[Régil et Arnaud] La route rend libre

La Bretonnie, c'est aussi les villes de Parravon et Gisoreux, les cités portuaires de Bordeleaux et Brionne, Quenelles et ses nombreuses chapelles à la gloire de la Dame du Lac, mais aussi le Défilé de la Hache, le lieu de passage principal à travers les montagnes qui sépare l'Empire de la Bretonnie, les forêts de Chalons et d'Arden et, pour finir, les duchés de L'Anguille, la Lyonnesse, l'Artenois, la Bastogne, l'Aquilanie et la Gasconnie.

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Arnaud d’Aquitanie
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Re: [Régil et Arnaud] La route rend libre

Message par Arnaud d’Aquitanie »

Visiblement les promesses d'Arnaud n'avait pas fait que convaincre le bourgeois malhonnête de les laisser passer. Il avait aussi su exploiter ce moment pour faire en sorte d'aller chercher un sergent de la garde pour se sentir en sécurité. Surtout lorsqu'il viendrait à nouveau accuser Arnaud et ses compagnons d'être de mauvaises personnes. Mais bien qu'Arnaud gardait un mauvais souvenir de son rapport avec la garde, quelle qu'elle soit. Le serf ne restait pas complètement désarmé par la situation. L'homme plongea ses mains dans ses braies et inspira profondément.

- "Pour sûr, c't'un malpropre là. Mais j'ai une idée. " Déclara Arnaud, avant que le garde ne les interpella. Arnaud fit de grands signes de main vers le bourgeois pour le saluer, affichant un air enjoué, n'hésitant pas d'ailleurs à en faire un peu beaucoup, à se passer la main dans ses cheveux peignées et propre.

Si les pèlerins agissaient de manière antipathique. C'était donner raison au bourgeois. Ils étaient des clients après tout, ils avaient passé un bon moment. Ils n'avaient qu'à montrer qu'ils avaient passé un bon moment et qu'ils étaient de bons clients. Le Bourgeois ainsi gêné se retrouverait avec des clients comblés et un garde appelé pour rien. Il n'oserait pas inciter un garde à arrêter des bons clients, et au pire, il suffirait de prendre la tenancière comme témoin.


- "Oh rebonjour M'sieur ! C'est qu'jvous cherchais là ! On vl'ait vous dire à quel point c'est que vous avez un beau commerce. On est vraiment au top là avec les gars. On sera plus présentable que jamais pour Le sermont de c'soir et pour La Dame là. On n'hésitera pas à parler en bien de votre établissement !"
Arnaud D'Aquitaine, Voie du Pèlerinage Bretonnien
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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Régil et Arnaud] La route rend libre

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Bigleux suivi les ordres de Régil, et décida de se calmer — même s’il fallut que Bruno le muet le pousse un peu en avant, pour qu’il suive.
Le pauvre pèlerin aux yeux louchant n’arrêtait pas de trifouiller ses manches, alors qu’il avançait d’un pas moutonnier en avant, sans l’assurance complète des deux frangins qui prenaient les devants.

Le sergent barbu décida donc de s’avancer sans agressivité. Il portait tout de même dans sa main un grand bâton, qu’il faisait reposer contre son épaule — il était armé, alors que le groupe de fidèles de la Dame ne l’étaient pas. Peu importe ; l’homme de loi prit un ton maniéré, et hautain pour répondre au jeune Régil :

« Hélà à toi, voyageur. Je suis Bernard le Chauve, sergent du comte Desroches.
C’monsieur étuvier m’a dit que vous avez forcé le passage dans ses bains, par la menace. J’aimerais tirer ça au clair. »


C’est alors qu’Arnaud, loin de répondre agressivement, se mit à remercier le bonhomme qui se réfugiait derrière le sergent. Bernard le Chauve leva un sourcil en regardant le commerçant, qui se trouvait figé sur place, et bégayant, comme tout à l’heure.

« Heu… »

Le sergent expira l’air de ses naseaux, en observant la dégaine du petit groupe.

« Y ont pas l’air ben agressifs…
– Parce que vous êtes là avec votre uniforme, bon sergent — tout à l’heure, celui-là m’a montré ses crocs, comme un chien ! »

Le sergent pencha sa tête de côté, comme s’il cherchait quelque chose dans la dégaine du petit groupe.
Finalement, il soupira.

« Bon, pas d’armes, pas d’animaux errants, pas de racoleuse…
Vous allez un peu arrondir les angles, et ensuite vous pourrez circuler. »


Et alors, le Chauve tourna la tête histoire de ne rien voir, tout en ouvrant un peu ses doigts devant lui :

Alors que les pèlerins n’étaient coupables d’aucun crime, ce sergent se permettait de réclamer un pot-de-vin juste pour avoir été troublé par l’étuvier. Malheureusement, Régil et Arnaud ne connaissaient que trop bien les types dans son genre : les baillis, les prévôts, les maires de toute la Bretonnie semblaient adorer faciliter les démarches et détourner le regard sur des fautes simplement en échange d’espèces sonnantes et trébuchantes.

Du reste, il était tout seul, face à toute une bande. Silencieusement, Bruno se colla aux côtés de Régil, en opinant du chef — l’immense bonhomme faisait de l’ombre à l’homme de loi, et il s’apprêtait à agir comme réagiraient le duo de frangins.

Jet de charisme d’Arnaud : 6, réussite de 3, noice
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Régil d’Aquitanie
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Re: [Régil et Arnaud] La route rend libre

Message par Régil d’Aquitanie »

Il fallait en plus qu’il ait le nom de leur oncle. Régil répondit au sergent en reprenant la même formulation, avec toute la déférence dont il était capable, un exercice bien difficile pour le pèlerin.

« Bonjour à toi Bernard, j’m’appelle Régil et eux ce sont mes compagnons de voyage. On fait partie d’la suite de monseigneur de Vouvent. Vous devez p’tête connaître, vu que c’est le justicier du duc. » Il s’arrêta brièvement, avant de reprendre avec respect. « Et un chevalier du graal.» Il détacha bien les mots, dans un effet qui se voulait théâtral. Néanmoins, le respect n’était pas du tout feinté.

Régil écouta attentivement les explications de son frère, les appuyant de plusieurs hochements de tête. Il eut du mal à garder un visage de marbre en entendant le bourgeois le comparer à un chien. Il dut se mordre la lèvre afin d'éviter de lâcher un flot d'injures. « J’crois bien que monsieur, euh … ‘fin, le propriétaire a grandement exagéré ce qui s’est passé. ‘nous a dit que les bains étaient fermés, on a un peu insisté et il nous a laissé entrer. Y’a pas eu de menace physique ou quoi que ce soit, on l’a même pas touché. Au final, comme a dit mon frangin, c’était un bon établissement, et on n’a rien à redire sur les services ... C'est un malentendu. »

Régil avait joué le jeu, essayant de supporter les excuses d’Arnaud; ils étaient des clients tout à fait respectables. Son humeur changea cependant du tout au tout – et elle n’était déjà pas très haute – lorsque le sergent leur quémanda un pot-de-vin. Ça le mettait hors de lui. Comme si tourner la tête allait y changer quoi que ce soit. Comme si ce petit manège effaçait son acte !
Régil en eut soudainement marre. Ce n’était pas la première fois que ça arrivait, ni la dernière. Et pourtant, quelque chose le poussa à agir différemment qu’autrefois. Lorsqu’il était serf, il aurait obtempéré, avec toute la mauvaise volonté du monde, mais il aurait tout de même contribué à ce système pourri pour qu'on lui fiche la paix. Mais non, plus cette fois. Il avait quitté son village pour prendre sa vie en main, il n’était pas question qu’il revienne sur cette décision.

Il pensa à Rorgue de Vouvent et à ce qu’il aurait fait à cet instant. Ce parangon de justice n’aurait probablement pas fléchi. Non. Il n’aurait pas fléchi. Il était un facteur de changement, un homme qui combattait chaque jour l’injustice et qui assurait l'application des lois du Duc, et la corruption n’en faisait certainement pas partie. Il s’était juré de devenir comme lui, ou plutôt de s'en approcher.

Il fit un signe de tête à Bruno pour le remercier de son soutien et se contenta de rester sur place, droit comme un i, les bras croisés, en fixant le sergent. L'envie de violence était grande, mais il se retint. Il devait être à peu près courtois et ne pas commencer par cela après seulement quelques secondes de discussion. De plus, cela aurait été à l'encontre de ce qu'il avait dit à Bigleux. S'il pouvait éviter d'être jeté dans les geôles, alors il le ferait, mais si cella voulait dire qu'il devait faillir à la Dame et à ses préceptes, alors hors de question.

« Si vous faisiez mieux vot' travail, peut-être que vous auriez pas à tendre la main comme un mendiant. » Sa voix était étonnamment posée, ce qui le surprit lui-même. « Vous d'vriez venir à notre sermon, ce soir. Vous en apprendriez beaucoup. J'sens que ça vous ferait pas de mal. » Il se détacha de sa pose de statue et essaya de dépasser le sergent, sans gestes brusques. Il espérait être suivi par les autres.
Régil d'Aquitanie, Voie du Pèlerin Bretonnien
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"Je donne mon corps, mon coeur et mon âme à la Dame que je cherche.
Aucun appel à l'aide ne restera sans réponse.
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Aucun mal n'entachera les terres ancestrales de Bretonnie.
Soyez mon bouclier, ma Dame, et je serai votre épée.
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Arnaud d’Aquitanie
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Re: [Régil et Arnaud] La route rend libre

Message par Arnaud d’Aquitanie »

Arnaud grinça les dents, bien qu'il tentait de garder une attitude amicale et surtout désarmante pour le bourgeois. Régil venait de tomber dans le piège du sergent, enfin, pas réellement un piège, mais son attitude pouvait maintenant donner une potentielle légitimité à Bernard. Arnaud soupira nasalement aussi calmement qu'il le pouvait. De tout les sergents qu'il avait pu croiser dans cette foutu ville, il fallait que ce soit quelqu'un qui lui rappelle son bon à rien d'oncle. Toujours à se plaindre, à rejeter la faute sur les autres et surtout... A persécuter plus faible que lui. Les paroles des prières d'Alix lui revinrent en mémoire.

« Des horreurs des corrompus,
Ma Dame, délivre-nous.»

Arnaud ne pouvait pas juste jouer le jeu de ce Bernard. Encore moins le laisser continuer à persécuter de pauvres honnête gens. Une mauvaise pensée lui vint : "Après tout, il n'aurait que ce qu'il mérite." Mais la Dame était au dessus de tout ça, Les préceptes de la Dame incite au pardon, à redresser les torts, mais pas de molester un pauvre type parce qu'il avait fauté. Arnaud marqua un temps et chercha du regard une solution. Des chalands passaient ça et là, ils devait forcément connaître l'enseigne du bourgeois. Arnaud eut une idée, il haussa le ton. Pour que les chalands passants ainsi que les gens avec les fenêtres ouverte puisse l'entendre. Au moins, ses folles journées à faire l'idiot dans sa taverne local n'aura pas servi à rien.


- "C'est K'J'suis vraiment déçu Monsieur ! On paie vos services et vous, vous vous z"associez avec la garde pour racketter encore plus de sous à des honnêtes clients ? Vous valez clairement mieux k'ça. Votre assistante à l'acceuil là elle pourra tout confirmer qu'on est des clients honnêtes ! J'vous assure Monsieur ! Le Racket, C't'est jamais bon pour les affaires là. Vous tentez de gratter un peu, mais z'au final, vous perdez vraiment beaucoup !"

Arnaud attendait une réaction de la foule, quelque chose qui puisse faire pression sur le sergent et le bourgeois. Mieux, que le bourgeois demande de les libérer en comprenant la nouvelle image de son établissement s'il laissait faire le sergent. C'était sa façon de résoudre le problème, Arnaud espérait que la Dame comprendrait, que son acte à sa façon pouvait aider à lutter contre la criminalité et la corruption.
Arnaud D'Aquitaine, Voie du Pèlerinage Bretonnien
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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Régil et Arnaud] La route rend libre

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Les yeux du sergent s’écarquillèrent très, très gros. Alors que Régil n’avait pas fait un seul pas de côté pour passer son chemin, que l’homme de loi élargit visiblement ses épaules, et leva sa matraque pour le poser contre la gorge du pèlerin.

« Attends ; Tu m’as comparé à quoi, là ?! Répète un peu ?! »

Le bois poussa contre sa trachée, jusqu’à l’endolorir. Bruno le Muet ne se fit pas prier, et le voilà qui s’avança légèrement, poings fermés, lèvres retroussées, en… Grognant. Comme un chien atteint de la rage, il faisait du bruit au fond de sa gorge, comme s’il se préparait à foncer sur le sergent.
Derrière, Bigleux et Luc reculaient un peu, quasi hésitants.


C’est le moment que choisit Arnaud pour se mettre à crier très fort. Il n’y avait pas une grande foule autour d’eux ; mais un couple d’époux bourgeois, sortis du four local avec leurs pains chauds, s’étaient retournés avec un air curieux, de même que, deux secondes après, un vaguemestre qui marchait tout en vérifiant son courrier dans sa besace suspendue à sa droite. Tout ce beau monde, qui faisait mine de continuer sa route, se tournait au passage pour observer la situation.

Le sergent n’aimait pas qu’on lui grogne à la figure. Il agita sa matraque en l’air, pour désigner les mentons de Régil puis de Bruno :

« Baisse les yeux, maboule.
– Ou sinon… Quoi ? Souffla le Muet avec sa voix cassante.
– Oh-oh, baisse les yeux, t’as vraiment pas envie de savoir. »

Le bourgeois était devenu tout honteux. Avec la comédie d’Arnaud, le voilà qui était passé du blanc pâle au rouge pivoine, et, poussé par un étrange courage, il se mit à tapoter l’épaule du sergent.

« Quoi ?!
– C’est… Vraiment pas utile d’en arriver là, sergent… Écoutez, je… Laissez tomber, d’accord ? C’est vrai, il n’y a rien eu de grave… »

Les sourcils du sergent se mirent à trembler sur son front. Il se retourna pour lui faire face :

« Alors ils ne vous ont pas menacé ?! Hein ?!
– Non, je… Je retire ce que j’ai dis… J’ai dû me tromper… Pardonnez-moi pour le dérangement, sergent.
– En tout cas ils me dérangent moi maintenant ! Alors mêlez-vous de ce qui vous regarde, Bagnier ! À moins que vous n’ayez vous aussi envie d’expliquer pourquoi vous êtes venu me chercher à mon poste pour rien ?! »

Le-dit Bagnier fit un tout petit pas en arrière. Maintenant, il y avait de nouveaux yeux qui observaient la scénette en train de se déjouer. Bernard le Chauve ne devait pas s’en rendre compte, ou alors peut-être était-il un de ces hommes bien trop facilement hargneux pour prendre une seconde pour réfléchir, car même devant cette flopée de témoins, il postillonnait comme un dément sur l’étuvier, avant d’à nouveau faire face aux pèlerins.

« J’veux des excuses de ta bouche, le barbu ! Et que vous vous penchiez tous pour embrasser le bout de ma trique ! C’est ça, ou je vous jure que vous allez être bien séchés ! »

Et le voilà qui tendit son bâton bien bas, histoire de forcer les pèlerins à bien se pencher pour poser leurs lèvres sur la matraque.

Jet d’intimidation de Régil (Malus : -4) : 8, dommage, le jet était beau.

Jet de bouffonnerie d’Arnaud (Bonus : +1) : 3, noice, il sauve le cul à son frère.
VS
Jet de sang-froid du sergent (Malus : -2) : 2, c’est un excellent jet, mais pas assez pour réussir face à Arnaud.
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Arnaud d’Aquitanie
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Re: [Régil et Arnaud] La route rend libre

Message par Arnaud d’Aquitanie »

A vrai dire, Arnaud trouva le retournement de situation inespéré. Louée sois la dame de lui permettre encore une fois de combattre la corruption, surtout lors d'une démonstration d'abus de pouvoir en plein public. Si le bourgeois avait maintenant perdu le contrôle de la situation, il ne restait plus que ce sergent à gérer. Il incarnait tout ce qu'il détestait, la tyrannie des vilains, ces gens misérables qui "s'illustrent" en écrasant les autres pour se mettre en valeur. Des vermines à combattre, partout où elles sont, peu importe la terreur qu'ils représentent. C'est la volonté de la Dame, c'était son devoir, de lutter ainsi contre ces ennemis de la sainteté, ceux qui rongent la Bretonnie. Ceux qui la salissent de leur abjecte perfidie.

Arnaud serra les dents et se posta entre son frère aîné et le garde, ses yeux croisèrent ceux du sergent droit dans les yeux. Le pèlerin put sentir sa respiration se bloquer sous la tension. Régil l'avait toujours protégé, mais aujourd'hui, c'était à Arnaud de les sauver de la tyrannie des vilains et de leur bassesse. À lui de prouver que Beau-sourire s'était trompé sur son compte, qu'il puisse ravaler ses paroles et s'étrangler avec. Le paysan pointa un doigt vers le visage de Bernard.


- "S'Ke tu dis encore z'une chiasse comme ça à mon frangin et j'te rentre ta jolie queue dans le fondement-là."

Arnaud se prépara à esquiver un potentiel coup.

- "C'est k'tu dois vraiment avoir honte de ta queue pour la remplacer par ton gourdin. Moi, J'vois un sale type. Un gars qui abuse d'la confiance des bonnes gens pour passer ses p'tits caprices et frustrations. La dame, elle m'en soit témoin, je pisse sur les tyrans comme toi. C'est c'qu'on nous nous apprends en tant que pèlerin : à s'battre contre les gens comme toi pour permettre au peuple de vivre paisiblement. S'tu veux toujours la ramener, On peut régler ça ici et maintenant. Mais lorsque qu'on ramènera ton corps à la garde, on n'oubliera pas de préciser avec tous les témoins ici présent que t'avais envie de passer tes nerfs sur d'honnêtes gens qui s'voulait juste prendre le putain de bain après une journée de labeur."

Qu'ils se battent maintenant ou que le sergent mouille sa culotte, cela ne faisait plus d'importance. Arnaud était prêt, il avait peur certes. Mais il était prêt à se battre pour ce en quoi il croyait, pour la Dame, pour Alix et pour tout ce qui lui était cher dans cette Bretonnie.
Arnaud D'Aquitaine, Voie du Pèlerinage Bretonnien
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Régil d’Aquitanie
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Re: [Régil et Arnaud] La route rend libre

Message par Régil d’Aquitanie »

La matraque vint lui endolorir le cou, ce qui eut pour effet de le faire reculer d’un pas de lui faire lâcher un grognement. Comme pour confirmer les précédents propos du bourgeois, il montra les dents comme un chien, son regard noir pointé vers le sergent. Il ne s’était pas attendu à grand-chose, puisqu’il aurait été improbable qu’il les laisse partir après ses injures. À vrai dire, même sans cela, il ne les aurait probablement pas laissé filer. Ces gens étaient des rapaces. Ils avaient besoin qu’on leur donne à manger, sans quoi c’est sur vous qu’ils fondaient.

Alors que Bruno s’avançait pour s’interposer, Régil se préparait à le rejoindre. Son poing se serra, son bras se balança vers l’arrière, et dans un ultime élan, il aurait probablement lancé son poing à la figure du sergent, mais son frère fut le plus rapide, parti en pleine tirade pour les sortir de ce pétrin. Il s’arrêta brusquement, et se contenta d’écouter, tout en gardant un œil sur son interlocuteur, prêt à réagir si les paroles du frangin ne lui faisaient pas entendre raison.

Son discours eut au moins de l’effet sur le bourgeois. Cela en faisait un de moins à gérer. S’il n’avait plus ce type de son côté, alors il perdait en crédibilité.
La salive au coin de la bouche, le garde semblait quant à lui avoir perdu tout son sang-froid, menaçant à tour de rôle Bruno et le propriétaire des bains. À ses yeux, il passait pour un véritable fou. Cet entêtement à vouloir les faire payer pour une insulte était incroyable, et prouvait bien qu’il n’avait rien à faire à ce poste. C’était une brute, pas plus différente d’une crapule de grand chemin, qui utilisait son statut pour voler de l’argent au petit peuple. On ne les différenciait qu’à leur costume et leur air hautain. Il utilisait sa position d'autorité pour humilier pour ceux qui osaient remettre en doute ses pratiques. C’était bas et il n’y avait là aucun honneur. Rien que la Dame n’approuvait donc. Lui aussi avait sa fierté, mais il ne se voyait pas en cet homme. Il était tout ce qu’il ne voulait pas devenir.

Régil était peut-être une tête de mule et colérique sur les bords, mais il n’était pas complètement con. Il comprit, bien qu’un peu tard, les plans de son frère. C’est pour cela qu’il essaya de retenir encore un peu plus l’urgente envie de combat qui l’assaillait depuis le début de l’altercation. Alors qu'Arnaud arrivait à chaque fois à calmer son colosse de frère, Bernard semblait vouloir constamment surenchérir pour venir titiller sa patience. Le coup du bâton était de trop, et il décida d'ajouter aux insultes de son frère. S'ils ne pouvaient pas le raisonner, alors valait mieux qu'ils le poussent à bout et qu'ils se ridiculisent encore plus face aux villageois.

« Va t'faire voir enculé. J'toucherai pas ton bâton. » Régil cracha au sol. « Vas-y, frappe moi, prouve à tout le monde que t'es une putain de brute. Montre à tout le monde le vrai visage du guet. Tu crois qu'il va s'passer quoi, hein ? » Il désigna les quelques gens qui les regardaient. Il poursuivit d'une voix plus forte.« Tabasse-moi, et montre ce qui s'passe quand on essaie de la faire à putain de Bernard le Chauve. Quand on essaie de l'empêcher d'voler d'honnêtes voyageurs. J'suis sûr que les gens seront rassurés de savoir qu'une raclure comme toi traîne dans les rues d'leur hameau. » Il s'avança d'un pas, prêt à recevoir une mandale. « Allez, frappe-moi, et que la Dame favorise les valeureux. Ou alors laisse-nous partir, comme ça aurait dû s'passer. »

Dire qu'ils en étaient là parce qu'ils avaient voulu prendre un bain. Ça le dépassait. Il espérait tout de même que le sergent déciderait de jeter l'éponge, même si ce serait inespéré. Dans son cas, il était impensable qu'il se baisse pour baiser son bâton. On leur avait dit de se faire discrets, mais les voilà sur le point de participer à une bagarre de rue avec le guet. C'était raté, et Émile ne serait probablement pas content de l'apprendre.
Régil d'Aquitanie, Voie du Pèlerin Bretonnien
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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Régil et Arnaud] La route rend libre

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

« Putain de merde ?! Mais qu’est-ce que vous êtes en train de foutre ?! »

C’était Bigleux qui s’exprimait enfin, lui qui était resté jusqu’ici silencieux dans le dos des deux frères — la voix du pèlerin trahissait un mélange de peur et de colère, et le voilà qui se poussa devant Luc comme pour protéger le plus jeune gamin d’un futur affront.


Difficile à dire quand les frangins venaient de franchir la limite. Est-ce que c’était quand ils se mirent à accabler le sergent d’insultes plus franches ? Ou bien quand ils appelèrent une déesse à témoin, chose terriblement sérieuse dans une nation superstitieuse ? Ou alors, peut-être surtout, lorsqu’ils menacèrent de mort le sergent, en sous-entendant qu’ils ramèneraient son corps devant le guet.

En tout cas, Bernard le Chauve venait de reculer, et de ranger sa matraque — mais pas parce qu’il était en train de se défiler. Parce qu’au lieu de son bâton contondant, le voilà qui dégaina, dans un crissement de cuir, un fauchon brillant et acéré. Et d’une voix ferme, il intima un ordre au bourgeois :

« Bagnier, allez chercher le reste de mes hommes. »

L’étuvier recula en faisant face au groupe de pèlerins, d’abord lentement, avant de tourner à 180° et de fuir en courant.

La chose la plus folle qu’espéraient Régil et Arnaud, c’est bien que la foule puisse à un seul instant les soutenir. C’est tout l’inverse qui se produisit : Bernard se mit à siffler très fort, en regardant les nombreux curieux qui commençaient à approcher ; et le sergent se mit à hurler une phrase, avec un mot prononcé très mal en classique :

« Posse comitatus ! Vous êtes tous enrôlés pour maintenir la loi de votre comte ! »

Ce après quoi, il leva son fauchon pour désigner le groupe.

« Vous êtes tous en état d’arrestation ! Couchez-vous sur le sol et laissez-vous être entraînés, ou bien je vous fais embarquer de force ! »

Autour d’eux, le couple sorti de la boulangerie s’enfuit en courant, ainsi que les moins courageux des bourgeois.
Mais le vaguemestre, en serrant les dents, s’approcha en faisant craquer ses poings, de même qu’un autre solide bonhomme qui venait de sortir de chez lui en attrapant un parapluie comme arme improvisée.
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Régil d’Aquitanie
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Re: [Régil et Arnaud] La route rend libre

Message par Régil d’Aquitanie »

Autant que ça lui faisait mal de l’avouer, ils avaient eu tort sous toute la ligne. Il regretta à cet instant sa grande gueule. Peut-être qu’ils auraient dû laisser filer, donner l’argent au sergent corrompu. Mais là encore, ils s’en seraient voulu. Il lâcha un long soupire de rage, incapable de savoir quoi faire. Son esprit était tiraillé de toute part, et embrumé par la colère. Il avait bien conscience qu’ils étaient dans de beau drap, et même s’il n’avait pas beaucoup de jugeote, il aurait été stupide de ne pas remarquer qu’il aggraverait leur cas en répliquant physiquement.

Derrière lui Bigleux paniquait. Il ne pouvait pas vraiment lui en vouloir. Ce n’est pas comme si c’était lui qui avait merdé. À quoi bon lui dire de garder son calme et de ne pas s’enfuir, si au final il les mettait tous en état d'arrestation. Il en venait à se demander si ce n’était pas lui qui avait besoin d’un pèlerinage pour expier ses fautes et son orgueil.

« Laisse les deux en dehors d’ça, ils ont rien fait. ‘ont même pas bougé d’un pouce ou pipier un mot. » Il pouvait au moins essayer de sauver Luc et le Bigleux de cette piètre situation. Il ne croyait pas que ça allait marcher, mais c’était le moins qu’il pouvait faire.

Bien résolu à ne pas ouvrir sa bouche d’avantage, il s’agenouilla lentement, avant de s’étaler sur le sol, en lâchant de nouveau un soupire. Ils étaient vraiment cons. Il ne savait pas ce qui allait se passer pour la suite. Les geôles, le tribunal ? Encore que, ils avaient eu l'intelligence de ne pas agresser le membre du guet. Peut-être que ça allait jouer.

Toujours au sol, il tourna vers son frère, en lui faisant les gros yeux. Il lui désigna le sol d’une inclinaison de la tête pour lui intimer de faire comme lui. Il espérait qu'il ne les enfoncerait pas davantage, comme il l'avait lui-même fait.
Ce qui ferait probablement le plus mal, c'est le regard qu'Émile lui jetterait. Il lui avait fait confiance, et il avait échoué dès la sortie des bains.
Régil d'Aquitanie, Voie du Pèlerin Bretonnien
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"Je donne mon corps, mon coeur et mon âme à la Dame que je cherche.
Aucun appel à l'aide ne restera sans réponse.
Aucun obstacle ne se dressera devant moi.
Aucun mal n'entachera les terres ancestrales de Bretonnie.
Soyez mon bouclier, ma Dame, et je serai votre épée.
"



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Arnaud d’Aquitanie
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Re: [Régil et Arnaud] La route rend libre

Message par Arnaud d’Aquitanie »

Arnaud posa les yeux sur les quelques villageois acceptant l'appel à la conscription du garde corrompu. Croiser leur regard le dégouta, cette rancœur qu'il avait gardée pour tous ces corrompus, ces personnes qui abusaient de leur pouvoir, qui écrasaient les petites gens de tous leurs poids parce qu'ils le pouvaient, pour qu'ils puissent se distinguer. Ils avaient la preuve ! La preuve d'avoir affaire à un garde véreux ! La preuve qu'ils étaient dans leur bon droit ! La preuve qu'ils pouvaient se défendre légitimement ! Son regard bascula progressivement entre Bernard, Luc, Regil, et les paysans qui répondaient à l'appel de la conscription. Ça le rendait malade. Malade qu'on puisse accorder son aide à ce type, malade que personne ne dise rien. Malade que même malgré ses efforts, La Dame n'y ferait rien.

Le regard du pèlerin s'embrasa de colère. Ce n'était pas juste ! Avaient-ils seulement les yeux en face des trous ? Que pouvait penser Shallya ou la Dame elle-même en se rendant complice d'une telle injustice ?


- Z'allez vraiment faire ce qu'il dit ? Alors qu'on a rien fait de mal ? Z'allez vraiment le faire ? Répéta-t-il, indigné.

Puis il vit son frère s'agenouiller et lui sommer de faire de même du regard. Arnaud crispa les dents, rageur. Son frère, si pieu et si brave allait réellement se laisser faire ? C'était une blague. Une vaste blague oui. Qu'est-ce qu'il l'empêchait de se défendre ? Il était dans son bon droit ! Il n'était pas un criminel, pas cette fois ! Rorgues de Vouvent lui ne se serait pas couché devant cette parodie de justice ! Mais avait-il seulement le courage de se dresser seul face à elle.

Son regard bascula sur Luc, Pierre Bigleux, son frère, les villageois, puis le regard vicieux de Bernard, la colère et le déni laissant place à la panique. "Ma Dame, par pitié. Ne laissez pas une telle injustice se produire" implora intérieurement Arnaud, voyant que son frère négociait pour que seuls les deux frères soient arrêtés. Il maudit sa décision de laisser leurs armes au sanctuaire. Peut-être que s'il se laissait faire maintenant, il aura la possibilité de l'étrangler par surprise dans une ruelle sombre. Après tout, ce genre de vermine ne manquerait à personne. Comme si la Dame avait quelque chose à redire de la mort de ce type ? Maudit soit les vilains, les nobles et tous ceux qui imposaient leur misérable tyrannie avec leur maigre règles et codes écrasant les petites gens. Il n'y a rien à retirer de ces gens. Rien ! Ils mériteraient tous de crever la bouche ouverte dans le caniveau, qu'ils expérimentent la misère dans laquelle lui et son frère ont vécu pendant des années !

Pour l'instant, Arnaud était dans l'impasse, a son grand dam. Arnaud s'agenouilla à son tour. À l'affut d'une opportunité potentielle.
Arnaud D'Aquitaine, Voie du Pèlerinage Bretonnien
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"…Tu offriras, à ton preux Seigneur le champart qu'il requiert,
Toujours, tu travailleras, hors les jours saints
Tu ne gardera pour toi et les tiens qu'un dixième des fruits de ton labeur
Et réjouis-toi, car un Chevalier de Bretonnie te protégera…"

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