[Arnaud d'Aquitanie] Entre le Marteau et l'Enclume

La Bretonnie, c'est aussi les villes de Parravon et Gisoreux, les cités portuaires de Bordeleaux et Brionne, Quenelles et ses nombreuses chapelles à la gloire de la Dame du Lac, mais aussi le Défilé de la Hache, le lieu de passage principal à travers les montagnes qui sépare l'Empire de la Bretonnie, les forêts de Chalons et d'Arden et, pour finir, les duchés de L'Anguille, la Lyonnesse, l'Artenois, la Bastogne, l'Aquilanie et la Gasconnie.

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[MJ] Le Naufrageur
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Re: [Arnaud d'Aquitanie] Entre le Marteau et l'Enclume

Message par [MJ] Le Naufrageur »

Devant-lui, se tient un nain assez différent des autres. Sa barbe est longue et tenue en de multiples tresses. Ses sourcils sont broussailleux et ses cheveux lui arrivent derrière la nuque. Toute son impressionnante pilosité, est pourpre, chose qui semble unique parmi ceux de cet avant-poste. Son nez est gros, mais taillé comme de la pierre anguleuse. Ses joues sont musclées et sa glabelle est un véritable fossé. Cependant, ce qui captive chez ce dawi, ce sont ses yeux. Ils sont à l’image du fer chaud, doré avec une teinte orange. Le blanc de ses yeux, est gris, faisant encore plus ressortir les couleurs chaudes de ceux-ci. La pupille elle aussi grise. De toute sa vie, le jeune pèlerin n’a jamais vu un tel regard. Un regard qui brûle ce qu’il toise.

À la carrure épaisse, et aux avant-bras aussi larges que les cuisses du jeune homme, l’artisan le jauge. Sa tenue est simpliste comparée aux autres, presque citadine. Une simple ceinture de cuir avec de nombreux compartiments retient son ventre arrondi de sortir de sa chemise grise. Son gilet de cuir a tous ses boutons, mais ils ne sont pas fermés. Des lourdes bottes, semblables à des briques au vu de leur forme, tiennent ses pieds au sol et nulle part ailleurs.

Image

Dans une petite pièce à côté, se tiennent son atelier ainsi que les différents râteliers, équipés jusqu’au cou d’armes et d’équipements. Une enclume, ainsi qu’un fourneau est maintenu à bonne température. Ici, les décorations sont minimes, ou alors entièrement faites en différents métaux. En examinant l’espace d’un peu plus près, il remarque que chaque élément est rangé par taille et par utilité. Les outils ainsi que les clous sont donc à gauche. Les pièces comme les clefs de tirants, les crosses ou encore les chaînes sont juste à côté. Plus loin, les armes, ainsi que les armures. Une logique indescriptible et incompréhensible suit le reste.

Le forgeron hausse un sourcil et croise les bras en entendant l’idée de faire du troc. D’un petit grognement, il regarde la dague posée sur une des tables. Légèrement effilée et dentée, sans parler de la crasse qui est restée accrochée dessus, cette lame n’est qu’une ombre de ce qu’elle était autrefois. Cela doit bien faire des mois que cette arme l’accompagne. L’empreinte du temps étant bien plus visible que prévu, la Miséricorde est dans un état bien triste.

« Quel gâchis, trop grande pour ouvrir des lettres, trop petite pour faire une vraie différence. On dirait une épée qui a peur d’en être une. »

Les mots de l’armurier sont justes, bien plus qu’il ne l’imagine. Les lois somptuaires sont une chose bien compliquée pour la plupart des Bretonniens, mais tous connaissent l'une d’elles par cœur. Il est interdit pour tout autre qu’un noble, de porter une épée. Cependant, les dagues ne sont pas soumises à cette règle, une dague étant une lame moins longue que l’avant-bras. Les yeux perçants et enflammés du nabot se tournent ensuite vers le bijou.

« C’est déjà mieux.

Mais qu’est-ce ?
»

L’air avide du nain, passe à l'incompréhension la plus totale. Alors que la pièce, marquée par le buste du Roi Gilles le Breton, est posée sur la table, ses yeux s’écarquillent. Sa bouche s’ouvre, montrant deux rangées de dents aussi blanches que carrées. Ses paupières se ferment et s’ouvrent aussi vite qu’elles le peuvent, alors que ses épaules se lèvent à la hauteur de ses oreilles. Entendant la pseudo-justification de l’humain, sa mâchoire se serre, et un silence glacial vient s’installer. Une veine apparaît sur son front et pulse avec la force d’un marteau sur une enclume. Sa peau devient presque rouge et les traits de son visage s’étirent tandis que ses orbites viennent se fixer sur le pèlerin. Une véritable haine, brûle dans ses globes oculaires. Comme une bouilloire remplie d’eau, on pourrait jurer qu’il fume.

Avant même d’avoir le temps de réagir, une main vient lui saisir le col tandis qu’un pied lui écrase les orteils. Tiré de sa hauteur, une claque vient le réveiller et l'étourdit en même temps. Un véritable torrent d’injures et de salive lui couvre le visage et lui remplit les oreilles qui commencent à siffler.

« Écoute-moi bien, tête d’umgak! Tes pièces d’or ne sont même pas de VRAIES pièces d’or ! Pour cent parties d’une pièce d’or, une de tes pièces en vaut dix de moins rien qu’en poids ! Et je ne parle même pas de sa composition foireuse, quasiment toujours mélangée avec d’autres métaux pauvres !

Mon matériel n’est pas pour des faiblards comme toi, espèce de pisse-lait. Tu me parles de tuer des urkis ? J’arrachais des têtes d’urkis bien avant que ton père n’ai des rêves mouillés envers l’animal qui t’a servi de matrone !

Si tu continues de me parler de tes pièces, je vais t’enfoncer ma botte de plomb si profondément dans le fondement que tu perdras les poils pubiens qui te servent de perruque ! Je vais te flageller avec ma barbe ! Je vais prendre deux billes de plomb et les souder là où ta virilité aurait dû pousser !

Alors écoute-moi bien sale imberbe, si tu parles encore une fois de rabaisser mon art à la hauteur du torche-cul que tu appelles de la monnaie, je t'enverrai rejoindre tes ancêtres honteux ! Par le tourillon de Grimnir ton existence est une insulte à la mémoire de Sigmar Dawr et une honte pour ton roi. Je préférerai encore fondre mes armes ou les offrir à des elfes plutôt que de te laisser mettre ta sale patte graisseuse dessus.
»

Abasourdi dans tous les sens du termes, le pauvre homme ne peut que bégayer face à la tempête de colère, la boule de furie qui s’est déchaînée sur lui. Jeté dehors, le cul par terre et les pieds à l’air, il pense enfin que le calme est revenu. Cependant, deux petits objets, lancés à très grande vitesse, viennent lui marquer le front, tandis qu’une lame se plante verticalement juste devant son entrejambe. Deux portes se rejoignent, créant un peu plus de tonnerre dans les souterrains. Si il y avait des mouches, on pourrait les entendre tant aucun autre son n’ose se faire entendre. Après une petite minute de torpeur, Arnaud d’Aquitanie examine ce qui l’entoure. Tout le monde, sans aucune exception, regarde soit ses pieds, soit son assiette.

La soirée continue, mais sans la tranquillité précédente. Plusieurs des nabots barbus parlent dans leur langue, doucement, échangeant autant de mots que de reniflements, soupirs et onomatopées aléatoires. L’ambiance gâchée, pour la deuxième fois, ne revient pas à sa légèreté précédente.


Dans des petits heerbedden, les pèlerins sont amassés dans un coin d’une grange vide. Autrefois peuplée par des boucs, celle-ci est plutôt confortable, bien que son odeur soit particulièrement puissante. Quelques minutes à s’en inoculer, et aucun n’y prête la moindre attention. La nuit est calme, et il est difficile de ne pas s’enfoncer profondément à la frontière du royaume de Morr…

Le lendemain, réveillé et en train de ranger ses affaires, Jennequin s’approche et tape sur son épaule afin d’avoir son attention. Son visage est encore partiellement endormi, et des cernes montrent qu’il manque de sommeil. Ses habits sont propres, et il a remplacé la corde-ceinture qui tenait sa bure par une chaîne en métal.

« Bon matin, frère Arnaud. Je ne vais pas tourner autour du pot, nous avons des problèmes. Pour la suite, à vrai dire.

Notre bon Sire aimerait que nous partions plus profondément dans les terres, au-delà de la Mortepasse vers le mont du Dragon. Hélas, le seul pont qui permettait d’éviter les falaises a été détruit il y a quelques années. Il faut donc trouver un autre passage dans les environs. Étant donné les incursions des orcs, c’est certains qu’il y en a au moins un.

De plus, des observations des rangers nains ont aussi vu d’autres pèlerins dans les environs, à l’est. Pieux-Perrot pense sincèrement qu’il serait judicieux de les ramener ici, afin de… compenser les dernières pertes. Avec une lettre de marque, il faudra les convaincre…

Il nous faut des volontaires pour les deux tâches. Te sens-tu d'attaque pour l’une d’elles ?
»

Il lève les mains, attendant poliment la réponse de son camarade pèlerin. Les autres autour de lui, écoutent attentivement. La curiosité est forte, par ici. Ils savent pertinemment qu’en fonction du choix du jeune homme, ils seront soit adjoints à lui, soit forcés d’être volontaires désignés pour l’autre mission.
Test de CHA(-2 pour propos très osés) de Arnaud : 20, échec critique. Aille. Effectivement. Bienvenue chez les nains.

Après ces deux pages, je t’octroie 50 points d’expérience pour ton écriture, ainsi que 5 points pour avoir survécu à un combat en sous-nombre. Pour un total de 55 points d’expérience actuellement. Tu peux les dépenser dans mon antre. Quelques compétences ne te ferait pas de mal :mrgreen:
Pour les fous qui désirent me rendre visite aux récifs.

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Arnaud d’Aquitanie
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Re: [Arnaud d'Aquitanie] Entre le Marteau et l'Enclume

Message par Arnaud d’Aquitanie »

Arnaud fut jeté dehors comme un malpropre. Il fallut plusieurs longues minutes pour le pèlerin pour ne serait-ce que comprendre comment un tel déchaînement de violence fut possible. Jamais, au grand jamais, le pèlerin n'aurait cru une telle réaction possible. Ses affaires lui furent jetées à la figure et les nains le dévisageaient comme un pestiféré. Arnaud ramassa son barda sans piper mot. Si l'idée de faire honte au Roy de Bretonnie ou à Sigmar lui-même ne lui faisait que peu d'effet, il avait tout de même honte, car son image apportait le déshonneur à Sire Carron. Après tout, il était un membre de sa suite.

Le pèlerin s'installa avec ses autres camarades et dormit. Néanmoins, il se réveilla à de multiples reprises en sursaut et en sueur, persuadé que les nains ne le laisseraient jamais vivre jusqu'à l'aube après un tel affront. Lorsque Jennequin posa sa main sur lui, Arnaud d'Aquitanie se réveilla d'abord en sursaut et en sueur, mais fut rassuré de croiser le regard de son camarade, il remercia silencieusement Morr de ne pas avoir pris la peine de l’accueillir en son jardin ou dans l'endroit où il s'occupe de tous les macchabées.

Après un court instant à nettoyer son visage avec un peu d'eau versé dans un bol et à attacher ses cheveux avec une ficelle rudimentaire, le pèlerin pondéra le choix qui s'offrait à lui.

D'un côté, un repérage pour permettre à Sire Carron et aux autres pèlerins de trouver une autre opportunité d'éviter les falaises. Mais si les peaux vertes passent par autre part que le pont effondré, cela implique que cette nouvelle voie d'accès soit elle aussi contrôlée par les peaux-vertes. La prudence serait donc de mise. Mais les talents de forestier du jeune homme pourraient s'avérer décisifs pour toute la troupe.

De l'autre, une mission impliquant de convaincre d'autres pèlerins de rejoindre l'ost de Sire Carron. Si l'idée en elle-même lui plaisait, car elle lui semblait être la plus sûre. Arnaud ne se sentait pas confiant à l'idée de rallier d'autres gens à la cause du chevalier. Pieux-Perrot lui semblait être un choix beaucoup plus adéquat pour ce genre de mission.

Arnaud serra les dents, il repensa à sa première confrontation avec des peaux-vertes. Ces créatures lui inspiraient une terreur viscérale. Mais il devait apprendre à contrôler cette peur, tenter de la dominer pour qu'elle ne se rende pas maîtresse de sa personne. Après tout, cette mission ne nécessitait pas d'affronter une garnison entière de peaux-vertes. Juste de trouver un passage, et le bon.


Je vais faire la reconnaissance, Pieux-Perrot devrait se débrouiller mieux qu'moi pour trouver de nouveaux frères. On a surtout besoin de trouver un passage sûr vers le Mont. J'espère juste qu'on va pas devoir se farcir l'entièreté des peaux-vertes des montagnes. Monseigneur Carron est un vache de chevalier, mais seul...

Le regard d'Arnaud s'anima, une idée derrière la tête.

Mais frère Jennequin... Cette lettre de marque... On pourrait en faire d'autres ? On pourrait rallier l'aide de chevaliers errants ! Avec l'autorité de Monseigneur Carron, je suis sûr qu'ils seraient honoré de participer à sa noble quête, quoi qu'elle soit.
Arnaud D'Aquitaine, Voie du Pèlerinage Bretonnien
Profil: For 9 | End 9 | Hab 9 | Cha 9 | Int 8 | Ini 10 | Att 10 | Par 9 | Tir 8 | Mag 0 | NA 1 | PV 65/65
Lien Fiche personnage: wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_arnaud_d_aquitaine

"…Tu offriras, à ton preux Seigneur le champart qu'il requiert,
Toujours, tu travailleras, hors les jours saints
Tu ne gardera pour toi et les tiens qu'un dixième des fruits de ton labeur
Et réjouis-toi, car un Chevalier de Bretonnie te protégera…"

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