[Arnaud d'Aquitanie] Entre le Marteau et l'Enclume

La Bretonnie, c'est aussi les villes de Parravon et Gisoreux, les cités portuaires de Bordeleaux et Brionne, Quenelles et ses nombreuses chapelles à la gloire de la Dame du Lac, mais aussi le Défilé de la Hache, le lieu de passage principal à travers les montagnes qui sépare l'Empire de la Bretonnie, les forêts de Chalons et d'Arden et, pour finir, les duchés de L'Anguille, la Lyonnesse, l'Artenois, la Bastogne, l'Aquilanie et la Gasconnie.

Modérateur : Equipe MJ

Avatar du membre
[MJ] Le Naufrageur
Maitre de jeu [MJ]
Messages : 124
Profil : FOR / END / HAB / CHAR / INT / INI / ATT / PAR / TIR / NA / PV (bonus inclus)
Autres comptes : Rovk Alister

Re: [Arnaud d'Aquitanie] Entre le Marteau et l'Enclume

Message par [MJ] Le Naufrageur »

Devant-lui, se tient un nain assez différent des autres. Sa barbe est longue et tenue en de multiples tresses. Ses sourcils sont broussailleux et ses cheveux lui arrivent derrière la nuque. Toute son impressionnante pilosité, est pourpre, chose qui semble unique parmi ceux de cet avant-poste. Son nez est gros, mais taillé comme de la pierre anguleuse. Ses joues sont musclées et sa glabelle est un véritable fossé. Cependant, ce qui captive chez ce dawi, ce sont ses yeux. Ils sont à l’image du fer chaud, doré avec une teinte orange. Le blanc de ses yeux, est gris, faisant encore plus ressortir les couleurs chaudes de ceux-ci. La pupille elle aussi grise. De toute sa vie, le jeune pèlerin n’a jamais vu un tel regard. Un regard qui brûle ce qu’il toise.

À la carrure épaisse, et aux avant-bras aussi larges que les cuisses du jeune homme, l’artisan le jauge. Sa tenue est simpliste comparée aux autres, presque citadine. Une simple ceinture de cuir avec de nombreux compartiments retient son ventre arrondi de sortir de sa chemise grise. Son gilet de cuir a tous ses boutons, mais ils ne sont pas fermés. Des lourdes bottes, semblables à des briques au vu de leur forme, tiennent ses pieds au sol et nulle part ailleurs.

Image

Dans une petite pièce à côté, se tiennent son atelier ainsi que les différents râteliers, équipés jusqu’au cou d’armes et d’équipements. Une enclume, ainsi qu’un fourneau est maintenu à bonne température. Ici, les décorations sont minimes, ou alors entièrement faites en différents métaux. En examinant l’espace d’un peu plus près, il remarque que chaque élément est rangé par taille et par utilité. Les outils ainsi que les clous sont donc à gauche. Les pièces comme les clefs de tirants, les crosses ou encore les chaînes sont juste à côté. Plus loin, les armes, ainsi que les armures. Une logique indescriptible et incompréhensible suit le reste.

Le forgeron hausse un sourcil et croise les bras en entendant l’idée de faire du troc. D’un petit grognement, il regarde la dague posée sur une des tables. Légèrement effilée et dentée, sans parler de la crasse qui est restée accrochée dessus, cette lame n’est qu’une ombre de ce qu’elle était autrefois. Cela doit bien faire des mois que cette arme l’accompagne. L’empreinte du temps étant bien plus visible que prévu, la Miséricorde est dans un état bien triste.

« Quel gâchis, trop grande pour ouvrir des lettres, trop petite pour faire une vraie différence. On dirait une épée qui a peur d’en être une. »

Les mots de l’armurier sont justes, bien plus qu’il ne l’imagine. Les lois somptuaires sont une chose bien compliquée pour la plupart des Bretonniens, mais tous connaissent l'une d’elles par cœur. Il est interdit pour tout autre qu’un noble, de porter une épée. Cependant, les dagues ne sont pas soumises à cette règle, une dague étant une lame moins longue que l’avant-bras. Les yeux perçants et enflammés du nabot se tournent ensuite vers le bijou.

« C’est déjà mieux.

Mais qu’est-ce ?
»

L’air avide du nain, passe à l'incompréhension la plus totale. Alors que la pièce, marquée par le buste du Roi Gilles le Breton, est posée sur la table, ses yeux s’écarquillent. Sa bouche s’ouvre, montrant deux rangées de dents aussi blanches que carrées. Ses paupières se ferment et s’ouvrent aussi vite qu’elles le peuvent, alors que ses épaules se lèvent à la hauteur de ses oreilles. Entendant la pseudo-justification de l’humain, sa mâchoire se serre, et un silence glacial vient s’installer. Une veine apparaît sur son front et pulse avec la force d’un marteau sur une enclume. Sa peau devient presque rouge et les traits de son visage s’étirent tandis que ses orbites viennent se fixer sur le pèlerin. Une véritable haine, brûle dans ses globes oculaires. Comme une bouilloire remplie d’eau, on pourrait jurer qu’il fume.

Avant même d’avoir le temps de réagir, une main vient lui saisir le col tandis qu’un pied lui écrase les orteils. Tiré de sa hauteur, une claque vient le réveiller et l'étourdit en même temps. Un véritable torrent d’injures et de salive lui couvre le visage et lui remplit les oreilles qui commencent à siffler.

« Écoute-moi bien, tête d’umgak! Tes pièces d’or ne sont même pas de VRAIES pièces d’or ! Pour cent parties d’une pièce d’or, une de tes pièces en vaut dix de moins rien qu’en poids ! Et je ne parle même pas de sa composition foireuse, quasiment toujours mélangée avec d’autres métaux pauvres !

Mon matériel n’est pas pour des faiblards comme toi, espèce de pisse-lait. Tu me parles de tuer des urkis ? J’arrachais des têtes d’urkis bien avant que ton père n’ai des rêves mouillés envers l’animal qui t’a servi de matrone !

Si tu continues de me parler de tes pièces, je vais t’enfoncer ma botte de plomb si profondément dans le fondement que tu perdras les poils pubiens qui te servent de perruque ! Je vais te flageller avec ma barbe ! Je vais prendre deux billes de plomb et les souder là où ta virilité aurait dû pousser !

Alors écoute-moi bien sale imberbe, si tu parles encore une fois de rabaisser mon art à la hauteur du torche-cul que tu appelles de la monnaie, je t'enverrai rejoindre tes ancêtres honteux ! Par le tourillon de Grimnir ton existence est une insulte à la mémoire de Sigmar Dawr et une honte pour ton roi. Je préférerai encore fondre mes armes ou les offrir à des elfes plutôt que de te laisser mettre ta sale patte graisseuse dessus.
»

Abasourdi dans tous les sens du termes, le pauvre homme ne peut que bégayer face à la tempête de colère, la boule de furie qui s’est déchaînée sur lui. Jeté dehors, le cul par terre et les pieds à l’air, il pense enfin que le calme est revenu. Cependant, deux petits objets, lancés à très grande vitesse, viennent lui marquer le front, tandis qu’une lame se plante verticalement juste devant son entrejambe. Deux portes se rejoignent, créant un peu plus de tonnerre dans les souterrains. Si il y avait des mouches, on pourrait les entendre tant aucun autre son n’ose se faire entendre. Après une petite minute de torpeur, Arnaud d’Aquitanie examine ce qui l’entoure. Tout le monde, sans aucune exception, regarde soit ses pieds, soit son assiette.

La soirée continue, mais sans la tranquillité précédente. Plusieurs des nabots barbus parlent dans leur langue, doucement, échangeant autant de mots que de reniflements, soupirs et onomatopées aléatoires. L’ambiance gâchée, pour la deuxième fois, ne revient pas à sa légèreté précédente.


Dans des petits heerbedden, les pèlerins sont amassés dans un coin d’une grange vide. Autrefois peuplée par des boucs, celle-ci est plutôt confortable, bien que son odeur soit particulièrement puissante. Quelques minutes à s’en inoculer, et aucun n’y prête la moindre attention. La nuit est calme, et il est difficile de ne pas s’enfoncer profondément à la frontière du royaume de Morr…

Le lendemain, réveillé et en train de ranger ses affaires, Jennequin s’approche et tape sur son épaule afin d’avoir son attention. Son visage est encore partiellement endormi, et des cernes montrent qu’il manque de sommeil. Ses habits sont propres, et il a remplacé la corde-ceinture qui tenait sa bure par une chaîne en métal.

« Bon matin, frère Arnaud. Je ne vais pas tourner autour du pot, nous avons des problèmes. Pour la suite, à vrai dire.

Notre bon Sire aimerait que nous partions plus profondément dans les terres, au-delà de la Mortepasse vers le mont du Dragon. Hélas, le seul pont qui permettait d’éviter les falaises a été détruit il y a quelques années. Il faut donc trouver un autre passage dans les environs. Étant donné les incursions des orcs, c’est certains qu’il y en a au moins un.

De plus, des observations des rangers nains ont aussi vu d’autres pèlerins dans les environs, à l’est. Pieux-Perrot pense sincèrement qu’il serait judicieux de les ramener ici, afin de… compenser les dernières pertes. Avec une lettre de marque, il faudra les convaincre…

Il nous faut des volontaires pour les deux tâches. Te sens-tu d'attaque pour l’une d’elles ?
»

Il lève les mains, attendant poliment la réponse de son camarade pèlerin. Les autres autour de lui, écoutent attentivement. La curiosité est forte, par ici. Ils savent pertinemment qu’en fonction du choix du jeune homme, ils seront soit adjoints à lui, soit forcés d’être volontaires désignés pour l’autre mission.
Test de CHA(-2 pour propos très osés) de Arnaud : 20, échec critique. Aille. Effectivement. Bienvenue chez les nains.

Après ces deux pages, je t’octroie 50 points d’expérience pour ton écriture, ainsi que 5 points pour avoir survécu à un combat en sous-nombre. Pour un total de 55 points d’expérience actuellement. Tu peux les dépenser dans mon antre. Quelques compétences ne te ferait pas de mal :mrgreen:
Pour les fous qui désirent me rendre visite aux récifs.

Avatar du membre
Arnaud d’Aquitanie
PJ
Messages : 46

Re: [Arnaud d'Aquitanie] Entre le Marteau et l'Enclume

Message par Arnaud d’Aquitanie »

Arnaud fut jeté dehors comme un malpropre. Il fallut plusieurs longues minutes pour le pèlerin pour ne serait-ce que comprendre comment un tel déchaînement de violence fut possible. Jamais, au grand jamais, le pèlerin n'aurait cru une telle réaction possible. Ses affaires lui furent jetées à la figure et les nains le dévisageaient comme un pestiféré. Arnaud ramassa son barda sans piper mot. Si l'idée de faire honte au Roy de Bretonnie ou à Sigmar lui-même ne lui faisait que peu d'effet, il avait tout de même honte, car son image apportait le déshonneur à Sire Carron. Après tout, il était un membre de sa suite.

Le pèlerin s'installa avec ses autres camarades et dormit. Néanmoins, il se réveilla à de multiples reprises en sursaut et en sueur, persuadé que les nains ne le laisseraient jamais vivre jusqu'à l'aube après un tel affront. Lorsque Jennequin posa sa main sur lui, Arnaud d'Aquitanie se réveilla d'abord en sursaut et en sueur, mais fut rassuré de croiser le regard de son camarade, il remercia silencieusement Morr de ne pas avoir pris la peine de l’accueillir en son jardin ou dans l'endroit où il s'occupe de tous les macchabées.

Après un court instant à nettoyer son visage avec un peu d'eau versé dans un bol et à attacher ses cheveux avec une ficelle rudimentaire, le pèlerin pondéra le choix qui s'offrait à lui.

D'un côté, un repérage pour permettre à Sire Carron et aux autres pèlerins de trouver une autre opportunité d'éviter les falaises. Mais si les peaux vertes passent par autre part que le pont effondré, cela implique que cette nouvelle voie d'accès soit elle aussi contrôlée par les peaux-vertes. La prudence serait donc de mise. Mais les talents de forestier du jeune homme pourraient s'avérer décisifs pour toute la troupe.

De l'autre, une mission impliquant de convaincre d'autres pèlerins de rejoindre l'ost de Sire Carron. Si l'idée en elle-même lui plaisait, car elle lui semblait être la plus sûre. Arnaud ne se sentait pas confiant à l'idée de rallier d'autres gens à la cause du chevalier. Pieux-Perrot lui semblait être un choix beaucoup plus adéquat pour ce genre de mission.

Arnaud serra les dents, il repensa à sa première confrontation avec des peaux-vertes. Ces créatures lui inspiraient une terreur viscérale. Mais il devait apprendre à contrôler cette peur, tenter de la dominer pour qu'elle ne se rende pas maîtresse de sa personne. Après tout, cette mission ne nécessitait pas d'affronter une garnison entière de peaux-vertes. Juste de trouver un passage, et le bon.


Je vais faire la reconnaissance, Pieux-Perrot devrait se débrouiller mieux qu'moi pour trouver de nouveaux frères. On a surtout besoin de trouver un passage sûr vers le Mont. J'espère juste qu'on va pas devoir se farcir l'entièreté des peaux-vertes des montagnes. Monseigneur Carron est un vache de chevalier, mais seul...

Le regard d'Arnaud s'anima, une idée derrière la tête.

Mais frère Jennequin... Cette lettre de marque... On pourrait en faire d'autres ? On pourrait rallier l'aide de chevaliers errants ! Avec l'autorité de Monseigneur Carron, je suis sûr qu'ils seraient honoré de participer à sa noble quête, quoi qu'elle soit.
Arnaud D'Aquitaine, Voie du Pèlerinage Bretonnien
Profil: For 9 | End 9 | Hab 9 | Cha 9 | Int 8 | Ini 10 | Att 10 | Par 9 | Tir 8 | Mag 0 | NA 1 | PV 65/65
Lien Fiche personnage: wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_arnaud_d_aquitaine

"…Tu offriras, à ton preux Seigneur le champart qu'il requiert,
Toujours, tu travailleras, hors les jours saints
Tu ne gardera pour toi et les tiens qu'un dixième des fruits de ton labeur
Et réjouis-toi, car un Chevalier de Bretonnie te protégera…"

Avatar du membre
[MJ] Le Naufrageur
Maitre de jeu [MJ]
Messages : 124
Profil : FOR / END / HAB / CHAR / INT / INI / ATT / PAR / TIR / NA / PV (bonus inclus)
Autres comptes : Rovk Alister

Re: [Arnaud d'Aquitanie] Entre le Marteau et l'Enclume

Message par [MJ] Le Naufrageur »

Le moine à la tonsure acquiesce lentement de la tête, avant de prolonger son regard vers le jeune homme. Il réfléchit, mâchouille sa propre joue et sourit un peu du coin de ses lèvres.

« Parfait, tu seras donc notre éclaireur. Je suis certain que nous parviendrons à convaincre les pèlerins, si nous parvenons à les trouver. C’est bien là le problème n’est-ce pas, mon ami ? Trouver un passage, trouver des pèlerins, et tu me demandes maintenant si on peut trouver des chevaliers supplémentaires ! Et pendant tout ce temps, Sire Caron cherche quelque chose lui aussi. Il semblerait que tout se résume à ça dernièrement, trouver.

Je te le dis, frère Arnaud, avant de rallier l’aide de qui que ce soit, il faudrait déjà trouver. Bien, je vais te laisser en paix, tu pourras demander à Pieux-Perrot le reste des détails. Mes remerciements à toi, et bon courage.
»

Sur ces mots bien polis et doux, l’homme de foi repart en regardant autant le sol que le plafond. Ses mains jointes et son expression montrent une réflexion profonde. Le pèlerin ayant désormais une nouvelle quête, il se prépare en récupérant ses affaires, quelques rations et un peu de bonne volonté. Ensuite, il se dirige vers le chef accoutumé des pèlerins.

Selon ses dires, la Mortepasse et l’une des passes qui sépare les deux chaînes de montagnes. Il se trouve du côté sud de celle-ci, et ils doivent se rendre au nord. Il doit donc trouver un point, dans cette région, qui permet la traversée de la troupe. Son avertissement le plus redondant, est de se méfier du terrain, qui a tendance à être aussi traître qu’une sorcière. Au vu du reste d’Orquemont, il ne fait guère de doute qu’il a raison, terriblement même. Après quelques autres détails géographiques, il peut donc partir de la petite forteresse naine par la porte d’entrée. Le nain de la porte lui a donné une consigne simple lui aussi. S’il revient, qu’il s’annonce devant la porte, c’est tout.
Image
Ainsi, Arnaud s’en va, seul avec une quête, une mission, un devoir. Peut-être par logique, il regarde d’abord vers l’ouest. Constamment, il doit grimper des petites collines, et les descendre sans se tordre la cheville ou le cou. Enfin, le terrain commence à devenir un peu plus plat. Parcourant ainsi les flancs des montagnes qui pointent vers le ciel comme des crocs affamés, il perçoit un crissement. Alors qu’il est dans une descente, sous ses pieds, la terre commence à se dérober. Un glissement de terrain ! D’un geste brutal, il pousse sur ses jambes, courant quelques pas avant de sauter. Derrière lui, la terre, comme une véritable vague de boue sèche, s’est écrasée dans le creux. S’il n’avait pas brillamment réagi, il aurait fini enterré prématurément. Son atterrissage à été amorti par des vignes, s’accumulant comme un matelas presque vertical sur une des parois.

Reprenant ses esprits, il se relève, se dépoussière. La minute de calme qui suit est agréable, surtout après un tel accident. Cependant, alors qu’il s'apprête à repartir, derrière lui, un bruit autre que les vignes craquantes résonnent. Léger, doux, aigu, comme une voix qui fredonne. Ce son est long, comme un râle prolongé. Malgré toute sa concentration, le forestier ne parvient pas à distinguer plus. Est-ce qu’il hallucine ? Il ne sait pas, mais ce souffle vient de derrière les lianes montagnardes. En plissant les yeux, il observe que cacher par les ombres, une ouverture, assez large, se tient derrière cette couverture naturelle.

Il y a quelque chose, comme une grotte ou un simple recul de la montagne. Il devrait repartir, ce n’est pas un endroit adapté à sa mission actuelle. Mais ce fredonnement venu des profondeurs l’intrigue…

Test d’INT(+2 car instructions) : 18, tu ne fais pas attention à un détail ennuyeux.
Test d’INI(+2 car Course à pied et Esquive) d’Arnaud : 5, belle réussite !
Test de ??? de Arnaud : Réussite
Pour les fous qui désirent me rendre visite aux récifs.

Avatar du membre
Arnaud d’Aquitanie
PJ
Messages : 46

Re: [Arnaud d'Aquitanie] Entre le Marteau et l'Enclume

Message par Arnaud d’Aquitanie »

Depuis le début de son périple, ce fut la première fois qu'Arnaud se retrouva à arpenter seul la route. Entendre le bruit de ses propres pas contre le sol de terres et de roches lui donnait une désagréable sensation. Les chants de la procession, les prières, les chansons paillardes, tout avait disparu, remplacé par le silence et le bruit du vent virevoltant au gré des collines et des montagnes. Ce silence lui donnait une terrible sensation de vulnérabilité.

Arnaud s'arrêta un instant pour contempler le paysage. L'immensité de la Mortepasse s'étend devant lui. Il est facile de se perdre, de "disparaître" au nez et à la barbe de tous.

Il pourrait partir, prendre ses affaires, recommencer une nouvelle vie, loin de tout ça. C'est tentant. Lorsque le silence est total, le rire narquois des peaux-vertes sifflait dans ses oreilles comme une rengaine à la mode. Il avait beau fermer les yeux, penser à autre chose. Il était toujours là, ce maudit rire était toujours là. Le pèlerin crispa ses mains pour contrôler leur tremblement, et se mordit la lèvre inférieure.

Il mourrait d'envie de revoir son frère aîné, le grand Régil. Que devrait-il lui dire ? Qu'il avait réussi à tromper la vigilance de ses frères pour revenir à la maison ? Il pourrait mentir... Dire qu'il avait été pardonné...

Le regard du pèlerin tomba sur l'amulette pendant à son cou. Il sentait le poids du regard de la Dame sur ses épaules. Il pouvait mentir aux autres, il pouvait se mentir à lui-même, mais il ne pourrait mentir à la Dame. Pire encore, c'était trahir les attentes des bonnes gens de sa procession et enfin, trahir l'héritage de cette amulette et trahir la confiance que la Dame avait placée en lui jusqu'à maintenant.


"Pardonnez-moi ma dame d'être si faible." Murmura-t-il, soupirant lourdement. "Je ne suis pas un preux chevalier, pas un héros, j'suis juste un vaurien... Mais... J'ferai du mieux qu'mes mains de vaurien elles permettent."

Un vaurien. Un vaurien peut-il seulement accomplir quoi que ce soit ? Non, peut-être pas qu'un simple vaurien. Un vaurien ne serait pas ici, à braver la nature pour trouver un moyen d'ouvrir la marche à ses compagnons. La Dame ne s'intéresserait pas à un vaurien. Arnaud devait se faire confiance, car de sa mission dépendrait le destin de nombre de ses compagnons, peut-être même de Sire Carron lui-même.

Il avait entendu parler d'un homme au cours des sessions de prières, un certain Lombard. Il ne se souvenait pas trop de ses exploits, mais Jennequin disait qu'il avait une grande vertu. Il était stoïque. Jennequin racontait que même face aux pires doutes, aux situations désespérés et à l'impossible, il n'abandonnait pas. Arnaud prit une grande inspiration et se demanda s'il pouvait prendre exemple sur cet homme. Sa légende inspire à poursuivre son exemple, comme celles des autres vertus.

Son courage retrouvé, Arnaud reprit la route.

Le glissement de terrain le surprit, mais le forestier parvint à atténuer sa chute. Il y avait une sorte de son provenant de la caverne, comme un chant, ou un fredonnement... Y avait-il quelqu'un ici ? Peut-être pouvait-il obtenir des renseignements sur la région. La voix ne lui laissait clairement pas l'impression d'être en détresse. Avait-il affaire à un nain solitaire ? Arnaud dégaina son arc, garda une flèche en main, mais ne l'encocha pas. Il avança discrètement dans l'ouverture pour en savoir plus.
Arnaud D'Aquitaine, Voie du Pèlerinage Bretonnien
Profil: For 9 | End 9 | Hab 9 | Cha 9 | Int 8 | Ini 10 | Att 10 | Par 9 | Tir 8 | Mag 0 | NA 1 | PV 65/65
Lien Fiche personnage: wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_arnaud_d_aquitaine

"…Tu offriras, à ton preux Seigneur le champart qu'il requiert,
Toujours, tu travailleras, hors les jours saints
Tu ne gardera pour toi et les tiens qu'un dixième des fruits de ton labeur
Et réjouis-toi, car un Chevalier de Bretonnie te protégera…"

Avatar du membre
[MJ] Le Naufrageur
Maitre de jeu [MJ]
Messages : 124
Profil : FOR / END / HAB / CHAR / INT / INI / ATT / PAR / TIR / NA / PV (bonus inclus)
Autres comptes : Rovk Alister

Re: [Arnaud d'Aquitanie] Entre le Marteau et l'Enclume

Message par [MJ] Le Naufrageur »

Armé de son courage, de ses flèches et de son arc, Arnaud décide de braver l’inconnu. Les vignes, cependant, le bloquent, rien de gênant quand on possède une lame aiguisée. Deux petites minutes de découpe s'écoulent et la voie est libre, tandis que plusieurs lianes sont étendues sur le sol. Il rentre donc à l’intérieur de la crevasse, pas à pas, discrètement. Comme si chaque son produit était un danger, il essaie donc d’en faire le moins possible. Assez ironique après un tel tintamarre il y a quelques minutes, un glissement de terrain, ce n’est pas anodin.

Tâtonnant avec ses pieds, la lumière du jour disparaît assez vite en se dissipant derrière lui. Il n’y voit presque rien, à vrai dire. Un seul bruit s’ajoute, celui d’une goutte d’eau, qui tombe de temps en temps un peu plus loin. Une forte odeur pourtant subtile, terreuse, similaire au tact du patchouli lui caresse les narines. Le sol est tout sauf plat ici, il est donc forcé à plusieurs reprises de lever bien haut les genoux afin d’éviter de rencontrer le sol de trop près. Soudain, il sent quelque chose qui appuie contre sa flèche, dur et plein, une paroi. Cependant, en palpant encore, il remarque que ce mur naturel tourne, et que la caverne continue plus loin.

Soudain, une lumière, faible, sans éclat et vague vient perturber ses yeux désormais habitués aux ténèbres. Après quelques clignotements des paupières, et un plissement de celles-ci, il voit quelque chose qu’il n’aurait jamais pu croire voir ici. La lumière vient, de fenêtre ? Devant-lui, le caveau se transforme en couloir. Le sol vallonné est plat, composé de petites dalles aux formes variées. Des piliers montent du sol et grandissent en arches de pierre, supportant un toit dans un paterne répétitif. Les murs semblent être taillés à la montagne elle-même, donnant une fausse impression de blocs. Ce chemin, aussi peu naturel qu’une ville peut l’être, continue plus loin encore. Cette architecture, raffinée, lui semble si différente de celle de la forteresse naine. Cette… forme, ce style de bâtisse lui échappe complètement, ou presque. Cela ne ressemble pas à ce que ferait des Bretonniens, ou du moins, pas ceux de la Bretonnie qu’il connaît. Sous ses pas, une fine couche de poussière se lève, étrange, l’endroit lui paraît pourtant presque intouché par le temps…

Image

Avançant encore dans ce décor presque idyllique, celui d’Aquitanie arrive au bout du couloir. Une grande pièce, semi-circulaire. Ici, la pierre est très finement taillée. Un grand autel est au fond du chœur, tandis que derrière lui, dans le déambulatoire, se situe de multiples vitraux de verres colorés eux aussi illuminés. Devant les escaliers menant à l’autel, un petit présentoir, dessus, une fleur de bois, peinte. Le plafond monte haut, un ogre n’arriverait pas à toucher sa pointe. Toujours construite en arches, bien qu’ici il n’y ait point de piliers, il ne fait strictement aucun doute à Arnaud d’Aquitanie, ce qui se trouve devant lui ne peut être qu’une seule chose. Une chapelle.
Image
Sur les murs, des dizaines d’iconographies, gravures et sculptures directement à la roche ornent l’endroit. La pièce maîtresse est un vitrail, entouré d’exquises archivoltes la mettant en valeur. Dessus, une figure majeure. Une femme, sublime et jeune, habillée richement. Sa main droite tient un immense calice d’argent, tandis que sa ceinture et ses brassards sont d’or. Derrière ses cheveux bruns et bouclés, les flammes d’un soleil lui servant de halo dissipant les nuages. En son dos, un lac, puis une forêt, et enfin des montagnes et le ciel. Telle la gardienne du monde derrière elle, elle se tient fermant, devant les yeux ébahis de l’aventurier. Il n’a cessé d’entre parler d’elle toute sa vie… La Dame du Lac.
Image

La protectrice de la Bretonnie n’est pas seule, à droite, un autre vitrail. Un homme, portant une barbe et un casque ouvert avec une plume. Une cuirasse métallique, des jambières l’étant tout autant, il porte cependant des sandales, une jupe blanche ainsi qu’une écharpe rouge. Entre ses mains croisées, une épée. Étrange tenue pour un chevalier. Son regard est dirigé vers l’ Âme du pays.

Image

En dessous de lui, une gravure évoquant une courte phrase, une citation. Bien qu’il ne sait pas lire, et encore moins écrire, le jeune homme n’a aucun mal à deviner les mots.


Frater Peregrinus
Vilanus at Nobilis Cordi



Du classique, hélas, cette langue et le sens de ses mots lui échappent complètement. Pour une fois que ce genre de connaissance lui aurait été particulièrement utile, son passé de paysan le rattrape comme une sangsue qui ne s’est jamais retirée. Continuant d’observer l’endroit, il ressent quelque chose d'étrange. Il se sent vivant, il se sent… bien.

Soudain, un bruit de claquement retentit dans le dos du pèlerin. Surpris, il se retourne, et voit quelque chose qu’il n’aurait jamais dû voir. Une forme humaine, décharnée, aux orbites vidées désormais occupées par des lumières bleues vacillantes, le regarde. Portant une armure de mailles et tissus rongés par le temps, son visage le terrifie. Son nez à disparu, laissant un trou dedans, comme le crâne d’un squelette. Ses dents sont jaunes et manquantes, et ses joues creusées comme un affamé. Un véritable mort, se tient debout, devant lui.

Image

Dans une de ses mains, une épée. Avant qu'Arnaud ne puisse réagir, la créature avance de deux pas, il y a désormais six pieds entre eux. Elle s’arrête. Dans un râle d’agonie, raclant de la poussière sortant de sa bouche, elle prononce quelque chose.


« Fiiii-deelissss , Aaaaahhhn per-fiduuuus ? »


Sa voix glaciale est pourtant particulièrement puissante, dure même. Le mort-vivant se tient devant le vivant, et la sortie. Aussi froid que la pierre, il est immobile, fermement ancré dans le sol.





Test d’INT(+2) de Arnaud : 9, réussite de peu, mais réussite quand même. Informations supplémentaires.
+2 Point de Dévotion envers la Dame, pour avoir découvert un de ses lieux de cultes.
Test de VOL(+0) de Arnaud : 11, échec de peu. Tu n’es pas serein devant le mort qui marche. Toute action interagissant directement avec lui subit désormais un -1. Tu as de la chance, ça pourrait être bien pire :mrgreen:
Test d’INT(-1) de Arnaud : 20, échec critique. Pas d’indice, pas d’aide supplémentaire, à toi de te débrouiller !
Pour les fous qui désirent me rendre visite aux récifs.

Avatar du membre
Arnaud d’Aquitanie
PJ
Messages : 46

Re: [Arnaud d'Aquitanie] Entre le Marteau et l'Enclume

Message par Arnaud d’Aquitanie »

De tout ce qu'il avait pu imaginer trouver dans cette grotte, rien ne l'aurait préparé à cette découverte d'une beauté utopique. Même dans les profondeurs de la terre, la beauté trouvait son chemin comme une lueur embrasant les ténèbres les plus insondables. Celui d'Aquitaine se recueillit quelques instants, ses yeux humidifiés par cette démonstration de grâce et de beauté. Il était dans une chapelle. Une chapelle de la dame abandonnée.

Son regard se porta vers le vitrail de la Dame, puis vers celui du Chevalier inconnu. Une illustration impossible à traduire en dessous.

"Frater Peregrinus, Vilanus at Nobilis Cordi."

Impossible de traduire directement... Mais Arnaud se remémora les catéchèses de Jennequin. Dans les chapelles, il était commun d'utiliser des vitraux pour représenter des héros, des gestes, des exploits, des histoires. Qui que cet homme a été, c'est un héros, une personne d'une grande valeur. La gravure est placée sous sa représentation... Elle aurait sans doute pour fonction de titrer le vitrail. Si le chef d’œuvre ne représente que l'homme, il est probable que la gravure soit un nom, un titre ou une sorte de pseudo.

Frater Peregrinus...

Mais Arnaud fut soudainement tiré de sa pensée par le râle d'Outre-tombe d'un mort-vivant. Celui d'Aquitanie hurla d'autant de terreur que de surprise et tomba à la renverse en arrière, lâchant son arme dans la panique. Le pèlerin se traîna sur les fesses pour reculer un instant, dos à l'autel. Le contact de la pierre froide de l'autel lui fit prendre conscience de quelque chose.

Se trouvait-il dans une chapelle ?... Ou dans un tombeau ?

Le Mort-vivant parla dans un dialecte incompréhensible pour le pèlerin dont le cœur haletait. Le jugeait-il ? Posait-il une question ?

"Fiiii-deelissss , Aaaaahhhn per-fiduuuus" avait-il dit. Une intuition frappa le pèlerin. Se pourrait-il que le revenant demande si Arnaud était un fidèle ? Le mot semble ressembler... Mais s'il voulait en effet passer pour un fidèle, il devait montrer son dévouement. Le pèlerin releva la tête et son regard croisa le regard majestueux de l'homme sur le vitrail. S'il était dans un tombeau... Se pourrait-il que ?

Arnaud se prosterna devant le mort-vivant, joignant les mains en posture de prière. le forestier implora :


"Frater Peregrinus, Vilanus at Nobilis Cordi."

Arnaud ne pourrait parler en classique. Mais peut-être que la mention de la gravure sur la stèle pourrait jouer en sa faveur et convaincre le mort-vivant. S'il était potentiellement dans un tombeau, quelqu'un devait y être enterré. Peut-être cet homme du vitrail, en espérant que la gravure mentionne son nom et non un quelconque fait. Le Pèlerin reprit, serrant les dents pour ne pas trop bégayer face à l'apparition surnaturelle.
"Fidelis. J-j-je suis Arnaud d'Aquitanie, Pèlerin du Graal. Je s-s-suis en mission pour mon seigneur et maître : Caron de Quenelles, c-c-chevalier du Graal. Je souhaite f-f-faire une offrande à la Dame."

De sa veste intérieure, Arnaud brandit un morceau de papier marqué d'un sceau d'une fleur de lys : un sceau de pureté orné du symbole de la Dame du Lac pour prouver sa bonne foi. La tête du pèlerin se tourna vers le présentoir ornant l'autel.

"La Dame a p-p-protégé ma vie. Je souhaite faire o-o-offrande pour protéger sa maison.
Arnaud D'Aquitaine, Voie du Pèlerinage Bretonnien
Profil: For 9 | End 9 | Hab 9 | Cha 9 | Int 8 | Ini 10 | Att 10 | Par 9 | Tir 8 | Mag 0 | NA 1 | PV 65/65
Lien Fiche personnage: wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_arnaud_d_aquitaine

"…Tu offriras, à ton preux Seigneur le champart qu'il requiert,
Toujours, tu travailleras, hors les jours saints
Tu ne gardera pour toi et les tiens qu'un dixième des fruits de ton labeur
Et réjouis-toi, car un Chevalier de Bretonnie te protégera…"

Répondre

Retourner vers « Les autres régions »