[Anne de Lanneray] Des comptes à régler

La Bretonnie, c'est aussi les villes de Parravon et Gisoreux, les cités portuaires de Bordeleaux et Brionne, Quenelles et ses nombreuses chapelles à la gloire de la Dame du Lac, mais aussi le Défilé de la Hache, le lieu de passage principal à travers les montagnes qui sépare l'Empire de la Bretonnie, les forêts de Chalons et d'Arden et, pour finir, les duchés de L'Anguille, la Lyonnesse, l'Artenois, la Bastogne, l'Aquilanie et la Gasconnie.

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Armand de Lyrie
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Re: [Anne de Lanneray] Des comptes à régler

Message par Armand de Lyrie »

Si la Bretonnie est telle que vous la connaissez, c’est uniquement à cause d’un seul mouvement : La charge. De Gilles le Breton jusqu’à cet instant précis, on a pu changer de vêtements, de locutions, d’esthétisme, mais c’est toujours la même chose qui guide le monde. Un homme et son cheval, qui lient leur masse et leur vitesse sur la concentration d’une pointe de lance minuscule.
La charge, c’est pas un acte irréfléchi, bon pour les fous furieux ; la charge, c’est une précision d’ouvrage. Alors que je m’élance au galop, c’est comme si le temps ralentissait, et que mon champ de vision déjà bien limité par la simple fente de mon heaume se rétrécissait encore plus. Il faut que je me lie aux mouvements de Ravel, que je parvienne presque à associer mes impulsions à ses muscles. L’immense lance d’arçon tombe lentement, alors que je la cale contre mon aisselle. Et à peine quelques secondes avant l’impact, dans un espace qui est de l’ordre de l’infinitésimal, ma respiration se coupe, mon cœur pulse brièvement, et je me prépare au son assourdissant de la commotion et au contrecoup du recul.
Sauf que Thevot baisse sa lance presque en même temps que moi. Et si Ravel entre mes jambes reste imperturbable, moi, mon sang-froid est contaminé.

Pour faire rater une charge, il n’y a pas à être lâche ; il suffit juste d’un seul petit doute, d’une seule hésitation fugace, pour perturber tout le mouvement, et créer une réaction qui amène au désastre. Je ne me crispe pas, et c’est salvateur, parce qu’au moment où ma lance tournoie et glisse contre la barde, je me cambre violemment à gauche. Je sens un bourdonnement derrière mon oreille droite ; Le souffle d’une arme qui a failli me percuter. Je passe au travers, Ravel continue de galoper, et il me faut deux ou trois secondes seulement pour me ressaisir et tirer violemment sur les rênes un peu plus loin sur le sentier.
Ça ne servira à rien.
Thevot est encore sous le choc. Il a levé sa lance pour moi, mais pas pour Daniel. Le sire de Louvière hurle quelque chose — pas un cri de guerre, pas le nom d’un héros ou une invocation guerrière ; il hurle juste. Sa lance frappe en plein poitrail le cheval qui est à l’arrêt ; en une frappe, la bête a dû voir tous ses os brisés sur le coup, et le choc a dû se sentir à travers tous ses organes. La monture est déjà morte. Elle va avoir le temps d’agoniser, mais elle n’a aucun espoir de s’en sortir.
Thevot vole en l’air. Glisse au sol, et roule par terre. Je serre mes mains comme si je sentais sa douleur par solidarité ; s’il était tombé sur la nuque, il serait probablement raide mort. Mais on entend un râle, et un cri étranglé. S’il a la force de hurler, il a encore la force de s’en sortir.

Daniel arrive vers moi, et trouve le bon mot pour me provoquer.

Facile. Bien sûr que c’était facile. Ton âme devant le Veilleur que c’était facile. Ça veut dire quoi, « c’était facile » ? Oui t’as chargé un cheval statique, bravo, tu veux une guimauve ? Je t’en donnerai moi c’est du facile. Non je rage pas.

Ils ne peuvent pas me voir en train de devenir rouge derrière mon casque. Alors, je me contente de donner des ordres secs.

« Guimart, surveillez la route. Daniel, donnez-moi un coup de main. »

Guimart fait trotter son cheval et relève son casque. Moi et Daniel, on descend de nos étriers. Y a un cheval qui hurle, alors ça fait malheureusement paniquer nos montures, et pas le temps pour les papouilles. Je serre mon encombrante lance d’arçon contre ma selle, et me retourne pour m’approcher de Thevot.
Par fortune, il n’en a pas profité pour s’enfuir, ou pour se relever et se préparer à se battre jusqu’à la mort. Le pauvre homme a dépassé ce stade. Il a l’air d’avoir sacrément morflé, c’est pas le premier coup qu’il se prend aujourd’hui, et visiblement, à un contre trois, sans moyen de s’échapper, il ne pèse plus trop ses chances de s’en sortir avec la vie sauve dans un combat.
Alors, il se met à réprimer des sanglots. Et à nous implorer.
Nous sommes pressés. Et je n’ai pas cœur à jubiler au-dessus de lui. Il n’est pas mon ennemi. Il est une victime collatérale dans toute cette histoire.

« Du calme. Je sais qui vous êtes, Thevot de Maisne. »

Il s’effondre. Il se détend.
Nous sommes des chevaliers. Les chevaliers ne tuent pas d’autres aristocrates fait prisonniers. Ça devait être ça, qui devait le faire paniquer : qu’on le confonde avec un sergent ou un mercenaire, qu’on ne sache pas sa valeur.

« Ma rançon… Je vaux une grosse rançon… Maisne, on est la plus grande famille d’Aquitanie, on peut… »

Alors que je me mets au-dessus de lui, j’ai sorti la fiole. Il me regarde. Je ne peux pas voir son visage, pas deviner son expression sous l’acier de son heaume, mais j’ai vu sa posture se raidir.
Et on reste là, à se jauger.

« Sire Thevot, vous allez trouver ça trop facile, mais je suis sincère quand je vous dis que je suis désolé.
Ce que je vais vous demander est énorme, et ne devrait même pas vous concerner. Je vous présente mes plus plates excuses. »

Ce que je dis est censé le rassurer.
C’est l’effet absolument inverse qui se produit.
Il ne comprend pas dans quel traquenard il est fourré. Alors, il se redresse, et porte sa main à son fourreau pour dégainer.

J’ai même pas le temps de l’imiter que Daniel s’est jeté sur lui. Le costaud lui donne un coup de gantelet dans l’acier de son casque, écrase sa botte contre sa jambe qui ne bouge plus, ce qui fait hurler Thevot de douleur. Il le ceinture, le maîtrise, et maintenant, le frère Louvière peut à nouveau m’engueuler :

« Bordel, faites ce que vous avez à faire, merde ! »

Thevot tente de se dégager. Donne des coups de coude derrière lui. Il a ni l’amplitude, ni la force pour, mais il se bat comme une proie ferrée se débattrait.
Je m’approche derrière Daniel. Pose la main à sa ceinture pour sortir sa dague, la mienne étant sur la cuisse de Jehanne. Je contourne à nouveau, et relève la visière de mon casque.
Je ne suis pas certain que Thevot me reconnaisse.

« Vous parlez par peur. Alors que j’ai besoin de tout votre courage, monseigneur.
– Qu’est-ce que vous me voulez ?! C’est quoi ça ?! Je… Brandan sera généreux si je suis échangé, mais si vous me tuez, il va… il va… »

Je relève sa visière à lui. Et on peut se regarder, les yeux dans les yeux.
Il est couvert de sueur. Dégoulinant. Il a les yeux injectés de sang. Il souffre.
Je pose la pointe de la dague contre sa joue, et fait une toute petite entaille. Sur le coup, il ferme ses yeux et serre les dents.

« Vous voyez, dans cette histoire, c’est vous l’homme courageux. Le vrai héros. Vous ne l’avez pas choisi, mais c’est le destin qui vous le demande. C’est comme ça. On échappe pas à ce que le monde attend de nous. »


J’ouvre la fiole avec ma main gauche, et fait glisser le bouchon contre l’auriculaire. Et j’amène la dague près du goulot.
Quelques gouttes de son sang tombent au fond du verre. Je plante la dague dans le sol, referme la fiole, et je regarde Thevot droit dans les yeux.
Il a cessé de se débattre. Daniel le maintient trop fermement.

« Notre pays est plein de menteurs. Je le sais parce que je l’ai vu de mes propres yeux. On aime trop les histoires bien faites, on s’endort avec. Vous en êtes coupable, monseigneur. Vous aimez que tout soit bien arrangé, droit, comme ce que souhaitaient vos ancêtres.
Je vais vous demander de devenir un martyr. De contribuer à ce mensonge. Mais pas pour moi. Pour lui. »


J’observe la fiole. « Les larmes rouges de Shallya ». Le liquide rose a pris une teinte noirâtre, la lumière ne passe pas au travers. Quelque chose semble… Vivre, là-dedans. Se mouvoir.
Est-ce que c’est avec ce genre de poison qu’on transforme les hommes en créatures débilitées ? Qu’est-ce que je risque, si on me fait boire la même chose de force ?
Ma mère aussi m’avait obligé à boire quelque chose.

Je débouche la fiole. Thevot recule la tête. J’ai pas le temps. Je n’ai vraiment pas le temps pour ça.
J’appuie un pouce contre son menton. Le force à ouvrir sa mâchoire. J’enfonce la fiole bien profond, et verse directement au fond de sa gorge, alors qu’il agite la tête de gauche à droite.

Il s’étrangle. Tente de bouger de côté pour cracher — mais Daniel lui bloque la tête. Il donne un coup de pied de sa jambe valide, et parvient un peu à me pousser. Je m’affale sur le côté à cause de l’armure, et grogne.
Je ramasse la dague de Daniel au sol, me relève, et la lui rend.
Très vite, Thevot ne sera plus une menace pour aucun de nous deux.

« Où est Dame Mélaine ? A-t-elle encore d’autres forces qui attendent dans le verger ? Les brigands qui vous ont tendu une embuscade sont-ils tous morts ?
Parle vite. Le temps est précieux, et j’en manque très cruellement. »

Jet de charisme pour garder Thevot au calme : 18, échec total
Modifié en dernier par [MJ] Katarin le 20 mai 2021, 18:35, modifié 1 fois.
Raison : 6 xps / Total d'xp : 153
Fiche : https://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.p ... d_de_lyrie
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Échiqueté d'or et d'azur à la bordure de gueules à la guivre de gueules halissante
Stats :
FOR 9 / END 8 / HAB 8** (10) / CHAR 13* (12) / INT 9 / INI 9** (10) / ATT 11** (13) / PAR 9** (11) / TIR 8 / NA 2 / PV 45/70
*Bonus grâce à la chevalière portée à l'auriculaire
**Malus à cause du harnois (inférieur)

Compétences :
- Anticipation : +1 en ATT et +1 en PAR à partir du 3e round face au même ennemi
- Coup précis (1) : Malus atténué de 1 lors de la visée d'une partie précise
- Coups puissants : +1d3 de dégâts
- Coriace : Résiste à 1d3 dégâts de plus
- Dégainer l'épée : +1 en INI lors du premier round
- Parade : Valeurs de parade doublées
- Sang-froid : +1 lors d'actions réalisées sous stress

- Alphabétisé : Capable d'écrire et de lire le Bretonnien
- Baratin : +1 pour embobiner quelqu'un à l'oral.
- Danse : Excellent danseur
- Étiquette : +1 lors des interactions avec la haute société
- Empathie : Capable, sur un test, de lire les émotions sur le visage de quelqu'un.
- Humour : +1 pour divertir et amuser.
- Monte : Ne craint pas de chutes lors d'une montée normale
- Héraldique : Capable de reconnaître les blasons des familles nobles, et d'en savoir plus sur eux sur un test

- Vœu de la Pureté échoué : -2 dans la résistance aux tentations terrestres
Équipement de combat :
- Épée bâtarde (Inférieure) : 2 mains / 23+1d10(+1d3*) / 22** (11) parade
- Lance d'arçon : 1 main / uniquement à cheval / 20+1d10(+1d3)* / 16** (8) parade / "Long" (Malus de -2 ATT pour les adversaires) / "Épuisante" (Malus de -1 d'utilisation après END/2 tours, à chaque tour, max -4) / "Percutante" (Relance du jet de dégât, meilleur résultat gardé) / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Se brise après 4/5 utilisations
*Avec la compétence Coups puissants
**Avec la compétence Parade


Tête : 13 protection
Reste du corps : 13 protection

- Destrier Bretonnien (Ravel) : FOR 10 / END 12 / SAU 7* (8) / RAP 9* (10) / INT 8 / DOC 11 / ATT 9
*Malus pour cause de barde et caparaçon
Corps et croupe : 15 protection (Barde de plaques)
Dos et tête : 15 protection (Caparaçon de plaques)
Équipement divers :
0 Co

- Un beau doublet
- Un grand manteau
- Des bottes neuves
- Une jolie écharpe

- Nourriture
- Hydromel

- Bague affichant un lion - +1 CHAR

- Insigne argenté marqué du blason de Lyrie
- Pendentif monté en clou
- Feuilles de brouillon, stylet et encrier
- Un flacon à l'odeur immonde
- 3 bouteilles de tonique miraculeux

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[MJ] Katarin
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Re: [Anne de Lanneray] Des comptes à régler

Message par [MJ] Katarin »

Alors qu'Armand observe la fiole qu'il s'apprête à faire boire à Thevot, sa mémoire s'associa à un ancien évènement. Un soir funeste, où Anne de Lanneray l'avait convaincue de boire une fiole. Autrefois, il n'en avait qu'un souvenir fragmentaire, et avait eu l'impression que c'était ce soir-ci qu'avait été forgé le lien qui l'unissait à sa mère, même par-delà la mort. Maintenant que son âme s'était unie à celle de sa génitrice, son esprit pouvait mettre ensemble les deux pièces du puzzle.


***

C'était un simple somnifère, rien de plus. La potion n'avait rien de magique ou de maléfique, elle n'avait servi qu'à s'assurer que son fils ne puisse pas se réveiller au pire moment. Car une fois Armand endormi, Anne était allée chercher dans la penderie de son fils ce qu'elle y avait cachée le jour-même : un drap enroulé autour d'un objet qu'elle libéra de son cocon de tissu. Une sinistre rapière.

Symbiose.

Anne pleurait. Elle pleurait parce qu'elle était dos au mur, et qu'elle ne pouvait plus le supporter.

Lancer des sortilèges lui provoquait désormais de violentes migraines. Monter les escaliers du château l’essoufflait pendant de longues minutes. Écouter une conversation lui devenait pénible, son esprit partant souvent divaguer malgré elle. Ses nuits étaient habitées de cauchemars emplis de fureur et d'oubli. Rien de tout cela n'avait la saveur des érotiques souffrances que savaient prodiguer son mari, non, ça n'était que la lente et pénible douleur de l'apathie et de la dégénérescence de son être. Elle le cachait habilement, mais au fond d'elle elle savait s'étioler.

Cécilia avait quinze ans plus tôt interrompu le rituel avant qu'il ne se termine : elle aurait du se consommer, elle aurait du mourir pour lui. Mais elle avait survécu, en échange du bras de la jeune fille et d'une fissure dans son âme. Elle le savait : elle avait arraché une part d'elle pour l'offrir à Armand, mais cette blessure-là n'avait jamais cicatrisée et ne le pouvait pas. C'était un trou métaphorique minuscule, laissant s'échapper d'elle une infime hémorragie. Son énergie, son humanité, sa puissance, son esprit, sa mémoire, tout cela s'égouttait lentement hors d'elle, pour se répandre dans les murs du château de Lyrie.

Ce soir-là elle avait décidé d'agir. Elle ne supportait plus de se laisser ainsi dépérir, de voir Slaanesh se détourner lentement d'elle au fur et à mesure que son âme se désagrégeait.


C'est lui qui te rend faible.

Voilà des semaines que la voix de ses cauchemars se matérialisait dans le présent. La fureur. Son mari adorait cette nouvelle facette de sa femme, la soudaine violence qu'elle pouvait tout à coup déployer entre eux. Mais Anne était effrayée, parce qu'elle avait l'impression plus que jamais de perdre le contrôle. Lorsqu'Armand VII l'avait séduite, il lui avait permise de se libérer de toutes ses entraves, de se débarrasser de sa famille pour se lier corps et âme à Slaanesh, et obtenir de lui des pouvoirs divins à même de mettre à ses pieds des centaines et centaines d'aquitanais corrompus. Aujourd'hui, elle ne contrôlait plus ses serviteurs par son pouvoir mais seulement par une aura factice héritée d'un passé révolu. Son corps la trahissait, et son esprit se liait à la folie tandis qu'elle entendait sa propre voix l'inciter à haïr et détruire.

Et au cœur de la tourmente, il y avait son trésor le plus cher, son petit Armand. Elle l'aimait et le désirait plus que tout, et se savait capable de tout sacrifier pour lui. Sa propre existence n'avait plus de sens qu'à travers son fils, il était la seule personne avec laquelle elle souhaitait parler, le seul amant avec lequel elle désirait s'adonner, le seul dieu qu'elle avait envie de vénérer. Il occupait toutes ses pensées, jour et nuit, et avait un besoin obsessionnel de le savoir ressentir la même chose. Il devait l'aimer, il devait la désirer, il devait ne plus penser qu'à elle et seulement elle à chaque seconde de sa vie.


C'est lui qui t'entrave

Armand était une malédiction. Ses émotions, ses ambitions, il lui avait tout dérobé. Etait-ce encore une vie qu'elle menait ? Elle n'existait plus qu'à travers lui et seulement lui. Ne serait-elle pas plus libre s'il n'était plus là ?


Il est comme un poison. Tue-le !

La pointe de Symbiose était posée sur la poitrine dénudée de son fils. L'énergie maléfique crépitait contre sa chair, et sans même qu'Anne s'en rende compte, l'arme s'avançait d'elle-même, affamée, à la recherche du fragment d'âme dérobé qui nichait endormi dans son fils. Une seule pression et tout serait terminé. Symbiose dévorerait l'âme d'Armand, et lui rendrait ce morceau d'elle-même qui lui faisait défaut. Redevenue elle-même, elle pourrait retrouver toute sa puissance, et soumettre toute l'Aquitanie aux côtés de son mari.

Mais elle jeta Symbiose au loin, sur le tapis, et s'écroula en pleurs aux côtés d'Armand. Elle serra sa frêle silhouette dénudée contre elle de toutes ses forces, l'arrosant de ses larmes.

Elle ne pourrait jamais lui faire de mal, même pour sauver sa propre vie.




***


Faire boire les larmes de Shallya à Thevot ne fut pas une sinécure : malgré son bras et sa jambe cassée, le cousin de Brandan se débattit comme un beau diable, et tenta tout ce qu'il put pour se soumettre à ses agresseurs : mais à trois contre un, il ne put finir qu’immobilisé, et contraint de déglutir toute l'infâme mixture devenue noirâtre.

L'effet se fit ressentir en quelques secondes : il cessa de se débattre, ses yeux se voilèrent, puis il ouvrit la bouche en grand comme s'il était en admiration devant quelque mirage. Il lâcha alors un grand soupir d'extase avant de sourire béatement. Ce n'est qu'après quelques secondes d'intense bonheur qu'il sembla revenir à la réalité, et apercevoir Armand devant lui. C'est alors qu'il se mit à pleurer.

- Je ne savais pas ! Je suis tellement désolé messire, je ne savais pas ! Vous... Il... Merci de me pardonner, merci d'avoir ouvert mon cœur, je n'en étais pas digne et vous... vous... Mélaine ! Oh Gilles soit loué, messire, accompagnée de ses deux chevaliers encore en vie, elle compte marcher sur Derrevin ! Elle a lu dans les astres hier soir son avenir, et y a vu une victoire sanglante sur tous les ennemis de l'Aquitanie qui se dresseraient contre elle. Lorsque vos hommes nous ont attaqué, elle a laissé les écuyers et quelques chevaliers mourir sous la pluie des carreaux pour disparaitre dans le sol, puis elle a déchainé les cieux : la tornade a mis en déroute tout le monde, les arbalètes devenues inutiles face aux rafales. Quelques-uns ont bravé les éléments pour tenter de la tuer de leur épée, mais ses mains sont devenues comme des griffes, et elle les a taillé en pièces les uns après les autres. Elle était terrifiante messire, comme une bête cruelle qui s'amusait du sang de ses victimes qui l'éclaboussait ! Quelques-ont ont fui, profitant de leurs montures tandis que les nôtres étaient tombées sous la pluie de carreaux... mais je ne saurais vous dire combien, ni à quoi ressemblaient les survivants : mon propre cheval est tombé sur moi et m'a coincé au milieu du champ de bataille, sa dépouille me protégeant des tirs. Avec ma jambe cassée, elle m'a confié le seul équidé survivant pour que j'aille rallier mes troupes de mercenaires et qu'ils la rejoignent en renfort. Je... je suis tellement désolé messire, j'espère que Gilles pourra m'offrir son pardon un jour, je sacrifierais tout ce que je possède s'il le faut pour son absolution. Dites-moi ce que je dois faire pour expier mes fautes, et je le ferais.

Il ressemblait à un fou, tant il mettait de ferveur dans sa voix. Il se releva, faisant fi de ses membres brisés en mordant ses lèvres pour étouffer la douleur de ses membres, et y arriva avec l'aide de Daniel.

- Elle n'a que deux gardes du corps, lâcha Daniel avec une lueur mauvaise dans l’œil. Et ils sont tous trois à pied. On pourrait le faire.

- Tu déconnes frérot, cracha Guimart. On est que trois, quatre avec l'éclopé sans monture. Et les herrimaults de Carlomax qui ont échoué étaient une vingtaine.

- Ha ! Des paysans guidés par d'autres paysans qui s'avèrent décevants, ça te surprend ? Tuer une prophétesse, c'est un boulot de noble, pas de pécore. Avec une charge de cavalerie et... la chose dans notre seigneur, on pourrait l'faire. Gilles et dame Jehanne dépendent de nous, tu le sais bien.

Guimart grommela, et les deux frères Louvieres tournèrent leur regard vers Armand. Peut-être qu'ils ne respectaient pas l'homme, mais ils se rappelaient assurément de la douloureuse expérience de l'apparition de la banshee qui avait failli les tuer la veille...

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Re: [Anne de Lanneray] Des comptes à régler

Message par Armand de Lyrie »

J’ai tué Thevot de Maisne.
C’est moins cauchemardesque que Casin Baillet, c’est moins personnel que Margot, mais les faits sont là. Je ne connais pas Thevot de Maisne, tout ce que je sais de lui c’est les a priori trop souvent confirmés que je porte sur tous les hommes de son espèce : hautain, irascible, imbu de lui-même.
Mais je l’ai buté. Ça se voit dans son regard délirant et sa voix tremblante. Il avait une âme, il avait un libre-arbitre, et il vient de tout perdre. Je l’ai assassiné.
C’est juste une personne de plus à avoir sur ma conscience.

Le sire se répand en explications. Il déballe tout. Dame Mélaine a été capable, presque seule, d’exterminer Carlomax et ses sbires — il y en a quand même eu pour oser battre en retraite au lieu d’avoir le bon goût de crever face à elle.

Est-ce qu’on devrait également se risquer à aller l’affronter ? C’est vraiment pas le moment de reculer. Pas maintenant. Pas alors qu’on s’est assurés un sursis, pas après le sacrifice des Herrimaults. C’est ce que je réponds au débat entre les deux frangins.

« Ils ont échoué à tuer Mélaine. Mais si elle n’a plus d’hommes, plus de monture, et qu’en plus elle s’attend à voir des renforts débarquer…
Nous n’aurons plus jamais une telle occasion de l’assassiner. Si elle s’enfuit de ce verger, la prochaine fois qu’on la reverra, elle sera encore plus prudente. »

On dit que les prophétesses voient l’avenir. Qu’elles sont capables, par les vents de magie, d’obtenir des signes, des prédictions du mal qui arriverait à la Bretonnie.
C’est ça qui me fout le plus les jetons. À quel point est-elle clairvoyante ? À quel point interprète-t-elle correctement les trames de ce monde qu’elle peut déceler ?
Elle n’avait certainement pas prévu ce qui m’est arrivé au château de mes ancêtres. Peut-être aurait-elle préféré me tuer dans le hall de mon donjon si ça avait été le cas. Elle m’aurait peut-être rendu service.

Je fais un signe de tête à mon nouvel allié.

« Retourne à ton campement, Thevot. Fais-toi soigner par un barbier, Gilles a besoin de toi en vie.
Lorsque tout ça sera fini… Il faut que tu prennes la responsabilité de la mort, ou de l’attentat contre Mélaine. Que tu dises avoir agi sous les ordres de ton cousin.
J’espère pouvoir t’expliquer en personne. Autrement… Autrement, il y aura des gens à Derrevin pour le faire à ma place. »


Je me retourne et marche d’un pas pressé vers Ravel. Je lui donne une tape sur son encolure, attrape les rênes, et me jette sur ma selle.
Les deux frères Louvière m’imitent. Le temps qu’ils remontent, je pose ma main sur mon harnois un peu trop grand et à l'acier bien mince. Je décroche la petite broche de la maison de Lyrie, celle qui m’accompagne depuis que j’ai l’âge de monter à cheval.
Cette vouivre, cette putain de vouivre. Pourquoi je portais l’armoirie de mon père que j’ai tué ? Je pensais que c’était pour racheter ses fautes. En fait, une petite partie de moi arrive encore à m’écœurer, parce que s’il pouvait me voir maintenant, je suis sûr qu’il serait fier de moi.

« Messeigneurs, nous allons faire comme avec Thevot : on va s’approcher les visières baissées, lances au poing, et on chargera au dernier moment, avant qu’ils ne se rendent compte que nous ne sommes pas venus les aider.
Au moment de frapper, j’invoquerai la « chose » qui m’accompagne. Prière de ne pas vous chier dessus comme hier. »


Je recolle le médaillon contre le tissu du mantel. Je serre un poing contre mon cœur.
Maman est là. Elle me protège.

« Trois vies à prendre, et le monde est à nous.
Vous m’entendez ? Trois personnes à tuer, et le monde nous appartient. »
Modifié en dernier par [MJ] Katarin le 03 juin 2021, 16:45, modifié 1 fois.
Raison : 6 xps / Total d'xp : 159
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*Bonus grâce à la chevalière portée à l'auriculaire
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- Anticipation : +1 en ATT et +1 en PAR à partir du 3e round face au même ennemi
- Coup précis (1) : Malus atténué de 1 lors de la visée d'une partie précise
- Coups puissants : +1d3 de dégâts
- Coriace : Résiste à 1d3 dégâts de plus
- Dégainer l'épée : +1 en INI lors du premier round
- Parade : Valeurs de parade doublées
- Sang-froid : +1 lors d'actions réalisées sous stress

- Alphabétisé : Capable d'écrire et de lire le Bretonnien
- Baratin : +1 pour embobiner quelqu'un à l'oral.
- Danse : Excellent danseur
- Étiquette : +1 lors des interactions avec la haute société
- Empathie : Capable, sur un test, de lire les émotions sur le visage de quelqu'un.
- Humour : +1 pour divertir et amuser.
- Monte : Ne craint pas de chutes lors d'une montée normale
- Héraldique : Capable de reconnaître les blasons des familles nobles, et d'en savoir plus sur eux sur un test

- Vœu de la Pureté échoué : -2 dans la résistance aux tentations terrestres
Équipement de combat :
- Épée bâtarde (Inférieure) : 2 mains / 23+1d10(+1d3*) / 22** (11) parade
- Lance d'arçon : 1 main / uniquement à cheval / 20+1d10(+1d3)* / 16** (8) parade / "Long" (Malus de -2 ATT pour les adversaires) / "Épuisante" (Malus de -1 d'utilisation après END/2 tours, à chaque tour, max -4) / "Percutante" (Relance du jet de dégât, meilleur résultat gardé) / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Se brise après 4/5 utilisations
*Avec la compétence Coups puissants
**Avec la compétence Parade


Tête : 13 protection
Reste du corps : 13 protection

- Destrier Bretonnien (Ravel) : FOR 10 / END 12 / SAU 7* (8) / RAP 9* (10) / INT 8 / DOC 11 / ATT 9
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Dos et tête : 15 protection (Caparaçon de plaques)
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- Nourriture
- Hydromel

- Bague affichant un lion - +1 CHAR

- Insigne argenté marqué du blason de Lyrie
- Pendentif monté en clou
- Feuilles de brouillon, stylet et encrier
- Un flacon à l'odeur immonde
- 3 bouteilles de tonique miraculeux

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[MJ] Katarin
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Re: [Anne de Lanneray] Des comptes à régler

Message par [MJ] Katarin »

Il ne fallut qu'une poignée de minutes pour Armand, Daniel et Guimart afin d'arriver jusqu'au verger. Néanmoins, le lieu ne méritait peut-être plus son appellation désormais : il n'y avait plus ici que terre retournée, troncs déracinés, et cadavres. Des herrimaults surtout, une bonne dizaine éparpillés un peu partout, mais aussi quelques chevaliers et écuyers ainsi que leurs montures, perforés de la tête aux pieds par une multitude de carreaux d'arbalète.
Au milieu de ce charnier qui ne pouvait qu'évoquer que de sinistres souvenirs à Armand, se trouvait confortablement installée en tailleur la prophétesse du Graal. Dans sa robe d'un blanc éclatant, sa longue chevelure rousse volant au vent, Mélaine méditait dans le plus grand des calmes. A ses côtés, deux chevaliers montaient la garde à pied, observant les trois cavaliers qui approchaient. L'un des deux était Albert de Faviere, facilement reconnaissable à son plastron orné d'une magistrale tête de lion dorée. L'autre, Armand ne le connaissait pas, mais il portait les couleurs des Maisne - peut-être un autre membre lointain de leur grande famille.

Tout comme ils l'avaient fait avec Thevot, le trio de chevaliers parias fit semblant de s'approcher avec des intentions pacifiques, leurs lances levées bien haut, poussant leurs montures à un rythme soutenu sans être menaçant. Et à nouveau, ils baissèrent leur lance le plus tard possible, talonnant leur monture pour gagner juste assez d'élan pour percuter leurs adversaires de plein fouet avec leurs lances d'arçon. Ravel renâcla et tira sur ses rennes, manifestant pour la première fois son refus d'obtempérer : mais d'une seule caresse, d'une seule émotion que son cavalier lui transmit, il abandonna toute velléité pour faire pleinement confiance à Armand.
Les deux chevaliers piétons étaient devant leur prophétesse, la protégeant de leur corps. Armand le savait, ils étaient parfaitement insignifiant dans l'affrontement qui se déroulait ici - le centre névralgique de la résistance ennemie, le réel danger, c'était avant tout Mélaine. Elle était juste derrière eux, toujours assise, les paupières fermées, comme endormie, comme si elle ne se méfiait même pas du danger.

Le seigneur de Lyrie n'était plus qu'à une poignée de mètres d'elle lorsqu'elle ouvrit les yeux. Malgré la distance, il devina sur son visage son sourire carnassier et moqueur. Puis il la vit disparaître en un éclair, engloutie dans le sol comme si la terre l'avait avalée.

Un instant de doute, c'est tout ce qu'il fallait pour perdre dans un combat. Et voyant son ennemie qui s'échappait sous ses yeux, à seulement deux, peut-être trois secondes du moment où sa lance d'arçon aurait du la transpercer de part en part, Armand fut pris d'une angoisse. D'une peur légitime. D'un tout petit moment de faiblesse qu'il ne pouvait pas se permettre, surtout pas face à un chevalier ayant la carrure d'Albert de Faviere. Car Albert avait été choisi spécifiquement par le Duc pour protéger sa prophétesse. Il était un ami du dirigeant de l'Aquitanie, un homme en qui il avait assez confiance pour laisser entre ses mains la protection de la femme la plus importante de tout son duché.
Le couronnois leva son épée à la verticale, et se prépara pour l'impact. Dans un mouvement parfaitement exécuté, il écarta la lance de son ennemi avec les quillons de son arme en la relevant d'un coup sec. Ainsi Armand et Ravel le dépassèrent sans le blesser, et c'est alors qu'il se retourna sur lui-même pour frapper l'arrière du cheval : la pointe de sa lame mordit les cuisses du destrier qui hennit de douleur en s'écroulant en avant, envoyant Armand au tapis.

Si Daniel rencontra bien plus de réussite dans sa charge qu'Armand, percutant de plein fouet le chevalier de Maisne et l'envoyant au sol avec fracas, ce ne fut pas le cas de Guimart qui tentait pourtant de venir au secours de son seigneur. Chargeant lui aussi le chevalier de Faviere, il manqua sa cible d'une bonne poignée de centimètres, peut-être par peur qu'une trajectoire mal contrôlée l'envoie piétiner Armand au sol.

Sonné par sa chute, avec des contusions à plusieurs endroits, Armand de Lyrie voulut se relever le plus vite possible pour ne pas rester vulnérable, mais son adversaire ne lui en laissa pas le temps. Albert de Faviere se jeta sur lui, et abattit son épée bâtarde de toutes ses forces en beuglant :

- POUR LA DAAAAAAAAAAAAAAAAAAME !

Seul son sang-froid et ses réflexes sauvèrent le jeune seigneur de Derrevin. Il réussit à bander tous ses muscles pour saisir son épée et l'interposer entre l'arme de son ennemi et lui : le métal s'entrechoqua, et le coup fut dévié pour finir sa course dans le sol : mais la puissance de l'impact réveilla une atroce douleur dans le bras d'Armand : Albert ne plaisantait aucunement. Avait-il seulement reconnu Armand, sans son épée Matricide et son armure tout en plumes royales ? Certainement pas...

Quant à Mélaine, elle n'essayait pas de dissimuler sa présence : avec ce qu'elle avait infligé au verger, il n'y avait plus beaucoup d'endroits où se cacher de toutes manières. Réapparue au beau milieu de la route mais dans le dos des trois cavaliers qui chargeaient, elle affichait un sourire victorieux tandis qu'elle incarnait un sinistre sortilège. Alors même qu'elle était distante d'une trentaine de mètres, sa voix résonnait dans le sol, faisant vibrer la terre comme un petit séisme, et trembler le coeur des trois chevaliers déchus.

Quel que soit le sortilège qu'elle préparait, il n'y avait pas besoin d'être un spécialiste en magie pour deviner que le résultat allait être terrible pour ses ennemis.





Stratégie d'Armand : idem que Thevot, les trois cavaliers avancent lances hautes en ne montrant aucune intention hostile, puis les baissent au dernier moment pour charger.
Jet d'INT d'Albert et de Chevalier Inconnu (Che1 pour la suite) : 14 et 18, échec
Mélaine ne fait pas de jet pour une raison rp.
==> Les hommes de Thevot étant sans bannières, ils pensent logiquement que ces trois-là viennent du campement de Thevot et ne s'inquiètent pas particulièrement.

Jet d'INI opposé poour évaluer leur instinct par rapport à la vitesse d'exécution d'Armand :
Armand : (INI+RAP cheval)/2 - 20. Aaaaaah. Ravel refuse de charger une prophétesse et s'arrête en pleine charge ^^°
Jet de (CHA+DOC du cheval)/2 - 1. Mais lol. Ta relation avec Ravel fait que tu surpasses son éducation pour qu'il t'obéisse. Avec deux jets si opposés, je considère que ton niveau de réussite sur ton jet d'INI est de 0.
Les frères Louvieres : 18 et 15, donc raté de 8 et de 6.
Albert et Che1 : 17 et 11, donc raté de 7 et de 2.
Mélaine : forcé par la destinée : 4. Réussite de 6.

Mélaine a le temps de faire une action à 1 NA, ses deux protecteurs font barrage de leur corps.

Melaine lance passerelle tellurique : 12, réussi. Mélaine disparaît sous terre et réapparait derrière les trois chevaux qui chargent...
Armand charge et attaque Albert : 20. Oh putain de merde de c'est pas possible. Tu tombes de cheval, et ta deuxième NA ne peut servir qu'à te relever. Si tu dois parer, c'est à -3 selon les règles.
Che1 ayant une meilleure réussite d'INI que Daniel, ils frappent tous deux en même temps :
Che1 : 14, raté
Daniel : 3, réussi.
==> 20 + 20 + 10 + 4 - 15 = 39 de dégâts. Che1 est envoyé au sol, gravement blessé. Avec plus de 75% de ses pvs restants disparus en un coup, je considère qu'il ne se relèvera pas : il vivra si on le soigne, ou mourra lentement ici.
Guimart ayant une meilleure réussite d'INI que Albert, il lui rentre dedans sans subir de contre-attaque : 14, raté.

Reste 1 NA à Albert et 2 à Mélaine.
Albert tente de démonter Armand au sol : réussite automatique...
Parade d'Armand : 7... raté de 1. Je vais être magnanime et autoriser l'utilisation de la compétence "sang-froid" ici, celle-ci disant explicitement qu'elle ne peut servir que pour contrer un malus, hors tu as un malus de 3 du à ta chute de cheval qui peut se traduire tant par les contusions physiques, le poids de l'armure, ou le désespoir d'être tombé à la merci de tes adversaires.
Dégâts : 22 + 24 + 6 - 13 - 22 - 1 = 16 de dégâts. Il te reste 54 PVs.

Mélaine incante quelque chose de très gros avec ses 2 NA, elle finira au prochain tour...

***

Début de tour suivant :
Ordre d'INI : Mélaine, Albert et Daniel ont 10
Armand et Guimart ont 9

Mélaine lance son sort : 15, raté de 1. Meh.
Albert continue de frapper son ennemi au sol : 4, réussi
Armand pare : 7, ça passe.
Dégats : 22 + 24 + 1 - 13 - 22 - 3 = 9. Il te reste 45 PVs.

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Armand de Lyrie
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Re: [Anne de Lanneray] Des comptes à régler

Message par Armand de Lyrie »

C’est un charnier frais. Pas le premier. Il y a eu les restes de cette escarmouche dans les tumuli de Cuilleux, et puis, mon comté pillé, le château aux murs anéantis. La vue des cadavres, au bout d’un moment, on s’y habitue. Mais là, il y a quand même une saveur un peu différente ; C’est moi, le responsable. Tous les corps, là, tous, amis comme ennemis, herrimaults comme sergents, c’est entièrement par ma faute. Par deux phrases dites dans la nuit d’hier à aujourd’hui, la gueule avinée par du vin clairet, j’ai attrapé toutes les vies de ces gens et j’ai provoqué leur guerre fratricide.
Pas le temps d’y penser et de me chercher des excuses. Pas le temps non plus d’être plus dégoûté que je ne le suis déjà. On a quelque chose à finir ici.


Trois personnes à tuer, et le monde nous appartient. Ils m’aiment pas, les frères derrière moi. Mais ils ont le même but que moi, et la même récompense tout au bout. Tout désagréables qu’ils sont, ils sont parfaitement entraînés et dévoués à leur tâche.
Les visages cachés sous les visières des heaumes, on passe au trot devant un cadavre de cheval criblé de flèches, on piétine le corps d’un herrimault la panse ouverte. Et on arrive tout droit vers trois personnes debout, probablement exténuées.

Non ; deux personnes exténuées. Deux chevaliers à bout de souffle. L’un d’eux, celui avec la livrée des Maisne, fait d’ailleurs quelques pas vers nous en levant la main, probablement soulagé qu’il est de voir débarquer des renforts.
La troisième personne c’est Mélaine. Assise en tailleur, en pleine méditation, les cheveux roux au vent.

Je la regarde, tout droit. Avec la visière du heaume devant le visage, en plus de la distance, c’est pas grand-chose que j’aperçois d’elle ; une silhouette, une silhouette éclatante. Les cheveux qui la trahissent, surtout. Et pourtant, dans ce que j’aperçois de sa posture, elle a l’air tellement sereine. Comme personne ne devrait être serein au milieu d’un paysage d’apocalypse, d’une tombe à ciel ouvert, avec, au-dessus de la tête, d’énormes nuages noirs qui grondent, à deux doigts de déchaîner une terrible averse.

C’est assez pour me faire douter.

On trotte. Et puis, d’un coup, tous les trois, on baisse nos lances d’arçons en les calant sous nos aisselles. Les frères Guimart rugissent et frappent des étriers.
Moi, Ravel penche de côté. Il agite l’encolure, et je suis obligé de lutter contre lui avec ma senestre enroulée dans les rênes.
Je serre des dents. Tapote son cou, et siffle à travers mes incisives. Il se reprend. Il se reprend ! Avec deux putains de secondes de retard — une éternité dans n’importe quel combat — il décide de frapper la terre avec ses sabots et de me propulser en avant.

Devant, ils ont réagi. Le chevalier qui avait levé sa main a fait un pas en arrière et dégainé, tandis qu’Albert se jette devant, pointe tout droit.
Un chevalier se bat à cheval. Mais on aurait tort de les sous-estimer lorsqu’ils sont fantassins ; les deux qui se tiennent devant nous, ils ont appris à faire des joutes et des passes d’armes depuis qu’ils ont dix piges. Ils ont beau être essoufflés, blessés, ou surpris, ils vont savoir riposter et se battre pour leurs vies — et surtout pour celle d’une servante de la Dame du Lac juste à côté d’eux.

J’ai vécu toute ma vie en aimant la Dame du Lac. À la contempler, à veiller devant les gisants de ses héros, à écouter les histoires de ses exploits, contées par des vieillards, anciens pèlerins, ayant côtoyé si longtemps le Graal et ceux qui avaient été bénis par son eau, sans jamais pouvoir vraiment le toucher. J’étais persuadé d’être invincible, chaque fois que je sentais la Dame auprès de moi ; ou du moins, si je la sentais comme approuvant mes décisions. Comment il aurait pu en être autrement ? C’est son pays. Sa nation. Le bien finit toujours par triompher du mal.

Et c’est ainsi que la prophétesse disparaît sous nos yeux. Avalée dans le sol, comme si la terre s’était transformée en une flaque de sable mouvant.
À voir ça, je me suis figé. C’est comme si j’avais oublié tous mes automatismes d’équitation. Je me raidis dans ma selle, entièrement crispé.

Albert lui a appris à demeurer souple. Il a appris à ne pas craindre la force d’un cheval lancé au galop. Il s’est souvenu qu’il ne fallait pas faire le moindre geste commandé par l’instinct, qu’il ne faut pas fermer les yeux, regarder ailleurs, se déconcentrer.
Je ne comprends pas son mouvement ; je le vois pas. Je vois rien à travers la fente de mon casque — je l’observais comme un point dans l’espace, que j’alignais tant bien que mal à la pointe de ma lance d’arçon. Mais il se décale de côté avec l’agilité d’un animal, et il disparaît totalement de mon champ de vision.
Une seconde après, Ravel hurle, et je me sens projeté en l’air.

Mon pied s’accroche dans un étrier : je gémis. Je suis balancé au sol, et lève une main pour me réceptionner — je glisse dessus et la sent presque se tordre. Je m’éclate la tête par terre, mon nez frappe la visière du heaume. Je rebondis presque, comme une balle, en criant de douleur par trois fois.

Mort. Je suis déjà mort.
Un chevalier est mort dès qu’il est désarçonné. Il n’y a plus qu’à se jeter sur lui et l’égorger à la miséricorde.

C’est par désespoir que je me roule sur le côté. Juste à l’instant qu’il faut. Albert fonce vers moi et revient dans mon champ de vision, en hurlant le nom de sa déesse ; j’ai juste le temps, par une chance effroyable, de lever l’épée de passot d’Arnoulet. Mon acier est de très mauvaise qualité ; l’entre-choc de ma lame contre le métal poli et béni du Couronnois provoque une étincelle qui m’éblouit le temps d’une respiration. Je dévie maladroitement la lame, avec un cri de peur. Je lève mon pied, et lui donne un coup avec ma botte dans sa cheville. Il recule, je me tourne sur le côté, mon épaule recouverte de maille et d’une plaque d’acier glissant dans la boue, et, maladroitement, je me remets debout, en manquant de rechuter sur mes genoux ;
Les règles de courtoisie, elles engagent deux chevaliers avant, et après le combat. Durant le combat, y a pas de ça qui existe. Albert n’attend pas patiemment que je sois bien relevé devant lui pour frapper — c’est pas ça l’honneur. Alors que je suis encore à moitié courbé, tout juste redressé, le voilà qui fait une double taille juste sous mon nez. J’écarte la première, la deuxième glisse le long de ma cuirasse et force la chemise de maille juste en dessous — je ne suis pas perforé, mais je sens toute la violence du choc sous la tunique, comme si on m’avait donné un gros coup de poing.
Je halète. Avec le casque vissé sur ma tête, j’entends les râles de rage et le choc d’un corps contre une lance d’arçon avec une ouïe brouillée ; j’étouffe, j’ai chaud, j’entends surtout ma propre respiration saccadée. Je regarde vivement à droite, aperçoit Guimart se retourner en contrôlant difficilement son cheval, la lance en l’air. Je regarde à gauche, là, au bout du verger, Mélaine qui a rejailli depuis un bon moment.
Les mains en l’air, les doigts écartés, elle doit être en train de chuchoter élégamment des mots doués d'une terrible puissance. Le sol affiche des fissures. Les nuages commencent à cracher de la pluie. Elle force des vents invisibles à se déchaîner selon son désir.
Je ne ferme pas les yeux. Ils sont grands ouverts, prêts à apercevoir ce qui va me tuer.

Et puis.

Et puis, rien ne se passe.

Je me retourne à droite, voit Daniel en train de recaler sa lance. Je lui fais un grand geste de main en direction de la prophétesse, et hurle, ma voix sortant métallique et essoufflée :

« NAN, NAN !
CHARGE ELLE ! EEEELLLLE ! »


Il dépasse Albert en hurlant un « Yah ! » et m’abandonne pour tenter de clore la distance avec la prophétesse.
Le Couronnois se rend compte du danger. Il se prépare à me tuer pour porter secours à la femme qu'il a juré de protéger.

Mais il fait un pas en arrière.

Une sorte de fumée est sortie de mon bras droit. Elle a traversé la chemise, la manche du doublet de toile, le renforcement de maille et le gantelet de plate. La fumée s’est mise à prendre une forme — d’abord une paume, puis des phalanges fines et élancées. Une main. Une main noire comme de l’encre, qui se met à enserrer ma poigne.
Je la sens. Je la sens en train de me traverser. En train de se faufiler à travers mon corps. Elle passe dans mes poumons, dans mon sang, dans mes tripes. Je la sens chercher le point par lequel elle est entrée ; elle fouille dans mon dos, creuse mes os qui sont frigorifiés, alors qu'elle découvre la cicatrice de la rapière. Et une fois dehors, elle se met à se répandre sur ma peau, à me caresser, à chercher les interstices de mes vêtements pour s’échapper.
Elle me fait souffrir. C’est aussi douloureux que les deux dernières fois. Mais cette fois, je m’y attendais.

« Mélaine te sauvera pas. »

C’est… C’est une sensation bizarre. Elle sort, et j’ai l’impression de revenir. J’ai l’impression de redevenir moi-même. Ma haine envers Mélaine, elle se dissipe. Une sale tristesse m’envahit. Et de la déception. Et de la peur. J’ai tellement peur. De quoi ? De mourir ? D’être découvert comme un traître ? Un peu tout ça —
— mais j’ai peur d’elle, surtout. Je la sens, comment elle glisse sur ma peau. Elle m’adore. Elle m’adore tellement.
On pourrait croire que je suis en train de menacer Albert. Mais c’est pas ça en fait.

Je suis en train de l’avertir.

« Elle va te faire crier comme elle a fait crier Casin. »

Elle attrape mes joues. Elle force ma mâchoire à s’ouvrir. Elle m’embrasse de force.
Et, à travers mes cordes vocales, elle s’échappe. Passe par la fente de mon casque. S’élève au ciel.

Et elle hurle.

Ok, décisions :

Au départ, je voulais me rapprocher de Mélaine. Mais en fait, c’est complètement con ; elle a raté son immense jet légendaire. Si je me rapproche, je pourrai l’attaquer, mais elle aussi elle a tout un arsenal de sorts à me balancer à la gueule. À l’inverse, si je l’ignore et que je la laisse faire, elle pourra recommencer ce qu'elle voulait lancer (C’était « les êtres du dessous » je parie, hein ? J’utilise souvent ça sur Total War Warhammer, ça me donne pas du tout envie d’y goûter sur le warfo :orque: )

Donc :

— J’envoie les deux frères la charger, plutôt que de les laisser m’aider à 1v3 Albert. Ils y arriveront peut-être pas ; peut-être qu’elle va retourner dans le sol, peut-être qu’elle va leur balancer autre chose à la gueule, mais dans ces deux cas, elle sera déconcentrée et forcée de faire quelque chose d’autre que de tranquillement incanter un sort légendaire. Oui d’accord, j’ai eu une chance effroyable qu’elle rate de 1, mais ça peut repasser au tour suivant et ça serait dramatique.
— J’utilise ma première action majeure pour sortir Môman de mon corps, et terrifier Albert avec sa jolie voix.
— Ma seconde action majeure va dépendre de pas mal de trucs ; Si Albert réussit à m’attaquer moi, je vais la gaspiller pour parer une troisième fois. J’essaye de me tenir devant môman, je veux prendre le coup, pas qu’il vise ma daronne.
— S’il est plus rapide/plus vif que moi et décide d’attaquer môman, ou qu’au contraire, son attaque sur moi rate, ou mieux, qu’il est terrifié et cloué sur place ; eh bien, je vais tenter moi de lui filer un coup d’épée.
— J’aimerais que môman lance « Fluide Vital » en version supérieure pour lui vider ses PV et en récupérer en retour.
— J’ignore c’est quoi la portée d’une dissipation de sortilège. Elle est à une quarantaine de mètres Mélaine, et elle va sûrement s’occuper en priorité de mes deux collègues. Donc voilà, si môman peut dissiper, elle le fera. Si elle peut pas dissiper parce qu’elle est trop loin et ne nous vise pas nous directement, eh bien tant pis, ça fera une mineure gâchée.
Modifié en dernier par [MJ] Katarin le 30 juin 2021, 09:08, modifié 1 fois.
Raison : 6 xps / Total d'xp : 165
Fiche : https://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.p ... d_de_lyrie
Image

Échiqueté d'or et d'azur à la bordure de gueules à la guivre de gueules halissante
Stats :
FOR 9 / END 8 / HAB 8** (10) / CHAR 13* (12) / INT 9 / INI 9** (10) / ATT 11** (13) / PAR 9** (11) / TIR 8 / NA 2 / PV 45/70
*Bonus grâce à la chevalière portée à l'auriculaire
**Malus à cause du harnois (inférieur)

Compétences :
- Anticipation : +1 en ATT et +1 en PAR à partir du 3e round face au même ennemi
- Coup précis (1) : Malus atténué de 1 lors de la visée d'une partie précise
- Coups puissants : +1d3 de dégâts
- Coriace : Résiste à 1d3 dégâts de plus
- Dégainer l'épée : +1 en INI lors du premier round
- Parade : Valeurs de parade doublées
- Sang-froid : +1 lors d'actions réalisées sous stress

- Alphabétisé : Capable d'écrire et de lire le Bretonnien
- Baratin : +1 pour embobiner quelqu'un à l'oral.
- Danse : Excellent danseur
- Étiquette : +1 lors des interactions avec la haute société
- Empathie : Capable, sur un test, de lire les émotions sur le visage de quelqu'un.
- Humour : +1 pour divertir et amuser.
- Monte : Ne craint pas de chutes lors d'une montée normale
- Héraldique : Capable de reconnaître les blasons des familles nobles, et d'en savoir plus sur eux sur un test

- Vœu de la Pureté échoué : -2 dans la résistance aux tentations terrestres
Équipement de combat :
- Épée bâtarde (Inférieure) : 2 mains / 23+1d10(+1d3*) / 22** (11) parade
- Lance d'arçon : 1 main / uniquement à cheval / 20+1d10(+1d3)* / 16** (8) parade / "Long" (Malus de -2 ATT pour les adversaires) / "Épuisante" (Malus de -1 d'utilisation après END/2 tours, à chaque tour, max -4) / "Percutante" (Relance du jet de dégât, meilleur résultat gardé) / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Se brise après 4/5 utilisations
*Avec la compétence Coups puissants
**Avec la compétence Parade


Tête : 13 protection
Reste du corps : 13 protection

- Destrier Bretonnien (Ravel) : FOR 10 / END 12 / SAU 7* (8) / RAP 9* (10) / INT 8 / DOC 11 / ATT 9
*Malus pour cause de barde et caparaçon
Corps et croupe : 15 protection (Barde de plaques)
Dos et tête : 15 protection (Caparaçon de plaques)
Équipement divers :
0 Co

- Un beau doublet
- Un grand manteau
- Des bottes neuves
- Une jolie écharpe

- Nourriture
- Hydromel

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Re: [Anne de Lanneray] Des comptes à régler

Message par [MJ] Katarin »

La prophétesse du Graal Mélaine, plus puissante magicienne d'Aquitanie et amante du Duc Armand, était également une femme aussi fière qu'orgueilleuse. Elle ne supportait ni l'adversité, ni la faiblesse, ni l'échec. La loi du plus fort, voilà bien tout ce qu'elle respectait. A ses yeux n'existaient que deux castes : il y avait les élus de la Dame, et il y avait le reste, qui ne méritait même pas qu'on lui adresse la parole. Elle aimait le pouvoir que lui confiait sa divinité, et le considérait entièrement sien : elle était la voix de sa déesse, et rien ne pouvait entraver la volonté de la Dame. Le monde lui devait obéissance, et ses ennemis devaient s'effondrer à ses pieds pour la supplier avant de périr par l'extravagante puissance de sa magie.

Elle était venue à Derrevin en conquérante. Elle avait lu les signes dans les étoiles, et n'y avait vu pour son avenir que sa victoire écrasante sur ses ennemis, comme à l'accoutumée. Elle s'était préparée au combat, mais n'avait pas voulu s'encombrer de plus de chevaliers inutiles que nécessaire - ils ne feraient que la gêner, elle qui préférait la compagnie des animaux que des humains. Ce présage s'était d'ailleurs confirmé lors de l'embuscade des herrimaults : alors que chevaliers et écuyers souffraient d'une pluie de carreaux, elle avait mis en déroute toute leur petite opération par la seule démesure de sa maitrise de l'aethyr.

Mais si la prophétesse était en effet une magicienne exceptionnelle, elle l'était en réalité un peu moins que ce qu'elle s'estimait être. Alors que de nouveaux ennemis surgissaient, elle se gargarisait déjà de son prochain sortilège : animée d'une rage féroce alimentée par le vent de Ghur qu'elle aimait tant laisser parcourir son corps, elle était convaincue pouvoir contrôler toute l'énergie nécessaire pour se métamorphoser en Bête Primordiale, afin de déchiqueter ses ennemis par la seule puissance de ses griffes et ses crocs. Elle échoua dans cette entreprise, ne réussissant pas à modeler le vent tel qu'elle le désirait après en avoir accumulé toute la puissance.

Cet échec faillit causer sa perte. Daniel de Louvieres était un cavalier d'exception : il avait déjà réussi à faire tomber l'un des deux chevaliers qui protégeait Mélaine lors de sa première charge, et voilà qu'en un éclair il faisait faire demi-tour à sa monture qui cavalait désormais à toute vitesse dans sa direction. Elle n'avait plus le temps d'incanter un autre sortilège, la seule chose à faire était de tenter d'esquiver la charge du cavalier - mais le contrecoup de son sortilège échoué lui fit tourner la tête au pire moment. Incapable de se mouvoir, elle était une cible immobile idéale pour Daniel qui allait l'embrocher comme une dinde.

A la dernière fraction de seconde, Mélaine chuta en arrière à cause du vertige provoqué par son sort. Ce moment de malaise la sauva in extremis, la pointe de la lance d'arçon frôlant le tissu de sa robe si bien que la prophétesse dut en sentir l'extrémité caresser sa peau. Elle retrouva ses esprits bien avant de tomber sur le sol, et rétablit son équilibre pour préparer sa contre-attaque. Elle manquait de temps, déjà Daniel opérait une nouvelle manœuvre pour foncer vers elle. Elle se résolut donc à se limiter à des sortilèges plus simples mais plus rapides : elle allait charmer le destrier qui portait cet ennuyant cavalier pour l'éloigner d'elle.

Mais à nouveau, quelque chose ne se déroula pas comme elle l'avait prévu. Une vieille ennemie sortit du corps de l'un de ses trois adversaires. Le fils de Lyrie était revenu des ruines de ses ancêtres où il avait disparu, et portait désormais en lui le monstre qu'était sa génitrice.

Anne hurle de colère alors qu'elle s'extrait des entrailles de son fils chéri. Quelqu'un osait les menacer, un ennemi souhaitant entraver la sublime relation qu'elle entretenait désormais avec son amant exquis. Et cette personne, elle ne la connaissait que trop bien. Par trois fois déjà Mélaine et Anne s'étaient affrontés. Cette quatrième fois serait la dernière, elle le jurait sur la vie de son propre enfant. Sa fureur n'avait plus aucune limite, et plus rien ne comptait désormais à ses yeux que de mettre les ennemis d'Armand en pièces. Sentant la prophétesse accumuler son pouvoir, elle dissipa sa pitoyable tentative et jubila en la devinant rager de son impuissance.

Le tour de Mélaine viendrait, mais d'abord il lui fallait protéger Armand de ce couronnois puant. Alors qu'elle était apparue, il s'était figé de terreur, incapable de croire au sinistre spectacle qui s'était déroulé sous ses yeux, incapable d'accepter que c'était bien le petit Armand de Lyrie qu'il combattait en ce moment-même, quand bien même il avait reconnu sa monture quelques secondes plus tôt. Elle voulut utiliser la dhar pour absorber le fluide vital de ce déchet afin de soigner son trésor, mais quelque chose ne se passa pas comme prévu, peut-être à cause de sa colère, peut-être à cause de tous les changements qui s'étaient opérés entre Armand et elle au sein de son corps. La puissance accumulée échappa à son contrôle, et lui fit l'effet d'une décharge au sein de son enveloppe éthérée - la magie refusait de répondre à ses ordres.

Anne hurla à nouveau et laissa la colère prendre le pas sur tout autre raisonnement - puisque la magie n'était pas fiable, alors elle déchirerait le garde du corps de la pétasse en morceaux avec ses seuls griffes.

Armand frappa le premier, mais Albert était solidement caparaçonné. Si l'épée percuta avec puissance son flanc, cela ne suffirait pas à tuer une pareille montagne d'acier. Ce choc réveilla d'ailleurs le couronnois de sa torpeur, et lorsqu'Anne se jeta sur lui, griffes éthérées en avant, il la repoussa de son épée qui s'auréola d'un halo blanchâtre.

- Ar... Armand ?

Il sembla hésiter, puis tenta d'attaquer Anne, mais voyant qu'Armand s'interposait entre lui et la banshee, il retint son épée.

- Armand, Mélaine avait raison, ce monstre vous avait tendu un piège en Lyrie, et nous l'avons laissé se refermer sur vous. C'est notre faiblesse qui vous a mené sur cette route, parce que nous n'avons pas pu la vaincre. Mais vous n'êtes pas nous ! Elle vous a cru faible, elle vous a cru manipulable, elle n'a vu en vous qu'un pantin à agiter selon son bon vouloir, mais vous êtes fort Armand. Elle a trouvé refuge dans votre corps, donc vous êtes désormais sa prison et son geôlier ! Vous pouvez la libérer, mais vous pouvez aussi l'enfermer et la faire taire !

En entendant son discours, Anne déversa toute sa rage sur lui en multipliant les attaques, mais Albert les para toutes. Si sa voix tremblait d'une peur légitime, il y avait aussi de la détermination dans sa voix, et une sincérité admirable.

Pendant ce temps, Mélaine tentait de se défaire des deux frères Louvières. Anne désormais occupée, elle réussit à distraire le destrier de Daniel pour l'envoyer cavaler loin du combat, mais c'était sans compter la complicité du cavalier et de sa monture, compagnons depuis plus de cinq ans : en quelques mots rassurants et caresses, le chevalier hors-la-loi avait retrouvé le contrôle de son équidé, qui chargea avec plus de véhémence que jamais. Mélaine esquiva l'assaut, puis fit tomber un éclair du ciel droit sur Guimart qui arrivait à son tour, mais si le sortilège le frappa de plein fouet, cela ne le fit pas tomber de sa monture pour autant...



Ordre d'INI :
Mélaine, Albert, Daniel, Armand, Guimart, Mélaine, Albert, Armand, Mélaine

Les deux frères ayant chargé dans le sens opposé à Mélaine, ils sont particulièrement loin d'elle pour pouvoir la retoucher à ce tour. Néanmoins, on va quand même leur faire un test de (HAB cavalier + RAP monture)/2 très difficile (-6) pour voir s'ils ne font pas une super manoeuvre.
Daniel : 2. Réussi ! Il est assez rapide pour toucher Mélaine à ce tour !
Jet d'ATT : 7, touché !
Jet d'esquive de Mélaine : 20. Ah bah bon. Euh. Sérieux là ? Normalement je donne des attaques d'opportunité, mais ce n'est pas cohérent dans une charge de cavalerie... donc on va mettre un +50% de dégats ici.
Dégats : (20+10+20+10)x1,5-9 = 81 de dégats. Elle... serait insta-morte si elle n'avait pas préparé le troisième signe d'Amul avant le combat. Son esquive foirée est donc annulée pour une réussite auto, la protégeant de ce coup.
PS : le sort avait été lancé avant l'embuscade des herrimaults et sera visible dans les logs de leur combat que je mettrais en spoiler ultérieurement - l'embuscade n'ayant pas réussi à le faire sauter, il est toujours actif ici. Déso, va falloir un peu plus que ça pour la buter :mrgreen:

A Armand ! Tu as déjà utilisé une demi-action pour parer, tu utilises désormais une NA pour invoquer Maman. Pas de jet nécessaire.
La banshee fait un cri automatique à la sortie. Le jet se fait sur l'INT, qui a quand même été bien nerfée maintenant qu'elle utilise tes stats, elle est passée de 14 à 9...
Jet : 7, réussi de 2.
Jet de résistance d'Albert : 12, raté de 4. Différentiel de 6, perd 6 PV, terrorisé (immobilisé)
Jet de résistance de Mélaine (bonus de +2 car distance 30m) : 8, réussi de beaucoup, pas d'effet.

Guimart, comme Daniel, tente d'atteindre Mélaine ce tour : 15. C'est non, il ne finira sa charge qu'au tour prochain.

Maman a 10 d'INI tout comme Mélaine, duel d'INI pour savoir qui joue en premier :
Maman : 2
Mélaine : 5.
Maman joue en premier.

Elle lance fluide vital : 20. Aaaaah. Oui oui oui. Le 20 en magie, on adore.
Bon, déjà, elle ne perd pas toutes ses NA, apparemmment cette règle est obsolète, c'est déjà ça de pris.
Fiasco moyen donc : Flagellation de Tzeentch : Vous êtes submergé d’énergie magique qui empêche de jeter un sort au prochain round. Ah bah maman en est réduite au cac ^^°

Mélaine maintenant : boooon, elle vient de voir passer une turbofusée qui a failli la buter, et sa némésis apparaitre sur le champ de bataille pour terrifier son unique garde du corps. Elle va arreter les sorts à 3 NA et sulfater, hein.
Elle lance Domination sur la monture de Daniel : 7, réussi de 9, ça roule.
Techniquement, la description du fiasco dit que Anne ne peut plus lancer de sort, mais ça ne dit rien sur les dissipations, donc on va supposer qu'elle peut encore. Pour la distance, la majorité des sorts ont une portée de 24m en moyenne, avec +5 par MA. Ta maman ayant 3 MA, on va dire qu'elle peut dissiper à 30m.
Dissipation : 3, réussi de 9. Dissipation réussie tout juste :D

Albert est immobilisé.

Armand cogne sur Albert qui ne peut pas réagir - l'attaque est réussie en automatique, mais le réveillera pour la suite.
Dégats : 18+23+2+3-15-11 = 20 dé dégats. Il va pas être facile à faire tomber celui-là...

Anne : Et bah quitte à être coincée au cac et avoir tes stats hybrides, elle va attaquer...
ATT : 9, réussi.
Albert pare à -2 puisqu'il est passé de terrorisé à effrayé : 7, réussi. Il a l'épée bénie de la Dame et peut donc bloquer.
Dégats : 18+12+5-11-24 = 1 de dégat.

Mélaine finit le tour avec un dernier sort. Le cheval de Daniel s'éloigne, mais avec 3 MA elle a une portée de 24 mètres donc elle peut l'atteindre.
Domination : 4, réussi de 12.
Test volonté du cheval : 17, c'est non.
==> La monture de Daniel fuit le combat, avec lui dessus... il tentera un jet de (CHA+DOC)/2 à chaque tour pour reprendre le contrôle, sachant qu'à chaque tour il s'éloigne un peu plus...


***


Je commence le nouveau tour :

Maman first : attaque Albert : 2, ça passe
Parade :à -2 toujours : 8, ça passe encore...
Dégats : pas besoin de compter, peuvent pas dépasser 1... donc 1 pv.

Mélaine : Elle doit gérer Guimart qui manœuvre vers elle, mais il est plus loin vu qu'il galère en manœuvres : éclair, 16, ça passe de justesse.
Jet de dissipation de Anne : 17, c'est non.
Dégats : 30+3-12 = 21. Ca grésille dans l'armure. le cheval encaisse 22 quant à lui - insuffisant pour perdre son contrôle.

Albert : Armand ayant été son camarade et ayant sympathisé avec une réussite critique , il est possible qu'Albert tente de parler avant de taper.
Jet de CHA d'Armand : 11, réussi.
Albert n'attaque pas et tente de raisonner son ancien compagnon en gardant une posture défensive. Il aurait pu attaquer la banshee mais puisque tu as signalé te mettre systématiquement devant elle pour encaisser, il retient son épée.

Daniel : tente de retrouver le contrôle de sa monture : 1, réussite critique. Le sortilège est totalement annulé, et Daniel revient à la charge plus féroce que jamais, droit vers Mélaine. Puisque réussite critique, je considère qu'il arrive à manoeuvrer pour la charger une nouvelle fois dans ce même tour.
Jet d'att : 12, raté. Dommage, il passe à côté d'elle - elle est toute fine la prophétesse :D

Au tour d'Armand...

Reste 2 NA à Mélaine, 1 NA à Anne, 1 NA à Albert, 2NA et sa demi-action à Armand, Guimart quant à lui est en train de charger vers Mélaine et a une NA pour son attaque à venir. Daniel a fini son tour.

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Armand de Lyrie
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Re: [Anne de Lanneray] Des comptes à régler

Message par Armand de Lyrie »

J’aurais aimé connaître l’histoire d’Albert de Favière. Je me demande comment un homme devient le garde-du-corps d’une prophétesse du Graal. Peut-être a-t-il connu le Duc lui-même, à l’époque où mon seigneur n’était « qu’un » chevalier errant à la cour du Roy Louen. Quelles blessures atroces a-t-il reçu à son visage pour ainsi être forcé de constamment le camoufler derrière la visière d’un heaume ? Dame Mélaine me semble être le genre de femme qui n’aime pas la plupart des êtres humains — et pourtant, elle avait l’air tendre à son égard, quand il avait été blessé grièvement dans le château de mes ancêtres. Quand on peut réussir l’exploit d’adoucir un cœur froid, c’est qu’on a soi-même une âme merveilleuse. Je ne suis même pas certain de quel âge il a, il est encore très vif, mais il doit avoir la stature d’un paladin. C’est le genre d’être que beaucoup de jeunes gens ambitionnent d’imiter, mais très peu y parviennent.

Alors, quand ma mère hurle son cri, Albert ne se met pas à hurler. Il ne s’écrase pas au sol. Il se contente de se figer sur place. Il a peur, mais il a appris à ne pas extérioriser sa peur.
C’est un homme vraiment bon. Jusqu’ici, tous les gens auquel j’ai fait du mal étaient des Aquitainois typiques — Veules et duplices. Mais Albert n’est pas de chez nous. Y a encore chez lui cette fibre qui fait les vrais Bretonniens, que j’ai jamais connu ailleurs que dans des bouquins.
C’est donc avec une lâcheté bien particulière que je l’attaque.

Atterré sur place, frigorifié par la peur, j’ai vraiment juste à lever mon arme, l’approcher de mon épaule, et faire un grand coup en râlant en direction de sa tête. Il ne plie son corps qu’à moitié, de sorte que ma lame traverse son camail, arrache des anneaux, et lui percute la glotte. Paniqué, il tente d’attraper ma lame, mais n’y parvient pas ; en un mouvement, il se rend compte de l’assaut de ma mère au-dessus de nous, et voilà qu’il donne un coup de pommeau en forçant ses deux poings dessus pour la forcer à s’éloigner de lui. Rageant, râlant, reculant de trois pas très vifs, il bouge son casque dans tous les sens, en essayant de deviner par où elle va attaquer.

Je lance un petit regard derrière. Ce que j’aperçois à travers la fente de mon casque ne m’apprend pas grand-chose sur le combat que mène Mélaine ; Les hennissements de chevaux, les tremblements dans le sol de sabots, le hurlement qui sert de cri de guerre à Daniel — tout ça me donne quelques indices. On est pas encore tous morts, et la foudre au-dessus de nous ne nous a pas encore tous frappés tous les trois, aussi, il y a peut-être encore un infime espoir auquel s’accrocher.

Faut juste que je bute le gars devant moi. Que je le tue, puis que je me débrouille pour retourner me battre vers ma vraie cible — à pied ou en reprenant Ravel blessé plus loin. Je me dirige vers Albert comme s’il n’était que ça, un simple obstacle. Rien d’autre.

Il lève son arme au-dessus de sa tête dans une magnifique pose d’escrime. Il se prépare à charger en avant pour que sa lame bénie arrache en deux le voile de fumée qui me sert encore de maman. Je course, rattrape sans difficulté la distance, et lève mon arme à une main pour me préparer à percer son ventre s’il décidait de s’élancer.
Je m’interpose, physiquement, entre elle et moi. Je protège ma mère, avec mon corps.

Et pourtant, Albert n’attaque pas. Il baisse son arme, ramène la garde à sa hanche. Il se met en posture de riposte, mais plus d’assaut. Je serre des dents, m’attendant à un coup fourré, à une entaille subite vers ma cheville ou mes cuisses…
…et, là, il me parle.

Y a quelque chose dans sa voix — de l’essoufflement dû à son effort, un son rauque à cause de l’instant où j’ai failli le décapiter. Et de la peur. Les mots sortent un peu bégayés, et pourtant, ils sont fermes, les phrases sortent le plus naturellement du monde, alors qu'il ne les a probablement pas répétées.
Un instant, je me demande si Albert est un très bon menteur. J’en ai connu à la pelle, des menteurs. Mais non. Il est sincère.

Comme Alys hier soir, des gens parviennent encore à voir du bien en moi — même quand je viens les voir armé, avec la grande responsable de toute la misère de notre pays juste à mes côtés.
Il a raison. C’est ça le pire. C’est ça le plus dégoûtant. Il peut pas le voir, à cause de la visière sur mon visage — à moins qu’il ne parvienne à découvrir mes yeux bleus à travers la fente. Il a raison.
J’ai tellement subi. Je veux plus être avec elle. Je suis un monstre, ignoble. Je me suis transformé en erreur de la nature, une insulte envers les corps de Taal et Rhya ; mais au fond, j’ai subi tout ça. Je le subis depuis que j’ai huit ans.

Je baisse mon épée. Je souffle dans mon casque.

« Albert, si vous saviez… »

J’ai un sanglot qui meurt au fond de ma gorge.

Mais non. Non en fait. Tout ça, tous ces morts, tous ces cadavres autour de moi, tous… C’est pas ma mère qui l’a voulu. Arthur, je n’y suis pour rien. Casin, je n’y suis pour rien. Margot…
Mais eux tous, tous ces gens-là ? Les herrimaults et les écuyers ? C’est pas ma mère qui a mit les mots dans ma bouche. Je n’étais pas un otage à Derrevin. J’avais toujours le choix de m’enfuir.

« Si vous saviez comment ça m’a fait mal quand elle m’a tué… »

Anne recule. Mon ton est tellement implorant. J’appelle Albert à l’aide.





J’attends de trouver une faille dans sa garde.

Puis j’attaque.

Je suis un gros chien.

Je profite de la soudaine pitié que m’offre Albert pour en fait l’attaquer par surprise ; J’ignore comment tu traduis ça, s’il faut que je fasse un jet ou quoi que ce soit. Mais non, c’est trop tard pour mon perso, trop tard pour être gentil.

Ma priorité est évidemment de le mettre hors-combat. Pas forcément de le tuer jusqu’à l’égorgement ; juste le mettre HS. Dès qu’il est mort ou assez blessé pour plus m’attaquer, je me retournerai et on ira s’occuper de Mélaine d’une façon ou d’une autre.

Maman retentera Fluide Vital quand elle pourra à nouveau incanter. Mélaine, j’irai ou la charger à cheval, ou je la poursuivrai à pied, ça dépendra de la situation. On en est vraiment pas encore là pour dire vrai.
Modifié en dernier par [MJ] Katarin le 20 juil. 2021, 22:56, modifié 1 fois.
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Fiche : https://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.p ... d_de_lyrie
Image

Échiqueté d'or et d'azur à la bordure de gueules à la guivre de gueules halissante
Stats :
FOR 9 / END 8 / HAB 8** (10) / CHAR 13* (12) / INT 9 / INI 9** (10) / ATT 11** (13) / PAR 9** (11) / TIR 8 / NA 2 / PV 45/70
*Bonus grâce à la chevalière portée à l'auriculaire
**Malus à cause du harnois (inférieur)

Compétences :
- Anticipation : +1 en ATT et +1 en PAR à partir du 3e round face au même ennemi
- Coup précis (1) : Malus atténué de 1 lors de la visée d'une partie précise
- Coups puissants : +1d3 de dégâts
- Coriace : Résiste à 1d3 dégâts de plus
- Dégainer l'épée : +1 en INI lors du premier round
- Parade : Valeurs de parade doublées
- Sang-froid : +1 lors d'actions réalisées sous stress

- Alphabétisé : Capable d'écrire et de lire le Bretonnien
- Baratin : +1 pour embobiner quelqu'un à l'oral.
- Danse : Excellent danseur
- Étiquette : +1 lors des interactions avec la haute société
- Empathie : Capable, sur un test, de lire les émotions sur le visage de quelqu'un.
- Humour : +1 pour divertir et amuser.
- Monte : Ne craint pas de chutes lors d'une montée normale
- Héraldique : Capable de reconnaître les blasons des familles nobles, et d'en savoir plus sur eux sur un test

- Vœu de la Pureté échoué : -2 dans la résistance aux tentations terrestres
Équipement de combat :
- Épée bâtarde (Inférieure) : 2 mains / 23+1d10(+1d3*) / 22** (11) parade
- Lance d'arçon : 1 main / uniquement à cheval / 20+1d10(+1d3)* / 16** (8) parade / "Long" (Malus de -2 ATT pour les adversaires) / "Épuisante" (Malus de -1 d'utilisation après END/2 tours, à chaque tour, max -4) / "Percutante" (Relance du jet de dégât, meilleur résultat gardé) / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Se brise après 4/5 utilisations
*Avec la compétence Coups puissants
**Avec la compétence Parade


Tête : 13 protection
Reste du corps : 13 protection

- Destrier Bretonnien (Ravel) : FOR 10 / END 12 / SAU 7* (8) / RAP 9* (10) / INT 8 / DOC 11 / ATT 9
*Malus pour cause de barde et caparaçon
Corps et croupe : 15 protection (Barde de plaques)
Dos et tête : 15 protection (Caparaçon de plaques)
Équipement divers :
0 Co

- Un beau doublet
- Un grand manteau
- Des bottes neuves
- Une jolie écharpe

- Nourriture
- Hydromel

- Bague affichant un lion - +1 CHAR

- Insigne argenté marqué du blason de Lyrie
- Pendentif monté en clou
- Feuilles de brouillon, stylet et encrier
- Un flacon à l'odeur immonde
- 3 bouteilles de tonique miraculeux

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