[Raël Khem] Le cheval, le corbeau et la relique.

La Bretonnie, c'est aussi les villes de Parravon et Gisoreux, les cités portuaires de Bordeleaux et Brionne, Quenelles et ses nombreuses chapelles à la gloire de la Dame du Lac, mais aussi le Défilé de la Hache, le lieu de passage principal à travers les montagnes qui sépare l'Empire de la Bretonnie, les forêts de Chalons et d'Arden et, pour finir, les duchés de L'Anguille, la Lyonnesse, l'Artenois, la Bastogne, l'Aquilanie et la Gasconnie.

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Re: [Raël Khem] Le cheval, le corbeau et la relique.

Message par [MJ] Kriegsherr » 07 avr. 2019, 16:27

Test d’INT +8 de la part de Raël (je prends en compte ta vigilance) : 19. Echec. OK tu n’es vraiment pas chanceux décidément.

Test d’HAB comparés : 4 pour Raël VS 2 pour Rayna Labelle. Elle l’emporte.
Pour une fois, tout semblait tranquille. Aucun ennemi, aucun danger à l’horizon, seulement la perspective d’arriver bientôt -et à temps- au tournoi et de pouvoir s’y venger d’Yvon Bamorel, si toutefois c’était bien lui qui était derrière tout cela comme le supposait Raël Khem.

Le scythien, qui pourtant jusque là s’était montré très prudent, avait de son propre aveu relâché sa vigilance. Perdu dans ses pensées et concentré sur sa folle chevauchée, il n’avait pas prêté d’avantage attention que cela au petit manège de sa compagne, bien qu’il ait fini par le remarquer après un petit temps. C’est d’ailleurs pourquoi il fit ralentir sa monture et questionna Rayna, non sans placer ses mains sur celle de sa passagère. Fatale erreur.

Il est parfois des gestes anodins, ou même qu’on pense faire pour nous protéger, et qui ont en fait l’exact effet inverse. Celui-ci fut un de ceux là. Sans le savoir, Raël venait de placer de lui-même ses mains exactement où Rayna voulait qu’il les place : hors de sa vue directe, et proche, très proche de la sienne. Il lui facilitait ainsi grandement la besogne. C’en était presque même trop simple, écœurant de facilité.

Ainsi, Khem sentit comme une petite piqure lorsqu’il posa ses mains sur celles de sa passagère. Oh, ce n’était pas grand-chose, tout juste l’équivalent de ce qu’aurait causé un dard d’insecte ou une écharde de bois. Il n’y eut même pas une goute de sang versé.

Test d’END de Raël : 14. Echec. Test de DOC+INT d’Asaph : 1. Réussite critique.
…Mais l’effet fut foudroyant. En l’espace de quelques dizaines de secondes, déjà, le scythien sentit sa tête lui tourner. Les images devenaient floues, les sons incompréhensibles. Il semblait que le monde allait trop vite pour lui, qu’il était au ralenti, sans forces. Pourrait-il seulement réagir avant de perdre connaissance et de tomber ?

En tous les cas, le lien unique unissant monture et cavalier joua pour Raël. Sans même qu’il ne fut besoin pour le combattant d’agir, Asaph sentit que quelque chose n’allait pas et ralentit l’allure pour stopper et permettre à son maître de se stabiliser et de mettre pied à terre s’il le souhaitait. Quant à Rayna, Raël l’entendit lui répondre d’abord, avant que le poison ne fasse effet, d’une voix anormalement tremblante :


–Ou… Oui je... j’ai un peu mal au ventre, cette chevauchée n’est pas très confortable. J’aimerai que l’on fasse une petite pause si ça ne te dérange pas…

Pour ton prochain post, tu peux agir à 2 moments :

1 : avant que le poison ne fasse effet, suite à la réponse de Rayna et à la sensation de piqure sur ta main. A part ça, tout semble normal à ce moment là, au niveau de tes sensations. Tu as environ 30 secondes d’actions possibles avant qu’on passe à la phase 2, ci-dessous.

2 : pendant que le poison commence à faire effet, il est à effet rapide, mais tu as le temps d’agir, temps que tu estimes à quelques dizaines de secondes. Tu es cependant considérablement affaibli physiquement et mentalement, il te faut déployer toute ta concentration et ta force pour effectuer des tâches normalement simples à ce moment là.
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Re: [Raël Khem] Le cheval, le corbeau et la relique.

Message par Raël Khem » 11 avr. 2019, 00:00

Au départ la douleur vive ne le fit pas réagir à outre mesure. Les femmes étaient connues pour être coquettes et les épingles faisaient partie intégréante de la parure de demoiselles de bien des contrées. Après un "aïe" sonore sa main se releva brutalement et il laissa le bout piqué à l'air libre quelques secondes pour que la douleur s'évapore. Sentant que la zone le grattait plus que de raison plusieurs secondes après, Raël regarda son doigt: une petite rougeur était apparue, comme celle d'une piqûre de moustique. Trois fois rien, un insecte, une épine, un grain de beauté rouge. Rien ne le préparait aux multiples chocs qui allaient suivre.
Au départ il y eut ce léger tournis, le monde tremblait autour de lui, sans suivre le mouvement d'Asaph qui continuait au galop. Une immense fatigue le saisit à la nuque, comme un lourd poids qui serait tombé droit sur elle. Plus gêné qu'inquiet, du moins au départ, le champion se contenta de s'étira, de plus en plus fébrile. La voix lui parvint au ralenti et sa caboche lasse peinait à présent à former les mots entendus.


–"Ou… Oui je... j’ai un peu mal au ventre, cette chevauchée n’est pas très confortable. J’aimerai que l’on fasse une petite pause si ça ne te dérange pas…"

La toute fin n'était même parvenue à son esprit. Ses yeux se vidaient de leur substance et son corps tanguait comme sur une barque. Ses mains ne tenaient sur la selle que par miracle et sans le réflexe d'Asaph qui sentit immédiatement le changement dans l'attitude de son cavalier et ralentit d'elle-même. Il n'avait même plus la force de descendre et s'était effondré sur lui-même, les bras ballants et tassé. Avec peine l'homme du Sud parvint à se redresser[ sur sa selle. La bouche pâteuse, les yeux presque clôts, l'effort pour simplement se maintenir conscient était terrible. Pas de doute possible: Rayna l'avait empoisonné avec une aiguille! S'il lui était resté davantage de forces il en aurait pleuré. Le destin lui-même semblait se moquer de lui.

-"Rayna… Pourquoi?"

Il avait perdu, sur toute la ligne. Ces salopards de marchands s'étaient joués de lui de bout en bout avec une précision et une perspicacité qui confinait au démiurgique. Ils l'avait trompés en la faisant kidnappée, ils avaient prévus un appareil mercenaire qualifié et efficace, ils avaient soudoyés ou menacés la femme aimés pour qu'elle trahisse au dernier moment... L'avait-elle jamais aimé d'ailleurs? Et si son affection et sa faiblesse affichées n'avaient été que des leurres destinés à garantir un joker dans la main de ses adversaires? Pourquoi continuer d'ailleurs? Il avait perdu c'était tout.

Maintenant elle allait probablement le laisser tomber là, sur la route, et l'égorger pour faire bonne mesure. Ou pire: ne pas le tuer et le laisser constater son échec. Il le voyait déjà, à travers sa léthargie: il se réveillerait, Asaph aurait sans doute disparue, il continuerait à pied, la nuit serait tombée, il s'écroulerait de fatigue aux portes du camp. Là les soldats s'empareraient de lui, l'amèneraient devant leurs supérieurs et tous secoueraient la tête, désolés, en expliquant qu'on ne pouvait plus rien faire. La lance lui passerait sous le nez, un autre champion la récupérerait. Il quitterait la ville sous les rires goguenards d'Yvon Bamorel et des marchands qui le soutenaient, il rentrerait à Nehekhara sans avoir rien rapporté. Sans doute qu'on le blâmerait pour son départ, qu'on l'humilierait pour son échec, qu'Aziz n'aurait pas un avenir plus assuré que le sien. Il finirait alors par mourir quelque part dans le désert, soldat éternel pour la cause du Roi-Dieu.

Était-ce pour ça qu'il avait tout quitté? Pour revenir bredouille, faible et vaincu, déshonorant l'entièreté de son peuple? Et même sans ça, laisserait-elle une femme qui l'a trompée de bout en bout, l'avait manipulé, s'était moquée de lui, l'emporter aussi facilement?

Non.

Il refusait. Son corps l'abandonnait, ses muscles lâchaient, son esprit s'endormait, mais il n'avait pas dit son dernier mot. Il y avait deux choses qui pouvaient, selon les légendes, sauver un homme: sa volonté et sa foi. Raël avait les deux et il allait le prouver. S'il fallait ramper devant le dieu de la Mort pour obtenir la victoire, mettant son âme en sursis par la même occasion, il devait le faire. Pour Aziz, pour Nehekhara.


-"J’invoque Djaf, le Dieu Chacal de Khemri, Gardien des Portes de l’Amenti,
le Seigneur de la Nécropole.

Ô toi à la tête de Chacal Toi, Toi je T’invoque !
Toi qu’on appelle Imy-out « Celui qui est la bandelette » ; Toi, Toi je T’invoque.
Toi qui détient la Croix de Vie et de Mort, Toi, Toi je T’invoque.
Toi dont la face est d’un Obscur plus Sombre que la Nuit Toi, Toi je T’invoque.
Toi, dont les oreilles pointues se dressent pour entendre les Parôles Justes au jour du Jugement, Toi, Toi je T’invoque.
Toi dont le museau est d’un argent éclatant aux reflets lunaires Toi, Toi je T’invoque.
Toi dont la peau est teinte d’un rouge écarlate, Toi, Toi je T’invoque !

Submerge de Ta Présence Celui qui T’appele ..
Moi qui vit l’Aube de Ptra en la Cité de Khemri
Honore La Langue du Juste.
Moi qui T’appelais déjà à Numas.

Alors Viens, Viens Te dis-je, Reçois ce Pur Sacrifice du Cœur.

Par les Couleurs aux Teintes Abyssales et le Voile de la Nuit je T’invoque
Par le Nom de Tépy-djou-ef « Celui qui vient de la montagne, surplombant les Sanctuaires », je T’invoque
Par le Nom de Khenty-seh-netjer « Président du Divin Pavillon » je T’invoque
Par le de Nom Imy-out « Toi qui est la bandelette » je T’invoque
Par le de Nom Néb-ta-djéser je T’invoque.
Par l’Encens, par le Signe et par le Sceau je T’invoque.

Que ma langue transperce les brumes du Mensonge
Par le mot de Pouvoir NEHEKHARA je T’invoque.

Par le Rituel et par le Sang je T’invoque !"


Il parla fort et clair au départ mais sa voix se perdait alors que sa grande prière s'achevait. Il cherchait à accomplir un ultime sacrifice, une ultime demande aux dieux. Djaf lui accorderait peut-être sa puissance mais un prix serait à payer, dans ce monde ou dans l'autre. Se réveillerait-il avec le sang d'un inconnu sur les mains? Serait-il torturé pour l'éternité pour cet appel? Finirait-il seul et dans le malheur? Qu'importait. Le tout était d'arriver à bon port, avec ou sans Rayna...
Bon! Cette malchance chronique et ces décisions difficiles me repoussent dans mon dernier tranchement. J'utilise mes 24 PdCs de Djaf afin qu'il me donne la force de vaincre le poison et d'accomplir ma quête.

A noter que la prière du dessus est une véritable prière d'invocation dédiée à Anubis, modifiée par mes soins! Comme IRL, je suppose que la prière s'accompagne d'une malédiction dépendant du bon vouloir du dieu. Sera-t-elle terrible ou douce? Nul ne le sait!
Modifié en dernier par [MJ] Kriegsherr le 01 juin 2019, 12:59, modifié 1 fois.
Raison : +6 xps
Raël Khem, Maître-d'armes Scythien
Profil: For 14 | End 14 | Hab 11 | Cha 8 | Int 10 | Ini 15 | Att 16 | Par 16 | Tir 8 | NA 3 | PV 105/105
Lien Fiche personnage:

http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... _rael_khem
Equipement:

Compétences:
Compagnon : Aziz, voleur
Profil : For 6 | End 6 | Hab 11 | Cha 7 | Int 8 | Ini 10 | Att 8 | Par 9 | Tir 9 | NA 1 | PV 40/40
Compétences : Fuite (1) Chance (1) Escamotage (1) Mendicité (1) Vol à la tire (1)

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Re: [Raël Khem] Le cheval, le corbeau et la relique.

Message par [MJ] Kriegsherr » 14 avr. 2019, 21:54

La jeune femme tremblait. Tout comme Raël, il était visible qu’elle n’était pas bien. Etait-ce la peur qui l’habitait, la peur que le scythien trouve la force de la frapper dans un ultime sursaut avant de sombrer dans l’inconscience ? Etait-ce le remords, la culpabilité qui la rongeait, poison de l’esprit encore plus insidieux mais non moins puissant ?

Le guerrier n’aurait su le dire. Tout ce qui était sûr, c’était que ce contact avec la prostituée, la dernière chose que le guerrier ressentait encore bien, lui transmettait cette information, cette sensation brute. Et lorsqu’il eut la force de poser LA question, celle à laquelle elle s’était attendue, c’est en larmes qu’elle lui répondit, la voix brisée par le chagrin. Ce qu’elle racontait était de plus en plus difficile à comprendre, au fur et à mesure que l’engourdissement gagnait le scythien, mais elle parlait suffisamment fort et distinctement pour qu’il entende ses mots, sa confession :


-Je suis désolée, Raël, désolée. Tu es quelqu’un de bien, mais je n’avais pas le choix. Je ne peux pas coucher gratuitement seulement pour des beaux yeux, même les tiens. Tu aurais dû te méfier. Delphine, Isabelle, je suis navrée qu’elles aient été mêlées à cette histoire… Elles n’y étaient pour rien.

Ca n’aurait pas du se passer comme ça. Tu aurais du rester au moulin. Ils m’avaient promis de ne pas te faire de mal. Tu ne te serais douté de rien. J’aurais été payée, mes dettes effacées, une nouvelle vie… Que j’aurais pu partager… Avec toi.

C’était le seul moyen pour moi de sortir de cet enfer. Le seul moyen de me libérer de mes chaînes d’esclaves. Ca ne se termine pas comme je l’aurais voulu. Tant pis. C’est le prix à payer pour ma liberté, et même si pour cela j’ai du sacrifier mes rêves avec toi. Ca n’aurait pas été possible, sans doute, de toute façon. Le rêve futile d’une catin sur le prince charmant…


Tout en parlant, la jeune femme avait mis pied à terre et commencé à desseller Raël Khem afin qu’il ne tombe pas de cheval. Une fois à terre, elle l'allongea sur le dos et le regarda avec le regard emprunt de tristesse, de tendresse et de l’amertume du regret. Elle avait pleuré, mais c’était fini maintenant.

-Adieu, vainqueur de mon cœur.

Dit-elle en partant, sur un ton d’excuse, comme pour justifier son geste. Elle s’était retournée et avait commencé à marcher vers la ville. Elle avait dans un premier temps tenté de prendre Asaph, mais la jument ne s’était pas laissé faire, elle refusait catégoriquement de laisser son maître. C’est alors que Rayna Labelle s’éloignait vers L’Anguille, le dos tourné quelque chose d’étrange se passa. Quelque chose d’imprévu, d’impossible, et qui pourtant se produisit. Raël parlait, ou plutôt déclamait des strophes, des vers, même si elles n’étaient pas dans un langage compréhensible par la prostituée.

Il appelait le dieu de la Mort… Et le dieu répondit.

Nul n’aurait pu dire qui de Djaf ou de Raël se releva ce jour là. Comme une autre déesse l’avait fait il y a bien des millénaires pour une reine contre un poison bien plus violent, le dieu chacal annihila l’effet de la substance étrangère. Que pouvait un simple soporifique, aussi élaboré et puissant fusse-t-il, contre toute la puissance d’un dieu ?

Une chose était certaine : la force était de retour en lui. Une force extérieure, supérieure à celle qu’il avait jamais eue, même. C’était comme si un avatar de son dieu, une infime partie de la puissance de Djaf, l’habitait. Désormais, il pouvait à nouveau marcher, courir, se battre. Le seul signe extérieur de cette possession, qui laissait pourtant le possédé libre de ses mouvements et de ses actions, était les yeux de Raël, devenus jaunes et brillants comme le sable de Nehekhara sous un Soleil au zénith.

Mais au fond de lui, Raël sentait bien que l’aide du dieu ne serait pas gratuite. Il y aurait un prix à payer pour une telle puissance. Quel serait-il ? Lui-même l’ignorait encore, mais nul doute que le moment venu, le dieu saurait le lui indiquer. Pour l’instant, outre la possession, il ne reçut qu’une seule vision du dieu. Ou plutôt, une image, un souvenir qui revenait dans sa tête. La Lance d’Affliction, car tel était son nom. Le présage était clair, presque obsédant, mais il ne constituait pourtant qu’un préalable, une étape nécessaire, mais pas finale dans la volonté du dieu chacal.

Image


Rayna ne s'était pas retournée elle était à vingt ou trente mètres du scythien transcendé, maintenant.

Je te laisse la liberté de décrire la "possession". En termes de jeu, tu ne connais pas encore les effets de ce nouveau corps, ni la durée de l'effet, mais tu peux imaginer sans peine que c'est temporaire. La seule chose que tu sais, c'est que pour l'instant, tout te semble plus clair, plus facile, plus limpide. Tu ne ressens ni la faim, ni la fatigue, ni la douleur. L'obscurité n'a aucun secret pour toi, tu y vois aussi clair qu'en plein jour, quand bien même elle serait totale. Tu vois aussi avec une acuité inhumaine, semblable à celle du faucon. Globalement tous tes sens sont beaucoup plus aiguisés. Mais tes yeux brillent d'une lueur jaune dorée.

Pour décrire la sensation et le contrôle dans cette forme, il te faut t'imaginer un peu la même chose que dans SetB avec les "chevauchements" par des esprits vaudous. Je précise que tu sens que la forme te laisse le contrôle.

Très bonne idée la contrepartie. Ca va me servir pour potentiellement ouvrir une grande quête et t'offrir des choix supplémentaires qui influeront je le pense sur ton personnage. Les volontés et effets secondaires de l'appel au dieu chacal seront révélés petit à petit. Note bien que tu n'es pas obligé de suivre les volontés de Djaf : tu restes libre de tes choix in-RP. Celles-ci ne seront d'ailleurs pas toujours claires, ce sera à toi de les interpréter. Comme ici, il pourra s'agir d'une image, mais aussi d'un son, d'une phrase, d'une énigme, d'une sensation,...
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Re: [Raël Khem] Le cheval, le corbeau et la relique.

Message par Raël Khem » 20 avr. 2019, 12:28

Une étoile noire brillait dans un ciel blanc, vierge de tout nuage. Sous l’œil sombre il y avait du sable à perte de vue. Un sable granuleux, sale, dans des tons variant du beige au gris. Le souffle glacé du désert faisait chanter les dunes, emplissant l’air d’une mélopée constante aux accents funèbres. L’observateur, même attentif, n’aurait pu en tirer bien plus.
Le vide absolu adossé à un vacarme éternel, tel était ce lieu. Il était pourtant un groupe de chacals qui évoluaient là, remuant les collines déstructurées et reniflant le sol à la recherche de quelque chose. Leur aspect était aussi étonnant que déroutant. Aucun poil ne parsemait leur corps, leurs yeux brillaient d’une lueur jaune incandescente et leur peau semblait être composée d’une matière noire lisse qui absorbait toute lumière. Quatre de ces êtres parcouraient ainsi les plaines beiges et brunes, sous une lumière des plus faibles. Chaque recoin était fouillé, leurs pattes foulaient tous les grains de sables et leurs yeux observaient jusqu’à la moindre variation de mouvement alors que leurs oreilles se dressaient quand les collines changeaient de chant.

L’un d’eux aboya. Rauque et puissant était son cri, sortant sans peine les trois autres de leur torpeur contemplative. Afin de s’assurer de sa trouvaille, l’animal renifla à nouveau le sable avant de creuser avec ses pattes avant sur une vingtaine de centimètres. Une main humaine lui apparue bientôt, levée et tendue, comme pour un appel à l’aide. Continuant son œuvre jusqu’à découvrir le reste du corps, le chacal fût bientôt très intrigué : que faisait cet humain ici ? Ses compères ne tardèrent pas à lui prêter main forte et ensemble ils agrippèrent avec leurs mâchoires les membres de l’humain. Précautionneusement mais avec une force défiant l’imagination ils tirèrent le malheureux de sa tombe ensablée et le laissèrent reposer sur le sable, nu comme au jour de sa naissance. Les chiens du désert s’échangèrent un regard entendu. Démontrant une fois de plus leur puissance surnaturelle ils soulevèrent l’homme aux membres et partirent droit devant eux.

Ils connaissaient ce chemin, ils l’avaient déjà emprunté des centaines, non, des milliers de fois. Rapidement une escadre de vautours déferla depuis le soleil, leurs ailes enflammées ne semblant pas les gêner le moins du monde. Brisant la mélodie des dunes avec leurs cris stridents, ils ne reçurent pourtant en réponse que des aboiements vindicatifs. Ils insistèrent quelques instants encore avant d’aller voir ailleurs s’ils ne trouvaient pas une proie plus facile. Satisfait, les canidés reprirent la route jusqu’à leur destination, une structure carrée, en marbre et granit, qui jaillissait littéralement du désert, froide et nue.

Sans se démonter, ils traînèrent le corps à travers l’entrée unique : un portail austère donnant accès à un couloir large où des figures dessinées de profil dansaient et bougeaient en permanence. Des scènes de la vie courant se déroulaient, s’achevant constamment sur la mort d’un des protagonistes. Là un chevalier affrontant un monstre ailé se faisait dévorer, là un mage en robe bleue était détruit par une créature rose et difforme, ici encore un humain en robe noire était foudroyé par des semblables. Des figures spectrales hurlantes sortaient de tous les défunts pour s’engouffrer dans le sombre tunnel, à peine éclairé par quelques torches dont les ténèbres semblaient absorber la lueur. L’humain toujours inconscient ouvrit doucement les yeux, troublé dans son sommeil par le roulis du déplacement. Ses yeux se figèrent d’horreur et ses muscles s’agitèrent en vain pour faire lâcher prise les bêtes. Avec un dédain absolu ces dernières ne daignèrent même pas ralentir suite à ses secousses. Elles s’affaiblirent de toute façon bien vite : la lassitude s’emparait de ses membres un peu plus à chaque mouvement, une fatigue terrible attaquait son corps et un vide accablait son esprit. Passé quelques pas son agitation cessa d’elle-même.

Le couloir sembla durer une éternité. Les dessins aux murs, toujours changeants, libéraient un flot ininterrompu d’âmes hurlantes et apeurées, aspirées par la noirceur du palais. Soudain, comme un seul être, les chacals le lâchèrent, le laissant tomber au sol, sur le marbre glacial, avant de partir droit devant eux au galop. Avec peine la silhouette masculine se releva. Son esprit était blanc, ses yeux mi-clos et absents. D’un pas mécanique il suivit les canidés, incapable de mettre même un nom sur son existence.

Seul dans le couloir, il erra une éternité, uniquement bercé par les hurlements des spectres qui suivaient son trajet. Une émanation vaporeuse finit pourtant par bloquer sa progression. Avec un désintérêt manifeste l’homme observa la chose face à lui. Un fantôme, un vestige d’humanité, à la silhouette humaine mais au corps vaporeux et transparent. Une large file continuait à l’infini. Ils avançaient tous au même pas, lent et résigné. L’humain ne tarda pas à les rejoindre, seule son opacité le différenciant du désespoir morne enveloppant le lieu.
Combien de millénaires s’écoulèrent encore ? Un ? Deux ? Le monde existait-il seulement encore ? Une nouvelle foule d’âmes s’était massée derrière lui, en file, comme les autres. Voilà bien longtemps que le cadavre ambulant qui errait dans le couloir infini avait cessé de penser.
Quand son regard se rouvrit ce fût pour contempler une pièce austère et fermée. Il était seul à présent. Plus de fantômes, plus de couloirs, plus de sortie.

La pièce qu’il découvrait n’était pas descriptible avec un regard rationnel. Ses dimensions semblaient varier selon où l’on posait le regard : tantôt un mur était si proche qu’un bras tendu pouvait l’atteindre, tantôt il était si loin que les braseros accrochés aux mosaïques disparaissaient dans le lointain. Des statues de rois néhékhariens apparaissaient et disparaissaient en l’espace d’un clin d’œil, murmurant à leur départ des approbations, des insultes ou des morceaux de prières.


Tu ne seras pas refoulé par les briseurs qui sont dans l'au-delà.

Mystérieuse était ton âme parmi les Primordiaux.

Tu es un être dont le corps est faible.

Toi dont la bouche sent le lait.

Par la sagesse de Ptra j’appelle le Ka et le Nout.

Et armée de sa lance, Asaph châtiait et châtiait encore.

Tout cela ne lui signifiait pourtant rien. Aurait-il dû se rappeler de quelque chose? Ses yeux quittèrent les sols et les murs pour se diriger droit devant lui. Seules deux lumières brillaient dans l’obscurité, très hautes et immobiles. Elles éclairaient fort peu, à tel point qu’on ne voyait même pas le mur qui les soutenait. Le spectre tangible comprit qu’il ne s’agissait pas de flammes quand les boules de lumière descendirent vers lui, se rapprochant des feux. Il distinguait peu, une silhouette canine gigantesque ceinte d’une couronne en or massif surmontées de figures humaines et animales en joyaux qui semblaient se mouvoir et parler un langage inconnu aux oreilles de la divinité. Un son terrible retentit, faisant trembler chaque mur.

Celui qui est chez les morts sera jugé parmi les morts.
Raël Khem, Toi-Qui-Marches-Parmi-Les-Morts, tu seras jugé.

Les pupilles d’or se tournèrent vers l’infinité de la pièce et illuminèrent une balance à colonnes dont Khem, puisque tel était son nom, aurait-pu jurer qu’elle n’était pas à sa place une seconde auparavant. L’appareil de mesure était fait de métaux précieux et rutilants. Deux grandes coupoles reliées par des fils de soie servaient aux différentes pesées.

Sur le point d’équilibre, stoïque et noble, un faucon gigantesque trônait. Un œil unique d’un gris diamanté scrutait le Scythien, perçant jusqu’à son âme. Raël eut un mouvement de recul quand le faucon leva une aile, mais finalement il se contenta de faire tomber une plume sur un des plateaux, le faisant légèrement s’enfoncer, presque d’un rien. Avec une pointe d’observation l’observateur percevait l’ingénieux mécanisme : la balance semblait bloquée d’un côté mais condamnée à tenir en équilibre par trois crochets d’or qui maintenaient en place le plateau encore vide. Si un plateau pesait bien plus que l’autre les crochets se détacheraient purement et simplement. Un petit escalier permettait à l’accusé de monter sur la deuxième coupe, mais c’est une fois à côté que le guerrier eut un sursaut : sous sa coupole était un puit remplit de scarabées khepras. Des souvenirs flous frappèrent sa mémoire, mais tous les mettaient en garde contre ces dangereuses créatures. Si son côté s’affaissait trop, il serait dévoré vivant.

Vainement le champion tenta de combattre la force irrésistible qui le poussait à avancer vers son procès. Lentement ses pieds montèrent les marches. Un pas supplémentaire fût demandé pour arriver au bord. La panique s’empara de lui et son esprit se concentra sur la fuite, en vain. Refusant d’obéir, ses jambes le placèrent sur le billot… Qui ne bougea pas. Il était en équilibre parfait avec la plume, ce qui lui apporta immédiatement un soulagement titanesque… Qui ne dura que quelques instants. Le faucon ne cillait pas, le toisant toujours de son œil unique. Sa voix traversa l’espace et le temps, plus martial mais moins grave que celle de son homologue divin.


Comme l’enfant qui vient de naître ton esprit est pur car tu es sans souvenirs.
Ton jugement commencera à présent.
Raël Khem, Toi-Qui-Sers-Les-Dieux-En-Occident, tes crimes apparaîtront aux yeux de tous.
Moi, Phakth, Celui-Qui-Voit-Les-Péchés, révèlerait ton âme au grand jour.

Le dieu se tût alors. Aucun son ne sortait de sa bouche, aucun bruit ne venait troubler crépitement des flammes, aucune des divinités ne faisait le moindre mouvement. Quant à lui, Raël hurlait. Tous ses souvenirs lui revenaient en mémoire, tous ses actes, bons ou mauvais, lui étaient assénés en même temps.

Et la balance grinçait dangereusement.

Oh bien sûr il y avait les péchés mineurs, les fautes puériles ou les délits de jeunesse. Voler une datte dans les palmiers du voisin, brimer un camarade, se bagarrer avec d’autres enfants… Ces fautes là étaient aisément pardonnées et la plume ne vacillait pas en les recevant. Le premier crochet lâcha.


De trop nombreuses vies ont déjà été sacrifiées pour notre cause.
Puis venaient les erreurs importantes : il avait refusé de retrouver Héloïse à Nuln, il avait échoué à achever Romain d’Albon, laissant un ennemi de Nehekhara revenir, il avait été vaincu plusieurs fois par des adversaires méprisables Le second crochet céda.

Un esprit fort existe pour la rédemption.
Pourtant les fléaux de la balance tinrent encore bon. Le dernier obstacle qui retenait son disque crissait d’une façon menaçante mais la différence de poids restait insuffisante. Un instant, le Scythien se crût sauvé.
Mais il lui restait à passer le dernier péché, le plus grand, le plus terrible : il avait déçu Ptra et le panthéon dans son ensemble. Phakth lui faisait défiler ses plus odieux souvenirs : ses échecs à répétition contre le vampire, son incapacité à récupérer le passé de son peuple, son ultime échec en Bretonnie, empoisonné par ce qu’il pensait être une alliée fidèle. Pire que ses petites erreurs de chemin, son manque de réussite était inacceptable aux yeux des dieux.
Pour ce crime un jugement avait déjà été prononcé, la peine était établie, Asaph, déesse de la Vengeance, avait établi le châtiment : une éternité dans les ténèbres.

Le crochet d’or qui le reliait montra les signes avant-coureurs de la faiblesse. Khem aurait voulut courir, sauter, s’enfuir, mais son corps refusait de bouger. Sous lui les scarabées s’agitaient, préparant leurs mâchoires pour le festin qui arrivait. Paniqué, transpirant, celui qui fût un guerrier d’exception ferma les yeux et attendit sa punition.


Une deuxième chance devrait lui être accordée.
Le cri du crochet cessa, remplacé par un silence absolu. Raël ouvrit lentement les yeux, transpirant à grosses gouttes. Un chacal noir aux yeux brillants, comme ceux qui l’avaient d’abord ramené du désert infini, se tenait à côté de la plume, faisant contrepoids. Phakth, pour la première fois depuis des millénaires, depuis qu’une reine avait été sauvée par une déesse, parut surpris.

La sentence est prononcée, Ô Toi-Dont-Les-Oreilles-Distinguent-Le-Mensonge.
Moi, Phakth, Celui-Qui-Voit-Les-Péchés, ait condamné son cœur.
Tous les dieux suivent le jugement de Phatkh.
Et Raël Khem sera maintenant le Trois-Mille-Fois-Damné.

Le dieu Djaf, d’abord couché, se releva pour s’asseoir, arrière du corps au sol et pattes tendues vers l’avant dans une assise parfaite. Il contempla de haut le dieu faucon, le fixant de ses pupilles qui brûlaient à présent comme deux soleils.

Djaf, Celui-Qui-Guide-Les-Morts, le rejette.
La mort refuse de prendre Celui-Qui-Marche-Parmi-Les-Morts.
Raël Khem, le Trois-Mille-Fois-Damné, a appelé à contrecarrer la Mort.
Et Djaf, Celui-Qui-Est-La-Mort, accepte.

Sentant l’emprise du faucon diminuer sur lui, Raël ne se fit pas prier et bondit plus qu’il ne marcha hors de la balance qui décidément lui causait bien trop de frayeur. L’oiseau redirigea son œil sur lui, considérant son acte comme un véritable outrage. Furieux, la divinité envoya deux coups d’ailes pour s’envoler vers les plafonds infinis où elle disparue dans le noir.
Le chacal de la balance sauta pour se coucher aux pieds de son maître, alors que Raël faisait son possible pour ne pas s’enfuir devant la divinité qu’il avait appelé sur terre. Ses souvenirs lui étaient revenus dans leur entièreté. La tentative de sauvetage, la trahison de Rayna, son sommeil à cause du poison, l’échec dans sa quête. Haletant alors que sa mémoire lui revenait, il osa parler :


-"Mais… Je ne suis pas mort… J’étais endormi…"

Hochant négativement la tête, Djaf répondit.

Tu n’es pas mort de corps, tu es mort d’esprit, mort pour les dieux.
Ainsi est le prix de l’appel du Dieu des Morts.
Ainsi était ton destin.

Frappé de stupeur, le guerrier ouvrit de grands yeux : il avait appelé cette malédiction sur lui-même ? Il avait condamné son âme au jugement en prononçant cette prière, alors même qu’il avait déçu les dieux une nouvelle fois ? Mais si tel était son destin, alors…
Avec une audace dont il se serait pensé incapable dans une telle situation, l’homme du Sud osa demander :


-"Mais si le destin est écrit, si les dieux le connaissent, comment puis-je être condamné pour mes actes ? Je n’y pouvais rien "

Un éclair traversa le regard du chacal géant. Toutefois, sentant peut-être la pertinence de la question, il daigna répondre à sa façon :

Ne te marie pas. Car si Basth a décrété que tu ais des enfants, tu en auras.
Autrement, tu n’en auras pas.
Ne mange pas non plus et ne bois pas.
Car si Geheb a décrété que tu sois rassasié, tu le seras.
Autrement, tu ne le seras pas !
Si un fauve t’attaquait, ne fuis pas.
Car si Khsar a décrété que tu sois sauvé tu le seras.
Autrement, la fuite ne te sera pas utile.
Si tu tombes malade, ne te fais pas soigner.
Car si Tahoth a décrété que tu sois guéri, tu le seras.

Le non-mort se gratta la tête, perplexe. Ces mots n’avaient aucun sens, bien sûr qu’il mangerait, boirait, s’enfuirait, se soignerait et ainsi de suite… Sans doute était-ce là ce que le dieu tentait de lui faire comprendre : le destin avait beau exister l’humain n’en était pas moins seul responsable de ses actes, car le destin lui étant inconnu celui-ci ne pouvait l’influencer. Djaf ne s’encombra pas de sa réflexion et choisit de continuer son dessein:

Djaf, Celui-Qui-Est-La-Mort, te déclare rejeté de Son royaume.
Par la toute-puissance de Ptra, je brise le destin.
Par ma seule volonté, je te renvoie et te commande.

Le petit chacal noir de jais et aux yeux d’or, jusque là couché aux pattes de son maître, se releva pour se jeter sur Raël. Celui-ci, dans un réflexe à la fois de panique et de défense, plaça ses bras en croix devant lui pour arrêter l’assaut. L’animal ne fit pas grand cas de cette parade illusoire. Gueule fermée, la détermination dans les yeux, il traversa la chair faible du guerrier pour pénétrer son corps. La sensation était terrible, comme une lame glaciale qui le frappait en plein cœur, coupant son souffle, gelant son âme.

Paniqué, il combattit la présence en lui. Il ressentait sa rage, la volonté de moissonner les âmes, de détruire. Il ressentait aussi le calme qui émanait du chacal divin, la sensation du repos éternel, le calme froid et la détermination infinie qui habitait Djaf. Les deux se battaient pour le contrôle de son corps. Ses yeux changeaient de couleur, alternant contre le bleu de l’humanité et le jaune de la divinité. Son corps changeait en permanence, ses mains se cernaient de griffes, devenaient des pattes puis retrouvaient une apparence humaine. Son corps se courbait sous l’impulsion des deux forces en affrontement. Son visage s’allongeait, s’emplissait de crocs, son nez devenait museau, sa peau se parsemait de poils noirs. La souffrance physiques et mentale en était insoutenable.

Il tomba au sol. La situation n’avait duré qu’une seconde mais pour lui c’était comme si un siècle de combats s’était déroulé. Incapable de savoir s’il avait encore la force de se lever, le guerrier resta à terre, haletant, suant, mais empli d'une puissance qu'il n'aurait jamais cru possible.


Raël Khem, Celui-Qui-Marche-Parmi-Les-Morts.
Celui-Qui-A-Déçu-Ptra.
Le-Trois-Mille-Fois-Damné.
Tu es désormais Ma volonté.

Respirant fort, suppliant presque, le Scythien hurla:

-"Quest-ce que je suis devenu?!"

Toujours aussi calme et grave dans ses propos, Djaf répondit:

Tu es le Témoin Éternel.
La goutte qui jamais ne se fond dans l’océan.

Quelques mots furent prononcés dans une langue inconnue par la divinité, ouvrant une petite porte d’un blanc brillant sous Raël. Celui-ci, peinant à se relever, y fût instantanément aspiré, tombant en chute libre vers l’infini. Le dieu de la Mort lui envoya des dernières paroles:

Ton acte a brisé le cycle.
Un prix sera à payer pour corriger cette erreur.
Car en contrant le destin
Sans chercher à expier ce crime odieux,
Tu déclencheras une fureur
Qui fera trembler les dieux eux-mêmes.

----------------------------------------
Au départ seul son bras bougea.

Comme une marionnette désarticulée qu’un artiste tentait de remettre debout en tirant sur ses fils, Raël Khem se releva. Son souffle était devenu sourd et rauque, il grognait à chaque expiration, ses yeux se remplissaient d’une couleur dorée et il se positionna à quatre pattes instinctivement. Quelques secondes furent suffisantes au guerrier pour reprendre pleinement le contrôle de son âme. Son réveil fût comme celui qui venait après un rêve, brutal et violent, mais rassurant. Un peu perdu, il observa le monde autour de lui.

Tout était si différent. Les couleurs dansaient avec limpidité devant lui, son équipement lui paraissait souple et léger, milles parfums inconnus lui parvenaient et il aurait pu suivre quelqu’un à la trace. Son corps autrefois frêle et limité lui paraissait désormais empli d’un potentiel incroyable ! Plus rien n’était impossible, plus rien ne pourrait lui résister ! Asaph, sa belle jument, hennit de façon inquiète, sentant sans doute le prédateur en lui. Elle eut un mouvement de recul quand il releva son visage vers elle, avec ses yeux d’un jaune doré éclatant. Il leva la main vers elle et le mouvement lui parut si aisé qu’il le surprit!


-"Allons Asaph, ma belle, ce n’est que moi…"

Le destrier tentait sans doute de faire la part des choses mais l’acte ne devait pas être simple pour son esprit animal. Finalement, après une forte hésitation, elle consentit à laisser son cavalier la monter à nouveau.
Un calme froid et une détermination sans faille avait remplacés la crainte et le chagrin dans l’esprit du Témoin. Djaf lui envoyait un message : il devait récupérer la lance par tous les moyens. Sans attendre, même si Asaph montrait quelques signes de fatigue, il la lança à la course en direction de l’Anguille.
En passant au niveau de Rayna Labelle, il fût tenté de lui asséner un coup de kopesh, mettant fin à sa misérable vie. Le chacal tenta bien de lui susurrer sa vengeance à l’oreille, mais Raël n’en fit rien. Que lui importait désormais cette mortelle, perdue dans ses petits problèmes ? Avec sa victoire finale elle resterait dans sa misère et sa crasse. C’était là la meilleure punition possible.
Pourtant tout n’était pas réglé.

Il avait vu son reflet dans les pupilles de sa jument, ses yeux d’or ne seraient probablement pas au goût des organisateurs du tournoi. Il serait accusé de sorcellerie et disqualifié d’office, contraint ensuite d’utiliser la manière forte pour obtenir la lance. Si cette perspective ne lui déplaisait pas elle ne serait ni la plus rapide, ni la plus facile : vaincre au tournoi serait bien plus simple.
Avec son calme retrouvé il mit un plan mental en place : déjà se faire voir par les gardes de l’Anguille afin qu’ils avertissent le jury que Raël Khem était bien de retour pour participer. Jeannot pèserait sans doute de tout son poids pour que le combat soit légèrement retardé, ce qui serait bien moins difficile à faire accepter qu’une annulation de match. Pendant ce temps il irait jusqu’à sa tente ou une armurerie quelconque pour récupérer un homme bien épais à la visière bien fine cachant au maximum ses yeux, accompagné d’une armure et d’une lance d’arçon. Sur le chemin, quand il croiserait du monde, il fermerait simplement ses paupières et percevrait le monde.

Bien entendu e diriger à l’aveugle était plus difficile, mais le monde lui paraissait désormais si clair, si limpide, avec ses sons, ses odeurs et ses mouvements d’air qu’il ne doutait pas de pouvoir se déplacer aisément au travers des foules, surtout qu’il connaissait la configuration du camp à force de l’avoir traversé.
Et une fois dans l’arène, face à Yvon Bamorel…

Il lui ferait goûter à la puissance d’un dieu.
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Re: [Raël Khem] Le cheval, le corbeau et la relique.

Message par [MJ] Kriegsherr » 23 avr. 2019, 00:53

Très joli post !


La jeune femme marchait lentement en direction de l’Anguille. Elle avait séché d’un revers de manche les larmes qui avaient parcouru ses joues peu de temps auparavant, mais de légères traces salées subsistaient encore sur ses pommettes, preuves discrètes d’une douleur récente. Chaque pas qu’elle faisait la rapprochait de la liberté qu’elle avait tant souhaitée. Finies les dettes, finis les macs et les maîtres. Cela faisait des années qu’elle en rêvait, et elle aurait tout donné, fait n’importe quoi pour se libérer de ses chaînes, se soustraire à l’emprise de ceux qui contrôlaient sa vie depuis bien trop longtemps déjà. Et elle venait de le faire.

Pourtant elle n’en était pas fière. Loin de là. La jeunette s’était imaginée ce moment des milliers de fois, mais il était toujours heureux dans ses rêves. Ce n’était pas le cas aujourd’hui. Une pointe d’amertume teintait cette victoire éclatante d’une saveur désagréable. Comme si l’on avait gâché son plat préféré avec une sauce qu’elle n’aimait pas. Son sourire triomphant n’était qu’un rictus grimaçant. La joie qu’elle aurait dû éprouver était absente, remplacée par le poids des remords.

Car dans ce monde, elle avait appris très jeune que tout avait un prix… Même la virginité d’une adolescente orpheline. Tout ce que les Hommes pouvaient faire, c’était décider quels prix ils étaient prêts à payer, et lesquels étaient trop élevés pour eux. Et le prix de sa liberté, en l’occurrence, c’était Raël Khem.

Raël Khem… Un étranger. Un homme du Sud. Un combattant. Un champion. Un homme tout court, mais pas des plus courts, bien au contraire. Ce qui paraissait facile de prime abord c’était complexifié au fil du temps. Oh, des bons amants, elle en avait connu, ce n’était pas la question. Des gens célèbres et puissant aussi. Non, ce qui avait peu à peu rendu Raël Khem si différent des autres, des simples « clients agréables », c’était sa personnalité. Cette force, cette conviction dans ses objectifs. Cette simplicité désarmante. Cette loyauté indéfectible envers ses proches. Cette attention prêtée même aux plus modestes…

Si bien que ce qui aurait dû être une tâche facile, faire en sorte qu’un champion crédible soit neutralisé, était devenu quelque chose de personnel. Quelque part au fond d’elle, elle se sentait coupable. Tant d’images, de paroles, de moment lui revenaient à l’esprit, la torturant sans relâche en lui faisait regretter ce qui aurait pu être.

Drôle de chose que les sentiments n’est-ce pas ? Objectivement, que vaut un chagrin d’amour par rapport à la liberté, surtout quand on subit un esclavage des plus ignobles ? Mais voilà, le cœur est tout sauf raisonnable et objectif. Ainsi, on peut souffrir alors qu’on devrait exulter. La tête dit qu’on a bien agit, qu’au long terme on sera plus heureux, que c’était la seule chose à faire. Pourtant, on ne peut s’empêcher d’être malheureux, même au moment où l’on espère la nouvelle la plus positive de toute sa vie. Et tout ça à cause de quoi ? Ah, l’amour…

Soudain, des bruits de sabots frappant la route à grande intensité se firent entendre derrière elle, et la tirèrent de sa torpeur. Son esprit focalisé sur le noir qu’elle broyait, elle n’avait pas prêté attention à ce qui se passait sur la route jusqu’ici. Au dernier moment, elle vit donc surgir de derrière son épaule droite une monture et un cavalier, tous deux noirs comme la nuit. Ils la dépassèrent en un clin d’oeil sans lui accorder un mot, un regard, un geste, continuant leur folle chevauchée, tels des ombres.

Et elle comprit. Il ne lui fallut que quelques secondes pour intégrer la nouvelle. Elle avait payé le prix, sacrifié Raël Khem, saigné son petit coeur… Pour rien. Pire encore : on ne lui pardonnerait pas cet échec. Dans sa profession, on était souvent au courant de secrets qu’il valait mieux garder pour soi. Elle n’ignorait pas la puissance de l’organisation qui l’avait employée. Elle n’ignorait pas ce qu’ils pourraient faire d’elle. Elle n’ignorait pas qu’ils n’avaient aucune pitié ni aucune tolérance pour les faibles et les ratés.

Ce cavalier si reconnaissable, qui venait de passer auprès d’elle comme si elle était une simple étrangère. Il signifiait une chose pour elle : une condamnation ferme à une vie de souffrances. Des souffrances telles qu’il aurait été moins cruel pour lui de faire ce qu’elle se sentait trop lâche pour oser faire. Certes, elle n’avait pas de chaînes, mais à quoi bon tenter de fuir ? Où, et avec quel argent ? Elle n’échapperait pas à ses propriétaires, ni à ses employeurs et futurs bourreaux. Elle n’était pas de taille à lutter contre cette organisation, elle le savait. Ils avaient des hommes partout, elle ne tiendrait même pas une semaine. Elle avait tout misé, et elle avait perdu. Comment ? Par quel miracle ce qui était impossible avait-il pu se produire ? Elle s’en fichait complètement : ce qui comptait, c’était le résultat. Il ne lui restait plus que ses yeux pour pleurer, en espérant qu’ils soient assez cléments pour les lui laisser.



Quant à notre héros, transcendé, il n’arrêta sa monture qu’une fois arrivé au camp. Déjà, à son entrée, des clameurs avaient salué son arrivée. Comme il l’avait prévu, des gardes se mirent à courir en tous sens, bien plus lents que lui cependant, afin de porter la nouvelle aux organisateurs. Apparemment, on commençait sérieusement à s’inquiéter de son absence. Il arrivait juste à temps.

Trouver de l’équipement convenable ne fut guère compliqué. La moitié des stands et boutiquiers du tournoi étaient spécialisés dans les armes et armures, et tous ou presque étaient ravis de prêter leur matériel à un des champions en lice. Quelle publicité gratuite pour eux ! Quel prestige de se voir choisir comme équipementier par un quart de finaliste du grand tournoi de l’Anguille ! D’autant plus que beaucoup étaient liés à la guilde organisatrice : la Confrérie du Phare. Les marchands en question prêtèrent donc à Raël tout ce qu’il demanda sans faire de problèmes. Au pire, ce serait Jeannot qui paierait les pots cassés !

Et c’est ainsi que Raël Khem débarqua in extremis sur le pré, en armure et monté sur Asaph. Il fut acclamé par la foule, qui, qu’elle le supporte ou non, aurait été déçue de voir un tel combat annulé. La plupart des visages montraient de l’impatience, de l’excitation du soulagement. Certains le raillaient, d’autres l’encourageaient. Mais un simple regard en direction de la tribune officielle lui indiqua que tels n’étaient pas les sentiments de tous. Les organisateurs, eux, paraissaient s’être fait un sang d’encre. Jeannot, notamment, avait encore une mine très inquiète. Et pour cause : ils savaient que quelque chose d’anormal s’était produit, malgré tous leurs efforts, mais ils n’avaient pas encore pu en parler avec Raël Khem. Dans l’état actuel des choses, il leur aurait été impossible de retarder le combat le temps de débriefer. Le public ne l’aurait pas apprécié, sans compter que cela aurait occasionné des retards dans les délais pour les autres combats. Tricherie ou pas, rien n’y faisait : le combat aurait lieu. Le spectacle devait continuer, c’était LA règle dans ce genre d’évènements.

Face au scythien se tenait un adversaire qui, s’il était surpris de le voir arriver, n’en laissa rien paraître. Yvon Bamorel était comme on pouvait s’y attendre en armure lourde complète. Une véritable boîte de conserve géante sur cheval caparaçonné. Il portait lui aussi une longue lance de cavalerie, un écu, ainsi qu’une épée et une dague à la ceinture. L’homme se contenta de se mettre en position, face à son adversaire, et de lui lancer, d’une voix sonore, de manière audible par tous :


-Ah. Voilà enfin notre fringant adversaire qui daigne nous faire l’honneur de sa présence. Sans doute qu’il lui a fallu tout ce temps pour trouver le courage de m’affronter… Ou était-il trop occupé à sauter des catins ? Quoi qu’il en soit, commençons la leçon. Tu aurais mieux fait de ne pas venir et d’abandonner comme tu y as pensé, Khem, car je vais te ridiculiser.

La boutade était un peu longue, mais il s'agissait là sûrement plus d'un message caché que d'une simple insulte ou provocation lancée à un inconnu. Seul Raël pouvait en comprendre le sens, et il y avait là de quoi le faire enrager. Les deux combattants étaient montés, prêts, face à face. Entre eux, rien d'autre que trente mètres de pelouse. Le combat pouvait commencer.
Le Q.G. de Kriegsherr se trouve ici:
http://warforum-jdr.com/phpBB3/viewtopi ... 493#p70493

Et vous pouvez donner un grade au Kriegsherr ici:
http://warforum-jdr.com/phpBB3/viewtopi ... 764#p70764

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Re: [Raël Khem] Le cheval, le corbeau et la relique.

Message par Raël Khem » 24 avr. 2019, 00:11

Il savait.

Il le savait et il n'avait rien fait.

Le lâche.

Le pleutre.

Une colère bouillante montait en Raël, dominé par ses plus sombres sentiments. Ainsi ce fils de lâche était au courant de tout depuis le départ. Impossible de s'y tromper: sa référence à une "Catin à sauver" était bien trop claire pour être le fruit d'un hasard. Secrètement le nouvel avatar de Djaf avait prié pour que cette situation n'arrive pas. Il voulait croire, dans un réflexe romantique puéril, à la sincérité de son adversaire. Tant pis: il avait eu tort d'espérer de son adversaire un peu d'honneur. Il n'en avait pas. Pas plus que ce pays tout entier. Une nation remplie d'assassins, de mercenaires, de brigands, de chevaliers véreux et de commerçants avides. Tout ce beau décorum de respectabilité craquait comme un panneau de terre cuite quand on grattait un peu la surface. Ah! Ils étaient beaux les nobles montés dans de belles armures flamboyantes, défilant près des demoiselles, courtisant et se vantant de mille exploits qu'ils n'avaient jamais accomplis. Mais quand on cherchait un peu dans les tréfonds de la société on tombait sur la lie, la merde accumulée au fond de l'égout et qui dégageait une puanteur terrible.

Sentant sa puissance réhaussée par sa fureur, le Scythien attrapa sa lance d'arçon dans une main et son bouclier d'acier dans l'autre. Bamorel voulait jouer à la joute? Ils seraient deux! Et à ce petit jeu là Raël avait prouvé plus d'une fois ses capacités. Confiant en ses nouvelles capacités, le Scythien transcendé savourait férocement sa proche victoire.

Mais au fond, en y repensant, pouvait-il en vouloir au participant en face de lui? Le jugement de son âme avait montré qu'il avait aussi fait preuve de bassesse, de lâcheté, de cruauté parfois. Était-il si différent de son adversaire? Non en réalité: ils avaient chacun leur mission et étaient prêts à tout pour arriver à leurs fins. Ce jour-ci, simplement, ils seraient opposés… Cette pensée, loin de calmer le champion, excita au colère sa rage. Non! Il n'avait rien à voir avec ce couard qui trichait pour combattre, salissant l'âme même du combat! On pouvait tout reprocher à l'homme du Sud, mais pas d'avoir affronté un ennemi comme un lâche!

Sa haine s'éteignit pourtant en peu de temps, comme une flamme douchée par un seau d'eau. Il sentit alors la présence du chacal en lui: son calme froid, sa détermination absolue, sa patience infinie. Cette présence le calmait. La volonté de la Mort touchait son esprit et calmait ses doutes. A quoi bon se presser s'énerver? Pourquoi s'emporter? Il souffla. Sa transpiration diminua. Il arma sa lance d'arçon vers son opposant, se préparant à charger.

Au long-terme personne ne pouvait échapper à son destin.

Personne ne pouvait échapper à Djaf.

Personne ne pouvait plus échapper à Raël Khem, le Témoin Éternel.
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Re: [Raël Khem] Le cheval, le corbeau et la relique.

Message par [MJ] Kriegsherr » 02 mai 2019, 00:55

Le trois mille fois damné… Le surnom d’un maudit, d’homme dont la vie était déjà perdue, ne valait plus d’être vécue, et pourtant… Pourtant… Y avait-il encore une possibilité de rachat ? L’on ne pouvait que le supputer, sinon pourquoi le dieu à tête de chacal aurait-il intercédé en sa faveur, refusé sa mort ? A moins que cela ne soit qu’une simple farce à ses yeux, une comédie bien agréable pour les immortels querelleurs, au détriment des pauvres hères éphémères qui les vénéraient ici bas.

Rédemption ou damnation ? Farce tragique ou tragédie comique ? Seul l’avenir permettrait de le savoir. Mais paradoxalement, c’était au moment présent et uniquement sur cet instant que devait se concentrer notre héros. L’aide d’un dieu elle-même n’aurait été d’aucun secours à qui ne l’aurait pas exploitée correctement.

Cependant, alors que la tension aurait dû être à son comble, Raël semblait confiant. Sans nul doute, le prédateur en lui se savait supérieur à son adversaire. Ses nouvelles capacités, toutes temporaires qu’elles fussent, lui permettraient sans le moindre doute de triompher, à la condition qu’il prouve qu’il les méritait, qu’il était digne de recevoir un tel honneur. Car Djaf avait intercédé pour lui, et pour lui il avait brisé le destin. Cela avait un prix, et le dieu comptait sur Khem pour être à la hauteur des espoirs qu’il avait fondés en lui.

Face à face, les deux cavaliers se toisèrent un instant, puis ils baissèrent leurs lances et étrillèrent leurs montures. Dans un bruit de cavalcade reconnaissable entre tous, sous les vivas et les acclamations de la foule, le duel commença.

Raël Khem est rapide, et même plus qu’Yvon ! Mais dans le cadre particulier de la joute, la longueur de la lance est à prendre en compte. En l’occurrence, celle d’Yvon a été spécialement rallongée pour lui assurer de frapper le premier. Cela a cependant un prix : l’arme est plus lourde et moins équilibrée, elle ne bénéficie pas de l’attribut « rapide ».

Round de charges successives (toujours considérées comme 1 premier tour donc avec bonus de charge et relance bouclier) :
Yvon attaque le premier : 7. Il touche à la jambe ! Parade de Raël : 10. Réussite. Dégâts : 2.

Raël attaque à son tour : 16. Raté. Tu découvres donc un premier effet en combat de cette forme transcendée : la relance gratuite de tes attaques ratées (limitée à 1 relance par jet maximum quelle que soit l’origine de la relance). Relance donc : 10. Réussite. Parade d’Yvon : 14. C’est raté à cause de l’attribut « rapide » de ta lance d’arçon. Il a néanmoins droit à sa relance de bouclier. 5. Réussite. Etant lourdement protégé, il encaisse le choc à peu près comme toi.

Yvon réattaque : 19. Raté.

Raël réattaque : 9. Touché. Parade d’Yvon : 13. Ratée. Relance : 11. Réussite. De nouveau il encaisse.

Yvon charge n°3 : 14. Touché. Parade : 9. Réussite.

Raël charge n°3 : 15. Touché. Parade : 14. Ratée. Relance : 12. Réussite.

Yvon charge n°4 : 2. Touché. Parade : 1. Réussite critique. Tu parviens à tellement stable dans ta parade que tu bloques sa lance, lui causant un gros choc. Il doit passer un test d’équitation pour se maintenir en selle ou se voir éjecter en arrière par la violence du choc.
Test d’HAB d’Yvon : 17 ! Il tombe au sol ! Il subit quelques dommages mais surtout est vulnérable à ta charge pour ce round.
L’on était en Bretonnie, pays des joutes, et joutes il y eut ! Par trois fois, les lances trouvèrent le chemin des cavaliers, mais furent déviées in extrémis par les écus. Les deux hommes étaient des cavaliers émérites sur d’excellentes montures. Des combattants d’exception. Nul doute que de telles parades auraient jeté plus d’un homme hors de sa selle, que cela soit l’assaillant ou le défenseur, tant la violence de l’impact de deux baraques musclées lancées à pleine vitesse frontalement l’une contre l’autre avec toute la puissance et le poids de leurs chevaux, de leurs muscles et de leurs équipements respectifs était importante. Mais Yvon Bamorel comme Raël Khem connaissaient la technique : mettre leur bouclier légèrement de biais de manière à faire glisser la lame –heureusement fictive- de la lance contre le bois au lieu de la stopper net, ce qui aurait été un dangereux quitte ou double. Les nouvelles capacités de Raël étaient foudroyantes. Tout lui semblait plus simple, comme si le chacal lui apportait son aide s’il flanchait. Une fois, alors qu’au dernier moment Yvon se penchait pour esquiver son coup, il sentit son bras corriger la trajectoire de sa lance sans qu’il n’y pense même. Yvon para le coup, mais ses parades, bien qu’efficaces, étaient jusqu’ici toujours à la limite. Il n’avait clairement pas l’avantage.

Et cela finit par se vérifier, mais pas de la manière que l’on aurait cru ! A la quatrième charge, alors que les lances faiblissaient, que les hommes étaient plus essoufflés et meurtris par les chocs, et que les montures elles mêmes montraient des signes de fatigue devant l’intensité des efforts fractionnés demandés, le scythien tenta un coup. Il savait que comme d’habitude, ce serait à lui de parer le premier. En se préparant bien, il commença par dévier la lance d’Yvon, comme les autres fois. Mais avant qu’elle n’eût entièrement ripé contre la surface plane du bouclier, le guerrier du sud redressa son écu, stoppant net la lance adverse avec un affreux crissement de bois rencontrant du bois et s’y enfonçant profondément.

Le choc fut rude. Terriblement rude. A tel point que le public retint son souffle. Les témoins diraient même, après coup, avoir vu l’onde de choc se répercuter à travers la longue lance d’Yvon Bamorel, la faisant d’abord ployer en arc de cercle avant d’éclater en mille morceaux, brisée net à hauteur de son milieu à peu près. L’impact était aussi puissant pour les deux adversaires. Mais la différence était que Raël s’y était préparé, qu’il l’avait provoqué intentionnellement. Il avait fait croire à Bamorel qu’il voulait la dévier comme toujours, en laissant d’abord la lance ripper sur une quinzaine de centimètres d’écu, avant soudainement la bloquer. Déjà dans l’anticipation de l’attaque de Raël qu’il aurait normalement dû lui-même subir une fraction de secondes plus tard sur son bouclier, la brutalité de l’impact prit totalement au dépourvu le champion mercenaire.

Il tenta bien, par réflexe, de bander ses muscles en opposition, mais il était trop tard. Déjà, ses pieds vidaient ses étriers, déjà, il était hors de sa selle. Lancé à pleine vitesse il avait été subitement projeté en arrière tandis que sa monture continuait elle sa course droit devant. Le poids de son armure de plates complètes ne fit qu’augmenter le bruit sonore de sa violente chute.

Mais le pire restait à venir pour Bamorel. Car, toujours bien en selle et encore dans sa charge, Raël avait maintenant juste devant lui un homme incapable de parer ou de se défendre, tombé au sol la demi-seconde précédente à peine. Il était à pleine vitesse, l’angle était idéal. Il pouvait porter un coup très puissant. Mais le ferait-il, pousserait-il son avantage, ou relèverait-il sa lance, se montrant fair-play et grand seigneur ?

Si tu choisis de tenter de frapper dans la foulée pour profiter de l'avantage que tu t'es créé, tu bénéficieras d'une attaque imparable et inesquivable gratuite, comptant comme en charge (donc avec la for du cheval additionnée là-aussi), mais cela dit elle devra quand même toucher pour être validée. Vu la violence du choc et la lourdeur de son armure, tu estimes que dans tous les cas Yvon mettra au moins 1 tour complet, après cette première attaque potentielle, pour se relever. En attendant il est vulnérable, ne peut ni parer ni esquiver, car il est sonné.

Tu auras donc la possibilité : soit de retenter une charge (mais en ce cas 1 seule attaque en charge). Soit de rester près de lui et de le frapper (en ce cas tu peux utiliser ton nombre normal de NA) à la lance [si elle ne s'est pas brisée, vu que la tienne aussi paraît affaiblie après 3 charges] ou au kopesh [mais en ce cas tu subiras des malus pour toucher et tu risqueras de tomber car il te faudra te pencher beaucoup pour le frapper car il est au sol]. Evidemment, si vraiment tu veux te la jouer j'ai pas besoin de ça pour le battre tu peux aussi choisir de ne pas l'attaquer et lui laisser reprendre ses esprits et éventuellement même sa monture sans l'attaquer, voire même mettre pied à terre.
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Re: [Raël Khem] Le cheval, le corbeau et la relique.

Message par Raël Khem » 08 mai 2019, 14:39

L'affrontement se révéla bien plus difficile que prévu. Conformément aux dires du maître-d'armes de la Confrérie, Yvon Bamorel était un adversaire coriace, tout mercenaire et tricheur qu'il était. S'il avait pu profiter de la faiblesse de ses adversaires précédents et des crimes commis par ses commanditaires il n'empêchait que le choix dont il avait été l'objet avait été calculé. L'homme savait se servir d'une lance aussi bien que d'une épée et la victoire facile qu'avait entrevue Raël s'éloignait à grand pas…
La situation s'enlisait. Les tours de joute s'enchaînaient sans qu'un véritable vainqueur ne puisse être décidé: les deux combattants étaient assez doués pour toujours frapper juste mais aussi suffisamment pour toujours parer de façon impeccable. Il fallait trouver autre chose. Deux tours de piste s'enchaînèrent avant que le Scythien se décide à tenter le tout pour le tout. Si ça ne marchait pas au moins l'honneur serait-il sauf.

Cherchant à faire chuter Yvon, le champion du Sud posa son bouclier non pas de biais comme il était prévu au départ mais bel et bien à la perpendiculaire de la lance adverse. Le coup était des plus risqué, l'impact serait si fort qu'il y aurait un démonté, forcément. Et à l'impact, Raël crut bien que ce serait lui. Il sentit toute la puissance du cheval et de son cavalier sur son bras gauche, son corps partait légèrement en arrière, incapable de résister à la propulsion… Une absence le prit alors. Il ne sentait plus, il ne pensait plus. Son corps bougea seul et se redressa d'un bloc, renvoyant l'onde de choc vers le mercenaire. Quand le Scythien revint à lui, ce fût pour apercevoir son ennemi au sol, sonné, vulnérable.


-"Alors? Ca fait quoi de se battre contre un véritable adversaire?"

Il aurait pu choisir, comme contre Jean d'Estamille, la voie de la noblesse. Oui la foule aurait apprécié le geste, oui le jury aurait été heureux de voir ça, oui la noblesse bretonnienne lui aurait fait éloge. Mais de tout cela il se moquait fort. Les maîtres de Bamorel avaient tués de sang-froid des participants au tournoi, ils avaient empoisonnés, volés, trichés, mentis, corrompus. Lui-même semblait, si ce n'était complice, au moins au courant de ces agissements. Comment aurait-il pu en être autrement? Personne n'aurait trouvé normal de voir ses adversaires soit affaiblis soit couchés dès les premières secondes. Yvon savait et il n'avait rien dit, préférant des victoires faciles dignes du lâche qu'il était.

Il était temps pour lui de comprendre ce qu'était un vrai opposant. Sans plus attendre le champion pointa sa lance vers son adversaire à terre et le chargea avec un cri de rage. Après ça le piétinerait au sol, ce salopard ne méritait pas mieux qu'une humiliation en règle.
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Re: [Raël Khem] Le cheval, le corbeau et la relique.

Message par [MJ] Kriegsherr » 21 mai 2019, 18:11

Désolé pour le délai de réponse. Ca va pas fort en ce moment de mon côté, j'ai pas vraiment la tête à écrire. Mais cela dit j'ai un nouvel arc de prévu après le tournoi, ou également comme tu l'avais évoqué la possibilité de mettre en pause Raël pour partir sur un autre projet. Tout sera possible. Plus que 2 combats avant le titre !
La décision prise par le scythien était sans doute la moins honorable, mais la plus sage. Il était beaucoup plus prudent de charger directement pour profiter de son avantage que de laisser à son adversaire le temps de se remettre en selle et de revenir dans la partie. Au sol, Yvon Bamorel était sonné. Engoncé dans sa lourde armure, il venait à peine de se remettre du choc de la chute lorsqu’il s’aperçut de la manœuvre de Raël… Et il sut qu’il était trop tard pour lui, trop tard pour esquiver ou parer. Si la lance trouvait sa cible, il n’aurait d’autre choix qu’encaisser. Les yeux écarquillés derrière son heaume, sa bouche s’ouvrit et il en sortit des cris de plus en plus paniqués à mesure que le bruit des sabots d’Asaph se rapprochait inexorablement. Il hurlait :

-Non ! NON ! NOOONNN ! AAAaaahh !
Test d’ATT : 10. Touché. Pas de parade ou d’esquive possible.
Il avait crié grâce, mais ses suppliques se révélèrent vaines. Raël frappa l’homme au sol de plein fouet avec sa lance d’arçon, qui se brisa sur le coup, éclatant en milles morceaux. La violence du choc fut telle qu’Yvon se retrouva soulevé de terre et projeté un ou deux mètres plus loin et roula sur lui-même. Sans doute n’aurait-il pas forcément été tué sur le coup en combat réel, mais il était certain qu’il aurait au moins subi une sévère blessure. La suite ne fut de toute manière guère plaisante et ne laissa aucun doute sur l’issue du combat. S’assurant la victoire sans conteste, Khem lança sa jument pour piétiner son adversaire. Un tel acte n’était guère chevaleresque, et s’attira les quolibets du public, tandis que les plus prudes des dames et des seigneurs détournaient les yeux, choqués par tant de violence rustre et déshonorable. D’autres, encore, parmi les bourgeois avaient une expression indéfinissable de dépit, et certains quittèrent même les tribunes sans même attendre la fin du combat.

L’honneur était une chose. Les règles en étaient d’autres. Puisque rien n’interdisait un tel traitement dans les règles, l’infortuné Yvon Bamorel dût le subir, et ce fut évidement Raël Khem qui fut déclaré vainqueur. Un pas de plus vers la lance.

Mais alors qu’il s’apprêtait à sortir du camp pour rentrer dans sa tente, il ressentit soudain un grand vide en lui. La parcelle divine qui l’avait habitée durant ces quelques heures s’était retirée, non sans lui avoir fait ressentir une certaine satisfaction au préalable. Et pour couronner le tout, l’identité de son futur adversaire, l’avant dernier à battre avant d’accéder à la lance tant convoitée, n’était guère encourageante : Rahim Benalloud…

Quand le scythien rentra à sa tente, il put constater que le sergent et les hommes d’armes qui étaient intervenus au moulin de l’Albérois étaient rentrés, et avec eux les deux prostituées, Isabelle et Delphine. Mais en revanche, aucune trace de Rayna Labelle nulle part. Nul ne semblait l’avoir revue au camp, mais tout le monde ignorait aussi ce qu’elle avait tenté vis-à-vis de Raël.
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Re: [Raël Khem] Le cheval, le corbeau et la relique.

Message par Raël Khem » 27 mai 2019, 00:47

Un autre adversaire aurait eu sa pitié.

Raël se répétait cette phrase comme une incantation alors qu'il chargeait, lance baissée, vers son adversaire impuissant. Son esprit se partageait sur la conduite à adopter: sa part d'humanité, celle du guerrier, l'imploraient d'offrir un combat à la loyale; le chacal, plus pragmatique et se gaussant de l'honneur, aboyait de continuer tout droit, sans coup férir. Avant qu'une décision claire soit prise dans l'esprit de l'homme du Sud, la lance explosait déjà dans le dos carapaçonné d'Yvon Bamorel. Pire encore: prise sur sa lancée, Asaph piétina le corps en miettes de celui qui fût un jour un adversaire de valeur. Le Scythien ne l'aurait pas juré mais il avait cru percevoir une lueur de joie dans les yeux de sa monture alors qu'elle passait sur le corps de l'opposant.

Après un petit trot, la jument s'arrêta et poussa un long souffle rauque de satisfaction alors que Raël, toujours sous l'emprise de Djaf, ne jetait qu'un œil distrait aux moqueries, insultes et autres gestes obscènes que le public lui envoyait. Qu'importait au Témoin Éternel l'attitude de ces gueux? Ils disparaitraient tous dans l'océan de la Création alors qu'il resterait pour toujours visible, seul et infini.
D'un geste brusque il fit changer Asaph de direction pour la ramener vers les écuries. La belle créature grogna alors que sa salive tombait sur le sable. La pauvre était épuisée et avait plus que mérité une bonne flanquée d'avoine et du repos. Les écuyers ne lui adressèrent pas la parole cette fois et il surprit même un chevalier de passage cracher sur son chemin. Peu importait.
La foule se faisait par contre toujours aussi dense. Les gens n'applaudissaient plus autant que l'avant-veille, ils ne partaient pas en ovation au moindre de ses gestes mais gardaient tout de même une forme d'enthousiasme. Sans doute étaient-ils divisés sur le comportement de leur champion et hésitaient sur l'attitude à prendre. Après tout Raël Khem n'avait-il pas gagné tous ses combats de façon chevaleresque jusque là? N'était-il pas descendu de sa monture contre Jean d'Estamille pour le défier en un duel équitable? Une question était sur toutes les lèvres: Pourquoi?

Ses yeux jaunes se levèrent au ciel. Ces pions sur l'échiquier du destin se prélassaient dans des questions superflues. Seule la victoire comptait, seule la satisfaction des dieux prévalait, seule la lance importait. Le chacal noir grinça des dents dans l'esprit du champion: son objectif était encore devant lui, il ne devait pas se relâcher. Lui par contre s'en alla peu après, alors que Raël entrait dans sa tente vide.
Il s'enfuit sans mot dire, sans adieux superflus. Une présence, puis plus rien. Les yeux du guerrier reprirent leur bleu naturel, sa détermination d'acier vacilla pour revenir à son esprit nuancé, le monde lui parut moins clair, moins net. Une goutte de sueur perla du front du sudiste et il dût se tenir à un piquet pour ne pas chuter. Le retour à la vie mortelle était difficile quand on avait goûté au pouvoir divin. Un jour, dans un autre monde peut-être, il récupèrerait cette puissance.

Assis dans sa tente, reprenant ses esprits et se réhabituant à sa vie de simple humain, il réfléchit à son prochain combat. Rahim Benalloud serait son adversaire. Quelle ironie: le combat multimillénaire entre le monde citadin et le monde nomade se livrerait en terre étrangère, loin des lieux habituels de combat. Si Raël se souvenait bien, son opposant était le champion du calife de Copher, cité importante qui avait causé bien du souci aux Scythiens et ce pendant des siècles. Entre caravanes attaquées, expéditions punitives, raids sur les oasis et autres joyeusetés on ne pouvait pas dire que les relations entre les deux peuples étaient brillantes.

Tant mieux: Rahim paierait pour tous les autres.

Sa fatigue passée, il sortit de sa tente pour aller quérir un bout de pain quelque part. A cent mètres devant lui la troupe montée qui l'avait secourue revenait d'expédition avec Delphine et Isabelle. L'absence des bandits dans ce petit convoi devait signifier leur pendaison sur les lieux du crime. Tant mieux, ils ne causeraient plus jamais de problème. Rayna n'était pas avec eux, évidemment. Elle avait dû fuir la ville et sans doute le duché pour éviter les représailles de ses commanditaires.

Est-ce qu'il la regrettait? Oui.

Est-ce qu'il regrettait? Non.

Tant de scénarios auraient pu se produire. S'il avait refusé de la prendre sur son cheval elle n'aurait plus eu de raison de l'empoisonner. Elle n'aurait rien dit ou lui aurait tout avoué en larmes et il aurait pardonné. Il aurait pu rester à terre, sur la route, et la retrouver ensuite en laissant la lance à d'autres. Il aurait pu simplement ne pas partir à sa recherche et écraser Yvon Bamorel le lendemain, la laissant morte ou vive selon l'humeur de ses collègues-geôliers.

Mais tout était fini maintenant: elle était partie et ne reviendrait pas. Il ne restait plus qu'à aller voir le maître d'armes pour lui demander des informations sur son adversaire, comme tous les jours, puis attendre le combat.

Plus que deux duels et la victoire serait à lui. Plus que deux combats pour que l'éternité lui soit offerte.
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