[Éloi] Reproduction

La Bretonnie, c'est aussi les villes de Parravon et Gisoreux, les cités portuaires de Bordeleaux et Brionne, Quenelles et ses nombreuses chapelles à la gloire de la Dame du Lac, mais aussi le Défilé de la Hache, le lieu de passage principal à travers les montagnes qui sépare l'Empire de la Bretonnie, les forêts de Chalons et d'Arden et, pour finir, les duchés de L'Anguille, la Lyonnesse, l'Artenois, la Bastogne, l'Aquilanie et la Gasconnie.

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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Éloi] Reproduction

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Le vieux sire Neville évoquait pas mal de ces chevaliers-ermites des contes ; calme, doux, courtois, il écoutait Éloi sans l’interrompre, sans renchérir, sans s’opposer à ses propos — il était rare que des nobles traitent ainsi le Shalléen, avec de tels égards. C’était un homme parfaitement différent au combat : dur et violent, il hurlait et rageait, alors qu’il manipulait adroitement son épée. Mais là, assis, il montrait un véritable désir de comprendre ses adversaires.
Dans un autre contexte, on aurait pu l’accuser de montrer de l’empathie envers les ennemis du roi.

« J’ai étouffé beaucoup d’âmes dans ma vie, et pas toujours des malfaisantes.
Le plus important, je crois, c’est de ne jamais ressentir de haine envers ceux qu’on affronte. La haine c’est un poison étrange, qui fait autant de mal à la personne qui le boit, qu’à son contenant. »

Il semblait parler d’expérience.




De tous les membres du groupe, Rosaline était de loin la plus curieuse. Qui avait eu l’idée d’amener une jeune fille infirme dans une escouade qui traquaient les pires monstres de Bretonnie ? Elle avait le visage d’une enfant, une taille fine, et surtout, toujours un bandeau autour des yeux. Dans son coin, dans sa bulle, elle parlait surtout avec la dame Isarn, et rarement aux autres membres du groupe ; en même temps, eux aussi la laissaient plutôt tranquille. Les damoiselles étaient aussi craintes que respecter, et une damoiselle avec une telle forme offrait encore moins d’invitation à aller la déranger…

Pourtant, Aénor n’avait pas hésité à venir auprès d’elle. Et maintenant, Éloi était un peu forcé de s’approcher, alors qu’il voyait la gamine faire avec le poignard.
Elle tenait cette arme abominable entre ses doigts nus. Elle les glissait le long de la fusée, de l’acier, sans craindre d’être touchée en retour. Elle essayait de voir avec ses phalanges, déceler des indices… Elle sursauta un peu quand Éloi parla soudain, mais elle répondit bien vite à sa question avec une petite voix frêle.

« Une présence. Oui. Quelque chose est enfermé là-dedans… Une créature. Consciente, mais pas pensante. Comme un animal. Attachant. Doux. Aimant. »

Un doux sourire se dessina sur ses lèvres.

« C’est comme un… Un, un chiot. Trop aimant, et enthousiaste. Une arme pleine d’amour. Le chiot veut mordre, mais pour jouer.
C’est une arme dangereuse, infectieuse. Et vivante. »

Aénor grogna.

« Artefact noir.
On ne peut pas le laisser ici, ni le détruire. Pas le choix, on va devoir l’emporter avec nous.

– Nous avons des bocaux et des vases bénis et remplis de sel spécialement pour ça. Je vous déconseille de porter cette arme si vous ne savez pas ce que vous faites. Elle est très… Attachante. »

Elle leva le couteau, et le laissa tomber ; la lame se planta parfaitement à la verticale dans le sol. La semi-Norse s’éloigna alors, pour aller fouiller à l’arrière d’une charrette garée un peu plus loin.
La rue dehors était illuminée de braseros, et quelques âmes erraient encore — soldats, prêtresses de Shallya et oblats de Mórr, qui allaient et venaient, sous les yeux de magistrats en train de poser des questions à sire Hardouin.

Soudain seule, Rosaline regarda Éloi (Enfin, tourna la tête dans sa direction), et lui demanda :

« Peux-tu me passer du vinaigre sur mes mains ? Il y en a là. »

Elle pointa des gourdes.

« Celle du milieu. »

Et en effet, alors que les autres étaient remplies d’eau, elle avait deviné la bonne. Probablement par sorcellerie ; quelque chose d’étrange entourait Rosaline, une jolie aura de couleur d’ambre, qui la faisait ressembler à… Un renard. C’était bizarre, mais c’était la première chose à laquelle Éloi avait pensé, que les cheveux roux de la jeune fille évoquaient la queue rousse du goupil, et son nez un peu long un museau.

Et alors qu’Éloi désinfectait soigneusement ses mains avec son talent de guérisseur, Rosaline discuta avec sa même petite voix douce.

« Je suis tellement désolée pour la prêtresse… S’est-elle éteinte dans tes mains ?
C’est écœurant. Crois-tu que tu trouveras le sommeil cette nuit, ou est-ce que cela sera difficile ? »
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Frère Éloi
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Re: [Éloi] Reproduction

Message par Frère Éloi »

Les mots de Rosaline sont pensifs, rêveurs, en décalage avec mon ton soucieux. La légèreté de son propos m’étonne, considérant les observations qu’elle rapporte, examinant l’arme à tâtons, du bout des doigts. J’oscille en mon for intérieur entre inquiétude et curiosité, craignant qu’elle ne se blesse tout en souhaitant, quelque part, qu’elle poursuive son inspection. Ne sachant trop à quel sentiment donner l’ascendant, dans le doute, je l’écoute. Je me sens bizarrement serein en sa présence, fasciné par l’aura d’ambre miroitant autour de la jeune damoiselle du Graal. La sensation est similaire aux prémices de l’ivresse : j’ai une idée en tête, mais ne parvient pas à la formuler, un peu déphasé.


La demande de Rosaline interrompt ce moment d’absence. Aénor s’est éloignée, nous laissant tous deux sur les marches du théâtre. Dévisageant mon interlocutrice en retour, j’accuse un instant de stupéfaction, peinant à m’extraire de ma songerie. Ce n’est que lorsqu’elle désigne du doigt une gourde spécifique, au milieu de plusieurs autres, que je m’exécute, surpris de la précision surnaturelle dont fait preuve la jeune aveugle.

« Ou… oui. Je te demande un instant, j’ai les mains sales. »

Je grimace imperceptiblement, regrettant cette locution, la jugeant malvenue. Sans rien ajouter, espérant vainement dissimuler mon embarras, je demeure silencieux une minute, occupé à rincer mes mains du sang séché qui les macule. Comme le vinaigre ravive une teinte carmine sur mes paumes, je me retrouve à nouveau, pour un temps, les mains ensanglantées. La gorge serrée, j’inspire profondément pour ne pas flancher, pour masquer les tremblements vacillants de ma respiration. Je dois garder l’émotion par-devers moi, la confier plus tard à Shallya. Comme l’odeur du vinaigre masque la puanteur des fluides, jeter un voile sur ma peine, la délayer encore quelques instants.

Comme j’entreprends de désinfecter les mains de Rosaline, la damoiselle du Graal me pose une question qui me met mal à l’aise. Le sujet est si délicat, si difficile à traiter à ce moment précis, que je ressens une forme de rancœur, que je sais mal placée, envers la jeune aveugle. Malgré moi, mes doigts tremblent au contact de ses mains fines, trahissant mon malaise comme je lève un regard interdit vers le bandeau jeté devant ses yeux. Se moque-t-elle de moi, ou suis-je susceptible ? Toujours est-il que je rétorque bien vite -un peu trop vite- d’un ton plus acide que souhaité.

« Non. »

Et de m’empresser de corriger, d’un ton plus doux, sans toutefois pouvoir vraiment masquer ma crispation :

« Je ne pense pas trouver le sommeil, non. Si j’avais été plus endurci, je suis convaincu que j’aurais pu la sauver.
Si je m’en étais remis à Shallya plutôt que d’essayer de lui prodiguer des soins d’urgence, peut-être que… »


Un soupir, et je reporte le regard sur mes mains, les retirant doucement des siennes.

« Perdre quelqu’un, comme ça, entre ses mains… Je ne sais pas si tu vois ce que ça fait. Ça déchire quelque chose en ton for intérieur. Ça te donne envie de mourir.
Mes sœurs sont ma seule famille. Je ne peux pas… tu vois… accepter qu’elle soit morte en vain. »



Sur ces mots, mon regard tombe sur le poignard impie, resté figé lame en terre, là, juste à côté de nous. Sous le regard des têtes de mort de sa garde, qui me toisent de leurs orbites vides, je me souviens des mots d’Aénor, tout à l’heure, dans le théâtre, puis des déclarations de Rosaline un peu plus tôt. Est-ce là tout ce qu’il y a à tirer de cette prise ? Va-t-on l’enterrer, l’enfouir dans un vase de sel et attendre que le guet retrouve trace du prétendu Coësre ?

Je décide d’en avoir le cœur net. Saisissant d’une main le linge tombé au sol avec lequel Aénor avait transporté l’arme, j’entoure la lame de textile avant de la retirer du sol, et de finir de l’empaqueter. Je la manipule et l’emmaillote avec soin, me remémorant ma rencontre avec l’ignoble Furug’ath, à peine un an plus tôt. Si cette lame recèle quelque chose en lien avec le démon, même moins transcendante que l’entité millénaire, je veux juger de mes propres sens. Doucement, je caresse la garde de l’arme impie.

Une rancœur glaciale couve en mon for intérieur, foyer d’un irrationnel souhait de confronter notre ennemi. Par dépit. Pour ne pas en rester là. Comme pour se prouver que l’on vaut quelque chose.

Peut-être, aussi, par quelque inavouable curiosité.
Frère Éloi Voie du Prêtre Mystique
Profil : For 9 | End 9 | Hab 8 | Cha 11 | Int 11 | Ini 8 | Att 9 | Par 8 | Tir 8 | Mag 14 | NA 1 | PV 75/75

États temporaires
Une vie de Paix : +1 à tout jet visant à guérir un patient blessé, malade ou empoisonné.
La vie avant tout : doit tenter d'interrompre les affrontements auquel il assiste, à moins que le combat ne soit mené contre des ennemis.

Compétences :
- Maîtrise de l'Aethyr (1)
- Coriace : -1D3 dégâts subis.
- Réflexes éclairs : +1 aux tests d'initiative en situation de surprise.
- Résistance accrue : +1 aux tests d'endurance.
- Sang froid : +1 aux tests de caractéristiques effectués en situation de stress ou tension.
- Volonté de fer : +1 aux tests de volonté.
- Traumatologie : Sait administrer les premiers soins ou favoriser une guérison plus rapide.

- Alphabétisé : Capable d'écrire et de lire le Bretonnien.
- Langage secret (Classique) : Capable d'écrire et de lire le Classique.
- Législation : Sait manipuler le droit à son avantage.
- Doctrine du Culte (Shallya)

- Cuisine : Se débrouille en cuisine. +1 pour détecter des substances nocives dans la nourriture.
- Empathie
- Affûtage mental
- Incantation - Shallya
- Sens de la magie
Équipement porté sur soi :
8 sous d'argent 8 deniers
- Bâton de marche
- Robe de bure jaunie / Tenue en lin / Ceinture / Sandales
- Grande sacoche contenant couverts, rations diverses
- Livre de prière de Shallya
- Amulette de Shallya
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Re: [Éloi] Reproduction

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

La damoiselle du Graal se laissait faire, elle permettait à Éloi de toucher ses mains sans réagir — son rang pourtant ne laissait pas deviner une familiarité fraternelle, elle n’était pas une simple camarade du jeune homme, elle avait cette aura, et cet office de sorcière-prêtresse si particulier qui la rendait un poil intimidante, à moins que ce n’était que parce qu’elle était une belle fille de son âge.
Elle écoutait, en tout cas. Sans regarder Éloi droit dans les yeux (Comme l’aurait-elle pu, avec le linge autour de son front ?), mais en hochant pourtant de la tête à chacune de ses paroles. Et alors que le garçon finissait son explication, elle répondit avec une jolie voix pourtant solennelle :

« Alors empare-toi de haine et de colère, fais-en ton armure et ta lame. Notre ennemi s’attaque aux miséreux et aux innocents, ils ont besoin d’un glaive pour les garder. Nous n’avons pas pu sauver ta prêtresse, mais faisons en sorte qu’aucune autre ne périsse par leurs actions. Nous les tuerons tous. »

Jamais Éloi n’avait entendu des menaces de meurtre dites aussi lyriquement. Ça en était flippant.



Le prêtre s’intéressa au poignard. La lame qui avait failli poignarder son collègue était une jolie dague, on reconnaissait là l’ouvrage d’un forgeron exercé, mais alors que la dague était jolie, le métal composant la lame était rouillé et fendillée. Le matériau de la garde n’était pas commun — son acier était bien trop noir, probablement un alliage fort coûteux, le genre d’arme faite pour un prince, entre les mains d’un moins que rien. L’enquête portant sur le Suppôt n’avait pas permis d’identifier un noble ou un riche marchand — il n’était a priori personne, encore que l’oblat ne participait pas à son interrogatoire. Comment avait-il pu s’emparer de tel armement ?
En tout cas, l’acier suintait toujours. Il perlait toujours d’une espèce de liquide gluant, collant, comme du gras… Le Shalléen ne résista pas à la tentation de glisser sa main dessus. Le fer était coupant, et c’est seulement en passant dessus lentement qu’il évita une entaille.

Éloi ne ressentit… Rien. Rien. C’était un couteau. À quoi devait-il s’attendre ? A priori, rien de plus. Pourtant, il ne savait pas pourquoi, mais il sentait une horrible déception. Une boule se formait dans son ventre, et au fond de sa gorge, comme s’il avait attendu plus…
Il regarda bêtement son doigt. Le bout de l’index était tout noir. Le liquide ressemblait vraiment à de l’encre, mais visqueuse. En revanche, c’était trop liquide pour être de la poix. Qu’est-ce que c’était ?

Éloi regarda l’aveugle. Elle ne pouvait pas le voir, si ?

Une envie le brûlait intérieurement. Machinalement, comme si c’était au-dessus de ses forces, Éloi porta le doigt à sa bouche, et il lécha…

Cela avait un goût d’iode. Comme du bon poisson, comme des huîtres ou des bouchots d’Orléac — l’avantage de vivre sur la côte, on avait toujours du délicieux poisson ramené avec la marée. Le goût était bizarrement rassurant, ça avait la sensation d’une madeleine mangée par un écrivain, ça le ramenait à sa jeunesse. L’oblat se mit presque à désirer lécher toute la lame rouillée d’une traite…

Mais Aénor réapparut, avec un vase en verre. Immédiatement, Éloi referma le linge sur la dague, la plaça au fond de ce bocal rempli de cristaux de sel, et on put refermer et contenir l’artefact.

Le cœur du jeune homme battait à toute vitesse, il suait, comme si on avait presque faillit le découvrir alors qu’il commettait un grave péché. Mais ni la grande semi-norse, ni la petite semi-chamane ne semblèrent le regarder bizarrement, alors, ça ne devait être que dans sa tête…

« Quelle putain de soirée…
Je retourne à l’auberge, j’ai besoin d’un putain de bain et d’un lit. Je pense que ça te ferait du bien à toi aussi, Éloi ?
Enfin, pas avec moi le bain, avant que tu ne proposes. »

Et elle fit un grand sourire carnassier assez équivoque.
Jet d’habilité : 8, réussite
Jet de résistance mentale (+6) : 19, échec automatique. Éloi ne peut pas s’empêcher de lécher le liquide qu’il y a sur la lame…
Jet caché.


Je te laisse faire une dernière chose avant de partir (Par exemple retourner sur la scène de crime, aller discuter avec un de tes collègues, éventuellement observer l’interrogatoire du Suppôt…), puis tu peux aller à l’auberge, prier, manger, te laver — bref, quartier libre, jusqu’au moment où tu vas faire dodo. Hésite pas à me contacter par MP si tu as besoin de dialogues ou que j’écrive plus pour ta réponse, ou alors t’énonces juste ton intention et je traiterai dans ma réponse ; toujours est-il que, tu peux faire une action et terminer ta rép par « je dodo maintenant » et je suivrai :orque:
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Re: [Éloi] Reproduction

Message par Frère Éloi »

Je ne sais pas ce qui m’a pris. Mu par la peine et le dépit, je me souviens avoir effleuré la garde, puis la lame de l’arme impie. Ne lui trouvant rien d’extraordinaire, en net contraste avec les déclarations de la damoiselle du Graal, j’ai senti poindre un soupçon de déception en mon for intérieur. Et puis, une perle de liquide noirâtre a retenu mon attention, suintant paresseusement depuis la pointe du poignard. Machinalement, sans trop y penser, je l’ai touchée du bout du doigt, lui trouvant l’aspect d’une encre quelconque, quoique de consistance plus épaisse, plus visqueuse. Intrigué, j’ai ramené mon index maculé devant mon visage, peinant à examiner l’échantillon dans l’obscurité ambiante. Vu de plus près, on aurait vraiment dit une goutte d’encre -ou de sang- dénué d’odeur, refusant de se disperser et de disparaître. Fasciné bien malgré moi par l’équilibre précaire de la perle de liquide, je me suis encore approché de l’objet de ma curiosité, jetant un regard en coin vers Rosaline pour m’assurer de ne pas être épié. Et, du bout de la langue, j’ai léché mon index.

Prenant immédiatement conscience de la folle audace de mon geste, je me fige dans mon mouvement, assailli par une vague de surprise et de honte. Mais le mal est fait ; et il a le goût iodé de la marée. Confus, le sang glacé, j’ai la certitude d’avoir commis un geste dangereux, tout en éprouvant dans le même temps une rassurante sensation de familiarité, comme après avoir inspiré à plein poumons l’air des embruns marins. L’instant m’évoque spontanément des souvenirs d’années plus insouciantes, passées sur les quais du port d’Orléac, à guetter le retour des pêcheurs. Au fond de moi, j’ai toutefois les entrailles nouées, tordues par une inquiétude dévorante qui déjà me ronge. Mon cœur bat la chamade, en proie à une vive émotion. Ce n’est pourtant qu’une innocente saveur, un arrière-goût métallique, sur le seul bout de ma langue.

Laissant l’arme dans le bocal aux soins d’Aénor et Rosaline, je m’éloigne à grands pas en direction de l’auberge, m’efforçant bien vainement de ne pas paniquer. J’ai l’impression irrationnelle d’être scruté dans mes déplacements, par les deux femmes dans mon dos ; par les ombres rampantes des bâtiments à chaque coin de rue ; par les cieux austères, témoins de mes péchés. Ni mes compagnons, ni l’obscurité léchant les murs aveugles, ni la nuit noire ne témoignent pourtant la moindre agitation : le calme est retombé sur le bourg de Vingtiennes. Nul n’a pu surprendre mon geste insensé, n’est-ce pas ? Alors, d’où me vient cette vive inquiétude qui m’étreint ?

La moiteur de ma sueur glace déjà mes tempes et ma nuque lorsque je pousse la porte de l’auberge au sein de laquelle la compagnie m’a alloué une petite chambre. Pénétrant dans le bâtiment en frémissant, je rase les murs de la salle commune du rez-de-chaussée, passant successivement dans un couloir, puis un étroit escalier, avant de gagner l’étage aménagé sous les combles. Parvenu au petit galetas, mes doigts gourds tremblent au moment de refermer à clef la porte derrière moi. Agité, je me tapis contre un mur fortement incliné, et risque un regard dérobé par la petite fenêtre, lorgnant nerveusement sur la grande rue déserte. Ôtant prestement mon manteau d’emprunt, je me laisse choir au sol, et, allongé là, cherche à apaiser ma respiration en vue de prier et confier mes peines à la Colombe. Las ! Mon esprit est en une telle effervescence que je peine à me départir de mon sentiment lancinant de culpabilité. Alors, éreinté, éprouvé par cette soirée, accablé par le sentiment d’échec à sauver l’une de mes sœurs, je me hisse jusqu’à ma couche. J’ai les yeux secs, et les paupières lourdes, comme je contemple fixement les poutres du plafond. Bientôt, le sommeil me saisit, me dérobant à mon chagrin trop longtemps refoulé.
Frère Éloi Voie du Prêtre Mystique
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