qu'elle avait encore fait la même erreur que d'habitude. Ne pas y mettre suffisamment de volonté et de foi, car c'est cela qui donnait de la puissance à ces mots. En tout cas de ce qu'en disait Léona. Et elle n'avait pas tout à fait tort sur ces choses-là. Elle prit une grande inspiration et récita de nouveau les paroles magiques, en ouvrant cette fois-ci son esprit à la Dame. Peut-être était-ce elle dont elle sentit la caresse sur son âme, elle n'en savait rien. Tout ceci était encore trop nouveau pour elle pour appréhender les choses sous un angle autre que terre à terre. Ce qu'elle ressentait, en revanche, c'est qu'elle avait envie de se battre. Elle sentait une colère, une rage, monter lentement en elle, qui animait ses os, qui tendait ses muscles et qui faisait chauffer son sang.
Elle entendit Michel être touché par son sort. Au revoir le chien agréable et gentil qui se laissait caresser par presque tout le monde, et bon retour au chien de chasse qui avait été dressé à attaquer, mordre et tuer sur ordre. Les griffes sorties, les crocs saillants et la bave aux lèvres, Michel semblait un autre chien. Cette sensation se ressentait d'autant plus en voyant ses poils hérissés, et sa respiration accélérée. Il sortit la gueule de sa tombe, et poussa un léger grognement comme pour poser une question à sa maîtresse. Cette dernière lui lança un regard, écarta ses nasaux et montra les dents en réponse. Le vent de la bête avait soufflé, et plus aucun mot n'était nécessaire pour qu'Agatha se fasse comprendre de Michel, qui s'en retourna dans la tombe, attendant son heure malgré son désir de plus en plus urgent de planter ses crocs dans quelque chose. De vivant de préférence.
Quand Agatha arriva à la tombe dans laquelle elle avait posé Claricia, elle posa ses mains proches de la tête de sa consœur et la regarda d'un air sauvage, bestial même, un regard qui en disait long sur ce que son désir pourrait lui faire faire si elle se laissait aller. Elle voulait se laisser aller. Pourquoi ne se laissait-elle pas aller à un instinct si naturel ? Sa proie était là, face à elle. Si... petite. Si... pâle. Si belle... Si vulnérable... Si douce...
Claricia lui attrapa une main, ce qui fit sortir Agatha de la tempête dans laquelle son vent l'avait plongée. Elle fit descendre la main d'Agatha, et cette dernière suivit le mouvement jusqu'à se retrouver à genoux devant elle. Cette position et l'effet de son vent avaient embrouillé ses pensées, aussi elle n'entendit pas ce que disait Claricia, même si elle reconnut des mots sacrés. Mais après avoir prononcé ces paroles, elle sentit la main de Claricia se contracter violemment dans la sienne. Elle releva les yeux et vit qu'elle s'était totalement contractée et retenait un cri de douleur derrière ses dents serrées. Et l'instant d'après, le peu de vêtements qui lui restait, deux bandelettes de tissu, avaient pris feu. Sans même réfléchir, ou même réaliser ce qu'elle faisait, Agatha retira les tissus enflammés du corps de Claricia en les jetant hors de la tombe. Et c'est là qu'elle la vit. Elle, lucide et attentive. Et Claricia, nue et vulnérable.
Mille choses, mille images, mille moments se déroulaient en même temps dans la tête d'Agatha. Tellement de choses, pourtant elles avaient toutes la même chose en commun. Elle voulait toucher la peau de Claricia, faire glisser ses mains le long de son corps. Détailler chacune de ses marques, des cicatrices qui ne font que la rendre encore plus belle. Plonger son regard dans l’océan de ses yeux. Et la serrer contre elle pour que personne ne lui fasse du mal.
Sans quitter le regard de sa consœur, et pour une fois sans rougir devant elle, Agatha se défit de sa cape pour la poser sur Claricia. Elle ne pouvait pas rester là. Elle devait retourner à son poste d'embuscade. Son côté terre à terre, pragmatique, lui avait susurré de retourner à son poste. La voix de la sagesse. Peut-être. Mais ce n'est pas celle-ci qu'elle écouta.
Elle sentit des mains se poser, et glisser, sur son bras en essayant vainement de l'attraper. Elle entendit Claricia dire faiblement : « S’il te plaît, r-reste… Garde-moi… ». Il y eut un moment de flottement pour Agatha. Un moment où sa pensée ne fonctionna plus, où elle laissa son corps agir à sa place. Elle retourna auprès de Claricia, passa ses bras autour d'elle, s'assit dans la tombe, les armes au poing, le regard fixé sur les quelques fissures lui permettant de voir l'extérieur de la tombe. Sentant Claricia trembler dans ses bras, sûrement de froid mais peut-être de peur, Agatha lui chuchota quelques mots à l'oreille.
"- N'aie pas peur. Je suis là. Je veillerai sur toi. Je te protégerai. Je serai toujours là pour toi, Claricia. Toujours."
Elle sentit Claricia se serrer un peu plus contre elle avant de la sentir se détendre légèrement, et de sentir que ses tremblements s'étaient un peu arrêtés. Et elle resta là, dans le silence immuable d'un tertre, à guetter ce que le monde allait lui envoyer pour tester ses paroles.
Après ce qui ressembla à la parenthèse la plus douce, mais aussi la plus tendue, de la vie d'Agatha, des bruits se firent entendre. Ses muscles se raidirent. Des bruits de sabots, suivis d'une odeur âcre et sale. Le monstre passa trop rapidement devant la tombe de Claricia et Agatha, elle n'avait pas réussi à bien voir la chose. Cependant, quand le cheval hennit et que Michel sortit de sa tombe pour grogner et aboyer, Agatha posa un baiser sur le front de Claricia avant de sortir aussi de sa tombe et de voir ce qui l'attendait.
Le monstre, le Gor, était à l'image de ce qu'on lui en avait dit. Une monstruosité hybride entre un humain et un animal, un bouc ou une chèvre en l’occurrence. D'une immense laideur, d'une odeur infecte. Et maintenant qu'elle en voyait un face à elle, elle comprenait mieux ce que Léona disait en parlant d'une sensation de souillure de l'âme, cette sensation que cette engeance est un blasphème vivant. Étrangement, c'est ce Gor qui permit à Agatha de comprendre ce qu'était le chaos. Ou du moins, d'en appréhender la souillure.
Épée et bouclier sortis, elle n'eut pas le temps de les lever qu'elle entendit un mugissement de la part du monstre. Elle pensa qu'il préparait un hurlement de ralliement ou un appel de détresse, mais elle fut stupéfaite de l'entendre... parler.
« Grrrr… MMMmhmm… MMMMMHHHH !!…
Sooors… Sors cachette… Sooors… HHHHHNNNN MMMH… Seule… Chance… Sooors, ou je… Sacrifie… »
Agatha resta un instant perdue. Ce monstre pouvait parler ? Agatha en fut déstabilisée quelques instants, pour que son cerveau puisse encaisser la nouvelle. Puis elle prit elle-même la parole. Elle planta ses pieds dans le sol, prit une grande inspiration et se tint droite face au monstre.
"- Tu pensais pouvoir lui échapper, monstre ? On ne fuit pas la colère de la Dame si facilement. La souillure de ton existence prend fin ce soir !"
Et Agatha fonça en direction du Gor, épée et bouclier levés, et Michel à ses côtés.
"- Je suis le loup qui hurle, l’ours qui gronde, le cerf qui brame, le renard qui jappe." Si elle ne ressentit aucun changement en elle après ces paroles, elle comprit qu'elle avait encore fait la même erreur que d'habitude. Ne pas y mettre suffisamment de volonté et de foi, car c'est cela qui donnait de la puissance à ces mots. En tout cas de ce qu'en disait Léona. Et elle n'avait pas tout à fait tort sur ces choses-là. Elle prit une grande inspiration et récita de nouveau les paroles magiques, en ouvrant cette fois-ci son esprit à la Dame. Peut-être était-ce elle dont elle sentit la caresse sur son âme, elle n'en savait rien. Tout ceci était encore trop nouveau pour elle pour appréhender les choses sous un angle autre que terre à terre. Ce qu'elle ressentait, en revanche, c'est qu'elle avait envie de se battre. Elle sentait une colère, une rage, monter lentement en elle, qui animait ses os, qui tendait ses muscles et qui faisait chauffer son sang.
Elle entendit Michel être touché par son sort. Au revoir le chien agréable et gentil qui se laissait caresser par presque tout le monde, et bon retour au chien de chasse qui avait été dressé à attaquer, mordre et tuer sur ordre. Les griffes sorties, les crocs saillants et la bave aux lèvres, Michel semblait un autre chien. Cette sensation se ressentait d'autant plus en voyant ses poils hérissés, et sa respiration accélérée. Il sortit la gueule de sa tombe, et poussa un léger grognement comme pour poser une question à sa maîtresse. Cette dernière lui lança un regard, écarta ses nasaux et montra les dents en réponse. Le vent de la bête avait soufflé, et plus aucun mot n'était nécessaire pour qu'Agatha se fasse comprendre de Michel, qui s'en retourna dans la tombe, attendant son heure malgré son désir de plus en plus urgent de planter ses crocs dans quelque chose. De vivant de préférence.
Quand Agatha arriva à la tombe dans laquelle elle avait posé Claricia, elle posa ses mains proches de la tête de sa consœur et la regarda d'un air sauvage, bestial même, un regard qui en disait long sur ce que son désir pourrait lui faire faire si elle se laissait aller. Elle voulait se laisser aller. Pourquoi ne se laissait-elle pas aller à un instinct si naturel ? Sa proie était là, face à elle. Si... petite. Si... pâle. Si belle... Si vulnérable... Si douce...
Claricia lui attrapa une main, ce qui fit sortir Agatha de la tempête dans laquelle son vent l'avait plongée. Elle fit descendre la main d'Agatha, et cette dernière suivit le mouvement jusqu'à se retrouver à genoux devant elle. Cette position et l'effet de son vent avaient embrouillé ses pensées, aussi elle n'entendit pas ce que disait Claricia, même si elle reconnut des mots sacrés. Mais après avoir prononcé ces paroles, elle sentit la main de Claricia se contracter violemment dans la sienne. Elle releva les yeux et vit qu'elle s'était totalement contractée et retenait un cri de douleur derrière ses dents serrées. Et l'instant d'après, le peu de vêtements qui lui restait, deux bandelettes de tissu, avaient pris feu. Sans même réfléchir, ou même réaliser ce qu'elle faisait, Agatha retira les tissus enflammés du corps de Claricia en les jetant hors de la tombe. Et c'est là qu'elle la vit. Elle, lucide et attentive. Et Claricia, nue et vulnérable.
Mille choses, mille images, mille moments se déroulaient en même temps dans la tête d'Agatha. Tellement de choses, pourtant elles avaient toutes la même chose en commun. Elle voulait toucher la peau de Claricia, faire glisser ses mains le long de son corps. Détailler chacune de ses marques, des cicatrices qui ne font que la rendre encore plus belle. Plonger son regard dans l’océan de ses yeux. Et la serrer contre elle pour que personne ne lui fasse du mal.
Sans quitter le regard de sa consœur, et pour une fois sans rougir devant elle, Agatha se défit de sa cape pour la poser sur Claricia. Elle ne pouvait pas rester là. Elle devait retourner à son poste d'embuscade. Son côté terre à terre, pragmatique, lui avait susurré de retourner à son poste. La voix de la sagesse. Peut-être. Mais ce n'est pas celle-ci qu'elle écouta.
Elle sentit des mains se poser, et glisser, sur son bras en essayant vainement de l'attraper. Elle entendit Claricia dire faiblement : « S’il te plaît, r-reste… Garde-moi… ». Il y eut un moment de flottement pour Agatha. Un moment où sa pensée ne fonctionna plus, où elle laissa son corps agir à sa place. Elle retourna auprès de Claricia, passa ses bras autour d'elle, s'assit dans la tombe, les armes au poing, le regard fixé sur les quelques fissures lui permettant de voir l'extérieur de la tombe. Sentant Claricia trembler dans ses bras, sûrement de froid mais peut-être de peur, Agatha lui chuchota quelques mots à l'oreille.
"- N'aie pas peur. Je suis là. Je veillerai sur toi. Je te protégerai. Je serai toujours là pour toi, Claricia. Toujours."
Elle sentit Claricia se serrer un peu plus contre elle avant de la sentir se détendre légèrement, et de sentir que ses tremblements s'étaient un peu arrêtés. Et elle resta là, dans le silence immuable d'un tertre, à guetter ce que le monde allait lui envoyer pour tester ses paroles.
Après ce qui ressembla à la parenthèse la plus douce, mais aussi la plus tendue, de la vie d'Agatha, des bruits se firent entendre. Ses muscles se raidirent. Des bruits de sabots, suivis d'une odeur âcre et sale. Le monstre passa trop rapidement devant la tombe de Claricia et Agatha, elle n'avait pas réussi à bien voir la chose. Cependant, quand le cheval hennit et que Michel sortit de sa tombe pour grogner et aboyer, Agatha posa un baiser sur le front de Claricia avant de sortir aussi de sa tombe et de voir ce qui l'attendait.
Le monstre, le Gor, était à l'image de ce qu'on lui en avait dit. Une monstruosité hybride entre un humain et un animal, un bouc ou une chèvre en l’occurrence. D'une immense laideur, d'une odeur infecte. Et maintenant qu'elle en voyait un face à elle, elle comprenait mieux ce que Léona disait en parlant d'une sensation de souillure de l'âme, cette sensation que cette engeance est un blasphème vivant. Étrangement, c'est ce Gor qui permit à Agatha de comprendre ce qu'était le chaos. Ou du moins, d'en appréhender la souillure.
Épée et bouclier sortis, elle n'eut pas le temps de les lever qu'elle entendit un mugissement de la part du monstre. Elle pensa qu'il préparait un hurlement de ralliement ou un appel de détresse, mais elle fut stupéfaite de l'entendre... parler.
« Grrrr… MMMmhmm… MMMMMHHHH !!…
Sooors… Sors cachette… Sooors… HHHHHNNNN MMMH… Seule… Chance… Sooors, ou je… Sacrifie… »
Agatha resta un instant perdue. Ce monstre pouvait parler ? Agatha en fut déstabilisée quelques instants, pour que son cerveau puisse encaisser la nouvelle. Puis elle prit elle-même la parole. Elle planta ses pieds dans le sol, prit une grande inspiration et se tint droite face au monstre.
"- Tu pensais pouvoir lui échapper, monstre ? On ne fuit pas la colère de la Dame si facilement. La souillure de ton existence prend fin ce soir !"
Et Agatha fonça en direction du Gor, épée et bouclier levés, et Michel à ses côtés.
Agatha de Tourraine, Damoiselle du graal
Profil: For 9 | End 8 | Hab 8 | Cha 8 | Int 8 | Ini 8 | Att 9 | Par 8 | Tir 8 | Mag 9 | NA 1 | PV 65/65
Lien Fiche personnage: https://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.p ... _tourraine
Profil: For 9 | End 8 | Hab 8 | Cha 8 | Int 8 | Ini 8 | Att 9 | Par 8 | Tir 8 | Mag 9 | NA 1 | PV 65/65
Lien Fiche personnage: https://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.p ... _tourraine
- [MJ] La Fée Enchanteresse
- Warfo Award 2021 du meilleur MJ - Élaboration

- Messages : 953
- Autres comptes : Armand de Lyrie
Re: [Agatha] Vieilles-croyantes
Le Gor n’attendit pas longtemps pour se mettre en position de combat. Si la bravade d’Agatha n’eut pas beaucoup d’effet, il fallait s’attendre à ce qu’une charge puissante et directe puisse, elle, servir ; Le monstre, en tout cas, se redressa, frappa le sol d’un violent coup de sabot, et laissa tomber sa hache — une sorte d’immense chaîne la reliait, par un anneau agrafé à sa poitrine, lui permettant visiblement de la faire virevolter à toute vitesse en l’air.
Agatha réagit sans peur ni sans reproches. Au terme d’une vive course à toute vitesse, la voilà qui sauta en l’air, lança adroitement sa charge, et parvint d’un lourd coup d’estoc en un cri à perforer l’abdomen du monstre en face d’elle. Il rugit entre ses dents, écrasant sa mâchoire sec ; à travers son œil bovin, il semblait cracher une pure haine.
« Je… MMMHHEEEUU… BUTER !!! »
Un coup de manchette obligea Agatha à reculer. Puis, le voilà qui tira sur sa chaîne, fit virevolter sa hache, jusqu’à trancher à travers l’air ; un acier rouillé et dégoûtant vola à travers le lourd hoqueton en cuir bouilli de la damoiselle, et griffa la peau de pierre renforcée par Claricia. Le choc fut violent, le sang jaillit dans un geyser, et il fallut toute sa hargne pour ne pas tomber… Ainsi que l’intervention de Michel : Le molosse, enragé, attaqua le Gor dans les pattes, par des coups de morsure, l’obligeant momentanément à reculer.
Claricia, soulevée de la tombe, incanta. Elle leva la main, chanta un psaume vivement en eltharin, et voilà que des sortes de libellules vertes, translucides, dansèrent autour d’Agatha. Le vent de Ghyran se mélangea à son symbole de Ghur, et le sang cessa soudain de couler, comme si sa plaie était bandée par des filaments transparents et verdâtres. Elle retrouvait un regain de vigueur, et la haine qu’éprouvait la Dame contre les monstres serviteurs du mal…
Le Gor, voyant que sa proie continuait de rester debout, ragea de plus belle. Il frappa à nouveau des sabots, et beugla :
« AAAH, BUTEEEER TOIIII ! »
Qu’est-ce qui passait dans le cœur et le crâne d’Agatha ? Le pieux service pour la Dame était un office sanglant et sanguinaire ; mais le vent de Ghur n’aidait pas non plus. L’adrénaline se couplait à l’excitation folle du combat. La peur de mourir, la violence de la douleur, la haine religieuse, le dégoût pour cette créature répugnante… Il était temps de tuer. Violemment, Agatha taillada l’air, fit adroitement voler son épée courte, entrechoquant l’immense chaîne de métal du monstre — il était doué, même si handicapé par sa blessure.
Dans son dos, Claricia s’écroulait par terre. De fatigue ? Peut-être ; mais la magie avait dansé autour d’elle violemment. Foutues fées… Et on disait qu’elle était la vraie compétente, qui comprenait vraiment comment fonctionnait « le Grand Art », « l’Au-Delà », « l’Avalon » ! Qu’importe : Agatha se mettait à baver, ses muscles étaient comme gonflés, son sang coulait à toute vitesse, quand il ne se déversait pas au sol. Il était temps d’en finir…
Attaquant vivement, un bond à gauche, un lancé à droite, et voilà qu’Agatha enfonce son épée au profond du bas-ventre de l’animal. Il meugle de rage et de douleur mêlés ; elle retire la lame aussitôt, fait danser l’épée en l’air, et, levant le bouclier, la voilà qui lance un énorme coup du plat de sa rondache directement dans le plexus du monstre bien plus grand qu’elle ! Un os se brise, lui perfore quelque chose, l’envoie valser en arrière…
…Et c’est alors que Michel fait son sombre office. Le molosse accoure de ses petites pattes, se jette à la gorge du monstre, pendouille, et le déchiquette, lentement. Il lui entaille la peau. Et le voilà qui, maintenant, déverser une mare de sang sur lui et sur sa maîtresse. De l’hémoglobine, partout. Agatha en est ruisselante. Il y en a sur sa trogne, son museau, sa gueule…
Le cœur bat toujours beaucoup trop vite. Vivement, Agatha court vers l’escalier, bouclier en avant. Elle renifle l’air humide du dehors. Elle attend courbée, en embuscade. Tends l’oreille. Rien. Personne. Il n’y a aucun signe là-dehors. Cette créature était seule, et c’est probablement sa plus grande erreur…
La damoiselle sauvage redescend. Son chien est en train d’ouvrir soigneusement la panse du monstre. Ça prête Agatha à sourire ; la créature est ignoble, malade, dégoûtante. Mais il n’y a pas l’envie de le purger par le feu ; plus de s’assurer que ses entrailles soient vidées. Ou bien son cœur est-il plus intéressant ?
Agatha retourne dans la tombe. Claricia s’est effondrée par terre, mais elle est éveillée. Toujours armée, sa collègue grimpe, se place au-dessus, la renifle… Elle empeste. Elle empeste trop fort l’odeur de propre. C’est dérangeant. Comme le liquide d’alchimiste avec lequel on lave les draps, cette odeur d’hôpital où les Shalléennes sont obsédées par le combat contre « le Seigneur des Mouches » avec leurs poisons fongicides. Ce n’est pas une odeur de parfum, agréable — c’est une odeur stérile, qui pique les yeux, et donne envie de vomir, l’inverse complet de l’Homme-Bête dont le musc nauséabond le faisait confondre avec quelque sanglier diarrhéique répugnant. Claricia, avec ses grands yeux tout bleus et humides, nue, paraît être transformée en jouet qu’un mercier aurait lavée un peu trop agressivement, ou passée à la cire…
Agatha tenta d’imprégner d’odeur Claricia. Après s’être vainement débattue, probablement par surprise, la voilà qui accepte son sort, et se laisse faire…
Deux heures plus tard, le calme est revenu dans le tertre. L’homme-bête, étrangement, ne pue pas ; ce monstre ignoble et hideux, massacré dans un coup, semble être « purgé » par l’ignoble aura de Claricia. Éventré et écœuré dans un coin, Agatha observe soigneusement les entailles qu’elle a laissées… Ainsi que celles qui ont précédé son combat. Un diagnostic inquiétant lui saute aux yeux : Le monstre n’a pas été blessé par des flèches, ou des balles. La raison de son handicap est toute autre — il semble avoir été entaillé par des griffes. Des éraflures profondes, quatre ou trois par endroit, lui ont arraché le cuir et meurtri sa chair. Un combat entre hommes-bêtes l’a-t-il mené ici ? Impossible à dire.
Agatha prépare un feu. Elle se sèche avec Claricia. Les deux mangent rapidement une collation. Michel, pour ne pas être rendu malade, doit être éloigné plusieurs fois de la charogne du Gor par des coups. Tous s’endorment ensuite d’un sommeil lourd où, à nouveau, Mórr ne les trouves pas…
Le lendemain est silencieux. Claricia s’est rhabillée de ses fringues peu sèches. Elle lève parfois le museau pour observer Agatha, puis baisse à nouveau le nez l’air de rien. D’une petite voix calme, elle détaille le monstre :
« Ses armes sont maudites… Il est couvert de tatouages et de runes du mal… C’était… Un service envers la Dame, que de le tuer…
Elle… Doit apprécier ton œuvre. »
Elle semble dire ça avec plus de certitude, et plus de vigueur. Peut-être même un peu de fierté, dans sa petite voix. Elle toussote, et offre un semi-sourire.
La damoiselle regarde à nouveau le monstre, et semble hésiter.
« Il faudrait le brûler avant de partir, en tout cas. Purger définitivement sa souillure… »
Dehors, il ne pleut plus. Il fait toujours malheureusement un temps de clébard, et frais, mais elles vont pouvoir tracer à travers le bocage sans tomber malades cette fois-ci.
Agatha réagit sans peur ni sans reproches. Au terme d’une vive course à toute vitesse, la voilà qui sauta en l’air, lança adroitement sa charge, et parvint d’un lourd coup d’estoc en un cri à perforer l’abdomen du monstre en face d’elle. Il rugit entre ses dents, écrasant sa mâchoire sec ; à travers son œil bovin, il semblait cracher une pure haine.
« Je… MMMHHEEEUU… BUTER !!! »
Un coup de manchette obligea Agatha à reculer. Puis, le voilà qui tira sur sa chaîne, fit virevolter sa hache, jusqu’à trancher à travers l’air ; un acier rouillé et dégoûtant vola à travers le lourd hoqueton en cuir bouilli de la damoiselle, et griffa la peau de pierre renforcée par Claricia. Le choc fut violent, le sang jaillit dans un geyser, et il fallut toute sa hargne pour ne pas tomber… Ainsi que l’intervention de Michel : Le molosse, enragé, attaqua le Gor dans les pattes, par des coups de morsure, l’obligeant momentanément à reculer.
Claricia, soulevée de la tombe, incanta. Elle leva la main, chanta un psaume vivement en eltharin, et voilà que des sortes de libellules vertes, translucides, dansèrent autour d’Agatha. Le vent de Ghyran se mélangea à son symbole de Ghur, et le sang cessa soudain de couler, comme si sa plaie était bandée par des filaments transparents et verdâtres. Elle retrouvait un regain de vigueur, et la haine qu’éprouvait la Dame contre les monstres serviteurs du mal…
Le Gor, voyant que sa proie continuait de rester debout, ragea de plus belle. Il frappa à nouveau des sabots, et beugla :
« AAAH, BUTEEEER TOIIII ! »
Qu’est-ce qui passait dans le cœur et le crâne d’Agatha ? Le pieux service pour la Dame était un office sanglant et sanguinaire ; mais le vent de Ghur n’aidait pas non plus. L’adrénaline se couplait à l’excitation folle du combat. La peur de mourir, la violence de la douleur, la haine religieuse, le dégoût pour cette créature répugnante… Il était temps de tuer. Violemment, Agatha taillada l’air, fit adroitement voler son épée courte, entrechoquant l’immense chaîne de métal du monstre — il était doué, même si handicapé par sa blessure.
Dans son dos, Claricia s’écroulait par terre. De fatigue ? Peut-être ; mais la magie avait dansé autour d’elle violemment. Foutues fées… Et on disait qu’elle était la vraie compétente, qui comprenait vraiment comment fonctionnait « le Grand Art », « l’Au-Delà », « l’Avalon » ! Qu’importe : Agatha se mettait à baver, ses muscles étaient comme gonflés, son sang coulait à toute vitesse, quand il ne se déversait pas au sol. Il était temps d’en finir…
Attaquant vivement, un bond à gauche, un lancé à droite, et voilà qu’Agatha enfonce son épée au profond du bas-ventre de l’animal. Il meugle de rage et de douleur mêlés ; elle retire la lame aussitôt, fait danser l’épée en l’air, et, levant le bouclier, la voilà qui lance un énorme coup du plat de sa rondache directement dans le plexus du monstre bien plus grand qu’elle ! Un os se brise, lui perfore quelque chose, l’envoie valser en arrière…
…Et c’est alors que Michel fait son sombre office. Le molosse accoure de ses petites pattes, se jette à la gorge du monstre, pendouille, et le déchiquette, lentement. Il lui entaille la peau. Et le voilà qui, maintenant, déverser une mare de sang sur lui et sur sa maîtresse. De l’hémoglobine, partout. Agatha en est ruisselante. Il y en a sur sa trogne, son museau, sa gueule…
Le cœur bat toujours beaucoup trop vite. Vivement, Agatha court vers l’escalier, bouclier en avant. Elle renifle l’air humide du dehors. Elle attend courbée, en embuscade. Tends l’oreille. Rien. Personne. Il n’y a aucun signe là-dehors. Cette créature était seule, et c’est probablement sa plus grande erreur…
La damoiselle sauvage redescend. Son chien est en train d’ouvrir soigneusement la panse du monstre. Ça prête Agatha à sourire ; la créature est ignoble, malade, dégoûtante. Mais il n’y a pas l’envie de le purger par le feu ; plus de s’assurer que ses entrailles soient vidées. Ou bien son cœur est-il plus intéressant ?
Agatha retourne dans la tombe. Claricia s’est effondrée par terre, mais elle est éveillée. Toujours armée, sa collègue grimpe, se place au-dessus, la renifle… Elle empeste. Elle empeste trop fort l’odeur de propre. C’est dérangeant. Comme le liquide d’alchimiste avec lequel on lave les draps, cette odeur d’hôpital où les Shalléennes sont obsédées par le combat contre « le Seigneur des Mouches » avec leurs poisons fongicides. Ce n’est pas une odeur de parfum, agréable — c’est une odeur stérile, qui pique les yeux, et donne envie de vomir, l’inverse complet de l’Homme-Bête dont le musc nauséabond le faisait confondre avec quelque sanglier diarrhéique répugnant. Claricia, avec ses grands yeux tout bleus et humides, nue, paraît être transformée en jouet qu’un mercier aurait lavée un peu trop agressivement, ou passée à la cire…
Agatha tenta d’imprégner d’odeur Claricia. Après s’être vainement débattue, probablement par surprise, la voilà qui accepte son sort, et se laisse faire…
Deux heures plus tard, le calme est revenu dans le tertre. L’homme-bête, étrangement, ne pue pas ; ce monstre ignoble et hideux, massacré dans un coup, semble être « purgé » par l’ignoble aura de Claricia. Éventré et écœuré dans un coin, Agatha observe soigneusement les entailles qu’elle a laissées… Ainsi que celles qui ont précédé son combat. Un diagnostic inquiétant lui saute aux yeux : Le monstre n’a pas été blessé par des flèches, ou des balles. La raison de son handicap est toute autre — il semble avoir été entaillé par des griffes. Des éraflures profondes, quatre ou trois par endroit, lui ont arraché le cuir et meurtri sa chair. Un combat entre hommes-bêtes l’a-t-il mené ici ? Impossible à dire.
Agatha prépare un feu. Elle se sèche avec Claricia. Les deux mangent rapidement une collation. Michel, pour ne pas être rendu malade, doit être éloigné plusieurs fois de la charogne du Gor par des coups. Tous s’endorment ensuite d’un sommeil lourd où, à nouveau, Mórr ne les trouves pas…
Le lendemain est silencieux. Claricia s’est rhabillée de ses fringues peu sèches. Elle lève parfois le museau pour observer Agatha, puis baisse à nouveau le nez l’air de rien. D’une petite voix calme, elle détaille le monstre :
« Ses armes sont maudites… Il est couvert de tatouages et de runes du mal… C’était… Un service envers la Dame, que de le tuer…
Elle… Doit apprécier ton œuvre. »
Elle semble dire ça avec plus de certitude, et plus de vigueur. Peut-être même un peu de fierté, dans sa petite voix. Elle toussote, et offre un semi-sourire.
La damoiselle regarde à nouveau le monstre, et semble hésiter.
« Il faudrait le brûler avant de partir, en tout cas. Purger définitivement sa souillure… »
Dehors, il ne pleut plus. Il fait toujours malheureusement un temps de clébard, et frais, mais elles vont pouvoir tracer à travers le bocage sans tomber malades cette fois-ci.
- Agatha de Tourraine
- PJ
- Messages : 13
Re: [Agatha] Vieilles-croyantes
Elle resta là, affrontant le Gor du regard. Elle sentait déjà l’adrénaline du combat monter en elle en voyant que le Gor ne semblait pas vouloir s’enfuir. Ses muscles commençaient à se tendre, son sang à faire des tours et ses yeux se concentraient sur sa cible. Mais en même temps que tout ceci se passait, Agatha sentit autre chose. Quelque chose de viscéral, de dangereux et d’une violence inouïe. Elle ne pouvait pas lutter contre ça car elle sentait que ça venait d’elle. Chaque secondes semblant être des minutes, des minutes passées à voir que le Gor ne baissait pas les yeux, taper de son sabot sur le sol, respirait de son souffle puant et corrompu.
Le Gor saisis l’arme, rattachée à son corps par une chaine, et Agatha tendit ses jambes comme un loup sautant sur sa proie. Quelques foulées lui suffirent pour arriver sur le Gor dans une charge sauvage. Visiblement plus rapide que ce à quoi le Gor s’attendait, il n’eut pas le temps de se protéger avec son arme, et Agatha planta sa lame dans la chaire du monstre jusqu’à ce que la moitié ait pénétré cette chaire immonde. Le premier sang venait de couler, et Agatha en fut aspergé. Un sourire bestial apparut sur son visage, exposant des dents qui ressemblaient bien plus à des canines que des dents humaines. Elle n’avait jamais ressentis une telle puissance en elle, sa force et ses sens étaient décuplés, et elle sentait son esprit, sa logique et sa raison, être relégués en arrière-plan alors que son corps pouvait pleinement apprécié la violence dont il était capable.
Cependant, perdue dans l’extase de cette puissance nouvelle, elle ne vit pas venir le coup sur le côté. Un coup de manchette bien placé au niveau du cou fit reculer Agatha d’un mètre et, bien que son arme se trouve toujours dans ses mains, le sang lui monter à la tête, aussi bien celui du Gor que le sien, et ne parvins pas à parer le coup de hache du monstre que mordit lourdement dans sa chaire. Le Gor fut ravi et allait presque brailler, mais Michel arriva à ce moment. Claquant des dents au niveau des jambes du monstre, ce dernier brailla mais de frustration de ne pouvoir se débarrasser de cette nuisance.
Agatha se tenait toujours droite. Bien qu’elle sentait ses jambes tremblaient, elle resta simplement debout à regarder le Gor et Michel danser cette gigue absurde. Elle baissa les yeux un instant, constatant sa blessure. Le Gor avait sérieusement entamé la chaire d’Agatha, de son épaule gauche jusqu’au milieu du torse. Sous ses vêtements déchirés Agatha aperçu sa peau, semblant être recouverte par une sorte d’armure naturelle qu’elle n’arrivait pas à identifier. La seule chose qui intéressait la jeune damoiselle, c’était sa blessure. Constatant l’étendue des dégâts, elle commença à grogner à la façon d’un ours qu’on aurait sortis violemment de son repos hivernal. Et là, elle sentit que quelque chose soufflait sur elle. Un courant d’air ? Une brise ? Non… plutôt comme… un souffle. Elle sentit ce souffle sur elle qui l’entourait et qui semblait l’enlaçait toute entière. Elle se perdit un instant dans cette étreinte ésotérique, sentant qu’une présence supérieure veillait sur elle et guérissait ses blessures. Elle entendit aussi une voix dans ce souffle, une voix qu’elle avait du mal à reconnaitre mais qui appartenait à quelqu’un qu’elle appréciait. Mais qui ? Quand le souffle cessa, ses yeux se reposèrent sur sa blessure. Cette dernière avait quasiment disparu, mais pas son envie de combattre. Relevant les yeux elle vit le Gor donner un coup de sabot à Michel, qui se remit immédiatement du coup visiblement peu efficace.
Agatha se lança de nouveau à l’assaut du Gor. Ce dernier, plus alerte que plus tôt, vit arriver la menace et se prépara. Michel revenait lui aussi, n’ayant pas eu son comptant de sang et chaire. Agatha enchaina des assauts plus bestiaux et violents les uns que les autres. Son estoc était son dernier semblant de logique car maintenant elle abattait son épée comme on abat une hache, sauf que ce n’est plus une main humaine qui manie cette arme, mais un ourse enragée. Cependant malgré ses assauts furieux le Gor parvint à se protéger de chacun d’entre eux, non sans mal car devant faire attention à Agatha et à Michel. Le Gor, profitant d’un moment où Agatha repris son souffle, passa lui aussi à l’attaque. Son arme était plus massive que celle d’Agatha, sa force plus grande et sa bestialité surpassait également celle de son adversaire. Agatha réussis cependant à se protéger des assauts monstrueux de son adversaire, soit en utilisant son bouclier, soit en déviant de son mieux la hache de son adversaire qui défonçait les tombes à chacun de ses coups. Michel fit également de son mieux pour mordre les sabots du monstre, mais Agatha et le Gor se livraient un duel, et étaient si proches l’un de l’autre, que le chien n’arrivait pas à mener ses crocs à destination.
Pendant qu’ils s’échangeaient des coups, chacun d’une grande violence, quelque vint les perturber. Une odeur étrange vint titiller nez et naseaux, une odeur de trop propre. Le Gor, visiblement plus sensible à cette odeur, finit par perdre de son élan et Agatha plongea dans cette opportunité. Elle enchaîna une passe d’arme afin que le Gor ne reprenne pas son élan et le fit reculer de quelques pas, avant d’ouvrir la garde du monstre en dégageant sa hache, et avec une vitesse surhumaine elle sauta sur le côté, sur une pierre, avant de sauter de nouveau en direction du Gor. Sa lame déchira le ventre du Gor jusqu’à presque faire sortir les boyaux de ce dernier, mais avant qu’il puisse répliquer Agatha sortit son épée et donna un coup de son bouclier dans le torse du monstre. Le coup fut d’une telle violence qu’on entendit un os se briser avant sur le monstre ne tombe à la renverse. Mais avant qu’il pu se relever, le monstre vit Michel sauter vers lui. La dernière vision du monstre fut la gueule béante d’un chien enragé qui lui arraché la gorge, et sa dernière sensation fut ce même chien en train de fouiller dans ses entrailles et de lui sortir boyaux et organes.
Agatha regarda fixement le monstre, prête à lui sauter de nouveau à la gorge s’il venait à feindre le mort. Mais après que Michel ait sortis ce qui devait être des intestins, Agatha se détendit légèrement et redressa la tête pour observer l’entrée du tertre, les muscles toujours tendus et prêt à recevoir une nouvelle menace. Mais aucune nouvelle menace ne se présenta. Il semblerait que le monstre était bien seul. Elle essuya sa lame sur son gilet, mais cela ne fit rien pour retirer le sang car le gilet était autant, si ce n’est plus encore, tâché de sang. Elle poussa un grognement d’insatisfaction en cherchant quelque chose non gorgé de sang pour essuyer son arme pour la rengainer, quand son esprit, encore embrumé par le souffle ambré, se rappela qu’elle n’était pas seul. Qu’elle n’avait pas tué juste pour se défendre elle, mais quelqu’un d’autre également. Sa tête se tourna vivement, presque au point de faire craquer ses cervicales et marcha, d’un pas lourd, vers un recoin du tertre.
Elle vit une ouverture familière dans une tombe. Elle posa ses mains de part et d’autre de cette ouverture et passa la tête dedans, ses yeux grands ouverts et brillants d’une douce lueur sauvage couleur ambre. Son regard se posa finalement sur cette autre. Celle qu’elle avait voulu protéger. Elle était là. Étendue, haletante, sans défense et… si belle. Le regard d’Agatha sembla s’apaiser quelque peu, mais l’excitation ne s’était pas adoucie ni arrêté. Puis Agatha sentit comme un danger, ou plutôt elle sentit quelque chose de très étrange. Celle qu’elle devait protéger ne sentait plus. Elle vivait, respirait et ses yeux, ses yeux si beaux, étaient vifs mais… elle n’avait plus d’odeur. Pour s’assurer qu’elle allait bien, Agatha entra dans la tombe, laissant deux trainées de sang à l’entrée de la tombe alors que ses mains avaient glissées dedans. Une fois dedans, Agatha posa ses mains a quelques centimètres au-dessus des épaules de celle qu’elle devait protéger, ses genoux à côté de ses fines hanches, et son visage, maculée du sang du monstre et brillant de la lueur de Ghur, n’était qu’à quelques centimètres de celui de celle qu’elle devait protéger. Puis Agatha mis son nez au niveau du cou de Claricia et se mit à la renifler. Rapidement, un grognement menaçant s’échappa de la gorge d’Agatha. Elle était soulagée car l’autre n’était pas blessée, mais quelque chose l’empêchait d’émettre son odeur. Et une chose qui n’a pas d’odeur est une chose morte.
Hors de question qu’elle ne meurt. Agatha retira ses vêtements, presque en les arrachant, et pris Claricia dans ses bras afin d’y poser son odeur. Elle sentit l’autre se débattre avec ses bras fins et délicats, mais elle devait comprendre que c’était pour son bien. Alors Agatha s’avachit sur Claricia, se couchant complètement sur elle. Ceci eut le mérite de figé celle qui se débattait pendant qu’Agatha frotta sa tête, ses bras et ses jambes partout où elle pouvait pour la recouvrir de son odeur. Cette scène dura quelques secondes avant qu’Agatha ne sorte précipitamment de la cachette pour allez se réfugier dans la sienne, car elle aussi venait de perdre son odeur. Pire que ça, elle n’avait plus rien, plus de sang, plus de boyaux, plus d’odeur, plus rien… Mais elle était toujours vivante. S’en fut trop pour Ghur, qui finit par se dissiper dans l’esprit d’Agatha, qui se roula alors en boule dans sa tombe, et dormis d’un sommeil profond, dénué de rêves. Et de cauchemars.
Le lendemain matin fut assez silencieux. Après être sortis de leurs sommeils, Agatha et Claricia ont toutes les deux fuit le regard de l’autre et ont établis comme une distance physique entre elles, mais difficile à dire si c’était par peur de ce qu’il s’est passé, ou par peur de ce qu’il pourrait se passer si un contact physique se refaisait. Pendant que Claricia se rhabillait dans un coin du tertre, Agatha examina le corps du monstre pour trouver des blessures qui ne pouvaient pas venir d’elle, ni de Michel. D’ailleurs, ce dernier avait commencé à faire du bruit en plein milieu de la nuit, aussi avait-il réveillé Agatha qui dans un moment de semi-conscience lui avait deux tartes dans le museau avant d’allez l’attacher à côté du cheval pour ensuite retourner dormir dans sa cachette.
« - Ça, c’est pas mon épée. Ni une épée, ni même une hache. On dirait… des griffes ? » Elle dégaina sa lame et plongea la garde dans la blessure avant de la rengainer. « - Et profonde avec ça. Inquiétant… En tout cas, j’espère que la chose qui a fait ça sors pas le jour. Et surtout qu’il l’a pas blessé pour le chasser. Enfin j’dis ça, mais même si c’machin arrive ici, y’aura pas nos odeurs. Ça pue comme dans un dispensaire de Shallya ici, aucune chance qu’on r’trouve nos odeurs, et avec cette pluie… Bons points pour nous. »
Finalement, avant de reprendre la route, les deux consoeurs allument un petit feu et se mettent à déjeuner, toujours à une certaine distance l’une de l’autre. Leurs yeux se fuient quand il se croisent, et quand l’une veux parler, l’autre essaie de parler en même temps, ce qui conduit à un moment de silence qui s’étire plus qu’il ne devrait normalement, rendant ce moment gênant. Une gêne qu’Agatha sais être la cause, les images lui étant revenues dès son réveil. Elle finit par ne plus vouloir parler et se concentra sur sa ration du matin, quand Claricia arriva finalement à parler.
« Ses armes sont maudites… Il est couvert de tatouages et de runes du mal… C’était… Un service envers la Dame, que de le tuer…
Elle… Doit apprécier ton œuvre. »
« Il faudrait le brûler avant de partir, en tout cas. Purger définitivement sa souillure… »
« - Non. La fumée va attirer du monde, et l’odeur aussi. Pas envie d’attirer l’attention. » Agatha laissa le silence s'installer quelques instants, ses pensées fusant dans tous les sens pour trouver la meilleure approche pour parler de... ça. Finalement, elle pris son courage à deux mains et repris la parole.
« - Au fait Claricia… Pour hier soir… Après l’combat… Je… J’ai… J’sais pas ce qui s’est passé, j’ai… » Dira-t-elle en ayant le regard fuyant, la tête un peu baissée et à la fois timide et embarrassée.
Claricia resta silencieuse quelques secondes, en regardant à l'horizon. Puis, comme si elle se ressaisissait, ou qu'un autre sentiment s'emparait d'elle, elle va prendre une petite voix un peu nonchalante et tancer : "- Oh ? Il s'est passé quelque chose ?"
Agatha, n'en croyant pas ses oreilles, va rester bouche bée avant de saisir la perche tendue. "Euh, ouais... j'ai voulu voir si t'allais bien... et j'ai un peu euh... dégueulassais ta planque avec le sang d'ce machin. J'voulais juste euh... 'fin, m'excuser t'vois ?"
Claricia va faire un petit sourire, assez ambivalent, sans qu'Agatha sache s'il est forcé. Elle finira par opiner du chef : "- Se terrer nue dans une tombe poussiéreuse au milieu d'ossements n'est pas une des expériences que je retiendrais de façon forcément bien agréable... Encore que..."
"- Ouais... on retentera le moins possible, hein. Et si on dois, prions la Dame que ce soit pas le repaire d'une saloperie comme celle-là. Tu te sens un peu mieux ? Tu grelotais beaucoup hier, faudrait pas que tu t'attrapes un coup de froid." Dit elle sur un ton plus connu et assez soulagé.
Claricia va faire la moue avant de hocher de la tête : "- Ne t'inquiète pas, Agatha. Je n'en ai pas l'air, mais je suis de bonne constitution. L'amour de la Dame et des Fées sert à bien se régénérer."
Agatha va ricaner doucement. "En effet, tu le caches bien. Mais si tu te sens de nouveau grelottante, fais le moi savoir. Si l'une de nous deux tombe malade, ça va salement compliquer les choses. Et malgré tout l'amour que la Dame peux nous porter, je ne pense pas qu'elle se déplacera pour nous préparer un remède. Enfin en tout cas, j'ai rien lu à ce propos."
"- Ce n'était qu'une fièvre passagère, Morr a veillé sur mon sommeil." Claricia va continuer avec une petite voix douce. "Fait plutôt attention à toi-même, on a besoin de toi en pleine forme."
Agatha va mettre la main là où elle s'est pris le coup du gor avant de regarder Claricia en souriant. "- On veille l'une sur l'autre, on a besoin l'une de l'autre." Elle va se lever. "- Allez, on r'pars. Et c'te fois, prions un peu plus fort qu'il nous arrivent pas une autre merde sur l'chemin."
Détachant le cheval et Michel, les consoeurs se remirent en route en laissant le cadavre du monstre pourrir dans le tertre.
Le Gor saisis l’arme, rattachée à son corps par une chaine, et Agatha tendit ses jambes comme un loup sautant sur sa proie. Quelques foulées lui suffirent pour arriver sur le Gor dans une charge sauvage. Visiblement plus rapide que ce à quoi le Gor s’attendait, il n’eut pas le temps de se protéger avec son arme, et Agatha planta sa lame dans la chaire du monstre jusqu’à ce que la moitié ait pénétré cette chaire immonde. Le premier sang venait de couler, et Agatha en fut aspergé. Un sourire bestial apparut sur son visage, exposant des dents qui ressemblaient bien plus à des canines que des dents humaines. Elle n’avait jamais ressentis une telle puissance en elle, sa force et ses sens étaient décuplés, et elle sentait son esprit, sa logique et sa raison, être relégués en arrière-plan alors que son corps pouvait pleinement apprécié la violence dont il était capable.
Cependant, perdue dans l’extase de cette puissance nouvelle, elle ne vit pas venir le coup sur le côté. Un coup de manchette bien placé au niveau du cou fit reculer Agatha d’un mètre et, bien que son arme se trouve toujours dans ses mains, le sang lui monter à la tête, aussi bien celui du Gor que le sien, et ne parvins pas à parer le coup de hache du monstre que mordit lourdement dans sa chaire. Le Gor fut ravi et allait presque brailler, mais Michel arriva à ce moment. Claquant des dents au niveau des jambes du monstre, ce dernier brailla mais de frustration de ne pouvoir se débarrasser de cette nuisance.
Agatha se tenait toujours droite. Bien qu’elle sentait ses jambes tremblaient, elle resta simplement debout à regarder le Gor et Michel danser cette gigue absurde. Elle baissa les yeux un instant, constatant sa blessure. Le Gor avait sérieusement entamé la chaire d’Agatha, de son épaule gauche jusqu’au milieu du torse. Sous ses vêtements déchirés Agatha aperçu sa peau, semblant être recouverte par une sorte d’armure naturelle qu’elle n’arrivait pas à identifier. La seule chose qui intéressait la jeune damoiselle, c’était sa blessure. Constatant l’étendue des dégâts, elle commença à grogner à la façon d’un ours qu’on aurait sortis violemment de son repos hivernal. Et là, elle sentit que quelque chose soufflait sur elle. Un courant d’air ? Une brise ? Non… plutôt comme… un souffle. Elle sentit ce souffle sur elle qui l’entourait et qui semblait l’enlaçait toute entière. Elle se perdit un instant dans cette étreinte ésotérique, sentant qu’une présence supérieure veillait sur elle et guérissait ses blessures. Elle entendit aussi une voix dans ce souffle, une voix qu’elle avait du mal à reconnaitre mais qui appartenait à quelqu’un qu’elle appréciait. Mais qui ? Quand le souffle cessa, ses yeux se reposèrent sur sa blessure. Cette dernière avait quasiment disparu, mais pas son envie de combattre. Relevant les yeux elle vit le Gor donner un coup de sabot à Michel, qui se remit immédiatement du coup visiblement peu efficace.
Agatha se lança de nouveau à l’assaut du Gor. Ce dernier, plus alerte que plus tôt, vit arriver la menace et se prépara. Michel revenait lui aussi, n’ayant pas eu son comptant de sang et chaire. Agatha enchaina des assauts plus bestiaux et violents les uns que les autres. Son estoc était son dernier semblant de logique car maintenant elle abattait son épée comme on abat une hache, sauf que ce n’est plus une main humaine qui manie cette arme, mais un ourse enragée. Cependant malgré ses assauts furieux le Gor parvint à se protéger de chacun d’entre eux, non sans mal car devant faire attention à Agatha et à Michel. Le Gor, profitant d’un moment où Agatha repris son souffle, passa lui aussi à l’attaque. Son arme était plus massive que celle d’Agatha, sa force plus grande et sa bestialité surpassait également celle de son adversaire. Agatha réussis cependant à se protéger des assauts monstrueux de son adversaire, soit en utilisant son bouclier, soit en déviant de son mieux la hache de son adversaire qui défonçait les tombes à chacun de ses coups. Michel fit également de son mieux pour mordre les sabots du monstre, mais Agatha et le Gor se livraient un duel, et étaient si proches l’un de l’autre, que le chien n’arrivait pas à mener ses crocs à destination.
Pendant qu’ils s’échangeaient des coups, chacun d’une grande violence, quelque vint les perturber. Une odeur étrange vint titiller nez et naseaux, une odeur de trop propre. Le Gor, visiblement plus sensible à cette odeur, finit par perdre de son élan et Agatha plongea dans cette opportunité. Elle enchaîna une passe d’arme afin que le Gor ne reprenne pas son élan et le fit reculer de quelques pas, avant d’ouvrir la garde du monstre en dégageant sa hache, et avec une vitesse surhumaine elle sauta sur le côté, sur une pierre, avant de sauter de nouveau en direction du Gor. Sa lame déchira le ventre du Gor jusqu’à presque faire sortir les boyaux de ce dernier, mais avant qu’il puisse répliquer Agatha sortit son épée et donna un coup de son bouclier dans le torse du monstre. Le coup fut d’une telle violence qu’on entendit un os se briser avant sur le monstre ne tombe à la renverse. Mais avant qu’il pu se relever, le monstre vit Michel sauter vers lui. La dernière vision du monstre fut la gueule béante d’un chien enragé qui lui arraché la gorge, et sa dernière sensation fut ce même chien en train de fouiller dans ses entrailles et de lui sortir boyaux et organes.
Agatha regarda fixement le monstre, prête à lui sauter de nouveau à la gorge s’il venait à feindre le mort. Mais après que Michel ait sortis ce qui devait être des intestins, Agatha se détendit légèrement et redressa la tête pour observer l’entrée du tertre, les muscles toujours tendus et prêt à recevoir une nouvelle menace. Mais aucune nouvelle menace ne se présenta. Il semblerait que le monstre était bien seul. Elle essuya sa lame sur son gilet, mais cela ne fit rien pour retirer le sang car le gilet était autant, si ce n’est plus encore, tâché de sang. Elle poussa un grognement d’insatisfaction en cherchant quelque chose non gorgé de sang pour essuyer son arme pour la rengainer, quand son esprit, encore embrumé par le souffle ambré, se rappela qu’elle n’était pas seul. Qu’elle n’avait pas tué juste pour se défendre elle, mais quelqu’un d’autre également. Sa tête se tourna vivement, presque au point de faire craquer ses cervicales et marcha, d’un pas lourd, vers un recoin du tertre.
Elle vit une ouverture familière dans une tombe. Elle posa ses mains de part et d’autre de cette ouverture et passa la tête dedans, ses yeux grands ouverts et brillants d’une douce lueur sauvage couleur ambre. Son regard se posa finalement sur cette autre. Celle qu’elle avait voulu protéger. Elle était là. Étendue, haletante, sans défense et… si belle. Le regard d’Agatha sembla s’apaiser quelque peu, mais l’excitation ne s’était pas adoucie ni arrêté. Puis Agatha sentit comme un danger, ou plutôt elle sentit quelque chose de très étrange. Celle qu’elle devait protéger ne sentait plus. Elle vivait, respirait et ses yeux, ses yeux si beaux, étaient vifs mais… elle n’avait plus d’odeur. Pour s’assurer qu’elle allait bien, Agatha entra dans la tombe, laissant deux trainées de sang à l’entrée de la tombe alors que ses mains avaient glissées dedans. Une fois dedans, Agatha posa ses mains a quelques centimètres au-dessus des épaules de celle qu’elle devait protéger, ses genoux à côté de ses fines hanches, et son visage, maculée du sang du monstre et brillant de la lueur de Ghur, n’était qu’à quelques centimètres de celui de celle qu’elle devait protéger. Puis Agatha mis son nez au niveau du cou de Claricia et se mit à la renifler. Rapidement, un grognement menaçant s’échappa de la gorge d’Agatha. Elle était soulagée car l’autre n’était pas blessée, mais quelque chose l’empêchait d’émettre son odeur. Et une chose qui n’a pas d’odeur est une chose morte.
Hors de question qu’elle ne meurt. Agatha retira ses vêtements, presque en les arrachant, et pris Claricia dans ses bras afin d’y poser son odeur. Elle sentit l’autre se débattre avec ses bras fins et délicats, mais elle devait comprendre que c’était pour son bien. Alors Agatha s’avachit sur Claricia, se couchant complètement sur elle. Ceci eut le mérite de figé celle qui se débattait pendant qu’Agatha frotta sa tête, ses bras et ses jambes partout où elle pouvait pour la recouvrir de son odeur. Cette scène dura quelques secondes avant qu’Agatha ne sorte précipitamment de la cachette pour allez se réfugier dans la sienne, car elle aussi venait de perdre son odeur. Pire que ça, elle n’avait plus rien, plus de sang, plus de boyaux, plus d’odeur, plus rien… Mais elle était toujours vivante. S’en fut trop pour Ghur, qui finit par se dissiper dans l’esprit d’Agatha, qui se roula alors en boule dans sa tombe, et dormis d’un sommeil profond, dénué de rêves. Et de cauchemars.
Le lendemain matin fut assez silencieux. Après être sortis de leurs sommeils, Agatha et Claricia ont toutes les deux fuit le regard de l’autre et ont établis comme une distance physique entre elles, mais difficile à dire si c’était par peur de ce qu’il s’est passé, ou par peur de ce qu’il pourrait se passer si un contact physique se refaisait. Pendant que Claricia se rhabillait dans un coin du tertre, Agatha examina le corps du monstre pour trouver des blessures qui ne pouvaient pas venir d’elle, ni de Michel. D’ailleurs, ce dernier avait commencé à faire du bruit en plein milieu de la nuit, aussi avait-il réveillé Agatha qui dans un moment de semi-conscience lui avait deux tartes dans le museau avant d’allez l’attacher à côté du cheval pour ensuite retourner dormir dans sa cachette.
« - Ça, c’est pas mon épée. Ni une épée, ni même une hache. On dirait… des griffes ? » Elle dégaina sa lame et plongea la garde dans la blessure avant de la rengainer. « - Et profonde avec ça. Inquiétant… En tout cas, j’espère que la chose qui a fait ça sors pas le jour. Et surtout qu’il l’a pas blessé pour le chasser. Enfin j’dis ça, mais même si c’machin arrive ici, y’aura pas nos odeurs. Ça pue comme dans un dispensaire de Shallya ici, aucune chance qu’on r’trouve nos odeurs, et avec cette pluie… Bons points pour nous. »
Finalement, avant de reprendre la route, les deux consoeurs allument un petit feu et se mettent à déjeuner, toujours à une certaine distance l’une de l’autre. Leurs yeux se fuient quand il se croisent, et quand l’une veux parler, l’autre essaie de parler en même temps, ce qui conduit à un moment de silence qui s’étire plus qu’il ne devrait normalement, rendant ce moment gênant. Une gêne qu’Agatha sais être la cause, les images lui étant revenues dès son réveil. Elle finit par ne plus vouloir parler et se concentra sur sa ration du matin, quand Claricia arriva finalement à parler.
« Ses armes sont maudites… Il est couvert de tatouages et de runes du mal… C’était… Un service envers la Dame, que de le tuer…
Elle… Doit apprécier ton œuvre. »
« Il faudrait le brûler avant de partir, en tout cas. Purger définitivement sa souillure… »
« - Non. La fumée va attirer du monde, et l’odeur aussi. Pas envie d’attirer l’attention. » Agatha laissa le silence s'installer quelques instants, ses pensées fusant dans tous les sens pour trouver la meilleure approche pour parler de... ça. Finalement, elle pris son courage à deux mains et repris la parole.
« - Au fait Claricia… Pour hier soir… Après l’combat… Je… J’ai… J’sais pas ce qui s’est passé, j’ai… » Dira-t-elle en ayant le regard fuyant, la tête un peu baissée et à la fois timide et embarrassée.
Claricia resta silencieuse quelques secondes, en regardant à l'horizon. Puis, comme si elle se ressaisissait, ou qu'un autre sentiment s'emparait d'elle, elle va prendre une petite voix un peu nonchalante et tancer : "- Oh ? Il s'est passé quelque chose ?"
Agatha, n'en croyant pas ses oreilles, va rester bouche bée avant de saisir la perche tendue. "Euh, ouais... j'ai voulu voir si t'allais bien... et j'ai un peu euh... dégueulassais ta planque avec le sang d'ce machin. J'voulais juste euh... 'fin, m'excuser t'vois ?"
Claricia va faire un petit sourire, assez ambivalent, sans qu'Agatha sache s'il est forcé. Elle finira par opiner du chef : "- Se terrer nue dans une tombe poussiéreuse au milieu d'ossements n'est pas une des expériences que je retiendrais de façon forcément bien agréable... Encore que..."
"- Ouais... on retentera le moins possible, hein. Et si on dois, prions la Dame que ce soit pas le repaire d'une saloperie comme celle-là. Tu te sens un peu mieux ? Tu grelotais beaucoup hier, faudrait pas que tu t'attrapes un coup de froid." Dit elle sur un ton plus connu et assez soulagé.
Claricia va faire la moue avant de hocher de la tête : "- Ne t'inquiète pas, Agatha. Je n'en ai pas l'air, mais je suis de bonne constitution. L'amour de la Dame et des Fées sert à bien se régénérer."
Agatha va ricaner doucement. "En effet, tu le caches bien. Mais si tu te sens de nouveau grelottante, fais le moi savoir. Si l'une de nous deux tombe malade, ça va salement compliquer les choses. Et malgré tout l'amour que la Dame peux nous porter, je ne pense pas qu'elle se déplacera pour nous préparer un remède. Enfin en tout cas, j'ai rien lu à ce propos."
"- Ce n'était qu'une fièvre passagère, Morr a veillé sur mon sommeil." Claricia va continuer avec une petite voix douce. "Fait plutôt attention à toi-même, on a besoin de toi en pleine forme."
Agatha va mettre la main là où elle s'est pris le coup du gor avant de regarder Claricia en souriant. "- On veille l'une sur l'autre, on a besoin l'une de l'autre." Elle va se lever. "- Allez, on r'pars. Et c'te fois, prions un peu plus fort qu'il nous arrivent pas une autre merde sur l'chemin."
Détachant le cheval et Michel, les consoeurs se remirent en route en laissant le cadavre du monstre pourrir dans le tertre.
Agatha de Tourraine, Damoiselle du graal
Profil: For 9 | End 8 | Hab 8 | Cha 8 | Int 8 | Ini 8 | Att 9 | Par 8 | Tir 8 | Mag 9 | NA 1 | PV 65/65
Lien Fiche personnage: https://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.p ... _tourraine
Profil: For 9 | End 8 | Hab 8 | Cha 8 | Int 8 | Ini 8 | Att 9 | Par 8 | Tir 8 | Mag 9 | NA 1 | PV 65/65
Lien Fiche personnage: https://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.p ... _tourraine
- [MJ] La Fée Enchanteresse
- Warfo Award 2021 du meilleur MJ - Élaboration

- Messages : 953
- Autres comptes : Armand de Lyrie
Re: [Agatha] Vieilles-croyantes
L’air se faisait étrangement plus frais. Le vent soufflait fort. La pluie, qui s’était calmée un moment, formait à présent une ondée généralisée qui embrumait toute la lisière des bosquets et des haies du bocage Lyonnessi ; Le voyage des deux damoiselles se faisait plus silencieux, et aussi plus vigilant — il faudrait être fou pour prendre à la légère une rencontre inopinée avec un homme-bête, tout défait qu’il avait pu l’être. Mais à présent, une sorte de pressentiment nocif nouait l’estomac des deux servantes de la Dame. Elles approchaient de leur objectif, suivant la direction que leur supérieure leur avait donnée — mais Claricia pouvait sentir plus encore… Les yeux fermés, elle chuchota, en attrapant la main tenant les rênes de sa comparse :
« Il y a… Un lien ancien dans ce monde… Je ne sais pas si tu le sens… Quelque chose d’étrange…
Concentre-toi… »
Plus facile à dire qu’à faire. Agatha regarda autour d’elle : rien à part des cons d’arbres, des cons de feuillages, des cons de sentiers boueux et abandonnés. Il faisait froid, même si elle n’avait pas bien peur du froid, et ça sentait des odeurs de clairière. Peut-être des crottes d’écureuil.
La damoiselle Dole grogna et pouffa d’un air bien hautain et princier :
« Tout dans les muscles, vraiment pas autre chose dans le ciboulot, hé bien…
…Il y a un message dans l’air qui a été laissé par nos aînées. Nous quittons le monde moderne pour entrer dans le monde ancien. Nous approchons d’un… Nemeton. »
Le mot ne signifiait rien du tout à Agatha. Claricia fit la moue, puis sourit à moitié :
« Il va vraiment falloir que je t’apprenne à lire pour que tu occupes utilement tes nuits…
Un nemeton, c’est… Un ancien lieu sacré des Belthanis, le peuple qui occupait la Bretonnie après les Elfes mais avant que les Bretonnis n’arrivent. Les Belthanis ont été réduits en esclavage, puis en partie métissés, et leur culture a été disséminée au vent. Aujourd’hui, la majorité des paysans du pays ont du sang Belthani, alors que les nobles et les classes supérieures ont du sang Bretonni — les Belthanis ont tout perdu, leur façon de vivre, leurs druïdes, leur langue…
…Mais ils comprenaient beaucoup de choses dont ont hérité les damoiselles du Graal. On disait que les Belthanis comprenaient comment protéger et utiliser les pierres gardiennes des Elfes. Qu’ils parlaient la langue des Bêtes et pouvaient faire des accords avec les monstres de la forêt. Leurs sanctuaires ont été récupérés par les damoiselles lorsque la Dame nous a demandé de protéger le pays. Malheureusement, pour les inquisiteurs de la Foi, ce sont des lieux de sorcellerie, à violer et détruire, alors, ils sont cachés, et seuls ceux doués à la fois du sixième sens et des connaissances pour voir les lignes invisibles de l’autre-monde peuvent aisément les retrouver.
Je ne compte pas sur toi pour réussir à faire grand-chose, aussi, je vais être forcée de tenir le mors pour une fois. »
La phrase sonnait bizarrement… Équivoque ? Il y avait un sous-entendu derrière. En tout cas, Claricia attrapa les mains d’Agatha, vola les rênes, et guida elle-même le cheval avec une petite tape. En attendant, Michel se mit à renifler le sol, et semblait bizarrement, lui aussi, savoir où aller…
Les deux s’enfoncèrent dans une forêt qui venait d’apparaître de nulle part. Un bois qui semblait bizarrement à la fois ancien et artificiel — Agatha était habituée aux forêts, où elle et sa bande de brigands se cachaient pour échapper à la Loi. Mais ici, quand bien même on se trouvait en plein cœur du pays et de la civilisation, la forêt faisait très « primaire », quoi que ce mot veuille dire ; les arbres semblaient penchés, avec des racines très développées, et aucun sentier praticable ne coupait à travers les lignées de sapins. Ce n’était pas un endroit visité par les bûcherons, ni même par les chasseurs nobles qui écrasaient sous les sabots de leurs montures des passages pour traquer les sangliers. C’était un lieu abandonné, et plus on s’enfonçait dans la forêt, sous le pas incertain du pauvre cheval qui manquait de se gameler ou de glisser sur de la boue presque à chaque virage, plus on avait l’impression de s’enfoncer dans un monde abandonné, d’avoir quitté la civilisation… Instinctivement, Agatha sentait la panique du cheval sous elle, d’autant plus que Claricia semblait moins bien y faire en équitation qu’elle…
Finalement, on découvrit une clairière. Une sorte de grand « trou » ovale au milieu de la végétation, qui donnait sur un tas d’herbe coupée au raz du sol, ce qui n’avait pas de sens — personne ne passait ici avec sa faux. Et puis, « Artio » découvrait une scène magnifique, digne d’un tableau. Malgré la pluie et la brume, on tombait sur des morceaux de ruine antique. Quelques tas de pierres blanches couvertes de lierre et de végétation. Une colonne avec des symboles Belthanis gravés dessus, représentant une sorte de gros monstre avec des cornes, effacé par le temps. Une vasque fendue, remplie d’eau-de-pluie, avec des inscriptions gravées — pas vraiment un alphabet, pas un langage écrit, plus des sortes de dessins d’animaux fantastiques, à peine lisibles…
…Et un cadavre. Un homme en cotte de maille était avachi sur le côté, une flèche dans la gorge, une dans l’épaule. Raide, avec une expression d’horreur sur le visage.
Claricia et Agatha descendirent à terre, et dégainèrent leurs armes. Michel accouru pour faire le tour de la clairière, avant d’aboyer — un aboiement rassurant, pour dire qu’il était alerte, inquiet, mais qu’il n’y avait pas d’intrus. Les deux damoiselles firent le tour : la magnifique clairière abandonnée depuis des siècles, avec ses vestiges centenaires d’une autre culture, avait été violée par un groupe d’assaillant. Plusieurs autres cadavres similaires apparurent. Que des profils similaires : des hommes, avec de sales trognes, des gens de guerre qui portaient des brigandines ou des casques, avaient été tués — six en tout, criblés de flèches ou transpercés de javelots. Quelques-uns avaient des impacts lourds, de massues. Des morts qu’Agatha reconnaissait que trop bien, avec son existence fort violente…
Claricia rangea son épée après s’être assurée qu’il n’y avait personne autour. Elle grommela, et hésita.
« Voilà un développement qui n’est pas… Rassurant. »
Il y avait beaucoup d’inquiétude dans sa voix, quand bien même elle tentait de donner le change.
Agatha s’approcha d’un des cadavres, afin d’essayer de tirer quelques indices. Elle devina assez vite que les cadavres semblaient avoir appartenu à deux groupes distincts : La plupart semblaient être des mercenaires très urbains, à en juger par leurs brigandines standardisées mais sans véritables signes distinctifs. Peut-être des bandits, comme de la bande dont elle faisait partie. Ils avaient des haches assez rouillées et grossières, et leur gros équipement martial ne détrompait pas — il ne s’agissait ni de gendarmes ni de gardes d’une ville, mais de types sales, pleins de cicatrices, de nez cassés et de dents manquantes. Peut-être d’anciens soldats ou lansquenets démobilisés, comme son ex-époux, qui maintenant vivaient sur le pays en cambriolant sur les chemins, en violant et en vendant leurs lames pour quelques méfaits. Un cadavre tranchait beaucoup — un homme roux, portant des peaux de bêtes, jeune, étrangement… « beau » ? Il était vêtu comme un garde-chasse, avec un très joli arc en bois d’if encore à sa main. Il était dirigé dans la direction d’un des autres morts. Peut-être était-il celui qui avait fléché autant de ceux ici…
Les cadavres étaient tous frais. Ils étaient rigides comme du bois, la mort devait remonter à une demi-journée au grand maximum. Des traces de pas allaient dans tous les sens, mais les traces de sang ne menaient que dans un lieu commun au-delà de la clairière — on aurait dit que tout le groupe des mercenaires en entier avait été tué, et les assaillants semblaient avoir bondi hors des bois pour les tuer puis s’enfuir en bon ordre, mais sans emporter leur camarade…
Claricia semblait étrangement mal à l’aise. Elle se concentrait plutôt sur les vieilles ruines Belthani. Toussotant, elle fit ses observations à elle :
« C’est… Comment dire…
C’est un lieu interdit. Des… Maléfices dans l’air tentent de cacher ce lieu, peut-être des hommes-bêtes, peut-être des hommes tout court… Nous sommes parvenus jusqu’ici parce que je nous ai guidés, mais la forêt est censée être un labyrinthe qui perd ceux qui s’aventurent ici afin de les rediriger dehors.
Je crois que la cave que nous cherchons n’est pas loin. Mais d’où viennent tous ces criminels ? Des chasseurs de trésors, peut-être ? »
Ce n’était qu’une supposition et il n’y avait pas grand indices pour comprendre ce qui pouvait se passer ici. Mais visiblement, la forêt n’était pas protégée uniquement par quelques tours de passe-passe, mais bien par des gens armés et capables de mettre en pièces des brigands.
« Je dois pouvoir nous ramener sur le bon chemin, en tout cas, on peut laisser le cheval ici… »
« Il y a… Un lien ancien dans ce monde… Je ne sais pas si tu le sens… Quelque chose d’étrange…
Concentre-toi… »
Plus facile à dire qu’à faire. Agatha regarda autour d’elle : rien à part des cons d’arbres, des cons de feuillages, des cons de sentiers boueux et abandonnés. Il faisait froid, même si elle n’avait pas bien peur du froid, et ça sentait des odeurs de clairière. Peut-être des crottes d’écureuil.
La damoiselle Dole grogna et pouffa d’un air bien hautain et princier :
« Tout dans les muscles, vraiment pas autre chose dans le ciboulot, hé bien…
…Il y a un message dans l’air qui a été laissé par nos aînées. Nous quittons le monde moderne pour entrer dans le monde ancien. Nous approchons d’un… Nemeton. »
Le mot ne signifiait rien du tout à Agatha. Claricia fit la moue, puis sourit à moitié :
« Il va vraiment falloir que je t’apprenne à lire pour que tu occupes utilement tes nuits…
Un nemeton, c’est… Un ancien lieu sacré des Belthanis, le peuple qui occupait la Bretonnie après les Elfes mais avant que les Bretonnis n’arrivent. Les Belthanis ont été réduits en esclavage, puis en partie métissés, et leur culture a été disséminée au vent. Aujourd’hui, la majorité des paysans du pays ont du sang Belthani, alors que les nobles et les classes supérieures ont du sang Bretonni — les Belthanis ont tout perdu, leur façon de vivre, leurs druïdes, leur langue…
…Mais ils comprenaient beaucoup de choses dont ont hérité les damoiselles du Graal. On disait que les Belthanis comprenaient comment protéger et utiliser les pierres gardiennes des Elfes. Qu’ils parlaient la langue des Bêtes et pouvaient faire des accords avec les monstres de la forêt. Leurs sanctuaires ont été récupérés par les damoiselles lorsque la Dame nous a demandé de protéger le pays. Malheureusement, pour les inquisiteurs de la Foi, ce sont des lieux de sorcellerie, à violer et détruire, alors, ils sont cachés, et seuls ceux doués à la fois du sixième sens et des connaissances pour voir les lignes invisibles de l’autre-monde peuvent aisément les retrouver.
Je ne compte pas sur toi pour réussir à faire grand-chose, aussi, je vais être forcée de tenir le mors pour une fois. »
La phrase sonnait bizarrement… Équivoque ? Il y avait un sous-entendu derrière. En tout cas, Claricia attrapa les mains d’Agatha, vola les rênes, et guida elle-même le cheval avec une petite tape. En attendant, Michel se mit à renifler le sol, et semblait bizarrement, lui aussi, savoir où aller…
Les deux s’enfoncèrent dans une forêt qui venait d’apparaître de nulle part. Un bois qui semblait bizarrement à la fois ancien et artificiel — Agatha était habituée aux forêts, où elle et sa bande de brigands se cachaient pour échapper à la Loi. Mais ici, quand bien même on se trouvait en plein cœur du pays et de la civilisation, la forêt faisait très « primaire », quoi que ce mot veuille dire ; les arbres semblaient penchés, avec des racines très développées, et aucun sentier praticable ne coupait à travers les lignées de sapins. Ce n’était pas un endroit visité par les bûcherons, ni même par les chasseurs nobles qui écrasaient sous les sabots de leurs montures des passages pour traquer les sangliers. C’était un lieu abandonné, et plus on s’enfonçait dans la forêt, sous le pas incertain du pauvre cheval qui manquait de se gameler ou de glisser sur de la boue presque à chaque virage, plus on avait l’impression de s’enfoncer dans un monde abandonné, d’avoir quitté la civilisation… Instinctivement, Agatha sentait la panique du cheval sous elle, d’autant plus que Claricia semblait moins bien y faire en équitation qu’elle…
Finalement, on découvrit une clairière. Une sorte de grand « trou » ovale au milieu de la végétation, qui donnait sur un tas d’herbe coupée au raz du sol, ce qui n’avait pas de sens — personne ne passait ici avec sa faux. Et puis, « Artio » découvrait une scène magnifique, digne d’un tableau. Malgré la pluie et la brume, on tombait sur des morceaux de ruine antique. Quelques tas de pierres blanches couvertes de lierre et de végétation. Une colonne avec des symboles Belthanis gravés dessus, représentant une sorte de gros monstre avec des cornes, effacé par le temps. Une vasque fendue, remplie d’eau-de-pluie, avec des inscriptions gravées — pas vraiment un alphabet, pas un langage écrit, plus des sortes de dessins d’animaux fantastiques, à peine lisibles…
…Et un cadavre. Un homme en cotte de maille était avachi sur le côté, une flèche dans la gorge, une dans l’épaule. Raide, avec une expression d’horreur sur le visage.
Claricia et Agatha descendirent à terre, et dégainèrent leurs armes. Michel accouru pour faire le tour de la clairière, avant d’aboyer — un aboiement rassurant, pour dire qu’il était alerte, inquiet, mais qu’il n’y avait pas d’intrus. Les deux damoiselles firent le tour : la magnifique clairière abandonnée depuis des siècles, avec ses vestiges centenaires d’une autre culture, avait été violée par un groupe d’assaillant. Plusieurs autres cadavres similaires apparurent. Que des profils similaires : des hommes, avec de sales trognes, des gens de guerre qui portaient des brigandines ou des casques, avaient été tués — six en tout, criblés de flèches ou transpercés de javelots. Quelques-uns avaient des impacts lourds, de massues. Des morts qu’Agatha reconnaissait que trop bien, avec son existence fort violente…
Claricia rangea son épée après s’être assurée qu’il n’y avait personne autour. Elle grommela, et hésita.
« Voilà un développement qui n’est pas… Rassurant. »
Il y avait beaucoup d’inquiétude dans sa voix, quand bien même elle tentait de donner le change.
Agatha s’approcha d’un des cadavres, afin d’essayer de tirer quelques indices. Elle devina assez vite que les cadavres semblaient avoir appartenu à deux groupes distincts : La plupart semblaient être des mercenaires très urbains, à en juger par leurs brigandines standardisées mais sans véritables signes distinctifs. Peut-être des bandits, comme de la bande dont elle faisait partie. Ils avaient des haches assez rouillées et grossières, et leur gros équipement martial ne détrompait pas — il ne s’agissait ni de gendarmes ni de gardes d’une ville, mais de types sales, pleins de cicatrices, de nez cassés et de dents manquantes. Peut-être d’anciens soldats ou lansquenets démobilisés, comme son ex-époux, qui maintenant vivaient sur le pays en cambriolant sur les chemins, en violant et en vendant leurs lames pour quelques méfaits. Un cadavre tranchait beaucoup — un homme roux, portant des peaux de bêtes, jeune, étrangement… « beau » ? Il était vêtu comme un garde-chasse, avec un très joli arc en bois d’if encore à sa main. Il était dirigé dans la direction d’un des autres morts. Peut-être était-il celui qui avait fléché autant de ceux ici…
Les cadavres étaient tous frais. Ils étaient rigides comme du bois, la mort devait remonter à une demi-journée au grand maximum. Des traces de pas allaient dans tous les sens, mais les traces de sang ne menaient que dans un lieu commun au-delà de la clairière — on aurait dit que tout le groupe des mercenaires en entier avait été tué, et les assaillants semblaient avoir bondi hors des bois pour les tuer puis s’enfuir en bon ordre, mais sans emporter leur camarade…
Claricia semblait étrangement mal à l’aise. Elle se concentrait plutôt sur les vieilles ruines Belthani. Toussotant, elle fit ses observations à elle :
« C’est… Comment dire…
C’est un lieu interdit. Des… Maléfices dans l’air tentent de cacher ce lieu, peut-être des hommes-bêtes, peut-être des hommes tout court… Nous sommes parvenus jusqu’ici parce que je nous ai guidés, mais la forêt est censée être un labyrinthe qui perd ceux qui s’aventurent ici afin de les rediriger dehors.
Je crois que la cave que nous cherchons n’est pas loin. Mais d’où viennent tous ces criminels ? Des chasseurs de trésors, peut-être ? »
Ce n’était qu’une supposition et il n’y avait pas grand indices pour comprendre ce qui pouvait se passer ici. Mais visiblement, la forêt n’était pas protégée uniquement par quelques tours de passe-passe, mais bien par des gens armés et capables de mettre en pièces des brigands.
« Je dois pouvoir nous ramener sur le bon chemin, en tout cas, on peut laisser le cheval ici… »
- Agatha de Tourraine
- PJ
- Messages : 13
Re: [Agatha] Vieilles-croyantes
Le chemin était devenu plus agréable au fur et à mesure que le cheval avançait. Légèrement. La pluie était devenue persistante, mais ce n'était qu'une ondée agréable et non pas une pluie de couteaux. L'eau rafraîchissait plus qu'elle n'allourdissait le cheval, et même Michel semblait satisfait de cette nouvelle situation. Il y avait, de toute façon, peu de situations qu'Agatha avait connues moins agréables qu'une rencontre nocturne avec un homme-bête et plus elle mettait de distance entre ce monstre et elle, mieux elle se portait. Ceci dit c'étaient bien là les seules choses véritablement apaisantes, car même si elle avait éliminé la menace, il fallait rester constamment sur le qui-vive. Un homme-bête seul ce n'était pas normal, encore moins avec des blessures de ce genre. Agatha était inquiète de l'éventuelle présence d'autres hommes-bêtes, mais ce qui lui tordait véritablement les boyaux, c'était le monstre qui avait blessé l'homme-bête. Et surtout qui ne l'avait pas achevé. Soit l'homme-bête avait éliminé son adversaire avant que lui ne le tue et dans ce cas-là elle se faisait des frayeurs pour rien... soit le monstre avait laissé partir l'homme-bête et cela pouvait impliquer plusieurs choses, et parmi les pires il y avait la possibilité que ce monstre soit vicieux, voire cruel, et qu'il l'ait laissé s'échapper pour jouer avec sa proie. Un peu comme
« Il y a… Un lien ancien dans ce monde… Je ne sais pas si tu le sens… Quelque chose d’étrange… »
"- Euh... hein ?"
« Concentre-toi… »
Les paroles de Claricia avaient sorti Agatha de ses pensées. Elle y était tellement plongée qu'elle n'avait pas fait attention au reste du monde, ni qu'elles se trouvaient maintenant devant un bosquet. Comment avait-elle pu ne pas remarquer un putain de bosquet ?!
Quoi qu'il en soit, Agatha essaya de se concentrer, mais ses pensées revenaient en permanence vers l'homme-bête, et surtout vers ce qu'il avait dû affronter avant elle. Ces pensées l'empêchaient totalement de se concentrer sur ce qui semblait clair et notable pour Claricia.
« Tout dans les muscles, vraiment pas autre chose dans le ciboulot, eh bien…" dit-elle après un grognement et un pouffement d’un air bien hautain et princier.
"…Il y a un message dans l’air qui a été laissé par nos aînés. Nous quittons le monde moderne pour entrer dans le monde ancien. Nous approchons d’un… Nemeton. »
"- Un... un némé quoi ?" répondit Agatha en fronçant les sourcils d'incompréhension.
Après un lourd soupir d'exaspération, Claricia lui expliqua ce qu'était un Nemeton. Agatha écouta attentivement, aussi bien pour elle que pour sortir de ses réflexions.
"- Hum... Donc t'es en train de me dire que Hey !" s'interrompit brusquement Agatha.
"Je ne compte pas sur toi pour réussir à faire grand-chose, aussi, je vais être forcée de tenir le mors pour une fois. » rajouta Claricia en prenant les rênes des mains d'Agatha.
Cette dernière ronchonna un peu avant de reprendre. "- Je disais. T'es en train de me dire qu'on doit se rendre dans un lieu hautement sacré pour un peuple qu'on a mis en esclavage et dont on a quasiment éradiqué le mode de vie et qu'on a forcé soit à disparaître, soit à se planquer dans les profondeurs de leurs bosquets loin de tout ? Eh ben... s'ils nous flèchent pas à vue ce s'ra d'jà un miracle." acheva Agatha sur une pointe d'humour sarcastique.
Pendant leur traversée du bosquet, Agatha se sentit étrangement... détendue. Plus elles s'enfonçaient à l'intérieur du bosquet, plus les choses semblaient plus vivaces pour Agatha. Les arbres commençaient à se pencher sur leur passage, et ressemblaient à des silhouettes menaçantes dans le lointain, avant de devenir des sentinelles silencieuses qui semblaient observer les intruses qu'elles étaient avant de les laisser passer. Agatha effleura l'écorce des arbres et en sentit quelque chose de primaire, d'ancien. Quelque chose de si vieux que rien ne pouvait le surprendre, mais aussi quelque chose d'autre comme si le bosquet, n'ayant pas eu de contacts avec les humains, n'avait pas peur d'elles. Plus le cheval s'enfonçait, plus elle ressentait qu'elle n'était qu'une enfant qui venait d'entrer dans un lieu réservé à des personnes plus âgées. Son regard se porta ensuite vers le sentier, avant de se rendre compte qu'il n'y en avait pas. Le cheval se frayait un chemin, de son mieux, entre les racines des arbres. Des racines énormes et si bien enracinées qu'Agatha était persuadée qu'aucune tempête ou cataclysme ne pourrait jamais arracher un seul de ces arbres vénérables. Elle sentait le cœur du cheval sous elle qui battait la chamade, et elle sentait que Claricia aussi était crispée, mais elle ne les comprenait pas. Tout ce qu'elle ressentait, elle, c'était un étrange sentiment qui la faisait se détendre et se sentir bien. Bien depuis... depuis... depuis si longtemps. Comme si elle venait de rentrer à la maison. Pas sa maison, pas cet endroit sinistre. Mais comme si elle était une enfant normale, qui venait de rentrer chez ses parents normaux, et qui pouvait se détendre car elle se sentait protégée. Elle respira véritablement peut-être pour la première fois depuis de très nombreuses années, et poussa un soupir d'aise qui détendit l'intégralité de ses muscles, dont certains dont elle n'avait même pas conscience. Enfin, elles arrivèrent dans une clairière étrange. Cette dernière ressemblait à un ovale, car dans cet ovale tout était coupé court. On distinguait ici et là des amoncellements étranges de verdure qui, après une meilleure inspection, étaient des ruines anciennes, symboles d'anciennes constructions. Elles étaient arrivées à destination visiblement. Mais cette échappée mystique s'interrompit immédiatement quand les damoiselles aperçurent un cadavre dans la clairière.
À peine pieds à terre qu'Agatha avait déjà dégainé et avait légèrement fléchi les genoux, prête à se battre, mais ne montrait aucune hostilité. Elle se contentait d'observer les alentours avant de se diriger en direction du cadavre. Puis elle en vit un autre, puis deux, puis trois, puis d'autres encore éparpillés ici et là. Elle entendit vaguement Claricia dire quelque chose, mais Agatha était déjà occupée à observer les corps. Elle passa de longues minutes à examiner chaque cadavre. Elle remarqua que l'un d'entre eux sortait du lot, aussi l'avait-elle gardé pour la fin. Elle inspecta les six morts.
"- Des flèches, des lances et visiblement quelques massues pour finir le travail pour les plus costauds. C'qui m'dérange, c'est leurs gueules. Y s'sont fait prendre par surprise." Elle inspecta les alentours. "- Pas étonnant, c'est une clairière. Même not'bande s'serait faite surprendre dans un coin comme ça." Elle fouilla trois des cadavres desquels elle tira 6 pistoles et 6 sous, quelques objets sans utilité en dehors d'un briquet à amadou et une gourmette en or qu'elle récupéra et mit dans son corsage. Puis elle passa au roux.
Vêtu comme un berger avec des peaux de chèvres traitées et des bottes de paille, mais du berger il n'avait que ça. Son arc était magnifique, et même sans être une grande connaisseuse Agatha remarqua qu'il s'agissait d'if. Elle avait vu son comptant d'arcs, mais tous étaient généralement en chêne et il était rare de voir un arc en bois d'if. Autrement dit, cet arc devait valoir une bonne somme. Et l'homme qui l'avait brandi était... wow. Agatha pensait que seuls les nobles pouvaient être qualifiés de beaux, mais visiblement elle avait tort. Même dans la mort il semblait avoir conservé sa beauté et même une certaine... prestance ?
Si le premier réflexe d'Agatha aurait été de prendre l'arc et d'en repartir, elle comprit cependant le déroulement des choses. Des intrus avaient pénétré sur un sol sacré, et ses défenseurs leur avaient fait regretter en les attaquant par surprise. Elle se rapprocha de Claricia pour répondre à sa question.
"- Six morts pour eux contre un seul des leurs. Ils ont foulé un sol sacré sans y avoir été conviés, s'sont fait prendre en embuscade et s'sont fait massacrer. Les six là-bas avaient pas beaucoup sur eux, mais ils avaient ça. Tu sais ce que c'est ?"
Claricia prit l'objet dans ses mains et l'inspecta. "- Non, ça ne me dit rien, mais je peux garantir que je n'ai jamais vu de familles nobles porter ce genre d'insignes."
Agatha acquiesça, reprit l'insigne et continua : "- Moi ce que j'en pense, c'est que ces six-là sont soit des mercenaires qui ont reçu une partie de l'argent, soit que ce sont des membres d'un culte religieux. Dans les deux cas ils avaient un moyen pour arriver ici, donc soit un sorcier, soit quelqu'un qui connaissait le chemin. Et concernant le rouquin là-bas... c'était sûrement un des Belthanis dont tu me parlais. Et au vu des dégâts, il a pas pu faire tout ça tout seul. Des blessures de javelots sans javelots, ça veut dire qu'il est pas seul. On devrait faire profil bas et faire preuve d'un minimum d'humilité et de remerciement, ne serait-ce que pour rester en vie. Avant d'avancer, on va rendre hommage au défenseur. Occupe-toi de la prière, moi je m'occupe du corps, on pourra avancer après."
Sur ces paroles, Agatha se dirigea vers le défenseur mort. Elle disposa son corps à la façon des morts honorables, droit et digne. Elle récupéra ensuite l'arc en bois d'if qu'elle mit dans la main du mort avec toute la solennité qu'elle pouvait trouver pendant que Claricia énonçait une prière, à laquelle elle se joignit une fois son travail terminé, avant de reprendre la route.
« Il y a… Un lien ancien dans ce monde… Je ne sais pas si tu le sens… Quelque chose d’étrange… »
"- Euh... hein ?"
« Concentre-toi… »
Les paroles de Claricia avaient sorti Agatha de ses pensées. Elle y était tellement plongée qu'elle n'avait pas fait attention au reste du monde, ni qu'elles se trouvaient maintenant devant un bosquet. Comment avait-elle pu ne pas remarquer un putain de bosquet ?!
Quoi qu'il en soit, Agatha essaya de se concentrer, mais ses pensées revenaient en permanence vers l'homme-bête, et surtout vers ce qu'il avait dû affronter avant elle. Ces pensées l'empêchaient totalement de se concentrer sur ce qui semblait clair et notable pour Claricia.
« Tout dans les muscles, vraiment pas autre chose dans le ciboulot, eh bien…" dit-elle après un grognement et un pouffement d’un air bien hautain et princier.
"…Il y a un message dans l’air qui a été laissé par nos aînés. Nous quittons le monde moderne pour entrer dans le monde ancien. Nous approchons d’un… Nemeton. »
"- Un... un némé quoi ?" répondit Agatha en fronçant les sourcils d'incompréhension.
Après un lourd soupir d'exaspération, Claricia lui expliqua ce qu'était un Nemeton. Agatha écouta attentivement, aussi bien pour elle que pour sortir de ses réflexions.
"- Hum... Donc t'es en train de me dire que Hey !" s'interrompit brusquement Agatha.
"Je ne compte pas sur toi pour réussir à faire grand-chose, aussi, je vais être forcée de tenir le mors pour une fois. » rajouta Claricia en prenant les rênes des mains d'Agatha.
Cette dernière ronchonna un peu avant de reprendre. "- Je disais. T'es en train de me dire qu'on doit se rendre dans un lieu hautement sacré pour un peuple qu'on a mis en esclavage et dont on a quasiment éradiqué le mode de vie et qu'on a forcé soit à disparaître, soit à se planquer dans les profondeurs de leurs bosquets loin de tout ? Eh ben... s'ils nous flèchent pas à vue ce s'ra d'jà un miracle." acheva Agatha sur une pointe d'humour sarcastique.
Pendant leur traversée du bosquet, Agatha se sentit étrangement... détendue. Plus elles s'enfonçaient à l'intérieur du bosquet, plus les choses semblaient plus vivaces pour Agatha. Les arbres commençaient à se pencher sur leur passage, et ressemblaient à des silhouettes menaçantes dans le lointain, avant de devenir des sentinelles silencieuses qui semblaient observer les intruses qu'elles étaient avant de les laisser passer. Agatha effleura l'écorce des arbres et en sentit quelque chose de primaire, d'ancien. Quelque chose de si vieux que rien ne pouvait le surprendre, mais aussi quelque chose d'autre comme si le bosquet, n'ayant pas eu de contacts avec les humains, n'avait pas peur d'elles. Plus le cheval s'enfonçait, plus elle ressentait qu'elle n'était qu'une enfant qui venait d'entrer dans un lieu réservé à des personnes plus âgées. Son regard se porta ensuite vers le sentier, avant de se rendre compte qu'il n'y en avait pas. Le cheval se frayait un chemin, de son mieux, entre les racines des arbres. Des racines énormes et si bien enracinées qu'Agatha était persuadée qu'aucune tempête ou cataclysme ne pourrait jamais arracher un seul de ces arbres vénérables. Elle sentait le cœur du cheval sous elle qui battait la chamade, et elle sentait que Claricia aussi était crispée, mais elle ne les comprenait pas. Tout ce qu'elle ressentait, elle, c'était un étrange sentiment qui la faisait se détendre et se sentir bien. Bien depuis... depuis... depuis si longtemps. Comme si elle venait de rentrer à la maison. Pas sa maison, pas cet endroit sinistre. Mais comme si elle était une enfant normale, qui venait de rentrer chez ses parents normaux, et qui pouvait se détendre car elle se sentait protégée. Elle respira véritablement peut-être pour la première fois depuis de très nombreuses années, et poussa un soupir d'aise qui détendit l'intégralité de ses muscles, dont certains dont elle n'avait même pas conscience. Enfin, elles arrivèrent dans une clairière étrange. Cette dernière ressemblait à un ovale, car dans cet ovale tout était coupé court. On distinguait ici et là des amoncellements étranges de verdure qui, après une meilleure inspection, étaient des ruines anciennes, symboles d'anciennes constructions. Elles étaient arrivées à destination visiblement. Mais cette échappée mystique s'interrompit immédiatement quand les damoiselles aperçurent un cadavre dans la clairière.
À peine pieds à terre qu'Agatha avait déjà dégainé et avait légèrement fléchi les genoux, prête à se battre, mais ne montrait aucune hostilité. Elle se contentait d'observer les alentours avant de se diriger en direction du cadavre. Puis elle en vit un autre, puis deux, puis trois, puis d'autres encore éparpillés ici et là. Elle entendit vaguement Claricia dire quelque chose, mais Agatha était déjà occupée à observer les corps. Elle passa de longues minutes à examiner chaque cadavre. Elle remarqua que l'un d'entre eux sortait du lot, aussi l'avait-elle gardé pour la fin. Elle inspecta les six morts.
"- Des flèches, des lances et visiblement quelques massues pour finir le travail pour les plus costauds. C'qui m'dérange, c'est leurs gueules. Y s'sont fait prendre par surprise." Elle inspecta les alentours. "- Pas étonnant, c'est une clairière. Même not'bande s'serait faite surprendre dans un coin comme ça." Elle fouilla trois des cadavres desquels elle tira 6 pistoles et 6 sous, quelques objets sans utilité en dehors d'un briquet à amadou et une gourmette en or qu'elle récupéra et mit dans son corsage. Puis elle passa au roux.
Vêtu comme un berger avec des peaux de chèvres traitées et des bottes de paille, mais du berger il n'avait que ça. Son arc était magnifique, et même sans être une grande connaisseuse Agatha remarqua qu'il s'agissait d'if. Elle avait vu son comptant d'arcs, mais tous étaient généralement en chêne et il était rare de voir un arc en bois d'if. Autrement dit, cet arc devait valoir une bonne somme. Et l'homme qui l'avait brandi était... wow. Agatha pensait que seuls les nobles pouvaient être qualifiés de beaux, mais visiblement elle avait tort. Même dans la mort il semblait avoir conservé sa beauté et même une certaine... prestance ?
Si le premier réflexe d'Agatha aurait été de prendre l'arc et d'en repartir, elle comprit cependant le déroulement des choses. Des intrus avaient pénétré sur un sol sacré, et ses défenseurs leur avaient fait regretter en les attaquant par surprise. Elle se rapprocha de Claricia pour répondre à sa question.
"- Six morts pour eux contre un seul des leurs. Ils ont foulé un sol sacré sans y avoir été conviés, s'sont fait prendre en embuscade et s'sont fait massacrer. Les six là-bas avaient pas beaucoup sur eux, mais ils avaient ça. Tu sais ce que c'est ?"
Claricia prit l'objet dans ses mains et l'inspecta. "- Non, ça ne me dit rien, mais je peux garantir que je n'ai jamais vu de familles nobles porter ce genre d'insignes."
Agatha acquiesça, reprit l'insigne et continua : "- Moi ce que j'en pense, c'est que ces six-là sont soit des mercenaires qui ont reçu une partie de l'argent, soit que ce sont des membres d'un culte religieux. Dans les deux cas ils avaient un moyen pour arriver ici, donc soit un sorcier, soit quelqu'un qui connaissait le chemin. Et concernant le rouquin là-bas... c'était sûrement un des Belthanis dont tu me parlais. Et au vu des dégâts, il a pas pu faire tout ça tout seul. Des blessures de javelots sans javelots, ça veut dire qu'il est pas seul. On devrait faire profil bas et faire preuve d'un minimum d'humilité et de remerciement, ne serait-ce que pour rester en vie. Avant d'avancer, on va rendre hommage au défenseur. Occupe-toi de la prière, moi je m'occupe du corps, on pourra avancer après."
Sur ces paroles, Agatha se dirigea vers le défenseur mort. Elle disposa son corps à la façon des morts honorables, droit et digne. Elle récupéra ensuite l'arc en bois d'if qu'elle mit dans la main du mort avec toute la solennité qu'elle pouvait trouver pendant que Claricia énonçait une prière, à laquelle elle se joignit une fois son travail terminé, avant de reprendre la route.
Agatha de Tourraine, Damoiselle du graal
Profil: For 9 | End 8 | Hab 8 | Cha 8 | Int 8 | Ini 8 | Att 9 | Par 8 | Tir 8 | Mag 9 | NA 1 | PV 65/65
Lien Fiche personnage: https://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.p ... _tourraine
Profil: For 9 | End 8 | Hab 8 | Cha 8 | Int 8 | Ini 8 | Att 9 | Par 8 | Tir 8 | Mag 9 | NA 1 | PV 65/65
Lien Fiche personnage: https://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.p ... _tourraine
